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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 07:00

Mimmo, un ouvrier de la sellerie de chez Alfa m’attendait au dehors. C’est lui qui devait m’aborder. Chloé lui avait donné ma photo et j’exhibais comme convenu une écharpe rouge et je tenais un numéro du journal Le Monde à la main. Il faisait frisquet et je frissonnais : mon blouson de jean et ma nuit presque blanche n’arrangeaient rien. Mon attente ne fut pas très longue, un type frisé, râblé, empoignait mon sac de marin sans même me saluer et m’entraînait jusqu’à une petite moto garée au milieu d’un paquet de vélos. Avant que je prenne place derrière lui Mimmo se contentait de me dire, en français, « faut qu’on se grouille car ça chauffe en ce moment chez Alfa... » J’opinai. Putain que j’avais froid, je me pelais sur des petites routes où nous prenions le plus souvent un sale petit vent glacé de face.  Lorsque nous prîmes enfin la grande avenue devant l’Alfa d’Arèse les ouvriers de l’équipe de nuit sortaient déjà par les grilles de l’usine. Mimmo gara sa moto devant un café tout en m’expliquant, toujours en français, qu’hier les mecs de l’atelier de peinture avaient déclenché sans prévenir personne une grève sauvage qui avait foutu la direction en rogne. Tout le monde à la maison avait-elle décrétée ! Les camarades du Collectif, de l’assemblée autonome et de Lotta Continua qui n’attendaient que ce signal pour reprendre la lutte étouffée par les bureaucrates du syndicat étaient sur le pont. Guido, du collectif, qui venait de nous rejoindre exultait « maintenant que le conflit est ouvert nous allons harceler le syndicat qui a enterré la revendication du passage automatique des ouvriers non qualifiés au niveau supérieur. »

 

Mimmo avait rejoint devant le portail un groupe d’ouvriers de son atelier. Ils tentaient sans grand succès de retenir les partants. Guido me donnait un passe-montagne et des mitaines pour que je l’aide à distribuer des tracts. « On attend les mecs de la peinture pour qu’ils nous mettent au parfum puis on se barre au péage de l’autoroute pour faire un barrage et ramasser du blé de solidarité... »  Pour un baptême du feu c’en était un : sans transition je piquais la tête la première dans le bain des luttes. Pendant que nous tractions se pointait depuis l’usine un petit sarde volubile qui déclenchait sitôt un attroupement autour de lui. « Nous, rien qu’à huit, nous avons bloqué l’usine... » Il se rengorgeait « Ras-le-bol, ces connards avec l’accord du syndicat, ont encore augmenté les cadences. Maintenant les carrosseries prêtes à peindre se pointent à la queue leu leu, plus le temps de souffler ! Les 4 qui sont en cabine, entre deux vapos, en prennent plein les poumons.  Ça suffit, nous on devient dingues et, à partir d’aujourd’hui, c’est nous qui décidons combien de bagnoles on peint par jour ! »  Brouhaha, des groupes se forment, les revendications fusent. Guido va d’un groupe à l’autre pour entretenir le feu sous la marmite. Le souk bordel, tout ce que le syndicat refuse. Le syndicat c’est la FIOM (Federazione Impiegati Operai Metallurgici l’équivalent de la CGT) . Un ouvrier intervient pour affirmer qu’il a eu une prise de bec avec un délégué de l’exécutif du comité syndical qui voulait se désolidariser de l’action des gus de la peinture mais qu’un délégué de la FIM (Federazionz Italiana Metalmeccanici, l’équivalent de la CFDT) l’en a dissuadé. Mimmo en rajoutait une couche « Les militants du PCI ont beau jeu de monter les ouvriers contre nos actions spontanées car lorsqu’un atelier bloque la production la direction met tout le monde en chômage technique et attend que ça pourrisse... »

 

J’avais un peu de mal à suivre les échanges vu l’état de mon italien mais je m’accrochais. Arrivait alors un grand maigre sanglé dans une canadienne en cuir. « C’est Toto l’un des meneurs de Lotta Continua » me soufflait Guido. Il ne disait pas Lotta Continua mais LC, l’enfer des sigles des groupuscules commençait. Sûr de lui il tranchait « si demain la direction lock-out à nouveau on engage des manifs à l’intérieur de l’usine. Attention, nous ne voulons pas comme la dernière fois des sabotages ou des déprédations. Soyons solidaires, évitons de nous battre en désordre. Je vais tenter de persuader les militants de l’Avanguardia Operaia même s’ils ne font rien sans en référer au syndicat. Quand au deux connards du Manifesto (groupe issu du PCI) laissez-les en dehors du coup sinon ils iront cafter à la FIOM...» Ici, comme à l’Ile Seguin bastion de la CGT les gauchistes filaient le grand amour avec les syndicalistes sauf qu’ici l’extrême-gauche tenait les ateliers. Le petit sarde de l’atelier Peinture trouvait son miel dans ce discours ferme « Demain, nous la première équipe on bloque encore, et si la direction remet ça, on embraye en interne, on vire les petits chefs, les mouchards, les briseurs de grève. Quand on aura fait place nette on se barre sur l’autoroute de Varèse pour faire des barrages... » Mimmo bichait, l’odeur excitante du bordel le mettait en transe. Pendant que nous discutions les cars de la deuxième équipes repartaient pleins. La direction pour « problèmes techniques » avait lockouté. Quelques minutes après la fin des palabres nous repartions avec Mimmo pour Milan. Je posais mon sac chez lui puis nous nous rendions dans un café où nous attendaient Guido et quelques camarades.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 00:09

lluis-llach.jpgUn de mes fidèles lecteurs m’a demandé gentiment de mettre en ligne une chronique dominicale et musicale consacrée au chanteur catalan Lluís Llach et comme j’ai une petite anecdote à raconter sur les circonstances où je l’ai découvert je me suis dit qu’il était simple de le satisfaire.

 

C’était au temps du Service National, que j’ai effectué, en tant que VSNA, sitôt ma soutenance de thèse à l’Université de Constantine. J’enseignais le Droit comme maître-assistant à raison d’une petite poignée d’heures par semaine. Beaucoup de temps libre donc mais l’austère Constantine n’offrait guère de loisirs. Alors, la « colonie » des coopérants civils et militaires, parquée dans des logements sociaux tout neufs dans une zone à peine viabilisée : la cité de la SONATIBA (nom de la nième société nationale du régime « socialiste » de Boumediene. La plaisanterie, lorsque nous faisions la queue pour obtenir notre bouteille de gaz en compagnie des algériens stoïques, c’était « pour qui Sonelgaz ! ») passait le temps en se recevant. Nous refaisions le monde en picolant la cuvée du Président.

 

Quelques privilégiés, les « fonctionnaires internationaux » tout particulièrement, logeaient dans les beaux immeubles coloniaux en ville. C’était le cas de Jean-Louis Argelliès, médecin à l’OMS. Comme ses collègues étaient tous des vieux briscards de l’institution et que leur préoccupation première était la commande mensuelle de bouffe et d’alcools, Jean-Louis et sa jolie femme Vérène s’était retourné vers la colonie de la Sonatiba. Nous avons sympathisé et comme Jean-Louis jouait de la guitare et chantait en catalan, c’est ainsi que j’ai découvert avec lui Lluís Llach. Jean-Louis était le fils de René Argelliès, adjoint radical du maire de Perpignan, le papa de l’actuel. Bref, nous causions politique, picolions et Jean-Louis alternait son répertoire de carabin avec celui de la Catalogne. Esprit original, anticonformiste, ombrageux mais aussi très chaleureux, il avait fait sa thèse de doctorat sur Médecine et Surréalisme, Jean-Louis devint un bon ami. Comme souvent la vie nous a ensuite séparés, nous nous sommes revus et puis petit à petit nos liens se sont distendus et tout ce que je sais c’est qu’il a terminé sa carrière dans l’Hérault comme médecin de Santé Publique.

 

Je n’aurai pas l’outrecuidance de vous conter la vie de Lluís Llach i Grande, dit Lluís Llach. Simplement, comme lui, je suis né en 1948, lui le 7 mai 1948 à Gérone en Catalogne et lorsque l’ami Pousson, dans son adresse à nos amis vignerons d’au-delà des Pyrénées, a cité les paroles de l’Estaca j’ai pensé à l’ami Jean-Louis Argelliès et sur Internet j’ai découvert qu’il était l’auteur d’une somme, publiée en 1988, La formation des médecins: systèmes, institutions et acteurs : archéologie du pouvoir en médecine (1374 pages).

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 14:16

Le « Charle’s bar » rue d’Aboukir, aujourd’hui disparu, fut tout un temps mon repaire. J’y mangeais parfois au déjeuner dans la salle du fond et le soir il m’arrivait de m’accouder au bar, derrière lequel s’affairait une grande anglaise languide, bien en chair, yeux de biche triste, longs cheveux roux, jeans et tee-shirt au-dessus du nombril, une grande belle tige. Le lieu, en dépit de son petit périmètre, accueillait en fin de semaine des micro-concerts de rock et, pour tirer un sourire de celle que je prénommerai Mary, il suffisait de la brancher sur le sujet. Tout en essuyant les verres, avec son accent cockney des faubourgs de Londres, elle s’animait et j’en arrivais à oublier qu’elle se gavait de la lecture de tabloïds. Elle était très fleur bleue, sans doute par la suite groupie de la princesse Diana, et je n’ai jamais tout à fait compris pourquoi elle vivait à Paris.

 

Le « Charle’s bar » c’était un bar à tout, un bar tout court, peu de pochtrons, des habitués, des gens de passage, Mary derrière son bar, le jeune patron et ses santiags, un petit bout d’humanité. Ce lieu, où les vins de comptoir étaient banalement tristes, avait une âme, une vie intérieure, j’y ai puisé l’inspiration d’un polar que j’ai commencé d’écrire sur une Underwood achetée aux puces de Montreuil et terminé sur un des premiers petits Macintosh portable dans ma maison nichée dans la forêt d’Ermenonville. Par bonheur le manuscrit de ce truc mal foutu dort dans un carton dans ma cave. Le jour où, de passage rue d’Aboukir, j’ai constaté la disparition de mon « Charle’s bar » ce fut comme si un petit bout de ma vie venait de se détacher, de disparaître. Nulle tristesse ni nostalgie c’est la vie… ainsi le boulanger de Lumières et le boucher de Goult ont pris leur retraite sans être remplacé alors tout change pour que rien ne change.

 

Fort bien me direz-vous mais pourquoi encore une nième chronique sur mes souvenirs de bord de bar ?  Tout bêtement parce que le Wine blog Trophy du futur Salon des Vins de Loire fait un appel à la population des bloggueuses&bloggueurs : « Nous rappelons que les participants doivent, avant de s'inscrire, poster sur leur blog un article en rapport avec le thème 2012 « Mon bar à vins, les Vins de Loire et Moi » : la rencontre d’un gérant, un coup de cœur pour un lieu ou la découverte d’une bonne bouteille dans un bar à vins. Tous les prétextes sont bons ! » Fort bien, je fréquente les bars à vins, je bois aussi des Vins de Loire, mais j’avoue que je n’ai pas le tour de main pour monter la mayonnaise donc j’aurais dû m’abstenir d’écrire cette chronique.

 

Sauf que, comme je ne peux m’empêcher de décoconner, je vais vous proposer un bar à eau : Colette Water Bar 213, rue Saint Honoré dans le premier, au sous-sol, où je suis allé une fois pour boire du vin. C’était en 2006 link et j’y étais allé déguster lubie qui est un petit flacon de vin, en alu, capsule type beer noire, décor minimaliste : deux gris, en facial la marque sur un timbre fond vert, en bas sur le fond gris souris, en blanc : SAUVIGNON. Sur le flanc droit : Appellation Bordeaux Contrôlée, 11,5%, 25 cl. Sur le flanc gauche : Vin blanc, se boit très frais. Mais, même si Colette c'est le haut-lieu de la branchitude consumériste parisienne, où des jeunes gens payés au SMIC vous regardent comme si vous étiez un extra-terrestre parce que vous vous risquez à trouver les prix très hot : le téléphone portable Vertu à 4750 euros, la montre Jacob&Co à 38000 euros ou une veste grunge à 2250 euros, je ne puis faire un tel choix puisqu’il me faut faire la promo des vins de Loire.

 

Réflexion faites mon choix se portera donc sur le Baratin «  rue Jouye-Rouve dans le XXe et ce pour 3 raisons dont 2 n’ont ni rimes ni raisons : la première c’est que je préfère un Baratin à un bar à vins (désolé !), la seconde c’est que baratin rime avec ligérien, et enfin parce que c’est au Baratin qu’avec Sébastien Demorand ont s’est liché des lignes de Chenin de la Loire. Lesquels ? Je ne sais plus mais sur la carte de Philippe Pinoteau les vins de Loire « nature » y sont bien représentés. Mais pour terminer sur une énième décoconnade je ne puis m’empêcher de promotionner un beau vin né dans la Loire mais qui n’est qu’un vin de France : Les Rouliers 2010 de Richard Leroy. link  

carte-des-vins-012.JPG

Avouez que ce n’est pas avec ça que je vais décrocher la timbale du Wine Blog Trophy mais, comme disait Pierre de Coubertin, l’important c’est de participer et comme j’ai voté pour la chronique d’Eva ça suffira largement à mon bonheur…

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 00:09

pierre-dukan-regime-lettre-471514-jpg_319880.JPGPierre Dukan, nutritionniste star, fait le Buzz avec sa Lettre ouverte au futur président de la République, publié au Cherche-Midi, où il propose une option « poids d'équilibre » au bac, qui favoriserait les élèves capables de conserver, entre la seconde et la terminale, un indice de masse corporelle compris entre 18 et 25. Dans les colonnes du Parisien, Pierre Dukan explique, sans rire, que son livre vise à « donner un peu de solennité » au sujet du surpoids dont, en bon fils de pub, il affirme que  « l'on a tendance à prendre à la légère ». Bien sûr, cette sommité de pacotille frappe à la porte de l’étage le plus élevé pour que les politiques se penchent sur cette « grande cause nationale ». Ras-le-bol de ces charlatans que l’on gratifie du titre de Professeur et qui jouent dans le même registre que le célèbre Crozemarie. Dukan « la joie », avec son option à la con « poids d’équilibre » veut faire le bonheur de notre progéniture en les sensibilisant à l’équilibre alimentaire. Je rêve et comme le lui ont rétorqué certains forums : « Les anorexiques, ils ont la mention d'office ? »

 

Pitoyable ! Dire que ce type a prêté le serment d’Hippocrate. Le voici, tel qu'il est prêté à l'Université Montpellier 1 « En présence des Maîtres de cette École, de mes chers condisciples et devant l'effigie d'Hippocrate, je promets et je jure, au nom de l'Être suprême, d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité dans l'exercice de la médecine. Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent et n'exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail. Admis dans l'intérieur des maisons, mes yeux n'y verront pas ce qui s'y passe ; ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime. Respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants l'instruction que j'ai reçue de leurs pères. Que les hommes m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses. Que je sois couvert d'opprobre et méprisé de mes confrères si j'y manque. »

 

Par bonheur ce matin ce cher François Morel dans sa chronique de France Interlink a remis la pendule de ce Dukan « la joie » à l’heure avec beaucoup plus de talent que je ne le ferais moi-même. Nous ne devons pas nous laisser faire car ce type de charlatan qui vend du régime au mètre  www.maboutiqueregimedukan.com parce qu’il est représentatif à l’extrême de la tendance dominante, de Diafoirus post-moderne, à vouloir régenter notre vie sous tous ses aspects. Profitant de la religion de la minceur, de la forme, de l’apparence, ces marchands du Temple, et Dukan en est un lorsqu’il ose proposer outre son bac version régime, que l'État « s'empare du marché » des produits non gras, et notamment du « son d'avoine », ingrédient-clé de sa méthode, en lançant un « appel national à projets ». Pour faire bon poids il assure avec un humour pachydermique qu’ « Il y a là un futur marché qui pourrait créer beaucoup de richesses pour notre pays et renflouer les caisses de la France." Avec pour ambassadrice l'ensemble de la population féminine française. « La France, connue dans le monde entier pour ses femmes belles et minces, pourrait exporter son savoir-faire à l'étranger. » 

 

Comme l’écrit avec une ironie cinglante Marina Carrère d’Encausse.  « En gros, le régime crétois, oui ! Les régimes crétins, non ! » A quand le délit de « sale gros ou de sale grosse » ? Ben oui Dukon, pardon Dukan, tu fais de la discrimination physique mais sans doute ta suffisance est telle que ça ne t’as pas effleuré l’esprit. Certes tout cela n’est que du buzz, du fric mais n’oublions pas que des milliers de gens suivent ou vont suivre les préconisations du régime Dukan et que nous les bons vivants, les défenseurs indéfectibles du Bien Vivre nous nous devons de dire, d’écrire, de gueuler « Merde à Dukan ! »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 00:09

La période qui s’ouvre va être faste pour les Instituts de sondage. Bien évidemment les candidats en lice jureront leur grand Dieu qu’ils ne leur accordent aucun crédit, surtout lorsque la tendance sera baissière. Mais comme on sonde en permanence sur tout ce matin je vais aborder un sujet que j’avais traité en janvier 2009 link et qui a fait la Une d’Aujourd’hui en France (Le Parisien) sous le titre « Les pots en entreprises ne connaissent pas la crise »

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Tout est parti d’un sondage réalisé d  29 novembre au 8 décembre sur un échantillon de 401 dirigeants d’entreprise et du 1 au 2 décembre auprès de 493 salariés par l’IFOP pour le compte de l’Association Promotion et suivi de la sécurité routière en entreprise (PRSE).
 

 

Voici les conclusions de l’enquête (pour les détails voir link
 

 

Les salariés sont davantage exposés à des pots d’entreprise mais l’alcool y est moins présent qu’il y a 3 ans, et les alcools forts sont un peu délaissés.
 

 

Près d’1/4 des salariés et 1/3 des chefs d’entreprise ont déjà relevé des incidents liés à une consommation excessive d’alcool lors de ces pots.
 

 

Les 2/3 des chefs d’entreprise ont mis en place des dispositions à l’égard de la consommation d’alcool en entreprise, soit une progression de 25 points par rapport à 2008.
 

 

Pour autant, les salariés se montrent davantage réfractaires à ce type de disposition aujourd’hui : 6/10 y seraient opposés au sein de leur entreprise (+9 points).
 

 

Commentaire du journaliste d’Aujourd’hui en France Aurélie Lebelle
 

 

« Friands de ces moments de détente, la fréquentation est même en hausse, et ces rendez-vous de convivialité, de plus en plus appréciés.
 

 

Besoin de décompresser
 

 

Selon le sondage, 27% des salariés trinquent au bureau plusieurs fois dans le mois. Ils n’étaient que 17% en 2008. Plus de 30% le font une fois tous les deux ou trois mois (+ 3% par rapport à 2008) et le dernier tiers arrose un événement moins de quatre fois par an. Alors que la crise bat son plein, que 900 usines ont fermé leurs portes ces trois dernières années en France, que le chômage atteint des sommets, que le pays menace de perdre son triple A, que les banques ne sont plus prêteuses, le besoin de se serrer les coudes est plus fort que jamais. Et cela dépasse largement la sphère privée. Cette enquête le prouve, face à l’adversité, les salariés doivent décompresser de journées intenses. Et l’apéro devient plus que nécessaire.»
 

 

MOT : « Faire un pot » Le mot pot vient de l’ancien allemand et caractérisait au XIIe siècle la rondeur. D’où le terme potelé introduit en France à cette époque. Par analogie, il désigne rapidement un ustensile de ménage destiné à contenir liquides et aliments. Puis plus particulièrement au Moyen Âge un récipient que l’on remplit de vin ou de bière, d’où l’expression « pot-de-vin » qui désigne dès cette époque de l’argent versé secrètement et illégalement pour corrompre. C’est au début du XXe siècle, autour de 1910, que les étudiants s’approprient le mot pour parler plus généralement d’une boisson alcoolisée et tout le rituel qui va avec. Rituel qu’ils prolongent après leurs études, dans les entreprises qui les ont embauchées. »
 

 

Dans son châpo à la Une le journal souligne « Besoin de se détendre, de se serrer les coudes, les pots au travail augmentent en cette période de crise. Ils sont de plus en plus surveillés pour éviter les dérapages liés à l’alcool. » mais pour moi, petit observateur de ce type d’approche, le fait nouveau par rapport au précédent sondage au début de 2008 (où il n’était pas question de crise) c’est qu’il n’est plus question de les interdire. En effet, comme en témoignait mon titre de l’époque « Le vin banni des pots d’entreprise ? On en parle... », c’était le cas en 2008. Il faut savoir que pour le code du travail il est « interdit à toute personne » ainsi qu’à « tout chef d’établissement (…) et en général à tous ceux ayant autorité sur les ouvriers et employés, de laisser introduire ou de laisser distribuer dans les établissements pour être consommées par le personnel, toutes boissons alcooliques autres que le vin, la bière, le cidre, le poiré… » donc toutes les boissons spiritueuses.
 

 

Pas simple donc pour l’employeur, et je l’ai été dans une entreprise où les produits étaient à portée de mains, mais tout à fait gérable sur la base de règles simples et faciles à appliquer. Bien sûr les prohibitionnistes, jamais en reste d’une nouvelle interdiction, prônent la stricte observance. C’est inepte et les réponses, et des employeurs, et des salariés, démontrent que proscrire purement et simplement ce type de convivialité va à l’encontre d’un réel besoin. Des règles connues, consenties, assumées permettent d’éviter la viande saoule, les bagarres, le harcèlement sexuel et bien sûr les accidents de la route. Exercice de responsabilité tout à fait à la portée de l’encadrement et des chefs d’entreprise. À force d’enserrer dans un réseau d’interdictions les citoyens les pouvoirs publics se donnent bonne conscience à bon compte et surtout ne laissent plus aucune marge à l’exercice de la responsabilité à un niveau où il est tout à fait possible de la voir s’exprimer et où l’on peut prévenir efficacement les excès préjudiciable au bien public.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 17:00

J’avoue humblement que, jusqu’à il y a quelques jours, j’ignorais qu’il existât une AOP fromagère : Fourme de Montbrison. Celle d’Ambert, oui je connaissais, mais sa cousine germaine nichée dans le Forez n’avait jamais eu l’honneur de mes plateaux de fromage. Je n’ai pas coutume de mélanger mes activités professionnelles avec ma seconde vie de chroniqueur mais, sans vraiment faire une réelle exception, je vais ce soir faire la promotion de la Fourme de Montbrison. Pourquoi ce soudain intérêt me direz-vous ? La réponse tient en une forme de communiqué « l’Entreprise Forez-Fourme (10.5 Ml et 70 producteurs va être mis en liquidation judiciaire et depuis le 31 décembre leur lait n’est plus collecté. » Je n’entrerai pas dans le détail du dossier car ce n’est pas ici le lieu d’en parler mais sachez que cette entreprise produisait 150 tonnes de Fourme de Montbrison sur les  500 tonnes de cette AOP.

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C’est dans le TGV du retour de ma réunion à Lyon mardi dernier (pour les Nuls en Géo le Forez se situe dans le département de la Loire qui fait partie de la Région Rhône-Alpes) que m’est venue l’idée de faire une chronique de fin de journée sur la Fourme de Montbrison. Comme vous le savez pour moi fromage rime avec Alleosse donc sitôt rentré je fonds sur mon clavier www.fromage-alleosse.com et je découvre que la Fourme de Montbrison fait partie de l’achalandage de Philippe et de Rachel Alleosse. Petit e-mail nocturne, réponse au matin et passage au magasin le soir pour photo et part de Fourme de Montbrison pour dégustation. Ce qui fut fait au dîner : excellent fromage à pâte fine persillée, fondante, proche du Stilton, un vrai délice plus tome en texture que les fromages persillés traditionnels. Bien sûr Philippe Alleosse est un maître affineur et sa Fourme de Montbrison est au top. Il s’approvisionnait chez www.fourme-tarit.fr l’entreprise qui vient d’être mise en liquidation judiciaire. Philippe Alleosse m’a indiqué que les japonais raffolaient de la Fourme de Montbrison, alors beau produit AOP s’il est bien affiné mais en manque de notoriété. photoFdeM.jpgJe vous propose donc un geste simple : dès que vous irez chez votre fromager vous lui demanderez « comme un seul homme » : une part de Fourme de Montbrison. S’il n’en n' a pas : tant pis mais peut-être, si vous un bon client, ça lui donnera l’idée d’en commander. Bien sûr ma plume brûle de vous donner plus d’explications mais vous comprendrez que je ne puis, pour l’instant, aller au-delà de ce minuscule coup de pouce à la notoriété de la Fourme de Montbrison. Mais, pour faire simple, si nous voulons que des producteurs « s’accrochent » à certains territoires difficiles, il est vital, qu’en l’occurrence dans le cas présent, leur lait soit valorisé au mieux par les produits transformés. Une AOP ne suffit pas en elle-même à générer cette valeur si le consommateur n’est pas au rendez-vous. Bien sûr celui-ci est en droit de demander, en contrepartie, d’en avoir pour son argent. C’est un « cercle vertueux » qu’ont su construire certaines AOP fromagères, à nous consommateurs de contribuer à donner leurs chances à ceux qui souhaitent s’engager sur ce difficile chemin. Pas simple dans une conjoncture où le facteur prix et le mode de distribution donne le la à la consommation.

 

Comme nous sommes ici sur un site dédié aux vins que le taulier, tire de temps à autre vers d’autres sujets, je vous propose d’accompagner votre Fourme de Montbrison avec un vin des Côtes du Forez ou un vin de pays d’Urfé : www.vins-g-bonnefoy.com Je demande aussi aux experts dégustateurs lecteurs de nous tuyauter sur le bon choix.

300px-Vignoble_du_Cotes-du-forez_.jpg En quelques mots sachez que la Fourme de Montbrison est un fromage au lait de vache à pâte persillée (moisissures internes) originaire de Montbrison, chef-lieu d'arrondissement du département de la Loire dans la région Rhône-Alpes mais est proche culturellement de l'Auvergne avec les parfums de fleurs de bruyère et de gentiane. C’est un fromage cylindrique de 20cm de hauteur et de 14cm de diamètre de 2,1 à 2,7 Kg avec une durée d’affinage de 1 à 3 mois.

 

L’histoire de la Fourme de Montbrison se calquait sur celle du pays avec en point d’orgue : l’estive. De mai à octobre les bêtes étaient menées vers les plateaux des Hautes Chaumes à  plus de 1000 mètres d’altitude. Coupés du monde pendant la moitié de l’année, dans leur jasserie, une construction qui leur servait à la fois d’habitation, d’étable, d’atelier de fabrication de la fourme et de cave, des hommes et des femmes ont donné ses lettres de noblesse et son authenticité à la Fourme de Montbrison.

 

Le mot Fourme vient du grec « formos » puis du latin « Forma » (récipient où on caillait le lait). De cette racine, sont nés, en vieux français «fourmage» et «formage» devenus ensuite «fromage». La fourme est certainement un des fromages à pâte persillée les plus anciens. « L’origine de la Fourme se situe aux premières époques de la féodalité au VIIIe ou IXe siècle. Une preuve irréfutable démontre qu’au IXème siècle la fourme était connue et appréciée. A La Chaulme, 7 pierres taillées bien conservées surplombent la porte d’entrée de la chapelle féodale. L’œil reconnaît immédiatement le beurre, le saucisson, le jambon, les œufs, le foin, les céréales et… la Fourme. » L’histoire de la Fourme de Montbrison s’inscrit dans celle de ce versant ligérien des monts du Forez où les conditions de vie ont toujours été difficiles. Au milieu du XXe siècle au mode agro-pastoral de l’estive a succédé, avec l’irruption de l’exode rural, les citernes de ramassage du lait. « Dès 1945, à la demande de la société d’amélioration des produits laitiers de Pierre sur Haute, un premier décret légalise la première définition du produit. Modifiées en 1948 puis en 1953, les décrets définissent la méthode de fabrication et d’affinage. Ils autorisent 3 dénominations : « Fourme de Montbrison », « Fourme d’Ambert » et « Fourme de Pierre sur Haute ». Au niveau européen, la Fourme de Montbrison est aujourd’hui protégée par une Appellation d’Origine Protégée (A.O.P.). »

 

Fabrication de la Fourme de Montbrison.

Chaque Fourme nécessite 20 à 25 litres du lait de vache. Sa fabrication suit les étapes traditionnelles (voir Vidéo) : le travail en cuve, le moulage, l’égouttage, le salage, le piquage et l’affinage. Son bleu, au goût si original, naît du salage réalisé en cours de moulage. Sa belle croûte orangée se développe lorsque la fourme est couchée sur les chéneaux d’épicéa. Là, durant huit jours, les maîtres fromagers la retourne d’un quart de tour toutes les 12 heures. Ensuite, les Fourmes sont placées en cave d’affinage durant plusieurs semaines. Les affineurs les piquent avec de longues aiguilles afin d’encourager le développement des marbrures bleutées. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 00:09

Je ne suis jamais allé au SITEVI car je n’ai pas le cœur très porté vers les machines. Et pourtant j’ai vécu un bel amour de jeunesse avec les tracteurs Société Française Vierzon de mon père, et ses machines à battre aussi, mais l’irruption des moissonneuses-batteuses : les Claas ont sonné le glas de ma passion. Au Sitevi on ne fait pas que lécher les machines on colloque aussi : tribune avec une belle brochette de ce qui compte dans la Gaule du Sud pour fixer le cap vers 2025. La prospective c’est le grand amour de mon ami Patrick Aigrain alors je ne résiste pas au plaisir de vous donner en lecture le CR de cette conférence-débat fait par le portail du Ministère. Bien évidemment ne comptez pas sur moi pour faire des commentaires car je n’ai nulle envie de compter ensuite mais abattis mais vous, si ça vous chante, vous pouvez en faire…

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« La DRAAF Languedoc-Roussillon, FranceAgrimer et InterSud de France ont organisé le 30 novembre 2011 au Sitevi 2011 une conférence-débat pour rendre compte d’une étude prospective sur la filière viticole régionale à l’horizon 2025

Cette étude lancée il y a deux ans à la demande de la DRAAF, a été conduite par l’INRA, Montpellier SupAgro et FranceAgrimer. Elle se base sur le travail d’un groupe d’experts et la participation des responsables professionnels à travers les réunions du conseil de bassin viticole du Languedoc-Roussillon.

 

Des avenirs possibles

 

Hervé Hannin (Directeur de l’Institut des hautes études viticoles) et Patrick Aigrain, de FranceAgrimer (Prospective), ont insisté sur la signification d’une étude prospective, qui n’est pas une prévision, mais cherche à éclairer des « avenirs possibles ». Ils ont rapidement décrit la méthode adoptée pour avancer collectivement dans des réflexions les plus partagées et les plus interdisciplinaires possibles sur le devenir de la filière vitivinicole en région. De nombreux responsables régionaux et nationaux se sont succédés à la tribune

Cette méthode vise aussi à aider à l’émergence de stratégies d’actions partagées en faveur du secteur. Ils ont ensuite « raconté » les 4 scénarios construits à l’issue de cette étude, en ont détaillé les enjeux et les conséquences possibles de chacun d’eux.

 

Les scénarios

 

1. Filière plurielle

* « Des viticultures plurielles organisées »

* « L’union fait la force »   

 * Superficie : 230 000 ha

* Volume produit : 13 à 15 millions d’hl

 

2. Filière paysagère

* « L’oenotorium »   

* « Ceux qui restent en vivent correctement »    

* Superficie : 120 000 ha    

* Volume produit : 4 à 6 millions d’hl

 

3. Filière déclinante

* « Une organisation sans âme ni projet »

* « Les occasions manquées »

* Superficie : 150 000 ha

* Volume produit : 7 à 9 millions d’hl

 

4. Filière libérale

* « Un développement sélectif et industriel »

* « Chacun pour soi… certains s’en sortent »

* Superficie : 180 000 ha

* Volume produit : 10 à 12 millions d’hl

 

Bernard DEVIC, Président de la fédération InterSud de France, a expliqué pourquoi les professionnels avaient écarté, en Conseil de bassin du 20 mai 2011, le scénario «filière déclinante» ainsi que celui de la «Filière paysagère», sans écarter définitivement la  «Filière libérale» et retenu finalement, à l’unanimité, le scénario n°1 : «Une filière plurielle : l’union fait la force».

 

Au cours de la table ronde animée par le journaliste Frédéric Maurel (Directeur du Paysan du Midi), les intervenants ont souligné la qualité et l’intérêt de ce travail pour:

 

* soutenir des propositions structurées dans le cadre de la discussion de la réforme de la PAC après 2013 (Jérôme Despey – Président du conseil spécialisé de FranceAgrimer) ;

* s’inscrire dans les marchés d’avenir, notamment à l’export et soutenir l’installation des jeunes et les démarches contractuelles (Jacques Gravegeal – Président de l’interprofession des vins de l’IGP Pays d’Oc-, Boris Calmette – Président de la fédération régionale des coopératives viticoles) avec l’exemple du groupe ADVINI (Sébastien Narjoud – Directeur général de la société Jeanjean Languedoc) ;

* rappeler la place de la viticulture dans l’économie du Languedoc-Roussillon, ainsi que les enjeux sur les questions sociales, le maintien du tissu rural et des paysages, mais aussi l’association du tourisme et de l’œnologie (Boris Calmette, Agnès Payan – Présidente des vignerons indépendants du Languedoc Roussillon).

 

La nécessité de poursuivre la construction d’une gouvernance plus forte, a été affirmée par plusieurs participants et a été reprise en conclusion par Bernard Devic, pour donner les moyens au Languedoc-Roussillon de devenir un véritable « cluster » vitivinicole au plan mondial.

 

Enfin Pascal Augier, DRAAF Languedoc-Roussillon, a souligné que ce travail était maintenant entre les mains des responsables professionnels viticoles de la région : à eux d’écrire la suite de l’histoire, les services de l’État restants disponibles pour appuyer les actions qui en découleront.

 

Les quatre scénarios prospectifs globaux de l’étude prospective sur l’avenir de la filière viticole, en Languedoc-Roussillon, à l’horizon 2025

 

Macroscénario n° 1 : Filière plurielle

 

Des viticultures localisées et organisées

   « L’union fait la force »

 

Dans un contexte où l’image du vin est positive, l’intervention publique agricole pourtant d’inspiration libérale s’emploie à défendre les territoires agricoles, et à promouvoir la prise en compte par la sphère agricole des attentes sociétales notamment environnementales. La gouvernance régionale de la filière réussit à intégrer ces attentes et à coordonner la production et la mise en marché d’une gamme régionale complète, cohérente en termes économiques pour les professionnels et lisible pour les consommateurs.

Ainsi la région récolte-t-elle sa part de la croissance de la consommation mondiale et le potentiel viticole se maintient. Pour ce faire, la viticulture est localisée en îlots, chacun d’eux privilégiant nettement soit une stratégie de réelle différenciation (AOP, bio…) soit une stratégie « coût-volume » assumée. Ces derniers bénéficient notamment d’investissements d’origine publique en matière d’irrigation, également localisés. Clairement identifiées, ces logiques permettent une intégration efficace des avancées de la R&D. Elles se révèlent attirantes pour les investisseurs extérieurs à la région et propices au développement d’un œnotourisme efficace et diversifié : Le LR devient un véritable « cluster » vitivinicole.

 

Macroscénario n° 2 : Filière paysagère

 

L’oenotorium

   « Ceux qui restent en vivent correctement »

 

Dans un contexte où l’image du vin est dégradée du fait de son contenu en alcool et par la mise en cause des pratiques agricoles conventionnelles, la consommation mondiale du vin recule et la région en souffre. L’intervention publique agricole, quasi-stable en montant, ne trouve cependant sa légitimité que dans une intervention territoriale à très forte connotation protectrice de l’environnement et de la santé. Elle contribue ainsi à limiter le développement de la production, en réservant son appui à des zones viticoles à forte connotation paysagère qui proposent des vins présentant une réelle différenciation pour une clientèle impliquée.

Seul un œnotourisme « à la ferme » dans une logique de « parc régional » se développe, et c’est dorénavant des circuits de distribution spécialisés qui écoulent la majeure partie des vins. La gouvernance régionale de la filière qui a intégré en urgence les attentes sociétales pressantes a travaillé efficacement à l’intégration rapide des avancées de la R&D mais le contexte n’a pas permis de développer une stratégie « coût-volume », autrement qu’à la marge. Le LR voit son potentiel volumique se restreindre sensiblement.

 

Macroscénario n° 3 : Filière déclinante

 

Une organisation sans âme ni projet

   « Les occasions manquées »

 

Ce scénario est celui d’un déclin doux et lent de la viticulture régionale. Le fait qu’il se déroule dans un contexte de marché ouvert (marché mondial libéral, en croissance, dopé par la distribution de masse, de nouvelles zones et occasions de consommation, et une inscription croissante du vin dans l’univers des boissons) le fait apparaître aussi, pour les entreprises du LR qui perdent pied, comme celui des occasions manquées.

Certes leur contexte immédiat les pénalise, qui refuse les soutiens publics attendus (sociaux, économiques, environnementaux), accroît les coûts de production par une pression environnementaliste et jette l’opprobre sur les boissons alcooliques auprès des consommateurs sur leurs marchés traditionnels. Mais elles démontrent aussi une organisation faible et une productivité insuffisantes. S’ensuivent alors des stratégies trop anarchiques, de sens et d’intensités trop divergents pour construire une cohérence régionale, et par suite pour susciter des investissements en R/D (malgré une réelle richesse locale en matière grise).

 

Macroscénario n° 4 : Filière plurielle

 

Un développement sélectif et industriel

   « Chacun pour soi…. certains s’en sortent »

 

Dans ce scénario, à côté de vignobles différenciés sur la base des traditionnelles AOC, se développent localement sur certains territoires du LR, des vignobles compétitifs conduits sur un mode industriel. Favorisés par un marché mondial porteur (mais compétitif), un environnement réglementaire très libéral, et une gouvernance régionale faible, ils sont le fait d’investissements privés qui visent à exprimer une compétitivité régionale respectueuse des principes libéraux de l’OMC : ouverture de la concurrence et intégration du progrès technique allant jusqu’à une ouverture maximale des pratiques œnologiques admises, y compris l’aromatisation.

Leur développement est organisé en phase avec des projets oenotouristiques rentables et en synergie avec des réalisations « culturelles » attractives, également mises en œuvre par des investisseurs privés, qui font de la culture vitivinicole, un axe de leur marketing. Peu encadrés et peu demandeurs d’encadrement, ces investisseurs libéraux mettent en œuvre leurs projets sans nécessairement de grands appuis publics et sans grand souci des effets macro-économiques induits. Ces évolutions sauvent le vignoble du LR mais pas les petites exploitations. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 00:09

Je ne devrais pas l’écrire mais je l’écris tout de même « c’était au temps où l’INAO, vieille maison sise tout en haut des Champs Elysées s’appuyait en nos terroirs profonds sur des « barons régionaux » qui connaissaient les hommes et le terrain. Je l’ai bien connue même si j’ai fait mes débuts dans la crèmerie de la rue de Rivoli : l’ONIVIT (Office des Vins de Table) qui donnait, du fait du poids de ses gros hectos et des importations de vins d’Italie, bien des soucis à Paris comme à Bruxelles : la garantie de bonne fin c’était la dernière rustine avant le clap de fin. Par la suite, et je ne vais pas vous raconter ma vie, j’ai suivi de près la boutique. Aujourd’hui, de beaux esprits ont cru bon d’ajouter un Q à cette maison où la normalisation – la culture de la norme s’entend – va bon train sous la férule d’un CAC bien réducteur. Tout ça pour dire que, ce matin, la plume de la chronique, de mon espace de liberté, est tenue par Jules Tourmeau www.crvf.com un de ces grands régionaux de l’INAO. Jules et moi nous nous étions recroisés dans la région délimitée de Cognac où j’exerçais alors mon métier de médiateur lors de la dernière grande crise. Lui était venu porter la parole de l’AOC à des charentais qui n’en avaient pas la moindre idée. Maintenant il me lit et, c’est ainsi que lui est venu l’idée de vous conter cette belle histoire. Merci Jules.

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Le 18 septembre 1978, je « débarque » à ANGERS pour occuper le poste de Chef de centre de l’INAO avec mission de « réveiller » la production angevine. Il faut dire qu’elle en a besoin car sur le million d’hectolitres que produit ce vignoble, 500000 hectolitres concernent l’appellation ROSÉ D’ANJOU qui se vend alors 2, 50 FF le litre ; les COTEAUX DU LAYON (50000 hl) se vendent eux : 5 FF le litre. Mais là n’est pas mon propos d’aujourd’hui.

 

En 1982, M. SAMSON, père, hôtelier-restaurateur établi à HONFLEUR me téléphone pour un rendez-vous ; demain si possible, c’est urgent, mon fils veut faire le métier de vigneron et je souhaiterais vos conseils. Difficile, mais nous nous mettons d’accord pour le lendemain matin. Le temps de venir : vers 9h ? D’accord.

 

A l’heure dite, je vois arriver mon restaurateur accompagné de son épouse et du jeune Gérard. Tout de suite, je me dis que ce jeune homme me paraît bien frêle et menu, mais pas de délit d’appréciation hâtive !  Notre dialogue s’engage : Que fait-il ce jeune homme ? Il est en 2ème année de notariat et il veut arrêter et devenir vigneron, que doit-il faire comme formation et comment s’y prendre ? J’essaie, compte tenu de l’apparence et de la formation en cours, de décourager mon client et de le persuader de suivre son cursus. Vous savez, Monsieur, le métier de vigneron, comme tous les métiers de la terre – et j’en viens – est dur physiquement, puis il faudra que Gérard acquiert une formation spécifique qui peut s’avérer longue, et puis ensuite il faudra qu’il trouve un emploi, un vignoble, que sais-je ?

 

Rien n’y fait, je veux être vigneron. Bon, on envisage les formations et un contact avec le CFPPA de BEAUNE, nous octroie une place pour notre protégé.

 

En 1984, après un stage d’un mois à la Cave Coopérative de SAUMUR, c’est à dire en Novembre 1984, notre Gérard inscrit à la formation pour adultes, arrive à BEAUNE pour 1 an. Tout se passe bien, suivant en même temps sa formation pratique dans une exploitation bourguignonne, dans l’année suivante, les résultats sont là. Gérard est déjà rôdé aux nombreux aspects du métier. Il sort du CFPPA nanti de son diplôme, qui plus est avec la meilleure note de sa promotion, pourtant composée de gens plus proches du milieu vigneron que lui. Plusieurs stages, dont un à CHINON chez un « grand » viticulteur-négociant et un au Château DOISY-DAËNE à SAUTERNES, vont compléter cette formation et conforter Gérard dans sa destination.

 

Maintenant, il faut trouver un domaine car mon vigneron en herbe veut exploiter lui-même !

Le papa a quelques moyens pour soutenir le projet et nous partons en chasse ! Il jette son dévolu sur le Val de Loire : JASNIÈRES, COTEAUX DU LOIR, CHINON, VOUVRAY… on ne trouve pas ce qui convient, malgré un (presque) aboutissement sur CHINON.

 

Je retourne à  mon ouvrage et pendant quelques mois, le projet me semble en sourdine ! C’est sans compter sur la ténacité de mes amis. Gérard reprend le notariat. Je me dis que mes prédictions étaient bonnes et que cette  transition était irréalisable.

 

ERREUR !

 

Études de notariat terminées, Gérard prend une étude (de notaire cette fois) associé  à un confrère. Et comme nous sommes devenus amis et toujours en contact, j’accompagne à distance les projets et j’apprends que l’idée de travailler la vigne et faire vin est toujours présente, mais que cette fois elle a migré ! – on n’arrête pas Gérard comme cela ou, la passion plus forte que les réalités - de la possibilité de planter de la vigne en Normandie  s’est faite jour et de bibliothèques en archives départementales, mon vigneron découvre qu’il y a eu autrefois (en 1762 selon la carte de Cassini) de la vigne sur un coteau d’une petite commune du Calvados, proche de l’étude notariale de SAINT PIERRE sur DIVES ( et de CAEN !!), à GRISY, sur la commune de VENDEUVRE, sur un coteau bien exposé et dont le lieu-dit porte le nom de « Le Soleil ». Ce coteau a toutes les qualités : il est sur substratum calcaire, les sols sont argilo calcaires, en pente, bien exposés à l’est, bien drainés, sur le même étage géologique qu’un cru bourguignon réputé, proche du lieu de stage de mon vigneron et que donc, c’est là que je vais planter ma vigne.

Le parcours du combattant commence !  IMG-grisy.jpg

Et Jules est appelé  à la rescousse, comment planter de la vigne ici ? C’est impossible…. Les droits de plantation sont réservés aux vignerons installés dans des régions viticoles établies et dont l’économie est florissante. La CEE distribue des deniers pour éliminer dans certaines régions des surfaces plantées, afin d’adapter l’offre à la demande…. Etc, …etc.

 

Une voie n’a pas été explorée dit-on, celle de l’expérimentation. Après tout, l’ONIVINS a mis en place dans d’autres régions de France des expérimentations sur des territoires autrefois en vigne, Pourquoi pas en Normandie ?

Un dossier est constitué et en 1995, Gérard se voit octroyer 50,00 ares de droits. Il les plante avec 4 cépages : Muller-Thurgau, Pinot gris, Auxerrois et Melon, + quelques pieds de Pinot noir (pour voir).  La vigne pousse bien, apporte des raisins qui murissent bien, même en année difficile et l’aventure de la vinification commence.

 

Mais Gérard est exigeant ! Il veut devenir vigneron et 50 ares ne suffisent ni à faire des cuvées, ni à rentabiliser un minimum d’équipements. Alors, l’expérimentation validée par l’ONIVINS, suivie, est concluante. Il demande donc de nouveaux droits pour étendre son domaine ; la parcelle sélectionnée a une superficie totale de près de 5 hectares plantables. Il formule donc une demande nouvelle de droits et obtient, non sans mal, mais après études et enquêtes,  successivement plusieurs autorisations,  2 hectares en 2004, puis 2 en 2009-2010, pour arriver aux  5 hectares actuels.  

BILD1997BILD1994.jpgLe vignoble se compose toujours des 4 cépages du départ auxquels ont été ajoutés un peu de Chardonnay, Sauvignon, Pinot noir. Le Muller-Thurgau et le Melon ont été maintenus dans leur surface initiale, cependant que le Pinot gris et l’Auxerrois ont été développés. La culture est raisonnée et  les méthodes utilisées sont toutes soucieuses de la protection de la biodiversité. Mais pour être persuadé de tout cela, il vaut mieux se rendre sur le site : www.arpents-du-soleil.com et se rendre directement à GRISY. L’homme et le paysage valent le détour. »

 

Jules Tourmeau

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 00:09

Buoux-021.JPGCe matin je vais vous entretenir d’un beau vin blanc du Sud et de l’art d’être grand-père, pas sûr que j’en sois un très bon mais là n’est pas la question. Sur le plateau des Claparèdes, au lieu-dit Salen, à Buoux, dans les taillis de chênes verts s’élèvent d’étranges érections de pierres blanches. Qu’est-ce donc ? Le hobby d’un homme, enseignant, donc homme de tête se rêvant bâtisseur, qui les a façonné de ses mains. Rien n’est plus fascinant que la beauté d’un geste sans autre utilité que celle de son accomplissement.  

 

Quel rapport avec l’art d’être grand-père me direz-vous ?  

 

Réponse : « l’allée des gâteaux »   

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Suivez-moi ! Le sentier zigzague sous les ramures d’un taillis ouvert et bas, ça et là, des tas éboulés de pierres blanches, vestiges de constructions humaines ou d’accumulations de ce qui a du être extrait des champs pour les rendre cultivables. Labeur énorme que ce charroi incessant. Partout les murets portent témoignage d’un temps où chacun ici assurait sa subsistance en tirant d’une terre pauvre des céréales et de quoi nourrir quelques animaux domestiques. La nature a repris ses droits diront certains qui seront sans doute les premiers à déplorer l’exode des paysans vers des lieux plus cléments. 

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Le premier gâteau de pierres est une merveille de légèreté, d’élégance, de sérénité, avec planté au centre, la signature, la patte de l’architecte, une pyramide gracile. Viennent ensuite deux œuvres monumentales, le gâteau d’anniversaire de Luca, grand gâteau de Savoie encerclé de petits chênes qui filtrent le jour et le birthday cake de Paul, lui aussi cerné de chênes, mais plus exposé à l’ardeur du soleil qui jette sur ses flancs blancs une lumière crue. Le gâteau suivant est austère, lunaire, plus tourné vers l’introspection, la recherche d’une pure simplicité. C’est celui de Flora. Le dernier, tel un pot renversé à l’image de ce que les enfants font moulé dans leur petit seau avec le sable de la plage, est la torta de cumpleaños de Violaine. Ce qui m’a fasciné c’est que sur son flanc, une niche à la bonne hauteur n’attendait que ma belle bouteille de Grande Toque vienne y trouver sa place. 

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Buoux-028.JPGBuoux-032.JPG

Même si vous allez me taxer d’orgueil : dites-moi, où trouverez-vous ailleurs qu’ici, dans la modeste crèmerie du taulier, un tel parcours initiatique permettant de déposer dans un bel écrin de pierres sèches, au cœur d’une nature sauvage, une belle bouteille symbole de la capacité de femmes et d’hommes de donner des lettres de noblesse à un terroir plein de promesses. Le Luberon, cher à Jean Lacouture dans les ocres de Roussillon, aux peuplades nordiques qui ont investi ses villages, tels Peter Mayle à Menherbes, ou les parigots pas encore bobos tel Wolinski à Gordes, ou encore le grand John Malkovitch, aussi snob qu’il fut devenu (le Luberon bien sûr, paas John!) n’a pas placé sur sa lancée les vins du Luberon sur une trajectoire de notoriété. Pour ce faire, en dépit de belles réussites individuelles, tels mes chouchous du château de La Canorgue il a fallu que le gros chat se réveille : Marrenon in Luberon. 

Buoux-033.JPGQu’on ne me taxe pas ici de favoritisme parce que j’applaudis le travail accompli par le Piton du Luberon et son équipe conduite d’une main experte par Philippe. Pensez-donc : une Union de coopératives, l’abomination de la désolation pour le petit monde vibrionnant et inconséquent des goûteurs de little wine fait à la main, au piquet, même pas question d’en parler. Sauf qu’en bas ça travaille ! Que le collectif n’est pas synonyme de médiocrité, de négligence et de vin fait à la va que je me pousse. Ils ont des valeurs les gens de Marrenon, sans beaucoup de bruit médiatique ils construisent pierre par pierre leur maison, un peu à l’image du grand-père avec ses gâteaux. Beaucoup de militants du terroir microscopique oublient trop souvent que la diversité qu’ils prônent passe aussi par celle des modèles économiques. Contradiction entre leur discours très communautaire et leur recherche exclusive d’une singularité individuelle. Dresser des barrières, exclure, débouche sur l’incapacité à vaincre le conservatisme. 

Buoux-017.JPG Il n’y a aucune contradiction à conjuguer le cousu-main d’un vigneron porté sur le pavois avec celui mené avec le même soin à l’intérieur d’une maison telle celle de Marrenon in Luberon. Ainsi la Grande Toque m’apparaît comme issu de ce souci de proposer aux consommateurs, non pourvus de toutes les références des amateurs des vins authentiques, un vin bien accroché à son terroir originel. C’est du Vermentino majoritaire (70%) en assemblage avec du Grenache blanc qui le démarque de ses voisins rhodaniens ou provençaux. Vignobles d’altitude, 300 à 400 mètres récoltés dans la fraîcheur des nuits des monts du Luberon entre le début et la fin de septembre en fonction de leur situation et des cépages. Robe jaune paille, bel éclat et nez de flore méditerranéenne, intense. De la fraîcheur, de la vivacité, une belle longueur en bouche et une finale qui donne envie de marée. Au marché de l’Isle s/la Sorgue j’ai acheté un beau filet de Baccalhau salée : 24 heures au bain avec 4 changements d’eau, cuisson al dente, pommes de terre bouillies, petite sauce échalotes revenues dans un soupçon de Grande Toque, beurre salé, et le tour est joué. Plat simple, vin de belle tenue : 4,30 € le flacon. Pourquoi se priver de petits bonheurs en ces temps d’anxiété ?  

 

Donc sur www.marrenon.com y’a du bon, allez-y faire un tour du côté de la Tour d’Aigues et pour les membres de l’ABV qui le souhaiteraient, même si je ne me prénomme pas Nathalie, je pourrai vous servir de guide pour vous faire découvrir l’allée des gâteaux.

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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 11:17

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Les souhaits d’une bonne et excellente année 2012 sur mes lignes vont de soi, c’est notre intérêt bien compris : nous espérons, vous et moi, être au rendez-vous du dernier des 366 jours qu’elle va nous offrir.

 

Temps de crise, ou plus exactement, temps d’un violent ajustement entre des pays qui émergent et ceux qui se croyaient, ou se voulaient, les gestionnaires du monde. Délocalisation, financiarisation, quasi-faillite d’Etats souverains, conflits larvés, radicalisation des extrêmes, alors que la paix s’est installée depuis plus de 60 ans sur notre vieux Continent des menaces, des peurs, des angoisses d’une autre nature s’y installent et nous inquiètent. Face à elles nous nous sentons désarmés, impuissants et ceux qui nous gouvernent nous apparaissent de plus en plus comme des capitaines sans boussole qui « naviguent » à vue au gré des vents ou des courants contraires. Certes il n’est pas facile de gouverner, de passer du discours plein de promesses aux actes, de « parler vrai », d’agir juste et de redonner à notre vieux pays et à ses citoyens de l’élan. Pas simple aussi pour nous de comprendre, de choisir, mais reste que dans notre quotidien, pour certains de nos choix, nous pouvons encore faire bouger des lignes, agir…

 

Ce petit espace de liberté, qui n’est qu’une minuscule fenêtre sur le monde, le nôtre bien sûr : celui du vin, mais aussi bien au-delà : celui de nos voisins, de nos clients proches ou lointains, celui de ceux avec qui nous travaillons, de ceux avec qui nous partageons joies et peines. Cette communauté de destin qui nous permet de vivre ensemble. Mes chroniques se veulent un lien entre un monde de plus en plus urbanisé et un autre : celui des paysans, des vignerons, des ruraux, celui de tous ceux qui produisent et vivent sur nos territoires. Alors, par un petit clin d’œil à propos d’un thème, mis en avant par ceux qui se présenteront à nos suffrages, rappeler qu’au temps des 30 Glorieuses les décideurs affirmaient qu’« il ne fallait pas désespérer Billancourt… », alors maintenant puisqu’il n’y a plus de Billancourt reste pour nous à ne pas gaspiller nos plus beaux atouts : le vin, les femmes et les hommes qui le font et le vendent en sont un et il est majeur…

 

Bonne année à tous…

 

Jacques Berthomeau

 

« Il y a deux sortes de prévisionnistes : ceux qui ne savent pas et ceux qui ne savent pas qu’ils ne savent pas. »

John Kenneth Galbraith

 

La terre française doit être mise en valeur par un tracteur français. 

 

 Les tracteurs sont américains et d’invention récente, puisque le premier, de marque Burger, semble dater de 1889. En France, des constructeurs automobiles comme Renault essayèrent après la Première Guerre mondiale d’adapter la technologie des chars d’assaut à chenilles aux engins agricoles : ce fut le « char agricole », sorti en 1918.

 

L’affiche est d’Éric de Coulon, vers 1925

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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