www.berthomeau.com

               Vin&Cie, l'espace de liberté

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est
" un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."
Bon appétit ! Diffusez le message autour de vous.
Si vous souhaitez recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la newsletter, colonne de droite (c'est gratuit) et surtout ne décochez-pas la case chroniques (sinon vous ne recevrez rien).
ou placez
www.berthomeau.com dans vos favoris.
Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires.
Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.

Pour les amoureux du bien vivre à la française l'adhésion à l'Amicale des Bons Vivants s'impose afin d'affirmer notre engagement et notre détermination face aux provocations des prohibitionnistes. 
C'est simple comme un clic via : commentaire ou contact ou
berthomeau@gmail.com

  

La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 00:09

photoBurroughs.jpgBeat Hotel = Hôtel où logèrent des icônes de le Beat Génération. Dans une chronique du 24 octobre 2007 On the road : qui se souvient de Jack Kerouac ? (que je vous invite à lire car elle parle aussi de vin et je trouve qu’elle a bien vieillie) link j’écrivais « Avec ses compères : Allen Ginsberg, Neal Cassidy et William Burroughs, Jack Kerouac sera l'initiateur du mouvement symbolique de cette Amérique des années 1950 et 1960 : la Beat Génération.

 

Au départ, quand ces zonards sont en manque, ou fauché, ou les deux, ils laissent tomber cette expression : "man, I’m beat" - mec, j'suis foutu - Elle sera reprise par Kerouac, un soir en 1948, mais pas dans le sens de "laminée", de "cassée" mais dans un sens plus musical et religieux : une forme de béatitude. Bref, avec la publication, en 1957, de son livre-culte : On the road, Sur la route, Jack Kerouac devient le symbole de la liberté, de la contestation des valeurs bourgeoises et de la révolte contre un monde soumis à la consommation. La Beat Génération sera à l'origine de la vague protestataire : mai 68 en sera l'apogée politique et Woodstock le sommet musical. Des beatniks aux hippies, c'est le "cool", le mythe de la route, Bob Dylan, les manifestations pacifiques contre la guerre du Vietnam. Plus proche de nous, Lou Reed, Patti Smith, Alan Vega, Kurt Cobain le chanteur de Nirvana et U2 plongeront les racines de leur inspiration dans la fascination de la Beat Génération. »

 

9 rue Gît-le-Cœur, adresse légendaire comme « l’hôtel Chelsea à New-York ou le Château Marmont à Hollywood : ce sont des adresses de la bohème à travers le monde. Il y en eut d’autres : le Mills Hotel et le Albert à New-York, le Swiss American et l’hôtel Wentley à San-Francisco ou le Tropicana Motel à Hollywood. C’était des endroits où artistes et poètes vivaient, des adresses citées dans des poèmes, entrevues dans d’obscurs films d’avant-garde, utilisées comme titres d’immenses peintures abstraites en dripping, comme adresses de substitution sur les magazines de poésie ronéotypés, ou suggestions de logement griffonnées sur un bout de papier au cas où l’on s’aventurait hors du Royaume-Uni… »

 

« Paris était un endroit exotique à l’époque. Il y avait des bars qui restaient ouverts même après les vingt-deux heurs réglementaires à ce moment-là en Angleterre. Les cigarettes françaises étaient plus fortes et plus parfumées ; il y avait des places de première et de seconde classe dans le métro. On écoutait stupéfaits, la description des toilettes à la turque, des pissotières à ciel ouvert et des dames pipi. Les voyageurs nous parlaient des bistrots d’étudiants et des boîtes de jazz à l’ambiance décontracte ; à Londres il n’y avait qu’une seule boîte de jazz – le Ronnie Scott’s – et les prix y étaient prohibitifs. Ils nous parlaient de sexe facile et des drogues accessibles, et même si nous savions qu’ils exagéraient sûrement, ça semblait bien plus intéressant que la vie en Grande-Bretagne »

 

Ainsi s’exprime Barry Miles, citoyen de sa très gracieuse Majesté, acteur du mouvement hippie, spécialiste de la contre-culture, fondateur d’International Times et de la librairie galerie londonienne Indica, et qui a fait connaissance avec Allen Ginsberg dans les années 60. Il a écrit en 2000 un livre sur le Beat Hôtel qui vient d’être traduit en français et publié par Attitudes dans la collection et le reste.  Il est l’auteur de biographies dont l’une d’un grand buveur Charles Bukowski.

 

« En 1955-56, Allen Ginsberg, Peter Orlowsky, Jack Kerouac et Gregory Corso- mais pas Burroughs – étaient au cœur de ce que l’on a appelé la San Francisco Poetry Renaissance. C’est à cette époque que Ginsberg écrivit « Howl » et en fit la première lecture. En 1957-58, Ginsberg, Orlowsky, Corso et William Burroughs – et pas Kerouac – devinrent des personnalités centrales du Beat Hotel. » Celui-ci est situé « au 9, rue Gît-le-Cœur, une étroite ruelle médiévale qui descendait vers la Seine, reliant la rue Saint-André-des-Arts au Quai des Augustins, dans la partie la plus ancienne du Quartier Latin.. »

gysin_bgbm09.jpg 

« En 1933, Monsieur et Madame Rachou, un couple de provinciaux venus de Giverny, près de Rouen, achètent le numéro 9 pour en faire un hôtel. Brion Gysin, qui devint amie avec Madame Rachou pendant les années où il vécut à l’hôtel, dit qu’ils n’en avaient que la gérance, ce qui est très probable étant donné le prix d’un tel immeuble. Monsieur Rachou, tenant le rôle du gardien et du groom, était un homme grand et silencieux, lent et patient avec ses clients. Madame était petite et énergique, ses bras courts habituellement croisés sur un peignoir bleu pâle au col rond et froncé comme ceux  que portaient les femmes au XIXe siècle. Elle faisait tourner le petit bistrot au rez-de-chaussée et accueillait les clients. Les Rachou appréciaient la compagnie des artistes et des écrivains et les encourageaient à séjourner dans leur hôtel. Madame Rachou permettait parfois aux artistes de payer avec leurs toiles qu’elle ne gardait pas, n’imaginant pas qu’elles puissent avoir un jour de la valeur. »

Attention, il ne s’agissait pas d’un hôtel de luxe mais « un hôtel de classe 13, la plus basse sur le marché, c’est-à-dire qu’il n’avait qu’à satisfaire au minimum légal des normes de santé et de sécurité et cela suffisait (…) chaque chambre était alimentée par 40watts, juste assez pour alimenter une faible ampoule de 5 watts et une radio ou un tourne-disque(…) Les 42 chambres n’avaient ni tapis, ni téléphones. Certaines étaient très sombres parce que leurs fenêtres donnaient sur la cage d’escalier (…) Chaque palier avait des chiottes à la turque. Des journaux déchirés, accrochés à un clou, servaient de papier toilette (…)  Il y avait une baignoire au rez-de-chaussée mais, pour l’utiliser, il fallait prévenir à l’avance pour que l’eau soit chauffée. Bien entendu, il fallait payer un petit supplément pour ce service. »

