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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Lundi 20 octobre 2008 1 20 /10 /Oct /2008 00:00

Dans la série des A départementaux j'aurais du commencer par le premier l'Ain qui a l'intelligence de sonner comme le numéro de sa plaque minéralogique : 01, mais comme je suis un adepte du bon plaisir c'est l'Ariège qui a ouvert le bal suivie de L'Ardèche. Revenons à l'Ain et au Bugey et sa petite merveille qu'est le Cerdon qui, pour moi, est un vin d'initiation par excellence. Lorsque je l'ai découvert et apprécié, voilà plus de 10 ans, au restaurant du Square Trousseau et que j'ai ensuite entrepris une tournée chez les cavistes parisiens pour m'approvionner je suis revenu bredouille. Pas un seul flacon de Cerdon et, pire encore, certains cavistes ignoraient jusqu'à son existence. Je du, par l'internet, contacter le vigneron, Thierry Troccon pour savoir où je pouvais me procurer son nectar. C'est à Boulogne-Billancourt qu'il se nichait et je dus prendre ma petite auto pour enfin combler mon désir de Cerdon. Depuis, chez moi c'est devenu le must des jeunes pousses. Ils adorent... C'est frais, c'est rouge, c'est peu alcoolisé, c'est désaltérant, c'est joyeux car ça pétille naturellement, que demander de plus...



N'en déplaise aux abstinents seule cette approche, cette découverte d'une boisson alcoolisée que l'on déguste et partage entre amis, en famille, avec ses copains, pour faire la fête au meilleur sens du terme, c'est-à-dire pas pour se murger, se casser, finir le nez dans le caniveau, mais pour aborder sa vie d'adulte dans une société où tout est à portée de mains. Se cacher derrière des interdictions aussi diverses que variées est une façon hypocrite d'esquiver les vraies raisons de l'alcoolisation excessive et souvent brutale des nouvelles générations. Dans l'éducation, le savoir-vivre qu'il ne faut pas assimiler à des comportements surranés, vieillots, c'est comme son nom l'indique apprendre à vivre ensemble en respectant les autres et en se respectant soi-même. Sans jouer les vieux moralisateurs, la vertu de l'exemple reste, bien plus que les discours ou les campagnes de communication, la meilleure arme de persuasion. L'initiation comporte sa part de risque mais refuser les difficultés de l'apprentissage c'est refuser de vivre. C'est confier sa vie à une forme de Sécurité Sociale généralisée. C'est prendre le risque, dès les premiers écueils, de perdre pied.

  

Bien sûr l'Ain c'est aussi la Bresse et ses volailles AOC ; c'est aussi la Dombes et ses étangs ; c'est aussi Georges Blanc à Vonnas... alors c'est vraiment pour reprendre son slogan "le luxe au naturel"


 

CLOS DE LA BIERLE TROCCON
leymiat
01450 PONCIN
Tél.  04.74.37.25.55
Fax  04.74.37.28.82

Le Clos de la Bierle ; issu de cépages nobles, il se distingue par sa palette aromatique des plus variées entre fruits rouges et roses ; sa robe aux nuances rosées, son effervescence naturelle, ses 8° alcool, le rendent souple, léger, désaltérant ; d'un caractère magique au contact du palais, il a le don d'éveiller nos papilles ; ce pourquoi il convient de le servir en apéritif. Tout au long du repas, il entretiendra les mets par sa saveur gourmande, pleine de gaieté ; au dessert, il accompagnera avantageusement glaces et pâtisseries variées. Enfin, pour les moments de détente c'est un délice..., sa couleur diabolo rosé, ses bulles fines et légères, sa longueur en bouche, nous ferons découvrir l'authentique plaisir de ce grand cru.


"Après le film La Marche de l’Empereur, Luc Jacquet revient sur Le Renard et l’Enfant, qui sort actuellement en DVD. Tourné dans l’Ain, ce film révèle son attachement profond au territoire."
http://www.ain-tourisme.com  

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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /Oct /2008 00:13

Face à une défaite programmée, les haines réchauffées des gentils camarades de la rue Solferino et la navigation au jugé de la candidate ouvraient un boulevard au héraut d’une droite siphonnant le vivier du gros borgne, je m’étais retiré sous ma tente tout en suivant d’un œil distrait les soubresauts de la campagne. Le soir du premier tour tout était plié et l’absolue solitude, dans le décor minable de je ne sais quelle salle des fêtes de Melle, d’une femme aux abois, déjà blessée, désemparée, me donnait envie de lui écrire. Je l’ai fait. Avec une tranquille impudeur je lui confiais les phantasmes qu’elle m’inspirait. Pur produit de mon imaginaire cette cour pleine de douceur et d’attention, de gestes tendres, préliminaires à la pente infernale du désir m’échauffait. Elle se laissait entraîner jusqu’à sa couche glacée. Mes mains la défaisaient avec lenteur, le haut d’abord, puis à l’attaque des hanches elles devenaient pressantes pour déverrouiller ses multiples nœuds et briser ses rugueuses barrières. Je lui parlais. Les mots de ces moments-là ne s’écrivent pas et pourtant je les couchais sur le papier. Rien ne pouvait plus arrêter mes ardeurs. Je la laissais prendre son élan, s’ouvrir, quêter le plaisir, le diriger, avant de s’abandonner. Bien mieux que n’importe quel amant je cédais. Dominé, je la laissais me conduire aux portes de la jouissance. Là, je retrouvais mes instincts de mâle qui, pressentant la débâcle de la petite mort, se laisse aller à l’expression de sa puissance. Épuisé j’imprimais, sans la relire, ma lettre. La nuit m’engloutissait tout habillé. Au matin, un parfum et une douce tiédeur me tirait vers les rives de la conscience. On me donnait du plaisir. Je le laissais s’épandre dans le no man’s land de ce qui allait être une grasse matinée.

 

-         J’ai lu ta lettre…

La voix douce de Jasmine, sans doute calée dans le fatras d’oreillers dont j’adorais m’entourer, ouvrait une fenêtre dans ma douce torpeur. J’étais nu. Elle m’avait déshabillé. La tiédeur de la couette et la proximité de son corps m’incitait à ne pas quitter le délicieux entre-deux où le plaisir m’avait précipité. Je ronronnais de l’intérieur tel un vieux matou empli de satiété. Jasmine, du bout de ses doigts de pieds, réanimait mon désir d’elle. Je l’entendais me dire « c’est beau mais c’est trop tard… » Je grognais tout en saisissant l’une de ses chevilles pour m’attaquer à son point faible : la vallée de son petit doigt de pied. J’y lovais mon index. Elle soupirait « tu es un vil profiteur… » J’allais et venais. Elle relevait ses hanches et gémissait doucement « fais-moi tout ce que tu lui as écrit… » Dans mon demi-sommeil je trouvais l’énergie nécessaire pour lui répondre « entre le Plan et le Marché il y a le socialisme… » La célèbre phrase de Laurent le déplumé au Congrès de Metz laissait Jasmine de marbre. En proie aux premiers désordres qui conduisent à l’orgasme elle me houspillait « te défiles pas immonde salaud… je suis jalouse… une tigresse… je te veux… comme elle… » Le scénario était écrit je le laissai m’investir pour une Jasmine sans frontière. Après je ne sais plus, le silence des abysses m’a fait retrouver les délices de ma matrice première. Le fumet d’un café me fit émerger. Raphaël nous portait un merveilleux petit déjeuner sur un grand plateau en métal argenté. La journée s’annonçait belle, je m’offris une longue marche au long des quais. Avant de partir, je rinçai une bouteille vide de Bordeaux, l’égouttai puis, ayant rouloté ma missive, je la ficelai avec du raphia avant de l’introduire par le goulot. Dans le tiroir de la cuisine je dégottai un vieux bouchon à chapeau qui obstruait fermement l’orifice. La cire à épiler de Jasmine me servit à cacheter hermétiquement la bouteille.

 

Je l’ai balancé à la Seine sous le pont Royal et d’un pas léger je suis allé chez Galignani faire une razzia de livres. Une soudaine fringale de lecture m’était tombée dessus. Je m’offris un hot-dog au pied de la Grande Roue posée dans un jardin des Tuileries plein de poussière, de moutards tirés par de jolies femmes désœuvrées, de hordes de touristes drivés par des guides pressés, de provinciaux et de banlieusards en transit, de minettes court vêtue, quelques vieux aux chaussures avachies, des vendeuses avec de grands sacs d’où émergeait le col d’une bouteille d’eau minérale, des bureaucrates de la place Vendôme aux costumes sombres et cravates pétantes. Le souvenir des ombres furtives d’hommes cherchant un corps partenaire, évoquées par Modiano dans l’un de ses premiers livres, hantant à la tombée de la nuit ce lieu coincé entre quai de Seine et rue de Rivoli, me revenait à l’esprit. C’était bien avant la grande pandémie qui allait saigner à blanc une grosse et infâme tranche de jeunes hommes. Immonde saignée aux traces de cendres marquant une frontière entre deux mondes, l’un engloutit, l’autre, le nouveau atrocement indifférent à la malédiction des pauvres. Ma bouteille à la mer m’apparut ridicule. Ça l’était. Je traversai la Seine sur la passerelle qui fait face au musée d’Orsay pour gagner la rue de Solferino. Le décor kitch poitevin de la cour d’entrée pendouillait lamentablement, tous faisaient semblant d’y croire. Je croisai un vieux compère paysan des Deux-Sèvres qui s’épancha tristement dans mon gilet. La débâcle aurait le goût amer des règlements de comptes familiaux. Inexpugnables rancœurs, du vomi tout chaud, je regardais s’agiter toute cette flopée de jeunes sauterelles en me disant que nous étions vraiment une génération de vieux cons.

 

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Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 00:04

 

C’est le mot d’ordre du jour. Il faut « sauver le système ». D’abord sauver le système financier pour sauver le système bancaire pour sauver le système tout court. Dans l’ordre, on n’a pas le choix. Autrement, grosse catastrophe. Pour éviter le chaos, Il n’y a pas trente six solutions: Injecter des milliards de fonds publics dans des puits privés, sans fonds, c’est le cas de le dire. Un fabuleux transfert. Le casse de l’histoire. Nous risquons d’apprendre dans les semaines et les mois qui viennent quelques détails croustillants sur les mœurs de tout ce petit monde et ses méthodes pour faire de l’argent plus vite que son ombre. En attendant, force est de constater tout cela n’a été possible que grâce à la célérité avec laquelle depuis plus de vingt ans les gouvernements ont cédé aux sirènes de la déréglementation des marchés. Résultat ?

 Il serait intéressant, par pure curiosité intellectuelle, de se livrer à  un petit calcul. Combien, mettons depuis dix ans, les banques, les fonds d’investissements, les institutions financières, en un mot tous les organismes présents sur les marchés, tous produits financiers confondus, ont rapporté en profits, stocks options, primes, dividendes, etc. etc. Juste pour comparer la somme des gains privés avec celle des pertes publiques. Ce petit calcul permettrait de mesurer, à des fins purement esthétiques, à quel point nous l’avons, pardonnez moi l’expression, dans le baba.

Aujourd’hui, l’ampleur de la crise nous fait oublier un détail. Les contribuables ne sont pas les premiers à payer pour « sauver le système ». Les transferts de fonds entre privé et public ont commencé bien avant le plan Paulson et ses avatars européens. Aux Etats Unis, depuis Reagan la fiscalité au profit des plus riches a largement contribué aux creusements des inégalités et de la dette publique. Il en va de même pour le partage de la plue value entre le travail et le capital. La financiarisation de l’économie s’est traduite, entre autre,  par des exigences de rentabilité inédite dans l’après guerre. Pendant les années de flambe des marchés la norme de retour sur investissement, si vous préférez la rentabilité minimum exigée par les investisseurs, était de quinze pour cent. C’est ainsi que l’on a vu des groupes supprimer massivement des emplois alors même qu’ils annonçaient des bénéfices records. Un excellent moyen de doper le cours de son action et sa valeur en bourse au prix de quelques chômeurs de plus. Autrement dit, on peut remercier les chômeurs et en particulier les SDF d’avoir grâce à leur sacrifice retardé le moment où il faudrait « sauver le système ». Evidemment que tout cela ait contribué à creuser les déficits des systèmes sociaux et la dette publique pendant que d’autres gagnaient suffisamment d’argent pour arrêter de travailler à trente cinq ans n’a rien à voir. Patron : Champagne pour tout le monde.

 

 

PS : deux citations juste pour faire remonter la bourse.

 

« Le système capitaliste a en lui même, je dirais presque génétiquement, la capacité à tenir compte de l’intérêt de l’ensemble de la société ».

Jean Marie Messier.

 

« Le capitalisme financier n’est pas seulement anglo-saxon. Il est universel et a de beaux jours devant lui tout simplement parce qu’il n’est pas une création arbitraire comme pouvait l’être un système de type soviétique. Ce capitalisme là est l’expression d’innombrables processus spontanés crées pour répondre aux besoins des êtres humains » Pascal Salin, professeur à l’université Paris Dauphine, in le monde du 1° octobre 2008

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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 00:07

À deux reprises j’ai chroniqué sur le manga «  Les Gouttes de Dieu » Tome 1&2 « L’énigme : Vosne-Romanée 2001-Échezeaux 2002 du domaine Gros frère et sœur dans Les Gouttes de Dieu » http://www.berthomeau.com/article-21995629.html et « Lalou Bize-Leroy et le Haut-Médoc de Giscours dans Les Gouttes de Dieu »

 http://www.berthomeau.com/article-22051339.html . Ce matin, je vous propose de vérifier l’effet Gouttes de Dieu en publiant l’interview de Thibault Despagne dans le tome 3 qui est sorti récemment (je viens de recevoir le 4).

 

Explication du phénomène : dans le tome 1 pages 101 à 112 (on lit de droite à gauche) le héros Kanzaki Shizuku, qui n’a jamais bu une goutte de vin, se voit proposé par Shiro Fujieda, propriétaire d’un bar à vin, un verre pour déguster : « la dégustation est en effet le moyen d’entrer dans le monde du vin mais… par nature c’est avant tout une boisson que l’on apprécie en partageant un bon repas avec des amis par exemple… » lui dit-il et d’ajouter « jette-toi à l’eau ». Ce qu’il fait en ignorant l’origine du vin qu’on lui propose. Ça lui fait penser au groupe Queen (rappelez-vous 1998 We are the Champions) et c’est « un château Mont-Pérat 2001 ! » et qui « ne vaut que 2000 yens * figure-toi ! »

 

En annexe du tome 1 : une dégustation du Château Mont-Pérat » par l’équipe du manga car, « comme 50 bouteilles ont été offerts aux lecteurs ayant gagné le concours organisé lors de la publication du volume relié du manga, l’équipe s’est exclamée : »ne serait-il pas nécessaire de le goûter pour savoir ce que nous offrons à nos lecteurs ? ». Ce qui fut fait. Conclusion d’un des membres du comité éditorial « Moi, si on m’avait fait boire ce vin sans me dire ce que c’est *, je l’aurais confondu avec l’un des 5 grands châteaux ! Il est vraiment à leur niveau. Il est riche et il a de la classe ! » * 1er Cotes de Bordeaux.

 

Dans le tome 3 qui vient de paraître en août dans sa traduction française, publié en 2005 au Japon, l’un des auteurs : Tadashi Agi interview Thibault Despagne. Je vous la transcris pour bien montrer l’effet Gouttes de Dieu www.glenatmanga.com ou allez sur www.amazon.com pour acheter la collection complète c’est un beau cadeau de fin d’année pour vos jeunes pousses.

 

TA : Comment est ce nouveau Mont-Pérat ?

Th.D : Les Amants du Mont-Pérat est un vin cultivé dans un coin du vignoble du Château Mont-Pérat, où le raisin croît sur un sol d’argile bleue. Les Japonais qui ont tant aimé le Mont-Pérat pourront le déguster au mois d’août, avant le reste du monde.

TA : C’est un honneur. Pouvez-vous expliquer ce qu’est l’argile bleue ?

Th.D : On l’appelle ainsi car elle a des reflets bleus, et son sol a une structure unifiée typique. Nous avons utilisé un cépage Merlot particulier, au goût différent de celui du Mont-Pérat. Disons que nous avions envie de faire une cuvée spéciale de Mont-Pérat.

TA : Quand je l’ai goûté, j’ai eu l’impression d’une concentration et de grande qualité. À combien pensez-vous le vendre ?

Th.D : Je ne veux pas vendre des vins hors de prix. Donc je pense rester dans les 4000 yens (environ 25 euros), au Japon..

TA : Vous n’utilisez que 6 grappes par cep pour le Mont-Pérat. Comment arriverez-vous à le vendre aussi bon marché en dégageant du profit ?

Th.D : C’est étrange, n’est-ce pas ? (rires). Nous possédons plusieurs cuvées, et nous faisons aussi des vins qui rapportent beaucoup. Plutôt que le bénéfice, ce que je voulais avec le Mont-Pérat est prouver que l’on peut faire un vin excellent, même dans des vignobles village.

TA : Le critique Robert Parker Jr a décerné au Mont-Pérat 2003 une note de 89 à 91 points, et adit à son sujet « Cette excellente cuvée Mont-Pérat 2003 ressemble vraiment à une grande explosion de fruits ». Il est donc encore meilleur que le 2001 et 2002 ?

Th.D : Il est vrai qu’avec la canicule qui s’est abattue sur la France à l’été 2003, le vin est particulièrement concentré et fruité.

TA : Et son prix ne va-t-il pas augmenter par rapport aux cuvées précédentes ?

Th.D : Le marché du vin en général a vu ses prix augmenter en 2003. Le Mont-Pérat de ce millésime va donc être un peu plus cher, mais moi vivant, il ne deviendra pas un vin hors de prix ! (rires).

 

Appellation: Premières Côtes de Bordeaux Contact: Thibault Despagne Adresse: 33420 Naujan et Postiac Tel: 00 33 5 57 84 55 08 Fax: 00 33 5 57 84 53 31  Email: contact@despagne.fr Site www.despagne.fr Surface: 25 ha  Cépages: Merlot 70%  Cabernet Sauvignon 20 % Cabernet Franc 10 %.

«  Mentionné dans l’édition de 1864 du guide Feret le Château de Mont Pérat est un des bijoux des premières côtes de Bordeaux. Ce vaste domaine racheté en 1998, livre après 5 années de travaux des vins d’une puissance peu commune. Les études pédologiques menées par Kees Van Leevin ont permis d'identifier les meilleures parcelles. Les méthodes de vinification employées y sont dignes des meilleurs crus de la région. »

 

Voilà de la belle ouvrage que cette interviewe, datée de 2005, qui me permet d’inviter Thibault Despagne à venir répondre à mes questions sur le grand millésime 2005 du Mont-Pérat. À bientôt je l’espère sur mon espace de liberté cher Thibault Despagne !
Sur le site finestwine.com
http://www.finestwine.fr/acheter-vin-Chateau-Mont-Perat--1eres-Cotes-de-Bordeaux-Red-Wine-2005-wb750-6.html le Mont-Pérat 2005 rouge est proposé à 172 euros pour 6 bouteilles.   

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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /Oct /2008 11:48

 Mon premier est Versatile : qui change facilement d’opinion ;

Mon second est un Haut-parleur : appareil destiné à transformer en ondes sonores les courants électriques détectés et amplifiés par le récepteur ;

Mon troisième déjeune et dîne beaucoup en ville ;

Mon quatrième fait beaucoup de ménages : faire des travaux sans intérêt professionnel pour améliorer ses revenus ;

Mon tout est un chroniqueur économique « célèbre »

 

Chaque matin mon radio-réveil, branché sur France Inter, déverse informations et chroniques et pendant des années j’ai du subir cet ânonneur de vérités premières puisées à l’aune de la vulgate des admirateurs de l’école de Chicago. Comme tout bon disciple, en dépit de ses difficultés à bien digérer les leçons des maîtres, notre homme adoptait un ton péremptoire teinté d’une ironie qui se voulait supérieure, déversait à grosses louchées sa bouillie fadasse et obséquieuse. Bref, je me suis toujours dit qu’on aurait pu substituer une machine intelligente à cette « fausse gloire » si plastique, forme postmoderne de la pâte à modeler de notre enfance.  Mais qu’est-ce donc qu’une machine intelligente ? Comme toujours tous les chercheurs de ce domaine ne s'accordent pas sur ce que l'on entend par cela. Sans entrer dans le détail on peut envisager essentiellement deux types de réponses :

1- une machine sera considérée comme intelligente si elle reproduit le comportement d'un être humain dans un domaine spécifique ou non ;

2-    une machine sera considérée comme intelligente si elle modélise le fonctionnement d'un être humain.

Tout est dit avec cette opposition. Le comportement, en traduction de terme anglais behaviour, c’est l’ensemble des réactions objectivement observables d’un être humain, comme par exemple le comportement social ou sexuel. Le fonctionnement lui traduit la manière d’agir d’un être humain selon une causalité consciente ou inconsciente

 

  « Dans le premier cas, on essaiera avant tout d'obtenir un programme efficace. Peu importe alors que la machine fasse des calculs inaccessibles à l'homme, comme explorer quelques centaines de millions (ou milliards) de positions à la seconde. « 

  « Dans le second, on essaiera d'abord de comprendre comment l'homme joue aux échecs. Pour cela, on interviewera des maîtres, on essaiera de dégager les règles plus ou moins consciemment suivies par les joueurs : tenter d'occuper le centre, de dominer une couleur de cases, etc. Le programme réalisé validera (ou non) les hypothèses qui auront été faites. » François Denis.

 

Où veux-je en venir avec mes considérations biscornues de ce matin ? Tout bêtement, si je puis m’exprimer ainsi, c’est que quelques soient les efforts des scientifiques pour créer une machine intelligente, ils ne pourront jamais cerner la part de bêtise naturelle d’un être humain ou d’un groupe d’êtres humains.

 

Dans les éléments constitutifs de la crise financière actuelle, l’effet camelot, bonimenteur de foire a joué à plein. Comme l’écrit fort justement Jean Clavel, l’alchimiste transmute un élément vil en un élément noble : le plomb en or. En effet, l’appât du gain rapide, facile, est aussi vieux que le monde. Comme le nôtre est sophistiqué, dématérialisé, les génies de la finance raffinent, recommandent des produits qui transmutent le nombre des zéros, se goinfrent eux-mêmes, propulsent leurs dirigeants dans le monde merveilleux des stocks options, attirent tous les gogos de le terre, grands et petits. Pour le bon peuple, qui lui n’est pas à ce niveau de jeu, faute de moyens pour y jouer, on fait donner les ambianceurs – ceux qui dans les émissions de télé déclenchent les applaudissements et les rires – les haut-parleurs des médias qui du matin au soir chantent les mérites d’une économie qui se régule toute seule car elle est confiée à la main sûre et invisible des « marchés ». Tout le monde, ou presque, gobe les couplets et les refrains. Sauf que, les goinfres d’en haut, emportés par leur élan se sont mis à se shooter avec leurs produits « pourris ». Aucune machine intelligente n’en serait arrivée à ce stade d’autodestruction.  

 

Pour autant, dans la maison d’en face, ceux qui ont toujours bourré le mou des masses populaires sur le thème : donnez-nous le pouvoir nous le rendrons quand le monde parfait que nous sommes en train de mettre en place sera consolidé, me gonflent tout autant. La part de bêtise naturelle des chantres de la révolution prolétarienne revisitée par « gueule d’ange » le médiatique Olivier enfant naturel du vieux Léon et des sectaires de la LCR, est proportionnelle à leur goût immodéré pour les délices de la bureaucratie. Je n’ai aucune envie de confier le gouvernement de la cité ni à la main invisible des marchés, ni à la main de fer des apparatchiks anticapitalistes. Quand j’entends Gordon Brown appeler de ses vœux un nouveau Bretton-Woods, je vois se profiler deux grandes ombres : John Maynard Keynes et Pierre Mendès France qui y représentait la France. Bien sûr leurs propos seraient moins alléchants, moins bandants, que ceux de nous aimons entendre. Nul appel à la facilité mais le recours à notre intelligence, à la meilleure part de nous-mêmes, celle qui privilégie l’intérêt général, le sage gouvernement de la cité. Mais je ne suis qu’un ringard qui a toujours perdu au vaste jeu de la politique pour avoir suivi ceux qui s’essayaient à « parler vrai ».

 

Allez, chers lecteurs, au point où nous en sommes, quand le vin est tiré il faut le boire.

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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /Oct /2008 00:08

Jean Yanne, dans son célèbre sketch du permis de conduire, éructait : « je hais les routes départementales » alors que moi j’adore musarder sur le bitume inégal, truffé de nids de poule, des voies vicinales bordées de vignes peuplées de vendangeurs ou de prairies où paissent d’indolentes vaches. Alors, comme l’écolier en blouse grise que j’ai été, j’égrène nos beaux départements en commençant par le A, hier l’Ariège le 09, aujourd’hui l’Ardèche le 07, chef-lieu Privas sous-préfectures Largentière et Tournon-sur-Rhône. Voilà quelques mois, l’une de mes chroniques sur ce beau département : « Masturbateur de dindons en Ardèche » a connu un beau succès d’audience : http://www.berthomeau.com/article-13322829.html mais je me devais d’en consacrer une autre aux vignerons ardéchois emmené par l’ami Denis Roume de l’Uvica.  Ceux d’entre vous qui aiment l’histoire peuvent lire l’excellent livre, truffé d’anecdotes savoureuses sur le quotidien professionnel du secteur vitivinicole, de Guy Boyer et Jacky Reyne : « le renouveau du vignoble en Ardèche »* autour des grappes de la renaissance, aux éditions La Mirandole.

Ma passion pour les ânes (chronique du 23 août 2006 « Adieu Modestine » http://www.berthomeau.com/article-3598608.html aurait pu me pousser à broder sur la cuvée « Modestine », cette dernière étant la compagne de l’écrivain Robert Louis Stevenson « voyage avec un âne dans les Cévennes » publié en 1879. Le jeudi 26 septembre 1878, il écrit « Au lieu nommé La Bastide, on me dit qu’il fallait quitter la rivière et suivre une route qui montait à gauche parmi les montagnes du Vivarais, l’Ardèche moderne. Ainsi j’étais maintenant arrivé à peu de distance de mon étrange destination, le monastère trappiste de Notre-Dame des Neiges. » L’écossais laïque, qui a reçu une éducation protestante, note « leurs plats sont peu fournis ; encore n’y touchent-ils qu’avec une extrême sobriété ; et bien qu’il leur soit permis d’avoir une petite carafe de vin, beaucoup se refusent cette douceur. » Jusqu’en 2006 l’abbaye avait un site de vinification dans le Gard (les moines achetaient des raisins), depuis cette date, comme l’indique son site http://ndneiges.free.fr/  « la communauté se consacre uniquement à la vente de produits dans sa boutique monastique. La marque de vin Notre Dame des Neiges (vins, liqueurs et spiritueux) perdure. Tous les produits sont en vente au monastère ». Ils sont un peu rétros à mon goût les moines, membres de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance (dit Trappiste), mais mon espace de liberté à l’esprit plus large que celui de Benoît XVI.

 

Mais revenons aux Vignerons Ardéchois de l’UVICA, et plus particulièrement à leur belle ligne de produits : Terre d’Ardèche… Cade, Mûrier, Frigoule, Chêne, Figuier, et bien sûr les deux must : Terre d’Amandier c’est un Chardonnay et Terre d’Églantier c’est un Viognier. En effet, du côté des vins dit de cépages les ardéchois ont été des précurseurs (en dépit du sieur Guibé du Ministère de l’Agriculture, dit l’intransigeant, si je n’adorais pas les ânes j’ajouterais plus buté qu’eux : « les îlots minimum de 2 ha d’un seul tenant… », par bonheur notre bon Bernard Auberger lui comprendra les ardéchois.  Jacques Guibé se scratchera comme président BNIC lors de la dernière crise, enterrant ainsi un beau fromage de la République. Je digresse, je digresse, je reviens d’abord au Chardonnay : « nous voyons arriver un été, fin des années 70, un jeune homme, parmi la clientèle touristique, sérieux, à lunettes, qui demande à rencontrer un technicien. Georges Champetier le reçoit très longuement. Lui qui avait fait l’école d’œnologie de Beaune, a tout de suite réagi lorsque le visiteur a décliné l’identité de la maison, Louis Latour.

À dire vrai, à cette époque on repérait mal les grands noms de la Bourgogne, tant cette grande région viticole nous paraissait inaccessible en terme de relations. On ignorait tout des grands vins blancs. On émergeait à peine au cœur du réencépagement vers les cépages rhodaniens Grenache et Syrah, et bordelais Cabernet et Merlot. On ignorait totalement que les cépages blancs feraient un jour notre notoriété » * Eh oui, l’équivalent du Grand Ardèche de Louis Latour est toujours attendu dans le Grand Oc !

 

Mais, à tout seigneur tout honneur, comme je suis un Viognier addict http://www.berthomeau.com/article-19738570.html je l’ai gardé pour la fin. C’est encore une histoire de rencontre avec le fondateur du Savour-Club qui un jour dit à Guy Boyer : « avec son accent chaleureux et inimitable du Beaujolais : il faut qu’on fasse quelque chose sur un cépage avec l’Ardèche. J’en ai parlé à mon beau-frère Georges Duboeuf, il est intéressé par le principe. »* et, ce fut l’implantation du Viognier. Commençons par Terre d’églantier. J’adore l’églantine pour sa fine et élégante simplicité, son arome délicat et son goût de rose en confiture. Pour le vin lui-même, je vais vous faire une confidence : je ne comprends pas que ces messieurs des guides divers et variés n’aient pas encore inscrit en lettres d’or ce Viognier dans leurs palmarès et n’aient pas daigné lui décerner un grand coup de cœur. Il a pourtant tout pour leur plaire : beau terroir, terrasses, petits rendements 35hl/ha, vendanges manuelles… mais c’est un vin de coopé alors ce n’est pas « politiquement correct » pour les adeptes des vins de propriétaires… Entre nous soit dit, en termes de rapport qualité/prix le Viognier de mes ardéchois cœur fidèle est imbattable : 5,90 euros la bouteille. Ça vaut largement des Viognier de certaines stars du coin alors ruez-vous sur le site d’Uvica www.uvica.fr ou pour les franciliens vous pouvez demander à uvica@orange.fr les points de vente de ce nectar dans la région parisienne.

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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 00:20

   

Mes amis, en ces temps de gros temps où nos banquiers nous font danser la gigue : même l’écureuil s’y est mis, pour nous redonner envie, relever notre moral national en berne, je m’écrie « MONT-JOYE-SAINT-DENIS » mot fameux qui a été longtemps le cri de guerre de la nation, c'était alors crier, suivez, ou marchez, ou ralliez-vous à la bannière de Saint-Denis, celle du roi de France ou, en traduction Royale du Poitou : « Tous ensemble, tous ensemble… » (gestes à l’appui) derrière le nouveau défi de la gastronomie française : son inscription au patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. On va me dire que c’est du réchauffé. Certes mais je me dois de vous signaler la mobilisation de nos élus autour de cette nouvelle cause nationale. Le Sénat a confié en juin une mission d’information sur cette candidature à la sénatrice de Paris, Catherine Dumas. Fort bien me direz-vous, pas de quoi réveiller un sénateur qui dort. J’en conviens mais comme je suis un obstiné je porte à votre connaissance l’existence d’un banquet le 16 octobre à l’Hôtel de Lassay, la résidence du Président de l’Assemblée Nationale.

Dans une gazette parisienne bien informée je lis que pour le lancement de la campagne pour l’inscription va démarrer par un banquet de 130 happy few à la résidence du président de l’Assemblée Nationale et que le menu sera concocté par Dalloyau et Christian Millau. L’échotier écrit « Hors la recette d’entrée « pensée en virtuel » par Marc Veyrat, un de ces succès, son yaourt aux herbes de montagne mêlé de foie gras liquide, il a été fait appel aux vieux de la vieille : Guy Savoy pour ses fameuses huîtres en nage glacée ; Joël Robuchon pour son réputé turban de langoustines ; Michel Guérard pour son irrésistible tourte pigeon, foie gras et truffes. Les desserts étant entre les mains des pâtissiers de la présidence. Cuvées Grand Siècle et Rosé Laurent Perrier, Château Monbousquet, Château Pavie dans les verres… » Sans être mauvaise langue j’espère que la Mission qui doit élaborer le dossier de candidature, ainsi qu'un « plan de gestion » visant à assumer la préservation du patrimoine concerné et son délégué, Francis Chevrier, par ailleurs directeur de l'Institut européen d'histoire et des cultures de l'alimentation (IEHCCA), qui a lancé un appel aux industriels de l'agroalimentaire et à la grande distribution française pour qu'ils contribuent financièrement, soit plus performante que le « trop célèbre comité pour la candidature de Paris aux JO ».

Faut que je vous dise que l’affaire est assez mal emmanchée. En effet, Chérif Khaznadar, président de l'Assemblée générale des Etats membres de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco a été on ne peut plus clair: «Il n'y a pas de catégorie à l'Unesco pour la gastronomie», a t-il déclaré lors d'une table ronde organisée dans le cadre du premier festival gastronomique «Gastronomy by the Seine». «La convention, ni dans l'esprit, ni dans la lettre, ne peut inclure la gastronomie», a-t-il poursuivi. Le sieur Khaznadar a ensuite souligné que seuls des «éléments» précisément identifiés pourraient figurer sur une liste du patrimoine immatériel. « Je crains beaucoup qu'une présentation d'un dossier de gastronomie n'aille pas plus loin», a-t-il conclu. Bien évidemment l’éminent président de la Mission, le professeur Jean-Robert Pitte, avec beaucoup de doigté et d’à propos, a répliqué que pour convaincre M. Khaznadar, «il faut être du Sud et avoir une petite bourrée, une petite danse» à faire inscrire. Moi ça me rappelle la réaction du PDG d’Arcelor lors de l’OPA de l’indien Mittal sur son groupe, tout le monde sait quel fut le dénouement de l’affaire. Le mépris et l’ironie sont très certainement de bons ingrédients pour démontrer l’étendue de notre suffisance nationale. Après tout Chérif Khaznadar ne faisait que confirmer la définition du patrimoine immatériel, tel qu'il est défini dans une convention de 2003, comprend notamment les «pratiques sociales, rituels et événements festifs» et les «savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel». Lui clouer le bec en affirmant qu’il «n'est pas le seul à décider» me semble une excellente entrée en matière.

Renseignement pris, la petite sauterie de l’Hôtel de Lassay est organisée pour la sortie du « Dictionnaire amoureux de la Gastronomie » de Christian Millau qui invite une brochette de célébrités « à célébrer la candidature de la gastronomie française au Patrimoine Mondial immatériel de l’Unesco » Dieu que nous aimons dans notre beau pays les célébrations, dans le cas présent je devrais écrire autocélébration, en effet « les convives grands crus » sont quasiment tous français, à l’exception des ambassadeurs des USA et du Japon. Comme l’écrivent les communicants : « en attendant ce classement, comme l’écrit Anthelme Brillat-Savarin « le sujet matériel de la gastronomie est tout ce qui peut être mangé » alors célébrons notre belle gastronomie et comme Beckett, « En attendant Godot », espérons en notre pouvoir de conviction. Des comédiens, des chanteurs, des écrivains, des historiens, rien que des jeunes pousses : Aznavour, Arditi, Brasseur, Pivot, Decaux, Labro… et bien sûr la fine fleur de la profession : Alléno, Bardet, Blanc, Bras, Eléna, Fréchon, Jung, Dominique Loiseau, Marx, Piège, Roellinger, Roth, Trama, Troisgros, Vigato, Girardet… Entendez-moi bien, que Christian Millau s’entoure de ses amis pour une forme de jubilé, je n’ai rien contre, mais je ne suis pas sûr qu’en ce qui concerne la candidature ce soit la meilleure façon de procéder. Notre propension à nous positionner comme une forteresse assiégée, à défendre nos exceptions, au lieu de vivre sereinement nos différences, de séduire le monde avec notre art de vivre, nous agaçons et comme le souligne Ezra Suleiman, professeur à Princeton, qui critique les deux exceptions françaises, l’agriculture et la culture, « les élites françaises ne choisiront pas le réalisme ; c’est le réalisme qui va s’imposer, car la conjoncture actuelle fait baisser le niveau de vie. » À mon sens, notre art de vivre à la française, dont la gastronomie est un élément important, n’a nul besoin d’embaumement, d’un label international, mais plutôt de retrouver, en abandonnant son élitisme hautain, le sens de la convivialité : « un peu de joie de vivre, de douceur dans ce monde de brutes… »

Bon appétit au 130 de l’Hôtel de Lassay, « MONT-JOYE-SAINT-DENIS » pour que triomphe des barbares du Nouveau Monde notre belle gastronomie pleine d’étoiles…et très chers lecteurs il ne vous est pas interdit de commenter... Bonne journée.

 

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Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /Oct /2008 00:01

Le titre de ma chronique, volontairement provocateur, est extrait d'un "Abécédaire gourmand", où, à la lettre V : "Vin de Champagne" Michèle Gazier, née à Béziers, ancienne critique littéraire à Libération puis à Télérama, nous conte une expérience enfantine. C'est publié chez NiL éditions dans la collection Exquis d'écrivains. C'est un beau petit livre. J'adore les petits livres que l'on peut glisser dans sa poche pour pouvoir les lire à tout moment en tout lieu : banc public, terrasse de café, métro, file d'attente... J'en fais une moisson à l'humeur, à l'odeur, au coup de coeur... comme pour les vins je suis un peu folâtre, insoucieux des conseilleurs, picoreur, découvreur, simple amateur... j'avoue préférer me tromper que d'être moutonnier... plaisir suprême et orgueilleux que de croire être le premier... en amour c'est l'extrême rareté mais l'imaginaire a ce privilège de pouvoir s'inventer des mondes...

Je dédie ce beau texte aux ayatollahs de l'ANPAA et à la cohorte des "n'y touchez jamais..."

" Lorsque je vois ma petite fille (deux ans) tremper son doigt menu dans tous les verres de champagne, puis le sucer avec délices, je ne m'interroge plus sur les mille et une facéties de l'hérédité. J'ai pris ma première cuite à cinq ans, au champagne, en finissant les verres de mes voisins de table indifférents à ma soif et à mes cris à boire de moins en moins convaincus. Au fil des heures, boire n'était plus mon problème, j'avais trouvé d'autres sources que l'eau ferrugineuse à laquelle on m'avait vouée.
Ce déjeuner de fête se célébrait au champagne, j'étais la seule enfant à table, mes parents étaient loin de moi et la jeune femme qui devait me surveiller s'occupait plus des messieurs qui lui faisaient les yeux doux que de ma sage petite personne. Plus je buvais, plus j'avais soif et plus je me sentais des ailes. J'avais conscience de m'enivrer et ce sentiment de l'ivresse me rendait follement joyeuse. Soudain, dominant le brouhaha des conversations, j'ai crié très fort et non sans fierté : " Maman, maman, je suis soûle, je suis soûle." Rouge de honte, ma mère est venue m'arracher à la table, aux convives rigolards et surpris pour me porter dans mon lit où je me suis endormie dans un formidable éclat de rire.
Il n'est pas de déraison sans raison, et ce jour-là, j'ai brûlé les étapes et atteint cet âge dit de raison deux ans avant la date conventionnelle de sept printemps. Le champagne m'avait fait vieillir prématurément.
A la suite de cette brève aventure, j'ai longtemps été interdite de dîner de fête et de vin blanc. Mais, pour lutter contre une anémie qu'on croyait déceler dans ma pâleur native, ma grand-mère versait parfois deux doigts de rouge dans un verre qu'elle additionnait d'eau et de sucre. J'avais le droit, voire le devoir, d'y tremper un boudoir que l'on appelait...champagne.

J'ai toujours détesté ce biscuit pour le sucre cristallisé qui le recouvre et agace les dents, et pour le mensonge d'un nom qui ne tient pas ses promesses. Les champagnes au vin rouge étaient une sorte de punition infligée à la fillette frêle qui un jour avait bu sans modération.
Je continue à aimer le champagne. J'aime la finesse des bulles, le contact délicat du vin qui pétille doucement sur la langue. La légèreté et l'euphorie très douce qui suivent deux ou trois coupes. J'aime le champagne des fêtes mais surtout celui de l'intimité.
Avoir toujours une bouteille de champagne au frais était un rêve d'étudiante sans le sou. L'achat d'un bouchon hermétique et un travail salarié correct on fait le lien entre rêve et réalité. Boire une coupe avec l'être aimé, pour fêter le simple plaisir de se retrouver chez soi au terme d'une journée bien pleine en écoutant de la musique sans paroles demeure un bonheur jamais éventé."

 

Achetez ce petit opus, comme moi, adorateur des pâtes - la lettre N décline le grand bonheur des Nouilles en l'occurence les coquillettes, vous y trouverez de quoi raviver vos souvenirs d'enfants. Bonne lecture...

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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /Oct /2008 00:05



















Vendredi dernier, en sortant de la ligne 14 à la Madeleine, juste à l’à pic de chez Fauchon qui a envahi le trottoir pour régaler le chaland, je me suis dit que je n’avais jamais mis les pieds dans ce haut lieu de la consommation populaire et comme la veille on m’avait dit que les dirigeants de chez Fauchon voulaient revoir de fond en comble la façon d’appréhender les vins qu’ils signent, ni une ni deux, j’ai plongé. Normal la cave est en sous-sol. C’est hyper-design, très « luxe contemporain » - c’est ainsi que le site Fauchon
www.fauchon.fr/ se définit – pas vraiment ma tasse de thé. Au beau milieu de l’espace trône un double fer à cheval où les clients peuvent manger sur des tablettes type TGV face à ceux qui les servent. C’est un peu glacé, figé, pas très convivial, mais ça doit sans doute plaire aux urbains pressés. Pour la cave à vins, elle est classique avec la triplette dominante Bourgogne-Bordeaux-Champagne, une vaste armoire vitrée à température pour les GCC, des spiritueux et un coin coffrets de luxe. Le personnel est avenant, sympathique, pas obséquieux pour deux sous et surtout il ne vous tombe pas dessus. J’ai pu prendre des photos. J’ai acquis un Cairanne de Marcel Richaud à 12 euros et le K d’Ampélidae 2005  www.ampelidae.com qui est un vin de pays de la Vienne, dit vin contemporain, cépage cabernet, signé Frédéric Brochet, 20 euros. Comme le vélo m’est toujours proscrit je regagnai en métro mon home avec mon sac Fauchon au bout des bras et je ne pouvais m’empêcher de penser au pillage de Fauchon en 1970.

« L’existence même de Fauchon est un scandale » lançait Sartre au micro de RTL, en mai 1970 après l’attaque de Fauchon par un commando d’une cinquantaine de gus, armés de barre de fer, dirigé par un responsable de la Gauche Prolétarienne répondant au pseudo suggestif de Tarzan. Ce cher Jean-Paul, toujours aussi faux-cul, adorait les bons restaurants bourgeois et déjeunait tous les jours à la Coupole. Pierre Overney, qui sera assassiné par le gros bras du service de sécurité de la Régie Renault Tramoni aux portes de l’île Seguin, y participait. Antoine de Gaudemar, futur complice de Serge July à Libération faisait le guet. Le 8 mai 1970 le commando va rafler champagne, caviar, truffes, saumon, marrons glacés tenant le personnel en respect sous la menace de leurs barres de fer puis tous s’enfuir par le métro, sauf Frédérique Delange, fille de haut-fonctionnaire, qui s’est fait rattraper par « un cuistot à toque et tablier blanc qui, armé d’une broche à gigot, les avait pris en chasse ». Le 19 mai, la 24e cour correctionnelle de Paris la condamne à 13 mois de prison ferme. En ce temps-là la justice était rapide et l’on ne badinait pas avec l’atteinte au « symbole de l’arrogance du fric ». Les « vivres » seront distribués dans les quartiers populaires par les militants de la GP.

La presse « bourgeoise de gauche », Le Nouvel Observateur et L’Express (celui de JJSS et F.Giroud) prend fait et cause pour ces nouveaux « Robin des Bois ». À Jacques Foccart, l’homme du SAC, qui s’inquiète auprès de lui « l’opinion publique semble considérer avec indulgence l’histoire Fauchon. » le président Pompidou répond : « Pour Fauchon, c’est vrai, mais qui puis-je ? Même mon fils, ma belle-fille et une cousine avec qui j’en ai parlé trouvent ça sympathique et j’ai dû les rabrouer pour leur faire sentir que cette affaire était ridicule ». Dans la Cause du Peuple les normaliens, un peu fâchés avec les tables de multiplication, s’en donnent à cœur joie « Nous ne sommes pas des voleurs, nous sommes des maoïstes. Salaire moyen d’un OS : 3,50 francs de l’heure. Un kilo de foie gras : 200 francs soit soixante heures de travail. Un kilo de cake : 18,50 francs, soit 6 heures de travail. Un kilo de marrons glacés : 49 francs, soit 8 heures de travail. Alors, qui sont les voleurs ? » Par bonheur, notre champagne est épargné mais notre bel Olivier de la Poste pourrait, en ces temps où le libéralisme pur et dur dévisse, s’y essayer car c’est tout à fait dans ses cordes. Il pourrait aussi, après l’avoir relifté, faire des gammes à la télé qu’il aime tant sur : « Si vous voulez manger en hiver des fraises du Japon(sic), allez chez Fauchon ; si vous voulez douze prunes pour 80 francs, allez chez Fauchon ; si vous habitez l’Elysée et que vous voulez remplir votre Rolls Royce de victuailles, allez encore chez Fauchon ; si vous vous appelez Kossyguine et que vous voulez commander quarante bouteilles millésimées à l’année de votre naissance, allez toujours chez Fauchon… »

Plus de trente ans sont passés. Nous sommes au temps des golden parachutes, des nouveaux hiérarques venus de l’Est ou d’Asie, des fortunes météoriques et l’inversion des discours me stupéfient. Le mot honni de « nationalisation » - en 81 je me suis battu contre tout en rappelant à certains que la sidérurgie l’avait été de fait pour échapper à la faillite, et que des boutiques comme Péchiney ou Rhône-Poulenc étaient à la ramasse – retrouve des couleurs au Royaume-Uni, en Allemagne et même chez nous. On sauve les meubles et l’ultragauche se rue sur le libéralisme comme la vérole sur le bas clergé. Comme toujours, les réformateurs, pris en sandwiche entre les nouveaux convertis de la régulation et les anticapitalistes, ne tireront pas parti de la nouvelle donne. C’est ainsi depuis plus de 30 ans, avoir raison avant tout le monde ne sert à rien. Bref, n’ayant aucune prise sur ce qui ramènerait la confiance sur les « foutus marchés » qui sont la somme de comportements individuels de gestionnaires de capitaux ne l’oublions pas, je me posais une question qui va vous paraître incongrue : la maison Hugel&Fils titre à propos de Cora, qui a utilisé des moyens déloyaux pour proposer ses vins lors d’une foire aux vins  «  Vade Retro, nos vins ne seront pas en GD ! » : « pourquoi priver le populo qui pousse le caddie de l’accès à certains vins – étant entendu que beaucoup d’entre eux n’iront jamais s’approvisionner dans les réseaux traditionnels – alors que se retrouver dans le temple du « luxe contemporain » semble naturel ? » La distribution sélective est un choix commercial sur lequel je n’ai rien à dire, sauf qu’il est par nature élitiste, mais « diaboliser » la distribution moderne me semble un peu démagogique. Que les vignerons indépendants s’organisent face à elle me semblerait de bien meilleure politique pour que le vin regagne des parts de marché auprès du plus grand nombre (80% des vins passent par la GD).

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Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /Oct /2008 00:05

Lorsque nous partîmes en Corse sur un ferry de la SNCM, le Pascal Paoli je crois, notre nouveau président, en guise de retraite postélectorale, voguait sur les mêmes eaux sur le yacht d’un de ses amis. L’équipage raillait sur la séquence : sauterie au Fouquet’s, nuit dans un palace des Champs, croisière au soleil, en concentrant ses lazzis sur les atermoiements de l’épouse. Celle qui avait volé la place de la fille du pharmacien de Vico en quittant le lit de Jacques Martin en prenait pour son grade dans le plus pur style macho méditerranéen. Son plus grand crime, hormis la répudiation de l’enfant du pays, était d’avoir snobé le « peuple corse ». La solidarité masculine jouait à plein, l’escapade newyorkaise, la photo de Paris-Match, le retour triomphant, l’abstention au deuxième tour, conférait au nouveau locataire de l’Elysée une auréole de martyr victime de la traîtrise des femmes modernes. La mère, pivot inamovible, roc indestructible, noyau dur de la cellule familiale, ne pouvait se comporter comme un mec, s’afficher, afficher sa liberté, prendre son homme en otage, l’humilier, le mener par le bout du nez. Insupportable outrage que, tôt ou tard, elle allait payer cash. Au bar, où je m’enfilais des bières, ma gueule d’ancien flic dévoyé devait leur inspirer confiance car très vite ils m’associèrent à leur entreprise de démolition. Bien évidemment, je ne privais pas du plaisir d’apporter de l’eau à leur moulin en leur distillant des infos de première main. Mes bons vieux réseaux chez les fouilles-merde, même pendant ma période de réclusion pour cause d’écriture, via les nouveaux tuyaux de l’Internet, m’alimentaient en rumeurs plus vérolées les unes que les autres. Mon auditoire, scotché, se délectait de mes révélations faisandées.

 

Cette courte traversée prenait vraiment l’allure d’une césure, d’un sas de décompression. Les 12 années du palefrenier gominé de la Corrèze, ultime rejeton dévoyé de la maison aux variations en R, cette République révérée par les piliers du SAC, les porteurs du toast fameux : « à nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent… » m’avaient dégoûté de la politique. Il faut dire que la fin des années Mitterrand, putrides, préfiguraient l’embourbement de notre vieux pays. L’irruption sur le devant de la scène de deux vraies bêtes de scènes relookées en chevau-légers, paradoxalement, me réinsufflait l’envie. Ils semblaient vivants. Je n’étais pas dupe mais je voulais y croire. Les arcanes de la rue de Solferino ne recélaient pour moi aucun secret. Ancien « Transcourant », sans être homme d’appareil, je décryptais sans peine la nébuleuse du Premier Secrétaire. Sa compagne, toute en angles, si peu amène, coincée, qui avait entamée sa mue lors de son irruption dans Paris-Match pour exhiber son accouchement, m’intriguait. La nouveauté c’est qu’elle faisait fantasmer les mecs. En dépit de sa démarche de dinde, de sa voie de crécelle, sa nouvelle allure de vierge effarouchée la propulsait au zénith des sondages. Méfiant, la sachant avide de reconnaissance, je m’étais replongé dans la marmite socialiste. Le plus chaud lapin des éléphants, l’inconnu de Yasmina Reza, inquiet de l’envolée de la gazelle, un jour de grande déprime, autour d’un verre, me confiait : « le cul est son point faible, elle n’a jamais connu les feux de l’amour et les désordres de l’extase. Elle va faire le hold-up parfait en jouant les madones et nous conduire au trou lorsque, poussé dans ses derniers retranchements, elle montrera son vrai visage… »

 

L’ambiance délétère me plaisait assez mais ce qui me fit lâcher prise fut une rencontre inopinée, chez Thoumieux, un soir, de la fine fleur de la garde rapprochée de la candidate. Je retrouvais de vieux amis. Nous devisions gaiement en picolant sans aucune espèce de modération lorsque déboula, flanqué de jeunes porte-flingues, une vieille raclure de socalio-sectaire, une caricature du molletisme, homme de tous les râteliers. Parmi nous, au milieu de nous devrais-je écrire, un sémillant homme de pouvoir attirait son regard. Il fondait sur lui tel un taon sur la rondelle humide d’une jument, en piqué, nous ignorant comme si nous n’étions que des étrons desséchés. Confus, pitoyable, excité, il déversa sa bouillie pour chat comme du vomi, émaillant ses propos d’étranges considérations sur ce qu’il qualifiait de désordre créatif, forme d’interactivité régénératrice de la démocratie directe, énumérant, pour convaincre son interlocuteur, la liste des experts qui travaillaient avec lui. Dans le lot, deux noms me plongèrent dans l’affliction. Pas eux, pas ce bouffi d’orgueil, champion du monde des rubans à la boutonnière, gras et rougissant, pétochard et lécheur de cul ; pas elle, une adepte de la méchanceté gratuite, moche et sèche, pointue, vipérine, version française des punaises grises de la Stasi. J’exagère un peu, mon taux d’alcoolémie aidant, las d’entendre le déluge d’insanités de celui qui se voyait déjà rouler carrosse de Ministre, à haute voix, je le frappais au-dessous de la ceinture. Quelques mots sur la charmante et nouvelle compagne du premier secrétaire stoppaient net sa diarrhée verbale. S’il avait pu m’étrangler de ses blanches mains de technocrate, sans hésitation il l’aurait fait. Amicalement je lui rivais le clou en ajoutant « si ça te chante camarade je peux te faire une copie de la note blanche qui circule… »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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