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    Vin&Cie,

             l'espace de liberté

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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme à ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.   

 

 

 

 

 




 

Samedi 27 septembre 2014 6 27 /09 /Sep /2014 00:09

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Nous venons de vivre la quintessence d’un plan com. pour le retour de celui qui n’était jamais parti, « retiens-moi, sinon je fais un malheur ! » : message sur Face de Bouc, confidences au JDD puis « merci de m’avoir invité » sur France 2 avec un Delahousse tétanisée, enfin bon vieux meeting dans une banlieue huppée du nord de la France.


Vive la forme – pas le jogging du susdit – tout est dans l’enchaînement d’images formatées, d’éléments de langage accrocheurs, le fond des choses tout le monde semble s’en foutre ou presque.


Inquiétant mais bien dans la ligne de la marchandisation de l’offre politique : pour être bien vendu il faut exciter la demande, savoir renouveler sans cesse la présentation du produit pour réanimer le segment de marché. Le nouveau, le changement, la présentation : le packaging, le positionnement : rassemblement ici, sont des mots clés.


Comme l’écrit Houellebecq dans La carte et le territoire où il imagine son héros Jed Martin déambulant dans un supermarché avec lui-même Michel Houellebecq pour contempler les têtes de gondoles, les nouvelles mises en place, les ruses pour attirer le chaland « L’offre en pâtes fraîches italiennes s’était encore étoffée, rien décidément ne semblait pouvoir stopper la progression des pâtes fraîches italiennes. »


Dans notre joli monde du vin : même motif, même punition, tout ce qui est en possibilité (d’une île…), ou presque, de pondre un papier, activé par les agences de com et les attachés de presse, est sur le pont pour faire bouillir sa petite marmite.


C’est la soudaine profusion sur 1 évènement : tout le monde en parle en même temps, sur à peu près le même mode, le petit soufflé monte pour s’affaisser rapidement.


Au bénéfice de qui ce flux soudain ? Du client, le pauvre il ferait mieux de pisser dans un violon ce serait pour lui plus productif et jouissif.


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Bernard Maris, dans son petit livre ironique « Houellebecq économiste » chez Flammarion note, féroce,  « Dans le monde inversé du spectacle, le travail de tous les parasites (les gens de la com’, par exemple) se présente comme utile, alors qu’il est parfaitement parasitaire. »


Valérie, l’héroïne de Plateforme, brillante cadre sup’ de la com’, le sait « Je suis prise dans un système qui ne m’apporte plus grand-chose, et que je sais au demeurant inutile ; mais je ne vois pas comment y échapper. Il faudrait, mais je ne sais pas quand on pourra prendre le temps de réfléchir. »


Réfléchir, quel vilain gros mot et, en plus prendre le temps, quelle perte de temps !


Le plan com’, petit ou grand, c’est simple comme un petit appât lancé dans le marigot des journalistes ou, pour ce qui concerne le vin, la petite cohorte des blogueurs ou des critiques autoproclamés.


Invitation, voyage ou déjeuner de presse et c’est parti mon kiki, tous ensemble, tous ensemble, ou presque, on louange ce beau champagne chanté par un grand chef de cave d’une grande maison, cette cuvée d’exception décrite dans un beau dossier de presse sur papier glacé avec photos du maître de maison posant dans ses vignes sur fond de monts ensoleillés…


C’est beau !


J’adore !


Je jouis lorsque je vois débouler sur Twitter ce concert de louanges programmées je ris tellement la ficelle est grosse, vulgaire.


Imaginez 30 secondes l’un de ces invités pondant un papier où il estimerait que le mousseux était daubé ou que le nectar carillonné ressemblait à un sapin de Noël tellement il était chargé ?


Impossible !


Si dans ce cas on n’aime pas la seule issue est de se taire mais alors le risque est grand de voir se tarir le flux des invitations pour ceux qui ne jouent pas le jeu.


Alors c’est clair mieux vaut pour eux de prendre, gentiment souvent, leurs lecteurs pour des cons !


Attrape-nigauds moderne !


Pourquoi les en blâmer c’est la vie que nous vivons  dans une société déboussolée et comme le dit Houellebecq en 2 traits saisissants :


« Valérie : est-ce que tu crois que c’est ce qu’on appelle l’économie de l’offre ?

Michel : je n’en sais rien… […] Je n’ai jamais  rien compris à l’économie ; c’est comme un blocage. »

Plateforme

 

« Les cadres montent vers leur calvaire

Dans des ascenseurs en nickel »

Le sens du combat

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 26 septembre 2014 5 26 /09 /Sep /2014 00:09

Une de mes amies du Lapin blanc, terrier naturiste des hauts de Ménilmontant, Nathalie Panda, folle non pas du chocolat Lanvin mais tout simplement du vin, du vin du Lieu du Vin link, lors de notre dernière grande : fête l’extension du domaine de la fête, me héla alors qu’on venait de lui servir un verre de côtes de Duras :


-        Duras what else ?


-        C’est ça dis-je link


Avant d’ajouter pour faire l’intéressant :


-        Pour Duras je me dois de commencer par Marguerite – et ce n’est pas un dérapage berthomesque – puisque Marguerite Donnadieu écrivit, au château de Duras link  son premier roman « Les Impudents » link où elle exalte la beauté des paysages de son adolescence et elle devint célèbre sous le pseudonyme de Duras. Le bourg est plus modeste que celui de Bazas, 1200 habitants, mais il est le centre d’un « vignoble à portée de mains » celui des Côtes de Duras.


