www.berthomeau.com

    Vin&Cie,

             l'espace de liberté

berthomeau1.jpg

Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

Pour recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la newsletter, colonne de droite, c'est gratuit. 

Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires.

Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme à ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.   

 

 

 

 

 




 

Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 00:07

Le quartier St Jean dans le vieux Lyon, la rue du Bœuf, même si c’est un taureau bien couillu qui est statufié à l’angle de la place Neuve Saint Jean, très représentative de la belle architecture Renaissance du quartier. J’arrive depuis l’hideuse gare Perrache, le jour baisse et avec mon petit GPS je chemine vers le Café-épicerie entre de somptueuses demeures du XVIe et du XVIIe. Dîner, non pas dans un bouchon, la cuisine lyonnaise pèse un peu sur l’estomac pour la nuit, mais dans un restaurant loin des « pièges à touristes ».

180px-Rue_du_boeuf-2C_Lyon.jpg

Mon choix :

 - une Boîte de Sardines “Ramon Peña” avec du très bon pain et du beurre d’Isigny de la Mère Richard : un délice !

- une Andouillette Bobosse à la ficelle grillée accompagnée d’une purée maison, légère, goûteuse, présentée en tranches ce qui facilite le maniement de l’andouillette qui d’ordinaire part dans tous les sens.

- un pot de crème pistache, ganache chocolat. J’adore l’alliance pistache/chocolat.

- le tout arrosé d’une bouteille de coteaux du Lyonnais Le Bouc et la Treille, 2006 Cuvée de Garde élevé à l’ancienne par Stéphane Vier. Du gamay comme je l’aime, fruité, enchanteur, léger, une belle bouche, finale en forme de revenez-y vite. Tout pour plaire ! Prix canon du restaurateur : 39 € (le prix départ affiché au GAEC le Bouc et la Treille tourne autor de 5€) ça douille du côté marge : proprement scandaleux ! Le vin le moins cher en rouge était un Côtes du Lubéron, Domaine de Marie, 2005 26€. Ce n’est pas avec de tels prix assommoirs que nos chers restaurateurs développeront les ventes de vins dans leurs établissements.

Coteaux_Lyonnais_Rouge_2006.JPG

Laure Gasparotto dans le Point écrivait en 2008 « Un seul négociant installé sur l’appellation coteaux-du-lyonnais, et une cave coopérative sui produit à elle seule la moitié des volumes, grâce aux apports d’une centaine de vignerons (qui ont d’autres activités). Voilà qui traduit une culture locale restreinte où règne l’hégémonie des genres. Peu de concurrence entre les uns et les autres, donc, qui trouvent comme marché essentiel les citadins de Lyon venus remplir leur coffre de leur voiture pendant le week-end. Ici, c’est une tradition que les cavistes ne discutent même pas. Une trentaine de domaines indépendants règnent encore sur les collines ouest de la ville, de Saint-Jean-des-Vignes et Chasselay, au nord, à Saint-Romain-en-Giers, au sud. La plus grosse des caves particulières, le domaine du Clos Saint-Marc commercialise toute sa production en direct et tourne essentiellement avec 4000 clients lyonnais. « C’est notre locomotive à tous, explique Stéphane Vier, du domaine le Bouc et la Treille, car ce domaine met tout son vin en bouteilles et les quatre associés font preuve de dynamisme. » En attendant, quand un vigneron de l’appellation part à la retraite, c’est comme une bibliothèque qui meurt : personne ne reprend le flambeau. La pression foncière est telle que les vignes sont arrachées. Alors, que reste-t-il de ce vignoble historique planté par les Romains ? Des bons vins de copains, comme on dit communément, à un prix moyen de 3,80 euros pour les cuvées classiques et à 5 euros pour les cuvées plus travaillées. Essentiellement rouges, issus de gamay, ces vins sont à mettre à côté des produits régionaux, comme l’andouillette et le saucisson ».

Ce texte est représentatif de la littérature journalistique sur le vin. J’aimerais qu’on me donne la clé de cette phrase « Voilà qui traduit une culture locale restreinte où règne l’hégémonie des genres ». De plus, en quoi les cavistes auraient à discuter la vente directe à la propriété ? L’économie de proximité ça existe. Enfin, une phrase du type « quand un vigneron de l’appellation part à la retraite, c’est comme une bibliothèque qui meurt : personne ne reprend le flambeau. » me laisse rêveur, comme si la vigne et le vin dans ce pays vivaient dans une sorte de bulle hors de l’économie réelle. Contre la pression foncière urbaine le meilleur antidote pour préserver le sol vigneron c’est la demande des consommateurs. Si l’AOC a le vent en poupe, se développe, les arbitrages se feront et les élus devront en tenir compte avant de miter les territoires. L’exemple du voisin Beaujolais est là pour le démontre : personne n’attend personne dans notre vaste monde mondialisé.

 

Enfin, pour les poulains du Président Aulas, ils ne leur reste plus qu’à méditer sur le célèbre aphorisme attribué au footballeur anglais Gary Lineker après la défaite de l’équipe d’Angleterre contre celle d’Allemagne en 1990 : « Le football est un sport inventé par les Anglais qui se joue à onze contre onze, durant 90 minutes et à la fin ce sont toujours les Allemands qui gagnent ... » Rendez-vous à Santiago Bernabeu pour la finale avec les Italiens de L'Inter...

 

Pour le vin c’est le G.A.E.C. LE BOUC ET LA TREILLE

A.O.C. Coteaux du Lyonnais - Rouge et blanc.
Bouteilles - Bag in Box 5l et 10l.
Stéphane VIER - Yves AUBRY.
Adresse : 82 chemin de la Tour Rissler
Horaires d'ouverture vente au public : jeudi et vendredi de 17h à 19h - samedi de 10h à 12h30
Tel : 04 72 26 07 53 ou 06 60 21 59 22

leboucetlatreille@sfr.fr

La cuvée 2006 est épuisée à Poleymieux, le millésime disponible pour cette cuvée est 2008, médaillé de bronze à Macon en 2009.(Prix depart cave 31€ le carton de 6 bouteilles).

FICHE TECHNIQUE 

 

COTEAUX DU LYONNAIS  ROUGE CUVEE DE GARDE 2008 
 
 

VITICULTURE 

Nature du sol : 50% gneissique et 50% argilo-calcaire sur Bajocien en majorité.

Cépages : Gamay Noir à jus blanc.

Age des vignes : 20 ans

Vignes en coteaux, exposées Est , Sud est.

Altitude : 300m

Travail des sols : enherbement naturel avec deux tontes annuelles.

Epamprage et ébourgeonnage manuels

Rendements : 45 hl / ha 
 

VENDANGE, VINIFICATION : 

Vendanges manuelles : 1ere cuve le 30/09/08 et 2e cuve le 1 et 2/10/08 Temps sec et frais (5°c-16°c)

Très bon état sanitaire. Température de la vendange à l’encuvage : 15°C.

Vendange  non égrappé  (1ere cuve) et égrappée (2e cuve)  .

Levures : sélectionnées

Cuvaison : 10 jours(1ere cuve) et 13 jours (2e cuve).

Fermentation malo-lactique : 100%

Pas de collage. 
 

