berthomeau

Mardi 21 janvier 2014 2 21 /01 /Jan /2014 10:00

img-0687.jpg

 

Mon rêve : ne rien faire ! Attendre «Pépère» vos écritures et me contenter de les copier-coller sur la zone prévue à cet effet. Je vous ai tant et tant écrit : 4000 et quelques chroniques en presque une décennie. Me rappelant, qu’insolents et irrespectueux, nous avons scandé le 13 mai 1968 « 10 ans ça suffit ! » à l’adresse du Général Président, je me suis dit en ce début  d’année qu’il me fallait le lever le pied avant de subir l’outrage de ce type de slogan.


Chemin faisant, en pédalant à nouveau, une idée a germé : et si je leur demandais à mes chers lecteurs de faire un petit effort et d’écrire à ma place sur mon espace de liberté ?


En voilà une bonne idée, une forme de sous-traitance sympathique qui suppléerait mes lacunes et mes insuffisances de gouteur de vin.


Simple comme une bouteille aimée !


1-    Vous faites comme mes copines blogueuses qui dégainent leur petite machine à faire des photos plus vite que leur eye-liner : une photo en pied du flacon et une de l’étiquette.


2-  Vous tartinez un petit commentaire de votre cru, sans chichis, comme ça vous vient. Nature quoi !


3-  Vous nous dites le pourquoi du comment qui vous a poussé à choisir cette quille avec tous les détails d’intendance, tout ce que bon vous semble, tout ce qu’aiment lire les dégustateurs éclairés.


Et ne venez pas maintenant me dire que c’est trop  difficile, que vous n’avez pas le temps, que ça fait un bail que vous n’avez pas fait de rédac, que ça ferait se marrer votre belle-mère, que vous avez mieux à faire.


C’est un défi !


J’espère que certains de vous relèveront le gant.


L’humour, la dérision, même les jeux de mots à deux balles, la précision, le pourcentage des cépages, la vie sentimentale du vigneron, tout est permis sauf les conneries.


Je ferai mon travail de rédac chef.


Pour ceux qui ont de l’ego une petite photo de leur tronche de vin sera bien sûr la bienvenue.


Maintenant je pars brûler un cierge à mon saint patron pour que ma supplique ne fasse pas un flop.


Par avance merci de venir coucher vos mots sur mes lignes…

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Lundi 20 janvier 2014 1 20 /01 /Jan /2014 09:21

89-039.JPG

 

« Ma poule ! » telle fut l’appellation dont me gratifia, sitôt notre première rencontre au Plazza-Athénée, un fils de pub bronzé à la lampe qui a réussi sa vie puisque, bien avant ses 50 ans, il exhibait une Rolex à son poignet. Je ne suis pas bégueule puisque c’était pour le boulot je n’ai pas bronché sans pour autant lui retourner le compliment.


Avant la Noël, pour mon dîner des Tronches de Vin, une douzaine, j’ai inscrit un « risotto de poule » au menu. Top ma poule ! Que du bon !


JP Gené de son côté, dans le Monde, proclame « Voici venu le temps des vieilles poules. Depuis novembre, elles pondent de moins en moins à mesure que la température baisse. » link 


Enfin, Guillaume Lapaque, nous convie du côté de Bourgueil le mardi 21 janvier à partir de 11 h 00 au restaurant « Vincent Cuisinier de Campagne »  19, rue de la Galottière, 37140 Ingrandes-de-Touraine a un lâché de poules dans les vignes (250 poules seront lâchées dans 1 ha de vignes entièrement clôturé, à terme ce seront des «gélines d'Ingrandes-de-Touraine») link


89-041.JPG

 

Du côté du 53 de la rue des Martyrs, tout en haut dur dur à vélo,  j’ai mes aises « au cul de poule » où règne la belle et grande Camille. Pour sûr que l'ami Feuilly vous dira en détail ce qu'est un cul de poule...


Des poules, des poules oui mais avec toutes ces poules que boiriez-vous camarades ?

 

À vos plumes !

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Jeudi 16 janvier 2014 4 16 /01 /Jan /2014 00:09

gaullistes-mai-68.jpg

 

Je ne suis pas un fanatique de l’ordre mais je suis très conservateur, en effet j’accumule, je conserve, non comme une fourmi, je suis plutôt cigale, pour garder une trace de ce que furent des moments de ma vie.


J’adore ressortir mes vieilles chemises des piles du placard ou extraire de leurs boîtes des chaussures oubliées. Aucune nostalgie mais simplement une envie de retrouver le parfum d’un objet pour qui j’ai eu un coup de cœur. Toute ma vie je suis tombé amoureux de ce que j’imaginais, acheteur impulsif je jouissais de trouver ce que je cherchais sans chercher.


