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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Jeudi 21 août 2014 4 21 /08 /Août /2014 00:09

Dans un Paris au mois d’août venteux, pisseux, désagréable à souhait, passer du temps devant son écran, être cloué chez soi, favorise ma graphomanie. Et pourtant je suis bien aise lorsqu’une bonne âme me vient en aide, me libère de ma chronique journalière « paix sur la terre aux hommes de bonne volonté », je me permets de citer Flaubert en titre et demain j’irai déposer PAX sur Twitter.


Ici Paris libéré… le taulier est dans ses petits souliers… la saison 3 de Pax est arrivée…

 

Les années de voyages

 

«Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir, un prince dans un livre apprend mal son devoir»

(Pierre CORNEILLE, Cid, I, 3)


Il est bien connu que l’apprentissage, en France, est le parent pauvre de la formation de la jeunesse. Une fois encore regardons outre Rhin ou GOETHE, pour exposer ses théories, réflexions et propositions, écrit « Wilhelm MEISTER » en 2 tomes – « Les Années d’Apprentissage et les Années de Voyage ». Il met autant en évidence qu’il ne reprend cette notion de voyage qui apparaissait comme complément indispensable à toute éducation. Ainsi, en France, le Tour de France du Compagnonnage ou en Angleterre Le Grand Tour, certes réservé à la jeunesse aristocratique.


En route donc !


C’est avec la fine équipe formée autour de Paul BRUNET que nous prîmes goût aux périples.


Les 3 Glorieuses à Beaune avec des rencontres dont la moindre ne fut pas celle de Michel COUVREUR à Bouze-les-Beaunes. Fantasque belge, courtier en vin « ruiné » par la mise en bouteille au domaine, Il avait acquis ( ou fait creuser ?) des grottes taillées dans la roche, par peur de la guerre atomique, Il les faisait visiter avec fierté ainsi que les trésors qu’elles conservaient, avant de nous faire participer à un diner dégustation.


A cette occasion il nous racontait ses « campagnes et ses combats». Nous buvions autant, sinon plus ses paroles que les vins et ouiskis proposés. Michel COUVREUR était certes un original mais ce qu’il faisait et disait était frappé au coin du bon sens et apportait une authenticité non négligeable à ses idées. Il s’était mis à faire du Calvados et vous invitait à le boire frappé car disait-il « C’est un alcool de fruit » J’ai terminé ma dernière bouteille il y a peu la dégustant égoïstement car le produit n’était plus commercialisé.


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Les 3 Glorieuses étaient devenues, pour la clique, une tradition et nous nous y rendîmes plusieurs fois, avec ses rituels, tel le déjeuner dégustation « Chez Camille » à Arnet-le – Duc qui nous régalait entre autre, d’œufs en meurette d’anthologie et quand il n’en avait pas prévu dans le menu qu’il nous proposait, m’en glissait subrepticement une portion entre deux plats, pour dérider ma mine dépitée devant cette omission.


A l’occasion des 3 Glorieuses, à notre demande, « Lameloise » à Chagny nous composa un menu de près de 10 services avec accord plats et vins. Le nombre de couverts fut définit avec le maître d’hôtel en fonction du nombre de verres contenus dans une bouteille et qui devint l’unité pour ouvrir ou fermer la liste des réservations.


La visite chez Michel COUVREUR entrait dans ce rituel et une certaine complicité s’installa entre nous deux lorsqu’il décida de savoir quelle était la technique la plus adéquate pour élaborer le meilleur Armagnac : la simple ou la double chauffe. Selon son habitude, il descendit dans en Armagnac, vendangea et vinifia lui-même la folle blanche et avec la complicité du brûleur, élabora un Bas Armagnac issu d’une simple chauffe et un autre issu d’une double chauffe. Il en remonta 2 fillettes à Bouze-les Beaunes qu’il laissait vieillir.


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Chaque année nous gouttions pour suivre l’évolution qui selon les périodes rendait l’une des techniques supérieure à l’autre sans qu’un vainqueur ne s’affirme vraiment. Le dimanche midi sur le retour, on terminait notre ballade en dégustant une pochouse au bord de la Saône à St Jean de Losne. Paul Brunet, en Champagne, nous fit également découvrir Paul BARA à Bouzy qui fut une belle surprise pour nous qui ne connaissions que les champagnes de grandes marques. Il devint le champagne préféré de mon père. J’ai regretté de ne pas le trouver dans « Champagne le rêve fragile » de Samuel COGLIATI chez POSSIBILA éditeur. Peut être parce que ce n’est plus l’artisan que j’ai connu, bien que COGLIATI évoque, avec raison, la maison DRAPPIER pourtant récoltant manipulant.


J’ai eu l’occasion de retourner en champagne avec une amicale d’œnologue qui organisait des voyages en y associant des œnophiles et qui a eu le tort de m’accepter comme membre. C’est ainsi que j’ai visité MOET et CHANDON dont les installations ressemblaient à l’univers d’un Docteur NO ou un plateau de tournage de James BOND. Mon mauvais esprit, mon incorrection politique chronique érigée en principe de vie me fit exclure, après quelques années quand même, démontrant mon erreur et illustrant ainsi l’adage de Groucho MARX déclarant qu’il ne ferait jamais partie d’un club capable accueillir un membre tel que lui. J’en ai retenu cependant que cet industriel provoquait systématiquement la fermentation malolactique (ce qui facilite l’identification à l’aveugle de ce champagne).


Hormis les sempiternelles visites de caves ou les cuves étaient plus cuves que dans la cave précédente, les levures plus levures, les voyages furent souvent passionnant grâce à des participants de grande valeurs tant humaine que professionnelle.


Je me souviens du vignoble d’Anjou ou je découvris des piquets de vignes en ardoise et le discours anthroposophique et quelque peu illuminé de Nicolas JOLY.


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Je me souviens aussi de la Savoie et du Jura que je connaissais déjà, compte tenu de sa proximité avec l’Alsace. Je me souviens encore du vignoble des Côtes du Rhône septentrional qui commençait à être à la mode. Quel étonnement : des vins « soyeux » entre les tanniques bordeaux et les gouleyants bourgognes ; des conditions de cultures acrobatiques sur des microparcelles escarpées interdisant toute mécanisation ou recours même au cheval par exemple.


Nous visitâmes cette incongruité de CHATEAU GRILLET ; AOC à lui tout seul. L’accueil fût comique car vraisemblablement en pleine période de succession .Nous dérangions manifestement notre hôtesse toute dans ses préoccupations de savoir à quelle sauce elle serait mangée. Elle nous laissa à nous-mêmes, n’octroyant l’accès à la cave qu’au compte-goutte (pour ne modifier ni hygrométrie ni température alors que le temps de septembre était sans influence notable sur ce plan. Derrière la porte de cette cave un rideau à lamelles de plastique fort comme dans les réserves climatisées des super- marchés !)Nous pûmes acheter du vin, en cassant, déjà, notre tirelire, à condition qu’une seule personne prenne les commandes et fasse un seul chèque ! Aujourd’hui cette curiosité et tombée dans l’escarcelle de LVMH. Ce bon M.ARNAULT s’empressant de relever les prix, réserve, à présent, ce vin aux buveurs d’étiquettes dont la qualité essentielle est d’être solvable.

 

Note du Taulier : mon cher Pax en juin 2011, c'est François Pinault, le grand ami de bernard Arnault, qui rachète le domaine via sa holding Artémis. Château-Grillet appartenait à la famille Canet, descendant de la famille Neyret-Gachet, depuis 1830.


Un voyage en Provence fut également heureux. Visite enrichissante de 2 maisons aux antipodes l’une de l’autre : le charmant vignoble AOC de BELLET et l’industriel Domaine OTT à la réputation incompréhensible mais figurant, en bonne place, à l’époque sur toute les cartes de vins des restaurant alsaciens !


Avec cette aimable association je découvris également de très intéressants vignobles européens.


Mais je m’aperçois que le temps qui m’est imparti est achevé. Alors, au bon plaisir du Taulier, la suite….par la suite…


Patrick axelroud Strasbourg le15 août 2014

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : écrits des autres
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Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 00:09

Une fois n’est pas coutume, je vais quelque peu éreinter un livre que je viens d’acheter et, pire encore, j’en ai fait l’acquisition alors qu’après l’avoir feuilleté il m’est tombé des mains, façon de parler.


Explications :


Passant devant le MK2 quai de Loire dimanche dernier j’ai fait une halte à sa librairie pour faire une petite provision de livres : je suis comme les filles avec les fringues et les chaussures je ne peux pas m’en empêcher. Donc je rousinais entre les rayons bien achalandés et je glissais dans ma besace un Leonardo Sciascia « La corde folle » et le dernier roman de FOG l’ex-boss de notre Jacques Dupont. Au dernier moment, alors que je me rendais à la caisse, dans le dernier virage, mon regard acéré tombait sur le titre engageant « Mémoires culinaires&alcoolisées » d’un moche petit bouquin placé tout en bas du rayon.


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Vous connaissez tous mon amour pour les petits livres mais là celui-ci était gros, cartonné et luisant, donc impossible à glisser dans sa poche, et avait des faux airs d’une édition condensée des recettes faciles de Françoise Bernard.


Je m’en saisis et je le feuillette.


Dès la première page que lis-je ?


« Tout le monde a connu, connaît ou j’espère connaîtra un bon restaurant. Un endroit où tout est à son goût, où on se sent bien de la bave au grenier (…)


« Je vous souhaite de tout beurre (…)


« À un moment, cela a été gastronomique pour quelqu’un, du guide Michelin ou un simple qui damne (…)


1 jeu de mot par page ça va, 2 ça va, 3 bonjour les dégâts…


En effet tout le bouquin en est truffé : style en-poulet, décor-hommes, vous n’avez pas bu la tasse jusqu’à l’hallalihisto-rillettes… balle au sandre…


À aucun moment notre Paganini du jeu de mots ne faiblit, il en rajoute des louches avec des aphorismes culinaires de son cru :


-         L’enfer, c’est les hôtes.

-         Le sel est le sodium du peuple.

-         L’homme est un rot pensant.

-         Farcir c’est pourrir un peu.

-         On ne parle pas la louche pleine.


C’est très vieux potache, c’est parfois drôle « l’agriculture, c’est important mais ça ne mange pas de pain », « Jean d’Ormesson  suit un régime. Il a déjà perdu beaucoup de livres » mais aussi un peu pipi caca « Le monde appartient à celui qui se lève du pot » et souvent tiré par les cheveux « À Venise, deux catégories de citoyens font fortune : les gondoliers et les cons d’tauliers. »


Entre Parigot Pétasse et Sang-froid Simon, on sature, on demande grâce, on se dit que l’on va offrir ce bouquin à son pire ennemi.


Attention tout n’est pas bon à jeter, il y a de belles citations originales, notre homme est cultivé, des histoires intéressantes c’est un gastronome classique, tout le contraire de votre serviteur. Ce qui signifie que mon avis sur ce livre traduit une forme d’allergie vis-à-vis de son approche de la table et du bien-vivre.


Alors me direz-vous, pourquoi avoir dépensé 18€ pour le tailler ensuite en pièces ?


Ma réponse n’est pas très glorieuse : tout bêtement parce que Philippe Mestat l’auteur est Ingénieur civil des Ponts&Chaussées, directeur de recherche au Ministère de l’écologie et, qu’en rêve, je le voyais faire porter son opus à notre chère Ségolène Royal, sa Ministre, avec bien sûr une belle dédicace où, avec son goût immodéré des jeux de mots, il lui en ferait un sur le Chabichou.


Je concède que ce livre pourrait plaire à certains d’entre vous adorateurs de contrepèteries ou de plaisanteries de fin de banquet, je ne suis pas sectaire.


Reste qu’un homme qui aime le Chablis de Dauvissat ne saurait être complètement mauvais « Tranquillité, tradition et vieux bois. Chez Dauvissat, on remplace les fûts quand il faut, jamais avant. Autant dire que le fût neuf n’est pas pour aujourd’hui. Le bois ne se boit pas, ses senteurs doivent faire corps avec le vin et non lui donner du corps. L’important est de produire un vin bien portant. Pas de chimie, pas de précipitations, que de la biodynamie calme »


« Le fruit est dans la bouteille, cachetée à la cire jaune. L’or, toujours l’or. Il n’y en aura pas pour tout le monde. Ce vin est un must. Il aime la compagnie des crustacés, des débits de poisson* et ne rechigne pas face aux huîtres. Avec ce vin, on est jamais seul… »


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Et, dans son chapitre « Comment draguer les demoiselles ? » link notre fabricant de ponts et de chaussées nous livre une belle façon de faire :


-         « Achetez des demoiselles de Guilvinec chez votre poissonnier pré-ferré*. De grosses langoustines vivantes. Bien roulées avec des carapaces pleines, fermes, des anneaux brillants, blancs et rouges. Prenez la douzaine pour la donzelle, cela fera autour du kilo pour des moyennes grosses…


-         « Ouvrez des bouteilles de chablis : c’est pour boire et manger !


-         « Remplissez une bassine de chablis. Selon vos moyens, versez un magnum, une bouteille ou une demie. Complétez avec de l’eau si cela vous dit : un peu, beaucoup, très peu. Ajoutez : sel, poivre, thym, laurier, oignons. Faire bouillir à feu vif jusqu’à observer de gros bouillons.


-         « Plongez alors les langoustines une par une, rapidement. Attendez deux, trois minutes selon la grosseur des bêtes et le frémissement du bouillon. Le temps de la perfection bouillie…


-         « Pêchez les langoustines  à l’écumoire. Égouttez. Dressez en plat pour le service…


-         « Faire fondre du beurre salé dans une petite casserole pour napper après décorticage…


-         « Armé d’une pique, décortiquer à chaud les bestioles, déguster l’intérieur des queues et fracassez les pattes avec une pince à homard. Mâcher et boire en silence. Laissez-vous envahir par les saveurs. Fermez les yeux si vous voulez. Vous en avez pour un moment à savourer du bonheur à l’étal brut*…


Incorrigible notre cher ingénieur « le lent goût des langoustines », « l’iode à l’amour » il décrète « une femme est belle quand elle a bu du chablis. Et vous aussi… »

 

Et pendant ce temps-là je rêve qu’un de mes IPEF : Ingénieur des Ponts, des Eaux et des Forêts, se risque à nous pondre un petit opus coquin sur nos beaux produits de terroir, après tout ils savent tout aussi bien construire des routes et des chemins que notre Ingénieur des Ponts mais en plus ils savent distinguer le bon grain de l’ivraie, eux…


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Bonne drague, bon appétit et large soif de chablis… « Pattes de loup » de Thomas Pico et « le vendangeur masqué » d’Alice et Olivier de Moor.


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 00:09

Comme j’ai beaucoup écrit, trop ironiseront certains, en 2007, en faisant référence au vin populaire, pas celui qui trônait sur la table chaque jour, de consommation courante ou de gros VDQS comme le Corbières ou même des AOC tel le Côtes-du-rhône de comptoir en litre  étoilé, mais le vin bouché du dimanche. Précision d’importance, il ne s’agissait pas pour autant de vins fins, mais de vins de belle provenance mais au statut aussi flou qu’indéterminé. Des rouges essentiellement, « déclassés » disait-on, achetés à des VRP, voyageant en fût et mis en bouteille chez l’habitant.


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Pas la fine fleur des AOC bien évidemment ainsi j’écrivais : « Pour nos pères, un bon vin, devait être vieux, tuilé, précisaient-ils. Le vin bouché par eux ou par d'autres, couché dans la pénombre de la cave, sa bouteille se nimbant de poussière et de toiles d'araignée, se bonifiait disaient-ils.


Plus c'était vieux plus c'était bon. Combien de bouteilles nazes ai-je vu ainsi déboucher, la couleur était belle : très pelure d'oignon, et mon père disait, pour nous rassurer, qu'il était madérisé.


Bref, le socle de l'excellence du bon vin de France pour monsieur Tout le Monde - bien évidemment je n'englobe pas dans ce vaste cercle, le Cercle raffiné et restreint des connaisseurs, dont certains, du côté de la Sorbonne, s'apparentent aux Précieuses Ridicules - c'est le chenu, le mature, le sage, celui qui a jeté sa gourme et qui, dans la sérénité du grand âge, donne sa pleine mesure.


Alors, les vins ordinaires pour jouer au grand se paraient des charmes tranquilles de la vieillesse. Pour preuve, le dernier survivant de cette lignée, le Vieux Papes, reste la référence de ces consommateurs baptisés par la statistique : les réguliers. Quand on puise dans le stock des vieilles étiquettes on y découvre une profusion de vieillards : Vieux Ceps, Vieille Treille, Vieil Ermite, Vieux Logis, Vieux Moulin, Vieille Réserve, Vieil Ermite, les Vieux Pampres, les Vieux Fagots, Vin des Aïeux, Vieille Souche, Le Vénérable, et pour finir j'ai même découvert le Vin Vieux des Coteaux (c'était un vin de coopérative).


Mais la vieillesse ne suffisait pas forcément à asseoir la réputation du vin quotidien, très souvent les nectars se voulaient royaux, ou impériaux, ou s'anoblissaient. Par bonheur, notre chaîne nobiliaire qui recèle des déclinaisons : prince, duc, comte, vicomte, baron, marquis, et si on y ajoute les chevaliers, les connétables, les troubadours, donnait, et donne encore, aux marqueteurs une inspiration inépuisable. Nous avons coupé la tête de notre roi, aboli les privilèges, vendus les châteaux comme Biens nationaux, mais le bon peuple reste fasciné par la particule et le titre nobiliaire.


