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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 00:08

Mon-p--re-001.jpgArsène Berthomeau, mon père, pendant son service militaire. C'est lui qui m'a inculqué les grands principes pour ne pas tomber de cheval...

Dans les bureaux des grandes tours anonymes abritant les sièges sociaux, sous la lueur blafarde de la lumière artificielle, autour de la machine à café où l'on ne peut plus fumer, en écho à la question rituelle de reprise "comment và ?" tombe de la bouche des costumes gris ou des tailleurs stricts un "comme un lundi..." plein d'enthousiasme. Et moi, pendant ce temps-là, je contemple d'un air ravi les superbes statistiques de mon mois de novembre : 3206 pages lues le 22/11 nouvelle journée record, 46229 pages lues en novembre meilleur mois depuis la création de mon blog. Autosatisfait ! Non, heureux de constater votre constance et votre fidélité et, comme j'ai l'esprit d'escalier, je vais vous narrer ma journée de vendredi dernier.

Je l'ai commencé à pied. Première station, comme disait Bérurier " chez mon merlan *, pour me faire ratiboiser les cheveux. Puis, toujours pédestrement, en passant près des hauts murs qui bordent le beau parc de l'Hôtel de Matignon, je suis allé posé mes fesses Au "pied de fouet" http://www.berthomeau.com/article-2186483.html (si vous voulez lire cette ancienne chronique cliquez) Souvenirs, souvenirs, certes les patrons ont changé mais à peine suis-je entré que le cuisinier pointant son nez me lance un "bonjour monsieur Berthomeau..." qui me va droit au coeur car ça faisait au moins 5 ou 6 ans que je n'y avais pas mis les pieds. Nous parlons de madame André, l'ancienne patronne, toujours bon pied, bon oeil qui vient juste de passer. Bon déjeuner avec, bien sûr, en dessert mon pudding diplomate. Rue Vaneau, rue de Varenne, l'accueil du 78, la réceptionniste lorsque je lui tend ma pièce d'identité me sourit en me disant " bonjour monsieur Berthomeau". Là je sens que vous vous dites il nous fait une pré-crise de sénilité. Attendez un peu pour confirmer le pronostic. La galerie Sully, là où j'ai commencé mon périple de "porteur d'eau" moitié nègre moitié éminence grise, sur les murs on a encadré tous les portraits des secrétaires d'Etat à l'Agriculture pour la plupart tombés dans l'oubli (un jour je ferai un quizz sur le sujet). Mon rendez-vous se passe très bien, je me sens, comme on dit dans les banlieues, une sorte de grand frère. Me voilà, toujours porté par mes jambes habituellement pédaleuses, qui me dirige vers la rue de Rivoli, j'enjambe la Seine par la passerelle qui fait face au musée d'Orsay et me voilà arrivé aux portes de la grande caverne du Carrousel du Louvre où se tient le Grand Tasting. Je baguenaude. Je papote. Je déguste un chouïa puis un jeune homme derrière son comptoir me lance un "mais vous êtes monsieur Berthomeau". Je vous sens au bord de l'overdose, du "ce ne sont plus des chevilles qu'il a mais des ballons de rugby" mais patience j'en arrive aux faits, je vais tout vous expliquer.

Dans la vie professionnelle, lorsqu'on occupe des postes en vue, le principe premier pour ne pas se laisser griser est de continuer de mener sa vie comme auparavent et de se dire qu'un jour tout cela prendra fin. Tel était mon propos aux membres de mon équipe " vous êtes des CDD de luxe, demain, pfutt vous pouvez vous retrouver le cul par terre, plus rien..." Dans notre univers très médiatisé, deux "tombés de cheval" récents, patrons de presse, Serge July et Jean-Marie Colombani, révérés, craints, vivent la modestie de leurs nouvelles fonctions : le premier chronique sur RTL, le second sur France-Inter. Bien évidemment, je ne me compare pas à ces monuments, en dehors du cercle agricole et viticole ma petite étoile a une lueur faiblârde. Tous ces bonjours de vendredi dernier, s'ils me faisaient chaud au coeur c'est qu'il venaient des gens de peu, de ceux qu'on appelle les petites gens qui vous facilitent la vie, vous sourient, vous apportent une tasse de café, vous demandent des nouvelles de vos enfants, lorsque vous vous croyez importants. Que voulez-vous moi ça m'émeut toujours cette fidélité qui ne demande rien en retour. Même si vous me trouvez prétentieux, je ne suis jamais tombé de cheval, non que je fusse un bon cavalier, mais tout bêtement parce j'ai toujours préféré aller à pied. Bonne journée, comme un lundi, chers amis...

* nom donné aux perruquiers au XVIIIe parce qu'ils étaient blancs de poudre comme les merlans qu'on enfarine avant de les mettre à la poêle. Celui de Bérurier était l'amant de madame Bérurier.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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