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Samedi 29 mai 2010 6 29 /05 /Mai /2010 00:09

Serais-je soudain devenu dyslexique, ou plus exactement dysgraphique, en cette veille de la Fête des Mères ? Rassurez-vous, même si parfois mes neurones s’emballent, mes mots s’échauffent, mes phrases dérapent, en l’espèce tout est sous contrôle. Croyez-moi sur parole le Médoc des GCC ne m’a pas encore tourneboulé la tête. C’est d’autant plus vrai que celui qui est venu à moi est comme l’écrit joliment JF Pécresse dans les Echos « n’est pas celui des propriétés rutilantes aux jardins léchés qui jalonnent la départementale 2 entre Macau et Saint-Seurin. Pas celui de l’aristocratie des crus classés qui ne met pied en terre médocaine que pour y travailler le matin et recevoir le soir. » C’est le Médoc profond, avec ses racines, son accent chantant et un goût de la vie communicatif. »

Récemment, au retour d’un séjour à Listrac, à l’invitation d’Alain Meyre Président de l’ODG, je m’étais échiné, avec ma manie des détours, d’expliquer à Martin, mon petit fils, que le Médoc n’était pas un médoc http://www.berthomeau.com/article-non-martin-le-medoc-n-est-pas-un-medicament-45187174.html. Ce matin mon entreprise est presque du même tonneau : vous convaincre que le grenier médocain ça se mange. Pour rendre la tâche moins insurmontable, le plus simple pour moi serait de passer le relais à Maryse Meyre, médocaine pur sucre. Précision d’importance, Maryse Meyre n’est pas la fille du Capitaine Léon Veyrin mais l’épouse d’Alain Meyre le propriétaire du château Cap Léon Veyrin (comme le déclamait Cyrano de Bergerac : « C'est un roc !.... c'est un pic ! C’est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ? C'est une péninsule ! »). Si vous avez du mal à suivre  mon esprit d’escalier je vais tenter d’être plus cursif.

 

Tout était souvent dans notre vieille France une affaire de mariages : il en fut ainsi pour le destin du château Cap Léon et du château Veyrin lorsqu’au début du 19ième siècle les deux sœurs Curat se marièrent avec les deux frères Meyre. Le vignoble de 17 hectares situé sur les plus belles croupes de Listrac et, pour en finir avec le Cap, sachez qu’il signifie en patois médocain « la tête », le point le plus haut.

  

J’en reviens au grenier médocain, et plus particulièrement à celui, unique donc rare, de Maryse Meyre. Même si vous brûlez de savoir ce qui se cache sous cette appellation je ne puis m’empêcher d’écrire que le grenier médocain est à l’image de Maryse Meyre : authentique ! Entendre celle-ci est un régal, de l’énergie à l’état pur, une vitalité pleine de sourire et une pointe d’accent qui allège la langue. L’expression « être au four et au moulin » lui va comme un gant. Des chambres d’hôtes depuis 25 ans, le « Petit Cabaret des vignes » à château Julien (dîner spectacle une fois par mois où toute la famille Meyre monte en scène avec les amis du village) depuis 4 ans, et ouverture ce mois-ci du Bar du Vigneron qui sera sans doute le digne héritier de la fameuse Table d’hôte de Maryse Meyre.

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Alain Meyre fut marchand de bestiaux, des moutons pâturaient dans les vignes de Cap Léon Veyrin, et il allait en Aveyron acheter des Salers de réforme. Si j’écris ceci c’est pour souligner que chez les Meyre, la bonne viande fait parti de leur culture. Et puis, cerise sur le gâteau, ils se rendaient parfois à la foire de Parthenay où je suis allé moi-même accompagner mon père, Arsène Berthomeau, lorsqu’il y vendait des bêtes sur pied. Digression qui ne me conduit nullement à vous vanter la hampe ou l’araignée de bœuf mais à plonger dans la sublime complexité du cochon.

 

Comme l’écrivait John Berger depuis l’Antiquité  « les animaux étaient à la fois sujets des hommes et adorés par eux, nourris et sacrifiés. Aujourd’hui, les vestiges de ce dualisme subsistent parmi ceux qui vivent intimement avec les animaux, et en dépendent. Un paysan peut s’attacher à son cochon et être heureux de saler son porc. Ce qui est significatif, et si difficile à comprendre pour le citadin, est que les deux énoncés de cette phrase sont liés par un « et » non par un « mais ». Dans le questionnement actuel : voir le titre d’un récent Télérama : « Le monde paysan est-il condamné ? » l’effacement progressif de ce dualisme mériterait réflexion.

 

Mais me direz-vous pourquoi disserter sur le cochon à propos d’un couple de vignerons ? Parce que tout simplement c’est le héros du jour, la vedette du grenier médocain (ne pas confondre avec le grenier de Montmartre, les Meyre adorent les cabarets). En effet, en dépit de son nom, qui évoque plus le grain que le vin, le grenier médocain est une cochonnaille. Pour le définir je m’abstiendrai de faire référence à la Confrérie du Grenier Médocain (Mairie de Saint-Laurent-Médoc 33112 Saint-Laurent-Médoc) qui parle de « panse » de porc, ce qui est une horreur parce que ce brave goret, comme on dit chez moi en Vendée, à une constitution anatomique et biologique proche de la nôtre et est donc pourvu d’un estomac comme nous.Grenier_M-3.jpg

La recette, telle que je l’ai recueillie de la bouche de Maryse Meyre, s’écrit ainsi. Bien nettoyer et ébouillanter l’estomac du porc. Dans un grand chaudron préparer un court-bouillon assaisonné et parfumé avec un bouquet garni classique, des clous de girofle, des baies rouge et de la noix de muscade et le faire chauffer. Sa première fonction sera de cuire le boudin. Ensuite y plonger des têtes de porc et les faire bouillir. Dès qu’elles sont cuites, les retirer et les hacher grossièrement comme des morceaux de pot au feu. Sélectionner les morceaux nobles : joues, langues, oreilles, les saler et poivrer puis les placer dans l’estomac avec de l’ail. Coudre l’estomac puis le plonger dans le bouillon qui doit être seulement frémissant (donc petit feu). Laisser cuire 1 à 2 heures et surtout le laisser refroidir dans le bouillon jusqu’au lendemain matin.Grenier_M-4.jpg

 Le grenier médocain à la mode Maryse Meyre est prêt pour la découpe et la dégustation. Il se mange froid avec une petite salade craquante ou chaud avec des lentilles. Pour qui aime le porc dans tous ces états, n’en déplaise aux gardiens de la santé publique, le grenier médocain est craquant dans tous les sens du terme. Le général de Gaulle qui raffolait des pieds de cochon était aussi friand, dit-on, de grenier médocain.

 

Je suggère donc à tous les membres de l’Amicale du Bien Vivre, dite des Bons Vivants, dont je suis le Secrétaire Perpétuel autoproclamé, qu’ils se doivent de noter l’adresse du Bar du Vigneron au château Julien 97, avenue du Haut-Médoc 33460 Cussac Fort-Médoc tél 05 56 58 60 92, afin d’aller goûter le grenier médocain de Maryse Meyre. Je puis les assurer qu’ils ne seront pas déçus du voyage. (les morceaux qui sont placés au NO de l'assiette ci-dessous) assiette.JPG Mais s’adonner aux délices du grenier médocain ne va pas sans boire et la maison Meyre est bien aussi bien pourvue du côté solide que du côté liquide. En effet, avec le château Cap Léon Veyrin (15 ha) AOC Listrac cru bourgeois supérieur s’ajoute le château Bibian (20 ha) AOC Listrac cru bourgeois et le château Julien (15ha) AOC Haut Médoc cru bourgeois. Pour tous les détails aller sur www.vignobles-meyre.com . Pour ma part, avec ma minuscule casquette de dégustateur non patenté, j’ai apprécié le Cap Léon Veyrin 2007 qui accompagnait le grenier médocain puis j’ai vraiment beaucoup aimé le millésime 2005 complexe et puissant, plein de promesses d’une grande et belle longévité.

Pour le château Cap Léon Veyrin primeur 2009 je laisse à Jacques Boissenot, l’œnologue-conseil maison, le soin de le décrire mieux que moi « robe rouge profond presque sombre. Le nez révèle de jolis arômes de fruits noirs, cerise, mûre, avec des notes de bois bien fondues. L’attaque est souple avec un milieu de bouche dense et des tanins puissants et fermes à la fois. L’équilibre est harmonieux, sans aucune agressivité. La finale est remarquable par sa longueur et ses saveurs séduisantes dues aux tanins de grande maturité. »  CLV2007_001-copie-2.jpg Pour en revenir au Médoc, qui ne résume pas à une litanie de grands crus classés, sa vitalité se fonde sur des entreprises comme celle des Meyre. Entreprise familiale, avec la loi d’orientation de 1962 d’Edgar Pisani l’exploitation à 2UTH vit le jour marquant à la fois le début de la Révolution silencieuse de nos campagnes et l’accès de notre agriculture à la compétition mondiale sous le manteau protecteur de la PAC. Aujourd’hui ce modèle semble à bout de souffle, agressé par la dérégulation, en bute aux producteurs du Nouveau Monde, il doit être revisité d’urgence. Dans notre secteur, le modèle domaine familial dynamique, doit mieux reconnu comme étant un élément indispensable à la vitalité de notre tissu rural. Chez les Meyre tout le monde est à son poste : Alain et son fils Julien à la vigne, Nathalie la fille s’occupe des vinifications, Maryse main dans la main avec Nathalie au commercial, à l’administration et à l’accueil : le fameux commence par là ! Les Meyre sont les ambassadeurs d’un Médoc méconnu et gagne à être connu. Allez-y !

