Jeudi 22 décembre 2005
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11:00
La semaine dernière à Apt chez un bouquiniste j'ai feuilleté un bel exemplaire illustré de " L'élixir du révérend père
Gaucher " d'Alphonse Daudet et sitôt l'image du frère Bécot, figure haute en couleurs de mon adolescence passée comme pensionnaire, à 500 mètres à vol d'oiseau de la maison familiale, dans cette
Ecole d'Agriculture tenue par la congrégation du bienheureux Louis Grignon de Montfort : les frères au rabat bleu...
Le frère Bécot, professeur d'histoire, royaliste (ah la messe du 26 janvier pour la mort de Louis XVI...), l'homme du
vignoble vendéen, l'homme du vin, aux yeux rieurs sous son béret à la Dubosc vissé sur la tête, toujours en quête de compagnons pour célébrer la dive bouteille. Les poches de sa soutane étaient
le repère de flacons qu'il destinait à la célébration d'anniversaires ou autres prétextes et, sur un vélomoteur poussif, il sillonnait la commune pour rentrer le soir "gai" comme on disait à
cette époque. C'était un grand ami de mon père Arsène Berthomeau.
Bien plus tard, alors que j'usais mes pantalons à la Fac, la Congrégation l'exila à Londres dans l'espoir qu'il
retrouvât la tempérence. Un samedi je le croisai au village. Il était de passage. Avec un petit air contrit et rigolard, ce cher frère Bécot me conta qu'il avait fondé un club d'oenophiles avec
la complicité d'un major so bitrish mais que dorénavant il carburait à la tisane "ça draine..." Homme de grande culture, bon vivant, passionné, le coeur sur la main, une autre
époque.
Alors à la veille de Noël, je vais vous compter l'histoire du frère Bécot arrivant au paradis. St Pierre l'accueille
avec un demi-sourire : " Frère Bécot vous allez devoir passer une épreuve pour entrer en cette maison car vous avez pris quelques libertés avec la règle... "
Le brave frère opine.
Alors St Pierre lui révèle qu'il va devoir déguster 3 crus, les identifier : appellation et millésimes...
Bécot sourit.
Premier verre, le rituel, et la réponse fuse " Romanée St Vivant 1949 " Bien mon frère.
Deuxième verre, tout va pour le mieux. " Haut-Brion 1928 "
St Pierre sourit.
Le dernier pour la route du ciel et là Bécot cale. Il déploit tous ses talents de dégustateur, fait appel à sa mémoire, implore la Vierge Marie, mange un crouton de pain, et enfin jette l'éponge
" Grand St Pierre j'igore quel est ce liquide car avant d'arriver ici je n'en ai jamais bu... "
St Pierre compatissant le prit par les épaules " Normal mon bon ami c'est de l'eau..."
Pour moi Bécot est au ciel en bonne compagnie...
Bonjour Jacques, Je réagis doublement aujourd'hui. Tout d'abord parce que le frère Bécot me rappelle de bons vieux souvenirs de notre pension commune.
Ensuite, je suis
Le frère Bécot me rappelle évidemment qq bons vieux souvenirs de notre pension commune. Mais je rebondis aussi car je suis à KIEV;J'ai voulu continuer mes habitudes de boire du vin et de l'eau.Pour le vin, ça passe encore.Mais pour l'eau, contrairement au frère Bécot, j'ai voulu la gouter et je n'ai pas pu continuer. Je me suis donc mis comme tout le monde ici à la vodka et la bière.Avant de quitter Bordeaux, je pensais que ces buveurs de "tord-boyeaux" mauvais pour l'estomac ne pouvaient , à l'avenir, que s'adonner au vin d'ou qu'il vienne.Bien qu'étant en vacances, je pensais même présenter ma carte des Vignerons de Génissac.
Las ! J'ai déjà l'accoutumance pour ce breuvage qui, bien frappé, facilite la digestion et coule comme du vin de messe (encore un souvenir). Bref, je dois revoir sérieusement ma copie avant de détroner la Némiroff...
bonjour jacques,
je découvre aujoud"hui par hasard ton blog
que de souvenirs à propos du f bécot, du f guibert que j'ai revu en dordogne où je vivais vers les années 80
et cette classe de la mothe avec luc guyau ,jean daguin, jl bellouard,
jr maussion, etc;;;;
j'aimerais te revoir et bavarder seras-tu en vendée l'été prochain
jacques 01.69.47.74.83 06.89.74.69.90