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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 00:03

Sex-PistolsNever-Mind-The-BollocksFrontal.jpg

La provoc ça me connaît, je la pratique par pure facilité souvent, j'en connais à la fois les limites et les conséquences. En effet, la provocation, même gratuite, a un goût plus ou moins prononcé d'ambigüité, un parfum parfois trouble issu de son origine de basse police : le provocateur étant celui qui incite un groupe à la violence ou l'illégalité dans l'intérêt de la partie opposée, en l'occurrence les défenseurs de l'ordre. Les seuls provocateurs auxquels je reconnais du génie sont les créateurs. Comme je n'en suis pas un j'accepte sans peine de me faire renvoyer dans mes dix-huit mètres lorsque je pousse le bouchon trop loin. Tel n'est pas le cas de membres du fan club du concepteur du "Vin de bagnole" qui, sous prétexte, que j'ai eu dans une chronique du 20 septembre 2006 http://www.berthomeau.com/article-3895171-6.html, de ne pas trouver à mon goût, le "on s'en bat les couilles" associé à son génial nectar. Dans leurs commentaires tardifs (c'est la rançon du succès) Le père Pinard et Tintin me traînent dans la boue, je suis pour eux un quasi débile mental qui n'a rien compris aux intentions profondes de ce vigneron qui ose, à ses risques et périls, sortir des sentiers battus. Pire, je suis un acculturé de ne pas avoir goûté tout le suc de cette version vinaire d'un titre de l'éphémère groupe punk rock anglais les Sex Pistols "Never Mind the Bollocks". Don't acte, je couvre ma tête indigne de cendres pour n'avoir pas découvert cette filiation avec ces provocateurs de pacotille. Je bats ma coulpe. Je suis prêt à faire, en robe de bure, un pèlerinage à pied depuis Paris pour présenter mes plus plates excuses à celui qu'Olif dénomme le « couillu de Mesland». Comme ils semblent aimer la provoc, je signale à nos deux compères que leur idole, le sémillant retraité doré à Los Angelès, l'ex brailleur des SP, Johnny Rotten, vient de baver salement sur le retour de Sting et de son groupe Police en les qualifiant de « vieilles carcasses molles et mortes ». Normal, la provoc ça fait vendre, et les Sex Pistols, qui s'étaient séparés en 1978, vont remonter sur scène le 8 novembre, à Londres, justement pour fêter le 30e anniversaire de la sortie de leur seul album " Never Mind The Bollocks".


Bon tout ça ne serait qu'une tempête dans un verre de vin non sulfité si mes deux punks attardés s'en tenaient là. Qu'ils ne goûtassent point que je n'apprécie pas que certains dans le monde du vin, très mecs bien burnés, fassent de la provoc à deux balles sur la sécurité routière, libre à eux, ils travaillent en cela pour le camp d'en face qui veut nous réduire à une bande de pochtrons décérébrés et irresponsables. De plus ma critique ne se voulait ni moralisatrice, ni puritaine mais faisait appel au sens de la responsabilité. L'alcool au volant est un sujet difficile et faire de la provocation à 4 sous la livre sur une étiquette me paraît dérisoire. C'est mon droit sauf que, ce faisant j'attaque, selon mes détracteurs, moi qui reste le cul dans mon fauteuil, un brave petit vigneron qui trime sur ses hectares pour nous offrir un nectar naturel. J'admets avoir ironisé sur le prix du flacon. J'aurais pu éviter cette provocation facile mais ce n'était pas écrit sur l'étiquette que notre homme tirait les prix au mieux vu ses petits rendements. J'aurais du m'informer me dit-on. Venir acheter le vin à la propriété, tiens donc faudra que je dise ça à madame Michu ma voisine. Je n'en aurais d'ailleurs pas trouvé puisque notre homme a tout vendu. Mais jamais, au grand jamais je n'ai écrit que son vin n'était pas bon ou raillé son labeur. Donc en conclusion, je suis un méchant con qui fait de la peine à un brave vigneron. Moi je veux bien mais alors foin de la provocation trash, des Sex Pistols, de Sid Vicious et autres punks déjantés, déstructurés. Quand on se livre à de la provocation il faut accepter la contestation ou alors se contenter de jouer dans sa petite cour de récréation, entre soi, congratulations, et chansons pour pleurnicher que tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont des petits ou des vieux cons. Vive la victimisation !

Pour terminer cette chronique, je conseille au Père Pinard et à Tintin d'aller voir le film Persépolis, dans lequel l'héroïne, Marjanne Satrapi, à plusieurs reprises provoque les gardiens de la Révolution des mollahs iraniens, ces immondes mâles barbus, qui font la morale aux filles parce qu'elles portent des vêtements trop moulants qui mettent en valeur leurs formes et qui excitent ainsi leurs collègues garçons. Elle est provocante Marjanne mais elle l'est au péril de sa vie comme le lui dit sa mère, car ces gardiens de la morale, pour respecter la lettre du Coran, pourraient la marier de force, la faire déflorer et pouvoir ainsi la supprimer. De la provocation de ce calibre là, chapeau ! Alors que celle faisant référence à la quincaillerie des Sex Pistols me plonge dans une indifférence méprisante. Oui messieurs les deux punks non révisés Never Mind the Bollocks de vos couplets éculés. Vous me gonflez et, pour terminer en queue de poisson, revenir à la bagnole, moi le cycliste invétéré qui jajate grave, si je passe au feu rouge, je suis un con car je mets ma vie en péril. Alors que le mec ou la nana d'ailleurs, cul sur son siège de bagnole, qui fait la même chose, est un assassin en puissance. J'espère au moins, pour lui ou elle, qu'ils ne sont pas bourrés...

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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Olif 29/09/2007 13:51

Houlà! C'est pas une tempête, mais un véritable cyclone dans un si petit verre de vin! Je ne suis pas allé aussi loin dans l'interprétation de cette étiquette, qui reste pour moi un simple clin d'oeil aux Sex Pistols, et pas à proprement parler l'apologie des chauffards sur la route et de l'alcool au volant.Je voudrais juste signaler que je ne revendique en aucun cas la paternité du surnom de "couillu de Mesland" attribué à Pascal Simonnutti. Je pense qu'il vient de vous, Mr Berthomeau, mais c'est gentil de penser à moi pour le lui avoir donné! Personnellement, je me suis juste contenté de boire une ou deux bouteilles (à plusieurs) de sa production, sans prendre le volant après! Et je roule d'ailleurs très souvent en 2 roues, tout comme vous, mais dans une plus petite ville. Ce qui n'exclut pas le danger, d'ailleurs!

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