0066  [Peter Orlovsky & Allen Ginsberg, their room at 9 rue Git-le-Coeur, Paris December 1957. c. Harold Chapman]

 

L’hôtel n’avait pas de nom « au-dessus de la porte de gauche il y avait une enseigne « HÔTEL » et au-dessus de la porte en verre à l’entrée du café « CAFÉ VINS LIQUEURS », et cela paraissait suffisant. » Sur la porte de verre « J.B. Rachou, était peint d’une écriture penchée, à l’ancienne… »  Rassurez-vous je ne suis pas en train de sombrer dans une forme de promotion des délices, du parfum d’une bohème parisienne engloutie… Simplement je me dis que l’attractivité d’un pays, d’une capitale, tient à leur capacité à être vivants et Paris est devenu une ville-musée, une ville de boutiques de luxe, de fringues, de chaînes d’hôtels formatés, d’enseignes minables qui pètent plus haut que leurs culs : dès qu’un commerce alimentaire est à portée de main les gros chèques raflent le bail. Dans quelque temps le couvre-feu sera décrété dans certains quartiers réservés pour que les résidents s’endorment paisiblement. Fait chier !

 

Pour calmer mon ire je vais terminer cet afterwork par l’histoire d’ « un Américain qui pisse »

« C’est aussi rue Gît-le-Cœur que la célèbre arrestation de e.e cummings eut lieu. À trois heures du matin, en juillet 1923, John Dos Passos, Gilbert Seldes et cummings se dirigeaient vers la « boîte à calvados de la rue Gît-le-Cœur ». Quand cummings s’arrêta pour uriner contre un mur,  « toute une phalange de gendarmes* » apparut. Il fut arrêté et emmené au commissariat du Quai des Grands Augustins, où on le désigna comme « un Américain qui pisse », et on lui demanda de revenir le lendemain matin pour la lecture de l’acte d’accusation. Seldes téléphona à son ami l’écrivain Paul Morand, ministre des Affaires Étrangères*, qui fit tomber les charges. Ils n’en informèrent pas cummings qui se présenta au commissariat le lendemain. Il fut congédié, et lorsqu’il sortit, il se trouva face à ses amis qui portaient des pancartes sur lesquelles était écrit : « Remise de peine pour le Pisseur Américain ». cummings fut profondément touché par cet élan de solidarité, jusqu’à ce qu’il apprît que leurs protestations n’étaient qu’une vaste plaisanterie. »

  • Des hirondelles plutôt que des gendarmes qui exercent leur talent à la campagne
  • Morand était diplomate et pas Ministre des AF 9782360540334.jpg

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 16:00

La Place des Vosges, sous ses arcades, abrite une enfilade de galeries de peinture. Samedi dernier je m’y suis aventuré et, au 24, la galerie Archange link exposait, ce qui est rare, des tableaux de  « nature morte » où le vin tenait une place dominante. Bien sûr j’ai poussé la porte pour m’informer sur l’identité des peintres : Reza Sarrafi un peintre iranien né en 1963 link Patrick Lodwitz un vosgien né en 1953 link et Dmitri Annenkov est né en 1965 à Moscou.

 

Pour ceux qui en ont les moyens, tout particulièrement ceux qui vendent bien leurs vins : les prix des toiles en effet tournent autour de celui d’une caisse de Premier Grand Cru Classé, je vous présente un échantillon de leur production. C’est de l’hyperréalisme et comme le note un site « Tout cela laisse un peu pantois. Au-delà du tour de force technique, on peut s'interroger sur les motivations de l'artiste. » Ce n’est pas mon style de peinture mais, comme tous les goûts sont dans la nature, je fais mon boulot de taulier. Enfin, merci de ne pas venir me dire que « vous ne pouvez pas voir le vin en peinture » réservez cette expression à qui vous savez  qui est fou de moi...

  

Dmitri Annenkov

  

1-   Hommage à Baudelaire   HommageaBaudelaire.jpg

 

2-    Dégustation

   degustation100x65.jpg

 

3-    Composition

  compositionbouteilleannenkov.1260135655.jpg

La suite ici link 

 

Reza Sarrafi

vinetfromagesarrafi.1260136882.jpg  

Patrick Lodwitz

tirebouchonlodwitz.1260136545

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 00:09

Mea culpa, mea maxima culpa, je fais contrition, promets de ne plus recommencer, suis même prêt à faire pénitence pour avoir osé qualifier la carte de Damien Larsonneur d’originale. N’étant pas breveté goûteur patenté j’aurais dû m’en douter, réfréner mon désir de donner un coup de pouce à une jeune pousse du vin. Condamné sans appel le jeune Damien, on ne badine pas avec l’originalité que diable. Même si je ne sais pas vraiment sur quel référentiel se gradue l’originalité d’une carte, ce dont je suis certain c’est que le seul ressenti qui vaille est celui du client, de celui qui paye l’addition.

 

Que les vins soient trop chers dans les restaurants je suis le premier à en convenir et à le regretter mais de grâce comparons des établissements comparables et, pour ma part, lorsque je vais au restaurant, c’est pour manger des plats que je ne sais pas faire ou ne veut pas faire chez moi. Trancher du jambon et couper des parts de fromage est à la portée du premier venu, griller un faux-filet demande un peu plus de technicité mais c’est à ma portée, chez les Larsonneur nous avons excellemment mangé, la cuisine d’un jeune chef talentueux, pour 63€ par personne : entrée +plat + dessert + vin au verre à l’apéritif + 1 bouteille de vin.  C’était un repas de fête. Ce ne fut ni un menu dégustation où il faut suivre l’humeur du chef, ni un concours d’abattages de quilles pour gosiers de compétition.

 

Pour bien me montrer que je n’étais pas digne de confiance, un chevalier sans peur et sans reproche me conseilla, afin de m’éduquer, d’aller chez Benoît Rex aux Jeu de Quilles 45 rue Boulard. Bonne pioche c’est à deux pas de chez moi tout près du boucher star le souriant Hugo Desnoyer où je vais parfois acheter ses succulentes côtes de veau (les prix sont à la hauteur de la renommée). J’avoue avoir souvent déposé mon vélo face au Jeux de Quilles, d’avoir jeté un œil sur la petite carte affichée sans éprouver l’envie d’y entrer m’y restaurer car, comme je l’ai écrit tout à l’heure, ce qui m’était proposé ne brillait pas par son originalité. Je suis prêt à reconnaître que j’avais tort et, comme je suis bon garçon (oui, oui), ayant un dîner de programmé le mercredi soir avec une fine dégustatrice j’ai sitôt réservé une table au Jeu de Quilles. Y z’ont pris que mon prénom. Les conseilleurs n’étant pas les payeurs, rien ne vaut l’expérience pour se faire une opinion.

