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Dimanche 10 août 2014 7 10 /08 /Août /2014 07:00

Sans même y réfléchir, face à la situation, je décrétais « l’état d’urgence », je prenais enfin conscience que le temps m’était brutalement compté, il me fallait m’extraire sans délai de ma latence, rompre ma déshérence, l’aimer à me péter le cœur !


«Les amoureux d'aujourd'hui

Savent qu'il reste des bancs dans Paris

 … Tant qu’il y aura des bancs reste un pays de sentiments »


Le hasard, mon fidèle allié de circonstance, fit ce lundi très bien les choses. Il me fallait trouver au plus vite un nid d’aigle, inexpugnable, un refuge où enfin j’écrirais, mes mots pousseraient  comme une herbe dans les fentes d’un mur, dans les pierres de l’emploi du temps. Tom partait en Patagonie, face à mon état il eut pitié de moi et me confia les clés de son chez lui à la Mouzaïa. Dans mes souvenirs d’écolier, la Mouzaïa c’était l’Algérie, le col de la Mouzaïa, le duc d’Aumale, sous les ordres du duc d'Orléans commandant en chef, combattant la Smalah de l’émir Abd-el-Kader qui inspira aux zouaves du maréchal Bugeaud le chant de l’Armée d’Afrique : « La casquette du père Bugeaud » que j’avais braillée au temps de mes culottes courtes. Là, dans le haut du 19ème arrondissement, se nichait une oasis, un petit bout de campagne à Paris, des fleurs, des oiseaux, des voies pavées, 250 maisonnettes habitées à la fin du 19ème siècle par les ouvriers qui travaillaient dans les carrières de gypse et de meulière du quartier. Le gypse des Buttes Chaumont, d'excellente réputation,  chauffé à 120 ° dans des fours, donnait un plâtre de grande qualité et la légende, à tort, affirme que celui-ci fut exporté aux États-Unis pour édifier la Maison Blanche, à Washington. En témoigne une rue des Carrières d'Amérique, celle-ci plongeait à pas moins de 1000 mètres de profondeur, étayée par d’énormes piliers soutenant des voûtes hautes de 15 mètres ; des cathédrales !


Émilie, c’est ainsi : elle se prénommait Émilie, je n’avais plus besoin de farder la réalité, de l’affubler d’un prénom d’emprunt pour la protéger, s’étonnait de ma soudaine décision. Alors je fus très disert sur notre nouvelle maison qui, comme toutes les maisons de la Mouzaïa, fut conçue par l’architecte Paul-Casimir Fouquiau, érigée selon le même modèle sur un terrain en pente, avec façade de brique rouge, porte d’entrée étroite, marquise en fer forgé et cour à l’avant.  Les règles strictes de construction furent imposées par la structure du sous-sol truffé d’anciennes carrières, les demeures ne devaient pas faire plus de deux étages. Les maisonnettes appartenaient autrefois à des voies privées fermées. Aujourd'hui ouvertes ces ruelles sont pavées et éclairées par des lampadaires dont le mât est décoré d'une branche de lierre entrelacée selon le modèle « Oudry ». La nôtre bordait la voie « Villa Émile Loubet », me rappelant la République troisième du nom et ses présidents oubliés : Félix Faure, Sadi-Carnot et Armand Fallières mais aussi les poètes Rimbaud, Verlaine, Monet, Laforgue qui voisinaient avec les rues de la Liberté, de l’Egalité, de la Fraternité et du Progrès, la République, toujours la République et ses valeurs. Le clin d’œil du destin, Émilie habiterait Villa Émile Loubet…


Nous quittâmes, à vélo, sans trop de regret les mornes plaines des confins du XIIIe-XIVe pour rejoindre notre nouvelle demeure. Il nous fallut grimper, forcer sur nos pédales, pour atteindre les hauteurs de la Mouzaïa. À destination nous étions nimbés de sueur, fenêtre ouverte, face à elle sous la douche, je m’émerveillais « Y’a toujours des oiseaux à la Mouzaïa ». Affleurement, effleurement, nous fîmes l’amour avec délice sur notre presqu’île et le moka d’Abyssinie qu’Émilie prépara, avec les mêmes soins que Chouchou, bien mieux qu’un visa, me conférait le statut de résident. Je jetais mon statut d’apatride aux orties, j’abandonnais le no man’s land complaisant où je me vautrais depuis toujours. « À cette époque, n’ai-je pas toujours été en retrait, dans la position du spectateur, je dirais même de celui qu’on appelait le « spectateur nocturne » *, cet écrivain du XVIIIe siècle que j’aimais beaucoup… » le Modiano de L’herbe de la nuit « J’ai souvent l’impression que le livre que je viens de finir n’est pas content, qu’il me rejette parce que je ne l’ai pas abouti. Comme on ne peut plus revenir en arrière, il me faut alors en commencer un autre, pour aboutir enfin le précédent. Donc je reprends certaines scènes pour les développer davantage. Ces répétitions ont un côté hypnotique, comme une litanie. Je ne m’en rends pas compte quand j’écris, et puis je ne relis pas mes livres plus anciens car ça me bloquerait… Vous savez, il est difficile d’avoir de la lucidité sur ce qu’on écrit. La répétition vient peut-être du fait que je suis travaillé par une période de ma vie qui revient sans arrêt dans ma tête. »


Quête hypnotique d’une femme que ses héros tentent de retrouver de livre en livre : « C’est la même personne qui revient de roman en roman, mais de façon fantomatique, pas parce que j’aime les êtres éthérés, mais comme une photo qui aurait été rongée par les moisissures du temps et par l’oubli. C’est l’oubli qui est le fond du problème, pas la mémoire. On peut avoir été très intime avec quelqu’un, et, des années après, cette personne apparaît comme rongée, avec des pans entiers manquant dans votre mémoire. Ce sont ces fragments d’oubli qui me fascinent. » Comme Modiano mes petits carnets sont remplis de notes, de traces, d’épluchures de vie « Nous pouvions faire le chemin à pied, mais la perspective de suivre l’interminable rue de la Santé et de longer les murs de la prison puis de l’hôpital Sainte-Anne, à cette heure-là, m’a glacé le cœur. » Notre transport sur une presqu’île, paradoxalement rompait mon retrait, cet isolement me projetait dans le monde et j’allais devoir enfin l’affronter les yeux grands ouverts. Et puis, Émilie serait à deux pas de son travail, la rue de Crimée, droite comme un I qui grimpait jusqu’à Botzaris où la rue de la Mouzaïa son affluent venait se jeter après avoir bénéficiée de l’enfilade des Villas rien que des petits ruisseaux accrochés à son flanc.


* Nicolas Edme Restif, dit Restif de La Bretonne : le narrateur des Nuits de Paris se présente en « spectateur nocturne », drapé dans une large étoffe qu’il maintient au niveau du col…


* Lire une très belle chronique sur la Mouzaïa  link j'en ai emprunté le titre

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 10 août 2014 7 10 /08 /Août /2014 00:09

Qui c’est qui a donné cette définition du mot coquille ?


Au choix : Alfred Jarry – Boris Vian – Johannes Gutenberg


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C’est l’été, si vous vous ennuyez pendant vos vacances je vous propose d’avoir le goût des mots et de vous dérouiller les neurones en pratiquant des petits jeux littéraires.


1-      À quel célèbre écrivain américain du début du XXe siècle serait attribuée la plus courte fiction ainsi composée : « À vendre, chaussures bébé, jamais portées » ?


Au choix : William Faulkner – Ernest Hemingway – Francis S. Fitzgerald


2-     Quel poète français du XIXe siècle a forgé le mot « abracadabrantesque » ?


Au choix : Charles Baudelaire – Arthur Rimbaud – Paul Verlaine


3-     Les figures de styles


Allégorie : notion complexe symbolisée par une chose qui l’est moins.


Anacoluthe : rupture surprenante de la syntaxe.


Chiasme : parallélisme syntaxique formé d’un croisement de termes.


Polyptote : répétition du même mot sous une forme dérivée.


Zeugma : rapprochement syntaxique de plusieurs termes grâce à un verbe qui s’applique à ces différents termes.


Baudelaire, Les fleurs du mal, « Le voyage »

 

« Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !

Aux yeux du souvenir que le monde est petit ! »

 

Réponse : …

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, « la chanson du mal aimé »

 

« Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire »


Réponse : …


Bossuet, Oraison funèbre d’Henriette-Anne d’Angleterre


« Madame se meurt ! Madame est morte ! »

 

Réponse : …

 

Blaise Pascal, Les Pensées


« Le nez de Cléopâtre : s’il eut été plus court, toute la face de la terre aurait changé. »

 

Réponse : …


Jacques Prévert, Paroles, « Composition française »


« Alors il prit du ventre et beaucoup de pays »


4-     L’argot chez Balzac


« Il buvait… de manière à se … la figure. »

 

Au choix : Cardinaliser –  (se) Chafrioler – Renarder


5-     Qui a dit quoi ?


« L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches. »


Au choix : Arthur Rimbaud – Louis-Ferdinand Céline – Goethe


« Impossible de vous dire mon âge, il change tout le temps. »


Au choix : Simone de Beauvoir – Oscar Wilde – Alphonse Allais


« J’ai tellement besoin de temps pour ne rien faire qu’il ne m’en reste plus pour travailler. »


Au choix : André Breton- Pierre Reverdy – Tristan Tzara


6-     Contrepèteries & Jeux de mots

 

Marcel Duchamp

 

« À charge de revanche ; à … de … »

 

Robert Desnos

 

« Est-ce que la caresse des putains excuse la caresse des … ? »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 9 août 2014 6 09 /08 /Août /2014 00:09

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Dans mes petites recherches pour étayer mes dires de taulier autoproclamé – en effet contrairement à certains « couche-culotte » de la Toile qui batifolent dans leur bac à sable pour bâtir des châteaux du même nom, je ne crois pas que l’Histoire a commencé avec moi. C’est un truc de Vieux Con, je sais mais je ne me soigne pas je défouraille – je tombe sur des pépites inexploitées proposées par notre Ministère de la Culture.Auteur : Alban SUMPF.