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Voilà c’était dit, le dernier mot revenant au grand Philippe caviste éthique mais pas vraiment étique, sur ce le petit clos des Vents 2011, Claire, un blanc link :


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« 100% sauvignon, 15 jours de macération, 1 an de cuve pour finir les fermentations, puis un an en fûts de plusieurs vins. Un nectar complexe, légèrement oxydatif, sur les agrumes. »


Mais, vous commencez à me connaître, pouvais-je en rester là avec une Nathalie Panda rassasiée par Claire ?


Bien sûr que non et, pour faire dans la culture pour plaire à Nathalie j’ai sorti mon Moderato Cantabile.


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Anne Desbaresdes femme d’un industriel mène une vie ennuyeuse qui noue une liaison amoureuse audacieuse et futile avec Chauvin employé dans l’usine de son mari.


« Anne Desbaresdes gémit. Une plainte presque silencieuse, douce, sortit de cette femme.

-        C’est curieux, je n’ai pas envie de rentrer, dit-elle.

Il prit brusquement son verre de vin, le termina d’un trait, ne répondit pas, la quitta des yeux.

-        J’ai dû trop boire, continua-t-elle, voyez-vous, c’est ça. »

 

 

« Elle ne cessa plus de regarder sa bouche seule désormais dans la lumière restante du jour.

-        De loin, enfermé comme il est, face à la mer, dans le plus beau quartier de la ville, on pourrait se tromper sur ce jardin. Au mois de juin de l’année dernière, il y aura un an dans quelques jours, vous vous teniez face à lui, sur le perron, prête à nous accueillir, nous, le personnel des Fonderies. Au-dessus de vos seins à moitié nus, il y avait une fleur blanche de magnolia. Je m’appelle Chauvin.

Elle reprit sa pose coutumière, face à lui, accoudée à la table. Son visage chavirait déjà sous l’effet du vin. »


 

« Aussitôt entrée, Anne Desbaresdes se cabra près de la porte. Chauvin se retourna vers elle, l’encouragea d’un sourire. Ils arrivèrent  à l’extrémité la moins en vue du long comptoir et elle but très vite son verre de vin comme les hommes. Le verre tremblait dans sa main.

-        Il y a maintenant sept jour, dit Chauvin.

-        Sept nuits, dit-elle comme par hasard. Comme c’est bon le vin.

-        Sept nuits, répéta Chauvin. »


« Anne Desbaresdes boit de nouveau un verre de vin tout entier les yeux mi-clos. Elle en est déjà à ne plus pouvoir faire autrement.

Elle découvre, à boire, une confirmation de ce qui fut jusque-là son désir obscur et une indigne consolation à cette découverte. »


 

« La patronne était bien à son poste, derrière sa caisse. Anne Desbaresdes parla bas.

-        La difficulté, c’est de trouver un prétexte, pour une femme, d’aller dans un café, mais je me suis dit que j’étais quand même capable d’en trouver un, par exemple un verre de vin, la soif… »


 

-       Je voudrais boire un peu  de vin, elle réclama plaintivement, comme déjà lésée. Je ne  savais pas que l’habitude  vous en venait si vite. Voilà que je l’ai presque, déjà.

Il commanda le vin. Ils le burent ensemble avec avidité, mais cette fois rien ne pressa Anne Desbaresdes de boire, que son penchant naissant pour l’ivresse de ce vin. Elle attendit un moment après avoir bu et, avec la voix douce et fautive de l’excuse, elle commença à questionner cet homme »

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Jeudi 25 septembre 2014 4 25 /09 /Sep /2014 11:15

L’effroi, égorgés ou décapités de sang-froid face au monde par des mains immondes des frères de sang, sans défense, paient, on  ne sait quel prix de leur vie.


Nous sommes touchés, horrifiés, mais au-delà des mots de compassion pour celles et ceux qui aimaient, connaissaient, appréciaient les innocentes victimes ou de révolte face à la barbarie de ces fronts bas imbéciles, seule l’intelligence du cœur constitue un rempart durable face aux obscurantistes.


Ne pas céder un pouce de terrain, ne pas dévier de notre trajectoire, marcher droit la tête dans les étoiles avec les poètes, faire front face aux faiseurs de sermons ineptes, ne rien lâcher sur le droit des femmes, sur la liberté de penser, ne rien concéder à la force brutale.


Résister !


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Le Djurdjura est d’une grande beauté, je le sais, j’ai vécu deux ans en Algérie, notre pacifique compatriote Hervé Gourdel y a été lâchement et sauvagement assassiné, les criminels ajoutant son nom à celui des journalistes américains enlevés en Syrie James Foley et Steven Sotloff et au travailleur humanitaire britannique David Haine.


Alors, pour lui, pour eux, loin des armes malheureusement nécessaires, des « on vous l’avait bien dit », ces quelques vers de Muhammad al- Nawaâjî :


« Des faiseurs de sermons épargne-moi le blâme


Fais tourner dans la nuit les coupes du moût-d’âme,

 

L’existence ne vaut que quand la pleine lune


T’arrive en pleine nuit chargée de l’astre diurne.

