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Samedi 19 novembre 2005 6 19 /11 /Nov /2005 09:15

Cette chronique a été mise en ligne le 7 juin 2005

" Ma mob bleue ciel, son siège biplace, son son de meule... rassurez-vous je ne vais pas ce matin vous tartiner un petit morceau de mes souvenirs d'adolescent mais utiliser cet engin mythique des années 60 pour m'interroger sur notre volonté d'assumer notre statut de pays leader mondial des vins.

Tout d'abord est-il bien raisonnable d'en arriver à "brûler" plus d'un million d'hl d'AOC pour produire de l'alcool de carburation pour les mobylettes de Brasilia ou de Pékin ? Ceux qui ont combattu le projet d'assemblage des cépages de France préfèrent sans doute détruire une matière première coûteuse, l'avilir, plutôt que d'envisager d'en faire le support d'un vin adapté, support d'une marque, fer de lance de la reconquête des consommateurs...

Ensuite, ceux qui appellent aujourd'hui de leurs voeux l'émergence de groupes en capacité d'exporter des volumes importants doivent comprendre que seule la gestion de grands bassins de production assortie d'une politique contractuelle pour générer une ressource stable est le socle d'investissements à moyen terme : le pilotage par l'aval ne peut se concevoir dans un amaont nébuleux qui fait du vin et attend l'acheteur. Pour les produits de consommation de masse en rester à l'imagerie du vigneron à mobylette conduit une grande part de notre vignoble à l'arrachage...

C'est un choix, encore faudrait-il avoir le courage d'en poser clairement les termes. 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Commentaires

C'est bien sûr une stupidité de distiller 1 million d'hectolitres d'AOC. Mais il faut poser le problème dans tous ces aspects. La loi sur la santé publique votée en août 2004 a prévu de diminuer la consommation d'alcool en France de 20% en 4 ans, appliquée au vin c'est -30%, soit 100 000 ha. de vignes a arracher. On aurait pu réduire la production d'alcool dans le vin en supprimant la chaptalisation, 60 000 tonnes de sucre de betterave par an (officiellement) particulièrement à Bordeaux qui ne bénéficie de la chaptalisation que par une dérogation annuelle. En 30 ans la superficie AOC a progressée en Gironde de 81% et le rendement moyen ha. AOC de 53% .C’est maintenant Œ de la production française AOC ( 124 000 ha en 2003)
Pendant la même période de 30 ans, la superficie totale du vignoble de l’Hérault a diminué de 34% (98 900 ha. en 2003) et le rendement moyen ha. des VQPRD produits dans le département a été réduit de 32 %..

Les décisions nationales qui ont provoqué cette crise bordelaise ont été prise à l’INAO, qui années après années, a donné des droits de plantation nouveaux aux AOC Bordelaises, des dérogations de chaptalisation, de 2 ° voire 2,5°. Ces décisions étaient argumentées par des tableaux de bords économiques démontrant la croissance du marché !!!.
Il est clair que la variable d'ajustement de la superficie du vignoble en France sera cette fois encore la superficie du Languedoc Roussillon, de 400 000 ha. dans les années 70, nous allons tomber à 200 000 ha. vers 2010, soit la surface existante en 1840. Mais Bordeaux conservera son potentiel.J'ai été à l'origine du concept Vin de Pays d'Oc, qui est un trés beau succès mondial sur les vins de Cépage donnant une origine maintenant connue et il faut comprendre les arguments des producteurs languedociens qui étaient critiqués par les bordelais , qui veulent maintenant imiter cette démarche pour écouler leurs excédents de merlot, de cabernet-sauvignon rouge ou de sauvignon blanc.
Jean Clavel
Commentaire n°1 posté par Clavel le 19/11/2005 à 10h29
biensur que vos chiffres sont vrais (les %) mais vous ne donner pas les bases. Augmentation de 53 % des rdts en Bordelais (de combien à combien)
diminution de 32% des rdts en LR (de combien à combien).
Réduire la crise viticole à la seule supposée surproduction bordelaise est un peu simpliste et mensonger.
c'est plutôt le constat de Jacques Berthomeau l'inorganisation commerciale, et là je peux vous le concéder, Bordeaux est en première ligne, qui est la cause.
L'incapacité de s'adapter au marché parce que piloter par la production quelle qu'elle soit, et le refus du changement.
Commentaire n°2 posté par Tchoo le 19/11/2005 à 11h09

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