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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 00:09

Le blason de Paris, là où je vis, est un navire symbole de la puissante corporation des Nautes ou des Marchands de l'eau, gérante de la municipalité au Moyen Âge. La devise de la ville est« Fluctuat nec mergitur ». Je me devais donc, pour répondre au défi lancé par le pacha (patron d’une escadre) des V du V l’insubmersible Guillaume Nicolas-Brion, de m’embarquer au Port de Bercy (oui, oui, le grand port pinardier), pour remonter la Seine jusqu’à l’estuaire pour prendre la pleine mer et, toutes voiles dehors, cingler vers le Nord. Le problème c’est que je n’ai pu affréter de Drakkar vu qu’aucun armateur ne disposait de ce type de navire en magasin. Il me fut proposé de gagner Le Havre en train, ce qui est je vous l’assure une vraie expédition, pour ensuite monter sur l’un des très nombreux porte-containers qui nous abreuvent des produits de l’usine du monde. Mais en consultant les horaires et les itinéraires de ces nouveaux monstres des mers je m’aperçus qu’ils faisaient tous un détour par la Chine. Bref, de guerre lasse je me résignai à faire le tour de Paris à vélo pour dégoter une boutanche de vin du domaine Gutevin sis sur l’île de Gotland afin de mettre de l’ambiance au Vendredi du Vin.

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Attention je suis sérieux comme un Pape, je n’ai pas écrit Groland patrie des Grolandais mais Gotland charmante petite île  (Latitudes de Gotland : 58 – 57 degrés) suédoise. Dans les années 60 le mythe de la blonde Suédoise fut une valeur sûre dans l’imaginaire des petits gaulois. La sculpturale Anita Ekberg, l’une des bombes de l’histoire du cinéma, dont les cheveux d’or ruisselants hantent encore les nuits de la fontaine de Trevi. Conter l’histoire de cette ex Miss Suède, inscrite à Miss Univers, qui tourna en 1957 le premier long-métrage en relief de l’histoire du cinéma« Zarak le valeureux », est extraordinaire. Dans ce nanar oublié, la sculpturale Anita apparait  « ligotée, nue ou presque, à un totem. Son nombril est orné d’un bijou gros et rond comme un macaron. Ses hanches sont deux virgules en forme de cœur. Les pétales de ses lèvres écloses ont la beauté païenne des sacrifices. » C’est Pierre Vavasseur qui l’écrit sur le site du Parisien.fr  le premier janvier 2012. Il ajoute « un film oublié, mais qui était taillé pour son tour de poitrine : le premier long-métrage en relief de l’histoire du cinéma. La concurrence, Jayne Mansfield et Marilyn Monroe en tête, ne moufte pas. Elle se contente d’observer cette Suédoise inconnue que Sinatra s’obstine à nommer l’Iceberg. La belle est en effet restée plus que froide devant ses avances. Il est vrai qu’Anita n’a pas que des avantages en nature. Cette fille de docker née dans le port de Malmö, sixième d’une famille de huit enfants, a aussi du caractère. »

 

« À  Rome un soir, près de la monumentale fontaine de Trevi, Anita se blesse au pied. Elle saigne. La pharmacie la plus proche est l’eau de la fontaine. Elle relève sa robe de velours noir, plonge un peton dans l’onde, y prend goût, barbote, fait sa sirène. Un photographe surgit, Federico Fellini aussi, et de ce fantôme blond, il fait un fantasme d’or. Il faudra tourner trois nuits et tremper trois robes fourreau, mais c’est à ce prix que « la Dolce Vita », romance luxueuse et désenchantée, puisera à la source, en 1960, sa Palme d’or au Festival de Cannes » La suite de l’article de Vavasseur est ici link

 

La Dolce Vita n’est pas mon film-culte et je ne puis vous donner de tête les mensurations de la bombe Ekberg mais laissant là ma passion cinéphile, j’en reviens au vin de Suède car, comme le dit Lauri Pappinen vigneron à Gotland : « Faire du vin en Suède, ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile. C’est justement ce qui fait le charme du métier. ».  Pourquoi me direz-vous cet intérêt pour une viticulture timbre-poste : une douzaine d'hectares et qui produisait, en 2006, 5 617 litres de vin, dont 3 632 litres en rouge et de 1 985 litres en blanc?

 

Tout bêtement pour faire plaisir à notre parrain Guillaume Nicolas-Brion la plus fine gâchette des vins « nature » qui adore qui vous savez (celui que le classement d’e-buzzing fait bander). En effet, comme le phylloxéra ne peut survivre aux rigueurs de l'hiver, les vignes sont là-bas franches de pied et, de plus, comme les attaques du mildiou et de l'oïdium sont inexistantes, les vignes sont menées en culture biologique. Enfin comme sous ses latitudes le jour dure plus longtemps en Suède pendant la période végétative, les raisins sont exposés à plus de lumière que la moyenne européenne. Cette particularité leur permet de murir complètement. La présence d'un taux de sucre important dans les baies des différents cépages donne des vins équilibrés en dépit des contraintes climatiques. Si ça ne sent pas la nature ça faudra m’expliquer. Enfin,  le climat nordique n'étant pas favorable à l'obtention de grands crus, le vignoble produit des IGP. « Dans cette catégorie, les blancs offrent un bon équilibre entre sucre et acidité. La palette de leurs arômes s'étale des fleurs fraîches aux fruits mûrs avec des notes d'amandes et de vanille »   oland_swedish_wine_1.jpg

Pour la vinif je ne sais pas trop ce que nos Vikings fricotent mais au cas où ils seraient adeptes de poudre de perlin pinpin, de petites bêtes venues d’ailleurs, de truc et de machin et bien sûr de soufre Nicolas pourra, avec sa petite troupe de naturistes, aller porter la bonne parole à la poignée de vignerons suédois. Ils reviennent de loin les pauvres. Tout commence  « en 1050 avec l'évangélisation de la Suède par Anschaire, missionnaire venu de Hambourg. Cette christianisation imposa la présence de petits vignobles monastiques, même si le climat suédois ne favorisait pas la culture viticole. Au cours du Moyen Âge, et grâce à la découverte de l'alambic, ce pays céréalier put distiller massivement ses grains et produire de l'alcool. Ce qui n'empêcha point que s'installe une tradition du vin chaud. Le roi de Suède Gustav Vasa, grand amateur se le faisait préparer avec un vin du Rhin, du sucre, du miel et des épices. À partir de 1600, cette boisson aristocratique devint populaire et prit le nom de Glögg (vin chauffé). Le roi Adolf Fredrik tenta de mettre un frein à sa consommation. Mais en 1766, il autorisa chaque foyer à produire son propre alcool. Cette mesure fit qu'au début du XVIIIe siècle, la consommation d'alcool pur par an et par personne atteignit 45 litres. Dès les années 1890, la tradition du vin chaud s'amplifia lors de la période de Noël. Chaque marchand de vin proposait sa propre version qu’il vendait dans des bouteilles aux étiquettes ludiques pour préparer son propre vin chaud»

 

Bref tout ça déboucha sur des mesures antialcooliques réclamées par un fort mouvement prohibitionniste. Puis vint le système du monopole d’Etat  Systembolaget qui attribuait à l'État bénéfices et taxes sur la vente de toutes boissons alcoolisées. Lorsque la Suède entra dans l’UE, au nom de la liberté de circulation des marchandises, le gouvernement dut mettre fin à ce système et ne garder que le contrôle de la vente au détail ouvrant le marché à des importateurs qui proposèrent une large gamme de vins au Systembolaget et aux restaurants.

Selon Wine Alley « des « vins » suédois de fruits et de baies sont sur le marché depuis des années, et le producteur de vin suédois Åkessons propose un mousseux à base de cépages français depuis 1985. Mais il y a aussi du vin fait de raisins cultivés en Suède. Par exemple, un des quelques rares vignobles commerciaux de Suède est le domaine de Gutevin, sur l’île de Gotland, au large de la côte sud-est de la Suède. Planté en 1997, ce vignoble a donné sa première bonne vendange, contre l’avis de tous les sceptiques. Ce succès a donné impulsion à d’autres candidats vignerons en Suède, comme le producteur de vin et propriétaire de Wannborga vin sur l’île d’Öland, au sud-ouest de Gotland. Il n’y a aujourd’hui que trois ou quatre vignobles commerciaux en exploitation en Suède. À part les exploitations commerciales, il y a entre cinquante et cent vignobles dans le sud de la Suède dont la plupart ne produisent que pour la famille et les amis. Cependant, il y a aussi des superbes vins de glace qui ont reçu des médailles aux prestigieuses compétitions internationales. Ainsi, le vin de glace issu du cépage Vidal du vignoble de Blaxsta a obtenu une médaille de bronze à la compétition internationale de Londres en 2007 et des médailles d’argent au Challenge du vin à Bordeaux (2005) et à la compétition internationale de Londres en 2005 et 2003 . »

Pour en savoir plus allez donc sur :

  220px-Kullabygden_Silex.jpg 220px-Blaxsta Vidal Icewine 2005 bottle 17831-117x461-bouteille-chateau-bernadotte-rouge--haut-medo.png

www.gutevin.se  – Gutevin

www.wannborga.nu  – Wannborga Vin (en suédois seulement)

et lisez la Longue Marche des viticulteurs suédois link 

 

Alors, comme la poignée de viticulteurs suédois, tel un jeune Mao j’ai entamé moi aussi Ma Longue Marche dans Paris pour dégoter ce ne serait qu’une quille de vin de Suède, un vin de glace bien sûr, afin de lui faire un sort en ce  premier Vendredi du Vin de l’an 2012. Tous mes espoirs étaient placé dans la Maison de la Suède 6 rue des Ecoles : fermée, bouclée, rayée de la carte. Déconfit je me rabattis sur l’ambassade de Suède rue Barbet  de Jouy. Reçu, eut égard à mon éminente position sociale de Secrétaire Autoproclamé de l’ABV, par l’ambassadeur lui-même Gunnar LUND flanqué de Liselott ANDERSSON Ministre Conseiller, de Sara UDDENBERG Premier secrétaire chargé de la politique européenne et étrangère et de Camilla LUNDSTRÖM-LUCAS Assistante, je ne pus que constater le goût prononcé de mes hôtes pour le champagne dont je tairai la marque pour ne pas me faire accuser de sponsoring déguisé. Fourbu, épuisé, je débarquai au 223 rue du Faubourg Saint-Honoré dans le restaurant Nai cuisine Libanaise qui remplace « La Maison Nordique » depuis le 12 Avril 2005. Bide total, je décidai de jeter l’éponge.

 

Dépité mais pas démonté je me suis replié – désolé Guillaume – sur le Château Bernadotte, cru bourgeois, domaine du Haut-Médoc situé à l’ouest de l’appellation Pauillac sur la commune de Saint-Sauveur, donc tout proche des Grands Crus classés. Bâti en 1860, dénommé ainsi en en hommage au maréchal d’empire Bernadotte qui fut roi de Suède, rénové en 1989 par Curt Eklund un industriel suédois. Celui-ci procéda des achats successifs de vignes et fit construire un chai moderne. Le château a été racheté en 1997 par le château Pichon Longueville Comtesse de Lalande et en 2007 c’est la maison champenoise Louis Roederer qui acquiert l’ensemble.

Aux pays du froid

Aux pays du froid

Patrick Baudouin investit la Scandinavie. Après la Suède en 2010, la Norvège et la Finlande succombent à ses Anjou rouges et blancs ainsi qu’à ses Quarts de Chaume et Coteaux du Layon. Importateurs, grossistes… ont fait leurs emplettes en 2011 pour les distribuer auprès des restaurateurs, cavistes, etc. de leur réseau. Grâce à ces nouveaux clients, la part de l’export grimpe dans les ventes du domaine. Elle atteint 20 % de son activité. Le vigneron, qui cultive 12 hectares en bio, est par ailleurs implanté en Asie et aux États-Unis. Aujourd’hui, il prospecte le marché russe.
www.patrick-baudouin.com

 

Voilà, chers amis, j’ai rangé mon drakkar au vestiaire puis j’ai fouillé dans ma boîte à photos et j’en ai trouvé 3 qui m’ont rappelé des souvenirs  de la marine suédoise au temps où ce pays avait un Premier Ministre connu du monde entier le social-démocrate Olof Palme assassiné à Stockholm alors qu'il sortait d'un cinéma en compagnie de son épouse le 28 février 1986. Il nous avait reçu, simplement, comme seuls savent le faire les dirigeants de ce pays…

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Vendredi du Vin
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 17:00

Mon titre à la Alphonse Allais qui va bien à mon esprit d’escalier me permet de vous citer Maurice Barrès. Je ne suis pas Barrésien mais je reconnais à Maurice Barrès un grand talent de plume puissante, ardente, et dans son livre la Colline inspirée (1913) moi, l’athée, je me reconnais : « Il est des lieux qui tirent l'âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystère, élus de toute éternité pour être le siège de l'émotion religieuse. Nous y éprouvons soudain le besoin de briser de chétives entraves pour nous épanouir à plus de lumière... Ils nous font admettre insensiblement un ordre de faits supérieurs à ceux où tourne à l'ordinaire notre vie. Ils nous disposent à connaître un sens de l'existence plus secret que celui qui nous est familier... Seuls des yeux distraits ou trop faibles ne distinguent pas les feux de ces éternels buissons ardents. Pour l'âme, de tels espaces sont des puissances comme la beauté ou le génie. Il y a des lieux où souffle l'esprit. »


Je redescends sur terre pour vous transmettre le message d’un de mes amis vignerons :
 

 Bonjour Monsieur Berthomeau,
 

Un projet me tenait à cœur: rassembler au carrefour des Alpes française des vignerons de montagne.
La ville de Chambéry, Plaisir du vin (caviste), notre syndicat viticole, le magazine Yam.... l ont fait! mais la com. n’est je crois pas arrivé jusqu'à vous.
C’est maintenant chose faite.
J’aime cette citation de Gide: « les choses les plus belles sont celles que soufflent la folie et qu'écrivent la raison ». Si vous pouviez avoir la douce déraison de propager cette info, merci, et rêver à d'autres rencontres vinico-culturelles transalpines en Aoste ou en Valais dans 2 ans...
Bonne journée,
Cordialement
 

 

Raphael saint germain

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La Biennale des Vins de Montagne

les 27-28-29 janvier à CHAMBÉRY (Manège de Chambéry 331 rue de la République)
 

 

50 vignerons de montagne et de forte pente www.montagne-et-vous.com
Savoie, Bugey, Madiran, Pacherenc, Limoux, Collioure, Maury, Jura, Beaujolais, Italie, Suisse…
 

 

Belle biennale au vins de montagne et de forte pente, et que les amateurs qui ont une bonne descente suivent la ligne de la  plus grande pente…
 

 

Amitiés à Raphaël…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 00:09

Dans le cochon tout est bon, mais la cochonne a des appâts que le cochon n’a pas, et vice-versa. Je me propose donc, en ces temps de frimas, de vous chauffer le corps en vous régalant de tétines de truie préparées selon une recette de Gavius Apicius, accompagnées de macaronis d’Italie, des vrais, tels que les composait Rossini l’auteur de Guillaume Tell. Bien sûr, pour vous faire couler la miette, je ne puis que vous proposer un flacon couillu, un truc d’homme quoi, la boisson des tontons, un Passetougrain du domaine Naudin-Ferrand. Por qué ? Réponse en bas de page !

 

« Faites bouillir des tétines, attachez-les avec des hâtelets de roseau, saupoudrez-les de sel et mettez-les au four ou au gril. Faites griller légèrement. Pilez du poivre, de la livèche, du garum, mouillez de vin pur et de von paillé, liez à la fécule et versez sur les tétines. »

Gavius Apicius L’art culinaire, traduit du latin par Jacques André, Les Belles Lettres 1974.

 

« Apicius est le nom de plusieurs gastronomes romains dont le plus célèbre est Marcus Gavius Apicius. Né en 25 avant J.C., Marcus Gavius Apicius a vécu sous le règne de l'Empereur Tibère et était son cuisinier officiel. Il a surtout fréquenté son fils Drusus dont il est dit qu’il était son mignon. Extravagant, gourmet, débauché, viveur, il a été largement condamné par ses contemporains, en particulier, par les stoïciens mais aussi par les premiers chrétiens qui jugeaient sa cuisine presque comme un acte de barbarie. Trois siècles après sa mort, il avait encore des émules et il reste pour nous celui qui a créé la première codification de la cuisine romaine.

img_5997edit.jpg « Macaroni d’Italie, c’est facile à dire…

Si l’on savait que coulis de viandes, quelle purée de tomates, quelle fleur de parmesan, quelle crème de beurre, quelle finesse de pâte et quel point de cuisson, quelle surveillance active et quels soins minutieux exige ce mets compliqué, on renoncerait à des contrefaçons pitoyables, qui déshonorent la cuisine française, la première cuisine du monde !Il faut tout le génie de Rossini, l’auteur de Guillaume Telle, pour composer un macaroni parfait. On en mangeait d’excellent chez Lablache ; mais le grand artiste en a emporté le secret dans sa tombe, avec bien d’autres secrets. Aucun restaurateur de Paris ne se doute de ce que c’est qu’un macaroni à l’italienne. Il n’y a que Brébant qui ait la vraie recette, - et encore ! »

 

Charles Monselet Gastronomie : récits de table, G. Charpentier, 1874

 

Ces deux textes sont extraits du petit livre de Sandrine Fillipetti Les Mets par le menu Anthologie la petite vermillon 8,50€

 

MACARONI À LA ROSSINI

« Préparer un bœuf braisé avec oignon et beaucoup de tomates fraîches égrenées , mais en conservant leur peau ; ajouter six belles truffes du Piémont épluchées et coupées en quatre ou cinq morceaux , un foie gras , une bouteilles de vin de Xérès vieux et faire braiser le tout ; passer le fond au tamis les truffes comprises , puis à l'étamine ; cette purée doit être liquide , mais d'un bon fumet. En préserver une partie.

D'autre part , choisir des macaronis Zita de Naples( macaroni de gros diamètre ) ; les laisser de toute leur longueur , c'est-à-dire de trente à quarante centimètres ; casser les deux bouts à plat , et à l'aide d'une petite seringue , introduire dans les macaronis le jus ou fumet de bœuf , préparé ; aussitôt que le fumet sort à l'autre extrémité , faire une pression avec la seringue pour bien remplir le macaroni et boucher les extrémité avec un pâte au gluten de pain manié .

Faire cuire les macaronis avec du consommé dans une braisière longue , ayant une grille au fond ( comme une poissonnière ) de façon à pouvoir retirer délicatement les pâtes quand elle sont cuites en levant simplement la grille de façons a ne pas les crever ; les passer un à un dans un fumet froid et les rouler ensuite dans du Parmesan râpé . Les dresser sur un plat en longueur suffisante.

Pour cette opération, Rossini s'était fait faire tout exprès une seringue d'argent .Le jour de cette première dégustation macaronique, il convia toute la fleur des dilletanti , des primedone , sans oublier Alexandre Dumas . »

 

Voir sur le blog de la cuisine d’antan de papy Jacques (oui, oui…) la guerre des macaronis Dumas-Rossinilink 

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 00:09

Soyez sûr qu’en posant cette question, à propos d’un Bourguignon bien connu, je ne verse ni dans le sensationnel, ni dans la provocation gratuite, non chers lecteurs je me contente de vous livrer l’une des réponses de PH Gagey à Ingrid Astier qui, dans son bel ouvrage Cuisine Inspirée, a posé une batterie de 25 questions à des esthètes-gourmands. J’en ai retenu 3 trois où elle leur demande de citer : un plat qui a de l’humour, un mets érotique et un plat triste et j’ai sélectionné les réponses les plus inspirées. Pierre-Henri Gagey, homme du vin, a relevé le flambeau avec brio. Une mention spéciale à Jean-Michel Duriez, un nez de parfumeur, qui associe les plats qui ont de l’humour avec le vin. Vous pouvez vous essayer à répondre à ces 3 questions et nous livrer le fruit de vos cogitations.

Cohier-682x1024.jpg Jean-Pierre Cohier ©Maurice Rougemont

 

« L’auteur de ce joli chef d’oeuvre pâtissier?  Jean-Pierre Cohier, boulanger de tradition, réputé pour sa baguette, sa boule au levain, son bâtard, sa ficelle. Mais ce natif du Cotentin arrimé à un coin chic de Paris est aussi un pâtissier classique de haute volée. Ce maître ès tradition ravit avec son mille-feuille, son éclair, sa religieuse, son « divorcé » (un cousin du précédent, mais façon moitié/moitié), ses macarons variés. Son morceau de bravoure: un baba au rhum, version baba bouchon ou savarin rond et ouvert, aux fruits, qu’il sert avec une divine crème mousseline (qui est une crème pâtissière joliment beurré). Il la livre au restaurant du quartier et  la  propose chez lui, en version géante, à la commande. Un monument du genre. »

 

In Les pieds dans le plat le blog de Gilles Pudlowski link

Jean-Pierre Cohier  270-272, rue du Faubourg St Honoré Paris 8eTél. 01 42 27 45 26

 

Bartabas

Un plat qui a de l’humour : Celui qu’on fait avec de la farce 

Un mets érotique : Le croque-madame…

Un plat triste : Un plat raté dégusté seul.

 

Pierre Richard

Un plat qui a de l’humour : Un cochon aux truffes. S’il avait imaginé qu’en les trouvant il contribuait à sa perte !!!

Un mets érotique : Celui d’une femme qui vous l’a mijoté avec une intention précise, et que vous dégustez avec la même intention…

Un plat triste : Un plat réchauffé mais froid, avec des morceaux figés dans une sauce morte… je continue ?

 

Michel Bras

Un plat qui a de l’humour : La gaufrette de pomme de terre que je conseille de manger à l’aide des doigts. Le jaillissement de la crème qui macule les doigts… crée des climats propices à l’échange.

Un mets érotique : Pourquoi un mets, disons un bon repas, même un casse-croûte… partagé avec la Femme de son cœur.

 

Jean-Michel Duriez

Un plat qui a de l’humour : Tous ceux qui sont accompagnés d’un bon vin.

Un mets érotique : Moules frites pour ceux qui aiment… pour moi, ce seront juste quelques frites, mais point trop n’en faut !

Un plat triste : Celui que des milliers de gens mangent seuls à Noël.

 

Pierre Hermé

Un plat qui a de l’humour : À nouveau l’imitation du caviar (Ferrán Adrià)

Un mets érotique : L’Ispahan, à l’appellation prometteuse.

 

Eugène Durif

Un plat qui a de l’humour : La soupe aux choux.

Un mets érotique : Le pet-de-nonne.

Un plat triste : Des raviolis mangés froids à même la boîte ou un Bolino.

 

Chloé Doutre-Roussel

Un mets érotique : L’oursin. Il rappelle à tous égards le sexe d’une femme. Je trouve même inquiétant un homme qui déclare ne pas aimer les oursins…

 

François Pralus

Un plat qui a de l’humour : Le pet-de-nonne

Un mets érotique : La banana slip

Un plat triste : Les carottes râpées. 

 

François-Xavier Delmas

Un plat qui a de l’humour : … la tuile !

Un mets érotique : Le parfum de la truffe a, je trouve, un pouvoir nettement érotique.

 

Michel Troisgros

Un plat qui a de l’humour : Cul et poitrine à la bourgeoise

Un plat triste : La caille en sarcophage du Festin de Babette.

 

Pierre-Henri Gagey

Un plat qui a de l’humour : Le fameux cigare de Michel Trama (Les Loges de l’Aubergade à Puymirol) aux incomparables saveurs de <havane.

Un mets érotique : Le baba au rhum. Pourquoi ?

Un plat triste : Les carottes Vichy : on m’en resservait jusqu’à ce que je finisse mon assiette lorsque j’étais enfant et ce cauchemar est toujours présent dans mon souvenir.

 

Éric Verdier

Un mets érotique : Le poireau façon Alain Passard. C’est un véritable phallus légumier, d’un blanc immaculé – ce poireau qui a pénétré la terre, qui est devenu turgescent en elle, est là, dans notre assiette, prêt à livrer à nos papilles ses suc troublants de suavité, qui mêlent notes fumées, réglissées et soufrées avec et soufrées avec jubilation pour atteindre à l’orgasme des sens.

Un plat triste : Un poussin à l’étouffée. Un plat surgelé acheté dans un supermarché.

 

Frédérick E. Grasser-Hermé

Un mets érotique : Une tarte uniquement avec des croupions de poulet rôti, à manger avec tous les doigts de la main.

 

Bruno Verjus

Un plat qui a de l’humour : Deux œufs au plat avec un strip de bacon en guise de sourire. J’en fabrique quelquefois pour animer des buffets d’hôtels.

Un mets érotique : Celui que l’on partage à deux, blottis l’un contre l’autre sur la banquette d’une belle table. Jusqu’à ce que les fourchettes s’emmêlent.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 16:00

Bouquet 003Comme y’a du vin qui se cache là-dessous, du rouge de charbonnier, costaud, franc du collier, avec des paluches à la Embres&Castelmaure, vous allez aimer ces  spaghetti alla carbonara de Jean-Claude Malgoire de la Grande Ecurie et la Chambre du Roy. Des vraies, pas des spaghettos de parigots barbotant dans de la crème fraîche, des longs qu’il faut aspirer penché sur son assiette.

 

L’auteur, Philippe Beaussant, avait déjà rencontré Jean-Claude Malgoire deux fois mais ce fut la troisième qui compta, à Saint-Maximin, en 1973, lors d’une sorte d’avant-première d’Alceste de Lully. « Le lendemain (ou le soir, je ne sais plus) écrit-il, je retrouvai Jean-Claude à la terrasse d’un café, sur la place. Il transcrivait des fragments de partitions pour une prochaine répétition. Je lui ai demandé « Est-ce que je peux vous aider ? » J’ai donc copié aussi. Nous avons parlé de Lully et, très vite, de cuisine. C’était ma première vraie conversation avec lui : d’emblée, nous «étions au cœur du sujet – des deux sujets – Lully et la ratatouille. »

 

Comme j’ai l’esprit de contradiction, et même si j’adore la ratatouille, même si celle de Malgoire est une véritable ratatouille, une alchimie, je préfère vous donner la recette des spaghetti alla carbonara que Jean-Claude Malgoire a recueilli de Gianfranco Rivoli : « ils l’ont fait ensemble, dégustée ensemble, en préparant leurs spectacles. » un peu à la manière de mon ami Daniele De Michele dit Don Pasta.

 

Malgoire « n’aime rien tant que l’étymologie des plats qu’il prépare. Il faut en passer par là. »

« Les spaghetti alla carbonara sont-ils ainsi nommés parce que les charbonniers les emportaient dans leurs forêts pour s’en caler le ventre après l’ouvrage, ou bien le nom vient-il des carbonari de Garibaldi, ou bien, tout simplement, de ce que les lardons vont noircir en cuisant dans le vin rouge ? »

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Oui, oui du vin rouge (2 verres) dans lequel vous ferez cuire doucement la moitié des lardons (400g) que vous aurez coupés vous-même dans de léchine de porc en fines lamelles. L’autre moitié ira cuire doucement dans la poêle dans son propre gras, sans huile ni autre apport extérieur. Je résume.

 

Vous réservez les uns et les autres. Puis vous faites cuire vos spaghetti dans une bassine d’eau : 1 litre par 100 grammes, que vous salez avec du sel gris (ça c’est de moi). Pendant ce temps « vous mettez dans votre soupière un œuf – entier, c’est encore de moi – (eh oui, le mystère est l même que dans la ratatouille…)que vous battez en omelette. Vous jetez dessus vos spaghetti égouttés et bouillants : ce son eux qui vont cuire l’œuf. Vous touillez et jetez dessus tous vos lardons mêlés. C’est tout. Pas de crème fraîche ou autre, qui sont des inventions de Parisiens » Moi j’ajoute que ce sont les BOF via la Normandie qui les ont pervertis.

Bouquet-006.JPGReste chers lecteurs à déterminer dans quel vin rouge vont mijoter les lardons, un costaud, un qui réchauffe le corps et le cœur, un rouge de bucherons avec lequel vous ferez couler vos spaghetti alla carbonara made in Malgoire. Mais pour rester léger je vous propose d’écouter pendant votre repas Le prologue d’Alceste de Lully dirigé par Jean-Claude Malgoire. jean-claude-20Malgoire-maxh-300-maxw-200.jpg En 1966  Jean Claude Malgoire, soliste à l’Orchestre de Paris, fonde la Grande Ecurie et la Chambre du Roy, ensemble cosmopolite constitué d’instrumentistes spécialisés jouant sur instruments historiques. La Grande Ecurie s’est surtout illustrée dans le style baroque, mais son répertoire s’étend en réalité du XVIe au XXIe siècle. De la résurrection de chefs d’œuvre en passant par de grands classiques jusqu’à la création contemporaine, cet orchestre novateur de renommée internationale réalise de nombreux enregistrements intégraux et se voit décerner de prestigieuses récompenses. « De la muséologie à la musicologie en passant par la lutherie, l’activité de la Grande Ecurie est intense. Rendre hommage au compositeur en restituant son œuvre telle qu’elle a été écrite demeure sa particularité. A chaque période correspond un son bien précis que les instrumentistes s’évertuent à reproduire, les obligeant à posséder plusieurs jeux d’instruments (jusqu’à 7 ou 8 pour les vents) qu’ils sont parfois amenés à fabriquer eux-mêmes. Certains d’entre eux sont d’ailleurs devenus facteurs. Outre l’investissement financier, de longues recherches d’écrits et de partitions originales sont entreprises, auxquelles s’ajoute une étude minutieuse des textes. Cette quête d’authenticité engendre également un travail rigoureux de formation des chœurs et des chanteurs afin qu’une symbiose s’opère entre l’interprétation vocale et instrumentale. Depuis 40 ans cet ensemble original compte plus de 3000 concerts sur les 5 continents, et plus de 100 enregistrements. Orchestre subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication/Drac Nord-Pas de Calais.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 08:23

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L’info est dans le Monde link : Le Stade Français et le Stade de Reims grugés par Sportys agence se sponsoring sportif portent plainte devant le tribunal de grande instance de Paris pour abus de confiance, banqueroute par détournements d'actifs et escroquerie.

 

« Où est passé cet argent ? Pour les plaignants, en partie dans le financement d'un domaine viticole bourguignon à l'exploitation déficitaire, acquis en août 2008 par Bruno Molinas, originaire de la région. Sans prendre soin, semble-t-il, d'en avertir ses associés. « Je l'ai découvert après coup », indique au Monde Serge Kampf, qui a démissionné de ses fonctions d'administrateur le 7 avril 2011.

 

Selon Giles Bales, qui devrait être entendu fin janvier par le SRPJ de Reims, «  au rythme de 80 000 à 100 000 euros par mois, l'argent de Sportys remontait dans les comptes de MKMG et redescendait immédiatement après dans les comptes du domaine viticole. MKMG finançait donc le vin avec les sommes versées par les sponsors, que MKMG aurait dû conserver pour ses partenaires ». L'ancien directeur financier estime que la holding aurait siphonné environ «  4,2 millions d'euros » de Sportys pour les années 2009, 2010 et 2011. «  3,2 millions d'euros  auraient été réservés au domaine viticole. »  D'après les informations dont nous disposons, assure Olivier Létang, le directeur du Stade de Reims, MKMG aurait, en fait, ponctionné 9 millions d'euros de cash de Sportys. Et il apparaît que Sportys a signé avec nous uniquement pour prélever de la trésorerie. Le club a servi de vache à lait. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 00:09

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Avis aux amateurs de vin, toujours en quête d’un vocabulaire pour dire, écrire, décrire leurs sensations, lisez cette chronique qui pourra vous sembler baroque. Baroque ! « Vous avez dit  « baroque » ? écrit Philippe Beaussant. Comment rendre sensible au lecteur »la diversité des… couleurs sonores d’un grand orgue français du XVIIIe ? (…) Comment faire entendre sur le papier et à travers les mots cette chose indicible, qui n’est même pas une chose, qui est aussi fluide que l’air dont elle n’est qu’une vibration ? » Comment faire comprendre que les sons d’un instrument ont quelque chose de spécifique, « Une saveur particulière ? »  L’auteur de « Mangez baroque et restez mince » chez Babel 7,50€, avoue « j’avais dit saveur. Je m’étais engouffré, sans y penser, dans la métaphore. »

 

Ça ne vous rappelle rien ? L’emprunt, sans réfléchir, des mots « qui se rapportent à la bouche pour parler de ce qui caresse l’oreille… » Qu’en penses-tu Michel ? Je suis sûr que, comme Philippe Beaussant tu te dis que la « métaphore gustative était plus juste que celle des couleurs, comme s’il y avait plus de proximité de l’oreille au goût que de l’oreille au regard. Comme si la gourmandise des beaux sons était de même nature que celle des bons mets.

 

Et les autres sens : « Quid du toucher ? »

 

« Il y a des sons (comme des vins), qui sont à la fois si charnus et si doux, si caressants, qu’on dit, en croyant les effleurer, qu’ils sont de velours. Il y en a d’autres, plus fins, doués d’une sorte de transparence dans leur douceur flexible et presque impalpable, qui ne peuvent être que soyeux. »

 

« Essayons l’odorat ? »

 

L’auteur se dit que quelqu’un l’avait fait avant lui : Les sons et les parfums montent dans l’air du soir… Baudelaire écrivait qu’ils tournent mais qu’importe ! Il pouvait s’aventurer plus avant « Le fumet, l’arôme, le bouquet, l’effluve, cela concerne à la fois l’odorat et le goût. Les mêmes mots servent pour le nez et le palais. On respire un vin avant de le goûter, et le parfum de la cuisine précède celui de la table. Je pouvais donc parodier le poète :

 

Les sons et les bons mets parfument l’air du soir…

 

Était-ce de très bon goût ? Je ne sais ; » avoue l’auteur tout en continuant de creuser la question. Là il bute aussitôt sur une difficulté inattendue.

 

« Les gourmands ne cessent de se plaindre de leur manque de vocabulaire. Ils travaillent sur des à-peu-près, des équivalences. Ils cherchent, le verre à la main, le regard perdu, et décrètent : « Beaucoup de fruit rouges, un peu de cassis, de la violette… » Ils passent depuis des siècles un temps infini à comparer, mesurer, apprécier, distinguer, spécifier, évaluer les saveurs sans sortir des saveurs, en évoquant ce qui, en effet ressemble à l’arrière saveur d’un fruit rouge ou d’un grain de cassis, à la traînée d’un souvenir râpeux de noix sur la langue.

Ils empruntent un peu au toucher pour interroger le moelleux et la rondeur. Ils se projettent dans le temps pour supputer la longueur et…tiens ! c’est curieux… ils comptent les secondes comme un organiste mesure le temps de réverbération. »

 

L’auteur avoue tourner en rond mais en ajoutant que c’était bon signe. Alors il se lance dans une phrase métaphorique sur l’orgue historique de Saint-Maximin.

 

« La saveur particulière d’un grand orgue français du XVIIIe siècle tient au moelleux des bourdons, au fruité des flûtes, à la force en tanin des cromornes et à l’acidité des nasards. »

 

De la belle ouvrage donc qui le conduit à penser « que cette association n’était pas due au hasard, qu’il était dans la nature des choses que les goûts et les sons s’évoquent les uns les autres, et que, par voie de conséquence (ou de cause à effet) les musiciens soient des gourmands. »

 

L’auteur proclame « J’avais raison. » Rendons-lui cette grâce et suivons-le dans son tour de main final :

 

« C’est ainsi que, peu à peu, s’est précisée l’idée de ce livre. Les musiciens passent leur temps à répandre autour d’eux de beaux sons avec art : mais rien n’est fait pour qu’ils diffusent les effluves de cet autre savoir-faire, aussi raffiné que le premier, mais qu’ils cultivent sans leur sphère privée. Ma décision était prise : j’allais me faire l’imprésario de leur art intime. J’allais me faire l’organisateur de ce festival hors de l’espace et hors du temps : la cuisine des baroqueux. »

 

à suivre en afterwork avec le grand baroqueux Jean-Claude Malgoire et ses spaghettis alla carbonara fleurant bon le vin rouge...

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 00:09

La première fois que j’ai croisé, à Bordeaux bien sûr, André Lurton c’était lors d’un énième débat organisé, suite à mon fichu rapport, par le journal Sud-Ouest je crois. Il l’avait lu. Comme je suis entré dans le monde du vin par la porte de derrière (celle des organisations professionnelles) et qu’André Lurton fut membre du CNJA où il faisait partie d’un « groupe AOC » créé par l’alsacien Marcel Blanck et où l’on retrouvait Gérard César, Marc Brugnon le champenois, Paul Avril de Châteauneuf-du-Pape… nous possédions les mêmes codes. André Lurton, toujours avec Marcel Blanck jeune vice-président de l’INAO, fonda le CNIVE : Comité National des Interprofessions Vins et eaux-de-vie qui s’est attelé aux problèmes d’exportation. Comme le disait Marcel Blanck « nous avons fait de la pub en Europe et aux USA. À l’époque, il n’existait rien et il a fallu faire preuve d’imagination. » Heureux temps avec des dirigeants viticoles de belle carrure !

 

Les Lurton, les enfants de François Lurton et de Denise Recapet, André en tête, avec ses frères Lucien et Dominique et leur sœur Simone ont fondé une véritable dynastie à lire ici link On s’y perd et parfois c’est un nom difficile à porter comme en témoigne Pierre, gérant et directeur de Cheval-Blanc, l’un des fils de Dominique, qui raconte, je l’ai entendu de sa bouche, que lorsqu’on envisageait de le recruter à Cheval Blanc il sentit que son patronyme pesait lourd et qui, avec humour, fit remarquer aux propriétaires (ce n’était pas encore le couple Baron Frère-Bernard Arnault) qu’il lui était difficile d’en changer pour celui de sa mère Hélène Laffitte, certes avec deux t. Bref, je me devais de vous donner toutes ces explications pour vous présenter François Lurton, fils d’André et d’Elizabeth Garros (en cinquième place dans la lignée des 7 enfants).

 

Pourquoi François ? C’eut pu être Christine, Jacques, Denis, Brigitte, Henri, Marie-Laure, Sophie, Gonzague, Thierry, Bérénice, Marc ou Jérémie… sans compter sur Pierre déjà cité…

 

La raison est simple : en ouvrant ma boîte aux lettres jeudi matin j’y ai découvert un haut paquet caractéristique du transport postal de vin. Étonné, je n’attendais rien, j’ai bien sûr ouvert le paquet pour découvrir, dès la capsule (à vis), le sceau de François Lurton Estate. J’ai aussitôt pensé, car j’avais lu un communiqué sur le sujet, que c’était Le Grand Araucano 2009 Cabernet-Sauvignon qui vient d’être élu lors de la 9 e cérémonie des « Wine of Chile Awards 2012 », le jeudi  12 janvier à Santiago, « meilleur cabernet-sauvignon chilien » et empoché une médaille d’or comme en 2006 et 2005. Caramba, le vin était blanc ! les fumées blanches 2011 indiquait l’étiquette, et je lus enfin qu’il s’agissait d’un Sauvignon blanc issu des Côtes de Gascogne.

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J’avoue avoir un faible pour le Gers. La raison : de bons souvenirs tout simplement, une solide amitié et, pour tout dire, un peu le creuset de l’idée de mon rapport. C’est donc grâce à la conjonction de deux André : Lurton et Dubosc (Le nom de Lurton c'est une marque )que j’ai  eu  envie de chroniquer. Avec moi, comme vous pouvez le constater, tout est simple comme une lettre à la poste. Je ne suis pas compliqué. Je marche aux sentiments. Me restait plus qu’à mettre la bouteille au frais et puis trouver une occasion de la descendre, pardon de goûter ce sauvignon blanc de Gascogne. Et si l’occasion c’était un beau plat d’étrilles ! Attention une étrille n’est pas une étrille et pourtant toutes deux sont dures. Je m’explique, la première, qui sert au pansage des animaux, gratte dur ; la seconde est un « charmant » petit crabe qui pince dur.

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L’étrille, communément appelée en Vendée : balleresse, est d’un gris violet avec des reflets verts et de beaux yeux rouges proéminents. Contrairement au gros tourteau dormeur elle est petite (3 à 6 cm en moyenne), vive et agressive. Pour la pêcher il faut suivre la marée car c’est un crabe nageur ou aller la dénicher dans les creux de rocher où elle s’accroche comme un pilier en mêlée. Dans mes jeunes années, je fus, lors des grandes marées d’équinoxe, un bon pêcheur de balleresses ce qui me valait l’estime de mon beau-frère de l’époque grand pêcheur. Pour éviter de se faire pincer, et elle pince dur la diablesse mais relâche contrairement au tourteau, il faut la saisir si je puis dire « par la peau du dos ». J’aimais cette prédation sportive où la balleresse étrille avait toutes ses chances et comme, en plus, sa chair est d’une grande finesse et d’un goût iodé, je me régalais. Bien sûr, sa petitesse exige que l’on prenne son temps pour l’épibosser, mais lorsqu’on la pêche au moment de sa mue le régal est de consommer ses pattes en entier. Vraiment c’est un must ! Cuites les étrilles sont d’un beau rouge vif ! le problème c’est que ce n’est pas en ce moment la saison de la pêche des étrilles (de mars à octobre) mais comme mes souvenirs sont forts je vais m’imaginer face à un plat empli d'étrille-Macropipus puber (Linné, 1767)  déguster les fumées blanches de François Lurton.   Etrilles.jpg

Les étrilles du jour © Maurice Rougemont

Les fumées blanches étant selon ce qui est écrit sur la contre-étiquette « les brumes matinales qui s’étendent sur les vignobles en coteaux. » Du côté prix dans la boutique internet du site François Lurton www.francoislurton.com 4,90€ la bouteille et 15€ le BIB de 3L.Pas facile de dévisser la capsule, est bigrement serrée. Belle couleur jaune paille, nez agréable, vin vif, frais, de soif, qui se laisse boire et comme disent mes amis gascons sitôt bu, sitôt pissé... Moderne vous avez dit moderne François Lurton méfiez-vous les gascons ont la tête près du béret. Si vous souhaitez voir les étrilles in situ c'est ici link

Reanult-002-copie-1.JPG 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 07:00

Les deux filles ne relevaient même pas l’insulte, elles allaient poser leurs gros culs sur une banquette et se mettaient à tirer consciencieusement dur des joints. Mimmo décrétait qu’il fallait aller tracter l’équipe des ouvriers journaliers qui arrivaient. J’avais très envie de l’envoyer chier mais à ma grande surprise les deux nanas se levaient et empoignaient les tracts baveux. « Venez les mecs, les boudins de LC vont vous pisser le long de la raie comme des mecs si vous ne bougez pas vos fesses ! » Guido se marrait. Moi je profitais de l’occasion pour me singulariser : je lançais en français une remarque désobligeante pour les nanas qui se résumait en un lapidaire « cassez-vous pauvres connes ! » qui leur filait au-dessus de leur tête mal coiffée sans qu’elles en comprennent le sens. Bien évidemment, comme vous le comprendrez aisément, l’échange précédent c’était fait en italien et ma saillie française apportait une touche d’exotisme. Elles me fixèrent d’un regard bovin qui devait beaucoup à leur fumette. Mimmo s’abstint de traduire. Il embraya sur je ne sais quel sujet de discorde entre LC et l’Autonomie. Les deux filles, comprenant sans doute que mon apostrophe ne devait pas être très ragoûtante, me jetaient un regard mauvais. Guido me prenait par le bras en me conseillant de m’abstenir dorénavant de manier mon français en public, surtout dans un bistro où les indics sont légions. J’en convenais tout en lui indiquant que j’en avais ma claque de leurs débats à la con. Dehors régnait une grande agitation car la direction venait, à nouveau, de décider le lockout car le blocage de l’atelier de Peinture foutait le bordel dans toute l’usine. Mimmo allait aux nouvelles et revenait excité comme une puce « On va bloquer l’autoroute ! Même les mecs de la FIOM nous suivent... »

 

