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Vin&Cie, l'espace de
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Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."
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La photo est signée par Elisa Berthomeau©
On sétonne de lefficacité des campagnes anti- alcooliques, dont la cible principale est le vin. Les subventions publiques attribuées aux ligues prohibitionnistes leur donnent les moyens de communication modernes permettant datteindre les objectifs de la loi « Santé publique » daoût 2004 qui a décidé la réduction de la consommation dalcool de 20 % en 4 ans (vin 30%).
On pouvait espérer que la cohérence des décisions politiques des Pouvoirs Publics sexprimerait à cette occasion.
Pour réduire lalcool apporté par le vin à la consommation humaine des français, la première décision devait être linterdiction de la chaptalisation. On sait que 60 000 tonnes de sucre de betterave servent à laugmentation du degré alcoolique des vins AOC de certaines régions, dont le bordelais. Aucun responsable viticole, aucun élu national ne propose cette mesure de simple administration, car ils ne veulent pas affronter les défenseurs de cet avantage acquis, ils tiennent trop à leur fonction nationale. Pourtant tous savent que la suppression de la chaptalisation permettrait, par le même moyen, de régler la surproduction des AOC qui provoque, par leffet domino, la chute des cours de tous les vins.
La conséquence de cette inaction cest la disparition, a terme, de 100 000 ha. de vigne. Les premiers dossiers de prime darrachage arrivent aux services administratifs chargés de les instruire.
Question : Quelle est la région viticole qui sera victime de cette politique ?
Le date limite de dépôt des dossiers pour les arrachages qui auront des conséquences sur la récolte 2006 est le 31 décembre 2005
Le bordelais a prévu 10 000 ha. darrachage, mais fin novembre il ny avait que 500 ha. de dossiers déposés, principalement des espaces destinés à lurbanisation !! Il ne devrait pas y en avoir beaucoup plus, pour une raison bien simple : les dizaines de milliers dha de vignes plantées depuis quelques années, grâce aux droits gratuits généreusement attribuées par lINAO, et la complicité du ministère de lAgriculture, lont été dans des secteurs délevage, dherbages qui ont vu leur valeur foncière multipliée par 10 ou plus. Ce nest pas avec 15 000 lha. de prime darrachage que lon peut compenser la perte de valeur foncière. (cest pourtant le double de la prime que peuvent espérer les languedociens)
Le beaujolais a prévu aussi 10 000 ha. darrachage .
En réalité, cest principalement le Languedoc-Roussillon qui va arracher son vignoble. La crise est là, plus grave et plus profonde quailleurs et les réserves financières des vignerons totalement épuisées.
Il suffit de parcourir le territoire languedocien et catalan, découter les doléances et les avis des uns et des autres, dexaminer la pyramide des âges, de constater labsence de successeurs vignerons, en particuliers dans de nombreuses coopératives, pour se rendre compte que nous sommes à la veille dun formidable mouvement de déstructuration humaine, sociale, économique qui aura des conséquences sur les paysages, sur le tourisme, sur léquipement public de cantons entiers. Le pire cest quon ne prépare aucunement ce mouvement pourtant prévisible. Pas de programme de protection des meilleurs vignobles, ou des meilleurs cépages, ou de structures coopératives. Personne nose aborder ces problèmes de peur dapparaître comme le fossoyeur de la viticulture.
On peut craindre que ne se lève un braillard belliqueux au discours musclé qui lève des légions de viticulteurs désespérés pour « faren tot pétà ».
Quel malheur que le centralisme, lesprit jacobin Français, nait pas permis de faire comme en Espagne qui a considéré, par décision parlementaire, que la vigne devait être protégée comme un bien culturel, économique et social, exclu de ce fait des campagnes anti- alcoolique. Il est vrai que la chaptalisation est interdite « tras los montes ».
Jean Clavel 4/12/2005
Un fervent lecteur de votre blog.
le groupe des 5 cotes de bordeaux veut créer une seule dénomination pour l'ensemble.Les cotes de bordeaux à la place de cotes de blaye,castillon ...etc
Pour la viticulture,il est urgent de sanctuariser des terroirs avant que ce ne soit trop tard!!
L'avantage de cette réforme réside aussi dans la possibilité pour un opérateur de ne pas revendiquer la communale, ce qui lui permet de créer un vraie hiérarchie entre la générique "Appellation Côtes de Bordeaux controllée" et la communale "Blaye/Appellation Côtes de Bordeaux controllée", de plus il sera possible pour un opérateur d'assembler plusieurs origines de communales sous la seule AOC "Appellation Côtes de Bordeaux controllée", ouvrant la porte enfin à la possibilité de créer des marques sous une AOC de "Côtes" commune puisque chaque Côte actuelle est incapable de fournir à elle seule suffisament de volume pour ces opérateurs.
Aujourd'hui il ne s'agit que d'un projet qui sera certainement amendé par la commission d'enquête de l'INAO, il est encore prématuré d'en juger les termes exacts.
Les questions que nous sommes en droit de nous poser sont les suivantes :
- Est-ce qu'une étude marketing a été réalisée auprès des consommateurs afin de déterminer le degré de pertinence d'un tel projet de réaménagement d'appellation ? Est-ce vraiment le changement d'appellation qui va "mieux" guider le consommateur dans son achat ? Seule une étude pourrait le confirmer ou l'infirmer. Or, aucune étude ne nous a été présentée à ce jour...
- A l'heure où l'on parle des besoins de repères pour le consommateur, à l'aide de marques phares (stratégies mises en oeuvres, simplification de l'offre par ce biais, etc.), est-ce qu'une réorganisation de l'appellation peut s'avérérer être LA solution ? La vraie question est, par définition, "est-ce que le consommateur va avoir envie d'apprendre une nouvelle appellation?" Déjà qu'il existe pléthore d'appellations, une nouvelle est à coup sûr la bienvenue pour aider le consommateur à choisir...
- Autre question : n'y a-t-il pas trop de châteaux dans nos appellations de Bordeaux ? Posée autrement, la question est : nos responsables syndicaux sont-ils à ce point aveugles ou, au contraire, visionnaires au point de croire que l'individualisme caractéristique de notre monde viticole nous sauvera ? A l'heure où l'on parle de fédération à tour de bras et de marques fortes, les défenseurs de nos intérêts agissent (certes, ils agissent!!) surtout pour leurs intérêts propres en voulant garder coûte que coûte leurs sacro-saints châteaux. Etrange paradoxe, non ?
- Enfin, dans le papier que les viticulteurs des 5 Côtes (euh, pardon, des Côtes de Bordeaux!!) ont reçu, la synthèse de ce projet de réforme fait apparaître très clairement une idée majeure. Si la position et les intérêts du consommateur semblent accessoires (on en parle à peine), la position et les intérêts des très nombreux opérateurs sont en revanche omniprésents. Or, il me semblait que c'était en fonction des intérêts du consommateur que l'on devait adopter une stratégie commerciale ou une modification de l'offre.
Et oui mon cher Emmanuel, le veritable courage dans ce pays serait de vouloir construire sur autre chose que sur les AOC.
On veut à tout pris garder NOS AOC, alors pour cela, nous sommes prets à simplifier la lecture des AOC, à créer des sous appelations régionales avec des cahiers des charges le plus ouvert possibles, ou le vin est plus fait à la cave qu' à la vigne.
Il y a, me semble t'il d'autres possibilités de hierarchisé nos vins:
VDT puis VDP et enfin AOC, avec de vrais AOC. Mais va faire comprendre à un leader syndical que son vin n'est rien d'autres qu'un VDP qu'on appelle depuis trop longtemps AOC.
On prends les consommateurs
Bonne nouvelle pour Emmanuel .....
Le quotidien SUD-OUEST de ce jour présente une interview du secrétaire géneral du Syndicat de Bordeaux et Bordeaux Supérieurs. Ce dernier préconise seulement 3 appellations dans le Bordelais.
Patience, patience.
D'ici quelques semaines un intervenant proposera l'unique appellation.
Par contre une partie de son article qui concerne la représentativité des vignerons au CIVB est assez intéressante. Mais pas de proposition pertinente à côté.
En effet bonne nouvelle,mais qu'est ce que vont penser les responsables des cotes de Bordeaux si il ne reste que 3 appellations.
On voit en effet la synergie des differents syndicats sur la prévision des moyens pour faire face a la crise.
Mais bientot on va parler de stratégies commerciales,de marketing de simplification de l'offre ,de budgets publicitaires bref de business....
Dans la panique, on oublie tout de même une chose essentielle : créer une marque forte, certes, mais sans oublier son ancrage dans le terroir!!
Le choix du consommateur est conditionné par deux éléments essentiels : une offre lisible (volume+simplicité) et axée sur un terroir, avec des valeurs et de l'authenticité.
Dans ce sens, l'article relative à la notion de terroir pour les produits de l'agriculture sur le dernier numéro de l'Expansion est éloquent de pertinence!! Aujourd'hui, certains pays (pour ne pas citer la Californie ou l'Australie) cherchent à créer une histoire autour du terroir et nous, nous allons diluer cette notion chèrement acquise! Paradoxe, non ? On se demande qui est novateur dans cette histoire ?...