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Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 00:09

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Le narrateur dans un roman peut tout se permettre car comme l’écrivait Mark Twain « La réalité dépasse la fiction, car la fiction doit contenir la vraisemblance, mais non pas de la réalité.  »


Ce matin je vous propose 2 courts textes de fiction :


-         le premier tiré du prix Goncourt Les Bienveillantes (lire ma chronique du 16 avril 2007 « âmes sensibles s'abstenir absolument » link


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Le narrateur le Stümbannfhurer Aue, dans la débâcle, réfugié seul dans la maison de son beau-frère, entre ses rêves fous, s'y révèle être un amateur et un connaisseur de Bordeaux.


« Pendant qu'elle cuisinait, je descendis chercher du vin dans la longue cave voutée, poussiéreuse, emplie d'une agréable odeur de terre humide. Il y avait là des centaines de bouteilles, parfois très vieilles, je devais souffler la poussière pour lire les étiquettes, dont certaines étaient entièrement moisies. Je choisis les meilleures bouteilles sans la moindre gêne, ce n'était pas la peine de laisser de tels trésors à Ivan, de toute façon il n'appréciait que la vodka, je trouvai un château margaux 1900 et je pris un ausone de la même année ainsi que, un peu au hasard, un graves, un haut-brion de 1923. Bien plus tard, j'ai compris que c'était une erreur, 1923 ne fut pas vraiment une grande année, j'aurais mieux fait de choisir le 1921, nettement meilleur. J'ouvris le margaux tandis que Käthe servait le repas (...)


« Dans cette lumière chaude et vacillante je voyais et entendais parfaitement notre conversation qui occupait mon esprit tandis que je mangeais et achevais la bouteille de ce bordeaux onctueux opulent, fabuleux (...)


« J'avais terminé le margaux, j'étais légèrement gris, je débouchai le saint-émilion, changeai nos verres, et fis goûter le vin à Von Üxküll. Il regardait l'étiquette. « Je me souviens de cette bouteille. C'est un cardinal romain qui me l'a envoyée. Nous avions eu une longue discussion sur le rôle des Juifs. Il soutenait la très catholique proposition qu'il faut opprimer les Juifs mais les garder comme témoins de la vérité du Christ, position que j'ai toujours trouvé absurde. Je crois d'ailleurs qu'il la défendait plutôt pour le plaisir de la dispute, c'était un jésuite (...)


« Je goûtai enfin le vin : il sentait la girofle rôtie et un peu le café, je le trouvai plus ample que le margaux, doux, rond et exquis (...)


-         le second est l’œuvre d’Olivier Rolin « En révolutions sur le périphérique, Olivier Rolin, trente ans après, raconte à sa jeune passagère les années Mao, quand il était le bras armé de la Gauche prolétarienne. Le «Tigre en papier» n'est pas toujours celui qu'on croit. » link « Le livre dit «tu», apparemment au prétexte de l'adresse à la jeune fille, mais ce «tu» est un «je» superlatif, il s'invective lui-même, comme une manière gourmande de se dire «je», une épreuve de vérité pour visiter un temps où seul le «nous» était de mise. Des années et des années pour se donner le droit de parler d'amour et de beauté. Avec amour et dans une langue de toute beauté. »


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« Une fois, tu te souviens que vous aviez fait une grande réunion, un comité central ou quelque chose comme ça, dans une maison appartenant à une branche de la famille Rothschild. Carrément. La fille, étudiante à Vincennes, était sympathisante de la Cause. C'était du côté de Saint-Cloud, on voyait des golfeurs passer au loin sous des ombrages bleutés, des êtres irréels au fin fond de pelouses avec des massifs de fleurs comme des îles tropicales. Quand il n'est pas haineux, le petit bourgeois est craintif : vous étiez plutôt épatés, impressionnés, craignant de casser quelque chose. Dans vos petits souliers. Mais pas les prolos. Il y avait là Pombalière, Momo Mange-Serrures, Reureu l'Hirsute, la bande d'Issy. Très à l'aise, eux. A leur affaire. Ils avaient fracturé la porte de la cave (Momo tirait son surnom de ses dispositions dans ce domaine) et fauché des dizaines de bouteilles. Des mouton-rothschild, des pétrus, des haut-brion, rien que des bordeaux hors de prix, mais ils n'avaient pas la moindre idée des trésors que c'était. Ils trouvaient que les bouteilles, toutes poussiéreuses, étaient « mal entretenues ». Elles leur salissaient les doigts, à ces délicats... Des richards pareils, ils auraient quand même pu payer quelqu'un pour les épousseter, à leur avis... Ils se doutaient que pour arroser le calendos du matin, ce serait mieux que le Gévéor (ou le Kiravi) en litres étoilés qu'ils s'envoyaient d'habitude, c'est tout. »

 

Château Ausone 1900

« Ne dit-on pas d'un vin qu'il ressemble toujours à son propriétaire ? Cette idée n'a jamais été aussi vraie qu'à Ausone, où l'excellence de la production reflète l'intarissable souci d'exigence d'Alain Vauthier, co-directeur du domaine pendant de nombreuses années et unique propriétaire depuis 1997 » link 


Par JACQUES BERTHOMEAU
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Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 09:00

Le grand Brel chantait…


Nous étions deux amis et Fanette m'aimait

La plage était déserte et dormait sous juillet

Si elles s'en souviennent les vagues vous diront

Combien pour la Fanette j'ai chanté de chansons (…)

 

Nous étions deux amis et Fanette l'aimait

La place est déserte et pleure sous juillet

Et le soir quelquefois

Quand les vagues s'arrêtent

J'entends comme une voix

J'entends... c'est la Fanette...


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Le président (à droite) et le directeur (à gauche) entourent le cuisinier Cédric Mazenq.

© D. R.

 

 

Comparaison n’est pas raison mais la raison en amour n’est pas souvent de saison. Je suis un grand sentimental et lorsque je lis dans le Midi Libre link « Le jovial président de la coopé, Patrick de Hoÿm de Marien et Bernard Pueyo, qui la dirige, les accueillent. Les deux hommes sont complices depuis une trentaine d'années. Pourtant, ce n'était pas gagné. Le premier affiche des sympathies royalistes et le second n'a d'yeux que pour José Bové et Daniel Cohn-Bendit ! À des années-lumière l'un de l'autre mais dynamiques et inventifs, ils ont réussi à hisser la coopé au sommet de la hiérarchie des Corbières. » je ne puis m’empêcher de penser au troisième larron : Vincent Pousson qui lui se vivait comme un « hussard »* à la Roger Nimier.


C’est la conjugaison des talents de ces 3 hommes, si différents, qui a hissé la coopé d’Embres&Castelmaure au sommet de la hiérarchie des Corbières. Ne pas le reconnaître serait injuste et malhonnête. L’amitié de Patrick de Hoÿm de Marien et de Vincent Pousson s’est fracassée sur une histoire d’hommes, ce n’est ni le lieu, ni le moment d’en faire ici état. Les thuriféraires de Vincent m’ont accusé de prendre parti et lui-même m’a classé dans les indésirables, ce que je comprends parfaitement.


Le passé ne s’efface pas d’un trait de plume, je suis fidèle en amitié et par-delà les différends, même importants, je ne retourne pas ma veste. Chacun porte ses secrets et ses contradictions, c’est l’intime et il doit être respecté. J’adore l’amer mais je ne supporte guère l’amertume, alors j’ai tourné la page : chacun suit sa route et la vie continue.


Bon vent au « food truck » de la coopé d’Embres&Castelmaure et à Vincent Pousson dans ses nouvelles aventures… 

 

* Les Hussards désignent un courant littéraire français qui, dans les années 1950 et 60, s'opposa aux existentialistes et à la figure de l'intellectuel engagé qu'incarnait Jean-Paul Sartre. Le roman de Roger Nimier Le Hussard bleu a donné son nom au mouvement.

 

Lire ma chronique du vendredi 13 janvier 2012 (Vincent ne tenait pas de blog à cette époque donc ne voyez aucune malice à son égard dans le titre) « Il faut vivre sous le signe d’une désinvolture panique, ne rien prendre au sérieux, tout prendre au tragique… » Bloggeur, n’est pas Nimier qui veux ! link


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 00:09

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Les amateurs de buzz ont twitté à mort, les gausseurs se sont gaussés grave, ils sont prêts à gober n’importe quel fake qui apporte de l’eau à leur petit moulin : pensez-donc qu’une grande marque de champagne se vautrât dans un truc qui fleurait bon la pharmacie, quelle aubaine !


Franchement il faut vraiment être plus con que la moyenne pour mordre à un tel appât. Ne leur en déplaise le champagne reste une AOC, imaginer une seule seconde l’émergence d’un tel procédé relève vraiment d’une inculture incurable. D’ailleurs, il suffisait de surfer sur le site link pour le vérifier.


Mais me direz-vous qui a bien pu fabriquer un tel fake ?


Une agence de création russe Firma link est derrière cette initiative.

 

Mais pourquoi diable imaginer le design d'un produit qui n'existe pas ?

 

Pour faire parler d’elle bien sûr et le coup a réussi !


Je souhaite beaucoup de plaisir au Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) qui mène une enquête pour identifier l'origine exacte de cette fausse publicité. 


« À partir de la deuxième moitié du XXe siècle avec l’avènement de la société du spectacle, la distinction entre le vrai et le fiction, entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, est devenue toujours plus ténue et difficile à définir avec précision. Si en 1967, Guy Debord pointait la télévision comme l’un des principaux responsables de ce phénomène, les choses ne se sont pas améliorées dans les années suivantes, en particulier avec l’avènement de la toile (…) dans les années 90 qui a favorisé l’arrivée du phénomène du « fake », enraciné d’abord dans l’activisme politique et artistique…


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L’expression consacrée par Peter Steiner paru dans le New Yorker du 5 juillet 1993 «On the Internet, nobody knows you're a dog» « Sur Internet, personne ne sait que tu es un chien »). Les premiers usagers du réseau avaient adopté cette pratique de création d’identités fictives derrière lesquelles ils cachaient leur activité online. » Matteo Cremonesi Pr de cybernétique à l’académie de Brera et de Net art à la Nouvelle Académie des Beaux-Arts de Milan.


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Les années 90 virent exploser le phénomène du fake, ou création de fausses narrations capables de générer d’ultérieurs court-circuit dans la distinction entre la réalité et la fiction. Le fake, utilisé comme instrument pour s’infiltrer dans le système, a éclot dans le terrain fertile de l’activisme politique et artistique, est récupéré par des « créateurs » qui veulent se faire un nom en foutant le bordel.


Ils ont réussi !

 

Lire ICI link « Ce baiser n’existe pas. C’est le rêve d’une photographe italienne » 

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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 00:09

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Le politically correct exclut toute représentation de nos dirigeants un verre à la main et, plus encore, un cigare au bec comme Churchill ou une cigarette à la main comme de Gaulle pendant qu’il était à Londres.


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Le dernier dirigeant connu qui s’exhiba bourré fut Boris Eltsine.


Nicolas était sobre comme un chameau alors que François ne crache pas sur le jaja mais, comme il fait du scooter, c’est avec modération.

  

Mais revenons à Churchill qui commençait « son dîner par du champagne, et se terminait de même. Il croyait fermement à sa valeur thérapeutique, comme il l'avait d'ailleurs écrit lui-même quarante ans plus tôt. Il y aura donc beaucoup de dégustation jusqu'à la fin du repas. Après quoi le porto arrive, en même temps que le fromage; et puis après, bien sûr, il y a le cognac. Avec tout cela, plus du café et des cigares, Churchill est en mesure de tenir jusqu'à 22 heures.


Pendant toute sa vie Churchill aimera le whisky. Son majordome Norman Mcgowen se souvient : « Une heure après son petit déjeuner je lui servais son premier verre de whisky-soda. Le verre n'était jamais vide pendant la journée mais il buvait très lentement, distrait, un verre suffisait pour deux heures ». Le whisky est dilué avec beaucoup de soda et les glaçons sont fondus.  Après le repas Churchill prend du porto et du brandy. Il n'évite pas le Champagne qu'il aime bien. Winston Churchill boit beaucoup d'alcool. « Pour lui un repas sans vin n'est pas un repas », racontaient ceux qui le connaissaient. Or, personne ne l'a vu ivre.


« Churchill se permet à l'âge de 88 ans un repas à l'hôtel « Savoy » : huîtres et Champagne, ensuite une soupe purée en pois verts et un verre de xérès suivis de filet de flétan à la sauce crémeuse avec du Pouilly-Fuis. Churchill ne dédaigne pas non plus du filet de bœuf Wellington aux carottes et aux pommes de terre avec du Bourgogne. Et comme dessert - une crème brûlée avec un verre de Madère. Il commande encore du fromage Stilton avec du vieux porto. Un cigare et un cognac couronnent ce repas copieux. Avant d'aller se coucher Churchill prend invariablement une tasse de consommé froid. »


Maintenant revenons aux Bourguignons qui n’ont jamais aimé sucer des glaçons en faisant un détour par le Moyen Age via le livre de Eric Birlouez A la table du Moyen Âge 


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« Quel que soit son statut social (seigneur, moine ou paysan) l’homme médiéval consomme beaucoup de vin, particulièrement dans les régions qui en produisent, on estime à un litre par jour minimum, et le plus souvent un litre et demi à deux litres, la consommation moyenne par habitant, c’est-à-dire en comptant les femmes et les enfants. Certes en raison de procédés de vinification peu élaborés, ce breuvage était moins alcoolisé que celui que nous buvons de nos jours (entre 7 et 10° probablement). Pour autant, nombreux étaient ceux qui en consommaient sans modération, y compris (et peut-être surtout) chez les « puissants » : ce fut, entre autres, le cas de Philippe auguste,  de Jean sans Terre ou encore du duc de Bourgogne Charles le téméraire qui, dit-on,  était ivre un jour sur deux. »


Les hommes du Moyen Age ont planté de la vigne partout, y compris en des lieux improbables, en Angleterre et en Ecosse ainsi que les régions de Lille et de Bruxelles. Pourquoi une telle obstination ? « Les importantes surfaces en vigne enregistrées dans le nord de la France et en Europe septentrionale répondaient surtout à la volonté de consommer une boisson fermentée jugée plus prestigieuse que la bière, le cidre ou le poiré. » Les bourgeois aisés des villes désiraient boire « leur vin » ce qui stimula les plantations dans la cité ou aux portes de celle-ci. Enfin, n’oublions que l’eau à cette époque n’était guère potable, l’ajout de vin la purifiait.


Les vins bus en France à cette époque étaient majoritairement blancs, légers et acides. « L’acidité est une saveur très appréciée à cette époque comme en atteste l’emploi très fréquent de verjus. » Cependant, au fil du temps, le statut du vin rouge s’amplifie, mais ce sont des clairets vermeille et léger.


Au Moyen Age les vins étaient servis au cours des réceptions, banquets et festins, apanage des seigneurs et des bourgeois aisés. Ceux-ci avaient une fonction de distinction très marquée « offrir à des invités en grand nombre et de rang social élevé un repas d’exception, où les mets servis sont multiples, variés, abondants, raffinés et si possible spectaculaires, est l’occasion de manifester l’étendue de son pouvoir, de faire étalage de sa richesse, de renforcer son prestige. »


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Ainsi au XVe siècle, la cour de Bourgogne était connue pour son luxueux train de vie et la somptuosité de ses banquets. Le fameux Banquet du Faisan, qui se déroula à  Lille en 17 février 1454, en constitua une sorte d’apothéose. Ce festin n’était rien d’autre qu’un instrument de propagande politique. »


Pourquoi Lille ?


« A l’époque du Banquet du Faisan, Lille est l’une des trois villes où siègent des institutions administratives de l’Etat bourguignon, avec Dijon et Bruxelles. Elle est alors le siège de la Chambre des Comptes de l’Etat bourguignon. Le Banquet se tient dans l’Hôtel de la Salle de Lille »


« Lille est entré dans l’héritage des ducs de Bourgogne par le mariage de Philippe le Hardi (dernier fils du roi de France Jean le Bon) avec la fille du Comte de Flandre Louis de Male. Si Lille relevait du Comté de Flandre, elle n’a jamais été une ville flamande au sens linguistique de ce terme : dès son apparition dans l’Histoire, la frontière linguistique entre parlers romans (issus du latin) et thiois (germaniques) passe à l’ouest de Lille, à peu près le long de la Lys. C’est à Lille que se tinrent deux chapitres (=réunions) de l’Ordre de la Toison d’Or, en 1431 et 1436 ; cet ordre avait fondé à Bruges en 1430 par le duc de Bourgogne lors de son mariage. Par cette fondation qui répond à des préoccupations religieuses, le duc de Bourgogne s’affirme aussi comme l’égal des autres souverains, rois ou autres, fondateurs d’ordres. »


Le vœu du faisan ?


« A cette occasion, des convives émirent le vœu d’aller délivrer Constantinople prise par les Turcs l’année précédente »


Voir le récit détaillé du chroniqueur Matthieu de Coussy link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 4 août 2014 1 04 /08 /Août /2014 00:09

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Dans cette chronique iodée, ventée, je ne listerai pas les idées reçues sur la Bretagne, car Historia et Ouest-France l’ont fait bien mieux que moi avant moi dans un numéro spécial en 2012. Mon entreprise, en plein cœur de l’été, alors que des milliers d’adorateurs du dieu soleil vont s’entasser tels des sardines sur les plages du Sud pour rôtir à point, est bien plus conviviale.


Ma chronique est une dédicace amicale à deux de mes amies, Isabelle et Marie, qui à l’heure où je l’écris séjournent dans le Finistère qui est le bout du monde, le nôtre. En l’écrivant j’écoute les Innocents chanter « L'autre Finistère » puis Bella Ciao par Goran Bregovic.


Comme je les aime beaucoup et que je suis soucieux de leur bien-être j’ai décidé de leur offrir « Le Meilleur de la cuisine bretonne » non pour qu’elles me fissent à l’occasion la cuisine, ce qui constituerait de ma part une sérieuse maladresse eu égard à leur féminisme de bon aloi, mais pour tout bêtement jouer avec les mots.


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Mon titre en est la plus belle preuve puisque la « demoiselle » est le surnom breton donné à la langoustine.


Ça c’est pour l’entrée et le plat de la mer.


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Pour le plat de résistance j’ai choisi le Kig ha farz qui est le « pot-au-feu » breton et bien sûr le plat de la terre.


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En dessert, ce sera les Pommes sautées au chouchen ou la salade de fraises de Plougastel au vin rouge.


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Le chouchen est le nom breton de l’hydromel, une boisson alcoolisée obtenue par la fermentation d miel dans du jus de pomme.


C’est au XVIIIe siècle qu’un explorateur au nom prédestiné, Amédée Antoine Prézier, introduisit en France des plants de fraisiers du Chili et s’installa à Brest. La région de Plougastel, se consacra progressivement à la culture de ce fruit fragile.


