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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Lundi 5 décembre 2005 1 05 /12 /Déc /2005 09:26

Les faits :

- dans son opuscule, le nouveau Paul sur son chemin de Damas, Hervé Chabalier se dresse au nom de sa nouvelle foi pour faire barrage " aux pinardiers " qui veulent mettre à bas la loi Evin;

- des cagoulés ouvrent le vannes des cuves de Robert Skalli : pour le public ce vin de pays d'oc qui coule dans le caniveau ne saurait être que du pinard, de la vile matière;

- des académiciens du vin, type Alain Senderens qui tient une cantine du côté de la Madeleine, pointent du doigt le coupable, celui qui tue le vrai vin à la française, le vin agro-industriel, le pinard bien sûr ;

- des défenseurs du vin, bourrés de bonnes intentions, regrettant le temps du vin quotidien, en médicalisant le vin ou en parlant de dose, ressuscitent le gros rouge, donnent des armes à ceux qui diabolisent le produit et accréditent l'idée de n'y toucher jamais : " à quand le pinard tue ! "

Que répondre ?

Pour Chabalier, je prends le temps de tout lire, l'alcoolisme est un fléau et l'on ne peut pas se contenter d'ironiser. Cependant, j'ai toujours dit à ceux qui voulaient  démantèler la loi Evin qu'ils leurraient les viticulteurs et qu'ils allaient en retour déclencher les foudres des ligues; pour les cagoulés : l'application de la loi . Pour les académiciens : mais où étaient-ils donc lorsque Cap 2010 a été publié ? Aux abonnés absents ou murés dans leur splendide isolement... Pour le  "lobby" du vin enfin : qu'il cesse de défendre le vin avec une logique de rétroviseur... 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Commentaires

Crise viticole (suite)


On s’étonne de l’efficacité des campagnes anti- alcooliques, dont la cible principale est le vin. Les subventions publiques attribuées aux ligues prohibitionnistes leur donnent les moyens de communication modernes permettant d’atteindre les objectifs de la loi « Santé publique » d’août 2004 qui a décidé la réduction de la consommation d’alcool de 20 % en 4 ans (vin – 30%).
On pouvait espérer que la cohérence des décisions politiques des Pouvoirs Publics s’exprimerait à cette occasion.
Pour réduire l’alcool apporté par le vin à la consommation humaine des français, la première décision devait être l’interdiction de la chaptalisation. On sait que 60 000 tonnes de sucre de betterave servent à l’augmentation du degré alcoolique des vins AOC de certaines régions, dont le bordelais. Aucun responsable viticole, aucun élu national ne propose cette mesure de simple administration, car ils ne veulent pas affronter les défenseurs de cet avantage acquis, ils tiennent trop à leur fonction nationale. Pourtant tous savent que la suppression de la chaptalisation permettrait, par le même moyen, de régler la surproduction des AOC qui provoque, par l’effet domino, la chute des cours de tous les vins.

La conséquence de cette inaction c’est la disparition, a terme, de 100 000 ha. de vigne. Les premiers dossiers de prime d’arrachage arrivent aux services administratifs chargés de les instruire.

Question : Quelle est la région viticole qui sera victime de cette politique ?

Le date limite de dépôt des dossiers pour les arrachages qui auront des conséquences sur la récolte 2006 est le 31 décembre 2005
Le bordelais a prévu 10 000 ha. d’arrachage, mais fin novembre il n’y avait que 500 ha. de dossiers déposés, principalement des espaces destinés à l’urbanisation !! Il ne devrait pas y en avoir beaucoup plus, pour une raison bien simple : les dizaines de milliers d’ha de vignes plantées depuis quelques années, grâce aux droits gratuits généreusement attribuées par l’INAO, et la complicité du ministère de l’Agriculture, l’ont été dans des secteurs d’élevage, d’herbages qui ont vu leur valeur foncière multipliée par 10 ou plus. Ce n’est pas avec 15 000 € l’ha. de prime d’arrachage que l’on peut compenser la perte de valeur foncière. (c’est pourtant le double de la prime que peuvent espérer les languedociens)
Le beaujolais a prévu aussi 10 000 ha. d’arrachage .
En réalité, c’est principalement le Languedoc-Roussillon qui va arracher son vignoble. La crise est là, plus grave et plus profonde qu’ailleurs et les réserves financières des vignerons totalement épuisées.
Il suffit de parcourir le territoire languedocien et catalan, d’écouter les doléances et les avis des uns et des autres, d’examiner la pyramide des âges, de constater l’absence de successeurs vignerons, en particuliers dans de nombreuses coopératives, pour se rendre compte que nous sommes à la veille d’un formidable mouvement de déstructuration humaine, sociale, économique qui aura des conséquences sur les paysages, sur le tourisme, sur l’équipement public de cantons entiers. Le pire c’est qu’on ne prépare aucunement ce mouvement pourtant prévisible. Pas de programme de protection des meilleurs vignobles, ou des meilleurs cépages, ou de structures coopératives. Personne n’ose aborder ces problèmes de peur d’apparaître comme le fossoyeur de la viticulture.
On peut craindre que ne se lève un braillard belliqueux au discours musclé qui lève des légions de viticulteurs désespérés pour « faren tot pétà ».
Quel malheur que le centralisme, l’esprit jacobin Français, n’ait pas permis de faire comme en Espagne qui a considéré, par décision parlementaire, que la vigne devait être protégée comme un bien culturel, économique et social, exclu de ce fait des campagnes anti- alcoolique. Il est vrai que la chaptalisation est interdite « tras los montes ».
Jean Clavel 4/12/2005