 

Honore son salut par ton acceptation,


Et par un sourire à son sourire réponds.


Va, verse-le-moi pur ; à la sainte eau évite


Que ton bras ne la mêle aux choses illicites,


Oublie le campement et embrasse un printemps


Qui des primes nuées est la sève,


Car la vie n’est qu’un somme, et les plaisirs du temps


Passent comme passent les rêves »

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Jeudi 25 septembre 2014 4 25 /09 /Sep /2014 00:09

J’adore les surprises et les cadeaux  qui très souvent vont ensemble.


À mon retour de Corse un colis plat, indice d’un grand livre, occupait le fond de ma boîte aux lettres. Comme j’achète mes livres en librairie je me dis c’est soit un envoi d’auteur, soit une agence de communication qui m’envoie une ode chantant les beautés d’un de ses clients.


Je dépiaute le paquet et je tombe sur le titre : Le Château de Cayx.


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Dans l’ascenseur mon petit GPS mémoriel s’agitait avant de se bloquer sur : tu as écrit une chronique sur le Château de Cayx et plus précisément sur Henri de Laborde de Monpezat, époux de la reine du Danemark et vigneron à Cahors.


Moteur de recherche du blog et la voilà la chronique du samedi 19 octobre 2013 « Rumeurs : une vigne à l’Élysée à l’image de la reine d'Angleterre qui a planté plus de 16 000 ceps en 2011 dans le parc de Windsor » link


« Votre Taulier lui préfère s’intéresser au sort d’un prince-consort, Français de surcroît, Henri de Laborde de Monpezat, époux de la reine du Danemark et vigneron à Cahors.  C’est en 1974 que le prince-consort a acheté  un vieux château du 15e siècle ainsi que 20 hectares de vignes dans sa région natale, située dans le sud de la France, le Château de Cayx.


Henri de Laborde de Monpezat connaît bien la viticulture, car son père possédait aussi un vignoble à Cahors : le Château Cayrou-Monpezat et avait fondé la coopérative locale. «J'ai suivi la viticulture avec mon père toute mon enfance. J'ai les mains paysannes ! »


La boucle était bouclée et c’est avec un grand plaisir que je remercie ceux qui ont eu la belle idée de me faire parvenir ce beau livre.


La Préface de SAR le prince consort Henryk de Danemark et 2 photos.


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Mercredi 24 septembre 2014 3 24 /09 /Sep /2014 00:09

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Confidences sur l’assiette chez Guy Savoy avec un verre garni d’un séduisant Lynch Bages 1980 entre, si je puis m’exprimer ainsi, « une revue bourgeoise, repue et bien élevée sous tous les rapports… » dotée d’abonnés genres toubibs ou notaires, qui lisaient « des articles sur les restaurants étoilés, les grands crus et les belles voitures et un mec, « gastronome approximatif qui qualifie la Vendée, dont sa femme est originaire, de « contrée sous-développée sur le plan culinaire. Ce qui est la stricte vérité.


Traduit en chair et en os c’est Elisabeth de Meurville qui en 1984, alors qu’elle publiait, dans Cuisines et Vins de France, une série d’interviews de célébrités : Michel Polac, Jack Lang, Claude Brasseur, Bernard Pivot, grâce à l’entremise du dessinateur Claude Serre, organise un déjeuner en tête à tête avec Pierre Desproges.


« À l’heure du petit café, à peine notée la recette du « pâté de sardines à la desprogienne », la journaliste que j’étais, surnageant péniblement dans le machisme ambiant qui régnait alors sur la table et à la cave plus encore qu’ailleurs, ne pouvait laisser partir cet homme qui préférait les fourneaux à l’établi et parlait de sa gourmandise avec tant de plaisir et de simplicité. Je lui proposai donc d’écrire une chronique pour notre mensuel. »


-         Pas le temps, trop de boulot…


Déception ! Mais la nuit portant souvent conseil, la pugnace Elisabeth de Meurville revient le lendemain à la charge et mets un marché en mains au Desproges :


-         Si vous acceptez cette rubrique, je vous paye en liquide… rouge ou blanc !

 

« Éclat de rire : c’était gagné ! »


L’aventure à durée à peine 1 an ça donne « Encore des nouilles »


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À consommer sans modération avec les illustrations des gus d’Hara-Kiri ... Cabu, Catherine, Charb, Luz, Riss, Tignous et Wolinski.


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Pierre Desproges ne mettait jamais d’eau dans son vin


« Comme il aimait le proclamer, «pour être gugusse, on n’en est pas moins bon vivant.» Et du goût, notre homme en avait, contrairement à d’autres : «le goût fait généralement défaut chez les masses populaires où l’on n’hésite pas à se priver de caviar pour se goinfrer de topinambours.» Ah les cuistres (de grenouilles). 

«C’est très important de bien manger. Personnellement, je me suis toujours méfié des gens qui n’aimaient pas les plaisirs de la table, expliquait-il avant d’ajouter que le manque de curiosité gastronomique et de jovialité culinaire va très souvent de pair, et pas seulement de fesses, avec un caractère grincheux, pète-sec et hargneux. » link

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Mardi 23 septembre 2014 2 23 /09 /Sep /2014 00:09

Non, non, non je n’ai pas fumé la moquette, ni copié une raffarinade pour vanner Jean-Vincent Placé qui n’apprécie qu’à moitié  celle de Nicolas Cantelouplink bien au contraire je suis ce matin d’un sérieux inhabituel en abordant l’histoire de très anciens locataires de nos terres, les vers de terre, communément dénommés en Vendée : les achées (selon Marcel Lachiver appâts pour pêcheur à la ligne).


