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Vendredi 1 août 2014 5 01 /08 /Août /2014 00:09

Ma pieuse mère rêvait que j’entre au séminaire. Dans la Vendée profonde le goupillon brillait de ses derniers feux, le pays était constellé de séminaires et le célèbre Mgr Cazaux, grand défenseur  de l’enseignement libre, dépêchait dans les dites écoles un envoyé spécial, que les paysans avaient baptisés « le grand inséminateur », pour susciter des vocations. Il venait une fois par an en classe pour nous questionner hypocritement sur notre devenir professionnel. Sur de petit papier nous devions répondre à sa question. Les plus hardis, anonymement répondaient : vidangeur, les autres transcrivaient leur futur métier. Aucun de mes camarades de classe n’est entré au séminaire.


Un jour, pour voir comme au poker j’ai écrit : prêtre. Enfer et damnation, tel un vautour se jetant sur sa proie le dragueur de vocations me bombarda de sollicitations écrites. Je fis droit à l’une d’elle, toujours pour voir. C’était une retraite de 3 jours au Grand Séminaire de Luçon. J’avais 7 ou 8 ans et j’étais plutôt mignon avec mes cheveux bouclés et mon minois d’angelot. Je n’étais jamais sorti des jupes des femmes de la maison qui me bichonnaient comme un prince. Ce fut l’horreur absolue. Tout d’abord l’odeur du lieu, un étrange mélange de renfermé et de fade ; ensuite le réfectoire et son manger infâme ; enfin, la chambre individuelle haute de plafond, ce lit en fer, ses draps rêches, et cette veilleuse violette… je me sentais comme pris dans un piège sans espoir de m’échapper et je me mis à sangloter. Un jeune prêtre vint me consoler. Lui sentait l’eau de Cologne.


De retour à la maison je fis un feu de joie de la propagande au fond du jardin. Mon père passant par-là me demanda pourquoi ? Ma réponse : « j’ai envie d’aimer les filles » lui plut et il intima au clan des femmes l’ordre de me ficher la paix. Ainsi se termina en queue de poisson ma saga ecclésiastique.


Mais, tout mécréant que je sois, le travail des nonnes et des moines m’a toujours intéressé et je suis client de certains de leurs produits, fromages et confitures surtout car du côté du vin les vins d’abbayes ne sont pas, à défaut d’être surnaturels, très naturels.


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ORA et LABORA


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Si, pendant vos vacances vous ne souhaitez bronzer et manger idiot je vous conseille l’acquisition du « guide gourmand des Abbayes » aux éditions du Chêne de Nicole Masson, c’est une bible et vous pourrez ainsi être gourmand sans risquer de pêcher…


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Lire ma chronique « Le vin des sœurs du Monastère orthodoxe de Solan en cohérence avec sa terre... comme en Bourgogne » link


Je reviendrai, à propos des fromages d’abbayes sur cet ouvrage…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 30 juillet 2014 3 30 /07 /Juil /2014 09:30

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J’ajouterais même : faites des biroutes plutôt que des autoroutes !


Les biroutes étant, au cas où vous l’ignoreriez, en Afrique et en Bretagne des routes à deux voies séparées.


Le Monde titrait : Bronca estivale. La ministre de l'écologie, Ségolène Royal, s'est opposée au projet d'autoroute A381 – tronçon d'une soixantaine de kilomètres reliant Fontenay-le-Comte en Vendée à Rochefort, en Charente-Maritime –, et qui avait reçu en 2011 le feu vert de l'ex-premier ministre, François Fillon. Si par cette décision la ministre fait les beaux jours des opposants à l'autoroute, les élus locaux de tous bords crient eux au scandale et en appellent à l'arbitrage de Manuel Valls. link


Ceux qui me suivent ICI savent que je ne suis ni un khmer vert, ni un adulateur de notre irremplaçable Ségolène Royal, mais nos élus locaux, grands coupeurs de rubans tricolores et de grands travaux aussi somptuaires qu’inutiles, seraient plus avisés d’être moins dispendieux et de ne pas alourdir plus encore le poids de notre endettement.


Des investissements à long terme : oui, des autoroutes à 900 millions d’€ pour 60 kilomètres c’est absolument non !