ELEVAGE : 

5 mois en cuve et en fut de chêne(10%), 7 mois en bouteille. 
 

ENBOUTEILLAGE : 

le 23/03/09- 4690 bouteilles. Filtration classique (terre + plaque)

Disponibilité actuelle : 3500 bouteilles 
 

CONCOURS ET/OU PRESSE : 

Médaille de bronze MACON 2009  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 01:40

Les notes de Robert Parker ne sont pas de vraies notes mais ce sont des plages alors pour vous proposer un autre regard j’ai décidé, comme à la plage, de faire des châteaux de sable. Si vous vous donnez la peine de consulter les listes qui suivent ma présentation vous pourrez, surtout pour les tas de sable importants, tirer des enseignements intéressants. Sans doute, comme pour les châteaux de sable, certains penseront que mon exercice est vain. Pas si sûr : allez donc voir par exemple la plage 90-92... C'est très instructif et la superficie des aires de Robert Parker sont révélatrices...

 

Ci-dessous la note puis le nombre de châteaux ayant obtenus cette note

98-100 ........... 11

97-100 .... 3

96-100 ....... 8

95-100 . 1

97-99 . 1

96-99 . 1

96-98 .......... 10

95-98 ....... 8

94-98 ... 3

95-97 ........ 8

94-97 ... 3

94-96 .............. 14

93-96 ... 3

93-95 ............... 15

92-95 ...... 6

92-94 ........................... 27

91-94 ...... 6

91-93 ......................................... 41

90-93 .................... 20

90-92 ........................................................ 56

89-92 ....... 7

89-91 .................................. 30

88-91 ....... 7

89-90 . 1

88-90 ........................................................... 57

87-90 ......... 9

88-89 ........... 11

87-89 ....................................... 39

87-88 ........................................ 40

87 . 1

86-88 ............. 13

86-87 .... 4

85-87 ........... 11

85-86 . 1

84-86 ...... 6

82-85 . 1

81-83 . 1

 

Liste des Châteaux par plage de notation

 

98/100 ........... 11

Cheval Blanc, Clos l’Eglise, Cos d’Estournel*, Doisy Daene L’Extravagant, Haut Brion, Lafite-Rothschild, Latour, Margaux, La Mission Haut Brion, L’Eglise Clinet, Hosanna*

 

97/100 .... 3

Clinet*, Pontet-Canet, Trotanoy*

 

96/100 ....... 8

Angélus, Léoville-Las-Cases, Léoville-Poyferre*, Montrose*, Petrus, Clos l’Eglise*, L’Evangile*, Pavie.

 

95/100 . 1

Bellevue Mondotte

 

97/99 . 1

 De Suiduraut

 

96/99 . 1

 Vieux Château Certan*

 

96/98 .......... 10

Beauséjour (Duffau-Lagarosse), Branon+, Coutet, Doisy-Daene, Ducru Beaucaillou+, La Fleur Pétrus+*, Gracia, Haut Bailly+*, Mouton-Rothschild+, Smith-Haut-Lafitte+*

 

95/98 ....... 8

Clos Fourtet, La Conseillante, La Fleur de Bouard Le Plus, La Mondotte, Le Pin, Valandraud, La Mondotte+, Pichon-Longueville Comtesse de Lalande

 

95/97 ........ 8

 Ausone, Les Asteries *, Ausone +, Le Dome*, Château de Fargues, Malescot-St Exupéry, Rieussec, Sigalas Rabaud

 

94/98 ... 3

Domaine Saint-Pierre*, Climens, La Fleur de Bouard Le Plus

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

94/97 ... 3

 Lafleur, Pape Clement+, Troplong-Mondot

 

à suivre en Wine New N°71 (c'est en haut à droite du blog) allez-y pour consulter la fameuse plage 90-92... vous y trouverez même un Mammuth

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 00:08

Même dans ma thurne parisienne, à peine ai-je tracé le titre de cette chronique que déjà je m’imagine sur les pentes raides du Monte Sant’ Angelo alors que « les feuilles tendres du vermentinu et du biancu gentile verdissent sous l’œil des chèvres sauvages et le vol d’un couple de rapaces qui tournoient dans le ciel. »

« Tout insulaire est une île, et le propre des îles, est d’être toutes différentes. Si Antoine Arena ressemble pourtant à celle qui l’a vu naître, c’est que la Corse, en dépit des apparences, est moins une île qu’un archipel, un amas d’îlots que les reliefs et ses montagnes réunissent et isolent – l’hiver surtout. À l’intérieur de ces petits mondes clos composant cette mosaïque, tout est différent, plus ou moins : la végétation, les usages et jusqu’à la langue qui semble venir d’une île plus lointaine... »

Tom-7424.JPG

J’aime beaucoup cette idée d’archipel, d’un chapelet d’îles essaimé pour lequel, Antoine Arena le sait, j’ai en des moments difficiles et dangereux consacré avec passion une part d’un temps qui aurait pu se contenter de n’être que parisien. J’aime cette mosaïque et comme le dit Antoine « les plus beaux terroirs sont souvent périlleux. On prend des risques pour les conquérir, et ensuite, pour les travailler. L’important est de faire évoluer les traditions, les façons de faire des anciens. On ne peut pas les reprendre telles quelles, mais il s’agit de les refonder. J’ai un grand respect pour ce que faisaient les vieux, mais nous devons nous sentir capables d’aller plus loin, de prolonger ce qu’ils ont fait. Il paraît que c’est ça, le progrès. Des vignes de mon grand-père, nous n’en avons gardé qu’une seule. Une des parcelles d’en bas, près de la route. Ils étaient moins fous que nous, dans le temps. Ils cherchaient moins la difficulté. Elle venait toute seule. Ils n’avaient pas les moyens que nous avons. »

Oui la difficulté venait à eux ! Grande sagesse à méditer par les adorateurs d’un passé repeint aux douces couleurs de notre temps si opulent mais si insoucieux de la collectivité et si tourné vers le charme de son pour soi. Comme l’écrit si bien Georges Bardawil, « Antoine Arena est tout d’un bloc. On le dirait taillé dans le calcaire duquel, il y a deux ans à peine, il arrachait à la barre à mine et à l’excavatrice de quoi agrandir Carco, la parcelle de trois hectares plantés sept ans plus tôt. Ce n’était rien qu’un hectare dont lui et ses deux fils, Jean-Baptiste et Antoine-Marie, peuvent être fiers. » Les voisin du village, les prenaient pour trois fous. Moi j’aime les fous ! Mais souvent les fous sont les seuls sages de la bande humaine, sans doute parce qu’ils défrisent les idées reçues on ne les prend pas au sérieux.

Quand Antoine dit « Les crises, c’est comme le vent, ça fait partie du paysage, et ça peut même parfois avoir du bon. L’homme est comme la vigne que le vent qui souffle oblige à s’enraciner dans son terroir ou ses certitudes. Je pense encore qu’une crise peut en cacher une autre, et même plusieurs. Il ne faut pas tout confondre, comme on nous pousse à le faire. » Des propos qui me vont droit au cœur et quand Antoine ajoute « Jusqu’à une époque récente, nous dormions sur nos deux oreilles. On se croyait non seulement les meilleurs, mais à peu près seuls au monde à savoir faire du vin. Et nous étions d’autant meilleurs que nous étions les seuls. On ignorait qu’il y avait des vins qui se faisaient ailleurs dans le monde (...) Et puis, patatras ! Ils sont bel et bien là. Et ils nous font concurrence. » je me dis qu’avec René Renou, chacun dans notre registre, nous étions certes des fous mais nous avions raison de bousculer l’establishment frileux.

Voilà, à ma manière, en utilisant le superbe matériau de Georges Bardawil, un hommage rendu à Antoine Arena. Mais si j’ai pris cette liberté avec la trame du portrait que trace, avec talent et passion, Georges Bardawil du vigneron de Patrimonio, c’est pour mieux vous donner envie de courir acheter* son bel ouvrage « Une promesse de vin : des terroirs et des hommes » chez Minerva. Ce livre bien plus qu’une simple galerie de portraits c’est l’œuvre d’un grand sourcier patient, attentif, sensible, d’un inventeur de trésors au sens de notre code civil, d’un découvreur de ceux que j’appelais dans ma jeunesse les héros du quotidien. Dieu que son éditeur est réducteur lorsqu’il présente son ouvrage comme une enquête, Georges Bardawil, arpenteur de terroir est à 100 lieux du gris sur gris des sociologues, à des années lumière des poseurs de questions ouvertes ou fermées, lui, à la manière des maîtres de la géographie humaine, il va vers les hommes et les femmes de la vigne, se pose, les écoute, prend le temps, c’est tout juste si le balancier de la comtoise ne rythme pas ce temps qu’il laisse à ses interlocuteurs pour qu’ils se confient, se laissent aller à nous dire ce que la vigne et le vin a fait de leur vie.

 

Avant de quitter la Corse et Antoine Arena je voudrais lui dire à propos du brocciu avec lequel Marie Arena a fait le fiadone ( l’ouvrage de Georges Bardawil offre des recettes du cru en fin de chaque portrait, si je puis m’exprimer ainsi) comme  Émile Bergerat dans son livre Souvenirs d’un enfant de Paris 1887 : « Qui n’en a pas goûté ne connaît pas l’île » et ainsi de m’attribuer, pour ma capacité à le manier pour préparer l’Organetti di a Marina, un simple certificat d’étude primaire d’intermittent de la  l’occurrence une Cuvée Lissandra 2008 Patrimonio blanc chez Lavinia 30,50 € /la bouteille et 27,45 € / par 6 (commentaire : Le Vermentino, le grand cépage des blancs corses, donne ici – sur terroir calcaire – un vin magnifique de fraîcheur, d’élégance florale et de finesse minérale) se marierait bien avec mon Organetti di a Marina

40059 g

* l’ouvrage de Georges Bardawil n’est disponible que sur demande soit chez les producteurs et chez l’auteur. Je peux servir d’intermédiaire bénévole pour les amateurs.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 00:10

Cette chronique je l’avais baptisée : « Désolé je ne suis ni France Bleu Gard Lozère, ni un support papier glacé pour les annonceurs de vin » mais je me suis ravisé et j’ai positivé. Explications de mon retournement.

 

Dès que l’on se retrouve en vue dans un espace public, que l’on est supposé détenir du pouvoir, de l’influence, les solliciteurs vous tombent dessus. Au temps des ors de la République j’ai pu constater l’étendue du phénomène et je pourrais dresser un florilège de l’inventivité du français pour décrocher un passe-droit, une médaille ou je ne sais quelle prébende pour lui-même, sa tribu ou l’un de ses administrés. Sport national qui ne dispense pas les mêmes quémandeurs de pousser des cris d’orfraies sur les comportements, parfois forts répréhensibles, de leurs élus. Mes prises de bec avec l’un de mes Ministres sur sa prodigalité dans l’attribution des droits de plantation en faveur du Chablis m’ont permis de bénéficier d’une solide rancune de la part du principal récipiendaire bien connu des chablisiens. Cependant, dans la sphère privée, la sollicitation existe aussi, elle peut être soit une simple invite amicale, soit parfois une tentation susceptible de vous entraîner sur les sentes du plaisir tarifé par exemple. Reste, le cas le plus fréquent de nos jours, une demande insistante, pressante, insidieuse, voire même assortie d’une forme de culpabilisation. La publicité, la mendicité, les offres de crédit révolving, le vote par sms, j’en passe et des meilleures.

 

Des sollicitations j’en ai connu beaucoup lors de la séquence rapport B, en effet la France est friande de colloques, de tables rondes ou autres séminaires et, sans illusion, j’y servais de produit d’appel. Et puis l’effet s’est tassé et depuis mon petit placard je me suis lancé dans une petite entreprise solitaire, sans grand avenir me disait-on vu que c’était un truc d’ados boutonneux, cet espace de liberté sur lequel je m’exprime encore ce matin. Une poignée de lecteurs, puis petit à petit une pelote assez grosse, puis la sphère médiatique s’est emparée de l’essor des blogs, de leur floraison, de leur prolifération et maintenant me voilà, en compagnie de quelques autres, promu au rang de faiseur d’opinion dans la toute petite bulle des gens du vin. J’aurais de l’influence ! Moi je veux bien mais il ne faudrait pas que la grenouille se crût aussi grosse que le bœuf. Restons à notre place de petits chroniqueurs de l’éphémère et surtout ne versons pas dans les travers qui transforment beaucoup de médias en simple caisse de résonnance d’une information prémâchée ou de passeurs de plats pour le compte des annonceurs.

 

Chacun fait ce que bon lui semble et je ne m’érige pas en parangon de vertu. J’accepte des invitations à déjeuner ou dîner même à petit-déjeuner, je suis preneur d’informations en tout genre, les écrivains du vin ou les écrivains tout court peuvent m’envoyer leurs opus pour que je les lise, pour que j’en parle, les organisateurs de dégustation aussi diverses que peu variées peuvent solliciter la présence incontournable du « long nez et gorge profonde » non patenté que je suis, j’accorde sans aucun problème mon haut-patronage de Secrétaire-Perpétuel autoproclamé de l’ABV aux associations de boulistes ou de tireurs à l’arc qui le souhaiteraient, je suis aussi en mesure d’écrire des discours pour présidents de foires expositions ou de comices agricoles mais je ne chante pas en fin de banquet, pour les hommes et femmes politiques ayant déjà beaucoup donné je ne fais plus le nègre, je peux aussi comme vous l’avez lu ici récemment marier des vins pour des copains ou collègues, comme je suis aussi bon débateur – ne vous inquiétez pas de mes chevilles – je me précipite comme un mort de faim sur le moindre micro qui m’est tendu et je suis prêt à toutes les vilenies pour passer à la télé, j’adore danser, j’aime beaucoup animer le genre tombolas ou lotos de clubs du 3ième âge, je cuisine bien donc je peux faire des extras à la rigueur, je fais mes courses même chez les grands distributeurs qui ne bossent que pour les pauvres dont seul Hervé Bizeul se préoccupe donc au besoin je peux vous rapporter quelques produits indispensables au quotidien : du gel coiffant façon mouillé pour la crête de coq du fils et les cotons de démaquillage pour la fille, donc comme je sais à peu près tout faire vous pouvez tout me demander, sauf des rapports, même de vous accompagner chez votre belle-mère pour assurer la conversation mais de grâce ne me pompez pas l’air avec des trucs du genre : annonce de festivals de ceci ou de cela tous aussi passionnants ou prometteurs les uns que les autres. Quand à ceux qui veulent me faire pisser de la copie au mètre qu’ils s’adressent aux spécialistes du genre y’en a plein sur la Toile. Comme je suis un bon petit camarade je ne donne pas de noms.

 

Je ne suis ni France Bleu Lozère ni un support papier glacé du vin. Si vous souhaitez que je parlasse de vous, de vos œuvres et de tout et tout, séduisez-moi, faites-moi rêver ou rigoler mais s’il vous plaît ne m’envoyez pas des communiqués à reproduire en copié-collé que je vais retrouver 9 fois sur 10 chez mes « concurrents » en version courte ou intégrale. Faites frétiller vos neurones, secouez-vous les méninges, agitez votre boîte à malices, jouez-moi de la mandoline sous mon balcon, faites péter les bouchons, trouvez la faille dans ma belle cuirasse, solliciteurs et solliciteuses. Les mauvaises langues diront que je suis achetable mais qu’il faut y mettre le prix. Essayez, vous verrez bien !

 

Bref,  tout ça pour vous dire que j’ai beaucoup aimé le courrier de Mr Miro ci-dessous et qu’en revanche le bout de message de madame Florence Barthélémy qui suit, pourtant lesté d’un abondant dossier de presse, de l'affiche et du programme de l’évènement, m’a fait penser : « ici ça n’est pas écrit la Poste » et provoqué cette éruption matinale. Désolé madame Barthélémy je ne suis pas France Bleu Gard Lozère et même s’il vous semble que je fusse un amateur de vin et de littérature, alors que vous vous me semblez être une institutrice à la retraite qui menait son petit monde à la baguette, c’est avec un soupçon de regret que je fais un tout petit peu de publicité pour votre dictée toute vigneronne qu’elle fût. Quand au dernier solliciteur c’est le type même de l’attrape-couillon.

 

1- Sollicitation sympathique

 

Cher  Monsieur,

 

Je  découvre   avec   un  certain   plaisir que  la  passion  pour   le   vin  est  en   vous, et  j'en  suis  le   premier  heureux  tellement  vous  en  parlez avec respect ! Je suis moi-même un vigneron à la retraite et j’apprécie que l’on aime cette profession.

Il se trouve que dans cette retraite, je me suis retrouvé à la présidence du comité des fêtes de mon village ! Forcément mon idée a été d’organiser une foire aux vins qui fut un succès. Cette année encore nous renouvelons cette manifestation avec cette fois 8 appellations du Languedoc et j’aimerais y ajouter un vin d’Ariège, mais ces derniers se font tirer le nez : tout ceci pour vous dire combien il me serait agréable de vous compter parmi nous, et je vous ne le cache pas, avec le secret espoir d’obtenir de vous un petit mot sur notre foire qui se tiendra le 13 juin à GARANOU 09 le dimanche avant la fête des pères y serez-vous ?

J’étais vigneron dans l’appellation St Chinian et cette profession me manque alors j’organise une foire chaque année à même époque.

Cordialement Mr MIRO

 mapdata.gif

2- Sollicitation type France Bleu Gard Lozère

 

Bonjour,

 

Organisatrice du festival "La Plume et le Vin" qui aura lieu le samedi 8 mai 2010 à La Calmette dans le Gard, ce festival a pour vocation de réunir les amoureux de la littérature et du vin. Et dieu sait qu'ils sont nombreux. Tout amateur de vin... et de littérature que vous semblez être, pourriez-vous annoncer ce festival sur votre blog ? Je vous joins le dossier de presse, l'affiche et le programme de cet évènement Bien sincèrement,

Florence Barthélemy

 

3- Sollicitation attrape-couillon

 

Partenariat

S. Cismondo

Bonjour,

 

Je viens de visiter votre site, et je me permets de vous contacter pour vous faire une proposition.

 

Je possède une boutique en ligne, avec entre autres un certain nombre d'articles design destinés au vin et à la cuisine: sets à vin, tire-bouchons, seaux à glace, sacs isothermes spéciaux pour dégustation de vin, ustensiles originaux pour les huiles et les épices, planches à fromage, etc... Le mot clé ici est "design": ce sont des produits originaux de haute qualité, tous aux normes CE.

 

Je recherche des partenaires dans le but de m'aider à augmenter mes ventes. J'offre une commission de 8% par vente (plus un bonus pour mes partenaires les plus efficaces), et je précise tout de suite qu'il n'y a ni frais de dossiers, ni stock à acheter. Je vous fournirai tout le nécessaire gratuitement: un système de suivi de vos clics et de vos ventes, des bannières, ou encore des pages cibles destinées à accrocher vos clients (exemple: http://www.hasta-luego.net/sp_arts_table/index.php?affiliate=63 ). La conclusion de la vente, le service après vente, les éventuels retours ne vous concerneront en rien.

 

Proposer mes produits à vos visiteurs comporte deux avantages: tout d'abord, vous pourrez générer un petit revenu complémentaire sans trop d'efforts, et sans que cela vous coûte le moindre centime. Ensuite, vous intégrerez ainsi à votre site un complément tout à fait adapté.

 

Vous trouverez mes coordonnées complètes, ainsi que la possibilité de vérifier mon statut de professionnel, sur le formulaire de contact de mon site. Ceci dans le but de prouver que je suis quelqu'un de sérieux.

 

Cordialement,

 

S. Cismondo.

http://www.hasta-luego.net

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 00:09

Dans ma Vendée profonde il existait une catégorie de femmes, généralement mûres, dont l’essentiel de l’activité sociale, vu qu’à cette époque « les femmes ne travaillaient pas », consistait à arranger des mariages. Les marieuses donc, ne s’embarrassaient guère de la carte du tendre ou, comme de nos jours dans les magasines féminins, de conseils pour dénicher l’âme sœur ou pour goûter au plaisir extrême du coup de foudre. L’important pour elles étaient d’assurer, au mieux des intérêts des parents, la croissance externe des métairies : d’unir des jeunes gens qui avaient du bien. Je vais m’en tenir là pour ne pas tomber sous le coup d’une « inculpation » d’analyse psychanalytique à deux balles, pour un usage plus conforme à la norme vous pouvez vous reporter au dernier ouvrage du stakhanoviste à la triste figure, le philosophe taliban : Michel Onfray avec son dernier opus  Le Crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne.

Mon propos de ce matin est bien plus terre à terre : je souhaite reprendre le fond de commerce des marieuses pour le masculiniser et le moderniser : je vais m’installer comme auto-entrepreneur marieur de vins. Qu’est-ce donc que cette nouvelle engeance berthomesque ? Tout d’abord le résultat du triste constat que mon « immense talent » de conteur de vins ne séduit aucuns vendeurs de vin. Y préfèrent soit les tartines copié-collée des gars et des filles sorties des z’écoles de commerce genre BEM, soit l’éloge des schistes ou des micaschistes du triasique profond car, comme tout consommateur le sait, le Trias est une subdivision de l’ère Mésozoïque comprise entre -251 ± 0,4 et -199,6 ± 0,6 millions d'années qui précède le Permien et qui est suivi par le Jurassien. Pourtant, j’ai toujours décroché le prix de géologie à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard mais le frère Buton n’est plus là pour témoigner de ce talent ignoré.

  Tom 7422

Ceci écrit, il faut bien que mon ego surdimensionné en prenne un coup sur son beau chapeau Motch, comme j’ai de la ressource : à l’image de certains de mes collègues journalistes encartés : « je fais des ménages ». En clair, sollicité par e-mail par des collègues de travail ou des amis qui marient leur progéniture, en sus de mon job officiel, je fais le marieur de vins pour les repas de mariage. Illustration de mes propos voici le texte reçu le 1ier avril 2010 :

Bonjour,

Je vous avais parlé de la question du choix des vins pour le mariage de ma fille aînée en Bretagne en juillet prochain.

Le menu sera le suivant :

Vin d’honneur avec canapés...

Puis le repas :

Entrée : aumônière de Saint-Jacques

Poisson : St Pierre sauce Noilly flan de légumes/ballotin de riz

Viande : Pavé de veau sauce aux cèpes fagot de haricots/tomates provençales/gratinée de pommes de terre

Fromage : Chèvre chaud au miel et salade

Dessert : Pièce montée noix de coco/fruits de la passion

Merci de vos conseils.

Voilà ! Pour ceux qui se précipiteraient pour actionner les plus hautes autorités de la République sur mes activités au black je les rassure : mes conseils sont ici gratuits. Cependant, comme je suis une grosse flemme, j’ouvre un appel à 2 catégories de lecteurs : les es-spécialistes accords mets-vins et les vignerons qui veulent vendre du vin pour qu’ils m’aidassent dans cette tâche ardue. Je suis preneur. Deux détails d’importance : ça se passe en Bretagne donc il est des proximités géographiques dont il faut tenir compte et mon collègue n’a pas un portefeuille à soufflets...

Merci pour votre aimable et rapide collaboration... à vos claviers !

e7df75e3fb5bd3a0bbfb798e1a8f1061.jpg

4bb98e83668d2

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires
Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 00:06

Décodage de mon déconnage matinal :

Blanches = Appellation Blanche Armagnac Contrôlée

Lavinia = Magasin sis au 3 boulevard de la Madeleine 75001 Paris où se déroule une opération Blanche d’Armagnac www. lavinia.fr

TGV = Tequila – Gin – Vodka alcools blancs prisés par les teuffeurs.

Tom-7403.JPGTom-7406.JPG

La Blanche d’Armagnac c’est du neuf avec du vieux. Je veux dire par là que c’est presque l’eau-de-vie traditionnelle qui sort de l’alambic. Pour sûr que les gars du côté d’Eauze sont des as de la distillation et ce n’est pas moi, simple fils d’un bouilleur ambulant de la Vendée profonde qui tendait son index sous le mince filet cristallin qui coulait des serpentins, qui vais m’aventurer dans la mise à jour de leur tour de main. Je lis que « des moyens de vinification spécifiques, une sélection des coulages de distillation permettent de révéler des arômes fruités et floraux particuliers. Afin de préserver ses arômes et son aspect cristallin elle est conservée en contenant inerte. Pendant la maturation, le producteur travaille l’eau-de-vie et abaisse son degré alcoolique afin de mettre en valeur son fruité et sa rondeur en bouche. »

Fort bien, mon incompétence ne me permet pas de dire quoi que ce soit sur le sujet. Je vais donc me contenter d’une remarque et d’une question.

Ma remarque : la Blanche d’Armagnac, nouveau produit certes, vient se frotter à des produits bien en place et son mode de consommation se pliera aux codes de ces produits blancs qui sont avant tout des supports de mélanges pour les cocktails. Alors, et je l’ai constaté aussi bien pour le Calvados avec son opération « Nouvelle Vogue » concours de barmans, que le Cognac avec son offensive sur le Cognac Schweppes, la partie est rude car les grands cocktails traditionnels les plus demandés sont assis sûr des alcools blancs traditionnels soutenus par des marques fortes : Absolut, Bombay, Baccardi...

De plus la présentation quasi-unique de la Blanche en bouteille Kendo Spirit (texte du distributeur« Les formes pures, fluides, sensuelles, ergonomiques de la gamme KENDO sont le reflet d'un nouveau courant créatif en quête d'émotionnel et de nouvel Art de vivre. KENDO oriente le regard vers l'Orient, le phénomène Zen, en privilégiant les choses simples, belles, intemporelles. ») donne le sentiment à la fois d’une bouteille syndicale qui n’aide guère à différencier les signatures et d’un produit dont les caractéristiques sont les mêmes pour tous (normal me dira-t-on c’est une AOC, il n’empêche que pour le consommateur le choix est difficile et la fidélisation pour le fabricant quasi-impossible). Reste le prix !

Enfin, même si l’univers des cocktails est assez anglophone, que la volonté des promoteurs est de séduire un public hors de France, se contenter de sucer la roue des grands ne me semblent pas très porteur. Se différencier est certes difficile mais ce n’est pas parce qu’on baptise son site www.theblanche.com que la messe est dite, surtout lorsque ce site est d’un ennui total. Même si ça déplaît aux docteurs es-tristesse, le cocktail est le marqueur de la fête alors il faut que ça pulse !

Ma question : qu’est-ce qui fait le succès des marques ?  Leur qualité certes mais aussi, comme l’aurait dit le « Petit Père des Peuples » ce « bon » Joseph : « la Blanche combien de divisions ? » Pour Absolut c’est pour ses 95 millions de litres des dépenses de marketing largement supérieure à 100 M€/an (pour une grande marque internationale de spiritueux le marketing représente couramment 25 à 30 % de son Chiffre d’Affaires).

Mon achat : Pur Baco N°043 de Colette Ramazeilles Domaine de la Tuilerie Lannemaignan Gers 45% vol 70 cl   39€. Pourquoi ? Pour le Pur Baco, c’est idiot mais c’est comme ça lorsqu’aucun critère de choix n’existe, sauf le prix. De plus, je me suis dit : pour créer une tendance, toucher les américains, les japonais et autres... la Blanche aurait du procéder à une opération chez Colette le temple de la branchitude du 213 rue du Faubourg St Honoré www.colette.fr

Tom-7415.JPGTom-7416.JPG

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 02:14

Pour moi, simple infiltré, misérable agent dormant dans le petit monde insignifiant des frelons de la Gauche Prolétarienne, accéder au statut international de répondant d’un agent double pour le compte de deux crèmeries de l’Ouest m’apparaissait comme un réel saut qualitatif. Mon seul problème, si tant est que s’en fusse un réel, c’est que j’ignorais le degré d’information de ma maison d’origine sur l’état d’avancement de mon nouveau job. Le téléphone n’étant pas en ce temps quasi-préhistorique dans le domaine des télécommunications civiles ce qu’il est aujourd’hui je pris la décision, après en avoir discuté avec Chloé, d’aller au consulat de France voir l’attaché militaire pour m’en m’ouvrir auprès de lui et lui demander d’entrer en relation directement, via la valise diplomatique, avec Marcellin. Mon intrusion au consulat faillit tourner court dans le mesure où le consul était en congés, que l’attaché militaire était parti à la retraite sans avoir été remplacé et, qu’en tout et pour tout, il ne restait plus dans cette parcelle de France le planton et une secrétaire revêche qui ne daigna même pas me recevoir lorsqu’elle contempla ma dégaine au travers de la baie vitrée de sa cage à poules.  Fataliste je battais en retraite lorsque je me buttai à une belle et haute tige, en jupette blanche, qui serrait sur une fort belle poitrine une raquette de tennis Donnay. Un peu penaud je m’excusai en français ce qui déclencha chez elle l’expression d’un réel enchantement « enfin, un français qui ne soit pas un bidasse ! »

 

C’est ainsi que Jeanne, la copine de la fille du consul de France à Berlin, entra dans ma vie. Qualification inexacte puisque, avec un art consommé de l’esquive, elle me maintint pendant un long moment éloigné de son lit. Ce n’était pas pour me déplaire que de me retrouver dans la position d’un soupirant. Chloé venait de partir pour Milan et Sacha fourbissait ses arguments pour convaincre les services de la RDA de son utilité de l’autre côté du mur. Tel ne fut pas la décision des bureaucrates qui décidèrent de faire voyager Sacha dans les pays frères pour qu’ils puissent sonder les reins et les cœurs de certains intellectuels tentés par un éventuel voyage aller sans retour vers les douceurs du monde capitaliste. Ainsi Sacha goûta les plaisirs fades de la Convention internationale des égyptologues à Bucarest, l’ennui profond du congrès de la Fédération mondiale des syndicats à Varsovie, le néant absolu de la Foire au livre de Budapest et l’ambiance glaciale du Festival de la Paix et du chant de Leningrad.  Consciencieux comme un bon élève il mettait le moindre choriste géorgien ou la plus minable syndicaliste de Corée du Nord en fiche tout en rédigeant pour mon compte des rapports synthétiques sur les modes de propagation de la désinformation anticommuniste dans la presse du Tiers-Monde ou sur l’état d’esprit déplorable des oncologue internationaux réunis à Sofia. Moi je m’emmerdais ferme même si mon entreprise de séduction de la belle Jeanne me mobilisait.

 

Mes collègues américains, contrairement à moi, trouvait le travail de Sacha intéressant et pertinent. Les jours défilaient vides. Jeanne me rendait fou. Chloé ne donnait plus signe de vie. Sacha se consacrait avec un enthousiasme sans limite à la chasse aux femmes des diplomates africains accompagnants leurs maris dans les Congrès exotiques dont raffolaient les pays du socialisme réel. Très bonne pioche selon Bob. Que faire ? Prendre Jeanne d’assaut, je courrais tout droit à la catastrophe. Rentrer à Paris, pour quoi faire ? Partir ? Oui mais partir pour où et pour quoi faire ? Même Karen n’arrivait plus, en dépit de ses assauts répétés, à me tirer de mon ennui abyssal. Berlin me sortait par les yeux. Jeanne faisait deux pas en avant puis trois pas en arrière. Un beau matin plein de soleil j’enfourchai un vélo et je filai tout droit vers le check-point Charlie. À mon grand étonnement personne ne se souciait de ma petite personne. Mon bonjour en français aux Vopos sembla leur suffire. J’en restais pantois mais ça me requinqua. Je pédalais gaiement sur des avenues, aussi larges que des autoroutes, qui me menaient jusqu'à l'avenue Unter den Linden en passant par l'Alexanderplatz le nouveau centre-ville du « siège du gouvernement de la RDA » pour ne pas dire Berlin-Est capitale de l’autre Allemagne puisque celle de l’Ouest se contentait de Bonn. La soif commençait à me dessécher et alors que je cherchais des yeux une taverne pour m’envoyer un bock mes yeux tombèrent sur une fille perchée sur des talons aiguilles d’au moins 15 cm qui traversait au feu rouge : Jeanne. Je faillis percuter un paquet de cyclistes à l’arrêt.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 00:09

Le « Gros » contre « le Vieux », Gégé a tiré le premier sur TF1 « J’suis pas comme Monsieur Coffe à vendre ses Leader Price pour un paquet de pognon : j'en ai rien à foutre. C'est un homme âgé qui continue de faire la télé. Moi je commence à être âgé et j’fais pas de télé ». Son dernier rôle de Serge Pilardosse, ouvrier à la retraite après avoir bossé dans une usine de charcuterie industrielle, lui va comme un gant. Gustave Kervern et Benoît Delépine, les réalisateurs du film Mammuth donnent à Gégé une nouvelle jeunesse. Y biche le Depardiou, y retrouve le populo et la barbaque. Dans mon souvenir, c’est le Gégé faisant irruption à l’Hôtel de Villeroy en 1990, pour voir Henri Nallet afin de récupérer des droits de plantation pour sa nouvelle acquisition à Tigné, sur recommandation de son grand pote : Gérard Bourgoin, le roi de la dinde industrielle, lui aussi parti de rien, garçon boucher qui pilotait son avion et rêvait déjà d’extraire du pétrole à Cuba chez son ami le Leader Maximo. Ce jour-là, crado, grande houppelande, tignasse en bataille, pognes aux ongles douteux, le Mammuth était bien le fils de son père, ferronnier illettré qui vendait l’Huma sans savoir ce qui y’avait dedans. Aux palais nationaux le Gégé, au fond, il préfère les gabions du Marais Vernier des ouvriers de Sandouville, où l’on s’envoie des canons en bouffant des brochettes. Ce n’est pas un raffiné le Gégé et même s’il en fait parfois des tonnes il personnifie bien la France du kil de rouge, du sauciflard et du calendos qui coule. Le pognon il le claque! Ses fréquentations sont parfois border line comme dans l'ex-Serbie mais il est nature le Mammuth.

Sociologie à deux balles va m’objecter Hervé Bizeul lorsque je vais opposer la grosse bouffe du Gégé à celle de l’agressé Jean-Pierre Coffe, l’homme du fameux  « c’est de la merde ! » sur Canal +, grand défenseur des produits de terroir, le pourfendeur de la grande industrie agro-alimentaire avec le gros tambour major Périco Légasse sur France Inter. Le pauvre homme, sur la 2 chez Ruquier, il n’en revenait pas du coup boule de son ancien compère : « Quand Monsieur Depardieu m'attaque parce que j'ai fait de la pub, alors que lui-même a fait de la pub pour une marque de merde, est-ce que, véritablement, moi je n'ai pas le droit d'en faire ? Et à quel titre ? (Il dit que je n'ai plus le droit de faire de la pub parce que) je suis trop vieux, et lui il est peut-être trop gros, non »... Et de lui lancer un vibrant appel : « Si Gérard nous écoute, là, maintenant, je vais lui dire... Est-ce que tu peux me donner une explication. Est-ce que tu peux me dire ce qui justifie la haine que tu as à mon égard ? Est-ce que tu as oublié les moments passés ensemble, les moments dans tes vignes, le film que j'ai fait sur toi, Depardieu vigneron, dont tu te sers encore pour faire la promotion de ton vin. Est-ce que tu peux te souvenir que le jour de la mort de (Jean) Carmet, alors qu'il était mort, froid, glacé, et qu'on allait le quitter pour la dernière fois, on le lui a fait boire. C'est-à-dire que nous avons partagé, ensemble, à trois, le dernier verre de vin, et c'était du vin de Tigné. Est-ce que, s'il avait été si mauvais que ça, on lui aurait fait cette farce-là, de lui faire boire du Tigné alors qu'il partait pour son dernier voyage ? Alors, sois gentil, un jour, tu me réponds et tu me réponds sincèrement plutôt que de me débiner sans avoir le courage, jamais, de me rencontrer et de me donner une explication. Je compte sur toi, sinon, je te considérerai comme une ordure »

L’explication Jean-Pierre Coff, je vous la livre toute chaude, elle est là, à vos pieds, dans le fossé qui sépare la France du populo, celle des « salauds de pauvres » de Gabin, des mecs qui ont été le terreau du PC dans la ceinture rouge et qui ont, pour certains, basculés de l’autre bord, des grandes gueules à la Jacques Doriot, des braves mecs et de braves nanas de Moulinex et de la litanie des usines fermées aussi bien au fin fond de nos campagnes que dans les bords des villes, des femmes de peine découpant des dindes 7 à 8 kg à la chaîne dans le froid et la flotte chez Doux, ceux de Billancourt qu’il ne fallait pas désespérer, tous les Chaymotti et ses potes que j'ai cotoyé à la SVF de Gennevilliers avec leur partie de boules, leur ticket de PMU et leur petit jaune, et la France de ceux, petits ou grands bourgeois ou bobos, qui veulent remplir leurs caddies de bons produits du terroir bichonnés par des petits producteurs respectueux de l’environnement, des petits oiseaux et des paysages... Pour sûr qu'il y’a en vous Jean-Pierre Coffe du Sartre juché sur son tonneau à l’Ile Séguin face à la CGT. Même incompréhension de ceux que vous prétendez défendre de vous voir vanter les bons produits à petit prix de Leader Price. Gégé lui il ne s'embarasse pas de ses contradictions, c’est un couillu qui pète et qui rote, même si ça ne l’a pas empêché de séduire Carole Bouquet. Vous Jean-Pierre Coffe, avec vos blouses de jardinier chic, vos lunettes rondes de couleur crue, vous êtes un raffiné, vous n’êtes pas du même monde. Le Gégé, y prend quand ça l’arrange, sans façon, sans précaution, et puis quand il n’a plus besoin de vous y vous jette sans ménagement, sans explication parce, qu'au fond, il ne vous a jamais porté de l'estime. C’est ce qui me semble vous est arrivé Monsieur Coffe, je le crois sincèrement. 

À titre préventif je présente mes excuses aux sociologues patentés de venir ainsi patauger dans leur pré en dépit de mon bagage limité... Faut bien que vieillesse se passe...

Tom-7413.JPGTom-7414.JPG

Don de la maison Berthomeau au Fonds de Soutien des Sociologues patentés d'un beau paquet de spaghettis guitare de chez Leader Price. C'est de la fabrication artisanale italienne. Je suggère à Jean-Pierre Coffe de tenter auprès de Gégé le coup de la pasta cher aux grandes gueules du cinéma Gabin et Ventura, peut-être que la Mammuth s'attendrira et lui tombera à nouveau dans les bras. Si ça arrive nous les bons garçons nous nous jetterons des canons en souvenir des mannes du Jean Carmet ?

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /Avr /2010 00:04

Comme le pinard de nos grands-pères, le roman noir, le polar, fut l’objet pendant des décennies du mépris d’une grande part de la caste littéraire germanopratine. Bien sûr, les grands maîtres américains popularisés par Marcel Duhamel qui, en août 1944, quelques mois avant la Libération, découvre les livres de Peter Cheney et de James Hadley Chase dont il confie la traduction à Gallimard et c’est Jacques Prévert qui baptise la collection Série Noire, échappent à cette condescendance. Les auteurs français, hormis Léo Mallet, restent en marge des cercles littéraires. Deux auteurs vont à mon sens, sur des registres diamétralement opposés, faire imploser le ghetto : Frédéric Dard avec son commissaire San-Antonio et sa langue verte et Jean-Patrick Manchette avec ses romans politiquement engagés. Depuis, comme souvent dans notre vieux pays, il est du dernier chic de lire des polars de Fred Vargas (les lecteurs de Télérama sa pâment) ou d’Arnaldur Indriðason l’islandais.

Lors d’un passage au château d’Ecouen, qui héberge le Musée de la Renaissance, j’ai découvert à la librairie un nouveau type de polar : le roman noir historique et gastronomique. « Souper mortel aux étuves » de Michèle Barrière en livre de poche 6,50 euros. L’auteur est membre de Slowfood France et fait partie de l’association Honesta Voluptate, fondée sur les travaux de Jean-Louis Flandrin. Journaliste culinaire, elle est l’auteur pour Arte de la série Histoire de la cuisine. 

herita29.jpg  herita32.jpg

Dans son roman elle fait référence au fameux Viandier de Taillevent, un ouvrage qui aurait été écrit par Guillaume Tirel dit Taillevent, « enfant de cuisine de Jeanne d’Évreux, queux du roi Philippe de Valois et du duc de Normandie, premier queue et sergent d’armes de Charles V et premier écuyer de cuisine du roi Charles VI » Ce recueil de recettes est, avec le Mesnagier de Paris, l’un des ouvrages de référence de la cuisine médiévale française.

Selon une tradition bien établie sur cet Espace de liberté je vous propose, pour vous mettre l’eau à la bouche quelques extraits du livre de Michèle Barrière. L’action place Constance, l’héroïne du roman, accompagnant Valentine, fille de Jean-Galéas Visconti, duc de Milan, l’épouse de Louis, le frère du roi, dans les cuisines du Roi, à l’Hôtel Saint-Pol « qui s’étendait entre la rue Saint-Paul à l’ouest à la rue de la Pute-y-Musse (l’actuelle rue du Petit-Musc dans le 4ième) à l’est »pour rendre visite à Taillevent.

« La cuisine était située au rez-de chaussée d’un bâtiment accolé au logis du roi. Les deux jeunes femmes traversèrent d’abord une vaste salle aux poutres et solives ornées de fleurs de lys en étain doré et aux vitraux représentant des scènes de chasse. Puis elles pénétrèrent dans l’univers grouillant et enfumé des cuisines. Constance regardait autour d’elle, redoutant de tomber sur Guillaume. Elles n’eurent aucun mal à repérer Taillevent qui trônait sur une chaise haute et donnait des ordres d’une voix puissante tout en agitant une longue cuillère en bois. Jamais Constance ne l’aurait cru aussi vieux. La peau de son visage ressemblait à celle d’une volaille rôtie. Les rides étaient si profondes qu’on aurait pu les croire gravées au burin. »

« Le maître-queux haussa les épaules, revint vers les deux femmes en soupirant :

-         Il faut avoir l’œil à tout. Non seulement je dois choisir les viandes et les poissons, mais je dois m’assurer que les fruitiers ont bien lavé les fruits, que les bûchiers ont livré du bois en quantité suffisante, que les sauciers font goûter les sauces avant de les servir au roi... Nous sommes soixante-douze en cuisine, sans compter les vingt de la paneterie, les trente de l’échansonnerie et les quinze de la fruiterie. »

« Constance était effarée par l’agitation qui régnait dans cette cuisine. De jeunes garçons couraient dans tous les sens, portant des volailles, du pain, des fromages... Les cuisiniers aboyaient leurs ordre. Les broyeurs s’acharnaient sur leurs mortiers. Dans un coin de l’immense pièce, un homme de peine avait soulevé un couvercle de bois et jetait des ordures dans un trou. Dans une pièce attenante, Constance voyait les valets de chaudière faire la vaisselle. Dans une autre des échansons s’activaient autour des tonneaux et versaient du vin dans des aiguières. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 00:07

Levons de suite le premier mystère : le grand rosé Rose&Or c’est un Château Minuty !

Pour le second : qui donc est ce Laurent ? Ma réponse est limpide : c’est la pure évocation d’un jeune ambitieux qui descendit, confia-t-il au JDD, chercher des croissants en pantoufles du côté de la place des Grands Hommes où la première boulangerie se situait fort loin. En notre beau pays, c'est l'un des deux déplumés qui occupèren les deux plus hautes fonctions de la République et qui ont connu un destin fort cruel : l’oubli.

Pour le troisième : les tongs en macramé après un suspens insoutenable je lève le dernier mystère et, pour ce faire, je puise sans vergogne dans le « ELLE » bis j’ai nommé le Nouvel Observateur qui, dans un numéro récent, sous la houlette de la verbeuse et fumeuse MP Lannelongue*, ex-ELLE, dans un [Spécial Mode Homme] nous inflige 28 pages de babioles, avec des prix à trois zéros d’euros, entrelardées de publicité juteuse de braves annonceurs par l’odeur alléché. Faut bien vivre quoi, c’est la crise donc à gauche comme à droite on surfe sur la fraîche.

Tom-7316.JPG

ÉCHELLE DE RICHTER DE LA POMPE DES VA-NU-PIEDS DE SAINT TROPEZ

Degré 7 : en cuir grainé marron Yves Saint Laurent 695 euros (4)

Degré 6 : en macramé et veau ciré rouge Lanvin 460 euros (1)

Degré 5 : en cuir bleu, blanc et bronze Balenciaga 365 euros (6)

Degré 4 : en toile et cuir noirs avec semelle de gomme Dior Homme 295 euros (2)

Degré 3 : en cuir d’agneau marron Boss Black 220 euros (3)

Degré 2 : Modèle marin en cuir Paul Smith 150 euros (5)

Degré 1 : Modèle Artis en cuir noir Atelier André Bichon 99 euros (don du blog Berthomeau voir ci-dessous)

Tom-7319.JPG

L'atelier André Bichon fabrique des sandales, tropéziennes et spartiates en cuir pour femmes, hommes et enfants à Noirmoutier. Ses sandales sont faites entièrement à la main, avec du cuir naturel, ce qu'il leur confère une qualité et une solidité à toute épreuve. Consulter le catalogue : http://www.sandales-cote-mer.com/sandales-mer-femmes.php

Pour la petite histoire je possède le modèle Roma cuir naturel huilé en ce moment en promotion 100 euros des sandales de moines d’un chic qui dépasse l’entendement de cette pauvre Marie-Pierre Lannelongue qui ne voit pas plus loin que le bout de son pauvre nez de dénicheuse de marques qui font de la pub dans le Nouvel Obs. Merci Olivennes t’es vraiment top !

·        La nouvelle idole de la Marie-Pierre Lannelongue : Marc Beaugé rubriqueur de mode à « GQ » lire sa prose en jette, exemple « Nous sommes dans la queue de comète des années rock et, logiquement, le point de mire de la mode s’est déplacé de l’Angleterre de Pete Doherty à l’Amérique de Steve Mac Queen. Avec le départ de Slimane – note de moi Hedi Slimane créateur chez Dior de chez LVMH – le cliché des directeurs artistiques en a pris un coup. Les images publicitaires mettent en scène les artisans, c’est peut-être la revanche de l’ouvrier sur le créateur... »

·        C’est beau, hein ! Beau comme du foutage de gueule en barres quand on sait que le % de chance que vous ayez de croiser un ducon fringué comme l’un des top modèles mâles du NO tend vers le zéro absolu même dans ma bonne ville de Paris, p’tète qu’à Saint Trop y’en a mais je ne les vois pas vu que c’est pas ma tasse de thé Saint Tropez sauf pour le rosé Rose&Or du  Château Minuty 

Rose&Or, la dernière création de Jean-Etienne et François Matton, sonne à mes oreilles comme la bibliothèque Rouge&Or qui enchanta mon enfance (Fondée après la seconde guerre mondiale, cette « bibliothèque » a connu une faveur particulière auprès de la génération du « baby boom ».) avec Sans Famille d’Hector Malot ou Michel Strogoff de Jules Verne et bien d’autres grands romans.

Flacon élégant et raffiné, pas bling bling pour deux sous, ce rosé d’expression à 95% de Grenache, joue dans la cour des rosés haut de gamme. Comme les vignes du Château Minuty s’épanouissent sous le soleil de la presqu’île de Saint-Tropez, je n’ai pas résisté au plaisir d’écrire cette chronique un peu déjanté. Comme le Château Minuty n’a nul besoin de moi pour accroître sa notoriété je vous invite à vous rendre sur son site www.chateauminuty.fr pour parfaire vos connaissances sur ce beau domaine de 75 ha.

Tom-7398.JPG Tom-7401.JPG

Le Rose&Or c’est 20 euros le flacon. Dans la construction de notoriété de la Provence et de son rosé, la démarche de Jean-Etienne et François Matton me paraît très intéressante et, à mon sens, bien plus pertinente que les couplets qu’ont entonné les défenseurs du rosé authentique. S’ils ne veulent pas subir la concurrence par les prix de nouveaux arrivants sur le marché du rosé, se contenter de surfer sur la vague porteuse du rosé, exporter, créer durablement de la valeur, les vignerons Provençaux ont tout intérêt à ce que leur positionnement prix, tout en correspondant à la réalité de leur produit, se structure par le haut et que leur entrée de gamme soit à la hauteur de leur discours d’authenticité. Sinon, quand viendra le temps de la mâturité du marché des rosés bien des illusions se dissiperont.

Pour revenir à mon Laurent et à sa fiancée attentionnée, je note que, comme les filles d'aujourd'hui adorent les blancs, Minuty dans sa ligne Or lui propose un Blanc&Or qui, si ses concepteurs me le permettent, est dans la lignée des propositions de Cap 2010. Pourquoi me direz-vous ? Parce que c'est un Vin de Pays du Var (50% Sauvignon, 35% Roussane, 15% Viognier 15%)... C'est la signature qui prime par la catégorie juridique et c'est heureux...

Tom-7412.JPG

 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Articles récents

Liste complète

Derniers Commentaires

Archives

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés