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Jeudi 1 janvier 2015 4 01 /01 /Jan /2015 00:09

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Former des vœux pour chaque nouvel an c’est un peu faire du Chirac qui, comme l’écrivait perfidement Françoise Giroud, grande experte en perfidie, a le don d’enchaîner des phrases creuses, en arabesques bien balancées où il semble qu’il suffirait de changer deux mots ici, trois là, pour que le texte serve indifféremment à ouvrir un banquet, enterrer un illustre défunt, inaugurer une foire ou décerner une Légion d’honneur. »


Le pire c’est la carte pré-imprimée façon écrit à la main envoyée en nombre.

 

Alors en reprenant mon titre qui est une citation de Théodore Zeldin que je n’ai pu transcrire dans son intégralité « Aussi, comme ceux qui ont le pouvoir ou l’autorité se révèlent incapables de bouger pour nous des montagnes qu’il faudrait déplacer, voyons ce que nous sommes à même de faire par nous-mêmes, grâce à notre cerveau et notre langue » je forme pour 2015 un seul vœu : arrêtons de râler, prenons-nous en mains !


Pour bien débuter 2015, 500e anniversaire de la bataille de Marignan chère à mon cœur d’écolier, je vous propose quelques pensées ou saillies sur notre nouveau dieu le pognon...

 

Georges Feydeau


« Si l’argent ne fait pas le bonheur, pourquoi les riches y tiennent tant. » 

 

Burt Lancaster


« Quand mes parents émigrèrent d’Irlande pour chercher fortune en  Amérique, ils vivaient avec l’idée que, là-bas, les rues étaient pavées d’or. Dès son arrivée, mon père fit trois constatations :

1)     Les rues n’étaient pas pavées d’or.

2)   Elles n’étaient même pas pavées du tout.

3)   Pour les paver, on comptait sur lui. »


Thomas Jefferson


 « Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques  et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants de réveilleront sans maison et sans toit sur la terre que leurs parents ont conquise. »


Charles de Gaulle


« Je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes. Je n’aime pas  les MRP parce qu’ils sont MRP (ndlr les démocrates-chrétiens). Je n’aime pas mes partisans parce qu’ils aiment l’argent. »


Auguste Detœuf industriel


« Les économistes ont raison : le capital est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent »


Alfred Sauvy


« La charité  a toujours soulagé la conscience des riches, bien avant de soulager l’estomac des pauvres. »


Ambrose Bierce


« Occident : partie du monde qui se trouve à l’est ou à l’ouest de l’Orient. Elle est principalement habitée par les chrétiens, puissante sous-tribut des Hypocrites, dont les principales activités sont le meurtre et l’escroquerie, qu’ils se complaisent à appeler « guerre » et « commerce ». Celles-ci étant également les principales activités de l’Orient. »


Louis Calaferte


« Bourré de fric, vivant comme le pire des bourgeois, servi par les domestiques, Claudel ose écrire : « À la gloire de la Pauvreté, jamais de temples assez magnifiques ! » La putasserie catholique est sans bornes. »



Je m’arrête là car, comme l’écrivait très justement ce vieux salonard de Paul Morand, « Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes. »


Alors, en ce 1er janvier, faites pour le mieux afin que tout le reste de cette nouvelle année soit à la hauteur de vos souhaits, c’est tout le bonheur que je vous souhaite… 

 

Pour la chute de cette chronique, qui aligne les citations comme des saucisses de Strasbourg (clin d'oeil à ), une petite dernière pour la route de Francis Picabia  : «Ceux qui médisent derrière mon dos, mon cul les contemple.»

 


 


 

Le crédit photo : Petit musée de la carte de vœux ancienne link


L'argent ne fait pas le bonheur par kiri74

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 31 décembre 2014 3 31 /12 /Déc /2014 00:09

Je me dois, en ce dernier jour de l’année 2015, pour réparer tous les outrages que j’ai infligés, sur cet espace de liberté, aux grands amateurs des grands vins, de leur faire une proposition honnête qui n’a rien d’indécente : s’offrir la Rolls des couteaux : le French Army knife !


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Qu’est-ce donc que cette arme d’un 3e type ?


La forme la plus aboutie du tire-bouchon.


« La seule arme que je tolère, c'est le tire-bouchon ! » proclamait ce diable de Jean Carmet.


Alors grâce soit rendu à Jean-Loup Chiflet d’avoir attribué la  palme du dessin le plus drôle de l’album « La France et les Français » du New Yorker à l’extraordinaire « French Army Knife » qui représente le fameux couteau suisse version « douze tire-bouchons »


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Le must absolu !


Alors si ça vous dit d’afficher sur votre lieu de travail, sans encourir les foudres de la loi Evin, ou dans votre salle à manger, rien que pour épater votre beau-père qui connaît tout sur le vin, cet objet emblème  de notre génie national, je vous propose de vous rendre ICI link  et de passer commande.

 

Vous pouvez aussi vous offrir ou offrir l'album de Jean-Loup Chiflet Aux Arènes 24,80 euros c'est un bijou d'humour vache et tendre de nos amis étasuniens. 