 

Mon conseilleur a écrit à propos du Jeu de Quilles « Il est des habitudes qui se prennent très facilement... Rejoindre les copains rue Boulard (Paris 14è) et pendant que certains font les courses chez Hugo Desnoyer, le fameux boucher, les autres investissent la « table d'hôtes » devant le comptoir derrière lequel officie Benoit Rex, le talentueux chef-propriétaire du Jeu de Quilles. On y passe le temps en se désaltérant d'un Anjou blanc de l'ami René Mosse, on rigole, on se chambre, on écoute radio-casseroles...  Quatorze heures, les clients commencent à repartir... Enfin, on passe aux choses sérieuses et Benoit envoie ! Et ça déménage! Sa cuisine est percutante, impertinente, pleine de vigueur et d'enthousiasme. Du produit, de l'imagination, des épices, des viandes crues ou cuites de chez l'ami et voisin Desnoyer, qui vient boire un coup en passant par la cour, de beaux légumes gouteux, des produits de la mer d'une irréprochable fraîcheur... Et tout ça est très digeste, presque « light » ! Les flacons défilent, Descombes, Derain, Souhaut.... Et quand ça se termine, deux heures plus tard, on aurait envie que ça recommence. On sort dans la rue, souriant, léger... »

 

Moi j’y suis donc allé comme le client lambda, le chef-propriétaire ne me connaît pas, et sans prévenir ma dégustatrice patentée que j’allais chroniquer sur la tortore et le gorgeon. Une approche normale, sans affect, distanciée quoi, très François Simon couleur muraille  (il y est venu à l’ouverture en 2008 (normal il est pote avec H.Desnoyer sur lequel il a commis un bouquin) « Oh ! Celle-là... elle va faire beaucoup parler d'elle ! Cela s'appelle Jeu de Quilles. Pourquoi cela va marcher? Parce que les types sont sympathiques, les nourritures du même métal avec abondance, qualité (viandes d'Hugo Desnoyer...le voisin!) et les vins bigrement déterminés. Il y a peu de places (une quinzaine de couverts) mais déjà, ça déménage... » Des vins bigrement déterminés ; Bigre !  Un moment je m’étais dit : « vas-y en solitaire comme un enquêteur du guide rouge » le genre je voudrais des radis au beurre avec un verre d’eau, mais je déteste manger face à moi-même.

 

Arrivés rue Boulard je fis contempler la devanture d’Hugo Desnoyer à ma compagne de dîner : elle fut émerveillée. Puis, nous entrions dans le jeu de quilles, discrètement, le garçon nous accueillait, avenant. La petite salle, bien remplie, chaleureuse dans sa simplicité. Le niveau de bruit restait acceptable pour que nous puissions converser. Belle coutellerie. Pas le feu au lac, le temps nous était laissé pour décider du choix, fort simple, car la carte est courte : 3 entrées, 3 plats, 4 desserts dont une assiette de fromages et 6 suggestions. Pour le vin je laissai l’initiative à ma dégustatrice bien dotée. Puisque nous venions de choisir en plat un pigeonneau de Racan, l’accord entre nous se fit pour aller vers les propositions de vin rouge. Les prix sont assez modérés et ne pèseront pas beaucoup sur notre choix. Difficile tout de même : nous surfons, hésitons et enfin proposons au garçon ce qui nous paraît une curiosité : un pinot noir du Jura. Exécution immédiate de la quille par le garçon en des termes sans appel et, avec son aide, nous allons vers un Pinot Noir 2010 d’Alsace de Julien Meyer. Bon garçon le garçon annonce à ma dégustatrice que c’est du Nature. Celle-ci, sans se démonter lui répond que si c’est du bon c’est l’essentiel.

photoPNoir.jpg

Le carpaccio de maquereau que j’ai pris en entrée m’a ravi, gouteux et fort bien préparé, idem pour le consommé de ma compagne, nous avons fait des échanges. Du côté du vin c’est du bon, du fruit et pour preuve de notre plaisir partagé nous fîmes un sort à la bouteille. Pour le plat, cuisson impeccable, bon produit, que j’aurais aimé manger, comme l’on dit, avec les doigts pour « épibosser » le pigeonneau de Racan et en savourer ce que la fourchette-couteau ne permettait pas d’extraire de la carcasse. Mais ça ne se fait pas au restaurant dit-on. Belle cuisine de marché, simple, avec des produits haut de gamme, de grande fraîcheur. Comme c’était le soir nous n’avons pas pris de dessert. L’addition sans surprise puisque l’ardoise annonçait les prix des entrées et des plats, avec le vin 59,50€ par personne ce qui, comparé au dîner chez les Larsonneur, est équivalent puisque là-bas nous avions pris des desserts.

photoPNoir1.jpgLa morale de cette histoire c’est qu’il n’y en pas, chaque table a ses mérites, Je thé me est plus bistronomique, avec une cuisine inventive demandant un savoir-faire de haute-cuisine alors qu’au Jeu de Quilles c’est de la cuisine de copains de haute qualité, comme à la maison si on sait faire son marché et cuisiner, mais où les plats valent surtout par l’excellence des produits ce qui ne dévalue pas pour autant le talent de Benoît Rex. Du côté vin, des prix certes plus doux pour le Jeu de Quilles mais comme les plats sont eux assez bien dotés en prix, au total pour le pékin ordinaire qui vient au restaurant, non pour tomber des quilles, l’addition est équivalente. Désolé de le souligner c’est ce qui compte pour 90% des gens qui fréquentent un restaurant. Les es-spécialistes des vins « nature » ou non d’ailleurs, ne sont pas forcément les meilleurs baromètres pour flécher les bonnes tables.

6a00d8341c75a253ef00e553dfa4818833-800wi.jpgReste la question du prix des vins au restaurant, trop élevés à mon goût, au Jeu de Quilles pour qui ne connaît pas la maison le choix ne peut se faire en fonction de la carte des vins puisqu’aucune indication n’est donnée nulle part du niveau des prix pratiqués. J’en ai fait la remarque au garçon fort amène. Sa réponse m’a un peu estomaqué « c’est voulu, nous préférons le bouche à oreilles… » Certes mais moi qui suit du quartier, qui suis passé de nombreuses fois devant le Jeu de Quilles mon oreille n’avait pas capté la bonne rumeur et, sauf à lire François Simon et ses vins bigrement déterminés (notion sans grand sens et sans indication de la douceur relative de leur prix), rien ne m’incitait à pousser sa porte. Merci à l'agence FB (rien à voir avec Face de Bouc) d’avoir porté votre bouche à mon oreille, c’est une bonne adresse j’en conviens mais je ne trouve pas que les émotions partagées par seulement des petits cercles de copains participent à l’extension du domaine du vin. Bien sûr, à l’avenir je me garderai de m’aventurer sur le terrain mouvant des cartes des vins ayant le triple A sous peine de me voir à nouveau décerner le bonnet d’Âne…

photoQuilles-1.jpgphotoQuilles2.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 00:09

En novembre 2004 j’ai publié une chronique sur le livre du Dr Olivier Ameisen link « Le Dernier Verre » Je commençais ma chronique en écrivant  « Olivier Ameisen, l’auteur du livre « Le dernier verre » chez Denoël, est un médecin sensible et talentueux. Deuxième enfant d’une famille parisienne aisée, d’origine juive polonaise, son parcours scolaire est fascinant. En 2009 je commettais une autre chronique « Les alcoologues sont un peu comme ces maris ou femmes trompés depuis des années… » à propos du livre du Dr Ameisen link Le titre de ma chronique était extrait d’une libre expression du Dr Michel Marty, psychiatre, psychanalyste, président de l’ANPAA 64. J’ai donc suivi le parcours du combattant d’Olivier Ameisen avec beaucoup d’attention. Nous ne nous sommes jamais rencontrés mais j’ai eu l’occasion de discuter avec son frère Jean Claude Ameisen médecin, immunologiste, chercheur en biologie à l’INSERM dont il préside le comité d’éthique depuis 2003 et surtout pour moi, l’auteur d’un livre fondamental, à lire absolument, La Sculpture du vivant. Le suicide cellulaire ou la mort créatrice aux éditions du Seuil, 1999.

photoAmeisen.jpg

Le journal Libération du mardi 17 janvier, sur sa dernière page, rubrique Portrait tire celui d’Olivier Ameisen Après (dé) boire sous la plume de Laure Noualhat et une photo de Bruno Chardy. Je vous livre la chute du portrait que vous pourrez lire dans son intégralité ici link

 

« Son traitement dérange parce qu’il pulvérise le dogme de l’abstinence. «Avec le Baclofène, vous pouvez boire un verre ou deux, mais vous n’avez pas envie de plus.» Une particularité qui constitue le graal de tout drogué : la consommation contrôlée. A la Fédération française d’addictologie (FFA), on lui reproche «de faire autant sa promotion personnelle que la promotion de son traitement». Surtout, les addictologues réclament des essais cliniques. La FFA rappelle que, «concernant des problématiques aussi complexes que les conduites addictives, il faut se garder des tentations de recourir à des thérapeutiques "magiques"».

 

Voilà pour la molécule miracle. «Comme s’il fallait un miracle», balaie, las, le docteur Ameisen. Lui maintient qu’on peut soigner l’alcoolisme comme on soigne un ulcère. Cette fois, foin du sentiment d’imposture ou d’usurpation, il se réjouit, d’ailleurs, de donner sa première «conférence française» à l’hôpital Cochin, le 24 janvier.

 

Aujourd’hui, il se dit heureux comme jamais. «Arrêter l’alcool, ce n’est rien. Découvrir la vie, c’est extraordinaire», confie ce fana de marches en montagne. «Sans ma souffrance, je n’aurais jamais connu le bonheur. Je croyais poésie et souffrance indissociables et ne pouvais m’empêcher de pleurer en entendant Rachmaninov ou Barbara, en lisant Eluard ou Tolstoï.» Il ne pleure plus, puisqu’il ne boit plus. »

 

Pour  ceux que le combat d'Olivier Ameisen intéresse ils peuvent se rendre sur le site de l'association AUBES link 

 

(Association des Utilisateurs du BaclofènE et Sympathisants) qui a vu le jour le 9 janvier 2010, à l’initiative de Bernard Joussaume, médecin et prescripteur du baclofène dans le cadre des addictions et notamment de l’alcoolisme, et d’un groupement de malades alcoolo-dépendants traités au baclofène.

 

Cette association a pour but:

 

De diffuser le plus largement possible l’information sur l’efficacité révolutionnaire de ce traitement des addictions découvert par le Professeur Olivier Ameisen,

De regrouper toutes les personnes prescrivant ou consommant du baclofène dans tous les cas d’addiction ainsi que toute personne se sentant concernée par le problème des addictions,

De favoriser la participation de tous les particuliers et de toutes les associations  à l’aide, au traitement et au suivi des personnes addictives, en général,

De participer à toute action concernant les addictions, en général.

51AHA77ETKL._SL500_AA300_.jpg 41UmbXaXBJL._SL500_AA300_.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 00:09

yao-chen-photo-series5.jpg« Actuellement, certaines personnes qui ne peuvent se payer un produit griffé se contentent d’acheter un sac d’emballage pour transporter leurs affaires personnelles en frimant. Sur Internet, on s’arrache tout ce qui a trait aux produits de marque (les tickets de caisse, les notices d’utilisation, les étiquettes, etc.), et cela se négocie à des prix clairement affichés. On parle à ce sujet de « consommation pour sauver la face ». Le centre d’enquêtes sociales du Zhongguo Qingnian Bao (« Journal de la Jeunesse chinoise ») a effectué un sondage auprès  de 1104 personnes. Il en ressort que 84,2% des sondés affirment que, parmi les jeunes de leur entourage, cette consommation pour sauver la face est un phénomène très répandu. »


L’article est signé de Huang Chong de Pékin qui ajoute « nous avons pu constater qu’un site de vente en ligne proposait une gamme complète de sac et d’accessoires de griffes célèbres, comme Hermès et Cartier, à des prix variant entre 2 et 200 yuans (de 0,2’ à 24 euros). Une cyberboutique vend des « sacs carton de marque de luxe » à 100 yuans (12 euros) pour des sacs neufs de petite ou moyenne taille et à 30 yuans (3,70 euros) pour des sacs en bon état ; les stocks sont actuellement épuisés. Un magasin de produits de qualité contrefaits a également en rayon des sacs en carton de bonne imitation, une combinaison de produits très appréciés des acheteurs. » Voilà donc un magnifique marché qui s’ouvre pour des jeunes entrepreneurs du web, comme l’avait compris bien avant tout le monde Pierre Castel à Vinexpo, répandre sur les jeunes chinois, via des cyberboutiques, des sacs floqués aux armes des GCC ou des boîtes d’emballages vides de grandes de marques de Champagne. Ça ferait plaisir à nos candidats redécouvrant le made in France que de bons produits fabriqués en notre beau pays déferlent sur la jeunesse chinoise et la pervertisse.


Je plaisante à peine. Comme l’écrit un internaute chinois « Les gens n’achètent pas un sac, mais un statut social, un état d’esprit et une apparence. » alors pourquoi diable nos GCC avec leur icone Lafite en tête ne profiterait pas, comme les produits de luxe dont ils font partis, de cet engouement de la jeunesse chinoise pour la consommation frime. Alors, puisque l’objectif c’est de faire un max de pognon, pourquoi se priver de fourguer des leurres, des ersatz, à la génération née dans les années 90, une génération du web, une génération « sous verre » qui n’a jamais connu le moindre trouble politique.

