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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Photo du Taulier de Ludovic Carème © http://www.ludoviccareme.com/ 




 

Lundi 24 mars 2008 1 24 /03 /Mars /2008 00:07

Le vigneron girondin/Willy Ronis/1945 cartes-postales-001.jpg Trop de mots Berthomeau ! Carême verbal... Abstinence radicale... Chasteté d'un moine civil... Cilice du silence... Solitude du gardien de but de Carquefou... Ce matin du lundi de Pâques, après toutes ces photos licencieuses d'hier, je vous offre ces deux instantanés d'un mode de vie englouti. Des vignerons, des ouvriers, des gens de peu, faites comme eux mangez sur le pouce un bout de gâche ou une tranche de fion en vous envoyant un petit gorgeon sympa, au verre ou goulot, et longue vie à ce qui reste du populo des parigots et des gars des vignes de Bordeaux...

Paris dans les années 30 Lucien Aigner
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Dimanche 23 mars 2008 7 23 /03 /Mars /2008 05:07
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À la tentation j’ai longtemps résisté mais ce matin j’y ai succombé avec un grand plaisir que j’espère vous partagerez. Pudibonds, pudibondes passez votre chemin, l’ouverture de la porte de son Enfer par notre Bibliothèque Nationale, ce grand X rose placardé la nuit sur le flanc d’un des 4 grands vits érigés sous le règne de François Mitterrand, m’y invitait depuis des mois. Bien évidemment je ne puis me pencher sur un tel sujet sans vous offrir quelques gâteries, le sexe dans tous ses états, frivole, grave, polisson, esthétique et parfois sadique… Âmes pudiques, femmes honnêtes ou sages, prudes et prudes retirez-vous nous allons emprunter le chemin de la licence, de l’indécence et de l’obscénité. Mais, permettez-moi quand même, en un temps où la sexualité trop souvent se réduit à une frénétique mécanique des corps, de vous confier qu’il est temps de réenchanter le désir. Ne rallumez pas pour moi les feux de l’enfer mes propos matinaux, comme toujours, sont là pour vous éclairer non pour vous dévergonder.
 
Emmanuel Pierrat – avocat spécialiste de la censure – écrit « L’autodafé des livres licencieux a certes existé, pour la démonstration publique, la beauté de la flambée, l’édification et la satisfaction des masses. Mais le censeur, en bon bibliophile, a toujours pris soin de collecter quelques exemplaires à placer à l’abri, en « réserve ». Et même, d’organiser savamment cette étrange collectionnite au sein des bibliothèques. Ces pièces aux rayonnages secrets sont désignées communément comme des « Enfers »… Le Supplément du Grand Dictionnaire universel de Larousse précise qu’ »il existe à la Bibliothèque nationale un dépôt qui n’est jamais ouvert au public : c’est l’Enfer, recueil de tous les dévergondages luxurieux de la plume et du crayon ». C’est l’ouverture de l’Enfer de la BNF sur le site François Mitterrand/Grande Galerie qui fait l’objet d’une expo L'Enfer de la Bibliothèque, Eros au secret jusqu’au 22 mars
http://www.bnf.fr/pages/zNavigat/frame/cultpubl.htm 

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Avant de vous laisser au plaisir des yeux, en ces temps où l’on chante l’irruption de la mondialisation, l’Internationale des Enfers existe et je vais vous en livrer un échantillon :
       « Private Case » de la British Library de 1865 à 1953 est riche des centaines de livres produits aux riches heures de la très chère reine Victoria et d’objets « symbole du culte primitif de l’Humanité ».
       À Moscou, une section spéciale de la « Leninka » constituée à partir de 1924, avec bien sûr des écrits politiques séditieux, 12 000 ouvrages, mais aussi d’une section érotique réservée aux seuls apparatchiks et au KGB ; Béria signa un document « ultrasecret » pour commander 95 voitures de pompier, en 1941, pour sauver des flammes ce Trésor dissimulé aux masses.
       Enver Hodja, le Staline albanais disposait d’un Enfer personnel de grande ampleur.
       Les chantres de la Révolution Culturelle de Mao ont accumulé des stocks de livres sulfureux réservés aux cadres de haut rang.
       Enfin, un enfer mythique tant il est inaccessible où est accumulée « la plus impressionnante et la plus ancienne des collections d’ouvrages qui ne se lisent que d’une main… » la Bibliothèque… vaticane.

PHOTOS INTERDITES AUX MOINS DE 16 ANS
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Bachus et Ariane
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Dimanche 23 mars 2008 7 23 /03 /Mars /2008 00:03

     

Dans la cour de la gendarmerie de Coye-la-Forêt j’avais entraîné Bourrassaud et Gendron sous l’auvent de la remise à vélos. Avec un aplomb, qui me stupéfiait moi-même, je proposai à l’adjudant-chef Gendron de rédiger deux procès-verbaux : l’un, que nous garderions par devers nous, relatant la réalité des évènements, l’autre, la version officielle, copie conforme des exigences de cette vérole de Mignon, dormirait dans les archives. J’ajoutai, pour emporter leur assentiment, qu’il s’agissait pour nous d’une assurance-vie. C’était une affaire d’Etat et que ce type de précaution nous servirait de monnaie d’échange face au pouvoir si un fouille-merde quelconque de la presse se mettait en tête de mettre son groin dans les petites affaires du fourgue de missiles. Et de conclure, froidement, que les morts subites et en chaîne faisaient parti du quotidien des services Action. Bourrassaud se grattait les couilles, ravi. Le gendarme Gendron, perplexe, soulevait son képi pour s’éponger le front avec un grand mouchoir à carreaux. « Et mon trou du cul de machin chose de la Reynardière, j’en fait quoi ?
-         Rien ! Ce monsieur aux mains propres, comme ce cher Mignon, va jouer au Ponce-Pilate…
-         Et mon collègue Buchou qu’est plus con que la moyenne je lui dis quoi ?
-         Rien ! Si, que les ordres viennent d’encore plus haut et qu’il a intérêt à fermer son clapet sinon les mecs cagoulés du Puma lui offriront un baptême de l’air…
-         Bordel de merde c’est pire que d’avoir un essaim de frelons au cul cette affaire. Z’en pensez quoi, vous, commissaire ?
-         Que Benoît est un sage. Quand on est dans la fosse aux lions mieux vaut se préparer au pire.
-         Bon, puisque vous le dites, on va faire comme ça. Quand je vais dire ça à ma femme elle ne va pas en revenir…
Bourrassaud le prenait par l’épaule, paternel, et le morigénait. « Adjudant, même si elle vous bouffe la queue jusqu’à plus soif votre femme, ou même si elle vous promet de se faire défoncer la rondelle comme vous en mourrez d’envie depuis que vous l’avez épousé, bouclez-là, sinon il ne nous restera plus qu’à vous porter des chrysanthèmes les jours de Toussaint… » Gendron hochait la tête, pas convaincu, les perspectives évoquées par ce porc de Bourrassaud semblaient même l’émoustiller.
 
Dans la voiture, alors que nous rentrions au Blanc-Mesnil, après avoir gueuletonné à l’auberge de la Chapelle-en-Serval, je confiais à Bourrassaud, assis à l’avant, qu’un sale pressentiment me bouffait la tête : « crois-moi, après ce petit raout, ces morpions de la place Beauvau ils ne vont pas lâcher la grappe. Je suis sûr qu’il faudra que paye l’addition un jour ou l’autre… » Mais je m’aperçus que Bourrassaud dormait déjà, la bouche ouverte et, fataliste, je me disais, qu’après tout, descendre un peu plus bas dans la merde ne me déplairait pas. Le soir je regagnai Paris. En robe de chambre, Sylvie affichait une mine de papier mâché. Son atterrissage sur le ventre, soudain et brutal, dans la triste réalité, la pétrifiait. Adieu, le bel Henri, les fourrures, le champagne, les virées en jet et autres joyeusetés, le coup foireux de ses deux associés, Hortz et Dragan, qui se soldait par leur mise en sac à viande après la fusillade du petit Mont-Royal, ne lui laissait pas augurer des jours heureux. Le retour au bitume ne la remplissait pas d’allégresse. Connement je lui conseillais de rentrer dans le giron conjugal. Soudain panthère, me faisant face, je crus qu’elle allait m’arracher les yeux mais, plus prosaïquement, elle ouvrait les pans de sa robe de chambre, et me lançait, la bouche mauvaise, « Baise-moi, salaud ! » Ce que j’aurais fait, par pure faiblesse, si ma libido, soudain polaire, ne m’avait pas jeté dans les affres de la panne de bandaison. Je le regretterai toute ma vie car, huit jours plus tard, alors que nous étions plus revu, un coup de téléphone d’un certain Dornier du commissariat de la rue d’Aligre, m’annonçait froidement que Sylvie Brejoux venait de se faire sauvagement assassiner par son mari.          
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Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /Mars /2008 00:01

     
La séquence Cognac s'achève. Pour compléter cette approche je vous offre ce petit extrait tiré du petit livre de Robert Colonna d'Istria qui " est un heureux débroussaillage dans le maquis des réflexions courantes sur le luxe. L'auteur y définit le luxe comme une manière d'être, un certain type de visée, plutôt que comme un état lié à certains objets de prix.

Le luxe apparaît alors comme ce qui est tout à la fois inutile et essentiel. C'est-à-dire qu'il répond à une tendance inhérente à l'homme qui consiste à vouloir s'élever, à se dépasser, à refuser l'état présent. Le luxe ne réside pas dans les choses, mais dans l'homme lui-même en ce qu'il porte une exigence d'absolu, de perfection et d'harmonie avec lui-même, au-delà des choses bassement matérielles, utiles, au-delà de ce qui lui est donné. Aussi tout peut contribuer au luxe : l'eau, le temps, la soie, le beau" Matthieu Guével
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" L'homme de luxe ne boit que deux types d'alcool : des vins, y compris de champagne, et des eaux-de-vie. Le reste n'existe pas.
      Aucun autre alcool n'offre la richesse et la variété du vin. A partir de procédés schématiquement comparables, cette production connaît, en fonction des terroirs, des climats, des cépages, des méthodes de vinification, une variété à peu près inépuisable. Le luxe du vin réside d'abord dans cette diversité.
       Il réside ensuite dans la qualité des produits eux-mêmes, dans les émotions que chaque cru peut apporter, dans les subtilités de chacun, qui se mesurent à mille éléments, la force, la couleur, l'arôme, le raffinement des parfums, la puissance, le charme. Peu de productions humaines, à un tel niveau de qualité et d'émotion, présentent pareille variété.
       Les jours de mélancolie, le vin est un merveilleux compagnon : un chambertin d'une belle année a sauvé plus d'un homme de luxe  de tracas passagers. Les jours de joie, rien, au contraire, ne met mieux en valeur la liesse qu'un excellent vin, rien ne fait mieux chanter les sentiments heureux. Les vins de Moselle, d'Alsace ou de Hongrie sont, par exemple, des vins de lumière et de gaieté. Et pour rompre simplement le quotidien, ce que le poète appelait les "jours machinaux", sans tristesse à combattre ou joie à célébrer, les hommes, depuis des siècles, connaissent les pouvoirs du vin. Chacun peut les apprécier à la sagesse, toujours gaie et généreuse, des habitants des régions qui en produisent.

       Par rapport aux autres produits de la vigne et du travail des hommes, né dans les profondeurs crayeuses, le champagne est d'invention récente. À son origine, il y a une espèce de fantaisie, et à son succès, croissant depuis deux siècles, un comportement qui relève de la mode. Car, par rapport aux volumes produits, il y a peu d'excellents champagnes. Il y a beaucoup de produits grossiers, capiteux, qui n'ont rien des qualités lumineuses que l'on doit attendre de cette prestigieuse invention. L'inconvénient de cette réalité - commune - est qu'elle touche un produit qui ne souffre pas la médiocrité. Si un bordeaux de deuxième zone peut être un vin à peu près acceptable, un champagne approximatif, comme s'il était éventé ou tiède, doit être directement vidé dans l'évier ; il ne vaut rien.

        Les eaux-de-vie constituent la dernière catégorie que l'homme de luxe peut envisager pour la célébration de son culte. Il suffit d'en prescrire une dégustation religieuse. "

Robert Colonna D'Istria   " L'art du luxe " Court traité du luxe Essai éditions transbordeurs

 
Pour votre information les Wines News de la toile pour les consulter reportez-vous : en haut, à gauche du blog, à la hauteur du titre de la chronique, à la rubriques Pages.

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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 00:06

 

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La séquence sur la région délimitée de Cognac se clôt ce matin par les réponses du président du BNIC, Jean-Pierre Lacarrière, à qui je pourrais donner du cher collègue puisque, très modeste président du BNICE - Bureau National du Calvados (BNICE)- transformé en IDAC je boxais dans la catégorie des eaux-de-vie d'appellation et militait avec lui pour que notre spécificité par rapport au vin soit reconnue dans un comité spécifique à l'INAO. Sur la photo, c'est l'homme à la cravate rouge, avec Philippe Boujut sans cravate, et les deux chefs de famille. Jean-Pierre Lacarrière a succédé à Bernard Guionnet au titre des maisons de Cognac. La sienne c'est Remy-Martin du groupe Remy-Cointreau dirigé par Dominique Hériard-Dubreuil. Dans mes années de missionnaire dans les Charentes l'appui discret et compréhensif de Dominique Hériard-Dubreuil m'a permis de dénouer bien des crispations et de faire avancer, avec ce qu'il faut de diplomatie charentaise, le dossier épineux du niveau de la QNV.

Question n°1 : Au cours de la dernière décennie le Cognac a retrouvé sa gnac et aligne des performances remarquables sur les marchés extérieurs. Est-ce-que les représentants des familles professionnelles de la région délimitée ont su mettre à profit cette période favorable pour tirer les enseignements du temps que j’ai connu – Red Adair sans grands moyens d’une crise liée à l’affaissement de la demande et à l’inadéquation de l’offre – où le salut ne semblait venir que de l’arrachage ou de la reconversion du vignoble. En quelques mots, Jean-Pierre Lacarrière, en tant que président du BNIC, dites-nous ce qui a changé au cours de cette période ?

Réponse de JP Lacarrière :

On ne parle plus d'arrachage ni de reconversion. Les expéditions de cognac en progression continuelle depuis huit ans ont apporté les solutions. La réponse définitive à des crises régulières dues à l''inadéquation entre l'offre et la demande demeure.

Les professionnels ont voulu apporté des réponses à ce défit récurrent. La réorganisation de l'OCM viti-vinicole en a été le déclencheur. Leur réflexion a débouché sur des propositions réunies dans le "Plan d'avenir de la viticulture charentaise" adoptée en 2003 par l'Interprofession.

Ce dispositif envisage la création de filières cognac, vins de base, pineau s'appuyant sur une affectation parcellaire révisable tous les ans. Ce dispositif permettrait à chaque viticulteur de gérer son affaire en fonction de ses débouchés et de ses contrats. Ce système en dehors de l'intérêt de la flexibilité dans la gestion de production régionale permettrait de développer et consolider des filières en fonction de l'état des différents marchés cognacs / vins de table / pineau. Ce dispositif, qui doit être en vigueur au 1er août 2008 avec la nouvelle OCM, est toujours en attente d'une confirmation juridique de la part du Ministère de tutelle (Agriculture), malgré les demandes pressantes et réitérées des professionnels.
Question 2 : L’histoire de la région délimitée de Cognac semble être une alternance régulière de périodes d’euphorie et de crises brutales, le ralentissement actuel des ventes fait dire à certains que la prudence est de mise. N’est-ce pas là méconnaître la mutation profonde de vos marchés qui, tirés par l’explosion de la demande de produits de luxe, sont beaucoup moins sensibles au ralentissement de la croissance américaine. Qu’elle est l’analyse du président du BNIC sur l’évolution de la demande : surchauffe ou simple palier ? Que faut-il faire ?

Réponse de JP Lacarrière :
Le consommateur est à la recherche de produits Premium qui lui apportent du rêve et pour certains sont un signe de statut. Pour durer, ce produit doit s'appuyer sur des qualités réelles. Le cognac correspond tout à fait à cette recherche du consommateur par son histoire, par ses qualités intrinsèques.

Par son histoire car il se caractérise comme un produit de négociant qui dès l'origine il y a plusieurs siècles, a conquis et développé les marchés extérieurs. Ces qualités issues d'améliorations continuelles de process d'élaboration soutenues par des investissements publi-promotionnels très importants des marques en ont fait un produit éminemment désirable, ce qui se concrétise, ces dernières années, par le développement à deux chiffres des volumes de qualités supérieures et de qualités vieilles. Les marques les plus prestigieuses rivalisent dans des présentations luxueuses particulièrement recherchées. Cette tendance qui s'amplifie nous fait penser qu'il n'y a pas de surchauffe mais un vrai développement  qui se poursuivra. Néanmoins, la prudence doit être maintenue car l'entrée de gamme VS représente toujoursun petit 50 % du volume.
 
Question 3 : Dans mon rapport de 2001 sur le positionnement des vins français à l’exportation j’avais mis en exergue le Cognac et le Champagne pour montrer que le couple produit-marques mondiales était générateur de performances à l’exportation, avec une différence essentielle entre ces deux grandes régions : la Champagne me semblait plus consensuelle et générait un gagnant-gagnant entre le Syndicat Général des Vignerons et l’Union des Maisons de Champagne. A-t-on progressé dans ce domaine ? Les regroupements professionnels que j’appelais de mes vœux se sont-ils concrétisés ? Les tensions se sont-elles apaisées ? Le cycle vertueux de la création de valeur partagée est-il enclenché ?

Réponse de JP Lacarrière

A l'évidence, les intérêts des deux familles Viticulture et Négoce ne sont pas entièrement juxtaposables. L'objectif est donc de trouver un consensus pour assurer un développement harmonieux de la filière, ce qui à mon sens, implique de "s'asseoir" sur les idéologies pour répondre d'une façon pragmatique aux défis du marché.

Cette dernière année, les professionnels ont mis en place des outils de gestion qui permettent de modéliser les réponses de la viticulture entermes de production aux besoins de commercialisation du négoce. Cet outil d'aide à la décision a été mis en place, testé, et fonctionne.

Les réformes récentes concernant la gestion des appellations (INAO) ou des zones viticoles (gestion par bassin) ont permis aux professionnels du cognac de démontrer qu'ils étaient capables de travailler paritairement et d'une façon raisonnable au sein de structures ad hoc.

A mon sens, les tensions sont apaisées même si parfois, il y a quelques montées d'adrénaline. On peut dire que depuis trois ans, le partage de la valeur a été amorcée.
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /Mars /2008 00:03

 

Cette chronique, si j’avais respecté mes souvenirs de jeunesse, j’aurais du la titrer : le fion de mémé Marie mais, comme le patois vendéen n’est connu et maîtrisé que par très peu d’entre vous je me serais exposé à un vent de réprobation dans la mesure où seule l’acception argotique du mot fion a encore cours. Et pourtant, à la veille de Pâques, outre la gâche de Pâques, 
http://www.berthomeau.com/article-6279730.html 
l’autre spécialité marquant la fin du Carême dans mon bocage vendéen crotté et agenouillé était le fion et, la maîtrise du fion, était placée dans les mains expertes de mémé Marie.
 
Comment définir le fion ? Ce sont des œufs au lait cuits au four dans un cylindre de pâte : hauteur = 20 cm et diamètre = 20 cm. Dit ainsi, ça paraît simple et pourtant le tour de main pour pétrir la pâte constituait la clé de la réussite du fion. En effet, eu égard à ses dimensions, le cylindre de pâte exposé en direct à la cuisson se devait d’être hermétique et ne pas se fissurer sous l’effet de la chaleur. Défi relevé par la mémé chaque année – avec quelques petits accidents qui se soldaient par le rustinage du fion – mission impossible pour la femme moderne ou l'artisan perclu de charges sociales qui explique qu’on ne trouve plus de vrai fion dans le commerce vendéen mais rien que de pâles copies qui s’apparentent au flan traditionnel. 
 
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Avant de vous communiquer la recette du fion je m'associe à la journée du macaron www.jourdumacaron.com organisée par l'association Pâtissiers relais desserts pour venir en aide à la Fédération des maladies orphelines (la maladie est toujours une injustice, surtout chez les enfants, mais pour ceux qui sont touchés par ces maladies dites orphelines s'y ajoute le non espoir de voir un jour la recherche s'intéresser à leur cas). Chaque pâtissier (ils sont 100 000 membres dans le monde) offre ce jour-là une dégustation gratuite à ses clients et donne 1 euro symbolique à la Fédération. C'est Pierre Hermé qui fut à l'origine de cette célébration caritative. Je rêve que le monde du vin ait un jour ce genre d'initiative sous la houlette des plus grands...
 
LA RECETTE
 
1-   La pâte :
 
-         Ingrédients : 1 kg de farine, 2 œufs, une pincée de sel, eau.
-         Fabrication :
a)     étendre sur la table de la cuisine un vieux drap de coton, faire un puits dans la farine placée au centre, y mettre les œufs battus, commencer le mélange, ajouter un peu d’eau pour obtenir un pâton ferme ;
b)     ensuite pétrir à la main en appuyant fortement dans les paumes, et ce pendant au moins une heure, afin d’obtenir une pâte ferme et élastique. Ce travail de la pâte est la clé de la réussite. Au temps de mémé Marie je participais à ce chantier où le temps n’était pas compté ;
-         Mise en moule (moule à charlotte)
a)       étendre la pâte au rouleau jusqu’à l’obtention d’1mm d’épaisseur ;
b)       tapisser avec soin le moule (qui n’est pas beurré) pour n’il y ai aucun trou dans la pâte.
c)        Denteler le haut du cylindre.
-         Cuisson de la pâte :
a)   faire bouillir de l’eau dans un grand faitout
b)   à ébullition plonger le moule en prenant soin que les bords ne s’affaissent pas. Opération délicate qui exige beaucoup de doigté ;
c)    cuire pendant 4 mn ;
d)   retirer avec douceur le moule et vider délicatement l’eau contenue dans le cylindre de pâte.
 
-         Démoulage et séchage :
a)    mettre un linge propre à l’intérieur du moule et renverser celui-ci sur le flanc ;
b)    démouler avec précaution en tirant délicatement les coins du linge ;
c)     placer le cylindre de pâte sur un linge et laisser le s’égoutter au frais jusqu’au lendemain.
 
-         Enrubannage du fion :
Le lendemain enserrer le haut du cylindre de pâte, sans trop serrer, d’un cercle de ficelle de ménage afin de bien maintenir la stabilité de l’ensemble lors du remplissage du fion.
 
2-   La Fiounaïe :
 
Il s’agit tout bêtement de faire des œufs au lait.
 
3-   La cuisson
 
-         préparation du cylindre de pâte :
a)   badigeonner au jeune d’œuf les dents du fion ;
b)   cuire les cylindres de pâte à blanc pendant 3 mm.
 
-         cuisson proprement dite du fion :
 
a)   remplir les fions des œufs au lait en laissant 3cm de marge ;
b)   enfourner délicatement ;
c)    laisser cuire le temps que les œufs au lait prennent et se couvrent d’une jolie pellicule brune.
d)   Retirer du four avec beaucoup de délicatesse.
Placer les fions dans une pièce fraîche pour qu'ils refroidissent.

Le fion est bien sûr un dessert, très nourrissant, il est nécessaire de disposer de bonnes dents pour croquer la croûte.

Du côté accompagnement liquide, même si ça n'a rien à voir avec mes souvenirs où je buvais de la limonade, je verrais bien un Cerdon Clos de la Bierle de Thierry Troccon.

Voilà, je puis vous assurer que la fabrication du fion et sa conduite à bon port relevaient de l’exploit : à tout moment ce pouvait être la bérézina c’est-à-dire l’affaissement, le débordement, l’éclatement ou tout bêtement, lors de l’enfournage ou du défournage, le renversement. Comme je l’ai écrit, l’an dernier pour la gâche, la cuisson se faisait dans le four à pains de la maison du Bourg Pailler et l’opération était confiée au pépé Louis. D’où conflit grave entre les époux Berthomeau, Louis et Marie, et prise de bec, si les fions versaient. Bref, lorsque les fions sauvaient leur peau, restaient à les découper pour les déguster : opération à haut risques vu la configuration géométrique du fion, la dureté de la pâte et le caractère éminemment ballottant des œufs au lait. Là encore, quand tout allait bien restait à consommer la tranche de fion sans l’épandre sur soi. Le recours à l'assiette et à la cuillère n'était pas inscrit dans la tradition de la dégustation du fion. Exploit donc de le croquer, opération qui demandait un art consommé de la maîtrise du  dur et du mou. Toute une époque où le temps passé ne comptait guère et où la main à la pâte alliée à de bons produits nous procurait des plaisirs simples. De plus, on ne fabriquait la gâche et le fion que pour la fête de Pâques : la rareté est le vrai luxe... 

Bonnes fêtes de Pâques à tous et à toutes.
 
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /Mars /2008 00:04

 

Papa_003.jpg Bernard Guionnet fut le premier président élu du BNIC en 1998 et aussi le premier président issu des familles professionnelles. Avant cette mini-révolution, les destinées du Bureau National – comme on dit là-bas – étaient confiées à des profils « haut fonctionnaire » venant terminer leur carrière à Cognac. C’est donc lui qui m’a accueilli au BNIC et j’ai de suite compris que cet homme au parler direct, sans fioritures, un pragmatique, serait pour moi un interlocuteur avec qui j’allais pouvoir faire avancer un « discours économique » en rupture avec celui des idéologues de l’âge de bronze qui polluaient le débat sur les évolutions nécessaires de la région délimitée. Selon l’expression consacrée Bernard Guionnet jouait le jeu. Mieux que quiconque il savait bien que le pivot de l’économie de la région était le Cognac, que le retour à la prospérité viendrait d’un nouvel équilibre et d’une nouvelle dynamique mais pour autant diversifier : faire du vin, pouvait à la marge donner une voie nouvelle à certains. Dans le cadre de la Coopérative de Segonzac il reconvertit 8 ha 50 de son vignoble en cépages rouges. Sans lui envoyer de fleurs je peux affirmer, sans trop le compromettre, qu’il a été l’homme de la situation et que, dans les périodes de crise que j’ai eu à connaître et à gérer, il fait parti de la catégorie des dirigeants qui savent prendre leurs responsabilités et je puis vous assurer que c’est rare, même très rare.

Question n°1 : Au cours de la dernière décennie le Cognac a retrouvé sa gnac et aligne des performances remarquables sur les marchés extérieurs. Est-ce-que les représentants des familles professionnelles de la région délimitée ont su mettre à profit cette période favorable pour tirer les enseignements du temps que j’ai connu – Red Adair sans grands moyens d’une crise liée à l’affaissement de la demande et à l’inadéquation de l’offre – où le salut ne semblait venir que de l’arrachage ou de la reconversion du vignoble. En quelques mots, Bernard Guionnet, en tant que chef de la famille de la production, dites-nous ce qui a changé au cours de cette période ?

Réponse de Bernard Guionnet :

En 10 ans, mais surtout depuis les 5 dernières années, les sorties de cognac ont fortement progressé, la superficie du vignoble cognac a perdu 7 000 Ha, le plan d’adaptation viticole de 1998 a permis à beaucoup de viticulteurs de mieux supporter la crise et de se retrouver affaiblis, mais vivants. Les esprits ont évolué, aucun sujet n’est tabou et les rapports avec la famille du négoce se sont amélioré. J’en veux pour preuve l’accord interprofessionnel sur la méthode de calcul de notre QNV (quantité normalement vinifiée), c'est-à-dire notre rendement annuel cognac où désormais n’entrent en compte que des critères économiques précis, factuels et révisables chaque année afin de coller au plus près du marché, les éléments psychologiques sont restés au vestiaire, le spectre des erreurs passées s’éloigne.
 
Question 2 : L’histoire de la région délimitée de Cognac semble être une alternance régulière de périodes d’euphorie et de crises brutales, le ralentissement actuel des ventes fait dire à certains que la prudence est de mise. N’est-ce pas là méconnaître la mutation profonde de vos marchés qui, tirés par l’explosion de la demande de produits de luxe, sont beaucoup moins sensibles au ralentissement de la croissance américaine. Qu’elle est l’analyse du chef de la famille de la production sur l’évolution de la demande : surchauffe ou simple palier ? Que faut-il faire ?

Réponse de Bernard Guionnet :

La demande de cognac dans le monde est forte et s’est accélérée ces dernières années. Sachons rester modeste, conservons calme et sérénité. L’expérience aidant, nous savons bien que le cognac, même s’il peut être classé parmi les produits de luxe désirables, est fortement soumis aux aléas économiques et financiers qui risquent de secouer certains pays riches dès 2008. Notre nouvel atout majeur dans de telles circonstances est le partage des risques sur 3 continents : Amérique du Nord, Europe plus Russie et Chine plus Sud Est Asiatique. Tout est donc en place pour éviter la surchauffe et franchir un nouveau palier
 
Question 3 : Dans mon rapport de 2001 sur le positionnement des vins français à l’exportation j’avais mis en exergue le Cognac et le Champagne pour montrer que le couple produit-marques mondiales était générateur de performances à l’exportation, avec une différence essentielle entre ces deux grandes régions : la Champagne me semblait plus consensuelle et générait un gagnant-gagnant entre le Syndicat Général des Vignerons et l’Union des Maisons de Champagne. A-t-on progressé dans ce domaine ? Les regroupements professionnels que j’appelais de mes vœux se sont-ils concrétisés ? Les tensions se sont-elles apaisées ? Le cycle vertueux de la création de valeur partagée est-il enclenché ?

Réponse de Bernard Guionnet :

Le champagne et le cognac sont 2 produits assez différents :
- par la superficie, la situation des vignobles et par le caractère des hommes qui le produisent:

- par l'importance et le pouvoir des coopératives de transformation,
- par le nombre d'intervenants metteurs en marché,
- par la structure même des marchés,
- par la répartition des ventes.
Des regroupements professionnels se sont concrétisés dans les 2 familles, quelques dissensions persistent encore mais nous travaillons bien sûr à les faire disparaître. Les tensions sont apaisées, un climat de confiance réciproque s’est installé et nous travaillons ensemble pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée, ce n’est pas le plus facile.

Toutes mes excuses pour la présentation un peu bizarre de ma Newsletter d'hier, la technique réserve parfois des surprises. Ceux qui désirent consulter " les news wines de la toile" n°2 : "les nouvelles élues de Champagne" doivent aller sur Pages : tout en haut à gauche du blog face au titre de la chronique.  

 
 

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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /Mars /2008 00:05

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Comme certains le savent, au temps où le Cognac buvait le bouillon, j'ai traîné mes semelles de crêpe et mon mauvais esprit dans les vignes hautes et verdoyantes de la Charente profonde, les Borderies, la petite et la grande Champagne, les fins, les bons et les bois ordinaires, la double distillation, les bouilleurs de cru, la QNV, les vins vinés, l'Ugni blanc, les contrats, les coopératives associées et le BNIC n'ont aucun secret pour moi. Mon double handicap, être vendéen et rose, me valait, dans les réunions diurnes avec les producteurs, un accueil goguenard. Dans le vignoble, l'accès au Cognac, c'est-à-dire pouvoir distiller avec la certitude d'écouler ses eaux-de-vie au négoce, constituait la revendication principale. La QNV répartissait la pénurie mais ce n'était pas suffisant. Les plus intransigeants, charentais maritime et affiliés au MODEF, exigeaient une répartition étatisée ; les détenteurs de contrats faisaient le dos rond ; bonjour l'ambiance lorsque j'attaquais mes prêches par l'évolution du marché. Bref, oser affirmer que le salut viendrait, non de la résurrection de la Fine à l'eau versus Schweppes en notre douce France où le Cognac était un truc de vieux depuis le triomphe des Scotches Whiskies, mais des noirs américains, soulevait une houle réprobatrice. J'ai écrit sur le sujet, en août 2006, une chronique "consommation ethnique"link 
                                                                                                                                                                             
 Alors, me direz-vous, pourquoi y revenir ? Pour une raison qui colle bien au thème de la semaine : le Cognac, qui sert de trame au troisième bouquin de ma chouchoute : Hannelore Cayre, "Ground XO" link avec pour décor " Ces pieds de vigne partout, ces villages impeccablement tenus qui sentaient bon la droite décomplexée ", la Charente donc, plus précisément un "bled" de la Grande Champagne. "L'étron" Leibowitz, son héros récurrent comme on dit à la télé, hérite d'une propriété viticole qui fait du Cognac. La "robe grillée" se moule avec délice dans l'ambiance picto-charentaise, toujours aussi rosse et déjantée, bien documentée, j'ai lu l'opus d'un trait. C'est good. Selon une tradition bien établie sur Vin&Cie l'espace de liberté, pour vous mettre en bouche, je vous offre un pti coup de "Ground XO" pour la route, à consommer sans aucune modération vu qu'on ne lit pas en conduisant (on dit qu'y'a des routiers qui matent des DVD en conduisant...)
 
 
" - Yak ? Ca veut dire quoi, "Yak " ? Demandai-je tout en maniant le DVD avec curiosité.

- C'est comme ça que les Américains appellent le cognac ! précisa Valérie avec une moue de dégoût.

- On aurait pu intituler ce truc "L'épopée du cognac ou comment le hip-hop a sauvé la Charente de la ruine"... La moitié de ce qui est distillé dans la région part aux Etats-Unis, et là-bas, c'est les Afro-Américains qui en consomment plus de quatre-vingt-dix pour cent. Dans ce DVD, tu as au moins une cinquantaine de raps qui parlent de cognac : 50 Cent, Jay-Z et bien sûr Tupac Shakur. "Stupid bitch standing there while I'm drinking my hen", fredonna François. Tu verras, t'as même un rappeur qui s'appelle Remy Martin.

- C'est dans le disque qu'il y a le type avec ce nom ridicule, Pouf Daddy ? demanda Valérie.

- Pas Pouf Daddy, Puff Daddy, et d'ailleurs, depuis qu'il a été blanchi pour une histoire de complicité de meurtre en 2001, il veut qu'on l'appelle P.Diddy, corrigea François.

- Ah, il veut... c'est super ! J'ai déjà essayé de regarder ce DVD, j'ai tenu cinq minutes. Tu vois une bande d'abrutis avec des chaînes en or et des filles à moitié nues enduites d'huile qui boivent notre alcool* dans des flutes à champagne... Je me demande vraiment à qui ça peut plaire. Et puis, tu t'imagines pas ce qu'on leur vend : de l'Hpnotiq ou de l'Alizé. Des machins aux couleurs radioactives à base de cognac mélangé avec du jus de fruits.

- "The fruit is fresh, the spirit french, the résult is magnifique", scande François avec des intonations de pub radio."

Give me the Henny, you can give me the Cris
You can pass me the Remy, but pass the Couvoisier
Give me the ass, you could give me the dough.
You can give me` dro, but pass the Courvoisier
Yeah, yeah,yeah, just pass the Courvoisier. 

by Pouf non Puff Daddy recyclé en P.Diddy qui "égrenait debout sur un yacht qui valait le PIB d'un pays du tiers-monde les paroles de son refrain...

* chère maître - avec la féminisation pourquoi ne puis-je pas écrire maîtresse ça sonne tout de même mieux qu'auteure ou professeure - jamais au grand jamais un ou une viticultrice de la région délimitée de Cognac ne dirait alcool lorsqu'il parle de son eau-de-vie d'AOC, même si le concept d'AOC est aussi étranger au charentais que le socialisme l'était au petit François de Jarnac, la patrie de Courvoisier...


Busta Rhymes ft. P.Diddy & Pharrell - Pass The... par elmokozo

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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /Mars /2008 00:08
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Ce matin, inauguration d'une série charentaise dans la pénombre des chais emplis des fûts de coupe, berceaux des futurs Cognacs marqués du sceau de l'eau-de-vie la plus jeune : VS, VSOP (Very Superior Old Pale) XO. A tout seigneur tout honneur, la parole est donnée au chef de la famille des maisons de négoce, Yann Fillioux. C'est un charentais de la dynastie charentaise des Fillioux, un homme du produit, il fut mon interlocuteur au temps où je trimballais mes guêtres dans la région délimitée. La maison Hennessy - dont il est le représentant - est le n°1. Lorsque j'allais rencontrer, ou lui, ou son PDG de l'époque, Christophe Navarre, sur la rive gauche des quais de la Charente, en pénétrant dans la belle épure contemporaine créée en 1995 par Jean-Michel Wilmotte, j'étais toujours frappé par la puissance tranquille de cette maison. Mais c'est une autre histoire, le Cognac va bien, exporte à tour de bras, fait des "Airbus" comme on dit au BNIC, alors mercredi ce sera le tour de Bernard Guionnet, le chef de famille de la production, de répondre à mes 3 questions (ce sont les mêmes pour mes 3 interlocuteurs) et vendredi, Jean-Pierre Lacarrière, président du BNIC, fera la clôture. Merci à eux... 

Question n°1
 : Au cours de la dernière décennie le Cognac a retrouvé sa gnac et aligne des performances remarquables sur les marchés extérieurs. Est-ce-que les représentants des familles professionnelles de la région délimitée ont su mettre à profit cette période favorable pour tirer les enseignements du temps que j’ai connu – Red Adair sans grands moyens d’une crise liée à l’affaissement de la demande et à l’inadéquation de l’offre – où le salut ne semblait venir que de l’arrachage ou de la reconversion du vignoble. En quelques mots, Yann Fillioux, en tant que chef de la famille des maisons de négoce, dites-nous ce qui a changé au cours de cette période ?

Réponse de Yann Fillioux :

C'est le dynamisme des maisons de Cognac et l'évolution très positive des ventes de Cognac qui ont tout changé.

Question 2 
: L’histoire de la région délimitée de Cognac semble être une alternance régulière de périodes d’euphorie et de crises brutales, le ralentissement actuel des ventes fait dire à certains que la prudence est de mise. N’est-ce pas là méconnaître la mutation profonde de vos marchés qui, tirés par l’explosion de la demande de produits de luxe, sont beaucoup moins sensibles au ralentissement de la croissance américaine. Qu’elle est l’analyse du chef de la famille des maisons de négoce sur l’évolution de la demande : surchauffe ou simple palier ? Que faut-il faire ?

Réponse de Yann Fillioux :

Cette évolution très positive des ventes n'est pas, comme cela a pu être le cas dans le passé, celle constatée pour l'essentiel sur un marché donné, mais sur un ensemble de marchés. USA, Asie, Russie, Europe de l'Est en particulier sont en forte progression sur les dernières années. On ne peut donc parler de surchauffe particulière.


Question 3 : Dans mon rapport de 2001 sur le positionnement des vins français à l’exportation j’avais mis en exergue le Cognac et le Champagne pour montrer que le couple produit-marques mondiales était générateur de performances à l’exportation, avec une différence essentielle entre ces deux grandes régions : la Champagne me semblait plus consensuelle et générait un gagnant-gagnant entre le Syndicat Général des Vignerons et l’Union des Maisons de Champagne. A-t-on progressé dans ce domaine ? Les regroupements professionnels que j’appelais de mes vœux se sont-ils concrétisés ? Les tensions se sont-elles apaisées ? Le cycle vertueux de la création de valeur partagée est-il enclenché ? 

Réponse de Yann Fillioux :

La distillation Cognac a été longtemps maintenue à un niveau bas par rapport à la production du vignoble, générant un revenu pas toujours satisfaisant pour le producteur de Cognac. La perspective pour 2008 devrait être tout-à-fait correcte en matière de revenu viticole.

Pour ce qui concerne les regroupements professionnels, fin 2006, 2 des 3 syndicats de négociants se sont regroupés
 
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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /Mars /2008 00:00
Pour le gendarme Gendron, grand admirateur d’Hubert Bonnisseur de la Bath, alias OSS117, l’enchaînement des évènements dépassait de très loin les aventures du héros mythique de Jean Bruce. En effet, une énorme Limousine Mercédès, aux vitres fumées, sans doute blindée, pointait sa calandre, rutilante et arrogante, entre les piliers du portail. Ses pneus « taille basse » montés sur des jantes larges – sans doute des 15 pouces – mordaient avec violence les gravillons de l’allée et les projetaient, tels des grêlons, sur les marches du perron avant de s’engager sur le flanc gauche de la gentilhommière. L’élégant claquait des doigts, c’était chez lui l’expression la plus aboutie de sa supériorité, en intimant l’ordre à Gendron de rapatrier son collègue et le garde, réfugiés dans la R4, à l’intérieur, tout en saisissant la belle plante par le bras. Gendron s’exécutait. Les autres, y compris le jeune flic et ses deux collègues, les accompagnaient. « En attendant que l’orage passe, le gros poisson se planquait, comme les carpes, dans la vase. Maintenant qu’on le tire de là faut pas qu’on voit sa tronche de vieux brochet… Hein ! » Gendron n’en revenait pas de sa tirade qui tombait dans l’indifférence générale. Seul, le jeune flic au perfecto, lui offrait un sourire las.
 
« Les colis sont pris en charge. Il ne nous reste plus qu’à mettre la dernière main à la version officielle des évènements. Messieurs, suivez-moi ! » L’élégant claquait à nouveau des doigts en entraînant son monde dans une pièce jouxtant le vestibule. Il s’asseyait derrière un bureau Empire. Les autres restaient debout, en demi-cercle, face à lui. Gendron, remarquait de suite, entassé sur une vaste bergère recouverte de damas pourpre, tout un attirail : collier clouté, fouet, laisse tressée, guêpière et cuissardes de cuir, et toute une collection de godes, qui ne laissait aucun doute sur le sport pratiqué par le protégé de la République. L’élégant le tirait de sa contemplation fortement teintée de bandaison « Messieurs, en accord avec nos autorités de tutelle, les évènements de cette nuit relèvent d’un banal cambriolage opéré par une bande de traîne- lattes. La gendarmerie de Coye-la-Forêt, représenté ici par le sous-brigadier Gendron, enregistrera la déposition de l’OP Benoît Audron, qui peut se résumer ainsi : prévenu ce matin par un coup de téléphone de madame Sylvie Brejoux, épouse du commissaire-principal Brejoux des RG de Nantes, que dans la nuit du 5 au 6 mars, alors qu’elle dînait en compagnie de Maxime Dautry, fondé de pouvoir de la Compagnie Marcel Bréchard, ici même, au lieu-dit château du Mont-Royal, une bande de cambrioleurs masqués les ont agressé, saucissonné pour s’emparer d’objets de valeur. Nous vous en communiquerons la liste. Pour s’introduire dans la propriété, la bande avait au préalable pris le garde Bouzeron en otage. L’intervention rapide du commissaire Bourrassaud, supérieur hiérarchique de l’OP Audron, a été justifiée par la qualité des agressés. Bien évidemment, les autorités géographiquement compétentes, en la personne du lieutenant Jean Calisson de la Reynardière, chef de la brigade de gendarmerie de Coye-la-Forêt, furent prévenues par le commissaire Bourrassaud. C’est donc en plein accord entre la Police Nationale et la Gendarmerie que cette intervention eut lieu. Pour tout le reste, vous n’avez rien vu. J’ajoute qu’à aucun moment vous ne devrez faire état de ma présence sur les lieux. Vos carrières en dépendent. Des questions ? Pas de questions, alors exécution. »     
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