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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 14:10

Corbières 008N’étant ni riche ni célèbre, donc pas justiciable des pinces-fesses exotiques pour gogos pleins d’euros, je suis allé faire le beau dans les Corbières à l’invitation d’une fidèle lectrice Nadine Franjus-Adenis. Voici 13 petites esquisses que m’a inspiré l’Université de la Vigne et du Vin de Ferrals-les- Corbières.

composition-accueil.jpg

1-      La géographie physique : « En aval d’Axat, la rive droite de l’Aude est accidentée par les Corbières, chaînes formées de terrains d’âge très divers, fortement plissés, depuis des schistes siluriens jusqu’à des grès éocènes. C’est « un fragment du Massif ancien de la France centrale, englobé plus tard dans la zone des plissement pyrénéens. »

Malgré ses faibles altitudes, les Corbières sont malaisées à franchir. Leurs pentes dénudées, leurs sommets brulés par le soleil, couverts de pierres blanchâtres, s’interposent entre le Bas-Languedoc et le Roussillon, et les communications sont rares entre ces deux pays ; elles se limitent presque exclusivement au littoral, où passent la route et le chemin de fer. »

Vidal de La Blache 1909

 

2-     La géographie humaine : « L’expression de pays a cela de caractéristique qu’elle s’applique aux habitants presque autant qu’au sol. Quand nous avons cherché à pénétrer dans la signification de des termes, nous avons vu qu’ils expriment, non pas une simple particularité, mais un ensemble de caractères, tirés à la fois du sol, des eaux, des cultures, des modes d’habitation. Voilà donc, saisi sur le vif, cet enchaînement de rapports partant du sol et aboutissant jusqu’à l’homme.

 

3-     Histoire de la vigne : dédié à Jacky Rigaux le Bourguignon découvrant les Corbières « C’est à l’époque classique que débute véritablement l’histoire du vignoble languedocien, à commencer par les Grecs qui s’installent et plantent la vigne à l’embouchure de l’Hérault, autour d’Agde, au Ve siècle avant JC (…) Les Romains prennent le relais des Grecs trois siècles plus tard, en y créant une province en 118 avant J.-C., axée autour du port de Narbonne. Dans cette province narbonnaise, la production viticole rencontre tellement de succès qu’elle fait vite concurrence aux vins de la péninsule italienne, au point qu’une bonne partie des vignes y sont arrachées sur l’ordre de l’empereur Domitien en 92 après J.-C.

Lorsque la viticulture est établie dans toute la Gaule par l’empereur Probus en l’an 276, le Languedoc reprend sa place privilégiée dans le paysage viticole français, qu’il ne cesse de conforter. Après l’introduction du chasselas, du muscat, et du carignan venu d’Espagne, ce sont les croisés qui enrichissent la gamme des cépages languedociens avec des variétés rapportées du Proche-Orient, que les monastères sont prompts à expérimenter et à exploiter.

A  partir du VIIe siècle, bien avant les premières croisades, ce sont les moines qui ont pris le contrôle du vignoble. Leur implantation est principalement l’œuvre de Saint Benoît d’Aniane (750-821) qui développe et réforme l’ordre des bénédictins en Gaule, puis dans l’Europe entière, sous le règne de Charlemagne et de Louis le Pieux.

Spectaculaires sont l’ascension et l’œuvre de ce guerrier devenu moine, qui commence sa carrière comme œnologue en quelque sorte, puisqu’il est échanson à la cour de Charlemagne, chargé de goûter et de servir le vin, avant de se retirer dans les ordres pour servir Dieu. Il rentre à l’abbaye de Saint-Seine en Bourgogne où son ascétisme fait figure d’exemple. Cellérier – c’est-à-dire économe – de son établissement, il irrite plus d’un moine, car aux dires de son biographe Ardo : « comme il ne leur fournissait pas de vin à volonté, plusieurs le regardaient de travers. »

 

à suivre dans « Terre de Vignes » Charles Frankel au Seuil.

 

4-     « Un américain dans les vignes de Corbières » Des Ligneris n’en venait pas moins y acheter des terres sélectionnées : ce qui l’intéressait en particulier, c’était ce qu’il appelait son « terroir d’exception ». Il avait réussi à déniche les meilleurs terrains du plateau des Corbières. Les vignerons du Vieux Monde respectaient cette maxime « Terre pauvre, grand vin ». Si les terres riches de la plaine étaient bonnes à quelque chose, c’était à produire du raisin en quantité ; mais les vignes rares se trouvaient sur les terres hautes, sur ces coteaux et plateaux bien exposés où le cep plongeait profond ses racines pour puiser l’eau et ses minéraux. »

« - Voilà ! s’exclama Des Ligneris d’un ton catégorique. Parlez-moi de culture bio. Ici, les voisins ne déversent pas de produits chimiques sur leurs terres. Pour une bonne raison : des voisins, il n’y en pas. Ici, les voisins, c’est le ciel et la garrigue.

       Robert Camuto au café du théâtre de Fabrezan dans « Un américain dans les vignes » chez Michel Lafond

 

5-     Les « 4 discours » des élus : souvenir du dernier Congrès d’Antoine Verdale de la CNCV à Carcassonne où, l’inénarrable Jacques Blanc, alors président de la région, occupa longuement le temps de paroles, rien que pour m’emmerder, sauf que les impératifs horaires de mon avion m’empêchèrent de prononcer le discours attendu par les congressistes, d’où leur ire contre le dit Président…Corbieres-006.JPG6-     « Le Lion des Corbières » Jean Vialade « L’existence de Jean a souvent ressemblé à la crue de ces masses d’eau écumante capables de tout emporter sur leur passage pour accomplir leur destin ? Destin de rivière (l’Orbieu) ou d’homme : de la source à l’océan, c’est presque la même chose. Et le flot des passions de celui que l’on a surnommé le « Lion des Corbières » n’a-t-il pas menacé maintes fois de déborder, au temps du CAV ? L’hérédité veillait, avec le sens de la mesure des paysans aranais et catalans desquels il est issu.

Le bio (en 1985) nous a pris à une époque où tout le monde était dans l’agriculture à outrance. Ils préparaient la vache folle. Avec d’autres, nous anticipions sur le besoin de retour au naturel. Dans la Corbière (il nomme son pays au singulier), nous n’avions pas d’autre solution. »

 

« Guerriers du vin une saga occitane » JP Juge Loubatières

 

7-     Michel White-Smith : seul anglicisme toléré à l’Université de la Vigne et du Vin par Nadine Franjus-Adenis. Normal, il est si Français !

 

8-    Pascal Frissant : quand on est Coupe-Roses, et qu’on est en plus un château pas étonnant que le Rocard, qu’aimait pas trop le locataire de l’autre Château, coupât les vivres à une feuille révolutionnaire.

 

9-     Accord Mets-Vins : peu très nettement mieux faire. J’aurais aimé qu’on me laissât la liberté d’aller me mêler au peuple des vignerons. Les tables officielles j’ai beaucoup donné.

 

10- « Volem dire al païs » : content de revoir sur la toile Philippe Vergne qui a tant aimé Cap 2010.

 

11-  Face de Bouc : j’y suis mais Dieu que les consultants sont gonflants ! « D'accord!» slide suivant...

 

12- Table ronde : il y avait une très jolie femme au premier rang et j’ai beaucoup regretté de devoir quitter si tôt, et la table ronde, et Ferrals-les-Corbières pour rejoindre la gare de Narbonne… mais je reviendrai pour aller à la rencontre des vignerons chez eux…

 

13- Merci à vous Nadine Franjus-Adenis de m’avoir invité… ce fut une belle journée avec un public nombreux, chaleureux, il ne vous reste plus qu’à recommencer l’année prochaine. Je compte sur vous pour les annales de cette session de l’Université de la vigne et du vin de Ferrals-en-Corbières.