Avec les mots, le stockage, la conservation de leur trace, avant l’irruption des disques durs, se traduisait par l’empilement en de lourdes chemises sanglées ou de multiples petits carnets et cahiers, de feuillets épars qui finissaient en scories dans l’obscurité de ma cave.


Dieu sait que j’en ai noirci des pages qui dorment d’un sommeil éternel avant que je ne trouve le courage de les mettre dans la benne jaune de l’immeuble.


L’irruption de l’écriture sur Toile a, sans que je n’en prenne conscience, marqué un virage essentiel dans mon désordre congénital. J’écrivais et, dans l’anonymat de monstrueux serveurs, mes enfilades de mots, en une forme d’appertisation post-moderne, restaient à disposition, accessibles en quelques clics.


Encore fallait-il prendre le temps d’aller les rechercher. Ce temps, je l’ai eu, je l’ai pris un peu contraint et forcé par mes 3 semaines de moine.


J’ai débuté cette plongée par ce que j’avais baptisé, un peu pompeusement, mon petit roman du dimanche commencé le 7 octobre 2006. Ce fut pour moi une forme d’astreinte, une obligation librement choisie, et, à ma grande surprise, je m’y suis tenu sans faillir.


Écrire donc, en laissant libre-court à mon imagination et à mes envies d’expérimenter des formes d’écritures, de camper des personnages : Francesca séduisit un temps Luc Charlier, de restituer des moments d’Histoire, de raconter des histoires. Figures libres, imposées, répondre présent pour une poignée de lecteurs.


J’ai donc compilé ces textes de bric et de broc.


Résultat quantitatif : 1 657 774 mots, 1378 pages…


Au plan qualitatif, beaucoup de feuilles mortes, de scories, mais dans le tas reste des matériaux utilisables pour tenter de bâtir ce qui pourrait être un vrai roman. Remettre sur le métier l’ouvrage, je m’y attelle chaque jour.


Comme le copié-collé est peu chronophage je vous propose de découvrir, au gré de mon travail d’élagage, quelques morceaux choisis.


68NantesTeam.jpg

 

« La spontanéité de la marée des Champs-Elysées, et des foules des grandes villes de province, s'appuyait sur l'art consommé de la vieille garde du Général à mobiliser ses réseaux de la France libre. Mobilisation amplifiée par l'adhésion d'une partie du petit peuple laborieux excédé par le désordre et de tous ceux qui voulaient voir l'essence réapparaître aux pompes pour profiter du week-end de la Pentecôte. La majorité silencieuse, mélange improbable de la France des beaux quartiers et du magma versatile de la classe moyenne, trouvait ce jeudi 30 mai sa pleine expression.


La journée plana, d'abord suspendue à l'attente du discours du voyageur de Baden-Baden avant de prendre son envol avec le bras-dessus, bras-dessous des Excellences soulagées sur les Champs-Elysées, elle s'acheva, telle une feuille morte se détachant de sa branche, dans un mélange de soulagement et de résignation. Mai était mort et tout le monde voulait tourner la page, l’oublier. L'allocution du Général fut prononcé sur un ton dur, autoritaire, menaçant. L'heure de la normalisation avait sonnée. De Gaulle ne savait pas encore, qu'en fait, c'était une victoire à la Pyrrhus, une droite réunifiée et les veaux français ne tarderaient pas à le renvoyer à Colombey pour élire Pompidou le madré maquignon de Montboudif.


Avec Marie, en cette fin de journée, nous sommes assis dans les tribunes du vieux Stade Marcel Saupin, au bord de la Loire, tout près de l'usine LU pour assister au match de solidarité en faveur des grévistes, entre le FC Nantes et le Stade Rennais. En ce temps-là, les footeux, parties intégrantes de la vie des couches populaires venant les supporter, match après match, osaient mouiller le maillot, prendre parti pour eux. José Arribas, l'entraîneur des Canaris, républicain espagnol émigré, à lui tout seul personnifiait cette éthique.  


Le stade semblait abasourdi, comme si on venait de lui faire le coup du lapin. Les Gondet, Blanchet, Budzinsky, Le Chénadec, Suaudeau, Simon, Boukhalfa, Robin, Eon, conscients de la gravité du moment, nous offraient un récital de jeu bien léché, à la nantaise, comme le dirait bien plus tard, un Thierry Rolland revenu de ses déboires de mai. Il fera partie de la charrette de l'ORTF. Comme quoi, mai, ne fut pas, contrairement à ce nous serine l'iconographie officielle, seulement un mouvement de chevelus surpolitisés.


Marie, ignare des subtilités de la balle ronde, applaudissait à tout rompre. A la mi-temps, en croquant notre hot-dog, dans la chaleur de la foule, sans avoir besoin de nous le dire, nous savions que ce temps suspendu que nous venions de vivre marquerait notre vie. Nous ne serions plus comme avant. Lorsque l'arbitre siffla la fin du match, l'ovation des spectateurs, surtout ceux des populaires, sembla ne jamais vouloir s'éteindre. C'était poignant. La fête était finie, personne n'avait envie de retrouver la routine du quotidien. Dans la longue chenille qui se déversait sur le quai, le cœur serré je m'accrochais à la taille de Marie comme à une bouée.


L'ordre régnait à nouveau. Le pouvoir n'était plus à prendre. A la Sorbonne le comité d'organisation décidait de chasser les «Katangais» et de fermer les portes pour quarante-huit heures ; il y avait beaucoup de détritus. Daniel Cohn-Bendit, convoyé par Marie-France Pisier, rentrait en Allemagne avant que le pouvoir ne prononce la dissolution de plusieurs organisations gauchistes.


Le 16 juin, la Sorbonne capitulait sans heurt. Le 17 juin, les chaînes de Renault redémarraient. Le 30 juin, au second tour des législatives, c'était un raz-de-marée, les gaullistes et leurs alliés obtenaient 358 des 465 sièges de l'Assemblée Nationale.


Nous à Nantes, forts du sérieux de notre organisation, face à des caciques revigorés, nous sauvions les meubles. Ici, le vent de mai, laissera des traces durables, aussi bien chez les paysans, que dans les organisations ouvrières et politiques : la deuxième gauche allait prendre d'assaut le Grand d'Ouest et investir la plupart des places fortes d'une démocratie chrétienne à bout de souffle et incapable d'influencer son camp : Nantes, Rennes, La Roche sur Yon, Brest, Lorient viendraient s'ajouter au fief de St Brieuc. »


30-mai-1968_1.jpg

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 14 janvier 2014 2 14 /01 /Jan /2014 15:38

 

Ce matin retour au bureau puis déjeuner à la cantine.


suzanne-et-les-vieillards_gd.jpg

 

Au retour, dans ma petite auto, en écoutant la radio, les propos me font penser à « Suzanne et les vieillards, Suzanne au bain, épisode apocryphe racontant qu'une jeune femme, Suzanne, surprise alors qu'elle prend son bain, refuse les propositions malhonnêtes de deux vieillards qui l'accusent alors d'adultère et la font condamner à mort. Mais le jeune prophète Daniel survient, prouve son innocence et fait condamner les vieillards.

 

Suzanne et les vieillards. 81x100. Huile sur toile André Lemaître Musée André Lemaitre - boulevard de la Libération - 14700 FALAISE 

 

L’adultère…


Le récit de la « femme adultère » de Jean 8 est l'un des plus beaux de l'Evangile. Cette femme pécheresse, condamnée par les intégristes de l'époque, est relevée par Jésus, pardonnée, libérée de ses accusateurs... avec cette formule restée célèbre : « Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre ! »


Jésus enseignait dans le Temple. Les scribes et les pharisiens lui amenèrent une femme surprise en flagrant délit d’adultère : « Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » (Jean 8,5)


Mais, se baissant, il se mit, imperturbable, à tracer du doigt des traits sur le sol. Puis, se redressant, il leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. »(Jean 8,7)


Après avoir entendu ces paroles, les accusateurs se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés. Le Maître se tourna vers la femme : « Où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » « Personne, Seigneur », répondit-elle. « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus ». (Jean 8,10-11)


Comprenne qui voudra

Moi mon remords ce fut

La malheureuse qui resta

Sur le pavé

La victime raisonnable

A la robe déchirée

Au regard d’enfant perdue

Découronnée défigurée

Celle qui ressemble aux morts

Qui sont des morts pour être aimés                

Une fille faite pour un bouquet

Et couverte

Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante

Comme une aurore de premier mai

La plus aimable bête

Souillée et qui n’a pas compris

Qu’elle est souillée

Une bête prise au piège

Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme

Voudrait bien dorloter

Cette image idéale

De son malheur sur terre.

 

Paul Eluard

 

J’ai zappé et préféré écouter David Bowie The Man Who Sold The World avant de me remettre à écrire.


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 13 janvier 2014 1 13 /01 /Jan /2014 00:09

Richard-Anthony-Et-Je-M-en-Vais-Richard-Anthony-1963-Partit.jpg

 

Aujourd’hui c’est, comme on dit, « comme un lundi » qui, comme chacun sait, est le lendemain du dimanche, jour qu’on ne passe plus à Orly mais sur la zone commerciale d’Evry à tromper l’ennui.


Même si le dimanche on peut toujours lire au lit mes petites chroniques je me suis dit, pour être bien compris, qu’il me fallait tout de même opérer une petite piqure de rappel ce lundi.


Alors, même si je n’ai jamais vraiment compris le succès de Richard Anthony, son goût prononcé, non pas pour le vin mais pour le train, qu’il entend siffler, m’a incité, à lui emprunter l’un de ses titres très entraînant : et je m’en vais.


Bien sûr je ne mets pas la clé sous la porte, je ne me tire pas à la cloche de bois, mais tout simplement je décroche.


Je vais le faire à mon rythme, tel un plongeur remontant par palier à la surface, décélérer sans pour autant arrêter de pédaler car, tout cycliste le sait, le risque est grand alors de tomber sauf si on est doué pour faire du sur-place comme savent si bien le faire certains de mes collègues éminents dégustateurs.


Ce ne sont pas des adieux, je reste fidèle à mon espace de liberté mais il faut savoir se ressourcer, se donner de nouveaux horizons, ne pas tomber dans la répétition.


Je vais donc continuer de chroniquer mais sans calendrier, sur tout et rien, et bien sûr le vin. Ainsi je ne me croirai plus obligé de participer à des trucs et des machins sans intérêt. J’ai déjà commencé. Ça m’évitera d’y croiser certaines gueules de raie qui s’y pavanent.


Si vous souhaitez connaître mes raisons allez donc lire ma chronique  du dimanche : « Du vin, non merci, un soupçon, une larme… link


Sinon vaquez à vos occupations et bonne journée à tous…

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 12 janvier 2014 7 12 /01 /Jan /2014 00:09

pain--amour-et-fantaisie-affiche_34120_45333.jpg

 

Ce dialogue dans le film de Luigi Comencini :


Le maréchal de logis des carabiniers, Antonio Carotenuto (Vittorio De Sica), à un paysan assis sur une marche en train de manger :


-  Que manges-tu ?


Le paysan, l'air triste : du pain.


Antonio Carotenuto : Et dans le pain ?


Le paysan : de l'imagination (fantasia en italien)


Et ces crétins de diffuseurs français ont baptisé le film Pain, Amour et Fantaisie (Pane, amore e fantasia)


L’imagination la folle du logis, celle par qui l’échappée belle donne du sel à la vie. Je m’ennuie d’elle. Elle me manque. J’ai de nouveau envie de lui faire la cour, de lui laisser libre cours, de lui faire l’amour.


Pour ce faire je vais vous être infidèle, lui donner la plus large part de mon temps, lever le pied sur mon espace de liberté sans pour autant vous abandonner.


Le temps, mon temps, n’est pas extensible, je me dois de faire le choix de pratiquer une écriture moins intensive. Tout passe, tout lasse, mettre de l’espace, de la distance, est vital pour moi. Je n’ai pas envie de radoter. Pour autant, comme je l’ai écris, je ne vais pas vous abandonner, transformer mon espace de liberté en jachère.


J’y passerai, peut-être au début tous les jours, on ne se défait pas facilement d’un ouvrage qui a fait partie de son quotidien. Ce sera à la couleur de mon esprit, en fonction de mon envie, rien de brutal, simplement, aucune rupture.


Sans vous faire un quelconque reproche, le taux de lectorat est au zénith, vous m’avez facilité la tâche en ne participant plus guère au forum des commentaires. Pas le temps me direz-vous… Je n’en suis pas si sûr et, si tel était le cas, vous comprendrez plus aisément que moi aussi ce temps qui vous est si précieux je le consacre à une autre forme d’écriture.


Écrire !


Quelle prétention !


Oui !


L’écriture a toujours été ma seule maîtresse. En ce début d’année j’ai fait le choix de l’épouser pour le meilleur et pour le pire. « Que sera, que sera… » peut-être en aura-t-elle vite marre de moi ou moi devrais-je me rendre à l’évidence que je ne suis pas fait pour elle.


Peu importe, c’est mon choix. J’ai toujours fait comme ça. Je laisse mûrir puis je me décide à emprunter une autre route.


Ça ne va pas être facile pour moi je le sais. Me retrouver chaque matin face à ma page blanche va, sans aucun doute, me faire douter. Mais c’est ainsi.


Ni blues, ni fatigue, ni coaltar, rien qu’une page qui se tourne avec précaution, une décélération, en fait un simple retour à mes amours. Nul abandon de ma part, aucun reniement, je vais continuer de cultiver mon petit espace de liberté avec soin mais en laissant la main au monde du vin qui, je l’espère, est assez grand pour assumer son destin.


Allez, chers lecteurs, à demain sur mes lignes et portez-vous bien dans le grand silence de la toile.  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Samedi 11 janvier 2014 6 11 /01 /Jan /2014 00:09

quel-est-le-vrai-du-faux-sur-internet_582229-L.jpg

 

La non-possession d’une étrange lucarne, un téléviseur, chez beaucoup de soixante-huitard non révisés et autres archéos, constituait un acte fort de résistance à l’abêtissement des masses, une  affirmation claire de leur non beaufitude et bien sûr la marque indélébile de leur supériorité intellectuelle.


