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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Dimanche 9 novembre 2014 7 09 /11 /Nov /2014 07:00

Maigre vapeur saisi en aller-retour à la poêle, carottes et navets de variétés oubliées rôtis à feu doux, câpres de Pantelleria, ciboule à fleurs, mince filet d’huile de cumbava, Claire au piano fut impeccable. Le catalan, un peu crispé à son arrivée, se détendit un peu lorsque je lui proposai ce dîner frugal. À table Émilie se tenait à ma droite, le premier Ministre nous faisant face. Ses sbires s’installèrent sur le canapé de l’entrée face à l’écran plat, par bonheur Canal+ diffusait un match de la Champion League. Un bref instant, Manuel et moi évoquâmes nos souvenirs de week-end de Pentecôte, chez Catherine et Jean-Paul, en Normandie. Filiation rocardienne devenue certes lointaine mais fil rouge de la fameuse ouverture du temps de la France unie de Mitterrand. Si Simone Veil avait basculé en 1988, le panorama politique aurait vraiment changé mais Antoine veillait au grain, Rocard dû se contenter de seconds couteaux à l’exception notable d’un Jean-Pierre Soisson suffisamment caméléon pour accepter l’aventure au Ministère du Travail. Le catalan m’écoutait. Émilie lui proposait une larme de chenin de Jo Pithon qu’il acceptait. Nous mangeâmes en silence sous le regard attendri de Claire qui préparait une compotée de rhubarbe vanille bourbon- riz au lait cru de vache Jersiaise.

 

La conjonction d’un excellent dîner, léger et rapide, et de mon introduction perche tendue, confortait l’animal politique, renforçait son capital de confiance en moi. Il n’avait rien à craindre, ce qui allait se dire autour de cette table nichée dans la Mouzaïa ne se retrouverait pas dans la presse ou dans un futur livre de confidences. La grande maison lui  avait tiré mon portrait, rétif mais loyal, et il savait à quoi s’en tenir. Manuel prit la peine de se lever pour aller remercier Claire. Émilie servit le café. Réendossant ses habits de Premier Ministre Manuel nous gratifia d’une analyse assez sombre de l’état  de la majorité présidentielle. « L’extrême-gauche tient le même  discours économique que l’extrême-droite, incantatoire, irresponsable, elle joue la carte du retour d’une droite dure pour faire fructifier sa pelote contestataire ; les Verts sont du purin d’orties, puant et inefficace, à évacuer à l’égout ; le temps est donc venu d’enfoncer un coin dans la brèche ouverte entre les nouveaux mollétistes du PS et la gauche réformatrice. La recomposition du paysage politique est possible. Les synthèses molles à la Hollande ont fait la preuve de leur dangerosité. Je ne suis pas un homme pressé mais déterminé. Es-tu prêt à m’aider ? » Ce tutoiement tirait un léger sourire Émilie.


Ma réponse fit ciller Manuel « Oui car j’aime Émilie… C’est une reine même si je ne suis pas son roi. Elle est mon oxygène. Tu peux compter sur moi si elle est à mes côtés. Ce sera mon dernier combat… » Un ange passa avant que je ne reprenne la parole pour exposer mon plan de bataille. Objectif : faire passer à Juppé la barre des primaires de l’UMP afin de renvoyer talonnettes agité à la géhenne.

« La frange d’électeurs de la gauche modérée qui, à la fois, éprouve une répulsion persistante et ravivée envers un Sarkozy qui n’a pas changé, mais aussi une déception profonde envers François Hollande, doit se mobiliser pour aller voter Juppé aux primaires, un chiraquien modéré qu’ils choisiraient après que Chirac lui-même eut fait le choix de Hollande, radical chiraquien de Corrèze, afin  de s’éviter un deuxième tour Le Pen-Sarkozy. Le maire de Bordeaux présente deux atouts majeurs pour toi : son âge et son alliance de fait avec Bayrou. Tu dois faire l’impasse sur la prochaine présidentielle, tout à perdre, sauf à ce que la déliquescence du PS fasse de toi le seul recours face à un désastre électoral annoncé. Reste la mobilisation, le passage à l’acte de ces électeurs qui ne sont pas des militants. Il faut partir de loin, les travailler au corps avec doigté, ne pas donner des munitions à l’homme pressé qui va tout faire pour torpiller les primaires dès qu’il  aura mis la main sur le parti. Nous risquons d’être face à la même configuration que pour le duel entre Fillon et Copé. Tous les coups, toutes les turpitudes seront permis, Sarkozy fait le pari que son écrasante élection, le mois prochain, à la tête de l’UMP, suffira à le rendre incontestable. «Ils ont intérêt à me bloquer sur la bretelle Quand je serais sur l’autoroute, personne ne pourra m’arrêter», fanfaronne-t-il devant ses lieutenants. Il va falloir jouer fin, en sous-main avec des gens sûrs et déterminés. Il hors de question de faire jouer un quelconque rôle aux semelles de crêpes de la grande maison afin de refaire le coup des Irlandais de Vincennes. Carte blanche, si ça merde c’est de ma faute, si c’est gagnant tu me donneras une médaille en chocolat avant que  je ne parte vivre en ermite à Syracuse. » Manuel affichait un sourire satisfait « Tu as carte blanche, moyens illimités et tu ne réfères qu’à moi… » J’acquiesçais, il enfilait son affreux imperméable bleu marine, enroulait son écharpe rouge autour de son cou, me saluait avant de claquer des bises à Claire et Émilie. Ce petit intermède à la Mouzaïa l’avait rasséréné.


Nous sommes allés nous coucher. J’ai lu au lit une tribune dans L'Obs. du journaliste Philippe Boulet-Gercourt répondant à Éric Zemmour qui défend Pétain pour avoir sauvé des juifs français, en racontant l'histoire de son aïeul...

 

 Comment Albert Boulet, acteur, devint juif


« A l'été 1941, écrit Philippe Boulet-Gercourt, mon grand-père a été juif pendant trois mois. Albert Boulet, que tout le monde appelait de son nom de scène, Gercourt, était acteur de profession, un second rôle qui a joué au théâtre et dans une vingtaine de films. Après la débâcle, Albert, son épouse et leur fils unique — mon père — avaient quitté Paris pour Marseille, où Gercourt avait trouvé un emploi à la radio. Les temps étaient durs, ceux qui avaient un job faisaient des envieux. Un courageux anonyme dénonça mon grand-père aux autorités de Vichy : Gercourt était juif. Un régime soucieux de sauver les juifs français jetterait une telle lettre au panier. C'est tout le contraire qui se produit ».


Comment Vichy a « sauvé » le « juif » français Albert Boulet


« Juif, Gercourt est immédiatement menacé de perdre son travail, étant soumis à la loi du 2 juin 1941 « portant statut des juifs », qui interdit à ces derniers l'accès à une multitude d'emplois publics, poursuit le journaliste. (...) Le 24 juin, il écrit au maréchal Pétain et au commissaire général aux questions juives, indiquant qu'il s'agit d'une dénonciation calomnieuse.


C'est le commissaire en personne, Xavier Valla, qui répond à la deuxième lettre, demandant à Gercourt de fournir toutes les pièces d'état-civil nécessaires « afin qu'après examen je puisse, s'il y a lieu, vous répondre que vous n'êtes pas juif ». (...) Le 10 juillet, nouvelle lettre du chef de cabinet de Valla (...). Il demande à Gercourt de lui faire parvenir « une copie de votre acte de baptême ainsi que de celui de Mme Boulet et me donner toutes les précisions nécessaires quant à la religion de vos grands-parents ». Ce n'est que le 27 août 1941, raconte Philippe Boulet-Gercourt, que son grand-père « reçoit enfin son certificat de non-appartenance à la race juive. Fin du suspense, dont mon père garde un souvenir indélébile : « Cela n'a duré que trois mois, mais on a vécu trois mois d'angoisse ». 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 9 novembre 2014 7 09 /11 /Nov /2014 00:09

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« Et si ma tante en avait ce serait mon oncle, et si mon oncle en était ce serait ma tante.  » Pierre Dac


« Et si l'administration militaire était bien faite, il n'y aurait pas de soldat inconnu.  » Louis Jouvet


« Et si tout n’était qu’illusion et que rien n’existait ? Dans ce cas, j’aurais vraiment payé mon tapis beaucoup trop cher.  » Woody Allen


Mon « et si » à moi est pure spéculation, aussi vaine qu’inutile car, comme vous le savez, Avec des si on mettrait Paris en bouteille et la bouteille ça me connaît.


Trêve de spéculation à la con, en fait je saute sur l’occasion de la récolte des noix, que l’on peut consommer fraîches, pour ressortir de derrière les fagots une bonne vieille expression : « à la noix » qui désigne une chose sans valeur ou une quantité minime.


Pas si vieille que ça pourtant l'expression puisqu’elle ne serait apparue qu'à la fin du XIXe.


« Ah ! Ne nous en faites pas un plat avec 70. Tu parles d'une guerre à la noix. Ils se battaient une journée tous les mois et ils croyaient avoir tout bouffé. » Roland Dorgelès - Les croix de bois


Afin d’éclairer votre lanterne, pas à l’huile de noix (voir plus loin), permettez-moi de distinguer entre noix et noix.

 

-         Tout d’abord en argot « Les noix » du côté masculin désignent les bonbons et pour le féminin les 2 composantes du popotin.


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-         Ensuite le veau (ne pas confondre avec Français) est plein de noix :


La noix muscle interne de la cuisse, très tendre et le grain de sa chair est très fin. La noix de veau offre de belles tranches et des escalopes à poêler.


La noix pâtissière, située sur le devant de la cuisse, est un morceau très tendre également mais ses escalopes sont plus petites que celles prises dans la noix. La noix pâtissière fut longtemps réservée aux pâtissiers qui la pilaient et en faisaient des quenelles pour leurs vol-au-vent et timbales. La noix pâtissière offre les meilleurs rôtis de veau.


La sous-noix, muscle postérieur de la cuisse qui possède un grain de chair un peu plus gros. Elle est aussi découpée en escalopes. Pour la rôtir ou la braiser, il est préférable de la faire barder.


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-         Enfin, bien sûr, il y a la noix tout court, celle de Grenoble, le premier fruit à avoir obtenu une AOC le 17 juin 1938 et reconnu AOP en 1996, et celle du Périgord, AOC depuis 2002.


Pour la première, seules 3 variétés locales sont reconnues : la franquette, la plus ancienne créée en 1784, la mayette et la parisienne, développées il y a plus d'un siècle. Son terroir : l'Isère ainsi qu'une partie de la Drôme et de la Savoie. Les zones de plantations les plus denses se trouvent dans la basse vallée du Grésivaudan en aval de Grenoble entre le Voironnais et le Royans, au pied du Vercors.


Pour la seconde, le Sarladais se spécialisait dans le cerneau avec une variété à coque tendre, la grandjean alors que le Dauphiné exportait des noix en coques. En 1950, les producteurs du Périgord se mobilisaient pour créer, suivant l'exemple grenoblois, de nouvelles noyeraies à partir de variétés traditionnelles ainsi la franquette, originaire du Dauphiné y fut introduite. Autres variétés corne et marbot. Le terroir est réparti entre la Dordogne, le Lot, la Corrèze et la Charente.


Un peu d’histoire :


« On retrouve la noix de Grenoble sur le site archéologique du lac de Paladru en Isère et la noix du Périgord dans les habitations de l'homme de Cro-Magnon et à l'époque azilienne dans un gisement de Peyrat à côté de Terrasson en Dordogne. »


Mais c’est à ce stade où l’expression « à la noix », sans valeur, est démentie par l’histoire :


En effet la valeur des noix était telle qu’au Xe siècle, « les paysans acquittaient leurs dettes en setiers de noix. En Périgord, au XIIIe siècle, les baux étaient versés en huile de noix à l'abbaye cistercienne du Dalon. L'huile de noix était considérée comme un bien aussi précieux que l'or.


L'huile de noix contribua tout d'abord à la fortune de la région. Son utilisation multiple : l’éclairage aussi bien des plus humbles masures que des plus majestueuses cathédrales. Elle faisait le bonheur des peintres ou celui des belles qui se savonnaient le corps au savon mou. En 1730, pour les trois-quarts des paysans de la France (à part au Sud-Est où poussaient des oliviers), il n'y a que le noyer qui permettait d'obtenir de l'huile et ils n'utilisaient que celle-ci pour la cuisine. «L'huile de noix donne l'apparence de bouillon à l'eau chaude qui trempe la soupe» disait-on à l'époque.


Dès le XVIIe siècle, le commerce de l'huile de noix se développe, via les villes de Bordeaux ou Grenoble, vers la Hollande, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Sur la Dordogne, le commerce est intense. Les gabariers transportent non seulement l'huile mais aussi les grumes de noyers et les noix, du port fluvial de Souillac jusqu'à Libourne, donnant ainsi son nom à l'un des quais «le port des noyers».


 

Donc, l’expression « à la noix » sans valeur, n’a rien à voir avec la valeur des noix et, selon Émile Chautard, dans « la vie étrange de l'argot », cette expression pourrait être une déformation de « alénois » qu'on trouvait dans l'expression « cresson alénois », qui désignait une variété de cresson amer et piquant employé pour relever les salades. Cette déformation aurait donné naissance à la locution « salade à la noix » ou salade très âcre, puis à la noix aurait désigné une chose mauvaise, au figuré. 


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Affaire classée, je pourrais en rester là mais, dans le cadre de ma mission culturelle, comment pourrais-je passer sous silence « le dénoisillage » près du cantou, les longues veillées passées à casser les noix et extraire le cerneau, ponctuées de chants et proverbes.


« Alors nous commencions à dénoisiller. Il y avait le « crocaïre » (le casseur). Il fallait prendre une poignée de noix, on les plaçait comme il fallait, et on frappait sans trop les écraser, pour ne pas abîmer les cerneaux. Il y avait un casseur pour 9 ou 10 dénoisilleurs. Ceux qui étaient près du casseur, nous commencions à observer, car il fallait  frapper les noix sans trop les écraser. Ce n'était pas facile. »  link


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Et puis, du côté des chineurs, des écumeurs de brocante, je ne puis passer sous silence le bois de noyer dont on faisait les buffets Louis-Philipe  ou les armoires provençales : lire dans la REVUE FORESTIÈRE FRANÇAISE de mars  1953 link

 


Enfin pour les amateurs de chiffres des chiffres :


-         Pour la noix de Grenoble link


-         La noix de Grenoble, un marché porteur link


-         Pour la noix du Périgord link


Et puis encore pour les amateurs de Vin de Noix :


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« Qui n’a pas dégusté un jour le vin de noix de tante Jeanne ou celui de mémé Catinou ? C’est par excellence l’apéritif traditionnel de campagne. Dans les régions du Sud-Ouest, on le rebaptisait même “porto”. Mais qu’il était bon ce pseudo-porto fait avec les noix du verger, le vin de la vigne – parfois de la piquette ! – et la gnôle du grand-oncle bouilleur de cru. Certes, c’était le temps où la France était paysanne et vivait beaucoup en autarcie. Mais pourquoi abandonner le meilleur de nos traditions ? Préparé dans les règles de l’art et avec des ingrédients de qualité, ce vin de noix vaudra tous les apéritifs du commerce. » link


Et puis pour finir une petite leçon de l’origine par la revendication d’appellation d’origine :


« Les noix furent toujours présentes dans le département de l'Isère mais de nombreuses épidémies de phylloxera se déroulant au cours du XVIIIe siècle permirent à ce fruit à coque de remplacer peu à peu les vergers de la région voisine de Grenoble. Ce fruit acquit vite sa renommée et à la fin de XIXe siècle, 80 % des 8 500 t produites chaque année était exporté vers les États-Unis qui représentaient le principal débouché pour la noix dauphinoise.


Au début du XXe siècle, un scandale éclata dans le milieu de la nuciculture dauphinoise. Certains négociants peu scrupuleux se permirent de mélanger des noix mal triées et originaires de l'étranger avec des noix locales afin de les exporter outre-Atlantique.


La réaction des producteurs isérois fut rapide du fait qu'ils étaient déjà organisés en groupements professionnels afin d'écarter les tentatives de dumping et tenir les cours du produit. Dès 1908, s'appuyant sur la loi du 1er août 1905 qui sanctionnait les fraudes et falsifications en matière de produits, ils créèrent à Saint-Quentin-sur-Isère un premier syndicat professionnel de défense de l’origine.


Dans les années 1920, bien que tous les nuciculteurs de la région fussent d'accord sur le fait d'obtenir une reconnaissance, de vifs débats eurent lieu pour savoir si on devait l'appeler « Noix de Grenoble » ou « Noix de Tullins ». Tullins est le centre historique de la noyeraie mais le nom de noix de Grenoble fut jugé plus vendeur pour l'étranger. De plus, à cette même époque, les élus des villes de Morette, La Rivière, Tullins et Vinay exigèrent une délimitation géographique claire de l’aire de production de la noix dauphinoise. Celle-ci fut farouchement discutée mais par décret la noix de Grenoble fut le premier fruit à avoir obtenu une AOC le 17 juin 1938. » Wikipédia


Si  vous êtes allés jusqu’au terme de cette chronique à la noix en l’ayant lue et ouvert tous les liens je vous tire mon chapeau car vraiment j’ai chargé à mort ma « coque de noix » (1)


(1) Annexe utilisée par les marins pour gagner un navire mouillé au large, actuellement employé pour désigner un petit bateau.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 8 novembre 2014 6 08 /11 /Nov /2014 00:09

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Comment peuvent-ils oser aligner de telles niaiseries me dis-je toujours ?


Oui, je n’en finis pas de m’étonner lorsque je lis la prose de certains conseilleurs en herbe qui ont encore du lait derrière les oreilles. Les voici, à peine sortis d’une vague école de commerce, au sigle en général pompeux, en anglais of course, nous abreuvant  des dites niaiseries du haut de leurs cours de marketing-packaging à peine assimilés.


Sur le site Winebusiness j’ai déniché une pépite du genre : 5 conseils pour concevoir une étiquette de vin efficace par Camille Franc datée du 4 novembre 2014.


L’entame est gentiment besogneuse :


« Si vous êtes dans l’industrie du vin depuis déjà un certain temps, il est très probable que vous ayez vu passer devant vos yeux plus d’étiquettes que de personnes ! Il est donc possible que vous ayez une idée très précise du « pourquoi » et « comment » habiller votre bouteille. Néanmoins la réalisation d’une étiquette de vin est toujours épineuse pour les viticulteurs qui ne savent pas toujours comment jouer avec les codes imposés par cette industrie traditionnelle. Il arrive également que l’importance de cette étape, essentielle et obligatoire pour la commercialisation d’un vin, effraie les moins initiés d’entre vous. Il est donc nécessaire de ne pas rendre cette tâche plus compliquée qu’elle ne l’est.

 

Vous n’avez pas besoin d’être un entrepreneur chevronné ou un designer professionnel pour réaliser l’étiquette parfaite. Il vous suffit de connaître les composants de base qui la constituent et d’avancer méthodiquement en prenant soin de transmettre au designer les informations dont il a besoin pour transcrire vos idées en un univers visuel. Voici donc quelques éléments clés qui vous permettrons d’appréhender plus sereinement cette étape. »


Vigneronnes et vignerons, les autres aussi, lisez la suite ICI link :


-         Par bonheur c’est gratuit ;


-         Les visuels d’étiquettes valent leur pesant de cacahuètes ;


-         C’est une bonne thérapie par le rire.


Pour vous inciter à lire ce morceau de bravoure je ne résiste pas au plaisir de vous offrir l'une des pépites :


« Voilà à quoi pourraient ressembler vos trois principaux arguments de vente:


« Mon mari et moi avons quitté nos emplois respectifs afin de nous lancer dans la fabrication du vin et de vivre notre passion. »


« Nous fabriquons un vin chaleureux et accessible à tous, qui puisse être apprécié autant par les débutants que les spécialistes. »


« L’exploitation de nos vignes est purement organique. »


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 7 novembre 2014 5 07 /11 /Nov /2014 00:09

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Sous la lumineuse verrière des Subsistances, en observant de mon œil acéré de journaliste d’investigation : face à moi le petit Edwy peut aller se rhabiller vite fait bien fait, la joie et la bonne humeur des visiteurs du premier salon « Sous les pavés la vigne » je repensais à l’inimitable, l’incomparable, l’inoxydable, l’indéboulonnable Norbert le Forestier avec son carillon mondialisé, ses bottes de caoutchouc non crottée, son habit de pingouin d’un kitch achevé, sa nacelle sponsorisé par l’évêché dissipant les brumes de son marais…


Je riais sous cape : VinoBusiness vous avez dit Vino gros tiroir-caisse !


Le vin est fait pour être bu et non pour être thésaurisé en des caves aux portes blindées, ignoré par des amateurs d’étiquettes, gâché et méprisé en des lieux de paraître.


Fixer de la valeur au plus près de la terre nourricière c’est magnifier ce fameux terroir, insuffler de la vie, redonner du sens à la vie, reconnaître l’intelligence de ce que fait la main. Foin des polémiques stériles, loin des chroniques fumeuses d’anciennes gloires sur le reculoir, des lazzis des bien-assis, de la cohorte de ceux qui ne comprennent rien au film, des arcqueboutés sur leurs certitudes je me souvenais de ce Vin de France espace de liberté couché dans notre petit rapport stratégique : les défis des vins français…


Avoir une vision ce n’est pas être visionnaire mais simplement ouvrir les yeux sur les évolutions, même celles qui déplaisent, et tenter de mettre les tendances en perspective. Les comprendre en les analysant, les intégrer à sa réflexion, s’en nourrir pour prendre ses décisions.


La diversité est aussi une richesse dans l’univers économique, vouloir la réduire, la détruire, revient à s’amputer, à rejoindre la masse uniformisée laminée par la toute-puissance de la GD.


Ces hautes pensées défilaient dans ma tête embrumée alors que j’étais le préposé au gardiennage du stand d’un certain Dominique Derain, vigneron bourguignon de son état, parti courir la peurtantaine.


C’est alors qu’une fulgurance jaillit du dit esprit soudain éveillé : femmes je vous aime !


Une forme de Pentecôte païenne sorte de bras de d’honneur aux esprits chagrins qui ne peuvent pas souffrir les naturistes…


Ma réponse pleine de grâce et de beauté les laissera sans doute pantois : un peu de douceur dans ce monde de brutes ne saurait nuire ni à la santé, ni à l’extension du domaine du vin…


Femmes je vous aime Sophie Bauchet& Severine Dubois vigneronnes


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Femmes je vous aime Cristelle Champier vigneronne Raphaël Champier Wines 


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Femmes je vous aime Emeline Calvez vigneronne domaine Bobinet


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Femmes je vous aime la comtesse aux pieds nus dans ses vignes Catherine Leconte des Floris


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Femmes je vous aime Julie Brosselin vigneronne le Petit Domaine

 

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Femmes je vous aime Gentiane Large David Large


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Femmes je vous aime Ingrid Boucher Clos des Moures


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Claire Deville aimante 2 beaux vignerons Frédéric Palacios et Ludovic Engelvin


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Femmes je vous aime Valérie Frison vigneronne Champagne Val Frison


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Isabelle et Catherine duo de charme vu par moi 


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Vu par Isabelle


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Dominique&Claire l'osmose


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En bonus 

Dalya rue 89 Lyon et Mathieu Rostaing le Café Sillon


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Hichem salon des Débouchées


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Pause ou pose selffie


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Apéro post salon Rue89 Lyon ! à En Mets Fais ce qu'il te Plaît.


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 6 novembre 2014 4 06 /11 /Nov /2014 00:09

C’est la grande Catherine, dont le Conte est un Comte sans P, maniant avec finesse un langage fleuri, qui a le mieux résumé ce que fut ce premier salon de Rue 89 « Sous les pavés la vigne » aux Subsistances de Lyon :


«Un salon ou tu bosses et tu te marres avec de bons amis ... Parfait !»


Même Dieu fut avec Antonin, il avait rangé pour 2 jours le temps de Toussaint dans les stocks militaires des Subsistances, que du beau ! Pour preuve, à peine nos naturistes pliaient-ils leurs gaules que le ciel se déchaînait sur la capitale des Gaules.


Face à une telle conjonction de dons de Dieu sur un lieu où, Sépharique d'Honoraty (avec Leconte des Floris ça fait une belle paire) lança un « que le Bon Dieu nous patafiole si nous n'y arrivons point ! » je fus touché par la grâce divine et décidai de troquer ma livrée de chauffeur de limousine pour une tenue plus décontractée de photoreporter.


Pendant 2 jours j’ai donc shooté nos belles et beaux naturistes…


L’ensemble de cet exceptionnel reportage unique en son genre (si je ne me décerne pas des compliments ce ne sont pas mes chers collègues qui le feront) a été publié sur mon mur de Face de Bouc.


Comme je suis bon et généreux pour l’assistance publique, comme le disait Francis Blanche, je vous transcris le fil dans sa chronologie avec les titres d’origine...


Quel bel homme ! Dominique Derain


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Quels beaux hommes : Denny Baldin et Antonin Iommi-Amunategui


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Deux beaux barristas Emmanuel et Hugues

 

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Beau Marchais Xavier et Beau Bureau Damien


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Le bel Olivier Techer


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Beau Corse Sebastien Poly & beau Jean-Philippe Bouchet clos des Moures


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Le grand Gerard Marula


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Le grand Large bonnet rouge David Large


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Le beau Bruno d'Isabelle Perraud


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Pierre-Nicolas Massotte top pas vrai papa Pierre Massotte

 

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Raphaël Dubois le beau cévenol


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Le grand Jean-Pierre Rietsch mon chouchou


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Le discret Raphaël Champier et son beau jolais


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Palacios Frédéric Engelvin Ludovic Xavier domaine Ledoga1 beau trio vigneron


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Accords fromages-café Claire Deville et Emmanuel Buschiazzo


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Lilian Bauchet de face et de dos du vin et des vaches


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Téo a validé la cuvée Téo ! Ouf! On a eu chaud ! 

avec Isabelle Perraud : la photo est de la maman de Téo

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Petit dîner intime de vignerons Les Subsistances - LYON.


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à demain si vous le voulez bien pour la suite de ce splendide reportage...


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 5 novembre 2014 3 05 /11 /Nov /2014 00:09

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Samedi dernier jour de Toussaint, dans notre carrosse post-moderne chaussé Michelin, nous partîmes joyeux pour des terres lointaines, le soleil brillait, les filles chantaient lorsque nous sautâmes la barrière du périphérique à la Porte d’Italie.


Belle jeunesse !


Votre serviteur « chauffait » les chevaux-vapeurs de ses mains expertes, traduction : conduisait une Clio flambant neuve de chez Renault, engraissant de ce fait les pétroliers et les sociétés d’autoroutes.


Bien sûr les railleurs me traiteront de pollueur mais peu me chaut j’ai tellement de kilomètres au compteur de mon vélo !


Sans peur et sans reproche, sans soufre aussi, fiers et déterminés nous filions plein de foi et d’enthousiasme faire pèlerinage aux Subsistances où une cohorte de naturistes allait exposer au bon peuple buveur de Lyon les vertus des vins nus.


Alléluia !


Arrivé à bon port après avoir longé les quais de Saône nous nous posâmes comme par l’opération du Saint-Esprit face à la cave « Le vin des Vivants »link


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Dans la douceur d’une Toussaint au balcon des adeptes de la confrérie y communiaient déjà sous les deux espèces.


La cérémonie dura jusqu’au petit jour pendant que votre serviteur-chauffeur dormait comme un loir à l’hôtel saint-Vincent bien évidemment.


De bon matin, avec Antonin, délaissant notre char polluant nous nous rendîmes pédestrement jusqu’aux Subsistances.


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Qu’allions-nous faire, en ce dimanche des morts, en ce lieu qui fut à l’origine un couvent de Visitandines, en 1640 ?


Non pas célébrer la mère supérieure Sépharique d'Honoraty qui aurait déclaré, faisant référence aux difficultés financières que subissaient les sœurs dès le début du XVIIIe siècle : « Pour rédimer nos dépenses, nous nous passerons d'architecte. Je ferai les plans moi-même, et que le Bon Dieu nous patafiole si nous n'y arrivons point ! »


J’adore !


Ce pourrait-être  la devise d’Antonin qui, avec peu de moyens, organise des salons de vins qui valent bien mieux que ceux de la décatie permanentée et des duettistes du Carrousel du Louvre.


Fort du succès des 2 éditions de « Sous les pavés la vigne » à la Bellevilloise, Antonin jouait la carte de la décentralisation en organisant un salon à Lyon où est implanté un site indépendant, avec une équipe de trois personnes qui sont actionnaires majoritaires de cette micro-entreprise. Il s'agit en quelques sortes d'une " franchise " de Rue89.

 

 

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Mais tout ça ne nous donne pas la clé de l’origine du lieu où Antonin et rue 89 ont planté leur tente : Les Subsistances ?


J’en conviens mais qu’est-ce donc que ces subsistances ?

 

Mon explication : 


R comme Rue 89 mais aussi R comme Robespierre


Discours de Robespierre sur les subsistances, 2 décembre 1792, à la Convention


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« Parler aux représentants du peuple des moyens de pourvoir à sa subsistance, ce n’est pas seulement leur parler du plus sacré de leurs devoirs, mais du plus précieux de leurs intérêts. Car, sans doute, ils se confondent avec lui.


Ce n’est pas la cause seule des citoyens indigents que je veux plaider, mais celle des propriétaires et commerçants eux-mêmes.


Je me bornerai à rappeler des principes évidents, mais qui semblent oubliés. Je n’indiquerai que des mesures simples qui ont déjà été proposées, car il s’agit moins de créer de brillantes théories que de revenir aux premières notions du bon sens.

 

Dans tout pays où la nature fournit avec prodigalité aux besoins des hommes, la disette ne peut être imputée qu’aux vices de l’administration ou des lois elles-mêmes ; les mauvaises lois et la mauvaise administration ont leur source dans les faux principes et dans les mauvaises mœurs.


C’est un fait généralement reconnu que le sol de la France produit beaucoup au-delà de ce qui est nécessaire pour nourrir ses habitants, et que la disette actuelle est une disette factice. La conséquence de ce fait et du principe que j’ai posé peut être fâcheuse, mais ce n’est pas le moment de nous flatter. »


À lire : un débat sur la politique économique à mener en matière de subsistances qui s’était développé depuis la Révolution du 10 août 1792, qui avait renversé la Constitution de 1791 et avec elle sa politique de liberté du commerce accompagnée de son moyen d’application, la loi martiale, pour faire taire les opposants.


À l’automne 1792, le parti des économistes soutenu par les Girondins, proposait de rétablir cette même politique à laquelle s’opposaient ceux qui défendaient une « économie politique populaire », dont Robespierre. Très actuel : un petit côté social-démocratie contre gauche de la gauche, ne croyez-vous pas ? link


Mais revenons à Lyon et à ses Subsistances :


« En 1789, le couvent Sainte-Marie des Chaînes, ainsi baptisé parce qu'en amont de la Saône, les douaniers disposaient des chaînes en travers de la rivière pour déjouer les réseaux contrebandiers qui voulaient s'introduire à Lyon par voie fluviale est déclaré propriété nationale et les nonnes en sont chassées par la Révolution en 1792. Elles le quittent définitivement.


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L’armée prend possession du site en 1807, en faisant un lieu de stockage et de campement militaire. En 1840, l’armée construit le grand carré, appelé alors la Manutention Sainte-Marie des Chaînes. Il y sera fabriqué de la farine et du pain, conditionné du café, du tabac et du vin pour les soldats casernés, et ce jusqu'en 19913.


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Une verrière métallique est construite sur la cour centrale en 1870, dans le style de l’École Eiffel. Trois moulins à blé sont bâtis, en 1853, 1870 puis 1890, ainsi qu'une boulangerie, permettant au site d'assurer une très importante fabrication de pain qui alimentera les camps militaires de la région en temps de paix et les fronts pendant les guerres.


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Ce n'est qu'en 1941 que le site, occupé par l'armée jusqu'en 1991, est rebaptisé Subsistances militaires. En 1995, l'État rend possession du site à la Ville de Lyon. » Source Wikipédia


Le décor est campé les festivités pouvaient commencer !


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Silence votre serviteur de chauffeur se muait en photoreporter !

 

Et tout a commencé par une mise en bière, normal en un tel jour ! Reportage à suivre demain sur ces lignes...


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 4 novembre 2014 2 04 /11 /Nov /2014 00:09

Vous commencez à me connaître dès que j’entre dans une librairie fétiche je suis pire qu’un épagneul breton à la chasse : je hume, je fouine, je débusque le moindre petit opuscule planqué au bas d’un rayon où s’entassent les grosses ventes. Ce n’est pas avec moi qu’Amazon fera fortune.


Donc, dimanche dernier, profitant du  soleil je suis allé, nouvellement casqué, sur ma flèche d’argent, exploré les fonds de l’Écume des pages boulevard  Saint-Germain.


Ma besace bien remplie je suis tombé sur un petit cahier violet édité par Larousse « Pourquoi place-t-on la fourchette à gauche et le couteau à droite ? »


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Importante question d’actualité car comme chacun le sait la gauche pique du pognon dans la poche des riches et la droite à toujours combattu les cocos qui avaient la fâcheuse habitude de placer leurs couteaux entre les dents.


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Je me suis qui dit que ce n’était une petite réédition que ce Précis de savoir-vivre et des bonnes manières, le genre Nadine de Rothschild pour classe populaire votant Front de Gauche.


J’ai acheté en constatant que 2 pages étaient consacrées au service du vin en pensant que ce serait bien utile aux jeunes tronches de vin comme aux vieux kroumirs humeur de vins fins.


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Lorsque j’ai feuilleté le petit opus violet j’ai constaté que les gens de Larousse avaient pour dépoussiérer conseils ajouté le sms, l’e-mail, le téléphone portable… bref, ils ont fait du neuf avec du vieux c’est très tendance.


C’est plaisamment désuet en un temps où la politesse se perd surtout sur les réseaux sociaux où la grossièreté tient le haut du pavé.


Bonne lecture, vous pouvez commenter en respectant le savoir-vivre et les bonnes manières, bien sûr…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 3 novembre 2014 1 03 /11 /Nov /2014 00:09

Les vieux manuels scolaires, ceux que je n’ai pas connus malgré mon âge canonique, ne rataient jamais une occasion de proposer une morale même à propos d’une simple récitation.


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« L’enseigne du Cabaret » de Lachambeaudie qui reprend à son compte  l’histoire du barbier malicieux qui avait inscrit sur son enseigne : demain on rase pour rien… gratis donc, se voit adjoindre une MORALE :


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« Bien des gens font ainsi de belles promesses qu’ils ne tiennent jamais. C’est pour demain qu’ils promettent ; et beaucoup de lendemains passent ainsi, jusqu’à ce qu’on leur dise : Nous vous connaissons, vous ne nous y prendrez plus… »


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Les lendemains qui chantent et les belles promesses : un grand classique que le petit père Queuille, Henri Queuille né en Corrèze, engagé dans le Parti radical socialiste faisait figure de «rouge» pour ses détracteurs, élu maire de Neuvic en 1912, conseiller général du canton de Neuvic en 1913 et député de la circonscription d'Ussel en 1914, plusieurs fois ministre sous la Troisième République, notamment à l'agriculture, il fut trois fois président du Conseil sous la Quatrième République, avait coutume d’illustrer par « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. » Venant d’un vrai professionnel  de la politique cette petite phrase, fruit d’une expérience riche, n’a guère eu d’effet sur l’électeur de notre beau pays immobile qui préfère défiler dans la rue sous des banderoles.


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En effet, comme chacun le sait « Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. » ou « Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. » 


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 2 novembre 2014 7 02 /11 /Nov /2014 07:00

Le ciel de Paris n’affichait que du gris. Campant dans ma chambre je nageais en plein coaltar. Envie de rien, sauf de me tirer. Ne plus penser, arrêter de ruiner le peu d’énergie qui me restait. Au dehors de mon lieu de réclusion, en présence de mes deux anges gardiens, Claire et Émilie, j’affichais un moral à toute épreuve, leur donnant le change du vieux baroudeur qui en a vu d’autres. Ce qu’elles ignoraient c’est que pour la première fois de ma vie j’étais touché au cœur, profondément et ça ne cicatrisait pas. Pourtant elles me chouchoutaient mais, dès qu’elles avaient le dos tourné, je replongeais dans mon avachissement, seule thérapie apte à m’enfoncer plus encore la tête dans le sable. Incapable de me plonger dans une lecture suivie j’allumais mon écran et je surfais sur la Toile, lisant tout et n’importe quoi à m’en saouler, à être hébété. La cote d’alerte me semblait proche mais je m’en foutais complètement. Et puis mardi matin je tombais sur une ancienne interview de Jean-Louis Pierrot, un mec qui avait travaillé avec Bashung sur l’album culte Fantaisie militaire. Il y racontait : « On se marrait ! Alain non plus n’allait pas bien. Il était en plein divorce. Les histoires d’avocats, tout ça, il n’en pouvait plus. Alcoolique abstinent jusque-là, il s’était remis à picoler. Mais quand on était ensemble – et on était tous les jours ensemble – on s’éclatait à écouter de la musique, à en faire et à parler de tout ça pendant des heures avec Alain. Moi ça me donnait envie de me lever le matin. C’est pour ça que j’ai un peu de mal à écouter cet album… J’adore l’album, je peux écouter trois titres, comme ça, avec plaisir, mais du début à la fin ça me plonge dans un état trop bizarre. Qui n’est donc pas lié à la musique, mais au fait que pour moi ce disque est clairement une madeleine de Proust. Le moindre titre, la moindre note, quand on l’a enregistré, comment on l’a enregistré, j’en ai un souvenir très précis. »


Choc ! Révélation ! Cet album sommeillait dans mes affaires, chez moi, mais je n’allais pas débarquer, après des mois d’absence, en disant « ce n’est que moi, bonjour les enfants, je viens seulement récupérer  Fantaisie militaire ». Jasmine, leur mère, que je tenais au courant de mes errements, n’aurait guère goûté la plaisanterie. Nos conventions de séparation ne contenaient pas la possibilité de ce type d’intrusion, je ne devais plus remettre les pieds à la maison, les enfants je les voyais toujours au dehors. En deux temps trois mouvements je me reloquais puis j’enfourchais mon vélo pour filer direct chez mon marchand de vinyle rue Saint-Denis en pensant « il faudra que je dise aux filles qu’il faudra que nous recevions mes enfants à goûter un jour où ils n’auront pas école ». Claire ferait des gâteaux, Émilie leur raconterait des histoires et moi je me contenterais de penser  « je suis un vieux père indigne ». Cette perspective comme l’air frais me redonnaient un regain de moral. Arrivé chez O’CD rue Pierre Lescot j’achetais l’album, revenais ventre à terre, croisait Émilie qui partait à ses jardins urbains : mon cœur battait la chamade, je ne renoncerais jamais à elle. Mes explications confuses la faisaient rire.  Nous nous claquions des bises, je la regardais s’éloigner de son pas aérien. Le soleil pointait timidement son nez, j’ouvrais en grand la fenêtre de ma chambre avant de déposer religieusement la galette noire sur le plateau de mon petit bijou de tourne-disques anglais. Immersion.


« J'ai longé ton corps /Épousé ses méandres /Je me suis emporté /TransportéJ'ai tout essayé /J'ai tout essayé… »


Tout était dit.


 

Aucun express ne m'emmènera/Vers la félicité /Aucun tacot n'y accostera /Aucun Concorde n'aura ton envergure /Aucun navire n'y va /Sinon toi


Aucun trolley ne me tiendra /Si haut perché /Aucun vapeur ne me fera fondre /Des escalators au chariot ailé /J'ai tout essayé /J'ai tout essayé


J'ai longé ton corps /Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté


Par-delà les abysses /Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes / J'ai pris la contre-allée /Je me suis emporté /Transporté


Aucun landau ne me laissera /Bouche bée/Aucun Walhalla ne vaut le détour/Aucun astronef ne s'y attarde /Aucun navire n'y va /Sinon toi


J'ai longé ton corps/Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté /Par-delà les abysses /Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes/J'ai pris la contre-allée /Je me suis emporté /Transporté


Aucun express ne m'emmènera / Vers la félicité /Aucun tacot n'y accostera /Aucun Concorde n'aura ton envergure /Aucun navire n'y va/Aucun


J'ai longé ton corps /Épousé ses méandres /Je me suis emporté /Transporté


Par-delà les abysses /Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes / J'ai pris la contre-allée /Je me suis emporté /Transporté


On sonnait. Je descendais. C’était ce gros con libidineux de Poirot qui, avec sa vue basse cerclée de verres rond de bouteille, me tendait sa grosse main aux doigts boudinés que j’ignorais. « Accouches ! 


-         Le Catalan veut te voir ce soir…


-         Où ça ducon ?


-         Dans ta crèche de la Mouzaïa


-         C’est quoi ce plan foireux ?


-         Le sien, il dînera léger.


-         Seul ou avec d’autres ?


-         Tu verras bien.


-         C’est pour la bouffe gros sac !


-         T’es toujours aussi aimable…


-         Et pour cause fouille-merde !


-         Vous serez en tête à tête…


-         Et la meute se fera discrète j’espère je n’ai pas envie de me faire remarquer…


-         On sait faire…


-         Il vaut mieux entendre ça qu’être sourd mais comme je n’ai pas le choix dis-moi l’heure et débarrasse le plancher !


-         Je ne sais pas. Tiens-toi prêt…


-         Dis à tes maîtres que moi je ne serai pas seul je ne sors jamais sans mes anges-gardiens…


-         Pas sûr que ça plaise ?


-         M’en fiche !


-         Tu as vraiment le melon mec !


-         Ça m’aide à supporter des fiottes dans ton genre.


Je suis allé acheter des légumes, des fruits et des soles de ligne chez Terroir d’Origine rue du Nil. Cuisine vapeur avec un verre de vin nature ça devrait lui aller. Ensuite je me suis atteler à la note que j’allais lui remettre : objet Juppé valeur refuge de la gauche…


« Oubliez tout ce que j’ai déjà fait et essayez de me trahir ». Alain Bashung en exergue…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 2 novembre 2014 7 02 /11 /Nov /2014 00:09

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Le texte qui suit me touche au cœur car il est le miroir qui me renvoie les images de ma jeunesse lorsque le dimanche j’accompagnais mon père, entrepreneur de travaux agricoles et de battages, dans les petites borderies de mon bocage vendéen crotté et arriéré pour voir ses clients.


Pour bien comprendre le texte d’Aurélien Bellanger tiré de son livre paru chez Gallimard « L’Aménagement du Territoire » vous trouverez toutes les explications à la suite du texte ci-dessous :


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« André Taulpin (2) se souvenait avec nostalgie des travaux de l’autoroute. Il avait fallu combattre, comme au temps des guerres chouannes, pour chaque parcelle de terre, il avait fallu aller négocier, pendant des heures, avec de vieux garçons irascibles qui défendaient leurs exploitations minuscules, retranchés dans la pièce unique des fermes où ils étaient nés, comme leur père et leur grand-père avant eu. André Taulpin leur avait souvent rendu visite avec des enveloppes  d’argent liquide, pour les indemniser de la perte d’un poulailler, d’une dépendance en ruine ou d’une prairie caillouteuse.


Ils parlaient un mélange de français et de patois difficilement compréhensible. Un chien enchaîné gardait généralement la ferme, défrichant depuis des années le même cercle de terre. Ils l’appelaient « Monsieur le sénateur » et le recevaient avec certains égards. Il y avait une gazinière et un  frigo, mais ni le téléphone ni la télévision. Le sol était en terre battue. On lui offrait un verre de gnôle ou de cidre, puis la conversation commençait, difficile et tortueuse, mais au final assez plaisante. Cela lui avait rappelé son enfance : la manière dont on attribuait aux hommes le titre de « gars » – « le gars Bertrand », « le gars Jean » – et aux femmes le titre de « mère », la  façon de ponctuer toutes les phases des « heula » longs et idiosyncrasiques, le respect instinctif pour les autorités politiques lointaines, doublé de méfiance et de crainte – dialectique assez semblable à celle qu’on retrouvait chez les animaux  d’élevage – la certitude au fond qu’à Paris tout le monde se trompait, mais que ceux qui exerçaient le pouvoir méritaient leur place – on était encore dans une société d’ordre, plutôt que dans une société  de classes.


Il avait fallu tout négocier, mètre après mètre, dans les endroits les plus reculés du monde – les fermes, qui se partageaient souvent une voie d’accès unique, étaient représentées, sur les panneaux blancs qui signalaient leur présence aux intersections, par des graphes simplifiés qui se terminaient en cul-de-sac. La route, dont la partie centrale se recouvrait progressivement d’herbe, finissait soudain dans une cour de ferme. On entrait alors dans le domaine dangereux de la propriété privée.


Les armes de chasse étaient nombreuses, chargées et accessibles.


La gendarmerie elle-même abordait certaines affaires de mort accidentelle avec une grande prudence.


Mais en trente ans, Argel (3) avait perdu les neuf dixièmes de ses agriculteurs. Ceux qui restaient ne défendaient plus leur terre, mais les revenus de celle-ci »


(1) Question :Vous avez situé le roman en Mayenne, d’où est originaire votre famille. C’est selon vous une région sans particularités. Une sorte d’espace intermédiaire entre la région parisienne et la Bretagne.


 

Aurélien Bellanger : C’étaient les marches de Bretagne. C’est un territoire qu’on définit par des référents extérieurs. Il est à peu près connu par les gens qui vont en vacances en Bretagne. C’est un département qu’on traverse en 40 minutes par l’autoroute, mais où on s’arrête rarement. En géographie, on appelle ça une interface. Un coin qui a perdu tout intérêt géostratégique. J’y allais en vacances. Un côté de ma famille travaillait dans le négoce en grain, l’autre était exploitant agricole. J’assistais aux récoltes, je jouais dans le blé, les silos. Le marché du blé n’a aucun secret pour moi.


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(2)  Question : Au centre du livre, il y a ce grand groupe industriel de BTP, le groupe Taulpin, fondé par André Taulpin. On ne dévoile rien, mais vous en faites une entité inquiétante.


 

Aurélien Bellanger : C’est assez fascinant de penser que de tels géants sont l’émanation d’une personne. La simple idée de posséder personnellement une telle entreprise est vertigineuse. Prenez une holding : qu’est-ce que ça veut dire, de posséder 51% d’une entité qui possède 51% d’une autre entité? Et d’en conclure qu’on a des droits sur l’existence de cette dernière entité?


 

Les entreprises sont des objets romanesques intéressants, ni vraiment concrets, ni vraiment immatériels. Beaucoup de romans parlent d’amour, c’est-à-dire d’un objet relationnel un peu vague et indistinct qui lie deux, parfois trois personnes. Une multinationale, c’est la même chose, mais avec 50.000 personnes.


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Pour Taulpin, je me suis un peu inspiré de Francis Bouygues. J’ai piqué à Bouygues l’idée d’une sorte de franc-maçonnerie interne au groupe. J’ai repris le siège, ce palais totalement immonde et délirant à Guyancourt, qui ressemble à un vaisseau spatial avec des ailes en verre. J’ai même découvert après avoir terminé le livre que Bouygues avait eu des liens avec Jacques Foccart, comme mon personnage, ce que j’ignorais en écrivant le livre.


 

(3) Aurélien Bellanger :Depuis une dizaine d’années, il était question que la LGV passe dans mon village, et il y avait une chance sur deux qu’elle traverse le champ de mes grands-parents. Par la force des choses, j’ai suivi de près les débats et l’avancée des travaux. Par ailleurs, je voulais depuis longtemps écrire un roman géographique. Cette histoire permettait de parler des grands projets industriel, du territoire français.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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