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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 00:08

Les critiques de certains de mes amis pleuvent sur mes larges épaules car j'aurais marqué contre mon camp en osant critiquer l'approche de Que Choisir sur les AOC qui ne sont pas des AOC. Tout d'abord, première remarque d'importance : je n'ai pas de camp puisque je ne suis ni viticulteur, ni négociant. Je suis, au sens opérationnel, hors-jeu. D'ailleurs c'est une position constante de ma part puisque j'ai toujours plaidé pour que ce soient les opérateurs qui décident eux-même de leur avenir : la mise en place et le fonctionnement du groupe stratégique qui a élaboré Cap 2010 en est le plus bel exemple. Ce sont 250 professionnels qui se sont mobilisés autour des 6 du groupe de pilotage pour aboutir à la note stratégique : le défi des vins français. Mon rôle a été celui d'un catalyseur, d'accoucheur de décisions. C'est la mission que mon employeur m'a confié. Dans ce cadre je me suis toujours efforcé de traduire ce que j'observais de la réalité économique et sociale, même si elle ne cadrait pas toujours avec mes goûts ou ma sensibilité personnelle. Pour autant, par l'action que j'ai mené ou que je continue de mener sur ce blog j'entends peser sur l'évolution des règles qui régissent notre secteur. En cela, bien sûr, je suis un acteur d'une partie qui se joue, ou se joue pas d'ailleurs, depuis trop d'années.

Un rapide retour en arrière va vous aider à comprendre les raisons qui m'ont poussé à ironiser, parfois sans doute avec trop de virulence - j'aurais pu m'abstenir " de la pauvre dame elle fait ce qu'elle peut ", mais, que voulez-vous, je vis dans le souvenir des FH de Virieu et PM Doutrelant aux plumes documentées et acérées - sur la manière approximative qu'a eu cet organe de presse d'aborder le débat. En effet, même si notre document CAP 2010 était imparfait, il répondait clairement à toutes les questions de fond posées. Pourquoi se fait-il, qu'au nom de la Défense des consommateurs, Que Choisir l'aie délibérément ignoré ? La réponse est simple : parce que ce document préconisait le partage clair de notre ressource vin entre les vins d'origine (VQPRD en sabir européen) avec un distingo AOC de stricte obédience et ce que nous avions appelé VRD (les AOC volumique et les vins de pays de grande zône) et un espace de liberté permettant de relever le défi du Nouveau Monde. Au nom de la pureté "ethnique" des vins, des seuls vins de propriété et les antiennes récurentes sur le vin industriel, les gens de Que Choisir ont choisi de nous ignorer alors que l'heure était à la mobilisation pour fissurer le front des conservatismes. N'en déplaise à mes amis, l'article en question reste sur cette position. On ne fera pas bouger d'un centimètre le bloc compact des dirigeants professionnels avec de la pure stigmatisation, des exclusions partielles ou temporaires par les ODG. Pour que le système bouge il faut que la responsabilité du produit soit confiée, sous contrôle externe bien sûr, à ceux qui font le vin et le vendent. En clair, aussi bien aux vignerons dans le cas des AOC de stricte obédience que des metteurs en marché en ce qui concerne les produits de marque. A force de rêver à des vins fantasmés les gens de Que Choisir oublient de défendre et d'informer les consommateurs sur 80% des vins mis sur le marché. Le vin est un produit de consommation au même titre qu'une boîte de petit pois Cassegrain.

Quand à l'affirmation : "un tiers de la production ne mérite pas cette appellation" fondée sur une enquête "fantôme" auprès de 75 professionnels "anonymes" travaillant en relation avec 20 AOC génériques représentatives des grands bassins, elle relève pour moi du même niveau de rigueur scientifique que si je prenais les 75 même professionnels et que je titrais que d'après eux :" les 2/3 des représentants professionnels siégant dans les interprofessions ne sont pas dignes d'y figurer parce qu'ils sont vieux et qu'ils sont cons ". C'est du même tonneau et ça ne ferait pas avancer le schilmblick d'un pouce. En effet, la qualité comme la connerie sont des capes trop amples qui recouvrent des réalités différentes, et surtout, dont la perception est largement influencée par l'acquis culturel et l'environnement socio-économique. L'affirmation selon laquelle on a assisté depuis un certain nombre d'années à une baisse qualitative régulière dans beaucoup d'AOC est infondée. En effet la qualité globale des vins d'AOC a progressé, ils sont mieux fait, mieux suivis mais ce n'est pas pour autant que le bilan soit globalement positif. L'AOC, selon Capus et ses disciples, n'est pas et ne sera jamais un signe de qualité comme l'est le label rouge. Comme son nom l'indique c'est la certification d'une origine contrôlée, en clair comme le dirait les gens de Seve un vin qui exprime son terroir et cette expression, sans aucun doute, ne peut s'épanouir que dans le respect des conditions de production et des méthodes de production durables. C'est au cep que tout se joue. Attendre que le vin soit fait pour que, sous le verdict d'une labellisation (antinomique pour moi avec l'AOC) on le rattache définitivement à son origine ne résiste pas à la pression sociale. La fameuse segmentation commence dans la vigne avec le raisin. Le viticulteur choisit et, comme il n'y a pas de sot métier, je ne vois pas au nom de quoi ceux d'entre eux qui choisirerait de fournir un grand metteur en marché selon des critères fournis par lui seraient couverts d'oppobre par des plumitifs qui se soucient comme de leur première chemise de ce dont vivent les gens d'en bas. Si cette réalité n'est pas prise en compte nous assisterons à une délocalisation d'une part de notre vignoble et j'entends déjà couler les larmes de crocodile des même plumitifs.   

  Note de la rédaction : voir texte joint

PARIS (AFP) — One in three of all wines marketed under France's regional appellation system -- from Bordeaux to Cahors, Saint-Emilion or Sancerre -- do not deserve the label, a top consumer group charged Monday.

Under France's wine classification system, wines from some 470 regions are each recognised as an "appellation d'origine controlee" (AOC) -- a system based on the notion of "terroir" according to which wine-growing areas have specific characters nurtured since Gallo-Roman times.

But according to France's UFC-Que Choisir consumer rights group, slack controls which saw 99 percent of all candidate wines awarded their AOC label in 2005, and pressure to produce higher yields, have led to a collapse in quality.

"For a number of years, we've seen a steady fall in quality in a number of AOCs, which has completely undermined consumer confidence," Alain Bazot, the association's head, told reporters.

UFC said that one in three AOC bottles were now either of sub-standard quality or insufficiently linked to the region, questioning the impartiality of the AOC award panels made up of local wine professionals.

The association called for the national appellation institute INAO to take urgent steps to correct the situation, if necessary by striking wines from AOC lists, warning it may be "the last chance" for the system to reform.

AOC wines account for 44 percent of all French wine production, a share that has doubled since the 1970s.


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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