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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 00:09

Ce matin je prends des risques insensés. Avec un tel titre ce cher Dr Batel et tous nos bons protecteurs de l’ANPAA vont crier à la provocation, m’accuser d’inciter notre belle jeunesse à la débauche et jeter mes chroniques dans les braises rougeoyantes de l’index de la santé publique. Et pourtant que fais-je d’autre que de citer un auteur : Georges Picard, publié chez un bel et confidentiel éditeur : José Corti www.josecorti.fr dont l’ouvrage « Du bon usage de l’ivresse » a pu voir le jour grâce à l’aide du Centre National du Livre. Vous imaginez un peu la tête de la Roselyne – notre mère fouettarde des vestiaires – si elle savait que le Frédéric, qu’à un nom qui fait frémir les belles âmes dans les salons, il finance avec des petits ronds à nous un tel ouvrage. Une goutte d’eau, si je puis m’exprimer ainsi, face au grand tonneau des Danaïdes de l’ANPAA.

Un extrait de cet opus : le premier chapitre Boire au corps vivant. Je signale à ceux qui m’attribuent toutes les positions évoquées sur mon espace de liberté que ce qui suit n’est pas de moi mais de la plume de Georges Picard présenté ainsi par son éditeur « Georges Picard est de ces écrivains qui jouent le sens de leur vie dans la littérature et y sacrifie leur existence sociale. Fils d'ouvrier, employé dans une usine à sardines puis journaliste à «60 millions de consommateurs», Georges Picard est l'auteur de quinze livres à la musique délicate. Il est un peu notre Cioran, l'amertume et le goût du désastre en moins. Comme le génial ­Roumain, il a sacrifié dans sa jeunesse à l'illusion de changer le monde par la violence, avant de devenir athée en politique. Comme lui, il a beaucoup vagabondé à travers la France, à vélo et surtout à pied, pour tenter de trouver un sens à sa vie. Enfin, il a préféré le retrait aux tapages médiatiques et vit comme un anachorète en plein Paris, dans son appartement du XVe arrondissement » Donc, comme vous pouvez le constater, rien à voir avec ma petite personne.

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Tous les royaumes pour une coupe de vin précieux Omar Khayyâm

 

« Il ne m’est jamais arrivé de croire que l’ivresse soit un moyen de combattre l’ennui pour la raison que je ne m’ennuie guère, très peu souvent et jamais longtemps. Mais que l’ivresse soit plus un moyen qu’une fin n’est pas absolument prouvé. On peut avoir envie de s’enivrer sans véritable raison, ou pour la raison légère de se sentir léger. Boire procure une illusion éphémère qui n’est pas sans agrément. Mais peut-être y-a-t-il quand même autre chose de plus dans ce désir d’étourdissement. Je ne suis pas du genre à rouler sous la table, ni même à picoler très souvent. Trop boire tue la soif et anesthésie les sensations fines.

