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Samedi 21 juin 2014 6 21 /06 /Juin /2014 00:09

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Puisque nous sommes en pleine coupe du monde de football permettez-moi d’évoquer un système de jeu qui eut son heure de gloire au temps de l’INTER de Milan et de son emblématique entraîneur  franco-argentin Helenio Herrera : le catenaccio qui vise à asseoir l'équipe sur une solide base défensive. Le terme catenaccio provient de l'italien : « cadenas ». On l’appela aussi le béton ou le « verrou suisse »


Hier matin le journal suisse Le Matin titrait : « Plumez ce coq ! »


À l’heure où cette chronique se mettra en ligne la messe sera dite et nous verrons bien si notre gentille équipe de France où tout le monde s’aime aura rempli son contrat.


Mais revenons à la question de ce bon François Patriat jamais en reste d’une bonne question pour défendre son duché de Bourgogne où prospère la vigne sous de merveilleux Climats.


La défense des droits de plantation en voilà un beau combat à la Française : tous ensemble, tous ensemble, pour verrouiller un système qui par le passé n’a jamais fait la preuve de son efficacité, je dirais même qu’il fut une prime à la médiocrité.


Nous sommes contents d’avoir vaincu l’hydre européenne mais nous voilà renvoyé à nos contradictions nationales, incapables que nous sommes de sortir d’une logique d’un autre âge héritée  de l’opposition entre le secteur dominant des vins  de table languedocien et celui des AOC minoritaires.


Alors il faut se protéger. Se protéger de qui ? Pas des affreux, sales et méchants du Nouveau Monde ou même de certains de nos voisins. Non, tout bêtement de nous-mêmes.


Lisez bien et la question, et la réponse.


Lorsqu’on se veut un grand pays généraliste du pays, en prise avec l’évolution des segments de marchés porteurs, de nouvelles notoriétés, il faut être en capacité de gérer la mixité de son vignoble. Le béton, le verrou suisse c’est la prime aux situations acquises, à une gestion administrée où les grands chefs font leur cinéma à Paris pour le partage d’un gâteau.


Et ne venez pas me dire que je suis un ultra-libéral !


Tout système à besoin de respiration mais la médiocrité érigée en principe de gestion est le meilleur gage de nos futures pertes de parts de marché.


C’est dit.


LISEZ !


Question de François Patriat, sénateur de la Côte-d’Or :

 

« Monsieur le Ministre, Grâce à la mobilisation de tous pendant presque trois années, vignerons, gouvernements, parlementaires nationaux et européens, nous avons réussi à revenir sur la décision prise en 2008 sur proposition de la Commission européenne de déréguler la production de vins et de libéraliser la plantation de vigne sur tout le territoire de l’Union européenne. Cette victoire a été obtenue en grande partie grâce à la France et à votre action énergique auprès de vos collègues ministres des autres états-membres.


Pour autant le combat n’est pas terminé puisqu’il reste à arrêter les modalités d’application du nouveau dispositif d’autorisation de plantation de vignes à travers les projets d’acte délégué et acte d’exécution. Le projet d’acte délégué présenté par la Commission il y a plusieurs mois et la nouvelle version communiquée en début de semaine inquiètent beaucoup les professionnels et laisse à penser que la Commission cherche à contourner le système de régulation voté dans la réforme de la PAC. En effet, la Commission souhaite autoriser la plantation de vignes destinées à la production de vins sans indication géographique (ex. vins de table) partout y compris sur les aires de production de nos AOC et IGP (ex. vins de pays). Or dès le moment où ces vignes respecteront le cahier des charges de ladite AOC, elles pourront la revendiquer. Les syndicats d’AOC et l’INAO qui gèrent les plantations n’auront rien à dire et seront placés devant le fait accompli. La politique de régulation mise en place par les syndicats d’appellation et l’INAO pourrait ainsi facilement être contournée. Et l’on sait qu’une augmentation de quelques dizaines d’hectares peut provoquer un déséquilibre économique durable pour une AOC. Le même type de difficultés est posé avec la replantation de vigne après arrachage, il serait en effet possible d’arracher dans le Languedoc un vin sans IG et de replanter sans autorisation un vin en AOC en Bourgogne et en Champagne. Les professionnels ne sont pas opposés à la plantation de vignes destinées à la production de vins sans IG. Ils demandent simplement à ce que ces plantations soient strictement encadrées dans les zones où sont produits des vins AOC et IGP (ex vins de Pays).


Monsieur le Ministre, vous avez certes constitué une plate-forme avec 13 autres États-membres au mois de février mais cela n’a pas été suffisant pour faire entendre raison à la Commission. Que compte faire la France pour éviter que la victoire engrangée dans la réforme de la PAC soit mise à mal par le texte d’application en cours de discussion ? Comment entendez-vous rassembler à nouveau une majorité au Conseil sur cet important sujet ? »


…/…

Réponse de  Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement

 

« L’accord politique dégagé en juin 2013, avec le soutien des parlementaires français, sur le maintien d’un dispositif rénové d’encadrement du potentiel viticole, a constitué un revirement de la politique de dérégulation mise en œuvre depuis 2008 par l’Union Européenne dans le secteur viticole.


L’élaboration par la Commission des textes d’application (acte délégué et acte d’exécution) de ce futur régime doit viser l’application d’un dispositif harmonisé entre les états-membres tout en préservant la compétitivité du secteur ainsi que la protection des indications géographiques qui font la valeur de la filière vitivinicole française.


Dans ce contexte, la France a pour objectif prioritaire de limiter le risque de dévalorisation des appellations d’origine protégée et d’éviter le contournement des surfaces fixées pour les vins IGP et AOP par le biais des demandes déposées au titre des vins sans indication géographique.


Je porte les demandes suivantes concernant la future procédure de répartition des plantations entre les demandeurs individuels :


- introduire une possibilité de déclinaison régionale des critères de priorité, afin de prendre en compte les situations différentes des régions ;


- préciser la portée des critères de priorités, notamment la possibilité de prendre en compte, dans la définition des critères d’éligibilité et de priorité, le cépage qui sera planté (ainsi que des autres conditions du cahier des charges, notamment la densité de plantation).


- encadrer les replantations pour éviter tout détournement du dispositif ce qui pourrait être le cas si des vignes productrices de vins d’un segment de l’offre pouvaient être sans aucune limite replantées au titre d’un autre segment.


J’ai adressé un courrier au Commissaire Ciolos pour lui faire part des préoccupations de la France : les actes délégués ne doivent pas remettre en cause l’accord politique sur une véritable régulation du potentiel viticole.


Les discussions se poursuivent avec la Commission qui jusqu’à maintenant reste sur un texte encore très insuffisant sur les deux points majeurs pour la France : les garanties pour les AOP et IGP et l’encadrement des replantations;


Nous restons vigilants et maintenons la pression sur la Commission avec les autres états-membres qui partagent nos préoccupations et les parlementaires européens. »


 

François PATRIAT

Ancien Ministre

Sénateur de la Côte-d’Or

Membre de la
 commission des finances

Président du Conseil Régional de Bourgogne

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 20 juin 2014 5 20 /06 /Juin /2014 10:00

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Avec un bel ensemble Jacques Dupont et moi-même avons pondu, le même jour, une chronique sur l’affaire Olivier Cousin sans nous concerter bien sûr. À la manière des limiers de la PJ nous nous sommes inconsciemment répartis les rôles : lui Jacques Dupont le bon et moi Jacques Berthomeau qui dit des gros mots.


Je ne résiste pas au plaisir de vous faire en faire bénéficier.


En effet, Jacques lui est un sage sous son chêne alors que moi je ne suis qu’un juriste dévoyé qui préfère la médiation plutôt que le procès n’en déplaise à ceux qui me donnent des leçons de droit, sans doute un quelconque avocaillon en mal  de plaidoirie.


Quant aux menaces à peine voilées, ma seule réponse est chiche !


Mais revenons à notre Dupont.


Anjou, AOC... Le double crime d'Olivier Cousin


« Le principe de fonctionnement de la provocation est simple : tu réponds et tu donnes de la visibilité au provocateur, au pire tu sombres dans le ridicule. Tu ne réponds pas et ton orgueil en prend un coup, mais le temps qui efface tout joue en ta faveur. C'est ce que chaque parent - du moins espérons-le - explique à ses enfants. C'est peut-être ce que l'INAO et les représentants des vignerons en appellation contrôlée d'Anjou n'ont pas assimilé. Rappel des faits. Olivier Cousin, vigneron barbu, chevelu, bio jusqu'au bout des sabots ("Ce n'est pas une image juste, c'est juste une image !" Jean-Luc Godard) a renoncé à réclamer pour ses vins l'AOC (ou l'AOP à la mode européenne), trouvant la réglementation trop souple ou même trop laxiste. Il rêve d'appellation contrôlée où seraient interdits, par exemple, pesticides et traitements chimiques (pour faire court). Il fait partie de cette mouvance viticole, éternelle râleuse, exigeante, certes, mais dont on peut aussi penser que d'être à la marge fait partie de l'image de marque et que le collectif, même conforme à son exigence, n'est pas vraiment le home sweet home. Ces gens-là agacent, mais ils font aussi réfléchir et parfois progresser les voisins. Du moins, quand les uns ont la volonté de faire mieux et les autres, celle de se montrer pédagos et pas uniquement méprisants. »

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 20 juin 2014 5 20 /06 /Juin /2014 00:09

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Dans l’ancien temps, au café du village, en tapant le carton et en descendant une fillette de Gros Plant, les deux sujets les plus chauds : la politique et le sport donnaient lieu à de belles joutes, des morceaux de bravoure, où se mêlaient d’énormes lieux communs, des avis péremptoires fondés sur une forme de culture historique indéniable.


Sempé, qui sait mieux que quiconque capter l’air du temps, le traduit bien dans son dessin. Les mots valises de ce temps-là : l’union en politique avec l’UNR qui devient l’UDR, l’UDF, l’Union de la Gauche, la sempiternelle référence à 36 ; du côté cuir : l’évocation de la Coupe du Monde de 1958, les 13 pions de Just Fontaine, Kopa le Zidane de l’époque…


Bref, le bistrot d’avant la télévision cultivait les « vertus françaises » de la conversation. Maintenant on va au bistrot pour regarder en meute les matches de la Coupe du Monde sur grand écran, même les filles ! Y’a plus beaucoup de place pour la conversation mais pour ne pas me faire taxer de VC je vous propose un zoom arrière qui montre que le lien entre le foot et la politique dans le grand pays qu’est le Brésil hôte de cette Coupe du Monde fut une réalité.


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À la fin des années 60, le Brésil vivait sous la botte d’une dictature militaire et « avait remporté sa première Coupe du monde en 1958 et conservé sa couronne en 1962, deux ans avant le coup d'Etat militaire. Pour Afonso Celso Garcia Reis, connu sous le nom d'Afonsinho, ancien milieu vedette du club carioca de Botafogo, le foot et la politique étaient difficiles à concilier pour un joueur comme lui aux idées gauchistes. Ses longs cheveux et sa longue barbe, déjà, le désignaient comme un dangereux anticonformiste aux yeux du régime militaire. S'il a remporté des titres nationaux, il n'a jamais été convoqué en sélection, en raison du lien entre la Confédération (CBF) et les autorités, selon lui. « J'avais des principes et j'en ai payé le prix. Ils m'ont étiqueté comme le meneur potentiel d'un mouvement subversif », raconte à l'AFP l'ancien joueur de 66 ans aux cheveux blancs. 


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Au plus fort de ces années de plomb, Afonsinho est entré dans la culture populaire en étant le sujet d'une ballade du célèbre chanteur Gilberto Gil, "Meio do campo" (milieu de terrain), et d'un documentaire d'Oswaldo Caldeira, « Passe Livre » (1974). Le documentaire montre comment, des décennies avant l'arrêt Bosman révolutionnant le marché européen des transferts, il est devenu le premier joueur sous le régime militaire à négocier lui-même son transfert avant la fin de son contrat, en 1971. En raison de ses opinions, Botafogo l'avait placardisé et il avait gagné en justice le droit de changer de club. Ce film sur « l'exploitation capitaliste du football, qui est si précieux pour notre population », dresse le portrait d'un joueur « qui ne se battait pas que dans son propre intérêt, mais qui voulait aussi changer la société et combattre l'injustice », explique à l'AFP Oswaldo Caldeira. « Le football était très important pour moi, souligne Afonsinho. Mais j'étais socialement engagé pendant toute cette période. Heureusement, j'avais une autre carrière dans laquelle me reconvertir », ajoute ce docteur en psychiatrie. Resté simple joueur de club, il n'a jamais atteint le statut d'un autre footballeur-médecin anticonformiste, le mythique Socrates, vedette de la Seleçao du Mondial-1982. »

Chris WRIGHT Rio de Janeiro, 8 mai 2014 (AFP)


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Gilberto Gil fut entre 2003 et 2008 le Ministre de la Culture du gouvernement Lula.


« Impertinence, engagement, bohème, les traits de caractère communs au chanteur tropicaliste et au prolétaire du ballon rond ne manquent pas. Rien de surprenant, donc, si une des chansons de Gilberto, « Meio-de-Campo », rend hommage à celui qui a été le premier à prendre des positions politiques contre le régime autoritaire des militaires. »


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In Petit Manuel Musical du Football page 99 Pierre-Etienne Minonzio.


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Prezado amigo Afonsinho

Eu continuo aqui mesmo

Aperfeiçoando o imperfeito

Dando um tempo, dando um jeito

Desprezando a perfeição

Que a perfeição é uma meta

Defendida pelo goleiro

Que joga na seleção

E eu não sou Pelé nem nada

Se muito for, eu sou um Tostão

 

* « Meio-de-Campo » milieu de terrain

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 19 juin 2014 4 19 /06 /Juin /2014 10:00

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-          Connard ! lui hurle un quidam lors d’un de ses bains de foule.

-          Enchanté, moi c’est Jacques Chirac.


« Il y a deux choses d’infini au monde : l’univers et la bêtise humaine mais pour l’univers je n’en suis pas très sûr » Albert Einstein


Dans un petit opus « La... sottise ? (vingt-huit siècles qu’on en parle) » chez Albin Michel 9€ le professeur Lucien Jerphagnon, historien de la philosophie, disciple de Vladimir Jankélévitch, proche de Paul Veyne, professeur de Michel Onfray durant ses études de philosophie dont Jean d'Ormesson dit que c’est « un savant qui sait unir un style rapide et séduisant à l'érudition la plus rigoureuse », lui trouvant « une simplicité familière, souvent mêlée de drôlerie, avec une précision sans faille» mène l’enquête. Il se pose des questions tout en reconnaissant ses limites « Ne souffle pas plus haut que tu n’as l’esprit »


La connerie permet des variations plus amples, plus variées que la bêtise, la sottise, l’idiotie, l’imbécillité ou la stupidité elle offre une plus large palette : c’est un foutu con, un sale con, un mauvais con, un petit con, un grand con, un pauvre con, un misérable ou un lamentable con ... Que sais-je encore même si dans le langage usuel dire ou faire des conneries, des bêtises, des âneries, des idioties ou des sottises semble équivalent.


La connerie me semble bien trop large, bien trop extensible, si vulgaire quelle tombe souvent dans la facilité.


La bêtise, elle, relève de l’abus de langage : les bêtes ne sont pas bêtes, elles ne sont que des bêtes qui ignorent la méchanceté. Les âneries n’existent pas, elles ne sont que l’expression du mépris des humains pour nos amis les ânes.


L’idiotie a une forte connotation psychiatrique qui rend son maniement délicat dans nos sociétés où les précautions de langage sont de mise : les aveugles sont devenus des non-voyants et les sourds des mal-entendant.


La sottise, comme l’imbécilité, ou la stupidité me paraissent mieux approcher une certaine précision, une plus grande pertinence, depuis la nuit des temps : « Innombrable est le peuple des sots... » Ecclésiaste, I, 15 et « C’est en effet, une famille  innombrable, celle des imbéciles... » Simonide cité par Platon, Protagoras, 346c. « Immense est la foule des imbéciles. » Saint Augustin Contre les Académiciens, I, 1-2.


La suite ICI link 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 19 juin 2014 4 19 /06 /Juin /2014 00:09

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Créer des liens, transformer la virtualité en la réalité bien concrète d’une rencontre, c’est l’une des plus belles satisfactions pour un chroniqueur de plus en plus las de constater que la Toile via le jeu égotique des réseaux sociaux devient une foire d’empoigne stérile, un ruisseau de lieux communs et de bêtises.


Prendre le temps de réfléchir, de dire, de répondre à ses contradicteurs, de comprendre, fut le lot des premiers commentateurs sur les blogs, le mien tout particulièrement. C’était fécond et enrichissant même si parfois le ton était vif et les arguments tranchants.


Cette belle époque est derrière nous, place au fil de discussion sur face de bouc, en direct live, où chacun fait son petit numéro en peu de mots sans même prendre le temps de lire le texte qui a lancé la discussion.


Les amateurs de ce genre de sport, qui entre nous disposent de beaucoup de temps, son alimentés par quelques spécialistes, qui eux aussi semblent n’avoir que ça à faire, amateurs de flux et de buzz afin de vérifier l’état de leur popularité dans leur petit cercle dérisoire.


Bac à sable peu ragoûtant.


Vous allez me rétorquer pourquoi s’y intéresser ?


Tout bêtement parce que face de bouc n’est pas qu’un cloaque et que je suis curieux de tout.


Pour en revenir aux commentaires, l’un de mes commentateur assidu, le dénommé Luc Charlier dit Léon, fit il y a un certain temps, une entrée tonitruante qui irrita quelques lecteurs de mon blog. Pour sûr que ça décoiffait, je m’employai à recoudre les morceaux et le camarade médecin reconverti à la vigne s’installa dans le paysage avec sa grande culture, sa belgitude et ses convictions.


Provocateur certes, un peu compliqué parfois, mais un grand cœur qui, s’il aime choquer link et link , aime aussi d’une certaine manière être aimé. Je ne l’ai jamais ménagé mais j’ai pour lui une grande estime.


Le Luc il a de la suite dans les idées et ce WE il m’a envoyé un petit message :


 J'ai bu le vin dont tu avais parlé (sous la petite sirènelink


J’ouvre le lien joint et je lis :


« Il faut s'y reprendre à deux fois pour bien juger, les idées comme les gens.


Un « illuminé » parlait de vinification au bord de la mer, sous l'effet des marées, dans de grandes cuves en béton disparaissant sous le niveau de l'eau, mais rigides et parfaitement pleines. Il nous affirmait que ces conditions physiques influençaient le vin. Ce fut le début de ma relation amicale avec Denis Boireau link  un ingénieur ayant pourtant le goût de l'ésotérisme. Il m'a soutenu dans mon affirmation qu'aucune justification physique n'était possible à cette ineptie.


La suite de l’histoire est ICI link


La conclusion me plaît bien « La seule question est : a-t-on besoin de tout cela? La réponse est multiple mais: si cela permet de ré-établir un vignoble viable là-bas, si cela permet à ce garçon de vendre son vin (qui est bon); si cela fait parler de lui, si cela ajoute une dimension artistique et créative à son activité, alors OUI, à 100%. »


Tout ça pour vous dire que loin des joutes bourbeuses sans suite de Face de Bouc rien ne vaut une belle amitié, une vraie, fondée sur des échanges, de l’intelligence, du respect et de la compréhension mutuelle. De celle qu’on ne jette pas au caniveau pour une petite blessure d’ego. 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 18 juin 2014 3 18 /06 /Juin /2014 10:00

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J’ai longtemps retenu ma plume mais la coupe trop pleine débordait lorsque je voyais sur Face de Bouc et Twitter le sauveur flanqué de son pousseur Alain Raynaud, œnologue-viticulteur président du Grand Cercle, s’exhiber dans un château où il n’avait jamais mis les pieds avant qu’il ne tombât dans l’escarcelle de François Pinault. La tronche de cake satisfaite de l’autoproclamé propriétaire m’achevait ; minable marionnette suffisante donnant le change, envie de gerber...


Indécent !


Terre de Vins, propriété de Sud-Ouest, relayait l’info « Le célèbre critique américain est présent ces jours-ci en terres bordelaises, deux mois et demi après les Primeurs. Une venue de bon augure selon Alain Raynaud, président du Grand Cercle, pour laisser sa chance à ce millésime tant décrié.


« Je suis agréablement surpris que « Bob » vienne. J’espère qu’avec sa venue, ce millésime décrié sera réhabilité. Il est encore aujourd’hui l’un des palais les plus sûrs ». C’est ce que confie Alain Raynaud, œnologue-viticulteur et président du Grand Cercle, à propos de la visite du célèbre dégustateur et critique américain dans le vignoble bordelais. Aux dires d’Alain Raynaud, Robert Parker sillonne depuis mercredi le vignoble pour déguster le millésime 2013. Il devrait rester jusqu’à la fin de semaine prochaine. link


Je relaye le commentaire d’une bordelaise qui synthétise très bien la réalité bordelaise…


Quel bal d’hypocrites.


« Les grands crus classés peuvent continuer leur bras de fer avec le négoce, le reste de la filière, et en définitive les consommateurs finaux, forts des réserves accumulées dans les dernières années, qui n’ont toutes été englouties à construire des chais dignes des films de James Bond pour en jeter plein la vue aux badauds. Les négociants, importateurs, distributeurs auront raison moins longtemps qu’ils seront solvables.


Les petits châteaux tachent de faire de leur mieux, souvent avec des comptes de résultat dans le rouge et des bilans en forte détérioration (demander au patron de la filière vin du Crédit Agricole, de la BNP ou du CIC), mais sont au bout du compte souvent coupable de produire un vin médiocre.


Une grande partie des négociants souffre avec le sourire – ou sans, comme P. Bernard, mais qui en fin de compte vient à la soupe comme tout le monde, espérant que 2014 sonnera le retour à meilleure fortune. Les promesses du négoce aux châteaux de tenir les prix de revente conseillés ne trompent personne. Tant de négociants se sont délestés de leurs allocations en bradant les primeurs auprès des clients. La campagne primeurs 2013 est à ce titre un superbe exemple de jeu de menteurs.


Les courtiers tachent autant que possible de convaincre les propriétaires de châteaux de baisser les prix mais ils connaissent trop la fable du chien et du loup. Les beaux costumes de ces messieurs s’abimeraient loin du cours Xavier d’Arnozan ou du quai des Chartrons.


Les importateurs étrangers sont chinois comme CND sont exsangues, victimes de leur avidité sur une classe d’actifs qui souffre de la même volatilité que l’or ou les bulbes de tulipe.


Les importateurs américains, japonais, australien disent stop. Les Chinois s’apprêtent à liquider une ligne de bilan improductive pour leurs conglomérats de semi-conducteurs ou de BTP – faisant trembler les importateurs lourds de stocks de 2009 et 2010 particulièrement.


Les investisseurs – spéculateurs ont disparu. Ceux dont les entrepôts sont pleins auront de quoi boire pour oublier. Les anglais se vautrent aux pieds du nouveau dieu bourguignon, avant la prochaine claque (Romanée Conti bien fragile, le déclencheur pourrait-il être la débâcle du fonds d’investissement luxembourgeois dont une grosse partie des actifs consiste en Domaine de la Romanée Conti?)


Les consommateurs français et étrangers disposent d’un choix extraordinaire d’alternatives à un vin de Bordeaux qui est trop cher pour les grands crus, et souvent médiocre pour les vins d’entrée de gamme. Les vins de moyenne gamme présentent souvent un véritable intérêt, et le consommateur ne s’y trompe pas. A ce titre Vinexpo HK a vraiment donné le La.


Terre de Vin y va de son adoubement renouvelé et servile à Parker, que des critiques comme Quarin et Dubourdieu, s’ils disposaient de l’aura qu’ils méritent, permettraient de renvoyer dans ses bois. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 18 juin 2014 3 18 /06 /Juin /2014 00:09

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Comme le chantait Gabin, « je sais », je sais que je vais me faire de nouveaux amis si tant est que certains d’entre eux ne me vouaient pas déjà aux gémonies.


Le tribunal correctionnel d’Angers a rendu, le 4 juin dernier, un jugement plutôt équilibré dans l’affaire Olivier Cousin. Tout en le relaxant pour bon nombre d’infractions à l’étiquetage (logo femme enceinte, numéro de lot...), le tribunal l’avait condamné pour usurpation d’appellation, mais en le dispensant de peine.


L’important, au regard de la protection juridique des appellations d’origine, était donc reconnu, affirmé. Le principe était donc sauf, protégé par le bouclier de la loi.


Sauf que, dans notre beau pays, les Procureurs aiment les sanctions, la fameuse exemplarité de la peine afin de dissuader d’éventuels contrevenants. Pour le sieur Yves Gambert, procureur de la République d’Angers, « les contraventions étaient établies ». Elles auraient donc dû déboucher sur des sanctions.


Ce n’est pas très finaud mais de la part d’un procureur ça peut se comprendre.


Mais là où les bras m’en tombent c’est que les parties civiles en première instance, l’Inao et la Fédération viticole de l’Anjou le seront également en appel. Cette dernière, ODG pour l’AOC Anjou notamment, demandera des « dommages et intérêts a minima et souhaite que la cour d’appel d’Angers confirme le jugement d’usurpation de l’appellation. »


Plus bêtes qu’eux tu meurs !


Pour l’INAO c’est carton rouge. Pourquoi un tel acharnement, il faudra que l’on m’explique ses fondements juridiques. Sans railler je ne vous trouve pas très performant sur ce terrain depuis quelques temps. 


Du côté de la Fédération viticole de l’Anjou c’est  de la connerie pur sucre – faut dire qu’ils aiment tant la chaptalisation – elle fait appel pour des dommages et intérêts a minima, c’est-à-dire qu’elle ouvre à nouveau la porte des médias nationaux à Olivier Cousin.


Bravo les artistes, l’Anjou vous en sera éternellement reconnaissant.

 

Putain, c’est encore un mauvais coup d’Evin !

 

Le dessin est de Desclozeaux...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 17 juin 2014 2 17 /06 /Juin /2014 11:11

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Désolé pour la putasserie du style mai y’a pas photo, le vin ça fait Style, c’est tendance. Pour preuve le journal le Monde Style nous propose rien moins que 4 articles le même jour sur le nectar du terroir. Ce doit-être l’effet Evin ! Afin de ne pas me voir accuser de pensée unique j’ai glissé dans cette revue de presse un article du Point sur les vins nature. C’est l’effet Résistance Naturelle !


1)      Révolutions dans la dégustation LE MONDE | 16.06.2014 à 16h38 |Par Alexis Goujard et Jérôme Baudouin link

 

 

2)      Pascal Bruckner : « J'ai bu du lait jusqu'à l'âge de 40 ans »

LE MONDE | 16.06.2014 à 16h38 |Propos recueillis par Laure Gasparatto link


3)      Un avocat pour les vignerons "nature", en marge des AOC link


4)      Inventions de vignerons

LE MONDE | 16.06.2014 à 21h05 |Par Jérôme Baudouin link


5) Jean-Michel Boursiquot : « Nous avons retrouvé les parents de la syrah »

LE MONDE | 16.06.2014 à 13h21 | Propos recueillis par Jérôme Baudouin link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 17 juin 2014 2 17 /06 /Juin /2014 00:09

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Les petites anglaises sont formidables, Cleo Rocos est de celle-là, elle dit tout haut, avec beaucoup de fraicheur, des vérités qui déplaisent aux vieux ou jeunes ronchons de la planète vin. Ceux-ci s’époumonent, s’agitent, trépignent, vouent aux gémonies les colonies de bobos parigots, en vain. Ça les énerve de ne pouvoir enterrer corps et biens ces insupportables naturistes qui occupent la scène bien au-delà de ce qu’ils représentent.


Faudra vous y faire les gars, même le Thierry Dessauve, qui sait prendre le bon wagon au bon moment, opère un revirement de jurisprudence tout à fait notable à l’égard des naturistes et son toutou de service est de plus en plus aux abonnés absents.


Bref, je vous cite la donzelle.


« Si votre organisme ne supporte pas le vin rouge, essayez le vin biodynamique. Les résultats sont magiques : même après avoir bu plusieurs verres, vous serez dispo et lucide.



Qu’ils soient bio ou biodynamiques, ces vins demandent une élaboration dans les règles. Sachant qu’il y a 200 additifs autorisés, la qualité du produit est garantie.



Je sais bien que ça fait un peu folklorique, et qu’on ne peut pas prendre au sérieux un sol fertilisé par de la poudre de cornes de vaches maculées de fumier. Pourtant le vin biodynamique est exceptionnel,* car il ne contient aucun conservateur. Avec lui, on ne connaît pas les lendemains douloureux. N’en déplaise aux mauvaises langues, il est parfait
. »

 

* en rouge dans le texte original.


J’entends déjà les cris d’orfraies des défenseurs de l’orthodoxie : « tout ça n’est qu’un tissu de conneries » sauf que la parole d’une reine de la nuit a une part de voix très supérieure à celle de nos chefs de tribus qui lancent des suppliques à un certain Evin dont se fichent comme de leur première chemise les pékins ordinaires buveurs de vin.


« Evin connaît pas ! »


Faut sortir de vos casemates les gars, l’influence ça se passe ailleurs, bien au-delà de votre univers où le 4 par 3 plaît tant aux présidents…


La reine de la nuit qui tient les rênes de la consommation ludique enfonce le clou « Et il n’est pas si cher que ça. Par exemple, le Grand Cerdo est un rioja biodynamique, naturel, avec très peu de soufre ajouté, et qui coûte moins de 5 €. Sur l’étiquette, il y a un porc ailé (car gran cerdo signifie « grand porc » en espagnol)  On doit ce vin à Gonzalo Gribalja link , militant écologiste notoire. C’est après avoir vu son père empoisonné par des années d’exposition aux produits chimiques utilisés dans les vignobles qu’il a mis au point un procédé naturel de vinification… »


Là encore je sens souffler le vent de la désapprobation des sachants mais peu m’importe car la toute petite musique s’insinue, fait son chemin et nul ne pourra la faire taire. Chez moi aucune espèce d’idéologie ou  de prosélytisme, je me contente d’observer les tendances.


Je vous avais prévenu je suis un vieil homme indigne qui accorde bien plus de crédit à une Cleo Cocos qu’au slogan « Claude Evin revient » repris à l’envi ou qu’à la force de persuasion de la Résistance Naturelle de Nossiter… D’un côté c’est l’éternel entre soi, de l’autre une forme d’élitisme hautain, je n’en suis pas…


Comme l’écrivait Giono « La première vertu révolutionnaire, c’est l’art de faire foutre les autres au garde-à-vous. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 16 juin 2014 1 16 /06 /Juin /2014 00:09

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« Ce qui importe c’est d’être disposé à penser par soi-même et à se dire ce qu’on pense. Beaucoup ne le sont pas, soit que la vie les ait trop mal traités, soit qu’on leur ait trop souvent répété qu’ils n’étaient que des gens ordinaires, et qu’ils en sont venus à croire qu’ils n’avaient rien d’intéressant à dire.


À ceux qui doutent d’eux, […] à travers toute l’histoire des gens parfaitement ordinaires ont brusquement énoncé les plus stupéfiantes déclarations lorsqu’ils ont trouvé le courage. Le courage est ce qui compte avant tout. »


Theodore Zeldin, de la conversation, page 29


Le prêt à penser…


Blogueur haut-parleur…


Tous ensemble, tous ensemble…

Je copie-colle…


Tu post…


Ils twitte…


Nous retwittons…


Crédibilité…


Journaliste, critique, vous avez dit journaliste, critique…


Degré zéro…


Si vous avez lu sur ces 3 sujets des chroniques originales je suis preneur.


Merci par avance.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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