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Lundi 29 septembre 2014 1 29 /09 /Sep /2014 00:09

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Mon peu de goût pour « l’incontournable » accord mets&vins est bien illustré ici dans l’une de mes très ancienne chronique  le 6 novembre 2006 baptisée : congruence.


Je n’ai pas varié d’un pouce puisque je qualifiais alors les accords mets&vins du chroniqueur de branchouille.


C’est un extrait de SORTIR le supplément chic et choc  de Télérama.


Ça vaut son pesant de mauvais parisianisme !


« On nous a vanté cette cave pour sa façon originale de classer ses vins en fonction, non pas des terroirs, mais de leur accord avec les mets (on parle de congruence).

Nous avons donc rendu visite aux cavistes associés, publicitaires fraîchement reconvertis.

« Voilà un fromage de chèvre. Que me proposez-vous de boire en accompagnement ? »

La parole est à Pierre-Benoît :

« Moi, tout de suite, je dis : sauvignon. S'il est un peu sec, chenin. S'il est plus onctueux, peut-être un vin plus suave, mais naturellement, je suis sûr du sauvignon. »

Qu'en pense Jérémy ?

« Moi, je partirais sur un vin plus suave car votre chèvre à l'air assez gras. Je vais sur un crozes-hermitage de chez Marc Sorrel. »

 

Un vin blanc est suggéré dans les deux cas.

 

Reste à savoir lequel, du sauvignon (clos-de-roche-blanche, Roussel-Barrouillet, Touraine 2004) ou de l'hermitage, va être le mieux adapté à notre cas précis.


Ce sera le sauvignon, qui épouse si merveilleusement ce fromage que l'on se demande si les chèvres des Deux-Sèvres n'ont pas joué à saute-moutons dans les vignes de Touraine ! »


Suite à ce morceau de bravoure je m’interrogeais gravement : Pourquoi diable ce matin vous livrer ce petit ticket chic et choc ?


Trois raisons au moins :


- la congruence tout d'abord : Vx ou littér pour le Robert : fait de convenir, d'être adapté... On se la pète avec un mot grave pour épater le bourgeois.


« La congruence, c’est montrer un alignement cohérent entre ce que nous ressentons et les actions que nous menons, les idées que nous avons et les paroles que nous formulons. Pour faire simple et connu, c’est dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit.


Seulement voilà, derrière les grands principes de cette vertu vantée ici et là par les puristes, il y a un élément à prendre en compte et qui est loin d’être un détail; notre condition d’être humain dans toute sa complexité et singularité.


Qui n’a jamais été confronté à sa propre contradiction? Qui n’a jamais avancé une « vérité » le lundi et soutenu l’exact contraire le mardi? Qui n’a jamais eu un comportement qu’il s’était juré ne jamais avoir? »link


- ensuite les nombres congrus deux entiers naturels sont dits congrus s'ils ont les mêmes restes quand ils sont divisés par un même entier.


Par exemple, 25 et 46 sont congrus modulo 7 car ils ont 4 comme reste lorsqu'ils sont divisés par 7.


La congruence s'applique notamment à des récréations d'horloge, de calendrier et à des tours de cartes.

© Charles-É. Jean


- enfin, parce ce texte contient une forme d’incongruité. Laquelle, chers lecteurs ?

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 28 septembre 2014 7 28 /09 /Sep /2014 07:00

Au terme de mon soudain périple le plus dur semblait fait, sa main m’était acquise, et pourtant je pressentais mon échec ou, plus exactement, il était inscrit, depuis la première seconde de notre rencontre, dans sa jeunesse resplendissante. L’amour ne se quémande pas, il est. Bien sûr, dans mon immense orgueil, je savais que moi seul pouvais faire d’elle une reine. Elle aussi d’ailleurs et cela suffisait à mon bonheur. Je ne vivais que par elle, pour elle, dans un état de légèreté extrême, une forme de gaze qui m’enivrait. Comme toujours, l’avion avait du retard. J’ouvrais ma boîte à rêves pour m’échapper. « Des voyageurs retour de Damas qui partaient pour l’Océanie regardaient avec émoi, symbole de la vie errante, des mouettes qui n’avaient jamais quitté Saint-Nazaire. »Par la magie de Google je retrouvais le paragraphe entier de « Suzanne et le Pacifique » de Jean Giraudoux. « C’était dimanche. Échangeant leurs dieux, équipages allaient entendre la messe dans les églises, et citadins aux paquebots. Je m’embarquais. Il y avait entre mon navire et le quai deux mètres d’océan incompressible et deux mètres de lumière entre l’extrême mer et l’horizon. Des voyageurs retour de Damas qui partaient pour l’Océanie regardaient avec émoi, symbole de la vie errante, des mouettes qui n’avaient jamais quitté Saint-Nazaire. Le soleil étincelait. Les flammèches et les pavillons doubles pour le jour saint battaient l’air, et de chaque élément, de chaque être aussi l’on sentait doublée l’épithète, la même épithète ; le navire était blanc, blanc ; la mer bleue, bleue. Seule, abandonnée dans le dock, parmi ses bagages, une jolie petite femme, au lieu d’être brune, brune, était brune, rose. Je lui proposai mon porteur, déchargé de ma grosse malle, et qui, de voir ces petits sacs, rapprochait déjà les bras comme un compas. »


Jamais nous ne partirions ensemble...


J’aime tout autant partir que revenir, éminemment casanier j’ai passé ma vie à errer, à dilapider mes souvenirs, sans jamais quitter mon petit jardin d’intérieur bien cadenassé où nul n’était jamais entré. Sur mon lisse tout glisse, je m’étais toujours protégé de l’amour avec un grand A de peur que celui qui m’avait investi tout entier, avec l’irruption de Marie dans ma vie, ne s’érode. Ne se réduise en sable. Mon indifférence affichée me plaçait à la bonne distance, je me plaisais, me complaisais en des embrasements passagers, corps à corps, jeu de la séduction sans engagement ni serment. Je me laissais aimer. Je me lassais. Partais. Me retirais comme le flux de la marée pour revenir. Toujours au  sec, bien à l’abri sans rechercher ce fameux bonheur que nul ne trouve jamais. Je me contentais de la chaleur de mes compagnes aimantes sans m’investir, agent dormant de l’amour, sdf dans son no man’s land, tranquille quoi. Et puis patatras, elle a surgi, venant  de nulle part, me bouleversant. J’aurais dû fuir de suite, la fuir, fuir cet amour dur, tranchant, trop belle pour moi ! Tout me plaisait en elle. J’étais fichu, prisonnier à perpétuité. Ça me plaisait. Je l’aimais avec une force tranquille, paisible.


Que faire ?


Écrire !


Lui dire simplement : « Émilie j’ai besoin de toi pour écrire… »


Ce fut mon premier sms depuis mon départ. Elle le consulterait sur son petit Nokia désuet...


Dans l’avion je tombais sur une fiction « Les 100 derniers jours de François Hollande », ça allait me nettoyer la tête, je me voulais pour mon retour être léger pour elle.


« Cinquante nuances d'aigrie »


Quand, au mois d'août, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon s'étaient mis à ruer un peu trop fort dans les brancards, il leur avait simplement montré la porte. Et les deux chevaux fous avaient quitté l'écurie gouvernementale, suivis par la belle Aurélie. Sur quoi était venue la trahison de Valérie, cette « ambitieuse » qu'il avait portée au firmament et qui n'avait pas hésité à bafouer les règles pour assouvir son désir de vengeance. « Cinquante nuances d'aigrie », avait moqué Le Canard... Il éprouvait pour eux plus de compassion que de colère. La fuite et la transgression n'étaient pas la liberté. Philippulus, le chroniqueur mystère du Figaro, se trompait. Il ne s'en irait pas, dût-il jouer son pays contre son parti. Avec « Valls II », il savait qu'il s'aventurait sur des terres dangereuses. Il ignorait alors encore à quel point. À présent, il savait et il était prêt.

Il sortit dans le jardin en direction de la roseraie, foulant le sol détrempé d'un pas léger. Il ne s'était jamais senti ni aussi seul ni aussi fort. Sa décision était prise. Il s'autorisa à se repasser le film des semaines passées, sans craindre d'être saisi par la peur de perdre le contrôle, comme si souvent dans le passé.

 

Le redressement « judicière»


Les sondages calamiteux, la montée de Marine Le Pen. Tout cela n'était rien à côté de l'engrenage qui s'était enclenché à Marseille. En septembre, la Commission européenne avait demandé le remboursement de 200 millions d'euros d'aides... et celui de 220 autres était en suspens. Aucun gouvernement n'avait jamais eu le courage de se débarrasser de ce boulet. Il lui était retombé sur le pied. Il n'avait même plus le choix, entre la paix avec Bruxelles au prix de la guerre sociale, et la paix sociale au prix de la guerre avec Bruxelles. Emmanuel Macron avait imposé le redressement judiciaire. Il l'avait laissé faire. Après tout, on l'avait mis là pour ça. Un seul investisseur s'était présenté : Xinmao, le même groupe chinois qui avait tenté deux ans plus tôt de mettre la main sur le fabricant de fibres optiques Draka. Cela n'avait pas été du goût des syndicats. Sur le Vieux Port, novembre s'était terminé dans une atmosphère insurrectionnelle. Le personnel de la compagnie avait défilé aux côtés de milliers de jeunes révoltés par le pilonnage de Gaza par l'armée israélienne. « HOLLANDE M'A TUER », scandaient-ils d'une même voix. Deux policiers avaient fini noyés dans le port. Le Premier ministre lui avait présenté sa démission. Il l'avait refusée. » link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 28 septembre 2014 7 28 /09 /Sep /2014 00:09

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Tous les ans je monte au village, à Peri, aux portes nord d'Ajaccio, pour dîner chez Séraphin, un restaurant tenu par Monique Manzaggi et son époux Séraphin. C’est sa mère, Philippine, qui l’a initiée aux secrets de la table corse et depuis plus de vingt-cinq ans elle régale celles et ceux qui aiment l’authenticité d’une cuisine simple mais pleine des saveurs sauvages de cette île secrète.


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Autour des tables, sous la charmille, une grande majorité d’insulaires, en famille, des résidents ou des expatriés, ce restaurant est l’un des plus prisés de l’île et ce n’est pas un hasard.


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Le lieu est superbe, lorsque j’arrive à quelques kilomètres du village, alors que la lumière s’adoucit avec l’arrivée de la nuit, et que je le redécouvre accroché à la montagne, chaque année je suis ému par sa beauté minérale qui défie le temps.


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L’accueil de Monique Manzaggi est simple, souriant, elle vaque pour poser un bouquet de fleurs de son jardin sur chaque table. D’un regard elle rappelle qu’elle vous connaît depuis tant d’années, nul besoin d’en rajouter. En être est en Corse un viatique absolu et lorsqu’un ramenard tonitruant se pointe en affirmant haut et fort qu’il est venu chez elle sur la recommandation d’un corse célèbre : Pascal Olmetta, il n’a droit qu’à son silence.


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Chez Séraphin, à Péri, on se pose, on prend le temps… loin de l’agitation, comme si le temps s’était arrêté. Cependant, le village n’est pas momifié, muséifié, il vit en dehors de nous qui ne faisons que passer. Chaque année, à la mi-septembre, s’y déroule A Festa di u Ficu link organisée par les bénévoles de l'association U Fiurone qui œuvrent depuis des années pour faire revivre la culture de ce fruit précieux. 4 000 personnes, s’y pressent et le nombre de figuiers augmente chaque année sur le territoire insulaire.


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Le figuier, dont Gênes avait rendu la culture obligatoire dès 1647, retrouve petit à petit sa place grâce à la ténacité de Joseph Bisgambiglia, président de l'association U Fiurone qui mise sur les jeunes agriculteurs  « Ce sont eux qui font la filière. C'est en augmentant la production, la transformation et la commercialisation que l'on développera la filière figue en Corse», précise-t-il.  


Depuis 2009, avec le soutien de la chambre d'agriculture de Corse-du-Sud et la pépinière de Castelluccio (DDTM), qui en 2012 a obtenu la certification Bio, l'association produit et élève des plants de figuiers sélectionnés.


De Candolle nous apprend que l’histoire du  Ficus Carica « présente beaucoup d’analogie avec celle de l’olivier en ce qui concerne l’origine et les limites géographiques. Son habitation, comme espèce spontanée, a pu s’étendre par un effet de dispersion des graines à mesure que la culture s’étendait […] De nos jours, le figuier est spontané ou presque spontané dans une vaste région dont la Syrie est à peu près le milieu, savoir de la Perse orientale ou même de l’Afghanistan, au  travers de toute la région de la Méditerranée, jusqu’aux îles Canaries. »

 

« La figue est considérée à l'heure actuelle comme le plus ancien fruit domestiqué, après la découverte en 2006, dans la vallée du Jourdain en Palestine de neuf figues parthénocarpiques, c’est-à-dire ne produisant pas de graines et dont la culture nécessitait l'intervention de l'homme, en recourant à des boutures. Ces figues seraient vieilles de 9 400 à 9 200 avant JC et donc domestiquées à la même époque que celle du riz en Asie, mais 1000 ans plus tôt avant celle du blé, de l'orge et des légumineuses »


De Candolle note « On peut avoir du doute sur l’ancienneté des figuiers dans le midi de la France ; mais un fait bien curieux doit être mentionné. M. Planchon a trouvé dans les tufs quaternaires de Montpellier et le marquis de Saporta dans ceux des Aygalades, près de Marseille, et dans le terrain quaternaire de La Celle, près de Paris, des feuilles et même des fruits du Ficus Carica sauvage… »


« En France, Louis XIV était un grand amateur de figues. La Quintinie, son jardinier, planta donc plus de sept cents figuiers de diverses variétés dans le potager du roi au Château de Versailles pour satisfaire la passion du Roi Soleil.


En Italie, les grands-ducs de Toscane appréciaient également de nombreuses variétés comme en témoigne une peinture de Bartolomeo Bimbi.


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De façon plus triviale la figue fait l'objet de nombreux jeux de mots entre Français, Italiens et Corses : en effet, en italien, les mots fica et figa désignent vulgairement le sexe féminin, alors que le figuier et son fruit sont nommés fico, masculin pour l'arbre et pour le fruit. Le geste dit de la « figue », consistant à placer le pouce entre l’index et le majeur.


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Reste, bien sûr, un grand classique en Corse : la confiture de figues à consommer étendue sur de fines tranches de Tomme de brebis, par exemple une tomme de Figari : un délice en compagnie d’un Saparale blanc du Lieu du Vin link


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Bon appetitu et large soif ! 


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Samedi 27 septembre 2014 6 27 /09 /Sep /2014 00:09

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Nous venons de vivre la quintessence d’un plan com. pour le retour de celui qui n’était jamais parti, « retiens-moi, sinon je fais un malheur ! » : message sur Face de Bouc, confidences au JDD puis « merci de m’avoir invité » sur France 2 avec un Delahousse tétanisée, enfin bon vieux meeting dans une banlieue huppée du nord de la France.


Vive la forme – pas le jogging du susdit – tout est dans l’enchaînement d’images formatées, d’éléments de langage accrocheurs, le fond des choses tout le monde semble s’en foutre ou presque.


Inquiétant mais bien dans la ligne de la marchandisation de l’offre politique : pour être bien vendu il faut exciter la demande, savoir renouveler sans cesse la présentation du produit pour réanimer le segment de marché. Le nouveau, le changement, la présentation : le packaging, le positionnement : rassemblement ici, sont des mots clés.


Comme l’écrit Houellebecq dans La carte et le territoire où il imagine son héros Jed Martin déambulant dans un supermarché avec lui-même Michel Houellebecq pour contempler les têtes de gondoles, les nouvelles mises en place, les ruses pour attirer le chaland « L’offre en pâtes fraîches italiennes s’était encore étoffée, rien décidément ne semblait pouvoir stopper la progression des pâtes fraîches italiennes. »


Dans notre joli monde du vin : même motif, même punition, tout ce qui est en possibilité (d’une île…), ou presque, de pondre un papier, activé par les agences de com et les attachés de presse, est sur le pont pour faire bouillir sa petite marmite.


C’est la soudaine profusion sur 1 évènement : tout le monde en parle en même temps, sur à peu près le même mode, le petit soufflé monte pour s’affaisser rapidement.


Au bénéfice de qui ce flux soudain ? Du client, le pauvre il ferait mieux de pisser dans un violon ce serait pour lui plus productif et jouissif.


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Bernard Maris, dans son petit livre ironique « Houellebecq économiste » chez Flammarion note, féroce,  « Dans le monde inversé du spectacle, le travail de tous les parasites (les gens de la com’, par exemple) se présente comme utile, alors qu’il est parfaitement parasitaire. »


Valérie, l’héroïne de Plateforme, brillante cadre sup’ de la com’, le sait « Je suis prise dans un système qui ne m’apporte plus grand-chose, et que je sais au demeurant inutile ; mais je ne vois pas comment y échapper. Il faudrait, mais je ne sais pas quand on pourra prendre le temps de réfléchir. »


Réfléchir, quel vilain gros mot et, en plus prendre le temps, quelle perte de temps !


Le plan com’, petit ou grand, c’est simple comme un petit appât lancé dans le marigot des journalistes ou, pour ce qui concerne le vin, la petite cohorte des blogueurs ou des critiques autoproclamés.


Invitation, voyage ou déjeuner de presse et c’est parti mon kiki, tous ensemble, tous ensemble, ou presque, on louange ce beau champagne chanté par un grand chef de cave d’une grande maison, cette cuvée d’exception décrite dans un beau dossier de presse sur papier glacé avec photos du maître de maison posant dans ses vignes sur fond de monts ensoleillés…


C’est beau !


J’adore !


Je jouis lorsque je vois débouler sur Twitter ce concert de louanges programmées je ris tellement la ficelle est grosse, vulgaire.


Imaginez 30 secondes l’un de ces invités pondant un papier où il estimerait que le mousseux était daubé ou que le nectar carillonné ressemblait à un sapin de Noël tellement il était chargé ?


Impossible !


Si dans ce cas on n’aime pas la seule issue est de se taire mais alors le risque est grand de voir se tarir le flux des invitations pour ceux qui ne jouent pas le jeu.


Alors c’est clair mieux vaut pour eux de prendre, gentiment souvent, leurs lecteurs pour des cons !


Attrape-nigauds moderne !


Pourquoi les en blâmer c’est la vie que nous vivons  dans une société déboussolée et comme le dit Houellebecq en 2 traits saisissants :


« Valérie : est-ce que tu crois que c’est ce qu’on appelle l’économie de l’offre ?

Michel : je n’en sais rien… […] Je n’ai jamais  rien compris à l’économie ; c’est comme un blocage. »

Plateforme

 

« Les cadres montent vers leur calvaire

Dans des ascenseurs en nickel »

Le sens du combat

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 26 septembre 2014 5 26 /09 /Sep /2014 00:09

Une de mes amies du Lapin blanc, terrier naturiste des hauts de Ménilmontant, Nathalie Panda, folle non pas du chocolat Lanvin mais tout simplement du vin, du vin du Lieu du Vin link, lors de notre dernière grande : fête l’extension du domaine de la fête, me héla alors qu’on venait de lui servir un verre de côtes de Duras :


-        Duras what else ?


-        C’est ça dis-je link


Avant d’ajouter pour faire l’intéressant :


-        Pour Duras je me dois de commencer par Marguerite – et ce n’est pas un dérapage berthomesque – puisque Marguerite Donnadieu écrivit, au château de Duras link  son premier roman « Les Impudents » link où elle exalte la beauté des paysages de son adolescence et elle devint célèbre sous le pseudonyme de Duras. Le bourg est plus modeste que celui de Bazas, 1200 habitants, mais il est le centre d’un « vignoble à portée de mains » celui des Côtes de Duras.


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Voilà c’était dit, le dernier mot revenant au grand Philippe caviste éthique mais pas vraiment étique, sur ce le petit clos des Vents 2011, Claire, un blanc link :


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« 100% sauvignon, 15 jours de macération, 1 an de cuve pour finir les fermentations, puis un an en fûts de plusieurs vins. Un nectar complexe, légèrement oxydatif, sur les agrumes. »


Mais, vous commencez à me connaître, pouvais-je en rester là avec une Nathalie Panda rassasiée par Claire ?


Bien sûr que non et, pour faire dans la culture pour plaire à Nathalie j’ai sorti mon Moderato Cantabile.


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Anne Desbaresdes femme d’un industriel mène une vie ennuyeuse qui noue une liaison amoureuse audacieuse et futile avec Chauvin employé dans l’usine de son mari.


« Anne Desbaresdes gémit. Une plainte presque silencieuse, douce, sortit de cette femme.

-        C’est curieux, je n’ai pas envie de rentrer, dit-elle.

Il prit brusquement son verre de vin, le termina d’un trait, ne répondit pas, la quitta des yeux.

-        J’ai dû trop boire, continua-t-elle, voyez-vous, c’est ça. »

 

 

« Elle ne cessa plus de regarder sa bouche seule désormais dans la lumière restante du jour.

-        De loin, enfermé comme il est, face à la mer, dans le plus beau quartier de la ville, on pourrait se tromper sur ce jardin. Au mois de juin de l’année dernière, il y aura un an dans quelques jours, vous vous teniez face à lui, sur le perron, prête à nous accueillir, nous, le personnel des Fonderies. Au-dessus de vos seins à moitié nus, il y avait une fleur blanche de magnolia. Je m’appelle Chauvin.

Elle reprit sa pose coutumière, face à lui, accoudée à la table. Son visage chavirait déjà sous l’effet du vin. »


 

« Aussitôt entrée, Anne Desbaresdes se cabra près de la porte. Chauvin se retourna vers elle, l’encouragea d’un sourire. Ils arrivèrent  à l’extrémité la moins en vue du long comptoir et elle but très vite son verre de vin comme les hommes. Le verre tremblait dans sa main.

-        Il y a maintenant sept jour, dit Chauvin.

-        Sept nuits, dit-elle comme par hasard. Comme c’est bon le vin.

-        Sept nuits, répéta Chauvin. »


« Anne Desbaresdes boit de nouveau un verre de vin tout entier les yeux mi-clos. Elle en est déjà à ne plus pouvoir faire autrement.

Elle découvre, à boire, une confirmation de ce qui fut jusque-là son désir obscur et une indigne consolation à cette découverte. »


 

« La patronne était bien à son poste, derrière sa caisse. Anne Desbaresdes parla bas.

-        La difficulté, c’est de trouver un prétexte, pour une femme, d’aller dans un café, mais je me suis dit que j’étais quand même capable d’en trouver un, par exemple un verre de vin, la soif… »


 

-       Je voudrais boire un peu  de vin, elle réclama plaintivement, comme déjà lésée. Je ne  savais pas que l’habitude  vous en venait si vite. Voilà que je l’ai presque, déjà.

Il commanda le vin. Ils le burent ensemble avec avidité, mais cette fois rien ne pressa Anne Desbaresdes de boire, que son penchant naissant pour l’ivresse de ce vin. Elle attendit un moment après avoir bu et, avec la voix douce et fautive de l’excuse, elle commença à questionner cet homme »

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Jeudi 25 septembre 2014 4 25 /09 /Sep /2014 11:15

L’effroi, égorgés ou décapités de sang-froid face au monde par des mains immondes des frères de sang, sans défense, paient, on  ne sait quel prix de leur vie.


Nous sommes touchés, horrifiés, mais au-delà des mots de compassion pour celles et ceux qui aimaient, connaissaient, appréciaient les innocentes victimes ou de révolte face à la barbarie de ces fronts bas imbéciles, seule l’intelligence du cœur constitue un rempart durable face aux obscurantistes.


Ne pas céder un pouce de terrain, ne pas dévier de notre trajectoire, marcher droit la tête dans les étoiles avec les poètes, faire front face aux faiseurs de sermons ineptes, ne rien lâcher sur le droit des femmes, sur la liberté de penser, ne rien concéder à la force brutale.


Résister !


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Le Djurdjura est d’une grande beauté, je le sais, j’ai vécu deux ans en Algérie, notre pacifique compatriote Hervé Gourdel y a été lâchement et sauvagement assassiné, les criminels ajoutant son nom à celui des journalistes américains enlevés en Syrie James Foley et Steven Sotloff et au travailleur humanitaire britannique David Haine.


Alors, pour lui, pour eux, loin des armes malheureusement nécessaires, des « on vous l’avait bien dit », ces quelques vers de Muhammad al- Nawaâjî :


« Des faiseurs de sermons épargne-moi le blâme


Fais tourner dans la nuit les coupes du moût-d’âme,

 

L’existence ne vaut que quand la pleine lune


T’arrive en pleine nuit chargée de l’astre diurne.

 

Honore son salut par ton acceptation,


Et par un sourire à son sourire réponds.


Va, verse-le-moi pur ; à la sainte eau évite


Que ton bras ne la mêle aux choses illicites,


Oublie le campement et embrasse un printemps


Qui des primes nuées est la sève,


Car la vie n’est qu’un somme, et les plaisirs du temps


Passent comme passent les rêves »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 25 septembre 2014 4 25 /09 /Sep /2014 00:09

J’adore les surprises et les cadeaux  qui très souvent vont ensemble.


À mon retour de Corse un colis plat, indice d’un grand livre, occupait le fond de ma boîte aux lettres. Comme j’achète mes livres en librairie je me dis c’est soit un envoi d’auteur, soit une agence de communication qui m’envoie une ode chantant les beautés d’un de ses clients.


Je dépiaute le paquet et je tombe sur le titre : Le Château de Cayx.


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Dans l’ascenseur mon petit GPS mémoriel s’agitait avant de se bloquer sur : tu as écrit une chronique sur le Château de Cayx et plus précisément sur Henri de Laborde de Monpezat, époux de la reine du Danemark et vigneron à Cahors.


Moteur de recherche du blog et la voilà la chronique du samedi 19 octobre 2013 « Rumeurs : une vigne à l’Élysée à l’image de la reine d'Angleterre qui a planté plus de 16 000 ceps en 2011 dans le parc de Windsor » link


« Votre Taulier lui préfère s’intéresser au sort d’un prince-consort, Français de surcroît, Henri de Laborde de Monpezat, époux de la reine du Danemark et vigneron à Cahors.  C’est en 1974 que le prince-consort a acheté  un vieux château du 15e siècle ainsi que 20 hectares de vignes dans sa région natale, située dans le sud de la France, le Château de Cayx.


Henri de Laborde de Monpezat connaît bien la viticulture, car son père possédait aussi un vignoble à Cahors : le Château Cayrou-Monpezat et avait fondé la coopérative locale. «J'ai suivi la viticulture avec mon père toute mon enfance. J'ai les mains paysannes ! »


La boucle était bouclée et c’est avec un grand plaisir que je remercie ceux qui ont eu la belle idée de me faire parvenir ce beau livre.


La Préface de SAR le prince consort Henryk de Danemark et 2 photos.


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 24 septembre 2014 3 24 /09 /Sep /2014 00:09

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Confidences sur l’assiette chez Guy Savoy avec un verre garni d’un séduisant Lynch Bages 1980 entre, si je puis m’exprimer ainsi, « une revue bourgeoise, repue et bien élevée sous tous les rapports… » dotée d’abonnés genres toubibs ou notaires, qui lisaient « des articles sur les restaurants étoilés, les grands crus et les belles voitures et un mec, « gastronome approximatif qui qualifie la Vendée, dont sa femme est originaire, de « contrée sous-développée sur le plan culinaire. Ce qui est la stricte vérité.


Traduit en chair et en os c’est Elisabeth de Meurville qui en 1984, alors qu’elle publiait, dans Cuisines et Vins de France, une série d’interviews de célébrités : Michel Polac, Jack Lang, Claude Brasseur, Bernard Pivot, grâce à l’entremise du dessinateur Claude Serre, organise un déjeuner en tête à tête avec Pierre Desproges.


« À l’heure du petit café, à peine notée la recette du « pâté de sardines à la desprogienne », la journaliste que j’étais, surnageant péniblement dans le machisme ambiant qui régnait alors sur la table et à la cave plus encore qu’ailleurs, ne pouvait laisser partir cet homme qui préférait les fourneaux à l’établi et parlait de sa gourmandise avec tant de plaisir et de simplicité. Je lui proposai donc d’écrire une chronique pour notre mensuel. »


-         Pas le temps, trop de boulot…


Déception ! Mais la nuit portant souvent conseil, la pugnace Elisabeth de Meurville revient le lendemain à la charge et mets un marché en mains au Desproges :


-         Si vous acceptez cette rubrique, je vous paye en liquide… rouge ou blanc !

 

« Éclat de rire : c’était gagné ! »


L’aventure à durée à peine 1 an ça donne « Encore des nouilles »


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À consommer sans modération avec les illustrations des gus d’Hara-Kiri ... Cabu, Catherine, Charb, Luz, Riss, Tignous et Wolinski.


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Pierre Desproges ne mettait jamais d’eau dans son vin


« Comme il aimait le proclamer, «pour être gugusse, on n’en est pas moins bon vivant.» Et du goût, notre homme en avait, contrairement à d’autres : «le goût fait généralement défaut chez les masses populaires où l’on n’hésite pas à se priver de caviar pour se goinfrer de topinambours.» Ah les cuistres (de grenouilles). 

«C’est très important de bien manger. Personnellement, je me suis toujours méfié des gens qui n’aimaient pas les plaisirs de la table, expliquait-il avant d’ajouter que le manque de curiosité gastronomique et de jovialité culinaire va très souvent de pair, et pas seulement de fesses, avec un caractère grincheux, pète-sec et hargneux. » link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 23 septembre 2014 2 23 /09 /Sep /2014 00:09

Non, non, non je n’ai pas fumé la moquette, ni copié une raffarinade pour vanner Jean-Vincent Placé qui n’apprécie qu’à moitié  celle de Nicolas Cantelouplink bien au contraire je suis ce matin d’un sérieux inhabituel en abordant l’histoire de très anciens locataires de nos terres, les vers de terre, communément dénommés en Vendée : les achées (selon Marcel Lachiver appâts pour pêcheur à la ligne).


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Mon intérêt pour les achées est ancien : voir ma chronique du vendredi 20 février 2009 « Allez les vers ou la saga des « gueules noires » de nos beaux terroirs viticoles » * link


L’ami des lombriciens est l’autodidacte Marcel Bouché. « J’aime bien son histoire à cet homme qui déclare : « pour ce qui est de la culture générale je n’ai pas dépassé le certificat d’études primaires… » Tout d’abord diplômé comme jardinier de la Ville de Paris, il entrera à l’INRA comme aide de laboratoire « l’équivalent du travail d’une femme de ménage » précise-t-il. Découvrant le monde scientifique il intégrera la Fac des Sciences en prenant des cours par correspondance pour revenir à l’INRA où on lui confiera « l’étude des vers de terre dont personne ne voulait. » En 1963, il commencera à faire l’inventaire des vers de terre : « j’ai fait une sorte de tour de France des vers de terre en parcourant le pays avec la carte Michelin et tous les 30km je faisais des prélèvements. À l’époque, nous en avions recensé 170. Aujourd’hui, on doit être à 300 espèces répertoriées en France et plusieurs milliers dans le monde… »


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Actes Sud vient de publier un superbe livre de Marcel B. Bouché « Des vers de terre et des hommes » Découvrir nos écosystèmes fonctionnant à l’énergie solaire.


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Dans sa préface, Patrick Lavelle, Pr à l’Université Pierre-et-Marie Curie (Paris-VI) pose la question essentielle : « Quelle est la vraie nature du ver de terre ? »


-         « Est-il ce héros, encensé par Aristote, Gilbert White et Darwin, qui a permis le développement de nos civilisations en construisant les sols fertiles sur lesquels elles s’appuient ?


-         Ou ce misérable animal auquel la Bible compare parfois l’homme lorsqu’il se vautre un peu trop dans ses turpitudes, et que les poètes décrivent amoureux benêt d’une étoile ?


-         Est-il cet acteur insignifiant de la vie de nos sols que les scientifiques modernes, qui ont pourtant entendu parler de Darwin, peuvent sans remords persister à ignorer dans leurs modèles de sol de « dernière génération » ? »


En quelques 300 pages « reprenant le fil admiratif des observations des glorieux anciens, Marcel Bouché s’est fait l’ami du ver de terre et nous raconte avec simplicité, précision et admiration les mille et une prouesses et inventions de cet animal, pas si misérable que cela. »


Sauve qui peut !


« Beaucoup d’autres anecdotes montrent une aptitude sophistiquée des lombriciens à échapper à des conditions climatiques critiques. Telle celle des vers de terre du Marais poitevin qui, pour se soustraire à l’ennoiement des sols lors des crues recouvrant ce marais, montent sur des arbres (des saules têtards) avec une multitude d’autres animaux, y compris leurs prédateurs (carabes, musaraignes et lézards). Telle celle des lombriciens de la vallée de l’Orénoque au Venezuela, qui se perchent également dans les arbres durant la crue du fleuve, puis se laissent tomber des arbres comme une pluie pour réincorporer le sol après l’inondation » (observation de Pierre  Aupetit et de Patrick Lavelle).


On comprend mieux l’expression en vogue à Matignon et chez Ségolène après le retrait de Cécile Duflot du gouvernement « Il pleut des Verts ! »

 

Je plaisante c’est dans ma nature mais je ne ponds pas des titres à la con* pour le seul plaisir de vous appâter. Marcel Bouché note en effet que « Les lombriciens, en creusant des galeries, évacuent une partie de leurs déjections sur le sol. À la manière des mineurs exploitants le charbon, leurs galeries nécessitent un exutoire : un terril »


Enfin, le ver de terre est aussi, à sa manière un gourmet « Les lombriciens ont, autant  que l’on sache, une perception du monde qui les entoure et une intelligence très sophistiquée de celui-ci. Darwin avait déjà noté que, avant d’enfouir leur nourriture, ces animaux choisissaient lors de la manducation (prise avec la bouche) les débris végétaux potentiellement ingérables (exclusions des débris trop gros pour être ingérés) et apparemment selon leur goût. Depuis, des essais de laboratoire ont confirmé ce choix gustatif. »

 

Un livre indispensable auquel je me réfèrerai au fur et à mesure de ma lecture...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 22 septembre 2014 1 22 /09 /Sep /2014 00:09

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Mon titre se justifie par les efforts que j’ai dû déployer pour me procurer le roman de mon cher confrère vétérinaire le breton, nul n’est parfait, Loïc Gouello.

 

Après avoir écumé les librairies d’Ajaccio, où l’on m’expliquait gentiment ce que signifiaient les pozzines en langue corse  « Les pozzines sont des pelouses épaisses, qui ressemblent à s’y méprendre à de la mousse. Leur nom vient de « pozzi » qui signifie « puit » en Corse. Elles sont en fait traversées par des ruisseaux qui les gorgent d’eau, au point que des trous d’eau finissent par se former. Au final, on a l’illusion de voir des morceaux de pelouse flotter sur une étendue d’eau. Magnifique. Elles sont bien sûr protégées par le Parc Naturel de Corse. »link


Mon antériorité corse, Loïc est un jeunot, fait que les pozzines j’en ai vu du ciel en hélicoptère et du sol « Bastelica et ses pozzines, plateau d’Ese »link


Bref, bredouille j’ai tenté la FNAC par Internet : 20 jours pour la livraison. Alors, la mort dans l’âme j’ai réactivité mon compte Amazon et j’ai été livré le lendemain de ma commande.


Comme je suis mauvaise langue, j’adore chambrer mes collègues fonctionnaires en leur disant que s’ils sont bons pour la production mais que la vente n’est pas gravée dans leur ADN, ainsi le Georges Morin qui produit un excellent Cognac et qui dort dessus.


Loïc Gouello je l’aime bien car, tout vétérinaire qu’il est déborde du moule et avec lui il est agréable d’aborder des questions qui dépassent l’habituel ronron de l’institution.


La pincée de sel et la pommade étant passées venons-en au roman !


Ça part chaud bouillant à Campo del Oro (je suis rétro) le héros est attendu par « une superbe blonde, lunettes noires, talons hauts, un petit sac à  main rouge de chez Dior… » qui l’embarque  dans une Aston-Martin décapotable « crissement de pneus, vrombissement du huit cylindres… » suivie par une Audi A4 noire avec 2 affiliés à la MSA (note personnelle) bien rembourrés, ça plairait beaucoup à Norbert le Forestier grand adorateur de 0007.


Moi lorsque j’arrivais sur le tarmac de l’aéroport d’Ajaccio c’était les gars du GIGN qui m’attendaient et nous allions jusqu’à la Préfecture dans une bagnole pourrie des RG…


Ça comme brûlant et ça finit, disons juste avant le dénouement, très hot dans le refuge des pozzines de Bastelica « … et descendis doucement la main vers sa culotte échancrée. Mes doigts s’aventurèrent sous la soie, vers ce territoire magique. Elisa vibrait de tout son corps et gémissait de félicité. Quand mon majeur caressa son clitoris et ses grandes lèvres ruisselantes, elle hurla, se cabra, et m’embrassa avec encore plus de vigueur. »


Même si ça n’entre pas dans le plan-type des rapports du CGAER y’a pas photo, des missions en Corse comme celle-là je parie sans risque de perdre ma mise qu’il y aurait un paquet de candidats de tous les corps du Ministère pour se la faire. Ça se bousculerait à la porte du refuge des pozzines de Bastelica. Je trouve que ça manque à mon expérience corse mais on ne peut pas tout avoir.


Mais revenons à la trame  du roman de notre ami Gouëllo, fort de ses 8 années passées sur l’île de Beauté. C’est bien ficelé, y’a même chez Yann l’un des héros du Gouëllo que ne désavouerait pas Berthomeau. « Notre action peut-être au début française, mais pour être efficace doit ensuite contaminer l’Europe et le Monde. Premier exemple pour lancer le débat : est-il normal que les légumes en conserve, petit pois, haricots, cornichons traversent la planète sous forme congelée, soient l’objet de spéculations dans des bourses mondiales et vous soient servies sous des marques française à votre insu ? Exigeons la provenance des matières premières et ensuite chacun se déterminera. »


Comme vous le savez je  ne consomme que des cornichons bas-bourguignons 100% bio linkce discours me va droit au cœur.


Mais je m’égare. La Corse, celle pour laquelle les pinsuttu n’entravent que dalle ! Bien sûr y’a « Pasquale (qui) dû ralentir pour laisser trottiner une laie, toute de noire vêtue. J’aperçus ses marcassins dans les phares de notre Toyota… »


Note du taulier : en Corse 3 types de voitures les grosses allemandes dont la Porsche Cayenne en vedette, la guimbarde pourrie rafistolée qui roule à donf en vous collant au cul dans les virages et le pick-up Toyota pour chasseurs et autres activités nocturnes qui dotent la Corse des seuls panneaux de signalisation en braille existant  de par le vaste monde.


« Quelques « milliers » de virages plus loin, un bovin errant fantomatique surgit du maquis à droite de ma portière, obligeant Pasquale à faire une brusque embardée pour l’éviter en frôlant le vide. »


Portait-elle la boucle d’oreille règlementaire pour toucher la prime ? Je ne sais…


Ce que je sais c’est que notre Loïc a bien traduit la société de paradoxes qu’est la Corse « qui assume ses contrastes, ses contradictions, avec ses codes sociaux particuliers, fondés sur le respect de la tradition, des anciens, l’honneur du clan. Les individus s’effacent s’ils ne sont pas chefs. En effet, à l’instar des sociétés préhistoriques c’est le rapport de force qui régit les relations. Dans la vie de tous les jours, on utilise l’intimidation, la menace, voire l’usage de la force physique. »


« Cette « raison du plus fort » a des conséquences sur toute la société corse. (…) Elle entraîne une dynamique de « non-développement », de rejet du progrès économique ou social. Elle produit de l’immobilisme en interdisant toute méritocratie. Je m’explique : les clans se sont répartis les territoires économiques, tels les BTP, routes, commerces, paillottes… Dans une région géographique le clan maîtrise l’activité et interdit  toute concurrence. Pas d’innovation, pas d’apports extérieurs, pas de volonté de s’agrandir, de rivaliser avec le voisin. Pas d’emploi dans le secteur hors du clan. Le marché local captif insulaire essentiellement touristique ainsi  que les emplois publics sont suffisants pour faire tourner toute l’économie locale, à condition de ne pas accroître le nombre de bénéficiaires sur la gâteau. Pas question de voir évoluer la Corse comme la Sardaigne ! »


Quand j’y pense la Corse possède 4 clubs de foot pro pour 306 000 habitants, deux à Ajaccio l’ACA et le GFCA et deux à Bastia le SCB et le CAB.


Lorsqu’Elisa, qui est d’origine bretonne, se désole « je ne réussis pas à faire passer deux qualités indispensables pour moi, que mes parents m’ont laissées en héritage : la curiosité et le sens de la fête. » elle parle d’or.


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Je n’en dirai pas plus et surtout je ne parlerai pas « ni du mille feuilles au brocciu et légumes confits au basilic, ni de la selle d’agneau aux parfums du maquis et sa blanquette de févettes à la pancetta, ni de la fiadone au cédrat, ni du sorbet clémentine » servis à  la Villa Corse du boulevard de Grenelle et encore moins du « Saparale blanc servi en entrée et du comte de Peraldi rouge, cuvée du cardinal pour finir. » car ce sont là des vins de la Corse du Sud alors que mon cœur est au Nord du côté de Patrimonio chez mon ami Antoine Arena et de Murielle Giudicelli entre autres.


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Lu et apprécié, ça se lit d’un trait, la fin est un peu elliptique mais compréhensible, les femmes toujours les femmes… Notre ami Loïc aime manifestement « Les jambes des femmes qui sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie » et pour moi c’est un gage supplémentaire de l’estime et de la  sympathie que je lui porte.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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