Mauvais chemin. Il faut plutôt se mettre en disposition et s’arrêter très vite en évitant les alcools forts qui abrutissent *. Un verre de bon vin a ma préférence. J’affirme qu’il est d’une grande conséquence de s’enivrer qu’à un moment choisi, après s’être débarrassé de ses soucis car, à les prendre avec soi, on est à peu près sûr de les excéder jusqu’au pessimisme. Mieux vaut s’enivrer quand on est heureux ; la tristesse déteint partout et décolore tout. Le vin triste est une malédiction. L’ivresse permanente aussi, je le soutien contre Baudelaire et son comminatoire : « Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question ». Certes, il précise qu’on peut s’enivrer « de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise » - mais l’ivresse permanente, même l’ivresse de poésie est soûlante à la longue. Je prends le contre-pied de cette curieuse hygiène existentielle, d’un romantisme quelque peu exalté, quoi conduirait, si on pouvait l’appliquer, à une espèce de folie monotone et vite retombante. L’idée serait plutôt de s’enivrer rarement pour conserver de la fraîcheur aux sensations aériennes et colorées que procure une ivresse maîtrisée. Ce n’est pas tout à fait un art, ni même une technique ; c’est presque déjà une esthétique. Peut-être suffirait-il de s’enivrer dix fois dans sa vi, à condition de préparer ces expériences et d’en exploiter ensuite intensément le souvenir. L’époque ne nous y prépare guère qui nous voue au quantitatif, à la répétition boulimique et morose de la consommation répétitive. S’enivrer : vous voulez dire se soûler, se beurrer, se torcher ? Qui croit que se cuiter étanchera jamais une certaine soif peut cuver sans moi. Non que je sois moi-même toujours capable d’une telle économie vitale : je ne peux qu’envier les vrais épicuriens, puristes du plaisir mesuré. Comme la majorité des gens, sans doute, je goûte mal à la vie, faute d’un clair parti pris. Quand on ne peut contraindre ses appétits, au moins devrait-on avoir la ressource de les déchaîner à la façon rabelaisienne, buvant « pour la soif advenir et éternellement ». Au lieu de quoi, nous buvons la plupart du temps sans authenticité ni conscience, rarement à la bonne mesure. Comment tirer philosophie de ce train médiocre ? Si les Dieux n’ont plus soif, c’est que nos libations ne les sollicitent plus. Les dieux antiques s’enivraient pour exalter le lyrisme surnaturel de leur état. En contrepartie, les hommes s’enivraient pour glorifier les dieux et participer à la griserie dionysiaque de la Création. C’était le temps héroïque des ivresses magiques. Dans un monde matérialiste, l’hydromel est un breuvage de dupe. Quand au sang du Seigneur, il y a belle lurette qu’il n’irrigue plus que les esprits complaisants envers un sacré de routine. Même la dive bouteille provoque des aigreurs aux derniers fidèles de Bacchus. Boire a été rabaissé à un acte social et économique, provoquant des injonctions hygiéniques dont le but déclaré est la préservation de l’équilibre de la Sécu. Pour le dire clairement, je me fous de la santé publique. Cette santé-là n’est qu’une affaire de statistiques pour laquelle les corps ont la minceur d’unités arithmétiques. Je préfère boire ay corps vivant, chaud, frissonnant, éphémère, singulier. Le sacré, c’est la réalité de ce corps qui passe – si présent et bientôt éternellement absent. Je n’en vois pas d’autre. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /Juil /2010 00:09

 

« Paris au mois d’août », c’est un livre de René Fallet un fan du Beaujolais, un film nostalgique de Granier-Deferre (1965), une belle chanson d’Aznavour et aujourd’hui un grand concours. Que dis-je, qu’écris-je, c’est l’évènement de l’été  en notre pays « inventeur des congés payés », des « RTT » et autres délices propices au farniente que le monde entier nous envie.

 

Les vacances sont donc une pandémie nationale fort ancienne, déjà sous le Général en 1962, les Parisiennes chantaient :

« Il fait trop beau pour travailler/Ce serait dommage de rester enfermés/
Quand le soleil brille dans tous les squares / Et sur les terrasses des grands boulevards /
Il fait trop beau pour travailler/ Ça c'est un temps à aller se balader / Partons dans la nature et vive la liberté »

 

Fort de ce constat, et nonobstant que si d’ordinaire il est possible de boire sans soif rien ne vaut une bonne soif pour boire, et que eu égard à ce le vacancier à une tendance notoire à migrer vers des contrées ensoleillées, mon « espace de liberté » se veut, tout ce mois d’août, le lieu privilégié des amoureux du Bien Vivre qui conjuguent tous les plaisirs...

 

Pour vous motiver la Carte des Lots est impressionnante : des beaux vins comme s’il en pleuvait ! (elle se trouve juste au-dessous du règlement du Concours)

 

                                            Jouons donc !

 

20 Questions sur le Vin du lundi 2 août au vendredi 27 août (pas de question le samedi, dimanche et le 15 août jour férié)

 

Les questions seront mises en ligne à 11 heures chaque jour.

 

Les réponses pourront être trouvées dans mes chroniques et leur libellé vous donnera des pistes de recherche (il existe dans la colonne droite du blog une rubrique ARCHIVES au mois le mois depuis l’origine de Vin&Cie qui vous permettra d’enquêter)

 

Toutes les questions ont la même valeur donc pour gagner il vous faudra comme on dit « avoir tout juste »

 

Pendant toute la durée du concours, au fur et à mesure, vous pourrez à la rubrique Wine New N°75 (tout en haut à droite du blog) consulter l’ensemble des questions.

 

L’ensemble des réponses devra m’être transmis sur berthomeau@gmail.com en 1 seule fois à partir du mercredi 1ier septembre.

 

La date limite d’envoi des réponses est fixée au mercredi 15 septembre minuit.

 

Les participants devront impérativement indiquer une adresse postale précise et un numéro de téléphone afin de faciliter la logistique de livraison des lots (celle-ci se fera directement par les généreux donateurs).

 

Les bonnes réponses seront publiées le mercredi 22 septembre à 11 heures.

 

La liste de ceux qui ont auront eu tout bon sera publiée le même jour à la même heure.

 

Très important : sans préjuger du nombre de ceux qui ont auront eu tout bon, afin que les lots soient attractifs, le concours fera l’objet d’un podium : 123. En conséquence, si le nombre de ceux qui ont auront eu tout bon est supérieur à 3, la maison Berthomeau organisera, en un lieu qui vous sera précisé en temps utile, à un tirage au sort afin d’attribuer dans l’ordre : la 3ième marche, la 2ième et enfin la 1ière.  

 

Tous ceux qui ont auront eu tout bon mais qui n’auront pas eu la chance de monter sur le podium recevront une belle bouteille.

 

Le concours est ouvert à tout le monde mais les participants devront être majeurs. Un seul bulletin de réponse par participant mais rien n’interdit de faire participer les membres de la famille...

 

Pour toutes précisions complémentaires écrire à berthomeau@gmail.com

 

                                        La Liste des Lots

 

Même si l’appellation existe déjà ce sont les vins de mes amis. Je les remercie chaleureusement de ce geste amical pour soutenir l’action d’un si petit média. L’ordre des vins est celui de l’arrivée des réponses à ma demande. La liste reste ouverte à celles et ceux qui voudraient contribuer à cette « extension du domaine du vin » (les messageries électroniques sont des puits sans fond où parfois les messages se noient) Des photos de ces beaux flacons viendront en illustration des 20 Questions du Concours. J’espère que la perspective de les gagner vous motivera. Consultez la liste avec attention et jusqu’à la fin car il y a des surprises bien cachées. Dans quelque temps je regrouperai les vins par région mais de toute façon la liste ci-dessous sera à partir du 2 août consultable en permanence Wine New N°76 (tout en haut à droite du blog)

 

-         1 bouteille de Cumières 1er Cru des Champagnes Georges Laval. Valeur 46€ environ  offerte par Olivier Borneuf : www.brittle-boutique.com

 

-         1 bouteille de Viré Clessé 2004 Les Vins THEVENET & Fils  Quintaine cedex 654  71260 Clessé Tel : 03 85 36 94 03 offerte par Gautier Thévenet

 

-         12 bouteilles Hermitage rouge cuvée Gambert de Loche 2001 offertes par Julie Campos Cave de Tain www.cavedetain.fr

 

-         3 magnums Vivarais Réserve en coffret offerts par Denis Roume des Vignerons Ardéchois www.uvica.fr

 

-         1 coffret de « L'Empreinte de Saint-Mont » composé de 3 bouteilles d'Empreinte rouge et 3 bouteilles d'Empreinte Blanc offert par Les Vignerons Plaimont www.plaimont.com

 

-          1 magnum de Châteauneuf-du-Pape rouge 2006 « Château Mont-Redon »  offert par Jean Abeille www.chateaumontredon.fr. 

   

-         1 magnum de Grand Marrenon - AOC Luberon rouge offert par Jean-Louis Piton de Marrenon www.marrenon.com 

 

-         1 magnum de Château Tire-Pé La Côte 2005 Bordeaux offert par  Hélène et David Barrault  www.tirepe.com  

 

-         1 bouteille de Moulin à Vent 2009 offert par Isabelle Perraud Domaine des Côtes de la Molière www.cotes-de-la-moliere.com

 

-         6 bouteilles de L'R de Rien (V.de.T Français 2004*), La Méditation des Marges (V.de.T Français 2003**), Arazime (V.de.T Français 2003*), Sempiternam (AOC Corbières 2007), Notre Dame de Consolation (V.de.T Français 2003*), et La Part du Diable (Vinaigre) de François des Ligneris en ces domaines * Corbières et ** Bordelais www.magazinvin.com

 

-         3 magnums  Chateau Tertre Daugay Saint Emilion Grand Cru 2007 ; Chateau Haut Gleon  Corbières  2005 ; Chateau Bouscassé  Madiran 2006  en caisse bois offerts par Patrick Fargeot www.lavignery.fr

 

-         3 magnums de champagne Mailly Grand Cru Brut Réserve  offerts par Jean-François PREAU  Champagne Mailly Grand Cru www.champagne-mailly.com

 

-         2 magnums AOC Corbières 2009 « la vérité » et « le mensonge » offert par Patrick Hoÿm de Marien et Bernard Pueyo d’Embres&Castelmaure  via Vincent Pousson  www.castelmaure.com  

 

-         3 bouteilles de Bordeaux clairet 2009 Château La Courtiade Peyvergès, offert par Pascal Peyvergès  www.vignoblespeyverges.com

 

-         1 bouteille de domaine de l’A millésime 2007 de Stéphane Derenoncourt offerte par Stéphane Derenoncourt

 

-         1 magnum de Larose Trintaudon 2004 Haut-Médoc Cru Bourgeois Supérieur offert par Brice Amouroux et Benjamin Gaudin via Marie-Amélie Le Grix de la Salle agence Hémisphère www.chateau-larose-trintaudon.fr

 

-         1 magnum de Lampe de Méduse rosé 2009 Côtes de Provence offert par Aurélie Bertin du château Ste Roseline www.sainte-roseline.com www.chateaudesdemoiselles

 

-         1 bouteille d’Alsace 2009 offerte par Jean-Michel Deiss du Domaine Marcel Deiss  www.marceldeiss.com

 

-         1 bouteille  de Grand Cru Kirchberg 1999 offerte pour la maison Louis Sipp par Etienne Sipp www.sipp.com

 

-         1 bouteille  Champagne Réserve Perpétuelle des vendanges 1997 à 2006... Nature (dosage = 0 g. / L) offerte par Delphine et Francis Boulard www.francis-boulard.com

 

-         1 bouteille  de « Jubilation Le Pallet » Muscadet Sèvres&Maine 2007 offerte par Michel BEDOUET Vigneron www.bedouet-vigneron.com.  et www.vigneronsdupallet.com

 

-         12 bouteilles : - Domaine des Fines Caillotes Les Chantebines 2009 Pouilly Fumé  Perrin & Fils « Les Cornuds » 2008 Vinsobres, Château La Cardonne Cru Bourgeois 2003 Médoc , Bouchard Père & Fils Ancien Domaine Carnot 2008 Bouzeron, Jean-Marc Brocard « Organic » 2008 Chablis AB, Domaine de l'Hermitage 2006 Bandol, Domaine Claude Chevalier 2008 Ladoix, Villa Ponciago Grand Vin 2009 Saint Amour, Château Laurou « Tradition » 2008 Fronton, Dauvergne & Ranvier Grand Vin 2007 Côtes-du-rhône Villages, Domaine de Courteillac 2007 Bordeaux Supérieur, Le Claux Delorme 2008 Valençay. Offertes par l’équipe de Monop JF Rovyre et Yannick Burles.

 

-         1 magnum de rosé d'une nuit du Château de Corcelles en Beaujolais offert par Corinne Richard-Saier www.chateaudecorcelles.fr

 

-         1 magnum de Château du Moulin-à-Vent  2008 offerte par Jean-Jacques Parinet www.moulin-a-vent.com

 

-         1 carton panaché de la production du domaine des Tourniers Beaujolais (toutes les couleurs et bulles) offert par Régis Bourgine, Kugler-Bourgine Domaine des Tourniers 69220 Lancié. www.cavesdebecon.com

 

-         3 magnums Château Siaurac Lalande de Pomerol 2007, Château Prieuré 2007 St Emilion Grand Cru et Château Vray Croix de Gay 2007 Pomerol offerts par Aline et Paul Goldschmidt www.baronneguichard.com

 

-         1 bouteille de Grand Tertre 2008 AOC Gaillac rouge avec 90% de cépage Prunelard offerte par Michel Issaly www.michelissaly.com

 

-         1 bouteille cuvée « Khayyâm »  2009 Mas de Libian Hélène Thibon du Mas de Libian offerte par www.masdelibian.com

 

-         1 caisse de 6 bouteillesde château l’Hospitalet art de vivre 2009 La Clape offerte par Gérard Bertrand www.gerard-bertrand.com

 

-         1 magnum d’Irancy 2005 offert par Sylvain Martinand  Bailly Lapierre www.bailly-lapierre.fr

 

