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Mardi 7 octobre 2014 2 07 /10 /Oct /2014 00:09

Lorsque je suis arrivé au siège de la SVF en 1986, à la direction des achats, je découvris avec surprise que nous avions un établissement à Lorient. Bien sûr, comme le note un article que je vais citer, « Pour la petite histoire les vins d'Algérie ont aussi  fait la fortune des négociants de Quimper qui  les commercialisaient sous la marque Sénéclauze... Comme Margnat à  Lorient, ces vins, les moins chers et les plus forts  du marché  (13 °), se diffusaient dans tous les bistrots et les épiceries de la Bretagne en bouteilles étoilées (qui étaient consignées) ...

Ils ont largement contribués à l'alcoolisme local ! »


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Le Télégramme - Loisirs - L'âge d'or du port de Lorient

 

Nous avions hérité, dans l’immense portefeuille de marques  accumulées par Paul Crémieux à la SVF, de Margnat, le fameux velours de l’estomac.


Mais ce que j’ignorais c’est que Lorient fut l’un des plus gros ports pinardier de France pendant plusieurs décennies.


« On connaissait la route des Indes et ses épices. On sait moins que la « Saga du gros rouge » a marqué un demi-siècle de la vie du port de Lorient à travers son commerce avec l'Afrique du Nord.


L'histoire des vins d'Algérie sur Kergroise est indissociablement liée à une profession commerciale aujourd'hui disparue. Dès 1926, le maire de Lorient souligne que : « notre port qui est surtout charbonnier deviendra nécessairement le grand entrepôt des vins et des phosphates d'Algérie ».


1934 est le début d'une ligne régulière et florissante avec l'Algérois et l'Oranie, ce qui permet d'alimenter les nombreux grossistes en vins du Morbihan et du Finistère et indirectement les nombreux cafés et débits de boissons. Le vin algérien est fort apprécié des Bretons, par toutes les classes de la population.


Kergroise va vivre les « Dix Glorieuses ».


1952 : 196 000 hectos – 1962 : 393 240 hectos

.

La filière va vivre dix années euphoriques pour : les entreprises de transit, les pinardiers, les négociants Morbihannais (les vins Margnat, Courset…)


A Lanester  les vins Arciabia, l'un des fournisseurs bretons, le patron avait fait faire une cuvée spéciale lors de sa dernière livraison de vins d'Algérie, qu'il avait  intitulé « Les larmes de Bugeaud ». Ce vin fut  embouteillé, fait rare, sur les entrepôts du bord du Scorff, et sur l'étiquette, on pouvait voir des passagers descendre la passerelle d'un bateau avec une valise dans chaque main... (Sa petite fille qui tenait encore cette cave il y a 5 ou 6 ans, m'avait montré cette étiquette, dont elle n'avait plus qu'un exemplaire, et qu'elle gardait précieusement en souvenir de  son grand-père)... Elle m'avait montré aussi des photos où la vingtaine de camions  Arciabia attendait  à la queue leu-leu, quelquefois une journée, l'arrivée du pinardier sur les quais de Kergroise.


L’ensemble de l’article ICI link

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Lundi 6 octobre 2014 1 06 /10 /Oct /2014 00:09

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Ce matin en consultant ma revue de presse je suis tombé sur une étrange chronique « Le Vin Sarkozy Nouveau est Arrivé!! » signé par Mahamat Ramadane journaliste à la rédaction d'Alwihda.link


Après lecture j’ai cru à un fake, à un faux-nez des partisans de la Marine. Je suis allé vérifier la réalité d’Alwihda Info. C’est un média Centrafricain qui a pignon sur rue link , un compte Face de Bouc et Twitter.


La comparaison de Mahamat Ramadane entre  « un grand clos de Bourgogne (en l’occurrence la Romanée-Conti MLP) face à un petit Tokaï (NS) bon marché et un peu aigre, tourne à l’avantage de la première « Bien plus ronde, beaucoup moins agressive les journalistes l’ont trouvé “charmeuse et séductrice”. Elle a eu le mérite de ne pas tout ramener à elle, mais a discerné les causes de la situation française et offert les solutions que l’on connait. Elle fut ferme sur le fond tout en séduisant et restant accessible. Ouverte au dialogue et prudente. »


Étonnant non !


Le costard taillé au petit Nicolas est rude :


« Sa robe extérieure n’a guère changé, toujours petit, toujours nerveux, les cheveux blancs dus à la bouteille ne le rendent pas plus calme ni convainquant mais appartenant à un passé révolu.


A mon humble avis il n’avait pas la stature d’un homme d’état, mais comme on dit en anglais Un “has Been” tentant un “Comeback”.


Le Sarko nouveau est un peu madérisé. »


« Très Peu Corps


Un tout Petit Cru... »


Enfin, pour couronner le bœuf en daube de notre chroniqueur africain une photo montage d’une bouteille de Beaujolais Nouveau de Georges Duboeuf.


Cet étrange parallèle tournant en la faveur de la fifille de son père qui s’y voit déjà est la démonstration de la banalisation du FN qui sait si bien, je dirais même mieux, vendre des vessies pour des lanternes.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 6 octobre 2014 1 06 /10 /Oct /2014 00:09

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Au hasard de mes lectures je suis tombé sur le titre d’un article du journal suisse Le Temps : « Le vigneron de Lavaux enrichissait ses crus avec beaucoup d’Algérie »


« On croyait boire du pinot noir ou du gamay de Chardonne ou de Saint-Saphorin. Et comme on dit, on n’avait pas «tout tort»: on buvait bien de ces vins-là. Mais allongés d’une «puissante» dose de rosé espagnol ou de rouge algérien. L’auteur principal de cette fraude, un vigneron de Chardonne, a cru bon de le relever lundi, dans le prétoire du Tribunal correctionnel de Vevey: «Je n’ai jamais eu de réclamations»…


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L’article donne les chiffres link et surtout indique que dans le canton de Vaud couper le vin est autorisé avec un taux de houillage et de coupage cumulés de 12% en 1989 et de 8% en 1990 et 1991. De son côté, l’ordonnance fédérale sur les denrées alimentaires ne va pas au-delà de 15%.


Le coupage, notion oubliée, qui répondait au temps de l’Algérie à une forme d’enrichissement de la qualité du vin et du négoce dit expéditeur qui œuvrait au mélange de la sauce des vins du Midi avec ceux d’Algérie, en y trouvant son compte tout comme le négoce de place embouteilleur au plus près des consommateurs telle la SVF à Gennevilliers.


Tout  ce bel édifice s’effondra avec l’indépendance de l’Algérie et le Marché Commun qui autorisa le coupage avec les vins italiens. Ce furent les VDPCE de triste mémoire qui accélérèrent le déclin de la consommation des vins de table (ex VCC) en litre 6 étoiles.


Histoire ancienne qu’il ne faut pas totalement occulter car elle marque encore la mémoire des vignerons du sud et de leurs dirigeants. Les grosses coopés, les grands domaines privés du Languedoc, avec leur bâti ou ce qui en reste, sont la trace d’une période où la prospérité a laissé petit à petit la place à des combats d’arrière-garde, pour sauver ce qui pouvait l’être, qui ont pendant très longtemps occuper l’essentiel de l’énergie viticole des Ministres de l’Agriculture  au plan communautaire.


Mais c’était quoi  la vigne en Algérie ?


Ce fut la culture phare de l’Algérie coloniale et son extension fut considérable.

 

De 15 000 ha en 1878 sa surface passa à 167 000 ha en 1903.


« Dès 1904, les viticulteurs sont soutenus par un système de coopératives efficace assurant pour les usagers européens – mais aussi musulmans – une commercialisation collective, vouée en majeure partie à l’exportation.

À la veille de la Première Guerre mondiale, l’Algérie est l’un des plus gros producteurs de vin au monde, jusqu’à ce que la crise mondiale la touche dans les années 1930.

En 1954, la vigne représente le tiers des exportations de l’Algérie, aux mains pour l’essentiel de grands propriétaires européens. »


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Le domaine de Lucien Borgeaud : La Trappe de Staouëli


« C’est en 1843 que 10 pères et quelques frères trappistes, sous la direction du prieur François-Régis, s’installèrent à Staouëli à une vingtaine de kilomètres d’Alger. La faveur royale leur avait octroyé une concession de 1020 ha. Le soutien du maréchal Bugeaud fut actif : 150 condamnés militaires construisant et défrichant, des subventions, des semences, des bestiaux produits des razzias et 3 ans plus tard, 200 ha étaient défrichés, le couvent et la ferme bâtis, à la grande colère des colons des environs pour qui l’aide tardait à venir. Le domaine des trappistes ne fit que se développer. À la veille de la séparation de l’Église et de l’État en 1905, les trappistes vendent le domaine à Lucien Borgeaud, qui en fera un fleuron agricole, mais gardent le couvent. »

 

(1) Source : L'Algérie aux temps des Français


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Dimanche 5 octobre 2014 7 05 /10 /Oct /2014 07:00

Le nid était vide. J’avais faim. Sur la porte du frigo un post-it « je pars une semaine chez ma mère », l’eau de mes spaghetti frissonnait. Me retrouver seul m’allait bien. Elle m’avait acheté une belle bouteille de vin. Le silence de la Mouzaïa m’enveloppait dans un cocon protecteur, j’entreprenais de me confectionner un pesto. L’ail me collait aux doigts. Je pilonnais le basilic qui épandait ses fragrances poivrées. Y-avait-il des pignons de pin ? Je n’eus pas beaucoup à chercher, sur la porte du placard à provisions Émilie avait dressé la liste de tout ce qu’elle m’avait acheté. Lorsque je jetai les spaghetti bouillants sur mon pesto mon téléphone s’agitait dans la poche de ma chemise. Ce devait être elle ; ce n’étais pas elle mais Dubouillon un pilier de la grande maison. Répondre c’était prendre le risque de me retrouver face à des spaghetti tièdes ce qui était au-dessus de mes forces. Avant de m’assoir je pianotais un sms pour mon cher collègue « je n’y suis pour personne, même pour le Premier »

 

J’ouvrais la bouteille de Patrimonio, le niellucciu de Grotte di Sole, gras, porté par une allonge fraîche, était superbe, il me tapissait le palais. Penché sur mon assiette, à l’italienne, j’aspirais mes spaghetti. Mon smartphone émettait le bip annonçant la réception d’un message, puis un second, puis un troisième, ça devait chauffer dur du côté de Beauvau. Je m’essuyais les lèvres. Mon second verre de Grotte di Sole me ramenait dans le maquis corse, dans les bras d’Émilie. Que faisait-elle en ce moment ? Les spaghettis me calaient, j’allais pouvoir me mettre à ma table de travail pour écrire. Par acquis de conscience je consultais les messages :


le premier « fais-pas le con répond ! »,


le second « ta note au Premier a foutu un souk pas possible, radines ! »,


le dernier « on vient te cueillir ! »


Je pianotais « chiche ! Vous ne savez pas où je crèche ! »


La réponse fusait « Ducon, tu ne sais pas ce que c’est que la géolocalisation… » Je coupais mon téléphone, jetais quelque vêtements dans un sac, fourrais mon ordinateur portable avec eux, sortais mon vélo et je me tirais sans éteindre les lumières de la Mouzaïa afin que mes petits camarades tergiversent avant de savoir quelle stratégie adopter pour me faire sortir de la place : la persuasion ou la force.


En passant à Barbès j’achetais dans une boutique un Nokia basique et une carte. L’air était doux. Je débarquais chez Claire qui m’offrit, sans rien me demander, l’hospitalité. La colocation faisait la fête, je me glissai nu dans les draps et, en dépit du bruit, je m’endormis comme un bébé sans demander mon reste. Les situations de tension extrême m’apaisent. Avant même que le jour ne se lève j’étais debout, l’appartement ressemblait à un champ de ruines, quelques corps gisaient çà et là, des odeurs mêlées âcres et aigres flottaient dans tout l’appartement. Je gagnai la cuisine pour me faire du café. Dans le capharnaüm de bouteilles vides, d’assiettes emplies de détritus, de verres plein de mégots, je repérais une corbeille de fruits indemnes. La cafetière asthmatique crachotait, le café ne serait pas fameux. Je pressais des oranges, des citrons et des pamplemousses sur un presse-fruits en verre, un très bel objet. Le jour se pointait. J’imaginais la tronche furibarde de mes chers collègues. J’enfilais d’un trait le grand verre de mes jus mêlés.

 

Il était hors de question que je me remette dans le jeu pourri auquel mes supérieurs me destinaient. Ma note incendiaire au Premier c’était mon testament politique, maintenant rideau, je disparaissais pour un temps des radars. Le café était franchement dégueulasse. Le plus drôle c’est que Claire habitait à deux pas d’un gros commissariat et, chaque jour, lorsque j’irais me dégourdir les jambes au-dehors, en passant devant la guérite vitrée je saluerais le factionnaire tel un quidam respectueux de la force publique. Je ne risquerais pas grand-chose puisque la grande maison ne pousserait pas la plaisanterie jusqu’à diffuser ma tronche de cake dans les commissariats. Dans la grande salle commune je découvrais une boule de pain de campagne elle aussi indemne. Je la tranchais avec mon couteau corse avant d’aller inspecter le contenu du frigo. Il était vide. « Tu cherches quoi mon grand ? » C’était la Claire. « De la confiture mon cœur ». Elle grimpait sur un escabeau pour aller dénicher au fin fond d’un placard un grand pot de marmelade d’oranges amères. Ma préférée ! Nous nous en goinfrâmes, la journée commençait sous les meilleurs auspices.


J’avais titré ma note au Premier « Juppé, dernier rempart face à l’effondrement du système… » Grandiloquent certes ce titre mais je n’avais pas trouvé mieux pour résumer mon analyse de la donne de la présidentielle de 2017. Face à la perspective d’un second tour Le Pen/Sarkozy, dans la mesure où l’alternance se ferait mécaniquement à droite, la candidature de Juppé permettait de jouer une carte à la Giscard, la France veut être gouvernée au Centre, sauf que le Centre n’existe qu’en tant que force d’appoint pour la Droite. Ce que Hollande avait raté à la suite de son élection en laissant Bayrou mordre la poussière alors qu’il avait appelé à voter pour lui, Juppé par construction le réalisait avant l’élection. Mais encore faudrait-il qu’il puisse se présenter en gagnant les fameuses primaires ouvertes inaugurées par le PS. Avec ce fou furieux de Sarko, qui allait remettre la main sur le parti, ça n’était pas gagné d’avance, sauf à ce que le petit ne se fasse vraiment rattrapé par ses casseroles judiciaires.

 

Je préconisais donc de faire l’impasse sur la future présidentielle, une forme de repli en bon ordre sur une position préparée à l’avance : la social-démocratie assumée, et de manœuvrer pour que la primaire de l’UMP à la sauce Sarko soit polluée par de braves sympathisants votant massivement pour Juppé. Manœuvre, certes délicate, mais jouable à la condition de préparer le terrain et de jouer fin en sous-main. N’oublions pas que les primaires ouvertes à la sauce socialo se jouent à deux tours, et qu’entre les deux, à la condition d’avoir fait un score qualifiant, le jeu des alliances avec le centriste pourrait permettre à Juppé de tirer son épingle du jeu. Bien évidemment j’ajoutais, qu’en dépit de ma conviction que mon analyse et ma stratégie étaient pertinentes, je n’étais absolument pas partant pour remettre les pieds dans les soupentes de l’UMP comme je l’avais fait au tout début du septennat. Peine perdue, j’avais à nouveau péché par orgueil, me restait plus qu’à faire le mort pour qu’on m’oublie.   

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 5 octobre 2014 7 05 /10 /Oct /2014 00:09

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Dans l’ordre nous avons eu droit à :


1-    Alain Ducasse qui vient de nous gratifier lors de la réouverture du Plaza, l’une de ses nombreuses gargotes étoilées, d’un bel échantillon de ses hautes pensées sans doute concocté dans le salon VIP d’un aéroport international.

 

Pensez-donc notre homme vient d’expliquer à l’AFP par communiqué que « la planète a des ressources rares, il faut la consommer plus éthiquement, plus équitablement »

 

Notre chef vénéré et surmédiatisé, qui prône depuis longtemps la diminution des protéines animales ne jure plus que par la « naturalité », d’ailleurs va-t-il dans la foulée se mettre aussi aux vins natures. J’aimerais voir la tronche de Gérard Margeon son « Monsieur Vin » : vert !

 

Virage radical pour le nouveau Plaza: finie la viande, bienvenue la pêche de ligne durable, les céréales « bio, autant que faire se peut », légumes « du jardin de la Reine » cultivés au Château de Versailles.


« Le chef jongle avec les tendances végétariennes, locavores et environnementales dans son menu « jardin-marin ».link


2-  Au duo Frédéric Rouzeaud/ Philippe Starck avec son Brut Nature


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Le chroniqueur des grandes occasions, le sieur Dupont, que je n’ose qualifier de Stéphane Bern du bouchon de peur de me faire remonter les bretelles, était, telle une bonne  fée, penché sur le berceau de la nouvelle cuvée.


« Nous avions dégusté avant la date de sortie officielle mi-septembre (mais juré craché qu'on tiendrait notre langue) cette fameuse cuvée - "la" nouveauté depuis 30 ans - signée Roederer et Starck. "Une de plus dont l'habillage est confié à un designer !" penseront tous ceux un peu blasés qui chaque automne voient arriver dans les épiceries fines et chez les cavistes branchés les coffrets de luxe, avec duo de flûtes enchantées enveloppées de papier doré et cartonnage épais autant que brillant rehaussé d'un décor chargé comme une poitrine de maréchal soviétique grande époque... Que nenni, cette petite dernière ferait davantage dans le genre communiante année cinquante, juste l'aube blanche à peine froissée de quelques infos obligatoires griffonnées. Ce n'est pas tout. Philippe Starck ne s'est pas contenté de dessiner, il a aussi exigé de participer. On le comprend. Pour un grand amateur et buveur de champagne comme lui, l'occasion se faisait belle et unique… » link


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75€ chez Lavinia : pas donné camarade Dupont !

 

3-  Enfin dans Vogue Un portrait de famille touchant, réunissant Natasha Poly et sa fille sous l'objectif d'un autre fidèle de Vogue Paris, Mario Testino »


« La vedette de ce numéro est cette chose craquante, un vrai bébé Johnson, que tout le monde a envie de prendre dans ses bras. Elle s'appelle Aleksandra, blonde aux yeux bleu marine, c'est la fille du top model Natasha Poly, avec qui cette enfant a posé avec une gentillesse, une sagesse confondante pour la série de mode "Un Air de famille", photographiée par Mario Testino.", écrit Emmanuelle Alt, rédactrice en chef de Vogue Paris dans l'édito du numéro d'octobre 2014. Une couverture intime, marquant les dix années de collaboration de la cover-girl en immortalisant cette nouvelle venue »


J’adore la petite chose craquante !


Moi ce que j’en dis c’est pour causer mais en dépit de toutes les railleries des pisse-froids le nature fait son trou, sa petite pelote, et qu’on ne vienne pas me dire que ce n’est qu’une mode pour bobos parisiens, même si ceux-ci y sont pour quelque chose, car pour ce qui concerne la Champagne ce ne sont pas les Grandes Maisons qui ont donné le la mais mes petits copains naturistes. Qui les aime, les suivent !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 4 octobre 2014 6 04 /10 /Oct /2014 00:09

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Jean-Pierre Rietsch je l’ai rencontré à Besançon, en compagnie de son épouse, lors du lancement de la bible naturiste « Tronches de vin », des gens délicieux, discrets et avenants. Alsaciens, leur domaine de Mittelbergheim fut créé à la fin des années 1970 par Pierre et Doris Rietsch ; il est aujourd’hui dirigé par leurs enfants qui le conduisent désormais avec une approche nature.


Depuis je suis conquis, 100% Ritch pour vous épargner « le My tailor is Rietsch® » déjà déposé par une célèbre blogueuse estampillée RVF qui m’enverrait sinon du papier bleu par huissier.


Pour moi toutes les occasions sont bonnes pour faire couler le précieux liquide dans le divin gosier de mes belles copines : Claire avant de faire le dauphin crie en direction d’Émilie « Youpi ! »


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Chez nous, mon bon monsieur et ma bonne dame, on ne déguste pas : on boit tout simplement !


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Le crémant extra-brut est un pur et brillant sésame pour ouvrir la fête ; nous sommes une petite bande, où la parité penche du côté des filles, entièrement dévouée à l’extension du domaine de la fête !


Page 202 de la bible des vins nus : « sermon sur la montagne *» par l’un des 5 apôtres.


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« S’il paraît que l’on ne prête qu’aux riches, Jean-Pierre Rietsch a su faire fructifier le patrimoine familial et s’orienter vers une approche du vin résolument nature en cave, avant de se lancer dans une conversion vers l’agriculture biologique. Inéluctable à  partir du moment où il est évident que le meilleur raisin doit rentrer en cave pour donner le meilleur vin, avec le moins d’artifice possible. Sur le Zotzenberg, le Stein, le Wiebelsberg ou le Brandluft, peu importe la hiérarchie, si le terroir est beau. Son pinot noir sans soufre démontre à quel point le minimalisme œnologique en cave est payant, à condition que la maîtrise soit bien là. En 2009 comme en 2010, un vin parfaitement droit, gourmand, fruité et épanoui, comme on aimerait en boire plus souvent.  Il est intéressant de noter que cette gamme « nature » et expérimentale coexiste avec une autre, plus classique, mais tout aussi passionnante. Une façon de travailler qui permet à Jean-Pierre de mieux se connaître, de mieux connaître son vin, et  d’entretenir, avec lui le consommateur adhérant à ses principes, une relation privilégiée… »


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La suite de la cérémonie, la dégustation, est ICI avec un belle partie du clergé naturiste Eva Robineau, Olif ou Patrick Böttcher… et sans doute d’autres que je ne vois pas sur la photo… link


* la montagne du sermon « Le Zotzenberg, une colline qui a redonné ses lettres de noblesse au sylvaner, un temps vilipendé et non autorisé à produire de l’Alsace Grand Cru. Propice à la culture de ce cépage, grâce à un micro-climat spécifique et à des sous-sols adéquats, le « Zotz » est recouvert de 40% de sylvaner, que les meilleurs vignerons savent transcender. Fait suffisamment rare pour être signalé, l’ensemble des vignerons possédants des parcelles de ce cru se sont engagés dans une démarche environnementale supprimant totalement les insecticides. »


N’étant pas un buveur d’étiquettes j’adore celle de JP Rietsch !


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Vendredi 3 octobre 2014 5 03 /10 /Oct /2014 00:09

Cette chronique est dédiée à : Francesca Antonelli, Lucia Ceracchi  et Alessandra Pierini… mes amies d’Italie vivant à Paris…


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      La sorella tra le botti non ha prezzo!!!  Matteo Ceracchi


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                   Alessandra link


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           Francesca au championnat du pesto de genovese

 

Les Mots, l’autobiographie de Sartre. « Le lecteur a compris que je déteste mon enfance et tout ce qui en survit. » (1)


Les Mots bleus c’est Christophe (2)


Le poseur de mots c’est ICI link


Les mots à manger de Maryline Desbiolles écrivain, Prix Fémina en 1999 avec Anchise extraits du numéro juin-juillet 2004 de la revue Critique consacrée à la Gastronomie.


-        Orecchietteal ragù 


Tes petites oreilles invisibles, connues de mois seule, tes petites oreilles secrètes où ficher ma langue pointue pour l’occasion, une langue qui fouine, précise, précise. Au bout de la langue la pâte suave, la petite oreille comme un doux prépuce que les dents vont exciter, précises, précises. Heureusement pour calmer la blessure, tout le ragoût de mots un peu trop cuits que je chuchote à tes oreilles secrètes.


-        Fritto misto


Gai gai gai marions-nous. Nos bouches enrobées de pâte si fine qu’elle fait oublier l’huile bouillante dans laquelle on va plonger tout entier et qui déjà nous saisit au col, à la gorge qu’elle fait jaser. Ô me mêler, m’emmêler, me mélanger à toi et glisser un baiser d’italien sur la langue que je veux affûter.


-        Fettucine al nero

  

Prendre les choses à l’envers. À rovescio la nuit, a rovescio le sang d’encre. Le noir très doux en effet qui nous enveloppe comme je suis à tes côtés dans la voiture que tu conduis trop sûrement : nous ne nous perdrons pas pour finir et les lumières sont aveuglantes au bout du tunnel. Mais c’est l’obscurité qui éblouit.


-        Trippa alla fiorentina 


D’où me vient que l’Italie me donne si faim ? De la langue maternelle, des risotti de ma grand-mère ou de moi-même dégustée en petite fille dansant sur la grande table d’un éternel banquet ?

Dans la forte chaleur du 15 août je ne renonce pas à manger des tripes. La vierge n’a-t-elle pas été élevée au ciel avec tout l’attirail de son corps ? Je suis un peu déçue hélas par cet accommodement à la florentine qui déjà me donnait des ailes, une modeste sauce tomate par laquelle aucune assomption n’est possible. La nuit cependant ne manque pas d’anges qui dans la touffeur n’y verront que du feu et nous prêteront main forte.


-        Linguine al tonno 

Au bout de la langue, ces pâtes qui ne sont ni des papillons, ni des anneaux, ni des roues, ni des coudes, ni des coquilles, ni des plumes, ni des oreilles, ni des cheveux d’ange. Rien de tout ça, pas de pappardelle de nourriture, juste le sifflement du désir au bout de la langue, linguine, cet agacement dans les aigus qui fait perdre la tête, qui fait perdre   la gravité de l’accompagnement, al tonno, qui, une seconde, fait oublier que la mariée est grevée d’une traîne.


 

(1)            Loin de l'autobiographie conventionnelle qui avec nostalgie ferait l'éloge des belles années perdues, il s'agit ici pour Sartre d'enterrer son enfance au son d'un requiem acerbe et grinçant. Au-delà de ce regard aigu et distant qu'il porte sur ses souvenirs et qui constitue la trame de l'ouvrage et non pas son propos, l'auteur s'en prend à l'écrivain qui germe en lui. Pêle-mêle, il rabroue et piétine les illusions d'une vocation littéraire, le mythe de l'écrivain, la sacralisation de la littérature dans un procès dont il est à la fois juge et partie. Ainsi, "l'écrivain engagé" dénonce ce risible sacerdoce, cette religion absurde héritée d'un autre siècle. Du crépuscule à l'aube, un travailleur en chambre avait lutté pour écrire une page immortelle qui nous valait ce sursis d'un jour. Je prendrais la relève : moi aussi, je retiendrais l'espèce au bord du gouffre par mon offrande mystique, par mon oeuvre. On ne peut s'empêcher de sourire devant tant d'ironie, et l'on sent l'auteur s'y amuse aussi lorsque, avec cette langue parfaite et cette brillante érudition, il joue les pasticheurs. --Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot

 

(2)


 

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Jeudi 2 octobre 2014 4 02 /10 /Oct /2014 00:09

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Comme tu le sais, je suis de ces vieux chiens qui, au lieu de couler des jours paisibles dans sa niche du boulevard Saint-Jacques, de se contenter de baguenauder dans les beaux terroirs de France, de garder des vaches qui donnent leur lait pour les petits chinois, a toujours sa truffe pointée vers le ciel pour humer les tendances et les évolutions.


Un emmerdeur quoi, comme tu me l’as dit gentiment fait remarquer en ton bureau de Ministre.


Depuis 10 ans, un peu par accident, je crapahute sur la Toile du Vin pour le pire et le meilleur.


Rappelle-toi, l’arrivée de Louis Le Pensec au 78 rue de Varenne, tu en étais avant d’aller rejoindre François rue de Solférino. C’est lui qui m’a envoyé faire le médiateur dans le pays des VDN puis, laissant son maroquin pour faire le sénateur, il a laissé la place à Jean Glavany qui lui m’a expédié à Cognac où la crise mettait tout le monde dans la rue, les gros comme les petits.


Tout ça pour te dire que ces missions de médiation, au plus près des gens, m’ont fait me poser des questions sur la réalité des succès de la vigne France et de ses vins. Nous étions dans l’autosatisfaction, la congratulation, les équivalents Airbus, toujours les mêmes chansons.


Bref, comme une intuition que ces discours masquaient une vision à courte vue. Rendez-vous fut demandé à Jean Glavany qui m’écouta avec son petit sourire en pointant son regard moqueur abrité sous ses épais sourcils. Il me confia, comme tout bon élu local, que le Madiran constituait son horizon dans le domaine  mais que mes interrogations sur la concurrence du Nouveau Monde valaient bien une mission.


La suite est connue mais là n’est pas la motivation de ce courrier matinal.


À nouveau, sous la même musique sans changer les paroles, le monde de la vigne France et des vins, me semble bien insoucieux des grands enjeux qui conditionnent son avenir.


Des enjeux mal cernés ou éludés par le plan stratégique de longue vue pour le vin pondu récemment du côté de FranceAgrimer link


Pour faire court, dans la vigne France, au-delà de la question importante des pesticides, de ses implications sur la santé des hommes, sur le régime des eaux, la vie des sols, le fameux terroir, les investissements de recherche sont ridiculement bas ou mal orientés pour un secteur qui se veut un grand secteur de l’économie. Les conséquences de certaines maladie et de des évolutions du climat ne me semblent pas préoccuper suffisament les décideurs alors qu’elles sont et qu’elles vont changer la donne. Des chercheurs plutôt que des vendeurs, ces derniers sont faciles à trouver sur le marché de l’emploi alors que cette matière grise c'est du long terme.


En effet, tout commence au cep, l’agronomie et l’économie, y compris la fameuse segmentation des marchés : là encore la lente dilution de la notion d’AOC nous handicape, nous fait régresser sur les marchés porteurs, nous empêche de profiter de nos avantages comparatifs en termes de valeur et de notoriété. Nous vivons encore à l’heure d’une régulation par la restriction, comme au temps des flots de vin de table. Nous n’avons pas changé d’ère et le dossier de la gestion des droits de plantation est emblématique de ces œillères.


Grand pays exportateur, nous subissons les évolutions sans engranger les bénéfices à long terme de l’ouverture de grands marchés. Au premier retournement, ce qui se passe à Hong-Kong devrait nous faire réfléchir, le repli sur notre marché domestique atone sera la règle. On parlera de crise alors que c’est la structure même de notre offre qui sera en cause et, croyez-moi, mêmes les flamboyants des GCC en seront.


Attention je ne suis pas en train de prédire le pire ou de jouer aux oiseaux de malheur. Ce n’est ni ma vocation, ni mon désir d’avenir. Je ne suis candidat à rien mais j’aimerais qu’en ces temps difficiles, où les occasions de positiver se font rares, que le grand secteur autoproclamé de la vigne France et des vins ne se contente pas de gérer ses petits équilibres entre professionnels.


Il ne s’agit pas de renverser la table mais de poser sur elle les termes clairs des enjeux, des choix à faire pour que ce réservoir de valeur qu’est la vigne France et ses vins se développe, fixe des emplois sur nos territoires, au lieu d’être un tonneau plein de trous bouchés par de mauvaises rustines.


Ceci n’est pas mon testament, même si en écrire un ne fait pas mourir, mais une simple lettre de mission pour, qu’à l’instar de Jean Glavany, tu aides les grands chefs de la vigne France et de ses vins à  dépasser leurs petits prés carrés.


Anticiper, « J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. » à l’instar d’Henri Bergson prônons le faire au lieu de nous réfugier dans l’immobilisme. 


Sans doute peut-on lui préférer Talleyrand, diseur de bons mots, pour qui « L’inertie est une vertu, l’activité un vice. Savoir attendre est une habileté en politique ; la patience a fait souvent les grandes positions. On doit être actif quand l’occasion passe ; on peut être paresseux et nonchalant quand on l’attend. »


Je sais Stéphane que ton tempérament te porte vers l’action, le faire ; je sais aussi qu’un Ministre, et celui de l’Agriculture tout particulièrement, se doit de faire avec ses interlocuteurs professionnels ; je sais enfin, pour l’avoir vécu avec Michel Rocard Ministre de l’Agriculture au moment des accords de Dublin, que les choix mêmes difficiles et contestés sont les meilleurs investissements pour un homme politique. Tu es jeune, tu fais un parcours remarqué en des chemins ardus – nulle flatterie – alors ma petite lettre matinale n’est pas un caillou dans ta chaussure mais, comme au temps du Groupe Saint-Germain, de l’intelligence dans le pré, en sachant que la vigne dans la Sarthe est la voisine des prés.


En t’écrivant je m’applique une maxime attribuée encore à ce cher Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord « Tout le monde peut être utile ; personne n’est indispensable. »


Bien à toi, avec mon meilleur souvenir.


Jacques Berthomeau


PS. Ce petit mot sur la Toile n’est là que pour tester la réactivité du 78 rue de Varenne aux réseaux sociaux qui, je le rappelle, sont fait pour fonctionner dans les 2 sens : pas seulement de haut en bas mais aussi dans l’autre sens… car contrairement à Eugène Saccomano « je ne refais pas le match »…


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Mercredi 1 octobre 2014 3 01 /10 /Oct /2014 00:09

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« Chuchoté ou crié, l’aveu est bouleversant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi. » Ainsi Montaigne traduit-il l’évidence et l’intensité de sa relation avec Étienne de La Boétie, son alter ego trop tôt disparu. L’amitié entre les deux hommes est l’une des plus belles histoires qu’offre la philosophie. Une « divine liaison » que l’auteur des Essais n’a cessé de célébrer pour son caractère unique et fusionnel, et dont il n’est jamais parvenu à faire le deuil… » link


L’amitié sur le réseau social Face de Bouc, hormis une poignée de vrais amis – je ne fais pas ici référence aux groupies ou aux fans – n’est pas vraiment à l’ordre du jour. À grosse maille, le stock des autres se répartit en deux masses inégales : les « amis » dormants, ceux qui vous ont sollicité pour accroître leur pelote, qui n’interviennent jamais, et les tapis dans l’ombre qui vous surveillent, lisent ce que vous écrivez soit pour dégainer des commentaires assassins ou se complaire dans la détestation qu’ils ont de vous-même ou de vos écrits.


Comme je suis un vieux blogueur, compulsif selon cette dernière engeance, je suis une cible idéale pour ce profil très particulier qui passe beaucoup de temps devant son écran faute d’avoir d’autres centres d’intérêt.


Quelques remarques préalables :


-        Sur Face de Bouc 99% de mes amis sont des gens qui m’ont sollicités. Au tout début je répondais oui à tous jusqu’au jour où j’ai refusé la catégorie « belles photos de jeunes femmes à usage multiple. »


-        Produire 1 ou 2 feuillets par jour ne demande pas un travail important, il suffit de se poser devant son écran, avoir des idées, écrire. C’est simple. Mes chroniques sont écrites en général pour la semaine, sauf actualité pressante, ce qui me permet ensuite de vaquer à mes occupations.


-        Nul n’est dans l’obligation de lire mes écrits donc d’en prendre ombrage, je ne pratique pas l’attaque personnelle, je me contente simplement de river leur clou à quelques soi-disant seigneurs, type Norbert le Forestier et à leur valetaille cireurs de pompe patentés.


-        Je n’ai jamais pris le temps de procéder à un grand nettoyage de printemps dans ma liste d’amis pour en virer certains qui épandent, hors mon mur, des propos nauséabonds. Le seul que j’ai lourdé sans préavis c’est le bedeau d’Hubert.


Si ce matin j’aborde ce sujet en mettant en exergue une citation un peu galvaudée, à l’origine mal déterminée, c’est que le dernier emballement sur Face de Bouc, à propos du documentaire d’Isabelle Saporta, a mis en lumière un comportement très Facedebookien : le « tu comprends, je t’ai un peu éreintée pour plaire à certains mais, tu sais, je n’en pensais pas moins, je t’aime. »


Lisez-moi bien, je ne suis pas en train d’écrire et de justifier un comportement où il ne serait pas possible, entre vrais amis, de tout se dire, de faire état de désaccords. Bien au contraire, le débat, même vif, entre amis entretient le lien, lui évite de sombrer dans la complaisance.


En revanche, à trop vouloir ménager la chèvre et le chou, être bien avec tout le monde, un coup à gauche, fort, une  caresse à droite, quémandeuse, on verse dans un comportement complaisant qui vise essentiellement à préserver, pour beaucoup de blogueurs, leur possibilité de se voir inviter à des pinces-fesses bon chic bon genre ou à des collaborations monnayées par ceux qui disposent du blé.


Il faut bien vivre, et mon propos n’est pas ici de donner des leçons chacun doit assumer ses contradictions. J’assume les miennes. Bien plus qu’une illusoire transparence ce qui importe dans l’exercice libre du blog c’est d’éviter de jouer selon ses calculs au roi Salomon ou au Ponce Pilate, en omettant les conflits d’intérêts savamment cachés sous de blanches tuniques. La réalité fracasse toujours, un jour ou l’autre, ces comportements qui se veulent bien balancés.


Tout au long de ma vie professionnelle je me suis fait de solides et vindicatifs ennemis. De fortes inimitiés. Ça m’a renforcé, m’a donné le goût de convaincre, de comprendre aussi, de ne pas camper sur des positions acquises. En revanche, je me suis toujours défiés de ceux qui vous embrassent sur la bouche, vous donnent de suite des signes ostensibles d’amitié et qui, au premier obstacle venu, se dérobent, ou pire vous trahissent. La vengeance sournoise est la marque des faibles, des « mal dans leur peau ».


Cette adresse vise, sans aucune ambiguïté, celles et ceux qui s’affichent amis sur mon mur Face de Bouc et qui manifestement se font du mal, les pauvres, en s’infligeant de mauvaises lectures.


Qu’ils se rassurent je ne les classe pas dans mes ennemis car leur capacité de nuisance à mon égard est si infime, je ne les déteste pas non plus, ils me sont indifférents. Tout bêtement je les plains… même si l’on ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment.  

 

* « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis ! Quant à mes ennemis, je m'en charge ! »Dans l'Encyclopédie des citations de Dupré (1959), est indiquée comme faisant partie de l'Anthologie Palatine d'Eustathe (12e siècle), avec cette note en bas de page : « On attribue souvent ce mot à Voltaire. Il est bien plus ancien. Selon Stobée, il aurait été prononcé par un roi de Macédoine, Antigone II, mort en 221 av. J.-C. »


Mais certains auteurs indiquent que la traduction utilisée dans le Dupré est mauvaise. C'est en fait : « Que les dieux s'occupent des amis (philoi), je me charge des ennemis. »

 

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Mardi 30 septembre 2014 2 30 /09 /Sep /2014 00:09

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Mon amie Carole Colin du restaurant Les Climats rue de Lille m’a annoncé la nouvelle : l’excellent chef Julien Bocus vient d’inscrire la Grouse à la carte link


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GROUSE D’ÉCOSSE


Suprêmes rôtis aux raisins et jus tourbé. Légumes d'automne et pommes paille.


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Comme je n’ai pas encore eu le temps d’aller saucer je ne puis vous indiquer ce que je boirai avec cette grouse sur les bons conseils du souriant et compétent sommelier Franck-Emmanuel. En effet, la carte 100% bourguignonne est riche, c’est le paradis des vins de Bourgogne :

Et si c'était un morey les Faconnières 2010 de chez Lignier-Michelot...


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210 vignerons

1 200 références de 17€ à 7 636€

3 550 rouges et 3 350 blancs en caves de jour

12 800 bouteilles en cave de conservation

Les prix sont volontairement très raisonnables. link

 

Je profite de l’occasion pour vous entretenir de ma conception de la chasse


Même en  ce moment si on entend moins les organisations de chasseur dans beaucoup de catégories de la population, qu’elles soient rurales ou urbaines, la chasse, n’a pas bonne presse. Depuis qu’ils se sont invités à l’élection présidentielle ils sont perçus comme un lobby puissant et pas toujours transparent : 1,3 million de chasseurs.


78 rue de Varenne, j’ai géré, au nom de mon Ministre, les listes des chasseurs des chasses du domaine de Chambord, Rambouillet et d’Auberive. Je n’ai jamais tenu un fusil de ma vie et, bien sûr, jamais chassé. J’avoue que je ne vois pas d’intérêt personnel à aller battre la campagne pour tirer du gibier et le discours qui affirme que la « chasse aide à dominer sa peur de la nature sauvage, à se la réapproprier, à l’amadouer, à la sentir vibrer, pleine de sève et de fougue… » s’apparente pour moi à de l’autojustification pure et simple.


Pour autant je peux comprendre la chasse comme la perpétuation d’une forme de prédation, d’une ponction sur le faune sauvage, comme une confrontation loyale mais il ne faut pas trop en rajouter tout de même en assimilant le gibier à une «nourriture éthique» sous le prétexte d’une alimentation industrialisée dominante.


Ici je ne vais ni entrer dans les batailles frontales entre, pour faire simple, le clan Bougrain-Dubourd et le clan des chasseurs des chasses dites traditionnelles, ni rejoindre le parti de ceux qui rejettent la consommation de viande parce que, pour ce faire, il faut tuer un animal.


Mon propos préfère se situer justement au niveau de l’acte de tuer lui-même et, je dois l’avouer, la mort d’un animal sauvage par le fait du tir d’un chasseur me paraît plus belle, plus noble, avec une chance, certes parfois inégale, d’y échapper, que celle de l’animal domestique mené et tué dans un abattoir, car là la mort est programmée, inéluctable, et le caractère massif de cette mise à mort à quelque chose de difficilement supportable.


Bien évidemment, je ne fais pas entrer dans cette approche les malheureux animaux d’élevage lâchés quelques heures avant la chasse dans la nature pour se faire dézinguer par des chasseurs d’abattage et j’ai peu d’intérêt, et même une forme de mépris, pour ceux qui vont chasser des grands animaux en Afrique ou ailleurs.  De plus, je n’aime pas beaucoup ceux qui considèrent la chasse comme une forme de sport de compétition où la performance semble n’être que la seule motivation. La chasse à courre n’est pas non plus ma tasse de thé.


Mon image d’Épinal du vrai chasseur le représente en cueilleur, en préleveur précautionneux des équilibres, en marcheur heureux même lorsqu’il rendre bredouille.

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C’est un Jim Harrison pour qui pêche et chasse «constituent le summum en matière de nourriture» car depuis l’époque où, gamin il courrait dans les bois, il adore «manger les poissons et les oiseaux que j’ai réussi à capturer.» et aime aussi «ramasser des baies et des morilles.» Alors quand il écrit que «la bécasse et la grouse, au même titre que la truite et la perche, appartiennent tout naturellement à la vie qu’il mène» je ne le vois qu’en compagnon de son setter Rose avec qui il entretient «une magnifique relation basée sur un langage secret.» Ça me rappelle Justine ma chienne épagneul breton qui avait chassé dans sa prime jeunesse et qui retrouvait tous ses instincts dès que nous nous promenions en plaine. Harrison retrouve en chassant et en pêchant sa condition de « bipède pléistocène » car tout simplement il accommode ce qu’il a tué ou pêché. Alors quand il parle d’une tourte à la grouse, j’en sens presque le fumet qui s’échappera lorsqu’il en fera sauter le chapeau.


Comme vous l’avez déjà compris je suis amateur de gibier à plumes je dois donc assumer qu’un prédateur humain le soustrait à son habitat naturel pour que je puisse le manger. Alors qui mieux que Gérard Oberlé peut  exprimer mon goût pour les oiseaux sauvages comme il le fait dans une lettre du 4 novembre 1999 à Jim Harrison :


« Il y a très longtemps que je ne touche plus à un fusil, mais je n’ai jamais renoncé à la saveur des oiseaux sauvages. Le gibier à poil n’est pas mon ragoût et s’il existe, comme dans les contes romantiques allemands, un tribunal des bêtes, ce n’est pas moi qu’on accusera d’avoir orpheliné Bambi. Je laisse à d’autres les puissantes venaisons, les lièvres à la royale, les hures de sanglier à la Saint-Hubert, les selles de chevreuil et les sauces Grand-Veneur. Mais dans mon livre de l’amitié, je dédie le premier chapitre aux potes chasseurs et cuisiniers qui m’ont régalé de perdreau, de gélinottes, de colverts, de bécasses et de cailles, d’ortolans, de faisans et de ramiers, de bartavelles et de becfigues. »


Je suis tout comme Oberlé qui lui est qualifié par Jim Harrison de «Michael Jordan de la cuisine française» dans le beau livre SAVEURS SAUVAGES 28 chefs cuisinent le gibier.


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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