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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 00:07

Ce samedi je confie la plume et la photo à des membres de l'Amicale des Bons Vivants. Faites-moi confiance ils ont du talent. Bonne lecture....

Ce n'est pas le cochon qu'il faut prendre en grippe…

Mexicain mais malheureusement pas basané, il fait la une depuis quelques jours. Non, il n'est pas aussi basané mais tellement plus productif, plus rentable que le porc noir de nos montagnes, le large white des élevages industriels de l'état de Vera Cruz. C'est là, vers la petite ville de La Gloria que se portent désormais les soupçons, c'est là qu'aurait débuté la pandémie, là que se trouverait le «patient zéro», un garçonnet de quatre ans, Edgar Hernandez. À La Gloria, tout le monde ou presque travaille à l'usine à cochons Granja's Carrol, un «camp de concentration pour animaux» sur lequel désormais les langues se délient. À cet égard, lisez notamment le dernier article du site d'information américain Grist. N'hésitez pas non plus à aller sur www.smithfielfoods.com , le propriétaire de Granja's Carrol. Smithfield, la plupart d'entre vous ignoraient cette entreprise jusqu'à présent ; l'inventaire de leurs marques commerciales vous permettra de comprendre que l'on peut facilement manger du Smithfield sans le savoir.

 Enfin, sans le savoir… Moi, mon cochon, je sais d'où il vient ! Je sais aussi qu'on vote plus efficacement avec sa fourchette ou en faisant ses courses qu'avec un bulletin de vote…

Revenons à nos cochons. Pour ce qui est de la grippe, l'enquête progresse, ne tirons pas pour autant de conclusions hâtives, n'invoquons pas trop vite la justice immanente, la punition divine pour ceux qui ont péché et sali la Nature, positivons, je voulais juste vous faire lire ou relire un hommage au "Prince de janvier" que j'avais écrit en 96 dans un bouquin sur le cassoulet :

« Mais, outre le haricot, il reste des premiers rôles à distribuer. Une autre vedette partage, avec lui, le devant de la scène : le cochon, celui dont la tonitruante extrême onction carillonne mieux que la cloche de l’office. Sa mort nous fait vivre. Du coup, on rit au gras enterrement du Prince de Janvier. À pieds, l’oreille tendue, fronçant le museau, la queue frétillante, sa couenne offerte, se tenant les côtes, il arrive le premier pour enseigner au haricot, encore un peu sec, l’art de prendre du lard. Cette prééminence interdit la médiocrité. Laissez tomber le porc au mètre cube14 tel qu’on le fabrique de Bretagne en Hollande. On ne se nourrit bien que de bêtes bien nourries et bien élevées. Le cassoulet réclame du cochon libre et gourmand. L’idéal — mais ce n’est pas tous les jours dimanche : du porc noir de Gascogne dont le gras au parfum de noisette embaumera votre cuisine. Il s’en promène d’excellents dans le Gers, chez Alain Brumont, à Maumusson-Laguian et dans le Tarn, chez Bruno Anglade, à Beauvais sur Tescou. Sinon, un vieux cochon auquel la saveur du gland, celles de la lentille ou de la patate ne sont pas étrangères fera parfaitement l’affaire. Surtout s’il a connu la belle étoile et que, d’aventure, il a fraternellement tutoyé la gnôle.

Sous peine d’avoir l’appétit coupé, ne mettez jamais les pieds dans une usine à salaisons - normalisée, agréée, bruxellisée et tout le barda - où le cochon, celte ou batave, arrive sous forme de cubes enrobés de plastique. Un cube de gras, deux cubes de maigre, la saucisse devient un jeu de construction. Méfions nous qu’à ce jeu du plus fou le cochon ne dépasse pas un jour la vache...

Ah, j'oubliais, ce soir, au menu, ce sera un rôti de porc dans l'échine, avec un peu de miel de romarin millésime 2009 que m'a porté Pauc, mon happy apiculteur de Castelmaure…

Vincent POUSSON Traverseur de déserts

Agneau rosé ou vin rosé par coupage – les moutons protestent !

Ainsi, pour l’agneau rosé, pas besoin de recourir à la saignée, et ne parlons pas de coupage, il suffit de prendre un agnelet bien blanc et le laisser vieillir encore 2 mois, de préférence pas dans une cave.

 

Concernant l’Agneau de Pauillac, Patrick l’a dit, il ne serait qu’un fantôme. Pourtant, je l’ai bien vu, il a bien le label rouge et l’Appellation Contrôlée, il vient de Pauillac, et il se vend pour moins de 7€ la... bouteille ! C’est le cadet du Mouton Cadet, et il est produit par un Baron. Comme tout le monde sait, le baron ou bas-rond est le quart arrière du mouton, composé de deux gigots et d’une selle.

Pour l'intégralité lire sur :

http://www.fureurdesvivres.com/news/agneau-rose-ou-vin-rose-par-coupage-les-moutons-protestent

 En direct de Bandol signé JP A

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Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /Mai /2009 00:03

Il est des jours où je me dis : tu leur prends vraiment trop le chou à tes fidèles lecteurs, trop de mots Berthomeau, soit zen et tais-toi ! Alors en ces temps où le suffixe -itude s’accole à tort et à travers, feu Maurice Druon ne déclarait-il pas à propos de la « bravitude » chère à la « madone du PC », Poitou-Charentes pour les non-initiés, « Cette « bravitude » n’a donc rien qui doive nous surprendre. Elle nous conduit à la « nullitude » je ne tomberai ni dans l’ « excusitude » elle aussi très en vogue ces temps-ci, ni dans la « bienvitude » qui friserait la « mochitude » linguistique. La période est à l’incertitude mais, pour autant, ne tombons pas dans une certaine forme d’ingratitude en jetant le bébé avec l’eau du bain. Amarrons-nous, autant que faire ce peu, « au bon côté de la vie » et, en ce 1ier Mai, où l’on célèbre le Travail, par une journée de repos quasi universelle, soyons les premiers à célébrer « la méridienne attitude ».

 

Qu’est-ce donc « la méridienne attitude » ?

 

En Anjou, dans l’Anjou cher à Patrick de la Chaudefonds sur Layon, c’est « le repos de midi, la sieste après le repas et avant la reprise du travail « à chaque fois qu’il faisait mérienne, c’était la même chose… […] il rêvait » Étienne Pérochon, Nène voir ma chronique de samedi dernier La dictée du samedi et ses questions.  http://www.berthomeau.com/article-28765134.html . Dans le Vendômois c’est la mérienne et dans ma Vendée profonde : la mariénée sans doute parce que dans l’Aunis tout proche mérienner se dit « des brebis qui, à midi, se serrent toutes ensemble, la tête de l’une sous le ventre de l’autre, pour sommeiller, un peu à couvert du soleil » (in les mots du passé de Marcel Larchiver).

