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Lundi 3 novembre 2014 1 03 /11 /Nov /2014 00:09

Les vieux manuels scolaires, ceux que je n’ai pas connus malgré mon âge canonique, ne rataient jamais une occasion de proposer une morale même à propos d’une simple récitation.


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« L’enseigne du Cabaret » de Lachambeaudie qui reprend à son compte  l’histoire du barbier malicieux qui avait inscrit sur son enseigne : demain on rase pour rien… gratis donc, se voit adjoindre une MORALE :


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« Bien des gens font ainsi de belles promesses qu’ils ne tiennent jamais. C’est pour demain qu’ils promettent ; et beaucoup de lendemains passent ainsi, jusqu’à ce qu’on leur dise : Nous vous connaissons, vous ne nous y prendrez plus… »


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Les lendemains qui chantent et les belles promesses : un grand classique que le petit père Queuille, Henri Queuille né en Corrèze, engagé dans le Parti radical socialiste faisait figure de «rouge» pour ses détracteurs, élu maire de Neuvic en 1912, conseiller général du canton de Neuvic en 1913 et député de la circonscription d'Ussel en 1914, plusieurs fois ministre sous la Troisième République, notamment à l'agriculture, il fut trois fois président du Conseil sous la Quatrième République, avait coutume d’illustrer par « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. » Venant d’un vrai professionnel  de la politique cette petite phrase, fruit d’une expérience riche, n’a guère eu d’effet sur l’électeur de notre beau pays immobile qui préfère défiler dans la rue sous des banderoles.


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En effet, comme chacun le sait « Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. » ou « Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. » 


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 2 novembre 2014 7 02 /11 /Nov /2014 07:00

Le ciel de Paris n’affichait que du gris. Campant dans ma chambre je nageais en plein coaltar. Envie de rien, sauf de me tirer. Ne plus penser, arrêter de ruiner le peu d’énergie qui me restait. Au dehors de mon lieu de réclusion, en présence de mes deux anges gardiens, Claire et Émilie, j’affichais un moral à toute épreuve, leur donnant le change du vieux baroudeur qui en a vu d’autres. Ce qu’elles ignoraient c’est que pour la première fois de ma vie j’étais touché au cœur, profondément et ça ne cicatrisait pas. Pourtant elles me chouchoutaient mais, dès qu’elles avaient le dos tourné, je replongeais dans mon avachissement, seule thérapie apte à m’enfoncer plus encore la tête dans le sable. Incapable de me plonger dans une lecture suivie j’allumais mon écran et je surfais sur la Toile, lisant tout et n’importe quoi à m’en saouler, à être hébété. La cote d’alerte me semblait proche mais je m’en foutais complètement. Et puis mardi matin je tombais sur une ancienne interview de Jean-Louis Pierrot, un mec qui avait travaillé avec Bashung sur l’album culte Fantaisie militaire. Il y racontait : « On se marrait ! Alain non plus n’allait pas bien. Il était en plein divorce. Les histoires d’avocats, tout ça, il n’en pouvait plus. Alcoolique abstinent jusque-là, il s’était remis à picoler. Mais quand on était ensemble – et on était tous les jours ensemble – on s’éclatait à écouter de la musique, à en faire et à parler de tout ça pendant des heures avec Alain. Moi ça me donnait envie de me lever le matin. C’est pour ça que j’ai un peu de mal à écouter cet album… J’adore l’album, je peux écouter trois titres, comme ça, avec plaisir, mais du début à la fin ça me plonge dans un état trop bizarre. Qui n’est donc pas lié à la musique, mais au fait que pour moi ce disque est clairement une madeleine de Proust. Le moindre titre, la moindre note, quand on l’a enregistré, comment on l’a enregistré, j’en ai un souvenir très précis. »


Choc ! Révélation ! Cet album sommeillait dans mes affaires, chez moi, mais je n’allais pas débarquer, après des mois d’absence, en disant « ce n’est que moi, bonjour les enfants, je viens seulement récupérer  Fantaisie militaire ». Jasmine, leur mère, que je tenais au courant de mes errements, n’aurait guère goûté la plaisanterie. Nos conventions de séparation ne contenaient pas la possibilité de ce type d’intrusion, je ne devais plus remettre les pieds à la maison, les enfants je les voyais toujours au dehors. En deux temps trois mouvements je me reloquais puis j’enfourchais mon vélo pour filer direct chez mon marchand de vinyle rue Saint-Denis en pensant « il faudra que je dise aux filles qu’il faudra que nous recevions mes enfants à goûter un jour où ils n’auront pas école ». Claire ferait des gâteaux, Émilie leur raconterait des histoires et moi je me contenterais de penser  « je suis un vieux père indigne ». Cette perspective comme l’air frais me redonnaient un regain de moral. Arrivé chez O’CD rue Pierre Lescot j’achetais l’album, revenais ventre à terre, croisait Émilie qui partait à ses jardins urbains : mon cœur battait la chamade, je ne renoncerais jamais à elle. Mes explications confuses la faisaient rire.  Nous nous claquions des bises, je la regardais s’éloigner de son pas aérien. Le soleil pointait timidement son nez, j’ouvrais en grand la fenêtre de ma chambre avant de déposer religieusement la galette noire sur le plateau de mon petit bijou de tourne-disques anglais. Immersion.


