Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 00:05

 

Bernard Magrez, qui a le sens de la formule choc, la première fois où il vint me rendre visite après la publication de mon rapport, dans le petit bureau du 2d étage du 232 rue de Rivoli où je l'avais écrit,au cours de notre conversation me fit cette remarque pertinente " tant qu'à Bordeaux on n'aura pas compris que le Bordeaux est un vin de statut on continuera de le vendre comme des marchands de vin..." Cette remarque frappée au coin du bon sens devrait faire réfléchir tous ceux qui s'échinent, et plus particulièrement les autoproclamés petits génies du marketing, à donner un sexe au vin. Pour plaire, pour séduire, pour emporter l'adhésion le vin à l'avantage, par rapport au vêtement par exemple, ou au parfum, de jouer sur les deux registres : comme pour l'être humain le partage entre la part masculine et la part féminine relève d'une alchimie secrète. Le fait que les femmes furent, pour des motifs religieux ou des tabous sociaux, pendant longtemps tenues à l'écart du vin et que, jusqu'à ces dernières années, le divin nectar restait l'apanage des mâles, n'enlève rien à la justesse de mon affirmation. De plus, le vin étant un produit de partage lui attribuer un sexe impliquerait la mise sur le marché de vins gay, de vins bi, de vins pour les tenants de la chasteté...

Fort bien me rétorquera-t-on mais le divin nectar est logé dans une bouteille ou bip et habillé d'une étiquette, alors rien n'interdit de parer la belle comme le font les couturiers, les parfumeurs ou les L'Oréal... Certes, mais pour autant bidouiller des soi-disant vins de filles, des vins de nanas, des flacons roses ou des références appuyées à des fragances, ou tout autres fanfreluches connotées sexy, en laissant accroire aux gogos qui font le vin que ça va faire péter les ventes auprès des Ginette, des Jennifer, des Laetitia, des Vanessa, des Jessica, et autres Simone, Aurélie, Elodie, Emilie et Marie... qu'elles soient caissières au Super U de Romorantin, ingénieures chez HP à Echirolles, avocates au barreau de Hazebrouck, gardes-barrières à la Roche-Migennes, agricultrices à St André Goule d'Oie, femmes au foyer à Corbeil-Essonnes, boulangères rue Lepic dans le XVIIIème à Paris, et j'en passe pour ne pas débiter l'intégralité de la taxinomie des catégories socio-professionnelles de l'INSEE. De plus, nos bricoleurs et bricoleuses made in France en seront d'accord avec moi : la ménagère de moins de 50 ans de l'hexagone n'a pas grand chose à voir, surtout en ce qui concerne ses habitudes alimentaires, avec celle de Birmingham, de Göteborg ou de Lodtz...

Tout ça pour dire que, le vin étant devenu un produit de consommation occasionnelle, une de ses fonctions essentielles, comme pour tous les signes extérieurs de statut social, c'est de valoriser son image, en l'occurence ici, de celle qui l'achète pour le mettre sur sa table pour une fête de famille, ou le consommer avec des copines au bar lounge après le turbin, ou le commander pour accompagner un déjeuner d'affaire, ou l'offrir à des amis chez qui l'on va dîner. Les marques de Champagne, les grands crus de Bordeaux, les must de Bourgogne, les signatures, telles celle de Guigal ou de certains vignerons stars, l'ont bien compris. Ils sont prescripteurs de tendance et, le plus souvent, les tendances sont de plus en plus unisexes. Elles touchent de façon différentes les catégories sociales, permettent parfois de définir des socio-types, peuvent être transversales du fait de perméabilité étonnantes : la fureur des petits Vuitton blanc à motifs de couleurs chez les 9-3 par exemple, modèlent sur le moyen terme des nouveaux modes de consommation. Il faut donc labourer profond avec les instruments ad hoc. Alors, de grâce, en paraphrasant Clémenceau, " la guerre est une chose trop importante pour la confier à des militaires" ne nous laissons pas enfumer par de soi-disants spécialistes. Il en faut, bien sûr, mais la responsabilité des choix stratégiques n'est pas entre leurs mains.

Une récente étude IPSOS confirme mon approche. A la question : " quels sont pour vous les critères d'achat les plus importants pour le vin ? " les acheteuses placent en tête, comme pour n'importe quel bien de consommation, le prix, puis le menu qu'il doit accompagner et la région de production. Les aspects extérieurs arrivent en dernière position. L'important c'est donc le couple prix/occasion avec pour corollaire l'origine. Traduit en français : le contenu du menu dépend de qui on reçoit, donc le vin et son origine obéissent aux mêmes règles sociales. Le prix n'est alors qu'une résultante de l'affirmation statutaire : à combien j'estime le coût que je veux consacrer à celle-ci ?  Certains, surtout les esthètes dégustateurs, vont trouver que, comme d'habitude, je pousse le bouchon un peu loin, que je force le trait, qu'ils se détrompent : pour une majorité de nos concitoyens, hommes ou femmes, le vin est d'abord un vecteur de reconnaissance sociale. Alors, foin des pseudos innovations, ce qui compte c'est de réinstaller le vin dans la société, de laisser dire pour lui : " c'est quand on veut, comme on veut entre adultes consentants..."

 

Les Femmes et le vin


  Lundi 20 Juin 2005

 Oenologues, sommelières, viticultrices ou négociantes, les femmes investissent aujourd’hui sans complexe toutes les filières professionnelles du vin. Cette réussite récente ferait presque oublier les préjugés qu’elles ont du combattre.

 



 
Histoire d'un tabou

" L'ange de l'Eternel répondit à Manoah: La femme s'abstiendra de tout ce que je lui ai dit. Elle ne mangera rien du produit de la vigne, et elle ne boira ni vin ni boisson enivrante, et elle ne mangera rien d'impur. " Cette citation tirée de la Bible (Livre des Juges, chapitre 13) illustre à merveille la façon dont la femme a été tenu éloignée du vin pendant des siècles par les religions et les sociétés. Durant l'Antiquité, il n'était pas rare qu'elle soit menacée de sanctions très sévères, voire de peine de mort. Ainsi, les prêtresses de Babylone vivant sous le règne d' Hammurabi (1792-1750 av J.C.) étaient enterrées vivantes lorsqu'elles s'aventuraient à boire de l'alcool.

Jean-Pierre Corbeau, Professeur de Sociologie de la consommation et de l'alimentation à l'Université de Tours, a analysé ce tabou historique qui repose, selon lui, sur trois grandes croyances :

- l'incompatibilité du vin et de la fonction reproductrice de la femme

- la femme et son sang menstruel impur risque de souiller le vin, breuvage pur et divin

- boire du vin est l'apanage de femmes sans moralité : prostituées, femmes légères, concubines, femmes adultères

Femmes aux Wine Women Awards

Conjointement à l'amélioration de la condition féminine, les tabous tombent au cours du XXe siècle, sans toutefois disparaître totalement. Dans les années vingt, la cigarette comme le vin sont des moyens de se poser en pied d'égalité face aux hommes. Ils deviennent des symboles servant la cause féminine mais restent réservés à une certaine élite artistique et intellectuelle. La véritable avancée en la matière a lieu à partir du milieu des années 60 sous l'impulsion du mouvement féministe. Paradoxalement, les progrès s'accompagnent de nouveaux préjugés aujourd'hui fortement enracinés. Le plus courant d'entre eux s'appuie sur l'idée que les femmes ne peuvent aimer les mêmes vins que les hommes. La qualification de " vin de femme " -qui ne se veut pas forcément péjorative- désigne généralement un vin sucré et flatteur au palais. Or, si les femmes ont tendance à préférer ce type de vins, il est probable que ce soit par manque d'éducation œnologique et non par goût inné.

La femme est l'avenir du vin

Depuis une vingtaine d'années, une véritable révolution de la consommation du vin est à l'œuvre dans les pays occidentaux. La femme est désormais responsable des achats de vin dans les familles. Ce serait le cas à 70% en Allemagne, à 80% aux Etats-Unis, et à 78% pour les achats en grande surface en France. Dans les pays anglo-saxons, les femmes ont trouvé un pendant à la bière de leurs conjoints et trempent volontiers leurs lèvres dans un verre de vin en sortant du travail. Leur héroïne Bridget Jones est d'ailleurs une adepte du Chardonnay.

femmes et vin

En devenant consommatrices, les femmes dictent un nouveau comportement à l'ensemble de la société. Elles veulent boire moins mais mieux, sans mettre danger leur santé et en privilégiant une approche vin-plaisir dans des occasions exceptionnelles et festives. Ceci explique en partie la part croissante des buveurs occasionnels en France qui devrait encore augmenter dans les années à venir, au détriment des consommateurs réguliers.

Comme ce comportement est également celui des jeunes générations et que l'on sait qu'il va dominer à terme toute la société, les femmes sont devenues des cas d'étude privilégiés. Consommatrices, précurseurs d'un nouveau mode de consommation, les femmes sont également devenues des cibles marketing et des clientes de choix courtisées par les gros groupes industriels. Beringer Blass envisage ainsi de lancer un vin spécialement destiné aux femmes : il s'appellera " White lie Early Season " et devrait être moins alcoolisé, moins sucré et calorique. Après le vin sans alcool, le " vin light " ne restera sûrement pas l'ultime tentative de séduction des professionnels du vin vis-à-vis des femmes.

Sophie Morin du Château La Villatade
 
Les Wine Women Awards : le premier concours de vin consacré aux femmes
La finale de la première édition des Wine Women Awards a eu lieu jeudi 16 juin dans les salons de l'Hôtel Bristol en présence de nombreuses personnalités. Associé à l'événement, OOVIN.com a couvert la soirée.
Les associations :
Depuis les années 80, les femmes travaillant dans le milieu du vin s'organisent au sein de différentes structures regroupant viticultrices, journalistes ou oenologues. En 2003, plusieurs associations allemande, française, espagnole, grecque, suisse et hongroise s'unissent afin de créer la fédération " International Associated Women in Wine " (IAWW).
Petit florilège des associations de femmes dans le monde :

en Grèce :
- "Greek Women of Wine"
www.womenofwine.gr.

en France :
- "Etoiles en Beaujolais" www.vins-du-beaujolais.com. Rassemble douze viticultrices depuis 1998.
- "L'ordre des Dames du vin et de la Table" est une confrérie fondée en 1985.
- "les Aliénior du Vin de Bordeaux" est une association créée en 1994.
- "Femmes et vins de Bourgogne".
www.fevb.net. Créée en 2000 par six Bourguignonnes.
- "Femmes Vignes Rhône".
www.femmes-vignes-rhone.com (site en construction).

en Autriche :
- www.weinschwestern.gmxhome.de.
Fondée en 1986, cette association regroupe environ 35 membres.
- www.11frauenundihreweine.at:
onze femmes productrices de vin se sont regroupées dans cette association en 2000.

aux Etats-Unis :
- "Women For Winesense"
www.womenforwinesense.org
Créée en 1990, c'est une organisation se situant entre la fondation et le lobby.

en Suisse :
- "Les Artisanes de la Vigne et du Vin" www.artisanes-vigne-vin.ch. regroupent sept femmes qui sont à la tête de leur domaine viticole.

en Allemagne :
- "Vinissima Frauen und Wein ev" www.vinissima-ev.de. Cette association existe depuis 1991 et compte environ 250 membres dans 8 régions.

en Italie :
- Le Donne del Vino www.ledonnedelvino.net. L'association, fondée en 1988, compte environ 200 membres.

en Hongrie :
- Els o maguar borbarat holgyek (Hungarian Women of Wine)

en Espagne :
- AMAVI (Asociacion de Mujeres Amigas del Vino)

Etoiles en Beaujolais - Femmes et vin
Who's who : quelques exemples de femmes au pouvoir en France

Sandrine Garbay : maître de chai au Château d'Yquem.

Laurence Jobard : première femme œnologue de Bourgogne. Elle travaille pour la maison Joseph Drouhin.

Véronique Drouhin : membre de la famille Drouhin, est l'œnologue du domaine Drouhin en Oregon.

Paz Espejo : oenologue auprès de la maison Cordier.

Brigitte Leloup : Présidente et fondatrice de l'Association des Sommeliers d'Europe.

Giovanna Rapali : Meilleure jeune sommelière de France 2001, demi-finaliste du trophée Ruinart en 2000, Meilleure jeune sommelière du Languedoc-Roussillon.

Philippine de Rothschild : la baronne est l'actionnaire majoritaire de la société Baron Philippe de Rothschild qui dispose de plusieurs grands crus du Médoc.

Béatrice Cointreau : PDG des Champagnes Gosset et DG des Cognacs Frapin.

Carol Duval-Leroy : Présidente des Champagnes Duval-Leroy.

Anne-Françoise Gros : propriétaire du domaine portant son nom à Pommard.

Chantal Comte : propriétaire du Château de la Tuilerie à Nîmes.

Colette Faller : elle exploite avec ses deux filles le domaine Weinbach, ancien Clos des Capucins.

Claire Brosse : rédactrice en chef de la revue l'Amateur de Bordeaux.

Isabelle Forêt : Rédactrice en chef de www.winewomanworld.com et auteur du premier ouvrage consacré aux femmes et au vin " Elles et Bacchus " au début des années 80. Elle a publié depuis Le Guide du vin au féminin et Fémivin 2004 : des vins pour les femmes.
 
Les femmes d'OOVIN.com

OOVIN.com vous présente ses collaboratrices :

Domaine de la Fully
Martine Vermorel

Domaine du Sancillon
Claudette Champier

Domaine Henri et Gilles Buisson
Monica Buisson

Château La Villatade
Sophie Morin

Château Bas
Marie-Lyne Lottin

Château-Ferran
Catherine Gélis


Amélie Charnay
 
 vos réactions et commentaires
 
l'actualité du vin
actualités du vin en Octobre 2007
actualités du vin en Septembre 2007
actualités du vin en Août 2007
actualités du vin en Juillet 2007
actualités du vin en Juin 2007
actualités du vin en Mai 2007
 
les dossiers
• Champagne : roi des vins

• Le temps des vendanges

• Les vins rosés

• Les Femmes et le vin

• Focus sur l’Armagnac

• Vignes de stars

 
vidéos
Curry de crevettes à la thaïlandaise

Dimanche 23 Sept. 2007

Pascale Weeks prépare une recette de cuisine de crevettes à la manière thaïlandaise.
 

• Gaspacho tomates carottes au chorizo

• Bouchées de poulets panées en vidéo

• Gratin d'abricots en vidéo

• Mes accords mêts vins

• Wine Women Awards en Vidéo

• Un Jour à Peyrassol


Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

commentaires

tchoo 31/10/2007 16:45

Je trouve cela insultant de parler de vins de femmes, comme si le gout des femmes était unique et reproductible quelque soit l'individu.Une anecdote: il ya quelques années, dans une petite assemblée de "professionnels" j'avais suggérer que l'on confie à un collège de femmes de viticulteurs (conjointe d'exploitant) la recherche d'un nom et de l'habillage pour une cuvée spéciale que nous voulions concoctée. Grosse, très grosse indignation des mâles présents.Quelques années plus tard, les mêmes planchaient lourdement sur le "concept vins de femmes", parce que un marketeur de passage leur avait fait miroiter le gain supposé.

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents