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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 07:00

« Je suis arrivé à bon port… »


Un simple SMS pour la rassurer, comme si du haut de sa jeunesse rayonnante elle assurait ma protection rapprochée. Elle s’inquiétait de moi, ça me rendait plus encore vulnérable mais je n’en laissais rien paraître car j’avais acquis la certitude que plus rien ne pourrait m’arriver. J’étais immunisé. Le temps était en deuil, le cinéma et la lecture s’imposaient. Mon vieux complice le hasard en profitait pour m’asséner deux sérieux rappels à l’ordre : tout d’abord Winter Sleep le film de Nuri Bilge Ceylan, la palme d’or de Cannes que j’allais voir en solitaire à l’Escurial, Émilie souhaitant y aller de son côté. Intuition prémonitoire « La plus grande faute d'Aydin — mais c'est une faiblesse très répandue — est d'avoir considéré ses partenaires de vie comme les figurants d'une pièce écrite à sa gloire. De les avoir méprisés s'ils tenaient mal leur rôle. Et de s'être replié en lui-même à la suite de cette déception. Toute sa vie, il s'est tenu résolument à l'écart. A côté des autres. Non par lâcheté, mais par dédain : pourquoi se mêler à des vies indignes de lui ? C'est sa suffisance que dénonce son épouse lorsqu'elle lui reproche de l'avoir, peu à peu, réduite à l'insignifiance. Et sa sœur, quand elle remarque le mépris tapi dans ses écrits. « Tu faisais notre admiration, lui dit-elle. Nous pensions tant que tu ferais de grandes choses... »


Ce film superbe, dont on ne sort pas indemne, qu'on emporte avec soi pour ne le quitter jamais, provoque, en nous, de la peur et de la mélancolie : angoisse totale à l'idée d'être liés, même de loin, à tous ces personnages en perte d'eux-mêmes. Et tristesse infinie de savoir qu'un jour ou l'autre, on ne leur ressemblera que trop. » notait fort justement Pierre Murat dans Télérama.


Impossible de vivre sans elle !


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Dans le même temps j’achevais de lire le dernier roman de John Irving « In Our Person » et là, tel un retour de flamme violent, le rappel d’un temps très douloureux de ma vie replaçait mes petites douleurs de cœur à leur bonne place : celle d’un enfant gâté par la vie qui n’avait aucune bonne raison de se plaindre.


« … Nous étions encore en 1981, Russell, le jeune amant de Larry tomba malade… Bien des écrivains qui connaissaient Larry le jugeaient gâté et égocentrique, voire pompeux. À ma grande honte, je faisais partie de ces censeurs. Mais Larry était de ceux qui se transcendent dans les heures difficiles…Il aurait mieux valu que ça tombe sur moi… Moi j’ai fait ma vie, lui commence la sienne…


« …La PCP fut la grande faucheuse de ces années-là ; il s’agissait d’une pneumonie, la pneumocystis carinii pneumonia. Chez Russell, comme chez beaucoup d’autres, ce fut le premier symptôme du sida… Il fut le premier malade que je vis dépérir, et encore, il avait de l’argent, et il avait Larry…


« … Je revois Larry en train de lui donner à manger. Il avait des plaques de candidose plein la bouche, et la langue crayeuse.


Lui si jeune et si beau serait bientôt défiguré par les lésions du sarcome de Kaposi ; une boursouflure violette lui pendait au sourcil, comme un lobe d’oreille charnu qui se serait trompé de place ; une autre, plus rouge, lui pendait sur le nez, si proéminente qu’il finit par la cacher sous un bandana…


« … Pourquoi ils sont si jeunes ? » me demandait sans cesse Larry à l’époque où cette hécatombe nous fit prendre conscience que la mort de Russell n’était qu’un début.


Nous vîmes Russell vieillir en quelques mois, cheveux clairsemés, teint plombé, il était souvent couvert d’une sueur fraîche au toucher, et ses fièvres ne tombaient pas. La candidose lui envahissait la gorge, puis ce fut le tour de l’œsophage, il avait du mal à avaler. Ses lèvres se couvraient d’une gerçure blanche, se fendillaient. Les ganglions lymphatiques de son cou enflaient, il ne pouvait presque plus respirer, mais il refusait toujours d’être mis sous respirateur artificiel et d’être hospitalisé. À la fin, il faisait seulement semblant de prendre son Bactrim, Larry retrouvait les pilules éparpillées sous le lit.


Il mourut  dans les bras de Larry ; je suis sûr que celui-ci aurait préféré l’inverse (« Il ne pesait plus rien » me confia-t-il). » 

 

Elle commence sa vie, moi je finis la mienne...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 00:09

Pasquale Paoli affirmait « Tant que nous aurons des châtaignes, nous aurons du pain », a castagna, la châtaigne, fait partie intégrante de l’identité corse. En Haute-Corse, une région naturelle se dénomme la Castagniccia, la châtaigneraie et l’ « arbre à pain », comme est de coutume surnommé le châtaignier, occupe depuis longtemps une place considérable dans la vie des Corses.


La culture de la châtaigneraie s’est développe au Moyen-Âge, « notamment pour l’utilisation du bois et connaît un nouvel essor sous l’impulsion autoritaire de Gênes du XIVe au XVIIe siècle. La châtaigne devient alors l’aliment de base de la population et ses exportations vont bon train.


Cette expansion, la France y mettra fin dès sa possession de la Corse (1768), Louis XV voyant dans le châtaigner un arbre « immoral » qui «constitue l’aliment de la paresse car son fruit supplée a tout : on le ramasse, on le sèche, on le broie et on en fait son pain, leurs chevaux même en sont nourris et la terre est toute négligée» …  


Jusqu’au début du 20ème siècle, le châtaigner conservera toutefois son importance aussi bien en termes d’alimentation, de construction, de fabrication de mobilier ou d’objets.


La première guerre mondiale, l’exode rural et insulaire ont en autres comme conséquence l’abandon de l’exploitation traditionnelle des forêts. Pour la teinture et le commerce du bois et du papier, de très nombreux arbres sont alors coupés sans qu’aucune plantation nouvelle ne soit opérée. De 33 000 hectares de forêts de châtaigniers à la fin du 19ème siècle, on passe à 19 000 en 1936... La poursuite du déclin démographique et l’abandon de la coupe pour l’industrie permettent aux forêts de se reconstituer.


A partir des années 1970, on assiste au redémarrage de la filière castanéicole. Aujourd’hui sur un potentiel de 30 000 hectares, 2000 ha sont récoltés et entretenus par 80 exploitants pour une production de 150 tonnes de farine de châtaigne corse (+ de 50% en Bio) au travers de 35 moulins en activité.


Depuis 2006, le label AOC Farine de châtaigne corse – Farina castagnina corsa garantit à la fois l’origine des fruits à travers une aire géographique bien déterminée et un territoire castanéicole défini par des variétés appropriées (une quarantaine ont été répertoriées), un savoir-faire typique et unique, un goût bien caractéristique. »


Source : Les Maisons de Poghju village de la commune de Luri (Cap Corse)


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1-    Reportage :


« Carine Franchi. L’animatrice de la filière farine de châtaigne corse a l’habitude des routes sinueuses et des reliefs escarpés. Forêts, landes, aplombs rocheux... Les paysages se succèdent et bientôt, la châtaigneraie apparaît au pied du Monte Cinto, le plus haut sommet de l’ile. C’est ici, sur la commune de Lozzi, que Pasquin Flori et Jean-Yves Acquaviva exploitent en Gaec 20 hectares de châtaigniers et élèvent une centaine de brebis allaitantes.


« Ne regardez pas les kilomètres. Ici, on compte en temps de trajet »


« Nos variétés locales ont été sélectionnées depuis des siècles pour faire de la farine. Elles sont plus sucrées et plus savoureuses que les nouvelles variétés à gros calibre »,


« Faire de la farine, c’est une alchimie. Elle doit être fine, fondante, il faut qu’elle colle au palais. Pour obtenir ce résultat, l’étape du séchage est primordiale »


L’intégralité du reportage ICI link


2-   De l’usage de la farine douce de châtaigne en Toscane


« Il n’y a guère qu’en Toscane où les riches convoitent la nourriture du pauvre, et la mange comme friandise ; la pollenta, les necci, les pattoni se vendent dans des espèces de caffés à Lucques, à Pescia et à Pistoïa ; on s’invite pour aller en manger, et l’on en envoie même des présens à Florence et  à Livourne, où la farine douce est peu connue.


« Cette farine fait la principale nourriture des montagnards ; les paysans des collines et de la plaine en achètent aussi d’eux et en font grande consommation ; comme elle est d’un goût très sucré et très agréable elle ne demande pas d’assaisonnement ; dans les trois apprêts principaux qu’on lui donne : la pollenta, les necci, les pattoni, elle n’est unie qu’à l’eau pure.


Pour faire les necci l’on prépare une pâte de farine claire douce et d’eau froide, et on l’a fait cuire entre deux pierres rougies au feu, en l’enveloppant de feuilles sèches de châtaignier trempées dans l’eau. Les necci sont des espèces de gaufres, et un fer à gaufres peut faire l’opération vite et mieux à Florence et  à Livourne, où la farine douce


Tableau de l'agriculture Toscane  par Jean-Charles-Leonard Simonde de Sismondi


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3-   Les necci au brocciu


Pour 6 personnes :

-         300g de farine de châtaigne

-         2 œufs

-         11g de levure chimique

-         700 g de brocciu

-         1 pincée de sel

 

Mélangez dans un saladier la farine avec la levure.

Émiettez le brocciu

Ajoutez les œufs entiers

Mélangez le tout avec un peu d’eau froide afin d’obtenir une pâte homogène un peu épaisse.

Laissez reposer 10 mn à température ambiante.

Faites cuire les necci sur une plaque légèrement graissée.

 

4-   Le Taulier fait ses necci


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 30 août 2014 6 30 /08 /Août /2014 00:09

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Je vous rassure de suite, ne participant pas dimanche dernier au pince-fesses de la Bresse  en compagnie du marin d’eau douce, dont le ramage est aussi flamboyant que le plumage, je n’ai fait l’objet d’aucun remaniement-débarquement soudain et par conséquent je ne suis pas au bord de la dissolution me contentant de cohabiter avec moi-même.


N’étant pas amateur des psychodrames dont sont friands nos actuels gouvernants je fuis ceux qui peuplent les murs de Face de Bouc pour me consacrer corps et âme à ma mission : l’extension du domaine du vin. En proférant une telle affirmation je sens poindre chez certains une once de reproche : « Taulier tu ne chronique guère comme tes éminents confrères sur la robe, les fragrances, la bouche du vin. Tu te dérobes à la cérémonie sacrificielle, au rite de la dégustation, pour nous abreuver de tes histoires… »

 

C’est sûr je ne vous désoiffe guère mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, vous avez tout à fait raison, je ne suis pas à la hauteur du sacerdoce inlassable de celles et ceux qui courent de foire aux vins en foire aux vins, se soumettent à de fastidieux déjeuner de presse, usent leur santé en de longs et périlleux voyages de presse, stakhanovistes de l’agitation du verre et de l’absorbé-craché, Paganini des % de cépages, maîtres incontestés d’il n’a pas fait sa malo, chantres inlassables du terroir et adorateurs de la Nouvelle Star Hubert de Boüard pour qui l’amour n’est pas dans le pré mais dans le chais.

 

Et pourtant je continue contre vents et marées, tel notre président sur l’île de Sein, imperturbable, à chroniquer chaque jour que Dieu fait…

Faute avouée étant à demi-pardonnée et pour vous prouver mon dévouement à la cause je vais déguster pour vous et noter l’ensemble de la gamme du domaine du Tariquet.

 

Non je rigole bien sûr, n’ayant aucune vocation à finir comme un martyr brûlé sur le bucher de la Sainte Inquisition des Résistants de salon, ma contribution épluchera un drôle de vin qui affiche « ceci n’est pas un rouge » alors que ce jaja de l’Ensérune une IGP 2013 affiche cette couleur peu prisée à l’UMP et adulée par ce qui reste du PC.


Alors pour éclairer ma pauvre lanterne bien pâlotte je me suis tourné vers notre caviste préféré : j’ai nommé le grand Philippe sis du côté du père Lachaise en un Lieu-dit du vin.


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« Pour Poisson Rouge / Boisson Rouge, nous sommes sur de l'alicante bouschet, cépage teinturier. Un pressurage direct, vinifié en blanc avec léger batonnage, qui amène dans une gamme aromatique à cheval entre rouge et blanc. La bouche, trompé par l’œil croit boire un rouge qui développe des notes de blanc : abricot, fleurs blanches, mais aussi petits fruits... Un régal pour surprendre et pour étonner. Pour les aventuriers du goût, sans a priori... »


Voilà c’est dit et bien dit si vous souhaitez mieux connaître Deborah & Olivier, simplement vignerons allez donc ICI link


La boutanche est signée Deborah Knowland vigneronne exploitante domaine d’O...


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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 00:09

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« Il paraîtrait que la France a beaucoup de chômeurs... Ils ne doivent pas exister au niveau agricole, car c'est presque impossible de trouver de la main-d’œuvre agricole... C'est un des plus gros problèmes de l'agriculture aujourd'hui. Et quand, en plus, on est comme nous en agriculture biologique, le besoin en main-d’œuvre est encore plus crucial. On ne trouve pas de main-d’œuvre et les jeunes viticulteurs ne trouvent pas de terres... »


Michel Chapoutier répond à la dernière question de Jacques Dupont : « Si cela vous semble réalisable, indiquez-nous deux ou trois mesures faciles à prendre que le gouvernement devrait adopter pour doper l'activité viticole en France et à l'export ? À moins que vous ne pensiez que les blocages sont davantage du côté de la production et du négoce... »


Étant retiré des voitures je me garderai bien de commenter la substance des propositions du Président de l’UMVIN mais je dois tout de même confesser une certaine déception.


Bonne lecture link

 

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Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 00:09

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Le bon peuple se gausse de ses politiques qui, après lui avoir vendu des promesses pas fraîches mais soi-disant plus alléchantes que celles de leurs voisins, leur servent des soupes à la grimace au nom du réalisme.


Les atterrissages sur le ventre sont douloureux : à force de semer de l’illusion on récolte de la colère…


Alors, lorsque je lis à propos d’un site de vente de vins en ligne que l’objectif de ses fondateurs, qui par construction sur le Net sont des génies, des innovateurs pointus, des gars qui vont révolutionner la manière de vendre, que leur objectif est de rendre « accessible aux amateurs, des vins habituellement… inaccessibles, soit parce qu'ils sont introuvables ailleurs qu'au restaurant, soit en raison de leur prix. Grâce aux allocations que nombre de vignerons rares ont accepté de leur attribuer, leur site « je te joue du pipeau » propose de réjouissantes pépites. » ça me rappelle étrangement les bonimenteurs de foires qui pour vendre leur presse-purée qui fait aussi de la salade vous noient dans un baratin enjôleur : tout devient possible, tout devient accessible !


Mais alors qu’est-ce donc que l’inaccessibilité ?


Le Larousse qui sème à tout vent répond :


« Dont l'accès est impossible, hors d'atteinte : Une forêt presque inaccessible.


Qui ne peut être atteint, obtenu, réalisé : Se fixer des objectifs inaccessibles.


Qui n'est pas à la portée des facultés intellectuelles ou ne peut être que très difficilement connu, compris : Un ouvrage inaccessible à la plupart des lecteurs.


Avec qui toute relation semble ou est impossible du fait de sa position sociale ou de son comportement : Elle me semblait inaccessible.


Qui est incapable d'éprouver tel ou tel sentiment : Être inaccessible à la compassion. »


Alors, au vu de ces différentes acceptions : existe-t-il des vins inaccessibles ?


La réponse est bien évidemment non, tous les vins sont accessibles à condition d’y mettre le prix et lorsque ceux-ci atteignent des hauteurs stratosphériques leur accessibilité n’est en rien liée à une quelconque petite décote.


Et c’est là où se situe l’entourloupe de ces chers vendeurs en ligne car leurs soi-disant « vignerons rares » sont bien évidemment accessibles par quiconque veut s’en donner la peine et payer le prix. Quant aux fameuses allocations privilégiées qui permettraient de proposer des plus prix alléchants que la concurrence relève de la plaisanterie de garçons de bain.


Les foires aux vins de la GD vont commencer avec la fameuse rentrée, tout ce que le monde du vin compte de critiques a été mobilisé et les commentaires et les notes de dégustation pleuvent sur la base de la sélection opérée par les acheteurs de la GD.


C’est l’automne des bonnes affaires nous dit-on, je n’en disconviens pas mais, n’exagérons pas l’effet d’aubaine pour le consommateur dit amateur qui, en consacrant une grande part de son budget à ces acquisitions, se prive souvent de faire de vraies découvertes au fil de l’année car son porte-monnaie n’est pas extensible.


Alors, lorsque je vois ce site de vente se la jouer GD d’un 3e type je ne puis m’empêcher de  penser à la fable de la Fontaine « La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf »

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Mercredi 27 août 2014 3 27 /08 /Août /2014 00:09

Depuis le temps j’en ai connu des présidents du négoce même que j’ai bien connu le dernier, qui a vu éclater en deux morceaux la CNVS, Hervé Bélédin un nantais. Il y eu donc le syndicat des gros robinets de jaja : l’AFED et celui des beaux robinets de grands vins : EGVF qui bien évidemment, à la manière des gars du PS et de l’UMP, passaient le temps à se bouffer le nez. Le premier déclinait doucement et se donnait comme président un gars à la retraite qui tentait vaillamment de canaliser les velléités guerrières de son directeur ; le second, à fort focus bourguignon, en effet les bordelais n’ont guère la fibre syndicale et cultivent leur splendide isolement, surfait sur les succès à l’exportation des grands vins avec une bonne dose de « mépris » pour la piétaille.


Lorsque, prenant mon bâton de pèlerin pour aller ausculter mon patient qui, me disait-on, pétait la santé exception faite des irréductibles rouges du Midi qui adoraient encore tout faire péter, j’ai vécu de l’intérieur ce qu’il faut bien nommer l’impuissance du négoce français à parler d’une seule voix. Lors de l’élaboration de cap 2010 la note stratégique sur les enjeux des vins français ce fut donc courage fuyons ! Mais tout cela relève de l’histoire ancienne, le négoce français a fait son Aggiornamento, uni pour le pire et le meilleur en une Union : UMVIN.


Mieux encore dans la joie des retrouvailles l’Union s’est dotée d’un président de choc : Michel Chapoutier le boss de la maison éponyme qui a la réputation de décoiffer le populo par ses propos iconoclastes. Alors, notre Jacques Dupont par l’odeur du buzz alléché a demandé à Michel Chapoutier, ce qui est une performance le concernant, lui qui ne tient pas en place, de s’étendre sur son diva pour s’analyser.

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L’analyse ou le mal français, nous en raffolons, s’étendre, se répandre sur nous-mêmes fait partie de notre ADN national. Nous sommes si intelligents que nous aimons le faire savoir, mais à l’heure des choix c’est la panne d’essence, les propositions d’action sont aux abonnés absents faute, non pas de lieux de concertation qui fourmillent pour drainer les présidents vers Paris, mais de capacité à négocier entre négoce et production, des compromis opérationnels. Le dossier des droits de plantation est l’exemple type du bal des faux-culs entre les 2 parties. J’en sais quelque chose je l’ai vécu au plus près avec madame Catherine Vautrin qui demanda par la suite ma tête à mon Ministre Bruno Le Maire.


J’attends donc sans impatience inutile, sans mettre la pression comme le disent les coachs sportifs, la saison 3 de Michel Chapoutier alléché par la qualité des 2 premiers épisodes de son show.


Chapoutier (1) : «Le mot réforme sonne comme un blasphème !» link

 

 

Chapoutier (2) : «L'Australie a souvent été montrée du doigt !» link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 09:00

Être un vieux chroniqueur sur la Toile présente bien des avantages car au fil de l’actualité il est possible, en puisant dans ses archives, d’exhumer les écrits définitifs et sentencieux de nos chers éditorialistes de la presse parisienne.


En l’occurrence aujourd’hui un intermittent de Libération : la girouette Laurent Joffrin.


Dans un numéro spécial Antenne 2 de février 1984 titré  «VIVE LA CRISE!»: La grande mutation des années 80, racontée par Yves Montand, ce cher Joffrin nous offre une superbe tranche de sa pensée à géométrie hautement variable. link


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J’avais chroniqué le 23 mai 2007 en titrant : la pédagogie de la gaffe


« L’ensemble du numéro est très significatif du trouble de cette gauche non communiste qui pensait que le mur de Berlin ne s'ouvrirait jamais et qui n'osait pas renvoyer ses cryptocommunistes à leur passé et aux oubliettes de l'histoire.


 L'ont-ils fait en 2007 ? Je n'en suis pas certain.


 Certains rêvent encore du grand soir.


Guy Mollet a toujours des héritiers : Mélanchon&Co. Je vous offre le papier de Laurent Joffrin, qui ironie de l'histoire, après un détour au Nouvel Obs., est devenu le patron de Libé post-July. Ces Soixante-huitard on les jette par la porte ils entrent par la fenêtre… »


Ce cher Joffrin est ensuite retourné au Nouvel Obs. puis est dernièrement revenu dans un Libé subclaquant ce qui lui permet de gloser sur la vraie gauche qui serait celle du couple Hamon-Montebourg,

 

Au secours la gauche revient ! Le ridicule n’a jamais tué personne ça se saurait  

 

LA PEDAGOGIE DE LA GAFFE

 

Il y a un néo-réalisme français. en dix ans de crise, on a essayé de par le monde toutes les médications possibles. Aucune n'a réussi. Très longtemps pourtant les Français ont refusé de voir la crise en face. Pendant presque une décennie, ils ont cultivé l'illusion du bout du tunnel, refusant toute baisse du pouvoir d'achat, poursuivant leur quête sans fin du bien-être matériel, négligeant l'investissement ; comme si le ralentissement de la croissance et la montée du chômage devaient vite s'évanouir, comme un mauvais rêve économique. Longue, décevante, rebelle aux politiques toutes faites, cette crise aurait bien fini par ramener les plus myopes à la lucidité. Mais il manquait un évènement politique. La moitié des Français, entretenus par une opposition qui répétait de bonne guerre que la crise n'était pas fatale, dans le souci de ne pas exonérer de ses responsabilités la majorité, croyaient de bonne foi les structures économiques et la mauvaise volonté des dirigeants de l'époque responsables du marasme. Une "autre politique", une "autre logique" devaient permettre de libérer la production, de créer des emplois, de sauvegarder le pouvoir d'achat. Y croyaient-ils vraiment? En tout cas, ils voulaient en avoir le cœur net. Ce fut le défi du 10 mai. Une volonté nationale de dire « chiche » à ceux qui piaffaient depuis si longtemps en lisière de l'Histoire.


 

Faute d'avoir mesuré la profondeur de la crise, d'avoir perçu l'ampleur du retournement historique, les socialistes si remplis de certitudes ont raté ce rendez-vous-là. « L'autre logique » s'est brisée non sur le mur de l'argent, mais sur celui de la réalité. Mais ils ont aussi rendu un grand service : la relance ratée, le colbertisme impuissant qui a défini leur politique pendant un an, jusqu'à la volte-face de la rigueur, ont eu le mérite de vacciner l'opinion. L'état de grâce a surtout fonctionné comme une pédagogie de la crise. Une pédagogie par la gaffe : en se trompant avec un constant enthousiasme, mais en ayant quelques mois plus tard le courage de reconnaître- en partie - leurs erreurs, les socialistes ont discrédité pour un temps les potions magiques dont les hommes politiques font leurs programmes. Peut-on espérer que le débat public y gagne en qualité ? Hors des bilans politiques, des plaidoyers et des réquisitoires partisans, ce sera le principal bénéfice de l'alternance.


 

Il y en a un autre : le retour de la société civile. Cette première année de pouvoir socialiste, si néfaste au socialisme, aura été celle d'un étatisme virulent. Quoi qu'il ait fait pendant cette période d'illusion lyrique des jeunes barbes socialistes, le gouvernement s'est contenté de mettre en pratique un slogan hérité de soixante-dix ans de jacobinisme à la sauce Marx : de l'Etat, encore de l'Etat, toujours de l'Etat. Relance, nationalisations, impôts nouveaux, plans industriels : tout allait à l'Etat, tout y revenait. Mais tout a raté, ou presque. Dans les douze mois qui ont suivis cette année illusoire, il a fallu brûler à la sauvette ce qu'on avait adoré. On ne pouvait trouver meilleure réhabilitation de l'initiative et de l'individu. L'Etat était monté sabre au clair à l'assaut de la crise et s'était pris les pieds dans le tapis. Il lui faut bien aujourd'hui céder quelque peu la scène aux vrais acteurs. Car c'est dans la vie quotidienne que la grande mutation se manifeste le plus clairement. Comme ces vieilles forteresses reléguées dans un rôle secondaire par l'évolution de l'art militaire, la masse grisâtre de l'Etat français ressemble de plus en plus à un château-fort inutile. La vie est ailleurs, elle sourd de la crise, par l'entreprise, par l'initiative, par la communication. Ironie d'une histoire qui joue à qui perd gagne. C'est la gauche pétrie de révérence étatique qui en a fait la preuve. »


 

LAURENT JOFFRIN

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 00:09

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« L'art fait ventre » : une expo de bon goût ? titrait Télérama.


« Quand la nourriture, avec ses progrès, ses excès, ses déviances, alimente l'art contemporain. » link


Le Ventre de Paris roman d’Émile Zola publié en 1873 dont l’action se passe pour l’essentiel aux Halles centrales de Paris, construites par Victor Baltard entre 1854 et 1870. link


« Que savons-nous de notre ventre, cet organe bourré de neurones, que les chercheurs commencent à peine à explorer ? Selon cette captivante enquête scientifique, il semblerait que notre cerveau ne soit pas le seul maître à bord.


Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau. Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre « tête ». Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l'on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l'inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions. » ARTE voir vidéo.


Et votre Taulier qui est un fouineur patenté vous a dégoté un plat quasiment disparu des tables de la Corse profonde : Le pain au ventre.


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Qu’est-ce donc ?


Un pain de sang !


Du sang de cochon, normal nous sommes au pays où le cochon : « Instituteur à la retraite, Louis Bellini est venu à la charcuterie par l’amour de la belle ouvrage (…) « Heureux comme un porc chez Loulou » devrait être le slogan de tous les producteurs de charcuterie ! Après les avoir élevés en semi-liberté plusieurs mois, Loulou les abats à l’ancienne durant l’hiver. Aidé de quelques amis, il transforme ces bêtes « ni trop grasses ni trop maigres » en spécialités poivrées, aux arômes puissants et profonds, qui seront ensuite vieillis en cave.


Pauline Juillard, de la ferme de Campo di Monte se souvient de sa mère qui de Bastia montait « au village » pour participer à l’abattage de son cochon élevé  « au village ». C’était une affaire de famille !


Pendant que les hommes dépeçaient, salaient et poivraient la viande « les femmes lavaient les boyaux dans l’eau gelée de la rivière, puis les faisaient tremper dans du vin très fort. Dans un énorme chaudron, tripes et cervelles, rehaussées de bettes, de poireaux et d’herbes hachées, cuisaient toute la nuit avant d’être dégustées le lendemain. Arrosés de jus, c’était un pur délice, disaient les anciens. »


Le pain au ventre c’est pages 34-35 du beau livre « Une table CORSE »


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Le ventre: notre deuxième cerveau par JaneBurgermeister

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 25 août 2014 1 25 /08 /Août /2014 09:00

Une fois n’est pas coutume, profitant du sujet de ma chronique du jour sur la pintade de la Dombes je vais faire une rapide incursion dans l’actualité politique du week-end qui, comme ça n’a pu vous échapper, s’est concentrée dans la Bresse haut-lieu de l’excellence de notre volaille nationale.


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Je partage sans restriction le point-de-vue de Bruno Le Maire mon ancien Ministre :


« Si Arnaud Montebourg et Benoît Hamon avaient un peu de dignité, ils démissionneraient. Si Manuel Valls et François Hollande avaient un peu d'autorité, ils les renverraient. »


Ce faisant je ne prends pas parti sur le fond du débat car ce n’est pas le lieu mais, face au spectacle lamentable donné par les petits coqs du PS, j’apprécierais que notre cher Président renvoie tout ce petit monde devant les électeurs, ça permettrait de remettre l’ensemble de la classe politique face à la réalité tout comme nous les électeurs à nos responsabilités.


Gouverner c’est choisir !


La cohabitation aurait du bon, elle pacifierait une opinion déboussolée et morose en obligeant nos décideurs publics à assumer leur discours démagogique.


C’est mon opinion et je la partage.


Bonne journée d’automne à vous


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 25 août 2014 1 25 /08 /Août /2014 00:09

La Pintade de New-York, de Paris, de Berlin, de Madrid, est une femme qui n'a rien d'une bécasse. link


La pintade de la Dombes est une pintade grise ou commune Numida meteagris élevée dans la belle région de la Dombes.


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Sa chair est tendre et maigre, ce qui ne peut que plaire à la pintade urbaine adepte des régimes minceur.


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Elle nous vient d'Afrique où elle vit à l'état sauvage sur une grande partie de ce continent. La pintade de Numidie, ou pintade casquée, est la plus répandue des 4 catégories de pintades, toutes africaines. Elle peuple l'intégralité du continent au sud du Sahara, sous la forme de sous-espèces guère différentes les unes des autres.


À l'état sauvage « pendant les heures les plus chaudes de la journée, elle se repose et ne s'active que lorsque la chaleur diminue. Ses courtes ailes ne lui permettent pas de voler sur de grandes distances ; elle préfère marcher ou courir et vole seulement pour se percher le soir ou bien pour échapper à un danger. »


pintades.jpg

 

La pintade est chiante :


-         Elle cacabe ou craille en permanence ;


-         Elle est farouche : au moindre bruit inhabituel et à la moindre agitation, elle s'enfuie et panique ;


-         Elle est bagarreuse ;


-         Elle vole.


J’adore les pintades !


À la broche, rôtie sans autre adjuvent que leur graisse. Peau croustillante, goût fumé, j’atteins la volupté...


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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