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Photo du Taulier de Ludovic Carème © http://www.ludoviccareme.com/ 




 

Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /Mars /2008 00:04

 

Papa_003.jpg Bernard Guionnet fut le premier président élu du BNIC en 1998 et aussi le premier président issu des familles professionnelles. Avant cette mini-révolution, les destinées du Bureau National – comme on dit là-bas – étaient confiées à des profils « haut fonctionnaire » venant terminer leur carrière à Cognac. C’est donc lui qui m’a accueilli au BNIC et j’ai de suite compris que cet homme au parler direct, sans fioritures, un pragmatique, serait pour moi un interlocuteur avec qui j’allais pouvoir faire avancer un « discours économique » en rupture avec celui des idéologues de l’âge de bronze qui polluaient le débat sur les évolutions nécessaires de la région délimitée. Selon l’expression consacrée Bernard Guionnet jouait le jeu. Mieux que quiconque il savait bien que le pivot de l’économie de la région était le Cognac, que le retour à la prospérité viendrait d’un nouvel équilibre et d’une nouvelle dynamique mais pour autant diversifier : faire du vin, pouvait à la marge donner une voie nouvelle à certains. Dans le cadre de la Coopérative de Segonzac il reconvertit 8 ha 50 de son vignoble en cépages rouges. Sans lui envoyer de fleurs je peux affirmer, sans trop le compromettre, qu’il a été l’homme de la situation et que, dans les périodes de crise que j’ai eu à connaître et à gérer, il fait parti de la catégorie des dirigeants qui savent prendre leurs responsabilités et je puis vous assurer que c’est rare, même très rare.

Question n°1 : Au cours de la dernière décennie le Cognac a retrouvé sa gnac et aligne des performances remarquables sur les marchés extérieurs. Est-ce-que les représentants des familles professionnelles de la région délimitée ont su mettre à profit cette période favorable pour tirer les enseignements du temps que j’ai connu – Red Adair sans grands moyens d’une crise liée à l’affaissement de la demande et à l’inadéquation de l’offre – où le salut ne semblait venir que de l’arrachage ou de la reconversion du vignoble. En quelques mots, Bernard Guionnet, en tant que chef de la famille de la production, dites-nous ce qui a changé au cours de cette période ?

Réponse de Bernard Guionnet :

En 10 ans, mais surtout depuis les 5 dernières années, les sorties de cognac ont fortement progressé, la superficie du vignoble cognac a perdu 7 000 Ha, le plan d’adaptation viticole de 1998 a permis à beaucoup de viticulteurs de mieux supporter la crise et de se retrouver affaiblis, mais vivants. Les esprits ont évolué, aucun sujet n’est tabou et les rapports avec la famille du négoce se sont amélioré. J’en veux pour preuve l’accord interprofessionnel sur la méthode de calcul de notre QNV (quantité normalement vinifiée), c'est-à-dire notre rendement annuel cognac où désormais n’entrent en compte que des critères économiques précis, factuels et révisables chaque année afin de coller au plus près du marché, les éléments psychologiques sont restés au vestiaire, le spectre des erreurs passées s’éloigne.
 
Question 2 : L’histoire de la région délimitée de Cognac semble être une alternance régulière de périodes d’euphorie et de crises brutales, le ralentissement actuel des ventes fait dire à certains que la prudence est de mise. N’est-ce pas là méconnaître la mutation profonde de vos marchés qui, tirés par l’explosion de la demande de produits de luxe, sont beaucoup moins sensibles au ralentissement de la croissance américaine. Qu’elle est l’analyse du chef de la famille de la production sur l’évolution de la demande : surchauffe ou simple palier ? Que faut-il faire ?

Réponse de Bernard Guionnet :

La demande de cognac dans le monde est forte et s’est accélérée ces dernières années. Sachons rester modeste, conservons calme et sérénité. L’expérience aidant, nous savons bien que le cognac, même s’il peut être classé parmi les produits de luxe désirables, est fortement soumis aux aléas économiques et financiers qui risquent de secouer certains pays riches dès 2008. Notre nouvel atout majeur dans de telles circonstances est le partage des risques sur 3 continents : Amérique du Nord, Europe plus Russie et Chine plus Sud Est Asiatique. Tout est donc en place pour éviter la surchauffe et franchir un nouveau palier
 
Question 3 : Dans mon rapport de 2001 sur le positionnement des vins français à l’exportation j’avais mis en exergue le Cognac et le Champagne pour montrer que le couple produit-marques mondiales était générateur de performances à l’exportation, avec une différence essentielle entre ces deux grandes régions : la Champagne me semblait plus consensuelle et générait un gagnant-gagnant entre le Syndicat Général des Vignerons et l’Union des Maisons de Champagne. A-t-on progressé dans ce domaine ? Les regroupements professionnels que j’appelais de mes vœux se sont-ils concrétisés ? Les tensions se sont-elles apaisées ? Le cycle vertueux de la création de valeur partagée est-il enclenché ?

Réponse de Bernard Guionnet :

Le champagne et le cognac sont 2 produits assez différents :
- par la superficie, la situation des vignobles et par le caractère des hommes qui le produisent:

- par l'importance et le pouvoir des coopératives de transformation,
- par le nombre d'intervenants metteurs en marché,
- par la structure même des marchés,
- par la répartition des ventes.
Des regroupements professionnels se sont concrétisés dans les 2 familles, quelques dissensions persistent encore mais nous travaillons bien sûr à les faire disparaître. Les tensions sont apaisées, un climat de confiance réciproque s’est installé et nous travaillons ensemble pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée, ce n’est pas le plus facile.

Toutes mes excuses pour la présentation un peu bizarre de ma Newsletter d'hier, la technique réserve parfois des surprises. Ceux qui désirent consulter " les news wines de la toile" n°2 : "les nouvelles élues de Champagne" doivent aller sur Pages : tout en haut à gauche du blog face au titre de la chronique.  

 
 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /Mars /2008 00:05

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Comme certains le savent, au temps où le Cognac buvait le bouillon, j'ai traîné mes semelles de crêpe et mon mauvais esprit dans les vignes hautes et verdoyantes de la Charente profonde, les Borderies, la petite et la grande Champagne, les fins, les bons et les bois ordinaires, la double distillation, les bouilleurs de cru, la QNV, les vins vinés, l'Ugni blanc, les contrats, les coopératives associées et le BNIC n'ont aucun secret pour moi. Mon double handicap, être vendéen et rose, me valait, dans les réunions diurnes avec les producteurs, un accueil goguenard. Dans le vignoble, l'accès au Cognac, c'est-à-dire pouvoir distiller avec la certitude d'écouler ses eaux-de-vie au négoce, constituait la revendication principale. La QNV répartissait la pénurie mais ce n'était pas suffisant. Les plus intransigeants, charentais maritime et affiliés au MODEF, exigeaient une répartition étatisée ; les détenteurs de contrats faisaient le dos rond ; bonjour l'ambiance lorsque j'attaquais mes prêches par l'évolution du marché. Bref, oser affirmer que le salut viendrait, non de la résurrection de la Fine à l'eau versus Schweppes en notre douce France où le Cognac était un truc de vieux depuis le triomphe des Scotches Whiskies, mais des noirs américains, soulevait une houle réprobatrice. J'ai écrit sur le sujet, en août 2006, une chronique "consommation ethnique"link 
                                                                                                                                                                             
 Alors, me direz-vous, pourquoi y revenir ? Pour une raison qui colle bien au thème de la semaine : le Cognac, qui sert de trame au troisième bouquin de ma chouchoute : Hannelore Cayre, "Ground XO" link avec pour décor " Ces pieds de vigne partout, ces villages impeccablement tenus qui sentaient bon la droite décomplexée ", la Charente donc, plus précisément un "bled" de la Grande Champagne. "L'étron" Leibowitz, son héros récurrent comme on dit à la télé, hérite d'une propriété viticole qui fait du Cognac. La "robe grillée" se moule avec délice dans l'ambiance picto-charentaise, toujours aussi rosse et déjantée, bien documentée, j'ai lu l'opus d'un trait. C'est good. Selon une tradition bien établie sur Vin&Cie l'espace de liberté, pour vous mettre en bouche, je vous offre un pti coup de "Ground XO" pour la route, à consommer sans aucune modération vu qu'on ne lit pas en conduisant (on dit qu'y'a des routiers qui matent des DVD en conduisant...)
 