Restait aussi à côté du sabre, le goupillon : nos étiquettes de vin aimaient aussi se parer de moines rubiconds, car n'en déplaise à notre éminent Pitte, dans les monastères on ne produisait pas que des nectars pour gosiers de riches. Tout ce passé, que certains voudraient occulter sous l'étrange prétexte que le vin était alors une boisson, pèse très lourd, aussi bien en positif qu'en négatif, dans la perception que nous-même avons eu du vin. Dans une certaine mesure, l'irruption des AOC nous a dédouané : boire moins, boire mieux et c'est cette vision un peu repentante, parfois élitiste, que nous avons transmis à la génération de nos enfants. »


Ce monde est presque totalement englouti, adieu les réguliers et leurs cubis, vive les occasionnels ! Pour autant, la vieillesse n’est point un naufrage dans le nouveau monde des amateurs de vin puisque le fin du fin de nos jours est de se délecter dans les milieux bien sous tous les rapports de vin issus de vieilles vignes.


Je vois déjà des sourires se dessiner sur certaines lèvres, vraiment ce Taulier est un VC « plus une vigne est vieille plus elle donne sa quintessence, loin des pulsions de la jeune sève, du démon de midi de la force de l’âge, elle a la sagesse de ses vieilles racines… »


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Vieillevigne vient du latin "vetula vinea" (vieille vigne).

 

Moi je veux bien tout ce qu’on veut mais j’aimerais que l’on me dise à partir de quel âge une vigne est vieille ?


Je souhaiterais au-delà de ce seuil où, loin de prendre sa retraite, elle donnerait le meilleur d’elle-même, qu’on m’indiquât tout bêtement son âge. Ce serait plus honnête, ça me permettrait de faire des comparaisons entre vieilles.


Mais, qu’est-ce au juste que la vieillesse d’une vigne ? N’est-ce qu’une question d’âge seulement, le mode de vie, c’est-à-dire la conduite de la culture de ces vignes tout au long de leur vie, n’est-il pas tout aussi important ? Une vieille vigne hyper productive fourbue est-elle un gage d’excellence ? Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est sous les bons sentiments se cachent souvent des réalités pas forcément bonnes à dire.


Sous-jacente à cette notion de vieilles vignes se niche la question de leur productivité, quand on est vieux on produit peu, le petit rendement est au bout des vieilles vignes. Mais est-ce là le nirvana de l’authenticité ? Je ne sais, tout ce que je souhaite c’est que l’on m’explique, que l’on sorte du flou, de l’ambiguïté, afin que la vieillesse ne se réduise pas à un nouvel argument de séduction pour ceux qui pensent que c’était mieux avant.


Entendez-moi bien je n’ai rien contre la préservation, la sauvegarde des vieilles vignes, bien au contraire, mais l’inflation de la mention « vieilles vignes » sur les bouteilles participe à ce que j’ai qualifié de dilution de la notion d’appellation car j’ai le sentiment que l’âge de la vieillesse dans les vignes aurait, contrairement à nous les humains,  plutôt tendance à régresser.


Ne m’engueulez pas pour mon ignorance, éclairez-moi plutôt pour que, sans pour autant fixer un âge pour la retraite des vignes, la mention « vieilles vignes » ne soit pas galvaudée car dans notre monde mondialisé le nouveau vieilli vite…  

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 00:09

« Mon désir initial de vivre en Italie est né entre autres de l’idée que je n’épuiserais jamais les ressources de cette terre sans fin – ses arts, ses paysages, sa langue, sa gastronomie, son histoire… »


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C’est France Mayes, professeur de littérature à l’Université de San Francisco qui l’écrit dans son beau livre Bella Italia publié au Quai Voltaire en 1999. Voir son blog link


L’Italie est ma seconde patrie, alors je vous propose de lire deux textes extraits de ce beau livre. Dans ce monde de brutes un peu de douceur ne saurait nuire à votre santé…


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« - On va à Montepulciano. On n’a plus beaucoup de vin.


-         Parfait. Je veux passer chez le pépiniériste pour acheter du statice à planter sous le noisetier. Et on prendra de la ricotta fraîche dans une ferme quelque part. » (…)


« Nous allons donc nous réapprovisionner en sfuso, au litre. Bien des viticulteurs produisent du vin de table à usage domestique, pour les amis et les clients locaux. La plupart des Toscans ne boivent pas de vin en bouteille chaque jour ; soit ils le font eux-mêmes, soit ils connaissent quelqu’un, soit encore ils prennent du sfuso. Prévoyant, Ed lave notre énorme dame-jeanne et le récipient chromé d’acier inoxydable au robinet rouge, une innovation qui menace d’éteindre la tradition de la dame-jeanne.


Une fois celle-ci remplie, pour que le vin ne s’oxyde pas, nous avons appris à verser une rasade d’huile d’olive par-dessus, qui forme un joint, avant d’enfoncer un bouchon de la taille du poignet. Notre moderne « bonbonne » est dotée d’un couvercle plat, lui aussi inoxydable, qui flotte à la surface du vin. On verse un léger filet d’une huile insipide dans le mince espace qui se trouve entre le couvercle et les bords, puis on ferme le tour sous un autre couvercle. Lorsqu’on ouvre le petit robinet en bas pour remplir son pichet, le couvercle mobile descend avec le vin, et le joint reste intact.


Les familles qui disposent de sept ou huit dames-jeannes conservent en général celles-ci dans une pièce fraîche, la cantina, réservée à cet effet, et ne les débouchent qu’au fur et à mesure. Nous avons fait de même, hissant nos dames-jeannes sur la table avant de les incliner pour remplir à l’entonnoir une douzaine de vieilles bouteilles, puis assurer leur assurer leur étanchéité avec de l’huile d’olive. Nous sommes passés maîtres dans l’art de jeter l’huile d’un geste sec en ouvrant la bouteille. Quelques gouttes, pourtant, demeurent toujours à la surface. »


Bon appétit et large soif !


