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    Vin&Cie,

             l'espace de liberté

 

 

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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Photo du Taulier de Ludovic Carème © http://www.ludoviccareme.com/ 




 

Lundi 31 mars 2014 1 31 /03 /Mars /2014 00:09

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Ma chère tantine,


Comme je te connais, t’es une pipelette, et comme depuis que t’as ton hub t’as de l’influence, le bras long et la langue bien pendue, je ne vais pas me mouiller mais te dire ce que pense en mots codés.

 

Que veux-tu faut bien manger et je ne vais pas mordre la main de ceux qui me nourrissent. C’est humain non et ne me dit pas que comme l’écrivait Julien Green dans Le visionnaire que « Le respect humain m'avait soufflé un ou deux mensonges dont il faudrait m'accuser, un jour. »


Samedi soir, alors que s’ouvre la semaine des primeurs, j’étais parmi la petite centaine d’invités de qui tu sais, un brave propriétaire qui en est à son trentième millésime, qui a eu son premier sécateur offert pour ses sept ans, un vrai vigneron comme on les aime qui passe beaucoup plus de temps dans ses vignes et son chais que dans le hub des aéroports. Un missionnaire visionnaire !


Toute la Cour était présente, la fine Fleur quoi, un mélange de people, de propriétaires, de chers confrères qui écrivent dans la presse, des critiques comme on dit à Paris. Je n’ai pas vu le Jacques Dupont mais en revanche j’ai croisé un membre éminent de la commission de classement. Pas la peine de te dire qui puisqu’y z’ont fait des photos de lui en compagnie d’un grand amoureux du cru.


Ne t’inquiète pas tata pour sûr que l’encenseur habituel, le petit cireur de pompes, Bon Courtisan, va nous gratifier d’une chronique idolâtre où tu sauras tout sur l’excellence des mets et des vins de l’inauguration du Palais présidentiel. L’était là que pour ça le p’tit gars vu que ce truc n’était qu’une forme post-moderne de meeting de soutien au maître du lieu. Un soutien fort du monde du vin pour mettre en lumière, au meilleur moment, l’une des plus belles ascensions de l’appellation.


Moi, je vais te dire tantine, comme la sous-Ministre de je ne sais plus quoi, sur les marches de Matignon, je vais te faire une confidence que tu ne répéteras pas : la bouffe était dégueulasse ! Pour les vins je ne dis rien car je prépare mon papier où je vais bien sûr noter qu’étant donné :


1. le niveau de qualité et la constance des vins appréciés à partir de l’excellence des résultats de la dégustation et de l’aptitude au vieillissement comptera pour 30 % de ma note finale ;


 2. que la notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale et internationale du vin de l’exploitation et de la mise en valeur exceptionnelle du site comptera pour 35 % de ma note finale ;


 3. que la caractérisation de l’exploitation appréciée à partir de l’assiette foncière, de l’homogénéité de ou des entités culturales et de l’analyse topographique et géo-pédologique comptera pour 30 % de ma note finale ;  


4. que la conduite de l’exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l’œnologie appréciée en tenant compte de l’encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification et des conditions de vinification et d’élevage comptera pour 5 % de ma note finale.


Ce n’est pas un métier que je fais tantine, j’ai un peu mal à la tête et je ne suis pas certain que ce soit dû à la lourdeur de mes additions.


Qu’en penses-tu tantine : et si je demandais que la dégustation après s’être fait rincer par le propriétaire du château soit classée comme maladie professionnelle dans la nomenclature de la sécu ?


Comme toi je songe sérieusement à me reconvertir.


J’hésite !


Peut-être que je vais me lancer dans le cinéma ?


Tu sais bien tantine que très souvent on me compare à John Malkovich, alors pourquoi pas !


Quand j’étais plus jeune tu t’en rappelles je disais à ma pauvre mère « je veux être Ministre ou rien »


Je l’ai échappé belle tantine car ce matin je serais obligé de m’inscrire à Pôle Emploi.


Bien, je vais en rester là ma tantine adorée, sois discrète, garde tout ce que je t’ai dit pour toi.


Je te fais des bisettes.


Ton fiou*


PS. Je n’ai pas osé faire de seelfie de peur de déplaire à Norbert.

 

* Fiou = filleul

 

illustrations diverses :


1- via Gerbelle de la RVF une vidéo 007 link


2- les éloges de Sud-Ouest link


3- la tartine du Figaro link

 

4- Les grandes pompes de FR3 Aquitaine link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 30 mars 2014 7 30 /03 /Mars /2014 07:00

Dimanche dernier nous nous sommes couchés de bonne heure car la veille nous avions fait une fiesta d’enfer dans l’un de nos terriers favoris. Nous sommes allés voter puis nous avons tiré les écoutilles, seuls les hiérarques socialistes espéraient éviter la branlée. C’était gros comme une maison. Ma seule réponse lundi matin, à ceux qui m’interrogeaient sur la suite des évènements, c’était un laconique « père pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font.- Luc XXIII, 34. » Panique à bord du cargo vide de la rue de Solférino et sous les ors des palais républicains.  Blêmes ils étaient les petites éminences. Le long séjour du PS dans l’opposition, après la déroute du père Jospin le 21 avril 2002, a accentué plus encore sa dérive vers un gros parti de notables, d’élus locaux auxquels s’agrègent des aspirants à l’élection qui forment de lourdes grappes laissant accroire à tout ce petit monde qu’ils détiennent le pouvoir. Que dalle ! Nada, illusion. Ça va déménager et les répliques du séisme n’ont pas fini de lézarder le conglomérat qui n’a même plus d’éléphant, sauf Fabius, pour lui sauver la mise. Le remaniement fera pschitt ! C’est la fin d’un cycle. En face, ils se contenteront d’engranger. Quant aux bas du Front, plus la vague des soi-disant déçus s’enflera, et elle sera haute aux européennes, plus leurs chances de porter la Marine aux manettes s’amenuisera. C’est la logique des blocs qui se forment, se déforment, mais restent dominants.


Loin de broyer du noir ma vitalité s’en retrouvait renforcée. Adeline me couvait comme si j’étais un oisillon et je reprenais le fil de mon équipée avec Chloé dans le Berlin de la guerre froide.


Nous nous documentâmes sur ce quartier populaire, inclus dans le secteur américain, et qui recélait deux caractéristiques intéressantes pour nous : la présence au sud de l’aéroport de Tempelhof – celui du pont aérien de 1948–49 ravitaillant Berlin-Ouest lors du blocus grâce aux Rosinenbomber – et celle, au nord, de Check-point Charlie donnant accès au secteur soviétique. L’aérogare de Tempelhof nous fascina par son avant-gardisme, en comparaison celle d’Orly semblait bien provinciale avec sa façade plate de HLM. Ici, sur plusieurs niveaux, le bâtiment principal semi-circulaire de 1230 mètres de long, réalisé sous le 3ième Reich, impressionnait par sa fonctionnalité et sa démesure. Alors que nous nous extasions dans l’immense hall, un gros bonhomme, caricature du Bavarois buveur de bière, nous abordait, avec un air de contentement, pour faire savoir à ces petits français impressionnés que ce bâtiment était le 3e plus grand au monde par sa surface au sol après le Pentagone et le palais du génie des Carpates à Bucarest.


-         Et si je lui répondais : salaud de nazi, tu crois que je ferais mouche ? me susurrait  Chloé  à l’oreille.


-         Normal c’est un flic lui répondais-je en affichant un large sourire Gibbs.