Pour celles et ceux fondus du marathon je rappelle que la prochaine édition de celui du Médoc (créé en 1984) est le 11 septembre 2010 www.marathondumedoc.com J’y serai, pas en short, et nous pourrons après l’effort goûter au réconfort du grenier médocain...  PhotoMeyre  Voir le reportage photos sur les Meyre en Wine News N°73 en haut à droite du blog

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 00:05

Il faut bien avouer qu’être affublé d’un tel patronyme générique : pesticide n’aide pas à couler des jours tranquilles. Même les mots font peur ! La vérole c’est plus parlant que les MST. Alors le vieux DDT, le Round Up, le Gaucho et beaucoup d’autres... tueurs de « nuisibles » insectes ravageurs, champignons, « mauvaises herbes », vers parasites...  qui sont des insecticides, des fongicides, de herbicides... sont aussi des produits familiers des urbains d’abord sous des marques commerciales affriolantes comme Baygon contre les fameux acariens, les rampants et autres petites bêtes d’appartement, et aussi dans leur jardinerie préférée, pour les plantes du balcon ou d’intérieur, sous des packagings très nature. Tous sont des toxiques violents.

 

L’opération sourire des jeunes agriculteurs sur les Champs Elysées lors du week-end de Pentecôte, lointaine héritière de la Grande Moisson : 20 ans déjà, part d’un bon sentiment : réconcilier les urbains avec les paysans. Reste que c’est une opération scénarisée, dont l’esthétique renforcée par un soleil retrouvé – en 1990 c’était en un seul jour le 24 juin et le soleil cognait aussi – prime sur le fond des problèmes. Mettre la campagne dans les villes déclenche la sympathie mais pas forcément la prise de conscience du pousseur de caddie lorsqu’il se retrouvera face au rayon fruits et légumes de son super ou hyper-marché ou du hard-discount du coin. Opération ponctuelle, qui a la faveur des grands médias, mais qui, une fois les « plantes » remballées, dont le souvenir s’estompe vite car d’autres tam-tam prennent la place. Communiquer c’est bien, mais encore faut-il que les hommes qui sont, si je puis dire, derrière ces cultures, soient compris, donc qu’ils travaillent à mieux se faire comprendre, au jour le jour, par leurs concitoyens qui sont aussi des consommateurs. Le combat de Dominique Granier pour le retour à une agriculture de proximité est bien plus porteur pour combler le fossé entre les urbains et les agriculteurs

 

Pour en revenir un instant à la Grande Moisson, je l’ai vécu de près : j’étais membre du Conseil d’Administration de l’opération au titre de représentant du Ministre, je sais d’expérience que, sur la longue période, hormis le très beau souvenir de ce champ de blé mûr moissonné par des moissonneuses-batteuses FIAT (l’un des sponsors) à la tombée du jour, l’opération n’a eu que peu d’impact sur la perception des agriculteurs par les Français. Peut-être eut-il fallu la renouveler mais, au risque de passer pour un bonnet de nuit, la Grande Moisson fut un fiasco financier qui coûta son poste au Président des JA de l’époque (Joseph Dauzay, l’actuel Secrétaire-Général du groupe CASA, directeur des JA de l’époque doit s’en souvenir). Pourquoi me direz-vous ? Tout bêtement parce que ce brave président des JA s’était laissé séduire, en dépit de l’opposition conjuguée du représentant du maire de Paris (Jacques Chirac) et de moi-même (Henri Nallet) par les communicants jamais en reste pour vendre du vent au prix du caviar. La captation d’héritage par le dénommé Gad Weil prête avec le temps à sourire (se souvient-il du dédit pharaonique payé à Philippe Sarde pour une musique qu’il n’a jamais composé ?) Bon il y a prescription mais je trouve que certains poussent un peu loin le bouchon. Revenons à mes « tueurs » de nuisibles.

 Image_1.pngmoisson.jpg

Avec le sujet des « pesticides » nous abordons l’envers du décor et alors chacun retrouve sa tranchée. Vous connaissez mon peu de goût ni pour la stigmatisation, ni pour la posture de donneur de leçon. Mon souci est  que le dialogue s’instaure, sans outrance, sans invective, sur la base d’une approche dépassionnée. Pour ce faire je verse au débat le scénario de l’INRA conduisant à une réduction de 50% des pesticides à l’horizon 2018. De grâce ne vous récriez pas, dans un sens ou dans un autre car c’est trop facile. Lisez ! Commentez si vous voulez. Ainsi, amis vignerons, le dialogue pourra se nouer sans invective ou condamnation.

 

Etude Ecophyto R&D pilotée par l’INRA : www.inra.fr › Presse elle dresse un état des lieux de l’usage des pesticides dans l’agriculture française et des marges de manœuvre agronomique pour sa réduction.

Dépenses totales en pesticides pour les exploitations professionnelles : 2MDS d’€ en 2006 (source RICA)

Pour les 2/3 : Grandes cultures.

La Vigne et les cultures fruitières sont « à l’origine des pressions pesticides les plus fortes localement »

Rapporté au nombre d’hectares cultivés (hors prairies permanentes) la France est un fort consommateur de pesticides avec 5,4kg/an (3ième rang européen)

 

Que faire ?

-         une simple logique d’optimisation des traitements (agriculture raisonnée) permettrait de réduire déjà d’environ 15% l’emploi de pesticides.

-         Sans modification des systèmes de production et en l’état actuel des techniques de protection des cultures, une réduction de 30% pourrait être obtenue.

-         L’application de méthodes prophylactiques et alternatives à l’échelle de l’exploitation ainsi qu’une modification des variétés cultivées et de rotations permettraient d’atteindre des réductions beaucoup plus significatives, de l’ordre de 50%.

La réduction de moitié de l’usage des pesticides en agriculture à l’horizon 2018 correspond donc à un profond changement des modes de production agricole, avec un fort développement de l’agriculture biologique et une quasi-généralisation de la production intégrée.

 

Les conséquences de ce programme ambitieux en moins de 10 ans :

-         la généralisation d’une agriculture intégrée entraînera une baisse sensible des  rendements : - 6% en grandes cultures avec des baisses plus fortes pour le colza et la pomme de terre, - 20% en culture fruitière er – 25% en viticulture.

-         L’impact sur les marges à l’ha serait en revanche plus faible car les baisses de production sont en grande partie compensées par la réduction des charges.

-         Pour le secteur des grandes cultures, un scénario « optimal » est présenté, combinant production intégrée et agriculture biologique. Il permettrait une réduction de 50% de l’usage des pesticides, entraînerait une baisse de production de 12% et une diminution des marges de 5%.

 

Pour les plus courageux d’entre vous, ou les plus intéressés, la synthèse de 92 pages à partir du lien www.inra.fr Presse leur permettra d’accéder aux données concernant la vigne :

-         page 14 et 15 la répartition des pesticides par productions et par régions

-         pages 30 à 35 l’analyse concernant la viticulture.

Il est à noter que l’extrême diversité de notre vignoble, et surtout la grande difficulté de calculer la perte de marge eu égard à des prix de vente du vin eux aussi très hétérogènes, rend l’exercice de l’INRA peu lisible et interprétable pour notre secteur. Il faudrait affiner par régions et par type de vins produits.

 

Dernier point, le cas de la Suisse qui a conditionné, à partir de 1998, le versement de ses aides agricole à un programme de production écologique. Aujourd’hui, 92% des exploitations suisses sont en production intégrée et 8% en agriculture biologique.

 

Enfin, pour que les urbains puissent avoir un point de comparaison, et éviter les jugements sommaires, je propose qu’ils réfléchissent à leur consommation familiale d’antibiotiques et de leur capacité à changer leur comportement face à leur souci, surtout pour leurs enfants, de se couvrir de la façon la plus large face à l’agression que représente une maladie...

 

Bonne journée, bonne lecture, et comme on n’obtient Rien sans Rien, je précise à mes chers lecteurs, que dans ma grande bonté je leur offre des indices pour répondre à mes 2 questions d’hier http://www.berthomeau.com/article-y-a-t-il-rien-que-des-bulles-dans-le-champagne-51131649.html

 

1ier Indice : les USA entrent dans les 2 réponses, un prénom qui rappelle la bière pour la première, et la 1ière Guerre pour la seconde...

2ième Indice : la Coupe du monde de football 1958 : le club du meilleur buteur...(ici la réponse est double : la ville et le lieu où se trouve le livre) 

 

Et puis afin de dégeler vraiment vos souris sachez que mon appel à la Champagne a été entendu par l’ami et fidèle lecteur Alain Soutiran qui offre en dotation : un carton de 6 « Perle noire » Grand Cru Soutiran. Merci à lui ! Nous sommes tous des Bons Vivants 

images Chine 

Je mets la musique et la voix de Serge Gainsbourg sur «Ces Petits Riens» merci François ( voir le commentaire).

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 00:09

Parfois je me dis en mettant le point final à une chronique : « tu les saoules mon coco... trop de mots, Berthomeau... » et, comme je ne suis pas Mozart, à qui son commanditaire Joseph II aurait dit, au sortir de L’enlèvement au sérail : « Trop de notes, Mozart », je vais me livrer à un double jeu de Rien.

 

1ière Donne : Qui est la star ci-dessous ? Merci, afin que chacun puisse répondre, de ne pas donner votre réponse en commentaire mais par le biais de CONTACT tout au bas du blog (cliquez) ou par mon e-mail berthomeau@gmail.com

 164-9e29202aeb8f559b9e9cd027b58aee6e-620x0.jpg164-b18084b43635a17d61ab8b9ef2a72727-620x0.jpg

 2ième Donne : Où trouve-t-on (ville et lieu précis) la 1ière édition de L’Eloge du Rien 1730 chez Antoine de Heuqueville ? Même procédure pour la réponse.

 

«Le pouvoir de Rien est extraordinaire : un Rien nous fait pleurer, un Rien nous fait rire, un Rien nous afflige, un Rien nous console, un Rien nous embarrasse, un Rien nous fait plaisir ; il ne faut qu’un Rien pour remonter un pauvre homme il ne faut qu’un Rien pour le renverser. Un Rien brouille un ami avec son ami, un amant avec sa maîtresse, une femme avec son mari, et l’homme souvent avec lui-même. »

 

« J’ajouterai à tout ce que j’ai déjà dit sur Rien, Messieurs, que le meilleur pays de la terre serait celui où l’on vivrait de Rien, où l’on mangerait pour rien de fines perdrix et de bonnes fricassées de poulets, où l’on boirait pour Rien des vins meilleurs que les vins les plus délicats de Bourgogne et de Champagne ; et que nous regarderions comme un homme divin celui qui nous donnerait une belle maison et une bonne terre pour Rien. »

 

3ième Donne : Vous me connaissez, je ne fais Rien pour Rien, ce double jeu n’est Rien qu’une manière de me moquer Rien qu’un peu de moi-même tout en, l’air de Rien, vous entraîner en Champagne. En effet, mes 2 Questions vous ramènent en Champagne.

Comprenne qui pourra !

 

4ième et Dernière Donne : Si mes amis lecteurs sis du côté de la Champagne estiment que j’ai bien mérité du Champagne, s’ils sont vignerons, grandes ou petites maisons, ils peuvent doter ce double jeu d’un beau flacon plein de bulles que je m’empresserai d’expédier au gagnant. S’il en y en a plusieurs, dans ma grande sagesse, j’aviserai.

 

Soyez Joueurs !

 

 

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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 00:01

Mon titre est très sérieux (démonstration à la fin de ma chronique). Ma quête des ressorts profonds de la consommation populaire du vin se poursuit, sans pudibonderie puisque le hard ici nommé n’effeuille que les prix pas les pousseuses de caddies. Ouf, vous n’aurez pas droit à des titres du style « Les chattes en folie » et vous pourrez ainsi lire en toute quiétude, en bon père de famille, mes chroniques sans être pris pour de vulgaires mateurs de films X.

Le lundi de Pentecôte pétant de soleil je me suis rendu pédestrement jusqu’au magasin ED sis rue de la Tombe Issoire. Je n’y avais jamais mis les pieds lui préférant pour mes courses pondéreuses le Franprix situé à quelques pas de chez moi (ainsi je peux, au grand désespoir d’Hervé, surveiller les agissements de JPC et de son caddie estampillé Leader Price). Même module que le LIDL visité, mieux tenu, avec un % de marques nationales plus important : Evian, Président, Lotus (mon intérêt pour le PQ ne doit troubler personne). Bien évidemment, en ce faux jour férié chômé par plus de 80% des salariés, la chalandise ne se bouscule guère dans le magasin mais, comme au LIDL, les consommateurs présents sont représentatifs de ce quartier coincé entre le populaire 13ième (beaucoup de HLM  ont été construits sur l’emprise de jardins ouvriers) et le plus chic Montsouris.

Le rayon vins, situé à l’extrémité de la dernière travée, donc proche des caisses, est bien tenu, les tout petits prix au raz des pâquerettes, les autres doux comme des agneaux aux étages élevés. Le classement horizontal suit un ordre croissant en allant vers la caisse et la signalétique est claire avec indication du prix au litre. Le calme du lieu et l’absence d’agent de sécurité suspicieux m’a permis un relevé plus paisible : j’ai donc pu noter les millésimes (ce que j’avais omis chez LIDL http://www.berthomeau.com/article-journal-du-hard-lidl-frappe-fort-un-remake-ou-la-cytelle-remplace-sylvia-kristel-50761031.html ). Tous les prix de mon classement sont libellés, afin de pouvoir les comparer, pour une bouteille de 75cl.

 

N°1 : VdT rouge Espagne 1,5L bouteille plastique......0,84€

N°2 : VdP Oc Merlot Bib 5L............................................1,19€

Ex-æquo : VdP Oc Cabernet Sauvignon Bib 5L.............1,19€

                    VdP du Gard  rouge (par 2 bouteilles)........1,19€

N°5 : Vin de France Merlot rosé Bib 3L...................................1,20€

N°6 : VdP Oc Sauvignon blanc Bib 5L..................................... 1,32€

Ex-æquo VdT blanc Espagne 25 cl plastique par 4.................1,32€

N°8 : VdT rouge France Veil Ecu (copie Vieux Pape).............1,35€

N°9 : Mancha rouge.................................................................1,39€

Ex-æquo : VdP Gard rouge la bouteille................................... 1,39€

N°11 : Bordeaux rouge 2009.................................................... 1,49€

Ex-æquo : Cote du Rhône rouge 2008......................................1,49€

N°13 : Mancha blanc................................................................. 1,50€

N°14 : Minervois......................................................................... 1,68€

N°15 : Mancha Merlot.................................................................1,69€

N°16 : Cote du Rhône rosé...........................................................1,70€

N°17 : VdP Comté Tolosan blanc...............................................1,75€

N°18 : Mancha Cabernet-Sauvignon 2008...............................1,79€

Ex-æquo Cote du Roussillon rosé Bellavista par 2 ...................1,79€

N°20 : VdP d’Oc rosé...................................................................1,95€

N°21 : Ventoux 2009..................................................................1,99€

Ex-æquo : Bordeaux 2009 château Bib 3L................................1,99€

N°23 : Cahors rouge............................................................2,19€

N°24 : VdP d’Oc Sauvignon-Blanc 2008.......................... 2,24€

N°25 : Bergerac rouge 2009...............................................2,39€

N°26 : Rosé de Loire 2009..................................................2,45€

N°27 : Bordeaux rouge 2008..............................................2,47€

N°28 : Coteaux d’Aix rosé 2008.........................................2,58€

N°29 : Vin de Pays d’Oc Merlot rosé................................. 2,63€

Ex-æquo Vin de Pays d’Oc Grenache rosé..........................2,63€

N°31 : Vin de Pays d’Oc 2009 Roméo&Julietta *

Chardonnay Marsanne......................................................... 2,69€

N°32 : Corbières rosé 2009..................................................2,70€ *

N°33 : Cotes de Provence rosé 2008.....................................2,76€

N°34 : Cote du Rhône rouge domaine................................. 2,79€

N°35 : Vin de Corse rosé 2008..............................................2,89€

Ex-æquo : Bordeaux blanc 2008...........................................2,89€

Cotes de Provence rosé 2009.................................................2,89€

N°38 : Bordeaux rosé 2009....................................................2,98€

N°39 : Cahors 2007.................................................................2,99€

Ex-æquo : Chili cabernet-Carmenere 2009...........................2,99€

N°41 : Cotes du Rhône Village Valréas 2008............................ 3,09€

N°42 : Cotes de Bourg 2008........................................................ 3,24€

Ex-æquo :: Muscadet SM 2009....................................................3,24€

N°44 : Ex-æquo Cabernet d’Anjou 2009.....................................3,39€

N°45 : Graves 2007........................................................................3,58€

N°46 : Cotes du Rhône en 35cl.......................................................3,96€

N°47 : Bordeaux Bio blanc 2009....................................................3,99€

Ex-æquo : Cotes du Rhône bio rouge 2009....................................3,99€

N°49 : Bourgueil 2007......................................................................3,99€

N°50 :Rioja 2007..............................................................................3,99€

N°51 : Bourgogne Chardonnay 2008......................................... 4,49€

N°52 : Médoc 2007..................................................................... 4,55€

N°53 : Monbazillac..................................................................... 4,99€

N°54 : Brouilly............................................................................ 4,99€

N°55 : Montagne St Emilion 2008..................................... 5,09€

N°56 : Haut-Médoc 2006........................................... 7,99€ 

 

COMMENTAIRES

 

-         Plus de références 56 chez ED que chez LIDL 45

-         AOC majoritaires 40/56 dont 4 Mancha et 1 Rioja

-         Vin de Pays 11 dont 8 d’Oc

-         Vin de Table 3 dont 2 espagnols

-         Vin de France 1

-         Chili cépage 1

-         2 vins Bio

-         8 vins étrangers

-         13 rosés dont la majorité mis en avant dans un rayon près des caisses

-         Les moins de 2 euros ne sont pas majoritaires 22/56 contre 31/45 chez LIDL

-         Les moins de 3 euros 40/56

-         Bordeaux 11 références de 1,19€ à 7,99€

-         Cotes du Rhône 6 références de 1,68€ à 3,96€

-         Languedoc 12 références 9 VdP de 1,99€ à 2,69€ et 3 AOC de 1,68€ à 2,70€

-         Le Brouilly a la cote à Paris 54ième /56

 

-         Dans ce hard se cache un vigneron-culte signalé dans mon classement par une * Michel Reynaud EARL Combe Long 11200 Montserret

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-         Embouteilleur 14400 ce serait t’y pas le Calvados et la bonne ville de Bayeux où le Général prononça un célèbre discours.

-         A vue de nez, sans préjuger de la qualité des produits, l’expertise sur les Bordeaux semble supérieure à celle de LIDL.

-         Enfin cerise sur le gâteau sous la même étiquette : SAUVIGNON et le même prix : 2,25€ se cache un sauvignon blanc 12% vol de 3 origines La Mancha 2008 (embouteilleur 14400), Vin de Pays d’Oc 2008 (embouteilleur Intervins négociant 11000 Carcassonne) et Vin de France 2009 (embouteilleur négociant 11290 Montréal). Voir photos ci-dessous.

-         Comme le négociant audois Intervins est aussi le père de La Cytelle je joins ces 3 vins, y compris le DOC Mancha embouteillé à Bayeux (détail sur mon ticket de caisse il est compté à 2,24€) Y doit y avoir des polytechniciens égarés chez ED.

-         Le slogan d’ED est « Manger bien Manger moins cher »  Tom-7832.JPG

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 00:09

Depuis tout petit je suis fasciné par les couples commerciaux, les Roux&Combaluzier, les Panhard&Levassor, les Rivoire&Carret, les Villeroy&Boch, les Chaffoteau&Maury, les Martini&Rossi, les Thomson&Brandt et tant d’autres... Beaucoup n’ont pas résisté à l’usure du temps et se sont dissous ne laissant que des traces dans les mémoires des seniors ou sur les pignons de vieux immeubles.

Flânant, lors d’un des rares dimanches ensoleillés que nous ayons connu, sur les quais de Seine je suis tombé nez à nez avec le fameux Bouvart&Ratinet, petit opus verdâtre, tout pelé, une édition d’avant-guerre de la célèbre table de logarithmes. Mon esprit, toujours mal tourné, a alors associé ces deux dignes professeurs, Camille Bouvart et Alfred Ratinet à un autre couple célèbre : Bouvard&Pécuchet les héros du roman inachevé de Gustave Flaubert qui narre l’aventure de deux copistes qui aimeraient vivre à la campagne, et à qui un héritage opportun permet de reprendre une ferme dans le Calvados. Touchant à tout : médecine, chimie, politique, ils iront d’échec en échec avant de retourner à leur métier d’origine.

 

Je suis donc rentré chez moi avec cette idée qui me trottait dans la tête et je me suis contenté de noter sur l’un de mes petits carnets : Bouvard&Ratinet. Et puis, sans trop savoir comment, le temps passant une autre petite musique s’installait au côté de mon double duo, celle de Gilbert&Gaillard.

Trop drôle, mais quel rapport ?

Aucun, sauf que ce duo m’inspirait plus de questions que de réponses et que, sans vouloir être désobligeant avec eux, depuis que j’ai entraperçu leur guide dans les antichambres de vignerons visités je me suis toujours demandé : mais qui sont donc Gilbert&Gaillard et surtout qu’est-ce qui pousse un amateur à acquérir leur guide ? D’où viennent-ils, qui sont-ils, j’avoue humblement l’ignorer.

 

Pour en avoir le cœur net, pour éviter que je ne m’aventurasse sur les sables mouvants de mon ironie facile je suis donc allé surfer sur le Net.

Première découverte, excellente pour ma petite satisfaction personnelle, Raymond Queneau s’est longtemps interrogé sur la relation entre Bouvart&Ratinet et Bouvard&Pécuchet, au détail près, comme pour les 2 Dupont&Dupond, du t de l’un et du d de l’autre. Le notre, Jacques, le Merveilleux du Vignoble, est pourvu d’un t.

Pour autant ça n’apportait rien à mes interrogations gilbertgaillardiennes. Alors il ne me restait plus qu’à fondre sur le site www.gilbertgaillard.com .

Qu’y découvris-je ?

Que Gilbert&Gaillard, dont le premier se prénomme François et le second Philippe étaient mes concurrents puisqu’ils tenaient chacun un blog.

Que fis-je ?

J’y allais.

Que découvris-je ?

Qu’en tout et pour tout François Gilbert à commis en 2009 une seule chronique : « Répondre au défi de la mondialisation » qui reprend vaillamment quelques bribes de l’étude Vinexpo-ISWR pour conclure « Gilbert & Gaillard ont décidé d’apporter leur pierre à ce chantier vital. En septembre prochain nous lançons le Gilbert & Gaillard Wine Guide qui sera largement diffusé sur les marchés anglo-saxons (Etats-Unis, Canada, Royaume Uni notamment) : une formidable vitrine (en anglais) pour les vins français de qualité. »

Vaut mieux tard que jamais je me suis dit.

Pour 2010, en date du 2 mars Philippe Gaillard annonce que « La femme est l’avenir du vin ». Là aussi rien de très neuf et de très ébouriffant. Puis plus rien depuis.

Donc, sur le versant blog, je me sens rassuré du côté concurrence de la part de Gilbert & Gaillard. Mais sans doute vont-ils s’y coller car avec le développement du phénomène des sites communautaires Facebook, Twitter, faudrait pas que, comme les pauvres Bouvart&Ratinet ratatinés par les calculettes, ils ne se transformassent en « espèces en voie de disparition ».

Le marché étroit des guides de vin est déjà si encombré et surtout l’arrivée à mâturité des babys boomers – dont je suis – constitue un vrai défi pour leurs rédacteurs.

Mais ma question n’est pas là même si j’aimerais bien consulter les chiffres de vente des guides de vin.

Au fait qu’elle était donc ma question ?

Oui, c’était : « mais qui sont donc Gilbert & Gaillard ? »

Voilà ce qu’en dit « Le Guide Château Loisel »

« Leur guide des vins est assez différent des autres guides. D’une part, le guide ne donne que de courts commentaires de dégustation, classés par notes décroissantes au sein de chaque appellation, sans parler du vigneron ou du domaine, ne serait-ce qu’en une phrase. Seuls quelques vins bénéficient d’un traitement plus complet avec une photo de l’étiquette et une présentation du domaine. Bien que l’ouvrage ne le précise pas, on peut penser, en toute logique, qu’il s’agit là de coups de cœur.

L'autre particularité est la sélection. Les auteurs cherchent à mentionner un grand nombre de vins abordables ou disponibles en grande surface. De ce fait, l’amateur de vins pourra être dérouté en remarquant de nombreux manques et oublis, surtout en dehors de Bordeaux et de la Champagne qui sont les deux régions les plus largement couvertes.

Les vins sont notés sur 100 selon une échelle de valeur proche de celle de Parker avec toutefois une plus grande densité de vins notés entre 80 et 90. Les notes supérieures à 90 semblent réservées aux crus classés bordelais et aux champagnes de marque ; elles sont excessivement rares dans les autres régions. Si les informations pratiques sont très limitées (numéro de téléphone du domaine), les prix sont presque toujours mentionnés, en tout cas bien plus souvent que dans les autres guides où, de façon quelque peu agaçante pour le lecteur, cette information semble trop souvent classée «confidentiel défense»…

Au final, si le guide souffre de manques, il permet en revanche de lire des commentaires sur certains vins non mentionnés dans les autres guides. A noter que le Guide des vins Gilbert et Gaillard est maintenant traduit en anglais pour tenter une distribution internationale. »

Voilà c’est tout ce que j’ai trouvé. Dire que c’est tout ce que je sais c’est une autre paire de manches mais, comme je ne suis pas tailleur de costars, je m’en tiendrai là pour Gilbert et Gaillard. Si certains peuvent éclairer ma lanterne ils peuvent se fendre de commentaires.

Pour ceux, qui comme Hervé, trouve que certains jours je suis un peu trop nébuleux, trop cafouilleux, trop elliptique, trop bordélique, permettez-moi de conclure cette chronique, qui en est certainement un bel exemple, en faisant mienne cette pensée de Nietzche – encore un gonze que l’Onfray peut pas piffer – « Il faut beaucoup de chaos dans la tête pour accoucher d’une étoile qui danse ».

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 00:08

Pour ce lundi de Pentecôte sauvé des griffes de l'homme aux saillies molles, oublié de tous, je vous transmets un peu de culture via ce courrier reçu de Nicolas Boulard, fils de notre ami Francis Boulard www.francis-boulard.com . Belle initiative que son Clos du Frac. Bonne lecture ! 

 

Chers amis,

Le dimanche 23 mai au Frac Alsace, dans le cadre du Festival "Nouvelles", je donnerai une conférence intitulée "Specific Cheeses" sur les liens entre les formes de l'art minimal et les formes des fromages. La conférence sera suivie d'une dégustation. Cette conférence est en relation avec le lancement du projet de jardin que j'ai conçu pour le Frac Alsace  (voir plus bas) 
 
"Une journée particulière" au Frac Alsace dans le cadre du Festival Nouvelles : dimanche 23 mai à partir de 12h15 jusqu'à 17h30 (sur réservation et payant)  12€ ou (15€ avec bus Strasbourg Sélestat (A/R) départ Place de l'Etoile à 11h15) Renseignements auprès du Frac Alsace : 03 88 58 87 55 ou Pole Sud : 03 88 39 23 40

avec
Nicolas Boulard
Guillaume Désanges
Prinz Gholam
Miet Warlop
Marjorie Burger-Chassignet et Galaad le Goaster Cie Somebody
 
Frac Alsace
Espace Gilbert Estève
Route de Markolsheim
67600 Sélestat
 
Par ailleurs, je vous invite à venir visiter l'exposition les élixirs de Panacée du 13 mai au 17 octobre 2010 Palais Bénédictine 110 rue Alexandre Le Grand 76400 Fécamp, France
00 33 (0)2 35 10 26 10
www.benedictine.fr
 
Enfin, vous pouvez lire le texte de la conférence "Une histoire européenne
du vin" que j'ai donné le Vendredi 18 décembre 2009 dans le cadre de Reims
Scène d’Europe - Anniversaire du Frac Champagne Ardenne
:
http://www.salocin.org/?Une-histoire-europeenne-du-vin
 

Clos du Frac


Clos du Frac
Vignes
1000 m2
Fond régional d’art contemporain Alsace
Sélestat
Projet en cours

Depuis 1999, le jardin du Frac Alsace est un lieu d’expérimentations artistiques en perpétuelle recréation. En 2010, ce jardin est planté de vignes d’après le modèle de Mouton Rothschild, vignoble réputé du bordelais.

Le jardin du Frac Alsace est le résultat de deux déplacements :

Un morceau de campagne est déplacé dans l’Agence Culturelle d’Alsace à Sélestat. L’architecture du lieu dialogue désormais avec ce vignoble.

Les cépages plantés dans le jardin du Frac ne sont pas ceux que l’on retrouve habituellement en Alsace.

Ce jardin prend pour modèle un vignoble très réputé de la région de Bordeaux : la Château Mouton Rothschild à Pauillac. Les vignobles du Bordelais sont une référence d’excellence et surtout un modèle de réussite économique. Dans ce que l’on appelle les vins du nouveau monde, le modèle bordelais sert de référence. Ainsi, on retrouve les cépages Merlot et Cabernet Sauvignon dans les vignobles Californiens, Chiliens, Australiens, Néo-zélandais et même dans des régions viticoles très anciennes qui sont en quête d’une nouvelle identité et qui s’adaptent aux marchés tel que la Géorgie, ou la Bulgarie.

Enfin, les conditions écologiques ont motivées la plantation des cépages bordelais en Alsace.

D’une part, les analyses de sol du jardin du Frac Alsace effectuées par le Laboratoire d’analyse microbiologique des sols ont déterminé que la géologie se prêtait tout à fait à la plantation de cépages de la région de Bordeaux.

D’autre part, les changements climatiques de ces 20 dernières années ont déplacés les climats de 200km vers le nord. Ainsi, le climat de la vallée du Rhône se retrouve aujourd’hui en Bourgogne et celui de la Champagne en Belgique. Cela a une influence certaine sur les vins et notamment sur le degrés d’alcool (nous voyons aujourd’hui des vins rouges proches des 16 %/Vol).

Le jardin du Frac Alsace porte désormais le nom de "Clos du Frac". Ce Clos sera cultivé de la manière la plus naturelle possible par des professionnels de la viticulture.


Avril 2010

- Plantation

 

parcelle 1 : 105 pieds de Cabernet Sauvignon

parcelle 2 : 190 pieds de Cabernet Sauvignon

parcelle 3 :

- 2 Merlot
- 5 Cabernet Sauvignon
- 8 Cabernet Sauvignon
- 11 Cabernet Sauvignon
- 15 Cabernet Sauvignon
- 18 Cabernet Sauvignon
- 21 Petit Verdot
- 25 Cabernet Sauvignon
- 28 Merlot
- 30 Merlot
- 32 Cabernet Sauvignon
- 31 Cabernet Franc
- 29 Cabernet Franc
- 26 Cabernet Sauvignon
- 22 Cabernet Sauvignon
- 20 Cabernet Franc

total : 618 pieds

Assistant d’installation : Eric Michaux
merci à John Mirabel et Alexandre Taillefert pour leur aide


Février 2010

- Sols au repos


Été 2009
- Parcelles en jachère


Mai 2009
- Délimitation des parcelles
- Semis de jachère


Novembre 2008
- Analyse du sol par le LAMS (Laboratoire Analyse Microbiologique des Sols) Analyses effectuées le 28 novembre 2008 par Claude Bourguignon et Lydia Gabucci - Bourguignon


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 02:22

Le moment de surprise passé, sans mot dire, nous emboitions le pas de la vieille dame trainant ses savates, et dont le chignon de guingois ressemblait à une pièce-montée en déroute, pour nous rendre tout au bout d’un long couloir débouchant dans une véranda encombrée d’un capharnaüm de plantes et de statues de plâtre. Dans les bras de l’une d’elle un gros matou gris aux yeux orange nous toisait sans agressivité. Jeanne frissonnait. La vieille dame, toujours dans un français chantant, s’adressait au mur vert « Conrad, tu as des visiteurs... » et, se tournant vers nous, elle disait d’un air tendre « il devient de plus en plus sourd... » Le matou gris sautait de son promontoire pour venir se frotter aux chevilles de la vieille dame alors qu’émergeait de la masse des plantes un petite homme en blouse blanche dont les yeux de myope, surmontés de sourcils filasse d’un blanc resplendissant, nous observait avec un réel étonnement. Il s’avançait vers nous en souriant « si Emma m’appelle en français c’est que vous êtes Français... » De concert, Jeanne et moi l’assurions que oui, nous étions bien des Français. Conrad, pince sans rire, tout en nous serrant avec effusion la main, surtout celle de Jeanne, nous taquinait « même si mon plaisir est immense je ne permettrais pas de dire : quel bon vent vous amène car ici aucun vent n’est bon et, comme je pense que je dois au hasard votre venue c’est que vous avez des soucis » Nous approuvions. « Emma, voudrais-tu nous préparer du thé ? »

Nous passâmes dans un petit salon. Conrad, très disert, avant même que nous n’ayons exprimé la moindre demande, nous assurait qu’il ferait tout pour nous aider. « Je suis un ancien des Brigades Internationales. J’ai vécu plus de 10 ans en France et c’est là-bas où j’ai épousé Emma. Vraiment vous ne pouviez pas tomber mieux. Qui vous a amené jusqu’ici ? » Je repensai au rouquin qui nous attendait dehors. Conrad s’esclaffa lorsque Jeanne lui précisa que le gamin nous avait conduits chez lui parce que nous cherchions un docteur « Vous savez ici tout le monde est Her Doctor. Mais pourquoi diable cherchiez-vous un docteur ? L’un de vous est-il souffrant ? » Je le rassurai en expliquant que nous cherchions surtout un téléphone. Conrad chaussa ses lunettes qu’il avait jusqu’ici juché sur son front. « Vous ne seriez pas un peu flic sur les bords pour avoir l’idée de venir chez un médecin pour téléphoner. C’est astucieux. Vous savez j’ai tellement joué avec eux que je les lis à livre ouvert. Malheureusement ici nous n’avons même plus de flics mais rien que des mouchards, ça pullule, rien que des petits cafards qui grouillent. Si vous n’étiez pas tombé sur moi, même un homme ayant prononcé le serment d’Hippocrate aurait été capable de vous dénoncer. Tout le monde ici à peur, tout le monde ici crève de peur, nous sommes gouvernés par des petits hommes sans idéaux qui flattent les plus bas instincts. Ce pays, lorsque le gros Ours, pour des raisons que j’ignore, retirera sa grosse patte protectrice, s’effritera, se désagrègera, se désintègrera. Il ne restera rien. Même pas ce fichu mur... »

Emma avait fait entrer le petit rouquin qui s’empiffrait de gâteaux en buvant un soda. Je fis part de mon marché avec lui. Elle s’expliqua en allemand avec le gamin qui, le nez dans la crème, l’écouta sans broncher. Emma m’expliqua qu’il valait mieux que ce soit elle qui s’occupe de l’acquisition du fameux ballon car la détention d’un aussi gros billet vert par un gamin éveillerait les soupçons et le risque était grand que la police politique remonte la filière. J’en convins en ajoutant que nous désirions aussi que les risques qu’ils prenaient pour nous aient une contrepartie. Elle se récriait « Si vous voulez que Conrad vous fiche à la porte proposez-lui vos dollars. » Le dit Conrad plongé dans l’observation attentive des genoux de Jeanne restait de marbre. Quand je lui communiquais le numéro de Sacha il fronçait les sourcils et se récriait « mais c’est le préfixe des numéros du 103 de la Ruschestrasse. Qu’est-ce que vous voulez au juste ? Me compromettre ? Qu’est-ce qu’un vieux débris comme moi peut-il encore gêner ? Vous êtes qui ? » Je soupirai « un agent dormant des services français... » Il branlait sa belle tête « mais alors qu’est-ce que vous foutez ici en cavale ? » Jeanne prenait les devants « C’est à cause de moi ! » Cette seule déclaration rassurait le vieil homme qui se levait en m’enjoignant de le suivre « Venez ! Votre ami il mange à quel râtelier lui ? » Ma réponse ne parut pas le surprendre « Il n’en sait rien lui-même... »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 00:01

Tom 7630

Hier au soir, comme je sortais de dîner aux Papilles, le cœur léger, la peau halée du premier soleil, guilleret, un sac contenant la bouteille de ce qu’il restait du Morgon 2009 de Marcel Lapierre en bandoulière, sur le trottoir des Toulousains fêtaient au Ricard leur Heineken Cup, descendant la rue Gay Lussac chère à mon cœur de soixante-huitard, soudain face à l’Hôtel du Brésil une voix me héla. Immédiatement, comme en son temps la Jeanne la Pucelle de Domremy entendant des célestes voix, ma voix se présenta « Sigmund Freud » et levant les yeux je découvris qu’il avait en effet occupé le lieu (voir photos ci-dessous).

 Tom 7626Tom 7629

Présentation faite, Freud le réprouvé d’Onfray m’adjurait :

-         Cherchez la femme vous trouverez l’homme !

-         ...

-         Prenez BHL, le col blanc, il ne sort jamais dans le monde sans son Arielle...

-         Le baril ?

-         Mais non crétin sa moitié qui a un si beau popotin : la Dombasle...

-         Pardonnez-moi Sigmund, ce n’était qu’une plaisanterie à deux balles...

-         Epargnez-moi vos colucheries, je cherche une rombière...

-         Avec une guêpière comme l’Arielle !

-         Allons Berthomeau, sachez qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui...

-         Ce n’est pas de vous...

-         Je sais, Desproges est maintenant mon voisin de chambrée...

-         Alors vous vous offrez un petit week-end à Paris ?

-         Oui je fais un extra pour le St Esprit.

-         Vous auriez du allez en Normandie !

-         Au club du 3ième âge de Caen de mon ami Michel...

-         L’archange ?

-         Décidément vous n’êtes pas sérieux...

-         Et vous Sigmund, si j’en crois l’Onfray, vous êtes aussi habillé pour l’hiver... vous un imposteur docteur...

-         Mais je n’ai pas dit mon dernier mot...

-         Et quel est votre dernier mot ?

-         Le premier !

-         Vous plaisantez...

-         Jamais !

-         Alors dites

Et c’est alors que Sigmund m’a dit « Ce Onfray, qui est le Delly de la philosophie à 2 balles, a-t-il, comme BHL, son Arielle Dombasle ? »

Et il est reparti.

 

Et moi je me suis dit « Fais quelque chose pour répondre à cette brûlante question. La face du monde en sera changée. Pensez-donc, dans le petit monde des lettres parisien, la grande nouvelle c’est qu’au hit-parade de l’intellectuel médiatique l’Onfray d’Argentan, le fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage, qui fait passer le temps aux retraités désœuvrés, qu’est pote avec Mélenchon, à détrôné l’héritier des bois exotiques, le BHL qui achète ses chemises blanches chez Charvet rue de la Paix.

L’Onfray vient même faire « la pute » chez Ruquier face à Zemmour le roquet.

Bref, comme j’aime payer de ma personne, pour panser les plaies de ce pauvre Sigmund, je propose à tout internaute en capacité de me faire parvenir une photo de la rombière de l’universitaire populaire, le « Delly de la philosophie, qui pond plus vite qu’une reine survitaminée d’une ruche du Pays d’Auge, de le récompenser d’un abonnement à vie pour la fourniture hebdomadaire d’un cubitainer de La Cytelle qu’est, comme chacun sait, le must du rouge populaire comme l’écrivait Roland Barthes dans « Mythologie » : « Boisson Totem ».

« Pour le travailleur, le vin sera qualification, facilité démiurgique de la tâche « le cœur à l’ouvrage ». Pour l’intellectuel, il aura la fonction inverse : « le petit vin blanc » ou le « beaujolais » de l’écrivain seront chargés de la couper du monde trop naturel des cocktails et des boissons d’argent (les seules que le snobisme pousse à offrir) ; le vin le délivrera des mythes, lui ôtera de son intellectualité, l’égalera au prolétaire ; par le vin, l’intellectuel s’approche d’une virilité naturelle, et pense ainsi échapper à la malédiction qu’un siècle et demi de romantisme continue à faire peser sur la cérébralité pure (on sait que l’un des mythes propres à l’intellectuel moderne, c’est l’obsession « d’en avoir »

Tom 7619

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /Mai /2010 00:09

Le porte-parole de JP Coffe trouvant que je faisais preuve d’acharnement « chronique » à son encontre et de « Leader Price » (groupe Casino de Jean-Charles Naouri ancien Dircab de Pierre Bérégovoy) m’a glissé à l’oreille : « Tu devrais aller passer aux rayons X les rois Hard : Lidl et Aldi...» Vous commencez à me connaître, je suis prêt à tout même à aller, pour faire plaisir à Hervé Bizeul, me commettre en des temples de la consommation populaire, là où des St Vincent de Paul modernes proposent aux démunis des produits moins cher que moins cher. Comme vous le savez je ne partage pas cette analyse car j’estime que le « moins cher du moins cher » poussé dans ses derniers retranchements fabrique d’abord les pauvres qu’il dit ensuite nourrir à bon compte.

Pour autant, le hard-discount, importé d’Allemagne inventé en 1948 (belle année pourtant) par les frères Aldi, qui repose sur un assortiment limité aux produits de base, de marque propre ou sans marque, sur une maîtrise drastique des coûts de fonctionnement (personnel réduit), répond à une demande réelle de consommateurs à petit budget. « Longtemps considéré comme le « supermarché du pauvre », le hard discount encore appelé maxi-discompte, séduit une clientèle de plus en plus large. Selon une récente étude de l’Institut Iri Secodip, 62% des Français ont fait, au moins, une fois leurs courses dans un magasin de ce type. »

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En 2009, sa part de marché a reculé à 14,1% en valeur contre 14,3% en 2008 (étude Kantar Worldpanel) « Ce recul s'est produit malgré une progression du nombre des magasins et des investissements publicitaires, souligne l'étude. Le panier moyen a diminué, passant à 22,7 euros contre 23,1 euros en 2008, tandis que la fréquence de visite a plafonné. Les enseignes allemandes Aldi et Lidl sont celles qui tirent le mieux leur épingle du jeu, avec une stabilisation de leur part de marché: 4,8% pour Lidl et 2,5% pour Aldi. Les enseignes françaises "souffrent plus de cette situation", souligne l'étude, faisant référence à Leader Price (Casino), Ed (Carrefour) et Netto (Les Mousquetaires), sans communiquer leur part de marché. « Dans un contexte où les enseignes traditionnelles ont mis en application « la Loi de modernisation de l'économie (LME) et « ont baissé leurs prix, l'avantage concurrentiel du hard discount a perdu de son impact et explique sans doute la baisse de leur image globale », estime Gaëlle Le Floch, directrice de l'unité distribution de Kantar Worldpanel.

Essoufflement, déclin, pas sûr, le secteur se cherche de nouvelles orientations : introduction de marques fournisseurs (Ed et Lidl), de plusieurs niveaux de gamme (Leader Price) ou fidélité au concept de base avec une offre limitée à 800 produits (Aldi). Manifestement le secteur n’est pas prêt de battre en retraite, sa stratégie du chancre : « Je suis là et je ne suis pas cher» vise à consolider ses acquis tout en poursuivant son développement « Les deux géants allemands Lidl (plus de 1 400 magasins en France) et Aldi (plus de 800) notamment poursuivent leur marche en avant en termes d’implantations (une soixantaine par an). Leader Price pour sa part a ouvert 27 nouveaux magasins sur les neuf premiers mois de l’année. »
(Source La Croix novembre 2009). Jean-Luc Ferré l’auteur de l’article précité pose une question, » le secteur « risque-t-il cependant de subir aussi la concurrence nouvelle des magasins de déstockage (Noz, Bravo les affaires, id Stock, etc.) qui poussent aujourd’hui partout en France ? « Ces nouveaux acteurs travaillent avec des produits forcément très limités, et leurs ventes restent donc marginales, conclut Sébastien Monard (Nielsen). Pour l’heure, ils n’inquiètent guère les enseignes du hard discount.»

En toute chose il vaut mieux s’en tenir à la réalité plutôt qu’aux idées reçues et aux clichés stéréotypés : le hard-discount n’est plus le « supermarché du pauvre » c’est un acteur important de la distribution qu’il faut observer avec attention et c’est aussi comme diraient les diplômés des Grandes Ecoles de Commerce un « buiseness model » qui se développe au sein même de la GD traditionnelle.

Moi qui ne suis qu’un modeste chroniqueur à bicyclette face à l’interpellation de mon camarade porte-parole de JPC je me suis dis « toi mon coco va falloir t’y coller et c’est ainsi que j’ai décidé de tenir mon « Journal du Hard » et, à tout seigneur tout honneur de me taper le seigneur du marché : LIDL. Le seul problème c’est que tout près de chez moi y’a un ED, rue de la Tombe-Issoire, mais pas de LIDL. Je m’en fus donc sur la Toile faire mes emplettes et découvrir que le plus proche magasin LIDL se trouvait sis au 90 Bd Jourdan, dans le 14ième, qu’est un boulevard de ceinture cher à Patrick Modiano (Les Boulevards de ceinture 1972 grand prix de l’Académie Française), à quelques encablures de la Porte d’Orléans elle aussi chère au cœur du grand Patrick.

Donc Cap sur le Boulevard de Ceinture, grain d’un chapelet de maréchaux d’Empire ici Jourdan « Du centre de Paris, un courant mystérieux nous faisait dériver jusqu'aux boulevards de ceinture. La ville y rejette ses déchets et ses alluvions... », soleil balbutiant mais bien présent, l’avenue Reille « Et le bordel clandestin, ne l’oublions pas, du 73 avenue Reille, à la lisière du parc Montsouris. Mon père y tenait des conciliabules interminables avec la sous-maîtresse, une dame blonde à la tête de poupée. » le tramway sur son tapis d’herbe verte,  et j’y suis.

Le magasin est de petite dimension, assez bien tenu, le rayon vins est dans la première allée ce qui ne facilite pas ma tâche de journaliste d’investigation car le chaouch de service me lorgne avec suspicion (donc pas de photos). Les bouteilles sont dans des cartons de 6 plus ou moins bien éventrés, signalétique de prix bien visible, classement et position par ordre décroissant de prix. J’œuvre à toute berzingue avec crayon et bloc puis je décide d’acheter la star du lieu et du PQ avant de passer à la caisse. Je paye en liquide et je repars sous le soleil.

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Avant de vous livrer mes chiffres, un petit mot d’explication sur mon titre accrocheur : « LIDL frappe fort » un remake où la Cytelle remplace la Sylvia Kristel. C’est très simple : depuis mes virées audoises au temps de Rocard je suis un fan du Cytelet http://www.berthomeau.com/article-33624963.html cher à Bernard Père-Lahaille et comme j’ai découvert chez LIDL que celui-ci, sans changer son look de jerrican d’essence, avait changé de sexe puisque ses nouveaux pères, des marketeurs fous d’innovation,  l’ont rebaptisée La Cytelle, et comme je ne recule jamais devant la facilité j’ai exhumé Sylvia Christel de son fauteuil culte pour l’associer à cette nouvelle reine du Hard.

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Tous les prix sont libellés, afin de pouvoir les comparer, pour une bouteille de 75cl. Je n’ai pas pris le temps de noter les embouteilleurs mais la liste est restreinte et bien connue des grands faiseurs qui s’écharpent au centime d’euro près pour arracher le marché au copain d’à côté : « faut que les chaînes d’embouteillage tourne mon coco... » Enfin, de façon arbitraire j’ai placé La Cytelle en tête eu égard au côté recyclable de son cubitainer. Vive le durable !

 

N°1 : La Cytelle (5L) Vin de Pays de l’Aude ..............................0,74 €

 

N°2 : VdT Rosé Espagne (pack 1,5l)..........................................0, 69€

 

N°3 : VdT Blanc Espagne (pack 1,5l).........................................0,77€

 

N°4 : VdP d’Oc cabernet-sauvignon par 6 bouteilles................0,89€

 

N°5 : VdP Hérault (en litre).......................................................0,93€

 

N°6 : VdP d’Oc cabernet-sauvignon la bouteille.................................1,04€

 

N°7 : VdP d’Oc rouge (Bib de 3L)........................................................1,07€

 

Ex-æquo : VdP rouge de la Cité de Carcassonne (Bib de 3L).............1,07€

 

N°9 : Cote du Rhône rouge..................................................................1,19€

 

N°10 : Bergerac rouge......................................................................... 1,29€

 

Ex-æquo : Bordeaux rouge......................................................... .........1,29€

 

                  Corbières.............................................................................1,29

 

N°13 : VdP du Comté Tolosan..............................................................1,49

 

Ex-æquo : Cote du Rhône blanc ..........................................................1,49€

 

N°15 : Cote du Rhône rosé ...................................................................1,59€

 

Ex-æquo : VdP Aude rosé.....................................................................1,59€

 

N°17 : VdP des Sables du Golfe du Lion rosé.......................................1,69€

 

Ex-æquo : VdP Oc sauvignon moelleux...............................................1,69€

 

                    Cote du Rhône Village.......................................................1,69€

 

                    Cahors................................................................................1,69€

 

N°21 : Costières de Nîmes....................................................................1,79€

 

Ex-æquo : BGO.....................................................................................1,79€

 

                   Bardolino............................................................................1,79€

 

N°24 : Gaillac........................................................................................1,85€

 

N°25 : Bordeaux Supérieur rouge ......................................................1,89€

 

N° 26 : Chardonnay-Colombard de RSA*..........................................1,99€

 

Ex-æquo : Chenin de RSA ...................................................................1,99€

 

             Cotes du Luberon .................................................................1,99€

 

             1ère Cotes de Bordeaux ..........................................................1,99€

 

               Lambrusco ............................................................................1,99€

 

               Sylvaner Allemagne ..............................................................1,99€ 

 

N°32 : Côtes de Provence rosé ............................................................2,49€

 

N°33 : Bordeaux rosé ..........................................................................2,59€

 

N°34 : Bourgueil ..................................................................................2,69€

 

Ex-æquo : VdP Corse rouge ................................................................2,69€

 

N°36 : Riesling Allemagne...................................................................2,89€

 

N°37 : Beaujolais .................................................................................2,99€

 

Ex-æquo : 1ière Cotes de Blaye.............................................................2,99€

 

              Cote de Provence rosé domaine............................................2,99€

 

N°40 : Pinot Noir d’Alsace.................................................................3,19€

 

N°41 : Bourgogne Chardonnay..........................................................3,49€

 

N°42 : Montagne St Emilion Puisseguin...........................................3,99€

 

N°43 : Haut-Médoc...............................................................4,39€

 

N°44 : Chablis........................................................................4,99€

 

N°45 : St Emilion Grand Cru ………………………………6,99€

 

COMMENTAIRES

-         AOP majoritaire 31/45 : les AOC son une valeur sûre pour le Hard !

-         Moins de 2 euros majoritaire : 31/45

-         Bouteilles 75cl majoritaires : 39/45

-         8 vins étrangers : 3 communautaires = Espagne VdT, Italie et Allemagne AOP et 2 pays tiers = République Sud Africaine IGP

-         Bordeaux 8 références de 1,29€ à 6,99€, Cotes du Rhône 4 références de 1,19€ à 1,69€, le Languedoc 10 références : 1VdT, 7 IGP et 2 AOP de 0,74€ à 1,79€

-  Segmentation vous avez dit segmentation ?

-  Différenciation vous avez dit  différenciation AOP-IGP ?

- Attention n'associez pas forcément petit prix à mauvais vin en ce moment vu le niveau tout est sur le marché

 

PROPOSITION INDECENTE : « Cherche Grands Dégustateurs pour goûter la Cytelle, que j’ai acquis 4,99 euros les 5 l, à l’aveugle, c’est-à-dire au milieu de 4 autres vins. C’est urgent car je souhaite utiliser le cubitainer comme « réserve d’eau » sur mon vélo.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 00:00

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J’ai si souvent, et parfois trop facilement, la dent dure à l’endroit de la corporation des « présidents de... » pour que ce matin ce que je vais écrire à propos de Dominique Granier, vigneron, Président de la Chambre d’Agriculture du Gard et de la SAFER Languedoc-Roussillon, ne soit pas assimilé à du cirage de pompe ou à un passage complaisant de plats. Le Gard fut un grand terroir de Présidents nationaux – mais n’attendez pas de moi que je vous rafraîchisse la mémoire – c’est ce qui me permet d’affirmer que Dominique Granier sort de l’ordinaire. Ce garçon est monté sur un ressort, il a de l’énergie à revendre et surtout il écoute ce qu’on lui dit et il réfléchit. Ne me faites pas dire que de telles prédispositions ne sont pas communes à la corporation des présidents, simplement je constate que Dominique Granier, depuis que je le connais, n’a pas pris un gramme de notabilité. C’est rafraîchissant.

Lorsqu’avec sa casquette de président de la SAFER il constate que dans sa Région le foncier agricole fond, deux fois plus vite qu’en France et trois fois plus qu’en Allemagne sous l’effet d’une urbanisation sauvage. Lorsqu’il souligne que le phénomène est du à la prédominance du mode de faire-valoir direct : 70 % des agriculteurs du Languedoc-Roussillon, propriétaires de leur sol, sont peu à peu contraints de le brader pour survivre, par opposition au reste du pays, où 70 % des paysans sont des fermiers. Et lorsqu’il lâche en conclusion « Nous sommes face à un choix de société extrêmement grave » je prends très au sérieux son avertissement. Ça me change des discours sur le tonneau et autres joyeusetés du microcosme languedocien.

Lui et moi ne nous sommes jamais croisés – il était encore un jeunot – lorsque j’étais aux manettes, en charge de responsabilités comme on l’écrit dans les gazettes : « le bras droit du Ministre » écrivait Laurent Thieule dans le Midi Libre (le JO de la viticulture méridionale de l’époque) mais, sa modestie dusse-t-elle en souffrir, il fait parti de ceux avec qui « on avance ». Sur le dossier « Cap 2010 » son sentiment d’occasion manquée n’est pas feint. Mais ce matin je laisse le vin de côté.

 

En effet, lorsque Dominique Granier dans le Nouvel Obs. http://www.berthomeau.com/article-lettre-de-dominique-granier-vigneron-du-gard-a-jean-pierre-coffe-50297553.html a évoqué les pêches du Gard l’image du Président de la FNPF Henri Bois, producteur de pêches dans le Gard à Saint Gilles, avec qui j’avais lié une solide amitié au temps où je faisais mes premières armes auprès de Michel Rocard Ministre de l’Agriculture, m’est revenue. Face à un François Guillaume vent debout il n’a jamais failli à sa parole donnée, un vrai Président. Ses 4 fils ont pris sa succession lui l’Ardéchois descendu dans le Gard et sont à la tête d’une grande entreprise (15000T de fruits et 15 M d’euros de CA). Des gros me dira-t-on, pas de quoi faire pleurer dans les villes.

Mais pourquoi diable les paysans devraient-ils faire pleurer ?

Les propos de Dominique Granier ne sont pas larmoyants mais réalistes. Ils interpellent sans pathos. Dans ses habits de Président de Chambre d’Agriculture il se fait le porte-parole, non d’une corporation passéiste, mais de ceux qui tiennent nos territoires. Je ne vais pas reprendre mes antiennes habituelles mais demander à Dominique Granier de répondre à mes questions.

 

Jacques Berthomeau: Dominique Granier dans la rubrique du Nouvel Obs. de la semaine passée « Une personnalité nous écrit » avec un titre à la Sergio Leone : « Pour quelques centimes ? » vous jetez  un pavé dans la mare des pousseurs de caddies, vous les interpelez, n’est-ce, comme on dit vulgairement, qu’un de ces coups de gueule sans lendemain ?

 

Dominique Granier : C'est beaucoup plus qu'un coup de gueule : l'agriculture est une activité à la fois économique, sociale, écologique, patrimoniale. De ce fait la société doit lui assurer les conditions d'une rentabilité minimale quitte à mettre en place des garde-fous évitant les abus. Dans le Gard, sur une culture comme le pêcher : à force d'enchaîner des récoltes vendues à perte, on assiste à la mort d'exploitations qui étaient le fleuron de l'arboriculture sur un terroir qui est un véritable eldorado agronomique, qui plus est, aménagé et irrigué il y a cinquante ans par la Compagnie du Bas Rhône Languedoc de Philippe Lamour : les Costières, terroir exceptionnel qui — je le précise pour les lecteurs de votre blog — ne sont pas seulement productrices de vin mais aussi de fruits et de maraîchage. Et bien de 1997 à 2007, il a manqué en moyenne de 8 à 20 ct par kg de pêche chaque année pour simplement équilibrer les comptes !


Résultat : aujourd'hui : plus de 300 ha de pêchers abandonnés sur pieds, un risque sanitaire énorme pour la zone. Et surtout 300 emplois en moins, des jeunes et des gens qui vont pointer au chômage. Pas de bruit, pas de pneus enflammés, pas de Prime time comme pour les salariés de Continental, mais tout aussi dramatique. Voilà ce que je veux faire comprendre : nous sommes au bout de notre capacité légendaire de rebondir. Tout cela pour quelques centimes. Et je pourrais citer la cerise du Gard restée sur les arbres l'an dernier car les prix payés aux producteurs ne couvraient même pas les frais de ramassage, tandis que les consommateurs ne pouvaient même pas se les payer. Ensuite, vous n'avez plus qu'à dépenser quelques millions d'euros pour dire aux Français qu'ils doivent manger cinq fruits et légumes par jour…

 

Jacques Berthomeau : C'est quasiment du commerce équitable que vous souhaitez ? Ça devrait plaire à la Grande Distribution si friande de ce label.

 

Dominique Granier : Et bien oui ! Et pourquoi pas ? Le commerce équitable à l'origine, c'est pour aider à la survie des paysans… Chez nous, on y est ! Aujourd'hui 75 % des exploitants du Languedoc-Roussillon ont moins de 7000 euros de revenu annuel !

Pour les Français, le commerce équitable commence à côté de chez eux : les agriculteurs locaux contre les produits low-coast. Ou alors on n'a qu'à aller chercher des Préfets, des gendarmes, des artisans, des ministres en Inde ou en Chine… Après tout ils ne seront pas forcément aussi bons mais ils seront bien moins chers !

Un paysan qui disparaît, c'est un pan du territoire en friche qui apparaît, des balades du dimanche condamnées, du patrimoine séculaire qui fout le camp. Et demain, dans le Gard, on ne passera plus du Pont du Gard aux arènes de Nîmes ou de la bambouseraie d'Anduze à la plage du Grau du Roi en traversant ces magnifiques paysages méditerranéens cultivés. Cet enjeu est l'affaire de tous. Je suis donc content que le président Sarkozy se penche lui-même sur les marges abusives de la Distribution. Maintenant… « Wait and see ! »

De notre côté, l'effort sur les charges, nous le faisons et le ferons encore, mais lorsque la variable de rentabilité d'une production repose sur quelques centimes, cela devient l'affaire de tous. Surtout quand 65 % du coût d'un kilo de pêche provient de la main d'œuvre et que ce ne sont plus seulement les paysans d'Italie ou d'Espagne qui ont un coût horaire plus bas que nous mais aussi les Allemands, les Belges, les Hollandais…

 

Jacques Berthomeau : Générer de la valeur certes par ces « quelques centimes de plus » demandés aux consommateurs mais que faites-vous pour les convaincre qu’ils ont besoin de vous sur vos territoires ? Est-ce que vous vous réveillez brutalement face à l’ampleur du désastre ou bien avez-vous déjà entrepris des actions en leur direction ?  

 

Dominique Granier : Oui ! Cela fait déjà quinze ans que le Gard développe ET la qualité ET la proximité. Si je compte tous les produits, nous en avons une soixantaine sous signe de qualité. Dans un contexte de réduction budgétaire, on a mis le paquet sur le réseau Bienvenue à la ferme. Résultat : le Gard fait partie des trois premiers départements français en agritourisme.

La force de l'agriculture c'est qu'elle fédère ! Nous avons su motiver la Communauté Nîmes Métropole et le Conseil général du Gard et ça marche ! Nous faisons prendre conscience aux décideurs politiques de l'importance de l'agriculture locale. Pour éduquer au goût dès l'enfance, à la saisonnalité et à la complexité toute en nuance de notre activité ; pour faire entrer nos produits dans la restauration scolaire et collective ; pour faire de la pédagogie, comme dans notre station d'expérimentation, la SERFEL à Saint-Gilles qui accueille chaque année 2000 scolaires, pour quelques heures de joie, de découvertes, de pique-nique en plein air et de cueillette sur l'arbre. Nous estimons être à plus de 20 % de vente directe. Nous devons encore progresser ! Nous devons cultiver nos consommateurs à notre porte et le citoyen doit aussi cultiver ses producteurs à sa porte. C'est un intérêt partagé.

Dans le même domaine, nous sommes désormais le 3e département bio de France. Pour nous, la bio, c'est une des façons de faire de l'agriculture durable. La bio, c'est techniquement plus compliqué que le conventionnel, et pas gagné commercialement si on ne s'organise pas… Plus largement, nous militons pour une agriculture écologiquement intensive ; mais elle ne peut-être durable que si elle génère des agriculteurs durables. Pour cela, notre combat est d'obtenir cet équilibre subtil entre la capacité personnelle de l'agriculteur, la rentabilité de ses productions et le soutien indispensable que la société doit lui apporter, véritable investissement à long terme pour elle !

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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