Vendredi 11 novembre 2005 5 11 /11 /Nov /2005 00:00

Il fait un temps de 11 novembre. En passant place de la Concorde à vélo, sur les Champs Elysées indemnes d'autos, un régiment défilait. J'ai eu une pensée pour Louis Berthomeau mon grand-père, 3 années derégiment puis 4 dans les tranchées, un sacré bout de vie donné au pays ; une pensée aussi pour ma tante Valentine, soeur de ma mémé Marie, veuve de cette guerre, de noir vétu jusqu'à la fin de sa vie... Je suis le seul Berthomeau à ne pas avoir porté l'uniforme et les armes : mon père fut blessé en 40, mon frère Alain passa plus de 2 ans sur un piton de la sinistre " ligne Morice " à la frontière tunisienne, moi j'ai été coopérant à l'Université de Constantine...

Alors ce matin, face à mon écran, en veine de confidences, sachez que c'est à Louis d'abord que je dois le goût de la belle ouvrage, du sillon bien droit, même si c'était pour planter des foutus choux. Quand je menais Nénette la jument en longues brides et que lui tenait les manchons de la charrue, j'avais le sentiment de peser sur la marche du monde. C'est, ensuite à Arsène, mon père, que je dois le goût de la chose publique, du bien public, lui qui demandait le silence pour les informations à la radio, qui rentrant de ses longues journées de moisson se plongeait dans les pages politiques de " La Résistance de l'Ouest ", lui qui m'emmenait aux réunions publiques à la justice de paix : les indépendants et paysans de Boux de Casson et les instituteurs SFIO laïcards et les rouges...  Je n'ai jamais été aussi fier de ma vie que ce lundi matin où il fut le seul et le mieux élu de la liste de l'ancien maire Antoine de la Bassetière, 33 ans maire, propriétaire de toutes les métairies du pays, donc unique client de mon père  pour son entreprise de battages... 

Enfant de la paix j'aime ce foutu pays, j'aime le parler vrai, alors dans cet espace de liberté consacré au divin nectar ( j'ai été enfant de choeur) je me sens enfant du monde, d'un monde ouvert, certes toujours dangeureux, mais qu'il faut investir avec nos valeurs, sans crainte ni arrogance, à l'écoute, disponible et surtout avec le souci de ce que nous allons transmettre à nos enfants et petits enfants (j'suis papy)

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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