 

Dans son opus « L’art difficile de ne presque rien faire » chez Denoël, Denis Grozdanovitch, qui vit entre Paris et la Nièvre, écrit à propos de la sieste méridienne : « Le moment préféré de mes journées d’été demeure celui où, après le repas de midi, je m’achemine tranquillement jusqu’à notre ponton au bord de la rivière, sous le grand marronnier où j’ai installé mon hamac. Je m’y installe alors confortablement, un gros livre de philosophie (de préférence bien abstrus) à la main, et la lecture distraite d’une dizaine de ligne suffit amplement, en général, à me faire glisser dans ce que j’appellerais un sommeil de surface – très différent en cela de la profonde et souvent angoissante plongée nocturne – au cours duquel ma conscience, engourdie par une sorte d’agréable hypnose, continue d’enregistrer avec une sourde volupté le bruissement de la brise dans les feuillages, les dialogues entrecroisés et compliqués des oiseaux , le doux ronronnement du nid de guêpes dans l’aulne voisin et même le subtil friselis du courant le long des berges.

Je goûte alors – plaisir de la vraie vacance – au luxe suprême du demi-sommeil et de la demi-conscience qui sont les meilleures voies pour rejoindre ce fameux « cours des choses » si cher aux taoïstes de l’ancienne Chine, lesquels aimaient précisément à répéter que pour bien vivre il valait mieux ne vivre qu’à demi.

L’auteur donne ensuite la définition par le Littré du mot « dormition » qui est un terme ecclésiastique, mais comme il a trait au 15 août vous attendrez sauf à ce que notre « madone du PC » lance la « dormitude » Si vous ne vous êtes déjà pas endormi dès la 10ième ligne de cette chronique, sachez que mon Pépé Louis « faisait ses pâques » mais ne portait pas son éthique paysanne et vigneronne à la boutonnière  mais qui ne connaissait rien d’autre que le travail, aux beaux jours, s’offrait tous les jours sa petite mariénée à l’ombre du pailler. Enfin, pour préparer votre mérienne je vous propose d’accompagner votre déjeuner d’Effusion, un  vin d’Anjou d’un grand taoïste : Patrick Beaudouin. Pour la beauté de votre mérienne je l’ai photographié devant : « Une BOIRE à Saint-Rémy-La Varenne en Anjou »in Loire Sauvage de Louis-Marie Préau et Philippe Huet éditions Hesse.


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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 00:09

« Jean-Marie Bouldy a été formé dans un lycée agricole, ses maîtres lui ont enseigné la viticulture et l’œnologie […] À la sortie de l’école, il rejoint la vigne familiale, Château Bellegrave, où il travaille avec son père. […] Quand il a repris la propriété en 1980, Jean-Marie gérait déjà 130 hectares de vignes pour 6 propriétaires différents. »

 

Quelques réflexions de Jean-Marie Bouldy qui traduisent son évolution :

 

« J’ai appris la plante, la vie de la plante, mais personne ne m’a appris à raisonner… »

« Nous étions suivis par des techniciens qui s’occupaient des sols, des maladies, etc. Le savoir évoluait à toute vitesse, nous leur faisions confiance, un peu comme à des médecins de famille. Il y avait un problème, ils apportaient une solution. »

« Tu vas participer avec ton vin à la nourriture humaine, or tu t’empoisonnes toi-même si tu ne te protèges pas, et tu empoisonnes tout le monde… »

« J’avais la tête dans le guidon, pas le temps de réfléchir, et puis il n’y avait pas d’informations sur des méthodes alternatives. À partir de l’an 2000, j’ai allégé ma charge de travail, ce qui me donne plus de temps pour raisonner. »

Donc à partir de là : « Il a remis en question tout ce qu’il a pu. Son père, bien que retraité, l’a accompagné dans cette aventure pratiquement jusqu’à son dernier souffle.
L’histoire du Château Bellegrave pourrait-être le journal d’une amitié entre un père et un fils, d’une confiance inébranlable l’un dans l’autre. Le résultat, c’est une façon d’envisager la culture qui rejoint par bien des points celle d’Anselme Selosse : le retour à la terre. »

Les belles histoires, emplies de pâte humaine, je les aime. Celle-ci est contée  dans un petit livre vert : « L’Intelligence du Jardinier » par Anne-France Dautheville chez Arthaud. Dans son essai, d’une plume fluide, dépourvue d’outrances, elle prône le respect des plantes. « En massacrant la plante, nous rongeons la vie. Et pourtant, nous savons comment agir autrement, sans y perdre notre bien-être. Il suffirait de considérer notre monde d’une autre façon ; de comprendre d’où il est né, qu’il est toujours en train de naître, jour après jour, non point de notre intelligence, mais du travail discret, obstiné de la plante. »

 

Le retour à la terre dont il est question est celui de Claude et Lydia Bourguignon « Le sol, la terre et les champs » aux éditions Le Sang de la Terre qui « détaille les très subtiles complémentarités entre les minéraux, l’air, l’eau, les bactéries et les animaux. Des mécanismes incroyablement astucieux relient les plantes à tout ce petit monde ; le paysan au fil des ans, au fil des millénaires, a su s’immiscer dans ce concert sans jamais l’interrompre… » écrit-elle. Tout l’esprit de l’auteur est résumé dans une note en bas de page « par principe, je ne démolis jamais un livre, et je ne parlent que de ceux qui m’enthousiasme… »

 

Je lui laisse la plume dans la continuité de son récit :

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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /Avr /2009 00:08

En ces temps difficiles, j’entends ici ou là des esprits chagrins distiller des doutes sur le bien-fondé d’une Amicale des Bons Vivants. Pour eux un Bon Vivant serait l’héritier en ligne directe du bombocheur, celui qui ne menait qu’une vie de plaisirs, désigné aussi dans le langage populaire sous le nom de noceur, de bringueur, celui qui fait la java, la foire, la bombe quoi ; et faire la bombe, bombocher, c’est bien sûr abuser de la bonne chère et du bon vin. « Je trouve ça drôle que mon conseil de famille, qui s’est toujours montré si sévère pour moi, soit composé précisément des parents qui ont le plus fait la bombe, à commencer par le plus noceur de tous, mon oncle Charlus […] » notait Proust, dans Sodome et Gomorrhe.

 

Ne leur en déplaise nous ne sommes pas des Charlus ! Pour autant nous ne sommes pas des bonnets de nuit : faire la fête entre parents, entre amis, autour d’une belle table avec de beaux vins, ou aux beaux jours sous la tonnelle avec un petit rosé bien frais et des grillades ou, pour clore la question : où nous le voulons, comme nous le voulons, avec qui nous le voulons, jusqu'à pas d'heure, avec de la musique, des bulles… Nous n’avons pas à nous excuser, à demander l’autorisation aux gardiens de notre santé de « prendre la vie du bon côté » qui est la définition du Bon Vivant donnée par le Robert. D’ailleurs, c’est bien ça qui embête ces chevaliers à la triste figure, car elle a tellement de mauvais côtés la vie que, prôner de la prendre du bon, c’est oser proposer une assurance au « tiers collisionnel » contre le mal-vivre qui est un peu leur fond de commerce. Essayer de vivre au mieux, avec les moyens du bord, comme prévention y’a pas mieux, nul besoin d’ordonnance et de carte vitale.