Arrivé au péage les meneurs du cortège déployaient des banderoles au  milieu des voies et déposaient à chaque borne de passage une boîte pour les dons. Tout le monde est obligé de s’arrêter, de subir le bla-bla-bla traditionnel et de déposer, avec plus ou moins de bonne grâce quelques lires dans la caisse de solidarité. Quelques fortes têtes tentaient de forcer le passage et s’en tiraient avec des coups de manches de pioche sur leur carrosserie. Une Ferrari conduite par un branleur se faisait exploser son pare-brise d’un coup de tuyau de plomb. La police tardait à venir. Les esprits s’échauffaient. Mimmo, fine mouche, décidait de lever le barrage après avoir conféré avec les leaders du mouvement. Guido me prévenait que notre ami était en train de nous concocter un de ses coups favoris : changer de terrain lorsque celui sur lequel on se trouve se dérobe et devient peu sûr. La manif repartait vers l’usine mais arrivée à la grille principale, au lieu d’y pénétrer, elle allait tout droit. Je ne pigeais pas très bien le but de la manœuvre sauf que tout au bout de l’avenue se trouvait le supermarché de Santa Maria de je ne sais plus très bien quoi. C’était la ruée sur les caddies. Le mot d’ordre était d’une grande simplicité « on ne paie pas ! » Bien évidemment les clivages politiques resurgissaient à propos de ce qu’il fallait mettre dans les caddies. Les militants de LC déclaraient qu’il ne fallait piquer que les produits de première nécessité : des pâtes, du fromage, de la charcuterie... alors que Mimmo emplissait le sien de champagne et de whisky qu’il redistribuait à tous ceux qui en voulaient. Les délégués de la FIOM, postés aux portes du supermarché, braillaient que les membres de l’Assemblée autonome et de LC n’étaient que des voyous, des voleurs. Qu’ils les connaissaient un par un et qu’ils n’en resteraient pas là. Le petit Sarde de l’atelier de peinture faisait sauter le bouchon d’une bouteille de Moët en clamant « pour ce truc là il faut des coupes en cristal ! » C’était réellement le bordel mais je n’arrivais pas à entrer dans le maelstrom, j’avais hâte de rentrer à l’appartement pour décider de ce que j’allais faire.

 

Lorsque je suis arrivé à l’appartement, à peine avais-je mis les pieds dans l’entrée qu’une bouffée de senteurs acidulées : tomate, basilic dominant m’environnait, c’était comme au temps où je rentrais de l’école le vendredi, jour maigre, et que toute la maison sentait l’odeur aigrelette du beurre salé dans lequel ma mère cuisait les galettes de blé noir. Je me débarrassais de mon passe-montagne avant de pointer le bout de mon nez dans notre grande cuisine. Face au fourneau, donc de dos, une grande tige aux cheveux courts simplement vêtue d’un tee-shirt long s’affairait face à une palanquée de casseroles fumantes. Elle sifflotait en esquissant, sur la pointe de ses pieds-nus, quelques pas de danse qui la faisait se déhancher avec grâce. Je restai un long moment dans l’embrasure de la porte à la contempler. Lorsqu’elle volta pour aller récupérer dans le frigo je ne sais quel ingrédient supplémentaire elle m’aperçut. Nos regards se croisèrent et puis, tout naturellement, elle vint vers moi et nous échangeâmes des bises. « Tu es Jacques !» me dit-elle d’une voix un peu éraillée... Mon nouveau prénom me surprenait encore mais j’acquiesçais en lui rendant la pareille « Toi tu es Lucia ». Elle n’était pas vraiment belle mais tout chez elle respirait le raffinement qu’on sut garder les vrais aristocrates. Aucune espèce de trace de vulgarité, une geste déliée, l’art de se fondre dans la masse en cultivant sa singularité. Je respirais, heureux d’avoir trouver en elle une première bonne raison de rester. Lucia était bavarde ça me reposait même si je devais m’accrocher pour suivre ses digressions dans la langue de Dante. Lorsqu’elle me sentait noyé elle adoptait un français plein d’incongruités et de faux-amis. Je me rendais utile en touillant la sauce tomates qui clapotait. « Lucia, j’ai une faveur à te demander... » Ses grands sourcils se fronçaient légèrement. Je la rassurais sitôt sur mes intentions « J’aimerais que tu m’aides à perfectionner mon italien... » Elle éclatait d’un grand rire saccadé avant de me répondre, en prenant un air de petite fille faussement sage « À charge pour toi de me faire bénéficier de tes dons naturels... »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 00:09

adele-titanic.jpgAvant de faire dans le people avec Adele La jeune reine de la soul anglaise, numéro un actuellement en France et aux Etats-Unis, celle qu’on surnomme la nouvelle Amy Winehouse, un petit coup de rétro avec un classique des 4 Barbus du temps de mes culottes courtes avec au refrain le célèbre « car elle est morte Adèle » (l’écoute ci-dessous vous fera revivre la chanson type drame rural).

 

Adele Laurie Blue Adkin la chanteuse britannique née le 5 mai 1988 qui vient de se faire opéré d’un poly vocal se fait tailler « une petite culotte » dans la tradition des critiques de Libé. Pas très élégant, cancanier « on l’a aussi vue se promener avec un chien laid dans un sac et les tabloïds anglais parient qu’elle s’est fait opérer en outre du visage car la star de 23 ans, plutôt rondouillarde, a twitté une photo d’elle passablement aménagée au niveau des pommettes. Incroyable, quand on sait que celle qu’on surnomme la nouvelle Amy Winehouse demande une bouteille de pinard par soirée dans sa loge (contre 12 canettes d’eau plate, cependant). Info garantie Daily Mail. Mais au fait, qui est Adele ? Une chanteuse de soul-vaisselle, numéro 1 partout et dont votre fille de 9 ans, rappelez-vous, vous a demandé d’acheter le dernier single»

 

A Libé on déteste le succès : 11 millions d’albums écoulés dans le monde à ce jour, dont 4 millions aux Etats-Unis, Adele a vendu deux fois plus que Lady Gaga. Mieux elle est en passe de battre le record établi par la bande originale de « Titanic » en 1998 (seize semaines)! En France, l’interprète de « Rolling in the Deep » a dépassé les 500000 albums vendus et se maintient en tête des ventes.

 

Du côté tessiture Adele est une contralto assez sensuelle. Elle décrit son style musical comme de la «soul de cœur brisé» et admet que sa technique vocale est plus développée et captivante que son habileté comme compositrice.

 

Moi je suis bon public. Je préférais Amy mais Adele me plait bien quand j'ai besoin de m'aérer les neurones n’en déplaise aux langues de putes de Libération…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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