à suivre…


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 17 août 2014 7 17 /08 /Août /2014 09:00

Pourri, tout semblait pourri, même le temps, sur les vitres de la véranda de la Mouzaïa la pluie faisait des claquettes matin, midi et soir, tout suintait l’ennui, comme une envie de passer ma vie sous la couette avec Émilie. Privé de la lumière du petit matin m’extraire de la ouate du sommeil pour écrire me pesait, alors pour ne pas perdre pied je me plongeais dans mes petits carnets. Mes miettes de vie, et avec la bénédiction du hasard je retrouvais les notes  que j’avais griffonnées lors de ma lecture de « Qu’as-tu fait de tes frères ?» de Claude Arnaud acheté à l’Écume des Pages après avoir entendu Guy Bedos en dire grand bien. La quatrième de couverture m’avait conforté « c’est la confession d’un enfant d’une époque qui continue de hanter notre imaginaire. » Né en 1955, l’auteur fut un adolescent post-soixante-huitard – à 12 ans il était allé traîner ses belles grolles à la Sorbonne et à l’Odéon – et sa plume vive, ironique, sans concession m’a scotché à ce roman autobiographique. Heureux comme un gamin au lendemain de ses premiers émois, j’exultais. Si je ne m’étais pas retenu je serais remonté me blottir dans la douce chaleur de notre lit. Tout était soudain si neuf pour moi que je m’efforçais, sans grand succès, de serrer tous mes freins. Mes derniers feux, je vivais au présent avec une seule ambition être à la hauteur, m’infuser d’elle avec légèreté, à la bonne distance. Tout me ramenait à elle, j’en goûtais le plaisir sans aucune restriction.


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Je ne me lassais pas de relire mes notes écrites comme toujours au crayon :


« En survolant la Giraglia, j’ai l’impression de toucher des yeux ce caillou couvert de myrte et de lentisque. Les hublots deviennent autant de masques qui grossissent les contreforts du cap Corse, un index tendu vers le golfe de Gênes… »


« Une forte odeur de maquis me gagne à l’aéroport de Bastia-Poretta, quelque chose d’âpre et d’entêtant qui fait battre mon cœur et me confirme que je suis Corse aussi…»


« Mince et Coquet, Jean se parfume, se laque et parle pointu sans accent ou presque. Chef incontesté du clan, il dirige la section corse du Parti radical, a ses entrées à Paris, salue Pierre Mendès-France et François Mitterrand à la Chambre et se voit presque chaque jour consacrer un article dans la presse locale que ma grand-mère collectionne dans un grand scrapbook.


Ayant longtemps plaidé au barreau de Bastia, Jean Zuccarelli se fait régulièrement élire au conseil général depuis 1932, à la députation depuis 1962, et s’apprête à conquérir la mairie. Son propre beau-père, Emile Sari, l’a fait avant lui et durant tout l’entre-deux-guerres, où il a été un indélogeable sénateur de la Corse après avoir succédé en 1912 à son propre oncle, maire de Bastia et membre du conseil général : les Sari sont les piliers du clan Landry, opposé aux gavinistes conservateurs, un qualificatif qui pourrait désigner un peu tout le monde en l’occurrence, les Casabianca ayant eux-mêmes tourné casaque au début du siècle… »


 « Une partie de la population dépend de leur entregent ou de leur art, Bastia est la ville des Zuccarelli, c’est ainsi… »


« Les jours d’élection, une partie de la famille est conviée à apposer sa signature sur les listes électorales comportant des disparus jamais radiés et soudain ressuscités, un miracle qu’accomplit aussi bien l’autre parti. Ainsi se garde-t-on des mauvaises surprises, en rusant avec la mort.


Toutes les intrigues se nouent et se dénouent chez les Jean, place Saint-Nicolas, une esplanade que l’impératrice Eugénie et le prince impérial ont inaugurée en 1869. Des coups de poing puis de feu sont parfois échangés dans l’immense escalier d’honneur, les soirs d’élection : les gros bras du parti adverse disputent les urnes à ceux du clan Zuccarelli pour savoir qui les bourrera. L’un des ballots manquera finir à la mer, lors des bagarres de 1967. Et l’on parle encore de ce soir de 1962 où la famille était partie fêter l’élection de Jean : la foule avait envahi l’hôtel de ville, le balcon s’était effondré, faisant un mort et de nombreux blessés… »


« Les règles du jeu sont ici inversées. C’est l’invalidité qui vaut un salaire, autant que le travail, le bourrage d’urnes qui assure la victoire, autant que la bonne gestion. Le mensonge et l’extorsion sont choses sues. On enfreint la loi avec le consentement d’une République qui, soucieuse d’assurer la paix civile, exonère des droits de succession et abandonne une parties des taxes sur l’essence, les alcools et les cigarettes… »


« L’omniprésence familiale renforce le sentiment de propriété qu’on éprouve, sur les plages de Lavasina et d’Erbalunga, exploitées par presque personne et fréquentées par une poignée de familles locales, ou sur les rives délaissées du golfe de Saint-Florent : le village homonyme se résume à vingt maisons de pêcheurs, une citadelle en ruine et un littoral semé d’algues offert au premier venu, avec ses tours génoises que mes frères et moi partons explorer à mains nues. Les côtes paraissent encore appartenir à tous les Corses, comme l’immense territoire âpre et sauvage que délimite le maquis, à l’intérieur de l’île… »


 « Dans le jardin long et mince qui donne sur la montagne, nous sommes parfois trente-cinq à dévorer la tarte aux herbes et les beignets au brocciu de Jacqueline, les gnocchi de semoule que ma mère découpe à l’aide d’un verre, les salades d’aubergines venues des jardins de Sermano, le village des Turchini, relevées de menthe et de ciboulette, le tout arrosé d’un vin produit dans le Patrimonio par des petits-cousins, les Orenga de Gaffory. »


Ces notes sommeillaient rien que pour elle, en avalant mon café bouillant je n’avais qu’un seul regret : jamais je n’irai au village avec elle… La Corse « une île à faire rougir de honte les toutes les autres…»

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 17 août 2014 7 17 /08 /Août /2014 00:09

Notre bon docteur Charlier donne parfois des consultations sur ce blog prouvant par là le grand  éclectisme de cet espace de liberté. Sans prétendre le concurrencer, au risque de me faire poursuivre pour exercice illégal de la médecine par le Conseil de l’ordre, je me permets d’évoquer le temps de mon enfance où l’expression « avoir les vers » faisait partie du vocabulaire de nos mères, « démangeaisons, agitation le soir… c’était l'oxyurose résultant de l'infection par des petits vers blancs. Fréquente et ennuyeuse, cette maladie parasitaire de l'intestin facilement transmissible, ne présentait aucun caractère de  gravité et pouvait facilement être pris en charge… »


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Mais ce matin c’est d’un autre médecin dont il s’agit Pierre Chirac, né en 1650, docteur en médecine de l’Université de Montpellier, premier médecin du Roi Louis XV en 1730, surintendant des eaux minérales de France, surintendant du Jardin royal des plantes médicinales à Paris de 1718 jusqu’à sa mort en 1732. Nous sommes donc avec lui aux antipodes du Dr Luc Charlier plutôt porté sur le jus de la vigne et la « Révolution permanente » du Léon qui apprécia moins le pic à glace que Sharon Stone.