L’attelage hétéroclite formé de : Jacques Auxiette, président socialiste de la région Pays de la Loire, Dominique Bussereau, président UMP du conseil général de Charente-Maritime, Olivier Falorni, député socialiste de Charente-Maritime qui s'était présenté contre Mme Royal en 2012, Bruno Retailleau, sénateur UMP de Vendée et président du conseil général de la Vendée, Jean-François Fountaine, dissident PS maire de La Rochelle ou encore Hervé Blanchet, maire UMP de Rochefort, au lieu de brailler de concert contre « Aliénor d'Aquitaine », dixit le petit Retailleau, sous-produit du vicomte,  devrait se préoccuper du bouclage financier de l'infrastructure qui n'est pas réalisé dans la mesure où, avant toute étape supplémentaire, les collectivités demanderesses Charente-Maritime, Vendée, Pays de la Loire doivent délibérer pour couvrir les 400 millions d'euros nécessaires.


Allez, consultez donc ceci : Faut-il s'inquiéter de la hausse des dettes de nos régions ? link


Ces messieurs, drapés dans leurs écharpes tricolores, vont me rétorquer que j’ai bien du toupet moi le vendéen de Paris. La réponse est oui j’ai beaucoup de toupet, mais du côté des signataires UMP je les renverrai à leur copie parisienne vu la saine gestion financière de leur parti, quant aux socialistes je vais être charitable et leur demander de la jouer modeste en ces domaines.


Donc j’ai du toupet ! Normal car si j’en crois In Muteaud Veritas « Les Vendéens ont tous les toupets. Non contents de jouer des coudes avec le Gers et les Pyrénées-Atlantiques pour la production de foie gras (8 millions de canards gras produits par an selon la chambre d’Agriculture), les voilà qui revendiquent haut et fort la qualité de leurs terroirs viticoles.


Anciennement dénommés fiefs du Cardinal, car Richelieu avait fait son ordinaire de ces vins créés au Moyen-Âge par les moines autour de Mareuil-sur-Lay, les Fiefs Vendéens ont décroché leur AOP en 2011. Avec une superficie de 480 ha, l’appellation ne risque pas de venir encombrer les linéaires des supermarchés. » link


Bonne journée et large soif !

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 28 juillet 2014 1 28 /07 /Juil /2014 00:09

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Montand chantait, « à bicyclette » Quand on partait de bon matin /Quand on partait sur les chemins /A bicyclette / Nous étions quelques bons copains /Y avait Fernand y avait Firmin /Y avait Francis et Sébastien /Et puis Paulette…


Quand on approchait la rivière / On déposait dans les fougères /Nos bicyclettes /Puis on se roulait dans les champs / Faisant naître un bouquet changeant /De sauterelles, de papillons / Et de rainettes


Hier à Paris y’avait beaucoup de bicyclettes sur les Champs Elysée et aussi beaucoup de poulets qui ont pu, par le truchement des gens de Loué, se faire charrier gentiment. En effet, les petits futés du poulet de Loué ont profité de l’été pour afficher le poulet libre de Loué. C’est la 3e édition de cette campagne link et link qui déplaît tant aux syndicats de poulets qui passe leur temps à nous expliquer à la télé les causes des crimes et des méfaits.


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Les bicyclettes des ex-« forçats de la route » ont tout de la formule1, les poulets parisiens ne sont plus des hirondelles avec pèlerines, bâton blanc et vélo, mais y’a des rivières et des canaux dont les berges sont pris d’assaut le soir venu par la folle jeunesse d’aujourd’hui.


Je longe souvent, sur ma flèche d’argent, le canal Saint-Martin, et je suis atterré de constater que tous ces pioupious se nourrissent en majorité de bouffe toute préparée accompagnée par des boissons sucrés de marques ou de la bière (faites les poubelles et vous verrez !). Une misère ! Mais c’est qu’ils sont fauchés me rétorquera-ton ! Billevesées, c’est trop souvent qu’ils sont indifférents à ce qu’ils mangent et boivent.  L’important pour eux, c’est d’être ensemble. Normal, mais les grands chantres du vin convivial, les pleureurs de la loi Evin, devraient tout de même se poser la question de leur propre responsabilité dans cet état de fait.


Trop facile de jouer les Ponce-Pilate, en effet lorsque nos jeunes des canaux s’offrent du jaja, et y’en a aussi, c’est aussi misère. Là encore j’invite nos chères interprofessions à venir faire les poubelles ça vaut tous les panels. Dans notre beau pays c’est toujours la faute des autres mais quand on propose à des prix canons des vins qui sous des étiquettes d’appellation ne sont que des jus alcoolisés sans authenticité il ne faut pas s’étonner que le goût des pioupious se tourne vers des liquides plus rafraichissant. On se gargarise du développement des clubs de dégustation, des master-class, les conseilleurs pullulent sur le Net et ailleurs, des e-vendeurs se la jouent start-up, alors que ce n’est que l’épaisseur du trait, une infime minorité, tout le monde broute dans le même pré.