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Mon intérêt pour les achées est ancien : voir ma chronique du vendredi 20 février 2009 « Allez les vers ou la saga des « gueules noires » de nos beaux terroirs viticoles » * link


L’ami des lombriciens est l’autodidacte Marcel Bouché. « J’aime bien son histoire à cet homme qui déclare : « pour ce qui est de la culture générale je n’ai pas dépassé le certificat d’études primaires… » Tout d’abord diplômé comme jardinier de la Ville de Paris, il entrera à l’INRA comme aide de laboratoire « l’équivalent du travail d’une femme de ménage » précise-t-il. Découvrant le monde scientifique il intégrera la Fac des Sciences en prenant des cours par correspondance pour revenir à l’INRA où on lui confiera « l’étude des vers de terre dont personne ne voulait. » En 1963, il commencera à faire l’inventaire des vers de terre : « j’ai fait une sorte de tour de France des vers de terre en parcourant le pays avec la carte Michelin et tous les 30km je faisais des prélèvements. À l’époque, nous en avions recensé 170. Aujourd’hui, on doit être à 300 espèces répertoriées en France et plusieurs milliers dans le monde… »


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Actes Sud vient de publier un superbe livre de Marcel B. Bouché « Des vers de terre et des hommes » Découvrir nos écosystèmes fonctionnant à l’énergie solaire.


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Dans sa préface, Patrick Lavelle, Pr à l’Université Pierre-et-Marie Curie (Paris-VI) pose la question essentielle : « Quelle est la vraie nature du ver de terre ? »


-         « Est-il ce héros, encensé par Aristote, Gilbert White et Darwin, qui a permis le développement de nos civilisations en construisant les sols fertiles sur lesquels elles s’appuient ?


-         Ou ce misérable animal auquel la Bible compare parfois l’homme lorsqu’il se vautre un peu trop dans ses turpitudes, et que les poètes décrivent amoureux benêt d’une étoile ?


-         Est-il cet acteur insignifiant de la vie de nos sols que les scientifiques modernes, qui ont pourtant entendu parler de Darwin, peuvent sans remords persister à ignorer dans leurs modèles de sol de « dernière génération » ? »


En quelques 300 pages « reprenant le fil admiratif des observations des glorieux anciens, Marcel Bouché s’est fait l’ami du ver de terre et nous raconte avec simplicité, précision et admiration les mille et une prouesses et inventions de cet animal, pas si misérable que cela. »


Sauve qui peut !


« Beaucoup d’autres anecdotes montrent une aptitude sophistiquée des lombriciens à échapper à des conditions climatiques critiques. Telle celle des vers de terre du Marais poitevin qui, pour se soustraire à l’ennoiement des sols lors des crues recouvrant ce marais, montent sur des arbres (des saules têtards) avec une multitude d’autres animaux, y compris leurs prédateurs (carabes, musaraignes et lézards). Telle celle des lombriciens de la vallée de l’Orénoque au Venezuela, qui se perchent également dans les arbres durant la crue du fleuve, puis se laissent tomber des arbres comme une pluie pour réincorporer le sol après l’inondation » (observation de Pierre  Aupetit et de Patrick Lavelle).


On comprend mieux l’expression en vogue à Matignon et chez Ségolène après le retrait de Cécile Duflot du gouvernement « Il pleut des Verts ! »

 

Je plaisante c’est dans ma nature mais je ne ponds pas des titres à la con* pour le seul plaisir de vous appâter. Marcel Bouché note en effet que « Les lombriciens, en creusant des galeries, évacuent une partie de leurs déjections sur le sol. À la manière des mineurs exploitants le charbon, leurs galeries nécessitent un exutoire : un terril »


Enfin, le ver de terre est aussi, à sa manière un gourmet « Les lombriciens ont, autant  que l’on sache, une perception du monde qui les entoure et une intelligence très sophistiquée de celui-ci. Darwin avait déjà noté que, avant d’enfouir leur nourriture, ces animaux choisissaient lors de la manducation (prise avec la bouche) les débris végétaux potentiellement ingérables (exclusions des débris trop gros pour être ingérés) et apparemment selon leur goût. Depuis, des essais de laboratoire ont confirmé ce choix gustatif. »

 

Un livre indispensable auquel je me réfèrerai au fur et à mesure de ma lecture...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 22 septembre 2014 1 22 /09 /Sep /2014 00:09

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Mon titre se justifie par les efforts que j’ai dû déployer pour me procurer le roman de mon cher confrère vétérinaire le breton, nul n’est parfait, Loïc Gouello.