Corbieres-005.JPGCorbieres-007.JPG

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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MMM 14/11/2011 22:03



FERRALS 2011:


ON N'A PAS LE CUL SORTI DES RONCES!


 


Je participai dernièrement moi aussi a la journée dite "universitaire" de Ferrals qui a pour objectif de rassembler les vignerons et de donner un sens collectif a leur développement.


Quel univers étonnant nous vivons !


Je suis sûr de ne pas tout avoir compris mais


 


Quel gâchis!


A l'heure ou il faudrait enfin être intelligents et fiers, à l'heure ou les arrachages de vignes ont été d'une violence paysagère désastreuse , à l'heure de la mondialisation insolente, nous
prenons juste conscience et tentons de consolider notre culture méditerranéenne.


Ne cherchons pas la recette en Corbières, la solution en Minervois, l'issue en Fitounie. Nous sommes des Méditerranéens. Point.


 


Notre développement, c'est notre qualité de vie.


Se rassembler oui , mais surtout au rugby, à table, à la pétanque ou à la chasse. Entre facilité et difficulté, notre choix est vite fait....


Nos responsables professionnels sont a la fois des professeurs, des prêtres, des tribuns et des magiciens.


On les retrouve toujours là ou on ne les attend pas. Mais ils sont souvent absents des grandes décisions collectives potentielles. Leur art de durer sous prétexte de mission prévalent sur
leur fonction de représentation, de défense et d'organisation commune.


Comme le dit aujourd'hui Jacques Berthomeau le rapporteur de Cap 2010 : "cette région me fatigue".


Nous avons tout pour réussir : le climat, la diversité et la richesse de nos terroirs, des paysages extraordinaires, une culture et une diète méditerranéenne enviée et un accent a faire rêver.


Cette diversité est telle que nous n'arriverons pas a harmoniser nos atouts sachant que nos vins sont globalement compétitifs.


Même Georges Frêche avec sa bourse généreuse n'a pas réussi a construire un élan de dynamique coopératif.


Alors faut-il vraiment rassembler, conjuguer, grouper ou bien plus simplement et efficacement accompagner les individus ou les groupes d'individus qui veulent se battre pour réussir?


 


Mais au fait, c'est quoi réussir?


Il est difficile de faire le bonheur de l'autre contre son gré !


Ne récolte t-on pas ce que l'on mérite ?


Je retiendrai de cette journée "remue méninges" que ce Languedoc Roussillon est un beau territoire de liberté et de gaspillage.


Cependant il faut donner une chance de plus à tous nos vignerons pour qu'ils comprennent que seule la cohérence et la complémentarité les sauvera.


Mais après tout, s'ils ne l'entendent pas ainsi, "le marché" aura raison de leurs faiblesses.


 


Pourtant le millésime 2011 est superbe.


Les cuvées des vrais vignerons coopérateurs ou indépendants auront comme toujours du succès.


Certaines structures vont en profiter pour grandir, d'autres vont une fois de plus laisser passer une chance de cultiver l'image positive,  le plaisir recherché des consommateurs et la
"richesse" des grands crus.


Il en est ainsi. Demain, quand je me lèverai, je me poserai la question traditionnelle : "qui me paye et pour quoi faire ?" Et je repartirais soutenir, aider, accompagner, voire booster (un mot
typique de chez nous) les candidats au développement.


La vie n'est pas facile.  Mais il existe des Hommes qui croient aux valeurs humaines, des Hommes et des Femmes qui veulent donner (ou vendre) du rêve et du bonheur pour peu que cela leur
permette de vivre bien "au Pays".


Et cela est réconfortant. Rien n'est jamais perdu. Je suis aussi de ceux là.


 


Mais putain que c'est difficile !


Pour persévérer, BUVONS du bon vin de chez nous sans oublier de regarder évoluer les autres. Les rentes de situations sont bel et bien terminées, CROYONS à un avenir meilleur, sincère et
solidaire.


 


Bravo aux braves gens qui ont travaillé sur LA journée de Ferrals autour du thème "Vignerons riches et célèbres"? 


Ils sont riches de courage.



jmPaul 12/11/2011 12:55



Bonjour Maître Jacques,


2 remarques : sur la 10 : à quel degré faut il la lire ? Vous parlez du web ?


sur la 12 : n'oubliez pas la famille Mazard à Talairan lors de votre prochaine visite.


Bon Dimanche



JACQUES BERTHOMEAU 12/11/2011 15:12



Vous devriez poser la question à l'intéressé il est le plus à même de vous répondre même avec le recul du temps... La toile c'était l'écran sur laquelle était projetée la vidéo...



Michel Smith 11/11/2011 19:10



Beau résumé, Jacques. Grand merci à Nadine, talentueuse et élégante "animatrice" de ce colloque vigneron. Quel plaisir de se retrouver dans la Corbière qui, pour moi, ressemble à une magistrale
"chiffonade" géologique riche en vignerons aussi vrais que talentueux. Ce fut un bon moment à partager avec vous tous !  



nadine Franjus-adenis 11/11/2011 17:09



Cher Taulier,


Vous dites être ni riche ni célèbre. Permettez de vous reprendre majesté. Riche vous l'êtes de savoir, de malice et de goût. Célèbre, ce n'est pas vous qui en décidez. Lors de cette Université
dans les Corbières vous êtiez une célébrité. Ne vous déplaise. J'en veux pour preuve, la demande de F3 qui vous a choisi parmi les nombreux intervenants de la journée. Vous, dont la plupart du
public connaissait au moins le nom et peut maintenant parler de votre écharpe jaune pâle étrangement choisie pour accompagner votre chemise à carreau, elle-même recouverte d'un sweet au col et
poignet à rayures ( le tout parfaitement harmonieux et tendre, pas simple, mais étrangement réussi). Vous et votre ami (et complice) Michel Smith avez donné un peu plus ""d'importance" à cette
rencontre. C'est comme ça. Moi, j'ai aimé votre présence comme celle des autres orateurs, plus ou moins bon tribun... mais c'est "tous ensemble" qui donnons du sens à cette réflexion sur le
présent et l'avenir du vin dans le Languedoc. Merci dêtre venu. Wellcome again in La Corbière (= la colline).



JACQUES BERTHOMEAU 11/11/2011 17:35



Ma chemise était à rayures (grosses) : du rose, du bleu, du vert, du rouge, du violet et du jaune donc... je
trouverai le moyen d'en faire une photo...



clavel 11/11/2011 16:38



On a dit que les Grecs avaient implanté la vigne à Agde , mais c'était avant la découverte de la présence des Etrusques à Lattes qui ont précédé les Grecs d'Agde, son découvreur, Henri Prades,
m'a fait cadeau de 200 gr. de pépins de raisin  de cette époque découverts dans les restes d'une maison du VI° siècle av. JC.Il faut aller visiter le Musée qui est consacré à cette époque à
Lattes. Saint Benoît d'Aniane qui a renouvelé la règle des Bénédictins et aidé à la création de nombreuses abbayes viticoles dans toute l'Europe, dont celles du Minervois (Caunes) des Corbières
(Lagrasse), était né à Substancio (Castelnau le Lez) dans la famille du Comte Goth de Maguelonne. Il s'appelait à sa naissance Witiza. D'autres vignobles de la région lui doivent leur existence,
Saint Chinian créé comme Caunes par un compagnon de Saint Benoît "Anian" mais aussi Cabrières, Saint Saturnin et sous d'autres circonstances Saint Guilhem le Désert.



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