Le gros type adipeux était sans aucun doute le premier pion de notre comité d’accueil. Il nous proposait ses services que nous refusâmes en prétextant que notre excellente connaissance de Berlin. Nous nous débarrassâmes de lui avec difficulté car manifestement la plastique de ma compagne attisait le feu de ses vieilles gonades. Je jouai le tout pour le tout en lui demandant carrément où il avait servi lors de son long séjour en France au temps du petit père Adolf. Effet immédiat, il vira au rouge et nous laissa en plan. Dans le métro qui nous emmenait vers le centre du quartier de Kreutzberg je confiais à Chloé ma crainte d’être la victime d’une manipulation. Elle éclata de son rire cascadant « C’est évident que tu n’es plus ici maître du jeu. Je croyais que tu l’avais compris : dans ce putain de Berlin ce qui compte pour les américains ce ne sont pas ces petits connards que nous allons rencontrer mais les communistes est-allemands de l’autre côté du mur. Marcellin t’envoie dans cette pétaudière pour savoir où se trouve la menace réelle, pour identifier quels sont les éléments qui sont entre les mains de Moscou. Quel jeu joue nos soi-disant alliés. La guerre froide c’est cela mon tout beau. Fini de jouer solo mon coco, ici c’est la cour des Grands. »


En retrouvant l’air libre en plein quartier de Kreutzberg nous pûmes vérifier que la zone de chalandise de nos petits camarades étudiants ne respirait guère l’opulence renaissante de l’Allemagne de l’Ouest car elle se composait essentiellement d’usines bombardées, de gares désaffectées, d’HLM trop proches du mur pour séduire les promoteurs et elle était cernée de bidonvilles turcs empestant la fumée de charbon de bois et le suif de mouton rôti. Nous rôdaillâmes dans des cafés peuplés d’une faune fumant du shit sous des drapeaux du Viêt-Cong et des photos de Mao et d’Hô Chi Minh. L’évocation du nom de Sacha auprès des camarades ne nous attira que des sourires vagues ou même une forme d’hostilité sourde. Fatigués nous échouâmes dans une sorte de club en sous-sol où un guitariste en keffieh palestinien jouait vaguement du Joan Baez sous les regards indifférents de quelques corps indistincts vautrés sur des matelas jetés à même le sol. Certains se pelotaient sans enthousiasme pendant qu’une fille dans un coin allaitait un moutard roussâtre. Venant de je ne sais où un charmant Suédois efféminé nous tendait deux canettes de bière. Nous nous posâmes sous un drap tendu sur lequel une main malhabile avait peint des slogans contre la bombe à neutrons.


Olof, le suédois, gérant de ce club communautaire, se roulait un joint tout en s’enquérait de notre situation. Notre réponse « Nous cherchons Sacha...  lui tirait un mince sourire :


-         Je crois qu’il loge dans un grand entrepôt avec ses camarades du « Centre de la Paix ». C’est une communauté. Ici presque tout le monde vit en communauté. Vous devez avoir faim. Je vais vous conduire dans un restaurant à kebabs ... »


Nous tétions nos bières et nous le suivions dans un lacis de ruelles sombres jusqu’à un appentis couvert de tôles. « C’est chez Mustapha, l’agneau y est délicieux vous verrez. » Pendant que nous nous restaurions Olof, toujours aussi obligeant, nous dessinait sur une feuille de carnet le plan qui nous permettrait de nous rendre jusqu’à la tanière de Sacha. Le thé à la pomme avait plutôt un goût de serpillière mais, après notre journée d’errance, la perspective de nous poser en un lieu hospitalier nous le faisait apprécier bien mieux qu’un Earl Grey de chez Mariage. Je réglais l’addition avec mes dollars pour le plus grand plaisir de Mustapha le patron qui, pour nous remercier, nous enveloppait des halvas dans du papier journal. Avant de nous quitter Olaf murmurait quelques mots à l’oreille de Chloé qui opinait en souriant.


La nuit tombait. Le suivi du plan d’Olaf nous conduisait jusqu’à un canal dont les eaux noires reflétaient les auréoles jaunasses de gros projecteurs juchés sur des miradors qui s’alignaient, à intervalles réguliers, sur la berge d’en face. Soudain sur notre gauche, alors que nous nous engagions sur le chemin de halage plein de fondrières, surgissait une vedette de la police truffée de mitrailleuses. Son projecteur puissant nous enveloppait l’espace d’un court instant avant de continuer sa course sur les murs de briques des usines éventrées. Nous n’étions pas très rassurés. Chloé me tirait par la manche « Je crois qu’il nous faut prendre cette rue, là... en pointant le doigt vers une ruelle aux pavés disjoints.


-         Que te voulait Olaf ?


Ma question hors de propos lui tirait un rire nerveux. « Coucher avec moi mon grand... ça m’a l’air d’être le sport national ici...


Face à nous, tel un décor de cinéma, sous le halo blafard de rares lampadaires se dressait une muraille de parpaings grisaillou couronnés d’un buisson de barbelés rouillés, haute d’au moins 6 mètres. Transis, bras ballants, nous restâmes plantés face à elle pendant une poignée de minutes sans même entendre les pas de deux flics dans notre dos.

 

« Vous n’avez jamais vu le Mur ? »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 30 mars 2014 7 30 /03 /Mars /2014 00:09

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Les mots n’ont plus de valeur, ils sont galvaudés quand j’entends l’une des 2 candidates à la mairie de Paris, celle qui se présente dans mon XIVe arrondissement, se laisser aller à proclamer : « J’appelle Paris à l’insurrection démocratique. Le peuple de Paris, fidèle à sa tradition libre et rebelle… »


 

Elle fait fi de la mémoire de cette ville qui a été profondément transformée à partir des années cinquante, avec de grands travaux d’enlaidissements tout au long des années 60 et 70, « qui reprendront sur un autre mode, moins catastrophique sous Mitterrand » dixit Régine Robin dans Le Mal de Paris chez Stock.


 

Je suis 100% Modiano.

 

 

Les déambulations, les errances, les rêves éveillés, les remémorations de ses personnages d’un Paris englouti, m’ont fait mettre mes pas dans leurs pas dès mon arrivée dans la capitale. Il a été mon guide.


 

Mon imaginaire s’est nourri à sa source, Les boulevards de ceinture, Café perdu, Fleurs de ruine, Livret de famille


 

«  Je me suis assis avec lui à une terrasse de café. C’était en juin. On n’avait pas encore creusé la tranchée du périphérique qui vous donne une sensation d’encerclement. Les portes de Paris, en ce temps-là, étaient toutes des lignes de fuites, la ville peu à peu desserrait son étreinte pour se perdre dans les terrains vagues. Et l’on pouvait croire encore que l’aventure était au coin de la rue… » Fleur de Ruine Seuil page 103


 

« Nous nous engagions avenue de la Porte-des-Ternes dans le quartier qu’on avait éventré pour construire le périphérique. Une zone comprise entre Maillot et Champerret, bouleversée, méconnaissable, comme après un bombardement. » Livret de famille Gallimard page 21.


 

Je vous propose de lire, en ce jour de changement d’heure, ce texte qui est sur ma table de travail, simple matériau de mon chantier d’écriture.


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Montparnasse

 

 

Montparnasse, le terminus, la vieille gare de l'Ouest, sentait le sapin. Elle vivait ses derniers jours car bientôt les promoteurs et les bétonneurs allaient l'araser, l'enfouir, damer son empreinte pour couler le socle du plus haut phallus pompidolien, la Tour, bite d'amarrage plantée loin des effluves de l'Atlantique, totem des ambitions pharaoniques des nouveaux friqués, doigt d'honneur pointé au flux de bagnoles craché par la future pénétrante Vercingétorix.


 

Tout devenait possible, les vannes s'ouvraient, le fric dégoulinait, on jetait un tablier de bitume sur les quais de la Rive droite, on charcutait le futur Chinatown, on excavait le ventre de Paris, on décidait d'édifier Beaubourg, les derniers feux des années dites glorieuses rougeoyaient.


 

Qui aujourd'hui se souvient de Christian de la Malène, de la Garantie Foncière, du Patrimoine Foncier, de Gabriel Aranda, de Robert Boulin, des petits et gros aigrefins, des prête-noms, des stipendiés, des corrupteurs et des corrompus, des fortunes météoriques, de cette cohorte de personnages troubles dont on aurait cru qu'ils sortaient d'un film de Claude Sautet ? A vrai dire, pas grand monde, sauf moi devant l'écran de mon ordinateur, dans un hôtel miteux à deux pas de la gare Saint-Lazare.


 

Mon arrivée gare Montparnasse me reconnectait violemment avec Paris, cette pute fardée, soupe au lait, délurée et populacière, dangereuse, que la grande écrémeuse immobilière, tournant à plein régime, vidait de son petit peuple et des nouveaux venus. Cap au nord, toujours plus loin dans les champs de betteraves, empilés. Montparnasse où je m'échouais ne serait bientôt plus le bassin déversoir des crottés de l'Ouest, filles et garçons, émigrés de l'intérieur, bonniches et manœuvres, rien que des bras.


 

Les cafés du bord des gares, même au petit matin, puent la sueur des voyageurs en transit. Ils sont crasseux de trop servir. Les garçons douteux. Les sandwiches mous. La bière tiède et les cafés amers. Dans le nôtre, les croissants rassis et le lait aigre, allaient bien aux ongles noirs et aux cheveux gras du serveur. Les effluves froids et graillonneux de croque-monsieur rehaussaient le charme gaulois du patron : bedaine sur ceinture et moustache balai de chiottes. Depuis l'instant où j'avais posé le pied sur le quai je distillais un coaltar épais. Tout ce gris, ce sale, cette laideur incrustée, loin de m'agresser, m'enrobaient d'un cocon protecteur. Ma bogue se refermait et j'appréciais.


 

Quand je me suis enfourné dans la bouche du métro, la glue poisseuse des mal-éveillés giclant de toute part m’a dégluti, absorbé, digéré. Des fourmis aveugles, programmées, progressaient en files denses, se croisaient sans se voir. Porté par elles, dissous puis coagulé, étron parmi les étrons, je prenais place dans le troupeau. Ce grouillement souterrain, malodorant, informe, chaîne de résignés, de regards vides, bizarrement me rassurait. La quête têtue et empressée du bétail à se fondre, à n'être qu'anonyme, correspondait bien à mes aspirations du moment.


La face plate de la rame Sprague débouchant du tunnel, comme j’étais en tête de ligne venait s'immobiliser dans un crissement aigu de freins à ma hauteur. La rame dégueulait ses encagés sous les regards impatients de ceux qui allaient les remplacer. Le chef de train, un long vouté, dominait la masse, et sa tronche renfrognée sous sa casquette ridicule ressemblait à un bouchon balloté par la houle. Tout autour de moi, les corps cherchaient des espaces, des mains agrippaient les hampes centrales, sans un mot, têtes baissées, les moutons trouvaient leur place dans la bétaillère. Le signal sonore couinait. Les loquets des portes claquaient. La rame s'ébranlait. Mon allergie pour le métro venait de naître.


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Samedi 29 mars 2014 6 29 /03 /Mars /2014 10:00

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J’adore tailler des bavettes en prenant mon café au café qui vend le journal car les meilleures langues du village y défilent et ça vaut largement Fesse de Bouc.


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Justement, l’autre matin, jeudi, il faisait très beau, et j’ai dit au Alain, au Jean-Luc et au François qu’étaient là comme par hasard – je ne donne pas les noms car j’suis discrète – que depuis que la petite Isabelle était venue faire la belle chez le Norbert Le Forestier ça balançait grave, comme dit ma petite-fille, et qu’y faudrait tout de même que le Compadre vienne plus souvent y faire un tour avec sa mobylette bleue à siège biplace. L’est pas très partageux le César que j’ai dit « pourrait faire faire un petit tour dans le vignoble du bas à l’Isabelle le 1er avril, ça plairait sûrement à ses nouveaux copains… »


Y’se sont bidonnés.


« Vous ne savez pas…


En chœur y z’ont répondu : « Non…


« C’est dans un canard, tout ce qu’y a de sérieux, Challenges, y disent dans la rubrique Indiscrétions que notre Norbert, qui ne doute jamais de rien, « souhaitait convaincre l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) de se joindre à sa plainte en diffamation contre #VinoBusiness »


-        C’n’est pas vrai… qui se sont esclaffés ces hypocrites.


-        Mais si, mais si que j’ai rétorqué sans me démonter, même que notre Isabelle, qu’a pas sa langue dans sa poche, ça vous le savez, a enfoncé le clou « Il semblerait – tout au moins jusqu’à présent - que le service juridique de l’INAO ne s’y soit pas risqué… Au fait, qui est à la tête du service légal de ce noble institut ? Véronique Fouks, épouse de Stéphane Fouks, grand manitou d’Havas! La boîte de com. de renommée internationale qui gère désormais la communication de crise de ce pauvre Hubert… » qu’elle a dit.


-        Le Norbert y se prend pour DSK…  


Là je ne vous dit pas qui a dit ça mais on peut s’en douter.


On en était à notre énième café, c’était pire qu’à la buvette de l’Assemblée, lorsque j’ai reçu un sms, ben oui j’suis connecté, c’n’est pas interdit à la profession que je sache, qui me disait que nos 2 deux gars, le Jacques et l'Olivier, qui s’étaient plains des malheurs fait à leurs postérieurs à la dégustation des flacons de Saint- Émilion link, y sulfataient sec du côté de la salle de dégustation de Larrivet-Haut-Brion « qui domine le parc et le petit étang où quelques canards profitent du retour du soleil pour se raconter des histoires d'oies (les canards considèrent les oies comme nous, les Belges, sans savoir que les oies et les Belges en font de mêmes). »


Après avoir souligné que le Dupont l'avait du style, mes 3 larrons z’ont fait silence, car c’était du lourd, de quoi percer le bronze même d’une cloche consacrée.


« Nous dégustons les pessac-léognan non classés et classés. Quelques absents, notamment Pape Clément de Bernard Magrez et les différents crus de la famille Cathiard, à commencer par Smith-Haut-Lafitte. Ils boudent. Ils ne sont pas les seuls. Gérard Perse (Pavie), plus récemment Hubert de Boüard (Angélus) font de même. C'en est même amusant de constater combien tous ces gens qui s'affichent comme des grands libéraux, citent Sénèque ou Tocqueville, ne supportent pas les contraintes, dénonceraient le totalitarisme pour peu qu'une réglementation les dévierait de leur chemin sacré d'entrepreneur et se montrent intolérants dès qu'on se livre à la critique. Ce sont de farouches partisans de la liberté, y compris celle de la presse qui trace la frontière entre la démocratie et les régimes autoritaires, mais pas dans leur jardin. C'est dans l'air du temps : le patron d'un journal est un comploteur quand il n'entrave pas la capacité d'investigation de ses journalistes... » link 


Si ce n’avait pas été aussi tôt dans la matinée je crois que nous aurions sabré le champagne…


Affaires à suivre…


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Samedi 29 mars 2014 6 29 /03 /Mars /2014 00:09

Chablis, paisible bourgade de Basse-Bourgogne, avec ses 2300 habitants, ses labels ville fleurie et « Vignobles & Découvertes » octroyé par le Conseil Supérieur de l'œnotourisme et destiné à promouvoir le tourisme sur le thème du vin et de la vigne, c’est un petit DallasIsabelle Saporta devrait aller enquêter.link 

 

LeRouge&leBlanc a l’art et la manière de me permettre de pondre des chroniques, les pieds en éventail, sans me fatiguer. Le pied comme on le disait pour faire jeune au temps où je n’étais pas encore vieux.

 

Je m’explique.


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L’an passé je suis allé traîner mes godasses « dans ce véritable océan de vignes qu’est le Chablisien. » accueilli par mes amis Alice&Olivier de Moor et après une leçon de vigne avec Olivier et une plongée en cave, Thomas Pico nous a consacré son après-midi pour nous mener lui aussi dans ses vignes et dans son chai. 


 

J’étais accompagné par une jeune et pertinente dégustatrice ce qui m’a permis d’écouter. Selon ma bonne habitude je n’ai pris aucune note et une fois rentré en mon pigeonnier parisien, telle la cigale de la fable, je me trouvai fort dépourvu. Vu mon bas niveau de connaissances de la vigne et du vin je ne me sentais pas en état de retranscrire les riches heures passées en Basse-Bourgogne chez ces 2 vignerons qui défrisent la grosse cavalerie chablisienne.


 

Je m’étais promis de trouver une occasion de dire tout le bien que  je pensais de Thomas Pico. Une nouvelle occasion me fut donnée la semaine passée lors de mon passage à la sauterie des Affranchis à Savigny-les-Beaune. Mais toujours aussi cossard, sans jeu de patronyme, comme il faisait si beau, je me suis contenté de faire des photos en me disant Thomas il sera présent au 30 ans du LeRouge&leBlanc le dimanche 27 avril à la Cartonnerie link et à la 2ème édition du salon Rue89 des vins, les dimanche 27 et lundi 28 avril 2014, de 10h à 19h, à La Bellevilloise.


 

Bref le taulier, injustement accusé de stakhanovisme, n’en fichait pas une rame.


 

Et c’est là que Jean-Marie Gatteron vint pour dire, en lieu et place, beaucoup mieux que moi, tout le bien qu’il pensait de Thomas et de ses vins.


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Ça ne m’empêche pas d’écrire que Thomas est un garçon sensible, inquiet, qui doute – c’est une  grande qualité – s’interroge tout en traçant le chemin qu’il a choisi, sans forfanterie mais avec une approche pragmatique fondée sur de profondes convictions. 


 

Il faut les avoir solidement chevillées au corps ses convictions à Chablis et Thomas a confié à JM Gatteron « avoir connu de grands moments de solitude » qu’il a pu surmonter grâce aux conseils de ses voisins et les rencontres avec d’autres vignerons. Il aurait pu « se contenter de jouer les moutons de Panurge en imitant nombre de ses collègues adeptes d’une viticulture conventionnelle avec son arsenal technico-chimique. »


 

Chablis, sa renommée mondiale, « trop souvent usurpée », c’est un territoire de vignes où les remises en question devraient être à l’ordre du jour. Tel n’est pas le cas et il faudrait que nos chers collègues gouteurs patentés condescendent à mettre un peu plus les pieds dans le vignoble que leur cul dans de confortables fauteuils de soi-disant dégustations parisiennes ou chablisiennes.


 

LeRouge&leBlanc ne mange pas de ce pain-là.


 

« Lorsque tu es en bio, tu es toujours critiqué. On regarde plus attentivement les 5% de vignes en bio, alors que personne ne fait attention aux vignes désherbées. Alors la meilleure façon de se faire respecter, c’est d’essayer de bien travailler ! »


 

Ça s’appelle l’exigence.


 

« Ce n’est pas parce qu’on n’est pas interventionniste qu’il ne faut rien faire, bien au contraire… »


 

Il peut sembler que l’on profère une banalité en constatant que les  vins sont très souvent au niveau de celui qui les élabore. Plus je vais dans mes pérégrinations de petit blogueur plus je le vérifie. La bonne volonté, la passion, un naturisme mal assuré, ne suffisent pas à faire d’un bon garçon ou fille un vrai vigneron.


 

Thomas est jeune, quelle chance, alors il progresse, il constate dans son travail en cave de vraies évolutions, il n’est pas assis sur des certitudes,  de nouveaux dogmes intangibles, il avance. « C’est un métier de fou, un métier ultra-complet et dur » confie-t-il.


 

Mais nos amis du LeRouge&leBlanc, tels des bonnes fées, veillent sur ce « jeune loup » qui selon eux est une espèce à protéger et de former le vœu que dans les prochaines années Thomas fasse des émules et chasse en meute.


 

Moi qui ne suis pas chasseur j’imagine le terroir de Chablis retrouvant le sens de l’origine…


 

Bien, mais vous allez me dire taulier tu n’as pas causé des vins du domaine Pattes-Loup de Thomas ?


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Ben oui camarades syndiqués, qui voulez tout  savoir sans jamais rien payer, ça vous le trouverez  page 5 du numéro de printemps le 12 LeRouge&leBlanc.

 

Bonne lecture, abonnez-vous qui disait le Taulier !

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 28 mars 2014 5 28 /03 /Mars /2014 10:00

Il y a quelque temps je me suis fait tancer « Nous n’avons pas gardé les vaches ensemble… » par un journaliste parisien, de gôche, car je m’étais permis de le tutoyer sur Twitter.


Ça m’a fait sourire :


1-     Car je n’ai pas le tutoiement facile, ce n’était de ma part qu’une forme paternelle de m’exprimer vu son âge ;


2-   Car, à gôche, le tutoiement est consubstantiel à l’encartement ;


3-   Car de nous deux j’étais bien le seul à avoir gardé vraiment gardé les vaches…


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Tout ça pour revenir à mon sujet du jour : mes vaches, même si tous les fromages ne sont pas de vaches car brebis et chèvres sont aussi de la partie.


Dans l’avenir laitier proche, celui qui fera suite à la rupture des quotas laitiers en 2015, la production de fromages à haute valeur ajoutée dans les zones qui seront soumises à la déprise laitière, sera vitale pour ses territoires qui ne peuvent s’aligner sur les « usines à lait » de l’arc Ouest de notre pays en capacité de mettre en marché du lait pour l’exportation de poudre de lait ou des fromages industriels.


Les territoires de conquête, de reconquête de produits à haute valeur ajoutée comme les fromages artisanaux ou fermiers, sont tout aussi importants pour la vitalité de notre pays que la grosse cavalerie débitée par la GD ou la bouffe industrielle comme par exemple la mozza à pizza.


Pour cette piqure de rappel j’ai ressorti une chronique d’avril 2011 où j’écrivais :


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Comme nous vivons un Temps où chacun affirme ne plus avoir de temps, mettre ses pas dans les pas de ceux qui le prennent, c’est prendre le parti d’une forme de vie, celle qui respecte le rythme où les choses se font. Accélérer le temps, faire vite, à la va-vite, c’est ôter leur goût aux choses, les rendre bien souvent incolore, inodore et sans saveur.