 

Après avoir écumé les librairies d’Ajaccio, où l’on m’expliquait gentiment ce que signifiaient les pozzines en langue corse  « Les pozzines sont des pelouses épaisses, qui ressemblent à s’y méprendre à de la mousse. Leur nom vient de « pozzi » qui signifie « puit » en Corse. Elles sont en fait traversées par des ruisseaux qui les gorgent d’eau, au point que des trous d’eau finissent par se former. Au final, on a l’illusion de voir des morceaux de pelouse flotter sur une étendue d’eau. Magnifique. Elles sont bien sûr protégées par le Parc Naturel de Corse. »link


Mon antériorité corse, Loïc est un jeunot, fait que les pozzines j’en ai vu du ciel en hélicoptère et du sol « Bastelica et ses pozzines, plateau d’Ese »link


Bref, bredouille j’ai tenté la FNAC par Internet : 20 jours pour la livraison. Alors, la mort dans l’âme j’ai réactivité mon compte Amazon et j’ai été livré le lendemain de ma commande.


Comme je suis mauvaise langue, j’adore chambrer mes collègues fonctionnaires en leur disant que s’ils sont bons pour la production mais que la vente n’est pas gravée dans leur ADN, ainsi le Georges Morin qui produit un excellent Cognac et qui dort dessus.


Loïc Gouello je l’aime bien car, tout vétérinaire qu’il est déborde du moule et avec lui il est agréable d’aborder des questions qui dépassent l’habituel ronron de l’institution.


La pincée de sel et la pommade étant passées venons-en au roman !


Ça part chaud bouillant à Campo del Oro (je suis rétro) le héros est attendu par « une superbe blonde, lunettes noires, talons hauts, un petit sac à  main rouge de chez Dior… » qui l’embarque  dans une Aston-Martin décapotable « crissement de pneus, vrombissement du huit cylindres… » suivie par une Audi A4 noire avec 2 affiliés à la MSA (note personnelle) bien rembourrés, ça plairait beaucoup à Norbert le Forestier grand adorateur de 0007.


Moi lorsque j’arrivais sur le tarmac de l’aéroport d’Ajaccio c’était les gars du GIGN qui m’attendaient et nous allions jusqu’à la Préfecture dans une bagnole pourrie des RG…


Ça comme brûlant et ça finit, disons juste avant le dénouement, très hot dans le refuge des pozzines de Bastelica « … et descendis doucement la main vers sa culotte échancrée. Mes doigts s’aventurèrent sous la soie, vers ce territoire magique. Elisa vibrait de tout son corps et gémissait de félicité. Quand mon majeur caressa son clitoris et ses grandes lèvres ruisselantes, elle hurla, se cabra, et m’embrassa avec encore plus de vigueur. »


Même si ça n’entre pas dans le plan-type des rapports du CGAER y’a pas photo, des missions en Corse comme celle-là je parie sans risque de perdre ma mise qu’il y aurait un paquet de candidats de tous les corps du Ministère pour se la faire. Ça se bousculerait à la porte du refuge des pozzines de Bastelica. Je trouve que ça manque à mon expérience corse mais on ne peut pas tout avoir.


Mais revenons à la trame  du roman de notre ami Gouëllo, fort de ses 8 années passées sur l’île de Beauté. C’est bien ficelé, y’a même chez Yann l’un des héros du Gouëllo que ne désavouerait pas Berthomeau. « Notre action peut-être au début française, mais pour être efficace doit ensuite contaminer l’Europe et le Monde. Premier exemple pour lancer le débat : est-il normal que les légumes en conserve, petit pois, haricots, cornichons traversent la planète sous forme congelée, soient l’objet de spéculations dans des bourses mondiales et vous soient servies sous des marques française à votre insu ? Exigeons la provenance des matières premières et ensuite chacun se déterminera. »


Comme vous le savez je  ne consomme que des cornichons bas-bourguignons 100% bio linkce discours me va droit au cœur.


Mais je m’égare. La Corse, celle pour laquelle les pinsuttu n’entravent que dalle ! Bien sûr y’a « Pasquale (qui) dû ralentir pour laisser trottiner une laie, toute de noire vêtue. J’aperçus ses marcassins dans les phares de notre Toyota… »


Note du taulier : en Corse 3 types de voitures les grosses allemandes dont la Porsche Cayenne en vedette, la guimbarde pourrie rafistolée qui roule à donf en vous collant au cul dans les virages et le pick-up Toyota pour chasseurs et autres activités nocturnes qui dotent la Corse des seuls panneaux de signalisation en braille existant  de par le vaste monde.


« Quelques « milliers » de virages plus loin, un bovin errant fantomatique surgit du maquis à droite de ma portière, obligeant Pasquale à faire une brusque embardée pour l’éviter en frôlant le vide. »


Portait-elle la boucle d’oreille règlementaire pour toucher la prime ? Je ne sais…


Ce que je sais c’est que notre Loïc a bien traduit la société de paradoxes qu’est la Corse « qui assume ses contrastes, ses contradictions, avec ses codes sociaux particuliers, fondés sur le respect de la tradition, des anciens, l’honneur du clan. Les individus s’effacent s’ils ne sont pas chefs. En effet, à l’instar des sociétés préhistoriques c’est le rapport de force qui régit les relations. Dans la vie de tous les jours, on utilise l’intimidation, la menace, voire l’usage de la force physique. »


« Cette « raison du plus fort » a des conséquences sur toute la société corse. (…) Elle entraîne une dynamique de « non-développement », de rejet du progrès économique ou social. Elle produit de l’immobilisme en interdisant toute méritocratie. Je m’explique : les clans se sont répartis les territoires économiques, tels les BTP, routes, commerces, paillottes… Dans une région géographique le clan maîtrise l’activité et interdit  toute concurrence. Pas d’innovation, pas d’apports extérieurs, pas de volonté de s’agrandir, de rivaliser avec le voisin. Pas d’emploi dans le secteur hors du clan. Le marché local captif insulaire essentiellement touristique ainsi  que les emplois publics sont suffisants pour faire tourner toute l’économie locale, à condition de ne pas accroître le nombre de bénéficiaires sur la gâteau. Pas question de voir évoluer la Corse comme la Sardaigne ! »


Quand j’y pense la Corse possède 4 clubs de foot pro pour 306 000 habitants, deux à Ajaccio l’ACA et le GFCA et deux à Bastia le SCB et le CAB.


Lorsqu’Elisa, qui est d’origine bretonne, se désole « je ne réussis pas à faire passer deux qualités indispensables pour moi, que mes parents m’ont laissées en héritage : la curiosité et le sens de la fête. » elle parle d’or.


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Je n’en dirai pas plus et surtout je ne parlerai pas « ni du mille feuilles au brocciu et légumes confits au basilic, ni de la selle d’agneau aux parfums du maquis et sa blanquette de févettes à la pancetta, ni de la fiadone au cédrat, ni du sorbet clémentine » servis à  la Villa Corse du boulevard de Grenelle et encore moins du « Saparale blanc servi en entrée et du comte de Peraldi rouge, cuvée du cardinal pour finir. » car ce sont là des vins de la Corse du Sud alors que mon cœur est au Nord du côté de Patrimonio chez mon ami Antoine Arena et de Murielle Giudicelli entre autres.


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Lu et apprécié, ça se lit d’un trait, la fin est un peu elliptique mais compréhensible, les femmes toujours les femmes… Notre ami Loïc aime manifestement « Les jambes des femmes qui sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie » et pour moi c’est un gage supplémentaire de l’estime et de la  sympathie que je lui porte.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 21 septembre 2014 7 21 /09 /Sep /2014 07:00

Sous le soleil du matin, fin, pas encore implacable, le village semblait tout droit sorti d’un dépliant touristique, fier, minéral, nimbé de lourds secrets. Quelques chiens errants, le lot habituel des voitures chères à cette île : quelques grosses allemandes, noires, vitres teintées, des poubelles rafistolées et bien sûr des pick-up pour chasseurs adhérents à la MSA. Pas âme qui vive, du silence, des volets clos, aucun commerce, la vie de l’été, lorsqu’elle se serait retirée, ne laisserait que quelques vieux dans ces grandes bâtisses. Je n’en menais pas large, Antoine souriait. Il était ma caution, ça l’amusait beaucoup. Comme nous étions attendus nul besoin de présentations, nous nous saluâmes puis nous nous installâmes autour d’une grande table. Le café était excellent. L’entame fut directe, Antoine et le père d’Émilie, comme s’ils se connaissaient depuis toujours, devisèrent entre eux sans se soucier de moi et je dois avouer que ça m’arrangeait bien. Pour ne rien vous cacher je pensais à elle, si elle savait. J’avais demandé à sa mère de ne rien lui dire à propos de ma visite. Le temps s’égrenait, silencieux, attentif à tout sauf à ce pourquoi j’étais venu ici, je me voyais finir dans ce village mes jours, loin de tout, reclus. Je n’y serais qu’un pinsuttu exilé mais me parcheminant avec les derniers survivants d’un monde en voie d’enfouissement. « Tu t’appesantis sur toi-même mon coco, tu te la joues avec des trémolos, faut assumer tes errements, tu cours après quoi au juste ? Ta jeunesse perdue ? Pas vraiment, tu as passé ton temps à faire des nœuds pour les dénouer. Trop tard camarade, tourne la page, laisse tomber tes rêves… » C’est alors que je me suis entendu dire ce que j’étais venu entendre.Descendant de mon nuage je suis resté muet, ce qui somme toute, arrangeait tout le monde. À l’heure du déjeuner nous sommes redescendus à Bastia tous les trois.


Au restaurant j’ai fait des efforts pour me glisser dans la conversation sans toutefois aller au-delà d’une ligne que mes rêves m’empêchaient de franchir. La langouste aux linguines était exquise mais j’avais envie d’être auprès d’Émilie, de la serrer tout contre moi, de sentir sous mes doigts le grain de sa peau, de l’entendre respirer, palpiter, s’abandonner. Ses lèvres fraîches…


-         Vous dites…


Je devais avoir murmuré. Je balbutiai.


-          La langouste il faut la trancher vive et la saisir par le feu…


Antoine me congratulait : «  Tu veux te faire décerner un brevet de Corse, mon grand, alors que tu l’as déjà vu tes antécédents sur cette île… » La conversation reprenait son fil et moi je n’avais qu’une hâte, gagner Poretta pour retrouver au plus vite la Mouzaïa.  À l’aéroport j’achetais un vieux livre d’Ariane Chemin, «Fleurs et couronnes» chez Stock qui trainait en fond de rayon. Six enterrements, de Georges Marchais, le 20 novembre 1997, à Rafaël Kuderski, un SDF débarqué de Pologne à Paris, inhumé le 15 janvier 2008, en passant par Gérard Brach, Maurice Kriegel-Valrimont, Alain Robbe-Grillet et Robert Feliciaggi enterré le 13 mars 2006.


Ça m’allait bien. Je me plongeais immédiatement dans celui de Robert Feliciaggi ça m’évitait de penser au compte-rendu de mon périple que j’allais faire à Émilie.


« On s’embrasse devant l’église Saint-Pancrace. On se salue dans l’air piquant de Pila-Canale, en attendant le convoi qui monte d’Ajaccio. Au pied des micocouliers, on ressuscite le mort, le temps d’un baiser. « Robert lui aussi embrassait toujours tout le monde.


[...] Robert n’était pas un voyou comme certains sur son île, pas non plus un parrain comme le furent un ou deux de ses amis. C’était un « homme à services » - un omu a manu -, comme on dit. Faire un geste pour un « petit parent » en quête de subventions, payer de sa poche un ancien footballeur professionnel pour devenir le président du Gazélec d’Ajaccio et même donner un coup de pouce pour que la Bible soit traduite en Corse...


[...] Dans quelques minutes, l’évêque d’Ajaccio va bien résumer les choses : «  Ici, ce n’est pas un rassemblement de gens parfaits. Mais que Dieu nous pardonne nos péchés. » Et chacun avait profité de cette absolution collective pour se signer avec empressement.


[...] Pour « Robert », on est « monté » au village bien avant l’heure des obsèques, sachant que les places seraient rares. Les voitures se serrent les unes contre les autres le long de la route, garées dans le sens du départ : précaution de montagnards ou de monte-en-l’air, indispensable sur la route du Taravo.


[...] Tout ce que le département compte de notabilités s’est habillé pour l’occasion. Les commerces sont « fermés pour cause d’enterrement », et mêmes les agences bancaires observent le deuil. Les Ajacciennes ont sorti la fourrure et les belles pièces de chez Lily B., grande amie du disparu, dont la boutique, avenue du Premier-Consul, au-dessus de la place des Palmiers, est un must de la cité impériale. Devant le tabernacle de bois sculpté, elles affichent au village leurs cheveux brillants, leurs ongles vermillon et leurs parfums musqués.


Pantalons à pinces et manteaux d’alpaga, jeans repassés et parkas mi-saison, les hommes se tiennent dehors, comme au temps des maquignonnages, sans jamais franchir la porte de l’église : en Corse, le passage des âmes appartient aux femmes, de la naissance à la mort.


[...] On a tout de suite « su », pour le « pauvre Robert ». Dans la nuit, les téléphones ont sonné. « Anu tombu Robert ! » « Ils ont tué Robert ! » Le lendemain matin, tous ont vérifié dans Corse-Matin, le quotidien de l’île, qu’ « u tintu Robert » était bien mort. Chacun a échafaudé une hypothèse, mais l’a gardée pour l’oreille de son voisin. La Corse affiche plus volontiers sa dignité qu’elle ne manifeste son indignation. L’île ne connaît pas les marches blanches : devant la mala morte – la mort soudaine et violente -, elle préfère cultiver le noir et la pudeur, le sentiment du sort et sa couleur.»

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 21 septembre 2014 7 21 /09 /Sep /2014 00:09

Qui ça ?


Ne me le demandez pas je ne cracherai pas ma Valda !


Vous le savez je suis un drôle de paroissien qui a dépassé la date de péremption et n’a pas travaillé dans une usine à buvard… Je concède de discrètes poignées d’amour ce qui ne m’autorise pas à m’extasier sur ses roberts.

 

Comme je n’ai pas le talent de Lucchini mais que je ne manque pas d’air je peux me targuer de ne pas être du bois dont on fait les flûtes mais de charrier dans les bégonias sans me pignoler à 4 mains préférant avoir le cœur à la cuisine.


Bref, avec ma bite et mon couteau j’adore m’exclamer peau de balle et balai de crin  et que le diable la patafiole !


Enfin comme je n’ai pas été baptisé à l’eau de morue je puis, toute honte bue, trouver belle la saillie des Marseillais avoir un cul comme la porte d’Aix et de me souvenir d’une expression de ma jeunesse avoir un polichinelle dans le tiroir.


Je pourrais continuer mais toutes ces expressions je les ai puisées dans un petit livre vert « Expressions qui tuent » Dominique Foufelle au Chêne offert par une belle bien gaulée qui ne s’habille pas comme un arbre de Noël…


Emilie.jpg

 

J’adore !


Pour le Polichinelle qui « est une marionnette bavarde. Venue de Naples, elle y portait le nom de Pulcinella, du latin pullicenus, qui a donné poussin. D’où l’analogie avec un petit être en formation. Cependant,  l’expression avoir un polichinelle dans le tiroir (ou sous le tablier) insinue que la grossesse a devancé le passage devant M. le maire, autrement dit, que les amoureux ont fait Pâques avant les Rameaux (les rameaux se célébrant le dimanche avant Pâques).


Pour le bois dont on fait les flûtes « On disait au XVIIe siècle il est du bois dont on fait les vielles pour désigner un homme complaisant, par allusion au bois tendre choisi pour la fabrication des instruments de musique. La modification en  du bois dont on fait les flûtes apparut dans les colonnes du journal satirique Charivari en 1833, sous la Monarchie de Juillet. La formule visait un député chantant avec application les louanges du roi Louis-Philippe, un certain André Dubois. Le jeu de mots saute aux yeux. Mais pourquoi les flûtes plutôt que les vielles ? Peut-être parce que jouer ou s tirer des flûtes signifiait « s’enfuir », réaction qui ne dénote pas un grand courage.


Quand à charrier dans les bégonias, j’ai toujours eu un faible pour les bégonias « introduits en France au XVIIe siècle grâce à l’intendant de la Marine de Rochefort Michel Bégon, ils connurent un succès immédiat comme fleurs de massifs. Avant de pousser mémé dans les orties, on la poussait dans les bégonias – autre métaphore pour exagérer. »


Enfin, pour la fine bouche avoir le cœur à la cuisine « autrement dit être gourmand des plaisirs de la chair. Car le cœur représente traditionnellement le siège des émotions. »


Pour les bois sans soif :


-         Avoir travaillé dans une usine à buvard « buvard nom qui appartient à la famille du verbe « boire ». Le papier buvard présente en effet la particularité d’absorber le liquide… »


-         baptisé à l’eau de morue « décrit un individu affligé d’une soif permanente, comme s’il avait été  plongé dans de l’eau salée lors de son baptême. »


Pour les autres expressions faites-vous offrir le petit livre par une belle belle bien gaulée qui ne s’habille pas comme un arbre de Noël… C’est très agréable croyez-moi ! Que du bonheur !


* Être bien gaulée : en dépit de sa référence grivoise « l’expression évoque une silhouette harmonieuse »

 

* S’habiller comme un arbre de Noël : s’habiller « de façon clinquante, voyante et surtout en désaccord avec les circonstances. » donc tout le contraire de la belle ici mentionnée.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 20 septembre 2014 6 20 /09 /Sep /2014 00:09

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C’est quoi encore ce charabia ?


Le résultat d’une longue marche vers la vraie, l'aauthentique galantine.


Dans ma jeunesse la galantine du charcutier était la star des entrées des noces&banquets en Vendée.


Je trouvais la dénomination d’un ridicule achevé car, si j’identifiais facilement ce qu’était un galant et sa galante, je ne voyais pas le rapport avec ce gros truc noyé dans la gelée.


J’avoue que je ne me suis jamais préoccupé de savoir qu’elle était l’origine  du mot galantine car je détestais la galantine.


L’âge aidant, afin de mettre de la substance à ma détestation je viens de me décider à me plonger dans le Grand Robert qui sait tout sur tout.


« C’est un nom féminin, vers 1223 galentine, altération de galatine vers 1225, probablement emprunté au dalmate de Raguse (aujourd’hui Dubrovnik) galatina, le mot était attesté dans un texte en latin médiéval (la ville était renommée au moyen âge pour ses exportations de poissons en gelée). Le mot dérive du latin classique gelare : geler. »


Voilà pour les lettrés mais je me dois de compléter la définition pour ceux qui font profession de juges aux élégances gastronomiques. Très important, sinon je vais me prendre une avoinée sévère par le genre « enfileuse de boudins» ou par les gars qui n’aperçoivent plus leur ceinture de pantalon.


« Selon le Centre d'Information des Charcuteries-produits Traiteurs (CICT), ces charcuteries « sont fabriquées à partir d'une préparation maigre constituée de longs morceaux (appelés lèches) de volaille, de gibier, de veau, de porc ou de lapin et d'abats (foie gras, bloc de foie gras d'oie, de canard, foie,...). Ballottines et galantines se composent ainsi d'une fine farce dans laquelle se détachent des morceaux de maigre et/ou de foie (en quantité au moins égale à 35 % du produit). »


Oui j’avoue une grande exécration pour la gelée sous toutes ses formes et toutes ses utilisations, c’est jaune caladois et à l’œil ça a la gueule d’un joint en caoutchouc usagé. Je trouve ça d’un kitch achevé qui  doit plaire aussi bien aux bobos en recherche d’authenticité qu’aux ramenards que j’éviterais de nommer afin de ne pas me faire enguirlander. Quant au  reste de la préparation ça ne casse pas 3 pattes à un canard.


Je sais, je sais, la patrouille va me balancer Gilles Vérot dans les pattes mais peu me chaut.


Mais, il y a un mais de taille. En effet, dans mes recherches sur la galantine j’ai découvert la recette traditionnelle, celle qui est « préparée directement dans la carcasse d'une volaille ou d'un lapin que l'on remplit d'une farce composée de la viande et des abats coupés en dés, de lard haché, de jambon finement coupé, de champignons, oignons, ail, mie de pain, etc.


La carcasse pleine, roulée et bien serrée dans un torchon est cuite lentement dans un court-bouillon contenant des os et un pied de veau. »


Face à une telle révélation je suis tout disposé à réviser mon aversion pour la galantine enrobée de gelée. Mais qui va me préparer cette galantine traditionnelle ?


Je ne sais !


Alors, je lance un appel solennel à une belle faiseuse de bons plats charcutière de son état : « fais-moi passer sous tes fourches caudines, fais-moi une galantine »


Si je trouve chaussure à mon pied je promets pour faire pénitence d’écluser un magnum de Viré-Clessé de Valette…

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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