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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Photo du Taulier de Ludovic Carème © http://www.ludoviccareme.com/ 




 

Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 00:05

Dans ma jeunesse je gardais les vaches et avant la vendange je grappillais dans les vignes du grand-père. De nos jours nous bucolisons grave dans les mégapoles. Le vert est tendance. C’est beau et je n’ironise absolument pas sur ce grand besoin d’air et de nature mais je m’interroge sur la capacité de beaucoup de nos concitoyens à faire le lien entre leur comportement quotidien de consommateur et leur empathie pour tous ces petits producteurs que les grisouilloux de la Commission Européenne veulent purement et simplement évacuer de nos beaux territoires ruraux. Entre le pack de lait UHT à quelques centimes d’euros et la paisible normande aux yeux tendres paissant dans les verts pâturages du Pays d’Auge c’est la boîte noire. D’où vient-il ce lait ? Combien vaut-il vraiment ? Permet-il au producteur de vivre ou simplement de durer ? Comme je le faisais souvent remarquer à ceux des chercheurs ruralistes qui voulaient « maintenir le plus grand nombre d’agriculteurs dans la France profonde » : devrons-nous les attacher ?

En effet, pour vivre au pays il faut que le pays vous fasse vivre, que les produits qui y sont cultivés, que les animaux qui y sont élevés, dans le cadre d’une économie marchande, procurent des revenus comparables à ceux du reste de la population. Dans les années 60 les lois d’orientation proclamaient l’objectif de parité. Notre agriculture, avec de grandes disparités entre produits, sous la protection des politiques communes, s’est intégrée dans une économie d’échanges intra-communautaire et mondiale. La part de l’alimentation dans les dépenses des ménages a fondue. Le nombre d’agriculteurs lui aussi a fondu sous les effets d’une « modernisation » essentiellement tournée vers la productivité. La France « sans paysans » que prévoyait Mendras n’est pourtant pas au rendez-vous puisque nombre de petits producteurs continuent de s’accrocher aux territoires dit difficiles.

Sont-ils menacés aujourd’hui ? La réponse est oui dans le secteur du lait qui fait la une de l’actualité en ce moment. Pourquoi ? Tout bêtement parce que l’abaissement des protections communautaires conjugué avec un déséquilibre offre/demande a provoqué une chute vertigineuse du prix du lait acheté aux producteurs. De plus, l’allergie de la Commission, soutenue par les pays producteurs du Nord, à toute forme de régulation rajoute au désarroi des producteurs qui ont le sentiment que les lendemains seront plus durs encore. Je ne vais, pour des raisons de devoir de réserve, aller au-delà de ce constat. Cependant, je puis écrire que la régulation est possible à condition de bien vouloir traduire cette volonté en des mécanismes concrets pour mieux lier le prix payé au producteur à la valorisation de son produit. Les très « libéraux » américains pratiquent ce genre de sport sans complexe. Dans notre secteur les champenois l’ont fort bien compris avec le rendement disponible à l’hectare.

Bref, j’en reviens à mes voisins qui veulent voir des vaches dans le pré et des vignerons dans la vigne, pour les interroger sur quelques gestes de leur vie courante :

-         croient-ils qu’un petit producteur du Massif Central dont la coopérative fabrique de la mozzarella pour les pizzas à 2 balles qu’ils achètent est compétitif face aux géants du Nord ?

-         se posent-ils la question de savoir si en achetant du lait UHT en brique au moins cher du moins cher ils participent au déménagement de nos territoires ? En pleine surproduction nous importons du lait en briques !

-         de même pour leur emmenthal à deux balles se doutent-ils que même les producteurs bretons mordent la poussière face aux poids lourds du Nord... Entremont et ses milliers de producteurs sont au bord du gouffre. En pleine surproduction nous importons de l’emmenthal !

Certains me diront qu’y’a faire que le petit producteur du Massif central fasse du bio, du fromage AOC pour s’en tirer. Plus facile à dire qu’à faire car les places sont prises et chères et je pourrais leur retourner le compliment pour les pizzas ou l’emmenthal à 2 balles : vous n’avez qu’à changer vos habitudes de consommation... Nous retrouvons là le sujet que j’avais abordé lorsque Coffe s’affichait pour Leader-Price : Le discount ou comment fabriquer des pauvres : « merci JP Coffe de promouvoir le modèle WAL•MART » http://www.berthomeau.com/article--31535901.html . Et que les bonnes âmes ne viennent pas me chanter que le moins cher du moins cher c’est pour la défense du pouvoir d’achat des plus démunis.

Comme je l’ai écris récemment le déni de réalité ne change pas la réalité et nous ne pouvons pas faire comme si les grandes machines à lait hors sol du Nord n’existaient pas ou comme si le modèle extensif Néo-Zélandais ne dominait pas le marché mondial beurre-poudre. Nous sommes dans l’Union Européenne et, même si la situation est grave et difficile, il faut rappeler que nous avons su générer de grandes entreprises laitières aux marques reconnues : Danone, Président, La Laitière. Yoplait... qui exportent des produits à forte valeur ajoutée. De même des AOC, même si elles n’occupent moins de 10% du marché, comme le Comté, le Beaufort, le Roquefort, participent à la tenue des territoires.

Que nous le voulions ou non, le non-déménagement de certains de nos territoires – c’est-à-dire la non-délocalisation de la production – passe par un partenariat obligé entre les producteurs et les entreprises. Ils ont partie liée et « une chirurgie de champ de bataille » est évitable si le contractuel se substitue à l’administré. Encore faut-il que le citoyen-consommateur toujours prompt à venir au secours, en pensée, des petits producteurs traduisent ses bonnes intentions en actes. Si aucun changement de comportement ne se dessine je ne vois pas pourquoi les distributeurs, les hards-discounteurs, n’iraient pas au moins cher du moins cher, d’où qu’il vienne, et que les transformateurs effectuent le même chemin en réponse en s’approvisionnant auprès des producteurs en capacité de supporter, grâce à des coûts de revient plus faible, des prix d’achat de plus en plus bas. Dans ce paysage, les seules vaches bucoliques qui subsisteront seront celles qui alimenteront les circuits pour consommateurs en mesure de s’offrir les produits à forte valeur ajoutée environnementale : bio ou AOC...

La voie qui s’ouvre à nous est étroite, les virages à prendre sont difficiles à négocier, aucun modèle de production ne peut avoir la prétention d’être unique et substituable à un autre, seule la complémentarité entre un secteur industriel, encadré par une régulation assumée, jouant la carte partenariale, et un secteur artisanal valorisant le lait des zones à handicaps, peut nous permettre de faire vivre des éleveurs dans la majeure partie de notre territoire et de ne pas aboutir à une hyper concentration des élevages.

Croyez-moi nous ne sommes pas très loin des problématiques du secteur du vin sauf que celui-ci est a front renversé par rapport au secteur laitier : il découvre l’univers impitoyable de l’agro-alimentaire... Si nous souhaitons garder un grand vignoble, donc beaucoup de viticulteurs et de vignerons, la même synergie entre un artisanat créateur : le vigneron-commerçant et un négoce internationalisé en capacité de vendre des volumes importants – ce qui ne signifie pas pour autant de la bidouille – doit être voulue et assumée. Loin des oppositions stériles, des anathèmes, des discours qui font tant plaisir à ceux qui ne mettent jamais leurs mocassins dans les vignes, c’est la seule voie qui nous permettra de garder à nos territoires la vitalité qui permet d’y croiser encore des vignerons dans les vignes et des vaches dans les prés... C’est, d’une certaine manière pour le consommateur, étendre la notion de commerce équitable à nos territoires les plus difficiles...

 

Je vous recommande de lire

Le diable se cacherait-il (aussi) dans les proximités ? (billet)

Par Jean-Claude Flamant, Mission Agrobiosciences

Jean-Claude Flamant - 1.5 koJean-Claude Flamant

 

La consommation engagée, tout particulièrement l’approvisionnement en proximité ou encore l’achat de produits issus du commerce équitable, semble avoir le vent en poupe. Portés par des valeurs "citoyennes", ces modes de consommation, visant à aider les petits producteurs, auraient, par ailleurs, bien d’autres qualités. Ainsi, par exemple, s’approvisionner en proximité permettrait de réduire, en limitant les transports, l’émission de gaz à effet à serre, notamment celle de CO2. Qu’en est-il dans le faits ? Et quels freins ces nouveaux modes de consommation rencontrent-ils ? Jean-Claude Flamant mène l’enquête dans ce billet de la Mission Agrobiosciences.

  http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2712

Samedi dernier un homme d'envergure et de pouvoir est mort. Jean Pinchon, éduqué par les Jésuites, ingénieur agronome de l'INA de Paris, Directeur de cabinet d'Edgard Faure Ministre de l'Agriculture, fut l'un des premiers promoteurs de la Sopexa avant de rejoindre la Cie Louis Dreyfus. Président de l'INAO pendant plus de 10 ans lui, le normand, homme des grandes cultures, aima sincèrement et passionnément cette maison. Je lui ai succédé au Bureau du Calvados. Il se voulait mon père spirituel mais j'étais un fils rétif. Nous fûmes de grands amis. Nous ne le fûmes plus. La vie est ainsi faite et la mort ne change rien à ce qu'elle fut. Lorsque Françoise, ses enfants, ses proches, ses voisins, les officiels, tous ceux qui lui étaient chers, le porteront en terre, à Epaignes, dans ce bocage normand qu'il aimait tant, paraphrasant l'évêque d'Ajaccio je penserai «  Ici, ce n’est pas un rassemblement de gens parfaits. Mais que Dieu nous pardonne nos péchés. » J'embrasse affectueusement Françoise ma grande amie.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 00:06

Au risque de vous surprendre Bernard Magrez, sous sa carapace parfois rugueuse d’homme qui s’est fait tout seul, est un grand affectif. Cette sensibilité, bien nichée sous une belle prestance, il la préserve avec un soin jaloux de la suffisance des beaux esprits à la française, des héritiers, de tout ceux qui n’ont rien construit. Lui il fait, car c’est aussi un vrai instinctif qui pressent, qui sait être le premier au bon endroit au bon moment, analyse vite, hume la tendance, sait comme son modèle François Dalle, l’homme qui a fait l’Oréal, que « le lendemain cela se construit hier, et cela se construit le matin à 8 heures aussi »  Comme il va toujours de l’avant, qu’il a toujours une faim primale, qu’il ne remet jamais au lendemain ce qu’il veut faire aujourd’hui, l’homme est exigeant, passionné, dur souvent – c’est lui qui le dit – avec son fils et sa fille, ses collaborateurs.

Dans mon petit bureau du 2ième étage, au 232 rue de Rivoli, Bernard Magrez est venu s’asseoir. Il sort de chez Michel Pons. Nous sommes en 2001, mon rapport fait grand bruit à Bordeaux, les grands chefs m’habillent pour l’hiver, je suis celui par qui le scandale arrive. Ce n’est pas pour déplaire à Bernard Magrez qui n’aime rien tant que bousculer l’establishment. Lui si avare de compliments me dit « que j’ai tout compris. » Moi je sais bien que le petit rapporteur que je suis n’a fait que mettre sous le nez des immobilistes patentés un simple instantané de nos forces et nos faiblesses face aux entreprises du Nouveau Monde. Lui qui, sur le socle de William Pitters, a su faire voisiner  des marques comme Sidi Brahim, Malesan, avec Pape Clément, démontrant ainsi qu’en France tout pouvait être possible si l’on respecte le produit et ceux qui le consomment, l’avait compris depuis fort longtemps. À juste raison il doutait, et de la volonté des décideurs publics de pousser à des choix courageux, et de la capacité des dirigeants professionnels de sortir du déni de réalité.

Depuis Bernard Magrez a pris un grand virage, sa quête est celle des terroirs d’exception où il applique son perfectionnisme « pour moi on ne fait jamais assez bien ». Il veut ainsi répondre par une offre diversifiée à l’éclectisme de l’amateur de vin. L’étonner aussi. Depuis toujours Bernard Magrez considère le vin comme un objet de satisfaction et de statut. Il assume sans complexe tous les codes de l’univers du luxe. Pour autant, lui qui considère Michel Rolland comme un génie, le seul avec Parker à avoir à ses yeux un goût infaillible, considère que « le génie du vin c’est le terroir ». Moi j’aime les gens qui dérangent, qui ont des angles, et j’avoue que, même si bien des choses nous séparent, j’ai de l’affection pour Bernard Magrez.

Je le remercie donc d’avoir accepté de répondre au questionnaire de Proust. Il le fait, comme vous pourrez le constater, à la Bernard Magrez

Votre vertu préférée : La rigueur

Vos qualités préférées chez l'homme : Vivre debout

Vos qualités préférées chez la femme : La franchise

Votre occupation favorite : Le travail

Votre caractéristique maîtresse : Jamais renoncer

Votre idée du bonheur : Etre libre

Votre idée du malheur : Subir sans ne rien pouvoir faire

Vos couleurs et votre fleur préférées : Le rouge et le vert, le lys

Si vous n'étiez pas vous-même, qui voudriez-vous être ? : Un homme qui réussit tout ce qu’il entreprend

Où aimeriez-vous vivre ? : A Bordeaux

Vos auteurs préférés en prose : Sénèque

Vos poètes préférés : La Fontaine, Verlaine

Vos peintres et compositeurs préférés : Buffet, Mozart

Vos héros préférés dans la vie réelle : François Pinault

Vos héroïnes préférées dans la vie réelle : La Vierge Marie

Vos héros préférés dans la fiction : /

Vos héroïnes préférées dans la fiction : /

Votre mets et votre boisson : Une Côte de bœuf avec du Château Pape Clément qui, grâce à son terroir, produit un vin d’une sublime délicatesse et le Château Haut-Marbuzet car c'est un très grand Médoc.

Vos prénoms préférés : Paul (car Saint Paul)

Votre bête noire : Ceux qui travestissent la vérité

Quels personnages historiques méprisez-vous ? : De Gaulle

Quel est votre état d'esprit présent ? : Indestructible

Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? : Une faiblesse très momentanée

Votre devise préférée : Jamais renoncer

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 00:09

Jasmine voulait accoucher en Corse. Je tentai de la dissuader, en arguant de l’infériorité des équipements hospitaliers insulaires, sans succès. Elle me rétorqua que de toute façon elle voulait accoucher à la maison et qu’elle avait déjà trouvé, par l’une de ses amies dont les parents habitaient Cargèse, une sage-femme sur l’Île, une perle, ajoutait-elle, qui avait accouché toute la famille de sa copine, y compris la dite copine. Pour finir de m’ébranler elle rameuta ce faux-cul de Raphaël, bien sûr au courant des projets de la future mère et qui, bien évidemment, trouva l’idée formidable. Dernier argument massue asséné d’un air préoccupé : « Pour un futur père, je te trouve bien pâlichon, sortir de ta tanière et prendre l’air du maquis te fera du bien… » De toute façon tout était bouclé, je n’avais plus qu’à suivre le mouvement. Je le fis de bonne grâce car je ressentais le besoin de briser la monotonie de mes jours et de mes nuits. J’avais forci. En dépit des protestations de Jasmine sur le charme de mes poignées d’amour je m’appliquai pendant toute une semaine une règle monastique : de l’eau et des figues sèches. Ma mauvaise graisse se consuma et je rentrai de nouveau dans mes jeans. Raphaël nous précéda. Tout avait été longuement prémédité. Je ne sais comment, lui et Jasmine, avait dégoté une Méhari verte de l’ONF, qu’ils avaient fait repeindre en jaune canari et immatriculer 2A. Le départ au petit matin de celle-ci, pour l’embarquement à Marseille sur un ferry de la SNCM, bourrée comme un œuf de bagages emplis de tout ce qui allait être nécessaire au futur nouveau-né, avec Raphaël au volant, fagoté comme un conducteur du début du siècle, me fit vraiment prendre conscience que j’allais être père.

Même si toute la layette était rose bonbon, nous ignorions officiellement le sexe de l’enfant, Jasmine voulait tout faire à l’ancienne ce qui signifiait que j’avais été exclu des visites prénatales et que je le serais aussi, selon ses dires, de l’accouchement. Sur ce point, avec l’appui de Raphaël, je fis de la résistance avec tous les moyens de chantage à ma disposition et, de guerre lasse, j’obtins gain de cause. Pour revenir un instant à l’élucidation du mystère du sexe de l’embryon, Jasmine s’était soumise au test de l’anneau pendu à un cheveu tenu par Raphaël, dont les oscillations avaient, bien mieux que l’écographie, selon les dire des deux larrons, indiqué à coup sûr que ce serait une fille. Moi, ce qui me fascinait, c’était l’observation, chaque soir, de la tectonique du ventre de Jasmine. Celle à qui j’avais légué la moitié de ma bibliothèque de gènes s’y révélait une Betty Boop pleine d’entrain. Sous la peau bien tendue, indemne de vergetures, la pointe de ses pieds traçait, tel l’aileron d’un requin, des zigzags fulgurants. Parfois, elle se contentait de tapoter au plafond comme si elle nous annonçait sa prochaine venue. J’étais ému. Certains soirs, du bout des doigts, j’effleurais le velours doux du ventre de Jasmine, indiquant à la locataire ma présence et, en retour, la future diablesse, se laissait aller à me faire du pied. Je savais d’expérience, ayant de mon séjour dans le secret du bain amniotique des souvenirs précis, que la graine fécondée, ébauche parfaite de ce corps qui nous portera tout au long de notre vie, devait être prévenue du caractère déterminé, fini, du temps qu’elle passait à se la couler douce.

La paternité tardive, liée à la fécondation d’une jeune et belle pousse par un déjà presque vieux, jouit d’une très mauvaise presse surtout auprès des jeunes mâles qui prennent sans doute ombrage de voir un amorti empiéter sur leur terrain de conquête. Dans le hall 2 d’Orly, un bel échantillon d’entre eux, trois musculeux chics tatoués, crane luisant avec lunettes de surfeurs et boucle d’oreille, pantacourt et marcel genre sous-produits de l’armée, petits écrase-merdes à 200 euros, cousus par des Philippins, aux pieds, me lançaient des regards mauvais. Ces nouveaux baufs, pas encore trentenaire, s’ils avaient pu me coincer dans un couloir désert, m’auraient éclaté la gueule. Pour les porter à l’incandescence dans la file d’attente précédant le contrôle de police j’effleurais à plusieurs reprises le petit cul de Jasmine qui tendait le coton de sa robe chasuble de femme enceinte. Elle frétillait et me lançait d’un air canaille « Tel que je te connais, toi, je suis sûre, que tu rêves de faire l’amour avec une hôtesse de l’air sur un Paris-New-York...»  Le trio, immobilisé quelques mètres en amont, la fixait avec l’intensité d’une bande de charognards en attente de leur pitance. « Disons plutôt sur Paris-Nouméa petit cœur ça me laisserait plus de temps pour me faire tout le lot des PNC de sexe féminin... » Du tac au tac, les mains posées sur son ventre rebondi, elle me toisait « bel exemple pour notre fille ! » Ce notre me chavirait. Je déposais un baiser sur sa bouche faussement courroucée. « Toi tu vas être un vrai papa-gâteau... » concluait-elle en reprenant sa progression vers la garde-chiourme préposée au contrôle des cartes d’embarquement. Dans la file, les trois compères avalaient leur fiel avec la fausse décontraction de ceux qui se jouent un film pour oublier l’ennui de leur petite vie. Je me promettais, une fois dans la salle d’embarquement, de leur en donner pour leur argent.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 00:06

Que les âmes prudes se rassurent, nous ne pénétrons ici que le Louvre et le musée d’Orsay introduit par Jean-Manuel Traimond, guide de son état qui, au fil des années a pris « un malin plaisir à souligner les aspects licencieux des œuvres du Louvre et d’Orsay, aspects parfois voulus, parfois involontaires, parfois trompeurs. » De cette expérience il tira d’abord un parcours particulier qu’il baptisa Naughty Louvre à l’attention de ses clients, principalement américains. Puis pour ses clients français « cette visite spéciale s’appelle Le Louvre coquin. Alors, comme en France tout fini par des livres, je puise aujourd’hui, pour mon feuilleton coquin de l’été, à la source du « Guide érotique du Louvre et du Musée d’Orsay » publié et diffusé par ACL www.atelierdelacréationlibertaire.com . Plus précisément page 62, Louvre, Denon, sculptures de l’Europe du Nord XVe-XXe s. salle E.

 

« L’évangile féministe l’enseigne : la taille ne compte pas. La taille pénienne, on aura compris. L’évangile pornographique, au contraire, ne jure que par elle. Quant à l’évangile homosexuel, il ne rêve que d’énorme. Pour les homosexuels, les pornophiles et les curieuses, voici le palmarès pénien.

Révélons le plus suggestif, donc le plus caché. La galerie Thorvaldsen, un très bref couloir qui porte le nom du grand sculpteur danois, ne voit passer que des touristes désorientés sortant de l’ascenseur. Ils y remontent dès qu’ils constatent que cette galerie ne mène pas à la sortie. Ils ont tort, ils manquent le plus beau pénis érigé du musée.

Il faut s’approcher d’une fenêtre. À côté, à hauteur d’œil, un présentoir. Sur le présentoir, une très jolie terre cuite de Sergel. Ce dernier, sculpteur suédois de l’époque de la Révolution, se rendra coupable de bien d’autres œuvres galantes. La terre cuite, dans le style des biscuits de Sèvres, est intitulée Centaure et Bacchante. Oui, mais le centaure a saisi la fesse droite de la bacchante. Et il l’a saisie avec une telle passion que son majeur cache et presse l’anus de la bacchante pendant que son annulaire en cache et en presse la vulve.

Le centaure est allongé sur le sol. Entre ses pattes chevalines on ne saurait manquer un pénis très humain, empli de joie par la proximité de la bacchante. La terre cuite ne mesure pas loin de quarante centimètres de long : l’organe du centaure occupe tant de ces centimètres que je ne doute pas que la Galerie Thorvaldsen devienne bientôt un lieu de rencontres. 

Si nous étendions à Paris le palmarès pénien, le vainqueur haut la main, si l’on ose dire, serait celui, énorme mais inaccessible, du génie de la Bastille. Limitée au Louvre et à Orsay, la compétition pénienne couronne l’Hercule de la salle des Caryatides et l’Adonis de la sculpture italienne. Sculptures géantes, leur pénis sont géants. Ils sont néanmoins au repos. Comme celui du Faune endormi de la cour Puget, Nil charnu déroulé au milieu des jambes grandes ouvertes du faune.

Les pénis érigés sont évidemment rares dans les salles du Louvre. Une légende racontée par un gardien barbu – les gardiens de musées sont une source précieuse pour les amis de la fable – voudrait qu’il y ait dans les réserves, domaine fabuleux s’il en est, une salle réservée aux six mille lampes romaines possédées par le Louvre. Or les lampes romaines, destinées à éclairer la nuit et ses plaisirs, adoptaient le plus souvent la forme d’un phallus enthousiaste. Selon ce gardien, un rituel de bizutage jamais avoué à ses victimes consiste à emmener les gardiennes débutantes dans cette salle, pour le plaisir d’observer leur réaction devant six mille organes engorgés. Se non è vero trovato. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /Oct /2009 00:04

Dans les gazettes spécialisées, les commentaires, les livres, le vin est magnifié et ceux qui le font encensés mais rares sont les journalistes, les experts, les écrivains qui trempent leur plume dans la sueur pour écrire sur le labeur des hommes et des femmes dans la vigne. Avec le retour en force des méthodes ancestrales certains s’intéressent plus aux chevaux qu’à ceux qui les mènent. Bien sûr, certains me feront remarquer que chez beaucoup de vignerons ou de vigneronnes, leurs mains vont du cep au vin, ils font tout ou presque par eux-mêmes mais, là encore, les mots du travail de la vigne, qui sont bien plus précis que ceux dont on emberlificote le vin, sont rarement exprimés. Sans vouloir en revenir à René Bazin ou à Joseph de Pesquidoux pourquoi diable ce non-dit, cette absence d’empathie pour ces gestes du soin de la vigne ? Je ne sais, sauf à croire que les urbains n’ont de la campagne qu’une vision bucolique qui leur fait protester contre le chant du coq ou certaines odeurs – celle du fumier épandu par exemple – lorsqu’ils se retrouvent dans leur costume de résident secondaire.

Sans vouloir jouer à celui qui sait, puisque j’ai les mains blanches, mes origines et mes 3 heures de travaux pratiques par jour à l’école d’agriculture, m’ont toujours rendu sensible à la pénibilité de certains travaux. Paradoxalement, c’est un écrivain, qui vit actuellement dans le Médoc, Éric Holder, qui dans un roman bref – c’est spécialité me dit-on – Bella Ciao, m’a inspiré cette chronique. Son histoire est celle d’un mec qui picole et qui se fait jeter par sa femme. Il veut en finir mais l’océan le dessoûle et le voilà qui se retrouve, passé le rideau de pins devant des vignes. Pour vivre, il trouve un contrat de 100 jours chez Franck Pottier qui « fournit depuis 1968 le prestigieux domaine de M, en carassons, des piquets de vigne. » Les Pottier sont aussi propriétaires du château Cantara un « cru artisan » qui ambitionne à la qualification de « cru bourgeois ». Thérapie par le travail dans les vignes, c’est autre chose que celle de notre « ami » Chabalier. L’homme ne s’attendrit pas sur son sort. Le roman est assez inégal mais le narrateur a manifestement mis les pieds et les mains dans les vignes.

 

Je vous offre quelques extraits de ce livre Bella Ciao publié au Seuil.

 

« Sur les carassons, ou échalas, courent des fils de fer tendus, le maillage sur lequel la vigne va croître. Autrefois en vaillant bois d’acacia, à présent en pin, les piquets doivent être souvent remplacés. C’est par milliers que chaque année, au milieu de l’automne, la vendange achevée, le domaine de M. en commande à Franck. »

 

« Franck me montra la Renault Express qu’il me confiait, un véhicule utilitaire chargé d’une brouette, d’un tas d’outils d’où dépassait le manche d’une pelle, et des centaines de pieds de vigne à complanter.

Complanter, c’est remplacer, dans les allées, les ceps qui, pour une raison ou pour une autre, ont péri. Beaucoup de cabernet sauvignon, un peu de merlot, du petit verdot, voilà un des secrets du château Cantara.

 

« La vigne est constituée d’un réseau de fil de fer à plusieurs niveaux, dans lequel nous enfouissons les mains, le maillage, donc. On a vu la foudre, empruntant ce chemin, griller l’employé comme tranche de lard dans la cheminée »

 

« Les parcelles de vigne, parfois situées à des kilomètres les unes des autres, portent des prénoms de femmes. Laurence, Béatrice, Marlène... »

 

« Une autre fois, il me montre un aste(courson) élevé en arceau. Des feuilles nouveau-nées, rose fuchsia, translucides, le transforment en diadème barbare, scintillant dans l’humidité de l’aurore. »

 

« Franck a trois autres ouvriers. J’entends qu’il leur dicte des ordres, sur son portable. Certains taillent – nous sommes fin février –, un autre acane, c’est-à-dire attache, avec des liens blancs, les astes au maillage. Ce boulot est réservé aux filles, qui ont des doigts plus fins. Je trouve dans les vignes des traces de leur activité, sans les croiser cependant.

-         Moi aussi, j’aimerais bien tailler...

-         Laisse tomber, dit-il avec tant de fermeté que je comprends qu’une partie de la récolte serait compromise »

 

« Dans la vigne est venu le moment d’espourguer, d’épamprer, un travail minutieux qui consiste à ôter des astes les bourgeons prétentieux. Les quelques-uns que nous laissons, à certains emplacements, s’appellent des cots. Ils pousseront en branches »

 

« À l’automne précédent, après la vendange, ont été descendus les deux fils de fer sous lesquels le raisin poussait. . Avec l’apparition du feuillage et de minuscules grappes, il faut les remonter, les tendre entre eux au moyen d’agrafes. L’opération est appelée « relevage »

 

« Nous relevons côte à côte, alternativement à droite et à gauche, chacun s’occupe de deux rangs. Eux finissent toujours les premiers. Quoi que je fasse – tâchant d’imiter leurs gestes sûrs, l’autorité avec laquelle ils ramassent d’un coup le feuillage sur les fils –, je patauge en arrière. Ils terminent chaque fois mes rangs, s’en excuseraient presque »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 00:09

Bernard Pivot, ce grand amoureux du vin, soumettait, à la fin de l'émission Bouillon de culture, ses invités à une version de son cru dérivée du questionnaire de Proust. Il y voyait l’occasion pour un écrivain de dévoiler à la fois des aspects de son œuvre et de sa personnalité. Ce Questionnaire n’est pas l’œuvre de Marcel Proust mais celle d’Antoinette fille du futur Président de la République Félix Faure, une « adolescente aux yeux gris » qui « sortait toujours avec un chapeau à plumes et une ombrelle, et tenait, pour être au goût du jour, une sorte de journal intime consigné dans un petit album plat de cuir rouge constellé d’arabesques, que sa gouvernante lui avait acheté sous les arcades de la rue de Rivoli, à la librairie Galignani spécialisée dans la vente d’ouvrages anglais et américains. Ce genre d’album en provenance de l’Angleterre victorienne était très prisé par les tenants bourgeois d’une France anglophile. » Henry-Jean Servat.

Ce Journal intitulé : Confessions. An album to Record Thoughts, Feelings, présentait sur chacune de ses pages un même questionnaire : 24 Questions « qui étaient censées, par les réponses qu’elles suscitaient, dévoiler l’âme vive des questionnés en révélant leurs sentiments cachés. » Les questions étaient rédigées dans la langue de Shakespeare, les réponses l’étaient en français. Le jeune Marcel Proust s’y soumis mais il fut l’un des rares à ne pas signer et il ne répondit qu’à 20 questions sur 24. L’album d’Antoinette Faure fut découvert par l’un de ses descendants dans une malle poussiéreuse de son grenier. Depuis, ce questionnaire a subi des variations de formes, des coupes ou des digressions, celui que j’ai proposé à des personnalités du vin est l’un des plus proches de celui auquel Marcel Proust s’est soumis.

La seule patte personnelle que je glisse dans ce questionnaire c’est que je demande à mes invités de mettre un focus particulier sur la réponse à la question concernant leur boisson préférée, le vin bien sûr, en parlant de leur bouteille préférée. Pour les propriétaires de vignobles, hommes et femmes du vin j’ajoute un bonus en leur donnant la possibilité de désigner à la fois l'un de leurs vins et le vin d'un autre producteur français ou étranger...

J’ai lancé, auprès de femmes et d’hommes du vin, une dizaine de questionnaires dans la nature, la plupart me reviendront et je soumettrai les réponses au fil des semaines de ce dernier trimestre que nous entamons. Le premier à se soumettre à cet exercice difficile est Gérard Bertrand car il est le premier à m’avoir donné son accord. Normal, Gérard est un homme qui a la vista, le sens de l’anticipation. Toujours en mouvement, il est de ceux qui, dans ce grand Sud dont il dit « que l’histoire reste à écrire », font bouger les lignes. Son ambition affichée d’être « le leader des vins premium pour le Sud de la France » relève d’un beau challenge et non d’un ego surdimentionné. L’homme aime son pays, il en connaît les forces et les faiblesses, il y puise son dynamisme, il s’y ressource, c’est un gagneur dont le Languedoc-Roussillon a bien besoin. En écrivant cela je ne viens pas tresser des lauriers à Gérard Bertrand, qui n’en nul besoin, mais dans la mesure où mon petit écho dans le concert de pessimisme serve à quelque chose, affirmer que le modèle économique qu’il développe est important pour le devenir de cette grande région viticole.

Je vais laisser la parole à Gérard Bertrand www.gerard-bertrand.com/. Pour ceux d’entrevous qui souhaiteraient en savoir un plus je leur conseille de lire l’entretien qu’il a accordé à La RVF du mois de septembre. Heureux que cette dame honorable et respectée sorte de plus en plus de son splendide isolement pour s’intéresser à des défricheurs de notoriété comme Gérard Bertrand. Merci Gérard de venir sur mes lignes...
Votre vertu préférée : le courage

Vos qualités préférées chez l'homme : l’honnêteté et l’enthousiasme

Vos qualités préférées chez la femme : la sensualité et l’intelligence

Votre occupation favorite : méditer

Votre caractéristique maîtresse : la volonté

Votre idée du bonheur : être conscient de la beauté de l’Univers

Votre idée du malheur : le sublimer

Vos couleurs et votre fleur préférées : l’orange et l’oranger

Si vous n'étiez pas vous-même, qui voudriez-vous être ? : mon ombre

Où aimeriez-vous vivre ? : Ici et là-bas

Vos auteurs préférés en prose : Jean-Jacques Rousseau

Vos poètes préférés : Rimbaud

Vos peintres et compositeurs préférés : Leonardo da Vinci et Mozart

Vos héros préférés dans la vie réelle : mon père

Vos héroïnes préférées dans la vie réelle : ma mère

Vos héros préférés dans la fiction : James Bond

Vos héroïnes préférées dans la fiction :

Votre mets et votre boisson : soupe à l’oignon, le Domaine de l'Aigle Pinot noir et les oeuvres complètes du Domaine de la Romanée-Conti.

Vos prénoms préférés : Joseph, Marie et Ingrid

Votre bête noire : Agen et Toulon, qui m’ont barré la route de la Finale du championnat de rugby

Quels personnages historiques méprisez-vous ? : d’après-vous ?

Quel est votre état d'esprit présent ? : serein et heureux ! c’est les vendanges.

Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? : l’ignorance

Votre devise préférée : dans la vie, il faut avoir le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté


LES REPONSES DE MARCEL PROUST SONT EN WINE NEWS N°62

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 00:07

 

L’image, c’est l’une des toutes premières, d’un type fraîchement sorti du lit, du côté du parc Monceau, tôt le matin, au bord d’un bar tout juste ouvert en face de chez lui, qui descend en un rien de temps deux verres de blanc. Cette image, en plan fixe dans la presse, montre le type – François Cluzet en l’occurrence – le regard fixe, un verre de blanc au bord des lèvres : la messe semble dite, le coupable est tout désigné puisqu’il y a une victime.

Et pourtant, si comme moi, vous alliez voir « Le dernier pour la route » film de Philippe Godeau d’après le récit d’Hervé Chabalier, grand succès de librairie (180 000 exemplaires vendus) vous constateriez que le petit verre de blanc n’y est pour rien. Alors pourquoi diable le mettre en avant, puisque le film n’est que la relation au jour le jour de la thérapie de groupe, dans une confortable clinique suisse, où François Cluzet, alias Hervé, tente d’arrêter de se saouler. Tout bêtement parce que c’est commode. Tout simplement parce que c’est l’image-type du pochtron de comptoir véhiculé pendant des années par les communicateurs. Et pourtant, comme le dit dans le film un toubib sinistre, alcoolique devenu abstinent, ça pourrait-être de l’eau de Cologne ou de l’alcool à brûler. Le liquide alcoolisé ingurgité importe peu, on ne se saoule pas par plaisir lorsqu’on se lève en pleine nuit pour descendre une bouteille au goulot, ce qui compte c’est la course éperdue pour combler le manque.

Les causes de l’alcoolisme d’Hervé ne tiennent pas à une attirance particulière pour le vin mais à des accidents de la vie : la mort de sa petite sœur en Afrique suite à une vaccination contre la rage à la suite de la morsure d’un chien qu’il avait imposé à ses parents où il se découvre égoïste et coupable ; sa vie de grand reporter qui l’entraîne souvent au bord des bars ; son tempérament impérieux, égotique, de patron d’une grande agence de presse... Bref, oui l’alcoolisme est une maladie qui peut toucher n’importe qui et, tous, autant que nous sommes, ne pouvons rester indifférent au lot de souffrance qu’elle entraîne pour l’alcoolique lui-même et ses proches.

Fallait-il pour autant que Chabalier tire un film de son livre ? La réponse des critiques est mitigée. J’en citerai 2 : celle de Télérama et celle du Canard Enchaîné. Avant, sans polémiquer, je suis stupéfait de la surface accordée par le Nouvel Observateur à ce film disons « thérapeutique ». Là nous retrouvons le goût immodéré des journalistes de promouvoir leurs copains journalistes. Phénomène constatable déjà lors du battage fait autour du « rapport Chabalier ». Hervé Chabalier qui aime tant la lumière des spots est un intouchable. Sa parole est d’or. Dans le film, où il découvre enfin l’existence des autres, l’homme apparaît comme un monsieur je tiens tout sous contrôle, sauf lui. Son expérience ne le destinait pas pour autant à endosser, par l’onction d’un copinage ministériel, le costume du monsieur qui délivre la leçon. Cette part d’arrogance, de suffisance, sans doute atténuée par sa thérapie – franchement je comprends encore mieux Olivier Ameisen, le chemin de l’abstinence tel qu’il est tracé dans ces institutions ne peut que conduire 9 fois sur 10 à l’échec – resurgit dès que les feux de la rampe se braquent sur lui.

Revenons au film et aux critiques lues après avoir vu le film :

-         celle de Samuel Douhaire dans Télérama qui correspond le mieux à mon ressenti (vous voyez bien les gars de Télérama que je suis même capable de dire du bien de vous) : « Quand je veux faire passer un message, je ne fais pas de cinéma : je l’envoie par la poste », disait John Ford. C’est le gros problème du premier film aussi émouvant que maladroit réalisé par le producteur Philippe Godeau : la lutte contre l’alcoolisme du journaliste Hervé Chabalier (François Cluzet, irréprochable) ressemble souvent à un long message de prévention du ministère de la Santé. Avec cours magistral sur les ravages de la boisson, suivi de cas pratiques édifiants... Entre deux scènes lourdement démonstratives, le Dernier pour la route trouve un peu de mystère grâce à Mélanie Thierry, étonnante dans son incarnation de l’abandon et du dégoût de soi. »

-         celle de David Fontaine dans le Canard Enchaîné pour élargir le champ « Le scénario est fluide, la réalisation translucide, et les acteurs impeccables : notamment Michel Vuillermoz en viveur généreux à la Depardieu, Mélanie Thierry en ado à vif, ou Mélanie Canto en thérapeute attentive. Mais un doute vous étreint : s’agit-il d’un film didactique, d’ailleurs fort bien fait, destiné selon le mot de Chabalier à « faire passer un message sur l’alcoolisme » ? Voire une pub à peine déguisée pour telle institution existante ? Ou carrément d’un film de prévention bientôt remboursé par la Sécu ? Allez, un dernier « message » sanitaire pour le doute... »

 

François Cluzet, comme Chabalier, est lui aussi passé par l’alcoolisme « comme lui, j’ai connu les nuits blanches pour éviter le noir. Je comprends donc très bien sa douleur et sa honte lorsqu’il boit au goulot à trois heures du mat’, sans pouvoir s’en empêcher. Je suis passé par là. » Comment s’en est-il sorti ? Nul ne le sait et c’est sans doute mieux ainsi. Alors avec ce film-message j’espère que Chabalier en a terminé avec sa surexposition médiatique. Il ne fait pas avancer d’un centimètre la question de la guérison de l’alcoolisme. Le combat d’Olivier Ameisen, et surtout son beau livre, est bien plus porteur d’espoir que le « message sanitaire » d’un dernier pour la route...
Je n'y suis pour rien, le hasrd fait bien les choses, j'ai reçu hier au soir le témoignage de Yannick que vous pouvez lire - je vous le recommade vivement - en cliquant  sur le lien
29/09/2009 21:08:11

« Le Dernier Verre » du Dr Olivier Ameisen : un témoignage qui dérange…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /Sep /2009 00:08

Je serai bref.

Additionner les « difficultés » que connaissent des grands pays ou de grandes régions viticoles : New-Zélande, Australie, Italie, Espagne, Bordeaux, Languedoc-Roussillon pour « mesurer l’ampleur et l’aggravation de la crise qui touche quasiment tous les pays producteurs de vin » relève d’un calcul de gribouille.

Pourquoi ?

Tout bêtement parce que la viticulture mondiale n’est pas en crise mais connaît une violente et prévisible période d’ajustement dans la mutation engagée depuis l’irruption de nouveaux producteurs sur le marché mondial ou du moins sur les marchés de certains pays, telle la Grande-Bretagne, où ils ont su faire émerger de nouveaux consommateurs.

Nous assistons à un carambolage, à une tectonique des plaques entre les pays qui ont joué l’expansion à tout va, et qui doivent freiner « à mort » pour tenir compte à la fois des limites de leur modèle et de la dépression mondiale et ceux qui ont cru, tel l’Espagne, pouvoir profiter de l’aspiration et qui doivent revoir leur stratégie, ou comme la France, dont les 2 grands vignobles phares ont joué une concurrence mortifère, un immobilisme stupide, et qui subissent la double peine : ils n’ont pas profité de la phase de conquête et ils doivent comme les autres s’ajuster.

La situation n’a rien d’étrange face à des perspectives de reprise du marché mondial, surtout pour la France où nous prenons de plein fouet l’inadaptation d’une part de notre ressource vin aux demandes des marchés émergeants comme de notre marché domestique. Nous avons refusé obstinément de nous voir comme le plus grand pays producteur généraliste de vin. Nous avons continué de rêver au modèle AOC pour tous. Nous avons fait comme si les vins dits « technologiques » n’étaient pas dignes de notre glorieux passé alors que le vignoble pour les faire est sous nos pieds. Nous nous sommes obstinés à croire que la cohabitation de ces 2 modèles, leur gestion par complémentarité nous mettrait en position de faiblesse. Nous touchons les « dividendes », si je puis m’exprimer ainsi, de nos non-choix.

Le déni de réalité ne change pas la réalité.

Que faire ?

Méditer sur le discours de Philippe Vergnes président du Syndicat des Vignerons du Midi, qui à l’invitation de Georges Frèche, président de la Région, a présenté lors de la dernière session du Conseil Régional « la situation dramatique des vignerons régionaux. » 

Mais encore ?

Écouter les docteurs de la 11ième heure, adeptes du pâté d'alouette : 99% d'analyse du passé et un chouïa de vagues propositions, ils sont très nombreux et très pertinents.

Pour ma part je m’en tiendrai là.

Ce n’est pas du Ponce-Pilatisme mais le strict constat du fait que je suis hors-jeu.

Le 27 décembre 2006 j’avais commis une chronique : « Chirurgie de champ de bataille » http://www.berthomeau.com/article-5030131.html le diagnostic reste le même avec un double facteur aggravant : 3 années sont passées et l’économie mondiale n’est pas au mieux de sa forme.

Mon métier – oui j’en ai un – n’a jamais consisté à dire ce que certains veulent s’entendre dire ni à me faire plaisir en m’appuyant sur mes choix personnels.

Enfin, je le rappelle, je n’étais pas seul. « Agir plutôt que réagir » si mon employeur me le demandait remettre sur le métier l’ouvrage ne me fait pas peur... Voir la réponse à la 3ième Question de 3 Questions à Jacques Berthomeau du 4 décembre 2008 par Catherine Bernard http://www.berthomeau.com/article-25264173.html

NB. Les citations entre parenthèses sont extraites du dernier Vitisphère

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 00:04

Rassurez-vous ce n’est pas une histoire d’O mais bien celle d’un marchand de vins sis au bas de Belleville, où le tissu urbain le plus ancien date de la fin du XIXe lorsque la population ouvrière s’est concentrée dans des faubourgs cernant Paris. Cette nouvelle trame urbaine s’est « greffée » sur des terres cultivées en vignes et, encore de nos jours, il est toujours possible de d'identifier des « parcelles » aux formes étroites et profondes, disposées transversalement à la pente, selon la vieille orientation des vignobles.

Le marchan de vin auquel je rends visite subrepticement, tel un inspecteur du guide rouge – non Patrick je n’ai pas écrit du petit livre rouge – sans le savoir me font un plaisir extrême en ayant posé leur « château » au 31 rue Ste Marthe dans le 10ième arrondissement dans le bas de Belleville. Comme sur cet espace de liberté je ne vous cache rien, Marthe est pour moins un prénom qui a marqué mon entrée dans l’existence : la sage-femme qui a accouché ma mère se prénommait Marthe et, lorsque du haut de mes 5 ans, de mes culottes courtes et de mes boucles de jais, je rejoignis l’école maternelle, sœur Marthe, petite sœur de Mormaison, fut « mon chaste et premier amour ».

Donc, en une fin d’après-midi lumineuse et douce d’un été indien, délaissant mon vélo, j’ai pris ma petite auto pour aller ochato. Pour être transparent – c’est très tendance la transparence – je ne me dirige pas en terra incognita mais en terrain de connaissance : Sylvain et Olivier, deux des « ochatelains », sont des membres de l’Amicale des Bons Vivants et nous nous sommes croisés à Vinexpo lors de l’apéritif sauvage de l’ABV. J’assume, et je revendique même la proximité que j’ai de ces deux garçons qui font mon âge à eux deux : soit 2 fois 30 ans. Ce sont de jeunes pros passionnés comme je les aime. D’ailleurs le petit gars de Télérama qui a commis : « un caviste se rebiffe » aurait été bien inspiré de se bouger le cul pour aller tâter du terrain dans l’Est parisien au lieu de se contenter d’écrire en chambre son article gentillet sous la dictée des grands anciens du vin.

J’y suis. Je gare ma petite auto, sur un lieu prévu à cet effet afin d’éviter de gaver les poulets avides de faire du chiffre, le rouge au front pour l’offense faite au ciel et à mon vieux maître Michel Rocard (à quand l’électrique ?). Pédestrement je longe la charmante place Ste Marthe où j’imagine déjà de Bons Vivants papotant autour d’un verre avant d’aller célébrer le vin pour un jour du vin (idée à creuser camarades) et je débarque dans l’échoppe de mes marchands de vin. Accueilli par de francs sourires dans un magasin en devenir je me fais questionneur, le genre chroniqueur d’un nouveau type – le plus grave c’est que je ne sais pas moi-même de quel type. Peut-être un compromis entre la Jaguar Type E et le soixante-huitard du type jouisseur. Bref, je bois avec délice et avec plein de mots une petite merveille pleine de bulles dont je vous reparlerai bientôt.

Comme dans un film de Claude Sautet à ochato, www.ochato.com créé en 2006 pour faire de la vente de vins en ligne, ici c’est pour moi Olivier, Sylvain, Christophe et les autres. Ils sont 5 dans cette aventure. Je ne connais que les 2 premiers. Une histoire de rencontre du côté de Bordeaux entre des passionnés d’Art Contemporain, jeunes pousses émoulues d’école de commerce, avec un vrai nez du vin : Christophe. Allez sur le site consulter leur parcours et leur passion. Depuis 6 mois les voilà posés au 31 rue Ste Marthe. Défricheurs, ils font tout de leurs mains et déjà à l’extérieur l’enfant à belle allure. Je me sens comme chez moi et je l’avoue ça me rajeuni moi le papy-boomer.

Bon je n’ai pas mis le cap à l’Est pour m’attendrir sur le temps qui passe mais pour cause de foire aux vins d’ochato. Mais comme je suis un peu ramier sur les bords, et au centre aussi, pourquoi ne pas laisser la parole à la vénérable Revue des Vins de France qui leur a donné son onction dans son numéro de septembre en titrant : Ochato.com les grands vins ou rien Cuvées rares, vieux millésimes, magnums. Comment résister à de telles propositions?

« C'est la toute première fois que la RVF évoque, dans sa "foire aux vins" les compétences de ce tout jeune site. Quand d'autres cherchent l'exhaustivité, ochato.com se concentre sur la recherche de vins pointus et parie sur la proximité avec quelques uns des plus talentueux vignerons de l'Hexagone... À l'affiche : une quarantaine d'excellents domaines, des cuvées rares, des vieux millésimes, une offre 5+1 en vins "bio", une quinzaine de domaines disponibles en magnum... Le tout constitue une gamme remarquable balayant la plupart des vignobles. De bonnes offres commerciales sont attendues sur le site. »

Eux que disent-ils  : « Voilà nous y sommes, c'est la rentrée...Aussi, chez Ochato.com nous avons décidé de vous accompagner dans ce moment difficile ! Comment ? Avec notre Foire aux Vins ! Nous vous avons déniché de nouveaux trésors avec la complicité de nos vignerons qui nous font confiance depuis bientôt 3 ans :vins à maturité, cuvées disparues, vins bio, magnums4 sélections donc, pour votre plaisir, issues de notre solide relation avec ces viticulteurs : une fidélité aux hommes et à leur travail qui nous permet de négocier ces cuvées inédites parfois, originales souvent, de qualité toujours. A vous de jouer ! »


Ce que j’aime chez les jeunes de la rue Ste Marthe c’est leur nous de partenaire, sans ostentation ni discours sur l’éthique, comme certains de leurs confrères ; nous de confiance réciproque qui s’appuie sur la proximité, l’intérêt partagé, une forme de commerce équitable. Dénicher des appellations méconnues, accompagner des vignerons peu connus, être avant-gardiste, c’est un investissement sur le long terme, comme savaient si bien le faire les éditeurs autrefois. Cependant nos marchands de vins ne se confinent pas que dans les petites perles rares ils proposent aussi des valeurs établies : Cos d’Estournel, Sociando-Mallet, Pontet-Canet, Domaine Leroy, Palmer...etc.

Comme je n’ai ni un long bec, ni un palais fin, mes conseils pour choisir dans la richesse et la diversité de cette foire aux vins, n’y comptez pas ce serait confier vos intérêts d’amateur à un faiseur de mots. Faites à votre idée ou si vous avez besoin de guides faites plutôt confiance aux 2x30 d’Ochato, et qui plus est si vous êtes Parigot allez leur rendre une petite visite au 31 rue Ste Marthe dans le bas ce Belleville.

Reste le petit cadeau pour la fin :

« mais où sont mes racines Nashville ou Belleville...»  par Schmoll, Claude Moine, dit Eddy Mitchell né le 3 juillet 1942 à Paris dans le quartier de Belleville. 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 00:04

Et pendant ce temps-là La Cause du peuple couvrait le terrorisme de mille fleurs, ses rédacteurs frustrés, dans leur prose toujours aussi lourdingue, posaient sur lui des regards énamourés qui déplaisaient fort à Marcellin qui faisait embastiller ses directeurs de publication successifs : Le Dantec et Le Bris, rien que des petites pointures. Pour juguler l’hémorragie, les maos sollicitaient Sartre soi-même en se disant que le pouvoir n’oserait jamais mettre à l’ombre le vieux fumeur de Boyards. Il acceptait. Mauriac, dans l’un de ses derniers blocs-notes du Figaro Littéraire, le 28 mai 1970, juste avant sa mort, ironisait méchamment « Il suffit que Sartre assume la direction d’un journal qui veut tout mettre à feu et à sang pour que ce journal devienne anodin… Sartre est incurablement inoffensif » Du côté de la CGT de la Régie et du PC, les camarades, eux, n’appréciaient guère le caractère anodin des coups de barre de fer des « établis » - intellos travaillant sur les chaînes - de l’Île Seguin. La coupe débordait, Bernardini était dans le coma. Ils décidaient de faire un exemple. À la pause de midi, un commando de soixante-dix militants, conduit par le barbu Certano, fondaient sur la chaîne de la sellerie au 2ième étage et embarquaient Bouboule un mao particulièrement grande gueule, fils d’un grand chirurgien, pas un perdreau de l’année puisqu’il passera 4 ans en usine. Le transport, sur plus d’un kilomètre, par la rue Emile Zola qui traverse l’usine du Sud au Nord, fut du genre cochon mené à l’abattoir. Arrivés à la porte Zola, côté Boulogne, les jeunes cégétistes voulaient le foutre à la baille mais la vieille garde les tempèraient et ils se contentaient de balancer le Bouboule sans ménagement sur le bitume. Dans la foulée celui-ci se retrouvait viré de la Régie ce qui permettait aux maos de hurler à la collusion Direction-CGT et ils n’avaient pas tout à fait tort.

Du baston entre les cocos et les frelons ça me donnait des fourmis dans les jambes et, comme sous les ors de l’hôtel de Roquelaure mes coéquipiers géraient au mieux l’archange, avec Chloé, nous décidâmes de faire un retour en force dans le giron de la Gauche Prolétarienne qui, depuis le 27 mai 1970, était une organisation interdite. Ça pimentait notre retour. Nous y fûmes accueillis avec l’aura de ceux qui, de retour d’Italie – c’était notre version pour expliquer notre longue absence – apportaient au chef officiel, Benny Levy alias Pierre Victor, des nouvelles fraîches du véritable front où le combat venait de réellement commencer. Celui-ci, tapi au fin fond de Normale Sup se la jouait Grand Marionnettiste clandestin tirant les ficelles de sa bande de peine à jouir. Clandestinité d’opérette bien sûr, la grande maison avait des zoreilles partout. Notre venue annoncé, avec tambours et vents, par notre vieille connaissance Gustave la balance fit de l'effet sur la troupe inquiète. Cette raclure, retournée comme une crèpe à mon seul profit se gaussait d'être le chouchou de Maurice Clavel et de la Marguerite Duras. Avec son bagou et son accent ch’timi il paradait de plus en plus ce qui limitait beaucoup son activité militante et son utilité mais, comme il continuait de bénéficier auprès de l’état-major de la GP d’un crédit important lié à son statut de représentant des larges masses, je bénéficiais encore par lui d’infos de première mains que je balançais à ma hiérarchie. Celle-ci avait baptisé le nid de frelons pot au miel, le commissaire Bertrand ne manquait pas d’humour et me considérait comme son meilleur infiltré. Le plus drôle dans cette affaire c’est que jamais aucun de ses fins limiers ne détecta ma présence dans l’entourage du Ministre de l’Equipement et du Logement. Nous vivions une époque formidable.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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