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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 00:02

 

Dans une lettre du 2 juillet 2007 adressée à Hubert Védrine le président de la République lui " a demandé de réfléchir aux changements de positionnement de la France et de l'Union Européenne dans le monde globalisé, d'examiner si la France et l'UE ne devraient pas aujourd'hui défendre autrement leurs intérêts, promouvoir autrement leurs valeurs, et de faire, à partir de cette analyse, des propositions. " Ce rapport, publié chez Fayard, court et facile à lire, devrait fonder et nourrir nos débats. J'en propose un bref extrait à votre réflexion. Le vin est un produit global nous ne pouvons rester inerte ou camper sur des positions d'un autre âge. Vous pouvez le lire sur le site de l'Elysée : 

www.elysee.fr/.../2007/septembre/rapport_sur_la_france_et_la_mondialisation_par_m_hubert_vedrine.79348.html -

La France serait bien plus forte si les Français parvenaient à bâtir ensemble un concensus dynamique combinant étroitement adaptation, protection, régulation, solidarité et action européenne.
    Ce consensus souhaitable n'est atteignable que si cette policy mix est présentée et expliquée comme un ensemble cohérent et que chacun de ses volets est assumé comme indispensable et légitime, y compris les politiques de protection et de solidarité. Dans la pratique, c'est un peu ce qui se fait, mais dans le désordre et sans que cela soit revendiqué comme une stratégie d'ensemble.  Tous les pays comparables au nôtre pratiquent en réalité sans complexe une telle combinaison, pourquoi pas nous ? Pourquoi ne pas le dire clairement ? 
Il ne s'agit pas de geler artificiellement le débat droite/gauche, majorité/opposition, que rien n'empêchera de se poursuivre - et d'ailleurs le dosage exact "réforme/protection" varie partout en fonction du rapport de forces gauche/droite, mais de rassembler les Français sur une stratégie d'ensemble de longue haleine dans un domaine d'intérêt national. Regardons les Allemands : s'ils sont plus confiants que les Français en ce qui concerne leur position dans l'économie globale de marché, cela ne les empêche pas de débattre vivement de leur politique sociale : durée du travail, création ou non d'un smic, niveau de l'allocation chomage, etc., alors même qu'ils ont un accord de coalition ! Un concensus français ambitieux dans la mondialisation n'entraverait pas la poursuite du débat politique.

     Résumé du concensus à atteindre :

               A - les Français acceptent l'économie globale de marché comme un fait ;
               B - la France mène des politiques combinées pour tirer le meilleur parti de cette mondialisation. Elle s'adapte, elle se réforme et crée des emplois nouveaux en montant en gamme technologique tout en s'inscrivant dans la mutation écologique de l'économie ;
               C - elle préserve un coeur de compétences, de souveraineté et de responsabilités publiques ;
               D - elle amortit les chocs brutaux ; elle n'abandonne personne, aucune catégorie socioprofessionnelle. Elle met en oeuvre des politiques de solidarité et de reconversion nouvelles et ciblées. Cela concerne l'Etat, les collectivités locales, les organisations professionnelles ;
               E - elle mène et inspire au niveau européen une politique beaucoup plus offensive de protection, de solidarité et de régulation pour que l'Europe devienne la régulatrice du monde global.

Le but à atteindre est que les Français se convainquent que la France sait quoi faire et comment faire non plus face à la mondialisation, mais dans la mondialisation.
 Je sais que le terme de concensus va révulser les tenants du bloc contre bloc, les alters d'Attac et la gauche de la gauche, les souverainistes, pour ma part je ne l'apprécie guère lorsqu'il est mou, pure résultante d'un plus petit dénominateur commun inopérant, mais en l'espèce, ce que propose Védrine est un compromis au sens où nos voisins italiens, au temps de la DC et du PCI, le qualifiait de "compromis historique". Dans toute entreprise collective ce type d'accord permet d'avancer, de construire, de donner des perspectives à notre pays et à une UE à nouveau consciente de son rôle historique. Ce ne sont pas que des mots mais des principes d'actions clairs qui nous éviteraient de tempêter contre la mondialisation, les délocalisations, tout en emplissant nos caddies et nos armoires de produits chinois, indiens ou d'autres pays à coûts de production hors de notre atteinte et glisser imperturbablement dans une économie à la Wall Mart. Lisez Védrine et commentez ! Merci à vous.
      

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

clavel 06/11/2007 18:35

bonjour, C'est une synthèse trés intéressante des aspects et effets de la mondialisation. Une remarque: page 12, "Sans oublier le formidable potentiel agricole" il cite le bassin parisien plus important centre de production céréalier, le lait , les fromages, la viande,  il dit que l'excédent commercial agro alimentaire est trés important, mais pas un mot sur le vin et les spiritueux,  qui est la partie la plus importante de cet excédent !! simple oubli , ce serait trés étonnant compte tenu de la qualité de ce rapport, ou bien UV .est il un proche de l'ANPAA ?Jean Clavel

JACQUES BERTHOMEAU 07/11/2007 13:00

Le vin est cité page 37 " la France a également intérêt :- à entretenir et mieux exploiter l'image de culture, de créativité et de qulité, le capital immatériel de la France : ce qui englobe à la fois l'attractivité du territoire, les marques françaises de luxe, le savoir-faire technique, le design, l'architecture, la qualité des services, la gastronomie, le vin, etc. "- pour l'agriculture c'est l'ancien Ministre des AF qui dans ses fonctions au CdesM affaires générales  asurtout traité des questions de grandes cultures, lait, mais pas de vin...- ceci montre à l'évidence que le monde du vin n'a aucune stratégie d'explication de ce qu'il est vraiment, de son poids dans l'économie, la balance commerciale auprès des décideurs...- H.Védrine est un épicurien, donc amateur de vin, peu enclin à soutenir les hygiénistes, et que je sache il conseille B.Arnaud qui, on l'oublie trop souvent, est un homme de notre secteur par M et H.

tchoo 06/11/2007 10:55

Est-il normal, que des pays n'assurant pas l'autonomie de vie de leur population produisent des biens manufacturés pour le reste du monde dans un contexte de bas cout inconcurençable, obligeant les pays à plus haut couts à paupériser sa propre population, qui ne peut chercher alors qu'à vivre encore à plus bas couts.Comment sortir de ce cercle vicieux, sources de gravec conflits futur.Accepter la mondialisation, telle que l'on veut nous la faire avaler aujourd'hui, nivelle par le bas le niveau de vie dans nos pays encore "riche" inéluctablement! .Cela ne se peut, sans trouver des compensations, bien difficle à cerner et à m^me à énoncer par nos éminents spécialistes.la solution?????????????

Guy Salmona 06/11/2007 09:24

Hubert Vedrine est un homme qui n'est pas hors du temps mais ..un peu au dessus !  Celà lui donne la possibilité de voir un peu plus loin que nous autres. Je ne peux qu'être d'accord avec lui sur ce consensus fort qu'il appelle de ses voeux. Pourtant, en tant que vigneron (qui se collète à l'export), la mondialisation est plutôt subie que vécue positivement. L'élan salvateur que HV évoque doit être précédé d'une prise de conscience de la valeur du formidable modèle de société que nous avons bati, équilibre (perfectible) de liberté et de protection, mais aussi d'un enthousiasme et d'une envie de jouer un rôle "urbi et orbi" grace au levier qu'est l'Europe. Où donc se niche cette "veilleuse" qui provoquerait le feu salvateur ?En nous bien sûr !   Nulle part ailleurs !

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