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14 octobre 2005 5 14 /10 /octobre /2005 00:00

"L'oeuvre d'art se donne comme un lieu d'épreuves et d'initiation qu'il va falloir traverser. Ni objet, ni sujet, intermédiaire entre le monde et moi, entre les autres et moi, entre moi et moi, elle se donne à mesure de notre patience, et de notre plaisir à la rencontrer.


Le regard comme le désir est insistant, il veut en savoir plus, il veut qu'on lui donne plus, il s'inquiète. Relire, revoir, réécouter, retourner, même si cela est illusoire, même si le miracle ne se reproduit pas, acheter le disque, retourner au musée, revoir le film.


La culture se confond avec ce retour.


Car quelle différence y a-t-il entre un StEmilion et un Coca-Cola ? Je n'ai pas besoin de goûter plusieurs fois le Coca pour savoir ce qu'il va me donner à la troisième gorgée, et lorsque j'y retourne c'est précisément pour ne pas être surpris, pour recevoir exactement le même effet, quel que soit l'endroit ou le moment. Ce que je dois attendre de n'importe quel produit de la rationalité technique, c'est qu'il me donne ce qu'on m'a dit que je pouvais attendre, rien de moins, rien de plus : le même effet pour le même prix, quel que soit l'endroit, quelle que soit ma vie. Quant au St Emilion, il peut me décevoir ou me combler, il faudra peut-être que j'attende le bon moment, le bon endroit, que je le réchauffe, qu'il s'ouvre dans un verre qui lui convient, et qu'il s'épanouisse sans que je puisse vraiment savoir comment. Dans tous les cas, il faudra que j'approfondisse cette première impression qui déjà m'échappe et s'est transformée. Il faudra que j'apprenne à attendre, à me souvenir, à y retourner.


La culture n'est donc pas ce qui reste lorsque l'on a tout oublié, mais ce qui rend impossible l'oubli en commandant le retour..."  à suivre  

 

Christine Cayol " L'intelligence sensible " Village Mondial

 

elle intervient sous forme de séminaires et de conférences au sein de grandes entreprises. 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Guillaume 17/10/2005 18:08

On peut effectivement trouver du vin-c*ca-cola en France. Depuis longtemps et de plus en plus d'ailleurs. Mais comment M.et Mme Toutlemonde doivent-ils faire pour le trouver parmi les 400 et quelques références du rayon vin de leur hyper ? C'est la roulette russe ! Et même à 3 E/la bouteille, ils risquent de repartir déçu avec un mauvais breuvage industriel qui se prend pour un Saint-Emilion, capable de "décevoir ou de combler", et qui n'est même pas capable d'offrir la régularité d'un C*ca-cola.
Pourquoi le terme de vin-c*oca-cola serait-il péjoratif ? Les consommateurs comme les vignerons ont besoin de deux marchés clairement différenciés : un marché de vins d'artistes ou d'artisans et un marché de vin industriel. Tant que l'on continuera à considérer qu'il est péjoratif d'appartenir au second marché, la filière refusera la segmentation.

Bernard Dauré 15/10/2005 00:25

Mon cher Jacques
A mon sens le vin ne peut en aucune façon être considéré comme de l'art. Une oeuvre d'art nous parle de chose autrement importantes. C'est un artisanat certes remarquable, mais chaque chose doit rester à sa place.
Quand au commentaire précédent, votre lecteur devrait éliminer de sa qualification les "nouveaux pays producteur" car ils font du vin depuis Christophe Colomb et les conquistadors. En ce qui concerne les vins "Coca Cola" si ce terme se veut péjoratif, je puis lui en trouver quelques uns sans aller les chercher dans le nouveau monde.

Guillaume 14/10/2005 18:37

Merci pour ce beau texte.
Le Saint Emilion peut "me décevoir ou me combler" nous dit Christine Cayol, mais nous le comprenons et nous l'acceptons, parce que c'est un Saint-Emilion.
Mais lorsque j'achète un vin à 3 E en grande surface (ne citons pas d'appellation pour ne se facher avec personne) pourquoi devrais-je accepter et même comprendre qu'il puisse me "décevoir ou me combler" ? A 3 E la bouteille, j'attends d'un vin qu'il accompagne gentiment mon repas, sans faire d'étincelles certes, mais sans faire d'histoires non plus.
Et pour l'instant, force est de constater que le vin à 3 E se prend pour un Saint Emilion et qu'il peut "me décevoir ou me combler".
A quand du vin-c*ca-cola dans les supermarchés ? Les Français sauront-ils en fabriquer ou devrons-nous importer le vin-c*ca-cola des nouveaux pays producteurs ?

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