Bon réveillon, faites un sort à vos belles quilles et à l’année prochaine sur mes lignes pour de nouvelles aventures…

 

Michael Crawford link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 30 décembre 2014 2 30 /12 /Déc /2014 00:09

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Certes le titre de ma chronique est un chouïa tiré par la crête mais c’est de saison puisque celle de la poularde de Bresse de Noël est belle, simple et bien dentelée.


La poularde est une femelle de race blanche, plus précisément La Blanche dite de Bény, âgée de 140 jours minimum, à maturité sexuelle ayant constitué sa chaîne d'œufs mais n'étant pas encore entrée en cycle de ponte. Deux autres races sont admises : la noire dite de Louhans et la grise dite de Bourg mais elles  ne se rencontrent qu'à titre exceptionnel dans la zone délimitée.


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Le choix des poulettes est très important, l'éleveur y porte une attention particulière en ne conservant que les femelles les mieux conformées, les plus rondes et les plus lourdes. Leur finition en épinette est prolongée par rapport à celle des poulets et nécessite une surveillance accrue afin d'éviter l'entrée en ponte. Au final, la poularde présente une qualité gustative particulière liée à son état d'engraissement plus avancé qui lui procure une chair tendre et juteuse.


« On distingue trois moments dans l'élevage - la castration (chez le sujet mâle), le passage en épinette, le roulage (ou emmaillotement) - qui marquent la volonté de différencier, par la graisse, les chapons et les poulardes des autres volailles de leur espèce. »


« La graisse, résultat de la prochaine et dernière étape, l'engraissement, tient beaucoup plus au travail de l'éleveur. Elle s'élabore dans une enceinte bien close, l'épinette, qu'il contrôle entièrement. C'est là que l'on raffine pour fabriquer, en déformant la nature, un onctueux embonpoint. Après la période en liberté, les poulets sont donc placés dans des cages en bois montées sur pieds et divisées en compartiments, réunies dans une salle sombre et calme, à proximité du foyer. Ils y séjournent pendant huit à quinze jours. Mais, juste avant de les enfermer, l'éleveur a bagué chaque poulet. La bague porte son nom, son adresse et le nom Bresse. De même, il a coupé les pointes des ongles des poulets pour éviter qu'ils ne se griffent. « Une griffure c'est un déclassement, ce n'est plus un objet parfait » (un éleveur). »


« Vous avez envie de la caresser, parce que la peau est belle, la pigmentation de la peau est belle, la couleur est belle, la couleur du gras est belle. Tout ça, ça vous donne déjà envie à l'œil et envie de caresser cette bête, qui est magnifique à l'œil » (un boucher parisien) »


La plumaison est donc une pratique délicate. Le poulet est d'abord plongé dans de l'eau chaude. Puis les grosses plumes sont enlevées par une plumeuse pourvue de disques qui, en tournant de façon excentrique, arrachent les plumes sans que la peau soit touchée. Le duvet est ensuite retiré soigneusement à la main. Seuls le cou et la tête restent emplumés. Cette « collerette » blanche doit être belle, un grand séchoir l'attend dans une petite salle de l'abattoir. »


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Lire : La volaille de Bresse : un « objet parfait» de Sandra Frossard-Urbano link


Au Point, les gars du vin y se bougent le croupion pour aller chercher du lectorat sur la Toile et le compère du frère Jacques Dupont, Olivier Bompas, se tape lui aussi une poularde de Bresse. Il écrit :


« Nourri de céréales, de riz, de mie de pain et de lait, en plein air et durant au moins deux fois plus de temps qu'en élevage intensif, chapons et poulardes de Bresse sont ensuite engraissés en épinettes, sorte de petites cages en bois. Après abattage, plumage et apprêt sont effectués à la main avec une précision d'orfèvre, jusqu'au roulage qui consiste à emmailloter fermement chaque volaille dans une toile afin de favoriser une répartition uniforme de la graisse. » 


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Le roulage : « les pattes et les ailes sont collées au corps de la volaille en position naturelle dans une toile d'origine végétale constituée de lin, de coton ou de chanvre cousue de façon que la volaille soit entièrement emmaillotée , à l'exception du cou dont le tiers supérieur est laissé emplumé »


Bompas bon prince donne de bons conseils : « L'essentiel réside ensuite dans la cuisson. L'une des « écoles », celle qui a notre préférence, préconise de les rôtir au four, longtemps et à une température relativement basse (160 °). Cette méthode évite le « coup de chaleur » qui fait fondre trop rapidement la précieuse graisse, véritable support de parfums et de saveurs. Retournée sur le ventre à mi-cuisson, afin d'éviter le dessèchement des filets (les blancs), ces volailles d'exception offrent une chair fondante et une peau craquante, relevées d'un savoureux jus de cuisson. »


Bien sûr notre Olivier assure le service du vin ICI : link mais je reprends la main car votre Taulier cuisinier se fait toujours une belle poularde roulée Miéral pour le réveillon de Noël.


Il l’aime lourde, qui a pris tout son temps, bien en gras, dodue donc, l’onctueux embonpoint. Il se l’est fait démailloter et préparer par son boucher. At home, dans son four à chaleur tournante, il l’embroche pour la rôtir à petit feu tel un chauffeur du Moyen Âge. Doucement le gras fond, la peau se dore, la chair exalte ses saveurs. La découpe est facile, ensuite la simplicité prime : la poularde est accompagnée de galettes de pomme de terre, que j’ai pétries avec de la farine de châtaigne, et des châtaignes nature. Bien sûr, je recueille dans une saucière le bon suc translucide que ma poularde bressane a distillée au cours de sa lente cuisson.


Voilà c’est écrit.


Avec ma belle poularde de Bresse dorée j’ai servi 1 Côte de Nuits-Villages vieilles vignes Viola odorata 2012 de Claire Naudin.


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Un mariage réussi !


Histoire d'une Reine, Histoire d'une volaille, histoire de la Reine de la volaille 

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Caractéristiques de la poularde de Bresse (cahier des charges link )

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A l'âge adulte, les animaux présentent les caractères extérieurs spécifiques suivants :


― le plumage est entièrement blanc, y compris le camail (plume du cou) ;


― les pattes sont fines, entièrement lisses, bleues ou bleutées, à 4 doigts, pouce simple ;


― la crête est simple à grandes dentelures ;


― les barbillons rouges ;


― les oreillons sont blancs ou sablés de rouge ;


― la peau est fine et la chair blanche.


Les volailles abattues doivent être bien en chair, avec filets développés ; leur peau doit être nette, sans sicots, sans déchirures, meurtrissures ou colorations anormales ; leur engraissement doit rendre invisible l'arête dorsale ; la forme naturelle du bréchet ne doit pas être modifiée. Les membres doivent être exempts de fracture. La collerette de plumes conservée sur le tiers supérieur du cou doit être propre. Les pattes doivent être débarrassées de toute souillure.

 

Voir photos ICI : link


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« Georges Blanc, chef triplement étoilé et président du comité interprofessionnel de la volaille de Bresse, est l'ambassadeur infatigable de ces gallinacés hors-classe. Sous son autorité, un jury d'expert récompense chaque année les plus beaux spécimens à l'occasion des Glorieuses de Bresse link, quatre concours au cours desquels les producteurs présentent, depuis 1862, le résultat d'un an de travail. Tous espèrent repartir avec le "Grand Prix d'honneur", le vase de Sèvres du président de la République. »


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Lundi 29 décembre 2014 1 29 /12 /Déc /2014 00:09

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Dernière semaine avant la chute de l’an 2000 le quatorzième, alors ne croyez pas que dans ma tanière du 14e je vais me décarcasser. « La paresse, c’est se lever à six heures du matin pour avoir plus de temps à ne rien faire » notait avec justesse Tristan Bernard.

 

Je pratique assidument.


Pour preuve ce matin  3 clichés :


-         Déjà vu chronique de décembre 2009 « Je goûte le charme des femmes assises bien plus que le vin... et c’est David Cobbold qui en est la cause... » link


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-         Déjà bu : Noël 2014


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-         Déjà lu : Noël 2014 Thomas Piketty link


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Cherchez l’intrus !

 

Saul Steinberg link


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Dimanche 28 décembre 2014 7 28 /12 /Déc /2014 00:09

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Noël c’est la trêve, les enfants d’abord ! Dans sa Saab Émie a mis le cap sur l’Ouest pour aller rejoindre sa famille. Sitôt partie elle me manque déjà alors je me noie dans le travail et il ne manque pas avec le grand retour de notre petit Nicolas l’homme qui, selon son ancien porte-plume Henri Guaino, avait déjà sauvé la « démocratie dans le monde » va de conférences en conférences à 2 balles, payées au prix du caviar, pour se tresser des lauriers que ses compatriotes se refusent obstinément à lui décerner. Pensez-donc, les Français préfèrent le retour de la Ségolène au gouvernement au sien dans la pétaudière de l’UMP. Il aurait pu s’en douter s’il écoutait autre que lui-même. Notre travail porte ses fruit puisque notre enregistrement audio de sa conférence à Séoul le 14 octobre, dont le verbatim intégral vient d’être publié par le site Médiapart, le samedi 20 décembre, nous révèle la stupéfiante nouvelle notre petit Nicolas a été, selon ses dires, à l'origine de la création de l'organisation regroupant les économies les plus puissantes de la planète.


Oui, sachez-le : Nicolas Sarkozy a créé le G20. Celui qui n'était alors qu’un humble aspirant à la succession du petit roquet de Meaux à la tête de l'UMP, invité du World Knowledge Forum, réunissant tous les ans dans la capitale sud-coréenne un parterre de 900 invités qui se croient importants, traitant d’un thème qui lui va comme un gant : « Revigorer l’économie mondiale », au détour d'une question de l'homme d'affaires coréen Chang Dae-whan, a modestement déclaré « Quand j’ai créé le G20, Ban Ki-Moon m’a demandé : « Pourquoi crées-tu une organisation concurrente aux Nations unies ?' Et je lui avais dit que ce n’était pas une concurrence, mais que les Nations unies, avec la règle de l’unanimité, ne pouvaient plus arbitrer les grandes questions du monde. » Il  poursuit son propos en expliquant que « la grande réforme du G20 nécessaire, c’est de passer dela règle de la décision à l’unanimité à la majorité ». Emballement passager dans une enceinte emplie de gens somnolents, certes le G20 a été créé en 1999, « en réponse aux crises financières qui ont frappé les pays émergents à la fin des années 1990 », sous l'impulsion de Paul Martin, alors ministre canadien de l'économie. À l'époque, notre sauveur du monde libre n’était que député des Hauts-de-Seine, maire de Neuilly, ancien ministre d'Édouard Balladur et l’époux de Cécilia. Très honorable CV certes, mais loin de ce leadership mondial dont il rêve  du haut de ses talonnettes. Rendons au césarillon de Neuilly ce qui lui appartient en propre, en 2008, en tant que président de la République et exerçant la présidence tournante de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a en effet joué un  rôle important dans la transformation du G20 qui, jusqu'alors ne se  réunissait qu’une fois par an, avec pour membres les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des pays industrialisés et des pays émergents. C’est pour répondre à la crise économique et financière de 2008, qu’il se transforme en réunions des chefs d'État ou de gouvernement des États membres du G20, à l'initiative de la France et de Nicolas Sarkozy, mais aussi de Gordon Brown, Premier ministre britannique de l'époque.


Notre conférencier pour dames patronnesses s’est aussi épanché sur « la différence entre les pragmatiques et les intellectuels. Parce que les pragmatiques, ils créent des richesses, les intellectuels, ils vous expliquent comment on aurait pu créer plus de richesses » Dans son français de forteresse-volante il bombarde ceux « qui savent vous expliquer comment on aurait pu faire », les économistes par exemple pour mieux mettre en valeur les hommes de sa trempe « qui agissent et prennent des décisions » Pauvre Christine Lagarde et ses gnomes de Bercy, rien que des va-de-la-gueules. Normal, notre génie de Neuilly conclut, en toute simplicité : « Quand vous êtes chef de l’État et qu’il y a une crise, faut prendre des décisions, faut être rapide. Bon, peut-être que parfois, quand on est trop intelligent, c’est un problème. » Notons que c’est le même  qui sous les cris des partisans du mariage pour tous a reculé et capitulé sans condition. Juppé pendant ce temps-là se lisse son crane d’œuf. Les sarkozystes ont beau dire « qu’il sera rattrapé par ses faiblesses congénitales, qu’il n’est pas de la race des chefs de guerre qui savent s’entourer de tueurs prêts à tout ; il n’aurait pas en lui cette soif irrépressible de pouvoir qui permet de supporter la violence et toutes les bassesses du combat politique. » Ils oublient que Juppé est passé par des épreuves lourdes lorsqu’il a été condamné en lieu et place de l’ancien maire de Paris et qu’il a été à la bonne école de la chiraquie. Ce n’est pas un perdreau de l’année. Du côté des dîners en ville nous répandons notre petite musique qui fait un tabac auprès des anciens électeurs de Hollande. Ils osent, d’un ton définitif, affirmer cette surprenante profession de foi : «Moi, ce sera Juppé.» Oui, Alain Juppé, ce chiraquien hautain et cassant que la gauche a si longtemps combattu, l’homme qui confia jadis être poursuivi par «la tentation de Venise». Pas peu fier de son audace hérétique, l’électeur de gauche part du principe que les socialistes n’ont déjà plus aucune chance de se sortir du marasme et que le futur président sera le vainqueur de la «primaire ouverte» qui désignera, dès l’automne 2016, le candidat de la droite et du centre voué à affronter Marine Le Pen au second tour. » Dans l’entourage du Président de la République, on se dit «sidéré» par le nombre de personnes qui se laissent aller à la tentation de Juppé. Du côté Sarko, on se rassure comme on peut en pariant sur la puissance du clivage gauche-droite qui s’imposera et dissipera cette juppémania contre-nature.


Pour nous, hommes de l’opération Chartrons, commence une longue marche nourrie par l’analyse que la popularité hors norme de Juppé auprès des électeurs de gauche tient à ce qu’il est identifié comme étant la seule alternative possible au retour de Sarkozy et que par son positionnement politique, il est le seul à ne pas avoir cédé à la surenchère populiste sur la laïcité, l’Europe ou l’identité nationale. Il est en fait le meilleur rempart à un éventuel deuxième tour Sarkozy-Le Pen. Les analyses classiques tombent au fur et à mesure que la droite dure paraît en mesure de triompher. C’est un fait nouveau qui renforce la détermination et la sérénité du maire de Bordeaux.

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 28 décembre 2014 7 28 /12 /Déc /2014 00:09

« Bienvenue au pays du muscadet », indique un panneau à l’entrée du village Le Landreau, dans le vignoble, à une trentaine de kilomètres au sud-est Nantes, où vivent paisiblement 3 000 âmes. C’est là qu’habitait Virgile Porcher, dans une petite maison non loin du centre, depuis deux ans avec son ami Gaëtan, danseur également. »


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Virgile Porcher, fauché par une camionnette folle au marché de Noël de Nantes, qui a succombé à ses blessures « Ceinturon de cow-boy, chapeau Stetson noir, cravate texane et santiags aux pieds, « il était heureux quand il dansait » témoigne Iliade. Et il donnait du bonheur aux gens à travers la danse. « C’était toute sa vie. Il était très professionnel. Il avait la danse dans la peau. Il aimait ça, raconte Iliade, les sanglots dans la voix. Il avait une telle joie de vivre. C’est moche ce qui lui est arrivé, ainsi qu’à ses proches. »


Stéphanie LAMBERT dans Ouest-France, avec justesse et humanité,  raconte la mort brutale et forcément injuste d’un innocent. link


Alors moi le vieux baby-boomer, né en 1948, je lui dédie ces extraits de « Nous les enfants de 1948» de Capucine Vignaux consacré au be-bop et aux beatniks des années 50. Je sortais à peine du berceau.


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« Les jeunes d’alors sont bien décidés à s’amuser et à profiter de la vie. Survivre, ils l’ont déjà fait : maintenant c’est de vivre qu’il s’agit. Et ce, au rythme du jazz de la Nouvelle-Orléans, du boogie-woogie (« buji-wouji » pour les plus vieux) et du be-bop. Ils montent de petites formations, ménageant à  chacun un solo et improvisant avec audace. Mais la jeunesse jazzy est partagée…


-         Les sages ceux qui écoutent le « Panorama du jazz américain » de Sim Copans sur Paris-Inter,


-         Les « sauvages » qui y voient une « musique libre » et qui ont saccagé l’Olympia.


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« Le be-bop, on l’écoute avec un sérieux confinant à la déférence, ou bien on le danse en couple, vêtu de blue-jeans et baskets. Les filles sont parfois en jupe ample ou bien droite, longue et fendue jusqu’aux hanches. Pour les conservateurs, le jazz n’est pas une musique sensuelle  mais « sexuelle », et ses artistes n’arrivent pas à la cheville des musiciens classique […]


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« Il faut vivre vite car « si tu t’imagines, fillette fillette xa va xa va durer toujours la saison des za, la saison des za, saison des amours […] ce que tu te goures… » Chantait Gréco d’après le poème de Queneau. Lemarque et Mouloudji prêtent leur voix à Prévert, Queneau et Vian […] Au club Saint-Germain, au tabou, au Flore, on cache moins son homosexualité, et on ne respecte sûrement pas l’ordonnance de 1949 interdisant aux hommes de danser ensemble. »


Vous avait-il parlé de son souhait de donner ses organes ?


ESTELLE PORCHER sa sœur : Pas à moi, mais il en avait parlé à l’une de ses proches amies. Cette volonté d’aider, ça lui ressemble tellement. Il est mort, mais quelqu’un va vivre grâce à lui. L’hôpital de Nantes nous a dit que seulement 39 personnes avaient donné leurs organes cette année. C’est cette image qu’il faut garder de lui, quelqu’un prêt à tout pour aider les autres. Virgile était un trésor.


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 27 décembre 2014 6 27 /12 /Déc /2014 00:09

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Cette question extraite de la bible française du cartoon américain : les dessins du célèbre The New Yorker : la France et les Français vus par nos grands alliés étasuniens, que nous taxons assez facilement d’être arrogants, dominateurs, acculturés, au-delà de son ironie est très significative de l’image des vins français, celle de grands vins inaccessibles au commun des mortels.  


Cette question posée, à un brave restaurateur, par un couple d’étasuniens middle-class, débarqué dans notre vieux pays dans les années 60, peut paraître dépassée aujourd’hui en ce temps de mondialisation « heureuse » avec l’irruption des vins dit du Nouveau Monde qui ont démocratisés l’approche du vin.


Indéniablement les vins de marque australiens, chiliens, américains, privilégiant le cépage, la régularité, l’uniformité, ont créé, en Grande-Bretagne et aux USA, de nouveaux consommateurs, mais pour autant cette accessibilité du vin n’a guère modifié l’image du vin français, bien au contraire.


La césure entre les grands vins français, ou présumé tels, aux prix pharaoniques, et les autres, a amplifié et déformé plus encore cette image. Nous restons un pays d’une minorité de vins élitistes dominant une vaste plaine où se côtoient des vins excellents, souvent mal valorisés, et des vins sans grand caractère écoulés en grande majorité sur le territoire national, à prix modestes, par ce qu’il est convenu d’appeler la GD. La dilution et l’ambiguïté de nos AOC est la marque majeure de l’évolution des 25 dernières années.


Accessible :


Se dit de quelque chose (produit, service, loisir, etc.) que l'on peut s'offrir.


Se dit de quelque chose (livre, œuvre, art) que l'on peut comprendre.


Qui sont donc les classes moyennes ?


« Le concept de classes moyennes est vague. Les « classes moyennes supérieures » sont le plus souvent des couches aisées rebaptisées « moyennes » dans les années 2000 pour profiter des politiques de baisses d’impôts. Un grand nombre de commentateurs considèrent qu’une personne seule dont le revenu mensuel après impôts s’élève à 3 000 euros appartient au groupe moyen, alors qu’elle figure parmi les 10 % les plus favorisés.


Pour clarifier le débat, l’Observatoire des inégalités reprend le découpage suivant, identique à celui utilisé par le Credoc : les 30 % les plus démunis composent les catégories « modestes ». Les 20 % les plus riches composent les catégories « aisées ». Les classes « moyennes » se situent entre les 30 % les plus démunis et les 20 % les mieux rémunérés. Elles représentent 50 % de la population.


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Sans simplifier à l’extrême il m’est possible d’écrire que les classes moyennes françaises ont les moyens de s’offrir de bons vins (notion très subjective s’il en est mais qui recouvre une réalité objective de l’offre française de vin) mais que le problème essentiel tient à leur compréhension du vin.


Au risque de me faire enguirlander par les journalistes, critiques, blogueurs patentés du vin, je constate que la grande majorité d’entre eux ne s’adresse qu’aux amateurs, aux initiés, seuls 3% d'entre eux affirment bien maîtriser la connaissance du vin, quand 26% répondent assez et a l'opposé, 43% disent ne pas s'y connaître du tout. L'image du vin reste toujours élitiste puisque parmi les sondés qui maîtrisent la question, 43% sont cadres ou relèvent de professions libérales, contre 20% d'employés et 16% d'ouvriers. Outre cette différence sociale, le vin reste l'apanage des hommes, avec 33% de répondants qui savent ce dont ils parlent, contre 75% de femmes qui n'y connaissent rien.


C’est bien joli de se féliciter de la belle image globale du vin en France comme le fait Vin&Société mais il me semblerait plus pertinent de se pencher sur la réalité de l’offre des vins français, de ne pas se contenter de vivre sur le capital de notoriété d’une minorité bien dotée.


En France il est de bon ton de railler les grandes écoles dont sortent nos élites mais il n’empêche que dans le monde du vin la mode est aux Master Class…


Et si en 2015 nous étions un peu consuméristes dans le monde du vin français pour le rendre accessible à tous ceux qui peuvent se l’offrir en fonction de leurs moyens ?


Vœu pieux sans aucun doute…

 

Christopher Weyant link

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 26 décembre 2014 5 26 /12 /Déc /2014 00:09

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Ma mère était une excellente cuisinière au quotidien comme pour les grandes occasions : son beurre blanc, ses vols au vent, ses tartes… À Noël, bien évidemment, elle nous préparait une bûche.


Ce qui me fascinait dans la préparation de la bûche c’était le moment, ô combien délicat, où maman roulait le biscuit de génoise, qu’elle venait de tartiner d’une crème au beurre. Une fois l’opération effectuée c’était plus ludique : la couverture de la buche, à l’aide d’une douille chemin de fer, d’une fine couche de la crème au beurre chocolatée. Puis, venait la phase artistique : tracer des nervures pour faire genre écorce, poser la base d’une branche sciée, dessiner aux deux extrémités l’écorce de la bûche, enfin placer les petits champignons en meringue puis enfin le nain avec sa scie.


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De la bien belle ouvrage même si au final la bûche de maman n’était pas d’une grande légèreté (la crème au beurre) mais, en ces temps d’après restrictions, nos mères avaient la hantise de bien nous nourrir.


Maintenant nous consommons. Bien sûr la crise fait que « les Français dépenseront globalement moins cette année pour les fêtes de Noël mais ils vont préserver leurs budgets gastronomie et jouets, a déclaré mardi la secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Artisanat Carole Delga, au micro de France info.


Le budget global pour les dépenses liées aux fêtes de fin d'année est plutôt en baisse, de l'ordre de 4%," a indiqué la secrétaire d'Etat.


En revanche, pour tout ce qui est nourriture et jouets, c'est une progression. Il y aura certainement une hausse de plus de 3% des ventes de jouets », a-t-elle annoncé, en ajoutant que les produits made in France recevaient un bon accueil, notamment les jouets fabriqués dans le Jura.

Les traditions ne se perdent pas tout à fait mais du côté de la bûche de Noël, du moins à Paris, nous assistons à une surenchère des « pâtissiers stars » Pierre Hermé en tête. C’est une inflation de créations que vous pouvez découvrir en ouvrant le lien ci-contre Le Top des bûches de Noël 2014 des Chefs Pâtissiers à Paris link


Inflation aussi sur les prix avec une mention toute particulière à Pierre Hermé  avec Bûche de Noël 2014 by Pierre Hermé «Solstice d’hiver» Edition limitée à 55 exemplaires Tarif : 140 € à partir de 12 personnes.


Je dois vous avouer que ces compositions esthétisantes ne me font pas saliver et ne me donne pas envie de casser ma tirelire pour quelques bouchées de bûche de Noël.


Comme je n’ai guère la main pâtissière renouveler les gestes de maman pour faire sa bûche ne me tente pas. Alors, que faire ?


Chercher une bûche qui lui ressemblerait.


Je l’ai trouvé, dans son esprit chez Philippe Conticini à la Pâtisserie des Rêves  rue du Bac à quelques tours de roue de chez moi.


Il l’a baptisé : LA BÛCHE VINTAGE link


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« Avec son allure rappelant la bûche traditionnelle de notre enfance, cette création de Philippe Conticini est désormais un rendez-vous incontournable. Crème aux marrons, biscuit moelleux à la pâte de marron, nuage de crème chantilly, base croustillante à la vanille et fleur de sel, marron doux, compotée acidulée de griottes et « craquounet » à la fleur de sel. »


Vous allez me dire que je ne suis pas à une contradiction près car cette bûche, dans sa substance, n’a strictement rien à voir avec la buche de maman. La réponse est évidemment oui mais ce qui comptait pour moi c’était l’esprit, le geste de revisiter la bûche traditionnelle de Noël et ça Conticini le fait admirablement bien. Sa bûche dite vintage est d’une légèreté absolue, elle a fait l’unanimité.


Si Conticini est un grand pâtissier il lui faudra prendre des cours de logistique pour l’année prochaine : la distribution des commandes rue du Bac a relevé de l’improvisation proche du foutage de gueule : 1 heure d’attente face à de braves jeunes gens perdus dans un classeur bordélique. Le gag c’est que les clients qui n’avaient pas passé commande étaient servis, eux. Seul bon point, l’extrême patience des gens mais, pour le moins, Philippe Conticini nous doit autre chose que des plates excuses.

 

Mais la bûche de Noël d'où vient-elle ?


« Bien avant de devenir le dessert que nous connaissons du repas de Noël, la bûche allumée dans la cheminée en cette nuit merveilleuse exprime, dans toutes les traditions européennes, une mosaïque de croyances et de coutumes.


Elle était destinée à se consumer pendant trois jours mais l’idéal était qu’elle puisse tenir douze jours, pendant les douze nuits critiques consécutives, jusqu’à l’Epiphanie qui célèbre la venue des Mages à Bethléem. En Allemagne, on l’appelle « Christbrand », alors qu’en Italie elle est « il ceppo », pour devenir « Yule log » dans les pays anglo-saxons, « kerstblock » en Flandre, « cachofio » en Provence, « chuquet » en Normandie ou bien « cosse » dans le Berry. » link


« La date de naissance du dessert qui a permis de continuer à célébrer symboliquement ce rituel varie selon les sources : certains évoquent sa création vers 1834 par un des ouvriers pâtissiers de La Vieille France à Paris, d'autres son invention vers 1945 par un pâtissier de la société Colibri et quelques-uns la tradition d'un « gâteau roulé de Noël » dans la région Poitou-Charentes depuis le 19ème siècle. »


Avec ma bûche vintage  le brut nature Cumières 1er cru de Georges Laval s’imposait !


Georges Laval

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 25 décembre 2014 4 25 /12 /Déc /2014 00:09

Le Père Noël je n’y ai jamais cru car, chez moi, dans ma Vendée profonde, profondément imprégnée par la religion catholique, il n’était permis de croire qu’au Petit Jésus, et lui j’y ai cru jusqu’à un âge  avancé qui ferait sourire mes petits-enfants.


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Enfant de la paix, baby-boomer, né au milieu d’un siècle qui a connu deux guerres mondiales, l’Holocauste, Hiroshima et Nagasaki, je n’ai jamais porté les armes, et, abrité derrière le rideau de fer et le mur de Berlin, je n’ai connu que la guerre froide fondée sur l’équilibre de la terreur l’apocalypse nucléaire, et les dernières guerres coloniales : l’Indochine et l’Algérie qui impliquaient des proches surtout la dernière où mon grand-frère fut appelé du contingent.


Les guerres d’aujourd’hui, mêmes celles qui ne portent pas toujours ce nom,  sont un peu plus lointaines, images vues à la télévision, oubliées pour certaines, porteuses pour d’autres de peurs, en nos espaces de paix, par crainte du terrorisme.


Nous vivons donc, nous les Français, européens d’une Union que beaucoup disent exécrer, depuis beaucoup d’années, dans un espace de paix mais, loin s’en faut, nous ne sommes pas en paix ni avec nous-mêmes et ni avec les autres.


Et pourtant certains de nos concitoyens ont peur.


La peur, la peur de l’autre, des autres, des peurs réelles ou fantasmées exploitées, et ces peurs me font peur car elles me font douter que nous soyons, au XXIe siècle, devenus des citoyens adultes.


« Ce qui nous fait peur, dit Boris Cyrulnik, c'est l'idée que nous nous faisons des choses, bien plus que la perception que nous en avons. » Mais qu'est-ce que la peur, au fond, sinon, au départ, un signal de notre instinct animal devant le danger Cette peur-là nous sauve la vie. Le problème, avec l'humain, c'est qu'il a une imagination débordante... Le psychiatre préféré des Français nous dit comment cette imagination doit être apprivoisée, après qu'elle nous ait littéralement servi de force initiatrice. » link


-         Question : Et que dire lorsque la peur n'est plus le fait d'un individu, mais d'un groupe, voire d'une société tout entière ?


