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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 07:00

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Champetier des Rib l’expert-comptable l’attendait dans le salon du château. À la grande surprise de Marie c’était un trentenaire bronzé, fringué en Armani, costar noir sur chemise blanche ouverte, qui arborait des petites lunettes cerclées d’écaille Tom Ford. Des Tod’s gold à picots aux pieds, mais une affreuse pochette bordeaux brisait son look étudié de dandy. Le bellâtre lui tendait une main manucurée ornée d’une chevalière blasonnée à l’annulaire :

- Hubert Champetier des Rib pour vous servir mademoiselle de Saint-Drézéry...

- Paulo, sauf à avoir trop forcé sur le Vray Croix de Gay d’la baronne G j’avais noté que les comptes de la commandite étaient entre les mains de François Champetier...

- Mon père ! Il est souffrant vous voudrez bien l’excuser mais rassurez-vous c’est moi qui tenait votre dossier...

- Fort bien mon beau ! Célibataire, je suppose !

-... oui mademoiselle de Saint-Drézéry...

- Bon plan mon petit Hubert, meilleure santé à votre père mais dites-lui que la godiche ne cherche pas chaussure à son pied...

- Vous vous méprenez... nous... je...

- Epargnez-moi votre petite musique Hubert. Planquez-moi cette pochette de douille et parlons chiffres. Paul nous voyions bien tout le personnel à 17 heures ?

- Oui chère Marie. Ils vous attendent avec impatience.

- Comme il fait beau nous ferons cela dehors. Vous avez pensé au champagne ?

- Est-ce bien convenable Marie vous êtes en deuil.

- Moi oui, pas eux ! À ce propos mon p’tit Hubert filez-moi la masse salariale pour que je pèse toute la peine du petit peuple face à la perte de leurs tauliers...

- Vous exagérez mademoiselle nous appliquions à la lettre la convention collective...

- Ça devait leur faire une belle jambe... Comme toujours j’exagère ! Je suis très taquine. Faudra t’y faire dents blanches haleine fraîche. Maintenant file-moi le montant des honoraires de nos aimables œnologues consultants !

Marie chaussait ses lunettes, épluchait fiche par fiche, soupirait, soulignait avec un stabilo jaune, notait des chiffres sur son petit calepin en moleskine acheté à l’Écume de Pages. « Putain, ils se goinfrent un max les chancres... je vais montrer tout ça à Éric pour qu’il me tire une situation au cordeau... » Tintin au Congo entonna « Canto, Cantona... » ce qui plongea le fringant Hubert dans un état proche de l’attrition face à un Lénine qui marquait joyeusement et consciencieusement son territoire par des petits jets de semence fraîche.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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