 

Nous ne sommes pas très prétentieux à l’Amicale des Bons Vivants, qui peut aussi se décliner en Amicale du Bien Vivre, nous n’exhibons aucune étude sophistiquée et à caractère universel, nous ne balançons pas des spots à la télé pour dire comment il faut manger ou bouger, nous ne vous conseillons rien, nous ne prétendons pas vous garantir la vie éternelle sur terre, ni ailleurs bien sûr, nous nous contentons de dire que notre vie est d’abord entre nos mains. Trop d’hygiène tue l’hygiène ! Trop d’interdits tuent l’esprit de responsabilité. Laissez-nous développer nos anticorps sociétaux ! Laissez-nous réapprendre à vivre ensemble, et si possible à bien-vivre ensemble. Pour ce faire, la maison Vin&Cie l’espace de liberté vous propose ce matin la figure n°1 du Bien Vivre mode d’emploi : un dîner à Fiesole.

 

La scène est paisible, une fenêtre ouverte sur la campagne nimbée d’un ciel cotonneux, deux couples qui viennent de finir leur repas comme en atteste la serviette posée sur la table, le morceau de pain, l’assiette de fruits et la carafe de vin bien entamée. L’un des convives tire quelques accords de guitare sous le regard de la femme assise, peut-être la maîtresse de maison, alors que l’autre homme fume une cigarette observé par un chien. Devant la fenêtre, debout, l’autre femme semble songeuse. Pas très gai comme tableau me direz-vous… En êtes-vous si sûr ? Ces quatre personnages figés par l’artiste, imaginez-les au cours du repas qui a précédé : tout d’abord ils se sont retrouvés, en dînant ils ont échangés, ri peut-être, parlé de la pluie et du beau temps, des nouvelles du moment, de leurs lectures, de tout et de rien, et maintenant dans la paix d’un milieu d’après-midi ils laissent le temps s’écouler. Ils n’ont pas la télé. Même dans une vie bien remplie, prendre du temps sur son temps, autour d’une table, simple, est une forme du bien vivre…

 

Petit détail : le tableau de Bacio Maria Bacci (1888-1974) est intitulé Dîner à Fiesole peinture sur toile (201x160) Galerie des Offices à Florence car le dîner était autrefois le premier repas de la journée. De nos jours l’appellation dîner s’est substituée à celle de souper qui est bien sûr le repas du soir. Fiesole est une charmante petite ville d’origine étrusque proche de Florence ; on y accède par une route toute en lacets…

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Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /Avr /2009 00:02

Avec un tel titre, je sais le clan des blouses blanches et certitudes incorporées va m’accuser de tirer la couverture à notre juste et belle cause du bien-vivre. Faux, je ne fais que retranscrire avec honnêteté les propos d’Estelle Masson, maître de conférences en psychologie sociale à l’Université de Brest, dans le cadre de l'émission « « Ça ne mange pas de pain » de mars 2008. Le thème de l'interview : Les malheurs des mangeurs : consommateur ou citoyen, faut-il choisir ? »  

 

Comment les Français mais aussi les Américains, les Italiens, les Anglais, les Allemands ou les Suisses gèrent-ils leurs rapports à l’alimentation ?

Quelles sont leurs représentations de l’alimentation, du corps, de la santé ?

Pourquoi compte-t-on cinq fois moins d’obèses en France qu’aux Etats-Unis ?

Voici quelques unes des questions que Sylvie Berhier, de la Mission Agrobiosciences lui a posées.

 

Pour vous mettre l’eau à la bouche je vous propose quelques extraits de ses réponses, libre à vous de vous reporter au script original.

 

« […] D’autre part, depuis une vingtaine d’années, on nous prédit qu’en France il y aurait bientôt autant d’obèses qu’aux Etats-Unis. Effectivement, le taux d’obésité a augmenté en France, mais il reste l’un des plus bas des pays développés. Donc, nous nous sommes posé la question de savoir si on ne pourrait pas trouver, dans le rapport que chaque culture entretient à l’alimentation, des éléments de réponse à ce phénomène. Et n’y aurait-il pas dans certaines cultures, notamment la culture française, quelque chose qui opérerait un peu comme un facteur de préservation contre l’obésité […] »

 

« […] Alors comment se définit le bien manger chez les uns et les autres ?
C’est un des principaux résultats de notre enquête. Nous avons réussi à mettre en évidence l’existence de deux modèles du rapport à l’alimentation. En schématisant, d’un côté, on observe la prédominance d’une conception individualiste de l’alimentation ; de l’autre, une conception plus traditionnelle. Dans la conception individualiste, tout s’articule autour d’une approche nutritionnelle et se ramifie autour des questions de liberté individuelle, de choix et de responsabilité individuelle. Et, dans cette logique-là, pour bien manger, il appartient à chacun, individuellement, de faire les bons choix. Cette gestion individuelle de l’alimentation va souvent s’accompagner d’une culpabilité, parce que contrôler son alimentation au quotidien est perçu comme un travail relativement ardu, les dérives sont si faciles et rares sont les individus qui déclarent parvenir à toujours se contraindre à faire les bons choix. 

 

On est, là, sur le modèle anglo-saxon...

Oui et notamment celui des Américains. Pour eux, bien manger c’est se procurer les bons apports nutritionnels. L’approche est très diététique dans le sens où ils ne parlent pas de manger des plats mais d’incorporer des nutriments. Elle est aussi très individualiste dans le sens où il va falloir à chaque individu trouver ce qui lui convient personnellement et est adapté à son corps.

On a l’impression, qu’ils mangent sur ordonnance médicale...

Quasiment, oui ! Leur référent très fréquent est la fameuse pyramide alimentaire où il est indiqué les proportions de chaque famille d’aliments à consommer.

Du côté des Européens - on va dire des bons vivants- comment ça se passe ?
Les bons vivants, eux, vont accorder une importance beaucoup plus centrale à l’aspect collectif, convivial de l’alimentation. Et pour eux, bien manger, c’est avant tout manger avec d’autres, partager un repas donc, en quelque sorte, c’est aussi soumettre leur appétit à un certain nombre de règles collectives. Là, il n’est plus du tout question d’une approche diététique et nutritionnelle de l’alimentation, mais plutôt d’une approche culinaire. Ce qui compte, ce sont les plats, ce qui est mangé dans le cadre d’un repas. Bien manger, c’est manger de bons plats, bons à être partagés avec d’autres commensaux dans un espace-temps dévolu à cette activité. Un autre point sensible dans ce modèle traditionnel : le rapport à l’alimentation apparaît beaucoup plus serein. La notion de plaisir est très présente que ce soit le plaisir du partage ou encore le plaisir gustatif. […]»

«  […] Le principal enseignement que l’on peut tirer à notre étude, c’est que, sans doute, il n’y a rien à gagner à faire trop d’éducation nutritionnelle. L’éducation nutritionnelle - et la médicalisation de l’alimentation - est contre-productive car elle tend à individualiser le rapport à l’alimentation. Elle tend à obliger chaque individu, seul et souvent désemparé, à faire des choix. Elle l’oblige à se construire individuellement une alimentation qui lui soit personnellement adaptée, ce qui est pour ainsi dire impossible. A mon sens, il vaudrait mieux insister sur les dimensions conviviales de l’alimentation et l’importance du partage, de laisser à la culture jouer son rôle de guide des pratiques et de faire en sorte, aussi, que les aliments, la nourriture ne soient pas perçues comme des menaces, des dangers, mais de permettre aux individus de les ré-apprivoiser et d’être confiants […]»

Si vous souhaitez lire l’intégralité de l’article veuillez vous reporter à la rubrique PAGES N°50  Comment les français résistent-ils à l’obésité ?

Si vous pensez encore qu’adhérer à l’Amicale des Bons Vivants est une plaisanterie de vieux potaches j’espère que cette lecture vous fera changer d’avis.

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Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /Avr /2009 00:03

Ce matin je me lance dans une nouvelle engeance chroniquer sur le vin, bien sûr, mais en rebondissant sur l’évènement qui m’a donné l’occasion d’écrire cette chronique. Je m’explique.

 

Acte 1      « Je suis un grand-reporter baroudeur »

 

Scène 1: un beau matin je file rue Wurtz chez mon boulanger-pâtissier préféré Laurent Duchesne (« L’Avi * de Nicolas et de Carla » Grenache Noir Tuilé Rivesaltes Bacchus 2008 http://www.berthomeau.com/article-29240948.html ) pour acheter pain et croissants. Comme je suis un grand-reporter baroudeur aux sens toujours en éveil, à la caisse mon regard tombe sur une pile de petits magazines papier glacé. Titre : Cigale et en sous titre : Le magazine de l’art de vivre au parisien. C’est gratuit : je prends.


Scène 2: rentré chez moi j’ouvre et je feuillette Cigale. Page 8 Oser changer de vie alléchant – non que j’eusse envie de d’échanger la mienne si riche – très alléchant car la photo montre un homme le nez plongé dans un verre de vin rouge. Mes élytres s’animent. Qui est-ce ? Pascal Fulla qui est passé d’une compagnie aérienne à la vigne dit la légende. Very good me dis-je ! Je note aussi que ce gratuit est sponsorisé par la Confédération-Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie. À quand le gratuit sponsorisé par la Confédération Nationale du Vin (rires dans la salle) ?

Scène 3: je lis l’article bien sûr et je constate que Pascal Fulla est passé d’Air Littoral au Mas de l’Écriture (tient ça va rappeler des souvenirs à Catherine Bernard qu’est passé de Libé à la vigne). Je surfe sur le Net, tel un australien bronzé et musclé, pour voir de quoi il retourne de ce Mas de l’Écriture. J’y lis que le mas de « l'Ecriture était au prix Goncourt 2005 ! Le 3 novembre dernier un double magnum d'Ecriture 2000 a été servi au jury du prix Goncourt. Notre vin a été servi sur Un râble de lièvre rôti au poivre et paprika. Nous sommes très fiers d'avoir été associés à cet événement. ». J’écris à Pascal Fulla pour lui demander où, dans le Beau Paris, je pourrais me procurer un beau flacon de son nectar littéraire. S’ensuit un échange écrit et parlé. Je passe sur les questions d’intendance propres aux petites entreprises individuelles. Je suis en possession d’Emotion Occitane design by Stratos, un Coteaux du Languedoc 2005.
 

 

Acte 2  « Je suis en carafe : je décante »

 

En clair je cherche, sans savoir ce que je cherche vraiment, en me disant que je vais trouver. Me retrouver face à une nouvelle bouteille pour chroniquer me laisse sur ma faim. J’éprouve le besoin de me frotter aux vignes. Une soudaine fringale de mâchon me taraude et je m’imagine assis le cul sur l’herbe à l’ombre d’un pin parasol en train de savourer une tartine de sardines à l’huile millésimées (http://www.berthomeau.com/article-15658750.html ). Ça donne envie de donner un compagnon à ces sardines embeurrées de beurre salé de Noirmoutier : alliance de l’Atlantique et de la Méditerranée. Convoquer l’Emotion Occitane ! Pourquoi pas, mais boire en rêve un vin que je ne connais pas dépasse les limites de mon imagination… Celle-ci, tel le cave, se rebiffe et me susurre que si je suis un si piètre écrivain pour le temps de cette chronique sur le Mas de l’Écriture je devrais prêter ma plume, même si ne je ne suis pas Pierrot, à un pro de l’écriture. Et les connections se font, je ne suis pas encore Alzheimérien…

 

Acte 3  Mas de l’Écriture  : donc écrivain : donc Patrick Besson

- Why
Patrick Besson?

- Deux raisons… 
- Lesquelles ?
- La première et la seconde...

Scène 1 : La première c'est l'allergie pour les journaux gratuits que je partage avec Patrick Besson qui a commis une cronique sur Les Journaux gratuits  in Nouvelles Mythologies au Seuil

Ces Nouvelles Mythologies se veulent les héritières de Mythologies de Roland Barthes avec sa célèbre phrase « le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante fromage et sa culture. C’est une boisson-totem… »
Voilà donc la 1ere raison car, comme chacun sait, le vin n’est plus une boisson populaire et certains grands manitous de notre grand secteur devraient se demander pourquoi, analyser leur part de responsabilité, avant de foncer comme des taureaux de corrida sur les provocateurs d’en face. Mais c’est une autre histoire que je vous conte depuis fort longtemps : il faut toujours assumer l’intégralité de son héritage pour en être digne.

 
Je reviendrai, au titre de Secrétaire Perpétuel de l’Amicale des Bons Vivants sur les Journaux gratuits chers au cœur du féroce Besson (Patrick bien sûr, voir « Petit jeu d'été : les bessons et les Besson » http://www.berthomeau.com/article-19079972.html.

 

Scène 2 : La seconde c'est que Patrick Besson a écrit la plus belle chronique en réponse à Hervé Chabalier : Sot d’eau dans Le Point du 8 Décembre 2005. Je vous l'offre au nom de l'écriture et de son Mas

 

« Tout le monde critique Hervé Chabalier.

Mais moi je le comprends.