Mission accomplie, Marie rentre de Crozon et Isabelle profite du bon air dans le Finistère…


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Bon appétit et large soif à tous…

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 3 août 2014 7 03 /08 /Août /2014 07:00

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Les filles sont formidables, mon bel amour en est l’un des plus beaux spécimens. Alors que nous coulions des jours paisibles, entre deux colères du ciel, la voilà qui revient de chez son coiffeur avec une coupe à damner un saint, frange au raz de ses longs sourcils soulignant ses yeux de biches, sapée comme une amazone, pour me déclarer tout de go que pour aider ma belle amie Claire en plein surrégime dans son resto des Canaux elle avait accepté de faire un extra en soirée pour prendre le relais. Donnant le change je la félicitais pour son nouveau look et son nouvel engagement. La mutine, sûre de son effet, faisait comme si de rien n'était mais, connaissant bien mon mode de fonctionnement, elle se préparait à éponger mes excès sentimentaux. Je suis un amoureux permanent qui tombe amoureux à la moindre perturbation, au plus petit signe d’une belle, ici ma belle, alors sans transition je fonds, j’atteins le point d’ébullition, je m’enflamme, me consume comme de l’étoupe. Capable de tout et de n’importe quoi, je suis à la fois proie et prédateur. Lorsque j’atteins le pic il me faut agir, lever la soupape, alors je mets mes mots au service de mon incandescence. C’est ce que je fis, sans emphase, avec tendresse, comme si ma vie en dépendait. Elle en dépendait d’ailleurs ma vie, mes derniers feux, une dernière portion que je voulais belle et elle l’était. Je n’avais rien à donner tout à offrir. Amour radical, définitif, célébration d’un moment exceptionnel, unique, point de non-retour, je la contemplais extatique. « Je t’aime… » Aussi étrange que ça puisse paraître c’était pour moi une première, un aveu si neuf, si spontané que j’en fus le premier étonné.


Ainsi je passais mes soirées à lire, face au bassin  de la Villette, sirotant des thés glacés, rien que pour le plaisir de la voir apparaître sur le perron, attirant les regards, irradiant tout de sa beauté simple et lumineuse. Plaisir sans cesse renouvelé, j’étais fier et heureux intégré au paysage, partie intégrante d’un écosystème amoureux où mon bel amour s’épanouissait. Tout le monde l’admirait, moi le premier bien sûr ! Je lisais « Viva la vida ! » de Pino Cacucci.


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Frida Kahlo sur Diego Rivera, l’amour de sa vie…

 

« Animal ! Tu as encore son parfum sur toi, crapaud lubrique ! Tu dégages une odeur douceâtre, on dirait du désodorisant pour les chiottes ! Ce devait être une sacrée miss, ta truie de service, pour user d’un parfum aussi ordinaire !  Je préfère mon remugle de cadavre !


Tu es vraiment dégoûtant, Diego… Tu es venu jusqu’à New York sous prétexte de m’assister… et tu t’en vas traîner à baiser à droite à gauche comme d’habitude. Entendons-nous : tu l’as fait toute ta vie, tu ne vas certainement pas changer maintenant. Mais au moins quelques jours de trêve, au moins ne viens pas à l’hôpital avec son odeur sur toi, bon Dieu ! Je me sens insultée quand tu vas avec une pute qui ne vaut pas le prix d’un bouquet de fleurs ! Et maintenant, les fleurs, tu me les apportes à moi… tu es pathétique. »


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Frida Kahlo à sa sœur préférée Cristina


« Et tu disais m’envier… M’envier ? Il ne manquerait plus que ça…Mais regarde-toi : belle, bien portante, pleine de vigueur et mère par-dessus le marché… m’envier moi qui suis un débris (…) j’aurais dû m’en douter.  Quand tu as posé pour lui pour la fresque du Palais national, il t’a peinte avec une telle sensualité… le regard vague, comme si tu venais d’avoir un orgasme… J’aurais dû le comprendre à ce moment-là. C’est comme ça qu’il fait : il peint les femmes comme il les a vues un instant après les avoir fait jouir. »


Frida Kahlo toujours à Diego


« Tu ne changeras jamais et moi, du reste, de quel droit pourrais-je t’obliger à changer ? On n’aime pas quelqu’un pour ce qu’on voudrait qu’il soit, mais pour ce qu’il est.

Je t’aime parce que je t’estime, Diego. Moi seule sais ce que tu vaux. »


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Sa demi-sœur Maria Luisa à son propos


« Toi, ils t’ont ramassée dans une poubelle »


Frida Kahlo sur elle-même


« Mais à quoi me servent des jambes si j’ai des ailes pour voler… »

« Mais à quoi me servent des pieds si j’ai des ailes pour voler… »


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« J’ai dans les veines  du sang de juifs hongrois et du sang d’Indiens tarasques, je suis issue du mélange de gens persécutés et dominés, contraints à la fuite et dispersés, je descends de générations de vaincus jamais soumis qui ont tout perdu hormis le bien le plus précieux : la dignité ! »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 3 août 2014 7 03 /08 /Août /2014 00:09

C’est l’été, le teint hâlé link, les pieds en éventail, le sourire aux lèvres, pour faire plaisir à mes jolies copines je fais mon coming out : oui j’avoue sans honte mon addiction totale au café ; oui, chaque jour que Dieu fait la petite cerise torréfiée me donne du plaisir ; oui sitôt sorti de la ouate du sommeil seul son entêtant parfum me fait monter au ciel ; oui sans sa volupté ma journée serait une morne plaine ; oui je l’aime !


Mais attention aux faux-amis, le Coffea Arabica, nom donné par Linné à la première espèce connue de Caféier, n’est pas originaire de l’Arabie.  Pas plus qu’aucune autre espèce Coffea utilisée de nos jours n’a été trouvé à l’état sauvage en Asie. Toutes ont pour patrie l’Afrique Tropicale.


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Une sultane prenant le café que lui présente une négresse de Carle Van Loo

 

De Candolle dans l’Origine des plantes cultivées indique que le Coffea Arabica aurait été utilisé de temps immémorial en Abyssinie, selon Shehabeddin Ben, auteur d’un manuscrit arabe du XVe siècle. Elle aurait été introduite dans l’Yémen par les conquérants éthiopiens. Cependant nous ignorons si les Abyssins, dans la haute antiquité, récoltaient dans les forêts ou sur des plantes déjà soumises à la culture, le café qu’ils employaient.


En revanche ce que nous savons c’est qu’ils faisaient une décoction du fruit entier, pulpe et graines bouillies ensemble, ou de la pulpe seule. Notre mode de consommation de la boisson préparée avec des graines torréfiées et pulvérisées est d’origine récente.


« D’après une légende arabe, Cheik-Omar, de l’Yémen, réfugié dans les montagnes pour se soustraire à la persécution, en raison de ses idées religieuses, y aurait découvert l’utilisation du café sous forme de décoction de la pulpe du fruit et de la graine.


Selon une autre légende, syrienne celle-là, le prieur d’un monastère ayant été avisé par un berger d’un état de surexcitation particulier des bêtes de son troupeau, en reconnut pour cause la consommation qu’elles faisaient des fruits d’un arbrisseau, dont il fit prendre ensuite  des décoctions à des moines pour les maintenir éveillés pendant les offices de nuit. »


Donc le caféier était inconnu en Arabie et dans les pays voisins de l’Abyssinie, pour preuve les Croisés l’ignorèrent et « le célèbre médecin arabe Ebn Beithar, qui parcourut le nord de l’Afrique et la Syrie, n’en parla pas au début du XIIIe siècle. »


Les Arabes furent les premiers à découvrir le café et avec l’Abyssinie les seuls à pratiquer la culture du Caféier dit « d’Arabie ». Ils en introduisirent la culture à la fin du XVIIe, à Moka, où se centralisa le commerce. Ce sont eux seuls qui approvisionnèrent le marché en graines jusqu’à la fin du XVIIe siècle.


L’arbuste existe encore à l’état sauvage sur les montagnes d’Abyssinie entre 1000 et 2000 mètres d’altitude.


La chaîne de propagation passe par la Perse, l’Égypte, la Syrie… le café pénétra en Europe qu’en 1640 par l’Italie avant de gagner la France via Marseille qui garda pendant longtemps, jusqu’en 1710, le monopole du commerce des fèves. C’est la compagnie de navigation de Saint-Malo qui le rompit en allant s’approvisionner à Moka.


La compagnie des Indes orientales flairant la bonne affaire se livra dès lors au trafic du café en fondant un comptoir à Moka et en essayant de monopoliser le commerce en restreignant la culture à l’Ile de France et à Bourbon.


« Louis XIV dégusta une tasse de café en 1664 ». Son exemple fut suivie mais c’est « vers 1669 qu’un Arménien nommé Pascal établit d’abord à la foire saint6germain, puis quai de l’école, près du Pont-Neuf, à Paris. » qui ouvrit le premier établissement désigné sous le nom de « café », pour la vente de cette boisson ».


Voilà pour l’heure, j’en suis à ma deuxième tasse de café, alors il vous faudra patienter pour savoir comment le Caféier s’est répandu à travers le monde…

 

à suivre grâce à la formidable source qu'est le livre de Désiré Bois Vigne, café, cacao et d'autres plantes à boire...


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 2 août 2014 6 02 /08 /Août /2014 10:30

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Non ce matin je n’ai pas bu, même si hier au soir j’ai fait goûter le champagne Métisse d’Olivier Horiot à Isabelle Adjani lors d’une belle soirée à Table avec mon ami Sébastien Demorand et sa très élégante épouse. J’aurais pu titrer « la vache qui rit m’a tué » pour me moquer des bêtises écrites sur mon mur à propos des écrits sulfureux de notre Michel Smith qui avait osé avouer  qu’il avait dégusté du Tariquet. Les Ignorants sont majoritaires sur Face de Bouc c’est la rançon des réseaux sociaux et, après tout, si ça leur fait du bien d’exprimer leurs pensées moi ça ne me fait pas de mal et j’ai pris la ferme résolution de les laisser braire dans leur bac à sable.


Donc ce matin, soyons pro camarades, informons !


1-      Un bar à vin verra le jour dès septembre dans le service de soins palliatifs du CHU de Clermont-Ferrand, afin d' « égayer le quotidien difficile des patients », nous apprend l'établissement qui assure que cette initiative est « une première » en France.


 

« L'objectif est de réhumaniser la vie des patients en agrémentant leur quotidien et en leur donnant également le plaisir d'offrir et de recevoir », a expliqué la chef de service du Centre de Soins Palliatifs du CHU de Clermont-Ferrand, Virginie Guastella. link et link


 

2-      « Sans levures, pas de vin. Ce sont elles, essentiellement Saccharomyces cerevisiae, qui assurent la fermentation alcoolique du moût de raisin. Beaucoup de viticulteurs rajoutent des levains aux propriétés sélectionnées, mais certains n’en n’ont pas besoin : il y a suffisamment de levures dans le raisin, la cave et les cuves de fermentation même si celles-ci sont nettoyées entre chaque fermentation.


 

Mais un mystère subsiste : d’où viennent les levures présentes dans le raisin, sachant qu’on ne les trouve que dans le raisin mûr, au moment des vendanges, et très peu dans les jeunes baies ? Et comment ces levures, qui apparaissent donc en cours de maturation du raisin, se maintiennent-elles dans l’écosystème d’année en année ? »


...Interview de Jean-Luc Legras, de l’UMR Sciences Pour l'œnologie (1) de l’Inra de Montpellierlink


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La vache qui rit est un fromage français fondu de fabrication industrielle des fromageries Bel. Créée en 1921...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 2 août 2014 6 02 /08 /Août /2014 00:09

Ni fâché avec l’orthographe, ni brouillé avec la nomenclature de la DGCCRF concernant les dénominations commerciales des céphalopodes link, ni amateur de gâteries, mais tout bêtement je viens de savourer des encornets cuisinés de mains de maître à Table. Un vrai délice, frais, goûteux, tout le contraire du côté caoutchouteux noyé dans l’encre dont nous gratifient certains restaurants qui se veulent typiques.


Alors où est le blème ?


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Nulle part sauf que jusqu’ici je ne consommais que des chipirons.


Donc pour me sortir de la panade je lis ici que le chipiron du sud-ouest est un petit encornet, voisin de la seiche, « encré » pour échapper à ses prédateurs, et là que l’encornet ([ ɑ̃kɔʀne ]) est en principe le nom vernaculaire du calmar lorsqu'il est pêché ou cuisiné, et là encore que le chipiron se nomme supion en Méditerranée…


Je m’y perds puisqu’on me dit aussi que l’encornet est le nom vernaculaire du calmar ou calamar et que ce mot peut parfois désigner par analogie d'autres céphalopodes comme la seiche et parfois le poulpe.


Mais sachez que le calamar n’est pas une seiche « Un moyen infaillible pour ne plus les confondre : La seiche a un os, le calamar (ou calmar) a une plume, la pieuvre n'a plus aucun élément de squelette résiduel. »


Comme le fait remarquer un linguiste « pour la plupart des animaux marins, les noms vernaculaires les plus anciens désignant les céphalopodes sont peu précis, et en outre ils n'étaient connus que dans un cadre régional comme l'atteste le terme normand de Cônet, « cornet au Moyen Âge dans le nord de la France pour désigner ces animaux. Ce terme de cornet aurait été déformé en encornet et désignerait dès lors plus particulièrement en français ces animaux lorsqu'ils sont considérés en tant que comestibles ou appâts de pêche … »


Bref, si souhaitez en savoir plus allez donc vous informer ICI link


Mais moi qui ne suit qu’un Taulier en roue libre tout ce qui m’intéresse c’est le petit bout de la lorgnette :

 

1-     Mais qui donc était «  ENCORNET ET TROTTINETTE  » dans l’affaire Yann Piat ?


Dans leur livre « L'affaire Yann Piat : des assassins au cœur du pouvoir » André Rougeot et Jean-Michel Verne accusaient deux anciens ministres français d'être à l'origine de l'assassinat, sur base d'un témoignage anonyme. Ils les avaient affublés de ces pseudonymes sous lesquels ils étaient présentés comme de soi-disant commanditaires de l'assassinat de la députée Yann Piat, tuée le 25 février 1994 à Hyères. Ces personnages étaient relativement aisés à reconnaître, mais l'accusation ne reposait sur rien.


Vous souvenez-vous  de qui ils s’agissaient ?


2-    Et la turlutte bien sûr !


La « turlute est mentionnée dans le « Larousse », « il s’agit d’un système d’hameçon plombés que l’on monte et descend au bout de sa canne à pêche jusqu’à ce que le chipiron s’y accroche. En général sa sortie de l’eau s’accompagne d’un jet d’encre qui a pour effet secondaire de repeindre la coque du bateau. En outre, cette pêche se pratiquant à l’arrêt, l’embarcation qui monte et descend, tel un ludion, au gré de la houle provoque quelques dérangements gastriques chez les noms initiés aux choses de la mer. »


Un dernier détail de petit vendéen du bord de mer : nous ramassions les os de seiches pour les donner à picorer aux tourterelles.


Voilà l’essentiel est dit et avant que l’encre de cette chronique ne sèche je vous  renvoie à Laurent Bazin qui chronique le vendredi dans le Point apportant une touche naturiste au monde du sage Jacques Dupont.


Il nous demande de passer au-dessus des idées reçues à propos de l’Irouleguy, « ces « vins d'hommes » censés réconforter les pèlerins, le soir, après une longue journée de marche sur la route de Compostelle. Bref : tout ce qu'on s'empresse d'éviter en plein été sur un poisson grillé à peine sorti de l'eau... »


« Montez plutôt voir Thérèse et Michel à Irouleguy. Les Riouspeyrous link vous ouvriront, entre deux rouges surprenants, une de ces bouteilles magiques qui font voir le Pays basque en blanc. « Xuri » en basque... D'où le nom de ce magnifique Hegoxuri, littéralement « blanc du Sud « … la chronique ICI link


arretxea-hegoxuri-irouleguy-basque-2758047-jpg_2391778_652x.JPGDomaine Arretxea, cuvée Hegoxuri 2012. © DR

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 1 août 2014 5 01 /08 /Août /2014 09:00

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Sur Face de Bouc les « révolutionnaires » en peau de lapin sont légion et dès qu’un hérétique ose sortir de la ligne du parti, comme au bon vieux temps des staliniens, c’est l’exclusion pour caution du système. J’adore ce radicalisme boutiquier. Mais qui donc achète les quilles si ce ne sont des gens qui sont dans le système qui vivent du système pour avoir les moyens de se les payer car elles ne sont pas données, et je ne parle pas ici des « grands crus » mais des quilles de vignerons qui font bien le boulot. Normal, tout travail mérite salaire.


Que nous le voulions ou non nous sommes le système link et s’en dédouaner à coup d’imprécations ou de condamnations ne fait guère bouger les lignes.


Si on est contre le système le seul moyen de le changer c’est de faire la révolution, faire table rase, renverser la table sinon on est peu ou prou un réformiste qui croit au changement par l’élection.


Les gens de 68 nous étions un peu cons, nous avons été après coup brocardés, moqués, vilipendés car nous avons, nous dit-on, fait une pseudo-révolution. J’en conviens sauf que je signale aux jeunes cons ou au gras du bide qu’en 1968 :


-         La France a connu une grève générale de presqu’un mois…


-         Le chef de l’Etat, l’homme de la chienlit, a cru bon de se tirer sans rien dire à Baden-Baden rencontrer le Général Massu pour prendre le thé sans aucun doute…


-         Les plus acharnés au retour à l’ordre furent bien évidemment la CGT courroie de transmission d’un PCF aligné sur Moscou qui ne mouftera pas lorsque les chars des pays frères envahiront les rues du printemps de Prague de Dubcek.


Alors qu’attendez-vous pour faire de même mes cocos ?


Bien évidemment je vous préviens vous allez devoir quitter vos claviers de Face de Bouc pour aller couper l’électricité dans les centrales nucléaires, ranger vos smartphones car vous ne pourrez plus les recharger faute d’électricité, ranger vos autos car il n’y aura plus d’essence, remonter sur vos vélos pour aller campagne faire vos courses, accepter de tirer le rideau de fer car vous n’aurez plus rien à vendre vu qu’il n’y aura plus de transport… Monter des barricades… Se foutre sur la gueule des forces de l’ordre… organiser un meeting monstre à Charléty linkLa chienlit donc… feu sur le quartier général… « L’humanité ne sera heureuse que quand le dernier capitaliste sera pendu avec les tripes du dernier gauchiste. »


Alors lorsque j’entends les pâles héritiers de Georges Marchais brayer « social-traître » pour s’annexer Jaurès je crie « Prolétaires de tous pays excusez-moi ! »


Tout ça pour vous dire qu’hier le père Michel Smith se contentait de faire part de son appréciation sur le Tariquet en toute honnêteté, sans esprit de chapelle. Faire de lui un traître à la cause relève de l’obscurantisme le plus crasse et de la même forme d’ayatollahisme dont se plaignent, à juste raison souvent, les défenseurs des vins nus. Pêle-mêle tout le monde se retrouve fourré dans le même sac, sans nuance, au mépris d’une réalité qui ne se changera ni par décret, ni  par les adeptes du yaka fokon.


Je suis très à l’aise avec Tariquet, je n’en bois pas, mais pour autant comme je suis un vieux con je sais mieux que quiconque dans quel état se trouvait le Gers il y a 30 ans. Alors, le coup du mépris très peu pour moi. Le vignoble français a une histoire, l’ignorer c’est faire preuve d’une inculture qui méprise les hommes et les pays où ils vivent. Et qu’on ne vienne pas me dire que je suis un suppôt du productivisme ou de la chimie, je suis depuis trop longtemps sur le chantier pour accepter les va-de-la gueule de tout acabit.


Voilà c’est dit et je vous invite à lire une vieille chronique de 2007 : « Prolétaires de tous les pays, excusez-moi ! »


 

« C'est le titre d'un essai percutant de l'historienne Amandine Regamey qui montre comment l'humour sous les dictatures : Flüsterwitze (blagues chuchotées) en Allemagne nazie ou anekdoty (histoires drôles) au pays des Soviets soudait clandestinement la population muselée et servait d'exorcisme collectif : humour noir contre tyrannie rouge ou inversement...


Je vous en livre un petit florilège... »link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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