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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 00:01

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" La mention apparaît vers le milieu du XIXe siècle et se développe jusqu'à la période phylloxérique, notamment dans des livres de négociants et sur des étiquettes. Avec quelques variantes dans l'intitulé (retour des Indes, retour de Calcutta, retour de Chine...), elle s'accompagne souvent d'une image représentant un navire au long cours, de préférence un voilier.
Aux dires de Féret, dans son dictionnaire-manuel de 1896, il s'agissait bien là d' "un vin auquel on a fait faire un long voyage pour le vieillir, le bonifier". Depuis que l'on avait pris goût aux vins vieux, on avait remarqué que le transport par mer - en raison des mouvements de roulis et de tangage - accélérait le vieillissement. La question reste de savoir quand et pourquoi le procédé s'est développé. De fortes présomptions inclinent à croire que des Médocains l'auraient inventé, singulièrement le sieur Louis Gaspard d'Estournel, lequel était en relations commerciales avec les Indes dès avnt 1840.Autant que la mise au point d'une technique, fort coûteuse au demeurant, il faut peut-être y voir une ruse pour commercialiser au mieux des invendus, en fait des vins qui n'avaient pas trouvé preneur aux Indes. Les volumes concernés - le plus souvent des vins vieux en bouteilles - semblent d'ailleurs peu importants. L'opération n'a pas survécu à la Première Guerre mondiale."

extrait de Bordeaux, vignoble millénaire de G.Aubin,S.Lavaud&Ph.Roudier aux éditions L'Horizon Chimérique 1996

" Autrefois, on parlait beaucoup des vins "retour des Indes". Qu'elle est, au juste, la valeur de cette expression ?
   La question nous a été posée.
   Certains imaginent qu'il suffisait d'embarquer du vin sur un navire et de le faire naviguer pour accroître singulièrement sa qualité.
        Il y a là une exagération.
      Certains vins, très alcooliques, chargés d'éléments qu'ils ont besoin de dépouiller pour vieillir, les Porto, les Xérès, parfois même des Bordeaux ou des Bourgognes très corsés, mûrissent plus rapidement si on les soumet pendant un certain temps à un brassage, particulièrement à celui d'un voyage en mer.
       La navigation à voiles, qui seule existait alors, prolongeait le traitement. Les différences de température, les chaleurs de la Mer Rouge et de l'Océan Indien le renforçaient. Ainsi le vin revenait ayant devancé le temps où, laissé à lui-même, iol eût paru en bonne forme sur la table : le voyage, qui forme la jeunesse de l'homme, avait aussi formé la sienne.
       Mais c'est là tout.
       Notez que des vins légers et fragiles pourraient se trouver fort mal d'une telle épreuve, et même ne s'en jamais guérir.
        La méthode, qu'on ne saurait recommander, n'a plus qu'un intérêt documentaire. La vapeur, en abrégeant la durée des voyages, et l'augmentation du prix des transports font, comme on dit, que le jeu n'en vaut plus la chandelle. "


Paul Cassagnac Les Vins de France Hachette 1927   

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