Seule l’eau répondant à cette définition l’affadissement généralisé n’est porteur que de banalité. La différence alors ne se fait plus que sur des images : ainsi fleurissent sur les étiquettes des fermières, des Perrette et leur pot au lait mais adieu vaches, cochons, couvées, le camembert, le munster nous désespèrent et dans leur pochon plastifié nos fromages ne sont plus que des produits dérivés du lait, des subprimes fromagères !


Accusés : la GD et le HD avec la litanie des pousseurs de caddies qui consomment du prix. Dureté du temps certes mais il y aurait trop de facilité à s’en tenir qu’à une charge contre les Mammouths.


Le petit commerce spécialisé est-il toujours à la hauteur ?


Se différencie-t-il vraiment des rayons à la coupe des Grandes Surfaces ?


Ses fromages trop souvent ne sont que les cousins germains de ceux que l’on retrouve frigorifié dans les armoires de la GD.


Un produit de caractère a besoin d’être bien né et bien élevé pour tenir ses promesses dans notre assiette. Et ça là qu’interviennent mes 3 A : A comme Affineur, A comme Alleosse, A comme Artisan.


Toute la chronique est ICI link 


Et la galerie de photos ICI link


Le titre de ma chronique du jour est tiré de cette citation


« Le fromage est un aliment typiquement paysan, et quand il s’agit de donner à manger aux paysans, il leur est, pour ainsi dire administré d’office : au XIIIe siècle, les paysans qui dépendent du monastère de Saint Côme et Damien à Brescia, lorsqu’ils se rendent en ville pour déposer le paiement des locations, reçoivent tous un « goûter » composé de pain et de fromage. En revanche, l’agent qui supervise les travaux des vendanges, pour le compte des propriétaires, reçoit pain et viande. L’opposition ne saurait être plus claire : le fromage est la viande des paysans. » Massimo Montanari « Entre la poire et le fromage »

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 28 mars 2014 5 28 /03 /Mars /2014 00:09

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« Qui se préoccupe de mes vaches, qui vont se retrouver dépave*  au beau milieu de 2015 quand les quotas se seront évaporés dans le ciel sans nuage de la non-régulation du marché européen du lait ? »


 

* être dépave en langue de mon pays crotté c'est être laissé à soi-même.

 

 

Pas grand monde, et surtout pas ceux qui l’ont voté la fin des quotas laitiers, y s’en foutent un peu vu qu’ils ont refilé le bébé aux gens d’en face qui semblent tétanisés. Ouverte au grand large, ce n'est pas forcément mauvais mais en cas de coup de vent il faudra tenir ferme la barre afin que beaucoup d'éleveurs ne boivent pas la tasse. La régulation ce n'est pas une chanson mais des moyens d'action pour agir... Ils existent mais ils ne sont plus de saison à la Commission où l'on va simplement mettre en place un observatoire, sans doute pour compter les naufragés.


 

Reste la solution miracle des barricadeurs de frontières, les bas du Front et ceux du Front d’en face, qui ignorent sans doute que lorsqu’on érige une barrière ça fonctionne dans les 2 sens. Exit les exportations de poudre de lait au Chinois, va falloir ressusciter notre cher Pierre Mendès-France pour faire boire un verre de lait a nos bambins et il ne suffira pas de manifester devant Carrouf ou chez MEL pour faire remonter le prix du lait. Même motif, même punition, pour les vignerons qui font voyager leurs petites quilles de l’autre côté de notre Maginot.

  

 

Aujourd’hui je suis dans l’Est, du côté de Metz pour mes vaches abandonnées de tous et je ne peux que vous recommander dans le Bric à Brac de Gotlib avec ce dialogue génialement foutraque dans les 4 dernières fenêtres :


 

-         La vache laitière : D’un seul coup, j’ai le cafard…


-         Le Pr G : ?


-         La vache laitière : Depuis le début, vous faites rien que vous moquer de moi. Toujours, les gens se moquent de moi. Je suis lasse… Si lasse…


-         Le Pr G : Allons, allons… Vous n’avez pas honte de dire des choses pareilles ? À votre âge ?


-         La coccinelle : À partir de là, ça devient psychologique.


-         La vache laitière : Je suis peut-être un animal… Mais c’est pas une raison pour qu’on me traite comme une bête… Jusqu’à mon nom qui est passé dans le langage courant avec un sens péjoratif…


-         Le Pr G : Moui

-         La vache laitière : d’ailleurs, si ça continue, on va prendre des mesures, au besoin, on ira causer avec les gens, face à face, dans la rue. On leur expliquera nos problèmes. Ça ne peut plus durer.


-         Le Pr G : …


-         La coccinelle : Faites ah


-         La vache laitière : À propos… Vous ne m’oubliez pas, Hein… Ça va être l’heure de la traite…


-         Le Pr G : Triste époque où même les vaches font des dépressions nerveuses…


-         La coccinelle : À partir de là, ça devient sociologique.

 

 

Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

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Jeudi 27 mars 2014 4 27 /03 /Mars /2014 10:00

 

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Pendant que dans notre vieux pays fourbu, perclus d’écrouelles, râleur, défaitiste, nous en sommes réduit à voir et à entendre des gars et des filles bas du Front qui veulent se ceinturer de tricolore sous le buste de Marianne, marier les jeunes gens de tout sexe, se pavaner sous le fronton de leur mairie où il sera toujours proclamé : Liberté, Egalité, Fraternité, nous enfermer derrière de nouvelles lignes Maginot illusoires, exclure, nous faire accroire qu’ils ne sont pas les héritiers de ceux qui aux heures les plus noires ont collaborés, dénoncés, pillés, j’ose me proclamer ouvert au monde sans pour autant ne pas être conscient de tous les périls que recèle une mondialisation que nous avons-nous-même nourrie en nous contentant de consommer, de consommer encore, de ne soutenir notre économie que par la consommation.

 

L’alimentaire devient secondaire, les vêtements de tout prix ne sont plus fabriqués ici, le logement est hors de prix dans les métropoles, les dépenses des technologies de la nouvelle économie s’enflent et leurs produits viennent des BRICS, on délocalise, nous nous appauvrissons lentement et sûrement…

 

Nous ne sommes pas, ou pas encore un pays pauvre mais que, nous l’acceptions ou non, nous vivons au-dessus de nos moyens. Notre goût immodéré pour la victimisation, la faute des autres, a fait prospérer une classe dirigeante molle, ne vivant que pour elle-même, qui se contente de brosser les corporatismes dans le sens du poil, de promettre, d’attiser nos contradictions, de ne pas être exemplaire. L’impopularité n’est pas un bien grand mal si elle est la contrepartie de choix douloureux mais salutaires. Ce n’est qu’un mal nécessaire dans les temps difficiles et ce serait la preuve que la politique pourrait transcender les égoïsmes et les calculs à courte-vue.


Nous n’en sommes pas là mais c’est qui nous mine.


Pour illustrer mon propos sur notre appauvrissement, la seringue dans laquelle nous nous sommes mis, une impasse redoutable car elle est en train de produire  ses pleins effets :


1)      Une vieille chronique  du 2 juin 2009  « Le discount ou comment fabriquer des pauvres : merci JP Coffe de promouvoir le modèle WAL•MART »link 

 

Wal-Mart créateur de pauvres

 

« Le marché du discount repose sur une attention continuelle et quasi-obsessionnelle aux salaires et au coût du travail. Les discounters doivent avoir un turnover deux ou trois fois supérieur à celui des enseignes traditionnelles […] pour atteindre un profit équivalent. Quant à la vitesse de rotation des stocks, elle s’explique par des marges étroites, lesquelles exigent en retour que la part du coût de la main-d’œuvre ne dépasse pas 15% du total des ventes ; c’est-à-dire environ la moitié de ce que ce coût représente dans les supermarchés traditionnels. Et c’est Wal-Mart qui est aux avant-postes de ce marché du discount, avec des dépenses  liées aux ventes et à l’administration générale – principalement des salaires – environ 25% moins élevées que (les autres géants de la distribution). En 1958, quand les emplois industriels étaient trois fois plus nombreux que ceux de la distribution, l’impact de cette pression à la baisse sur les salaires serait sans doute resté limité. Aujourd’hui, alors que le nombre d’employés de la grande distribution dépasse celui des travailleurs de l’industrie, ce sont des dizaines de millions de salariés qui sont touchés par la baisse des revenus. »


2)     Un poème d’extase et d’alcool de Dan Fante, le fils de John Fante, tiré de son opus Bons Baisers de la Grosse Barmaid de 2008 qui montre, et les faits récents l’ont confirmé, que l’illusion de vivre bien au chaud, entre nous, calfeutrés derrière nos frontières, n’est plus de saison Tous les semeurs d’illusion sur un retour à je ne sais quel pays dit réel se trompent, nous trompent. Dans un monde ouvert notre nouvelle frontière se tracera grâce à notre capacité à vivre ensemble pour promouvoir notre mode de vie, ce bien-vivre qui semble, si nous continuons à nous regarder le nombril, n’être plus que la trace d’un monde englouti.


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Paix&Liberté


Mon pote


Charlie est un crack en informatique


Sous la couverture d’un fameux magazine high-tech de droite


Il mobilise son génie


au service de la Sécurité Nationale.

 

 

Ce mec me fout les boules


sans déconner


-         Il  

 

sait

 

vraiment

 

de

 

quoi

 

il

 

parle.

 

 

De temps en temps Charlie me briefe sur les toutes

 

dernières techniques

 

de surveillance en Amérique 

 

 

Le code-barre d’un caleçon

 

de chez Walmart

 

peut vous faire repérer le cul par satellite autour du

 

monde

 

avec une marge d’erreur d’un mètre

 

depuis Crompton en Californie

 

jusqu’à la lointaine Taipei.

 

 

Votre téléphone portable

 

est un vrai collier de chien policier

 

dans les bureaux du FBI ou de la CIA

 

n’importe quel informaticien

 

talibanophobe avec une sale gueule

 

de bois

 

et un casque à cinquante dollars

 

peut écouter vos communications

 

de nuit comme de jour.

 

 

Pure parano

 

dira-t-on

 

 

D’accord pas de problème

 

 

Vous en parlerez

 

à

 

Charlie

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Jeudi 27 mars 2014 4 27 /03 /Mars /2014 00:09

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J’ai hésité, l’article qui suit est publié par LE PROGRÈS AGRICOLE ET VITICOLE et est, bien sûr, protégé par un copyright mais sans vouloir minorer cette Revue de l’Académie de la Vigne et du Vin qui s’appuie sur de nombreux experts en sciences et techniques de la Vigne et du Vin, et sur son Comité de Lecture, pour publier des articles en Viticulture et dans ses domaines partagés avec l’Œnologie et la Socio/Economie, je pense que son lectorat sur le Net reste encore confidentiel.


« Le PAV est un outil de vulgarisation scientifique et de transfert d’informations validées, qui occupe une place originale entre d'un côté des publications scientifiques concernant seulement les spécialistes " pointus " de certains domaines, et de l'autre côté des publications techniques ou d'actualités où la caution de l'expertise est peu garantie. »


Donc si je vous le propose c’est :


1)      Pour participer à la « vulgarisation scientifique et de transfert d’informations validées »


2)      Vous faire connaître cette publication voir ICI les conditions d’abonnements link 


3)      Parce que cet article m’a été transmis par un vigneron ami :

 

J'ai quelques hésitations à envoyer la pièce jointe que je viens de lire dans le PAV. Si le Progrès Agricole et Viticole  existe encore. Et en plus un article de Caudwell.


Pour la petite histoire Antoine Caudwell est le spécialiste mondial de la Flavescence dorée. Dans les années 80, nos professeurs nous expliquaient qu'il avait participé à la mise au point du test Elisa pour son application aux plantes. Donc les recherches de viroses c'est aussi un peu son travail.


Simplement, le Phytoplasme qui nous concerne porte son nom: Phytoplasma caudwellii.


Ce n'est pas un avis que l'on peut écarter d'un simple revers de manche. Et cela en dit long sur l'état "scientifique" accordé à notre métier.


Bien évidemment, si l’on me demande de retirer cet article je le ferai avec regret dans la mesure où la diffusion me semble, pour un sujet aussi brulant, plus importante que la protection du droit d’auteur.

 

Qui est Antoine Caudwell ? Lire ICI link


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Extrait :


« Une cicadelle. Cela ressemble à de petites cigales. Ce sont des hémiptères qui sont peut-être dans la classification entre les pucerons et les punaises et qui sont très mobiles. Une nouvelle cicadelle d’origine américaine, Scaphoideus littoralis Ball 1 était apparue dans cette région et pouvait expliquer la propagation de l’épidémie. La cicadelle était probablement arrivée avec les bois importés d’Amérique et la maladie serait arrivée par la même voie plus tard. Je pense que la cicadelle était déjà assez répandue dans le sud de la France au moment où les bois malades ont dû être importés par de petits hybrideurs, sous forme de bois en incubation, qui ne montraient pas encore de symptômes. Par la suite, on a montré en effet que non seulement la cicadelle était américaine mais que très probablement, la maladie était aussi d’origine américaine, de la région des Grands Lacs.


La flavescence dorée présentait un phénomène rare en virologie, qui a fait l’objet de ma thèse. C’était une résistance acquise par le végétal à la suite de l’infection. Un végétal infecté montrait d’abord des symptômes très graves dans la première année. Puis l’année suivante, il était très affaibli mais ne montrait plus aucun symptôme. C’était un véritable rétablissement. Ces végétaux rétablis étaient susceptibles d’être ré-inoculés, mais les symptômes restaient alors localisés sur deux ou trois rameaux autour du point d’inoculation. J’ai étudié ce problème et expliqué que ce phénomène de localisation des symptômes était le même que le phénomène du rétablissement. Malheureusement pour l’étudier, il fallait de nombreuses années et ce n’était pas un système modélisable. Il n’a donc pas pu être pris plus tard comme sujet d’étude pour des thèses de trois ans. Ces phénomènes de rétablissement ont néanmoins apporté une méthode de lutte. Il suffisait, dès lors, de rompre le cycle du vecteur pour empêcher ses inoculations et ré-inoculations et les vignes sont “revenues à la santé”. Malheureusement, certains cépages d’autres régions ne se rétablissaient pas, ou seulement de façon irrégulière. »


Flavescence dorée : Est-il bien utile d'arracher à grand frais les ceps atteints de Flavescence dorée ? Antoine CAUDWELL

 

Lutte contre l'épidémie de Flavescence dorée: Faut-il recourir à l'arrachage des ceps atteints? Peut-on ignorer les capacités de rétablissement de la vigne? Est-il impossible de lutter contre la cicadelle vectrice avec des insecticides biodégradables?


La rareté de certains vignobles ne prime-t-elle pas? Le cas de la Bourgogne est analysé par le spécialiste Antoine CAUDWELL. Il y a matière à discussion.

 

 

Lorsque j'ai pris ma retraite en 1993 de Directeur de la station INRA de recherche sur les mycoplasmes et les Arbovirus (de Dijon), je suis parti en confiance.