Commentaire n°1 posté par Clavel Jean le 05/12/2005 à 09h42
Monsieur Berthomeau, je souhaite lire CAP 2010, sur quel site ? Chez quel éditeur ? En vous remerciant.

Un fervent lecteur de votre blog.
Commentaire n°2 posté par Thomas le 05/12/2005 à 13h39
bonne nouvelle enfin sur le journal sudouest!
le groupe des 5 cotes de bordeaux veut créer une seule dénomination pour l'ensemble.Les cotes de bordeaux à la place de cotes de blaye,castillon ...etc



Commentaire n°3 posté par emmanuel le 05/12/2005 à 14h12
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt le commentaire de J Clavel;en tant que fils d'agriculteur des PO et les dégats déjà énormes en viticulture et fruits et légumes,avec encore ce qui va arriver,où va le midi?
Pour la viticulture,il est urgent de sanctuariser des terroirs avant que ce ne soit trop tard!!
Commentaire n°4 posté par BERTRAN DE BALANDA le 08/12/2005 à 09h08
Je ne comprends pas l'enthousiasme d'Emmanuel à la supression de 5 appellations de Côtes qui ont déjà fait leur chemin et ont à ce jour un succés national (et + loin encore) mérité. Le regroupement sous une seule appellation n'aura que pour issue le nivellement par le bas des prix et donc un revenu moindre pour les vignerons . Beaucoup d'argent a été dépensé pour promouvoir ces appellations et ce serait une gabagie de les "mettre à la corbeille" car c'est bien de celà qu'il s'agit. L'aOC est une propriété collective. C'est pour moi un acquit social. On ne s'en sépare pas aussi facilement sur des prospectives de marché dont il n'existe aucune étude. La création d'une nouvelle appellation collective de repli de côtes est à mon avis novatrice et intelligente pour acquérir de nouveaux marchés à l'export. Mais il est vrai qu'en FRANCE l'on aime bien détruire ce qui marche bien. Car les Côtes je vous assurent marchent bien. Mais c'est peut être pour celà que l'on veut les désintégrer. A moins que des ambitions individuelles à la recherche d'une présidence de poids soient derrière ce projet.
Commentaire n°5 posté par Michel ELIE le 09/12/2005 à 18h15
Le projet de fédération des 5 Côtes Bordelaises suscite à ce jour beaucoup de réactions positives mais parfois aussi des réaction "négatives" à cause d'un déficit d'information ou par souci volontaire de certains de "désinformer". Fédérer les 5 Côtes Bordelaises pour donner enfin corps à cette véritable entité qui est morcellée mais dont les points communs sont si nombreux que la seule chose qui différencie les 5 décrets ne sont que les aires géographiques. Quoi de plus naturel que de les réunir sous le même nom de famille pour les rendre plus fortes et plus lisibles sur les marchés à condition bien sûr que les particularités qui sont géographiques soient respectées et mises en valeur. C'est précisément l'objet de cette réforme: transformer les noms compliqués de chaque Côte Bordelaise sous un nom de "communale" (qui éxiste déjà dans chaque dénomination éxistante) bien plus facile à retenir pour le consommateur et qui résume très naturellement l'ancienne dénomination. Si "Premières Côtes de Blaye / Appellation Premières Côtes de Blaye controllée" devient "Blaye / Appellation Côtes de Bordeaux Controllée", cela permet de conserver le capital notoriété éxistant sur "Premières Côtes de Blaye", tout en offrant au consommateur le moyen de mieux retenir le nom précis qui identifie l'aire géographique (une ville) dans une famille d'AOC ne pouvant que devenir plus lisible et compréhensible.
L'avantage de cette réforme réside aussi dans la possibilité pour un opérateur de ne pas revendiquer la communale, ce qui lui permet de créer un vraie hiérarchie entre la générique "Appellation Côtes de Bordeaux controllée" et la communale "Blaye/Appellation Côtes de Bordeaux controllée", de plus il sera possible pour un opérateur d'assembler plusieurs origines de communales sous la seule AOC "Appellation Côtes de Bordeaux controllée", ouvrant la porte enfin à la possibilité de créer des marques sous une AOC de "Côtes" commune puisque chaque Côte actuelle est incapable de fournir à elle seule suffisament de volume pour ces opérateurs.
Aujourd'hui il ne s'agit que d'un projet qui sera certainement amendé par la commission d'enquête de l'INAO, il est encore prématuré d'en juger les termes exacts.
Commentaire n°6 posté par Eric BANTEGNIES le 16/12/2005 à 11h09

Les questions que nous sommes en droit de nous poser sont les suivantes :


- Est-ce qu'une étude marketing a été réalisée auprès des consommateurs afin de déterminer le degré de pertinence d'un tel projet de réaménagement d'appellation ? Est-ce vraiment le changement d'appellation qui va "mieux" guider le consommateur dans son achat ? Seule une étude pourrait le confirmer ou l'infirmer. Or, aucune étude ne nous a été présentée à ce jour...


- A l'heure où l'on parle des besoins de repères pour le consommateur, à l'aide de marques phares (stratégies mises en oeuvres, simplification de l'offre par ce biais, etc.), est-ce qu'une réorganisation de l'appellation peut s'avérérer être LA solution ? La vraie question est, par définition, "est-ce que le consommateur va avoir envie d'apprendre une nouvelle appellation?" Déjà qu'il existe pléthore d'appellations, une nouvelle est à coup sûr la bienvenue pour aider le consommateur à choisir...


- Autre question : n'y a-t-il pas trop de châteaux dans nos appellations de Bordeaux ? Posée autrement, la question est : nos responsables syndicaux sont-ils à ce point aveugles ou, au contraire, visionnaires au point de croire que l'individualisme caractéristique de notre monde viticole nous sauvera ? A l'heure où l'on parle de fédération à tour de bras et de marques fortes, les défenseurs de nos intérêts agissent (certes, ils agissent!!) surtout pour leurs intérêts propres en voulant garder coûte que coûte leurs sacro-saints châteaux. Etrange paradoxe, non ?


- Enfin, dans le papier que les viticulteurs des 5 Côtes (euh, pardon, des Côtes de Bordeaux!!) ont reçu, la synthèse de ce projet de réforme fait apparaître très clairement une idée majeure. Si la position et les intérêts du consommateur semblent accessoires (on en parle à peine), la position et les intérêts des très nombreux opérateurs sont en revanche omniprésents. Or, il me semblait que c'était en fonction des intérêts du consommateur que l'on devait adopter une stratégie commerciale ou une modification de l'offre.

Commentaire n°7 posté par Emmmanuel le 24/12/2005 à 18h22

Et oui mon cher Emmanuel, le veritable courage dans ce pays serait de vouloir construire sur autre chose que sur les AOC.


On veut à tout pris garder NOS AOC, alors pour cela, nous sommes prets à simplifier la lecture des AOC, à créer des sous appelations régionales avec des cahiers des charges le plus ouvert possibles, ou le vin est plus fait à la cave qu' à la vigne.


Il y a, me semble t'il d'autres possibilités de hierarchisé nos vins:


VDT puis VDP et enfin AOC, avec de vrais AOC. Mais va faire comprendre à un leader syndical que son vin n'est rien d'autres qu'un VDP qu'on appelle depuis trop longtemps AOC.


On prends les consommateurs

Commentaire n°8 posté par michel le 28/12/2005 à 10h33

Bonne nouvelle pour Emmanuel .....


Le quotidien SUD-OUEST de ce jour présente une interview du secrétaire géneral du Syndicat de Bordeaux et Bordeaux Supérieurs. Ce dernier préconise seulement 3 appellations dans le Bordelais.


Patience, patience.


D'ici quelques semaines un intervenant proposera l'unique appellation.


Par contre une partie de son article qui concerne la représentativité des vignerons au CIVB est assez intéressante. Mais pas de proposition pertinente à côté.

Commentaire n°9 posté par Michel ELIE le 10/01/2006 à 10h45

 


En effet bonne nouvelle,mais qu'est ce que vont penser les responsables des cotes de Bordeaux si il ne reste que 3 appellations.


On voit en effet la synergie des differents syndicats sur la prévision des moyens pour faire face a la crise.


Mais bientot on va parler de stratégies commerciales,de marketing de simplification de l'offre ,de budgets publicitaires bref de business....


 


 

Commentaire n°10 posté par emmanuel le 10/01/2006 à 15h08

Dans la panique, on oublie tout de même une chose essentielle : créer une marque forte, certes, mais sans oublier son ancrage dans le terroir!!


Le choix du consommateur est conditionné par deux éléments essentiels : une offre lisible (volume+simplicité) et axée sur un terroir, avec des valeurs et de l'authenticité.


Dans ce sens, l'article relative à la notion de terroir pour les produits de l'agriculture sur le dernier numéro de l'Expansion est éloquent de pertinence!! Aujourd'hui, certains pays (pour ne pas citer la Californie ou l'Australie) cherchent à créer une histoire autour du terroir et nous, nous allons diluer cette notion chèrement acquise! Paradoxe, non ? On se demande qui est novateur dans cette histoire ?...

Commentaire n°11 posté par Emmanuel le 09/02/2006 à 20h00

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