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« Misère, misère… » chantait Coluche


L´argent ne fait pas le bonheur des pauvres

Ce qui est la moindre des choses…

Misère, misère!

Peut-être qu´un jour ton président

Sentant monter notre colère

Misère, misère!

Devant les peuples sans frontières

Alors il s´en mordra les dents

Misère, misère!

 

Et Coluche de se gondoler : « Attendez que la gauche passe en 2012 ! »

 

Épisode nostalgie d’un vieux con


Chacun d’entre nous, pour les vieux comme moi, se souvient du bon poulet de grains acheté à la ferme qui grattait et picorait dans l’aire avant de finir de s’engraisser dans l’ombre de la mue nourri aux croutons de pain trempés dans du lait. C’était du costaud avec des os solides, du goût et une graisse claire qui fondait en cuisant. On les achetait pas vidé mais plumé avec les pattes et le cou. Ces poulets avaient du temps devant eux pour atteindre leur maturité.


Puis, très vite, tout au début de ce que l’on a baptisé les 30 Glorieuses, les marchands d’aliments ont débarqué avec dans leur besace ce que mémé Marie appelait de la farine, de la bouffe en sac, et aussi des petites capsules pour piquer les poulets : les hormones. Mémé n’y a jamais touché mais dans nos campagnes certains s’extasiaient devant la croissance éclair de leurs volailles, leur forme ronde et joufflue. Jean Ferrat le chantera dans « La montagne ».


Les hormones furent interdites mais les bâtiments d’élevage laids s’érigèrent dans nos paysages, chassant les volailles en liberté des aires de ferme, laissant la place aux camions de farine déversant dans des trémies la bouffe des volatiles cloîtrés. Le paysan est devenu un travailleur à façon, tout, du poussin aux médicaments, car bien sûr la concentration amène des maladies, lui était fourni. Fin d’une époque, c’est le grand virage de la productivité qui sera l’un des atouts de la future GD seule en capacité à écouler une production de masse.


Mais laissons-là ces souvenirs nostalgiques pour nous poser une question simple : est-il possible, non pas d’effectuer un retour en arrière mais de mettre en œuvre une production de poulets de grains qui permettent au plus grand nombre de retrouver le goût de la volaille en ne se ruinant pas. Pour l’heure, l’accès à ce type de volatile est un luxe que tout le monde ne peut s’offrir.


La ferme avicole des Grands Champs en Dordogne, tenue par le papa de ma copine Fleur Godart s’y essaie :


« La ferme avicole des GRANDS CHAMPS est spécialisée dans le démarrage et la finition de volailles de qualité fermière vendues en direct. Dans notre belle région du Périgord, la ferme occupe 30 hectares dans des bois où les animaux bénéficient d’une totale liberté lorsqu’ils sont lâchés.


Les exploitants représentent la 3° génération depuis 1928, le gérant actuel étant Etienne GODART.


L’aliment fabriqué sur place depuis 1961 (formule inchangée depuis 1975) est de type fermier. Il contient des céréales (maïs et soja), des protéines végétales (gluten de maïs), des vitamines, des minéraux et … c’est tout !


Nous avons des méthodes de production dans l’esprit bio mais nous rejetons ces normes plutôt adaptées à l’industrie. Par exemple, nous refusons de lâcher les poulets par temps humide à cause des risques important de maladie. Risques accentués par une contrainte liée à la vente directe permanente: la présence d’une grande diversité d’âge de volailles, contrainte que n’ont pas les éleveurs en « bande unique » travaillant pour des groupements ou des abattoirs. Nous savons de quel champ vient le maïs, ce qui n’est pas le cas de la grande majorité des producteurs « bio » ne fabriquant pas leur aliment. Nous préférons l’agriculture durable, naturelle, traditionnelle, sans traitements antibiotiques (sauf maladie), en totale transparence, dans la vente directe, sans marketing, sans emballage tapageur. Des produits simples à des prix équitables pour tous. »


Fleur distribue les poulets de son père sur Paris et l’on peut aussi les acheter sur les marchés des Enfants Rouges ou des Batignolles et lors de certaines manifestations ponctuelles : Paris Fermier, le salon du parc floral, Champerret…


Les tarifs sont ICI link


Le Panier parisien link


Voir ma chronique : « Sans contestation, les pieds trahissent les poulets » de l’Audiard pour le panier de Fleur Godart vins & chapons link


C’est beaucoup de temps et de travail, est-ce reproductible ? Y-a-t-il encore des volontaires pour ce type d’entreprise ? Je ne sais, mais ce que je sais c’est que tant que les consommateurs seront aussi indifférents à la fois au produit vraiment fermier et au travail qu’il nécessite, peu de candidats se présenteront au portillon. Il est si facile d’appeler le développement de ces produits en se contentant de complaintes de soi-disant commis de cuisine pour quelques semaines. Vivre et produire au pays c’est  365 jours sur 365 sans répit, du courage, du courage… pas une petite mise en scène à 2 balles avant de s’en retourner pénardement dans le confort de sa métropole.


J’ai beaucoup écrit sur le poulet : Florilège


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-         Poulet au vinaigre de cidre augeron link


-         Le poulet du dimanche, ses pommes de terre nouvelles de l’Ile de Ré et sa bouteille de Vin bouché de Vendée sélectionnée par Michel Smith... link


Bref, rien ne vaut pour un beau pique-nique au bord de l’eau ou ailleurs de beaux pilons de poulets de grains, des vrais, bien fermes, à la peau croustillante et pour faire couler rien ne vaut Le Vin des amis de Jeff Coutelou


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Vendredi 25 juillet 2014 5 25 /07 /Juil /2014 00:09

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« Pour m’y rendre, de chez moi, le 24 Boulevard Saint Jacques, avec mon vélo, je commence par emprunter la rue du Faubourg Saint Jacques. Au bout de celle-ci je bute sur la rue Saint Jacques que je ne peux prendre car elle est en sens interdit. Alors je prends la rue Pierre Nicole puis celle des Feuillantines et je passe à quelques pas de l’église Saint Jacques du Haut-Pas ( escale sur la route des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle) Je coupe la rue Gay-Lussac – celle qui fleure bon le pavé made in 68 – et je m’enfile la rue d’Ulm qui, elle, garde un petit goût de GP (Gauche Prolétarienne pour les initiés qui lisent mes écrits du dimanche) mais, juste avant que celle-ci ne se jetât sur la place des Grands Hommes – le Panthéon – je vire à gauche – pas celle du facteur de Neuilly – pour me retrouver dans la rue des Fossés Saint Jacques. Voilà, je suis arrivé sur la place de l’Estrapade qu’est toute mignonne avec sa petite fontaine et son jet d’eau, l’ombrage de ses arbres et ses quelques bancs. On se croirait presque arrivé sur la place d’une sous-préfecture endormie alors qu’on est à deux pas de l’inexpugnable mairie de Tiberi. »


La suite ICI link

 

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Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 08:50

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Dans la touffeur qui vient de s’abattre soudain sur Paris : + 15° en une journée une expression trottait dans ma tête : « Bien se tenir à table » à propos de la petite bulle de la blogosphère, dite culinaire, à propos des ennuis judicaires d’une chroniqueuse amateur taillant un petit costard à une pizzéria du Féret, Il Giardino link 


D’un côté  des restaurateurs se plaignant, parfois  à juste raison, de l’incivilité, de l’agressivité, du manque de savoir-vivre de beaucoup de clients.


De l’autres, les dits-clients qui, avec les nouveaux moyens de la Toile : réseaux sociaux, blogs ou sites type Tripadvisor peuvent casser du restaurant dans le plus pur anonymat  ou une relative impunité.


La réplique de la patronne d’Il Giardino, très en phase avec la juridisation de notre société, a débouché sur un verdict en référé (comme s’il y  avait une quelconque urgence à statuer) d’une sévérité incompréhensible.


Effet boomerang immédiat, déchaînement de commentaires négatifs sur Tripadvisor par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans ce restaurant.


Et puis intervint la parution du fameux décret « fait à la maison » où la restauration française dites traditionnelle s’est illustrée en allant quémander auprès des pouvoirs un décret de protection dit « fait à la maison ».link


Illustration d’une double démission, celle des restaurateurs incapables d’assurer leur clientèle de la réalité de leur prestation et celle de leurs clients qui très souvent revendiquent tout et son contraire : le pas cher pour un repas qui ne peut-être que low-cost.


Bref, bien se tenir à table est une façon pour moi d’exprimer de 2 manières le savoir-vivre : la politesse et le bien-vivre.


Comme l’ami Charlier je vais au restaurant pour le plaisir et je ne débarque pas n’importe où n’importe comment, je choisis.


Un point constant sur cet espace de liberté, aussi bien pour les vins que pour la table lorsque je n’aime pas je n’en parle pas. À quoi bon, ce ne serait que mon point de vue, je ne suis pas un critique, un expert, mais un simple chroniqueur.


Quand j’aime alors je vous le dis.


Dans le même temps le magasine le POINT de cette semaine titrait : Les Mal Élevés.


Je l’ai acheté et je vous livre quelques réponses de Michel Onfray :


-         Le triomphe du chacun-pour-soi serait-il le dernier avatar du libéralisme sauvage ?


« La fin de tout ce qui faisait communauté (la religion avec le judéo-christianisme et la politique avec les idéaux marxistes) a laissé place au  nihilisme d’une époque dans laquelle dans laquelle, en effet, l’argent fait la loi. Le libéralisme, en tant qu’il suppose les pleins pouvoirs du marché, a substitué des « valeurs » aux valeurs anciennes : l’idéal se trouve moins dans le prêtre ou dans le militant que dans l’égotiste, qui se permet tout »


-         L’homme n’a jamais réussi qu’en coopérant ; la loi du chacun-pour-soi signe-t-elle la fin de l’humanité ?


« Il y a les sauvages, les barbares, les égoïstes, les brutes qui sont seuls au monde et  chosifient tous ceux qu’ils approchent. Puis il y a les hédonistes, les altruistes, les généreux, les prodigues qui veulent transformer en fête toute relation avec autrui. Les premiers sont plus nombreux que les seconds, bien sûr. Et la brutalité l’emporte toujours quand elle est en compétition avec la gentillesse – Qui est à mes yeux vertu cardinale et première. »

 

La chaussée parisienne que j'arpente sur ma flèche d'argent en est la plus convaincante des démonstrations du triomphe de la brutalité...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 00:09

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Fait maison, décret bidon décrète JP Géné dans le Monde link

 

« En voilà une idée qu'elle était bonne : distinguer les restaurants qui cuisinent chez eux des produits frais de ceux qui assemblent des plats en kit fournis par l'industrie agroalimentaire. »


L’idée était bonne mais la méthode inadéquate.


Pourquoi passer par la force publique ?


Pourquoi un décret ?


Quand arrêterons-nous de penser qu’on change  la société par décret ?

Michel Crozier 1979 On ne change pas la société par décret, Paris, Fayard, 1979 *

 

Paresse, refus  de prendre ses responsabilités, est-ce vraiment d’intérêt général ?

 

Le fait maison ne relève pas de la protection de la santé publique ou de la répression de fraudes sauf si le restaurateur trompe ses clients en affichant des informations inexactes.


C’est une question de nature contractuelle entre le restaurateur et son client.


J’ai du mal à comprendre que l’on puisse à la fois demander plus de liberté par rapport au système  des AOC, géré par les professionnels au sein de l’INAO, et revendiquer auprès de l’État la mise en œuvre d’une réglementation générale sur le fait maison ?


Pourquoi s’étonner que le bébé soit mal formé ?


Comment en aurait-il pu être autrement, pourquoi demander à l’État de règlementer sur un sujet qui relève de la liberté des intéressés.


On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.


Pourquoi les restaurateurs qui n’utilisent que des produits frais ne sont-ils pas pris par la main pour élaborer une charte, leur charte du fait maison ?


Ça ne relève pas de la mission impossible vu le nombre d’établissements en cause.


Sauf que dans notre pays tout le monde clame haut et fort qu’il veut moins d’État, moins d'impôts mais à la première occasion on revient quémander dans son giron et appeler à la rescousse ses fonctionnaires.


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Pourquoi ?


Parce que ça évite les confrontations d’intérêts contradictoires, les conflits et ça permet de bénéficier à l’œil  du bras armé de l’État pour faire respecter le décret.


Au risque de choquer certains j’estime que les fonctionnaires de la Répression des Fraudes ont mieux à faire.


Il faut arrêter dans ce pays de vouloir tout et son contraire, moins de règlementation appliquée par de fonctionnaires tatillons et plus de protection de confort.


Le « fait maison » en est une, en tant que consommateur je suis en droit d’exiger, en fonction de la hauteur de l’addition, du restaurateur qu’il s’engage lui-même sur ce qu’il met dans mon assiette.


