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             l'espace de liberté

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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme à ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.   

 

 

 

 

 




 

Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 08:00

Communiqué à diffuser à toutes les agences de Presse :

 

« L’ABV, œuvre d’utilité publique, n’étant pas soluble dans l’eau, ne peut donc être dissoute. En revanche, son Secrétaire-Perpétuel autoproclamé, moi-même, puisqu’il a failli, au dire de « certain » à la philosophie de l’Amicale, peut s’évaporer. C’est ce qu’il fait ce jour, à 8 heures, pour sauvegarder les intérêts supérieurs de l’ABV. Ainsi ses chroniques de brute dans un monde de tendresse ne pourront être assimilées à l’expression officielle de l’ABV. L’Espace de Liberté restera l’hébergeur de l’Amicale, la boîte aux lettres, sauf à ce qu’elle fut accueillie à l’avenir par quelqu’un d’autre. En l’occurrence le Secrétaire-Perpétuel autoproclamé n’est victime que de lui-même, de sa fougue, de sa plume trop acerbe, et non d’une quelconque cabale ou d’une demande d’exclusion émanant d’un des membres. Enfin, dans la mesure où le Secrétaire-Perpétuel autoproclamé s’évapore, deviens gazeux, nul retour à l’état solide n’est possible du fait des effets du réchauffement climatique. »

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 00:09

Retour au calme ce matin, désolé de ne pas tendre la joue gauche lorsque l'on me soufflète la droite, je suis ainsi fait mais je continue de penser que certains volent plus vite au secours des importants alors qu'ils s'abstiennent lorsqu'il s'agit de défendre des va-nu-pieds des railleries d'une huile... Mon papier sur la Corse valait quelques commentaires, pourquoi n'y en a-t-il pas cher Norbert et autres ? J'adore la cannelle mais pas dans le vin...

 

La parole est à un sage : Joseph Delteil.

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« J’ai des amis du haut en bas comme le ramoneur, de toutes gueules et de toutes couleurs » déclarait l’homme de Pieusse qui recevait aussi bien de grands écrivains comme Henry Miller que des gens de peu, lorsqu’il levait son verre de Blanquette, utilisait la formule rituelle audoise au moment de trinquer :

« A la bonne tienne.

-         Sensible.

-         Mêmement. »

« En 1937, au lieu dit La Tuilerie de Massane, à un jet de pierre de Montpellier, l’écrivain Joseph Delteil se retire dans son Harrar : en paléolithie. Loin de la civilisation, à l’écoute des sens, mi-poète, mi-vigneron, avec, au corps, la mémoire de ses aïeux magdaléniens qui vivaient, voilà 25 000 ans, des simples productions de la terre, il fait peau neuve et rêve de redevenir le premier homme. Nu. Innocent.

Tout le reste en découle. Notamment, cette provocante Cuisine paléolithique, hymne à la cuisine naturelle, à la cuisine d’instinct ; recettes de grands-mères, secrets jalousement préservés, savoir ancestral, nous voilà loin, avec le plat unique cher à Joseph, plat ou le mets, nourri de son parfum sui generis, vaut aussi pour l’ustensile et le tour de main, nous voilà loin des goûts sophistiqués de nos contemporains » in Préface de Max Chaleil.

 

J’aime les originaux, les gentilshommes en sabots, les franc-tireurs, ceux qui ramène la langue à l’essentiel en la dépouillant des artifices inutiles : économe, comme le petit couteau du même nom servant à éplucher les légumes, car la saveur n’est pas dans la quantité mais le peu. « Le verbe ne vaut que par ce qu’il incarne. » Joseph Delteil, après avoir été la coqueluche des milieux littéraires parisiens dans les années 20, se retire dans sa thébaïde « aux puissantes effluves », « demeure inspirée, foisonnante et baroque ». Se retirer, prendre du champ, devenir comme Delteil « merle blanc en une époque de gloires éphémères, davantage fondées sur le savoir-faire que sur le faire-savoir. » faire retraite, revenir à l’essentiel, bien plus que des colloques, symposiums ou séminaires, une once de simplicité ne nuirait pas à celles et ceux, moi y compris, qui prennent la parole, ou la plume, pour mener le monde, l’influence et soi-disant le changer.

 

« Pour moi je n’ai connue dans toute mon enfance, dans mon village de Pieusse, que trois plats : la soupe, la fricassée et le rôti. Trois et c’est tout.

Et donc vive le plat unique !

D’ailleurs si, par inadvertance, ou vice, il vous arrive de faire quelque accroc aux principes, quelque fugue du côté de la fantaisie, ma foi tant pis, ou tant mieux, n’imitez jamais le grand Vatel jusqu’à l’épée, tout au plus jusqu’à l’humour.

La musique émoustille l’âme. Si parfois, à propos de soupe ou d’escargots sur le gril, je me laisse aller à quelque lyrisme, à quelque éloquence à quoi je ne tords pas toujours aussi bien le cou qu’à l’oie, c’est pure allegria, liesse de cœur et d’esprit, bel canto. Au style comme à l’oiseau comme à l’aliment sied un grain de sel sur la queue. Comment parler cuisine sans un style à feu vif, le style du loup embobinant le Petit Chaperon Rouge, le style de la sève vers le 21 mars.

Et le patois ! Je parle souvent patois, ou du patois, c’est parce qu’il est le plus proche des origines, le plus riche de sperme et le plus sacré.

Et maintenant voici le conseil de Dieu : je choisis mon pain entre cent, à des lieues, et je foule mon vin moi-même de mes propres pieds. A la source, à la source ! Fais venir ton bœuf de la préhistoire, tes oies du ciel, tue-toi ton porc, c’est le fondement ! Les légumes de ton jardin, les fruits à peau (je scandalise parfois, à belles dents, mes amis, en mangeant la pêche à même l’arbre, comme un ours). Avec ma chèvre et deux poules, voilà la Sainte-Trinité !

Amen ! »

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Exemple : Pot-au-Feu

 

« Quant au pot-au-feu, il faut le mettre la veille au soir, au coin du feu (jamais dessus parbleu !). Ça doit cuire tout dou, tout dou, tout doucement, que ça rie, rie, rie, et plutôt sourie !

Il y aura de la jambette de mouton, le bec-de-l’oie, et puis un bout de queue de bœuf, et l’os à moelle.

N’oublie pas d’écumer, d’ailleurs avec l’écumoire, longuement, une petite heure, ça fait passer le temps... »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 17 septembre 2010 5 17 /09 /Sep /2010 11:00

Désolé de vous déranger encore. Ce jugement sans appel est l’œuvre de Jean-Robert Pitte et date du 26 janvier 2007. Je le verse au dossier de l’adaptation de nos vins à la demande mondiale. Par souci de ne pas me prendre une nouvelle volée de bois vert je me contente de reproduire ce que j’écrivais à cette époque sur les tendres propos du Professeur à l’endroit des va-nu-pieds du Languedoc. 

 

« Du haut de sa chaire de la Sorbonne, l'éminent professeur Pitte, un fin connaisseur des choses du vin, une référence pour l'establishment, un homme qui boit grand et bon, un écrivain du vin, partenaire privilégié du président de la Sopexa, la totale donc pour moi petit écrivaillon sans quartier de noblesse, sous-expert à la solde de ceux qui veulent tuer notre nectar (cf. dessin), ce monsieur bien sous tous les rapports donc, à qui le rapport du préfet Pommel donne des démangeaisons, surtout ces p... de copeaux de chêne, tonnait grave :

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"Pleurs et grincements de dents proviennent depuis longtemps du monde viticole français ou, tout au moins d'une partie de celui-ci : les représentants des vins de table, des vins de pays, des grandes appellations génériques (bordeaux, bordeaux supérieur, entre-deux-mers, coteaux-du-languedoc, beaujolais, touraine, côtes-du-rhône, etc,). Une exception : la Champagne qui ne parvient pas à satisfaire toute la demande et réclame le droit de stocker ses excédents de rendements des années "fastes" pour les années de petite récolte, au mépris de toute éthique qualitative.
Que demandent les vignerons et négociants qui geignent ? Bien entendu, comme d'habitude en France des subventions, des dégrèvements fiscaux, des prix garantis par l'Etat et versés par celui-ci, même lorsque la mévente oblige à distiller pour déstocker. Qu'importe si l'on a tout fait depuis des décennies pour augmenter les rendements (clones productifs, engrais, etc...), qu'importe si personne ne veut plus consommer certains
vins sans grâce ni esprit : la solidarité de la Nation doit jouer pleinement et les contribuables doivent éponger les résultats de choix économiques absurdes que l'Etat n'a rien fait pour éviter. Sous prétexte que les coopérateurs languedociens ont le sang chaud et qu'ils descendent vite dans les rues de Béziers lorsqu'ils sont mécontents, on n'a pas poussé la logique qualitative jusqu'au bout et on a laissé en production assistées d'immenses vignobles de plaine plantés en aramon et autres médiocres cépages. Sur les 18 millions d'hl de vin que produit le Languedoc, 8,5 sont des vins de pays dont beaucoup sont d'une insigne platitude et 4 des vins de consommation courante, au-dessous de tout. Il est évidemment impossible d'obtenir du bon vin sur des sols riches et profonds, en taillant long et en récoltant 200hl/ha. » La suite de cette brillante prose sur :

http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/vin/VinScient5.htm

 

 

 

Faites l'effort de cliquer sur ce lien et de lire et aussi de réagir un chouïa

« Il les habille pour l'hiver les gars du Languedoc, les coopérateurs bien sur, notre titulaire de haute chaire, sur un fond de vérités bonnes à dire tous les poncifs et les lieux communs sont en rendez-vous, bref y'a des jours où je me dis que Cohn-Bendit n'a pas fini le boulot à la Sorbonne, mais bon ça doit faire son effet dans les salons - pas ceux où on vend du vin - ceux du 6ème et autres arrondissements défavorisés de la capitale : « de la bibine ma chère, des breuvages d'une insigne platitude, au-dessous de tout, et tout ça avec nos impôts, mais que fait le gouvernement cher ami... »

 Moi j'y enverrai bien sous les ors et les damas, pour une dernière mission, notre « bougon des cépages », avec ses santiags, perfecto et Ray Ban, pour mettre un peu d'animation chez les rombières et les agrégés, ça serait plus utile que les voyages en Chine, ne croyez-vous pas ? Je rigole mais j'avoue que les bras m'en tombent.

C'est consternant et je suis consterné. Certains me diront qu'on n'en a rien à traire du point de vue du professeur Pitte, qu'on le laisse à son élitisme hautain, que tout ça n'est qu'une tempête dans un verre à dents. Peut-être mais ces gens là, avec les signataires de la pétition « naufrageurs du vin » donnent le la, continuent de mettre en avant une image caricaturale du monde du vin, influencent les décideurs politiques et médiatiques. Préparons-nous alors à assumer un plan de type sidérurgique pour les « pleurnichards » chers au professeur Pitte. Ce n'est pas grave le « vin de négociant » se fera ailleurs, sous d'autres cieux, et ça n'empêchera pas les beaux esprits du 6ème arrondissement, les habitués de Le Divillec, les raconteurs d'histoire, de dormir... »

 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 17 septembre 2010 5 17 /09 /Sep /2010 00:09

 

Charles Haquet et Bernard Lalanne qui dédicacent leur opus « à Saint Émilion qui a patronné ce Bréviaire et a gaiement accompagné son élaboration. Toute honte bue... » méritent notre respect et nul besoin pour eux de solliciter l’absolution pour avoir osé confesser des petits plaisirs inavouables, ceux que l’on savoure en solitaire comme dispenser des vents alentours, faire pipi dans le lavabo surtout chez les copains, dire du mal des autres, se montrer cruel inutilement, se faire caresser le dos... Petite collection de bassesses, de péchés véniels, de jouissance minuscule, dont seuls les hypocrites et les menteurs osent prétendre qu’ils ne s’y laissent pas aller.

Mon éducation religieuse me fait apprécier à sa juste valeur la notion de petits plaisirs honteux car l’exercice de la confession m’a permis d’exercer l’art de l’esquive face à la curiosité quasi-policière du curé pour toutes formes de plaisir et plus particulièrement celui de la chair. Vous comprendrez donc aisément que, dans l’une de mes promenades dans les allées d’une mes librairie culte, je sois tombé en arrêt, tel un retriever, devant ce petit Bréviaire. Intuitivement je pressentais que ce petit livre allait me plaire car il pouvait se glisser dans mon sac « Pan Am » comme le bréviaire de mon curé-doyen dans la poche de sa soutane. J’adore les petits livres mais je n’ai jamais feuilleté un bréviaire et Dieu sait que lorsque j’étais enfant de chœur ce fidèle compagnon du curé me fascinait. En effet, à toute heure du jour, en tout lieu, tel un fidèle compagnon, le brave homme se plongeait dans ses pages de papier bible. Qu’y trouvait-il ? Je ne sais ! Peut-être de quoi supporter les affres de son vœu de chasteté...

Selon une tradition bien établie ici je propose ce matin à votre lecture le chapitre consacré à un petit plaisir fort répandu : « emmerder le monde ». Pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ? Vous répondre serait vous accorder à bon compte un petit plaisir que vous pourriez un jour utiliser contre moi en disant « ce Berthomeau qui la ramène à tout bout champ l’est comme les autres il nous a avoué que... »

 

Qu’est-ce que l’homme ?

Un pauvre être mis sur cette terre

Pour embêter les autres hommes.

Erik Satie

 

« Juste pour voir, devinez la bonne réponse :

 

A)    À colin-maillard, qui attirait ses compagnes aux yeux bandés vers les bouses de vache ?

1-     Marie-Antoinette, au Hameau de la Reine, à Versailles.

2-    Ségolène Royal, dans le village vosgien de son enfance.

3-    Brigitte Bardot, dans le film Le Trou normand.

 

B)    Qui a dit un jour : « Je cherche toutes les façons de l’embêter. J’ai deux ou trois autres choses en tête en réserve » ?

1-     Le porte-parole de la Ligue québécoise contre la francophobie, à propos d’un adversaire anglophone.

2-    Nicolas Sarkozy à propos de Dominique de Villepin, son ennemi intime.

3-    Votre belle-mère, en parlant de vous à une amie.

 

C)    Lequel de ces trois personnages prenait son pied en écrasant celui d’un vagabond couché sur son chemin ?

1-     Gilles de Rais, fameux criminel pendu à Nantes en 1440.

2-    Tatie Danielle, héroïne du film d’Étienne Chatiliez.

3-    Xavière Tiberi, épouse de l’ancien maire de Paris.

 

D)    Qui fit cet aveu tardif : « Je mettais de la terre dans la compote de pommes de ma grand-mère ?

1-     Marielle Goitschel, ex-championne du monde de ski.

2-    Le cardinal Jean-Marie Lustiger, ancien archevêque de Paris.

3-    La comédienne Diane Kruger.

 

Vous avez hésité ? * Preuve que toutes les propositions sont plausibles, que les taquins, les casse-pieds, les semeurs de merde sont partout dans la fiction comme dans la réalité. C’est Michel Audiard qui faisait dire à l’un de ses personnages qu’ « à travers les innombrables vicissitudes de la France, le pourcentage d’emmerdeurs est le seul qui n’ait jamais baissé ». Alléluia ! Dans la grande lessiveuse qui nettoie les idéologies et essore les profits, la dernière valeur stable est la nuisance.

Hormis quelques saints laïcs, l’espèce humaine est ainsi faite. Faut-il rappeler au sexe fort, soi-disant moins mesquin que le faible, la liste des saloperies concoctées par lui depuis la préhistoire ? Et vous, teignes venimeuses, vous les emmerdantes, les emmerdeuses et les emmerderesses, selon les trois catégories de Brassens, quelles vilénies n’avez-vous pas fait subir à votre prochain ? À quelles fins surtout ? On eût compris que vous l’enquiquinassiez par simple plaisir, mais...

Pardon ? C’était bien par plaisir ? Au temps pour nous.

Pour avoir douté de votre mobile et afin de mériter votre indulgence, nous allons verser quelques suggestions dans la boîte à malices.

Laissons de côté le septième art et ses scènes d’anthologie (adorable Tatie Danièle, qui »s’oubliait » sur son fauteuil devant les invités pour faire enrager sa nièce...). Dans la vraie vie, les occasions ne manquent pas : ne pas bouger quand son gosse braille au restaurant, s’amuser à tirer les sonnettes de tout un quartier, faire sursauter 10 000 personnes en traversant la ville sur une pétrolette au pot trafiqué, uriner la nuit au centre de la cuvette pour réveiller les voisins du dessous...

Mais il y a moins banal :

-         Intervertir le sel et le sucre pour casser la réputation d’un cordon-bleu,

-         Lire par-dessus l’épaule d’un voyageur du métro alors qu’on a le même journal que lui,

-         Sauter de la rame à Palais-Royal en disant « Hé, c’est Chatelet ! », pour entraîner derrière soi quelques voyageurs dans la lune,

-         Profiter des virages du bus pour écraser son voisin contre la vitre,

-         Griffonner une proposition cochonne dans les toilettes publiques en inscrivant le téléphone d’un « ami »,

-         Faire débiter au barman toute sa liste de cocktails et commander un café.

 

On pourrait ainsi continuer sans limites : ce qui précède n’est qu’un extrait des confessions déposées sur Internet, où se déroule en continu un Championnat du monde des emmerdeurs. Créatifs, à vos neurones ! Il y a de jolis lots à gagner.

On comprendrait aussi que vous n’ayez pas de temps à perdre avec ce genre de concours. Sachez donc qu’il existe un enregistrement intitulé « 20 moyens de calmer des voisins bruyants » (traduire : 20 moyens d’emmerder le monde !). Selon les circonstances, vous diffusez plein pot les aboiements d’un chien (35s), les cris d’un nourrisson (1mn 12s), le passage d’un train (1mn 2s), le martèlement de hauts talons (37s), le crincrin d’un violon (1mn 3s), les vocalises d’un orgasme puissant (1mn 3s)...

Le coffret CD est livré avec une paire de bouchons d’oreilles : le plaisir de nuire s’amoindrit, c’est évident, si l’on doit en subir soi-même les inconvénients. »

 

  • Afin d’être dans le ton de cet opus publié chez JBZ&Cie 38 rue La Condamine 75017 à un prix de marchand de chaussures : 12,95 euros, j’ai décidé de ne pas vous donner immédiatement les bonnes réponses aux 4 Questions posées. Rien n’est pire que l’incertitude mais comme je ne n’ai pas mauvais fond je les introduirai dans cette chronique au cours de la journée de sa publication.
  • Enfin, pour ceux qui iraient jusqu’à vouloir expliciter la motivation du choix de ce chapitre « emmerder le monde » libre à eux de se risquer à le faire dans les commentaires. Il y en a une et une seule ! N’en déplaise à ceux qui trouvent que je suis un emmerdeur patenté ce n’est pas pour vous emmerder...
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 18:47

Qui suis-je donc face à un Michel Rolland ?

Rien, un moins que rien, un petit ver de terre !

De là à  à faire de moi un envieux de la réussite d’un homme qui a tant fait pour le vin, à me transformer en héraut de la France rance, il y a un pas que le sieur François a franchi allègrement. Grand bien lui fasse, mais il est bien plus tolérant à l’endroit du Pr Pitte lorsque celui-ci qualifie les vins fait à la mesure des consommateurs de noms d’oiseaux bien plus déplaisants que les miens qui ne l'étaient d'ailleurs pas eux. 

Je trouve fort plaisant que la leçon me soit faite sur l’art et la manière de vendre du vin, beaucoup de vin, le genre millions de cols, de la part de gens qui, à ma connaissance, n’en ont guère vendu dans leur vie alors que moi, le vermisseau, j’ai fait le négociant pendant 3 ans chez le N°1 de l’époque. Ça vous donne un peu d’expérience d’aller placer du Préfontaines jusqu’aux GCC, et sans contestation tout de même bien plus que ceux qui se font le grand plaisir de ne faire que déguster.

Mais ce qui m’a ravi à l’extrême c’est que soudain JP Chenet me fut balancé comme étant un enfant de la doctrine Michel Rolland. J’ai cru rêver. Je me retrouvais réhabilité moi le stipendié des « vins industriels » et soudain, ô joie, jouais dans un merveilleux contre-emploi. Bravo l’artiste ! Quel rétablissement, que de chemin parcouru dans le désert, l’indifférence et la quasi-lapidation... Au fait ils étaient où ceux qui poussent des cris d’orfraies lorsque le débat fut ouvert ? Bien au chaud, loin du bruit et de la fureur tous ces ouvriers de la 25ième heure. Permettez-moi d’avoir pensée émue pour Bruno Kessler l’artisan des « tas de raisins » pour faire le vin voulu pour les Grands Chais de France et son JP Chenet. Pas sûr que Michel Rolland fut son modèle. D'ailleurs, Michel Rolland ne fait pas dans les grandes séries...

 

Mais au fait qu’avais-je écris pour m'attirer les foudres des bien-pensants ?

 

1-     Que j’étais un adepte de l’humour de Rémi Gaillard et que je m’inspirais de sa célèbre formule à propos des propos de Michel Rolland. Les bonnets de nuit ont pris cela pour une agression à son endroit. Erreur grossière, c’était un hommage à l’artiste. Que l’humour décalé ne soit pas du goût des comprimés je comprends fort bien mais si nous voulons que les jeunes ne nous prennent pour des cons tout court il nous faudra faire un petit effort du côté coincé de la cravate.

2-    Que Michel Rolland faisait de la provocation pour créer le buzz. Je persiste et je signe et je reconnais utiliser son poids spécifique bien plus élevé que le mien pour exprimer le fond de ma pensée.

3-    Et le fond de ma pensée, celle d’un gus qui a enseigné 3 ans à mi-temps, à l’Université en 3ième cycle : c’est que devant un tel public, celui d’une école de commerce,  on utilise un autre registre. Point barre ! C’est tout. Rien de plus, rien de moins...

 

Alors pourquoi me me transformer en aigri du vin ? Soit certains ne ne me lisent pas, soit ils ne lisent que ce qu'ils ont envie de lire. Je ne sais et ça n’est pas mon problème. Très clairement, Michel Rolland, Robert Parker et bien d’autres font du buiseness, et ils le font bien, mais de grâce merci de ne pas les transformer en gourous, en teneur de gouvernail de la vigne France. D’ailleurs ils ne le revendiquent même pas. Ils sont au contact des marchés comme beaucoup d’autres bien moins médiatiques et j’ai la faiblesse de penser que j’ai beaucoup plus à apprendre de Pierre Pringuet le patron du groupe Pernod-Ricard que des propos à l’emporte-pièce d’un conférencier, sympathique au demeurant, qui fait de la petite provoc à l’INSEEC de Bordeaux.

 

En bonus je vous offre, et plus particulièrement à ceux qui ont le mot culture du vin à la bouche,  une très ancienne chronique 14/10/2005 : La culture, Saint-Emilion ou Coca-Cola ?

 

Le texte est de Christine Cayol « L'intelligence sensible » Village Mondial elle intervient sous forme de séminaires et de conférences au sein de grandes entreprises

 

« L'oeuvre d'art se donne comme un lieu d'épreuves et d'initiation qu'il va falloir traverser. Ni objet, ni sujet, intermédiaire entre le monde et moi, entre les autres et moi, entre moi et moi, elle se donne à mesure de notre patience, et de notre plaisir à la rencontrer.

Le regard comme le désir est insistant, il veut en savoir plus, il veut qu'on lui donne plus, il s'inquiète. Relire, revoir, réécouter, retourner, même si cela est illusoire, même si le miracle ne se reproduit pas, acheter le disque, retourner au musée, revoir le film.

La culture se confond avec ce retour.

Car quelle différence y a-t-il entre un St Emilion et un Coca-Cola ? Je n'ai pas besoin de goûter plusieurs fois le Coca pour savoir ce qu'il va me donner à la troisième gorgée, et lorsque j'y retourne c'est précisément pour ne pas être surpris, pour recevoir exactement le même effet, quel que soit l'endroit ou le moment. Ce que je dois attendre de n'importe quel produit de la rationalité technique, c'est qu'il me donne ce qu'on m'a dit que je pouvais attendre, rien de moins, rien de plus : le même effet pour le même prix, quel que soit l'endroit, quelle que soit ma vie. Quant au St Emilion, il peut me décevoir ou me combler, il faudra peut-être que j'attende le bon moment, le bon endroit, que je le réchauffe, qu'il s'ouvre dans un verre qui lui convient, et qu'il s'épanouisse sans que je puisse vraiment savoir comment. Dans tous les cas, il faudra que j'approfondisse cette première impression qui déjà m'échappe et s'est transformée. Il faudra que j'apprenne à attendre, à me souvenir, à y retourner.

La culture n'est donc pas ce qui reste lorsque l'on a tout oublié, mais ce qui rend impossible l'oubli en commandant le retour... » 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 09:00

Adepte de l’humour Rémi Gaillard http://www.berthomeau.com/article-c-est-en-faisant-n-importe-quoi-qu-on-devient-n-importe-qui-53806428.html qu'il ne faut pas confondre avec les duettistes  les plus ringards du vin Gilbert&Gaillard, je prends la peine d’appliquer sa célèbre maxime en la détournant, C’est en disant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui,  à propos des déclarations de notre Michel Rolland national et international devant les petites mains d’une vague école de commerce de Bordeaux : l’INSEEC.

Provocateur l’homme l’est sans contestation mais là, de deux choses l’une, soit il prend ses interlocuteurs pour des demeurés, ce qui n’est pas à exclure, soit il ne veut pas que les médias l’oublient, donc il fait du bruit. Fort bien, grand bien lui fasse, pour l’heure, sans faire injure au grand journal de Bordeaux, ses propos n’ont éveillé que l’intérêt de Sud-Ouest du mercredi 15 septembre, et c’est page 17.

Je pense que la Toile va s'en emparrer. D'ailleurs je suis en train de la faire moi-même.Que Michel Rolland veuille créer le buzz, faire de la provoc à 2 balles, c'est son droit de bon communicateur sur sa marque mais vraiment il aurait pu s'abstenir d'aller bourrer le mou de petits gars et de jeunes filles d'une de ces nombreuses et malheureuses écoles de commerce qui croient qu'en invitant un people ils se mettent dans les vents portants. Les pauvres, je les plains.

 

Lire ou relire 2 chroniques :

A quoi servent les écoles de commerce ? http://www.berthomeau.com/article-11923168.html

« Le bon marché détrousse le passant » ou une vieille maxime vaut mieux que le bla-bla creux de Bordeaux Management School sur le marché du Vin http://www.berthomeau.com/article-le-bon-marche-detrousse-le-passant-ou-une-vieille-maxime-vaut-mieux-que-le-bla-bla-creux-de-bordeaux-management-school-sur-le-marche-du-vin-48883768.html

 

   

Le vin du futur façon Coca-cola selon l'œnologue Michel Rolland

Face aux étudiants de l'INSEEC, l'œnologue Michel Rolland a donné sa vision du vin du futur  185532_14233071_460x306.jpg

Une salle comble hier matin, pour écouter Michel Rolland, à Bordeaux. Photo claude petit

     

Quel vin boirons-nous en 2050 ? Michel Rolland n'en sait rien, mais il a sa petite idée. Le plus célèbre des « flying wine makers » (1) était face aux étudiants de l'INSEEC, une école de commerce de Bordeaux, hier matin, pour répondre à cette question.

 

Michel Rolland s'est taillé une réputation controversée en plaçant au-dessus de tout les progrès de l'œnologie. Ces derniers permettent selon lui de faire du bon vin à peu près partout. Par ailleurs, grâce à eux, on peut adapter le vin aux goûts de chaque marché à travers le monde.

 

Le modèle ? Coca-cola !

 

Le terroir, paramètre sacro-saint dans le Bordelais, ne compte vraiment que pour les très grands crus, les vins naturellement complexes. Pour les autres, tout est affaire d'œnologie et de marketing. Les Indiens aiment le curry ? Fabriquez-leur un vin au goût de curry, répond Rolland. C'est globalement ce que ce dernier a expliqué hier matin à la promotion 2013 de l'INSEEC. Volontiers provocateur, il est sans doute le seul œnologue qui cite le Coca-cola en exemple. « Que fait Coca ? Il adapte le goût en fonction des marchés. Dans le nord des États-Unis, où l'on aime par-dessus tout la cannelle, on fait du Coca au goût de cannelle. En Inde, il est légèrement épicé, c'est le plus mauvais de tous. En Europe, on trouve un Coca plus frais, plus acide. Dans l'avenir, le vin devra faire pareil : s'adapter aux différents marchés. Il faut arrêter de croire, en France et particulièrement à Bordeaux, que nous avons le monopole de la définition du goût. »

 

Darwinisme viticole

 

Avec de tels propos, Michel Rolland s'est assuré de solides inimitiés dans le monde du vin, surtout à Bordeaux. Il le sait fort bien et s'en moque, continuant à sillonner les routes de Gironde dans sa grosse Mercedes noire avec chauffeur, avant de sauter dans un avion pour conseiller des clients dans la Nappa Valley, en Australie ou encore en Afrique du Sud.

 

En 2050 donc, le vin sera un produit taillé sur mesure pour répondre à une demande, et non l'expression d'un savoir-faire traditionnel qui se perpétue. Rolland professe une sorte de darwinisme viticole, où chaque région productrice devra s'adapter à la demande ou mourir. « Mais le grand chambardement, c'est l'Asie. Il faudra s'adapter aux goûts de ces pays. Aujourd'hui, il y a une tendance un peu égale dans la production bordelaise, qui fait toujours le même style de vins. Pour cette région, l'avenir dépend de la capacité des producteurs à faire les produits que les marchés veulent. Il faut savoir regarder ce que veulent les consommateurs. Pourquoi ne pas faire un vin aromatisé à la fraise ? Pour moi, ce serait une horreur, mais il faut y penser… »

 

L'avenir, c'est le marché, on l'a compris. Mais lui, Michel Rolland, quel est son goût ? Un étudiant le lui a demandé. Réponse : « Vous savez, dans mon métier, on retourne souvent sa veste ! J'essaie d'être esthète, mais je suis aussi œnologue. J'ai un goût personnel, mais mon métier m'a donné une double personnalité… » Tout acquis au goût des autres, il n'en dira pas plus sur le sien.

 

(1) Flying wine makers, expression qui désigne des consultants en œnologie qui volent d'un vignoble à l'autre, à travers la planète, pour dispenser leurs conseils

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 00:09

Au risque de décevoir certains je ne vais pas quelques semaines en Corse pour y débusquer les bonnes adresses de vignerons, je vais y vivre. Pour moi, comme l’écrit mieux que moi JMG Le Clézio « Il y a un esprit des îles... Ce n’est pas facile de dire en quoi cela consiste, mais cela se sent... C’est d’abord et avant tout, un sentiment de l’étrangeté. Ou de l’étranger. Être insulaire, être né dans une civilisation d’îles, cela veut dire qu’on est séparé, éloigné, écarté des autres... On est, naturellement, et irrémédiablement, isolé... Leurs frontières c’est la mer, et la mer n’est pas une véritable frontière. » Même si je ne suis pas natif d’une île, j’ai vécu toute ma jeunesse buissonnière et sauvageonne comme si j’étais sur une île, isolé. De cette île je savais que je partirais. Ma première vraie île, en 1968, fut l’Insula Oya. Jamais je n’ai vécu d’émotion aussi intense que ces deux mois-là.  Caillou-8697.JPG

L’insularité, pour moi ça sonne comme sérénité, alacrité, fidélité, comme une petite musique originale qui m’envahit la tête à chaque fois que je débarque, que je pose le pied sur le tarmac de Campo del Oro à Ajaccio. Je ne me lasse jamais du mystère de la Corse, de sa beauté brute, de ses odeurs, de la rugosité bourrue de ses habitants, de son hospitalité exigeante, de son rythme, de sa paix en dépit de ses violences et de ses outrances. Elle me laisse vivre et je le lui rends. J’y suis chez moi comme je suis chez moi, soigneux, respectueux, soucieux que ma liberté n’aille pas empiéter celle des autres. J’y vis. Pourquoi diable faudrait-il pendant quelques jours de l’année se transformer en estivant ? Les estives c’est pour le troupeau et son berger. Alors tous ces autocars emplit de retraités bougons et moutonniers ; alors ces monstrueux hôtels flottants dégueulant pour quelques heures des hordes filant vers le lieu qu’il faut visiter avant de vite s’en retourner dans sa cabine vitrée ; alors tous ces camping-cars squattant les parkings des supermarchés... je comprends que ça puisse insupporter l’habitant.

Caillou-8710.JPGMalraux, dont on connaît l’art de la formule choc, écrivait « De Gaulle avait son mystère, comme nous avons la Corse » et il précisait « Il y avait en lui un domaine dont on savait qu’on ne l’éclairerait jamais. C’est cela que j’appelle la Corse » Garder sa part de mystère, sa part d’ombre, c’est s’accepter homme, c’est accepter l’autre. La Corse irrite certains, elle me fascine car elle est singulière dans un monde qui se lisse. Oui, la Corse est unique, les insulaires le répètent à l’envi jusqu’à l’outrance. « Une montagne dans la mer » qui scinde son territoire avec l’« en-deçà »(le versant oriental) et l’«au-delà des monts » qui traduit une césure sociale « la terre du commun » et « la terre des seigneurs ». Dès que l’on pénètre dans les terres, que l’on monte « au village » on comprend ce qu’est l’isolement de l’intérieur. Fut un temps, pas si éloigné, où la plupart des villages perchés, nids d’aigles suspendus à la falaise, étaient inaccessibles. « Deux communes adossées aux flancs de la même montagne, et seulement par un trajet de quelques heures, demeurent sans communication d’aucune sorte pendant plusieurs années » Adolphe Blanqui Rapport sur l’état économique et moral de la Corse en 1838. Ce cloisonnement perdure, ici « le kilométrage théorique est moins utile que... le nombre de lacets de la route pour juger de la longueur du trajet. »  Caillou-8622.JPG

La Corse est une île méditerranéenne. La Méditerranée, le mare nostrum, avec sa rudesse géographique et climatique qui est cause « de la fragmentation des peuples et de l’accentuation des particularismes. »Elle fait l’unité de ces sociétés promptes à se lancer des défis, à cultiver le paradoxe, sourcilleuses sur le sens de l’honneur, la cohésion de la famille, la pureté du sang... alors qu’il y a peu de régions au monde où le sang s’est autant mêlé. Le « miracle méditerranéen » réside dans la capacité de ces peuples à préserver leur identité. « Le Méditerranéen honore le père, emblème tout puissant de la famille patriarcale, vénère la mère, redoute la femme... » Paul Balta. « La mère, la mort, l’honneur... » le clan, le clientélisme, le paraître, la théâtralisation du quotidien, la violence, la loi du silence... « Le fait est établi, il n’y a guère qu’en Corse qu’une épouse, qui a des éléments à communiquer sur l’assassinat de son mari, ne témoigne pas... » Mais, pour avoir vécu la Corse quand je tenais le dossier au cabinet du Ministre, Dieu sait si la Corse peut-être bavarde, bruir de rumeur, caisse de résonnance d’un lieu clos de 260 000 habitants, grande lectrice de journaux, auditrice de ses radios, spectatrice de sa Télévision. Oui « En Corse, il vaut mieux savoir qu’on ne sait pas, plutôt que de croire qu’on à compris. »

Caillou-8708.JPGAlors, dans les jours qui viennent, si vous voulez bien m’accompagner, je vous proposerai quelques « Esquisses Corses » pour tenter de vous faire partager mon goût de la Corse, sans flatteries ni concessions, mais loin des lieux communs, des idées toutes faites, avec un respect qui n’est pas de la complaisance. En effet, comme l’écrit Jean-Louis Andreani dans son remarquable livre « Comprendre la Corse » – dans lequel j’ai largement puisé pour écrire cette chronique – « La Corse existe, avec son histoire, sa mémoire, la fierté d’une île et d’une humanité très anciennes, qui n’oublient rien, marquées par la mort et le tragique ; la Corse existe avec ses archaïsmes, ses contradictions, ses rigidités, sa revendication d’identité et son envie de vivre comme le reste de la France, ses richesses humaines et ses petitesses, ses énergies et ses forces destructrices, sans conteste plus fortes qu’ailleurs. C’est un monde particulier, au bord du continent. Il ne sert à rien de le nier, ou de faire comme si on pouvait, justement, ne rien faire et laisser filer, pour ensuite s’insurger de la situation »

 

Que la Corse irrite en se posant « en victime de l’histoire et du continent réunis » j’en conviens. Cette posture, qui n’est pas propre à l’île, justifie l’immobilisme. Mais pour autant, et c’est le cas des hommes et des femmes de la vigne en Corse, pourquoi ne pas mettre en lumière, en perspective, les efforts, les changements de comportements, sortir de ce bloc brut d’hostilité dont beaucoup de Français font preuve vis-à-vis de la Corse. Sur mon petit « Espace de Liberté » je m’efforcerai donc de briser cette carapace...

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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 09:00

Nouveauté de la rentrée, la rubrique « Vignette » se caractérisera par sa brièveté : flashs, brèves, infos... Vite lue ou parcourue, elle interviendra en fonction de l’actualité sans aucune périodicité.

 

Ce matin c’est Gérard Bertrand qui fait la première. Il s’affiche à Paris, comme vous allez le découvrir sur mes photos, glanées sur mes trajets de vélos, dans des endroits stratégiques : les panonceaux qui surplombent les Bouches du Métro. Visibilité maximale aussi bien par le flux des passants de la rue que par les usagers qui prennent le Métro. Bon format. Bon visuel. Bons lieux. Bonne période. Bonne pioche ! Beau travail. Bravo.

 

Découverte spontanée, même si j'ai l'oeil exercé et aux aguets...et bien évidemment, même si les services de Com de Gérard Bertrand sont très affutés, je n'étais en rien prévenu de cette campagne de publicité...  

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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 00:09

J’ai osé « déjeunatoire », entre guillemets quand même, rien que pour faire « marronner », « bisquer» aurait dit ma mémé Marie, l’un des rares chroniqueurs du Figaro qui garde une belle plume acérée : Michel Schiffres qui écrivait récemment : « À défaut de le savoir, on l’imagine : le métier de journaliste est celui de toutes les aventures. Elles ne sont pas toujours, hélas, celles que les vaillants reporters espèrent. Mais le péril peut surgir à tout instant et pas toujours comme on l’attend. Témoin cette invitation reçue il y a peu. Elle convie fort gentiment à un «cocktail déjeunatoire». Vu l’heure de l’agape, il est évident qu’il s’agit d’un déjeuner inspiré de la formule du «cocktail dînatoire» très en vogue depuis une dizaine d’années. Pour cette rencontre, le pire est à craindre, question nourriture, compte tenu de la manière dont les hôtes maltraitent déjà la langue française : il fallait oser ce «déjeunatoire». Encore peut-on tout craindre des cuistres. Aussi je guette avec impatience le jour où je serais prié de venir à un festin «soupatoire».

 

J'adore est les mots en oire : boire, ciboire, dérisoire, foire, mémoire, poire et le très fameux désultoire cher à Gaston Chaissac...

 

Vélo ! Fait beau, je branche mon GPS Iphone : le Sénat, l’église de Saint-Germain-des-Prés, les guichets du Louvre, la Pyramide de Pei... je pédale comme un tout juste rentré qui a gardé ses Veja Blanche aux pieds. Avant de partir j’ai déjeuné frugalement pour bien aborder cette première dégustation de la rentrée.

J’ «antivolise» mon vélo mais je n’ai point à ôter mes pinces à vélo. J’arrive. Je pointe au guichet journaliste (imposteur-bloggeur je suis) Y’en a aussi des pour les cavistes, restaurateurs...mais moi j’échappe à l’identification portée en sautoir tel un bovin corse paissant au bord des routes mais qui touche la Prime à la vache allaitante en euros de Bruxelles et qui ne veut pas voir contrôler sa surface toujours en herbe (je vous expliquerai).

Je pénètre dans le saint des Saints et là, ô surprise, tout autour de moi je ne vois que des empiffrés : des gens qui s’empiffrent quoi ! Vous me direz, puisqu’il était dans les 1h30 d’apm, c’était l’heure de tortorer. Ouais mais là ça tenait de l’excitation papillaires maximales, une forme aboutie du « je m’en mets un max derrière la cravate ». Faut dire que ce n’était pas un buffet saucisson-rillettes et camembert Président. Non, non, que du raffiné, du beau, du top-moumoute pour becs fins.

Caillou-9093.JPG

Je n’ironise pas. Nos hôtes avaient bien fait les choses dans un circuit pédagogique intéressant sous le focus accords mets-vins. Fort bien, et la moindre des politesses de ma part est de les en féliciter et de les en remercier. Donc voici les stations de ce qui ne fut pas un chemin de croix, loin de là, pour les gars qu’étaient là béats (peu de femmes en ces lieux) :

 

1ier station : Apéritifs/Crémants

2ième station (à l’étage) : Légumes du potager et œufs/ flacons qui vont avec.

3ième station (toujours à l’étage) : Produits de la mer/ flacons qui vont avec.

4ième station (après un ½ tour) Charcuterie à gauche/ flacons qui vont avec.

5ième station (en face) Produits Tripiers et Foie Gras/ flacons qui vont avec.

6ième station (à droite) Fromages/ flacons qui vont avec.

7ième et dernière station (au fond) Desserts/ flacons qui vont avec.

 

Donc pour mes étiquetés, dont certains devaient aussi être des retraités, c’étaient Byzance, bombance, il régnait une ferveur peu commune : pensez-donc les huîtres à profusion c’étaient rien que des Prat-Ar-Coum, les Rolls du parc (ostréiculteur depuis 1898) et tout à l’avenant dans le raffinement : le plateau de fromages (affinés par Eric Lefèvre) digne d’un étoilé, les desserts aux fruits d’automne : sorbet et brunoise de pomme au romarin et Poire au miel et sa glace au fromage blanc stupéfiants ! Tous ces petits plats dans les grands étaient l’œuvre d’un chef David Van Laer qui vient d’ouvrir un restaurant à Senlis « La Maison » www.davidvanlaer.com  Bravo l’artiste !

 

Alors vous allez me dire, de quoi te plains-tu Berthomeau, pourquoi ramène-tu ta fraise qui n’est pas de veau ? T’avais qu’à t’en mettre plein la lampe et nous épargner tes épanchements ironiques. Oui, certes, c’est une façon de voir mais quand y’a une chose qui me chiffonne, qui me reste sur l’estomac, faut que je vous mette dans la confidence. Je n’étais pas à mon aise, gêné aux entournures, un peu tout ça pour ça, un peu de tout de trop. Fallait-il placer la barre aussi haute pour une simple dégustation ?

  

Ce n’est pas mon argent mais c’est celui des cotisants et je n’ai pas à juger de l’adéquation des moyens avec les objectifs recherchés. Cependant ces délices de Capoue pour un parterre somme toute, moi y compris, très rase-moquette, ça me défrise. Célébrer la cuisine du terroir avec une haute tenue je ne vais m’en plaindre mais est-ce bien en ce type de circonstances, pour un tel public qu’il faille le faire ?

 

Permettez-moi d’en douter. Les prescripteurs présents ne m’ont pas semblé, mais peut-être me trompai-je, nécessiter un tel traitement. En écrivant ceci je ne vais pas me faire beaucoup d’amis et je ne suis pas sûr que l’on m’invitera au prochain exercice « déjeunatoire » mais qu’importe je l’écris car n’ayant pu résister à la tentation j’ai absorbé, dans le plus grand désordre, par pure gourmandise : la Poire au miel et sa glace au fromage blanc, une micro-cassolette de moules de bouchot en marinière, 4 Prat-Ar-Coum et des lichettes de fromage : dont une boulette d’Avesnes goûteuse à souhait mais y’avait plus de Munster les morfalous avaient tout ratiboisé... Donc j’en ai été et il faut que j’expie ma faute jusqu’à la lie (je n’ai pas osé l’hallali).

 

Un peu tourneboulé, chiffonné, j’ai dégusté à minima mais du très bon :

-         1 Riesling 2005 Cuvée Frédéric Emile AOC Alsace de F.E Trimbach à Ribeauvillé : d’une pureté extraordinaire, minéral vous avez dit minéral, servi par un ami de François le Débonnaire, un autre François mais Wilhelm lui. www.maison-trimbach.fr

-         1 très beau Pinot Noir 2008 Cote de Rouffach du domaine Rieffle servi par la jeunesse Rieffle, nous avons beaucoup échangé sur les vertus de la Toile. Si on veut encore de moi en Alsace un de ces 4 je prendrai le TGV pour aller voir Jean-Claude Rieffle et la nouvelle génération de vignerons et faire une dégustation dans la plus simple simplicité si vous me permettez cette expression. www.rieffle.com

-         1 Pinot Gris 2008 Lieu-dit Weingarten AOC Alsace de Bernhard-Reibel servi par Pierre Bernhard que j’avais croisé lors du sympathique déjeuner de Montpellier-Bio. Un vin d’une belle franchise, plein, droit, un vin à manger, un vin qui donne envie d’aller au fond du verre. www.domaine-bernhard-reibel.fr

 

Vous voyez, à la question : « Comment ça va ? » j’aurais pu répondre « Comme un lundi » et ainsi je me serais évité un max d’ennuis. Pour tout vous dire j’ai même bavassé avec Pierre Guigui sur les OGM de Colmar et, là aussi, j’aurais du en faire un compte-rendu plutôt que cette chronique qui va me valoir le pain sec à l’eau du côté du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Mais que voulez-vous je suis ainsi fait et je ne suis pas sûr que de réciter « le Renard et la Cigogne » me vaudra l’absolution. Mais tentons !

Compère  le Renard se mit un jour en frais,

Et retint à dîner commère la Cigogne.

Le régal fut petit et sans beaucoup d'apprêts:

            Le galant, pour toute besogne,

Avait un brouet clair (il vivait chichement).

Ce brouet fut par lui servi sur une assiette:

La cigogne au long bec n'en put attraper miette...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 09:00

Je vous trouve un peu mou du mulot.

Vous êtes blasés ?

Vous n’aimez pas le vin ?

Vous n’aimez pas mes vins ?

Je n’ai pas écrit Evin.  

Ils sont pourtant beaux mes vins du Grand Concours de l’été.

Elles étaient joyeuses mes questions du Grand Concours de l’été.

Vous avez dit convivialité !

Vous avez dit bien vivre !

Paroles, paroles, chantait Dalida.

Vous n’avez pas de temps à perdre !

Allons bon à d’autres que moi, pour répondre aux 20+1 questions une petite heure chrono suffit, ni plus, ni moins !

Qu’est-ce donc qu’une heure dans la vie d’un homme ?

Rien !

Que dalle !

Pour l’heure j’ai 35 réponses c’est peu par rapport à la fréquentation des Questions tout au cours de l’été.

Suis-je déçu ?

Non, jamais mon blog n’a été aussi visité et ça dure.

Étonné, oui par cette absence de répondant.

Bien sûr la date limite des réponses est fixée au 30 septembre minuit, il vous reste encore du temps mais une piqure de rappel n’est jamais inutile pour éveiller le désir sur la Toile : voici 2 liens pour jouer en toute connaissance de cause :

 

1 – l’ensemble des Questions : http://www.berthomeau.com/article-le-grand-concours-de-l-ete-a-epuise-ses-20-questions-1-place-a-vos-reponses-du-1ier-au-15-septembre-minuit-56187591.html

 

2 – le podium des lots en jeu : http://www.berthomeau.com/article-le-podium-du-grand-concours-de-l-ete-tous-ceux-qui-ont-gagne-ont-joue-56521555.html

  

 

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul la maison Berthomeau a ramené dans ses bagages un beau souvenir de Corse pour doter le concours : 1 magnum Alzeto Prestige 2007 – Albertini – allez-donc voir ce qu’en disent mes amis les « marchands de vin » de la Contre-Etiquette http://la-contre-etiquette.com/producteur/Clos-d-Alzeto-Corse_156.html

Caillou-9030.JPG Caillou-9091.JPG

Voilà, après cela ne venez pas me dire que je ne mouille pas le maillot pour la cause du vin. Le buzz ne vient pas du ciel, il faut le créer. Alors à vous, plongez dans les profondeurs de mon blog avec le petit moteur de recherche. C’est simple comme un jeu d’enfant. Bref, à quoi bon que le père Berthomeau il se décarcasse si vous qui dites aimer le vin ne prenez pas un peu de temps de votre précieux temps pour jouer.

 

à bientôt sur mes lignes...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Concours
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