Jeudi 20 décembre 2007
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"Les collectionneurs qui collectionnent pour collectionner, ces maniaques, et il n'en manque pas, qui dépensent une fortune pour ranger sous vitrine aussi bien des boutons de culotte que des
livres rares, peu importe." C'est de Blaise Cendrars.
Lorsque sur LCI j'ai entendu un monsieur propre sur lui déclarer qu'il allait engloutir une petite fortune pour acquérir la bouteille de château d'Yquem - estimation 5000 euros - qu'il
tenait dans sa main lors de sa visite des lots de grandes bouteilles mis aux enchères à l'hôtel Meurice dimanche dernier, pour compléter sa collection et, que bien sûr, il ne l'ouvrirait
jamais, le même mépris que celui que je ressens lorsque je vois s'envoler les enchères pour des tableaux de Van Gogh qui finiront dans des coffres-forts nichés dans le secret de paradis
fiscaux exotiques, m'a saisi. Pour moi, un tableau n'existe que pour être vu, que ce soit sur un mur privé ou un mur public, peu importe. Le boucler c'est le tuer. C'est insulter l'artiste. C'est
indécent. Quand à nos chères bouteilles, aussi prestigieuses fussent-elles, qui ne sont pas des oeuvres d'art, elles n'existent que pour être bues, pour donner du plaisir, du bonheur, de la
convivialité. Le plaisir solitaire, comme le note avec son humour grinçant Woody Allen, on peut se le procurer, à bon compte, avec son meilleur ami. Plus sérieusement lorsqu'on privilégie
l'accessoire par rapport à l'essentiel le dérisoire devient la valeur refuge. Je suggère donc aux GCC de créer des placebos en tirages limités, numérotés, pour les gogos pour éviter de
"donner" de la confiture à des cochons...
Vins aux enchères : des lots prestigieux
10.000 bouteilles estimées à 2 millions d'euros seront vendues ce week-end.
Après avoir orchestré la vente des vins de la Mairie de Paris, l'expert Claude Maratier organise une vente
exceptionnelle aujourd'hui et demain à l'hôtel Meurice.
Sous son marteau, 1.500 lots, soit quelque 10.000 bouteilles provenant des châteaux et propriétés les plus prestigieux. Le montant des ventes pourraient dépasser deux millions d'euros.
Château Petrus 1982, Château Yquem 1967, et autre Romanée Conti 1995 côtoieront Mouton Rothschild, Margaux et Cheval Blanc des plus grandes années avec des estimations pour certaines bouteilles
atteignant 5.000€.
La palette des vins provenant des plus belles caves de particuliers français, fait rêver.Des exemples?
Romanée Conti:
7.000€ la bouteille
Quelque 300 bouteilles de Petrus dont le très rare 1945. Le prix? Faramineux.Juste à titre d'indication le Petrus 1982 en caisse bois (par 12) est mis à prix 36.000€.
Pêle-mêle, on soulignera dans le catalogue des bordeaux un Cheval Blanc 1982 (9.600€ la caisse bois); 350 bouteilles de Mouton Rothschild (sur 30 millésimes); Haut Brion 1921 et 1989
(inoubliable); La Mission Haut Brion 1961 en magnums (estimé à 3.000 €).
En bourgogne, la mythique Romanée Conti (sur quelques millésimes d'anthologie) devrait se vendre entre 5.000 et 7.000€ la bouteille.
Le clou pourrait être un Richebourg H. Jayer 1978 estimé à 10.000€ le flacon.
Au rayon des champagnes, on trouvera du Dom Pérignon 1949 ou du Cristal Roederer 1983.
Quant aux spiritueux, une fine champagne de 1811 pourrait constituer un joli cadeau sous le sapin d'un collectionneur.A condition qu'il soit (très, très) fortuné,
évidemment.
Aujourd'hui et demain de 14h30 à 18h30 dans les salons de l'hôtel Meurice, à Paris.
Pascal BAUDOIN
Maintenant qu'il le mette sous verre se comprend, le flacon n'étant plus fait pour être bu mais pour être vu !
Nier cette évidence, c'est comme débattre du bien fondé de rouler en Porsche pour faire quelques kilomètres alors qu'une vielle Fiat 500 pissant l'huile de partout pourrait tout aussi bien faire l'affaire ....
A se sujet je croit qu'il ne serait pas ininterressant de relire la vielle fable de mandeville évoqué si justement à propos par Keynes.
Mais alors il n'y a pas que les ventes aux enchères qu'il faudrait arrêter. Vous savez, il y a aussi beaucoup de bouteilles de GCC qui ne sont ouvertes et appréciées que pour leur étiquette.
On touche là la question du luxe, et du réel intérêt du client pour la qualité intrinsèque du produit qu'il achète (rareté de la matière première, précision du travail ralisé pour la confection...) ou l'effet statufiant de son acte d'achat. Ceci est valable dans le domaine du vin comme dans ceux de la maroquinerie, de l'automobile, des montres...
Mais il y a aussi de vrais amateurs, qui écument les ventes aux enchères et boivent les bouteilles qu'ils achètent. J'en connais un, en Suisse, qui est un fou de Sauternes, qui en achètent et en boit beaucoup.
Doit-on se plaindre de susciter du rêve chez certaines personnes, et du plaisir immédiat chez d'autres?
Toujours est-il que, quand sur les bouteilles il y aura marqué "boire tue", comme sur les paquets de cigarettes (cela nous pend au nez, cf. la dernière étude manée par l'ANC), le doute sera levé car on ne fera plus rêver personne.
Un producteur de GCC.
Jacques Berthomeau
Pour une bouteille enfermée dans une vitrine, au fond d'une cave, dont on sait que l'on ne l'ouvrira jamais... J'aurais tendance à penser que c'est du gâchis, voire une insulte au vigneron qui l'a produite, qui a mis sa passion et son talent au service de la qualité du vin. Il m'arrive d'ouvrir une bouteille presque à regrets, parce que c'est éphémère, on la boit et... et c'est fini, il ne nous en reste plus que des souvenirs, à l'inverse d'un tableau qui peut être vu des milliers de fois. Ma solution : choisir le meilleur moment pour ces bouteilles "spéciales", pour que le souvenir, lui, soit inoubliable, partagé, et inoublié par moi et les amis qui en auront profité avec moi.
Après c'est une question de philosophie, de choix de vie, de ce que l'on préfère. Je préfère la richesse d'un bon moment de partage, de convivialité, à la richesse matérielle. Tout dépend du sens que l'on donne à la vie et à l'expression "réussir sa vie" (ou "réussir dans la vie", ce qui n'est pas exactement la même chose).
j' ai une tres vielle bouteille de bordeaux que j'aimerai vendre ou d'oije m'adresser merci
à un certain Luc Charlier qui vous accueillera à bras oiuverts quand il aura vendangé
Si c'est Chateau Margaux 1961 je l'achete! Sinon ca ne vaut rien, faut la vider a l'egout.
C'est amusant de redemarrer les commentaires sur une chronique de 2007!
Jacques, t'as fais expres pour la faute de frappe a oiuvert? Ca m'a fait rire.