L'une des meilleures choses sur terre est le vin et Hervé n'a plus le droit d'en boire.
Ce serait supportable pour lui si personne n'en buvait.
Pour Hervé, tout verre de vin est mauvais car il le mènerait à la bouteille, puis à la caisse, puis à la cave, puis au cercueil. Il ne lui viendrait pas à l'esprit que nous n'avons pas ce problème-là avec l'alcool. Que lorsque nous buvons une slivovica le matin, nous sommes au thé le soir. Que le vin arrose nos meilleurs déjeuners de copains mais que l'eau ruisselle sur nos adorables dîners familiaux. Qu'un scotch chasse notre mélancolie mais que c'est le jus de pomme qui nous désaltère. Qu'une première bière est amusante mais qu'une seconde est rasoir. L'abstinence à laquelle, par exaspération, Hervé veut nous réduire est indispensable à sa survie, mais pas à la nôtre. S'il a eu la faiblesse de se laisser ligoter par l'alcool au point d'être aujourd'hui condamné à la sobriété pour le restant de ses jours, il n'y a aucune raison pour que nous, qui avons su conserver notre liberté face à la boisson, nous devions matin, midi et soir baigner notre bouche heureuse, notre langue délicate et notre palais sensible dans l'eau et uniquement dans l'eau.

Il a du pain sur la planche, Hervé. Mais les anciens alcooliques ont de l'énergie à revendre. Exemple : George Bush. C'est pour quand, alors, le bombardement de la Syrie ? Ce n'est pas qu'on s'ennuie, mais George était parti sur les chapeaux de roue et là, il y a comme un ralentissement dans ses expéditions guerrières. Une sorte de manque d'agressivité. Je me demande s'il ne se serait pas remis à boire. A la place de Barbara, j'inspecterais avec attention le Bureau ovale, au cas où le président des Etats-Unis y planquerait des bouteilles. Passons. Première tâche de Chabalier : caviarder sévèrement l'Evangile. Parce qu'à Cana Jésus, il ne multiplie pas les bouteilles de Badoit. Et le soir de son arrestation, qu'est-ce qu'il sert à ses disciples ? Pas du Fanta, que je sache. Buvez-en tous, car ceci est de la menthe à l'eau. C'est bon, la menthe à l'eau, mais ça n'a jamais eu la couleur du sang. Du sang du Christ.

Les gens qui boivent de l'eau vivent plus vieux que les gens qui boivent du vin, mais moi je ne veux pas vivre vieux dans un pays où les anciens alcooliques exigent que tout le monde boive de l'eau. Il y a un génie dans le vin et il est mauvais, comme tous les génies. Dans l'eau, il n'y a rien de mauvais, car il n'y a rien.»

 

Ne vous z'inquiétez pas nous l'ouvrirons cette belle bouteille, où et quand : Dieu seul le sait !

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 00:05

Sous le président Pompe, en dépit de l’obsession de l’ordre et la parano des complots de son Ministre de l’Intérieur Marcellin, entrer dans un immeuble cossu des Invalides tenait du jeu d’enfant. Les digicodes n’existaient pas et il me suffit d’exhiber ma carte tricolore sous le nez de la pipelette pour que la voie qui conduisait au nid d’amour de Gustave soit ouverte. Dernier étage, un duplex avec terrasse, l’ascenseur embaumait le jasmin et nous étions gais comme des pinsons. D’Espéruche nous avait rejoint pour le dessert et il avait compensé son handicap alcoométrique par rapport à nous en s’enfilant, avec des mines de colonial luttant contre le palud, une ligne d’Armagnac d’un âge canonique. Allions-nous adopter la ligne dure du genre : « Ouvrez police ! » ou la méthode pépère d’employé du gaz : je sonne ? D’Espéruche, vicelard, nous vendit, sans grande difficulté, l’intrusion par surprise. « Rien ne vaut la prise sur le vif pour déstabiliser l’adversaire… » De sa petite trousse en cuir il tira ses instruments chirurgicaux et, avec des gestes d’une grande précision, il crocheta la serrure en moins d’une minute. Dans le hall d’entrée, plus grand qu’un F3 de la Courneuve, aux murs laqués de noir, une paisible vache normande naturalisée se contemplait dans un grand miroir alors que deux mannequins de vitrine asexués, nus, assis sur une bergère nous fixaient de leurs regards vides. D’Espéruche murmurait « c’est un lupanar…»

Notre intrusion laissa de marbre une grande sauterelle, pieds-nus, aux cheveux longs et sales, clope au bec, en salopette bleue constellée d’encre, qui tirait des tracts sur une vieille ronéo hoquetante. À ses côtés un jeune boutonneux, gras et bas du cul, boudiné dans un jeans, ne prit même pas la peine de se retourner pour nous lancer « si c’est pour Gustave vous feriez mieux d’attendre ici il n’aime pas qu’on le dérange quand il fait sa sieste… » Face à une telle décadence d’Espéruche n’en croyait pas ses yeux et il me put s’empêcher de rétorquer « Et il l’a fait où sa sieste ce gros con ! » Un tel qualificatif, inusité en ce lieu entièrement dédié au bien-être de l’unique représentant des couches exploitées par la bourgeoisie, fit sortir de ses gonds le morveux. Ses petits crocs, tout jaunis par la nicotine, dehors, il aboyait. « Vous êtes qui vous ? » Du tac au tac je le contrais avec la réponse-type « des ouvriers de chez Citroën camarade… » Tout en s’essuyant les mains avec un chiffon sale il nous examinait avec suspicion. « Dans cette tenue… » Raymond, piqué au vif, le retoquait « qu’est-ce qu’elle a notre tenue ? Faudrait peut-être qu’on soit crade petite tête pour coller à tes petites images du prolo. Désolé de te décevoir nous, quand on sort, on se nippe mon gars. Ce n’est pas parce que tu singes l’ouvrier avec tes paluches dans le cambouis que tu dois nous manquer de respect… » La tirade produisait son effet, l’apprenti révolutionnaire rendait les armes tout en maugréant « Gustave n’attendait pas de la visite… » Je le séchais durement « Normal nous venons lui apprendre une très mauvaise nouvelle… » Le jeune couillon n’eut même pas l’audace de me demander de quoi il s’agissait.

Gustave effectivement dormait. Il dormait sur le ventre, nu comme un ver. D’Espéruche le réveilla sans ménagement. Il se débattit, poussa des grognements, avant que sa face, boursouflée et molle, ne s’anime de soubresauts visqueux et que, dans un ultime sursaut, il ne se redresse sur son céans en jetant sur nous des regards effarés. Enfin, reprenant un peu ses esprits, il grommelait en me regardant : « Mais qu’est-ce que tu fous ici ? » Je ricanai « Je viens prendre de tes nouvelles. Tu te fais rare mon Gustave. La grande maison s’inquiète tu sais... » Il se regimbait « Et toi ça fait un bail qu’on ne t’a pas vu. Moi je fais mon boulot, honnêtement… » Comme l’heure n’étais pas aux explications j’envoyai Gustave balader en lui intimant l’ordre de se rhabiller. Il résistait « je n’ai pas d’ordres à recevoir de toi… » D’Espéruche intervenait « tu rempoches vite fait ta viande gros lard sinon je te passe les burnes au chalumeau… » Gustave braillait « c’est qui se nazi ? » En lui tapotant la couenne je le rassurai « Un pote de Bigeard gros fion ! » Raymond qui s’était tenu jusqu’ici en retrait le vannait en l’attaquant sur sa fierté de mâle « dis-donc la balance tu ne serais pas aussi un peu vantard sur les bords ? Elle est où la belle Sonia ? Celle que tu es censé calcer à l’heure qu’il est ? » Piqué au vif le Gustave reprenait du poil de la bête « C’te morue elle a p’tète un beau cul et des gros nichons pépère mais c’est une gouine. Moi j’n’aime pas les lécheuses de chatte… » Je le coupais sèchement « Ferme ta grande gueule et habille-toi, la récréation est terminée mon gros. Maintenant tu vas bosser pour moi et je n’aime pas les ramenards ». En enfilant son slip il me toisait d’un regard mauvais : « Bosser pour toi mais t’es louf… » J’opinais  en ajoutant « t’as tout juste Auguste, mais t’as pas le choix. La belle vie c’est fini. Tu montes en première ligne et avec nous c’est ta peau que tu va jouer… »

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Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /Avr /2009 00:19

Ce n’est pas la dictée de Bernard Pivot, pleine de pièges, mais une comme celle que mademoiselle Bry, à l’école Ste Marie de la Mothe-Achard, nous faisait calligraphier à la plume sergent major trempée dans nos encriers emplis d’encre violette. Exercice de style suranné d’un de nos auteurs vedettes, car né dans ce confetti de la  Vendée militaire : « la Petite Église », donc protestant et instituteur de la laïque qui publiera en 1909 son premier roman Les creux de maisons sous forme de feuilleton dans l'Humanité le journal de Jean Jaurès.

 

« L’air était vif et jeune ; la terre fumait. Derrière le versoir, mille petites haleines fusaient, droites précises, subtiles ; elles semblaient vouloir monter très haut, comme si elles eussent été heureuses d’échapper enfin au poids des mottes et puis elles se rabattaient et finissaient par s’étendre en panaches dormants. Le souffle oblique des bœufs précédait l’attelage et remontait, couvrant les six bêtes d’une buée plus blanche qu’agitaient des tourbillons de mouches.

Des hochequeues voletaient d’un sillon à l’autre ; les plus proches avaient l’air de petites personnes maniérées et coquettes ; les autres n’étaient que des flocons de brume très instables ; on ne les voyait guère, mais on les devinait nombreuses et fort occupées à chasser les bestioles maladroites et lentes, effarées d’être au jour. Dans le haut du champ, une pie se détachait nettement, raide et sérieuse comme un beau gendarme.

Au-dessus de la brume, la lumière régnait, merveilleusement blonde. Le versoir supérieur de la brabant resplendissait et le coutre, dressé dans le soleil, semblait une épée massive, l’épée d’un cavalier nain, trapu et lent.

Ils étaient deux hommes à travailler là. Le plus jeune, un gars de dix-sept ou dix-huit ans, aux membres encore mal jointés et aux mains énormes, épandait du fumier ; il chantait ; sa voix douteuse d’adolescent détonait par éclats lourds qui s’envolaient quand même, tant l’air était sonore.

L’autre qui labourait ne chantait pas ; mais comme son compagnon, il sentait la joie de l’heure. Il venait de se reposer tout un dimanche et, en ce commencement de semaine, l’outil lui paraissait léger. Il était de taille haute et droite avec une tête fine et des jambes un peu longues. Son chapeau rond, posé très en arrière, laissait à découvert sa face brune, maigre, complètement rasée ; ses yeux noirs jouaient avec agilité.

Il conduisait ses bêtes par gestes mesurés, sans cris. Il avait pourtant deux bouvillons au dressage, mais il les avait placés au milieu de l’attelage et tout de suite enlevés en un si rude effort qu’il les tenait maintenant sans peine, éreintés et craintifs. Même au bout de la raize, les bouvillons suivaient docilement les bœufs en tête ; le laboureur n’avait qu’à soulever sa charrue et à la retourner tranquillement sans craindre d’être enlevé par son attelage. Il s’était imaginé la terre trop sèche et il avait lié trois jougs pour un labour profond. Et voilà que cette façon se trouvait excellente. Il avait mis son régulateur au dernier tour et le soc mordait franchement, très bas. Le « talon » laissait dans la raize une traînée fraîche et les mottes, en bonne trempe, s’émiettaient d’elles-mêmes en croulant au soleil ; un léger hersage et la terre serait prête, fine comme cendre.

Les yeux du laboureur riaient parce que toute sa pensée était à son travail et que ce travail était à son gré. »

 

Ernest Pérochon NÊNE

 

QUESTIONS :

1-      Dans quelle région se passe cette scène de labour ? Et pourquoi l’auteur la situe-t-il là ?

2-    Ce roman a obtenu un Prix littéraire en 1920 : lequel ?

3-     Vocabulaire :

a)    que désigne l’auteur sous l’appellation « la brabant » ?

b)   qu’est-ce qu’un coutre ?

c)    que signifie « lié trois jougs » ?

d)   définir ce qu’est la raize ?

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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 00:09

Eux, bien sûr, ce sont nos « amis les prohibitionnistes », imaginez-vous la tronche qu’ils ont tiré en lisant la nouvelle dans une dépêche d’agence en provenance de Florence, trois pieds de long, fureur et tremblements, comme le dirait mieux que moi les sauvageons du neuf trois : « y z’ont eu la rage ces fils de NTM (vous n’êtes pas obligés de décliner ces initiales). Dans mes années universitaires nantaises, les étudiants en médecine, les carabins, baptisaient leurs fêtes : Tonus et, bien sûr, ils ne crachaient pas sur le pétillant de Champagne pour carburer et s’adonner à leurs découvertes des corps. Donc, je suis à peu près sûr que, dans le lot, et chez ceux qui les ont suivis, un fort pourcentage conserve les mêmes prédispositions pour la dive et les divines. Restent les renégats et les faux-culs, alors me direz-vous : pourquoi sont-ils blanc de rage ?

 

Tout bêtement parce qu’elles, les femmes, ou plus généralement la femme voit son désir sexuel stimulé par le vin rouge. L’horreur absolue donc, rapportée par ce « coquin » de Remondat – à qui on donnerait le bon Dieu sans confession – dans son très sérieux Vitisphère. La source : www.vinenews.it  qui rapporte que c’est « une étude très sérieuse menée par l’hôpital Sainte Marie de l’Annonciation à Florence qui l’affirme : un à deux verres de vin rouge par jour suffisent pour accroître le désir sexuel de la femme. Et cet effet n’est pas du uniquement au pouvoir désinhibant de l’alcool, le vin rouge semble avoir un effet direct sur l’activité sexuelle. Cette étude clinique a été réalisée sur un échantillon de 789 femmes entre 18 et 50 ans résidant dans la région de Chianti. Elle a clairement montré que les femmes qui buvaient un à deux verres de vin rouge par jour avaient une vie sexuelle beaucoup plus active que celles qui s’abstenaient de toute consommation de vin ou qui ne buvaient qu’occasionnellement » Le grand Président-Professeur Dominique Maraninchi, vexé, va les habiller pour l’hiver en les traitant de scientistes et je suis sûr que le double de Gérard Blanchard, l’échotière du Monde, va y trouver à redire au nom « du droit des femmes à disposer librement de leur désir »

Et nous dans tout ça, les Bons Vivants, en pleine bataille des rosés – l’autre soir, dans le plus huppé des restaurants Thaï de Chinatown, un jeune mec se la pétait grave sur le sujet devant ses amis – oseront nous confesser que, depuis l’annonce de cette nouvelle, nous sommes rose de plaisir. Bien évidemment notre rose est un rosé pur, pas un vil mélange de blanc et de rouge car, même si je parle d’abord en mon nom de simple et besogneux secrétaire-perpétuel de l'Amicale, nous sommes des gens qui n’affichons pas nos couleurs. Nous sommes des esthètes qui, comme le disait si bien Charles Denner dans le film-culte de François Truffaut, « L’homme qui aimait les femmes », qui se déroulait à Montpellier,  « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie ». Équilibre et harmonie, la mécanique des fluides, tout ce que Paul-Louis Colin, grand amateur de vin, a si bien décrit dans son Guide des jolies femmes de Paris lire ou relire ma chronique  « Guide des jolies femmes de Paris ou comment cerner les futures Shyraz’ Women » http://www.berthomeau.com/article-21503135.html. Pardonnez-moi, et qu'elle me pardonne, les jambes de Fanny Ardent, la dernière compagne de François Truffaut, un soir de Première à la Comédie Française en 1982...

Messieurs les censeurs bonsoir ! C’est nous qui feront de beaux rêves…

Photo d'Ellen Von Unwerth
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Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /Avr /2009 00:09

Lorsque je suis arrivé, au 232 rue de Rivoli, en 1978, à l’Office des Vins de Table, qui venait de prendre la succession de l’Institut des Vins de Consommation Courante, sous le gouvernement Chirac, suite aux évènements tragiques de Montredon, assez étrangement, la division qui s’occupait des AOC au FORMA (Fonds d’Intervention et de Régularisation des Marchés Agricoles) y fut transférée. Le directeur de l’INAO de l’époque, Pierre Marquet, un IGGREF plan-plan, et son président bordelais Pierre Perromat, y virent le début d’une OPA sur le vieil Institut. En effet, le nouveau directeur de l’Office, Pierre Murret-Labarthe, dit PML, un sémillant et provocateur énarque, né à Cauderan, en provenance du cabinet de Christian Bonnet Ministre de l’Agriculture, ne cachait pas son ambition d’unifier la gestion du secteur vin. Il s’illustrera quelques années plus tard en préconisant dans un rapport retentissant la suppression de la chaptalisation. Bref, tout ça pour vous dire que cette petite cellule était composée en tout et pour tout d’Armand Collomb, directeur-adjoint du nouvel Office, natif d’Eguilles (Coteaux d’Aix) et de Michel Pons né à Gaillac. Le nouveau directeur prenait un malin plaisir à chambrer les deux intéressés, le premier surtout, sur le caractère anecdotique de ces deux vignobles.

 

Tout ça pour vous dire que le Vendéen que j’étais à découvert à cette occasion l’existence du vignoble de Gaillac. Comme je suis depuis toujours un adepte des gîtes ruraux je suis allé à cette époque en vacances à Cahuzac sur-Vère chez un vigneron et ses deux fils célibataires, Monsieur Savy à la Pierre Plantée qui produisait que du vin de table. À cette époque, chez Nicolas le caviste, l’un des vins les plus aimé des Parisiens était un vin de pays des Cotes-du-Tarn. De vin de Gaillac, point. J’ai beaucoup aimé ce pays : Castelnau-de-Montmirail, Cordes, Albi… splendide ! Bien des années plus tard, alors que j’habitais le 13ième arrondissement, nous avons exporté dans ce beau département, dans la circonscription de Carmaux, le député Paul Quilès avec lequel je m’étais frité assez souvent (il n’aimait pas les rocardiens cet homme, d’ailleurs je me suis toujours demandé qui il aimait). Depuis ces temps reculés ma culture du vin a progressé et, lorsque j’étais dans les oléagineux, le président Jean-Claude Sabin (prononcer Sabing), qui était aussi vigneron, me fit découvrir son vin de Gaillac de la cave de Tecou à la Maison du Tarn, où d’ailleurs j’avais recroisé un Paul Quilès tout sourire.

 

Alors lorsque Virginie Maignien de Causse Marines, à Montreuil, me remettait l’invitation « Tremblement à Paris le 6 avril » organisé par « Terres de Gaillac » www.terresdegaillac.fr , au Mauzac, 7 rue Abbé de l’Épée dans le 5ième, j’ai dit d’autant plus vite dit banco que sur les 9 domaines représentés, 3 ou du moins les vignerons et vigneronnes sont adhérents de l’Amicale des Bons Vivants. Ils ne sont pas les seuls à Gaillac, j’ai aussi Gus qui a de bons yeux et des commentaires percutants, et ça me fait chaud au cœur. Donc, le jour-dit, comme il faisait enfin beau, je sortais mon vélo vers les 18 h 30 – ça fait très chef de gare – et, sur pignon moyen, direction l’église Saint Jacques Haut le Pas qu’est à deux pas du Mauzac. Les gars de Gaillac sont sympas il z’ont fait leur p’tite dégustation tout près d’la maison. Quand j’arrive y’a d’l’animation devant les « saintes tables », des petits paquets de humeurs et de cracheurs. Je dois vous avouer que l’exercice de dégustation, en face à face, avec le vigneron ou la vigneronne dans un si petit espace, cerné par des es-spécialistes, ne me place pas dans de bonnes dispositions. Par quel vin commencer ? Quelle couleur ? Puis une fois lancé quelle attitude adopter face à celui ou celle qui a fait le vin ? Silence, commentaire ou questionnement ? Pas facile pour moi qui aime prendre mon temps, qui ne suis qu’un chroniqueur, pas un acheteur potentiel, un gus qui adore bavasser, je me sens très vite encombrant. En plus, étant donné l’abondance je sature vite.

 

Au Mauzac,admiratif, j’ai observé Michel Dovaz déguster. Concentré, imperméable au brouhaha, une sorte de sphinx qui cacherait ses émotions sous des sourcils méphistophéliques, il déguste avec systématisme, prend des notes et ignore les groupes de plastronneurs. En effet, ceux-ci sont la plaie de ce genre de manifestations. Les habitués occupent la place, bloquent les accès aux « saintes tables », lourds, pesants, ils déplacent énormément de vent, se prennent pour des incontournables alors qu’ils ne sont que « cons ».  Dovaz lui officie, tel un grand-prêtre, nul besoin pour lui des regards approbateurs. Pour avoir fréquenté d’autres cercles que celui du vin, les courses de chevaux par exemple, j’ai toujours noté que le taux de décibels de certains était inversement proportionnel à leur notoriété. Vous aurez donc compris que je suis gêné aux entournures, partagé entre diverses attitudes à adopter. Être en représentation ça me connaît, j’ai par le passé beaucoup donné à ce genre de théâtre mais maintenant je n’ai plus aucun goût pour les oripeaux d’éminence grise. Comprenez-moi bien, le nombre d’étiquettes que l’on m’a collé dans le dos, qui me font ressembler à une malle de globe-trotter, m'incite plutôt au franc-parler qu'au politiquement correct.

 

La conversation, dont j'ai été le témoin, entre un dégustateur-mitraillette, arborant au revers de sa veste les attributs de sa fonction, et le sage mais taquin Alain Rotier www.domainerotier.com qui s’étonnait de la rapidité de sa gâchette et de sa froide et silencieuse détermination, m’a renforcé dans mon souci de ne pas endosser le costume, trop grand pour moi, de dégustateur. Cet homme, volubile par ailleurs, défends, avec une certaine pertinence, la position du dégustateur Robocop : « je fais le blot, tel une tondeuse à gazon, sans affect ni empathie, parce que je suis payé pour ça. ». Sans vouloir faire de la philosophie de comptoir je ne vois pas l’intérêt de se rendre à ce genre de manifestation, par ailleurs ludique, pour rejouer « massacre à la tronçonneuse ». Mieux vaut pour ça convoquer les bouteilles at home et officier dans le silence glacé d’une salle blanche. Comme vous le savez, du moins ceux qui me lisent depuis l’origine, je suis un homme qui aime, d’abord les femmes certes, mais surtout la pâte humaine avant celle de comprendre les vins. C'est ainsi, avant d’écrire, de chroniquer sur ses vins, j’ai l’absolu besoin de converser, de découvrir, d’apprécier l’homme qui les fait. Je suis un lent. Je prends le temps et, au Mauzac, en cette belle soirée, j’ai un peu dégusté mais j’ai surtout discuté, surtout lorsque la fête a commencé.

 

Car ce fut une belle fête que celle des vignerons de « Terres de Gaillac » et de leurs complices les chefs d’AGITarn. J’en suis resté baba. Que du bon : des saveurs exaltées, du goût en bouchées raffinées, la quintessence d’une cuisine de terroir revisitée… Foin des éternels canapés ou des verrines chichiteuses, les plateaux pris d’assaut recelaient des pépites, des trésors de la terre et de la mer. Même que mon dégustateur Robocop s’en pourléchait les babines. « Agitateurs de goût, d’innovations et de tendances » ont-ils écrit sur leur petite plaquette, tout pour me plaire surtout que la réalité est à la hauteur de la promesse. Ça donne envie de boire ! Je retrouve mes marques : toutes ces petites merveilles appellent le vin compagnon des saveurs. Quitter enfin la position du dégustateur, laisser de côté le seau de vidange, n’être point assez sot au point de ne point faire le saut de la communion sous les deux espèces. Tout mécréant que je suis je ne blasphème pas : je profite de la vie pour visiter des contrées que d’autres n’atteindront jamais. C’est un privilège que je n’abandonnerai jamais. Il est intérieur, ne lèse ni ne blesse personne, c’est mon choix, ma part de risque assumé, la vraie vie quoi…    

 

Bravo les pèlerins de « Terres de Gaillac », tout en faisant découvrir vos vins, vous œuvrez pour la bonne cause avec talent. Bien des détenteurs de CVO devraient venir prendre des leçons de savoir-faire auprès de vous. Votre réception au Mauzac, car ce fut au sens premier du terme une réception, simple et pleine d’attentions, aurait mérité les faveurs d’un cercle plus large que celui d’aficionados. Les défricheurs de notoriété que vous êtes méritent que l’on amplifie leurs efforts. Je le fais ce matin sur mon petit espace de liberté : avis aux amateurs pour la session future. Venez en nombre vous ne serez pas déçu du voyage. Et les vins que vous avez dégusté dégustateur futile en causerez-vous ? Bien sûr que oui mais pas aujourd’hui où je me contenterai de quelques clichés pris au cœur de la nuit du Mauzac. Vous vous doutez bien que j’ai salué Michel Issaly, c’est un habitué de Vin&Cie, voir notre entretien du 7 avril 2008 http://www.berthomeau.com/article-18419419.html et c’est surtout, dans le monde des dirigeants professionnels, un homme de passion et de fidélité à ses convictions qui ne m’a jamais « manqué ». J’ai aussi profité de l’occasion pour pénétrer dans le monde merveilleux de Patrice Lescaret et de ses 7/sous riz et pour mieux connaître Alain Rotier. J’aurais pu aussi parfaire ma culture sur tous les cépages Gaillacois : l’Ondec blanc, le Mauzac vert, le Mauzac roux, le Loin de l’œil, le Mauzac gris et rose, le Braucol ou Fer Servadou, le Duras, le Côt à queue rouge, le Mauzac noir, le Verdanel, auprès de Bernard Plageoles mais celui-ci avait manifestement mieux à faire que d’éclairer la faible lanterne d’un ignorant.

 
Comme dirait l’autre : à la revoyure ! Après une si belle fête, outre cette chronique amuse-bouche, je reviendrai en terres tarnaises, sur le terrain comme aiment à le dire nos élus nationaux lorsqu’on leur reproche leur absentéisme (ayant passé 3 années de ma vie à l’Assemblée Nationale je dois vous confesser qu’un député qui fait bien son boulot de législateur, ce pour quoi les électeurs l’ont élu, plutôt que de gouter avec les clubs du 3ième âge de sa circonscription, me paraît plus estimable) pour prendre le temps de trouver le bon angle pour écrire des chroniques gaillacoises à la hauteur de la jeune notoriété de ses vins.

Les 4 chefs d’AGITarn qui nous ont régalé  : Gilles Salvan www.lafalaiserestaurant.com , Patrice Gelbart www.axbergesducerou , Simon Scott www.les-saveurs-tarn.com , Marcel Meyer lalouviere81@orange.fr  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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