 
" - Yak ? Ca veut dire quoi, "Yak " ? Demandai-je tout en maniant le DVD avec curiosité.

- C'est comme ça que les Américains appellent le cognac ! précisa Valérie avec une moue de dégoût.

- On aurait pu intituler ce truc "L'épopée du cognac ou comment le hip-hop a sauvé la Charente de la ruine"... La moitié de ce qui est distillé dans la région part aux Etats-Unis, et là-bas, c'est les Afro-Américains qui en consomment plus de quatre-vingt-dix pour cent. Dans ce DVD, tu as au moins une cinquantaine de raps qui parlent de cognac : 50 Cent, Jay-Z et bien sûr Tupac Shakur. "Stupid bitch standing there while I'm drinking my hen", fredonna François. Tu verras, t'as même un rappeur qui s'appelle Remy Martin.

- C'est dans le disque qu'il y a le type avec ce nom ridicule, Pouf Daddy ? demanda Valérie.

- Pas Pouf Daddy, Puff Daddy, et d'ailleurs, depuis qu'il a été blanchi pour une histoire de complicité de meurtre en 2001, il veut qu'on l'appelle P.Diddy, corrigea François.

- Ah, il veut... c'est super ! J'ai déjà essayé de regarder ce DVD, j'ai tenu cinq minutes. Tu vois une bande d'abrutis avec des chaînes en or et des filles à moitié nues enduites d'huile qui boivent notre alcool* dans des flutes à champagne... Je me demande vraiment à qui ça peut plaire. Et puis, tu t'imagines pas ce qu'on leur vend : de l'Hpnotiq ou de l'Alizé. Des machins aux couleurs radioactives à base de cognac mélangé avec du jus de fruits.

- "The fruit is fresh, the spirit french, the résult is magnifique", scande François avec des intonations de pub radio."

Give me the Henny, you can give me the Cris
You can pass me the Remy, but pass the Couvoisier
Give me the ass, you could give me the dough.
You can give me` dro, but pass the Courvoisier
Yeah, yeah,yeah, just pass the Courvoisier. 

by Pouf non Puff Daddy recyclé en P.Diddy qui "égrenait debout sur un yacht qui valait le PIB d'un pays du tiers-monde les paroles de son refrain...

* chère maître - avec la féminisation pourquoi ne puis-je pas écrire maîtresse ça sonne tout de même mieux qu'auteure ou professeure - jamais au grand jamais un ou une viticultrice de la région délimitée de Cognac ne dirait alcool lorsqu'il parle de son eau-de-vie d'AOC, même si le concept d'AOC est aussi étranger au charentais que le socialisme l'était au petit François de Jarnac, la patrie de Courvoisier...


Busta Rhymes ft. P.Diddy & Pharrell - Pass The... par elmokozo

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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /Mars /2008 00:08
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Ce matin, inauguration d'une série charentaise dans la pénombre des chais emplis des fûts de coupe, berceaux des futurs Cognacs marqués du sceau de l'eau-de-vie la plus jeune : VS, VSOP (Very Superior Old Pale) XO. A tout seigneur tout honneur, la parole est donnée au chef de la famille des maisons de négoce, Yann Fillioux. C'est un charentais de la dynastie charentaise des Fillioux, un homme du produit, il fut mon interlocuteur au temps où je trimballais mes guêtres dans la région délimitée. La maison Hennessy - dont il est le représentant - est le n°1. Lorsque j'allais rencontrer, ou lui, ou son PDG de l'époque, Christophe Navarre, sur la rive gauche des quais de la Charente, en pénétrant dans la belle épure contemporaine créée en 1995 par Jean-Michel Wilmotte, j'étais toujours frappé par la puissance tranquille de cette maison. Mais c'est une autre histoire, le Cognac va bien, exporte à tour de bras, fait des "Airbus" comme on dit au BNIC, alors mercredi ce sera le tour de Bernard Guionnet, le chef de famille de la production, de répondre à mes 3 questions (ce sont les mêmes pour mes 3 interlocuteurs) et vendredi, Jean-Pierre Lacarrière, président du BNIC, fera la clôture. Merci à eux... 

Question n°1
 : Au cours de la dernière décennie le Cognac a retrouvé sa gnac et aligne des performances remarquables sur les marchés extérieurs. Est-ce-que les représentants des familles professionnelles de la région délimitée ont su mettre à profit cette période favorable pour tirer les enseignements du temps que j’ai connu – Red Adair sans grands moyens d’une crise liée à l’affaissement de la demande et à l’inadéquation de l’offre – où le salut ne semblait venir que de l’arrachage ou de la reconversion du vignoble. En quelques mots, Yann Fillioux, en tant que chef de la famille des maisons de négoce, dites-nous ce qui a changé au cours de cette période ?

Réponse de Yann Fillioux :

C'est le dynamisme des maisons de Cognac et l'évolution très positive des ventes de Cognac qui ont tout changé.

Question 2 
: L’histoire de la région délimitée de Cognac semble être une alternance régulière de périodes d’euphorie et de crises brutales, le ralentissement actuel des ventes fait dire à certains que la prudence est de mise. N’est-ce pas là méconnaître la mutation profonde de vos marchés qui, tirés par l’explosion de la demande de produits de luxe, sont beaucoup moins sensibles au ralentissement de la croissance américaine. Qu’elle est l’analyse du chef de la famille des maisons de négoce sur l’évolution de la demande : surchauffe ou simple palier ? Que faut-il faire ?

Réponse de Yann Fillioux :

Cette évolution très positive des ventes n'est pas, comme cela a pu être le cas dans le passé, celle constatée pour l'essentiel sur un marché donné, mais sur un ensemble de marchés. USA, Asie, Russie, Europe de l'Est en particulier sont en forte progression sur les dernières années. On ne peut donc parler de surchauffe particulière.


Question 3 : Dans mon rapport de 2001 sur le positionnement des vins français à l’exportation j’avais mis en exergue le Cognac et le Champagne pour montrer que le couple produit-marques mondiales était générateur de performances à l’exportation, avec une différence essentielle entre ces deux grandes régions : la Champagne me semblait plus consensuelle et générait un gagnant-gagnant entre le Syndicat Général des Vignerons et l’Union des Maisons de Champagne. A-t-on progressé dans ce domaine ? Les regroupements professionnels que j’appelais de mes vœux se sont-ils concrétisés ? Les tensions se sont-elles apaisées ? Le cycle vertueux de la création de valeur partagée est-il enclenché ? 

Réponse de Yann Fillioux :

La distillation Cognac a été longtemps maintenue à un niveau bas par rapport à la production du vignoble, générant un revenu pas toujours satisfaisant pour le producteur de Cognac. La perspective pour 2008 devrait être tout-à-fait correcte en matière de revenu viticole.

Pour ce qui concerne les regroupements professionnels, fin 2006, 2 des 3 syndicats de négociants se sont regroupés
 
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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /Mars /2008 00:00
Pour le gendarme Gendron, grand admirateur d’Hubert Bonnisseur de la Bath, alias OSS117, l’enchaînement des évènements dépassait de très loin les aventures du héros mythique de Jean Bruce. En effet, une énorme Limousine Mercédès, aux vitres fumées, sans doute blindée, pointait sa calandre, rutilante et arrogante, entre les piliers du portail. Ses pneus « taille basse » montés sur des jantes larges – sans doute des 15 pouces – mordaient avec violence les gravillons de l’allée et les projetaient, tels des grêlons, sur les marches du perron avant de s’engager sur le flanc gauche de la gentilhommière. L’élégant claquait des doigts, c’était chez lui l’expression la plus aboutie de sa supériorité, en intimant l’ordre à Gendron de rapatrier son collègue et le garde, réfugiés dans la R4, à l’intérieur, tout en saisissant la belle plante par le bras. Gendron s’exécutait. Les autres, y compris le jeune flic et ses deux collègues, les accompagnaient. « En attendant que l’orage passe, le gros poisson se planquait, comme les carpes, dans la vase. Maintenant qu’on le tire de là faut pas qu’on voit sa tronche de vieux brochet… Hein ! » Gendron n’en revenait pas de sa tirade qui tombait dans l’indifférence générale. Seul, le jeune flic au perfecto, lui offrait un sourire las.
 
« Les colis sont pris en charge. Il ne nous reste plus qu’à mettre la dernière main à la version officielle des évènements. Messieurs, suivez-moi ! » L’élégant claquait à nouveau des doigts en entraînant son monde dans une pièce jouxtant le vestibule. Il s’asseyait derrière un bureau Empire. Les autres restaient debout, en demi-cercle, face à lui. Gendron, remarquait de suite, entassé sur une vaste bergère recouverte de damas pourpre, tout un attirail : collier clouté, fouet, laisse tressée, guêpière et cuissardes de cuir, et toute une collection de godes, qui ne laissait aucun doute sur le sport pratiqué par le protégé de la République. L’élégant le tirait de sa contemplation fortement teintée de bandaison « Messieurs, en accord avec nos autorités de tutelle, les évènements de cette nuit relèvent d’un banal cambriolage opéré par une bande de traîne- lattes. La gendarmerie de Coye-la-Forêt, représenté ici par le sous-brigadier Gendron, enregistrera la déposition de l’OP Benoît Audron, qui peut se résumer ainsi : prévenu ce matin par un coup de téléphone de madame Sylvie Brejoux, épouse du commissaire-principal Brejoux des RG de Nantes, que dans la nuit du 5 au 6 mars, alors qu’elle dînait en compagnie de Maxime Dautry, fondé de pouvoir de la Compagnie Marcel Bréchard, ici même, au lieu-dit château du Mont-Royal, une bande de cambrioleurs masqués les ont agressé, saucissonné pour s’emparer d’objets de valeur. Nous vous en communiquerons la liste. Pour s’introduire dans la propriété, la bande avait au préalable pris le garde Bouzeron en otage. L’intervention rapide du commissaire Bourrassaud, supérieur hiérarchique de l’OP Audron, a été justifiée par la qualité des agressés. Bien évidemment, les autorités géographiquement compétentes, en la personne du lieutenant Jean Calisson de la Reynardière, chef de la brigade de gendarmerie de Coye-la-Forêt, furent prévenues par le commissaire Bourrassaud. C’est donc en plein accord entre la Police Nationale et la Gendarmerie que cette intervention eut lieu. Pour tout le reste, vous n’avez rien vu. J’ajoute qu’à aucun moment vous ne devrez faire état de ma présence sur les lieux. Vos carrières en dépendent. Des questions ? Pas de questions, alors exécution. »     
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /Mars /2008 00:03


Avant que les séries américaines ne prennent le haut du pavé et que les Français se persuadent que, dans la bouche d'un avocat, l'expression "objection votre honneur !" fait partie du paysage des prétoires de notre doulce France, l'image de l'avocat pénaliste s'incarnait dans les figures hautes en couleur de Me René Floriot, l'avocat du Dr Petiot, de Me Moro Gaffieri, l'avocat de Landru, ou dans celles des avocats politiques Me Jacques Isorni, l'avocat de Pétain, Me Henri Leclerc, l'avocat des gauchistes et de Richard Roman et, bien sûr, "L'avocat de la Terreur" Me Jacques Vergès. Ils plaidaient avec brio et éloquence. Sauvaient la tête de leur client - pas toujours - par l'alchimie de leur verbe et d'une connaissance profonde de leur dossier. Au cinéma, notre Jean Gabin national qui, en vieillissant glissait du prolétariat vers la haute bourgeoisie, incarnait Me Gobillot, avocat quinquagénaire qui compromettait sa carrière et son ménage pour la belle Yvette, Brigitte Bardot, jeune et jolie cambrioleuse qu'il défend, dans "En cas de malheur" de Claude Autan-Lara film tiré d'un livre de Simenon.
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Ce sont maintenant de quasi-brontosaures supplantés par les sémillants et survitaminés avocats d'affaires type Mitch Mac Deere, Tom Cruise, dans le film de Sydney Pollack "La firme", qui sont chassés par les grands cabinets d'avocats, en l'occurrence ici chez Bendini, Lambert, Locke. Ce sont des logiciels ambulants capables de générer des honoraires comme une truie gestante des portées pharaoniques. Des jeunes loups qui ne rêvent que de devenir associés pour entrer dans le gotha des fusions-acquisitions du siècle. Des clients rêvés pour nos Grands Crus Classés, nos grands Champagne et autres grandes eaux-de-vie Armagnac, Cognac et bien sûr Calvados. Des clones bronzés à demeure, buiseness class, grosses cylindrées, femmes de rêves et pas forcément très regardant sur le fond des dossiers, du pain béni pour les auteurs des best-sellers US. 

Chez nous, une déjantée du barreau, Hannelore Cayre, écrit des petits polars jubilatoires. Son personnage fétiche, Christophe Leibowitz-Berthier, un avocat cynique et pétochard, alcoolo, un pervers polymorphe que la gente judiciaire surnomme "l'étron", défend la lie ordinaire des prétoires : proxo, dealers, détrousseurs de matos électronique, souvent commis d'office... et en profite, c'est lui qui mène le récit, pour tirer des scuds sur ces chers collègues et porter un regard sans concession sur le quotidien de la justice ordinaire. Morceaux choisis.

"Doué en rien et bon à tout, je m'étais inscrit après le bac sur les conseils de mon père dans ce qui était d'abord une fac de droite avant d'être une fac de droit."

"Quand j'étais bourré et en forme, je répondais à leurs avances. Ma cible de prédilection était le genre femmes d'affaires dans les médias : quarante ans d'égoïsme et une très haute opinion d'elles-mêmes. Elles m'invitaient à dîner ; je faisais mon show en choquant juste ce qu'il fallait leurs amis, un aréopage de pédés et de filles sous anxiolytiques, et quand les convives étaient partis du grand appart Marie-Claire déco, je sautais l'hôtesse en lui faisant faire à peu près n'importe quoi.
J'aime particulièrement l'expression "faire subir les derniers outrages". La détresse sentimentale de ces femmes à couilles est telle qu'elles les acceptaient, du premier au dernier, entre rire et larmes."

"Du côté avocats, il n'y avait à peu près que des types travaillant dans le droit des affaires. Cela n'était pas inscrit sur leur front, mais le côté sûrs d'eux, à l'aise dans le fric, faisait qu'on pouvait les confondre avec des cardiologues de Neuilly."

"Des tours entouraient ce que dans les années 70 on appelait une agora ; une branlette d'architecte qui en élaborant sa maquette avait dû prévoir comme un démiurge que le bon peuple se rassemblerait en son centre pour "communiquer". Aujourd'hui, on appelait ça une dalle et on y dealait du shit."

" Le pire, c'est un pointillisme obsessionnel par rapport à un règlement intérieur datant de 1839 que Fresnes, établissement mythique de la discipline pénitentiaire, est encore la seule à appliquer. On citera pêle-mêle la règle du silence, la marche en colonne contre les murs, les incessantes fouilles à poil où l'on doit se baisser, montrer sa rondelle et tousser, plus une quantité de trucs complètement dépassés."

Extraits de "Commis d'office" et "Toiles de maître" aux éditions Métaillé.
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Hannelore Cayre provocatrice trash, collaboratrice de son époux lui-même avocat, mère de famille, assume son statut : "C'est mon côté bourge qui les dérange ; bourge de gauche, mais bourge quand même..."

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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 00:08


Samedi et dimanche prochains, les 15 et 16 mars, c'est la 19 ème édition de Toques&Clochers 
www.toquesetclochers.fr/  - 1k  alors j'en profite pour vous livrer cette petite chronique sur les beaux produits de mes amis de Sieur d'Arques.

C'est en Allemagne, sous l'égide du journal Stern, ce sont des bulles majoritairement françaises, sur les 100 premiers classés : 51 Champagne, 11 Crémants, le reste ce sont les locaux Winzersekt et Sekt 15, les Italiens 14, le Cava espagnol 7 et 2 Sparkling.

Les Champenois trustent les 5 premières places mais, oh ! surprise, à la 6e et à la 15e place le Crémant de Limoux Grande Cuvée 1531 et Toques&Clochers de Sieur d'Arques s'invitent à la Cour de Champagne. Premiers Crémants du classement loin devant un Crémant de Loire 38e et, bien sûr, premier non champenois. 

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Le positionnement prix, en fonction des standards internationaux adaptés au marché allemand, des Champagnes et des vins :

- Premium standard pour les champagnes > 20 euros / pour les vins > 7 euros
- Premium pour les champagnes > 30 euros / pour les vins >
15 euros
- Super Premium pour les champagnes >  40 euros / pour les vins > 20 euros
- Ultra Premium >pour les champagnes > 100 euros / pour les vins >
30 euros

donne : 14 Champagnes en Super Prémium, 16 en Premium et 29 en Premium standard. Les 4 premiers voient leur positionnement prix confirmé par la dégustation. Ensuite, il apparaît que c'est la notoriété de la marque qui induit le prix et que les écarts n'ont, semble-t-il, rien à voir avec de fortes différences qualitatives.

Pour nos amis de Limoux, avec leurs 9 euros pour leur Grande Cuvée 1531 et leur 15 euros de Toques&Clochers ils se situent dans l'univers des standards vins tranquilles, donc en Premium standard, tout comme les Cava, les Sekt et Winzesekt, et les autres Crémant de Loire, de Bourgogne et d'Alsace à une exception prêt pour un Crémant de Loire à 34,95 euros (94em). Les Italiens couvrent mieux le spectre des prix compris entre 44,50, 38,62 euros et 17,70.

Marque et notoriété, couple infernal qui creuse des écarts gigantesques, faut-il pour autant céder au découragement ? La réponse est clairement non, mais il est certain que la réduction de ces écarts ne peut provenir des efforts de promotion collective chers à nos "marketeurs" interprofessionnels mais du poids des investissements, promotionnels et commerciaux, des entreprises sur leurs marques. Pour ce faire, pour enclencher le cercle vertueux évoqué par Patrick Ricard, il faut que les entreprises dégagent des marges, gagnent de l'argent. Tel n'est pas le cas en ce moment sur notre marché domestique où la spirale des prix bas casse tout espoir de resegmenter le marché. Alors, que faire ? Se regrouper. S'allier. Former des groupes régionaux. Conforter et dynamiser les leaders nationaux. Un vaste chantier qui n'intéresse personne ou presque. Quand on note le positionnement prix de Nicolas Feuillatte, une marque de coopérative, 2 produits en Super Prémium,  2 en Premium, il n'y a, même s'il s'agit de la Champagne, aucune fatalité. L'important est de mettre le pied à l'étrier et de garder le cap. 2010 approche, tout le temps que nous avons gaspillé se paie cash : comment mieux positionner nos vins à l'exportation ? bonne question. Qu'avons-nous fait des réponses ? J'invite ceux qui les ont enterrées à aller expliquer aux vignerons de Sieur d'Arques pourquoi leur produit si bien placé ressemble à un malheureux petit canard ébourrifé au milieu de beaux cygnes royaux.   

STERN -Blinddegustation

1 = 91,00 Cuvée Royale 1998 Joseph Perrier 45,00 Champagner

2 = 90,20 Rosé Ruinart 49,95 Champagner

3 = 88,80 Grande Réserve Gosset 42,00 Champagner

4 = 88,67 Special Cuvée Brut Bollinger 41,00 Champagner

5 = 87,60 Rosé Brut Lallier 33,00 Champagner

6 = 87,33 Grande Cuvée 1531 Sieur d'Arques 9,00 Crémant de Limoux

7 = 87,30 Rosé Vve. Clicquot Ponsardin 50,00 Champagner

8 = 87,17 Rosé de Saignée Brut Duval-Leroy 38,00 Champagner

9 = 86,75 Blanc de Chardonnay1998 Duval-Leroy 39,50 Champagner

10 = 86,60 Brut Rosé 2003 Deutz 54,00 Champagner

11 = 86,20 Brut Satèn Montenisa 44,50 Franciacorta

12 = 86,00 Mosaïque Brut Jacquart 22,99 Champagner

13 = 86,00 Extra Cuvée de Réserve Pol Roger 33,00 Champagner

14 = 86,00 Brut Réserve 2004 Charles Heidsieck 28,99 Champagner

15 = 85,87 Toques&Clochers 2003  Sieur d'Arques 15,00 Crémant de Limoux

16 = 85,83 Grand Cru Blanc de Noirs 1999 Mailly 32,00 Champagner

17 = 85,80 Brut Vintage 2000 Deutz 50,00 Champagner

18 = 85,67 Blanc Cava 2002 Grand Caus 26,00 Cava

19 = 85,62 Brut Piper-Heidsieck 23,99 Champagner

20 = 85,60 Extra Trocken Greager 8,20 Sekt 

21 = 85,60 Blanc de Blancs 1999 Nicolas Feuillatte 40,00 Champagner

22 = 85,60 Brut Majolini 17,50 Franciacorta

23 = 85,50 Brut Extreme Nicolas Feuillatte 40,00 Champagner

24 = 85,50 Prima Cuvée brut Monta Rossa 17,70 Franciacorta

25 = 85,40 Carte Rouge Brut Fleury 28,00 Champagner

26 = 85,33 Blanc de blancs E.W. 1999 Pierre Gimonnet 34,50 Champagner

27 = 85,33 Brut Tradition Larmandier-Bernier 29,40 Champagner

28 = 85,33 Brut Delamotte 30,00 Champagner

29 = 85,30 Brut 2002 Brugnon 24,00 Champagner

30 = 85,27 Ribolla Gialla 2002 Collavini 27,99 Spumante 

31 = 85,25 Gran Cuvée Brut Pas Opere 2001 Bellevista 38,62 Franciacorta

32 = 85,22 Adam Henkell Rosé 2005 Henkell 12,99 Winzersekt

33 = 85,20 Rosé Brut Pere Ventura 9,95 Cava

34 = 85,20 Grande Réserve JM Gobillard&Fils 29,95 Champagner 

35 = 85,17 Blanc de Noir Holz Weisbrodt 9,30 Winzersekt

36 = 85,17 Brut Rosé M.Brugnon 24,00 Champagner

37 = 84,80 Roy Soleil Grand Cru 2001 Gonet 32,95 Champagner 

38 = 84,68 Brut reserve 2001 Langlois-Château 16,00 Crémant de Loire

39 = 84,67 Brut Réserve Particulière Nicolas Feuillatte 28,00 Champagner

40 = 84,67 Cabinet extra trocken Kessler 7,20 Sekt

41 = 84,60 Brut Réserve Taittinger 32,50 Champagner

42 = 84,60 Yarden Blanc de Blancs Brut 1999 Golan Heights 21,00 Sparkling

43 = 84,55 Brut Nature 2004 Kessler 17,60 Sekt

44 = 84,40 Assmannshäuser Höllenberg 2004 Schloss Vaux 19,00 Winzersekt

45 = 84,33 Rosé Brut 2005 Solter 10,35 Winzersekt

46 = 84,33 Cuvée Royale Blanc de Blancs Joseph Perrier 40,00 Champagner

47 = 84,33 Brut Rosé Desmoiselles Agrarpart & Fils 29,90 Champagner

48 = 84,20 Brut 2000 Piper-Heidsieck 34,99 Champagner

49 = 84,17 Brut Rosé Vranken Pommery 36,50 Champagner

50 = 84,17Jägergrün extra trocken Kessler 9,10 Sekt

51 = 84,00 Brut 2002 Raumland 15,00 Winzersekt

52 = 84,00 Blanc de Blancs Brut Ruinart 49,95 Champagner

53 = 84,00 Satèn Cavalleri 29,90 Franciacorta

54 = 83,92 Blanc de Blancs Réserve de Sousa 36,20 Champagner

55 = 83,83 Brut 2005 Holz Weisbrodt 9,30 Winzersekt

56 = 83,80 Opere Brut Rosé Villa Sandi 12,95 Spumante

57 = 83,80 Brut Tradition Grand Cru Egly-Ouriet 39,90 Champagner

58 = 83,80 Cuvée Spéciale 2002  Nicolas Feuillatte 34,00 Champagner

57 = 83,80 Brut Rosé Deutz 45,00 Champagner

59 = 83,70 Brut Laurent-Perrier 26,99 Champagner

60 = 83,67 Brut Reserva Segura Viudas 9,95 Cava

61 = 83,67 Brut Maison Chevalier 11,95 Crémant de Bourgogne

62 = 83,67 Gran Cuvée Brut Rosé 2003 Bellavista 38,62 Franciacorta

63 = 83,53 Brut Première Cuvée Bruno Paillard 29,90 Champagner 

64 = 83,50 Trésor brut 2005 Bouvet-Ladubay 15,50 Crémant de Loire 

65 = 83,37 Sparkling brut 2006 El Portillo 9,95 Sparkling


66 = 83,28  Blanc Souverain Henriot 35,00 Champagner

67 = 83,25 Quadrille 2000 Langlois-Château 20,00 Crémant de Loire

68 = 83,20 Grand Cru Ambonnay 1997 Nicolas Feuillatte 44,00 Champagner

69 = 83,20 Satèn 2003  Contadi Castaldi 20,00 Franciacorta

70 = 83,00 Cuvée Royale Brut Joseph Perrier 32,00 Champagner

71 = 83,10 Tradition J.M. Gobillard & Fils 25,80  Champagner

72 = 82,83 Mosaique Extra Brut Jacquart 39,99 Champagner

73 = 82,83 Adam Henkel rosé 2005 Henkell 12,99 Winzersekt 

74 = 82,80 Rosé de Saignée Fleury 38,00 Champagner

75 = 82,75 Riserva Brut Endrizzi 13,90 Talento

76 = 82,67 Aria Brut Nature Segura Viudas 11,95 Cava

77 = 82,67 Hochgewächs Brut Kessler 11,80 Sekt 

78 = 82,60 Cuvée Nicole Bott Frères 10,00 Crémant d'Alsace

80 = 82,42 Cuvée Brut 2006 Bellavista 26,05 Francacorta

81 = 82,40 Demoiselle La Parisienne 2000 Vranken Pommery 43,50 Champagner

82 = 82,40 Premier Cru Brut Duval-Leroy 32,00 Champagner

83 = 82,33 Brut Vve Clicquot Ponsardin 35,00 Champagner

84 = 82,33 Ultra extra brut Barth 18,50 Winzersekt

85 = 82,30 Nocturne Sec Taittinger 38,50 Champagner

86 = 82,25 Blanc de blancs Premier Cru Larmandier-Bernier 34,80 Champagner

87 = 82,20 Estate Brut Rosé 2006 Simonsig 12,95 Sparkling

88 = 82,20 Gran Brut 2003 Gramona 14,00 Cava

89 = 82,18 Brut Wolfberger 7,99 Crémant d'Alsace 

90 = 82,07 Cuvée Flamme Brut Rosé Gratien&Meyer 10,99 Crémant de Loire

91 = 82,00 Brut Réserve Particulière Nicolas Feuillatte 24,95 Champagner

92 = 82,00 Rosado Cava 2002 Gran Caus 26,00 Cava

93 = 82,00 Brut Fratelli Bortolin 7,70 Prosecco

94 = 82,00 Brut Blanc Cuvée Instinct Bouvet-Ladubay 34,95 Crémant de Loire

95 = 82,00 Gran Cuvée Satén Bellavista 38,62 Franciacorta

96 = 82,00 Mata Reserva 2004 Augusti Torello 14,80 Cava

97 = 81,88 Brut Fürst von Metternich 12,99 Sekt

98 = 81,83 Rosé JM Gobillard&Fils 26,80 Champagner

99 = 81,83 Adam Henkell 2000 Henkell 12,99 Winzersekt

100 = 81,83 Brut Nuova Cuvée Ca'del Bosco 24,60 Franciacorta

 

 

 

 

 

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Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 00:06

gen-thumbail.asp.jpg
" On demandait à un élégant Bordelais le nom des fleurs qui ornaient un parterre de son château médoquin : " Je ne sais pas, répondit-il, mais en Angleterre on les appelle bégonias"
 
Ce texte, placé sous la rubrique Anglomanie dans le "Dictionnaire du snobisme" de Philippe Jullian, publié en 1958 et réédité par Bartillat. L'auteur est né à Bordeaux en 1919. "La désinvolture était son élégance morale, l'impertinence sa forme de courage et le cynisme, sa pudeur" écrit de lui G de Diebach dans son avant-propos. Le 25 septembre, il quttait volontairement sa vie. Ci-dessous, je livre des extraits de la rubrique Bordeaux de ce dictionnaire très piquant.

BORDEAUX

" Bordeaux est la seule ville de province qui ait l'allure d'une capitale et dont la société présente tous les traits d'une aristocratie se suffisant à elle-même. Moins avare que Lyon grâce à l'apport étranger, plus distinguée que Marseille presque levantine, moins sérieuse que Lille mais plus réservée que Toulouse, Bordeaux l'anglaise jusqu'à la fin du XVe siècle, tout comme Londres elle a sa rue Saint-James, anglomane depuis Louis XV ne s'intéresse que fort peu à ce quis se passe à Paris (...)
" La comtesse Edmond de Pourtalès définissait le Bordelais : un monsieur bien habillé qui a eu un grand père intelligent (...)
" Le Pavé des Chartrons, avec ses admirables balcons Louis XV, est tout aussi aristocratique que la Herrengasse de Vienne, la rue des Granges à Genève, ou la rue de Varenne. Hélas ! un maire socialiste l'a débaptisé, et un maire gaulliste la encombré d'une statue de Jeanne d'Arc qui a chassé ces chers anglais (...)
" Sans être le moins du monde intellectuelle, la société des Chartrons a un goût inné de la qualité, jamais on n'y sens l'étriqué de la province (...)
" Les grandes familles gardent leurs caractéristiques pendant des générations, les Lawton sont gais, les Peyrelongue pieux, les Blanchy aimables, les Guestier fiers, les Luze fastueux. L'on doit savoir les alliances, les surnoms et les prénoms (volontiers pour les femmes accolés au prénom du mari) sur le bout des doigts, et l'on joue contamment à : who was she ? Tant pis pour la candidate aux Chartrons si l'on ne trouve pas.
Naturellement il n'est de fortunes élégantes que dans le commerce du vin, cela ne veut pas dire que tous les négociants soient élégants ; un aïl, maître de chais, jette une barre sinsitre sur les blasons des grandes fortunes (...)
" Les réputations autres commerciales n'intéressent personne : quand Camille Jullian, professeur de faculté, fut nommé au Collège de France, les amies de sa femme s'écrièrent : "Pauvre Madeleine, on a envoyé son mari dans un collège ! Cela lui apprendra à épouser un universitaire (...) "

BROWN-CANTENAC
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 Les Chartrons

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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /Mars /2008 00:02
149_article.jpg L’AUTRE PÉCRESSE…
 
c’est Jean-Francis, journaliste aux Échos et vigneron à Bordeaux – appellation Canon-Fronsac -, et ce matin, vous qui connaissez mon goût immodéré pour raconter des histoires, je vais vous narrer la sienne, non qu’elle fût extraordinaire, mais parce qu’elle est celle d’un coup foudre d’un gamin de 13 ans pour quelques arpents de vignes superbement placés sur l’un des deux promontoires surplombant la Dordogne à St Michel de Fronsac. L’histoire commence avec le grand-père Francis, corrézien émigré à Libourne, comme Jean Pierre Moueix avec qui il est très lié et à qui il revendra certaines de ses propriétés comme Trotanoy à Pomerol. Il posséda aussi Lagrange à Pomerol et Grand Corbin à St Émilion, entre autres. Seuls les 4 ha 50 du château Vray Canon Bodet la Tour resteront dans la famille Pécresse.
 
La propriété gérée en bon père de famille n’est découverte par Jean-Francis, c’est ici une belle expression, alors qu’il n’a que 13 ans et c’est le coup de cœur pour le lieu, la vigne : cette plante extraordinaire, la chaleur et la convivialité des gens du vin, et bien sûr, le vin lui-même. Depuis ce jour, Jean-Francis ne ratera plus une seule vendange et d’évoquer l’immense soulagement, l’incroyable décompression ressentie, lorsque le raisin est ramassé, que la vendange est rentrée. Et puis, comme toujours dans l’histoire des hommes, le nœud des circonstances, le hasard des rencontres, celle d’Olivier Dauga, le désir de passer à l’acte, vont faire sauter le pas, en 2003, à Jean-Francis. Avec Olivier Dauga, avec qui il partage la même philosophie du vin, la même appréhension de la réalité économique, et un couple de jeunes vignerons, Jean-Francis va se lancer dans la grande aventure de faire son vin plaisir, authentique, expression de son terroir, et sans flagornerie, un vin qui lui ressemble. Ils le feront – c’est un travail d’équipe – avec leurs moyens, en se posant les questions qu’on ne se posait pas, une remise en cause perpétuelle. Comme me le confie Jean-Francis « il faut écouter la vigne, elle ne se laisse pas apprivoiser facilement. C’est dur et long… »
 
Toujours progresser mais aussi s’approprier le vin, on en est fier, on le signe et alors tout change : le nom d’abord, le château devient Canon-Pécresse, nouvelle étiquette plus contemporaine, le 2005 gagne en gras et en ampleur, l’enfant a belle allure, Wine&Co l’adopte, puis on le propose dans des lieux qui le valorisent : un caviste comme Legrand, une belle table comme le Carré des Feuillants, Jean-Francis fait des animations, livre parfois… Il tient à la proximité, à la connaissance de ses clients, pas d’agents, « ne travailler qu’avec des gens que nous connaissons » pour vendre ses 30 000 à 35 000 cols annuels du château et du 1 ha 50 de son petit frère Barrails en appellation Bordeaux. On travaille en famille. Alors, même si jamais rien n’est acquis, le défi du produit a été relevé, reste, et là c'est le chef du service économie France des Échos qui pointe sous le vigneron, à faire que cette petite entreprise agricole, qui n’a pas été rebâtie à coups d’investissements lourds et rapides, génère les moyens de son entretien et de son développement, qu’elle soit rentable. À Canon-Pécresse, sur le promontoire de ses premiers émerveillements, Jean-Francis, comme tout vigneron qui se respecte, s’inscrit dans la durée : la vigne est la reine des cultures pérennes.

Lundi dernier, hasard des choses, j'étais à déjeuner au Trou Gascon, second restaurant de Dutournier, et chateau Canon-Pécresse 2004 était proposé au verre en guise d'apéritif. Nous l'avons choisi et apprécié son élégance, sa finesse et un je ne sais quoi d'une noblesse revisitée. 
  1662.gif pecresse.jpg
 
 
 
 
 
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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /Mars /2008 00:01
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Ma chronique d'hier vous l'annonçait, Alfred Tesseron a accepté de répondre à mes 3 questions, je l'en remercie chaleureusement. Nous nous sommes jamais rencontré mais, lorsqu'il évoque dans sa réponse à ma première question, ses rapports avec son père, le souvenir du mien face à mon intraitable grand-père Louis me revient, voisinage de la Vendée et de la Charente, même rapports entre générations. Admiratif, je le suis, face à la passion, au travail patient, à cette volonté constante de faire mieux, de repousser la facilité, de toujours progresser. Ma plume, que l'on dit trop incisive, inutilement provocatrice, sait aussi parfois trouver les mots dont il faut parer la réussite : le château Pontet-Canet, plus encore qu'au temps où j'en avais fait mon quotidien, est pour moi l'exemple de ce notre "génie" et notre travail peut faire pour que notre pays "moyen", la France, cultive sa différence et garde son rang dans notre monde mondialisé.

1ière Question
 : A propos du film documentaire « Pontet-Canet les 4 saisons » d’Arnaud Ducoux j’ai noté deux phrases : la première « mettre en valeur le travail et la passion du château Pontet-Canet, dévoués à la naissance d’un grand cru classé, en mélangeant esthétisme et émotion, dans le respect de ses traditions ! » et la seconde «  l’idée était de faire un film non élitiste, permettant tant aux professionnels de pouvoir confirmer les qualités exceptionnelles de ce 5ème cru classé, mais aussi de faire découvrir auprès d’un public moins initié toute la dimension de ce château prestigieux ! » Alors, Alfred Tesseron : travail et passion, une approche non élitiste, respect des traditions… ce sont vos valeurs celles qui vous ont guidé pour faire du château Pontet-Canet ce qu’il  est aujourd’hui : une belle réussite « On ne saurait trop souligner le travail extraordinaire du propriétaire Alfred Tesseron qui a lui-même présidé à la transformation radicale de la qualité des vins de Pontet-Canet depuis 1994. » comme l’écrit un connaisseur.
Expliquez-nous Alfred Tesseron.
 
Réponse d'Alfred Tesseron :
Tout le travail réalisé à Pontet-Canet est celui d’une équipe soudée avec qui je partage les mêmes valeurs. Avec le Régisseur, Jean-Michel Comme, nous partageons la même passion pour la vigne et le travail bien fait. Nous formons une bonne équipe depuis plus de 19 ans et grâce à ce travail et cette compréhension mutuelle, nous avons pu améliorer la qualité des vins de Pontet-Canet.

Il faut de la passion car nous avons eu des périodes difficiles, notamment lorsque mon père, qui était d'une autre génération ne comprenait pas les efforts et les sacrifices que je souhaitais pour monter la qualité. Nous avons toujours essayé de respecter les objectifs que nous nous étions fixés, quelque soit les difficultés rencontrées. Parfois, il a fallu plusieurs années mais on a gardé le même cap. Nous n'avons jamais cédé à la facilité.

Quelques exemples sont significatifs.

Tout d'abord, la réhabilitation du cuvier en bois : nous avons changé 16 cuves sur plusieurs années. Malgré ces investissements lourds, nous avons gardé les mêmes priorités même si d’autres pouvaient se dessiner ailleurs certaines années.

Dès 1998, nous avons pensé à ce qu'il y avait techniquement de mieux pour le respect du raisin et nous avons mis en place la récolte en petites cagettes. Alors que le système était encore rarement égalé, nous l'avons amélioré plusieurs fois, toujours au seul profit de la qualité du vin que nous produisons.

Enfin, il ne faut jamais oublier le travail qui doit être à la hauteur des objectifs fixés.

Pour réussir, il faut être sur le terrain, tout le temps. Un vignoble livre tous ses secrets au compte-goutte. Parfois, on passe des années à un endroit avant de découvrir un élément qui va nous aider à comprendre un peu mieux le terroir. Tous les jours, on progresse un peu, même si on ne s'en rend pas compte.

Je n'oublie pas non plus la promotion qui constitue une part importante de mon activité. Il ne sert à rien de faire du bon vin si personne ne le sait! Cela me permet également de bien ressentir la distribution de mes vins et de connaître les attentes des professionnels et des consommateurs.
 
2ième Question : Le respect de la vigne, intervenir le moins possible, mais le plus naturellement possible dans les vignes, remettre les façons culturales et le travail du sol à l’honneur : l’arrivée des trois chevaux de race bretonne à Pontet-Canet « n’est pas un retour en arrière, ni la recherche d’une vision folklorique mais un véritable pari sur l’avenir qui nous oblige à adapter le travail du cheval aux contraintes modernes. » dites-vous, tout désherbant chimique est banni, la protection de l’environnement et l’intégrité de la plante sont au cœur de vos préoccupations. La vigne retrouve son équilibre, elle régule seule ses rendements. Vous respectez à la fois la vie de la plante et la vérité du terroir, en tendant vers une pureté naturelle du vin.
Alfred Tesseron ce retour aux sources de l’AOC est-il un privilège réservé aux GCC ou peut-on en faire la règle pour le plus grand nombre ?

Réponse d'Alfred Tesseron
:
Je ne tiens pas à me placer sur le plan des AOC ou des moyens financiers pour commenter notre évolution technique. C'est avant tout une question de sensibilité.
 
Les changements ne sont pas venus brutalement. Ils sont le fruit d'un lent processus qui a débuté il y a une quinzaine d'années. 

Nous pensons que l'amélioration de la qualité que nous avons connue depuis 20-25 ans notamment à Bordeaux ne peut que nous amener à un palier si on conserve toujours les mêmes "recettes". Depuis quelques années, Jean-Michel "épure" sa viticulture de toute action agressive pour revenir aux fondamentaux qui ont conduit à la suppression du rognage, de l'effeuillage et des vendanges vertes, qui ne sont plus que des actions chirurgicales. C'est une viticulture ambitieuse mais complexe à mettre en œuvre.
 
Si on veut progresser encore, il faut réellement s'intéresser au terroir; ce qui n'a pas toujours été le cas dans le passé. Pour cela, il faut d'abord le comprendre puis le respecter. Les vrais gains de qualité à venir devront obligatoirement passer par lui, c'est-à-dire par des actions visant à redonner de la vie au sol. Un sol vivant donnera des ceps de vigne en "meilleure santé" qui eux-mêmes produiront  des "bons" raisins  et donc des vins de meilleure qualité.
Bien-sûr, en agissant de façon subtile sur le sol, il ne faut pas s'attendre à des effets spectaculaires instantanés sur les vins. Les futurs vins ne seront pas plus puissants, plus aromatiques, … Nous espérons au contraire obtenir un fruit plus complexe, des tanins plus fins, une belle fraîcheur,… mais à quelle échéance ?

L'arrivée des chevaux doit être replacée dans ce contexte d'actions à long terme. Il convient d'arrêter d'agresser les sols comme nous avons pu le faire pendant des années avec une accélération récente.

Il est évident que depuis 1950, les contraintes sociales ont beaucoup évolué et il faut intégrer cette réalité comme pilier incontournable dans le projet. Nous partons donc d'une page blanche ou presque.

Il y a un an que nous mûrissons ce "retour vers le futur" en passant en revue dans notre tête toutes les contraintes mécaniques, humaines,… qui sont susceptibles de se poser à nous.

La situation actuelle n'est que transitoire. Si tout fonctionne, on prévoit de l'étendre progressivement à l'ensemble du domaine. Dans le cas contraire, on en tirerait les conséquences pour revenir à des méthodes plus "classiques », mais nous mettons tout en œuvre pour réussir.
 
3ième Question : Alain-Dominique Perrin déclare à la RVF « L’afflux de liquidités déchaîne les passions : on vend des œuvres d’art à quatre fois le prix, du vin à dix fois le prix, tout s’emballe. Mais cela s’arrêtera un jour. Les grands bordeaux à 1250 euros, même à 800, même à 400 euros la bouteille, un jour, cela s’arrêtera. » Il ajoute « le consommateur, derrière, paie 80 fois le prix de revient ! Savez-vous que dans la haute joaillerie, les plus grandes marques ne multiplient que par 17 ? »
Alfred Tesseron qu’en pensez-vous ?

Réponse d'Alfred Tesseron

J’espère avoir la chance de connaitre Monsieur Alain-Dominique Perrin, qui, à mes yeux, a su faire de Cartier une marque mondialement reconnue dans la haute joaillerie.
 
La viticulture de haut niveau demande du temps, beaucoup de temps, de passion, d’investissements, et comme tout, un peu de chance et avant tout un grand terroir. Seuls quelques domaines peuvent prétendre à des vins d'exception. Il pense y arriver seul, l’avenir nous le dira. 
Je ne me vois pas commencer un nouveau métier en critiquant ouvertement des réussites incontestées du secteur. Il y a des amoureux du vin qui goutent et savent apprécier les Grands Vins à leur juste valeur, comme des amateurs d’art, de bijoux, de voiture, de haute couture…

Le prix des Grands Vins n’est jamais artificiel : L'offre est très limitée, la demande mondiale forte et les prix flambent.

Cela ne remet cependant pas en question le sérieux de vignerons qui sur des terroirs plus difficiles produisent de bons vins.

En achetant Pontet-Canet en 1975, mon père a fait un pari osé qui n'était pas gagné d'avance. J'en suis maintenant copropriétaire avec mon frère Gérard et je mesure la chance qui est la mienne. 

Actuellement, je ne pourrai pas m'offrir un tel cru.

J'invite Monsieur Perrin à nous rendre visite afin qu'il constate par lui-même le caractère magique de ces grands terroirs bordelais.
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /Mars /2008 00:02

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Au temps, c'était en 1986, où je passais mes jours sur les rives enchanteresses du merveilleux port de pêche de Gennevilliers à mettre du vin en bouteilles – des 6 étoiles et des verres perdus – à le distribuer avec mes petits camions dans le Grand Paris, à discuter avec les syndicats de notre avenir, à ferrailler avec mon PDG et sa cour pour obtenir le financement de mes investissements, le soir venu, fourbu, je rentrais chez moi à Courbevoie. J’avais acquis, en ce lieu merveilleux, sur une dalle de béton recouvrant un complexe commercial érigé sur l’emprise de l’ancienne caserne Charasse, un atelier d’artiste. Il y en avait une douzaine face à une barre UAP, c’était un ilot ignoré, calme et paisible, comme une anomalie dans un urbanisme dévoyé. Sous mes 6 mètres de plafond, comme dans une grosse bulle, je décompressais. Dans ce havre au parfum new-yorkais, mon vin quotidien était le Pontet-Canet. À la holding, Th. Jacquillat, se faisait livrer du « Vieux Papes » en magnum et moi je carburais au Pontet-Canet. Pourquoi diable me direz-vous ? L’histoire vaut d’être conté.
 
Dans l’enceinte de notre « usine » de Gennevilliers, en retrait du bloc de béton où nous embouteillions et stockions nos produits, un hangar anonyme, qui ne payait pas de mine, semblait être posé là comme une verrue sur un gros pif. Son appellation officielle « les eaux minérales » ne laissait en rien présager de la réalité de son contenu. Le lieu était bouclé. Les clés en ma seule possession avec un double pour le patron des achats. La première fois que j’y ai pénétré, c’était à la fin de l’été, je fus frappé par la sensation de fraîcheur : le lieu était bien isolé. Très vite j’en compris la raison : c’était le paradis de la caisse bois, une caverne d’Ali Baba de grands crus bordelais avec, entre autre, un stock étonnant de Léoville-Las-Cases, d’Ormes-de-Pez et de Pontet-Canet. On me dit que pour ce dernier longtemps propriété des Cruse, la raison de notre richesse s’expliquait : Cruse était maintenant dans l’escarcelle de la SVF (lors d’un déplacement à Bordeaux j’ai le souvenir du 124 quai des Chartrons). Bref, l’ignare que j’étais se plongeait le soir même dans sa bible « L’encyclopédie des vins et alcools » d’Alexis Lichine. J’y appris l’essentiel, son voisinage avec Mouton, son classement de 1855 : en tête des cinquièmes crus, l’ampleur de ses caves souterraines et son rachat en 1976 par Guy Tesseron. Lichine le disait «  parfois très distingué, lent à vieillir. Et d’autres années plutôt commun.» De retour sur les quais de mon ravissant port de pêche, je goûtais je ne sais plus quel millésime, je l’appréciais et l’adoptais (en l'achetant bien sûr, un prix qui rendrait vert les amateurs actuels). Ainsi je devins un « Pontet-Canet » addict.
 
Bien sûr, en ce temps-là, et aujourd’hui encore, je suis tout, sauf une référence pour les maîtres en dégustation, et j’entends déjà leurs ricanements : comme l’avait écrit un internaute, en 2001, à la suite de mon rapport : "Comment accorder un quelconque crédit à un gus qui a mis du « Vieux Papes » en bouteille ! " D’accord, j’en conviens, mais si j’ai pris la liberté de commettre cette petite chronique ce matin pour conter ma découverte du Château Pontet-Canet, ce n’est pas pour rouler des mécaniques, simplement pour vous dire que l’autodidacte que je suis dans le domaine des vins lui doit beaucoup. Il a été le pied de cuve de mon imaginaire, le point de départ d’une relation intime avec le vin et, je l’avoue sans honte, il épousait bien l’évolution de mon statut. Depuis, sous l'impulsion d'Alfred Tesseron mon chouchou est devenu un must, alors à défaut d'avoir du nez pour la dégustation j'en ai pour découvrir les pépites qui font les beaux joyaux.

Avant d’écrire cette chronique je suis allé faire un tour sur le site du château  
http://www.pontet-canet.com/ pour rafraîchir ma mémoire et c’est avec plaisir que j’y ai découvert « Reine, Babette et Kakou, trois chevaux de race bretonne, qui viennent d’arriver à Pontet-Canet dans le but de cultiver la vigne.
C’est une véritable révolution dans la propriété.  Aujourd’hui, nous ne savons plus mener les chevaux. Il faut tout réapprendre et tenir compte du caractère et de l’humeur de chaque cheval.
Ce n’est pas un retour en arrière, ni la recherche d’une vision folklorique mais un véritable pari sur l’avenir qui nous oblige à adapter le travail du cheval aux contraintes modernes. 
C’est évidemment un challenge qui nous rapproche davantage de la nature et qui nous permet d’aller encore plus loin dans notre politique de respect des ceps de vigne et de notre terroir.
Si nous réussissons, nous envisagerons, petit à petit, d’agrandir nos écuries. Mais c’est une autre histoire… »
Le fondateur de la Journée Nationale du Cheval que je suis ne pouvait que s’en réjouir. Dans la foulée j’ai sollicité Alfred Tesseron pour un Trois Questions à… et très aimablement il a accepté de répondre à mes questions.
           
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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