 

Quelques chiffres pour éclairer la lanterne des conquérants de marché : 150 millions de jeunes chinois de 12 à 19 ans, enfants uniques pour la plupart, soit 11% de la population. 70 millions vivent dans les villes. Ils dépensent 201 yuans par semaine (25 euros). En 2011, 6,6 millions d’étudiants sont sortis diplômés des universités et 1,2 million de Chinois poursuivent des études à l’étranger. 1/3 des jeunes surfent quotidiennement sur le Net et 83% utilisent un téléphone mobile. Environ 62% ont ouvert un compte sur un microblog. Plus de 80 % des jeunes pensent que la Chine « est le pays le plus important du monde » et se disent fiers de ses traditions. 60% se déclarent parallèlement intéressés par « la culture et les modes de vie d’autres pays. »


Franchement les jeunes ambitieux, au-lieu de faire les cons sur Face de Bouc, de Tweeter comme des malades ou d’ouvrir le 572ième site de vente de vins sur le Net à destination de nos concitoyens qui boivent de moins en moins pourquoi ne pas vous lancer dans un Buiseness qui ne demande pas beaucoup de moyens mais qui pourrait déboucher, comme on dit dans les magazines, sur une success story. Bien sûr il vous falloir manier le mandarin* ou bien épouser une jeune chinoise en lui proposant un marché gagnant-gagnant : puisque beaucoup d’entre elles se posent la question « Comment attraper un mari plein aux as ? » (Journal Nanfang Zhoumo de Canton) vous devriez facilement vous entendre sur les termes du contrat de mariage se résumant en un beau retour sur investissement. Cynique moi, sans doute un chouïa, l’âge sans doute qui me permet de manier la dérision sans risque d’être tenté par mes préconisations. Yao Chen, star du microblog en Chine (voir la photo) écrit « le principal problème de la société chinoise ? Tout va trop vite ! » et dire que les Maos en 68 raillaient le slogan « Cours, camarade. Le vieux monde est derrière toi ! »

imagesCAKR6FKR.jpg Guo Jingming : l’écrivain millionnaire à 28 ans 24,5 millions de yuans (environ 3 millions d’euros) de droits d’auteur en 2011. Depuis le début de sa carrière il a gagné 97 millions de yuans (plus de 1é millions d’euros). Des bluettes d’amour et d’aventures pour jeunes, pas très littéraires, de purs plagiats parfois…

 
Note du chroniqueur : toutes les infos sont extraites de « à quoi rêvent les jeunes chinois » Courrier International.
 

 

*Le mandarin « (en sinogrammes simplifiés : 官话 ; en sinogrammes traditionnels : 官話 ; en pinyin : guān huà, « langue des officiels », en sinogrammes simplifiés : 北方话 ; en sinogrammes traditionnels : 北方話 ; en pinyin : běifāng huà, « parlers du Nord »), est une catégorie des langues chinoises parlée dans le nord et le sud-est de la Chine continentale. Envisagée comme une langue, c'est celle qui compte le plus grand nombre de locuteurs dans le monde. Il s'écrit au moyen des sinogrammes et on le transcrit maintenant le plus souvent en pinyin, mais aussi en zhuyin (bopomofo). Même s'il est aujourd'hui enseigné à tous les Chinois, les Chinois plus âgés ne parlent pas tous le mandarin mais d'autres langues chinoises, comme le cantonais. Le mandarin, que les dirigeants communistes ont désigné comme la langue véhiculaire de leur nation entière en une version standardisée (dénommée 普通話 pǔtōnghuà, « langue commune »), était d'abord celle de communautés chinoises du Nord du pays. Bien que possédant aussi une ancienne histoire littéraire, elle ne dérive pas de la langue écrite classique littéraire et artificielle (文言 wényán), abandonnée en 1919 après avoir été utilisée comme langue écrite officielle et littéraire pendant plus de deux mille ans : en effet, c'est d'une langue vernaculaire parlée (白話 báihuà, « langue simple ») que le mandarin procède. » source Wikipédia

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 17:00

Le cheval à la cote auprès de la nouvelle génération de vigneron. Le cheval lourd, le cheval de trait que l’on croyait remisé par la mécanisation dans la pénombre de nos magnifiques Haras Nationaux, retrouve une place, certes modeste, dans le paysage des pays développés : débardage du bois, travail de la vigne, maraîchage…

vigne.jpg vigne2.jpg

 

Quelques infos sur la traction animale pour ceux que ça intéresse puis, en fin de chronique, deux photos sur l’utilisation  de la Traction 11CV

 

Sur environ 1,3 milliards d’agriculteurs au monde (Source FAO - 1998) :

 Près de 30 millions bénéficient du trio mécanisation / intrants synthétiques / irrigation,

  270 millions utilisent la traction animale et la fertilisation animale, peu l’irrigation,

 Le milliard restant travaille manuellement de diverses manières (grattage, bâton à fouir… = travail humain)

 

9 races de trait : L’Ardennais, l’Auxois, le Boulonnais, le Breton. Le Cob Normand, le Comtois, le Percheron, le Trait du Nord et le Mulassier poitevin. Pour plus de renseignements : origine, morphologie, zone d’élevage, aptitudes et utilisations link

 

Selon France-Trait Union des associations des 9 races françaises de Chevaux de Trait

 

Une paire de chevaux laboure environ 50 ares par jour avec une charrue à un seul soc.

        Environ 80 chevaux-vignerons en France en 2005. (si vous avez des chiffres plus récents merci de les communiquer)

        Un cheval nécessite 72 à 100 h de travail/ha.

        En Bourgogne, 11 prestataires de services travaillent avec des chevaux sur différents domaines.

 

La modernité de la traction animale « La préoccupation des temps modernes est le respect de l’environnement : moins polluant, plus respectueux des sols et plus rentable pour les petites surfaces, le cheval devient l’outil le plus moderne qui soit !

 Particulièrement bien adapté au travail de la vigne ou des cultures maraîchères (champs de petite superficie, inter-rangs étroits) »

 

Le site de France-Trait link rappelle quelques principes élémentaires.

 

«  L'effort fourni par l'animal va donc dépendre de la masse à déplacer ainsi que du terrain sur lequel on se déplace, ainsi que du dimensionnement de l'outil (résistance plus ou moins importante du sol, dans le cas d'un outil de travail du sol) ainsi que de nombreux facteurs: température, vent (pour les véhicules volumineux), humidité, nombre de démarrage (coup de collier). A noter qu'un sol sec et dur pénalisera un travail à la charrue, mais favorisera le déplacement du cheval et d'un véhicule. Au contraire le sol humide favorisera le travail à la charrue et pénalisera le déplacement. Par-contre un sol détrempé pénalisera les deux.  La force augmentera considérablement en fonction de la pente, en gros pour une pente de 5% on multipliera l'effort par 3, pour une pente de 10% par 6 et par 9 pour une pente de 15%.  Le travail, sera proportionnel à la distance parcourue.  La puissance nécessaire augmentera en fonction de la vitesse. A noter que les animaux expérimentés ralentissent lorsque l'effort augmente. Une règle approximative donne pour la capacité de traction d'un cheval 10 à 15 % de sa masse, pour un travail de 6h00/jour au pas (cette règle est approximative car 2 chevaux de 500 kg ont une capacité de traction supérieure à un cheval de 1000 kg). »

 

« La compétence du meneur est essentielle pour détecter les signes de fatigue, sachant qu'un surmenage léger mais quotidien entrainera une « usure » prématurée de l'animal. Faire travailler un animal ne s'improvise pas, même si aujourd'hui aucune qualification particulière n'a de caractère obligatoire. »

 

 Du côté du matériel utilisable en traction animale, qui a peu évolué, l'utilisateur devra souvent utiliser du matériel ancien, qui a fait ses preuves, qui est le fruit d'une longue adaptation aux réalités du terrain, et qui a été à l'épreuve d'un usage intensif, mais qu'il faut souvent le remettre en état et dont il est difficile de trouver des pièces de rechange. Les constructeurs de matériels modernes de traction animale, sont peu nombreux (moins de 10 en France). La construction est souvent le fait de passionnés, qui chacun dans son atelier développe, avec beaucoup d'ingéniosité les outils dont ils ont besoin.

