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    Vin&Cie,

             l'espace de liberté

 

 

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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 00:05

Au sens de nos régions administratives – celles pour qui nous votons ce jour, du moins ceux qui n’ont pas oublié qu’un bulletin de vote vaut mieux que le bruit des bottes –  fruit d’un pur compactage départemental faisant fi de l’histoire, la réponse est non. Le nouveau Connétable de Bourgogne qui sortira des urnes, et qui ne sort pas de Sciences Po parce qu’il est véto : sacré François – pas le Débonnaire qu’a un faible pour les GCC mais qui commence à mettre son nez dans le Beaujolais – devra jeter un pont en direction de ce Lyon qui, comme le dit, Bernard Pivot a trahi son vieil amour au profit du Côte du Rhône par pure jalousie du temps où « le beaujolais nouveau flambait à Paris ». Mais n’anticipons pas, je prendrai ma plume en temps voulu pour interpeller les fraîchement élus – les Languedociens ne vous marrez pas je n’ai pas écrit frèchement.

Face aux difficultés présentes des vignerons du Beaujolais ma question peut paraître bien dérisoire, anodine. Pas si sûr mes chers lecteurs car il faudra bien, en dépit des débiteurs de ya ka, mobiliser les énergies et des moyens pour accompagner la grande mutation des vignerons du Beaujolais. En effet, il est facile de conseiller la rigueur aux autres, de trier d’une belle main qui se contente d’écrire le bon grain de l’ivraie, de se faire le comptable des fautes des uns et des autres, de dire que les meilleurs s’en sortiront mais à propos qu’elle était la question posé par mon petit gars du Beaujolais ?

Moi je ne suis pas là pour pondre un « nouveau putain de rapport»  mais seulement pour tenter d’aider. Faudrait quand même que certains sortent le nez de leurs verres et aillent trainer leurs guêtres même chez ceux qui se sont contenté de produire du raisin. Ou bien il ne faut pas pleurer sur les vignes arrachées et se contenter de verser des larmes de crocodiles sur la détresse de certains.  Devant le vin y’a des vignes et dans les vignes il y a des hommes. Se colleter à la pâte humaine c’est d’abord l’accepter telle qu’elle est. J’ai déjà « eu fait » dans les salles des fêtes des Aspres ou des Fenouillèdes, dans les mairies de Charente et de Charente-Maritime et croyez-moi, chers confrères, y’avait là une flopée de braves gens qui méritaient mieux que des leçons. Comprendre n’est pas brosser les gens dans le sens du poil mais aller sur leur terrain pour tenter de les convaincre. Quand aux consommateurs ça n’est pas leur problème j’en conviens aisément mais, soyons honnêtes, le % d’entre eux qui nous lit ou attend nos avis étant aussi mince que la taille d’un top-modèle, prendre leur défense prête un peu à sourire. Le gros de la troupe qui pousse son caddie, qui n’intéresse guère les plumitifs du vin, fait ce qu’il peut avec ce qu’il a et il faudra bien un jour s’intéresser d’un peu plus près à lui.

La qualité des commentaires venus de la « base » m’ont convaincu que, même si le chemin que je prenais était ardu, je n’avais pas eu tort de m’y aventurer. Comme je l’ai écrit j’irai à mon rythme et ce matin je vous propose de lire un beau texte qui répond à la question posée en titre de cette chronique dominicale.  Tom-7171.JPG

« Beaujolais ! Le joli nom pour un joli vin. Le vin ravit le palis, le nom flatte l’oreille. Créons pour lui un dicton :

Beaujolais,

Doux à l’oreille, doux au palais.

Le Beaujolais est-il bourguignon ? Nous avons vu soutenir la nécessité de sortir de cette étroite et ingrate prison qu’est une province limitée avec trop de parcimonie. D’ailleurs, pour le Beaujolais, la coutume a fait justice de l’arbitraire qui a réduit l’ancienne Bourgogne à trois départements. Pour avoir la certitude que le Beaujolais est bourguignon, il n’y a qu’à regarder ceux qui le font, Bourguignon de la tête aux pieds.

La contrée est traversée par les Monts du Beaujolais. Ils s’avancent en cap dans la vallée de la Saône, dominent d’avenants paysages et, par les collines du Charolais, se relient au plateau de la Côte d’Or. La surface générale des vignobles présente un vaste plan incliné descendant de petites montagnes dont les flancs s’abaissent vers la Saône. Ce plan est formé de mamelons et de ravins au fond desquels courent des ruisseaux à lits de torrents, bordés d’arbres, de buissons, de grasses prairies. Les vignes fleurissent sur les parties les mieux exposées au midi et à l’est. Elles occupent les plateaux des étages supérieurs des collines mais à mesure qu’on s’élève vers les crêtes de la chaine dominante les vignes deviennent moins continues, les prairies plus nombreuses.

Le beaujolais proprement dit s’applique à l’arrondissement de Villefranche et produit les vins les plus fins. Le Mâconnais vient ensuite, qui s’applique à l’arrondissement de Mâcon.

Le Gamay est, dans le Beaujolais, le cépage des premiers crus. Dans la Côte d’Or, producteur abondant, il abdique toute prétention : il en va autrement dans cette province. Lui apportant tout ce qu’il a de corps et de chaleur, il a fait avec elle un véritable mariage d’inclinaison. Union fut rarement plus féconde ni ne donna, au pays des vins, plus remarquable postérité. Comptez leurs beaux enfants : Moulin-à-Vent, Chénas, Brouilly, Morgon, Juliénas, Fleurie... 

Une bouteille de Fleurie est d’un commerce infiniment agréable. Et l’on a vu, tant il a l’éloquence entraînante, aux repas où il fut servi, les bonnets s’envoler sur les ailes de l’insidieux Moulin à Vent.
 

On entre dans le Beaujolais tout de suite au sortir de Mâcon par Solutré. On laisse, à gauche, le vieux château de Saint-Léger qui domine la route des Allemands – où le souvenir ne s’est pas perdu de ces mercenaires requis par les divers partis, au temps des guerres civiles, et pour lesquels <mâcon, afin de payer leur solde, dut engager sa vaisselle d’argent.

Solutré découpe à l’horizon, où il s’avance en promontoire, son rocher caractéristique. L’histoire lui doit moins peut-être que la préhistoire. Des civilisations successives y ont passé. Elles y ont laissé leur trace, non leur secret.

A quel âge du monde appartenaient les plus lointaines, et lequel de ces peuples y planta la vigne ?

Si Solutré a son cru, Pouilly, du même lieu, a le sien ; mais il a perdu son ancien château dans la querelle des ducs qui a fatigué si horriblement le pays. Pouilly, dont on répète le nom évocateur avec un si grand plaisir, ne serait plus qu’un souvenir a peu près effacé, sans la finesse de ses vins, d’une si franche couleur d’or, d’un fruit si agréable, qui ont été placés dans les premières classes des vins blancs.

C’est à Thorins-Romanèche qu’est le centre des vins fins du Beaujolais. Le vignoble commence au pied de l’antique village dont le nom, Romanèche, est un écho romain. Il s’étend sur les plus larges flancs des coteaux aux rampes adoucies. Au milieu, sur un plateau circulaire, se dresse un moulin. L’étudiant de Gustave Nadaud disait dans la « Lettre à l’étudiante » : « Cela tourne à mourir de rire, on n’a jamais bien su comment.

Celui-ci ne tourne plus. Un jour d’orage, il a même laissé emporter ses ailes inutiles.. Tout rond, drôlement coiffé, avec un cœur dont le tic tac est mort, il est resté planté sur son affleurement de roches granitiques. Il n’y est plus qu’une enseigne : c’est, pour le touriste, le moulin à vent du « Moulin à Vent ».

 

 

Texte de Georges Montorgueil et dessins d’Armand Vallée in Monseigneur le Vin livre Troisième. 1926Tom-7176.JPG

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 00:00

« Je le dis une fois pour toutes : j’aime la France avec la même passion, exigeante et compliquée, que Jules Michelet. Sans distinguer entre ses vertus et ses défauts, entre ce que je préfère et ce que j’accepte moins facilement.

Se purger de ses passions

« Mais cette passion n’interviendra guère dans les pages de cet ouvrage. Je la tiendrai soigneusement à l’écart. Il se peut qu’elle ruse avec moi, qu’elle me surprenne, aussi bien la surveillerai-je de près. Et je signalerai chemin faisant mes faiblesses éventuelles. Car je tiens à parler de la France comme s’il s’agissait d’un autre pays, d’une autre patrie, d’une autre nation. « Regarder la France, disait Charles Péguy, comme si on n’en était pas. » D’ailleurs, en évoluant, le métier d’historien nous condamne de plus en plus à la sécheresse, à l’exclusion du cœur. »

La longue durée impose ses services

« Il est évident qu’une nation en train de se faire, ou de se défaire, n’est pas un personnage simple, « une personne » comme disait poétiquement Michelet. Elle est une multitude de réalités, d’êtres vivants sue saisit mal le fil d’une histoire chronologique à la petite journée, à la petite semaine, à la petite année. Se cantonner dans le temps bref, c’est le défaut mignon de l’histoire-récit, de ce « feuilleton de l’histoire de France », comme dit Jacques Bloch-Morhange, que nous avons appris par cœur, enfants, et non sans émoi, dans les pages inoubliables du Malet-Isaac. Mais pour qui n’est plus un enfant, c’est une autre forme d’histoire, inscrite dans de plus longues durées qui permet de dégager les invraisemblables accumulations, les amalgames et les surprenantes répétitions du temps vécu, les responsabilités énormes d’une histoire multiséculaire, masse fantastique qui porte en elle-même un héritage toujours vivant, le plus souvent inconscient, et que l’histoire profonde découvre, à la façon dont la psychanalyse, hier, a révélé les flux de l’inconscient. »

L’hexagone, l’Europe, le Monde

« De même  l’espace français actuel, l’ « hexagone », n’est pas la seule mesure à laquelle il faille se référer : au-dessous d’elle il y a les infra-mesures : régions, provinces, « pays » qui ont longtemps gardé, gardent encore une autonomie certaine ; au-dessus d’elle, il y a l’Europe, et au-dessus de l’Europe, le monde. Marc Bloch affirmait : « Il n’y a pas d’histoire de France, il y a une histoire de l’Europe » ; mais reprenant un autre de ses propos : « La seule véritable histoire est l’histoire universelle », on pourrait ajouter : « Il n’y a pas d’histoire de l’Europe, il y a une histoire du monde ! ». « Je ne conçois l’hexagone, écrivait Paul Morand, qu’inscrit dans la sphère. »

En fait, l’Europe, le monde sont parties prenantes dans notre passé : ils nous bousculent, à l’occasion ils nous broient. Mais, à leur endroit, sommes-nous, nous-mêmes innocents ? Les mots d’Edgar Quinet, « une grande gloire pour les peuples modernes est d’avoir conçu l’histoire universelle », ont eu le temps, depuis qu’il les écrivit en 1827, de se charger de bien des ambiguïtés. Mais qu’il soit entendu que, pour aucune nation, le dialogue obligatoire et de plus en plus pesant avec le monde n’entraine une expropriation, un effacement de sa propre histoire. Il y a mélange, non pas fusion. « Le changement le plus radical survenu en France, écrit T.Zeldin, [est-ce] la perte pour les Français du contrôle de leur destin ? » Assurément non. Cette ambiguïté d’une histoire de France confondue, pour une partie de sa surface et de son volume, avec les destins du monde et de l’Europe, m’a, à l’avance, beaucoup gêné dans mes projets. Inutilement pourtant. Car je me suis aperçu, chemin faisant, qu’une histoire de France est, en soi, un admirable sondage, une mise au clair, au-delà de ses aventures propres, de la marche de l’Europe et du monde. »

 

Fernand Braudel dans son Introduction à « L’identité de la France » 3 volumes chez Arthaud 1986

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /Mars /2010 00:09

Au tout début de février j’ai reçu dans ma boîte aux lettres ce message d’un de mes lecteurs : « Je suis fils de viticulteurs, petit viticulteur du Beaujolais, métayer, donc loin des grandes dynasties Bourguignonnes. Malgré tout, je suis un amoureux de ce terroir, mais pour être franc je ne vois pas comment le sortir de cette crise qu'il connait. Mon père n'a de cesse de me dire chaque jour que le Beaujolais est perdu et qu'il vaut mieux vendre du Bourgogne ou du Champagne, et je trouve cela très triste. » Et de conclure :


« Je viens vers vous aujourd'hui pour avoir votre avis d'amoureux du vin et surtout de professionnel du vin sur l'avenir de ce Beaujolais, quel est votre point de vue sur sa situation ? »


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J’avoue que j’étais à la fois assez ému de cette confiance et embêté car, contrairement à ce que pensent certains, je n’ai pas d’avis sur tout et, dans le cas spécifique du Beaujolais, j’estimais et j’estime encore, que mon éloignement du terrain, ce besoin que j’ai avant de me forger une opinion d’arpenter la région, d’écouter les uns et les autres, de voir, de sentir, de me plonger dans la complexité, de définir le champ des possibles, de tester des solutions, ne me permettait pas d’être en mesure de répondre de manière pertinente à mon correspondant.


Alors j’ai rongé mon frein mais, comme rien ne me chagrine plus que l’impuissance j’ai lu tout ce que j’ai trouvé sur le sujet en me disant : « quand ce sera mûr tu tenteras d’écrire quelque chose. » Le temps passait et j’avoue que, dès que je m’asseyais face à mon clavier pour écrire ce qui me trottait dans la tête, je repoussais au lendemain la ponte de la première phrase qui chez moi déclenche tout.


Et puis, aujourd’hui – hier pour vous – en fin de matinée, après bien des tergiversations, j’ai décidé de me lancer, comme ça, sans trop savoir où j’allais aboutir, en me disant que peut-être ces premiers pas sur la Toile mettraient en branle je ne sais quel processus de réflexion pour que la prise de conscience des maux du Beaujolais débouchât sur une réelle réflexion stratégique. Bien évidemment je sais pertinemment que personne ne m’attend sur ce sujet et j’ai bien conscience que ma seule bonne volonté, mon besoin de servir ne vont pas me propulser au cœur d’un processus qui déboucherait sur des choix clairs et assumés éclairant l’avenir bien sombre du Beaujolais.


En clair, je m’auto-missionne. C’est une grande première. J’irai à mon pas en espérant trouver sur le chemin des femmes et des hommes de bonne volonté pour prendre avec mon aide en charge leur destin.

 

« Dix ans. Le Beaujolais vit sa dixième année de crise d’affilée. Durant cette décennie 1500 viticulteurs ont mis la clé sous la porte » écrit le magazine Lyon Capitale dans son numéro de février sous le titre choc « Un vin à l’agonie » avant d’ajouter « sans doute pas en danger de mort, mais plus probablement en voie de paupérisation. Clochardisation, diront certaines langues vipérines ». Pour moi l'abus de mots excessifs, tonitruants nuit alors je les laisse aux journalistes et me tourne vers un grand amoureux du vin et du Beaujolais tout particulièrement : Bernard Pivot.


À la question : « Le beaujolais est donc réellement en danger ? » : le créateur du Comité de Défense du Beaujolais, répond : « Ce n’est pas nouveau. Le Beaujolais va mal, il est souffrant. En plus d’une grave crise économique, le beaujolais est victime, depuis pas mal d’années, d’un ostracisme moutonnier, d’une sorte de défiance, souvent irrationnelle. Il existe un snobisme à dire que le beaujolais ce n’est pas bon. C’est complètement aberrant. C’est un vignoble extraordinaire. Les vignes sont arrachées, abandonnées... »


Que le beau vignoble du Beaujolais soit un « Grand Corps Malade » j’en suis bien d’accord mais, sans prendre la distance un peu froide qu’affiche encore trop souvent le corps médical face à la souffrance morale de ses patients, il me semble qu’il faut se garder d’en rester à une telle approche purement compassionnelle. Avoir de l’empathie, j’en ai et je ne fais pas parti de ceux qui couvrent le Beaujolais d’opprobre,  ne doit pas conduire ni à une forme de globalisation des problèmes qui se posent, ni à s’enfermer dans une victimisation du produit. La recherche de « coupables » peut rassurer mais elle n’apporte guère de lumière au diagnostic. Vraiment c’est faire trop d’honneur à certains « prescripteurs » crachant sur le Beaujolais que de leur attribuer le désamour des consommateurs. Qui les entend ? Qui les suit ? Pas grand monde ! Le mal est bien plus profond. D’ailleurs, sans le vouloir, Bernard Pivot en répondant à la question « Pour vous, le Beaujolais, c’est... » apporte de l’eau à mon moulin.

Que dit-il en effet : « Le Beaujolais est avant tout un vin de lutte des classes. C’est le vin des canuts et le vin des rad-soc’s. Le vin de Gnafron et le vin d’Édouard Herriot. Le vin des bleus de chauffe et le vin des costumes-lavallières. Le vin de la Vache-qui-rit et le vin du gigot qui pleure. Le vin des mâchons entre vieux potes et le vin des déjeuners en famille. Le vin de la gauche-saucisson et le vin de la droite pot-au-feu. Le beaujolpif des meetings et le saint-amour des mariages. »

Avec tout le respect que je dois à Bernard Pivot je dois avouer qu’il prononce là un très bel éloge funèbre d’un monde englouti. Il y a dans son propos de l’Amélie Poulain et la France qu’il décrit n’est plus. Mais, par delà ces regrets, le Beaujolais qui «pendant des décennies, voire des siècles, a été considéré, comme l’écrit Eric Asimov le critique vin du New York Times, comme un vin simple, léger, amusant (...) pas sérieux n’est-il la nouvelle victime d’une vision élitiste du vin à la française. Comme je l’ai déjà souligné, les écrits de Roland Barthes dans Mythologies sont datés. « Le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages. C’est une boisson totem... » Le vin populaire n’est plus et ça ne date pas d’hier. Pour s’en persuader il suffit de visionner la fameuse émission de Michel Polac « Les vignes du seigneur » de mai 1982 pour déceler, dès cette époque, la ligne de fracture qui était en train de se creuser entre le vin du populo et celui des amateurs éclairés. Le père Bréchard, figure emblématique du Beaujolais y défend becs et ongles, contre un Jean Huillet héraut des va-nu-pieds du Midi qui l’accuse de jouer sur le même terrain que lui, son modèle beaujolais. C’était il y a presque 30 ans. Réécrire l’Histoire, l’enjoliver ou la tirer vers le bord qui est le sien, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, ça rassure mais ça masque aussi des réalités bien moins agréables à analyser et à traiter.

Reste donc à entrer dans le vif du sujet : « le Beaujolais est-il perdu ? » comme l’affirme le père de mon correspondant ou comme le journaliste de Lyon Capitale interrogeant Bernard Pivot : « est-il mort ? » Celui-ci répond : « Non, je ne crois pas. Mais le Beaujolais a mal, il est souffrant, il demande une assistance. Si on ne lui porte pas remède, il ira de plus en plus mal... » C’est donc avec mon petit balluchon que je me porte volontaire pour « aider » avec ma méthode semelles de crêpe, pas pour « assister », le Beaujolais n’a pas besoin de béquilles, d’infirmiers  ou de docteurs miracles – ce qui ne signifie pas pour autant que les conséquences sociales des difficultés ne doivent pas être traitées avec les moyens adéquats – mais d’un accoucheur de décisions. Le salut – c’est mon côté vendéen qui ressort – du Beaujolais viendra de l’intérieur, de ses propres forces. C’est donc à dessein que j’ai titré ma chronique « Grand Corps Malade » en référence à ce grand garçon sympa qui a su, avec ses propres forces, surmonter son handicap lié à son accident pour « réussir ».

Tout reste donc à faire : à bientôt donc sur mes lignes pour ce bout de chemin en Beaujolais et si vous voulez contribuer vous y êtes les bienvenus...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 00:04

« Rien ne surprend davantage un amateur de vin d’aujourd’hui*, que le réputation des vins d’Ile-de-France au temps jadis » Vins d’Argenteuil, du Laonnois, de Marly, de Meulan, de Montmorency, de Pierrefitte, de Deuil, de Saint-Yon, étaient connus : on savait distinguer ces crus les uns des autres.

Au commencement du XVIIIe siècle, Paumier, médecin normand, qui a écrit sur le cidre et le vin, ne parle qu’avec enthousiasme des vins français, car c’est ainsi que l’on désignait les vins de l’Ile de France. Il va jusqu’à leur donner la préférence sur ceux de Bourgogne : « Tout ce que peut prétendre celui-ci, dit-il, quand il a perdu toute âpreté, et qu’il est en sa bonté, c’est de ne point céder aux vins français ».

Le vin de Suresnes était l’un des plus connus de ces vins français.

« C’est le premier vin, dit, l’Encyclopediana, qu’on ait vanté en France. » 

Jean Gonthier, médecin de François 1ier, dans ses Exercitationes hygiasticae, nous apprend que le vin de Suresnes et celui de Ris faisaient les délices de la table royale : regi sunt in deliciis.

Ce Vin de Suresnes provenait de la récolte faite dans le clos de la Seigneurie (Clos des Seigneurs, où fut plus tard la propriété du couturier Worth) et était offert chaque année au roi par les religieux de Saint-Germain-des-Prés, propriétaires de la terre et seigneurie de Suresnes depuis l’an 918.

Ces mêmes vins, dit Pierre Gauthier de Roanne (il y ajoute ceux de Ris), font les délices du monarque. Il s’agit ici de Louis XIV, qui avait alors trente ans.

Il semble que ce fut l’hiver de 1709 qui porta un coup terrible à la renommée du vin de Suresnes. Les vieux ceps firent place à des nouveaux qui ne donnèrent plus qu’un reginglard.

En vain, en 1724 et 1725, de graves docteurs  de la Faculté de Médecine de Paris soutinrent des thèses publiques pour prouver que le vin de Suresnes l’emportait, en qualité, sur les vins de Bourgogne et de Champagne. Leurs efforts furent inutiles. Comme dit Sancho Pança, qui veut prouver trop, ne prouve rien.

Devant ce retournement de l’opinion, on s’est demandé si l’on n’avait pas confondu, pour leurs vins, Suresnes près de Paris avec Suren ou Surey du Vendômois, dont le vin est de qualité.

Mais non, nous sommes en présence, pour le vin de Suresnes, d’une de ces évolutions dans la qualité des vins qui sont plus fréquentes qu’on ne l’avoue dans les pays viticoles. L’Encyclopediana dit fort bien que « les habitants de Suresnes, qui jouissaient depuis Henri IV de la liberté indéfinie, on t abusé de cette vogue. Ils ont changé peu à peu les plants et la culture pour tirer à la quantité, et ne font plus que de la piquette »

Seuls, les vignerons des grands crus classés savent encore faire du vin, et l’abaissement du cru de Suresnes n’est qu’un exemple entre cent.

Quelques cultivateurs, avant la guerre, récoltaient encore sur le coteau de Suresnes un vin qui avait un léger bouquet rappelant les vins tourangeaux, nous dit Edgard Fournier dans son livre, Suresnes, paru en 1890.

Nous n’en sommes plus là. Les constructions de tous genres ont envahis les pentes du Mont Valérien : en vain chercherait-on aujourd’hui des vignes... Dans les guinguettes, des demoiselles fardées demandent des cocktails ou du thé »

 

Extrait du livre Le Grand Paris de Louis Thomas datant de 1941 qui écrivait dans sa préface : « Pour ce qui est du grand Paris, la tâche est d’autant plus urgente, que les erreurs ont été plus lourdes. Pour l’instant, le pourtour de Paris est un monument de désordre, de stupidité et d’horreur. » Ce cher homme mettait « une confiance entière dans noter chef, le Maréchal Pétain » pour remettre d’équerre le grand binz du Grand Paris. Bref, notre homme était Pétainiste, comme bon nombre de Français – nous sommes en 1941 – nul n’est parfait mais son analyse devrait plaire à notre Périco national chargé de redonner au vin de Suresnes tout son lustre d’antan. Vaste programme aurait dit le Général !


 

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Antoine, vigneron sur le toit de Paris

 

Antoine Chopin, 25 ans, Parisien à la formation et l’expérience en viticulture déjà solides, a été recruté par la ville de Suresnes pour prendre soin des vignes municipales.

Il a 25 ans et c’est probablement le seul vigneron de France à se rendre dans sa vigne avec un Pass Navigo et à la bichonner avec vue sur la Tour Eiffel. Antoine Chopin a été recruté par la ville de Suresnes pour prendre soin des 4 800 pieds de la vigne municipale, plantés sur les pentes du Mont Valérien. Ce Parisien de naissance qui s’est destiné à l’âge de 20 ans à la viticulture, s’attendait logiquement à poser ses bagages professionnels en province. Jusqu’à ce qu’il tombe sur l’annonce passée par Suresnes.

Ancien élève du lycée Henri IV, Antoine doit sa passion pour le vin à ses parents, amateurs éclairés, et son grand père «chimiste de profession mais qui exploitait quatre hectares de vigne à Villié-Morgon (Beaujolais) ». De là sans doute son tropisme pour la Bourgogne voisine. « Ce qui m’a très vite intéressé c’est la rencontre entre l’agronomie et la culture, entre la viticulture et le patrimoine ». Un profil doublement fait pour Suresnes, dont le vignoble aujourd’hui replanté à 80% de Chardonnay, cépage bourguignon par excellence, remonte au 3 ème siècle de notre ère et orne le blason de la ville.

Après avoir intégré l’Institut national agronomique en, 2005 ; il part à Montpellier faire une spécialisation d’ingénieur en viticulture-œnologie. De 2007 à 2009 il enchaine ensuite les expériences de terrain dans des domaines prestigieux : un an de stages au Château Gazin (Pomerol) et au domaine Leflaive (Puligny-Montrachet), puis des contrats de vinifications au domaine Carrick (Nouvelle-Zélande) et au domaine Faiveley (Mercurey).

Depuis le mois dernier il a pu se familiariser avec la vigne qui fait la fierté de la commune et prendre en charge son entretien. « Pour l’instant je n’ai fait que la taille, mais à partir d’avril tout va s’accélérer. Quand elle poussera il faudra procéder à l’ébourgeonnage, appliquer des traitements éventuels et beaucoup surveiller jusqu’aux vendanges ». Auparavant il aura procédé, après filtration, à la mise en bouteilles du 2009, à ce jour encore en cuves. « Je l’ai goûté et ce millésime m’a très agréablement surpris… »

Objet d’améliorations constantes, la vigne de Suresnes avait produit, selon le critique gastronomique Perico Légasse, responsable de la vinification à la Confrérie du vin de Suresnes, un millésime 2008 au « fruité tirant sur les agrumes, le chèvrefeuille, l’amande fraiche », et aux « délicats arômes de mirabelle bien mûre ». A l’instar du célèbre chroniqueur, de grands œnologues (comme Jacques Puisais) ou des viticulteurs renommés (Michel Mallard ou Henri Marionnet) ont prodigué leurs conseils pour améliorer la qualité du vin de Suresnes qui est aujourd’hui le seul d’Ile de France autorisé à la vente. « Avec l’aide de l’Institut français du vin nous avons entamé des démarches afin d’obtenir le nouveau label d’Identité géographique protégée », souligne Jean-Louis Testud, adjoint au maire de Suresnes, en charge des vignes depuis 1983.

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 09:26

 


Comme je suis un grand provocateur et un petit plaisantin, désolé Jean-Michel mais ça ne mange pas de pain, imaginez la tête des Sots d'eau&consorts au visionnage de ce clip sur EDONYS TV : l'horreur absolue ! Rassurez-vous braves protecteurs de nos corps et de nos âmes faibles une telle horreur vous sera épargnée vous devrez vous contenter de doctes dégustateurs en pantalons sur vos écrans. Une séquence hyper-hard, vins bodybuildés peut vous être envoyée par courrier électronique sur demande par Vin&Cie...  

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 00:06

Tom-7113.JPGL’oreille collée à mon transistor j’écoutais Radio Pékin. Je devais tourner autour des 12 ans et je trouvais cette voix, souvent féminine, très recto-tono, venue d’ailleurs, exotique. Le discours béton sur le Président Mao Tse Dung je m’en tamponnais la coquillette. Mon objectif : avoir un correspondant chinois alors je pris ma plus belle plume et je pondis une lettre à Radio Pékin. Pour réponse je reçus en de grosses enveloppes siglée République Populaire de Chine : « Pékin Informations », le Petit Livre Rouge, toutes les pensées imprimées du Grand Timonier. Rien de très intéressant sauf qu’un beau matin les pandores débarquèrent au Bourg Pailler pour voir avec mon père la tête du révolutionnaire qu’il abritait sous son toit. Ils n’ont vu que mes culottes courtes et mon sarrau. Papa leur a payé un verre et j’ai pu continuer mes « activités subversives ». En cadeau je vous offre un poème de Mao : Les Immortels, en souvenir de ces années de sauvageon rouge du bocage.

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Depuis lors beaucoup d’eau se sont écoulées entre les rives du Fleuve Jaune et, depuis le fameux «
Peu importe que le chat soit noir ou gris ; S'il attrape les souris, c'est un bon chat» et son mot d'ordre aux Chinois : «Enrichissez-vous» de Deng Xiaoping, le célèbre avertissement d’Alain Peyrefitte en 1973 «quand la Chine s’éveillera... le monde tremblera» a pris tout son sens.
Pour preuve, le Quotidien du Peuple en ligne du 11.02.2010  s’interroge sur  un sujet qui nous interpelle Chine : qui consomme le vin rouge importé ? Et ce n’est rien moins qu’une «sommité» bordelaise,  Robert Beynat directeur de Vinexpo, qui alimente la réponse. Donc, toujours pour votre édification, je retranscris in extenso cet hymne au Grand Vin Rouge Français.
J’en profite aussi pour rendre un vibrant hommage à une espèce disparue, qui aurait beaucoup apprécié ce glissement du Petit Livre Rouge vers les Grands Rouges Classés : je veux parler ici des célèbres « Mao Spontex » de mai 68, après tout les éponges sont faites pour absorber du liquide.

 

« La Chine, ainsi que les Etats-Unis, l'Inde et le Brésil figurent parmi le petit nombre de pays dont la consommation du vin continue à s'accroître. », a déclaré récemment Robert Beynat, inspecteur général exécutif de Vinexpo (Salon international du vin et des spiritueux)

En réalité, à partir de 2008, la Chine était déjà à la tête du monde quant à sa consommation du vin et durant cette seule année, sa population a consommé 899,68 millions de bouteilles de vin rouge, alors qu'elle a battu tous les records en multipliant par quatre la quantité de vins importés et vendus au cours des quatre années allant de 2004 à 2008.

« En Chine, les principaux consommateurs de vins importés sont des habitants urbains et surtout des femmes et des jeunes de familles aisées de la classe moyenne. », a indiqué Robert Beynat qui a ajouté que vu de la répartition régionale, la consommation de vin est principalement concentrée dans de grandes métropoles chinoises, dont Guangzhou, Shanghai et Beijing.

D'autre part, a-t-il dit, les fêtes produisent aussi leurs effets : la Fête du Printemps, la Fête nationale du Premier Octobre et la Fête de la mi-automne (ou bien Fête de la Lune qui a lieu le 15 du huitième mois lunaire selon le calendrier chinois) constituent des moments où la consommation de vin atteint son pic, car un grand nombre de Chinois pensent que le vin rouge importé est le meilleur cadeau à offrir à leurs parents ou à leurs amis.

Il a poursuivi en disant que vu sous l'angle mathématique, l'énorme croissance de la consommation en Chine est due à ce que sa consommation par tête d'habitant est relativement bas et faible. « Les Chinois consomment en moyenne chacun chaque année 0,5 litre de vin contre 3 litres pour les japonais, 11 litres pour les Américains et 50 litres pour les Français. », a-t-il précisé.

D'après le dernier rapport d'enquête établi par Vinexpo Asie-Pacifique, de 2009 à 2013, 57% de la croissance mondiale de consommation du vin sera due à la Chine et aux Etats-Unis, soit à peu près 53,241 millions de boîtes de neuf litres chacune.

En parlant de l'enthousiasme des Chinois pour la consommation du vin, Robert Beynat a indiqué qu'elle est due à une « économie dynamique », à une « pratique à la mode », à une « idée saine » et au « développement d'un grand pays producteur de vin ».

Mais ce qui mérite d'être noté, c'est que les données établies montrent qu'en tant que le dixième des principaux pays du monde producteurs de vin, la Chine occupe une quote-part de 88,2% du marché pour le vin de production locale contre seulement 11,8% pour le vin importé. Toutefois, le volume de vente de ce dernier représente plus de 40% de la vente globale sur le marché intérieur.

Cependant, d'après Robert Beynat, le plus grand défi c'est le moyen de faire connaître aux consommateurs chinois la culture du vin rouge. « La plupart d'entre eux demeurent perplexes, indécis et hésitants devant les divers et différents choix à faire. », c'est pourquoi, a-t-il fait remarquer, la Chine constitue un « colossal marché qui attend d'être cultivé et formé », d'un côté en renforçant et en intensifiant les connaissances spéciales sur le vin rouge des distributeurs-vendeurs, des hôtels-restaurants ainsi que des autres commerçants qui pratiquent le métier, et de l'autre côté, il est nécessaire d'apprendre aux consommateurs les moyens essentiels pour connaître et différencier la qualité du vin rouge et pour choisir la variété de vin qu'on désire. « Seuls, les consommateurs raisonnables, sensés et judicieux permettront au marché du vin de se développer de façon saine et stable. », a-t-il conclu. »

 
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 00:09

Anne-Laurence fut pour d’abord pour moi, si elle me permet ce raccourci, « Rouge, Blanc, Bulles... » son blog qu’elle me présentait sitôt né. Belle plume, précise, pertinente, sensible, et je dois l’avouer avec une approche du vin qui est mienne, le professionnalisme en plus : « Il y a les vins qu'on a envie d'aimer parce qu'on aime les hommes (et les femmes!) qui les ont faits. Il y a les vins qu'on a envie d'aimer pour l'endroit où ils sont produits et la beauté du métier. Il y a ceux qu'on a envie d'aimer pour le souvenir qu'ils évoquent. Car le vin, comme la musique, ou un lieu particulier, est aussi un marqueur du temps. » écrivait-elle récemment.
Anne-Laurence de part sa naissance à Quimperlé est une voisine de la belle et grande province du nord de ma petite Vendée : la Bretagne, et il était écrit que nous devions nous rencontrer pour la première fois à Angers là où elle fit, à l’ESA, ses études d’Ingénieur en Agriculture. Ce fut fait au salon des Vins de Loire où elle recevait des lauriers amplement mérités.
Anne-Laurence donc, même si nous ne nous connaissons guère, apporte ce que je souhaite depuis longtemps à notre petit univers du vin : de la fraîcheur, des fenêtres ouvertes sur, un regard porté qui va droit au but. Lui proposer le questionnaire de Marcel Proust allait donc de soi. Ses réponses lui ressemblent bien sûr mais, comme souvent avec ce questionnaire, bien plus que dans un texte construit, les contours de la personnalité se précisent, s’affinent.
J’y ai découvert avec plaisir qu’Anne-Laurence et moi avions une admiration commune, celle d’Edmond Dantès, le comte de Monte-Cristo qui représente, à mon sens, la plus belle porte ouverte sur l’imaginaire, la pure quintessence du héros surmontant la trahison, les pires vicissitudes de la vie avec panache et humilité : l’homme n’oublie jamais d’où il vient et reste fidèle en amitié.
Avec un tel bagage, en sus de celui de ses études et de son parcours professionnel, je suis persuadé qu’Anne-Laurence saura prendre le temps d’explorer et de comprendre la vraie vie qui, comme chacun devrait le savoir, se situe quelque part à l’intersection de ses rêves et de ses choix... Merci Anne-Laurence d’avoir bien voulu vous soumettre à cet exercice pas aussi facile qu’on ne le pense de prime abord.

Tom-1035.jpgVotre vertu préférée : La Sagesse.

Vos qualités préférées chez l'homme : La gentillesse, l'honnêteté, l'ouverture d'esprit, la modestie, l'humour.

Vos qualités préférées chez la femme : Les mêmes !

Votre occupation favorite : Les soirées avec mes amis

Votre caractéristique maîtresse : Entière

Votre idée du bonheur : Une grande tablée, dans une jolie campagne, sous le soleil, avec de bons amis, de bons vins, de bons plats, et des éclats de rire.

Votre idée du malheur : La perte d'un enfant

Vos couleurs et votre fleur préférées : le vert, les tulipes blanches 
 
Si vous n'étiez pas vous-même, qui voudriez-vous être ? : Quelqu’un de zen
 
 
Où aimeriez-vous vivre ? : En Nouvelle Zélande, dans l'Otago 

 
Vos auteurs préférés en prose : J'ai des livres préférés (Siddhârta, Ensemble c'est tout, Des fleurs pour Algernon,...) mais pas d’ « auteurs » préférés

Vos poètes préférés : Baudelaire

Vos peintres et compositeurs préférés : Matisse, Miro, Poliakoff, Soulages. Bach, Beethoven.

Vos héros préférés dans la vie réelle : il y en a plein !

Vos héroïnes préférées dans la vie réelle : ma mère 
 
Vos héros préférés dans la fiction : Le comte de Monte Christo
 
 
Vos héroïnes préférées dans la fiction : Amélie Poulain 
 
Votre mets et votre boisson : Le bar en croûte de sel (de préférence avec vue sur la mer...). Pour la boisson (évidemment le vin!), j'ai bien réfléchi, et malgré mon gros gros faible pour Chave en Hermitage, je crois que le vin pour lequel j'ai le plus d'affectif, c'est incontestablement Léoville Las Cases. En particulier j'ai un souvenir précis du 86, bu plusieurs fois avec des amis.

 Vos prénoms préférés : Jacques

Votre bête noire : L'injustice

Quels personnages historiques méprisez-vous ? : Hitler

Quel est votre état d'esprit présent ? : Ça dépend

Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? : Le retard (modéré) 

Votre devise préférée : « On ne peut comprendre la vie qu'en regardant en arrière. On ne peut la vivre qu'en regardant en avant. »  (Kierkegaard)Tom-3829.JPG

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 00:05

J’adore les dire d'experts en marketing, des qui ne voient pas plus loin que le bout de leur petit bout de nez, qui enfilent des évidences comme d'autres les perles, qui voudraient doctement nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Pour preuve ce beau titre dans WineAlley.com : « Tendance : l’insolente santé des vins de marques de distributeurs. »
Face à lui je me gondole comme un gérant de tête de gondoles se prenant pour un marchand de vins.
Je m’explique : par construction la « marque de distributeur » est une suceuse de roues, celles des marques nationales qui dépensent à tout va pour leur notoriété alors que les gros pépères malins de la GD avec leurs marques dites de distributeurs y suivent juste au cul les gros cylindres et z'empochent pénard des marges sympas.
Bon plan, sauf que dans le vin les grandes marques nationales ne courent pas les rues, qu’elles sont fauchées comme les blés et qu’en définitive le consommateur captif d’une enseigne se retrouve forcément nez à nez avec les fameuses marques de GD. Sauf que ces soi-disant marques ne sont pas des marques puisque je ne peux les retrouver dans n’importe quel point de vente. Si je veux des Panzani je peux descendre chez mon épicier tunisien d’en face et j’en trouve. Si je veux à tout prix de l'Augustin Florent par exemple pour épater la galerie faut que je carapate chez Carrefour qui positive à nouveau. Et du côté de chez moi y'en a pas! Donc, sans être de mauvaise foi, la fameuse insolente santé des soi-disant marques de distributeurs tient à ce qu’il n’y a pas grand-chose en face : « à vaincre sans périls on triomphe sans gloire ! »

Mais pour nous sauver de nos angoisses y'a l'expert Olivier Dauvers, es-grande consommation, cité par Rayon-boissons.com, « Ces croissances vont à l’encontre des codes traditionnels du vin. Les rosés révolutionnent les codes de consommation, les cépages remettent en cause les codes de la réglementation et les Bib® mènent la vie dure à la bouteille. »
Là j'avoue que je suis estomaqué, époustouflé par autant de pertinence à postériori. Constater les tendances plutôt que de les pressentir rend le métier d’expert très père pénard et me fait dire qu’il y a des « décideurs » qui ont du temps à perdre, et parfois de l’argent, pour s’entendre débiter de telles évidences. Ça doit les rassurer sans doute. Mais bon si y’a de la demande pourquoi pas la cajoler, la consoler, la caresser dans le sens du poil avec des ordonnances à deux balles.
Dernière remarque : l’hyperconservatisme des acheteurs de vins de la GD (pas tous, pas tous mais ceux-là ils ont du mal à se faire entendre dans leur crèmerie) et du fameux marketing d’enseigne me fascine : pour sûr qu’ils regardent les révolutions passer comme les vaches les trains (mais celles-ci assument leur fonction économique : ruminer pour faire du lait).

Enfin pour en finir avec cette chronique hautement jubilatoire je ne résiste pas au plaisir de vous offrir les hautes pensées des « penseurs » du Mammouth essoufflé de la GD qui positive à nouveau pour rassurer ses goinfres d'actionnaires de référence qui piaffent devant leur bas de laine qui a fondu « Les résultats mitigés de Terroir d’Arômes nous ont amenés à revoir notre offre au niveau des MDD premium, explique Jérôme Peter, responsable marketing vins de Carrefour Market. Nous avons alors ressorti la signature Reflets de France qui dispose d’une très forte identité sur ce segment de marché dans le reste de l’épicerie.»
La marque a été repensée. Le rayon vin se distingue par l'absence d'étiquette Reflets de France : on laisse l'étiquette du vigneron, pour renforcer la perception d'authenticité et de terroir, on ajoute le repère Reflets de France, au moyen de la collerette : « C’était déjà le cas auparavant et il n’est pas question de faire des étiquettes dédiées à la marque à l’instar des spiritueux, poursuit Jérôme Peter. En revanche, l’approche pourrait évoluer si un Bag-in-box® venait enrichir la gamme. »  Pour le vigneron, c'est une satisfaction, assortie d'une obligation d'exclusivité à l’enseigne. Les vins Reflets de France sont vendus en moyenne 30 % plus chers que les MDD classiques. Avec une quinzaine de références en vins tranquilles d'AOC, la gamme des vins Reflets de France pourrait donc encore s'agrandir, de Bag-in-box®, mais aussi de vins effervescents. »

Sont bons chez Carrefour : ils ressortent de la hotte de leur aïeule la normande de Bayeux : Promodès des signatures qui fleurent bon le terroir. Rappelez-vous d’Augustin Florent : voir chronique du 9 avril 2009 Signé Augustin Florent «négociant de nulle part» : avec Carrefour je ringardise… http://www.berthomeau.com/article-30017583.html . Pour Reflets de France je serai moins sarcastique que pour le pauvre Augustin car c'est une signature qui en son temps anticipait une tendance de fond : comme quoi les empiriques sont parfois bien plus pertinents que les experts, conseilleurs ou petits génies autoproclamés du marketing, et qui dispose encore d’un beau potentiel mais faudrait-il pour ça passer la surmultipliée du côté des gars de Levallois-Perret. Puisque que Carrefour est de retour, c’est la pub qui le proclame, il ne me reste plus qu’à attendre les résultats car si je comprends bien, après de multiples gamelles, c’est dans les vieux pots qu’on ferait le meilleur vin... C'est d'ailleurs pour cela que j'affiche une bouteille de cidre vu que j'ai fait le président normand, en n'étant pas normand, du côté de Caen...

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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 02:00

La fermeté de sa poignée de main rajoutait une touche supplémentaire à sa dégaine faussement décontractée mais le pli impeccable de son pantalon de velours finement côtelé, le chic discret de ses derbys à semelles cousues Goodyear et son accent traînant irlando-bostonien trahissaient le rejeton d’une famille patricienne. Il m’offrait une Lucky Stricke sans filtre et me tendait la flamme d’un Zippo avant de s’asseoir face à moi. Son irruption ne me surprenait qu’à moitié mais, en bon flic un peu parano, je m’interrogeais sur l’étendue de ses renseignements sur mon pedigree. En toute logique, eu égard à l’infiltration des services de renseignements US dans les nôtres, le soi-disant Bob Dole devait posséder sur mon compte une fiche longue comme le bras. Le seul hic pour lui c’est qu’en fonction de la source d’où provenaient ses renseignements, il pouvait me classer comme du menu fretin facilement retournable ou comme un gros poisson qu’il faut ferrer avec soin.
Le mieux pour moi était de prendre un profil bas et de jouer au con. Je lui proposais du café. Son rictus dégoûté tenait lieu de réponse. J’ironisais en français « il est un bon cousin germain du vôtre ». À mon grand étonnement il goûtait manifestement le double sens de ma plaisanterie, en opinant avec un air entendu. Si la grande maison de Langley me déléguait un francophile raffiné ça sentait le coup parti de très loin. Mon très cher Ministre Marcellin, obsédé par la menace internationaliste, m’offrait-il en pâture à la CIA ou était-ce l’inverse : mon petit jeu intéressait-il les américains ? Comme ma marge de manœuvre se résumait à rien je cessais de me poser des questions et me concentrais sur les propos de Bob qui m’apprenait qu’il avait servi pour la CIA au Vietnam.
J’affichais une mine dégoûtée qui le mettait en joie. « Vous les pacifistes ce que vous ne savez pas c’est que c'est pire que ce vous pensez et dénoncez. Là-bas nous tirons sur tout ce qui bouge. Nous y faisons, comme vous dites à Paris, des trucs à faire gerber. Cette guerre est dégueulasse et nous la faisons dégueulassement ». Le Bostonien me prenait-il pour un con ou était-il en train de me tester ? Comme la faim me tenaillait je fonçais tête baissée « Très franchement vos confidences sur vos horreurs au Vietnam moi je m’en bats les couilles ! Soit vous me sortez illico de ce trou à rats et je veux bien que nous en venions à l’essentiel de ce qui vous amène. Sinon je me tais et les teutons seront bien obligés de me laisser sortir sous la pression de mon consulat... »

Je bluffais bien sûr puisque je savais pertinemment que, même si par je ne sais quel hasard mon incarcération revenait aux oreilles du consul, celui-ci ne se précipiterait pas pour me sortir du trou. Bob contemplait ses ongles manucurés avec l’air las d’un type qui a mieux à faire que de « traiter » un petit con de français prétentieux. Son dédain me motivait. Je jouais le tout pour le tout « c’est Sacha qui vous intéresse ! » Mon affirmation lui faisait relever ses sourcils et ses yeux bleus s’allumaient. « C’est un bel appât pour la pêche au gros. Il a tout pour nous plaire ce garçon mais il navigue dans des eaux qui ne nous sont pas accessibles alors nous souhaitons vivement que vous nous l’apportiez sur un plateau... » Ma réponse fusait « et ça justifiait le traitement que m’ont infligé ces nazillons... » Il soupirait « simple préparation psychologique et une couverture en béton vis-à-vis de vos petits camarades : à votre retour ils vous fêteront comme un martyr de la cause... » Je ricanai « je vous trouve bien sûr de vous : qu’est-ce qui vous fait croire que je vais marcher dans votre combine ? »
Sa soudaine gêne, qui se traduisait par un imperceptible dandinement doublé d’un soudain intérêt pour sa chevalière d’officier qu’il faisait coulisser au long de son annulaire, me laissait pressentir qu’il tenait du lourd pour me faire céder. Sa bonne éducation de wasp bostonien devait lui faire chercher les bons mots. Mon corps endolori se cabrait. Je me concentrais. Ce salaud policé, indifférent aux massacres des niakoués, qu’est-ce qui pouvait bien le retenir de me balancer son atout maître ? L’évidence me cinglait. Je gueulais « vous tenez Chloé ! » Sa commisération non feinte me donnait des envies de lui foutre mon poing sur la gueule. Je me réfrénais.   

Ma levée d’écrous se fit dans les formes. Il ne fallait pas me griller. Chloé m’attendait à la sortie et nous prîmes un taxi pour nous rendre dans une villa du Neuilly berlinois de Dahlem. Nous restâmes silencieux tout au long du parcours mais je connaissais suffisamment Chloé pour savoir qu’elle préparait la contre-attaque. Les américains adorent monter des opérations avec un luxe de détails, de précautions, de réassurances et pour ce faire ils mobilisent une flopée de spécialistes en tout genre. Une fois arrivés nous nous retrouvâmes donc entourés d’une bonne demi-douzaine de types que l’on eut dit tout droit sorti d’un roman de John Le Carré.
La séance débuta par un diaporama commenté par Bob. Dès les premières images le doute n’était pas permis : ces messieurs disposaient de taupes dans notre tanière. Seule la pruderie américaine nous dispensa de visionner nos ébats. Sacha y tenait bien sûr la vedette. Très vite je comprenais qu’il entretenait avec l’Est des liens étranges : rendez-vous furtifs dans des cafés, passages réguliers à la Grande Poste où il recevait du courrier en poste restante, discussions dans des parcs toujours avec le même homme, un vieux type boiteux et affublé d’un imperméable militaire. Dans l’obscurité Chloé me glissait un bristol dans la poche de mon pantalon. Quand la lumière se fit, l’un des adjoints de Bob, un petit bouledogue aux yeux exorbités d’hyperthyroïdien, débitait à toute berzingue, en bouffant ses mots, la fiche de Sacha. Je l’interrompais en me levant et en proclamant un « j’ai envie de pisser » qui me valait des regards dégoûtés. La cote de la France et des français, déjà bien basse pour les cow-boys de la CIA, en prenait un nouveau coup derrière la casquette. Je m’en tamponnais bien sûr l’important pour moi c’était de prendre connaissance du bristol de Chloé.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 00:03

Lorsqu’en 1976, Bernard Auberger, tout nouveau directeur à la Direction des Marchés et des Echange Extérieurs, Inspecteur des Finances, me recrutait pour mon premier emploi comme chargé de mission contractuel, pour selon son expression « insuffler de la réflexion économique » dans sa Direction plutôt plonplon, je le fus en tant que spécialiste des productions animales (ma thèse sur le cochon brassait quelques idées iconoclastes).  Je m’installai dans un minuscule bureau du 2d étage de la rue Barbet de Jouy à quelques pas de celui du directeur. Ma première découverte fut celle de l’importance du chef de bureau premier maillon de la chaîne qui menait jusqu'au Ministre. Tout ou presque lui tombait dessus, les gros et les petits dossiers, les interventions, les notes pour le cabinet, les réunions en tout genre : un vrai soutier. Yves Van Haecke, énarque de 32 ans occupait alors les fonctions de chef du bureau de la Viticulture.

7411.jpgVu mon tropisme pour les poules et les cochons à cette époque nous n’eûmes pas l’occasion de travailler ensemble. Nous nous retrouvâmes en 1983 alors que je venais de rejoindre le cabinet de Michel Rocard pour traiter plus particulièrement le dossier de la viticulture languedocienne dans le cadre des négociations d’élargissement de l’Europe à l’Espagne et au Portugal et que lui, après un détour par la Préfectorale, était revenu à ses premières amours en tant que sous-directeur des productions végétales. Yves, passionné, travailleur infatigable, créatif, m’alimentait à jet continue de notes et de réflexions souvent transcrites de son écriture fine et sinueuse. Nous n’étions pas du même bord politique mais notre collaboration fut toujours sans faille, loyale et franche. Depuis, dans les hauts et les bas de nos vies professionnelles, nous nous ne sommes jamais manqué. Estime et fidélité nous liaient et ce billet dominical je le lui dédie car une maladie foudroyante vient de l’emporter.

Jeudi dernier, à l’église Ste Jeanne d’Arc de Versailles, ce qui m’a frappé et réconforté, dès mon arrivée, c’est que quelques membres de ce que je qualifierais, dans un raccourci rapide, de Confrérie des anciens de la Viticulture, étaient présents : Dominique Defrance, Philippe Balny, Christian d'Ornellas qui furent eux aussi chef du bureau de la Viticulture, Robert Tinlot grande figure de la répression des Fraudes puis de l’OIV, PML l’homme de l’Office des Vins de Table, Jean-Marie Domergue de la DIAA, Jean Moulias chef du service de la Production... Sans vouloir idéaliser une époque révolue, sans entonner l’hymne des regrets du c’était mieux avant, force pourtant est de constater qu’au sein et autour de ce petit bureau de la viticulture de la rue Barbet de Jouy gravitaient des fonctionnaires qui s’impliquaient bien au-delà des dossiers, qui se sentaient partie prenante des problèmes, se colletaient aux hommes du vin, les appréciaient, les respectaient. Jérôme qui les a côtoyés pourrait en témoigner.

Par delà cette évocation de la mémoire d’Yves je voudrais au travers de son parcours rendre un hommage appuyé à tous ceux qui, comme lui, ont consacré leur vie au service de la chose publique. Loin de l’image du haut-fonctionnaire, hautain, lointain, déconnecté des réalités, Yves Van Haecke est toujours resté un type simple, souriant, affable, à l’écoute, ne ménageant pas sa peine, courageux. Ses mandats électifs en témoignent : maire d’Avallon (1995-2001), Conseiller Général de l’Yonne (1992-1998), député de la 2ième circonscription de l’Yonne (1992-97). En ce jour d’élections où certains, sous le fallacieux prétexte du désintérêt de la chose publique, vont s’abstenir, permettez-moi, sans donner de leçon à quiconque, de mettre en avant tout ce qui nous séparait Yves et moi et qui ne nous a jamais empêché de travailler ensemble, de nous apprécier, de nous comprendre et de lier une amitié simple et fidèle. Le bien-vivre ensemble par-delà les différences, les oppositions ou les prises de positions, passe aussi par une démocratie apaisée. Salut à toi Yves homme de bonne volonté.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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