Ce refus, cette exclusion, m’a toujours paru étrange car c’est faire porter une responsabilité à un objet. Bien évidemment je ne conteste en rien le fait de ne pas vouloir posséder un téléviseur mais je m’étonne de la stigmatisation dont un objet inanimé ferait l’objet. La bouteille ne fait pas l’ivrogne et un récepteur télé, tout comme la radio ne porte aucune responsabilité dans une quelconque addiction à des émissions à la con.


On est libre Max !


L’irruption du Net dans le paysage a, dans un premier temps, provoqué à la fois une défiance de la part des gens de ma génération « c’est de l’informatique, donc je ne sais pas m’en servir… » et une forme de condescendance car nos enfants, eux, s’en étaient emparé et s’y mouvaient comme des poissons dans l’eau « la toile c’était pour les jeunes, leurs téléchargements, leurs jeux…etc.


Mais le sommet de l’incompréhension fut atteint de la part de mes collègues et de mon environnement en général, lorsque j’ai ouvert mon blog en mai 2005. Qu’allais-je faire dans cette galère de pré-pubères ?


Ma réponse invariable : m’exprimer, dire ce que j’ai envie de dire, créer un espace de liberté se heurtait à une réponse invariable : mais qui va te lire ? Ta belle-mère 


Je n’ai jamais été et ne suis pas devenu un geek, le cambouis, ce qu’il y a derrière ne m’intéresse pas et, écrire une puis deux chroniques par jour ne relève d’aucune addiction particulière. C’est d’autant plus vrai que le vin n’occupe qu’une place relativement peu importante dans ma vie.


Le Net n’est qu’un outil, qu’une autoroute qui permet de toucher le monde entier même si la barrière de la langue limite la chalandise. Comme pour tous les outils le Net est neutre c’est ce que l’on en fait qui compte, seul l’usage est un marqueur. Qu’il y ait le pire comme le meilleur ou le vide de la pensée sur les blogs n’est pas à porter au débit du Net mais à celui de ceux qui écrivent et aussi à ceux qui les lisent.


Et puis sont venus les fameux réseaux sociaux : Face de Bouc puis Twitter, l’abomination de la désolation disent certains.


Là encore, se positionner sur FB ou s’abonner à Twitter ne créé aucune obligation de s’épancher, de raconter n’importe quoi, d’insulter, de raconter sa vie…


Pour ma part je me suis porté très vite sur FB car j’y ai vu un nouveau canal de diffusion pour mon blog. Bonne pioche, j’ai pu ainsi toucher un nouveau lectorat. Être sur FB ne créé aucune espèce d’obligation à participer à ces étranges échanges entre « amis » à propos de sujets qui font le buzz. Je laisse ça aux addict et je vire de ma liste d’amis tous ceux qui n’ont que le fiel à la plume. C’est simple. C’est clair.


Pour Twitter j’ai eu beaucoup moins d’appétence car y règne plus encore que sur Face de Bouc le bal des egos et surtout parce que c’est aussi un attrape gogos. J’y suis allé sur le tard lorsque je me suis aperçu que c’était un fil d’informations mondiales simple, pratique et gratuit link et pour le chroniqueur que je suis c’est du pain béni.


Mon père m’a légué le virus de l’information. À la maison, à l’heure des infos à la radio c’était grand silence et la lecture du journal, pas les chiens écrasés et les décès, relevait de l’acte premier de la citoyenneté.


J’ai toujours aimé glaner l’info mais je ne m’étais jamais imaginé qu’elle serait pour moi un jour un matériau pour une modeste entreprise installée sur le Net. Je joins maintenant l'utile à l'agréable.


Enfin, dans toute ma vie professionnelle j’ai appliqué une règle simple : mieux vaut être dedans qu’au dehors, ça présente parfois le risque de se salir, de se compromettre dirons les bonnes âmes, mais ça permet aussi d’être en prise directe avec la vie que l’on vit. Les gens qui mettent trop de distance avec leur sujet en arrivent à n’être que des correspondants de guerre installés au bar du Hilton pour écrire leur papier.

 

Je me lève avec la matinale de France Inter.


Il m’arrive, de plus en plus rarement, de visionner à la volée les Infos sur I. Télé.


Je consulte Face de Bouc lorsque des lecteurs like ou commentent la chronique du jour.


Du côté de Twitter je suis le fil de mes informateurs.


C’est peu chronophage ça me laisse le temps de lire la presse, des livres, des magazines, des publications diverses… d’écrire mes petites chroniques et bien sûr de jeter un œil sur le lait et de vivre ma vie de retraité.

 

La suite de cette chronique demain, elle vous surprendra !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Vendredi 10 janvier 2014 5 10 /01 /Jan /2014 00:09

Les débuts d’année sont propices aux bonnes résolutions que l’on s’empresse de ne jamais mettre à exécution. Et pourtant en 2014 le taulier va être m’exception qui confirmera la règle.


Là je sens chez vous poindre une forme étrange s’apparentant à l’attrition, à la chute de toutes vos valeurs : comment un chantre de l’extension du domaine du vin pourrait-il en finir avec la bouteille ?


Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ?


Alors me direz-vous vais-je opter pour le vieux cubitainer ou me reconvertir vers le moderne bag-in-box ?


Que nenni les amis !


Alors le demi-muid ?


Non mais pour ne rien vous cacher je n’ai jamais eu un goût très prononcé pour la bouteille de 75 cl.


Même que j’ai prononcé un ardent plaidoyer pour la réhabilitation du litron link 


C’était comme-ci j’avais pissé dans un violon


J’eus pu être dépité et bouder mais ce n’est pas le genre du Taulier d’où ma nouvelle résolution en ce début d’année : finie la bouteille je ne carbure plus qu’au magnum.


photo667.jpg

 

Pour ne rien vous cacher je n’apprécie qu’à moitié l’appellation de ce flacon pour son côté arme de poing. J’eusse préféré : la mignonette, la fillette, même la chopine mais ce sont des petits modules et surtout tu ne trouves pas ça à Carrefour (je rigole).


Marie-Jeanne m’aurait bien plu mais 2 litres 25 c’est un truc pour famille prix Cognacq-Jay.


Comme j’écris ce billet le jour de la fête des rois : Melchior et Balthazar eussent été bien adaptés. Mais comme il en manquait un : Gaspard je me suis consolé en rêvant qu’avec un Melchisédech, et ses 30 bons litres, je pourrais flanquer en ce début d’année des cauchemars à tous les ramenards qui passent leur temps à nous terroriser.


Fort bien, mais qu’est-ce je lui trouve au magnum ?


Tout !


Il est grand, beau, riche, costaud et il sent bon le sable chaud...


En fonction de quoi vous comprendrez que je l’ai rebaptisé : le Taulier.

 

2014 sera donc l’année du Taulier


Bonne année et très large soif…


photo668.jpg photo669 photo670.jpg photo671.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Jeudi 9 janvier 2014 4 09 /01 /Jan /2014 00:09

Talmont-et-paysans--clair-s-007.jpg

 

La bonne vieille RVF, présidée par le beau Lubot, qui adore courir après l’audimat n’y va pas avec le dos de la cuillère : Olivier Cousin héraut d’Anjou, entretien de Sylvie Augereau avec maître Olivier Cousin à paraître dans la RVF de mars, à quand le pèlerinage en Anjou avec distribution de liquide consacré.


Toujours en retard d’une guerre la mémère : « Vins de Paysans éclairés : tiens v'là Olivier Cousin ! » link 


L’avenir des AOC serait-il entre les mains du « bienheureux* » Olivier Cousin ?

 

* au sens du film Alexandre le bienheureux


Certains dans notre vieux pays qui n’aime rien tant que les hommes providentiels le pensent.


Moi pas, et je ne suis pas le seul un vigneron bourguignon m’a appelé pour me demander « qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »


Franchement je ne sais pas mais en attendant je republie ce que j’avais écrit en 2008.


Je le fais avec un grand plaisir car je vous l’ai proposé il y a quelques jours sous un titre qui ne vous a pas semblé alléchant.  Comme quoi s’il n’y a pas un zeste de provocation dans l’accroche vous n’allez pas plus loin.


Mes excuses anticipées pour ceux qui ont déjà lu ce texte.

 

Le collectif a mauvaise presse. L’action collective est moquée. Le chacun pour sa peau prévaut. Et pourtant, depuis ses origines notre système d’appellation d’origine est une forme d’organisation collective, un bien commun géré en commun. Certains vont me trouver fort paradoxal puisque très souvent je mets en avant des vignerons qui s’écartent du sentier commun. J’en conviens. Aujourd’hui, ayant suffisamment donné pour le collectif, c’est à certains d’entre eux que je m’adresse.

 

L’original, certes, est souvent solitaire mais, hormis le besoin que certains éprouvent de se retrouver à quelques-uns, très vite l’action collective se résume à un esprit de tribu. La tribu a ses codes. La tribu est assez fermée ou du moins pas très ouverte. La tribu se positionne souvent en opposition à d’autres tribus jugées soit trop molles, soit pas assez fermes sur les principes, ce qui vous me direz revient au même mais qui dans ces mouvances peut avoir force d’excommunication. Je force volontairement le trait bien sûr mais lorsqu’on souhaite faire progresser ses idées j’ai la faiblesse de croire qu’il faut savoir s’entendre sur l’essentiel pour tenter de convaincre le plus grand nombre. Se draper dans sa vérité est bien plus commode, plus confortable que de se colleter à l’action collective. C’est aussi plus payant, à titre individuel, dans nos sociétés où la communication prime : les médias adorent les postures individuelles.