La lutte contre la Flavescence dorée (FD) avait été menée avec succès en Armagnac, puis en Corse et dans le midi de la France.


Elle avait été basée sur la connaissance de l'évolution de la maladie sur les ceps malades, sur la découverte de la cicadelle vectrice et sur le cycle de celle-ci.

 

Après les symptômes très graves de la crise de première année, les ceps malades se rétablissaient spontanément et définitivement. S'il y avait réinoculation, une rechute moins grave se produisait mais elle restait localisée autour du point d'inoculation. La cicadelle Scaphoideus titanus (ou littoralis), originaire d'Amérique du Nord n'a par bonheur, qu'une génération par an et pouvait être combattue en détruisant les larves au fur et à mesure de leurs éclosions. Elle pouvait aussi être combattue, à moindre frais, par des traitements ovicides de fin d'hiver.


 

Au long des épidémies en Armagnac, en Corse, dans le midi et en Italie


Ainsi, comme prévu dès 1961la lutte contre la cicadelle empêchant les inoculations et les réinoculations de la FD, les vignobles sont revenus à la santé par suite du rétablissement spontané des vignes malades.


 

On recommandait cependant d'arracher les vignes sauvages des haies et les vignobles abandonnés qui représentaient des sources d'inoculum et des réservoirs de cicadelles.


Un groupe de travail national Flavescence dorée s'est constitué en 1986 autour de l'Institut Technique de la Vigne et du Vin et de notre laboratoire INRA. Il regroupait en outre les services de la protection des végétaux, l'ENTAV, certaines chambres d'agriculture concernées et l'ONlVlNS. Il s'attachait à propager l'information, à surveiller le bon déroulement des traitements, les évolutions de l'épidémie dans les différentes régions et à appliquer les nouveautés selon les besoins.

 

Nous pouvons citer:


  • La méthode de taille à appliquer aux ceps malades après la crise.
  • Les traitements ovicides d'hiver en Corse, puis dans les autres régions.
  • Les traitements des bois à l'eau chaude pour les porte-greffes sans symptôme ou à symptômes faibles.

 

La FD s'étant introduite et propagée en Italie du Nord, nos collègues italiens ont organisé en 1987, autour de notre laboratoire, un « Convegno sulla Flavescenza dorata della vite».


Les rapports français à ce congrès R. PLANAS (Chambre d'agriculture de l'Aude), de A. BAGARD (Directeur du CIVAM de la région Corse), de D. DOUBALS (Professeur de viticulture à l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier) et de A. CAUDWELL et collaborateurs de notre laboratoire INRA de Dijon, ont montré à nos collègues italiens la parfaite unité de vue sur la pratique des traitements et la confiance réciproque qui régnait entre nous.


Le 16ème meeting de l'ICVG à Dijon en 2009 et ses enseignements


Au temps de ma vie active, je faisais partie du Comité directeur de l'ICVG, « International Council for the study of Virus and virus-Iike Diseases of the Grapevine» - et après ma retraite, on m'a désigné comme « Honorary member » de ce comité.


Ainsi, lorsqu'est arrivé le temps du 16 ème Meeting à Dijon, on est venu me chercher et on m'a demandé d'être «chairman» pour la session «Phytoplasma diseases». Les mycoplasmes des plantes étaient désormais appelés phytoplasmes. L'agent de la FD était donc un phytoplasme.


La première surprise a été de constater que si l'on additionnait les lectures et les posters, il y avait presque autant de communications sur les phytoplasmes que sur l'ensemble des autres virus de la vigne. En effet, depuis la fondation de l'ICVG en 1962, il s'était passé plusieurs décennies où notre laboratoire avait été le seul à traiter de ce type de maladie.


Tout aussi intéressant a été le fait que le rétablissement spontané des vignes malades de la FD, toujours aussi surprenant, est devenu une évidence pour plusieurs universités italiennes. Je dois citer ici une publication de l'Université de Turin:


« Les plantes rétablies ne représentent pas une source d'inoculum pour le vecteur et elles n'ont donc aucun impact sur la propagation de la FD »


Cela est venu confirmer à 50 ans de distance nos publications de 1961 et de 1964 sur ce sujet.


La préoccupation essentielle était cependant l'utilisation des nouvelles techniques moléculaires pour situer les parentés des divers phytoplasmes reconnus dans le monde: objectif bien utile que les techniques précédentes n'avaient pas pu aborder. J'ai appris ainsi que l'on avait donné mon nom au phytoplasme de la FD : Phytoplasma caudwellii.


Comment en est-on venu à rendre obligatoire l'arrachage de vignobles atteints de FD ?


L'intérêt d'un congrès est aussi de permettre la rencontre d'anciens collègnes. Les chercheurs italiens m'ont dit combien ils étaient furieux d'avoir fait arracher inutilement et à grands frais les vignes malades de la FD. Je leur ai répondu que cela ne s'était jamais fait en France. Mais rentré chez moi, j'ai voulu vérifier. En fait l'arrachage des vignes FD était devenu obligatoire en France à la suite d'un arrêté ministériel de 1994. Aucune recherche n'étant venue justifier cet arrêté, je me suis renseigné sur ce qui a pu le motiver.


J'ai eu connaissance d'une réunion du Conseil de direction de l'ONIVINS qui s'est tenue à Paris dans le cadre de la crise de la viticulture et de la prime d'arrachage. A cette réunion, des membres élus de l'Ouest audois à la chambre d'agriculture de l'Audeont demandé que l'on rende obligatoire l'arrachage des vignes malades de la FD et des parcelles très malades, de façon à enrayer les contaminations en provenance de ces parcelles. Le Conseil de direction de l'ONIVINS a été sensible à cette demande et a confié à la direction parisienne de la protection des végétaux, maître d'œuvre en la matière, le soin de rédiger un projet d'arrêté qui serait présenté à la signature du ministre de l'agriculture. Ce qui fut dit fut fait et cela a donné l'arrêté ministériel de 1994.


On s'étonne que ce qui aurait dû donner lieu à un arrêté préfectoral annuel de l'Aude soit ainsi devenu un arrêté ministériel.


Quoiqu'il en soit cet arrêté ministériel a eu des conséquences incalculables et extrêmement graves:

 

A partir de 1994, toutes les publications, qu'elles émanent de la protection des végétaux, du groupe de travail


  • «Flavescence dorée », de ce qui restait de notre laboratoire INRA ou des journalistes, ont ignoré le rétablissement spontané des vignes malades et se sont référées exclusivement à l'obligation d'arrachage des ceps malades et des par elles très atteintes. Il faut dire cependant que l'arrêté ministériel ne liait d'aucune façon le rétablissement spontané des vignes malades de la FD. Mais il a été compris aussitôt comme une négation du rétablissement. On ignore l'origine de cette déviance surprenante. Etait-illogique en effet d'arracher des vignes FD parce que l'on ne croyait pas au rétablissement, tandis qu'on y croyait pour les vignes qui n'entraient pas dans le cadre de l'obligation d'arrachage? On a donc assisté à un changement total de paradigme dans l'élaboration des méthodes de lutte, rendant celles-là beaucoup plus laborieuses et onéreuses pour le viticulteur, et entraînant souvent sa ruine.

 

  • Une plaquette du groupe de travail Flavescence dorée de 1993 bien documentée a été remplacée par une autre en 1999, éditée en de très nombreux exemplaires. Les données antérieures y ont été «truquées » en fonction de la négation du rétablissement sans xpérimentation préalable. Ainsi en page 8, le schéma du cycle de la FD que j'avais publié en 1968 (Vitis 7, p.145), puis à nouveau dans le BTI (n0316 de 1977) et encore en 1989 dans la Revue Suisse de Viticulture (Vo121 (3» (figure 2) a été modifié en supprimant le établissement des ceps malades. C'est à souligner car c'est le seul cas connu où un résultat scientifique a été modifié par un arrêté ministériel. En page 10, sous le titre «Evolution de la maladie », on ne trouve pas un mot sur le rétablissement spontané des ceps malades. En dernière page, parmi les « bonnes pratiques », se détache en grands caractères: « arrachage de tout cep contaminé ». On se demande si toutes les personnes présentées comme coauteurs de cette plaquette de 1999 auraient eu au moins la possibilité d'en faire la lecture. 

 

  • L'édition elle-même en a reçu le contrecoup. Deux volumes d'une édition spécialisée traitant du problème ont donné comme référence presque unique: «Groupe national de travail sur la Flavescence dorée, 1999 », c'est-à-dire en clair la plaquette de 1999, elle-même dépourvue de toute référence bibliographique.
  • Enfin, la France ayant le triste privilège d'être le modèle pour ce qui concerne la FD, les obligations d'arrachage ont été étendues à toute l'Europe, à l'Italie en particulier (6).

 

La Bourgogne pourra-t-elle  supporter.les « obligations» d'arrachage?


La Flavescence dorée est entrée en Bourgogne par la Saône-et-Loire. On a compté Il hectares arrachés l'année dernière à Plottes dans ce département « pour arrêter l'épidémie». Arrivera-t-on à 22 hectares cette année, pour quel avenir?


Il est inquiétant de constater que l'épidémie de FD en Bourgogne sera la première en France à se trouver soumise à l'obligation d'arrachage. Mais la Bourgogne n'est pas l'Ouest audois :

 

  • Par quoi va-t-on remplacer les hectares arrachés? La Bourgogne n'a pas comme l'Aude des terroirs disponibles.

 

  • Va-t-on remplacer sur place les ceps « rétablis» et donc partiellement résistants et susceptibles de redonner une récolte après une ou deux années par de jeunes plants que l'on sait extrêmement sensibles et qui demandent 4 ans pour redonner une récolte s'il ne sont pas entre temps à nouveau contaminés?

 

  • Le vignoble bourguignon compte de très nombreux petits vignerons qui vont devoir abandonner leur terre si on les oblige à arracher une partie ou la totalité de leur vignoble. Qui s'en soucie?

 

La Bourgogne aurait besoin de mesures préventives telles que les traitements ovicides d'hiver. Mais ceux-ci n'ont pas été actualisés à la suite de l'interdiction des esters phosphoriques.

 

Conclusions


En un temps où s'étale la détresse paysanne, où les ministres de l'agriculture soulignent qu'il faut gagner en productivité, que le coût du travail est trop élevé, on fait arracher inutilement les vignes et parcelles malades en oubliant la chance de leur rétablissement spontané.


Entre temps, au nom de dogmes parfois contradictoires:


  • On a supprimé le Service de la Protection des Végétaux et sa précieuse implantation au Nord de Beaune pour le fondre au sein d'un « Service de l'alimentation».

 

  • Du coup, les avertissements agricoles ont été supprimés pour le plus grand profit des firmes phytosanitaires.

 

  • Le laboratoire INRA de Dijon, seul en France à travailler la FD et le Bois noir a été fermé contre l'avis de tous les organismes concernés de France, de l'étranger et le mien: aucun tuilages des connaissances, abandon des acquis, des sondes ADN, des anticorps monoclonaux, des élevages de cicadelles. J'ai eu l'occasion de m'en expliquer au cours d'une interview qui m'a été demandée en 1996, 3 ans après ma retraite.

 

C'est ainsi que même la mémoire a disparu.


Il reste pourtant du travail à faire. Qui s'occupera d'actualiser les traitements ovicides, en remplaçant l'oléoparathion désormais interdit par des insecticides qui ne nécessiteraient peut-être pas une longue rémanence. La chose pourrait intéresser nos amis « bios » ou « biodynamistes » qui pourraient peut-être trouver un « oléo pyrèthre» qui leur éviterait d'être accusés de laisser l'épidémie de FD envahir leurs terres.


Nous avons en son temps étudié le comportement de la FD chez deux ou trois porte-greffes (8). Mais pourquoi n'a-t-on pas étudié en ce sens les autres porte-greffes? On s'est contenté de généraliser... oralement !


Etc...

 

Faut-il vraiment arracher ? Journal de la Saône-et-Loire link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : écrits des autres
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Mercredi 26 mars 2014 3 26 /03 /Mars /2014 10:00

 

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Comme je me suis glissé dans la peau de Norbert Le Forestier, c’est mon côté John Malkovich, en écrivant le 24 février qu’il avait « été piégé comme un vulgaire gibier par une gourgandine en jupons. » j’ai décidé ce matin de montrer au bon peuple que, même une modeste concierge de village, a des lettres et des références qui lui permettent de coucher sur le divan un hobereau, qui n’est même pas sur le plateau, pour percer ses pensées les plus intimes. 


« La libertine ivrogne, elle, en use à peu près ainsi : elle s’arrange pour boire d’abord plusieurs verres de vin afin qu’on la sente sur elle. Puis elle sort dans la rue, prend la démarche de celle qui est prise de boisson et cherche son premier pâturage parmi les hommes  qu’elle rencontre. Quand elle en voit un qui lui semble apte à lui procurer ce qu’elle désire, elle le suit jusqu’à ce qu’il arrive dans un chemin peu fréquenté. À ce moment, elle l’aborde en face, lui donne un grand coup de poing sur la poitrine, le saisit par le collier. Puis elle chancelle comme les gens ivres jusqu’au dégorgement. Et elle lui crie :


- Toi, un tel…


Elle lui lance n’importe quel nom, comme si elle le confondait avec un autre sous l’emprise de la boisson.


- Traître ! Perfide ! continue-telle. Tu as aimé une telle, comme si elle était meilleure que moi. Tu as cru que je ne le saurais pas, tu as multiplié devant moi les faux serments… Par Dieu, je ne vais laisser aucun vêtement sur toi sans le déchirer sur-le- champ.


- Elle s’agrippe alors à ses habits et les tire, jusqu’à ce qu’il dise enfin :


- Femme, ne fais pas cela ! Tu te trompes sur mon identité.


- Dès qu’elle entend ces mots, elle prend une attitude embarrassée, brisée, comme si elle allait s’évanouir, puis elle chancelle et dit :


- Ô mon frère, couvre d’un voile décent ce que Dieu a caché. Je suis ivre.


Elle s’éloigne alors en marchant péniblement, tombant sur le sol et se relevant à plusieurs reprises. L’homme la voit dans cet état et ne tarde pas à la convoiter. Il se dit : »Voilà une occasion à ne pas manquer. C’est une proie toute prête… on peut la manœuvrer comme on veut ». Il s’empresse donc de l’accompagner chez lui. Elle commence par refuser :


- Non, je ne trahirai pas mon ami ! Si je ne t’avais pas confondu avec lui, je ne t’aurais pas abordé.


L’autre s’entête dans son projet, poussé par la convoitise et le désir. Finalement, il offre à la femme beaucoup plus que le prix normal. »

 

Ahmad Al-Tifachi (XIIIe s.)

 

Les délices des cœurs éditions Phébus

 

Traduction de René Khawam


  DELICES-DES-COEURS.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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