Double avantage : c’est du sérieux et ça ne me demande pas beaucoup de boulot en ce mois d’août. Je publie de courts extraits pour lire l'inégralité cliquez sur les liens.


1-       Le vin, signe et symbole de la Nation Française link


« Dans Louis XVI avoit mis le Bonnet rouge ; journée du 20 juin 1792, le vin qui sort de la bouteille « parle » de cette nation. Mieux : il s'y identifie. Si les insurgés du 20 juin ont voulu faire boire le roi, c'est aussi pour le resituer (de force) dans la position du citoyen comme les autres. Boire le vin de la Nation (le vin qui est la Nation) est comme un rituel civique, qui fait appartenir à celle-ci. Ainsi, « la conscience collective d'appartenir à une même communauté », qui définit justement depuis la Révolution Française l'idée moderne de nation, peut-elle se « lire » dans le vin. Issu de la France et du peuple, le vin est l'un des vecteurs et des signes de cette communauté d'appartenance ainsi que de l'unité de la Nation. »


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2-     Le vin comme art de vivre link  

 

« Le vin est depuis toujours une composante de la civilisation méditerranéenne et européenne. Elément de l’alimentation, fait culturel, religieux ou mythologique, il est associé à de nombreuses pratiques et représentations. La consommation de vins est courante en France depuis le moyen-âge, mais c’est au XVIIIe siècle que la viticulture française commence à se structurer et à se développer. Le XIXe siècle est considéré comme « l’âge d’or du vin », marqué par l’élaboration de techniques nouvelles, la progression constante et importante de la production et de la consommation, ainsi que par l’amélioration de la qualité, du stockage du commerce et de la distribution. Le vin devient alors plus que jamais un enjeu économique mais aussi une question culturelle, idéologique, politique, sanitaire, sociale et morale.


Parallèlement, les représentations de ce que l’on pourrait appeler « la pratique du vin » se multiplient, aussi diverses que les usages de la boisson et que les avis qu’elle suscite. Le XIXe siècle voit bien se développer de mauvaises « images » du vin, notamment en termes de conséquences sociales (le vin mauvais de l’alcoolique qui lui fait rater sa vie et l’empêche de travailler) et médicales (en lien avec les progrès de cette science et la naissance de la diététique). Mais c’est bien le vin comme art de vivre et de bien vivre qui domine largement l’imaginaire et les consciences. A la suite de la tradition rabelaisienne, le breuvage est associé aux arts, à la fête et à l’amitié, à la gastronomie (plus ou moins fine) et à la gourmandise qui n’est plus vraiment un péché. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 8 août 2014 5 08 /08 /Août /2014 00:09

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Sur ma flèche d’argent je passe très souvent au flanc de la halle aux vins bardé depuis des années d’échafaudages pour son désamiantage. Ça étonne toujours mes interlocuteurs que je désigne ainsi le campus de Jussieu, la Faculté des Sciences de Paris du doyen Zamansky (voir plus loin, souvenir de mai 68).


Dimanche, à l’écume des pages, je fais une moisson de livres. Parmi eux, un Modiano de 2012 que je n’ai pas lu « L’herbe des nuits »link


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Du Modiano pur jus, à la page 86 je lis :


 « Un portail était entrouvert, qui donnait accès à la halle aux vins, et Aghamouri s’était arrêté devant. 


« Nous pouvons couper par là, me dit-il. Je connais un café, rue Jussieu. Vous n’en avez pas assez de marcher ? »


Je franchis le portail à sa suite pour déboucher sur une grande cour entourée de bâtiments à moitié détruits, comme ceux de l’ancienne halle aux cuirs. Et la même pénombre que sur le terrain vague où je l’attendais tout à l’heure… Là-bas, un lampadaire éclairait d’une lumière blanche des entrepôts encore intacts et qui portaient sur leurs murs  des inscriptions du genre de celles que j’avais remarquées dans les ruines de la halle aux cuirs.


Je m’étais tourné vers Aghamouri :


« Vous permettez ? »


Je sortis de la poche de ma veste mon carnet noir, et je relis aujourd’hui les notes que j’avais prises ce soir-là  d’une écriture rapide tandis que nous marchions vers la rue Jussieu :


Marie Brizard et Roger

Butte de la Gironde

Les Bons Vins algériens

Magasins de la Loire

Libaud, Margerand et Blonde

Préau des eaux-de-vie. Caves de la Roseraie…


« Vous faites ça souvent ? » m’a demandé Aghamouri.

 

Il apparaissait désappointé (…)


« Nous arrivions devant une construction moderne dont le hall était éclairé et qui portait sur son fronton l’inscription : Faculté des Sciences. »


Alors, que voulez-vous, c’est plus fort que moi, je chronique :


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-         La halle aux vins


Les premiers occupants du site où s'élève l'université aujourd'hui étaient les moines de l'abbaye Saint-Victor. Ils cédèrent la place en 1810 aux négociants de la Halle aux vins.


Ceux-ci occupèrent les lieux jusqu'en 1964, date à laquelle ils furent transférés aux entrepôts de Bercy.


« Depuis 1662, il existe une halle aux vins sur le quai Saint-Bernard. La consommation ne cessant d’augmenter dans la capitale, on décide en 1808 de concevoir une nouvelle halle, plus grande et plus moderne. Les plans sont confiés à M. Gaucher, et la construction, débutée en 1811 est achevée aux trois quarts en 1813 (et totalement en 1845). L’édifice occupe une surface de quatorze hectares et est composé de quatorze halles destinées au marché, réparties en deux bâtiments centraux, et un ensemble de 123 celliers en pierre de taille répartis en trois bâtiments, eux-mêmes surmontés de magasins. link » 


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Sur l’emplacement de la Halle aux vins se trouve maintenant le campus de Jussieu, la faculté des sciences construite de 1958 à 1972, inaugurée en 1970 (Paris VII) et en 1971 (Paris VI). Sur l'ancien site a été construit l'Institut du monde arabe inauguré en 1987.


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-         Le Campus de Jussieu


« En 1957 les premiers bâtiments universitaires sont construits le long du quai Saint-Bernard et de la rue Cuvier.


Pour permettre au négoce du vin de continuer quelque temps encore, les architectes eurent l'idée de construire les bâtiments sur pilotis au-dessus des rues de circulation de la halle aux vins.


Mais en 1964 on attend plus de vingt-mille étudiants en sciences ( la génération du " baby-boom" passe son bac).


L'ancienne Sorbonne ne pouvant les accueillir, André Malraux confie alors à l'architecte Edouard Albert le soin de construire rapidement une faculté des sciences à la place des anciens entrepôts. » link


-         Paris Ancien. Jussieu Halle aux vins. Kodachrome 1958.


Cette vue link désormais historique a été prise du dernier étage de la nouvelle fac de la rue Guy de La Brosse, bâtie en toute hâte en 1956, dans l'attente de la démolition de la Halle aux vins, futur site de la Fac de Jussieu.


Alors étudiant en mathématiques générales (avec pour prof' Marc Zamansky link), j'ai même participé à ma première manif' étudiante en criant sur le boulevard St Michel  « Les pinardiers dehors, place à la fac ! ».


-         L'incroyable facture du désamiantage de Jussieu


«C'est un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire.» Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes n'a pas mâché ses mots jeudi lors de la présentation du rapport pointant la gabegie de la rénovation du campus de Jussieu (Ve) et intitulé «le campus de Jussieu: les dérives d'une réhabilitation mal conduite». En 87 pages, le rapport dresse le constat accablant de quinze ans d'une incroyable dérive, «tant en termes de délais que de coût». Quelques chiffres pour s'en convaincre: lancé en 1996 pour trois ans et 183 millions d'euros, le chantier ne sera pas achevé avant 2015, soit… dix-neuf ans après son démarrage, pour une facture de 1,8 milliard d'euros… Incroyable. Et aucun garde-fou, à aucun moment, ne semble avoir arrêté ce dérapage. En bref, ni pilote ni arbitre. » link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 09:30

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J’aurais pu titrer « vos gueules les mouettes ! » mais j’ai préféré faire référence à l’écrivain Maurice Clavel qui le 13 décembre 1971 devait débattre avec Jean Royer maire de Tours dans l’émission « A armes égales ». Un passage où il évoque les relations ambiguës de Georges  Pompidou avec la Résistance est coupé au montage du film introductif. Il considère que c’est de la censure et lance sa célèbre tirade. Pierre VIANSSON-PONTE dans LE MONDE tranche : « Il était d’une rare maladresse de censurer, fût-ce d’un mot, le pourfendeur de la censure ».


Référence outrancière me direz-vous, la réponse est oui car nos petits résistants de salon, à la mode Nossiter, les anars qui bouffent chez Passard, les révolutionnaires en peau de lapin, me gonflent parfois même si j’ai de la sympathie pour certains. J’ai pris le parti de la liberté de plume de Michel Smith et non celui du Tariquet. Bien évidemment je suis au banc des accusés, les procureurs me taxent de vouloir faire du buzz. De la part de certains d’entre-eux c’est plus que risible vu leur constance à aborder des sujets qui se voudraient provocants mais qui sont insignifiants. Moi je me contente d’écrire au fil des jours en regardant la réalité en face, même lorsqu’elle me déplaît, stakhanoviste pour le vieux Gillois, plein de contradictions pour les pioupious du bac à sable : oui et je les assume depuis toujours, et pour ne rien vous cacher ça m’amuse de ne pas me laisser enfermer dans la bonne case. J’ai le cuir très dur et un grand bout de ma vie derrière moi, rien à prouver, rien à vendre…


Bref, je relaie la chronique du jour de Michel Smith :

 

Dictature du goût et devoir d’informer

 

07/08/2014 par Les 5 du Vin      

 

« Ils imposent, dictent, professent, décrètent… et ils indisposent.