 

-         B. C. : Quand la peur envahit un groupe, elle a un bénéfice liant. Si on partage la même haine, la même peur de cet étranger qui n'a pas les mêmes croyances que nous, on va être liés.


 

La haine et la peur sont aussi liantes que l'affection. Car la peur et la haine, comme l'amour, sont des affects. Sur le plan social, la haine a même souvent un effet liant supérieur à l'amour. Partager un amour n'est pas facile, il faut être d'accord sur bien des choses. En revanche, si par bonheur on a la haine du même, alors là on ne discute pas... On peut facilement se retrouver dans ce partage négatif.


 

-         Question : Peut-il y avoir des sociétés qui dérapent dans l'angoisse ?... non pas une agressivité contre un ennemi affirmé, comme le nazi durant la guerre, mais une angoisse sourde contre un ennemi impalpable, l'inquiétude de sociétés trop bien nourrie par exemple et qui ont peur qu'on touche à leur beefsteak...


 

B. C. : Tout à fait ! Cela rejoint ce que nous disions tout à l'heure par rapport à la situation de l'enfant surprotégé. On a alors la peur de perdre, qui est pulvérisante, fragmentante... un peu comme le nourrisson dans sa peur du manque. C'est tout à fait différent de la peur de l'étranger, du différent, où l'on repère l'objet et où l'on peut avoir une stratégie adaptative.


Dans la peur du manque, nous sommes bien plus proches de l'angoisse, ce qui me fait dire que « plus on est nantis plus on est anxieux ! »

 

Nous sommes le jour de Noël alors, comme cadeau, je vous offre un conte La peur de Guy de MAUPASSANT parut le 23 octobre 1882 dans le journal Le Gaulois. link

 

 

Un extrait :


-         Permettez-moi de m'expliquer ! La peur (et les hommes les plus hardis peuvent avoir peur), c'est quelque chose d'effroyable, une sensation atroce, comme une décomposition de l'âme, un spasme affreux de la pensée et du cœur, dont le souvenir seul donne des frissons d'angoisse. Mais cela n'a lieu, quand on est brave, ni devant une attaque, ni devant la mort inévitable, ni devant toutes les formes connues du péril : cela a lieu dans certaines circonstances anormales, sous certaines influences mystérieuses en face de risques vagues. La vraie peur, c'est quelque chose comme une réminiscence des terreurs fantastiques d'autrefois. Un homme qui croit aux revenants, et qui s'imagine apercevoir un spectre dans la nuit, doit éprouver la peur en toute son épouvantable horreur.

 

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Mercredi 24 décembre 2014 3 24 /12 /Déc /2014 00:09

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Edgard Félix Pierre Jacobs, plus connu sous le nom d'Edgar P. Jacobs, né le 30 mars 1904 à Bruxelles, est, comme son nom ne l’indique pas, belge.  Créateur de la série des Blake et Mortimer, il fut un des collaborateurs d'Hergé belge lui aussi.


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Ses héros, sir Francis Blake et le professeur Philip Mortimer, sont anglais car inspirés de « deux amis peintres de l’artistes : Jacques Van Melkebeke pour Mortimer et Jacques Laudy pour Blake » sont des anglophiles avérés.


« Le premier connaît sur le bout des doigts les grands classiques de la littérature anglophone Edgar Allan Poe, R.L. Stevenson, H.G. Welles, A. Christie ; le second correspondait dès l’âge de 13 ans avec l’illustrateur anglais Arthur Rakham – « le dessinateur sorcier » – et apprit à fabriquer les cornemuses chez les frères Ross à Édimbourg. »


« On sait combien Jacobs influença Hergé, le créateur de Tintin dont il fut un proche collaborateur : rigueur dans le travail, sens absolu du  détail, réflexion profonde dans l’élaboration du storytelling, probité créatrice enfin, sont des qualités qu’Hergé et Jacobs partageaient en même temps qu’une indéfectible amitié. »


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« L’un et l’autre étaient de joyeux bons vivants qui ne refusaient jamais le bon vieux whisky que leur ami Laudy faisait venir spécialement d’Écosse. »


Signé : Didier Pasamonik dans son Introduction à l’album de Claire Dixsaut « les cocktails de Blake et Mortimer 30 drinks terriblement british » éditions La Maison 19,90€.


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Comme je suis So British tendance Turnbull&Asser et emplit d’une belgitude profonde tendance Arno… je vous propose, puisque le champagne doit beaucoup à nos voisins anglais, le cocktail Le collier de la Reine.


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-         Achetez sur la Toile des perles pour cocktail link et link


-         Dans une flute versez 2 cl de sirop d’orange sanguine puis les 12 cl de champagne frappé.*


-         Ajoutez au moment de servir 1 cuillérée de perles de framboise.


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* Ne frappez pas votre champagne avec un gourdin, ni un Bourdin d’ailleurs, plongez-le jusqu’au bas du goulot dans un seau, prévu à cet effet, empli de glaçons.


* Ne vous frappez pas aussi pour choisir votre champagne : confiez-vous aux Jacques !


-         Le stakhanoviste du Point link


-         Le ramier de l’espace de liberté plutôt naturiste sur consultation personnelle exclusivement.

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