Ce cher homme était un iatrochimiste convaincu, il concocta donc un opiat vermifuge qui porte son nom. Le terme opiat, ou opiate, désignait à l’origine un électuaire renfermant de l’opium. L’usage s’est toutefois établi d’appeler opiat des préparations à consistance de pâte molle. La préparation de Chirac appartenait sans conteste à cette catégorie des opiats dépourvus d’opium mis contenait de l’absinthe.


Alors me direz-vous pourquoi ce titre racoleur ?


Tout simplement parce que notre Pierre Chirac, surintendant du Jardin royal des plantes médicinales à Paris, nomma Bernard de Jussieu, docteur en médecine de l'Université de Montpellier, à la charge de « sous-démonstrateur de l'extérieur des plantes » dudit jardin.


Si vous ne le saviez pas je vous l’apprends « C’est sur la première initiative des Pays-Bas que le Caféier a été répandu à travers le monde. »


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La fresque des Lyonnais : Antoine de Jussieu, Marcel Mérieux, Claude Bernard auteur Daum, Nicolas

 

Rassurez-vous je ne vous embrouille pas, en effet, après la paix d’Utrecht en 1713, qui mettait fin à la guerre entre les deux pays, c’est « à l’aide de plants venus d’Amsterdam qu’Antoine de Jussieu, donna la description du Caféier (le neveu de Bernard).


« L’Europe a l’obligation de la culture de cet arbre aux soins des Hollandais qui, de Moka, l’ont porté à Batavia, et de Batavia au Jardin d’Amsterdam ; et la France en est redevable au zèle de M de Resson, lieutenant général de l’artillerie et amateur de botanique, qui se priva, en faveur du Jardin Royal, d’un jeune pied de cet arbre qu’il avait fait venir de Hollande. Mais M. Pancras, bourgmestre régent de la ville d’Amsterdam, nous a fourni le moyen de décrire la plante en fleurs par le soin qu’il prit, l’année dernière, d’en faire transporter un autre à Marly, où il fut présenté au Roy et, de là, envoyé à Paris, au jardin de Sa Majesté, dans lequel nous l’avons vu donner successivement des fleurs et des fruits. 


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Mais… Antoine de Jussieu ne se contenta pas de décrire le Caféier et de recommander le café à ses malades. Les graines qui avaient mûri dans les serres du Jardin du Roy y furent semées et donnèrent de jeunes pieds en abondance.


L’introduction de ces jeunes plants dans nos colonies semble avoir été la préoccupation du Régent de France, Philippe d’Orléans, de Chirac, superintendant du Jardin du Roy, d’Antoine de Jussieu, enfin des membres de l’académie des Sciences. »


« Malheureusement, la puissante Compagnie des Indes, qui détenait le monopole du commerce extérieur du Royaume par mer, contrecarra ces projets. Elle lutta plus tard contre les colonies en vue de sauvegarder son monopole, lorsque les cultures furent établies. »


 

Chirac Pierre « Né à Conques-en-Rouergue en 1650 de parents peu fortunés qui le destinèrent à l’état ecclésiastique, il fit ses humanités à Rodez et se rendit en 1678 à Montpellier pour y étudier la théologie. Placé chez un pharmacien en qualité de précepteur, il y puisa le goût de la médecine, et ne tarda pas à s’y distinguer parmi les élèves de l’Université.


Michel Chicoyneau, qui en était le chancelier, lui confia l’éducation de ses enfants. Extrêmement laborieux et très assidu aux leçons publiques des professeurs, Chirac fut bientôt en état d’en donner lui-même de particulières.

 

Revêtu du doctorat en 1683, il obtint en 1687 une chaire qu’il remplit avec autant de zèle que de succès, et fut nommé médecin de l’armée de Roussillon en 1692, commandée par le maréchal de Noailles. Une épidémie de dysenterie s’étant mise dans les troupes, et l’ipécacuanha étant resté inefficace, il donna avec succès du lait coupé de lessive de sarment de vigne. Il ne quitta ces fonctions que pour occuper celles de médecin du port de Rochefort, ville alors insalubre où sévissait la Maladie de Siam. Il n’hésita pas à pratiquer plusieurs centaines d’autopsies. La suite ICI link

 

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Samedi 16 août 2014 6 16 /08 /Août /2014 09:00

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Question écrite n° 10645 de Mme Nicole Bonnefoy (Charente - SOC) publiée dans le JO Sénat du 27/02/2014 - page 507


Mme Nicole Bonnefoy attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt au sujet des risques pour les abeilles et les pollinisateurs posés par l'autorisation de mise sur le marché et la commercialisation du produit « Luzindo », de la société Syngenta Agro.


Le Luzindo est un insecticide larvicide et adulticide à base de thiamétoxam et de chlorantraniliprole, visant à lutter, dans le traitement de la vigne, contre la cicadelle de la flavescence dorée, le metcalfa et les vers de grappe.


Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt publiée dans le JO Sénat du 05/06/2014 - page 1305.


 

L’ensemble de la question et de la réponse ICI link

 

 

La fiche Luzindo de chez Sygenta link


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Le Metcalfa pruinosa, ou cicadelle blanche, est un insecte piqueur suceur s'alimentant de la sève de différentes plantes hôtes. Il rejette le trop plein de sève absorbée sous forme de miellat, butiné et transformé par les abeilles. Le miel ainsi produit est foncé, presque noir. Il a un goût puissant et persistant, des arômes balsamiques, fruitées (fruits cuits), aux notes maltées et évoquant la figue.

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Samedi 16 août 2014 6 16 /08 /Août /2014 00:09

Bien évidemment c’est un auteur italien Prezzolini qui fait cette constatation dans son livre Maccheroni&C publié en 1957 et le monde dont il parlait se limitait au rayonnement des pâtes à l’italienne, « mais sa remarque peut s’étendre à l’autre civilisation  des pâtes, celle qui, née en Chine, a gagné le Japon, la Corée et la plupart des pays du Sud-Est asiatique… » notent dans l’Avant-Propos de leur superbe livre « Les pâtes » Histoire d’une culture universelle chez Actes Sud Silvano Serventi et Françoise Sabban.


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Ils ajoutent « Mets du quotidien par excellence, les pâtes alimentaires se dégustent sous d’innombrables combinaisons de saveurs, et leur cuisine, d’essence principalement familiale, est dans l’ensemble plutôt simple et d’exécution rapide. Cela explique sans doute en partie pourquoi elles constituent l’un des plaisirs de table le mieux partagé du monde… »


Dans ma Vendée profonde les pâtes je les ai découvertes sous leur forme sèche de longue conservation et au blé dur bien sûr. Les pâtes fraîches c’est à Paris que j’en trouverai dans les magasins de comestibles italiens. Bien évidemment, les pâtes sèches se prêteront le mieux au passage de l’artisanat à l’industrie pastière dont l’Italie gardera longtemps le quasi-monopole.


Ces fabricants sont, dès l’origine, principalement présents dans le Sud, notamment en Sicile « qui apparaît à partir du XIIe siècle comme le pôle de production le plus important de cette denrée. »


« Au vrai, on sait peu de chose de la fabrication artisanale de pâtes sèches au Moyen Age, mais les rares sources dont nous disposons indiquent que la Sicile en a été son berceau. Le géographe arabe Idrisi (env. 1100-1165) témoigne de l’activité pastière sur l’île, qu’il présente comme le centre d’un important trafic maritime : « À l’ouest de Termini il y a un bourg qui se nomme Trabia [la carrée], résidence enchanteresse, riche en cours d’eau pérennes qui actionnent de nombreux moulins. Trabia est située dans une vaste plaine où sont de grands domaines dans lesquels on fabrique de grandes quantités de pâtes que l’on exporte partout et en particulier en Calabre et autres pays de musulmans et de chrétiens ; on en envoie de nombreuses cargaisons de navires. »


Les auteurs notent que cette citation, maintes fois cité, est très intéressante car c’est le seul passage de l’œuvre monumentale d’Idrisi qui fait allusion à une production de pâtes alors que l’auteur a voyagé dans tous les pays de la chrétienté et de l’espace musulman « de l’Angleterre au Maghreb, de la France au Moyen-Orient » qui lui ont permis de se faire une opinion assez précise du monde de son temps. Il « n’aurait pas manqué de signaler d’autres lieux de production s’il en avait eu connaissance. »


« Si, comme cela est communément dit, les Arabes ont bien introduit en Sicile la technique du séchage, on constate que les Siciliens ont très vite dépassé leurs maîtres en développant cet art comme nulle part ailleurs. »


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La Sicile cumulait tous les atouts.


« De tout temps considérée comme un grenier à blé, la Sicile est au Moyen Age avec les Pouilles l’un des grands terroirs de blé dur du monde méditerranéen et a fortiori de la chrétienté occidentale. »


« … à l’époque d’Idrisi, la production de pâtes semble le fait de grands domaines fonciers dont les propriétaires possèdent aussi très probablement des moulins. En d’autres termes, les fabricants de pâtes sèches de Sicile ont la singularité de contrôler l’ensemble de la filière, depuis la culture du blé jusqu’à la fabrication du produit fini, en passant par la transformation de la matière première en semoule. »


« Ce sont des opérateurs aux moyens financiers importants doublés d’un savoir-faire commercial certain qui leur permettait de valoriser au mieux leur activité. D’autant que la situation géographique de l’île, aux confins des mondes chrétien et musulman, place celle-ci au centre des échanges commerciaux. »


« Enfin et surtout, les Siciliens, qu’ils soient habitants des villes ou de la campagne, sont des mangeurs « privilégiés » de blé dans un monde occidental où dominent généralement le seigle, l’orge et d’autres céréales pauvres. »


« Coupé de la terre, journalier plus souvent qu’exploitant, habitant un gros bourg de plusieurs milliers d’habitants sinon une ville rurale, le paysan sicilien est un consommateur urbain. » Maurice Aymard et Henri Bresc Nourritures et consommation en Sicile entre le XIVe et le XVIIIe siècle.


« Nous sommes en effet convaincus que la commercialisation des pâtes n’a pu se développer que dans une société fortement urbanisée, et, à cet égard, l’extraordinaire extension qu’elle prend en Italie dès le XIIe-XVe siècles n’est pas tout à fait fortuite. »


« … dès 1371, les autorités de Palerme règlementent la vente au détail des « macaroni et lasagnes blancs de semoule » et des « macaroni et lasagnes de farine », en fixant leur prix maximum respectivement à 30 et 20 deniers la mesure. Or l’on sait que le contrôle des prix s’effectue en priorité sur les produits de première nécessité. »


« Le même document distingue 2 qualités de pâtes : l’une axutta, c’est-à-dire sèches, l’autre bagnata (mouillées) c’est-à-dire fraîches, sans donner de précision sur leurs prix respectifs. »


À noter tout de même l’écart important entre les pâtes de semoule et celles à base de farine, « qui traduit naturellement une différence de coût de la matière première mais aussi une plus grande valorisation commerciale des pâtes de semoule »


Enfin, « selon certains auteurs, un foyer tout aussi ancien, voire antérieur de deux siècles à celui de la Sicile, ce serait implanté sur la côte amalfitaine parallèlement à une activité meunière qui s’y serait développée entre le IXe et le XIe siècle. »


Ce qui est certain c’est que « la région sera un lieu de fabrication de pâtes sèches important et réputé, bien avant que Torre Annunziata et Gragnano ne deviennent célèbres pour cette industrie à partir du XVIIIe siècle. »


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« …le pôle de production le plus dynamique après la Sicile s’est développé en Sardaigne, autre célèbre terroir de blé dur et surtout île occupant une position clé au carrefour des voies commerciales de la Méditerranée. »


« Hors de l’espace italien, seule la Provence atteste d’une production de pâtes sèches. En 1397, la gabelle d’Avignon fait état de menudez, une variété  de pâtes visiblement très en vogue dans la Provence médiévale, puisqu’on en fabrique également à Grasse où, en 1428, les boulangers sont menacés d’une amende de 5 sus s’ils vendent leurs menusda plus de 8 deniers la livre. »


« La même gabelle avignonnaise de 1397 inclut d’ailleurs dans la rubrique « grains » la semola de fideis, autrement dit, la semoule pour faire les fideis, ce qui semble indiquer la présence dans la cité des Papes d’une confection artisanale de pâtes de semoule de blé dur. »


« Curieusement alors que les Espagnols, et surtout les Catalans sont très actifs dans le commerce des pâtes sèches, nous n’avons pu identifier aucun foyer de fabrication dans la péninsule Ibérique.

 

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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 09:00

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Entre Francis et moi c’est une vieille histoire commencée du côté de Montreuil-sous-Bois au temps où aller trainer ses guêtres dans ce genre d’endroit relevait de l’apostolat car aimer les vins différents attirait l’ironie des bien-installés de la RVF et autres critiques patentés.


« Bio cons ! » était leur cri de ralliement, on ne parlait pas ou peu en ce temps-là de vin nature, Claude Courtois préférait vin paysan, nous n’étions pas nombreux sur la planète des vins réprouvés, nous parlions même de créer un salon des refusés. Bref, les Rachais de Francis m’ont procuré l’une de mes plus belles émotions esthétiques de ma vie link Ça créé des liens.


Depuis nous ne nous sommes plus quittés, façon de parler, et je ris dans ma fine barbe de 3 jours grisonnante lorsque j’entends les ouvriers de la 25e heure s’extasier devant le brut nature de l’ami Francis. Par bonheur, et c’est tout à son honneur, notre Jacques Dupont plaçait haut le Boulard. Pour les autres le coq ne chantait pas trois fois mais je n’ai guère de respect pour ces gens de mauvaise foi. Nous avons même, Francis et moi, envisagé la venue  de celui-ci avec son tracteur enjambeur Loiseau bleu place du Palais Bourbon afin de nous Invigner.


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Comme pour mon amie Catherine Bernard, où certains d’entre vous m’ont suivi, je vous demande de lire ce qui suit :


Bonjour

 

 

Je m’appelle Francis Boulard, et voici ma fille Delphine Richard

 

 

Nous sommes propriétaires des Champagnes Francis Boulard à Cauroy-les-Hermonville, au nord de Reims.

 

 

Nous nous trouvons sur les hauteurs du village de Cormicy au massif de Saint-Thierry, c’est la région la plus extrême nord de la Champagne.

 

 

Nous avons créé un petit vignoble en 2009, un petit jardin de vignes de 3 hectares dans lequel nous avons pris l’initiative de travailler qu’en bio dynamique, la moitié de  nos vignes ont été certifiées en 2009 et maintenant nous sommes en reconversion complète depuis 2011.

 

 

Notre vignoble est réparti sur la moitié du massif de Saint-Thierry où nous sommes et sur l’autre moitié sur la vallée de la Marne où on a tous nos Pinot Meunier (…) »

 

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« A l’heure actuelle nous avons un foudre qui nous permet seulement de loger un tiers de la base de la Petraea, c’est une réserve perpétuelle à laquelle chaque année nous ajoutons 25% de la nouvelle vendange pour faire l’année suivante et nous pouvons seulement loger un tiers des vins en foudre, pourquoi en foudre parce que l’on a beaucoup moins d’oxydation que sur des barriques bordelaises ou bourguignonnes où les merrains sont beaucoup plus fins et donc sur des barriques il y a beaucoup plus d’oxydation.

 

 

Le projet aujourd’hui est donc de racheter un foudre pour compléter le logement de la cuvée Petraea, la réserve perpétuée.

 

 

Nous avons donc besoin de vous pour nous aider à concrétiser ce projet qui nous tient à cœur et ainsi faire évoluer nos vins comme nous le désirons.

 

Par avance, merci !

 

Francis Boulard et Delphine Richard


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Ouvrez ce lien link et faites comme-moi !


Merci par avance les petits ruisseaux font les grandes rivières même en Champagne

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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 00:09

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Hier sur Twitter Jacques Dupont le sage – oui, oui, vous ne rêvez-pas notre Jacques Twitte depuis sa Basse-Bourgogne où il s’use les yeux, mais ça repose son nez, sur les ultimes lignes de son Spécial Vins du Point – « tous les indicateurs sont dans le rouge. Encore une attaque contre le vin ! »


 Et pendant ce temps-là Michel Smith concède « Je sais, je sais : je suis un « chieur » de première. Je devrais mettre un peu d’eau dans mon vin. Mais que voulez-vous, un rien m’emporte. Et c’est pour cette raison que bien des attachées de presse ne m’invitent plus dans leurs sauteries. Comme je les comprends…


Tant mieux, d’ailleurs, car je ne m’en porte pas plus mal…


Tout ça pour proclamer, à la manière d’un héros de Molière « Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir ! - Comment ? - « Ôtez-moi ces bouteilles d’eau que je ne saurais voir ! »


Et moi dans tout ça je sens le gaz !


Qui suis-je ?

 

Où vais-je ? 

 

Comment vais-je me faire entendre dans le monde impitoyable des réseaux sociaux ?

 

Dois-je comme le petit bedonnant taper sur la GD à bras raccourcis ou comme les naturistes me vouer corps et âme à la promotion du vin nu ?


Non, ce matin j’ai décidé de faire un blanc !


Ça fera plaisir à mes détracteurs qui rêvent que je sois soudain atteint du syndrome de la page blanche.


Désolé vous faites chou-blanc mes cocos !


page Blanche2

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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