Oui, les dictateurs du goût ont la manipulation facile face aux devoirs du journaliste. Bien sûr ce n’est pas le sujet du siècle, mais voilà, il me tient à cœur. Je pensais sincèrement en être débarrassé de ce de débat d’arrière-garde et d’avant-guerre-froide aux relents staliniens nauséabonds. Je croyais bien ne plus les revoir ces petits dictateurs de pacotille qui vous disent comment il faut boire, penser, rire et manger. Que nenni ! Pire que les faiseurs de régimes, ils sont bel et bien là, aussi sournois, vautrés dans leur autosuffisance, drapés de leurs certitudes, aussi présents que les maoïstes en 1968. Et quand ils se collent subitement à vos écrits telles des sangsues sur le mollet, c’est pour ne plus vous lâcher. Facebookiens au long cours, les nouveaux gourous de la toile et du vin réunis sont juges et procureurs à la fois. Leur champ de vision se règle avec des œillères de bourrins qui ne forcent qu’à aller dans une certaine direction. Laquelle ? La leur, celle du «nature», du « bio » pur et dur, celle qui conduit invariablement vers des vins que je connais, que je fréquente, que j’adore et sur lesquels j’écris depuis 30 ans. Qu’à cela ne tienne. Peu leur importe, car leur route passe aussi par le dogme, la pensée toute faite, la vision bien arrêtée. Allez, circulez, y’a rien à voir ! »


La suite ICI : link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 00:09

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Le narrateur dans un roman peut tout se permettre car comme l’écrivait Mark Twain « La réalité dépasse la fiction, car la fiction doit contenir la vraisemblance, mais non pas de la réalité.  »


Ce matin je vous propose 2 courts textes de fiction :


-         le premier tiré du prix Goncourt Les Bienveillantes (lire ma chronique du 16 avril 2007 « âmes sensibles s'abstenir absolument » link


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Le narrateur le Stümbannfhurer Aue, dans la débâcle, réfugié seul dans la maison de son beau-frère, entre ses rêves fous, s'y révèle être un amateur et un connaisseur de Bordeaux.


« Pendant qu'elle cuisinait, je descendis chercher du vin dans la longue cave voutée, poussiéreuse, emplie d'une agréable odeur de terre humide. Il y avait là des centaines de bouteilles, parfois très vieilles, je devais souffler la poussière pour lire les étiquettes, dont certaines étaient entièrement moisies. Je choisis les meilleures bouteilles sans la moindre gêne, ce n'était pas la peine de laisser de tels trésors à Ivan, de toute façon il n'appréciait que la vodka, je trouvai un château margaux 1900 et je pris un ausone de la même année ainsi que, un peu au hasard, un graves, un haut-brion de 1923. Bien plus tard, j'ai compris que c'était une erreur, 1923 ne fut pas vraiment une grande année, j'aurais mieux fait de choisir le 1921, nettement meilleur. J'ouvris le margaux tandis que Käthe servait le repas (...)


« Dans cette lumière chaude et vacillante je voyais et entendais parfaitement notre conversation qui occupait mon esprit tandis que je mangeais et achevais la bouteille de ce bordeaux onctueux opulent, fabuleux (...)


« J'avais terminé le margaux, j'étais légèrement gris, je débouchai le saint-émilion, changeai nos verres, et fis goûter le vin à Von Üxküll. Il regardait l'étiquette. « Je me souviens de cette bouteille. C'est un cardinal romain qui me l'a envoyée. Nous avions eu une longue discussion sur le rôle des Juifs. Il soutenait la très catholique proposition qu'il faut opprimer les Juifs mais les garder comme témoins de la vérité du Christ, position que j'ai toujours trouvé absurde. Je crois d'ailleurs qu'il la défendait plutôt pour le plaisir de la dispute, c'était un jésuite (...)


« Je goûtai enfin le vin : il sentait la girofle rôtie et un peu le café, je le trouvai plus ample que le margaux, doux, rond et exquis (...)


-         le second est l’œuvre d’Olivier Rolin « En révolutions sur le périphérique, Olivier Rolin, trente ans après, raconte à sa jeune passagère les années Mao, quand il était le bras armé de la Gauche prolétarienne. Le «Tigre en papier» n'est pas toujours celui qu'on croit. » link « Le livre dit «tu», apparemment au prétexte de l'adresse à la jeune fille, mais ce «tu» est un «je» superlatif, il s'invective lui-même, comme une manière gourmande de se dire «je», une épreuve de vérité pour visiter un temps où seul le «nous» était de mise. Des années et des années pour se donner le droit de parler d'amour et de beauté. Avec amour et dans une langue de toute beauté. »


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« Une fois, tu te souviens que vous aviez fait une grande réunion, un comité central ou quelque chose comme ça, dans une maison appartenant à une branche de la famille Rothschild. Carrément. La fille, étudiante à Vincennes, était sympathisante de la Cause. C'était du côté de Saint-Cloud, on voyait des golfeurs passer au loin sous des ombrages bleutés, des êtres irréels au fin fond de pelouses avec des massifs de fleurs comme des îles tropicales. Quand il n'est pas haineux, le petit bourgeois est craintif : vous étiez plutôt épatés, impressionnés, craignant de casser quelque chose. Dans vos petits souliers. Mais pas les prolos. Il y avait là Pombalière, Momo Mange-Serrures, Reureu l'Hirsute, la bande d'Issy. Très à l'aise, eux. A leur affaire. Ils avaient fracturé la porte de la cave (Momo tirait son surnom de ses dispositions dans ce domaine) et fauché des dizaines de bouteilles. Des mouton-rothschild, des pétrus, des haut-brion, rien que des bordeaux hors de prix, mais ils n'avaient pas la moindre idée des trésors que c'était. Ils trouvaient que les bouteilles, toutes poussiéreuses, étaient « mal entretenues ». Elles leur salissaient les doigts, à ces délicats... Des richards pareils, ils auraient quand même pu payer quelqu'un pour les épousseter, à leur avis... Ils se doutaient que pour arroser le calendos du matin, ce serait mieux que le Gévéor (ou le Kiravi) en litres étoilés qu'ils s'envoyaient d'habitude, c'est tout. »

 

Château Ausone 1900

« Ne dit-on pas d'un vin qu'il ressemble toujours à son propriétaire ? Cette idée n'a jamais été aussi vraie qu'à Ausone, où l'excellence de la production reflète l'intarissable souci d'exigence d'Alain Vauthier, co-directeur du domaine pendant de nombreuses années et unique propriétaire depuis 1997 » link 


Par JACQUES BERTHOMEAU
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Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 09:00

Le grand Brel chantait…


Nous étions deux amis et Fanette m'aimait

La plage était déserte et dormait sous juillet

Si elles s'en souviennent les vagues vous diront

Combien pour la Fanette j'ai chanté de chansons (…)

 

Nous étions deux amis et Fanette l'aimait

La place est déserte et pleure sous juillet

Et le soir quelquefois

Quand les vagues s'arrêtent

J'entends comme une voix

J'entends... c'est la Fanette...


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Le président (à droite) et le directeur (à gauche) entourent le cuisinier Cédric Mazenq.

© D. R.

 

 

Comparaison n’est pas raison mais la raison en amour n’est pas souvent de saison. Je suis un grand sentimental et lorsque je lis dans le Midi Libre link « Le jovial président de la coopé, Patrick de Hoÿm de Marien et Bernard Pueyo, qui la dirige, les accueillent. Les deux hommes sont complices depuis une trentaine d'années. Pourtant, ce n'était pas gagné. Le premier affiche des sympathies royalistes et le second n'a d'yeux que pour José Bové et Daniel Cohn-Bendit ! À des années-lumière l'un de l'autre mais dynamiques et inventifs, ils ont réussi à hisser la coopé au sommet de la hiérarchie des Corbières. » je ne puis m’empêcher de penser au troisième larron : Vincent Pousson qui lui se vivait comme un « hussard »* à la Roger Nimier.


C’est la conjugaison des talents de ces 3 hommes, si différents, qui a hissé la coopé d’Embres&Castelmaure au sommet de la hiérarchie des Corbières. Ne pas le reconnaître serait injuste et malhonnête. L’amitié de Patrick de Hoÿm de Marien et de Vincent Pousson s’est fracassée sur une histoire d’hommes, ce n’est ni le lieu, ni le moment d’en faire ici état. Les thuriféraires de Vincent m’ont accusé de prendre parti et lui-même m’a classé dans les indésirables, ce que je comprends parfaitement.


Le passé ne s’efface pas d’un trait de plume, je suis fidèle en amitié et par-delà les différends, même importants, je ne retourne pas ma veste. Chacun porte ses secrets et ses contradictions, c’est l’intime et il doit être respecté. J’adore l’amer mais je ne supporte guère l’amertume, alors j’ai tourné la page : chacun suit sa route et la vie continue.


Bon vent au « food truck » de la coopé d’Embres&Castelmaure et à Vincent Pousson dans ses nouvelles aventures… 

 

* Les Hussards désignent un courant littéraire français qui, dans les années 1950 et 60, s'opposa aux existentialistes et à la figure de l'intellectuel engagé qu'incarnait Jean-Paul Sartre. Le roman de Roger Nimier Le Hussard bleu a donné son nom au mouvement.

 

Lire ma chronique du vendredi 13 janvier 2012 (Vincent ne tenait pas de blog à cette époque donc ne voyez aucune malice à son égard dans le titre) « Il faut vivre sous le signe d’une désinvolture panique, ne rien prendre au sérieux, tout prendre au tragique… » Bloggeur, n’est pas Nimier qui veux ! link


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 00:09

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Les amateurs de buzz ont twitté à mort, les gausseurs se sont gaussés grave, ils sont prêts à gober n’importe quel fake qui apporte de l’eau à leur petit moulin : pensez-donc qu’une grande marque de champagne se vautrât dans un truc qui fleurait bon la pharmacie, quelle aubaine !


Franchement il faut vraiment être plus con que la moyenne pour mordre à un tel appât. Ne leur en déplaise le champagne reste une AOC, imaginer une seule seconde l’émergence d’un tel procédé relève vraiment d’une inculture incurable. D’ailleurs, il suffisait de surfer sur le site link pour le vérifier.


Mais me direz-vous qui a bien pu fabriquer un tel fake ?


Une agence de création russe Firma link est derrière cette initiative.

 

Mais pourquoi diable imaginer le design d'un produit qui n'existe pas ?

 

Pour faire parler d’elle bien sûr et le coup a réussi !


Je souhaite beaucoup de plaisir au Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) qui mène une enquête pour identifier l'origine exacte de cette fausse publicité. 


« À partir de la deuxième moitié du XXe siècle avec l’avènement de la société du spectacle, la distinction entre le vrai et le fiction, entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, est devenue toujours plus ténue et difficile à définir avec précision. Si en 1967, Guy Debord pointait la télévision comme l’un des principaux responsables de ce phénomène, les choses ne se sont pas améliorées dans les années suivantes, en particulier avec l’avènement de la toile (…) dans les années 90 qui a favorisé l’arrivée du phénomène du « fake », enraciné d’abord dans l’activisme politique et artistique…


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L’expression consacrée par Peter Steiner paru dans le New Yorker du 5 juillet 1993 «On the Internet, nobody knows you're a dog» « Sur Internet, personne ne sait que tu es un chien »). Les premiers usagers du réseau avaient adopté cette pratique de création d’identités fictives derrière lesquelles ils cachaient leur activité online. » Matteo Cremonesi Pr de cybernétique à l’académie de Brera et de Net art à la Nouvelle Académie des Beaux-Arts de Milan.


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Les années 90 virent exploser le phénomène du fake, ou création de fausses narrations capables de générer d’ultérieurs court-circuit dans la distinction entre la réalité et la fiction. Le fake, utilisé comme instrument pour s’infiltrer dans le système, a éclot dans le terrain fertile de l’activisme politique et artistique, est récupéré par des « créateurs » qui veulent se faire un nom en foutant le bordel.


Ils ont réussi !

 

Lire ICI link « Ce baiser n’existe pas. C’est le rêve d’une photographe italienne » 

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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 00:09

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Le politically correct exclut toute représentation de nos dirigeants un verre à la main et, plus encore, un cigare au bec comme Churchill ou une cigarette à la main comme de Gaulle pendant qu’il était à Londres.


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Le dernier dirigeant connu qui s’exhiba bourré fut Boris Eltsine.


Nicolas était sobre comme un chameau alors que François ne crache pas sur le jaja mais, comme il fait du scooter, c’est avec modération.

  

Mais revenons à Churchill qui commençait « son dîner par du champagne, et se terminait de même. Il croyait fermement à sa valeur thérapeutique, comme il l'avait d'ailleurs écrit lui-même quarante ans plus tôt. Il y aura donc beaucoup de dégustation jusqu'à la fin du repas. Après quoi le porto arrive, en même temps que le fromage; et puis après, bien sûr, il y a le cognac. Avec tout cela, plus du café et des cigares, Churchill est en mesure de tenir jusqu'à 22 heures.


Pendant toute sa vie Churchill aimera le whisky. Son majordome Norman Mcgowen se souvient : « Une heure après son petit déjeuner je lui servais son premier verre de whisky-soda. Le verre n'était jamais vide pendant la journée mais il buvait très lentement, distrait, un verre suffisait pour deux heures ». Le whisky est dilué avec beaucoup de soda et les glaçons sont fondus.  Après le repas Churchill prend du porto et du brandy. Il n'évite pas le Champagne qu'il aime bien. Winston Churchill boit beaucoup d'alcool. « Pour lui un repas sans vin n'est pas un repas », racontaient ceux qui le connaissaient. Or, personne ne l'a vu ivre.


« Churchill se permet à l'âge de 88 ans un repas à l'hôtel « Savoy » : huîtres et Champagne, ensuite une soupe purée en pois verts et un verre de xérès suivis de filet de flétan à la sauce crémeuse avec du Pouilly-Fuis. Churchill ne dédaigne pas non plus du filet de bœuf Wellington aux carottes et aux pommes de terre avec du Bourgogne. Et comme dessert - une crème brûlée avec un verre de Madère. Il commande encore du fromage Stilton avec du vieux porto. Un cigare et un cognac couronnent ce repas copieux. Avant d'aller se coucher Churchill prend invariablement une tasse de consommé froid. »


Maintenant revenons aux Bourguignons qui n’ont jamais aimé sucer des glaçons en faisant un détour par le Moyen Age via le livre de Eric Birlouez A la table du Moyen Âge 


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« Quel que soit son statut social (seigneur, moine ou paysan) l’homme médiéval consomme beaucoup de vin, particulièrement dans les régions qui en produisent, on estime à un litre par jour minimum, et le plus souvent un litre et demi à deux litres, la consommation moyenne par habitant, c’est-à-dire en comptant les femmes et les enfants. Certes en raison de procédés de vinification peu élaborés, ce breuvage était moins alcoolisé que celui que nous buvons de nos jours (entre 7 et 10° probablement). Pour autant, nombreux étaient ceux qui en consommaient sans modération, y compris (et peut-être surtout) chez les « puissants » : ce fut, entre autres, le cas de Philippe auguste,  de Jean sans Terre ou encore du duc de Bourgogne Charles le téméraire qui, dit-on,  était ivre un jour sur deux. »


Les hommes du Moyen Age ont planté de la vigne partout, y compris en des lieux improbables, en Angleterre et en Ecosse ainsi que les régions de Lille et de Bruxelles. Pourquoi une telle obstination ? « Les importantes surfaces en vigne enregistrées dans le nord de la France et en Europe septentrionale répondaient surtout à la volonté de consommer une boisson fermentée jugée plus prestigieuse que la bière, le cidre ou le poiré. » Les bourgeois aisés des villes désiraient boire « leur vin » ce qui stimula les plantations dans la cité ou aux portes de celle-ci. Enfin, n’oublions que l’eau à cette époque n’était guère potable, l’ajout de vin la purifiait.


Les vins bus en France à cette époque étaient majoritairement blancs, légers et acides. « L’acidité est une saveur très appréciée à cette époque comme en atteste l’emploi très fréquent de verjus. » Cependant, au fil du temps, le statut du vin rouge s’amplifie, mais ce sont des clairets vermeille et léger.


Au Moyen Age les vins étaient servis au cours des réceptions, banquets et festins, apanage des seigneurs et des bourgeois aisés. Ceux-ci avaient une fonction de distinction très marquée « offrir à des invités en grand nombre et de rang social élevé un repas d’exception, où les mets servis sont multiples, variés, abondants, raffinés et si possible spectaculaires, est l’occasion de manifester l’étendue de son pouvoir, de faire étalage de sa richesse, de renforcer son prestige. »


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Ainsi au XVe siècle, la cour de Bourgogne était connue pour son luxueux train de vie et la somptuosité de ses banquets. Le fameux Banquet du Faisan, qui se déroula à  Lille en 17 février 1454, en constitua une sorte d’apothéose. Ce festin n’était rien d’autre qu’un instrument de propagande politique. »


Pourquoi Lille ?


« A l’époque du Banquet du Faisan, Lille est l’une des trois villes où siègent des institutions administratives de l’Etat bourguignon, avec Dijon et Bruxelles. Elle est alors le siège de la Chambre des Comptes de l’Etat bourguignon. Le Banquet se tient dans l’Hôtel de la Salle de Lille »


« Lille est entré dans l’héritage des ducs de Bourgogne par le mariage de Philippe le Hardi (dernier fils du roi de France Jean le Bon) avec la fille du Comte de Flandre Louis de Male. Si Lille relevait du Comté de Flandre, elle n’a jamais été une ville flamande au sens linguistique de ce terme : dès son apparition dans l’Histoire, la frontière linguistique entre parlers romans (issus du latin) et thiois (germaniques) passe à l’ouest de Lille, à peu près le long de la Lys. C’est à Lille que se tinrent deux chapitres (=réunions) de l’Ordre de la Toison d’Or, en 1431 et 1436 ; cet ordre avait fondé à Bruges en 1430 par le duc de Bourgogne lors de son mariage. Par cette fondation qui répond à des préoccupations religieuses, le duc de Bourgogne s’affirme aussi comme l’égal des autres souverains, rois ou autres, fondateurs d’ordres. »


Le vœu du faisan ?


« A cette occasion, des convives émirent le vœu d’aller délivrer Constantinople prise par les Turcs l’année précédente »


Voir le récit détaillé du chroniqueur Matthieu de Coussy link

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Lundi 4 août 2014 1 04 /08 /Août /2014 00:09

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Dans cette chronique iodée, ventée, je ne listerai pas les idées reçues sur la Bretagne, car Historia et Ouest-France l’ont fait bien mieux que moi avant moi dans un numéro spécial en 2012. Mon entreprise, en plein cœur de l’été, alors que des milliers d’adorateurs du dieu soleil vont s’entasser tels des sardines sur les plages du Sud pour rôtir à point, est bien plus conviviale.


Ma chronique est une dédicace amicale à deux de mes amies, Isabelle et Marie, qui à l’heure où je l’écris séjournent dans le Finistère qui est le bout du monde, le nôtre. En l’écrivant j’écoute les Innocents chanter « L'autre Finistère » puis Bella Ciao par Goran Bregovic.


Comme je les aime beaucoup et que je suis soucieux de leur bien-être j’ai décidé de leur offrir « Le Meilleur de la cuisine bretonne » non pour qu’elles me fissent à l’occasion la cuisine, ce qui constituerait de ma part une sérieuse maladresse eu égard à leur féminisme de bon aloi, mais pour tout bêtement jouer avec les mots.


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Mon titre en est la plus belle preuve puisque la « demoiselle » est le surnom breton donné à la langoustine.


Ça c’est pour l’entrée et le plat de la mer.


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Pour le plat de résistance j’ai choisi le Kig ha farz qui est le « pot-au-feu » breton et bien sûr le plat de la terre.


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En dessert, ce sera les Pommes sautées au chouchen ou la salade de fraises de Plougastel au vin rouge.


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Le chouchen est le nom breton de l’hydromel, une boisson alcoolisée obtenue par la fermentation d miel dans du jus de pomme.


C’est au XVIIIe siècle qu’un explorateur au nom prédestiné, Amédée Antoine Prézier, introduisit en France des plants de fraisiers du Chili et s’installa à Brest. La région de Plougastel, se consacra progressivement à la culture de ce fruit fragile.


Mission accomplie, Marie rentre de Crozon et Isabelle profite du bon air dans le Finistère…


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Bon appétit et large soif à tous…

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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