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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /Avr /2010 00:09

L’amour, l’amour, l’amour... être épris de... d’amour espris... je trouve l’expression enlevée, fine, légère, aérienne. Et puis, au souvenir récent de beaux flacons, avec mon esprit d’escalier, que d’aucun trouve bien folâtre, une homophonie est venue subrepticement chanter à mes oreilles. D’ordinaire, en maniant un français un peu suranné, plutôt que de dire d’un quidam qu’il est bourré, on peut dire de lui qu’il est pris de boisson. Ne jamais perdre sa liberté, être pris par la patrouille, toujours garder le contrôle mais laisser éclater sa passion, son grand amour du vin, des belles bouteilles, nobles ou roturières, alors pourquoi ne pas dire ou écrire, qu’un tel ou une telle sont éprise de boisson. Je sais, en qualifiant le vin, surtout les grands, de boisson, je vais me faire morigéner par toutes les confréries d’amateurs patentés « Chez nous monsieur nous ne buvons pas, nous dégustons ! » Vous vous doutez bien que je m’en tamponne absolument.


Restait tout de même pour moi à faire une petite vérification : « cette expression était-elle usitée ? » Dans le grand Robert elle n’est pas citée mais comme je suis un fouineur impénitent alors j’ai trouvé à propos du livre les « Métamorphoses de Tintin » de Jean-Marie Apostolidès ceci : « Puisant à la psychanalyse, à la sémantique et à la critique littéraire, Jean-Marie Apostolidès se livre à une enquête passionnante sur l'histoire de Tintin. D'où vient-il ? A-t-il seulement une famille ? Et des opinions politiques ? Quels sont ses rapports avec les femmes ? Comment Tintin vieillit-il ? A ces questions, et à beaucoup d'autres, ce livre répond, pour le plus grand bonheur des tintinologues de 7 à 77 ans. Où l'on voit se dessiner peu à peu, derrière la figure militante de l'adolescent des années 30, un Tintin plus sceptique et tolérant qui, ayant rétabli la justice au bout du monde, abandonne son obsession du Bien et se retire à Moulinsart en compagnie d'un marin épris de boisson et d'un vieil original qui cultive son jardin... »


« Milles sabords ! » voilà notre capitaine Haddock, grand amateur de whisky, affublé de mon expression. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Qu’importe ! L’important est ce qui va suivre. Lundi de la semaine passée nous étions 5. Après une première avancée apéritive au Dom Pérignon 2000 nous sommes descendus pour une expédition pré-dinatoire à la cave. C’est bien plus qu'une cave c'est une caverne d'Ali Baba et les Quarante Voleurs avec un sésame ouvre-toi digne du Mystère de la Chambre Jaune de Gaston Leroux. J’adore ! Sans grands palabres nous avons y avons extrait les 8 flacons ci-dessous pour agrémenter les excellents mets du repas.


Question simple : suite à ce choix et à l’honneur fait ensuite aux flacons, puis-je écrire sans risque de m’attirer les foudres de la congrégation des hygiénistes : tous les 5, 2 femmes et 3 hommes, étions-nous épris de boisson ? Réponse : Je pense que oui mais nous n’étions point gris n’en déplaise aux gardiens de notre santé, nous étions simplement heureux.


Le plus drôle, dans cette histoire mêlant le sublime à l'agréable, pour les détectives amateurs qui chercheraient à savoir où se situait ces agapes c'est que nous n'avons laissé aucun indice qui les mettraient sur notre piste.


Grand merci à Michel et à son épouse, au maître-queue pour les mets, de ce grand moment de convivialité, de brassage d’idées, de bien manger et de bien boire. Affaire à suivre de très près sur mes lignes et il ne vous est pas interdit de commenter...


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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 00:09

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La guerre des prix fait rage sur nos murs : le Leader Price de notre Coffe national dégaine et se proclame « le moins cher ! », « le 1ier sur les prix » avec un caddie de 49 produits dit « essentiels du quotidien » il inflige un camouflet à ce ramenard de Michel Edouard et au Mammouth endormi qui positive à nouveau. Visuellement pour le passant pressé qui jette un œil sur les panneaux d’affichage : c’est la claque absolue, comme dirait les jeunes pousses : la honte ! Y’a pas photo les pourcentages claquent :

Leclerc : 22% plus cher avec un caddie à 85,16 euros

Carrefour 34% plus cher avec un caddie à 93,59 euros.

Leader Price se la pète grave avec ses 70 petits euros et ses 4 centimes.

Vous me connaissez moi on ne me la fait pas comme ça faut toujours que j’aille fourrer mon tarin là où il ne faut pas, en l’occurrence ici dans le caddie « le moins cher ! » pour savoir ce que sont pour les potes de Jean-Pierre Coffe les 49 produits dit « essentiels du quotidien » ?

Pour le vérifier c’est simple je les énumère :

1et 2 = du beurre doux et ½ sel

3 = crème fraîche

4 à 6 = des desserts (crème au chocolat noir, vanille, yaourts brassés aux fruits

7 à 15 = fromages (Coulommiers, Camembert moulé à la louche, Roquefort AOC, fromage le Délicieux, raclette en tranches, emmenthal râpé, Maasdam de Hollande en tranches, pointe de Brie)

16 à 25 = charcuterie (jambon supérieur avec couenne  par 6 et par 2, blanc de poulet, jambon supérieur découenné, saucisses de Strasbourg, lardons fumés, confits de gésiers, saucisse sèche courbée, saucisson sec, saucisson sec pur porc)

26 à 28 = conserves (maïs doux, tomates pelées, haricots verts très fins)

29 = sauce bolognaise

30 = huile de tournesol

31 à 32 = condiments (flacon d’échalotes et ciboulette)

33 à 36 = petit déjeuner (pain nature américain, brioche tranchée, pains au lait et chocolat, confiture de fraises)

37 à 38 = riz basmati et thaï

39 = crème de cassis

40 = cola

41 et 42 = café pur Brésil et pur arabica

43 = pavés de saumon

44 = steaks hachés 100% pur bœuf

45 = films étirables

46 = liquide vaisselle

47 = disques à démaquiller

48 = déodorant bille

49 = gel coiffant effet mouillé

 

Comme la réponse à ma question titre : « Y-a-t-il une bouteille de vin dans le caddie de JP Coffe « le moins cher du moins cher » chez Leader Price ? » est négative, avant d’y revenir quelques remarques.

La première pour de rire : je comprends que les communicants de Casino n’aient pas mis en avant Jean-Pierre Coffe sur l’affiche car c’eut été la première faille dans la crédibilité de la notion de produits essentiels au quotidien. En effet, le dernier produit : gel coiffant effet mouillé pour ce cher homme est bien évidemment essentiel à sa capillarité.

La seconde pour noter que les fromages et la charcuterie se taillent la part du lion dans le caddie : 19 produits mais pas de pain, sauf de l’américain, et rien à boire avec sauf du Cola. Mais que font les rigolos de la nutrition et du www.manger.bouger voilà de la pure fabrique « d’obèses et de malades ». Mais comme je suis seulement un défenseur du terroir cher à notre Jean-Pierre, pour la beauté du geste je vous communique les prix des fromages dit de qualité dans le caddie de JPC :

-         le camembert moulé à la louche : 1,55 euros (le calendos pur plâtre 1,14 euros)

-         le Roquefort qualifié d’AOC (je ne savais pas qu’il en existât du non AOC) 1,69 euros la part de 150 g

-         la pointe de Brie : 0,95 euros les 200g

La troisième est une question existentielle qui me ronge : peut-on vivre sans film étirable et disques à démaquiller ?

La quatrième est horrifiée pour le consommateur adorateur des pâtes alimentaires que je suis : comment peut-on exclure ce produit du caddie ? Est-ce parce que la compétition des prix eut tourné à l’avantage des 2 concurrents ? Je ne sais mais carton rouge à papy Coffe !

La cinquième et dernière concerne le vin : que celui-ci fusse de moins en moins sur la table au quotidien je veux bien en convenir mais alors pourquoi priver cette pauvre crème de cassis à 3,29 euros, considérée comme essentielle, de son compagnon naturel : le vin blanc ? Mystère ! Ou bien alors est-ce parce qu’il n’existe pas de vin estampillé Leader price ? Je ne sais mais comme me dirons certains la terre ne va arrêter de tourner parce que Coffe a oublié de glisser dans son caddie une boutanche de blanc qualité riquiqui...

Morale de l’histoire : dans le grand royaume du n’importe quoi dans lequel nous vivons ce genre de comparaison sur un supposé caddie représentatif du quotidien des français les as du toujours moins cher que moins cher prennent les consommateurs pour une cohorte de débiles profonds tout juste capable de se faire hameçonner par de gros pourcentages qui tuent. Ce n’est pas l’expression d’une saine concurrence mais celle d’un affaissement complet de l’économie ménagère qui, comme chacun le sait, est la seule économie de proximité qui vaille car elle permet de raccorder le consommateur au citoyen.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 00:02

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Ce n’est pas une légende mais l’histoire d’un jeune homme de 18 ans qui en 1961, après son service militaire, décide de faire le négociant. De le faire pas n’importe où, en Bourgogne s’il vous plaît, et sans la plus petite connaissance de ce métier. Mais notre jeune homme a du nez, une Juva 4 m'a-t-on dit, 4 appellations dans son fond de commerce, un sens inné des affaires et du chemin qu’il faut prendre pour arriver : quelques mois après son installation il achète à crédit 50 ares de terres en friche de Gevrey-Chambertin et les replantent. Parti de zéro, comme on dit dans les sagas américaines, avec sa chemise et une Juva 4, le voilà cinquante ans après premier négociant bourguignon et n°3 français avec 265 millions d’euros de chiffres d’affaires. Dans notre vieux pays qui adore le small is beautiful, et envie la réussite, ça ne déclenche pas la sympathie ou l’admiration de monsieur et madame tout le monde – pour les plumitifs du vin je ne vous dis pas c’est pire que les raisins verts – qui préfère celle de Zidane ou du dernier minet ou dernière pouffette de la Star Academy. Ainsi va la vie dans notre belle France.

 

ce n'est pas celle de JCB mais celle de mes souvenirs de petit Vendéen...

Moi qui aime bien Jean-Claude Boisset je n’ai qu’un seul reproche à lui faire : de ne pas être devenu le n° 1 du vin français depuis sa base bourguignonne en filant au long du Rhône vers le grand Sud. Certes il l’a fait mais ceci est une autre histoire qui n’a pas été écrite et comme Jean-Claude ne m’a jamais demandé de devenir le DG de sa belle maison – grand bien lui a pris susurreront les perfides – je ne pousserai pas plus loin mes regrets. Nous en reparlerons ensemble, en tête à tête, et je connais la réponse de Jean-Claude Boisset. Pour une bonne part je partage ses analyses mais il n’empêche que dans cette fichue compétition mondiale, sur plan plus global ou au niveau régional, s’exonérer de toute réflexion stratégique, où la mener sans lui donner l’envergure nécessaire, c’est avancer à la petite semaine sans se soucier des grandes lignes de fractures qui se sont ouvertes et qui ne se sont pas près de se refermer. Comme j’ai l’impression de radoter, et que pour beaucoup l’horizon du vin reste borné aux acheteurs de la GD – que je respecte bien sûr – ou au ballet gentil des petits qui certes séduit mais reste et restera de l’épicerie fine.

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Après mes litanies habituelles, genre grand messe chantée, passons aux choses sérieuses : le Fixin Blanc de JCB. C’est du rare : les 3 ha de Chardonnay sont les seuls de l’appellation. 3000 bouteilles à vis, c’est à l’image de la nouvelle orientation impulsée depuis 2002 par la Maison Boisset. Approche « Domaine » avec des approvisionnements par contrats d’achat de raisins sur 40 ha. Du cousu-main, des petites cuvées de sept pièces en moyenne, c’est le domaine d’un jeune homme passionné, le souriant Gregory Patriat. Refléter au plus près le terroir, exprimer les caractéristiques du millésime, faire en sorte que la main de l’homme se fasse discrète et que le bois garde sa fonction originelle, j’aime bien ce dit Gregory « en général, j’aime les vins atypiques, qui bousculent les carcans et les idées reçues. Mes Pommards Premier Cru sont plutôt féminins, tout en dentelle, tandis que mes Savigny sont plutôt rustiques aux tanins mûrs et serrés. Le terroir nous les a offert dans ce style, conservons-le ! S’il est vrai que j’ai un penchant pour les vins très fins plein de fruit, de rondeur j’aime aussi qu’ils puissent défier le temps... »

Que voulez-vous ce a privatif me comble d’aise en jetant dans la géhenne la fameuse typicité mécanicienne des croskilleurs (lire ou relire ma chronique Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins AOC http://www.berthomeau.com/article-20287518.html ). Du haut de ses 35 ans Gregory jette la passerelle entre les 2 rives, innove en respectant la tradition, avance et il faut rendre hommage à Jean-Claude et à ses deux enfants Nathalie et Jean-Charles, de permettre à Gregory Patriat de jouer avec charme et simplicité sa partition sur le meilleur de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune.

Mais j’ai gardé, comme toujours dans notre pays de fines gueules, le meilleur pour la fin : le Saint Aubin Premier Cru en Remilly 2008. C’est un Côte de Beaune blanc 100% Chardonnay 65 00 bouteilles. C’est mon chouchou ! Comme dirait ma complice Margot j’en mettrais bien une caisse sous mon lit. C’est vif ! C’est frais ! C’est de la joie à l’état pur ! Moi j’aime ce type de vin droit sans raideur, fin comme un string sur une peau à peine vanillée par les premières caresses du Dieu soleil, tendre comme la caresse d’un zéphyr à la fin d’une chaude journée d’été, aérien comme une libellule et surtout qui sait si bien faire briller les yeux des filles du long des golfes clairs... Je m’emporte mais puisqu’il m’emporte pourquoi réfrènerai-je mes ardeurs épistolaires. Mais comme les bonnes choses ont une fin je ne puis m’empêcher, avec mon mauvais esprit habituel, de souligner que je viens de réaliser la « performance » de faire dans le small is beautiful à propos du numéro 3  du vin français. Mais rassurez-vous je garde dans ma besace un futur papier sur les Crémants Grand Terroir de Louis Bouillot et comme la Maison Mommessin officie dans le Beaujolais mon auto-mission Beaujolais « Grand Corps Malade » me permettra d’y revenir. Je rassure les membres de la Task-force je n’oublie pas le dossier mais je suis un peu charrette en ce moment alors patience et n’hésitez pas à me faire parvenir des munitions entre temps.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 00:09

Pour tout produit de consommation, y compris le vin, conquérir ou séduire la classe moyenne, constitue un objectif prioritaire tant sur son marché domestique que sur ses marchés traditionnels d'exportation et surtout dans les pays nouvellement consommateurs. C'est la loi des grands nombres. Elle recèle les seules poches de croissance du marché.

La classe moyenne, la middle class, ce groupe social hétérogène et flou qui regroupe près d’un français sur deux, ça fait beaucoup de monde et pour Henri Mendras en 1988, lorsqu’il publie la Seconde Révolution Française, avec « l’émiettement des classes », la sociologie de la France se schématise en forme de toupie. Selon lui « hormis une petite élite (3% de la population) et une frange d’«exclus» (7%), la société française se regrouperait au sein d’un vaste centre. À côté d’une vaste «constellation populaire» rassemblant 50% de la population, H. Mendras dessine une «constellation centrale» (25%) en forte expansion, notamment les cadres. Caractérisée par une mobilité sociale intense, cette constellation serait un lieu d’innovations sociales qui se diffuseraient à l’ensemble d’une société aux frontières entre groupes moins rigides »

La bulle financière puis la crise en cours, sans remettre en cause ce schéma, ont bien évidemment à la fois resserré les frontières du noyau central, fait gonfler la frange des exclus et des précaires alors que l’élite « économique et financière » sortait du coup de torchon sans descendre vraiment de son inaccessible piédestal.

Ce préambule pour souligner que, pour un produit comme le vin, très souvent  considéré comme statutaire, marqueur d’une manière d’être ou de recevoir, l’examen des tendances qui animent ce «groupe central» est primordial et devrait aller bien au-delà des catégorisations simplistes des analyses marketing. En effet, au-delà du clivage pur des Catégories Socioprofessionnelles CSP, des strates de revenus, c’est le sentiment d’appartenance qui clive aussi les classes moyennes soit qu’elles se sentent déclassées ou en voie de l’être, soit qu’elles se surclassent en adoptant ou en copiant les codes des classes dites « supérieures. Les  grands médias : télévision et presse magazine, au travers d’émissions, de reportages ou de la publicité popularisent les signes extérieurs d’appartenance : vêtements, parfum, nourriture, voitures, logement, vacances qui, sous des formes «adaptées» descendent dans la rue. Le fameux positionnement des produits de marques par le prix, constitue le miroir que l’on tend à ceux et celles qui sont en quête d’une forme d’ersatz de reconnaissance sociale.

Tom-7161.JPGFort bien et comme ce qui est vrai pour la France l’est plus encore pour notre perfide voisine anglaise je fonce sur mon objectif quitte à ce que les grands prêtres du vin me traitent de déjanté, de conteur de n’importe quoi. Et oui que voulez-vous voir Kate Moss, au dernier festival de Glastonbury, «chaussée de bottes de chasse qu’on ne voyait autrefois que dans les prés boueux où se déroulent les courses de haies hippiques et qui sont en vente aujourd’hui dans les boutiques à la mode.» m’intéresse. Que le Barbour (blousons huilés ou matelassés des gentlemen-farmers) soit du dernier chic, que le tweed redevienne in, que les nœuds papillons et la moustache canaille reviennent en force chez nos jeunes voisins anglais n’appartenant ni à la gentry, ni à la noblesse, peut paraître dérisoire en ces temps de crise. Je peux en convenir aisément mais, par-delà l’écume de la mode classieuse, ce qui m’intéresse c’est ce qu’écrit dans le Guardian Andy Beckett.

Tom-7156.JPG« D’autres tendance récentes ont œuvré en faveur du renouveau du chic. L’écologisme et la demande de produits locaux ou artisanaux vont plus dans le sens d’un capitalisme distingué et terrien que dans celui de sa version urbaine et industrielle. Le renouveau d’intérêt manifesté par les consommateurs pour les produits typiquement britanniques, depuis les plats traditionnels jusqu’aux marques « patrimoniales », en passant par les vacances ventées au bord de la mer, a amené beaucoup de membres de la classe moyenne, consciemment ou non, à redécouvrir des goûts que les classes supérieures n’ont jamais complètement abandonnés »

C’est l’anti bling-bling mais sous une forme de retour « aux traditions », au terroir, aux confitures bio du Prince Charles grand défenseur des AOC à la française, mais sous une forme à l’opposé des codes bobos qui eux se veulent proches d’un petit producteur fantasmé. D’accord me diront certains mais tout ça se passe dans un pays où, dans la vie de tous les jours et la vie politique, comme l’écrit Andy Beckett « la question de la classe a toujours été une bombe à retardement. Le déclin de l’aristocratie n’a pas été suffisamment complet pour la désamorcer ». Les privilèges de classe et leurs signes extérieurs y ont toujours créé du ressentiment «beaucoup de ceux qui possèdent la terre sont les mêmes qui l’ont toujours possédée».

Certes j’en conviens mais pourquoi diable les tendances qui traversent la middle class british seraient pour nous vendeurs de vins français indignes de notre intérêt. Même si le chic tory n’est qu’une mode passagère chez nos voisins, l’observer, l’analyser, me semble la seule attitude professionnellement correcte. En effet, si nous voulons bien mettre notre mouchoir sur nos petites chapelles et prendre nos consommateurs pour ce qu’ils sont, nos vins de tradition française, en Angleterre tout particulièrement, peuvent redorer leur blason.

Pour illustrer mon propos je prends le cas des Bordeaux lié à l’Angleterre depuis un joli bail. Au lieu de nous bassiner ici avec leurs petits châteaux à 2 balles ne serait-il pas plus intéressant pour eux de lancer une offensive vers cette cible adepte du BCBG rural avec les cadets des grands châteaux du genre du magnifique Alter Ego de Palmer (voir un test comparatif http://test-comparatif.quechoisir.org/F-REF3286-Seconds-vins-de-Bordeaux/?f=_ ) because le prix qui tout en restant chaleureux est abordable pour des bourses moyennement remplies qui veulent se la jouer gentry. Ce serait des Bordeaux de middle class avec un vrai nœud paillon noué à la diable, chic et de bon goût, pas le ringard rigide des pubs des années 90 totalement cheap, style plouc endimanché. Ainsi la connexion, que l’on trouve dans la couture entre la haute et le prêt-à-porter, se ferait entre le grand luxe et le luxe abordable. Aucun de nos concurrents du Nouveau Monde ne dispose de ces atouts mais les stratégies les plus évidentes semblent hors de portée de la France du vin.

« De quoi qui s’occupe celui-là ! » Je m’arrête car je sens que j’énerve mes amis du CIVB. Je publie cette chronique, l'air de rien, après mon petit périple des primeurs, pour voir comme au poker. Et pour terminer ce papier sur une note d’humour bien français « y faut pas confondre les BCBG avec le BCG... »  comme le disait mon cousin Raymond et chez ces gens-là du côté de NAP «on dit merde mais pas mince et jamais bon appétit».

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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 00:05

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Chose promise chose due et toute honte bue je vais vous distiller au jour le jour le contenu de mes carnets de dégustations. Avant, car j’adore les chemins de traverse, permettez-moi de vous présenter mon costume Victoire et de vous entretenir de ma passion pour les costars qu’on ne trouve pas dans toutes les armoires ! Bêcheur en plus l’ex « grand serviteur de l’État » reconverti en « dégustateur imposteur » : j’assume ! J’ai horreur des marques, alors comme vous pourrez le constater en lisant cette lointaine petite chronique d’octobre 2006 « Mon costar Kennedy » http://www.berthomeau.com/article-Mon costar Kennedy-NaN.html  je déniche des pièces qui, sans être rares, je n’en ai pas les moyens, ne se retrouvent pas sur les épaules de tous les gars que je croise sur le trottoir. Élitiste avec ça le gars : j’assume ! Donc j’ai mes adresses, j’y suis fidèle, et c’est le cas de Victoire qui se fournit chez des créateurs italiens. Donc 4 ans après mon Kennedy j’offre à vos regards ce nouveau costar Victoire. Il m’a coûté 460 euros. Je ne dis pas que c’est donné mais comme le précédent, si Dieu me prête vie, dans 4 ans il sera toujours d’attaque. Je ne jette rien. Je suis un conservateur. Pour moi les vêtements et les chaussures sont des investissements pas du produit de consommation jetable. Bref, je ne vous cache rien et pour finir comme j’adore aussi les minuscules anecdotes en voilà une, sans grand rapport avec mes vagabondages vestimentaires, mais qui m’a toujours fait sourire : c’est l’histoire d’un chef de cabinet d’un Ministre de l’Agriculture, Christian Bonnet je crois, qui prénomma sa fille Victoire suite à celle de son idole VGE en 1974. C’est beau comme l’enthousiasme, non !

 

Pour en revenir à ma dégustation, « Grandes Maisons Grands Crus », au château du Clos Vougeot, lors de mon Grand Jour de Bourgogne http://www.berthomeau.com/article-mon-grand-jour-de-bourgogne-l-histoire-d-un-degustateur-imposteur-en-beau-costume-victoire-48039806.html que j’ai réalisé à l’aveugle je vous livre, sans aucun commentaire car j’avoue que je n’ai aucune envie de m’emberlificoter dans des mots que je ne fais pas miens, mes préférences. Ils m’ont plu, séduit, intrigué, ébloui pour quelques-uns, pour que je les extraits d’une sélection de Grands Vins. C’est mon choix d’acheteur, rien que le mien  Tom-7320.JPG

22 Blancs

1 à 9 : Chablis Bougros, Les Preuses, Vaudésir, Valmur, Les Blanchots (2) tous 2008, Les Blanchots 2002

 Mon choix :

4 Chablis Valmur 2008 : Maison Jean-Marc Brocard

9 Les Blanchots 2002 : Maison Laroche

 

10 à 16 : Corton-Charlemagne 2008

 Mon choix :

10 : Maison Louis Latour

12 : Maison Seguin Manuel

15 : Maison Albert Bichot

16 : Maison Olivier Leflaive

 

17 à 22 : Chevalier Montrachet 2008 Batard Montrachet (4) 2008  et 1 2002

 

Mon choix :

19 : Batard Montrachet 2008 : Maison Jean-Marc Boillot

21 : Batard Montrachet 2008 : Maison Louis Jadot

22 : Batard Montrachet 2002 : Maison Jean-Marc Boillot

 

18 Rouges

 

 N°23 à 27 : Corton-Bressandes 2008, Corton-Renardes 2008, Corton-Grancey 2002, Corton 2002, Corton-Pougets 2002

 

Mon choix :

24 : Corton-Renardes 2008 : Maison Stéphane Brocard

25 : Corton Grancey 2002 : Maison Louis Latour

 

28 à 31 : Charmes-Chambertin 2008, Clos de la Roche 2008, Clos de Vougeot (2) 2008

 

Mon choix :

29 : Clos de la Roche 2008 : Maison Jean-Claude Boisset

 

32 à 35 : Echezeaux (2) 2008 Grands-Echezeaux 2008 et 2002

 

Mon choix :

32 : Echezeaux 2008 : Maison Albert Bichot

35 : Grands-Echezeaux 2002 : Maison Joseph Drouhin

 

36 à 40 : Charmes-Chambertin (2) 2002 Mazis-Chambertin (2) 2002 Chambertin Clos de Bèze 2002

 

Mon choix :

37 : Charmes-Chambertin 2002 : Maison Prosper Maufoux

 

MES PODIUMS

En Blancs :

22 : Batard Montrachet 2002 : Maison Jean-Marc Boillot

12 : Corton Charlemagne 2008 Maison Seguin Manuel

19 : Batard Montrachet 2008 : Maison Jean-Marc Boillot

 

En Rouges :

35 : Grands-Echezeaux 2002 : Maison Joseph Drouhin

29 : Clos de la Roche 2008 : Maison Jean-Claude Boisset

25 : Corton Grancey 2002 : Maison Louis Latour  

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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 00:09

Plus le temps passe plus je suis persuadé que la réponse à la question Le Vin à la française est-il irréductible au concept de marques mondiales est oui. Par vin à la française j’entends évidemment le vin conçu sur un modèle économique AOC ou appliquant des règles du même type. Pour exister, se développer en investissant dans sa promotion et sa distribution mondiale une marque de vin doit s’appuyer sur une ressource identifiée et maîtrisée par le metteur en marché. Étant entendu que si les concepteurs de marques veulent maîtriser cette ressource, la pérenniser sur le long terme pour accompagner le développement de leur marque leur intérêt bien compris est que les viticulteurs sourceurs en tirent des revenus pour en vivre et investir dans la modernisation de leur vignoble et de leur outil de vinification. Air connu donc mais ni les paroles, ni la musique n’ont changé en 10 ans. « Il faut que tout change pour que rien ne change... »

La brutalité de ma réponse va en étonner plus d’un mais les dix années qui viennent de s’écouler en ont fait la démonstration. En effet, les deux grands bassins de production que sont le Languedoc, avec les vins de pays d’Oc, et Bordeaux, avec son AOC Bordeaux, n’ont pas su ou pu servir de terreau à ce type de marques (dans une moindre mesure le bassin rhodanien avec une marque nationale identifiée : Cellier des Dauphins a lui aussi fait du sur-place avec les conséquences que l’on connaît).  J’ose même écrire, et les chiffres me donnent raison, que nous avons régressé et que nous serons, dans la présente décennie, dans l’incapacité de profiter, pour certains types de vins, du développement de la consommation mondiale. Comme dirait l’autre : la messe est dite et je ne vois aucun signe tangible d’un retournement de cette situation.

Certains se réjouiront de voir l’hydre du vin dit « industriel » s’éloigner de notre vieux pays pétri de ses traditions viticoles et estimeront que le modèle artisanal suffira à assurer l’essentiel de nos ventes tant sur le marché domestique qu’à l’exportation. C’est vrai pour la part la plus authentique de nos appellations d’origine et de certaines IGP bien positionnées mais, pour celles moins bien identifiées, en mal de notoriété, au profil de vin mal adapté à la demande, l’horizon déjà peu clément me paraît plein de menaces. D’où me vient ce pessimisme ? De l’observation de l’évolution de notre marché domestique sur ce type de vins. Il rétrécit certes mais surtout les deux grands acteurs qui y opèrent sont dans l’incapacité de jouer dans la cour des grands, c’est-à-dire d’imposer aux distributeurs des marques nationales répondant aux codes régissant les marques des grands produits de consommation.

Je ne vais pas pousser plus avant mon analyse car le format d’une chronique ne s’y prête pas. De plus je ne vais pas non plus jouer au grand stratège donnant des conseils aux deux groupes, Castel et Grands Chais, qui se tirent la bourre sur notre beau territoire en jouant la carte du développement externe en rachetant des négociants régionaux, part de marché dans la GD oblige. Le premier, après avoir racheté la SVF puis Nicolas, s’est taillé la part du lion sur notre marché domestique (même si cette part reste modeste au regard de ce que l’on constate dans d’autres secteurs alimentaires) et le second s’est d’abord construit, avec sa marque JP Chenet, à l’international. Bref, nos deux locomotives généralistes peinent à traduire leurs puissances respectives sur le marché mondial.  La première, en dépit de résultats significatifs  à l’export, reste sur le modèle des marques de son pré-carré français sans pouvoir les internationaliser. La seconde peine à donner à sa marque emblématique un réel contenu et un positionnement de marque mondiale en étendant son sourcing à d’autres bassins de production que l’Oc et le Gers.

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Rien de très bouleversant et de très neuf dans ce que je viens d’écrire. Alors, pourquoi me direz-vous ce soudain pessimisme ? Ça va vous surprendre : la vision sur un panneau d’affichage de la campagne de publicité de la marque Blaissac distribuée par la SVF « Un Bordeaux à la hauteur, en toutes circonstances ». Manifestement vous ne voyez pas le rapport entre les 2 et il va falloir que je m’explique. Tout d’abord soyons clair : qu’une marque de vin s’affiche sur les murs de Paris c’est si rare qu’à priori on ne peut que s’en réjouir. La notoriété de la marque Blaissac ne dépassant pas les travées de la GD il ne faut pas être grand clerc pour comprendre les motivations des gens de la SVF : conforter et développer leur place dans les linéaires des hypers et des supers. Fort bien, développer ses ventes est l’essence même du métier de négociant. Cependant je m’interroge : quelles sont à Bordeaux les marques concurrentes de Blaissac ? Essentiellement : Baron de Lestac et Malesan qui sont des marques, tout comme Blaissac, du groupe Castel. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : «10 Millions de cols/an pour Baron de Lestac, 6 Millions pour Blaissac, 6M pour Malesan... » c’est du lourd. Saine émulation entre marques ou stratégie sous pure contrainte des désidératas de la GD ?

L’histoire et l’origine de ces marques : de Lestac pure création de Castel (anagramme comme Chanau du groupe éponyme), Blaissac vient du portefeuille SVF et Malesan provient du rachat des marques vins de Bernard Magrez, apportent la réponse : pour ne pas voir sa part de marché globale baisser le maintien des 3 marques est vital. Arguer de différences de positionnement prix, du contenu des bouteilles, pour ce type de produit générique ne me semble pas très pertinent. Et c’est là que les athéniens s’atteignirent : dans la logique d’investissement publicitaire lourd les géants de l’agro-alimentaire compactent leurs marques pour les mondialiser : voir Danone, Nestlé, Unilever... Dans le vin français c’est mission impossible. Avec ses presque 25 millions de cols de Bordeaux générique le groupe Castel pourrait, bien plus qu’il ne peut le faire avec ses 3 marques, générer suffisamment de valeur derrière une marque unique et ainsi espérer la mondialiser. Ce que j’écris n’est qu’un constat et non un jugement de valeur sur la stratégie du groupe Castel. Être fort sur son marché domestique, pas en nombre de cols vendus, mais en puissance de feu générée, permet d’investir dans l’internationalisation de sa marque. Le marché français du vin ne le permet pas, et ne le permettra pas plus dans l’avenir, alors comme je l’ai déjà écrit : la messe est dite ! Ne sortez pas vos mouchoirs trop de larmes seraient des larmes de crocodiles, comme le dit le professeur Pitte : « laissons ces vins là aux va-nu-pieds, ils sont indignes du prestige de nos vins à la française... »

 

Note en bas de page : l'affiche est très codée France du bon goût : pain et fromages, là-dessus rien à redire, ce que j'adore sur l'étiquette de notre Blaissac c'est la mention signée par l'intéressé «mise en bouteille dans nos chais par Valensac Morency » (de mon temps à la SVF le Valensac était une de nos nombreuses marques, elle semble toujours exister chez SVF pour  un St Emilion, un Médoc et un AOC Bordeaux). Dernière remarque : la mention élu produit de l'année de 2010 ça me fait sourire mais bon c'est ainsi que va la vie dans la consommation d'aujourd'hui...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 02:00

Le retournement de Sacha passa bien sûr par les femmes, Karen et Chloé s’y employèrent avec la rouerie du sexe dit faible en exploitant sans vergogne le goût qu’ont les nabots pour les hautes tiges. Pour ne pas éveiller de soupçons je servis d’intermédiaire en plaçant lors d’une beuverie en tête à tête avec Sacha que Chloé en pinçait pour lui. Il s’esclaffait bruyamment avant de me servir que ses responsabilités de chef lui interdisait de se laisser-aller aux folies de l’amour, baiser lui suffisait. Cette profession de foi déboucha, dès le lendemain soir, par une irruption de Sacha dans l’alcôve où Chloé qui, comme par hasard, dormait dans les bras de Karen. Elles le consommèrent, telles des mantes religieuses, sans répit, le pompant, l’asséchant, le réduisant à l’état de serpillère essorée.  La nuit n’y suffit pas, elles ne le lâchèrent qu’en fin de matinée. Karen vint me rejoindre alors que je m’apprêtais à sortir. Dans son style inimitable elle entreprit de me délester de la semence que j’avais du accumuler en pensant à elle toute une nuit sans elle. Son agenouillement fut sublime et, pendant que ses longs doigts glacés me défaisaient, elle me disait que tout ce qu’elle venait de faire avec Sacha c’était pour moi qu’elle l’avait fait, par amour. À l’instant où elle désincarcérait mon sexe déjà en érection Karen, me jurait une fidélité absolue. Moi seul pouvais revendiquer la possession absolue de son corps. J’étais son homme, son maître, le futur père de ses enfants.

Le plan de nos amis américains consistait à faire en sorte que Sacha, soi-disant démasqué par leurs services, passe le Mur pour se réfugier en RDA et, bien sûr, de continuer de travailler là-bas pour la Stasi à d’autres tâches – le travail de flicage ne manquait pas dans cette sinistre démocratie populaire – tout en entretenant, avec l’accord de ses chefs, des relations avec ses anciens copains de l’Ouest qui, bien sûr, lui fourniraient des renseignements gracieusement offerts par les services occidentaux. Ce type d’opération relevait du pur classicisme sans pour autant qu’une quelconque des parties en présence puisse réellement savoir au bout du bout qui intoxiquait qui, qui manipulait qui. Avec le recul je suis intimement persuadé que tout le monde s’en foutait, l’important c’était d’entretenir la machine, de développer le fonds de commerce du renseignement, de pomper le maximum de crédits aux gouvernements, d’entretenir l’illusion de la menace, de conforter les chefs dans leur paranoïa, de se donner l’illusion de vivre dangereusement. La grande famille des espions se serrait les coudes, elle pratiquait un marketing de l’offre très efficace pour une demande qui ne recelait aucune limite. Restait à convaincre cette bourrique de Sacha d’entrer dans notre jeu sans qu’il ait le sentiment de trahir ses idéaux.

Comme toujours la solution vint de là où ne l’attendions pas : de Sacha lui-même. Son entichement pour Chloé relevait du calcul : pour lui, elle seule, du fait de sa culture politique, de son sens aigue de la stratégie, de son goût du pouvoir, pouvait prétendre au titre envié de compagne officielle du guide suprême. Il la saoulait de ses analyses alambiquées mais elle tenait bon. Bien lui en pris car un soir, après un dîner arrosé et pour une fois plantureux car l’un de nos nouveaux camarades venaient de débarquer de son Piémont avec une valise pleine de victuailles, il se déballonna sans qu’elle ne lui demande quoi que ce soit. Pour lui, la cause de la paix, le triomphe des travailleurs, passait non par nos manifestations stupides au cœur du Berlin embourgeoisé mais par la RDA qui, en dépit de ses insuffisances, de ses atteintes aux libertés, de sa soumission aux Soviets, recelait encore des ingrédients susceptibles de bouter l’impérialisme américain hors d’Europe. Son projet, qu’il murissait depuis des mois, était de plier bagages et de passer à l’Est. Chloé tenta pour la forme de le dissuader. Imperator il la coupait « tu viens avec moi, bien sûr ! » Alléluia le poisson était bien ferré, elle lâcha du fil en l’assurant qu’elle le suivrait mais qu’il lui fallait faire un aller-retour en Italie avant. Pour encore mieux le tenir au bout de sa gaule Chloé ajoutait qu’il valait mieux qu’elle ne le rejoigne que plus tard pour que les pointilleuses autorités de la RDA évite de les soupçonner de je ne sais quel coup tordu. Sacha apprécia à sa juste valeur cette précaution et intima l’ordre à Chloé de satisfaire son péché : se caresser devant lui, ce qu’elle fit avec un réel enthousiasme.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 00:09

Par la grâce de Margot de Nicolaÿ (voir 3 Questions à Margot de Nicolaÿ, jeune et passionnée du vin http://www.berthomeau.com/article-24504440.html , plus so british que jamais depuis qu’elle a rejoint Londres, j’ai été convié jeudi soir, rue d’Édimbourg dans un restaurant basque «La Passée» à une conférence organisée par un club de jeunes gens et de jeunes filles, «Initiateurs d’avenir». Le thème sous forme de cette question provocatrice : « La biodynamie : avenir de l'agriculture ? » ne pouvait que m’allécher et la présence de Nicolas Joly, le pape de la biodynamie, m’inciter à me transporter jusqu’au 9ième arrondissement et à me glisser dans cette pépinière de têtes bien faites. Merci au président du club www.initiateurs-davenir.com , Bruno Croizé-Pourcelet, d’avoir suivi la suggestion de sa vice-présidente d’inviter une vieille barbe comme moi au risque de troubler le bon ordonnancement de la conférence.

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Je n’avais jamais croisé dans ma vie professionnelle Nicolas Joly. Mes connaissances sur les fondements de la biodynamie sont inexistantes mais, contrairement à beaucoup, je ne nourris, ni ne professe une quelconque hostilité de principe à l’égard de cette pratique. Bien plus, je fais parti de ceux, fortement rationalistes, qui d’une manière pragmatique admettent que, si ça fonctionne, pourquoi aiguiser des armes bien inutiles à son encontre. Mon seul bémol, et c’est un point dur chez moi, je suis hostile à tout esprit de chapelle, à la stigmatisation, aux oukases du type « si tu fréquentes les X... ou si tu oses écrire sur les Y, tu es un traître à la cause... » Moi je fréquente tout le monde, ou presque, et je suis un défenseur acharné du dialogue, des adhérences même entre des parties antagonistes.

Donc, me voilà installé avec mon petit carnet et Nicolas Joly se déploie après avoir noté, avec humour, la présence d’un vieux canard gris dans la couvée des jeunes oisillons. L’homme à une gestuelle à l’image de ses convictions : fluide, communicative, séductrice. Je ne vais pas faire état dans ce billet du fond de son propos, ce qui serait trop réducteur, mais vous donner envie d’aller l’écouter. C’est un passionné mais aussi un réel défricheur d’avenir, pragmatique et sincère, dont on ne peut balayer les analyses d’un revers dédaigneux de la main. Nicolas Joly n’est ni un illuminé, ni un gourou sectaire mais de ceux qui, dans un système dominé par le conventionnel, font entendre une partition différente. Au-delà des théories, des controverses, ce qui m’intéresse dans la démarche de Nicolas Joly c’est son côté Chaissac, dérangeant, hors norme, tout en étant un entrepreneur, homme de la vigne et du vin. Cultiver les différences au nom d’un retour aux équilibres de cette « terre qui ne possède pas la vie mais qui la reçoit » n’est pas vain.

Un seul point m’a un peu irrité dans l’approche de Nicolas Joly, et bien sûr j’en ai fait état en le questionnant au grand dam de quelques jeunes pour qui ce n’était pas convenable, c’est de méconnaître ou d’enjoliver la condition paysanne pré-productiviste. Nous avons prolongé la discussion après la conférence et j’ai eu le plaisir de trouver un homme attentif aux remarques et ouvert au dialogue. Vous allez dire que je suis tombé sous le charme de Nicolas Joly. Là n’est pas la question, ce qui me passionne dans toute approche non conventionnelle c’est sa capacité à faire bouger les lignes, à nourrir des avancées, à sortir le débat du pathos administrativo-professionnel. Ceux qui, enfermés dans leurs tours d’ivoire, assis sur leurs certitudes, ricanent ou vilipendent, devraient venir se confronter aux iconoclastes, à charge pour ceux-ci de sortir du confort de l’entre-soi.

Voilà pour ce billet d’humeur du dimanche, si vous vous souhaitez en savoir plus sur la biodynamie allez sur le site www.coulée-de-serrant.com ou connectez-vous à http://www.bio-dynamie.org . Merci à Margot et à Bruno pour leur aimable invitation et désolé pour ceux de leurs membres que j’ai insupporté avec mes questions de « fils de paysan de la Vendée profonde » qui, soit dit en passant, ont permis à Nicolas Joly de donner le meilleur de lui-même car dans un débat, la contreverse est seul porteuse d’avancées qui bâtissent l’avenir... Après le choc des mots nous avons bien sûr dégusté dans la plus grande convivialité...

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 00:08

André Malraux, notre premier Ministre de la Culture, nous a légué les maisons de la culture qui, depuis 1991, sont aussi dénommées Centre d’animation Culturelle... Majuscule ou minuscule je n’ironiserai pas trop sur cet enfermement de la culture en des maisons ou des Centres, ce serait de ma part céder à la facilité même si les maisons semblaient plutôt dédiées aux chevelus alors que les Centres penchaient fortement du côté des dames permanentées. Toutefois, en parodiant la célèbre boutade de Paul Claudel à propos de la Tolérance, pour bien souligner le côté réducteur de ces lieux je m’exclamerais : « La culture ? Il y a des maisons pour ça ! »

 

Afin d’étayer mes réticences face à une conception étroite d’un Centre Culturel du Vin, à Paris ou ailleurs, et surtout montrer que je ne suis pas hostile aux lieux culturels de quelque nature qu’ils fussent, je mettrai en avant l’immense succès, qui ne se dément pas, du Centre Georges Pompidou. Pourtant Dieu sait cette « raffinerie bigarrée » en plein cœur de Paris, sur le plateau Beaubourg, a fait s’étrangler les bien-pensants de la Culture ! Le trait de génie de ses concepteurs c’est d’en avoir fait, par la magie d’un geste architectural pas si gratuit que ses détracteurs l’affirmaient, un réel lieu de vie culturelle, multiforme, ouvert, grouillant, chamarré mêlant des populations d’origine diverses.

 

Puisque j’en suis à la parodie je reprendrai à mon compte le jugement sans appel de mon voisin vendéen Georges Clémenceau « La culture du vin est une chose trop sérieuse pour être laissée aux gens du vin... » Que nous aimons notre entre soi de gens du même monde ! Dieu que beaucoup de nos festivités sont d’un triste à faire fuir même les bonnets de nuit ! J’exagère bien sûr mais, avec le bénéfice de mon âge, sans faire du jeunisme, j’affirme tranquillement « de grâce n’imposons pas notre vision un peu surannée aux générations futures... » Avant de décréter qu’il faut un Centre Culturel du Vin à Paris posons-nous la question de savoir si ça correspond à un besoin, à une attente et, si nous souhaitons créer une demande, sortons des sentiers battus. Innovons ! Ma proposition, sans doute jugée farfelue par le monde très sérieux du vin, d’une City Winerie dans l’ex-Trou des Halles, relevait d’une forme de provocation pour bien montrer, qu’au-delà des outrances de nos amis New-Yorkais, l’intérêt d’un tel lieu serait qu’il mêlât, outre vin et gastronomie ce qui est dans l’ordre des choses, mais surtout qu’il y greffât aussi la musique.

 

Pour autant il ne s’agit pas de s’agenouiller devant les modes et les tendances des nouvelles générations mais de leur faire une place pour qu’ils aient envie de pousser la porte de ce type d’institution sans être déjà des convaincus. Ce lieu, si tant est qu’il puisse voir le jour, doit se projeter dans le futur, ne pas se contenter d’être une forme de conservatoire de la culture du vin. Bien évidemment, comme à Beaubourg, le projet pourrait accueillir une grande bibliothèque publique, un lieu d’exposition permanente, des ateliers de dégustation, des masters class, des expositions temporaires. Je rappelle  la très belle exposition au Centre National d'Art et de Culture Georges Pompidou sur le thème «Châteaux Bordeaux» qui se déroula du 16 novembre 1988 au 20 février 1989. (Voir chroniques http://www.berthomeau.com/article-34694357.html et http://www.berthomeau.com/article-34694464.html ) La liste des possibles est ouverte, tout est possible sauf qu’il ne reste plus qu’à trouver les sous pour financer le projet et que ça c’est une autre histoire bien française qui risque de s’enliser dans les sables des féodalités vinicoles de notre vieux pays.

 

Allez, cher François, toi qui adore lever des montagnes, attaque-toi à ce sommet, par la face Nord ou la face Sud, et je serai à tes côtés avec mon enthousiasme que le temps n’arrive pas à éroder. Pour terminer de la musique : pour François La Callas et pour d'autres le déjanté Tom Waits et la délicieuse Scarlett Johansson...

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 00:09

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Cette année je m’émancipe. Je joue solo, ou presque. Petite auto louée avec difficulté à l’aéroport de Bordeaux – mon secrétariat, c’est-à-dire moi-même, faisant tout au dernier moment, les loueurs ne me proposaient que des camionnettes – adjonction d’un GPS et me voilà engagé dans ma campagne « primeurs ». Mon temps étant compté j’ai décidé de ne pas me coltiner, comme l’année passée, tous les podiums proposés par l’Union des Grands Crus Classés : Smith Haut Lafitte (pour les Graves et Pessac-Léognan), Beau Séjour Bécot (pour les Saint Emilion), Gazin (Pomerol), Cantemerle (Médoc, Haut-Médoc, Moulis, Listrac), Desmirail (Margaux), Batailley (Pauillac, Saint-Julien, Saint-Estèphe), Dauzac (Sauternes, Barsac). Donc programme à la carte sous un ciel plombé qui balançait des seaux d’eau à tout propos.

Même si je ne suis pas un adepte du golf, même si les aventures de ce pauvre Tiger Wood contraint par la bien-pensance étasunienne à subir une cure de désintoxication de son addiction au sexe – belle piste pour nos « amis » de l’ANPAA toujours à la recherche de galette pour arrondir leur fonds de commerce – m’ont passionné, j’estime que la notion de handicap s’applique assez bien à mes parcours dégustatif. En effet, le Scratch Score Standard permet d’évaluer la difficulté d’un parcours : en clair pour un joueur possédant zéro de handicap si le SSS est inférieur au par, le parcours est considéré comme facile et, si le SSS est supérieur au par, le parcours est répété difficile. Si vous n’avez rien compris tant pis ma comparaison n’ayant d’autre objectif que d’illustrer ma position de dégustateur systématiquement sous le par.

Comparaison n’étant pas très souvent raison je ne remettrai pas sur le feu mon projet d’évaluer les « dégustateurs » qui a déjà fait un flop en 2006 avec une chronique « Agence de notation »  http://www.berthomeau.com/article-4052466.html, flop amplifié par la crise financière qui a largement discrédité ce type d’institutions. Pour revenir à moi-même, ce qui en soi est un vaste programme, face aux podiums des GCC je suis bien démuni. En effet, beaucoup de mes éminents collègues dégustateurs patentés, dont l’ami Michel Smith qui qualifiait récemment, dans une chronique au vitriol, l’exercice de comédie http://www.les5duvin.com/article-la-comedie-des-primeurs-47330780.html, estiment que ce type de dégustation n’a pas lieu d’être car elle repose sur un produit en devenir. Vous vous doutez bien, eu égard à ma situation très nettement au-dessous du par, que je ne vais pas m’immiscer dans la contreverse. Cependant, les plus futés ou les plus perfides m’objecteront que, si je me rends en grandes pompes aux primeurs c’est que j’estime l’opération digne d’intérêt.

La réponse est, absolument oui ! Je m’en explique en vous posant une question : « à quoi servent les défilés de mode des grands couturiers à Paris ? » La réponse est d’une simplicité époustouflante : « à vendre des griffes ! » Qui pourrait, en effet, croire que toutes ces jeunes filles anémiques, avec leur démarche en double 8, leur hyper-sophistication, déambulent sur les podiums pour seulement présenter des vêtements improbables ? Personne, je l’espère ! Le but est de créer un évènement pour le buzz. Les « baveux » de stricte obédience s’assemblent au long des podiums en grappes, minaudent, cancanent, pérorent pendant que les télévisions absorbent comme des éponges leurs commentaires éculés pour soutenir leurs images convenues. C’est génial ! Le retour sur investissement, en dépit du coût des squelettes ambulants, est maximal. Alimenter la noria médiatique tel est le but de ce cérémoniel sans grande originalité. Pour pimenter l’opération, bien évidemment, quelques pincées de pur people aux premières loges donnent une touche supplémentaire (j’ai adoré la promotion du Raphael Einthoven cette année). C’est du commerce. C’est du buiseness. Je comprends parfaitement que les puristes se drapent dans leur dignité d’esthète outragé, mais, sauf à entrer dans les ordres et de se vêtir essentiellement d’une robe de bure et de sandales de moines, je n’ai pas de produit de substitution.

Donc, pour moi l’opération primeurs à Bordeaux est le support obligé de l’entretien et de la promotion de la griffe GCC, de sa notoriété. Le rituel et le cérémoniel des dégustations ne sont là que pour servir de trame et je trouve ça très bien ainsi. Comme disait ma mémé Marie « on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre... » alors pourquoi diable, dans un monde où les amateurs poussent, dans des pays en plein boum économique, comme des champignons, se priver à Bordeaux de l’attrait des grands châteaux de Bordeaux ? Que ce soit de la frime, du snobisme, du je ne sais quoi, peu me chaut ! L’important dans l’affaire des primeurs c’est que les acheteurs de vin du monde entier fassent le déplacement. Sincèrement cher Michel ça n’enlève aucun client aux vaillants et méritants vignerons du Languedoc. Dans le grand opéra du vin français, qui a aussi des allures d’opéra-bouffe, la construction de la notoriété des uns ne passe pas par la minoration de la notoriété des autres. Notre intérêt bien compris, celui des vignerons en priorité, c’est que chacun de nos vignobles se forge, avec les moyens qui lui semblent les plus adaptés, ses codes et sa manière. Que nos amis bordelais insupportent certains d’entre vous je suis le premier à le reconnaître mais, pour autant, leur capacité d’attraction est un atout pour la France du vin.

Bref, mon périple au bord des podiums des primeurs s’est déroulé en 3 actes :

1-      la dégustation Médoc au château Batailley en compagnie d’une vraie dégustatrice : Anne-Laurence, puis déjeuner dans les chais de Batailley en compagnie de l’œnologue Eric Boissenot ;

2-     une dégustation « en ligne » de l’échantillonnage le plus complet des GCC primeurs dans un lieu tenu secret, puis cap sur l’extrême pointe du Médoc pour un dîner amical ;

3-     le lendemain 3 rendez-vous : à Mouton avec Philippe Dhalluin,  à Cos avec Jean-Guillaume Prats, à Palmer avec Thomas Duroux, ensuite quartier libre pour le « dégustateur imposteur en costume Victoire ».

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Le contenu de mes notes attendu avec angoisse par la place de Bordeaux vous sera révélé ultérieurement, sans doute en même temps que la réalité de mon beau costume Victoire. Pour l’heure quelques notes d’ambiance de la plus haute importance :

-         à Batailley j’ai discuté avec Philippe Casteja et le DG de la Caisse de Crédit Agricole d’Aquitaine Guy Château de mon projet de Fonds d’Investissement Vin. Je suis incorrigible !

-         pour faire sourire Michel, comme j’adore les comédies avec les portes qui claquent, les maris trompés qui sortent par la fenêtre, les amants dans le placard à balais et la petite bonne qui a un chemisier échancré... je propose la scène suivante : le monsieur rentre chez lui fourbu d’une longue journée de dégustation primeurs et madame, soupçonneuse et jalouse, lui demande à brûle pourpoint : « montre-moi tes mains ! » puis « ouvre la bouche ! » et devant le côté immaculé des divers instruments dégustatifs de son époux légitime lui déclare « dans tes commentaires évite de parler de bouche tendue ça ferait jaser toute la place de Bordeaux ! »

-         les 24 GCC Médoc de Batailley étaient presque tous de très belle tenue, parole d’expert !

-         le déjeuner assis à Batailley était simple et de bon goût. Bravo ! Nous avons conversé  

-         au dîner l’omelette aux cèpes était succulente et j’ai passé avec bonheur le petit test des 2 vins carafés celui du propriétaire et un GCC, y'avait pas photo même pour un Ostrogoth de mon espèce ce qui aurait, sans aucun doute, ravi François le Débonnaire.

-         le lendemain je me suis perdu dans Pauillac mais ensuite, une fois sauvé des eaux, j'ai pu converser avec Philippe Dhalluin, l'homme des châteaux  de la grande maison Philippe de Rochschild, c'est ainsi que je fais ma petite pelote de chroniqueur. Merci pour l'accueil.

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-         J’ai croisé Caroline Notin à Mouton, heureusement qu’il y en a des qui travaillent eux... Goûté le Petit Mouton et le seigneur du lieu (j'avais goûté à Batailley Clerc Millon et d'Armailhac) oserais-je écrire sur le sujet ? Mystère, je réfléchis. Et si je devenais par la grâce de mon inconscience le Bob Parker made in France ? 

Tom-7325.JPG -         la discussion off avec Jean-Guillaume sur un de mes sujets favoris « la politique » me conforte dans l’idée que ma zone d’excellence se situe plutôt dans ce registre que du côté des GCC. Goûté les Pagodes de Cos et le Cos bien sûr. Voir les réflexions ci-dessus : mon imagination n'a jamais eu de limite est-ce que mon impudence les franchira ? 

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-         ai croisé un lecteur lors de mon passage à Palmer, Thomas Duroux me semble représenter une génération qui saura ouvrir de nouvelles fenêtres pour le vin. Ai goûté Alter Ego puis le Palmer. J'ai beaucoup aimé l'approche de Thomas Duroux sur la conception de son second vin et nous sommes convenus de nous revoir. Peut-être que je vais franchir le pas 

-         à la Winery d’Arsac,  rien que pour me faire pardonner auprès de Michel d’avoir joué la comédie des primeurs j’ai sifflé un verre de Bergeron de Savoie 2004 cuvée tradition de JP et JF Quénard de Chignin mais maman a du me faire les gros yeux d’en haut puisque je me suis tapé un steak frites alors que nous étions le vendredi saint...

- la suite de mon périple fait parti de mes petits secrets d'arpenteur de terroir en semelles de crêpe. 

-         au retour l’avion d’AF était plein et il pleuvait dru sur Paris...

à bientôt sur mes lignes... et si vous voulez lire des commentaires intelligents sur les Primeurs 2009, en attendant les miens qui eux seront ni fait, ni à faire, je vous conseille de lire sur Rouge, Blanc, Bulles : « Rencontre avec les 2009 » d’Anne-Laurence http://rougeblancbulles.blogspot.com  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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