Jeudi 21 janvier 2010
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Pour faire pièce à une chronique de Laurent Bazin sur son blog « le vin de mes amis » http://levindemesamis.blogspot.com/2010/01/un-bon-vin-cest-combien_16.html , où il commentait les résultats d’un sondage, réalisé par lui auprès de ses lecteurs
au fil de son blog, se résumant à une question « Un bon vin c’est combien ? », je prends, vous vous en doutez, avec un peu de malice le contre-pied en m’interrogeant gravement
– je garderai ainsi la maîtrise des réponses c’est plus confortable – « Un mauvais vin c’est combien ? » L’ami Laurent concède que l’intitulé de sa question est un poil vicieux
mais, lui qui est un observateur privilégié du champ public, a-t-il un jour lu une question de sondeur patenté qui ne fut pas biaisée ? La notion de bon vin, qui rejette tous les autres dans
l’infamante catégorie des mauvais, enferme le sondé dans un choix binaire fort réducteur du même type que celui entre le beau et le laid, entre le bien et le mal... Bref, si ce n’était qu’une
affaire de goût ou de référence à un système de valeurs, pourquoi pas car nous nous cantonnerions dans un débat d’essence philosophique, mais s’interroger sur la valeur marchande du bon, du beau
ou même du bien est d’une toute autre nature. Ce qui suit s'en veut la démonstration.
« Résultat sans appel: un « bon vin », pour 77% des visiteurs du blog, ça vaut moins de 15 euros...
... Pas radins, cependant, 67% des 700 votants estiment qu'il faut savoir ouvrir sa bourse (payer plus de 10 euros). Mais à peine 19% pensent qu'il n'y a point de salut en dessous de 15 euros
(moins de 3% en dessous de 30 euros). En fait la majorité (48%) se retrouve dans ce triangle des Bermudes commercial qu'on appellera désormais le « dix-quinze ». Laurent dans
sa première remarque, à juste raison souligne « pour les amis qui grimacent devant leur ordinateur...) : 15
euros, ce n’est pas mince. C'est le prix du Château « vieilli en fût de chêne » qu'on met sur la table une fois par an lors des repas de fêtes (et qui généralement n'a goût Ã
rien).»
Deux petites remarques à mon tour :
- le radin est
un individu aux poches pleines qui ne les lâche qu’avec un élastique, qui pointe, avant de raquer, sur l’addition commune les plats qu’il a mangé, qui se barre systématiquement en vous laissant Ã
payer les consommations ; en revanche, je ne suis pas certain que placer la barre dans la zone des « dix-quinze » soit une preuve de générosité mais plutôt la preuve d’une
excellente adéquation entre l’échantillon des sondés et le niveau de leur pouvoir d’achat ;
- le Château
« vieilli en fût de chêne » et qui généralement n'a goût à rien, et qui vaut lui aussi 15 euros, voilà une excellente définition du mauvais vin, et une merveilleuse réponse Ã
la question que je posais dans le titre de ma chronique. Elle est tout aussi peu représentative que celles des amis de Laurent.
Moi qui ne fait pas que dans le vin, et qui ces derniers temps ai fait dans le lait, la réponse à la question du juste
rapport entre la valeur intrinsèque du produit, celle désignée souvent par son prix de revient : coût de production et de commercialisation, de distribution dans le cas de nos amis
vignerons qui vont jusqu’au consommateur, et le prix marchand, est aussi vieille que le commerce. Dans nos sociétés postmodernes notre capacité à supporter dans le prix d’un produit de grande
consommation le coût du marketing, de la notoriété, de la mode, en dépit de la crise, me semble encore d’une grande élasticité pour faire genre grand économiste. Deux exemples : Evian et
Nespresso, ça coûte cher les bébés rollers et le Clooney... Le coût de l'eau et du café qui s'en soucie ? A l'autre extrémité qui se pose la question du prix payé au producteur lors de
l'achat d'une brique de lait à 2 balles ? Vous allez m'objecter que je m'éloigne du rapport entre la prix et la qualité du produit et qu'il y a de plus en plus de consommateurs qui s'en
soucie. La réponse est oui mais à condition d'y mettre le prix fort.
Que des vins cousus mains soient rémunérés en conséquence, c’est dans l’ordre des choses, même si ça chagrine les poètes ça
correspond à leur modèle économique, et je trouve tout a fait normal que le consommateur paye le prix, comme l’écrit Laurent Bazin « du temps passé sous le cagnard, de l'incertitude, du
risque, de l'aventure... de la volonté de retrouver le terroir, des petites mains qui ont remplacé les machines et la chimie pour produire mieux, plus fin, plus juste. » mais attention Ã
deux écueils celui de laisser à penser que « votre amour de la terre et des raisins » ça n’a pas de prix et que dans le monde du vin il y ai d’un côté les bons qui font bon pour de bons consommateurs et de l’autre côté des mauvais qui font mauvais pour des mauvais
consommateurs. Si ça vous dit lisez ou relisez :
- Comment fédérer des îlots d’excellence dans un océan de médiocrité ? et si nous reparlions de René
Renou ICI ->
- Des marques, des marques de vin oui mais n’est pas le petit LU qui
veut... ICI->
- Du pain, du vin et une saga qui donne à réfléchir... ICI->
Qui n'a jamais payé cher (au fait, c'est combien, cher ?) une bouteille très décevante (pour plein de raisons : "mauvais" vin, mauvaise conservation, température, accord avec les plats, le lieu, le moment, la compagnie, ...) ? Ou à l'inverse été agréablement surpris pas le plaisir apporté par un vin à petit prix ?
Sans parler des buveurs de l'étiquette du prix, pour qui un vin ne vaut que par son ticket de caisse. Ou de ces agaçants fouineurs qui vous dénichent toujours le "petit" producteur de l'appellation, pratiquant des tarifs bien moins élevés que ceux que vous payez par ailleurs ...
Michel, moi aussi je dois devenir radin avec l'age! Tiens! Si je faisais une cuvée a 300€, j'y gagnerai quelques années...
Attention à ne pas confonfre petit vin et mauvais vin.
Le premier n'a certes aucune prétention et certain esprit parlerons de médiocrité, mais c'est un vin de soif qui a sa place sur la table de tout les jours.
le second est une purge avec un défaut organoleptique prononcé qui n'a sa place nulle part.
Et si la dame qui est en face de vous trouve que le vin que vous trouvez bon vous n'est pas bon sans pour autant affirmer qu'il soit mauvais, vous lui dites quoi messsieurs les spécialistes :
- qu'elle n'est qu'une pouffe qui n'y connait rien ?
- vous cherchez à savoir ce qu'elle aime pour la satisfaire ?
- vous lui dites que la prochaine fois c'est elle qui choisira le vin ?
- vous lui conseillez de prendre des cours de dégustation ?
Dites-moi ?
- le produit lui-même et ses qualités intrinsèques
- le mode de distribution (cf. le négoce bordelais, les primeurs, la gestion de la pénurie en Bourgogne, ... etc)
- la communication (l'image que l'on souhaite véhiculer)
- le segment de prix
L'ensemble doit être cohérent. Il y a donc théoriquement une relation entre prix et qualité. Mais le nombre de paramètres est tellement important pour qu'elle ne soit pas linéaire, loin de là ! Et bien naif celui qui néglige les stratégies marketing et commerciales qui sont derrière une simple bouteille (y compris de vins de marque à gros volume et petit prix).
je pense que personne n'a le droit d'imposer son goût aux autres et si Madame est indisposée par un vin que je trouve bon, et bien il n'y a qu'a ouvrir une autre bouteille .... au diable l'avarice quand on est en charmante compagnie ......
- Le chef de rayon liquide d'un Auchan du côté d'Orly m'a précisé que l'essentiel de ses ventes de vins concernait des bouteilles à moins de 5 euros. L'essentiel, soit un peu plus de 50% en Bordeaux et champagne.
- Suite à un exposé/débat de deux heures avec des représentants de L'INAOQ, je suis vraiment curieux de savoir ce que vont donner, dans les faits, la réforme en cours. J'ai particulièrement relevé que tous les nouveaux contrôles auxquels devront être assujétis les opérateurs seront à leur charge. Qui va payer la note au bout du compte ? J'ai aussi noté la fin prochaine des VDQS. Ils ont tous demandé, à quelques exceptions près, de pouvoir passser en AOC .
- Qui va au salon des vins de Loire en définitive ? Le samedi il y a un salon // : Renaissance des appellations, auquel j'ai bien envie de faire un saut.
Le vin idéal non plus, vu qu'il n'existe pas.
Le reste est une affaire personnelle qui ne saurait être analysée avec des moyennes tant elle semble liée à des notions d'espace-temps.
Quant à l'aspect de l'accord autour d'une bouteille... Pour passer un bon moment, ouvrons plusieurs bouteilles s'il le faut, jusqu'à trouver celle qui ce jour-là , avec cette personne-là , en ce lieu-là , sera la bonne !
Le prix est-il la condition sine qua non de la qualité du produit?
Le lien entre le prix et la qualité du vin alimente la plupart des blogs et des forums depuis de nombreuses années.
J'ai une anecdote très récente en tête, un amateur de vins du Sud (de la France), avec qui j'ai de fréquentes discussions m'a révélè qu'il dégustait quasiment en cachette ses dernières découvertes (dans une gamme de prix 10 - 15), car son épouse devenue allergique à la syrah qualifie systématiquement ces vins de "pas bons".
Pourtant certaines de ses découvertes sont encensées par la presse spécialisée comme étant les futurs "grands".
Chacun a sa propre notion du bon.
Concernant le dîner, sauf à tomber sur une bouteille faisant apparaître un défaut, ce cas de figure risque peu de m'arriver, car je demande toujours l'avis de mon invitée en lui proposant plusieurs choix en harmonie avec ses propres goûts et les mets choisis.