 

Le collectif c’est ringard, sauf quand ça fait pleurer les foules ou quand ça permet aux individus de se dédouaner par le don à une œuvre caritative qui s’occupe de tout.  Lisez-moi bien, ce n’est de ma part que le constat d’un simple observateur. Ni producteur, ni vendeur, je ne suis qu’un consommateur de vin parmi d’autres dans la grande ville. Je ne jette donc d’anathème sur qui que ce soit. Toute cette diversité, cette inventivité, ce retour aux sources me plaît mais force est de constater que tant d’énergie, d’intelligence sont gaspillées sur les autels de petites chapelles qui font le miel de l’élite, où de la prétendue telle, mais laisse la base dans sa mouise. Ce chacun pour sa peau, cet entre-soi douillet, m’attriste seulement, ça me navre et je l’écris.

 

Que voulez-vous je suis de ceux qui préfèrent le contrat négocié à la loi imposée. La règle générale lorsqu’elle se pique de s’intéresser au détail est carcan alors que le contrat met en forme les avancées des parties, qui bien sûr ne sont jamais en stricte position d’égalité, ajoute ou retranche une pierre à l’édifice commun, tâtonne, s’adapte, c’est la méthode que souhaitait René Renou avec la réécriture des décrets. Certains m’objecteront que c’est se soumettre au diktat d’une majorité pas toujours éclairée.

 

La réponse est souvent oui si la minorité, dite agissante, se situe au-dehors ou si elle refuse toute forme de compromis. Le vilain mot est lâché compromis traduit en langage tribal par compromission.

 

J’adore !

 

Comme si la vie que l’on vit n’était pas une longue suite de compromis. L’intransigeance c’est la guerre, froide ou ouverte. Le divorce érigé en mode de résolution des conflits. Le mieux est souvent l’ennemi du bien. Alors tout en restant ferme sur ses principes, ceux qu’on s’applique librement à soi-même, je ne vois pas pourquoi il serait « inadmissible » d’admettre que la règle commune soit fondée sur un compromis entre les parties en présence. Dans la sphère publique, tant décriée, ça s’appelle se mettre en position de pouvoir gouverner la collectivité et, comme le disait mon maître, lui aussi vilipendé par les purs et durs, Pierre Mendès-France : gouverner c’est choisir.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Mardi 7 janvier 2014 2 07 /01 /Jan /2014 00:09

photo673.jpg

 

En préparant mon plat de macaroni (sans S pour le sieur Feuilly qui me lit la nuit) hier à midi mon esprit d’escalier a sévi. En effet, de ma cuisine je contemple 2 cours de récréation : la plus proche est celle d’une école maternelle et les bambins sont rentrés ; la plus éloignée est celle de prisonniers de la prison de la Santé qui eux ne sont pas sortis.


Cour de récréation,  prisonnier, ballon prisonnier, jeu du drapeau… le souvenir d’une chronique de décembre 2008 remontait dans ma mémoire et elle collait pile poils à celle que je venais de mettre en ligne : « Patrick Baudouin monte au créneau de l’INAO pour défendre Olivier Cousin et surtout l’esprit de l’AOC »


Je vous la livre, sans  aucune modification…


« Dans la cour de récréation de l’école Sainte-Marie à la Mothe-Achard, lorsque nous jouions au jeu du drapeau, les grands, certains jours, décrétaient le « chacun pour sa peau » ce qui signifiait que nul ne pourrait se planquer dans le cocon du collectif, c’était le un contre un ou pire le tous contre un lorsque soudain l’esprit de meute prévalait.


 

Les plus faibles, les moins astucieux, les j’en foutre, étaient éliminés les premiers. Ensuite venait un temps de flottement, d’observation, où ceux qui s’estimaient les plus aptes à gagner s’observaient, se jaugeaient, certains lançaient des fausses pistes, des contrats se passaient d’un simple regard : tu sacrifies ta peau en échange d’une poignée de marbres (billes d’argile vernissée), petit à petit la meute fondait comme neige au soleil. Lorsqu’elle atteignait le chiffre 5, en basket on dit un 3 contre 2, avec mon copain Dominique le fils du boulanger, qui jouait arrière au foot, un teigneux, lorsque nous avions décidé de les laisser se bouffer entre eux et que nous étions encore dans le lot, nous activions notre plan d’une grande simplicité.


 

Nous filions au petit trot chacun dans l’un des 2 coins. Les 3 restants hésitaient sur la conduite à tenir : le 1 contre 1 mais alors le troisième économisait ses forces ou le 2 contre 1 pour l’un et le 1 contre 1 pour l’autre. À tout coup ils choisissaient la seconde solution car comme c’était chacun pour sa peau à leurs yeux aucune coalition ne s’avérait possible. Je ne dis pas que Dominique et moi nous gagnions à tout coup, ce serait mentir, mais comme j’étais un assez bon basketteur, dans le dernier un contre un, alors que Dominique se sacrifiait, je mettais souvent, avec mon jeu de jambes, mon adversaire plus lourd et moins mobile dans le vent. Ce qui m’a toujours stupéfait c’est que, notre stratégie étant connue, jamais ces abrutis n’ont pensé à élaborer entre eux un pacte pour nous contrer. À deux unis on peut gagner contre trois qui pensent qu’ils vont gagner tout seul.


 

Le collectif a mauvaise presse. L’action collective est moquée. Le chacun pour sa peau prévaut. Et pourtant, depuis ses origines notre système d’appellation d’origine est une forme d’organisation collective, un bien commun géré en commun. Certains vont me trouver fort paradoxal puisque très souvent je mets en avant des vignerons qui s’écartent du sentier commun. J’en conviens. Aujourd’hui, ayant suffisamment donné pour le collectif, c’est à certains d’entre eux que je m’adresse.


 

L’original, certes, est souvent solitaire mais, hormis le besoin que certains éprouvent de se retrouver à quelques-uns, très vite l’action collective se résume à un esprit de tribu. La tribu a ses codes. La tribu est assez fermée ou du moins pas très ouverte. La tribu se positionne souvent en opposition à d’autres tribus jugées soit trop molles, soit pas assez fermes sur les principes, ce qui vous me direz revient au même mais qui dans ces mouvances peut avoir force d’excommunication. Je force volontairement le trait bien sûr mais lorsqu’on souhaite faire progresser ses idées j’ai la faiblesse de croire qu’il faut savoir s’entendre sur l’essentiel pour tenter de convaincre le plus grand nombre. Se draper dans sa vérité est bien plus commode, plus confortable que de se colleter à l’action collective. C’est aussi plus payant, à titre individuel, dans nos sociétés où la communication prime : les médias adorent les postures individuelles.


 

Le collectif c’est ringard, sauf quand ça fait pleurer les foules ou quand ça permet aux individus de se dédouaner par le don à une œuvre caritative qui s’occupe de tout.  Lisez-moi bien, ce n’est de ma part que le constat d’un simple observateur. Ni producteur, ni vendeur, je ne suis qu’un consommateur de vin parmi d’autres dans la grande ville. Je ne jette donc d’anathème sur qui que ce soit. Toute cette diversité, cette inventivité, ce retour aux sources me plaît mais force est de constater que tant d’énergie, d’intelligence sont gaspillées sur les autels de petites chapelles qui font le miel de l’élite, où de la prétendue telle, mais laisse la base dans sa mouise. Ce chacun pour sa peau, cet entre-soi douillet, m’attriste seulement, ça me navre et je l’écris.


 

Que voulez-vous je suis de ceux qui préfèrent le contrat négocié à la loi imposée. La règle générale lorsqu’elle se pique de s’intéresser au détail est carcan alors que le contrat met en forme les avancées des parties, qui bien sûr ne sont jamais en stricte position d’égalité, ajoute ou retranche une pierre à l’édifice commun, tâtonne, s’adapte, c’est la méthode que souhaitait René Renou avec la réécriture des décrets. Certains m’objecteront que c’est se soumettre au diktat d’une majorité pas toujours éclairée.


 

La réponse est souvent oui si la minorité, dite agissante, se situe au-dehors ou si elle refuse toute forme de compromis. Le vilain mot est lâché compromis traduit en langage tribal par compromission.


 

J’adore !


 

Comme si la vie que l’on vit n’était pas une longue suite de compromis. L’intransigeance c’est la guerre, froide ou ouverte. Le divorce érigé en mode de résolution des conflits. Le mieux est souvent l’ennemi du bien. Alors tout en restant ferme sur ses principes, ceux qu’on s’applique librement à soi-même, je ne vois pas pourquoi il serait « inadmissible » d’admettre que la règle commune soit fondée sur un compromis entre les parties en présence. Dans la sphère publique, tant décriée, ça s’appelle se mettre en position de pouvoir gouverner la collectivité et, comme le disait mon maître, lui aussi vilipendé par les purs et durs, Pierre Mendès-France : gouverner c’est choisir.


 

Allez les amis de mes amis, un petit effort pour faire entendre ensemble votre petite musique en dehors de cénacles choisis… »


 

* Au XVIIIe siècle, teinture de tournesol qu’on ajoutait aux vins peu colorés. Le goût de drapeau était fréquent dans les vins de cabaret.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Articles récents

Liste complète

Derniers Commentaires

Archives

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés