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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /Fév /2009 00:03

Après deux jours à nous prendre le chou pour cause de riposte à ceux qui nous veulent du bien : une petite pause pour nous détendre avec cette sombre histoire de meurtre, celui de René Paquet du très connu et unique Guide des vins Paquet&Paquet. Voici les dernières paroles du regretté René Paquet.

 

« Coteaux du Crapaunais rouge 2001. Cuvée Réservée. Élevé en fût de chêne… Domaine du Castel de la Gerbe. À l’œil : MMM… Robe cerise violacée avec déjà des traces d’évolution brune perceptibles sur les bords du verre. Le nez est discret : on décèle après un moment d’aération… quelques aromes convenus de fruits noirs, de réglisse et de poivre. À l’attaque en bouche, ça se gâte… Que dire ? Hum… Une sorte de limonade de raisin où baigneraient des copeaux de chêne. Un milieu de bouche où quelques tanins anémiques soutiendraient vaille que vaille une sorte de bourbier confituré façon grand-mère alzheimerée… Et en final, le palais s’engluerait dans l’ennui d’une compote sans autre persistance que l’idée de se laver les dents au plus vite… 5/20… et je suis généreux mon bon Lucien…

-         Si vous voulez mon avis, monsieur, cette cave sentait le tripatouillage de cuve à plein nez… l’additif de circonstance et le frelaté pervers…

-         Je l’affirme donc haut et fort : après en avoir visité toutes les caves et goûté tous les vins, force est de constater que le Crapaunais est décidément une région viticole sans grand intérêt, peuplée de vignerons à la moralité douteuse et qui seraient bien inspirés de se reconvertir dans le commerce de solvant industriel au vu des dégâts que, j’imagine, leur vin est capable de faire à mon appareil digestif.

-         Oh, la… La, vous êtes dur patron… Très dur… Vous allez nous provoquer une crise de l’emploi dans le Crapaunais… Ça sent l’arrachage de vigne, le chômage et son triste cortège de misère…

-         - Le guide des vins Paquet&Paquet est une référence, Lucien, une bible qui ne souffre aucune concession humaine, sociale ou politique ! Nous rentrons à la maison Lucien. »

 

J’adore. L’enquête va être menée par le célèbre inspecteur Canardo qui continue de cloper du bout du bec. C’est du grand SOKAL. Les personnages sont des pièces d’anthologie : Lucien le chauffeur qui « travaille pour la maison Paquet depuis plus de 30 ans… » et dont Raymond Paquet le frère du défunt dit qu’ «  Il est délégué syndical et je crains qu’il ne soit à jour de cotisation dans quelque parti prolétarien pittoresque… » Les frères Paquet d’extraction modeste et Raymond décrit sa vocation « Mon père était un petit ouvrier qui se saoulait sans arrêt au mauvais vin… Snif… L’odeur de vinasse a noyé notre enfance. Sachez mon ami , que je ne supporte plus désormais que la fréquentation des Grands Crus Classés… Le vin de table me donne des boutons…À ce titre mon frère était plus costaud que moi : son organisme tolérait encore le vin de pays… C’est sans doute ce qui l’a perdu. »

 

Tout est de ce tonneau. Si vous ne possédez pas ce bijou sorti en 2003 chez Casterman sachez ce qu’il vous reste à faire… On le trouve facilement sur les sites d’achat d’Internet. Bonne journée.

Le fameux recrachage par le nez avec récupération linguale de Raymond Paquet
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 00:04

Monsieur le Président de la Ligue contre le Cancer,

 

Je n’ai pas l’honneur de vous connaître mais ayant fait parti, pendant un temps, du Comité de la Charte dont votre association faisait partie au même titre que l’ARC, les Restaurants du cœur et les 40 plus grandes associations caritatives faisant appel au don public, je sais que vous êtes une institution sérieuse qui travaille depuis longtemps à combattre le Cancer.

J’étais présent le dimanche 16 novembre lors de la Vente des Hospices de Beaune, et plus précisément au grand moment de la Vente à la bougie – comme au bon vieux temps - du tonneau que, depuis 1945, les Hospices de Beaune mettent aux enchères pour soutenir une ou plusieurs œuvres caritatives. On la dénommait « pièce de charité » c’est désormais la « pièce des présidents » : cette année Jean-Pierre Marielle et Michel Blanc, flanqués de Sophie Vouzelaud 1ière dauphine de Miss France, une frêle et volontaire jeune fille affectée d’une surdité de naissance. Cette année cette pièce était un Pommard 1er Cru « Dames de la charité ». Marielle soutenant la Ligue contre le Cancer et Blanc lui l’association Enfants d’Asie qui vient en aide à plus de 8000 enfants, orphelins ou en situation de détresse au Cambodge, au Laos, au Vietnam et aux Philippines.

Pour ne pas trop rallonger mon courrier je cite un extrait de ma chronique : « Les enchères virevoltaient, 20 000 devant, 35000 ici, 40 000 au fond, le commissaire-priseur se prenait pour Karajan, je retenais mon souffle comme si par je ne sais quel sortilège je prenais le parti de mon énigmatique voisin écossais. Ils n’étaient plus que deux, dont mon favori. Un blanc, le temps suspendait son vol, l’enchère à 50 000 et, il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que ce serait le prix de marteau de la pièce que je préfère appeler « pièce de charité ». Adjugé à : James Thomson, mon inconnu récupérait une identité. À la tribune, entouré des deux présidents, notre homme, se fendait d’un bref petit speech en anglais. Manifestement mon favori n’était pas du genre à faire étalage de sa générosité. Il avait déjà acquis, en 2004, la pièce de charité, un Mazis Chambertin Grand Cru " Cuvée Madeleine Collignon" »

Voilà donc 50 000 euros, dont une belle partie irait conforter vos efforts, Monsieur le Président. Mon bonheur serait, comme le vôtre, parfait si ces derniers jours je n’avais découvert dans la presse les propos étranges du Directeur Général de la Santé, du Président de l’INCA et d’une sous-fifre de l’INRA. Que lis-je dans la presse : « pas un seul verre… » Je traduis « même pas un de Pommard 1ier cru « dames de charité ». Vous vous êtes donc associé, monsieur le président, à une entreprise de perversion du bon peuple de France. Vous avez pactisé avec « des bootleggers bourguignons » Auriez-vous ramassé de l’argent « sale » issu du commerce pernicieux de ces marchands du Temple ? À aucun moment je ne mets en doute votre bonne foi et soyez sûr que suis à vos côtés pour affronter l’opprobre de ceux qui manient avec une légèreté blâmable d’études qui, quand on prend, comme moi, la peine de les lire, ne disent pas ce qu’ils disent.

Bref, Monsieur le Président, je ne vais pas m’étendre mais, au passage, ne pensez-vous pas que le Directeur de la Santé devrait prendre une mesure administrative de fermeture des Hospices de Beaune puisque ces établissements vivent du produit de leurs vignes, donc de la destruction de la santé du bon peuple de France et d’ailleurs – mais d’eux Houssin s’en fiche ils sont hors sa circonscription administrative ? Le Cancer est un mal trop sérieux pour que la lutte menée contre toutes ses formes tombe dans une communication faisant la part belle au sensationnel, à la mise en avant d’interdits d’un autre âge. C’est faire injure au sens des responsabilités de nos compatriotes. C’est nous transformer en un troupeau triste et soumis. D’ailleurs, lors du déjeuner qui succédait aux AG de l’ARC, où je participais en tant que censeur de l’association, il y avait du vin servi au buffet. Nous étions dans le domaine de la raison et non dans celui du slogan.

Je m’en tiendrais là, monsieur le Président, et comme vous avez pu le constater il n’y avait dans mon propos aucune agressivité mais une certaine tristesse de voir que dans notre beau pays nous en soyons encore à ce niveau de débat. Que la stigmatisation de ceux, pères et mères de famille eux-aussi, que l’on encense par ailleurs pour leur rôle éminent sur nos beaux territoires viticoles, pour leur contribution à une richesse nationale mise à mal par la mondialisation, soit ainsi maniée en des conférences de presse peuplées de journalistes conquis, ne semble une lâcheté indigne de serviteurs de l’Etat.

Sans trop savoir si ce courrier parviendra jusque sous vos yeux je vous prie tout de même d’agréer l’expression de mes salutations les meilleures.

 

Jacques Berthomeau  


Note de bas de page :
LaNutrition.fr a recueilli l’avis de Michel de Lorgeril, cardiologue et nutrionniste, chercheur au CNRS à Grenoble : « il n’existe pas à ce jour de démonstrations scientifiques absolument intangibles dans un sens positif ou négatif car il manque un argumentaire décisif en recherche médicale humaine, l’essai clinique, qui seul peut montrer des relations de causalité indéniables ». Manque d’étude ou divergences de points de vue ? Les parties en opposition devraient peut-être régler leurs différends autour d’un verre...

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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 00:59

  Nos grands experts de Santé Publique, à défaut d’être efficaces, sont de grands communicants. Emmenés par l’inénarrable Didier Houssin directeur d’une DGS, qui s’est illustrée lors de la canicule par son sens de l’anticipation et de l’humanité, suivi de Dominique Maraninchini de l’INCA dont j’espère qu’il tirera moins sur les notes de frais que son prédécesseur David Khayat débarqué en 2006, et d’une soi-disant directrice de recherche de l’INRA Paule Martel, ces maîtres de notre santé nous ont joué leur partition habituelle. « Pas de dose protectrice» pour le premier. « Les petites doses, avec leurs effets invisibles, sont les plus nocives » pour le second. « Toute consommation quotidienne de vin est déconseillée » surenchérit la dame de l’agronomie qui doit sans doute encore porter des pantys.

Profitant de la sortie de la brochure : Préventions Nutrition& Préventions des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations  destinée aux professionnels de Santé qui remplace une première édition parue en 2003  intitulée « Alimentation, nutrition et cancer : vérités, hypothèses et idées fausses ». Ils nous ont refait le coup du premier verre. Le n’y touchez jamais. Bref, sur un sujet aussi sensible dans la population qu’est la Cancer ils étaient sûrs de leur effet. Pour ceux qui en auront le courage je vous propose l’extrait concernant l’alcool. Rien de nouveau sous le soleil. Extrapolations, amalgames, le convaincant et le probable de leurs statistiques amalgamées et invérifiables sont érigés en oukases. Ces messieurs, veulent terroriser le bon peuple. Ils ont tort. La communauté scientifique médicale, que je respecte, ne peut s’ériger ainsi en pouvoir dictant les règles de conduite de la vie des hommes en Société. C’est un abus de pouvoir car il n’y a pas de contre-pouvoir. Les détenteurs de la « Science » se contrôlent entre eux et dans le domaine de certaines études le doute est plus que permis sur leur méthodologie. De grâce revenons à la raison nous sommes déjà dans une société hautement anxiolytique alors n’en rajoutons pas messieurs une couche supplémentaire.  

Ils  « s’appuient » sur le rapport du WCRF/AICR « Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Cancer : a Global Perspective »3 qui a été publié en novembre 2007, à l’issue d’une expertise collective internationale de grande envergure, et qui était l’actualisation complète du premier rapport publié en 1997, il fait le point des connaissances dans le domaine des relations entre nutrition et cancers. Ce rapport a été analysé par moi-même aussitôt. Je vous redonne ci-dessous ma chronique de l’époque. Sans vouloir ramener ma fraise je suis en droit de m’interroger sur l’utilité de certains payés pour ça et qui ne sont même pas capable de faire ce travail c'est vrai que c'est plus rigolo de se payer des 4X3 dans le métro...

Voici ma chronique du 9 janvier 2008

"Les morts des « suites d’une longue maladie » peuplent notre quotidien. Le cancer, les cancers de tout acabit emportent nos proches, nos amis, nos enfants et l’odieux chancre fait peur. La lutte contre le cancer est donc, à juste raison, une grande cause nationale mais, à trop vouloir agiter des épouvantails, formes modernes des spectres, à trop vouloir prouver, les scientifiques, toujours à la recherche de liens de causalité pour prévenir le mal, se coupent du corps social, lui donnent le sentiment de le priver des plaisirs de la vie, de l’assimiler aux souris de leurs laboratoires, de le réduire à des séries statistiques aussi froides que les murs de leurs hôpitaux.   La complexité de la vie, la diversité de nos modes de vie, les écarts qui se creusent à chaque extrémité de l’échelle sociale, l’extrême hétérogénéité des situations économiques et sociales nées de la mondialisation, font que les méta-analyses, chères à nos chercheurs, sont à manier avec bien des précautions. La mise en ligne du rapport « Alcool et risques de cancers » : état des lieux des données scientifiques et recommandations de santé publique est caractéristique de l’effet « tour d’ivoire » caractéristique de ces expertises scientifiques qui font subir au mot risque des glissements sémantiques qui n’ont rien de scientifiques.

 

La part de risque, 

(voir ma chronique du 22:09/2006 
- Vivre tue http://www.berthomeau.com/article-3917444.html et celle du 22/11/2006 
- Le risque http://www.berthomeau.com/article-1249902.html 

celle que tout individu se doit d’assumer aussi bien en tant que personne exerçant sa responsabilité individuelle et en tant que citoyen enserré dans un corps de règles de vie en commun, est toujours difficile à quantifier. L’excès, même s’il prête à interprétation, est assez facile à identifier : l’abus de consommation alcoolique est chiffrable. En revanche, la plage entre l’abstinence et la consommation modérée a des contours difficiles à délimiter. En ce domaine, comme dans tous les autres, le mieux est l’ennemi du bien : prôner, comme le Pr Houssin, la prohibition, relève d’une conception infantilisante de la société. Le n’y touchez jamais est l’équivalent du « cachez-moi ce sein que je ne saurais voir », pure hypocrisie et méconnaissance dramatique des ressorts profonds de l’être humain. Nos politiques de santé publique, si elles ne veulent pas se réduire à de piètres campagnes de communication, doivent se frotter à la société telle quelle est et non, continuer de véhiculer des présupposés idéologiques. L’entre-soi, qui vaut aussi bien pour les hygiénistes que pour ceux d’entre-nous qui font semblant d’ignorer les méfaits de l’alcoolisme, n’est plus de mise dans une société démocratique. Même si ça choque les beaux esprits pudibonds, je préfère le modèle politique à l’ancienne, bon vivant, soucieux des libertés publiques, aux tenants d’une société pure et dure, liberticide où le risque de mourir n’est plus assumé.    

 

Pour ne pas être en butte aux critiques des « scientifiques » j’ai lu les 60 pages de l’expertise collective et je vous en livre quelques morceaux choisis.

Page 11 

AUGMENTATION DU RISQUE DE CANCERS

Depuis plusieurs décennies, les études épidémiologiques ont montré clairement que la consommation de boissons alcoolisées augmente, chez l’homme et la femme, le risque de cancers, dont certains sont fréquents en France.

La consommation de boissons alcoolisées augmente fortement le risque des cancers des voies aérodigestives supérieures* (VADS). Le niveau de preuve est jugé convaincant.

La consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de cancer du foie, généralement après le développement d’une cirrhose alcoolique.

Les études récentes montrent également une association entre la consommation d’alcool et le risque de cancer du sein chez la femme, et le risque de cancer colorectal dans les deux sexes. Bien que l’augmentation du risque soit modeste, en raison de l’incidence très élevée de ces cancers en France, la prévention ciblée sur ce facteur de risque contribuerait également à réduire fortement l’incidence

et la mortalité des cancers liés à l’alcool.

Pour d’autres types de cancers, le rôle potentiel de l’alcool est moins bien établi.


Page 13 

1. INTRODUCTION GÉNÉRALE

Les cancers sont des maladies multifactorielles impliquant des facteurs individuels et des facteurs environnementaux au sens large. Le développement de  ces maladies se déroule généralement sur une ou plusieurs décennies. Pour identifier les facteurs de risque ou de prévention il faut faire appel à différents types d’études. Les études épidémiologiques d’observation (études cas-témoins, études de cohortes) permettent d’établir des associations entre l’incidence des cancers et certains facteurs de risque. Les études  expérimentales sur animaux ou cellules permettent de proposer des mécanismes biologiques plausibles. Pour les facteurs de risque (y compris l’alcool), pour des raisons éthiques, on ne peut entreprendre des études d’intervention chez l’Homme qui permettraient d’établir facilement la causalité entre le facteur étudié et le risque de cancers. Dans ce cas, la causalité est démontrée par le grand nombre et la cohérence des résultats des études cas-témoins et des études de cohortes, confortés par des mécanismes biologiques vérifiés. Selon les données disponibles, le niveau de preuve sera jugé convaincant, probable, possible ou insuffisant [WCRF, 1997].

Page 37 : ces petits crobars quantifient le risque selon la dose ingurgitée, on peut remarquer malgré le flou qu'à dose zéro le risque est souvent équivalent jusqu'à 20g/jour...
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Page 40 à propos des bienfaits du vin sur MCV
Par ailleurs, il est également apparu que les relations
  entre alcool et MCV ainsi que les relations entre types de boisson alcoolisée et MCV sont complexes. En particulier, divers facteurs alimentaires et socioculturels, qui sont difficilement dissociables de l’effet lié à l’alcool proprement dit ou à tel ou tel type de boisson alcoolisée [Tjonneland, 1999; Reynolds, 2003], ne sont généralement pas pris en compte dans les études comme facteurs de confusion. C’est ce que démontre l’étude de Ruidavets les consommateurs d’une quantité modérée de boissons alcoolisées (1 à 19 g/j) et les buveurs de vin ont une alimentation et un style de vie plus favorables à la santé que ceux qui n’en consomment pas et que ceux qui en consomment plus. Il est donc possible que l’association de la consommation modérée d’alcool ou de vin avec la faible incidence de MCV résulte en fait de l’effet du profil alimentaire et du style de vie favorable qui caractérise les consommateurs d’une quantité modérée de boissons alcoolisées et les buveurs de vin [Johansen, 2006].

Si vous souhaitez lire ; « RELATIONS CONVAINCANTES OU PROBABLES CONDUISANT À DES RECOMMANDATIONS POUR LA PRÉVENTION PRIMAIRE DES CANCERS » reportez-vous sur PAGES colonne de droite du blog N° 46

 

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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 00:42

 

Du poker je ne connaissais que les images du film « Le Kid de Cincinnati » où mon idole Steve Mac Queen, le jeune et beau kid de Cincinnati, affrontait le vieux Lancey Howard, Edward G. Robinson, un maître incontesté du poker. Autant avouer que je n’y bitais que dalle. D’Espéruche me rassurait, les Marseillais jouaient un poker classique, qui est  le plus ancien, celui que l'on voit dans les vieux films de western, le fermé, où les joueurs qui reçoivent les 5 cartes sont les seuls à les voir. Assimiler la valeur des cartes, les combinaisons gagnantes, leur hiérarchie et les règles de base ne me paraissait pas insurmontable, suivre le jeu et bluffer non plus, mon handicap principal étant que je maniais les cartes comme un branque. Les pros ne s’y laisseraient pas prendre. Indifférente à mes tourments Chloé, dans sa tenue préférée, la nudité totale, finissait de se faire les ongles de pieds en sifflotant l’Internationale, ce qui avait l’heur d’exaspérer d’Espéruche. En l’observant du coin de l’œil, pendant que la culotte de peau s’échinait à m’enseigner l’art du brassage et de la coupe des cartes, je percevais dans son air faussement détaché une once de provocation. Impression confirmée lorsqu’elle sollicitait d’Espéruche en minaudant : « François vous seriez un amour si vous veniez souffler sur mes ongles pour hâter le séchage… ». Tendant ses longues jambes elle frétillait des doigts de pieds ce qui, comme elle avait glissé entre chacun d’eux une poupée de coton, ne manquait pas d’électriser mon professeur de poker. Sans demander son reste, Franchey d’Espéruche balançait les cartes sur la table et venait s’agenouiller au pied de Chloé qui, en tortillant son popotin, me toisait : « mon beau légionnaire si tu étais, comme tu le crois, indemne de tout machisme, tu m’aurais proposé pour la partie de demain soir. »

D’Espéruche lui baisa les pieds avec frénésie. La scène prenait un tour obscène lorsque cette vieille ganache, au lieu de s’en tenir à sa démonstration de reconnaissance, crut bon d’abjurer ses profondes convictions antiféministes. Emporté par l’élan de sa violente contrition il se grisait de mots qui d’ordinaire lui écorchaient la gueule. Contente d’elle Chloé s’épouillait. Les petits boudins de coton maculés de vernis jonchaient le tapis. Sans même qu’elle ne le lui demandât d’Espéruche se précipitait vers notre cabinet de toilettes pour en rapporter un peignoir de bain blanc, siglé CP en lettres d’or, qu’il l’aidait à passer en protestant encore de sa reconnaissance éternelle pour ce qu’elle allait entreprendre pour lui. Je réfrénais mon envie de le remettre à sa place car je craignais de me faire contrer par l’intraitable Chloé qui, comme d’ordinaire, reprenait toujours la main avec maestria. Elle se roulait un petit joint. D’Espéruche lui présentait la flamme de son briquet. Le grésillement caractéristique très vite doublé du parfum âpre du chanvre ne troublait pas le partisan de l’ordre moral et des valeurs millénaires de l’Occident chrétien. Il béait d’admiration en regardant Chloé manipuler, avec un doigté fluide, les 52 cartes d’un jeu neuf qui se trouvait sur la table. En m’asseyant face à elle je soupirais fataliste: « en plus de tout… tu sais jouer au poker…tu n’en finiras jamais de m’étonner…»  et je l’entendais me répondre, pince sans rire : « rassure-toi mon beau légionnaire, il n’y a qu’une seule chose que ma mère m’est appris aux cartes c’est à tricher… »

La grande maison, plus exactement l’étoile montante des RG, le protégé de Marcellin, le commissaire Bertrand, qui commençait, telle une fourmi besogneuse à accumuler des fiches sur la volaille politique, s’était fait un plaisir de me communiquer par radio l’essentiel du pedigree de la table que Chloé allait devoir affronter. À l’exception de Dick, doté de plusieurs condamnations pour attentat à la pudeur, rien que des braves gens, dépourvus de casier, mais connus pour bénéficier de la protection du plus discret et du plus influent caïd de la cité phocéenne qui recyclait le blé de la French Connection dans le béton de la Côte d’Azur. Les Frenkel, désireux de pouvoir jouer les blanchisseurs, toléraient leur présence sur leur croisière à la condition qu’ils plument la volaille sans faire de vague. Pour faire avaler, sans éveiller de soupçons, mon retrait de la table et mon remplacement par ma sœur, le médecin du bord me plâtra le bras droit. Le beau Dick vendit mon accident avec conviction. D’Espéruche ravi et converti à la fumette soumettait Chloé à un entraînement intensif et très vite la quinte flush royale et le full aux rois passant par les 10 n’avaient plus de secrets pour elle. Quand au bluff, nul besoin d’entraînement, elle le pratiquait avec un naturel hautain et implacable. Plus l’heure de la partie s’approchait plus nous étions excités comme des puces. L’adrénaline y’a que ça de vrai.

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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /Fév /2009 00:12

En rangeant des vieux livres j’ai retrouvé la réédition de 1958 de « La Vendée » de Louis Chaigne (1ière édition 1935). Je l’ai feuilletée et j’y ai retrouvée les traces de ma jeunesse sauvageonne. Alors, ce matin, sans tomber dans la nostalgie, je vous fais entrer dans mon bourg natal, La Mothe-Achard, par la route de Nantes, celle qu’empruntaient les cars Citroën reliant la capitale de la Bretagne aux Sables-d’Olonne. J’espère que vous partagerez avec moi un peu de ce parfum d’enfance que seuls les noms de lieu, par-delà les bouleversements du temps, sont capables de restituer.

 

« Devant nous, c’est le Bocage, un Bocage moyen, modéré, qui se dénude aux approches de la mer. Les Moulières : ce gros village aux maisons modestes se tient en avant-garde de la Mothe-Achard. La route toute droite, sans détour, est comme lustrée. Déjà l’horizon s’élargit. On aperçoit les lointains estompés qui recouvrent l’océan.

La Mothe-Achard, arrosée par la discrète Auzance, est un gros bourg commerçant qui bénéficie des allées et venues de la Roche aux Sables. Riche d’histoire avec son ancienne baronnie qui fut, comme Tiffauges, un fief de Gilles de Retz, il ne comprend guère qu’une seule rue. Vêtu de beaux arbres, le château de la Forêt, demeure des Brandois, est devenu, sous l’égide des Frères de Saint-Gabriel, une école d’agriculture qui renouvelle, peu à peu, la Vendée paysanne. C’est le soir qu’il faudrait venir là tendre l’oreille au silence émouvant de la campagne, se prêter au recueillement universel, saisir dans l’arrêt apparent et momentané de la vie, les grandes lois qui, par-delà la nature, commandent nos corps et atteignent la surface de nos âmes. Symboles des puissances que nous détenons au plus secret de nous-mêmes, vous surgissez alors, plus éloquents, plus impérieux, arbres, champs, molles et douces collines (1) !

Mais voici l’horizon plus dégagé encore. Le Bocage, moins boisé disparaît bientôt. Tout découvert dans le ciel, le clocher de Saint-Mathurin pointe : sa sévérité romane est atténuée par sa jeunesse. Devant nous s’étale un éventail largement déployé et piqué de plusieurs flèches. Nous retrouvons Pierre-Levée et tout à l’heure nous nous arrêterons devant le monument de la Gorgone hystérique qui veut sur une place des Sables, représenter la France en danger. »

 

(1)      Pour aller de la Mothe-Achard aux Sables-d’Olonne, il est recommandé d’emprunter la route départementale qui passe par le Plessis-Jousselin, la Chapelle-Achard, Sainte-Foy et Pierre-Levée. C’est le chemin des écoliers, mais l’école est ouverte, en réalité, tout au long du parcours, avec des réalisations modestes, peut-être, mais inoubliables.

 

Cette route je l’ai faite à vélo. Elle passait d’abord par la Chapelle-Achard, devant le magasin de tissus et d’épicerie de mon grand-père maternel, puis elle serpentait entre les hautes haies, s’enfonçait dans des boqueteaux, plongeait soudain vers des petits vallons, regrimpait pour musarder sur des croupes herbeuses. Elle côtoyait un moment le parc du château du Plessis-Jousselin où maman avait commencé son apprentissage de couturière.

 

Si vous passez par chez moi et que vous ayez la bonne idée de vous écarter des grandes tranchées routières, vous égrènerez des noms de lieu-dit, de métairies où la batteuse de mon père, après la moisson, en une tournée bien réglée (le premier servi de l’année n devenait le dernier de l’année n+1) clôturait le grand moment du cycle paysan. Grande fête que ces battages avec des repas plantureux et arrosés. Ces noms sonnent bien : la Louvrenière, la Lézardière, la Célinière (où mes parents se sont mariés et où mon frère et ma sœur sont nés) la Mouzinière, la petite et la grande Poissolière, le château du Plessy-Landry (fief d’Antoine Morrisson de la Bassetière propriétaire de la plupart des métairies), le Moulin du Retail, le Pécabré, le grand et le petit Douard… et bien d’autres si vous vous perdez ou si au lieu de vous rendre aux Sables-d’Olonne vous filez sur la route de St Gilles-sur-Vie. Là, tout en haut de la rude côte de la Giraudière, vous passerez à côté de la ferme du Pierrou qui, dans mon esprit de petit crotté du bocage, est longtemps restée associé à l’expression « ce n’est pas le Pérou » que je ne comprenais guère au vu de ce lieu qui n’avait rien d’extraordinaire mais qui un jour pris pour moi un intérêt majeur lorsqu’il abrita une belle plante aux appas que je jugeais irrésistibles.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 00:03

Au temps de mes culottes courtes lorsque je suivais le pépé Louis, qui tenait fermes les manchons de la charrue « Brabant », tout en encourageant de la voix sa paire de bœufs indolents, « Jaunet&Blandin », j’étais toujours stupéfait à la vue, sur les flancs de la terre fraîchement retournée, des colonies d’achées se tortillant, s’enlaçant, se confondant avec la glaise humide, tels des lianes rouges ou brunes. Dans ma Vendée bocagère, le ver de terre, le lombric nous le nommions achée* car il servait d’appât pour les pêcheurs à la ligne. Ignorant de sa fonction naturelle nous le respections pour la simple raison que sa présence en nombre marquait la fécondité de cette terre.


Que mon achée vendéen ne soit guère sexy j’en conviens même si je lui ai toujours trouvé un aspect très clean. Comme le fait remarquer Marcel Bouché, spécialiste des lombrics de son état, – il n’en existe qu’une petite poignée dans notre vaste monde – « Les lombrics n’attirent pas les naturalistes car ce ne sont pas des jolies fleurs ou de beaux papillons », ils sont associés à la décomposition, à la mort. Et pourtant, ils sont un maillon essentiel au cycle de la vie comme l’explique notre chercheur de l’INRA : « La plante absorbe l’énergie du soleil et la fournit à ce beau monde d’en bas sous forme de tiges, de feuilles, de fleurs. Les vers de terre broient et mélangent ces éléments nutritifs, à la manière des brasseurs de bière. De leur côté, les micro-organismes assurent la décomposition. Ce qui permet de redonner des éléments nutritifs pour les nouvelles générations de plantes…»


Comme quoi, pépé Louis et moi, aussi manichéens que nous puissions être : d’un côté les animaux utiles, ceux de la ferme, de l’autre les nuisibles, ceux qui bouffaient les cultures, nous pressentions que nos achées étaient de bons révélateurs de l’état des sols, rejoignant en cela l’autodidacte Marcel Bouché. J’aime bien son histoire à cet homme qui déclare : « pour ce qui est de la culture générale je n’ai pas dépassé le certificat d’études primaires… » Tout d’abord diplômé comme jardinier de la Ville de Paris, il entrera à l’INRA comme aide de laboratoire « l’équivalent du travail d’une femme de ménage » précise-t-il. Découvrant le monde scientifique il intégrera la Fac des Sciences en prenant des cours par correspondance pour revenir à l’INRA où on lui confiera « l’étude des vers de terre dont personne ne voulait. » En 1963, il commencera à faire l’inventaire des vers de terre : « j’ai fait une sorte de tour de France des vers de terre en parcourant le pays avec la carte Michelin et tous les 30km je faisais des prélèvements. À l’époque, nous en avions recensé 170. Aujourd’hui, on doit être à 300 espèces répertoriées en France et plusieurs milliers dans le monde… »


Bien évidemment je me doute que mes histoires de vers de terre font penser à certains d’entre vous que je m’égare. Pas si sûr mes chers lecteurs. J’en viens là où je souhaitais vous mener. Mes achées, comme le dit plaisamment Marcel Bouché : « sont parfois « ratatinés » par les actions agronomiques aveugles de l’homme, telle que l’utilisation excessive de pesticides dans les cultures. Et, d’une manière générale, ils souffrent des pratiques agricoles intensives qui n’évaluent pas leur impact sur l’environnement. » D’ailleurs, ajoute-t-il, et on aurait tort d’en sourire, que ces gueules noires : « en creusant des galeries dans le sol […] assurent une irrigation naturelle des sols. Certaines inondations dans le Midi auraient ainsi pu être évitées si l’on avait maintenu des populations de vers de terre. Dans la garrigue, l’eau s’infiltre sans aucune difficulté, mais pas dans les vignes ou les zones céréalières, traitées aux pesticides, où les vers on disparu. »

 

Sachez aussi que mes fichus achées constituent aussi une masse énorme de viande de très haute qualité du point de vue nutritionnel, riche en protéines, en corps gras insaturés, en iode… Marcel Bouché, avec humour, signale que « lorsqu’on mange une bécasse sur canapé, celui-ci est composé du contenu intestinal de l’oiseau…constitué à 93% de vers de terre ! » Et qu’est-ce que vous boirez pour faire couler la bouchée ?

  

* les achées définition dans le Dictionnaire du Monde Rural les mots du passé de Marcel Lachiver

 

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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 00:08

 

Comme vous le savez j’adore les vaches et, comme tous les ans à la même époque, plaqué sur le flanc des bus de la RATP, affiché dans les couloirs du métro, un bovin aux yeux tendres me contemple. C’est l’emblème de la Grande Ferme de la Porte de Versailles, qui va se dérouler du 21 février au 1er mars, comme vont le dire les présentateurs de la télé, « l’incontournable rendez-vous de l’Agriculture Française ». Rassurante image nourricière que cette brave vache égarée dans la ville où beaucoup d’enfants n’en ont jamais vu en vrai. Gentil barnum fleurant la bouse de vache, le sandwiche au pâté, la saucisse grillée et autres fragrances de kermesse paroissiale. Rassurez-vous je ne vais pas vous la jouer dans le ton j’ironise. Pour les nouveaux venus sur cet espace de liberté, ou les anciens qui aimeraient me relire, en 2007, j’avais commis 4 chroniques sur le Salon de l’Agriculture. Si ça vous chante je vous en indique les liens.

Au cul des vaches avec une anglaise... http://www.berthomeau.com/article-5880006.html Quelle est la profondeur des Terroirs de France ? http://www.berthomeau.com/article-5883633.html La vengeance est un plat qui se mange froid http://www.berthomeau.com/article-5886568.html Avec Carrefour je négative ! http://www.berthomeau.com/article-5890899.html


Mon propos ce matin est plus circonscrit et peu se résumer ainsi : pourquoi diable dans la belle vitrine de l’agriculture planque-t-on le vin ? Pourquoi les bovins plutôt que les beaux vins ? Bien sûr, certains vont me rétorquer que les vins sont présents dans l’espace des provinces de France. J’en conviens mais mon propos est plus pointu, il se fonde sur deux de mes lectures récentes : un papier de
Jean-Yves Nau dans le Monde Argent : « Pourquoi la vigne rend les Français « schizophrènes ? » et un courrier adressé au tout nouveau Ministre de la relance, Patrick Devedjian par Jean-Charles Tastavy président des Vignerons indépendants de l’Hérault, qui s’étonne auprès de lui que la viticulture, qui est pourtant un élément fort de la balance commerciale, soit l’oubliée du plan de relance.


Je cite Jean-Yves Nau
 : « Ceux qui entretiennent quelques relations dans les cénacles internationaux des grands amateurs de vin ont appris à connaître l'un des plus troublants paradoxes dont peut aujourd'hui souffrir l'Hexagone. " Pourquoi prendre à ce point plaisir à vous tirer une balle dans le pied ? ", vous demande-t-on sans rire à Londres ou à Tokyo, à Genève comme à Bruxelles. Comment comprendre, en d'autres termes, que l'Hexagone ne veuille plus officiellement se reconnaître dans l'ensemble de ses vins, dans ceux qui les élaborent ou qui en font le commerce ?

Longtemps clé de voûte de la planète viticole, la France semble ainsi mener depuis quelques années une forme de guerre suicidaire contre ce qui, vu de l'étranger, constitue un patrimoine agricole sensoriel et culturel sans véritable équivalent.

Les symptômes de ce désamour sont multiples et croissants. Quand la vente des centrales nucléaires, des rames de TGV ou d'Airbus fait les gros titres, aucun responsable gouvernemental n'ose se féliciter publiquement du fait que la France a, en 2007, exporté pour plus de 7 milliards d'euros de vins. Et c'est dans le silence feutré du Sénat que Michel Barnier, le ministre de l'agriculture, rappelait il y a quelques semaines que " les exportations françaises de vins et de spiritueux jouent un rôle décisif dans le solde positif de la balance commerciale des produits agricoles et agroalimentaires " et que " ce secteur économique rivalise même dans sa fonction exportatrice avec des productions industrielles prestigieuses ".

Autres symptômes, nullement anecdotiques : le précédent président de la République affichait ses goûts pour une bière étrangère et l'actuel ne fait nul mystère de sa méconnaissance de cette richesse nationale. Roland Barthes traiterait-il aujourd'hui du vin comme il le fit il y a un demi-siècle dans Mythologies ? Quel intellectuel oserait encore soutenir que le vin " est perçu par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses 360 espèces de fromages et que sa culture " ? Qui oserait encore voir en lui, comme Barthes en 1957, une " boisson-totem " ?


Je cite Jean-Charles Tastavy
qui souligne que la tendance mondiale est à l'augmentation de la consommation et que par manque de compétitivité, la France n'en profite pas. « Si Airbus qui avait accueilli le premier déplacement officiel du Président de la République, et l’automobile font l’objet de toutes les attentions, nous sommes contraints de déplorer que le vin, premier poste excédentaire de la balance commerciale, n’est pas en pole position dans les préoccupations gouvernementales (...).

Pourtant, on peut affirmer que si la filière viticole française retrouvait la compétitivité qui lui fait défaut, les chiffres du commerce extérieur ne s’en porteraient que mieux, au bénéfice logique des finances publiques. Au regard de sa structure actuelle en terme : d’emploi, de taille d’entreprise et de structures juridiques, la filière viticole n’éprouve aucune difficulté pour répondre aux conditions de base du plan de relance. Nous nous engageons sans problème à ne pas délocaliser nos entreprises, à ne pas nous accorder de salaires faramineux ni de parachutes dorés… »


Pourquoi diable notre beau secteur n’est-il pas perçu par les décideurs publics ou privés comme une grande industrie stratégique ? Tout bêtement, si je puis me permettre de l’écrire, parce que la France, « honteuse » de l'héritage de son gros rouge, n’a pas voulu s’assumer comme le plus grand pays généraliste du vin. Pendant fort longtemps, nos amis de la RVF en tête, n’ont chanté que les Grands Crus et les petits vignerons – je ne leur reproche pas d’ailleurs – pendant qu’à l’INAO la grande dérive s’amplifiait. Dans mes postes de responsabilité pour mes interlocuteurs non spécialistes du secteur du vin leur vision était d’un simplisme déroutant : d’un côté les vins des châteaux qui se vendent tous seuls, de l’autre la marée rouge du Midi qui sporadiquement « fout le bordel » et coûte du fric. Le vin n'est plus une boisson populaire et Roland Barthes n'écrirait plus une ligne sur lui sauf, peut-être, à constater qu'il est devenu "la danseuse" des Grands et le nectar favori des bobos. J'exagère le trait bien sûr mais on ne peut vouloir une chose et son contraire. 

En effet, tout le monde oublie, ou fait semblant, que l’essentiel des bons chiffres du commerce extérieur, outre bien sûr les icones bordelais et bourguignons, est le fait de produits marquetés Champagne et Cognac, et de vins dont la noblesse n’est pas avérée. On ne peut à la fois se comparer à Airbus et laisser accroire qu’on peut s’attaquer aux marchés de masse en enfourchant sa mobylette bleue. Pendant que les vins du Nouveau Monde réinventaient le vin de monsieur et madame tout le monde, créant ainsi de nouveaux consommateurs, nous, nous nous complaisions dans nos débats fumeux débouchant sur du surplace. Les cris d’orfraies sur les « vins dit industriels », formatés, boisés ou lobotomisés nous ont fait oublier l’essentiel : savoir-faire des vins de tous les jours à la portée du plus grand nombre. Quelle malédiction, quel opprobre devraient être jetés sur des viticulteurs producteurs de raisins qui veulent vivre de travail ? De quel droit certains les tiennent-ils dans un tel mépris ?  

Alors il est trop commode pour se dédouaner de ne pointer le doigt que sur d’autres fautifs. Tout le monde connaît mon engagement ancien et constant contre l’hygiénisme mais attribuer à ses ayatollahs, et à eux seuls, le désamour du vin par les politiques, c’est se leurrer. C’est se mentir à soi-même. Si le vin n’est pas populaire c’est que beaucoup de ses défenseurs l’ont isolé dans un élitisme ravageur. Chacun doit ratisser devant sa porte. Je l’ai fait, pour ma part, en 2001 ce qui ma valu de me faire moquer par les beaux esprits, vilipender par les chefs de tribus et placardiser pour cause d’avoir dit tout haut ce que la majorité pensait tout bas.

Que disais-je de si horrible ? Tout bêtement que nous étions en position de répondre aux défis des vins du Nouveau si nous acceptions de piloter nos grands vignobles volumiques par l’aval. Qu’on ne vend pas des millions de cols comme deux cartons au caveau de sa cave. J’ajoutais que, si tel n’était pas notre choix, nous arracherions des vignes ce qui, dans un marché mondial du vin en plein développement, équivaut à délocaliser une grande part de notre vignoble. Pour autant mettais-je en cause nos AOC, nos vins de terroir ? Bien sûr que non, je leur demandais de revenir à leurs fondamentaux, ce que René Renou, président du CN de l’INAO s’évertua à promouvoir.

Nous récoltons en grande partie ce nous avons semé alors, au lieu de geindre, de quémander, de dire que c’est la faute des autres, de nous plaindre que l’on ne nous aime pas, de chercher des boucs émissaires, ne pourrions-nous pas retrouver l’esprit qui prévalait au sein du groupe de réflexion stratégique fait de respect mutuel, de convivialité, du souci de construire, d’explorer des pistes, d’œuvrer en oubliant pour un temps « sa casquette syndicale » pour que notre beau et grand secteur se prenne en charge et présente à l’extérieur l’image d’une industrie essentielle pour l’avenir de la France. Je sais que ça fait envolée de fin de banquet mais peu importe au moins à la fin des banquets, dans l’euphorie de la bonne chère et du bien boire, les mots avaient parfois de belles couleurs.

 

 

 

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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 00:34

Ma première incursion en Luberon (be pas bé mes cocos) en juillet 1988 pour quelques vacances, en un temps fort agité de ma vie, grâce à mon vieil ami Jacques Geliot, fut du côté de Robion. Louis Mermaz et Georges Marchais y passaient des vacances m’avait-on dit. Ce n’est pas la proximité de ces deux éminents protagonistes du Programme Commun qui m’avait poussé en ce lieu mais tout simplement l’envie d’être éloigné des rives de la tempête. Beau village avec le souvenir du vieux cimetière" où sur certaines tombes sont visibles des sculptures représentant le métier du défunt ou les conditions de sa disparition. Bien sûr, les vignerons en étaient et j’ai pris quelques clichés que, bien sûr, j’ai ensilé dans je ne sais quel carton. Mais, du Boulon, pas le moindre souvenir et, lorsqu’au hasard de mes pérégrinations, j’ai croisé la Chochotte du Boulon je n’ai pas connecté. C’est son mentor, Yves Morard, qui ma déniaisé : le Boulon c’est le nom du ruisseau qui traverse les vignes qu’il a confié à celle qu’il a baptisé la chochotte. Entre nous, je ne la trouve pas très chochotte – un peu maniérée dit le Robert – Doris Mossé, plutôt petit bout de femme discrète et active, mais je ne vais chercher des poux dans l’abondante barbe de barde d’Yves Mossé qu’est un colosse bon vivant.


Parlons de lui d’abord, dès 1928, son grand-père, compagnon maréchal-ferrant, participait à la fondation de la coopérative de Caromb
. Lui, après avoir passé de longues années à vinifier au Liban (signe qu’il y a laissé de bons souvenirs : en juin 2007 le site Vin Québec écrivait « la Cave Kouroum a été fondée en 1998 à Kefraya. L’œnologue est Yves Morard, originaire d’Avignon. Les vins du Liban, nous font un penser à ceux de la Vallée du Rhône » et un autre site libanais le qualifie d’hippie viticulteur et il est présent à Vinexpo 2005 cf.photo), rentre dans son Ventoux natal en 2005, rejoint par son fils Cyrille œnologue. La relève sur le vignoble du Clos des Patris qui s’étage sur les coteaux de terre grise et les terrasses ocre caillouteuses de la garrigue du piémont du Mont Ventoux, à Caromb, en AOC Côtes du Ventoux. Culture en bio et méthode artisanale bien évidemment sont la règle de la maison : pigeage et pressurage manuel avec un petit pressoir bourguignon. Ces vins sont bardés de médailles, plus particulièrement double médaille d'or et d'argent « Concours Général Agricole de Paris " et Concours des Vignerons Indépendants pour Cerise et Réglisse 2007 et Bouquet de Garrigue 2007… »


Mais revenons du côté de Robion où Yves Morard guide les premiers pas de vigneronne de sa gentille chochotte. Le seul investissement qu'elle ait fait : un sécateur électrique » confie-t-il à un journaliste de la Provence et elle, « qui n’a que sa passion pour toute fortune », ajoute « Yves m'apprend mon métier dans son art et sa philosophie, il m'a uni à ces terres. C'est lui qui m'a surnommé Chochotte. » Belle histoire que celle-ci, notre œnologue baroudeur revenu « plein d’usage et de raison » interdit à sa protégée de faire le moindre investissement, alors l’équipe de vendangeurs, le tracteur, la benne… c’est lui. « Elle doit d'abord vendre son vin. Après, elle pourra commencer à financer son projet. Il faut limiter les risques. » Du côté du Boulon le Carignan règne en maître et la cuvée « La Chochotte du Boulon » 2006 est un Carignan Vin de Pays de la Méditerranée. Le journaliste de la Provence fait d’ailleurs remarquer que « bien que situés dans l'aire géographique de l'AOC Luberon, les vins de la « Chochotte du Boulon » ne peuvent pas revendiquer l'appellation. Carignan, grenache, mourvèdre... mais pas de syrah » Enfin, comme Doris n’a pas de cave elle doit confier sa vendange à un vinificateur. « Bien sûr, je suis frustrée. C'est comme si on avait désiré un enfant et qu'à sa naissance on le mette en nourrice. »


Si vous souhaitez acquérir des petites boutanches de la Chochotte du Boulon et de son mentor Yves Morard voici leurs coordonnées :

-         La Chochotte du Boulon Mme Doris MOSSE Impasse de la juiverie
84440 ROBION Tél : 00 (33) 6 08 41 71 02 Email. dorismosse@hotmail.fr

-         Le Clos des Patris Yves Morard 251 Route de Beaumes-de-Venise
84330 CAROMB Tél. 04 90 62 58 16 Fax: 04 90 62 58 16 Email : closdespatris@free.fr Web : www.closdespatris.com

Pour ma part j’ai bien sûr dégusté « La Chochotte du Boulon » Carignan 2006 médaille d’or 2008 du concours des Vignerons Indépendants ainsi que « Bouquet et Garrigue » médaille d’argent au concours 2008 des Vignerons Indépendants et au Concours Général Agricole 2008 et « Cerise et Réglisse » médaille d’or 2008 au deux mêmes concours qui sont des Côtes du Ventoux 2007 du Clos des Patris (assemblage de 6 cépages Syrah, Grenache, Carignan, Cinsault, Mourvèdre et Counoise).



















Comme nos amis belges sont de bons connaisseurs de vin je vous donne les notes de dégustation de ces 2 cuvées du site www.veluvins.be/


Côtes du Ventoux

Bouquet de Garrigue

2007

Œil : rouge, pourpre, reflets violacés.

Nez : ouvert, franc. Fruité épicé.

Bouche : attaque tonique qui prolonge bien les aromes de nez.

Conclusion : une cuvée en accord avec l'étiquette.

 

Côtes du Ventoux Rouge

Cerise et Réglisse 2007

Œil : rubis profond, à reflets

violacés.

Nez : puissant, épicé, généreux, fruits noirs,

Bouche : attaque ample et tonique, belle matière et beaucoup de charme.

Conclusion : vin riche et sensuel qui reste très prometteur.

 

 

 

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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 00:05

 

Même si le rugby à l’ancienne n’existe plus, me dit-on, que dans les souvenirs des boomers nourris aux commentaires de Roger Couderc, le rugby reste, et c’est heureux, encore un jeu de voyous pratiqué par des gentlemen. En notre doulce France, avant que le Stade Français de Max Guazzini casse les codes, l’ovalie fleurait bon le confit, le cassoulet et autres nourritures terrestres roboratives et arrosées. Le temps des gros pardessus certes s’est éloigné. Mon club mythique, le FC Lourdes a depuis fort longtemps quitté le haut de l’affiche. La Troisième mi-temps n’est plus qu’un souvenir mais la civilité du banquet d’après-match perdure et c’est heureux.

En témoigne ce reportage de votre serviteur, en smoking, lors du dîner officiel offert par la FFR en l’honneur de l’équipe de rugby d’Ecosse le samedi 14 février au Pavillon Cambon-Capucines. Comme vous le savez j’adore les écossais (cf. chronique sur James Thomson  http://www.berthomeau.com/article-24974961.html ) cette soirée s’annonçait sous les meilleurs auspices. Plus que des mots j’ai préféré vous transmettre le choc des photos ainsi vous serez vous aussi invités à ce bel hommage du rugby à la gastronomie française et aux grands vins qui vont avec. Comme la Ministre des Sports est aussi celui de la Santé tout semble aller dans le meilleur des mondes en notre beau pays, sauf que les visages pâles veillent disent-ils sur notre Santé Publique et ça ne me rassure guère.

Le fil rouge de cette soirée : arrivée, montée à la mezzanine avec accueil en musique, pour papoter une coupe à la main – le rugby est une grande famille – les poignées de mains sont solides, les accolades amples, j’ai l’impression de raser la moquette ainsi entouré de belles armoires à glace. Les amuse-gueules sont exquis. Dès que nos amis écossais arrivent, en costume national, le bock de bière est à l’honneur. Je commence à mitrailler toujours avec l’assentiment des intéressés.
Le Menu 


















Les Vins
: Cigalus Blanc 2007 et Cigalus Rouge 2002 de Gérard Bertrand

















Les 3 photos















Pierre Albaladejo, Jean Gachassin...

Gérard et Max...

Le reportage intégral sur PAGES N°45 (colonne de droite du blog) : Photos de France-Ecosse

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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 00:07

Depuis dimanche dernier, date à laquelle j’ai découvert dans la presse méridionale des articles faisant état de l’existence d’une enquête préliminaire menée par la Brigade de Recherche de la Gendarmerie de Carcassonne concernant « un soupçon de vaste fraude » sur des achats de cépage Pinot par un négociant de Carcassonne, la SAS Ducasse, auprès « d’une dizaine de viticulteurs et de caves coopératives ». Le nom de la coopérative, Sieur d’Arques, y est cité, je suis stupéfait par ce que j’entends ou lis.

Une remarque liminaire : il est inadmissible qu’alors que cette « affaire » n’en est qu’au stade d’une enquête préliminaire une « fuite », manifestement voulue, mette dans la nature des éléments de cette enquête. On ne peut parler de secret de l’instruction car le procureur de la République n’en a pas encore diligenté une. Les journalistes ne sont là que les « haut-parleurs » d’une « gorge profonde » qui se fait mousser au mépris de la déontologie de sa fonction. L’acte anonyme n’a rien de courageux, que je sache l’affaire n’était pas enterrée. Notre démocratie est bien malade et le sens civique bien émoussé pour que certains piétinent ainsi nos principes.

Écrire ce que j’écris ne préjuge en rien de la gravité des faits ni des responsabilités en cause. Simplement, je rappelle à ceux qui avec cynisme ou légèreté jettent en pâture des informations, par nature invérifiables par ceux qui les réceptionnent, que c’est pure lâcheté. En effet, lorsque je prends le cas de la coopérative de Sieur d’Arques, dont les dirigeants n’avaient même pas été auditionnés par les enquêteurs à l’heure où les articles furent pondus, la voilà sommée de s’expliquer à la barre de l’opinion publique. C’est une infamie ! Je ne souhaite pas à ceux, y compris les localiers qui pratiquent un amalgame douteux, de découvrir un jour leur nom jeté ainsi à l’opprobre du bon peuple. C’est la loi de Lynch.  

Le mal est fait. Le soupçon plane. Certains avec une jubilation malsaine profitent de la situation pour hurler avec les loups. Par bonheur, d’autres scandalisés par de tels procédés m’ont incité à écrire cette chronique. Je ne défends personne. Je plaide pour une administration sereine de la justice. Bien sûr certains feront remarquer, avec un sourire entendu, que ma plume est vive car les dirigeants de Sieur d’Arques sont de mes amis. J’en conviens, ils le sont et ils le resteront mais sachez qu’elle l’aurait été pour n’importe qui d’autre. Ma sensibilité sur cette question essentielle de la présomption d’innocence n’est pas de fraîche date, elle est au cœur de ce que mes parents m’ont inculqué : le respect des autres.

Dans une chronique de décembre 2006 mettant en cause des gens bien j’écrivais : « La justice des hommes doit s'exercer loin des passions, de la foule versatile et surtout respecter ses propres règles en évitant de jeter en pâture des citoyens présumés innocents. C'est l'honneur et la grandeur des démocraties que de tenir bon face aux dérives d'une société avide de sensationnel confortée en cela par des médias violant le secret de l'instruction.

Pour ma part, ayant dans l'affaire du Crédit Agricole de la Corse été entendu comme témoin - j'étais chargé du dossier Corse au cabinet du Ministre entre 1988 et 1990 - j'ai eu la désagréable surprise de découvrir sur l'internet, de la part d'un ragotier en mal de sensationnel, des insinuations et des sous-entendus basés sur une rhétorique imparable : toute personne qui entre dans le cabinet d'un juge d'instruction est un coupable potentiel. C'est très grave car le juge instruit à charge et à décharge, il fallait donc que ce magistrat puisse remettre les faits dans leur contexte en auditionnant toute personne en capacité de nourrir son dossier. Des directeurs du Ministère eux aussi avaient été entendus, mais ce n'était que du menu fretin pour les délateurs, un ex-directeur de cabinet de Ministre, ça fait saliver dans les chaumières. Dans cette affaire, j'ai eu droit, à une pleine page dans un journal local : le Monde, avec même un encadré, où mon témoignage transcrit dans le PV était soumis à un autre témoin mineur : Pierre Joxe, Ministre de l'Intérieur à l'époque, et Premier Président de la Cour des Comptes lors de sa déposition. Témoin j'étais entré, témoin je suis sorti et ma vérité valait celle d'un plus puissant que moi...Tout ça pour quoi ? Pour alimenter le populisme des tous pourris. Comme si le témoin d'un accident par le fait même de sa présence sur les lieux puisse en être jugé responsable.

Dans la vie que l'on vit, seuls les bras croisés, les yaka, les fokon, s'exonèrent à bon compte, lapident ceux qui agissent, qui prennent des risques, le risque de croiser des escrocs, de travailler avec des gens sans parole, le risque de faire dans le cambouis du quotidien, le risque parfois - et je l'écris - de faire le sacrifice de sa vie comme Lucien Tirroloni le président de la Chambre d'Agriculture de Corse du Sud, qui était mon ami, et qui a été lâchement abattu par des soi-disant « purs ». La santé d'une démocratie se mesure à la capacité des médias d'informer les citoyens sur la face cachée des « grands de ce monde » mais à la condition de tirer ses informations non des poubelles, des rumeurs d'officines, mais d'enquêtes sérieuses et vérifiées. Souiller, bafouer l'honneur d'hommes et de femmes innocents est trop souvent une marque indélébile, un sceau d'infamie intolérable. »

Je ne retire pas un seul mot de ce que j’avais écrit ce jour-là. Très sincèrement vous me feriez réellement plaisir si pour une fois vous sortiez de votre réserve car « ça n'arrive pas qu'aux autres ! » Bonne journée à tous. 



 

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