C’est un contrat de confiance entre lui et moi, entre lui et ses clients.


Pas besoin pour cela d’un décret dont la rédaction est soumise au poids des lobbies et des intérêts contradictoires des organisations professionnelles dites représentatives.


C’est prendre un marteau-pilon pour écraser une mouche.


J’avoue que j’en ai soupé de cet assistanat, de cette forme de sécurité sociale pour professionnels majeurs et soi-disant responsables.


Quant aux clients, il faudrait aussi qu’ils se bougent le cul, qu’ils assument leur responsabilité de consommateur en étant exigeant. Mais est-ce possible pour une majorité d’entre-eux qui chez eux choisisse la bouffe déjà préparée ?


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Enfin un petit mot pour les grands chefs et leurs affidés qui se pavanent sur les estrades du SHIRA de Lyon pour vanter la haute gastronomie française alors que ce salon est la plus grande manifestation de  promotion de la bouffe industrielle. Qu’ils aillent donc se promener, comme je l’ai fait, dans le hall des Charal, Bonduelle and Co pour constater de visu ce que l’on nous concocte dans leurs laboratoires. C’est édifiant.


Nous sommes devenus des pleurnichards, des assistés pour qui il faut vérifier la becquée, notre responsabilité citoyenne est au abonné absent, nous râlons, nous revendiquons, nous sommes incapables de nous prendre en mains, nous demandons tout et le contraire de tout à un État impotent.


Pas la peine d’afficher au Baccalauréat un taux de réussite record à 87,9% si c’est pour un tel résultat, une telle démission.


Y’a des jours où je ne regrette pas d’être vieux, même un vieux con car « la différence essentielle  entre un jeune con et un vieux con réside dans le temps qu’il leur reste à vivre. »  Jean Dion chroniqueur québécois

 

* « Nous vivons dans une crise d’affolement devant la complexité d’un système que nous ne maîtrisons plus ». Ainsi, comme le citoyen n’a jamais été aussi libre de ses choix dans une société ou le nombre d’interrelations entre les Hommes a augmenté, les individus, qui ne supportent plus la contrainte, sont dépassés par un système qui ne paraît plus maîtrisable. Les systèmes ne reposent plus sur une forme d’autorité hiérarchique: tout le monde est dépendant de tout le monde, personne ne commande et tout le monde obéit. En outre, le nombre de participants à une décision augmente, d’où la complexification de la société et le ralentissement actuel de l’action. C’est pour cela que l’ « on ne change pas la société par décret » car le changement est long et se butte à la rigueur administrative ainsi qu’à l’immense jeu de réseaux autonomes ou les individus expriment leur liberté. L’innovation, l’initiative doivent donc se mettre en place sur le long terme afin de ne pas scléroser la société. »

 

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Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 00:09

Depuis que j’ai osé critiquer link et link le sieur Lubot président de la RVF et directeur-délégué du groupe de presse Marie-Claire, je suis tricard du côté des pinces-fesses de la RVF. Privé de petits fours, de discours, au piquet le Taulier.


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Grand bien leur fasse, ce n’est pas d’une élégance folle dans la mesure où, à l’époque, le sieur Lubot s’était fendu d’excuses publiques et que le groupe Marie-Claire avait condamné par communiqué son comportement.


Les petites vengeances sont à la hauteur du personnage.


Bref, y’a plein de gars à la RVF que j’aime bien et j’aurais pu espérer qu’au nom de l’indépendance éditoriale Denis Saverot passe outre à l’oukase du représentant de son actionnaire.


Rassurez-vous ça ne m’empêchait pas de dormir.


Et puis, avant-hier, je reçois un petit courrier que je vous livre :


Le Salon de La Revue du vin de France, 5ème édition de Bruxelles

 

David Huynh - Le Salon de La Revue du vin de France

 

Bonjour,


Je suis David Huynh du Salon de La Revue du vin de France qui se déroulera pour sa 5ème édition les 22 et 23 novembre 2014 à l’Hôtel de la Poste Tours & Taxis à Bruxelles.


Notre événement regroupe 50 vignerons exposants sélectionnés parmi l’élite du vignoble français.


Afin de promouvoir au mieux notre Salon, pourrions-nous envisager de bénéficier de visibilité sur votre site (newsletter, agenda, actu, display, jeux concours,…) ?


Pour vous remercier, le Salon de La RVF se ferait un plaisir de vous inviter à cet évènement.


Je reste à votre entière disposition pour tout complément d’informations.


Vous pouvez retrouver notre événement sur : http://salon.larvf.com/fr/#/fr/

 

Très cordialement,

 

David Huynh

Le Salon de La Revue du vin de France

P A R I S • B R U X E L L E S • P É K I N • G E N È V E

http://salon.larvf.com

 

Groupe Marie Claire

10, boulevard des Frères-Voisin

92 792 Issy-les-Moulineaux Cedex 9.

Tel. : +33 (0)1 41 46 86 24

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Mardi 8 juillet 2014 2 08 /07 /Juil /2014 10:30

J'écrivais en août 2013 : faut-il mutualiser le risque de grêle ?


En juillet de 2014 plus que jamais la réponse est OUI.


La grêle est un risque assurable qui n’entre pas dans le cadre de loi de 1964 sur les calamités agricoles. Contrairement aux fruits des arbres fruitiers dont la valeur marchande peut être évaluée dans l’état, le raisin destiné à la vinification n’est ni remplaçable dans le cas des AOP (sauf sous conditions dans les grands bassins génériques) ni vraiment indemnisable. L’assurance compense la récolte perdue et assure la trésorerie, mais l’absence de vin pénalise les exploitations, tout particulièrement les vendeurs directs qui ne peuvent honorer leurs ventes auprès de leurs acheteurs habituels.


L’assurance grêle est donc coûteuse pour un retour en cas de sinistre qui n’est pas à la hauteur des sommes engagées sur le long terme. En conséquence beaucoup de vignerons ne s’assurent pas ou ne s’assurent plus, ce qui a pour conséquence de renchérir le coût de l’assurance-grêle du fait de la faiblesse de l’assiette.


Je ne suis pas un spécialiste de l’assurance et je ne vais pas m’aventurer sur une terra incognita. Cependant je me permets de suggérer aux grands dirigeants de nos organisations viti-vinicoles, de concert avec les pouvoirs publics, de mettre sur le chantier la question de la mutualisation de l’assurance grêle en la rendant obligatoire comme l’assurance habitation ou automobile ce qui élargirait l’assiette et permettrait de faire baisser son coût. Coût supplémentaire (à évaluer) certes mais qui permettrait à l’ensemble de la vigne France d’être mieux armée face aux rudesses du climat qui mettent en danger un nombre de plus en plus important de vignerons. Les CVO sont obligatoires alors pourquoi ne pas l’envisager pour couvrir un risque économique qui s’avère de plus en plus fréquent.

 

La chronique ICI link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 2 juillet 2014 3 02 /07 /Juil /2014 11:00

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Une dramaturgie absolue : l'agression de Schumacher sur Battiston, l'épreuve des tirs aux buts où mon poulain le grand Max Bossis qui avait tout donné échouait...


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Max Bossis a été mon élève au lycée agricole de la Roche sur Yon. C'était un grand joueur, intelligent, infatigable, courtois, discret, un exemple... Fils de paysans de St André Treize Voies, une grande famille qui aurait pu former une équipe capable de jouer au plus haut niveau, il est pour moi le bon exemple de ce qu'était l'ascenseur social du sport avant la période fric. »


J’écrivais ces lignes en novembre 2005 alors que je venais d’acheter le Monde à l’aéroport de Séville.link


Le grand Max, c’était un grand taiseux, discret, un gars de Saint-André-Treize-Voies, une famille de footeux, des paysans, lui, comme il le confiait à un journaliste, aimait la nature « Jeune, je rêvais de football … et de m’occuper d’une réserve naturelle… » Alors qu’il jouait au FC Yonnais, un après-midi alors qu’avec d’autres élèves Max était venu bêcher dans mon jardin, je lui avais confié qu’il devrait répondre positivement à l’offre du FC Nantes. Il a passé son bac d’abord, sérieusement comme toujours.


Je sais, que Séville lui colle aux bas, il le dit un peu fataliste « Quand ils m’abordent, les gens ne peuvent s’empêcher de me parler de Séville… C’est plus fort qu’eux ! »


Ce matin ce n’est pas ce souvenir que je souhaite évoquer mais le beau jeu, celui dont m’a nourri le FCN de José Arribas.


Je n’ai pas l’âme d’un supporter, je ne braille pas, je suis intensément le jeu, je goûte j’apprécie.


Comme je l’ai écrit dans une chronique j’aime bien cette nouvelle équipe de France lorsqu’elle joue ce beau et vif football vertical comme le disait PL Basse sur Itélé.