« J'ai longé ton corps /Épousé ses méandres /Je me suis emporté /TransportéJ'ai tout essayé /J'ai tout essayé… »


Tout était dit.


 

Aucun express ne m'emmènera/Vers la félicité /Aucun tacot n'y accostera /Aucun Concorde n'aura ton envergure /Aucun navire n'y va /Sinon toi


Aucun trolley ne me tiendra /Si haut perché /Aucun vapeur ne me fera fondre /Des escalators au chariot ailé /J'ai tout essayé /J'ai tout essayé


J'ai longé ton corps /Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté


Par-delà les abysses /Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes / J'ai pris la contre-allée /Je me suis emporté /Transporté


Aucun landau ne me laissera /Bouche bée/Aucun Walhalla ne vaut le détour/Aucun astronef ne s'y attarde /Aucun navire n'y va /Sinon toi


J'ai longé ton corps/Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté /Par-delà les abysses /Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes/J'ai pris la contre-allée /Je me suis emporté /Transporté


Aucun express ne m'emmènera / Vers la félicité /Aucun tacot n'y accostera /Aucun Concorde n'aura ton envergure /Aucun navire n'y va/Aucun


J'ai longé ton corps /Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté


Par-delà les abysses /Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes / J'ai pris la contre-allée /Je me suis emporté /Transporté


On sonnait. Je descendais. C’était ce gros con libidineux de Poirot qui, avec sa vue basse cerclée de verres rond de bouteille, me tendait sa grosse main aux doigts boudinés que j’ignorais. « Accouches ! 


-         Le Catalan veut te voir ce soir…


-         Où ça ducon ?


-         Dans ta crèche de la Mouzaïa


-         C’est quoi ce plan foireux ?


-         Le sien, il dînera léger.


-         Seul ou avec d’autres ?


-         Tu verras bien.


-         C’est pour la bouffe gros sac !


-         T’es toujours aussi aimable…


-         Et pour cause fouille-merde !


-         Vous serez en tête à tête…


-         Et la meute se fera discrète j’espère je n’ai pas envie de me faire remarquer…


-         On sait faire…


-         Il vaut mieux entendre ça qu’être sourd mais comme je n’ai pas le choix dis-moi l’heure et débarrasse le plancher !


-         Je ne sais pas. Tiens-toi prêt…


-         Dis à tes maîtres que moi je ne serai pas seul je ne sors jamais sans mes anges-gardiens…


-         Pas sûr que ça plaise ?


-         M’en fiche !


-         Tu as vraiment le melon mec !


-         Ça m’aide à supporter des fiottes dans ton genre.


Je suis allé acheter des légumes, des fruits et des soles de ligne chez Terroir d’Origine rue du Nil. Cuisine vapeur avec un verre de vin nature ça devrait lui aller. Ensuite je me suis atteler à la note que j’allais lui remettre : objet Juppé valeur refuge de la gauche…


« Oubliez tout ce que j’ai déjà fait et essayez de me trahir ». Alain Bashung en exergue…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 2 novembre 2014 7 02 /11 /Nov /2014 00:09

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Le texte qui suit me touche au cœur car il est le miroir qui me renvoie les images de ma jeunesse lorsque le dimanche j’accompagnais mon père, entrepreneur de travaux agricoles et de battages, dans les petites borderies de mon bocage vendéen crotté et arriéré pour voir ses clients.


Pour bien comprendre le texte d’Aurélien Bellanger tiré de son livre paru chez Gallimard « L’Aménagement du Territoire » vous trouverez toutes les explications à la suite du texte ci-dessous :


 aménagement

 

« André Taulpin (2) se souvenait avec nostalgie des travaux de l’autoroute. Il avait fallu combattre, comme au temps des guerres chouannes, pour chaque parcelle de terre, il avait fallu aller négocier, pendant des heures, avec de vieux garçons irascibles qui défendaient leurs exploitations minuscules, retranchés dans la pièce unique des fermes où ils étaient nés, comme leur père et leur grand-père avant eu. André Taulpin leur avait souvent rendu visite avec des enveloppes  d’argent liquide, pour les indemniser de la perte d’un poulailler, d’une dépendance en ruine ou d’une prairie caillouteuse.


Ils parlaient un mélange de français et de patois difficilement compréhensible. Un chien enchaîné gardait généralement la ferme, défrichant depuis des années le même cercle de terre. Ils l’appelaient « Monsieur le sénateur » et le recevaient avec certains égards. Il y avait une gazinière et un  frigo, mais ni le téléphone ni la télévision. Le sol était en terre battue. On lui offrait un verre de gnôle ou de cidre, puis la conversation commençait, difficile et tortueuse, mais au final assez plaisante. Cela lui avait rappelé son enfance : la manière dont on attribuait aux hommes le titre de « gars » – « le gars Bertrand », « le gars Jean » – et aux femmes le titre de « mère », la  façon de ponctuer toutes les phases des « heula » longs et idiosyncrasiques, le respect instinctif pour les autorités politiques lointaines, doublé de méfiance et de crainte – dialectique assez semblable à celle qu’on retrouvait chez les animaux  d’élevage – la certitude au fond qu’à Paris tout le monde se trompait, mais que ceux qui exerçaient le pouvoir méritaient leur place – on était encore dans une société d’ordre, plutôt que dans une société  de classes.


Il avait fallu tout négocier, mètre après mètre, dans les endroits les plus reculés du monde – les fermes, qui se partageaient souvent une voie d’accès unique, étaient représentées, sur les panneaux blancs qui signalaient leur présence aux intersections, par des graphes simplifiés qui se terminaient en cul-de-sac. La route, dont la partie centrale se recouvrait progressivement d’herbe, finissait soudain dans une cour de ferme. On entrait alors dans le domaine dangereux de la propriété privée.


Les armes de chasse étaient nombreuses, chargées et accessibles.


La gendarmerie elle-même abordait certaines affaires de mort accidentelle avec une grande prudence.


Mais en trente ans, Argel (3) avait perdu les neuf dixièmes de ses agriculteurs. Ceux qui restaient ne défendaient plus leur terre, mais les revenus de celle-ci »


(1) Question :Vous avez situé le roman en Mayenne, d’où est originaire votre famille. C’est selon vous une région sans particularités. Une sorte d’espace intermédiaire entre la région parisienne et la Bretagne.


 

Aurélien Bellanger : C’étaient les marches de Bretagne. C’est un territoire qu’on définit par des référents extérieurs. Il est à peu près connu par les gens qui vont en vacances en Bretagne. C’est un département qu’on traverse en 40 minutes par l’autoroute, mais où on s’arrête rarement. En géographie, on appelle ça une interface. Un coin qui a perdu tout intérêt géostratégique. J’y allais en vacances. Un côté de ma famille travaillait dans le négoce en grain, l’autre était exploitant agricole. J’assistais aux récoltes, je jouais dans le blé, les silos. Le marché du blé n’a aucun secret pour moi.


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(2)  Question : Au centre du livre, il y a ce grand groupe industriel de BTP, le groupe Taulpin, fondé par André Taulpin. On ne dévoile rien, mais vous en faites une entité inquiétante.


 

Aurélien Bellanger : C’est assez fascinant de penser que de tels géants sont l’émanation d’une personne. La simple idée de posséder personnellement une telle entreprise est vertigineuse. Prenez une holding : qu’est-ce que ça veut dire, de posséder 51% d’une entité qui possède 51% d’une autre entité? Et d’en conclure qu’on a des droits sur l’existence de cette dernière entité?


 

Les entreprises sont des objets romanesques intéressants, ni vraiment concrets, ni vraiment immatériels. Beaucoup de romans parlent d’amour, c’est-à-dire d’un objet relationnel un peu vague et indistinct qui lie deux, parfois trois personnes. Une multinationale, c’est la même chose, mais avec 50.000 personnes.


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Pour Taulpin, je me suis un peu inspiré de Francis Bouygues. J’ai piqué à Bouygues l’idée d’une sorte de franc-maçonnerie interne au groupe. J’ai repris le siège, ce palais totalement immonde et délirant à Guyancourt, qui ressemble à un vaisseau spatial avec des ailes en verre. J’ai même découvert après avoir terminé le livre que Bouygues avait eu des liens avec Jacques Foccart, comme mon personnage, ce que j’ignorais en écrivant le livre.


 

(3) Aurélien Bellanger :Depuis une dizaine d’années, il était question que la LGV passe dans mon village, et il y avait une chance sur deux qu’elle traverse le champ de mes grands-parents. Par la force des choses, j’ai suivi de près les débats et l’avancée des travaux. Par ailleurs, je voulais depuis longtemps écrire un roman géographique. Cette histoire permettait de parler des grands projets industriel, du territoire français.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 1 novembre 2014 6 01 /11 /Nov /2014 08:00

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On l’appelle aussi « la fleur des veuves », le chrysanthème est la fleur reine de la Toussaint. Des millions de pots vont, cette année encore, être vendus pour fleurir les tombes. Cette fleur originaire du Japon. Le chrysanthème est depuis la fin de la Première Guerre mondiale la fleur qui orne les tombes, c'est à cause de son fleurissement tardif et à sa résistance aux gels modérés.


La Toussaint pour les producteurs de chrysanthèmes c’est l’équivalent du 1er mai pour les producteurs de muguet. Il leur faut être prêt à l’heure dite, les plantes en pots sont produites au cours de l'été. Cette année, les fleurs sont arrivées un peu en avance, et ont dû faire face aux caprices de la météo, mais la saison s'annonce même plutôt bonne pour les producteurs.


Dans le Médoc les fleuristes assurent un service complet qui va de la livraison sur les tombes. « Pour Véronique, pas besoin de GPS, elle sait où se trouvent les tombes qu'elle nettoie et fleurit plusieurs fois dans l'année pour des fêtes ponctuelles, comme La Fête des mères ou des grands-mères. »


Il est intéressant de constater que cette fleur est un symbole positif au Japon et même aux États-Unis et en Australie, où elle symbolise la fête des mères, est liée à la mort en Europe. En Autriche et en Belgique, par exemple, cette fleur n’est pratiquement utilisée que dans les cimetières.


Le chrysanthème est, pour les Japonais, une fleur sacrée qui, en géomancie, est source de rires et de joie. Être décoré de l'Ordre du Chrysanthème au Japon est le plus grand honneur qui soit.


Les espèces annuelles viennent du Bassin méditerranéen, elles poussent dans les champs et dans les friches en sol sec. Les formes vivaces herbacées sont originaires des régions arctiques, du nord et du centre de la Russie, de Chine et du Japon. Il y a tellement de variétés de chrysanthèmes de nos jours qu’un système de classification basée sur la floraison a été mis en place pour les identifier. On en fait aussi des bonsaïs.


Cette fleur fut introduite en occident en 1753 par Linnaeus, un botaniste suédois qui combina les mots grecs chrystos signifiant or et anthemon, fleur. Mais il faut garder à l’esprit que les chrysanthèmes que nous connaissons actuellement ressemblent peu à l’espèce d’origine qu’on retrouve à l’état sauvage qui ressemble à une marguerite (qui est de la même famille ). De nombreux hybrides ont été créés en Angleterre, France, Japon et Etats Unis.

 

 

Lire la suite ICI link

 

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Samedi 1 novembre 2014 6 01 /11 /Nov /2014 00:09

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Les Gagnon sont légions au Québec…


Il y a Pierre  « Je viens d’adopter un vieux... Pierre Gagnon de la Belle Province l’a fait sur de belles lignes... »link


Il y a Marc-André « Critique ou promotion du vin : lettre du cousin Gagnon de la Belle Province « Honte à la presse du vin de France » link qui colle bien à l’actualité de l’affaire Pontet-Canet.


Et puis, il y a Gagnon sans prénom rayée du monde par un vote


Imaginez dans notre vieux pays un gros bourg de 4000 habitants effacé physiquement, rayé de la carte de France ! La tête de Pousson 


« Ville fauchée en pleine jeunesse. La fin de Gagnon est surréaliste : la ville a été purement et simplement rayée de la carte du monde par un vote, celui de l’assemblée nationale du Québec, en octobre 1984 ! Quelques mois plus tard, bulldozers et pelleteuses n’ont laissé derrière eux qu’une vaste étendue de terre retournée et deux routes dont le croisement marque l’ancien centre de la bourgade. »


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C’est écrit dans « l’Atlas des cités perdues » d’Aude de Tocqueville chez Artaud.


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Un très beau et précieux livre.


« La ville doit son nom à Onésime Gagnon, un ancien lieutenant-gouverneur de la province de Québec qui, entre autres portefeuilles ministériels, avait détenu celui des Mines. Et c’est tout naturellement que son nom est donné à celle qui naît en 1957 de la découverte de gisements de minerai de fer près des lacs Jeannine et Barbel, dans la région québécoise de la Côte-Nord. En 1960, la commune est officiellement créée. Moderne et bien équipée, elle plaît aux habitants – des Québécois « de souche », mais aussi  des émigrants originaires du Portugal ou d’Italie – malgré ses conditions climatiques difficiles et son relatif isolement. La ville n’est accessible que par avion ou chemin de fer en attendant l’aménagement d’une route reliant à Baie-Corneau qui ne sera ouverte qu’en 1897, soit… Moins de trois ans après la disparition officielle de Gagnon… »


Plus de mines, plus de ville « il ne reste plus rien des habitations, typiques de l’architecture des années 1960, à l’exception d’émouvants témoignages laissés par quelques visiteurs nostalgiques : ainsi un panneau à l’encre bleue déjà délavée où il est écrit « Durant vingt belles années nous avons habité dans cette ville. Jamais au grand jamais nous ne t’oublierons ville de Gagnon, ville de notre jeunesse et de nos rêves ensevelis. »


Une petite annonce Anciens résidents de la ville de Gagnon recherchés link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 31 octobre 2014 5 31 /10 /Oct /2014 00:09

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Certains clients d’un établissement du Triangle d’Or, au dessert, lui demandaient si elle était « incluse dans la carte » une cheffe de rang expérimentée de 28 ans, licenciée abusivement, son employeur sera condamné pour le préjudice lié au harcèlement sexuel, coucher avec elle pour enterrer sa vie de fille avant son mariage, « avec ta grosse poitrine, ton copain doit se régaler », après 8 ans de procédure. L’employeur ne fera pas appel.


S, pâtissière, 23 ans, chaque jour son chef, à la mise en place fait le tour de la brigade « distribuant conseils, compliments ou reproches. Il aimait aussi corriger la tenue, celle de S notamment. Renouer lui-même un tablier enserrant la taille, vérifier un boutonnage, parfois un soi-disant faux-pli. Inutile de résister, de se récrier sous peine d’être rétrogradée, disgraciée, chassée. Jour après jour, affirmant son pouvoir sur sa jeune recrue, le mentor se fait bourreau. Gestes déplacés, mots exagérés… »


Et après, silence, solitude, voire le dédain… Se confier pour se voir conseiller de se taire… « En parler au chef star ? La tête dans les étoiles, loin des casseroles, il préfère répondre aux interviews, de signer de son nom des produits dérivés plutôt que des plats » Faut pas l’embêter avec ce genre de broutilles.


Ces témoignages sont dans un article de Frédéric Brun « arrière-cuisine Droit de cuissage » dans le dernier n° de 180°C.


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« Une enquête de l’IFOP réalisée en janvier 2014 pour le compte du Défenseur des droits a mesuré que, si 1 femme active sur 5 a dû faire face en France, au cours de sa vie professionnelle à une situation de harcèlement sexuel, seulement 5% des cas ont été portés à la connaissance de la justice. Les victimes sont le plus souvent des femmes, jeunes célibataires dans une situation précaire ou cadres et professions libérales exerçant dans des structures de taille réduite et, en particulier dans des environnements professionnels majoritairement composés d’hommes… 

 

Toute ressemblance avec l’univers de la cuisine ne serait donc pas tout à fait fortuite… »


À lire donc dans ce numéro


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 30 octobre 2014 4 30 /10 /Oct /2014 00:09

Dimanche dernier à l’Écume des Pages cherchant sur le présentoir gastronomie le dernier opus de Jean-Claude Ribaut, « Voyage d’un gourmet à Paris » et ne le trouvant pas, je me suis adressé à l’un des libraires pour vérifier s’il était en stock. Là, face à l’écran, je me suis emmêlé les pinceaux dans l’orthographe de Ribaut en lui collant un d.


Erreur gravissime puisque ribaud avec un d c’est un débauché alors que Jean-Claude Ribaut avec un t c’est un fin lettré qui jusqu’à très récemment exerçait ses talents comme chroniqueur des plaisirs de la table au journal le Monde. 


Du 8 octobre 1993 au 17 novembre 2012, il rendit une chronique hebdomadaire, consacrée à la table et au vin, illustrée par  Desclozeaux.


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Avec l’aide de 3 libraires de l’Écume des Pages nous avons enfin découvert le livre de Jean-Claude Ribaut, posé sur le flanc, coincé entre deux gros machins, sur la table des guides de Paris. Comme quoi un titre peut « enduire » en erreur les meilleurs libraires.


Le livre a donc rejoint mon cabas.

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Je connais Jean-Claude Ribaut, érudit, curieux, gourmand, dilettante, féru de politique, l’homme manie la plume avec élégance, sait attiser la curiosité de ses lecteurs par ses références culturelles, littéraires, historiques, sociales. C’est un excellent conteur doté d’un beau coup de fourchette et d’une bonne approche du vin ; qualité rare chez beaucoup de chroniqueur gastronomique contemporain.


« Jean-Claude Ribaut, on le connaît de longue main: c’est cet architecte dévoyé en gourmandise par la magie d’une série de jolis repas chez le maître Jacques Manière au Pactole puis au Dodin-Bouffant. » écrit Gilles Pudlowski.


Avec une pointe de perfidie qu’il nie celui-ci note que le nouveau livre de Jean-Claude Ribaut « somme de ses balades savoureuses dans Paris » fait songer à la manière de Robert Courtine alias la Reynière, qu’il ne cite pourtant pas dans sa bibliographie.


Toujours bon camarade de table Pudlowski poursuit « mêlant, d’agréable façon, balade géographique, randonnée culturelle et guide non-dit. Il y a là le souci de tout raconter, de n’oublier personne, de louanger Ducasse, Rostang, Dutournier ou Savoy avec science, de rendre hommage à Raquel Carena au Baratin de la rue Jouye Rouve (manque le trait d’union Pudlo) sans omettre Yannick Alléno et son « Terroir Parisien », dont Ribaut fut le transcripteur précis et fin. Féru de gourmandise autant que de culture éclectique, JCR puise aux meilleures sources d’un genre usité depuis Grimod ou Curnonsky. Il cite Proust, Fargue, narre la saga des bistrots comme celle des maisons de plaisir, évoque les vogues nouvelles moléculaires, sent, avec précision, revenir le balancier de la tradition. Autant dire que rien ne lui échappe. » 


Bel entre soi très parisien, un tout petit monde qui tire sans doute à sa fin, raison de plus pour suivre JCR dans son périple parisien, « dans le café de la jeunesse perdue » roman de Modiano « Des deux entrées du café, elle empruntait toujours la plus étroite, celle qu’on appelait la porte de l’ombre. Elle choisissait la même table au fond de la petite salle. Les premiers temps, elle ne parlait à personne, puis elle a fait connaissance avec les habitués du Condé dont la plupart avaient notre âge, je dirais entre dix-neuf et vingt-cinq ans. Elle s’asseyait parfois à leurs tables, mais le plus souvent, elle était fidèle à  sa place, tout au fond… »


Le livre de Jean-Claude Ribaut c’est une trace… le témoignage d’un temps passé… un part de notre mémoire… ce Paris méconnu ou oublié… une bouffée d’une vraie vie de quartier… des figures… un terreau sur lequel s’épanouissent aujourd’hui une floppée de jeunes cuisiniers qui revisitent le bien manger, celui  de nos mères et de leurs bons produits… loin des chichis pour nouveaux enrichis.


N’ayant pas l’âme d’un dégustateur, je ne suis guère porté sur les étoilés et leur paraître, je préfère les bonnes tables où j’atteins une belle et saine satiété et où l’on me sert des vins qui respectent la nature à des prix raisonnables. Je préfère m’encanailler et c’est pour cela que je vous ai choisi « le cas de l’Assiette, chez Lulu, rue du Château, créé par Lucette Rousseau dans les années 80 »


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Je le fais car c’est chez moi dans mon XIVe à portée de mon petit vélo et parce que sa « célébrité immédiate de cette table tenait à sa clientèle, recrutée parmi les proches de François Mitterrand qui venaient s’encanailler dans ce quartier excentré. »


De Christophe Barbier dans « Les derniers jours de François Mitterrand » « Il avait lu un jour  dans l’Express « c’est un restaurant où va Pierre Bergé ». Il m’a donc apostrophé : « Vous ne m’y avez jamais emmené ! » Et je lui ai promis de le faire : «  La patronne vous plaira, c’est une ancienne communiste ; » Il a beaucoup aimé, au point de me dire à de nombreuses reprises, dans d’autres restaurants : »C’est moins bon que chez Lulu »


JCR poursuit « Tous n’étaient peut-être pas des gourmets mais ils venaient d’abord chez Lulu pour la qualité d’un travail artisanal appliqué au choix des meilleurs produits : « Respect du produit, respect, respect ! » disait-elle volontiers. Et surtout pas – ou très peu – de mise en place, tout était préparé et envoyé à la commande. Son second s’occupait du froid ; elle réalisait avec brio tous les plats chauds. C’était là le secret de l’exceptionnelle qualité de son magret fumé maison, tranché à l’instant, d’un fricot de girolles de Sologne sautées à feu vif, d’un brillant merlan de ligne poêlé, d’un petit salé de canard poché à la poitevine. Promue au firmament de la gauche cassoulet, Lulu a connu ensuite les vicissitudes de la cohabitation, puis la désaffection du Tout-Paris mitterrandien. Nous eûmes droit également à Lulu sur Canal Plus : piment d’Espelette et béret basque vissé sur la tête pour vanter les plats de là-bas. Lulu était intarissable. Parfois elle engueulait ses clients. Au début de l’hiver, son grand plaisir était de juxtaposer les derniers cèpes avec les premières truffes de l’année. Tout cela avait un prix : « Il y a des gens qui disent que je vends cher et ça m’emmerde parce qu’ils ne savent pas faire la différence, c’est tout ».


Depuis 2008, David Rathgeber, a succédé à Lulu et selon JCR « le destin de cette maison est assuré. »

L’Assiette

181, rue du Château

75014 Paris

01 43 22 64 86

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 29 octobre 2014 3 29 /10 /Oct /2014 08:43

Moi aussi je proteste en tant que chroniqueur :


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-        Contre l’emploi du mot acescence plutôt que vin piqué qui me rappelle le goût de celui  de mon pépé Louis pur noah...


Acescence : défaut d’un vin caractérisé par un taux trop élevé d’acétate d’éthyle. Cet ester se forme sous l’action des bactéries acétiques qui dégradent l’alcool (éthanol) contenu dans un vin. Communément, on parle alors de vin « piqué », c'est-à-dire d’un vin qui se transforme en vinaigre (chimiquement l’acide acétique). Une teneur anormalement élevée de cet acide acétique, que l’on détecte aisément au plan aromatique sous sa forme évaporée (acidité volatile), rend le vin impropre à sa commercialisation et à sa consommation.


-        Contre le fait d’avoir boudé l’excellente tourte sucrée aux blettes de la maman de Jane link Si vous souhaitez comme moi l’extension du domaine du vin il faut que vous leviez le nez de votre verre. D’ailleurs cette chronique vantait l’excellent rosé le Sot de l’ange issu du cépage grolleau.


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-        Contre préventivement votre désintérêt de ma chronique du jour vantant les terroirs bretons.


Alors pour lutter contre l’inculture, celle de la non-lecture de livres, de roman, je cite Aurélien Bellanger auteur de « l'Aménagement du territoire », un roman sur cette belle invention qu'est la France que je lis en ce moment :


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Question : Vous montrez que la Bretagne est un casse-tête historique et politique.


Aurélien Bellanger « C’est très mystérieux, la Bretagne. La réussite de De Gaulle, c’est d’avoir sorti la Bretagne de la misère. Dans le livre, je cite Debré qui dit à De Gaulle: «Si vous rattachez la Loire-Atlantique à la Bretagne, vous faites un crime.» Paul Delouvrier, le père des villes nouvelles, voulait s’occuper de la Bretagne. Mais Debré avait refusé. La Bretagne est française depuis 500 ans, personne ne prend l’hypothèse de l’indépendance au sérieux, mais ça reste un dossier sensible. Il n’y a qu’à voir l’embarras pendant la réforme des régions.

 

J’aime bien l’idée que, de Colbert à Jean-Marc Ayrault, il y une vieille tradition d’Etat selon laquelle on ne touche pas à la Bretagne. Comme si c’était une question qui concernait la nature même de la France. Les militants bretons se fondent sur des vieux textes de loi, d’avant la Révolution. Quand j’ai vu les Bonnets rouges, je me suis fait la réflexion que cette union entre les petits patrons et ouvriers, on la comprend difficilement ailleurs. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 29 octobre 2014 3 29 /10 /Oct /2014 00:09

La mélopée de Bagdad Café reste gravée dans toutes les têtes de ceux qui ont vu ce film Out of Rosenheim de Percy Adlon sorti en 1987.


Pour autant je ne me permettrai pas ici d’évoquer, à propos du Breizh Café, une chanson dont on ne connait que le refrain où, chapeaux ronds riment avec bretons, car les couplets sont très paillards du genre Quand il passe un "aéroplane", Tous les hommes lèvent les yeux, Quand il passe une jolie femme, Tous les hommes lèvent la queue...


La Bretagne est belle, tout le monde en convient, mais dès qu’on évoque le terroir breton un ange passe car l’image qui colle aux produits de l’agriculture bretonne est celle d’un productivisme débridé : vaches, cochons, couvées embastillés et, du côté de la gastronomie, hormis les produits de la mer, la galette de sarrasin arrosée d’une bolée de cidre tient lieu de haute-cuisine.


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Et c’est là que Bertrand Larcher prend tout le monde à contre-pied avec son Breizh Café.link


« Pour comprendre Breizh Café, il faut d’abord connaître mes origines. Né dans une ferme bretonne, près de Fougères, je suis issu d’une famille modeste qui a toujours su vivre en autosuffisance : mes parents cultivaient leur jardin potager, élevaient leurs cochons, leurs vaches, leurs poules et quelques chèvres. Dès l’enfance, j’ai été nourri aux produits sains et frais de ma région, ce qui m’a rendu non seulement exigeant sur la qualité des produits mais aussi respectueux des hommes et des femmes qui les réalisent. Très tôt, j’ai eu la conviction que leur travail était pour nous une leçon d’humilité, car sans eux, il ne saurait y avoir de cuisine exceptionnelle… »


Tout pareil pour moi : la meilleure école du goût est tout entière dans ce qu’écrit Bertrand Larcher, le jardin de pépé Louis, ses vaches, le cochon, les poules de mémé Marie, les talents de cuisinière de maman. J’ai tout appris au Bourg-pailler dans ma Vendée crottée aussi pauvre que la Bretagne de Christian Larcher.


Notre jonction ce sont les galettes de blé noir que mémé Marie confectionnait tous les vendredis de la semaine sainte pour toute la maisonnée. Que des natures au beurre de pot (beurre salé conservé en pot de grès), sauf au dessert où nous avions droit au raisiné link que nos voisins du nord les bretons ne peuvent pas connaître vu qu’ils n’ont pas de vignes.


Oui mais ils ont du cidre ! Mon cœur d’ancien président des AOC cidricoles se réjouis de ce qu’écrit Bertrand Larcher : « Parce que je suis entre Bretagne et Normandie (Cancale) aux premières loges pour étudier et valoriser le cidre, trop souvent considéré comme une boisson de « ploc ». Au contraire, je veux lui  donner le rang qu’il mérite, et c’est la motivation première des généreuses cartes de cidres de mes restaurants : allez, goutez-moi ça ! C’est plus naturel que la majorité des vins, ça peut même vieillir en fût et en bouteille, aucun cidre ne ressemble à un autre et quel plaisir ! »


Encore un naturiste !


Lire ma chronique « Ma tarte aux pommes ne supporte que des bulles iconoclastes : Z comme Zangs ! »link


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Enfin, pour évoquer encore mes souvenirs, avec mon père qui avait des machines à battre, nous battions du blé noir avec une machine spécifique : mon Dieu quelle poussière ! Le soir nous étions noirs !


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à Paris c’est Restaurant Breizh Café

109, rue Vieille du Temple

Paris (75003)

TÉL : +33 1 42 72 13 77

MÉTRO : Filles du Calvaire, Arts et Métiers, Saint-Sébastien-Froissart

 

Un très beau livre à offrir !


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 08:36

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En France on n’a plus d’idées me dit-on mais on a beaucoup d’autorisations monsieur Tesseron.


Comme c’est pour vous une nouveauté que de revendiquer pour votre second vin hauts-de-pontet-canet la mention Vin de France créée suite à la réforme de l'OCM vin pour remplacer l’ancienne catégorie Vin de Table je me permets de porter à votre connaissance la réglementation.


En effet, votre second vin entre dans la catégorie des vins sans appellation d'origine protégée ni indication géographique protégée, dit VSIG. Pas très sexy mais l'étiquetage doit mentionner obligatoirement, la catégorie « vin » et le nom de l'Etat membre producteur : indication « vin de France », lorsque les raisins sont récoltés et transformés en vin sur le territoire national (Règlement (CE) n° 607/2009 du 14 juillet 2009, article 55).


Fort bien mais l’étiquetage de cette catégorie de vins peut être complété, depuis le 1er août 2009, par les mentions de cépage ou de millésime. L’utilisation de ces mentions est soumise à un agrément préalable de l’opérateur et à une certification des volumes commercialisés par FranceAgriMer.


Ce dispositif est encadré par le décret n° 2010-1327 du 5 novembre 2010 relatif aux modalités d'agrément des opérateurs et de certification des vins ne bénéficiant pas d’une appellation d’origine protégée ou d’une indication géographique protégée et portant une mention de cépage ou de millésime.


L’agrément de l’opérateur doit être sollicité auprès de FranceAgriMer avant toute commercialisation. Il doit être demandé par :


-         les opérateurs qui réalisent le conditionnement d’un vin. Sont concernés les opérateurs qui réalisent le conditionnement pour leur compte, les opérateurs qui font réaliser le conditionnement à façon par un tiers ;


-         les opérateurs qui réalisent la mise à la consommation sur le territoire national d'un vin non conditionné. Sont donc concernés les opérateurs type cavistes qui commercialisent directement au consommateur « à la tireuse » ;


-         les opérateurs qui réalisent l’expédition hors du territoire national    d'un vin non conditionné.


Il s'agit donc des opérateurs tels que : une cave particulière, une cave coopérative, un groupement de producteurs, un négociant vinificateur, un négociant, un détaillant type caviste.


Bref puisque vous mentionnez le millésime : 2012 sur l’étiquette de votre hauts-de-pontet-canet je vous transmets le lien link qui vous indiquera la procédure.


Voilà j’ai fait mon devoir monsieur Tesseron. Vous pouvez aussi vous rapprocher du président de l'ANIVIN : Bruno Kessler bkessler@oenovia.com


Avant d’en terminer permettez-moi aussi de vous dire qu’une bonne information vaut 100 fois mieux que de la communication.


Vous avez, en effet, pris la peine de répondre à mon mail de demande d’explication et je vous en remercie mais comme c’est un copié-collé  de ce vous aviez déjà balancé au JO de Bordeaux Sud-Ouest vous n’auriez pas du vous donner cette peine.


Cher Monsieur,

 

Merci beaucoup pour vos messages.

 

Afin de pouvoir utiliser l’Appellation d’Origine Contrôlée Pauillac, les vins doivent répondre à certains critères définis par l’Appellation.


Pour cela, le cahier des charges de l’Appellation Pauillac prévoit une dégustation obligatoire par l’ODG (Organisme de Gestion) avant la mise en bouteille.


Comme chaque année, nous y avons présenté nos vins et à notre très grand étonnement, Hauts de Pontet-Canet 2012 n’a pas obtenu l’agrément et portera donc la dénomination « Vin de France ».


De mon côté, je suis très fier de ce vin et absolument sûr de sa qualité, comme l’ont été 99.9% des négociants qui ont confirmé leurs achats primeurs en Vin de France.

 

C’est en train de devenir un vrai collector… !

 

Bien à vous,

 

Alfred Tesseron.


Enfin, par votre entremise je réponds à certains joyeux débatteurs de la LPV que  je suis le seul à avoir donné une information vérifiée il n’y a eu aucun acte de déclassement de la part de Qualisud sur Pontet Canet. Ça devrait clore toutes les gloses sur le sujet mais tel n’est pas le cas. Ainsi va la vie de la Toile chacun reste dans son petit tunnel. Le seul qui peut révéler le déroulé de toute cette affaire c’est vous monsieur Tesseron, pas moi qui ne suis pas journaliste... comme ce cher et unique César Compadre brillant lauréat de la Chambre d'Agriculture de la Gironde.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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