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               Vin&Cie, l'espace de liberté

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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Samedi 24 novembre 2007 6 24 /11 /Nov /2007 00:08

C'est de la littérature, certes, mais bien trempée dans la réalité d'une période étrange...

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" Une fois, tu te souviens que vous aviez fait une grande réunion, un comité central ou quelque chose comme ça, dans une maison appartenant à une branche de la famille Rothchild. Carrément. La fille, étudiante à Vincennes, était sympathisante de la Cause. C'était du côté de Saint-Cloud, on voyait des golfeurs passer au loin sous des ombrages bleutés, des êtres irréels au fin fond de pelouses avec des massifs de fleurs comme des îles tropicales. Quand il n'est pas haineux, le petit bourgeois est craintif : vous étiez plutôt épatés, impressionnés, craignant de casser quelque chose. Dans vos petits souliers. Mais pas les prolos. Il y avait là Pombalière, Momo Mange-Serrures, Reureu l'Hirsute, la bande d'Issy. Très à l'aise, eux. A leur affaire. Ils avaient fracturé la porte de la cave (Momo tirait son surnom de ses dispositions dans ce domaine) et fauché des dizaines de bouteilles. Des mouton-rothchild, des pétrus, des haut-brion, rien que des bordeaux hors de prix, mais ils n'avaient pas la moindre idée des trésors que c'était. Ils trouvaient que les bouteilles, toutes poussiéreuses, étaient "mal entretenues". Elles leur salissaient les doigts, à ces délicats... Des richards pareils, ils auraient quand même pu payer quelqu'un pour les épousseter, à leur avis... Ils se doutaient que pour arroser le calendos du matin, ce serait mieux que le Gévéor (ou le Kiravi) en litres étoilés qu'ils s'envoyaient d'habitude, c'est tout."

Olivier Rolin in Tigre en Papier au Seuil

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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