Dimanche 2 septembre 2012 7 02 /09 /Sep /2012 00:09

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« Les mondes que j'ai visités, avec un s please » commentaire signé Furax, pardon du grand Alain Rey soi-même du Petit Robert sur le titre de ma chronique Jean-Paul Kauffmann « j’ai toujours aimé l’entre-deux. Tous les mondes que j’ai visités étaient flottants, situés à la limite.». De temps à autres certains qui n’ont que ça à faire ou qui ne sont pas capables d’aborder le fond de la chronique chaussent leurs besicles et dégainent leur gaule en bambou pour me taper sur les doigts.

 

J’ai le souvenir d’un petit gars de la RVF, toujours en retard d’une guerre, la RVF bien sûr, qui dans un article sur les blogs m’en fit le reproche. Comme je n’ai guère le temps de relire ma prose un jour, lassé par les remarques d’un vieux lecteur je lui ai demandé de jouer le rôle de correcteur : il a tenu 2 chroniques puis a jeté l’éponge. Au début ça te fout la honte comme le disent les petits loups puis, sans pour autant s’adonner de façon délibérée au péché de viol de la syntaxe, tu te dis qu’il n’y a pas mort d’homme et qu’il sera toujours temps de corriger les plus grossières ou les banales fautes de frappe. Contrairement aux « collègues » de l’écrit tu peux toujours rattraper tes conneries. Comme je suis gentil je ne dirai rien des « causeurs » qui eux battent tous les records de massacre de la langue, c’était le cas du petit Nicolas, mais comme les paroles volent et les écrits restent je me soigne.

 

Toute honte bue votre Taulier chroniquait donc en dépit des risques de scuds assassins des intégristes de la langue jusqu’au jour où avec un plaisir non dissimulé il tombait, non sous les balles des snipers, mais sur une analyse fort pertinente d’Aurélie Colas dans le journal Le Monde. Qu’écrit-elle ?

 

« La France est ultrasensible aux fautes d’orthographe. C’est culturel, c’est dans son ADN. Dans les cours d’école, les élèves se vantent volontiers d’être « nuls en maths », mais ne font guère les fiers devant leurs lacunes en orthographe. Et pourquoi parle-t-on de « fautes » d’orthographe comme si celles-ci relevaient du péché originel ? Ne dit-on pas « erreurs » de calcul ?

 

La faute à qui ? À Jules Ferry (ne pas confondre avec Luc l’Absalon des salons) Non, celui-ci, Ministre de l’Instruction Publique, « s’insurgeait de l’importance de l’orthographe à l’école, en particulier au brevet, où les candidats étaient éliminés dès trois fautes. » La chasse aux fautes émanait des hussards noirs de la République, les instituteurs de l’école primaire supérieure qui formaient les enfants du peuple « Le fait de bien savoir écrire était important pour assurer la promotion de ces enfants, pour en faire des petits cadres. C’était l’identité du primaire supérieur, son excellence » dixit Claude Lelièvre historien de l’éducation.

 

Miss Aurélie note  à juste titre qu’ « Aujourd’hui encore, ne pas savoir bien écrire – alors que notre orthographe est réputée l’une des plus difficiles du monde – est considéré comme intolérable. »


Tout ça est bel et beau mais comme « les enfants de l’école élémentaire ont moitié moins d’heures de français qu’il y a un siècle c’est la cata. À placer la barre très haut on renvoie dans la géhenne des cancres en ortho beaucoup de nos petits loups qui écrivent des textos. Entre le laxisme et l’intégrisme il y a une large marge qu’il nous faudrait, non pas combler mais tout bêtement aménager afin de redonner l’envie à nos enfants d’écrire au mieux leur langue maternelle. Attention, le laxisme orthographique ne touche pas que les exclus des ZUP mais aussi nos têtes d’œufs qui ont été écrémées grâce aux mathématiques pour entrer dans nos fameuses grandes écoles : les X dont j’ai lu les notes maniaient souvent à la truelle notre si belle langue.

 

Voilà votre Taulier qui s’emmêle parfois avec les accords, les accents ou qui viole les belles règles, s’en tient à cette petite chronique et sollicite auprès des gardiens inflexibles du temple de l’orthographe un peu de compréhension. Corrigez-moi mais sans vous draper dans une dignité outragée ! Le mieux est souvent l’ennemi du bien. Merci par avance de me ramener dans le droit chemin mais allez aussi exercer vos talents sur des terrains plus difficiles, mobilisez vos forces, non à défendre un pré-carré, mais pour que nos enfants lisent des livres car c’est l’un des moyens les plus sûrs d’apprendre notre belle langue et de la pratiquer au mieux pour communiquer, pour converser, voire l'écrire.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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