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               Vin&Cie, l'espace de liberté

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est
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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 17:00

Alain de Greef, l’ex-Directeur des Programme de Canal+ historique qui, après un mai 68* passé en pantoufles (il s’était cassé un pied en tombant sur un protège-arbre)  et avoir fait des études qualifiées par lui de « lamentables, de sociologie à la Sorbonne, tenté l’IDHEC l’ancêtre de la Fémis, s’être rabattu sur une école bidon, passe le concours d’entrée à l’ORTF en 1971. « Je n’avais aucun talent particulier, ni intellectuel ni manuel,  et donc le cinéma et la télé ça paraissait bien. »

lescure_de_greef.jpg

Donc alors qu’il est peinard à l’ORTF l’arrivée de Pierre Desgraupes en 1981 avec Pierre Lescure « aux divertissements « Christian Dutoit, à l’époque responsable de la production d’Antenne2, s’est dit qu’on devait s’entendre et nous a demandé de travailler ensemble. On s’est vu la première fois au Sancerre de l’avenue Rapp (Antenne2 était juste à côté), et on y a très logiquement commandé du Sancerre, du rouge, Pierre est resté fidèle au rouge, moi depuis ma radiothérapie, je bois plutôt du blanc… On a bu quasiment trois bouteilles, c’était bien parti ! En gros, on a vu qu’on appartenait à la même culture – même si lui était plus rock, plus intéressé par les États-Unis, et moi plutôt pop, plus Angleterre. On a commencé à bosser sur des émissions, et à passer de plus en plus de temps ensemble. Très rapidement, il n’y a plus eu de discontinuité entre notre vie privée et le boulot ; ça s’est bien sûr amplifié au moment de la  création de Canal+. »

  • « Ce qu’il y avait de formidable, c’est qu’i faisait très beau : le mois de mai était magnifique, comme un mois de juillet, et boulevard Saint-Michel, tout le monde parlait dans la rue. »
  • Au temps de Messier où les réunions de direction se faisait en anglais car le directeur financier était américain. Refus de de Greef. Lescure lui disait « Mais Alain, tu parles bien anglais ? » - Oui, mais pas en France ! À une réunion de Canal+, je parle français ! Y’a quand même des limites à ce qu’on peut accepter dans la société française ! »
  • « Moi, c’était plutôt le rouge : le Bordeaux, le Côtes-du-rhône… C’est Hervé Chabalier (fondateur de l’agence CAPA connu pour son livre Le dernier verre pour la route) qui m’a expliqué qu’en fait j’étais un ivrogne, pas un alcoolique… Je n’ai pas un comportement addictif. Il m’arrive de boire un verre pour certains repas, et de m’arrêter là. »

Extrait de l’entretien accordé à Christophe Ernault & Laurence Rémila dans le n°2 de Schnock la revue des Vieux de 27 à 87 ans.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 00:09

Même si je ne pousserai pas la provocation jusqu’à proclamer « Vive la crise ! » comme l’avait fait Yves Montand en 1984 link je suis de ceux qui, comme le Pousson des Corbières et de la Catalogne réunies, estime que le seul antidépresseur qui vaille, qui fait du bien au corps, au cœur et à l’âme, en ces temps de morosité, c’est la, ou les, belles quilles « dézinguées » entre amis. Alors, lorsque que notre Eva altière, conquérante, monte sur le tonneau pour proclamer, à la suite du Guillaume le Conquérant des belles « fillettes natures »*, que la patrie des bons vivants est en danger, qu’il faut, toujours et encore, se laisser aller aux petits plaisirs, le Taulier secrétaire autoproclamé de l’ABV crie ollé ! Oui phoque la crise ! Je me rallie à son panache blanc. J’enfourche mon fier destrier noir et je vais m’asseoir pour boire en savourant sa chronique de février.

  • Notre ami Guillaume se fait des « fillettes » au sens du grand historien Marcel Lachiver qui dans son Dictionnaire des mots du passé : « en Anjou, et dans bien d’autres provinces, le tiers de la pinte, du litre, la moitié de la bouteille, de 30 à 35cl environ » Ouf ! photo Eva

 

La crise. On commence à savoir qu’on a les pieds dedans. Et on n’a pas fini d'en bouffer. Les médias, les gens aussi, nous le rabâchent assez pour qu'on ne l'oublie pas, ne serait-ce qu'une seconde. Et c’est loin de s’arrêter. On en ingurgite tous les matins, tous les soirs. Le fait est que tout cela entretient une ambiance morose, complètement négative et pas franchement encourageante. On est bougon, de mauvais poil, angoissé, parano. Alors quoi? On doit se laisser envahir par cette ambiance, se laisser mourir au fond de son fauteuil et ne plus sortir de chez soi? Ne plus rien dépenser de peur de culpabiliser d'avoir trop dépensé?

 

Non ! Mince à la fin !

 

Au contraire, permettons-nous de temps en temps des petits plaisirs, qui nous font respirer un peu et apprécier la vie surtout. Des petits plaisirs gourmands, qui nous sortent de notre torpeur négative quotidienne pour nous régaler et nous faire un peu positiver. L'idée d'un luxe anti-crise ne vient pas de moi, rendons à Guillaume ce qui lui revient. C’est Guillaume, du blog Du Morgon dans les veines, qui a commencé cette série en octobre 2010 (oui déjà). link Proposer des plans luxe anti-crises pour continuer à se faire plaisir tout en restant raisonnable, j'adhère. link  Guillaume en a déjà parlé, mais il est parfois bon de revenir sur les bonnes choses, surtout quand elles viennent de Loire.

 

Jo Landron, viticulteur du Muscadet à succès et à moustache, fait de très bons Muscadets. Des à-boire-maintenant et des à-conserver-au-frais-dans-sa-cave. Mais il est aussi l’auteur d’une quille fort sympathique, Atmosphères.  Atmosphères, c'est la bulle qu'on ouvre sans complexe, pour fêter quelque chose ou simplement pour prendre un apéritif entre amis. Avec deux cépages, folle blanche (80 %) et pinot noir (20 %), ces sont des bulles assez fines qui viennent nous chatouiller la bouche tout en réveillant furieusement notre palais. Ça bulle agréablement, c’est vif, c’est agréable, ça appelle immédiatement un autre verre. Les arômes et la fraîcheur des bulles surprennent tout le monde.

Atmospheres-de-crise.jpg 

Et alors ces bulles, on peut se les acheter à un prix tout à fait raisonnable. 7 € chez le producteur, 10 € en caviste (prix à-peu-prèstiste). Le bon plan idéal pour se faire plaisir à moindre coût, sans se résigner à boire du moins bon. Alors sortons un peu de notre morosité, allons papoter un peu avec un caviste sympa (là, en l’occurrence, c’était Mikael de Crus et Découvertes, sympa et avec une sélection qui fait chauffer ma carte bleue), invitions quelques copains, préparons quelques cochonnailles (les bons plans cochonnailles, c’est chez Guillaume que vous les trouverez) et trinquons !

 

À la bonne vôtre et f*** la crise !

 

PS : Précision importante : cette bouteille se déguste aussi très bien hors période de crise !

Domaines Landron Les Brandières 44690 LA HAYE FOUASSIERE

Tel  : +33 2 40 54 83 27

E mail : domaines.landron@wanadoo.fr

http://www.domaines-landron.com

 

Crus et Découvertes 7, rue Paul Bert 75011 PARIS Tel  : +33 1 43 71 56 79 Métro Faidherbe-Chaligny

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : le vin du mois d'Eva
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 00:09

Ouille, ouille, Jacquouille, je vais encore me faire des copains dans le landerneau des guides. Pensez-donc, dans le dernier numéro du magazine Challenges dans un face à face étrange avec une star de la haute-cuisine Alain Dutournier, je suis présenté comme une arme de dissuasion massive contre les guides de vin.


Moi je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas en acheter. Moi, bien au contraire, j’aime plus que tout le travail Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble même si je le titille sur ses bouches tendues ; je considère, n’en déplaise à certains, que Michel Bettane est une référence et l’un des meilleurs dégustateurs qui soit ; que le grand Bob est aussi une belle pointure avec sa stratégie de businessman ; que l’équipe de la RVF est d’excellente facture.
Donc, j’espère que mes éminents confrères ne viendront pas me chercher des poux sur la tête car je n’en n’ai pas et je n’en ai jamais eu.  Bref, comme je suis totalement transparent je vous relate comme cette interview s’est déroulé.
 

 

1e acte : La demande
 

 

Bonjour
Je me permets de vous contacter dans le cadre d'un article sur les guides de vin (Bettane & Dessauve, Hachette, Revue du vin de France, Parker...).
Serait-il, en effet, possible de vous interviewer par téléphone (15 à 20 minutes) dans le cadre d'un petit témoignage sur ce sujet .Comme amateur et fin connaisseur utilisez-vous ces guides ou pas du tout ?
Quelles sont selon vous les avantages et les inconvénients de ces guides ?
Trouvez-vous  le langage utilisé abscons et prétentieux ou au contraire accessible ? Ces guides sont-ils bien faits ?  Avez-vous une préférence pour l'un d'entre-eux ? Préférez-vous faire confiance à une connaissance pour choisir vos vins plutôt qu'à cette littérature de spécialiste ?
Merci pour votre aide
Respectueusement
Jean-Pierre de La Rocque
Challenges
 

 

2e acte : Ma réponse
Bonjour,
Je veux bien répondre à votre interview à propos des guides cités mais il me sera difficile de porter une appréciation sur eux car je ne les utilise pas. Ce qui ne signifie pas qu'ils fussent mal fait mais tout bêtement parce que je n'éprouve pas le besoin de me référer à un guide papier.
Bref mon téléphone est le 06 80 17 78 25 si ça vous dit.
Bien à vous
JB
 

3e acte : interview au téléphone
 

 

4e acte : le tête à tête Alain Dutournier et du Taulier

Bouquet-021.JPG
Mon commentaire
 

Comme vous le savez je n’ai que peu de goût pour les notes et pour le vocabulaire de la dégustation. C’est ce que je me suis contenté de répondre au journaliste. D’ailleurs Dutournier évoque lui aussi « un style parfois hermétique ». Il donne d’ailleurs une bonne définition de l’acheteur de guide : celui qui ne veut pas prendre de risques. Comme lui j’adore prendre des risques et je ne me balade pas bardé de guides de ceci ou de cela. Ce n’est que mon choix qui comme je l’ai écrit en préambule ne remet pas en cause la qualité du travail des dégustateurs cités.
 

 

Je revendique le droit de privilégier le côté critique de vin, ce que j’appelle une approche plus émotionnelle, à celui de notateur-commentateur de vin. Cependant un bon critique doit, bien sûr, s’appuyer sur une solide expérience et une belle culture du vin sans pour autant l’étaler. Tout ce que je souhaite c’est que les Guides aient beaucoup plus de lecteurs qu’ils n’en ont car, en cela, ils participeraient, bien plus qu’ils ne le font, à l’extension du domaine du vin. La Toile peut les y aider : j’ai assisté récemment à de beaux échanges, lors d’une dégustation, entre Michel Bettane et Fabrice Le Glatin l’animateur de Vin sur Vin. La pollinisation croisée est bien plus fructifère que les cultures sous serres.
 

 

Dernier point à souligner : si je n’utilise pas de guides j’en reçois donc je suis en mesure de porter une appréciation sur leur contenu.  
 

 

Le journaliste a assez bien rendu mon verbiage mais alors pourquoi me flanquer sous un titre pareil : DISSUASIF ?

 

Suis-je étiqueté ad vitam aeternam comment étant ABRASIF ? Le tampon JEX du vin, merci très peu pour moi…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 11:52

Bouquet-022.JPG

Vincent Pousson est un merveilleux allumeur de mèches et, comme je suis de mèche avec lui, même le dimanche je me laisse entraîner sur ses sentiers non balisés ou sur les chemins vicinaux chers à notre ami commun François des Ligneris. Bref, j’avais lu l’édito de Vitisphère « des blogueurs et des journalistes » link, non signé, mais qui portait la trace évidente de Michel Remondat. Mon sentiment a fort bien été traduit par Ophélie Neiman, la célèbre Miss Glou-Glou, sur le mur Face de Bouc de l’ex SBF Vincent Pousson : « Bon sang qu'est-ce que moche de pondre un édito aussi mauvais dans un journal! C’est bien la preuve qu'un « journaliste » peut rédiger (et publier!) des chroniques plus lamentables que ne le ferait un blogueur: zéro source, zéro info fiable, zéro objectivité, zéro... « Déontologie », pour reprendre un terme lu plus haut. Un texte écrit en 5 min sur un coin de nappe après un repas... et qui en plus pontifie et donne des leçons : pitoyable. L'édito nous parle d'un « drame » (!) probable et à éviter. Mais drame pour qui? Le lecteur? Le consommateur? Le vigneron? ... ou drame pour le pré carré de l'auteur ? »

 

Donc pas la peine de chroniquer me suis-je dit ! Mais c’était sans compter sur notre Ryan O’Connell, qui tire plus vite que son ombre. Dans sa langue maternelle il répondait, point par point, de façon très professionnelle, à l’édito de Michel Remondat.link Sans être mauvaise langue je me suis dit qu’une majorité des habitants de notre beau pays souffrait d’une grave et rédhibitoire allergie à la langue anglaise, tout comme d’ailleurs beaucoup de pratiquants de l’anglais ne savent pas aligner deux mots de français. Donc j’ai demandé à Ryan une version française de son texte. Ensuite je vous livre toute chaude la réponse de Michel Remondat publiée sur le mur du Sieur Pousson l’arpenteur de vin

ryan-barrel-room.jpg 

Les simples consommateurs de vins sont-ils qualifiés pour partager leur opinions?

 

C'était avec un petit choc que j'ai lu l'édito dans le dernier Vitisphère qui termine avec cette petite conclusion:

 

« Enfin, il faudra accepter une certification des acteurs de la critique, de la notation, par une Autorité, sinon les technologies du numérique pourraient imposer la dictature d’une démocratie virtuelle. 

La Dictature d'une Démocratie ? »

 

Mon premier réflexe est de dire que l'édito est un peu ridicule.  Finalement, les consommateurs savent ce qu'ils aiment et ils sont spécialement qualifiés pour être prescripteurs et de décider quoi acheter.  Mais donnons l'édito sa chance pour convaincre.  Quelles sont les pires qualités d'un monde sous la « dictature d'une démocratie virtuelle? »

Je suppose qu'il y a un risque de se trouver dans un monde où les vignerons essaient de faire des vins oubliables et inoffensifs que personne ne déteste (mais que personne n'adore non plus).  Comme je l'ai déjà mentionné sur un autre article du blog de mon Domaine, je ne souhaite pas voir cela!  Et il ne faut pas dire c'est de la paranoïa car des grand volumes de vins sont déjà produits de cette manière. 

 

Et la musique à la radio est sélectionnée d'une manière assez proche ou le monoplage n'est presque jamais la meilleure chanson de l'album.  C'est juste celui qui déplaît le moins tout en étant un peu entraînant (mais pas trop entraînant!)  Cela rappelle des histoires ou les grandes boites de distribution font jouer l'album pour un groupe test et choisissent après le single avec le score le plus moyen au lieu de la chanson que certains adorent et d'autres détestent.

Citons le vote du  « Design a Sam Adams Beer » qui démontre que certaines boissons recherchent d'être littéralement sous une dictature de la démocratie. Et c'est vrai que c'est un peu n'importe quoi. 

 

Par contre cet édito a une sorte de nostalgie pour une période passée où toutes les poches étaient pleines de francs et tous les verres remplis de bon vin.  Mais honnêtement, il y a toujours eu des vrais vignerons et des producteurs qui cherchent à faire des vins de grandes surface (mais pas de grands plaisirs).  Il y a même un moment où j'ai l'impression que l'édito suggère que la baisse en consommation est faute d'un manque de voix d'autorité dans le journalisme du vin:

 

« Et au 3ème et dernier acte, disparition de l’art de la critique du vin… Perdu par la multiplicité des références, des origines, des prix, le consommateur perd confiance et se protège en réduisant ses achats de vins ! »

 

Cela me semble un peu fou. Les gens boivent moins en France à cause d'un manque de confiance dans leur habilité à choisir la bonne bouteille?  J'ai mes doutes. La consommation diminue parce qu’on a peur de souffler dans le ballon. Ou parce que les cocktails gagnent en popularité.  Ou même parce qu'il y a plus de choix autre que le vin (on ne buvait pas de Red Bull il y a 20 ans).  Il y a maintes raisons à une baisse de la consommation de vin. Il n'y a pas de raison de croire que cette baisse de la consommation est liée à un manque de confiance du consommateur. Un manque de confiance qui existe d’ailleurs aussi dans les pays ou la consommation augmente.

 

De plus, je ne suis pas convaincu que la croissance des blogs ou la perte de voix de l'Autorité sur le vin, peuvent faire baisser la confiance du consommateur. Au contraire, j'imagine que la notion que n'importe qui peut publier une opinion sur l'Internet rendrait plus de confiance aux consommateurs qui pourraient être intimidés dans un monde où il existe des voix certifiées dont ils ne trouvent pas toujours le temps de découvrir. Je crois que le consommateur aurait plus de confiance dans un monde où la seule chose qui compte est son opinion personnelle et celles des personnes avec qui il partage sa bouteille.

 

De toute façon, je commence à perdre le fil de cet édito.

 

Mon expérience dans la communication égalitaire

 

Une des meilleures choses qui s’est passé pour mes vins c'est l'interface client de mon importateur au Royaume Uni, Naked Wines.  Les clients qui achètent mes vins peuvent laisser un commentaire sur le site.  C'est aussi simple que ça.  La majorité ne se considère pas comme blogueurs, gourous, ou experts.  Ils font simplement une petite revue pour les amis.  La plupart mettent un simple oui ou non à la question « rachèterez-vous ce vin? », et d'autres écrivent des petits commentaires.

 

Au début de ma jeune carrière comme vigneron je me disais qu'aucun critique ne pouvait influencer ma philosophie de vigneron ou le style de mes vins.  Mais une fois que les clients sont devenus critiques... j'ai un peu changé d'avis. Quand des milliers de gens goûtent mon vin et des centaines d'entre eux me laissent une note honnête et détachée de publicité et sans inquiétudes sur la circulation ou les impressions de leurs écrits, ça fait du bien.  J'aime alors entendre ce qu'ils ont à dire. Bien sûr, il faut toujours faire du vin qu'on aime boire.  Mais je veux bien prendre en compte le fait que des centaines de personnes préfèrent le Trah Lah Lah 2009, un peu moins tannique que le 2008. Cela me donne confiance pour faire dans le futur un assemblage plus raffiné si ça me dit de le faire. 

 

Et bien entendu il faut éviter de fabriquer des vins inoffensifs qui passent pour tout le monde sans vraiment faire plaisir à personne.  Mais en même temps, est-il si terrible de prendre en compte l'opinion de mes clients (qui eux boivent un peu plus de mes vins que la majorité des journalistes)?  Et je suis donc heureux qu'ils peuvent partager leur opinons sur le net, indépendamment de ce que les autorités certifiés veulent dire.

 

Qui donne l’autorité aux autorités?

 

Et la dernière chose que je ne comprends vraiment pas : qui pourrait donner l’Autorité aux critiques? L'édito suggère:

 

« Pour éviter le drame, journalistes et éditeurs, du papier ou du numérique, devraient se réunir pour redonner un sens au journalisme du vin, redéfinir l’art de la critique. »

 

Si tous les journalistes et éditeurs du papier et du numérique se rassemblent pour décider comment on peut écrire sur le vin, cela  inclura tous les blogueurs et réseaux sociaux qui font tant trembler dans le reste de l'édito !

 

Et pourquoi avons-nous cet impératif pour définir l'art de la critique?  Est-ce que c'est véritablement pour donner plus de plaisir aux consommateurs ?  Ou pour donner plus de confiance au consommateur qui doit choisir une bouteille au restaurant?  Honnêtement, l’idée est terrifiante qu'il y a des spécialistes certifiés qui ont des opinions plus valides que celle de chacun de nous a la table.  Je ne veux pas me sentir coupable pour n'avoir pas lu toutes les opinions expertes qui ont été publiées avant d'acheter une bouteille recommandée par un ami.

 

Non, je suis bien à l'aise dans la dictature de la démocratie.  Finalement, on est peut-être bien dans le meilleur des mondes. »

indexRemondat.jpg Michel Remondat

 

Bonjour Vincent

 

Merci de m’avoir invité hier soir. Je suis rentré tard. Il n’y a pas que le vin et le Web dans la vie ! Difficile de répondre à tous ces mots et à toutes ces phrases. Ceci n’est pas une réponse, car je respecte trop les opinions de chacun. Juste quelques explications :

- Je m’intéresse depuis longtemps au vin, plutôt aux vins, mais ce que j’apprécie le plus ce sont les gens du vin.

- Un édito en 10 ou 15 lignes est forcément réducteur. Je regrette d’avoir offensé tes amis. Chaque semaine, Vitisphère essaie d’attirer l’attention des professionnels du vin sur un point, qui pèse ou pourrait peser, changer l’évolution de l’économie du vin. Je défends l’idée que les éditos ne soient pas signés car je préfère le nous au je.

- Le vin est aussi et surtout une activité économique, créatrice de valeurs. C’est précieux. Vitisphère a démarré il y a plus de 10 ans. Nous avons créé 12 emplois, sans subventions, grâce seulement aux efforts de l’équipe. Nous sommes très attentifs à ces notions d’économie, d’indépendance.

- A propos de « journalistes et bloggeurs ». Je ne suis pas journaliste, mais comme tout le monde, je constate les difficultés de la presse du vin. Il serait dommage que ce métier disparaisse. Vitisphère est du côté du numérique, et nous savons très bien qu’il y a du talent, de l’avenir et même de la modestie chez les bloggeurs.

Le vin n’est pas une œuvre d’art (même si certains défendent cette idée) dont la valeur serait corrélée à la force de la critique. C’est un produit qui permet aux vignerons, aux négociants de « gagner leur vie ». C’est un produit commercial avec des contraintes techniques, œnologiques, de marketing et il faut de la formation, de l’apprentissage, de l’expérience pour l’évaluer.

Pour ceux qui croient à l’avis des consommateurs donné sur Internet. C’est vrai ça fonctionne pour l’hôtellerie, pas sûr que ça fonctionne pour le vin !

- Enfin, si j’ai parlé de « certifier les certificateurs », c’est parce que j’ai pensé aux agences de notation et leur AAA. C’était un peu osé et ironique !

- Pour finir : Depuis deux ou trois ans, les attachés de presse des salons de vins se flattent d’organiser un « autobus de bloggeurs ». Autobus et bloggeurs, vous ne trouvez pas ça choquant. C’était le point de départ de l’édito !

 

Michel REMONDAT

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 00:09

La RVF qui a, ses petites et ses grandes entrées, après nous avoir convié au Bristol pour la remise de ses trophées de l’année 2012, ce dernier dimanche de janvier a traversé la rue du faubourg Saint-Honoré pour nous convier au dîner donné jeudi soir en l’honneur du nouveau président ivoirien Alassane Ouattara. Nous avons droit au menu « Après le carpaccio de homard breton, le moelleux de volaille à la truffe fraîche et le dessert au chocolat noir… » La photo qui illustre l’article est du JDD.

 

Outre que, bien sûr, la vieille dame du vin s’intéresse aux vins servis à la table présidentielle link ce qui a accroché mon regard acéré de défenseur patenté de la France des terroirs c’est la remarque suivante « certains convives auraient peut-être apprécié un peu de fromage, cette spécialité si française qu'on trouve difficilement en Afrique. Mais l'absence de cet aliment calorique n'étonne guère à la table d'un président soucieux de sa ligne. »

Bouquet-018.JPG La RVF, très impertinente pour une dame en permanente, a même sous-titré : PRIVÉS DE FROMAGE. J’approuve et je signe et je soussigne à cet accès d’impertinence au service des grands fromages de France (je ne suis pas franchouillard pour autant je suis aussi laudateur sur ceux de nos voisins : voir ma chronique sur le Castelmagno link). Si nous souhaitons que nos éleveurs de vaches, de brebis ou de chèvres vivent de leur métier dans des pays pas faciles encore faut-il qu’ils valorisent leurs litres de lait. Et qui, mieux qu’un vrai fromage, d’appellation ou non, est en mesure d’apporter cette valeur à ce que les chantres de l’authenticité appellent le terroir. J’ai toujours eu coutume de répondre à ceux qui se lamentaient sur l’exode rural et qui prônaient le maintien des paysans : vous voulez les attacher ! La seule accroche à la terre pour un paysan, un vigneron, un éleveur, c’est la capacité de cette terre à le faire vivre normalement. Tout le reste n’est que propos de salon sans contenu, sans lien avec la réalité. Allez donc en parler aux 70 producteurs de lait du Forez qui contribuaient à la fabrication de Fourme de Montbrison. link

 

Pour autant je ne vais pas faire tout un fromage de l’absence de fromages à la table du Président mais me contenter de chroniquer à la mode du taulier, soit un joyeux mélange de légèreté et de gravité.

 

Tout d’abord je pose la question à Denis Saverot : qui c’est qui de chez lui qu’était invité à l'Élysée ? Mon petit doigt me dit que je sais qui c’est mais je peux me tromper.

 

Ensuite, signe du destin, jeudi dernier, alors que je chevauchais mon fier destrier sur l’esplanade des Invalides vide de voitures et pleine de police, un motard du même modèle que celui qui a buté sur une passant de l’avenue du Gal Leclerc alors qu’il ouvrait la route à une sous-Ministre soi-disant pressée, m’intime l’ordre de stopper pour éviter que j’obstrue la chaussée qu’allait emprunter le cortège officiel d’Alassane Ouattara. Ce fonctionnaire de police zélé s’est cru obligé d’ajouter « que cela vous plaise ou non… » Pourquoi m’apostropher ainsi, je n’avais strictement rien dit, même pas protesté ? Après ces messieurs se plaindront d’être des mal-aimés, qu’ils arrêtent de se prendre pour des Rambo sur leurs motos ! Par bonheur, un agent tout proche m’a gentiment dit « ils arrivent, ça ne va durer que quelques minutes… » J’ai répondu « que j’avais toute la vie devant moi… » Quand est-ce que nos gouvernants comprendront – j’exclus le cas des visites officielles – que nous les parisiens cyclistes en avons ras-le-bol des voitures, dites officielles, à vitres fumées qui roulent à tombeaux ouverts, deux tons hurlant, alors que 90 fois sur 100 il n’y a aucune urgence pour l’occupant à ne pas se conformer au code de la route. C’est inutilement dangereux.

 

Revenons au fromage avec une question : dans combien de restaurants trouve-t-on encore de vrais chariots à fromages ?

Chariot-de-fromages.jpg

Enfin pour terminer, et montrer que votre Taulier préféré n’est pas un va-de-la-gueule, je vous propose de contempler la photo ci-dessous d’un assortiment de beaux et de grands fromages que j’ai proposé samedi soir à mes convives après une belle platée de spaghetti alla carbonara link

Bouquet 012 Je reviendrai lors d’une prochaine chronique sur l’histoire de ce plateau de fromages, car il n’est pas tombé du ciel. Il est le fruit d’un choix d’un grand affineur de fromages, Philippe Alleosse, qui veut bien consacrer un peu de temps à un foutu blogueur défenseur des gens du terroir, ceux par qui tout commence. À bientôt donc sur mes lignes pour échanger sur ces produits qui doivent beaucoup à la main de l’homme, à sa capacité de tirer le meilleur de cette fichue terre que l’on disait autrefois nourricière…

Bouquet-004-copie-1.JPG

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 07:00

La table italienne reste ma table de prédilection car la pasta y est un plat à part entière et non un simple accompagnement de la viande comme en France. Nous enfournâmes donc, face à face, une platée de spaghettis ruisselant d’une sauce tomate comme je n’en avais jamais encore mangé. Comme elle j’adoptais la position milanaise, penché sur l’assiette, et non la romaine où l’on enroule les spaghettis sur sa fourchette à l’aide d’une cuillère. Efficace mais redoutable pour la chemise qui, si l’on n’y prend garde, se voit constellée d’une myriade de taches rouges. Pour prévenir le désastre j’avais consciencieusement étalé une grande serviette sur ma poitrine. Ça avait fait beaucoup rire Lucia. Pour faire l’intéressant je lui avais dit « C’est la posture des radicaux cassoulets ! » Face à l’incompréhension de Lucia je m’étais lancé dans une longue explication besogneuse où mes lacunes de vocabulaire s’étalèrent au grand jour. Pour compenser je m’essayai, avec un certain succès, au parlé avec les mains et je savourais avec délice la prononciation chantante de notre cassoulet par une Lucia qui, elle, bien mieux que moi parlait avec les mains. Nous bûmes sec. Au café, un peu pompettes mais sans débordements, Lucia en me servant un café, comme seul les italiens savent en faire, me déclarait avec une pointe d’angoisse et en français « tu sais Jacques, ils ne sont pas très marrants nos petits camarades. Si tu le veux bien, nous nous... comment dire... nous nous réserverons des moments à nous, rien que pour rire... eux ils ne savent pas rire... c’est petit-bourgeois de rire... leur sérieux est pesant... mortel... et moi je n’ai pas envie de mourir... tu comprends ! » Ce fut notre pacte. Mon oxygène dans un climat qui ne fit que s’alourdir. En la présence de nos colocataires ou des camarades de passage, Lucia et moi adoptions ce que nous appelions notre position de survie : elle faisait la cuisine et moi le service. Distance que ne saisissaient pas nos révolutionnaires qui, en dépit de leurs beaux discours sur la lutte des classes, s’accommodaient fort bien, de retour à la maison, d’être servis.

 

Au soir de cette première journée de contact avec la lutte des masses mes camarades m’entraînèrent à une réunion au siège de Lotta Continua d’Arèse pour faire justement le bilan de cette journée. Le local n’était pas un trou à rats humide et puant, comme je le constatai par la suite, mais un premier étage propre et bien éclairé. Ce fut le petit Sarde volubile de l’atelier de Peinture qui entra de suite dans le vif du sujet et, si je puis dire, passa une nouvelle couche des exploits des 8 fouteurs de merde. « On a maintenant une carrosserie à vaporiser toutes les 8 minutes. C’est dingue dès qu’une est terminée l’autre se pointe et on a même plus le temps d’aller pisser. Dans les cabines on ne respire plus parce qu’il y flotte toujours un peu de gaz. Nous voulons 4 personnes de plus pour qu’un groupe de quatre se repose deux fois plus qu’avant. C’est ça ou plus une bagnole ne sort de chez Alfa ! » Suivirent une flopée de situations similaires qui confortaient le groupe dans sa volonté d’en découdre mais les dirigeants de LC plaidaient pour que ça ne parte pas dans tous les sens et que la direction en tire profit pour monter les ouvriers les uns contre les autres en bouclant l’usine. Pour eux il fallait échelonner la grève pour priver la direction de l’argument du manque de pièces. Je pourrais leur faire remarquer qu’en France ce type d’arrêt de travail se nomme grève tournante mais je m’abstiens d’intervenir car je n’ai nulle envie de jouer au professeur. Le petit Sarde se la joue pessimiste : l’exécutif du comité syndical et la direction ont une rencontre informelle demain après-midi et il déclare qu’il est sûr qu’ils se préparent à tout brader. Radical mais sans pour autant pousser le bouchon trop loin. Lucia comme moi ne dit mot.

 

La salle est maintenant pleine comme un œuf et les ouvriers de Lotta Continua insistent pour que l’assemblée aborde la question du « pillage » du supermarché. Ça leur tient à cœur et je sens que mes « amis » autonomes eux n’ont guère envie de la voir remise sur le tapis. Pourtant Vittorio, le beau barbu, s’impose « avec vous les autonomes c’est toujours le même bordel. On ne peut jamais vous faire confiance vous nous mettez en permanence devant le fait accompli. C’est intolérable et ça nuit gravement à notre crédibilité... » Je ne pouvais m’empêcher de penser à Benny Levy qui lui aurait dit, de son ton péremptoire « à notre crédibilité auprès des larges masses. » La différence entre la France et l’Italie c’est que manifestement dans les usines milanaises les larges masses étaient bien au cœur des mouvements mais en opposition frontale. D’un côté la mouvance PCI et FIOM, de l’autre la kyrielle de mouvements d’ultra-gauche et une FIM assez flottante. Vittorio, sûr de sa capacité à dominer les autres leaders, tapait fort « Pour nous l’expropriation collective au supermarché est une grave erreur, pas en soi, mais tactiquement. Nous avons déjà à gérer le conflit de l’atelier Peinture face au syndicat et à la direction, nous mettre en plus cette action sur les bras nous expose aux attaques du PCI. Votre extrémisme ne mène à rien de concret. Vous êtes des chiens fous incontrôlés et incontrôlables. Nous devons tenir compte des équilibres très délicats au sein de la mouvance syndicale. La FIM ne nous suit pas sûr le terrain de « l’expropriation collective ».

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 00:09

u0600753127346.jpg « Mais avec le bagage que vous avez, vous n’allez tout de même pas faire le saltimbanque ». À 11 ans, William Sheller sait qu’il sera musicien. Le piano est son instrument. Son maître de musique, Yves Margat, élève de Gabriel Fauré, le prépare au Prix de Rome et…

 

Nom de scène Sheller, en mélangeant les noms des deux écrivains « Shelley » et « Schiller » William Hand est né le 9 juillet 1946 dans le 17e arrondissement de Paris, d'un père soldat américain et d'une mère française.

 

 «La découverte des Beatles a provoqué un tel séisme en moi que j'ai abandonné mes études de musique contemporaine. Je découvre encore de nouveaux motifs en écoutant Sgt. Pepper's. L'une de mes nouvelles chansons, Tout ira bien, adresse un clin d'œil à la guitare de George Harrison. Les cordes du disque ont été enregistrées à Abbey Road. Sinon, ma famille d'Angleterre élargie s'étend à King Crimson, Procol Harum et Pink Floyd, dont on m'a rapproché au moment de mon album Lux aeterna 1972. »

 

 «J'ai rencontré Barbara pour La Louve 1973, dont j'ai signé les arrangements, et notre relation est très vite devenue affective. Un jour où je lui chantais Marienbad pendant qu'elle se maquillait, elle a claqué son poudrier et m'a lancé : « Tu vas chanter. » Nicoletta m'a donné de précieux conseils pour la scène, notamment que la première chanson était toujours sacrifiée. C'est ainsi que j'ai inscrit à mon répertoire Symphoman et sa longue introduction d'orchestre. Enfin, je partage avec Véronique Sanson la même façon d'écrire par association de mots et la même pulsion dans le jeu... »

 

William Sheller est un des rares à avoir su faire sonner Pop la langue française.

 

Ses arrière-grands-pères : Stravinsky, Chopin, Ravel, Schubert

 

«Ce sont des virtuoses, qui faisaient ressortir l'âme du piano. Grâce à eux, j'ai appris la mélodie, la composition, le toucher, les dissonances. Je me suis rendu compte, après coup, qu'Avatars tenait autant de Pink Floyd que de Stravinsky. »

 

Ses pères : Aznavour, Brel, Ferré, Brassens

 

«Les quatre maîtres de la chanson passaient en boucle à la maison. Musicalement, ils utilisent des formules traditionnelles, mais leur manière de façonner la langue française est incroyable : chaque syllabe est calée sur une note.

 

Pour ceux qui aiment le cheval, le prix d'Amérique : en ligne depuis hier une chronique sur Ourasi, souvenirs, vieille photo : link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 11:15

  Homeric-Ourasi-Le-Roi-Feneant-Livre-686806589_ML.jpg

« Les autres trottaient, lui s’envolait… » Ourasi le cheval du siècle mis un point final à sa carrière sur un exploit inégalé et peut-être inégalable, Il remporte pour la quatrième fois le Prix d’Amérique « en assortissant cette performance monumentale d’un nouveau record de la distance et de l’épreuve » J’y étais le 28 janvier 1990.

photoprix-d-A-copie-2.jpgMonarque nonchalant, l’alezan au front marqué d’une étoile blanche, semblait en dehors de la piste de compétition traîner son ennui. J’étais allé le voir s’entrainer sur la piste de Moissy-Cramayel chez Didier Van Techme, là-bas il était couvé par son lad Philippe Renouf sous l’œil de Jean-René Gougeon le Pape de Vincennes. Têtu et hautain il ne supportait pas la promiscuité des autres chevaux qu’il semblait mépriser. À l’entrainement il se contentait du minimum syndical. Un vrai dilettante qui ne se livrait que pour la compétition. Un vrai roi fainéant, et fainéant jusqu’au bout puisque lorsqu’il prendra sa retraite de trotteur, en dépit de l’empressement des juments, Ourasi se révèlera un piètre reproducteur : seules quelques-unes d’entre elles auront un poulain d’Ourasi (90 000 F la saillie).


Mon texte est largement inspiré du site Ourasi le roi fainéant que vous pouvez, si vous souhaitez tout savoir sur ce crack, consulter ICI link  il est très bien fait.


Je poste 1 photo de la remise de la cravate de Commandeur du Mérite agricole à Jean-René Gougeon et à Pierre de Montesson Président de la SECF et copropriétaire d’Ourasi. Le troisième sur la photo est je crois Philippe Renouf le lad d'Ourasi.

photoOurasi.jpgBien sûr, il y eut autour d’Ourasi, beaucoup de bruits et de fureurs, de sombres histoires d’argent entre ses propriétaires du début le couple Raoul Ostheimer et Rachel Tessier et le syndicat « Ourasi », je me garderai bien de vous la conter car chaque camp détient sa vérité. Moi je ne garde que mes images du roi fainéant qui définitivement retiré de la monte depuis quelques années, « coule des jours heureux au Haras de Gruchy dans le Calvados à quelques kilomètres de Bayeux. Il y est retraité depuis 1990 et il y reçoit de nombreux visiteurs. Ces derniers n'hésitent pas à lui ramener pommes et carottes (coupées en rondelles) qu'Ourasi aime tant mais qu'il doit manger avec grande modération malgré une gourmandise certaine.
Ourasi a fêté le 7 avril 2011 ses 31 ans, l'équivalent de 100 ans chez un être humain. En effet, la durée de vie moyenne d'un cheval de compétition est de 25 ans. Ourasi vit paisiblement auprès de deux vaches qui partagent son « territoire » et il est toujours en forme. Des fans du monde entier viennent toujours saluer le crack. »


La cravate de Commandeur du Mérite Agricole c’était pour lui, les hommes, eux, sont ce qu’ils sont…

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 00:09

Avoir du caractère n’implique pas pour autant que celui-ci fut mauvais, bien au contraire, mais indique qu’il est bien trempé, avec des angles, du répondant. Il en va ainsi pour certains vins et surtout certains fromages qui ne sont pas d’accès facile : certains puent alors qu’ils sont tendres et doux au goût ;  d’autres présentent des aspects peu attrayants et même parfois répugnants pour les âmes sensibles : ce sont souvent des fromages de caractère qu’il faut aborder avec une bouche précautionneuse, attentive, je dirais même respectueuse. Pas question de les enfourner, de les mâchouiller, de les avaler sans leur laisser le temps de se mettre en bouche, d’activer vos papilles, de délivrer leurs saveurs intenses.

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Telle est la posture du « Castelmagno » fromage des bergers l’Alta Valle Grana, qui tire son nom d’une petite commune de la province de Cuneo dans la région du Piémont (située à environ 80 km au sud de Turin, et environ 25 km à l'ouest de Cuneo). Le monde est petit car dans le cadre de mes vaches du Sud-Ouest j’ai découvert l’existence d’une entreprise laitière italienne InAlpi qui cherche du lait en France pour alimenter Ferrero Rocher le célèbre fabricant du Nutella. L'origine du Castelmagno est très ancienne : elle est de peu postérieure, si ce n'est contemporaine, à celle du Gorgonzola, déjà connu en 1100. Les premières meules furent produites dit-on au XIIème siècle comme en atteste le manuscrit d'une sentence arbitrale de 1277, selon laquelle, pour l'usufruit de quelques pâturages contestés, entre les communes de Castelmagno et de Celle Macra, il avait été fixé une redevance annuelle - à payer au marquis de Saluces - d'une certaine quantité de fromages de Castelmagno. Le XIXe siècle fut l'âge d'or de ce prestigieux fromage : le Castelmagno devint le roi des fromages italiens et apparût sur les menus les plus prestigieux des restaurants de Londres et de Paris. Mais avec les guerres et l’exode rural des années 60, le Castelmagno a été à deux doigts de disparaitre. Sa production a reprit dans les années 80 et le Castelmagno a obtenu en 1982, l’AOC et, en 1996, la reconnaissance européenne AOP.

 

Ce fromage rare je l’ai bien sûr découvert par les bons soins du Monsieur Affineur de Fromage de Paris : Philippe Alleosse link qui, avec sa charmante épouse, sont les meilleurs ambassadeurs des fromages authentiques. La veille de Noël, sur le trottoir longeant leur boutique rue Poncelet dans le XVIIe, la file d’attente prenait des allures de celles des temps soviétiques. Ça fait plaisir, même s’il faut prendre son mal en patience, de constater que la belle ouvrage rencontre un public de connaisseurs. Pour la Noël j’ai donc placé au centre de mon plateau  de fromage un Castelmagno de 24 mois qui tenait compagnie à un Curé nantais au lait cru, un Neufchâtel, un demi Maroilles, un Selles s/Cher et une part de Roquefort Carles.

 

Vous allez me dire que la France étant déjà suffisamment riche en variétés de fromages pourquoi diable aller en dénicher un nouveau chez nos voisins transalpins ? Tout bêtement, comme pour le vin, parce qu’il est toujours intéressant de découvrir un fromage de grand caractère, frère de lait, si je puis dire, de nos plus belles AOC devenues AOP. Découverte donc, avec en préambule pour les hôtes un petit speech – plus court rassurez-vous que celui-ci-dessous – afin de présenter le nouveau venu. Ensuite les plus aventureux ou curieux s’y risquent, goûte. Bien sûr le Castelmagno n’est pas un enfant de chœur, il en a sous la soutane et son piquant vaut sans contestation celui de Gina Lollobrigida (version pour les de mon âge) ou de Monica Bellucci mais, passé le temps de l’émoi, vient celui du plaisir. L’alpage, le bon air et les bergères, le Castelmagno s’épanouit, se donne, touche et, au-delà des commentaires d’usage des invités pour faire plaisir à celui qui leur a proposé de le découvrir, ce qui est probant c’est de constater que certains en reprennent. Reste la question à 1000 euros : que boire avec un tel fromage ? Pour tout vous dire je ne sais pas car il peut se suffire largement à lui-même. Cependant, pour rester dans sa province natale, j’ai choisi de vous proposer un Dolcetto d’Alba.  photoDolcetto.jpg

Lorsqu’on évoque Alba on pense de suite à sa merveilleuse truffe blanche, mais aussi par le plus célèbre de ses vins : le Dolcetto d'Alba. Mais au risque de vous surprendre je vais évoquer un écrivain italien méconnu né à Alba : Beppe Fenoglio dont Italo Calvino, célèbre lui, écrivait « Beppe Fenoglio parvint à rester à l'écart et silencieux à une époque où les écrivains tombent facilement dans le piège de se prendre pour des personnages publics. Il sut si bien se défendre qu'il ne reste aujourd'hui de lui qu'une image aux traits sévères et fiers ; ce n'est au fond qu'un masque, derrière lequel se dissimule un être qui continue de nous être inconnu » Pourquoi une telle évocation me direz-vous ? Deux raisons, la première très personnelle : j’aime beaucoup cet écrivain singulier qui n’a suivi ni modèle, ni genre, et qui se tint toujours en marge de la vie littéraire italienne pour effectuer un travail de recherche et d'expérimentation très original. Fenoglio c'est un style traduisant l'expérience de sa vie passée dans la région des Langhe ; la seconde, anecdotique : né à Alba en 1922, en 1943 il rejoint les partisans pour combattre les troupes fascistes. A la fin de la guerre il choisit de rester à Alba, d'y exercer sa profession de négociant en vin. Il conservera cette profession jusqu'à la fin de sa vie, préférant composer ses livres en marge de son travail, en « gentlemen writer »

 

Ca 'del Baio, l’Azienda Agricola, dont vient mon Dolcetto d’Alba 2009, se situe au cœur des Langhe,. Les activités vinicoles de la famille Gras remontent à 1880 : une vraie tradition transmise de père en fils au fil du temps. La production est principalement dédiée aux vins rouges : Barbaresco, Langhe Nebbiolo, Dolcetto d'Alba, Barbera d'Alba. La propriété compte 20 hectares, dont 17 sont des vignes. Pour moi ce Dolcetto D’Alba peut rivaliser avec les meilleurs Barolo, il est beaucoup plus séduisant, plus léger, mieux à même de cohabiter avec le puissant Castelmagnio.

 

Revenons à lui pour vous livrer sa fiche d’identité :

 

« Le fromage se présente sous forme cylindrique à faces planes d'un diamètre de 15 à 25 cm, un talon de 12 à 20 cm et un poids variable de 2 à 7 kg. La croûte est fine et lisse de couleur jaune rougeâtre sur les formes fraiches et assume une conformation rugueuse et une coloration ocre brunâtre sur les formes plus faites. La pâte, très friable et sans trous, est de couleur blanc ivoire avec une tendance à virer au jaune ocre et à présenter des veines bleu-vert sur les formes les plus faites. La présence de veines est due au développement de moisissures spéciales appartenant au genre penicillium, qui distinguent les fromages dits persillés ou à pâte bleue. Le persillage « erborinatura », terme dérivant du vocable du dialecte lombard « erborin » signifiant persil, se développe naturellement dans le Castelmagno avec la maturation sans avoir besoin d'inoculer de moisissures spéciales. » 

  

« Le Castelmagno AOP est produit à partir du lait de vache, éventuellement additionné de lait ovin et/ou caprin dans un pourcentage variant de 5% à 20%. Le lait utilisé est obtenu par l'union du lait de deux traites dont la première est conservée à basse température et éventuellement écrémée par affleurement ou centrifugation. La coagulation est réalisée sur du lait cru chauffé dans des cuves en acier jusqu'à 35 à 38°C à l'aide de présure liquide. Le caillé est ensuite rompu jusqu'à la dimension d'une noisette (mais l'on arrive, dans certains cas, à la grosseur d'un grain de riz), et laissé sous le petit-lait pour une durée variable de 5 à 30 minutes et, enfin, extrait et placé sur des toiles où on le laisse s'égoutter pendant 24 heures. Au terme de cette période, le caillé est coupé en tranches et immergé dans des cuves en acier ou en plastique contenant le petit-lait de l'élaboration du jour ou d'élaborations précédentes. Le caillé est généralement laissé 2 à 3 jours dans ce petit-lait, puis extrait et haché. Il est ensuite salé au gros sel, placé dans des moules en plastique ou en acier et pressé 24 à 48 heures afin de faciliter le ressuyage. La maturation, réalisée dans des locaux naturels ou des cellules fraîches et humides, se poursuit deux mois au moins. »

 

« Le Castelmagno ne peut être produit, mûri et confectionné que sur le territoire administratif des communes de Castelmagno, Pradleves et Monterosso Grana dans la province de Cuneo. Le lait destiné à la transformation doit également provenir de ces communes. L'authenticité du produit est garantie par la présence de la marque gravée en relief sur chaque forme et imprimée au centre de l'étiquette caractéristique rappelant la forme d'une croix occitane. Le Castelmagno peut porter la mention supplémentaire « Produit de la montagne » lorsque la production du lait, la transformation et la maturation s'effectuent sur les zones classées "de montagne". Par contre, si le fromage est produit et mûri, toujours sur la zone de production reconnue mais à une altitude supérieure à 1000 m, il peut porter la mention « d'alpage ». Les deux mentions sont facilement identifiables par la couleur de l'étiquette, bleue pour le « Castelmagno produit en montagne » et verte pour le « Castelmagno d'alpage»

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 16:00

photocasse.jpgLe passage en force très peu pour moi, je dresse maintenant une liste rouge des solliciteurs en tout genre : agences de communication, attaché(e)s de presse, commerciaux, j’en passe et des pas bons et bonnes qui veulent du rendement lorsque je participe à leurs pinces-fesses.


En rogne je suis, colère, une bien petite colère de rien du tout car elle ne s’adresse qu’à des gens de pas grand-chose. Désolé les petits loups ou louves je ne suis pas un pisse-copie aux ordres. Je me tamponne la coquillette des déjeuners de presse dans des restaurants qui coûtent la peau des fesses. Ne m’offrez pas à manger, donnez-moi des idées.


Un bon conseil, il ne faut pas m’inviter, moi je n’ai rien demandé ! Faut pas me relancer, me harceler, chroniquer ce n’est pas mon métier. Soyez sympa pour vos clients faites-leur économiser le coût de mon couvert. Bien sûr, même si je peux comprendre que certains clients s’interrogent sur l’efficience d’un déjeuner de presse, du retour sur investissement, ce n’est pas pour autant qu’en acceptant de poser mon cul sur une chaise je signe un contrat d’engagement pour l’encens.


De plus, comme chacun le sais, je ne suis qu’une chiure de mouche sur la toile, mon pouvoir de prescription s’apparente à celui du bulletin paroissial de Bécon-les-Bruyères, alors à quoi bon venir me draguer, inonder ma boîte mail de communiqués de presse insipides, de me solliciter pour becter. Si c’est pour faire l’appoint, meubler, donner le sentiment au client qu’un gugusse comme moi est incontournable ça relève de la tromperie. Certes je veux bien admettre que suis un peu con mais j’adore que les filles me tournent autour.


Par bonheur l’engeance des « t’as pas écrit une chronique sur les vins de notre client…» ou « je vous envoie un flacon par la poste si vous lui consacrez un billet… » n’est pas encore majoritaire mais je sens chez certains ou certaines une certaine fébrilité, comme une envie de me demander des comptes. Si ça les démange qu’ils ne se privent pas : je réponds toujours aux questions qui me sont posées mais je m’interdis d’écrire pour démolir. Mon silence de plume qu’ils le prennent donc comme une politesse et non comme du désintérêt. J’avoue que parfois je suis tenté de dézinguer mais je tourne toujours sept fois ma plume dans mon encrier.


Il n’y a pas de sots métiers mais il est des métiers que certains ou certaines font sottement. Je plains leurs clients. Bien évidemment ma liste rouge des emmerdeurs ne fera jamais ici l’objet d’une communication. Ceux et celles à qui je m’adresse se reconnaitront. Qu’ils me fassent au moins la grâce de me lâcher les basques. Je n’ai nul besoin d’eux, et eux n’ont nul besoin de mes écrits.

 
Désolé chers lecteurs de vous avoir importunés avec ces propos d’intendance mais cette petite mise au point m’a fait du bien. Ma seule interrogation angoissée : me lisent-ils ? Pas sûr ! Pour terminer sur une note plus gaie je vous offre en cette fin de semaine une vieille chanson qui va comme un gant à cette chronique d’humeur : « Monsieur Béranger tu nous em… Monsieur Béranger tu nous fais ch… »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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