Pour moi les drapeaux, les hymnes, ce n’est pas mon truc, je respecte mais je ne vois pas au nom de quoi certains glosent sur le fait qu’untel ou un untel n’entonne pas l’hymne national. Chacun joueur a sa façon de se concentrer, sa liberté de choix doit être respectée.


Sur Face de Bouc et Twitter les relents d’un nationalisme stupide, d’un racisme affiché, revendiqué même, me dégoûtent.


Ce n’est ni la France, ni la Belgique, ni le Brésil qui foulent la pelouse mais deux fois 11 joueurs et l’arbitre qui fait lui aussi parti  du jeu. L’irruption de la télévision, du grand écran ont profondément pollué l’esprit du spectateur. Posé le cul sur son canapé il passe son temps à contester l’arbitre. Les erreurs de celui-ci font partie du jeu. Il est cocasse  de voir Maradona, un immense joueur mais un tricheur donner des leçons de morale.


Bref, je fus joueur de basket de bon niveau, j’aurais pu faire carrière comme me le demandait André Ostric le DTN. J’ai toujours respecté les décisions de l’arbitre même lorsqu’elles me paraissaient injustes.


Pierre-Louis Basse est né à Paimboeuf dans une famille de militants communistes, moi je suis né en Vendée avec un père Mendésiste, nous partageons la même passion pour le jeu et je vous recommande « Séville 82 : France-Allemagne Le match du siècle » et son dernier «  Mes seuls buts dans la vie » chez Nil éditions.


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France-Allemagne : Ach ! Séville ! link

 

     

 

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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 13:00

Quitte à passer pour un VC, vieux je le suis, con c’est à vous d’en juger, je reste très sensible à la dureté du travail manuel dans les champs, dans les vignes et je supporte difficilement ceux qui l’idéalise, tout comme ceux qui ne s’en préoccupe pas.


C’est dans mon ADN de petit vendéen, souvenir des femmes, ma tante  Valentine, mémé Marie, maman, qui « allaient aux champs » se coltiner les travaux pénibles : bêchage, sarclage ou repiquage ou vendanges… en pleine chaleur link


À l’école d’agriculture de la Mothe-Achard nous avions, tous les matins, été comme hiver, 3 heures de travaux manuels dans notre emploi du temps. Faner à la fourche, tailler la vigne, curer et brosser les vaches, biner dans le potager, ôter les adventices dans les parterres… ce n’était pas pour de rire, c’était dur… j’avais 12 ans … la terre était basse, elle l’est tout le temps…  le froid tranchant, les doigts gourds…  et même si la Vendée n’est pas la Bretagne, la marée y apporte aussi son lot de pluie…


L’évocation de ce temps qui semble englouti n’a pas pour but de faire pleurer dans les chaumières ou les lofts de l’est parisien, mais pour rappeler à ceux qui, à juste raison, désirent trouver ou  retrouver de bons produits authentiques que leur production exige souvent le recours au travail manuel et que celui-ci reste ce qu’il a toujours été : difficile et peu gratifiant.


Pas sûr que beaucoup d’entre nous rêvent de voir leurs enfants prendre le chemin des champs, des vergers ou des vignes, alors qui et à quel prix ?


La pénibilité il en est beaucoup question en ce moment, pas simple mais rien ne sont pires que les bons sentiments pour affronter le sujet des « petits maillons » de la chaîne indispensable mais si peu considérés.


Alors, suite à l’évocation par mon ami Daniele de la cueillette des câpres à Pantelleria link je vous propose de belles photos des mains du cueilleur :


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« Il les récoltait dans le vent…. fort… les câpres

Les mains rapides….

Un changement continue de position… car on a toujours un risque de trop plier son dos…

Et on risque de plier son dos pour toujours…

 

Il me disait que plus personne ne veut le faire… que plus personne veut que ses fils passent la vie à plier leur dos… à risquer de se le casser pour toujours…

 

Ce n’est pas facile lorsqu’on est des guerriers qui défient le vent… de savoir que soi-même et ses fils risquent d’avoir le dos plié. »

 

 

Mieux vaut ne plus faire ça…


« Pour travailler sous le commandement de Tobia* on y laissait non seulement la première peau mais aussi un peu celle d’en dessous, il fallait se maintenir à leur pas à eux trois*, et ces trois-là marchaient comme trois bœufs sous le même joug… » Beppe Fenoglio Le mauvais sort


Chronique « Ce n’est rien, ce n’est que le vin qui est allé le toucher au cœur » link


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