 

Reste les 11CV pour le tonneau ou les collabos...

Dimanche à Paris 019  

 

Dimanche-a-Paris-018.JPG

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 00:09

N’imaginez surtout pas que j’ai commis ce titre pour attirer les faveurs de mes amis de Bourgogne Live, c’est pure vérité. Imaginez-moi attablé face à un ballon de Melon de Bourgogne lisant l’édition du Parisien où je découvrais que le 14 janvier prochain la saint Vincent des coteaux de Louveciennes (eux-aussi ont craqué pour les coteaux comme les bourguignons) sera célébré en grandes pompes à Louveciennes link . Puis revigoré je prenais ma Chevrolet Bel Air, qu’a un petit nom très bourguignon (cf. ci-dessous) et Celtique au bec je partais écrire ma chronique du lundi à la gloire du BGO devenu un collector depuis sa petite mort.

 

Démonstration en écrits et en images.

 

1-     Mes 2 œufs coques à la Renaissance 87 rue de la Roquette avec un ballon de Melon

 

J’ai mes habitudes. Lorsque je me rends Cour Debille dans le XIe pour fouiner chez les fêlés du Vintage (là où j’ai acheté mon sac Pan Am) je vais ensuite me taper 2 œufs coques à la Renaissance, mouillettes, beurre Bordier salé… La maison a une règle : elle ne sert pas de jaja avant midi. C’est en ce lieu que j’ai découvert le jus de Cyril Alonso Grand Q Glacé : cuvée du Château Gonflable qui a scellé notre indéfectible amour. Comme je suis arrivé à la Renaissance pile poil à midi j’ai accompagné mes 2 œufs d’un verre de Melon (dit de Bourgogne sur l’ardoise) qu’est un vin de France de la SARL Sœur Cadette.

photoMelon.jpg

Une consœur bloggeuse « Une femme, des vins » éclaire ma lanterne « Le Domaine de la Cadette, domaine viticole de Saint-Père sous Vézelay. 13,5 hectares de vignes, répartis sur Saint-Père et d'autres villages. Les vignes sont travaillées en bio, la conversion a débuté en 1999. Une petite structure de négoce sera développée pour le millésime 2010, elle portera le nom de La Soeur Cadette. Les propriétaires du lieu sont Jean et Catherine Montanet qui font un BGO sans souffre un » pur vin de copains » (oui, oui…) et une cuvée Melon dont ma consœur dit « Nous gardons la banane... et le melon (ouarf, ouarf, ouarf) pour le vin de table Melon 2009, produit à partir d'un terroir différent, beaucoup plus caillouteux. Nez de craie, il est plus acide, moins complexe et moins sur la finesse que le précédent (le BGO). Comme dit Jean, chassez le terroir, il revient au goulot ! Le terroir... il n'aime pas cette notion qu'il trouve galvaudée, d'ailleurs il parle de terroir-caisse. Ces jurassiens (Jean est natif du Jura), ce sont des drôles ! »

 

Prix au verre : 5 € (demande express au sieur Bayard de valider ce tarif fort gouteux pour un simple Vin de France)

6a00e54fa719a188340133f3f8716b970b-320wi.jpg

 

2-     Louveciennes fête le retour de son vin

 

En mouillant mes mouillettes je feuillette le Parisien du jour :

photoVindeL.jpg

 

3-    La Chevrolet Bel Air 4 portes

 

Quand je reprends mon vélo je tombe nez à nez avec une Chevrolet Bel Air 4 portes qui a des origines bourguignonnes.

 

Elle fut produite de 1953 à 1975 à travers 5 générations différentes.

 

Celle-ci est de la 3ième génération (4 portes) (1958-65)

Dimanche à Paris 001 Dimanche-a-Paris-007.JPG

Dimanche-a-Paris-012.JPGDimanche-a-Paris-002.JPG« Son nom viendrait du lieu-dit "Bel Air" sur la commune de La Rochepot (Côte d'Or - France), un lieu où se dresse une côte célèbre de la route Nationale 6. Un lieu que Louis Chevrolet a eu l'occasion de fréquenter dans sa jeunesse, au moment où ses parents habitaient Beaune. »

 

4-     Un petit carnet avec en couverture une publicité pour les cigarettes CELTIQUE datant des années 40

Dimanche-a-Paris-014.JPG

 Dimanche-a-Paris-015.JPG

Petit arrêt au retour sur une brocante face à l’entrée de la Pitié-Salpêtrière et achat du dit petit carnet qui en plus recelait des secrets de famille (sans doute ça fera bientôt une petite chronique). Revenons un instant à la Celtique gros module intermédiaire entre la Gitane et la Boyard.  Le marché français a longtemps été un marché du tabac brun de façon quasi-exclusive. La Balto tabac de Virginie goût anglais et la Week-end tabac de Virginie goût américain ne représentait que moins de 5% du marché. Les fumeurs de tabac blond étaient d’un niveau social élevé souhaitant se distinguer et qui avaient l’envie et les moyens de payer leur tabac plus cher que le brun. Gauloises, Celtique, Boyard et autres Gitanes c’était du brun, du tabac noir qui avait du caractère, du goût, qui véhiculait une image forte et virile. De plus ces marques exaltaient la fibre patriotique : celle du combattant gaulois… Black béret, kil de rouge, baguette de pain et le gris que l’on roule : du caporal ordinaire disait-on

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 00:09

p-b-gd-ordinaire3.png

Mis en bière sans une larme, le BGO est mort mais pas encore tout à fait enterré puisque pendant encore quelques années son rejeton les « Coteaux Bourguignons » reconnu par l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao) prendra sa place progressivement. Tout le monde est content : le BIVB « La réécriture des cahiers des charges des appellations d'origine a été l'occasion de reconstruire une appellation d'initiation et d'un bon rapport qualité/prix » Pierre-Henry Gagey,  « Nous sommes très heureux que cette appellation voie le jour, après des mois de travail. Par ses caractéristiques, elle permettra de répondre à une nouvelle catégorie de consommateurs qui cherche à découvrir l'univers des Bourgognes »

 

Dominique Capart le président d’InterBeaujolais l’est aussi avec quelques bémols concernant les relations avec les négociants bourguignons : « Nous travaillons étroitement avec eux, notamment sur le Bourgogne Gamay et les Coteaux Bourguignons, qui posent encore quelques problèmes. Le négoce bourguignon est très présent en Beaujolais et ne contribue pas toujours à la sérénité des relations entre les producteurs, car il crée des tensions, notamment quand il demande aux producteurs du Beaujolais de l'approvisionner pour ses Crémants de Bourgogne et, nous le verrons, pour ses Coteaux Bourguignons.

 

J'attends beaucoup de cette dernière appellation, qui doit réaliser ce pour quoi elle a été conçue : être l'appellation-socle, de qualité, valorisée, de la Grande Bourgogne, qui permet de remonter l'ensemble de la gamme. En cela, les Coteaux Bourguignons ne sont pas du tout un nouveau nom pour le Bourgogne Grand Ordinaire, qui était un vin de repli, un produit d'excédents pour la production au-delà des 52 hl/ha de l'appellation Beaujolais, écoulé à vil prix (autour de 80 €/hl). Avec des rendements affichés à 71 hl/ha et un prix qui reste à fixer avec le négoce mais en tous cas beaucoup plus rémunérateur pour les différents acteurs de la filière, l'appellation Coteaux Bourguignons doit permettre une diversification revendiquée de la production des producteurs et notamment de rentabiliser la campagne des vins de garde, en particulier pour les nouveaux arrivants. » (Vitisphère)

 

Donc, si ce pauvre vieux BGO (75 ans) a été exécuté froidement c’est, si l’on suit le président de l’Interpro du Beaujolo, parce qu’il jouait le rôle de bassin déversoir aux excédents de rendement du Beaujolais. Dire que BGO était un vin de repli est inexact car, que je sache, le rendement d’une AOC est un rendement agronomique et non un rendement économique permettant de faire du papier : les 52 premiers hectos c’est du Beaujolo et au-dessus ça aide à faire du BGO. Bon je suis un peu con car, naïvement, je croyais que le vin venant du Beaujolais pour faire du BGO c’était du Beaujolais qui se repliait en BGO. Là c’était quoi au juste : éclairez-moi sur la notion d’excédents de rendement vous les grands esprits de l’INAO qui avez officialisé tout ça en 1961 ? Sans vouloir être mauvaise langue lorsque l’on consultait la fiche du BGO pas un seul mot sur le Beaujolo, seuls le département de la Saône-et-Loire (154 communes) et le cépage Gamay Noir à jus blanc étaient évoqués. « Une infinie variété de terroirs depuis le soubassement crayeux des environs de Joigny jusqu’aux granites de la Bourgogne du sud, en passant par les calcaires et les marnes les plus souvent porteurs de l’appellation… » nous disait-on sur sa fiche d’identité.

 

Avant de le porter en terre je me dois de vous rappeler les traits de caractère du défunt tels qu’ils étaient mentionnés par ses pères bourguignons :

 

« Les rouges et rosés proviennent du Pinot Noir, du Gamay Noir à jus blanc, du César ou du Tressot. Les blancs sont issus du Chardonnay, de l'Aligoté, du Melon de Bourgogne et du Sacy. Cette diversité de terroirs et de cépages ne permet pas de préciser de façon générale les caractères de ces vins bien bourguignons. Leur mérite est de présenter un bon rapport qualité/prix pour d'honnêtes bouteilles. Ils offrent aussi l'intérêt de faire découvrir certains cépages intéressants mais peu connus, pour le bonheur de l'amateur curieux de tout savoir, et qui a un palais goûteux. »

 

J’ironise mais, BGO qui avait un petit frère : Bourgogne Ordinaire disparu bien avant lui qui, même s’il n’était pas né de la cuisse de Jupiter, tirait son patronyme d'une dénomination fréquente dans le passé. La bouteille dominicale c’était souvent des « vins de grand ordinaire » alors que pour tous les jours c’étaient des « vins d'ordinaire ». Autre temps, autre dénomination, plus personne ne se contente d’ordinaire fusse-t-il grand ! Alors va pour les Coteaux Bourguignons qui s’ajouteront  au Bourgogne tout court, au Bourgogne aligoté, au Bourgogne Passe-Tout-Grain,  au Bourgogne Hautes-Côtes-de-Beaune, au Bourgogne Hautes-Côtes-de-Nuits, au Crémant de Bourgogne et au petit nouveau le Bourgogne Gamay. Par bonheur, le Bourgogne Marsannay est devenu en 1987, grâce à mes bons soins link, une appellation communale, sinon on risquait la profusion ne croyez-vous pas ?

 

Maintenant tout est clair : le bulletin de naissance des « Coteaux Bourguignons » le proclame : « De l'Auxerrois au Beaujolais… Cette nouvelle appellation, qui englobe tout le territoire de la Grande Bourgogne, de l'Auxerrois au Beaujolais, sera produite en blanc, rouge ou rosé avec les différents cépages utilisés en Bourgogne (pinot noir, gamay, chardonnay, aligoté, tressot, césar...), soit en assemblage ou en monocépage. Le commentaire du BIVB est savoureux «  l'AOC Coteaux Bourguignons sera une appellation de revendication et non plus de repli. Avec la mise en place d'affectations parcellaires les vignes seront travaillées tout au long de l'année en vue de produire du Coteaux Bourguignons » Vive le vin voulu ! Paix à l’âme du vin subi. C’est quasiment de la langue du taulier, mais bon joueur il ne va pas demander des droits d’auteurs.

 

Reste un truc qui me chiffonne : comment faisait-on pour calculer les superficies en production* avec cette histoire d’excédents de rendements en Beaujolais ?

 

Voici les chiffres officiels :

 

Rouges et rosés : 97,79 ha environ Blancs : 22,11 ha

Récoltes moyennes annuelles** : Rouges et rosés : 4 933 hl Blancs : 1 438 hl

* en 2008 ** moyenne 5 ans 2004/2008

 

Pour en finir avec mon BGO que j'ai par deux fois défendu en pure perte  link et link j’avoue que j’y perd mon latin de cuisine lorsque je consulte le site de vente de référence 1855  -  link  qui déclare que le « Bourgogne Grand Ordinaire est une appellation générique de Bourgogne. Elle est cependant très rare et ne concerne que quelques producteurs; toutefois de nouveaux vins viennent enrichir depuis quelques années cette AOC. » Alors comme ce qui est rare est cher et que les derniers flacons de BGO vont petit à petit devenir extrêmement rares, des Collector qui, comme chacun sait, sont des objets de consommation courante qui, pour des raisons de mode, de culte urbain, de tendance, de consommation ostentatoire voire de superstition ou de fanatisme, deviennent des objets de collection et parfois d'adoration. Alors précipitez-vous sur 1855, bien connu pour la rapidité de ses livraisons : 10 jours au pire, pour vous offrir un Grand BGO de derrière les fagots !

1043550994.JPG Plus sérieusement fiez-vous à une fine gâchette des vins nature Guillaume Nicolas-Brion  link qui déclarait dans une chronique du 13 mai 2011 « La vedette de la soirée, sans contestation possible. Le gamay 2007 (classé en bourgogne-grand-ordinaire) du domaine Prieuré-Roch. Dénichée chez Vivant et emportée à la maison. Pour dire la vérité, j'aurais mieux fait de jouer à l'égoïste et de la garder pour moi mais d'un autre côté, les bouteilles comme ça faut les partager ! Le gamay pinote comme une star, on retrouve le côté fumé du Clos des Corvées 1999, en moins complexe. Quoique... Cette bouteille met une claque à beaucoup de volnays ou de pommards de supermarchés ou de mauvais cavistes. Même si ce n'est pas le même cépage que les villages célèbres, la Bourgogne est là et bien là. »

 

Vous savez donc ce qui vous reste à faire pour vous procurer un BGO collector qui fera une cote d'enfer à la Bourse de Macao dans une poignée d'année !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 07:00

Nous trainassons tout l’après-midi. Mimmo joue au flipper. Moi je somnole en m’enfilant café sur café. Quand arrive l’heure d’aller à la Trattoria où nous avons un vague rencard avec des gus de Sit Siemens je me sens plus fatigué que si j’avais trimé toute la journée. Surtout je me sens crade, vaseux, inutile. Autour de la bouffe, toujours attrayante en Italie, et de verres de vin bien remplis, la discussion reprend de plus belle, toujours sur le même thème « les cocos ». Vittorio, l’un des types de Sit Siemens embraye « C’est toujours la même chose avec eux, ils font chier. Dès qu’un mouvement démarre hors leur contrôle ils braillent que c’est corporatiste. Chez nous ils font un peu profil bas car ils ont été au-dessous de tout lors des dernières négociations avec le patronat. Mais qu’est-ce qui s’est passé au juste chez Alfa ? » Mimmo le met au parfum d’une voix sous laquelle perce l’exaltation « Imagine, c’est un truc insensé : à 8 ils bloquent tout ! » conclu-t-il. Vittorio, barbe naissante impeccable qu’il caresse en réfléchissant tempère son enthousiasme « Ne nous faisons pas trop d’illusions lorsque les patrons auront identifiés les points faibles, qui sont nos points forts, ils restructureront la chaîne. Chez nous suite au dernier conflit ils ont démantelés des ateliers entiers. Pour étouffer dans l’œuf nos efforts d’organisation ils isolent les meneurs, y compris dans les bureaux, pour les virer au premier prétexte. C’est la guerre, il va nous falloir agir avec plus de professionnalisme, sans forcément nous exposer... » La discussion continue pendant des heures. Pour passer le temps je picole. Enfin Mimmo lève l’ancre et nous regagnons à pied son appartement.

 

Appartement collectif, où vivent un couple d’enseignants : Carla et Gaetano, une fille qui travaillait dans une banque Lucia, Mimmo bien sûr et maintenant moi. La technique de la couverture par des gens bien insérés dans le système permettant de se servir de l’appartement pour accueillir des clandestins. À cette époque la pression policière était encore supportable et, à la condition de ne pas alerter le voisinage par des allées et venues de nouvelles têtes, il était encore possible de séjourner assez longuement à une adresse fixe. Ce soir-là l’appartement était vide lorsque nous sommes rentrés. Mimmo a plaisanté « Carla et Gaetano sont sûrement au ciné. Ils sont raides dingues des films étrangers sous-titrés en français... Pour Lucia c’est son soir d’alphabétisation au Centre Social... » Dans la pièce, qui servait de lieu de transit aux camarades de passage, ils m’avaient aménagé derrière un paravent un petit coin à moi : un lit de camp, une caisse table de nuit et une chaise qui faisait face à un petit guéridon. Des rangées de bouquins et des piles de magasines encombraient deux étagères qui surplombaient mon pieu. J’étais trop vanné pour me plonger dans une lecture dont je savais par avance qu’elle devait être très chiante : la littérature révolutionnaire, quel que soit le pays tombe des mains. Avant de me glisser dans le sac à viande j’allais prendre une douche dans une vaste salle de bains bien rangée et qui sentait le savon et la lavande. Mimmo, alors que je me savonnais, m’indiquait au travers de la porte que nous partirions à cinq heures le lendemain matin. Je lui gueulais que je serais d’attaque. Ma nuit fut lourde mais je me réveillai dix minutes avant l’heure fixée : mon horloge biologique ne m’avait jamais joué de tours.

 

Mimmo fut plus long. En bas Guido nous attendait en pestant contre notre retard. « Qu’est-ce que tu fous, tu baises toute la nuit ? » Moi je me les gelais et réclamais un café alors que Mimmo se perdait dans des justifications auxquelles je ne comprennais goutte. Au premier troquet ouvert nous nous arrêtions pour prendre un café. Ensuite nous repartions à fond la caisse dans un froid à couper au couteau. Mimmo avait du mal suivre la moto de Guido. Lorsque nous arrivions sur la grande avenue, face à l’entrée de l'usine, les derniers autocars se garaient. Des gus tractaient. Mimmo me disait que c'était des militants de l’assemblée autonome. Ceux-ci nous flanquaient un paquet dans les mains. J’avais les doigts gelés. Putain qu’il faisait froid dans ce foutu pays alors que nous étions au tout début mai. Derrière les grilles des mecs nous mataient d’un œil mauvais. « Des bourrins de la FIOM... » lâchait Guido. Mimmo remontait sur sa moto avec un paquet de tracts pour se rendre au portail 2 tenu par Lotta Continua. « Pas confiance en eux... » lâche encore Guido. Tout est dit : pas confiance. C’était bien pire qu’à Paris, ici, les lignes politiques se croisaient, s’entrecroisaient, s’emmêlaient, s’affrontaient, pour ne pratiquement jamais se rejoindre. Dès que nous avions épuisé notre stock de tracts nous courions nous réfugier dans un bar au coin de l’avenue d’où l’on pouvait surveiller l’entrée principale d’Alfa. Guido se payait une partie de flipper. Moi j'allais pisser mon premier café avant de griller une cigarette. À mon retour Mimmo râlait, pestait contre les connards de LC. Guido tentait de le calmer « Tu fais chier ! Bois un café et boucle-là ! » Deux filles, modèle sale, mal peignée et laide, faisait leur entrée. Je ne pouvais m’empêcher de rire, un rire nerveux, incontrôlable. Guido, loin de s’en offusquer, rebondissait dessus pour vanner Mimmo « T’es bien servi. Voilà deux représentantes de LC. Convainc-les ! Je sais, t’as pas de bol, avec tout le taf de belles nanas qu’ils ont à LC, ils trouvent le moyen de nous fourguer deux boudins de première... »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 00:09

couv_ferre.jpg Claude Nougaro disait en parlant de Ange Philippe Léotard Tomasi né le 28 août 1940 à Nice et mort le 25 août 2001 à Paris: «  J'aime les grands brûlés, j'aime les grands acteurs avec un seul rôle, celui de leur vie à tenir à claquer à brandir : J'aime certains hommes, ceux qui savent que la seule liberté que nous possédons, c'est de choisir ses barreaux. J'aime les poètes qui claudiquent sur les marelles du mystère d'être, et qui chantent des mots de moelle et de sang à travers tous les baillons du monde. Je t'aime Philippe Léotard. »

 

« Moi, je pourrais être ministre de la défonce. Chacun son truc, il vendra des missiles et moi des pétards. Pour nous distinguer, ce n'est pas difficile. Lui, c'est Léotard. Moi, c'est Monsieur Léotard. » Le Monde, 24 avril 1993.

 

Lorsque j’habitais  rue Mazarine, face à la boulangerie où le boulanger accrochait une petite pancarte « je suis parti quelques instants porter du pain chez un client », je croisais parfois Philippe Léotard avec ses costars froissés, son visage plissé, buriné, ses cheveux de broussaille, ses poches sous ses yeux malicieux et toujours accroché aux lèvres un franc sourire. Souvenir !  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Wine News

Pages

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés