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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Photo du Taulier de Ludovic Carème © http://www.ludoviccareme.com/ 




 

Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 00:01


Dans mes souvenirs d’élève en blouse grise, doigts tachés d’encre violette, croix d’honneur au revers – c’était tout de même mieux qu’un abonnement pour les gradins de l’OM – le Puy de Dôme 1.465 m. n’était pas la vedette du Massif Central, en effet le big Puy c’était le Puy de Sancy 1886 m. le plus haut sommet de l’intérieur de la France. Au temps de la Fac de Droit nous charrions ceux d’entre-nous qui, ayant réussi le concours d’Inspecteur des Impôts – en ce temps-là l’Administration payait les études pour attirer les candidats – car ils allaient devoir rejoindre Clermont-Ferrand où le déplumé de Chamalières, le futur séducteur de Lady Di, avait relocalisé, lorsqu’il régnait sur les Finances rue de Rivoli, l’École Nationale des Impôts. C’était aussi les pneus Michelin de ma 1ière Deudeuche fille naturelle du très secret François Michelin. Plus tard encore, et j’implore l’absolution de Guy Salmona, au temps des ors de la République, ce patronyme départemental était synonyme du gros Charasse, maire de Puy Guillaume, ses bretelles, ses cigares, qu’aimait tant la chasse avec son copain Guy Ligier. Que voulez-vous, avec Chambord, Auberive, Rambouillet, petit et gros gibier, le Ministère de l’Agriculture et l’ONF avaient des charmes cachés pour les fines gâchettes.

 

Mais jamais au grand jamais je n’associais au Puy de Dôme une vision de vignes. Je connaissais bien sûr le St Pourçain dans l’Allier et le Marcillac dans l’Aveyron. Oubli impardonnable réparé le jour où une charmante stagiaire de la cave de St Verny – la seule cave coopérative créée à l’initiative du puissant groupe semencier Limagrain – sollicita mes « lumières » pour son mémoire de fin de stage. Depuis tout s’est accéléré : le site www.winetourismfrance.com en octobre propose sur son site un circuit de découverte en 4 étapes d’Aubières à Boudes du vignoble des Côtes d’Auvergne. J’y découvre qu’avant le phylloxéra et le mildiou c’était un riche vignoble de 45 000 ha, alors qu’aujourd’hui il n’en compte plus que 1500. Dès le départ, à Aubières qui jouxte Clermont-Ferrand, le musée de la vigne et du vin de Basse Auvergne vous instruira sur un vignoble du XIe siècle et où vous pourrez visiter le Quartier des Grandes de Caves, que des caves à vins : plus de 900, les plus anciennes datant du XVIIe siècle. Du côté de Montpeyroux, l’un des plus beaux villages de France, Philippe Gallon se dit « passeur de terroir ». Pour plus de détails un petit clic.

 

Reste le dernier épisode lié à mon passage dans les bas de Belleville du côté des jeunes pousses d’Ochato www.ochato.com où je découvre sur leurs étagères : L’arbre Blanc de Frédéric Gounan. C’est Olivier ou Sylvain, ma mémoire défaille, qui me parle de cet anticonformiste pur jus. L’homme fut le promoteur du projet de moto 100% française, la Voxan, dont il a conçu le châssis mais c’est un artisan lorsque l’affaire prend une taille industrielle il plaque la moto     pour relever un autre défi celui de faire du vin à Saint Sandoux, son village natal. Beau défi que de partir d’un vin de village pour se colleter avec l’élaboration d’un vin que je qualifierais de vin d’espace de liberté. En effet, Frédéric Gounan tourne d’emblée le dos à l’AOC Côtes d’Auvergne car celle-ci impose une culture mono cépage sur base de Gamay. Lui qui s’est formé aux métiers du vin en Bourgogne, le pays du pinot noir est revenu convaincu que « le pinot saura étonner en terre auvergnate. » comme l’écrivent sur leur blog les enthousiastes d’Ochato. Il a donc planté du pinot noir pour faire un vin de pays du Puy du Dôme sans Gamay. Original mon cher Watson ! Pour ma part, qui suis comme chacun sait un homme sage et conformiste, j’ai acquis une bouteille de la cuvée L’Arbre Blanc 2005 Vieilles Vignes, donc élaboré à base de Gamay pour la faire goûter à mon ami Pierre, un homme du Cantal qui aime le vin, sans lui dire le prix, les clichés ont la vie dure car un auvergnat reste un auvergnat...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 00:05

J’en conviens aisément l’expression « parle à mon cul ma tête est malade... » ne fait guère dans le raffinement mais je la trouve très appropriée à l’opération hyper médiatisée de Greenpeace des nus dans les vignes pour, dixit cette ONG, elle-même fort médiatique, sensibiliser avant le sommet de Copenhague sur le climat les décideurs du monde sur l’urgence qu’il y a d’agir concrètement. L’opération était assortie, dit-on sur un site qui fait du buiseness vert http://www.treehugger.com/ d’une lettre adressée, aux chefs d’Etat, notamment Barack Obama et Angela Merkel rédigée en ces termes : « Nous ne vous demandons pas de vous déshabiller à Copenhague, mais nous attendons de vous que vous signiez un accord juste, ambitieux et encadré pour préserver le futur de la planète ». J’adore ce notamment qui est encore une perfidie albionne vis-à-vis de notre Président.

Ceux qui me connaissent savent que je suis tout sauf un pudibond. Que des mecs et des nanas, vignerons ou non, posassent à poils dans des vignes en Bourgogne moi ça ne me choque pas, bien au contraire je trouve l'idée originale et fort plaisante. Que l’opération, par la grâce d’un photographe star Spencer Tunick, dont le nu en des lieux improbables est le fonds de commerce, nous donne à voir des photos bien léchées rien de plus normal dans nos sociétés où le cul fait vendre. La pub dénude, surtout les femmes, pour un oui ou pour un non. Les grands news magasines l’ont compris depuis fort longtemps en proposant des photos alléchantes de femmes dénudées à leurs lecteurs sur des sujets dit de société. Par exemple Sharon Stone très photo shopisée pour illustrer le nouveau printemps des femmes de 50 ans.  Tout le monde s’y met depuis que les gros bras du Stade Français se sont dépoilés sur un calendrier. Même les paysans  Le nu : la nouvelle arme de la minorité paysanne... http://www.berthomeau.com/article-12941425.html C’était en 2007 dans la patrie de la Bécassine du Poitou-Charentes. Dernière en date à se livrer à l’exercice la bien en chair Marianne James, ex-juré de la Nouvelle Star sur M6.


Donc le nu paye toujours. Ce qui m’effare ce n’est pas la prolifération du nu, son exploitation, mais  la ruée des grands médias sur l’opération
des nus dans les vignes. Normal me direz-vous elle était fabriquée pour cela. D’accord mais, pour autant, cette surexposition va-t-elle avoir une influence sur les décisions prises à Copenhague ? L’opinion publique soudain sensibilisée par cette vision de corps nus dans les vignes, effarée par le risque que les terroirs ne «survivent» pas au réchauffement, va-t-elle faire pression sur ses dirigeants ? La réponse est clairement non. Ce ne sont que des images, rien que des images, qui défilent sur les écrans, coincées entre un forcené qui dézingue quelques voisins et la météo. « Chic il fera encore beau demain pour notre week-end ! » Réchauffement climatique mon cul, ils vont prendre leur petite auto tous ensemble pour se ruer sur l’autoroute de l’Ouest ou pour aller chez Carrefour qui positive de nouveau. D’ailleurs, sans vouloir jouer les ramenards : quelle a été l’emprunte carbone des 730 pékins qui se sont déplacés dans les vignes ? J’espère qu’ils y sont venus à pied ou à vélo pour se dépoiler...

En définitive, le seul bénéfice important que je vois à cette opération c’est qu’elle va faire monter d’un cran l’ire de ce très gros con de Claude Allègre – y’a des jours où je me dis qu’il doit avoir décroché ses diplômes dans une pochette-surprise – Je lui suggère pour protester contre « cet imbécile de Hulot » dixit l’ex-copain de Jospin,  lui qui voulait dégraisser le Mammouth, de poser en homme des cavernes (fine allusion à la situation que les Verts nous préparent selon lui) en fin de journée sur la Place de la Concorde au beau milieu des bagnoles à la queue leu leu, en plus ça lui ferait du bien aux bronches de respirer le bon air de Paris. Toutefois, certains raccourcis simplistes telle cette question choc lue dans le Nouvel Obs : «faudra-t-il, par exemple, pour préserver la qualité des vins de Bourgogne, remplacer le Pinot noir précoce particulièrement sensible aux conditions climatiques, par la syrah, plus endurante, de la vallée du Rhône.» ne peuvent qu'apporter de l'eau à son moulin.

Je plaisante à peine puisque maintenant la forme prend toujours le dessus sur le fond. Il faut frapper les esprits par des images chocs me dit-on. Je doute que ce soit l’esprit que l’on frappe, les images sont là pour déclencher l’émotion, une forme d’empathie passagère vite chassée par une autre compassion qui ne se traduit que très rarement par le passage à l’acte citoyen. Dans le récent conflit du lait les animateurs du mouvement l’ont très bien compris en organisant sous l’œil fasciné des caméras des journées blanches : celle de la baie du Mont St Michel était un modèle du genre. Pour autant, le grand public a-t-il vraiment pris conscience des enjeux de la production laitière ? Je n’en suis pas certain, lire ou relire : « Mes voisins veulent voir des vaches dans le pré et des vignerons dans la vigne... » http://www.berthomeau.com/article-36874600.html

Pour terminer cette chronique sur une note d’humour je reprends ma casquette de Secrétaire-Perpétuel de l’Amicale du Bien Vivre, dites des Bons Vivants, pour vous poser une question angoissée : devrons-nous un jour nous résoudre à poser nus dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale pour que nos très chers élus prennent enfin conscience du caractère vital de notre combat contre le refroidissement des relations entre les hommes ? Comme de bien entendu je donne l'exemple et si vous me plébiscitez demain je montre le bas... 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 00:03

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce début d’automne étonnamment chaud laissait aux femmes un répit, elles offraient, en cette fin de journée, leurs bras et leurs épaules couleur pain d’épices aux dernières ardeurs du soleil déclinant. Les hommes, en Lacoste ou Fred Perry, pantalons de toile et espadrilles s’empressaient autour d’elles. Certains papillonnaient. D’autres, verres à la main, se laissaient aller à philosopher. La vendange était en chais. L’alchimie du vin se faisait. Des parfums mêlés de terre grillée, d’herbes, de feuillages roussis, de fruits mûrs flottaient sous les ramures du grand parc du château de Siaurac. L’air était tendre. Charme d’une nature préservée, loin des gens pressés, je gravissais les marches du perron et, cédant à l’esprit du lieu, dans le grand salon, j’imaginais un piano à queue Steinway ouvert et, dans mon oreille, « La Fantaisie pour piano à 4 mains en fa mineur, op. 103 D 940: Allegro molto moderato » de Frantz Schubert évoquait, en un étrange patchwork d’images, le bleu barbeau des yeux effarouchés de Michel Pfeiffer dans les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears et le charme latin du grand virtuose italien Arturo Benedetti Michelangeli. Pour lire en musique cliquer


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Oui, ce lundi matin, loin des écrits vaseux du « Rougé pas frais », j’ai l’âme romantique en vous proposant les réponses au questionnaire de Proust d’Aline et Paul Goldschmidt. Pour ceux qui fréquentent depuis peu mes chroniques, ou ceux qui ont oublié, la lecture d’Aline au pays des merveilles : la saga de la Baronne Guichard s’impose http://www.berthomeau.com/article-19261133.html . Tout deux ont gentiment accepté ma proposition de se confronter ensemble à ce questionnaire. Je les en remercie. Et, pour aiguiser votre appétit de lecteur, je souligne que mes deux amis vous ont gâté. Surprise !


Votre vertu préférée


-       Aline : la générosité

-       Paul : la volonté

 

Vos qualités préférées chez l'homme :

-       Aline : l’intelligence et l’humour

-       Paul : le rationnel

 

Vos qualités préférées chez la femme :

-       Aline : l’intelligence et l’humour

-        Paul : l’irrationnel

 

Votre occupation favorite :

-       Aline : créer

-       Paul : notre bibliothèque

 

Votre caractéristique maîtresse :

-       Aline : être vraie

-       Paul : la volonté

 

 Votre idée du bonheur :

-       Aline : l’amour partagé, une bonne bouteille à deux, dans un lit, au bord de la mer

-       Paul : l’amour et une belle bouteille

 

Votre idée du malheur :

-       Aline : l’enfance bafouée/un glaçon dans un verre de mon Château Siaurac

-       Paul : la maladie et un très bon vin bouchonné

 

Vos couleurs et votre fleur préférées :

-       Aline : toutes les teintes de terre, rouge pivoine, noir et blanc, rose ancienne odorante, arum, fleur d’oranger...

-       Paul : rouge pivoine











Si

vous n'étiez pas vous-même, qui voudriez-vous être ? :

-       Aline : un dauphin dans les eaux du lagon de Fakarava ou alors Shakespeare, pas de demi-mesure !

-       Paul : Picasso

 

Où aimeriez-vous vivre ? :

-       Aline : n’importe où, du moment que le bonheur est là.

-       Paul : en Italie

 

Vos auteurs préférés en prose :

-       Aline : ceux dont le style, l’imagination et l’humour sont au diapason, marcel Aymé, Nancy Mitford, Saki, Elisabeth Goudge, Ben Hecht , Jérôme K Jérôme, Alexandre Vialatte, Stendhal, Victor Hugo, Balzac, Edgar Poe,  Joyce Carol Oates, Alison Lurie, Ray Bradbury, Robin Hobb, et tant d’autres...

-       Paul : Leiris et Proust et Flaubert   

 

Vos poètes préférés :

-       Aline: Marceline Desbordes Valmore, Victor Hugo, Whitman, Shakespeare.

-       Paul : Baudelaire et Mallarmé et Valery

 

Vos peintres et compositeurs préférés :

-       Aline: Velasquez, Zurbaran, Zao Wou Ki, Vallotton, Chillida, Rothko, jasper Johns, Mitchell, et tant d’autres... Ligeti, Sibelius, Brahms, Chostakovitch, et tant d’autres...

-       Paul : Ernst et Stravinsky

 

Vos héros préférés dans la vie réelle :

-       Aline: mon fils Nathan, et tous les hommes qui se battent pour vivre leur idéal

-       Paul : Casanova

 

Vos héroïnes préférées dans la vie réelle :

-       Aline: Aung San Suu Kiy, et toutes les femmes qui se battent pour vivre leur idéal

-       Paul : ma maman

 

Vos héros préférés dans la fiction :

-       Aline: « un cavalier qui surgit hors de la nuit, court vers l’aventure au galop ». Calvin et Hobbs, Bartleby,  le capitaine Alatriste...

-       Paul : Ulysse

 

Vos héroïnes préférées dans la fiction :

-       Aline: Dina (dans « le livre de Dina »),

-       Paul : Shéhérazade

 

Votre mets et votre boisson préférés :

-       Aline : tarte sablée à l’abricot maison et notre rosé Rose de Plaisir, salade de tomates cœur de bœuf de mon jardin, gigot d’agneau de Pauillac, grosses frites maison, et notre château Vray Croix de Gay

-       Paul : Foie Gras et Clos Parantoux 
 


















Mon rêve
 :

-       Aline : Nuage de foie gras et tartare de figues confites,  chapon tendre à la purée de truffes, et un Haut Brion 1945, ou un château Latour 1947 ! Une fois dans ma vie, je voudrais goûter  à ces vins mythiques !

(Parenthèse) :

je suis venue au vin très tard, vers 30 ans, car j’ai eu des problèmes hépatiques dans ma  jeunesse et n’étais pas attirée par l’alcool; un soir, des amis  fous de vin, fêtant leur anniversaire de mariage,  ont sorti leur seule bouteille  de Laffitte 1959 ; nous étions huit...... on m’a servi un demi verre en me disant que si je ne goutais pas à ce vin, je serai la dernière des idiotes ;  piquée au vif, j’ai goûté... et succombé immédiatement ; je me souviens m’être dit  velours, j’ai du velours dans la bouche, comment  se fait-il que je ne veuille pas avaler cette gorgée mais la garder et la mâcher comme un fruit mur dont on écrase les senteurs sur son palais...

Ce que j’aime ,c’est qu’un ami me fasse gouter le vin qu’il aime en me vantant ses vertus ; même si mon palais n’est pas d’accord par la suite, j’ai eu une rencontre avec le fruit d’une terre, du travail d’un homme et un échange passionné avec cet ami : le bonheur, quoi.

Comment peut-on confondre l’alcoolisme, maladie épouvantable, et le plaisir hédoniste des sens et de l’esprit devant un très grand vin ?  Je comprends le combat des AAA et le respecte entièrement, mais c’est comme si un diabétique obèse en venait à faire interdire les pâtissiers ! Comment transformer  ce breuvage de vie, de joie, et de convivialité, à un message de mort et de stress : notre pays, soit disant civilisé, abdique en oubliant l’éducation élémentaire... et préfèrent vanter les principes de précaution, qui ne sont que des principes de paresse absolue politique : je ne fustigerai jamais assez la vitesse : il faut réfléchir lentement profondément et appliquer vite ensuite ! L’alcoolisme touche des hommes et des femmes en mal-être qui ont  très certainement une addiction génétique plus prononcée que d’autres à l’alcool.  ET QUELS ALCOOLS, PERSONNE N’EN PARLE DANS LES DÉBATS !


Je refuse que le vin prenne sur ses épaules  la responsabilité de l’alcoolisme par exemple des adolescents qui me préoccupe énormément  et qui touche  les alcools forts en absolue majorité : gin, vodka, tequila, et  la bière : je défie quiconque de venir faire la tournée des bars à 4h du matin ou des raves ou des soirées d’ados et de voir des cadavres de  bouteilles de vins !

 

Mon dilemme :


-       Paul : choisir entre ses vins, impossible c’est comme choisir entre ses enfants (cf. Salomon, Sophie’s Choice etc.) ou alors les 2010 of course puisque chaque année nous progressons. Sinon les 2006 car c’est notre premier millésime.

 

Vos prénoms préférés :


-       Aline : Marie, Eugène, Madeleine, Louis, les prénoms de mes 4 grands parents qui m’ont élevée et chérie toute leur vie.

-       Paul : Aline

 

Votre bête noire :

-       Aline : la mauvaise foi, le manque d’humour... la grêle et la pollution chimique mondiale  qui tue nos arbres, nos sols et nos défenses immunitaires.

-       Paul : le capricorne qui a dévoré notre chêne pyramidal

 

Quels personnages historiques méprisez-vous ? :

-       Aline : tous les chefs de guerre.

-       Paul : Staline et Hitler

 

Quel est votre état d'esprit présent ? :

-       Aline : créatif

-       Paul : optimisme

 

Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? :

-       Aline : les fautes de goût

-       Paul : la gourmandise

 

Votre devise préférée :

-       Aline : changement d’herbage réjouit le veau. Et aussi ;  croire à la terre, respecter son futur.

-       Paul : croire à la terre, respecter son futur

 

Questions subsidiaires :

 

Le don de la nature que je voudrais avoir ? :

-       Aline : la sérénité

-       Paul : renaître de mes cendres

Comment j’aimerais mourir ? :

-       Aline : j’aimerais ne pas mourir, mais puisque c’est inévitable, le plus tard possible, en dormant paisiblement

-       Paul : c’est sous le chêne pyramidal que j’aimerai mourir Y mettre de toute façon mes cendres en espérant que cela l’aidera à vivre deux jours de plus.


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 00:09

Bonjour à tous,

Même si je reste poli et policé, je suis très chiant.

Très, très, très chiant...

Dans ma vie j’ai eu droit à tout : arrogant, distant, fainéant, suffisant, provocant...

J’assume tout !

Même ma Légion d’Honneur...

Toutes mes contradictions... et elles sont, je vous le concède, permanentes et récurrentes.

Je ramène ma fraise à propos de tout et de rien mais lorsque, même gentiment, certains me demandent de dire ce que je n’ai pas envie de dire, alors je deviens aussi muet qu’un trappiste.

Je suis orgueilleux, et comme l’affirme un honorable correspondant « je cultive une nostalgie un peu ostentatoire sur mon passé sous les ors de la République »

Oui, et alors, devrais-je marcher en rasant les murs, la queue basse, en me battant la coulpe, en me couvrant la tête de cendres, en m’excusant d’avoir été, tout socialo que j’étais, « un profiteur de la République » avec chauffeur ?

Non, je suis très fier de mon cursus de méritocrate non fonctionnaire, non encarté, ayant occupé des postes en général occupés par des hauts fonctionnaires issus des grands corps de l’Etat.
J'ai fait le boulot, au mieux.
Je fais aussi très bien la tarte aux pommes. 

Pour autant je ne cultive aucune nostalgie. Lorsqu’en 1992 Jean-Pierre Soisson, par la grâce du vieux François, vint s’installer au 78 rue de Varenne j’ai tourné la page sans le moindre regret. D’ailleurs, lorsque Le Pensec occupa le poste en 1997, au grand étonnement des hiérarques agricoles : Luc Guyau et Yves Barsalou qui m’appelèrent dans l’heure qui suivit sa nomination, et même si le grand Louis était mon ami, je préférai aller arpenter pour son compte les fins fonds de la France de la vigne plutôt que de poser mes fesses dans un grand bureau. Mes pas me menaient plutôt dans des salles minables à Trouillas ou à Segonzac que sur les moquettes de haute laine des palais nationaux.

Les 2 Bernard, Dauré et Guionnet, peuvent en témoigner.
Mes années chaussures à semelles de crèpe m'ont ravi. J'habitais dans les bois avec ma chienne Justine. Le brame du cerf sous mes fenêtres ça me changeait des lamentations des grands présidents. 

Entre nous, le 78 rue de Varenne n’était pas un lieu de tout repos, bien au contraire les tomates y sont rarement sur canapé et il est très rare d’y sabrer le champagne avec les confédérés paysans.

Je suis donc très chiant mais je n’ai pas la prétention d’avoir toujours raison.
J’aime débattre.

J’aime convaincre.

J’écoute.

J’argumente.
J'aime réfléchir sur mon vélo.
 

Je me tiens bien à table aussi.
Je bois de bons coups.
 

Je sais me taire aussi.

Mais une fois la porte de mon bureau refermée ou l’écran de mon ordinateur éteint je tourne la page. Je vis ma vie sans me prendre le chou.

Mes chroniques matinales sont le fruit de cet état d’esprit.

J’y vagabonde.

J’y baguenaude.

Je m’échauffe parfois.

Je déconne souvent.

Je suis ce que je suis et ne m’en demandez pas plus.

Chaque matin je tente de m’exprimer sur un espace de liberté ouvert, convivial, où je cause avec tout le monde car j’exècre l’esprit de chapelle, les adorateurs du blanc et du  noir, les pratiquants du yaka fokon, les qui ne se sont jamais foutus les mains dans la bouse – je n’écris pas le cambouis car je suis nul en mécanique – les qui lavent plus blanc que blanc et toutes les engeances qui se prennent pour le centre du monde.

Je suis tout sauf modeste mais je ne piétine personne.

J’aime beaucoup les femmes mais je ne sais jamais si, elles, elles m’aiment.

Je ne me lève jamais le matin en disant non.

Pour autant je ne dis pas toujours oui.

Je ne suis pas un homme facile.

Je cause avec tout le monde sauf ceux à qui je ne serre même pas la main pour incompatibilité avec leurs conceptions  de la vie en société.
C’est mon élevage vendéen qui veut ça.

Ça m’est arrivé une fois, au Sénat, face à un élu qui me la tendait. Face à mon refus signifié à haute voix, l’homme m’a menacé, eu égard à sa position, des pires représailles. Il est des lignes jaunes que je m’interdis de franchir.

Le « Rougé pas frais » entre dans la catégorie des infréquentables.

Alors, pourquoi faire allusion à son livre me direz-vous ? Tout bêtement pour vous faire part de mon dégoût. Libre à vous ensuite de me suivre ou non, la démonstration par citations me semble superfétatoire.

Bref, un gus qui qualifie Bastien-Thiry – l’homme qui a tiré sur de Gaulle au Petit-Clamart – de héros et qui ose écrire que « l’alcool, c’est infaillible et sans coup férir, avilit le sale type sans porter atteinte à l’honnête homme. L’homme faux et mauvais, sous l’empire de l’ivresse restera laid, tandis que l’homme loyal et droit conservera son intégrité morale » * vaut pour moi la chasse d’eau.
* un lecteur me signale que cette phrase est du Brillat-Savarin mais comme elle était sans guillemets chez le Rougé pas frais elle est et reste pour moi d'une profonde stupidité... 

Comme à l’ordinaire j’ai été long, trop long, égotique sans aucun doute, mais, de temps à autre, me défouler me fait du bien. J’espère que vous me le pardonnerez.

Je profite de l’occasion pour répondre à une question qui ne m’a pas été posée : pourquoi n’ai-je pas chroniqué sur la fameuse émission de la 2 « Envoyé Spécial » ?

3 raisons :

-         je ne l’ai pas visionnée et je n’ai nullement l’intention de le faire.

-         je n’ai nulle intention de le faire parce que j’ai de moins en moins de doutes sur la réponse à la question «Les journalistes français sont-ils si mauvais ?»   http://www.berthomeau.com/article-31922860.html  

-         je ne souhaite pas joindre ma voix à un concert de hauts cris dont certains des interprètes sont « responsables » de ce type de comportement des médias. Le déni de réalité ne change pas la réalité mais laisse la porte ouverte à des émissions à charge alimentées par des spécialistes qui eux n’entretiennent que leurs fonds de commerce.

Et c'est signé d'un type qui s'est autoproclamé Secrétaire-Perpétuel d'une Amicale du Bien Vivre dite des Bons Vivants...
 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 00:06

 

« Tiens mon beau papa-gâteau, en allant acheter mes magasines de nanas j’ai trouvé ce bouquin pour toi... » Du fond de son grand cabas de fille, insondable gouffre où elle enfouissait tout ce que nécessite la vie d’une femme au quotidien, Jasmine retirait un livre à la jaquette noire. Sous le nom de l’auteur, un patronyme me fit l’effet d’un électrochoc : Markovic. Ma colère rentrée contre les rouleurs de caisse se transformait en un tête à queue brutal qui me projetait dans l’un des nœuds caché de mon récit. L’auteur, Francis Zamponi, au nom quasi-prédestiné, affichait la couleur : 69, année politique. Face à mon désarroi Jasmine s’inquiétait « ça va ? » Je lui serrais fort l’avant-bras « oui, bien sûr que ça va... » Elle sursautait « ça n’en a pas l’air, ta main est glacée... et tu es blanc comme un linge... » J’accrochai un maigre sourire sur mes lèvres pour la convaincre du contraire. « Tu le connais ce Zamponi ? » Je soupirai « pas vraiment, c’est sans doute un ancien des RG, mais je suis certain que ce dont il parle dans son bouquin touche de près à mon histoire... » Jasmine me tirait jusqu’au bar et me commandait un Cognac. Elle me questionnait inquiète « tu crois qu’il parle de toi dans son livre ? » Je la rassurai « ne t’en fais pas petit cœur, tout ça c’est de l’histoire ancienne qui n’intéresse plus personne et, de toute façon, je n’ai pas trempé dans l’affaire Markovic ». Alléchés par ce qu’ils croyaient être un début d’embrouille entre Jasmine et moi  les trois petits mecs s’accrochaient à nous comme des morpions en venant se planter devant le bar.

J’aurais pu leur en donner pour leur argent, leur foutre la trouille de leur vie en passant un petit coup de fil à un vieux collègue officiant à la PAF d’Orly pour qu’il les fasse appeler pour une petite fouille au corps, mais c’eut été petit et mesquin, le jeu n’en valait vraiment pas la chandelle. Le cognac, une mixture colorée au caramel, me brulait la gueule. En les toisant avec mépris j’entraînai Jasmine jusqu’à une table proche pour qu’elle s’asseye. « L’affaire Markovic c’est de la merde mon petit cœur, c’est l’exemple même du coup tordu dont raffolaient certains milieux barbouzards gravitant dans les soupentes du régime. Ses instigateurs voulaient barrer la route de l’Elysée à Pompidou. Viansson-Ponté dans son histoire de la République gaullienne écrira que « l’ennemi appartient à la famille, tapi dans l’obscurité, manipulant les cartes et truquant la partie. » Pompidou a tenu bon mais il savait, ou croyait savoir d’où les coups venaient. « Capitant par bêtise, Vallon par méchanceté et Couve a laissé faire. » avait-il confié à son ami Michel Bolloré avec son art de la formule choc. Dans son livre « Pour rétablir la vérité » Pompidou écrira « Ni place Vendôme, chez Capitant, ni à Matignon chez M. Couve de Murville, ni à l’Elysée, il n’y a eu la moindre réaction d’homme d’honneur. » Moi bien sûr, à cette époque-là, je n’étais qu’un petit flic miteux de banlieue mais, par la suite, par la grâce de la mère de Chloé, mon protecteur à l’Elysée, ce très cher Secrétaire-Général qui m’a propulsé là où je suis, savait. Et Pompidou savait qu’il savait. Un biographe du jeune loup Chirac l’affirmait « on sait que Georges Pompidou à toujours gardé sur lui, dans son portefeuille et écrite à la main, la liste de ceux qui, selon lui, avaient eu une responsabilité dans cette odieuse calomnie ». D’après lui trois noms, dont celui du Secrétaire-Général de l’Elysée. »

Jasmine me contemplait avec une petite pointe d’angoisse dans le regard « Donc toi tu sais... » Je soupirais « je sais ce que j’ai lu dans les notes manuscrites que j’ai eu entre les mains. C’est ce qui m’a valu de faire un long séjour à Ste Anne pour échapper aux griffes d’un protagoniste dont le nom n’a jamais été cité dans cette affaire... » Toujours inquiète Jasmine me pressait « tu crois que ce Zamponi va révéler ce nom ? » Je la rassurais en lui souriant « non, ce type est un deuxième couteau qui ne sait que ce que la Grande Maison savait, presque rien, donc je ne risque rien. Mon problème, si tant est que ce fusse un problème, c’est que ne sais pas si moi j’aurai le courage ou la connerie de coucher ce nom dans mes écrits... » Jasmine avait alors ce cri du cœur « surtout que maintenant tu vas être père... » qui me faisait fondre. De nouveau je la rassurais « Même si je révélais ce nom je ne risquerais rien, sauf un procès de la part de ses rejetons qui, aujourd’hui encore, sont des membres connus de la majorité présidentielle. Ce qui me retient est plus intime... » « Chloé... » J’opinais. « Dès que nous serons arrivés dans notre tanière corse je prendrai mon courage à deux mains et je jetterai tout sur le papier. Tu liras et nous déciderons. » Jasmine rayonnait « j’aime ce nous... » Je posai mes mains sur son gros ventre « lui y compris... » Le rire haut de Jasmine fit sursauter le trio des rouleurs qui vraiment ne comprenaient plus rien au film.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 00:06

« Allez vieux fous,

allez apprendre à boire

on est savant quand on boit bien

qui ne sait boire ne sait rien… »

 

Nicolas Boileau

De la part d'un écrivain, satiriste et critique, affichant un tel patronyme - je laisse aux esprits malicieux le lien avec le prénom - je trouve cette adresse d'une grande élévation et surtout, appliquée à notre temps savant, un beau pied de nez à nos nouveaux Docteurs de la Loi, pharisiens des temps post-moderne.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 00:00

« Quant à l'avenir des vins corses, il faut savoir rester humble et toujours se remettre en question, me dit-il, car c'est au prix d'efforts permanents que les vins corses, basés sur leur authenticité et leur typicité, peuvent tirer leur épingle du jeu, dans un marché mondial très concurrentiel. L'exportation doit être une ouverture, voire une vitrine internationale, tournée vers de nouveaux consommateurs, toujours plus avides de découvertes. »

« C'est aussi à travers le renforcement des A.O.C., notamment par la création d'un label d'excellence, en collaboration avec l'INAO, qu'on insufflera, peut-être, une autre image, plus valorisante des vins corses, car il n'y a pas si longtemps, me dit-il, le vin corse était synonyme de vin trafiqué. Il serait bon que l'histoire ne bégaye pas une nouvelle fois. »

Propos recueillis de Jacques Bianchetti du Clos Capitoro par Patrick Fioramonti, « Le vin Corse ».

 

Arrivée le 22 juillet à 9 heures 15 sur le tarmac de l’aéroport Napoléon Bonaparte, exit Campo del Oro, un quart d’heure d’avance : pourquoi ne parle-t-on jamais des avions qui arrivent en avance ?

 Une vache devant la Banque de France à Bastia : ça sert à quoi la Banque de France à Bastia ? À distraire les vaches qui, d’ordinaire, baguenaudent sur les routes de l’Île...

 

Déjeuner à Péri, chez Séraphin, au village. Que c’est reposant cette terrasse sous les charmilles. Face à nous une table d’hommes. Quatre sont arrivés pépères dans une Jaguar, un autre à pied, le dernier dans un Pick-up. Le pastis, le champagne, le manger, ils fêtent l’anniversaire de l’un des leurs qu’ils chambrent à propos de Navarro. Le portable de l’homme au Pick-up est très présent. Dieu que les beignets de fleurs de courgettes sont légers ! Le serveur nous en ramène une platée. Le vin de Péri est simplet mais l’important c’est d’être là... La patronne vient nous saluer. Nous sommes des habitués.

 à côté du clocher
20167 PERI
T 04 95 25 68 94

Horaires
De juillet à septembre, de midi à 14h (sauf mardi et mercredi) et de 20h à 22h ; fermé le lundi. De décembre à juin, de midi à 14h et de 20h à 22h, vendredi, samedi et dimanche.

Dans Corsica, info.club-corsica.com/  Antoine Albertini, d’une plume très identitaire, un poil machiste, dénonce « l’effroi du crime touristique » :

 « Le touriste, associé à cette calamité de « libre circulation des personnes » est avant tout un criminel esthétique. Ce n’est pas l’étranger honni ou le colon de saison, ce n’est ni le spoliateur ni le rapace ni le mec qui salope la nature : le touriste, c’est d’abord le laid.

Oui, ami touriste, tu n’y peux rien : tu es laid.

Que tu déboules en Corse le coffre de la Xantia chargé à ras bord de conserves discount ou que tu promènes tes airs faussement curieux (en fait, rien ne t’intéresses que toi, dans tes voyages ; éventuellement ton collègue de bureau, avec qui tu te livreras bientôt à une piteuse surenchère de souvenir polaroïd), que tu te balades, disais-je, sur les marches d’un palais vénitien ou à l’ombre d’un châtaignier trois fois centenaire n’y change rien. »

« [...] Elle : une tignasse grisâtre de lionne ménopausée qui accrochait les reflets du soleil couchant, la mine revêche derrière des culs-de-bouteille façon farces et attrapes ; sur les épaules, une délicate petite chose en mousseline bleue (ça va avec tout), improbable burqua estivale que la coquette avait ceinte d’une cordelette de cuir de gnou 100% commerce équitable ; aux pieds, des baskets fuchsia... »

« Attention, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, ami lecteur. Le pauvre est loin d’être le seul coupable de crime esthétique touristique. Bob Casanis ou masque Dior : même combat ! Ici, la vulgarité emprunte les oripeaux du beauf bien d’cheux nous. Là, elle dessine le visage hautain des pouffiasses précuites au soleil bleu des cabines UV. »

 

X comme Xantia ou X comme Xé... Moi monsieur j’arrive avec deux sacs et comme j’aime le brocciu, la tomme corse, les figatelli, les fruits&légumes du pays, le Patrimonio je les achète chez l’épicier de Sagone. Je bois des coups en terrasse au Bowling, qu’est le glacier du coin comme son nom ne l’indique pas. Comme j’ai une gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec les Corses ne me prennent pas la tête et je le leur rend bien...

 

Sur les routes sinueuses de la Corse l’obsession du conducteur (trice) local, qui travaille lui, est de dépasser, à la première occasion, dans n’importe quelle condition, la tire de location du pékin en vacances. Ce haut fait le classe, sur l’échelle de la stupidité, à l’égal du conducteur parisien, ce qui n’est pas une mince performance convenez-en. J’adore le gus ou la nénette qui joue sa vie ou celle des autres pour une place de gagnée même si c’est pour finir le trajet au cul d’un car ou d’un camion indépassable eux...

 

En Corse je trouve qu’il y a beaucoup de Gendarmeries mais, en 3 semaines, je n’ai croisé que par deux fois des gendarmes dans leur auto bleue.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 00:02

Il est rare qu’un livre me salisse les mains parce que celui qui l’écrit touille la plume de ses écrits – dans son propos liminaire surtout – dans les idées troubles de la France des culottes de peau, bien croupie, ceux qui alternaient morgue et suffisance, ceux qui savaient si bien envoyer nos paysans de grands-pères se faire couper en rondelles ou gazer sur le front de la Marne. Je plains mes amis Marc Parcé, Patrick Beaudouin et Pascal Frissant de voir tripoter leurs écrits ou leurs déclarations par les pognes pas très nettes de ce délirant. Même les bons combats pour des causes justes ne peuvent être partagés avec des Savonarole au petit pied comme lui. Par bonheur ce Rougé pas frais ne m’a pas abordé, comme le lui avaient conseillé de le faire certains de mes amis cités ci-dessus, sans doute parce que je suis un stipendié du vin industriel, un technocrate inféodé aux lobbies alcooliers, un socialo-communiste, un bobo parisien, et autres joyeusetés dont raffole le Rougé pas frais, donc tout ce que déteste ce plumitif sans envergure. Lapaque qui me hérisse aussi le poil lui au moins a du talent.

Piégé, je regrette mes 18 euros 90 centimes que j’aurais préféré consacrer à un beau flacon. Mais comme je respecte les livres je ne jetterai pas le sien à la décharge ni le mettrai dans mes chiottes – j’adore lire au cabinet – non, je me contenterai de le ranger tout en bas de ma bibliothèque entre Rebatet et Drieu la Rochelle pour qu’il s’y trouve en compagnie amie.

Tout n’est pas à jeter dans le déballage pétaradant du Rougé pas frais mais le voisinage de bons arguments avec certains propos outrés gâte sa sauce déjà un peu lourdingue. À trop vouloir prouver, à n’accumuler que des charges, à se contenter d’approximations, à déverser ses phantasmes, notre petit journaleux nous fait le coup de Me Collard bien connu pour faisander la plupart des dossiers qu’il plaide.

D’ordinaire je m’abstiens de tout commentaire sur cet espace de liberté à propos d’un livre qui me déplaît mais, cette fois-ci, je refuse de taire mon dégoût pour des propos qui desservent ceux que le Rougé pas frais dit vouloir défendre. Comme tous les prêcheurs, avec ses outrances, ses saillies, il donne des armes aux adversaires du vin. D’ailleurs, cet « illustre inconnu » qui s’autoproclame journaliste indépendant nous ne l’avons guère vu monter aux créneaux, face aux hygiénistes de toutes obédiences, lors des récentes batailles. Il devait être en train de suer sang et eau sur sa pauvre copie sans doute.

Bien évident s’il venait à l’esprit du susdit de répondre à ma charge par une bordée de vents odoriférants dont il semble avoir le secret je me ferais un plaisir de les jeter illico à la poubelle. Lui me doit les 18 euros 90 que j’ai indument dépensés plus le préjudice de voir mon nom imprimé une fois sur son torchon. Moi je ne lui dois rien, si ce n’est mon plus profond dédain.

Vous vous doutez bien que je ne vais pas vous offrir quelques « bonnes feuilles » de ce machin qui m’est tombé des mains et m’a sali les pieds. Certes il y en a mais elles ne sont pas de la main du Rougé pas frais (100 PAGES d’Annexes sur 239, très pique-assiette notre gars), et les siennes : 29 pages de propos liminaires délirants et rien que 90 pages sur le fond ce qui n’est pas très lourd en dépit d’un style très Chassepot inspiré de l’agité du bocage, même avec des pincettes je ne me risquerais pas à les transcrire. Que voulez-vous tout le monde n’a pas le génie de pouvoir se glisser dans la peau d’un immonde de talent comme Louis-Ferdinand Céline...

Je laisse le dernier mot à Coluche « De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 00:08

Dans le monde du vin il est des patronymes urticants dont le plus « célèbre » claque comme une provocation : ÉVIN qui partage le même prénom : Claude avec celui qui fut, bien plus que lui, l’inspirateur de la fameuse loi : le professeur GOT : La stratégie du Go de Claude GOT http://www.berthomeau.com/article--18021256.html  . À cette doublette j’ajoute, notre « Sot d’eau » national, l’innomé Hervé, qui aime tant les feux de la rampe, auquel il ne reste plus qu’à écrire une adaptation théâtrale de son livre et pourquoi pas un slam, qu’il pourrait facilement interpréter, ou un rap pour les blacks américains, tel Puff Daddy, grands amateurs de yak (Yak is black : le Cognac a la gnac...http://www.berthomeau.com/article--17241525.html )

Mais comme le disait la célèbre pancarte de la SNCF : « un GOT peut en cacher un autre » et quel ne fut pas mon bonheur de recevoir le 2 octobre dans ma messagerie électronique une missive signée Jean-Pierre GOT m’annonçant que : L'exposition "Affiches de vin", déjà présentée à Adélaïde, San Francisco et Athènes, se tiendra du 22 octobre au 22 novembre prochain au Musée du vin et du négoce de Bordeaux, 41 rue Borie.

« C'est à l'occasion de l'inauguration du Musée du vin par M. Alain Juppé, Maire de Bordeaux, que j'exposerai cinquante affiches publicitaires  parmi les plus de quatre-vingts que j'ai peintes, commandes de grandes marques françaises du vin et de vignobles de plusieurs pays.  

Nos grands affichistes, de Jules Chéret à Villemot, de Capiello à Savignac, et les styles de l'Art nouveau et de l'Art déco m'ont fourni l'inspiration de ces "pastiches d'affiches anciennes", réclames joyeuses ou poétiques...

Les œuvres originales sont peintes à la gouache rehaussée aux pastel et fusain et les affiches sont imprimées à Bordeaux en tirages limités à 500 exemplaires signés et numérotés, au format 50 X 70 cm.    

 

Jean-Pierre Got

Toutes mes affiches sont sur : http://jeanpierregot.online.fr/

Pour plus d'informations, appelez-moi au 05 57 87 17 29

 

L'affiche de l'exposition, "Retour des Indes", évoque ces grands crus de Bordeaux qui ont fait le tour du monde, au bénéfice de leur vieillissement.

Elle annonce aussi la variété des affiches exposées imaginées pour des vins d'Australie, d'Asie ou d'Amérique. (Vous pouvez aussi vous reporter à ma chronique du  26/04/2008 " Le Vin de Bordeaux "retour des Indes" http://www.berthomeau.com/article--14988793.html  

La biographie d'un affichiste

Jean-Pierre Got est né à Bergerac, dans le Sud-Ouest de la France, en 1951. Agent Commercial en vins à l'exportation, c'est par amusement qu'il crée une première affiche en 1992, en dessinant pour une maison de négoce de Bordeaux l'affiche de ses cent ans d'existence.
D'autres pastiches, dans le style Belle Epoque ou Art Deco, lui sont bientôt demandés.

  Jean-Pierre Got dans son bureau

Avec des sujets gais, où des personnages attendrissants toujours en mouvement expriment une certaine "joie de vivre", les affiches commerciales de Jean-Pierre Got visent à donner au produit une image d'antériorité qui le hausse et évoquent chez le spectateur une rassurante nostalgie.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 00:01

« Une somme de subjectivités est un début d’objectivité » la formule, qui sonne comme une équation à multiples inconnues, est belle et séduisante à défaut d’être un jour démontrée dans la mesure où chaque dégustateur est à lui seul une entité irréductible à toute autre. Qu’importe, dans l’univers des notations, les membres du Grand Jury Européen de François Mauss me semblent être placés dans les conditions optimales pour délivrer leurs notes dans la mesure où la dégustation se fait à l’aveugle neutralisant de l’élément le plus déterminant du résultat d’une dégustation : la vue. C’est du sérieux, avec des garde-fous, l’amateur dispose ainsi d’informations fiables pour guider ses choix car comme le souligne la charte du GJE « 15 dégustateurs de haut niveau, dégustant à l’aveugle, ne peuvent pas se tromper ensemble, au même moment, au même endroit, sur un même vin ».

Moi qui ne suis qu’un modeste scribe du vin, sans expérience de l’art du long nez et du bec fin, j’adhère pleinement à la pétition de principes inscrite sur les tablettes des membres du GJE  « Jamais nous ne perdons de vue qu’avant toute chose, il faut respecter le travail du vigneron, de celui qui prend un soin jaloux à peaufiner ses ceps, à respecter le fruit, à ne pas le triturer en cave par des manipulations hardies, sinon douteuses. Démolir en quelques secondes un produit, même imparfait, n’est pas notre rôle. La critique, qu’elle soit cinématographique, culinaire, littéraire ou “vineuse” doit savoir associer humilité, compétence et rigueur en n’oubliant jamais que ce sont des hommes qui jugent d’autres hommes, avec, comme eux, leurs défauts et leurs qualités. »

Mais pour moi, grand adepte des fenêtres qu’ouvre le hasard, ce sont les circonstances de ma rencontre avec François Mauss qui me plaisent par-dessus tout. Le lien, mot magique sur le Net, fut Etienne Klein, le physicien qui fait aimer la science, http://www.berthomeau.com/article--31584483.html . Je n’entre pas dans les détails mais ainsi, un soir, nous nous retrouvâmes, un verre en main bien sûr, du côté d’une grande école scientifique tout près du parc des expositions de la porte de Versailles, suite à une brillante table ronde sur « écrire la science » avec Etienne Klein et Jean-Claude Ameisen – le frère d’Olivier l’homme du baclofène – président du comité d’éthique de l’INSERM dont le merveilleux livre La sculpture du vivant le suicide cellulaire ou la mort créatrice a fait faire à ma connaissance un bond énorme. Après ce fut après, de la conversation autour d’une table sur la belle terrasse du Laurent. Philippe Bourguignon hôte exquis et prévenant. La vie quoi, merci François de te plier à mes 3 Questions sur ton dernier enfant : le 1ier Davos du vin.



photo ©Peter Knaup‏

Question n°1 : François Mauss lorsque tu m’as sollicité pour être l’un des intervenants d’un Davos du Vin, j’ai trouvé de suite l’idée pertinente et bien sûr mon ego en a été flatté mais je dois avouer que j’ai eu aussi, dans le mesure où ne nous étions jamais rencontrés, mon côté « méfie té » de fils de paysan vendéen qui me disait « est-ce que ça ne va pas être un truc que pour des grands amateurs, des initiés... ». Tu m’as convaincu et, après tout, puisque tu prenais le risque d’inviter un trublion, je ne pouvais qu’adhérer à l’idée d’un Davos du Vin. Comment t’est-elle venue cette idée ?

 

Réponse de François Mauss : L’idée a mûri pendant 3 ans, en suivant l’évènement de Davos, le « World Economic Forum ». Je me suis bêtement dit : pourquoi pas une telle manifestation dans le monde du vin qui est si particulier, à la fois économique et culturel, avec un côté mondial en expansion évident.

Bien sûr pour que l’idée prenne forme il me fallait trouver l’endroit, les partenaires, les intervenants et surtout m’inscrire dans la durée car, de même que la création de Monsieur Hayek n’a pas atteint sa notoriété mondiale dès la première édition, de même ce World Wine Symposium, particulièrement dans les circonstances économiques incertaines actuelles, prendra sans doute du temps pour s’installer, pour acquérir la notoriété qui devrait être la sienne.

Comme le Grand Jury Européen allait annuellement à la Villa d’Este sur le Lac de Côme pour sa session de fin d’année, tout naturellement cette idée d’un forum du vin a enthousiasmé les propriétaires et dirigeants de cet établissement de grand prestige, particulièrement outillé pour l’organisation de telles réunions.

 

Question N°2 : D’accord François mais pourquoi les gens du Vin auraient-ils besoin de se réunir dans ce lieu de rêve pour cogiter, s’agiter les neurones, refaire le monde, le vin est-il si spécifique pour justifier l’organisation d’un Davos du Vin ?

 

Réponse de François Mauss : Aucun salon actuel, aucune réunion fut-elle internationale n’existe actuellement avec une vision à la fois culturelle, historique, économique et « futurible ». Nous sommes engagés dans une phase critique de l’évolution du monde du vin, où l’économique, porté par le système capitaliste tel qu’il est pratiqué dans le Nouveau Monde, semble vouloir « effacer » la partie culturelle si fondamentale et si importante pour nous européens. Il y a là une urgence à confronter ces notions, à en voir les avantages et les inconvénients, et surtout mettre en place les réflexions sur l’harmonie ardemment requise entre économie et culture. Un vin uniquement porté par son économie sera fatalement un vin sans âme. Ce serait peut-être un « plus » financier, mais aussi un abandon de 2000 ans d’une symbiose unique entre la terre, les hommes, leur environnement et l’animation des campagnes contrepoids à sauvegarder par rapport aux mégapoles qui seront la dominante du futur.

Un Davos est donc nécessaire pour confronter ces idées, ces concepts, en écoutant des maîtres, en discutant leurs idées, en apportant les expériences des uns et des autres.

 

Question N°3 : La première édition a donc lieu du vendredi 30 octobre au soir jusqu'au lundi matin du 2 novembre. En quelques mots François, les têtes d’affiches, les grands thèmes de cette manifestation, comment la réflexion va-t-elle être menée ?

 

Réponse de François Mauss :

Pour cette première édition, je souhaite que les participants abordent, avec la sélection des conférenciers, le maximum de thèmes, allant de l’éthique du journalisme (Michel Bettane) au système monopolistique de la SAQ (avec son Président Philippe Duval), en passant par l’expérience des vins « bio » d’Olivier Humbrecht et l’oenotourisme comme il se développe en Autriche avec Willi Klinger ou les problèmes lancinants des vignerons avec les multiples administrations, séminaire dont tu as la charge J

En fonction de l’intérêt plus ou moins grand qui caractérisera chacun des 12 séminaires prévus (liste ci-dessous), on sera en mesure, pour l’édition de 2010 de donner une importance majeure à un thème particulier.

Chaque séminaire durera 60 minutes, dont 30 minutes de discussion animés par un modérateur qui canalisera les questions que ne manqueront pas de poser les participants aux conférenciers.

En fait,  le but profond de cette première édition est de créer un Club International d’Echanges où se confronteront, sur une base annuelle, des acteurs essentiels du monde du vin, clairement orientés sur une défense ardente du vin dans son contexte culturel et historique.

Dans cette année difficile, je suis particulièrement heureux de compter ainsi un journaliste indien, un producteur de Tasmanie, un Domaine chilien, une journaliste de Bloomberg, un spécialiste du bouchon, la Tonnellerie Taransaud, et plus de 10 personnalités  de Singapore qui seront à l’écoute de Bipin Desaï ou Ivanhoé Johnston.

Nous sommes « sold-out » avec 250 personnes inscrites.

 

Les Conférenciers (ordre alpha)

 

BERTHOMEAU Jacques

BETTANE Michel

DERENONCOURT Stéphane & SABATÉ Patrick

DUVAL Philippe

GAJA Angelo

HAIDU Yair

HUMBRECHT Olivier

JOHNSTON Ivanhoé

KLINGER Willi

PITTE Jean-Robert

PRINZ zu SALM-SALM Michael

ROGER Christian

 Et comme il est important de garder une belle ouverture d’esprit, nous aurons une petite conférence avec 2 scientifiques de renom : Etienne Klein qui nous parlera d’un génie italien, assez méconnu, qui a laissé des traces autour du lac de Côme : Ettore Majorana. Alfred Vidal-Madjar nous racontera le calendrier cosmique dont il est un des spécialistes.

Enfin, Philip Ente (M.D., M.S., P.C., UCLA) nous parlera d’une nouvelle approche de la physiologie du goût : rien que ça !

 

Mais restons sérieux : les producteurs qui seront présents apporteront quelques flacons de leurs domaines, histoire de ne pas oublier les travaux pratiques.


Pour plus de détails : Davos of Wine :
http://www.worldwinesymposium.eu/WWS/Intro.html
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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