-         1 bouteille de Bulles Fushia Brut 2007 et 1 bouteille du Clocher de Villebazy, chardonnay blanc, millésime 2006 offertes par Pierre Mirc et Alain Gayda des Vignerons de Sieur d’Arques www.sieurdarques.com

 

-         1 petit panachage pour découvrir les vins de Château d'Anglès: un Grand Vin rouge 2007,  un Classique blanc 2008,  un Classique rosé 2009 La Clape offert par Arnaud Fabre du Château d'Anglès www.chateaudangles.com

 

-         1 magnum de Beaune 1er Cru Boucherottes 2006 offert par Pierre-Henry Gagey www.louisjadot.com

 

-         1 carton de 6 bouteilles d'Aloxe-Corton Domaine Latour 2006 offert par Louis-Fabrice Latour www.louislatour.com

 

-         6 bouteilles du CANON de Côte Montpezat Côtes de Castillon des Vignobles Bessineau offertes par Dominique Be ssineau via Jean-François Lalle www.cote-montpezat.com

 

-         6 bouteilles de Clos Saint-André Fiefs Vendéens Mareuil Blanc 2009 offertes par Jérémie Mourat www.mourat.com

 

-         1 bouteille Savennières 2008 domaine Patrick Beaudouin offert par Patrick Beaudouin domaine@patrick-baudouin.com

 

-         3 bouteilles La Rectorie Banyuls Parcé Frères 2008, Banyuls Cuvée Léon Parcé 2007, Cuvée L’Oublée élevée en solera offertes par Marc Parcé www.la-rectorie.com

 

-         4 bouteilles Maison Albert Bichot Meursault 1ier Cru Les Charmes 2007 Domaine du Pavillon, Puligny-Montrachet 1ier Cru Les Perrières 2007, Vosne-Romanée 1ier Cru Les Malconsorts 2006, Pommard Clos des Ursulines 2007 Domaine du Pavillon offertes par Albéric Bichot via Alexandre Lazareff www.bourgogne-bichot.com

 

-         1 Magnum Rollan de By Rosé 2009 offert par Jean Guyon via Bernadette V izioz www.rollandeby.com

 

-         6 bouteilles de la cuvée Excellence 2007 AOC Chusclan Cotes du Rhône Villages Cave de Chusclan offerts par Claude Rivier des Vignerons de Chusclan www.laudunchusclanvignerons.com

 

-         1 bouteille de Chassagne-Montrachet 1ier Cru Les Caillerets 2008 Lamy-Pillot viticulteurs offert par le BIVB www.vins-bourgogne.fr

 

-         6 bouteilles de « RESERVA  Las Ninas » cépage Carmenere offert par Bernard Dauré www.vinalasninas.cl

 

-         2 bouteilles Walden Cotes du Roussillon 2007 et le Tautavel Pierre Chanau 2008 offert par Olivier Mouchet groupe Auchan

 

-         6 bouteilles : HORS SERIE N°1 Rosé 2009 Domaine de Cazaban C.Mengus/MONTIS REGALIS 2008 Blanc Domaine Haut Campagnaud D.Andiran / SOUS LE BOIS 2008 Blanc Domaine Guilhem Barré G Barré /SARMENTS DE MARS 2006 Rouge Château de la Colombière / LES ARPETTES 2007 Rouge Domaine JB SENAT JB SENAT  / M COMME JE SUIS  2008 Rouge offert par Alexandre Verne  www.vinone.fr

 

-          1 magnum Bourgogne Côtes Chalonnaises 2007, « Le clos des roches » d’Alain Hasard des Champs de l’Abbaye offert par Sylvain et ses collègues de la Contre-Etiquette www.la-contre-etiquette.com 

 

-         1 bouteille de Vosne-Romanée 2008 de Jean-Yves Bizot domaine les Violettes le chouchou du manga Les Gouttes de Dieu

 

-         3 magnums de « Chante Alouette » Hermitage 2007 offerts par Michel Chapoutier www.chapoutier.com

 

-         1 magnum de Château de Pennautier offert par Miren et Nicolas de Lorgeril www.lorgeril.com

 

-         1 magnum de Château Guadet 2007 Grand Cru Classé de St Emilion offert par Guy-Pétrus Lignac www.chateau-guadet-saintemilion.com

 

-         1 caisse de Cap Léon Veyrin 2007 Listrac offerte par la maison Berthomeau www.berthomeau.com

 

-         1 bouteille Château Cheval Blanc St Emilion 1ier Grand Cru Classé 1982 offert par la maison Berthomeau www.berthomeau.com

 

-         1 bouteille de Pastis Bardouin et 1 bouteille de Calvados Pays d’Auge XO Boulard offerts par la maison Berthomeau www.berthomeau.com

 

 

-         1 magnum de Château Lanessan 2002 Haut Médoc Cru Bourgeois supérieur offert par Paz Espejo

 

-         1 magnum de Lirac rouge 2007 Clos de Sixte offert par Alain Jaume du Domaine du Grand Veneur www.domaine-grand-veneur.com 

 

- « Paris au mois d’août » de René Fallet offert par la maison Berthomeau www.berthomeau.com

 

- « Le Vin de Paris » de Marcel Aymé Nouvelles Gallimard 1948 offert par la maison Berthomeau www.berthomeau.com

 

 

-         1 bouteille de « Lisson »  Clos des Cèdres 2002 offert par Iris Rutz-Rudel du Domaine Lisson www.lisson.over-blog.com 

 

-   1 bouteille de Miss Vicky Wine Fleurie 2007, Château des Moriers offerte par Anne-Victoire Monrozier  www.missvickywine.com

 

- 1 magnum de Chablis 1er Cru Mont de Milieu 2007 offert par la Chablisienne via Hervé TUCKI l’un de ses Ambassadeurs          www.chablisienne.com      www.chateaugrenouilles.com

 

  2 magnums de Chorey-les-Beaune blanc « Clos Margot » 2008 offerts par la maison Jean-Claude Boisset via Gregory Patriat www.boisset.com 

 

 - 6 bouteilles d’huile d’olive « Le Mas de la Chique » offertes par Hervé Bizeul www.closdesfees.com

 



        

 

à suivre

 

 

 

 

 

 

 

 



Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Concours
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Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 00:09

Dans le vocabulaire ordurier l’insulte « Résidu de F... C... » proférée à l’égard d’un individu se place en bonne position dans l’ignominie. Certains mots ont dans leur phonétique un poids spécifique annonciateur d’une forme de haut le cœur. Résidu est de ceux-là même si, comme le souligne le Robert, il est passé d’une forme neutre : ce qui se dépose après une opération chimique à une valeur péjorative. Alors la conjonction de résidus au pluriel avec l’abomination de la désolation des pesticides débouche sur un cocktail explosif, anxiogène.

En mon temps de sauvageon du bocage vendéen nous mangions des fruits cueillis dans les arbres et les buissons sans nous poser de questions et les navets du pépé, qui nous servaient à chasser de notre haleine le parfum des P4 que nous venions de fumer en cachette, nous les croquions sitôt tirés du rang. Heureux temps s’exclameront les Verts ! Pas si sûr car j’ai vu le pépé, avec son pulvérisateur sur le dos, traiter comme il disait. Vous dire quel était le produit de traitement je ne saurais vous le dire. Bref, notre ignorance nous protégeait de toute angoisse et, comme nous n’habitions pas très loin du lieu dénommé le « bourrié » où les détritus putrescibles ménagers du village étaient entassés avant de devenir le réceptacle du contenu des fosses, outre les fortes fragrances estivales, je ne suis pas certain que ce riche amendement fut indemne de résidus divers et variés.

Lisez-moi bien et ne me faites pas dire ce que je n’écris pas : toute forme de résidus qui pourraient nuire à la santé de ceux qui consomment le produit sur lequel ils sont déposés me dérange. Ma problématique aujourd’hui se limite à la qualité de l’information du consommateur. Il existe en effet des normes : les LMR limites maximales de résidus qui sont les niveaux supérieurs légaux de concentration de résidus de pesticides dans ou sur les aliments destinés à l’alimentation humaine et animale. Ces LMR sont basées sur de bonnes pratiques agricoles et requièrent que les pesticides autorisés soient utilisés au plus bas niveau nécessaire à une protection efficace des végétaux. Face à la situation présente, qui est une donnée, un constat, pas un acte d’accusation, il me semble que l’important est de briser le face à face stérile des « dormez braves gens votre santé est sous notre bienveillant contrôle » et des « on vous empoisonne braves gens vous allez tous mourir à petit feu » je plaide, pour que dans notre beau secteur du vin, où la question des résidus quoiqu’en disent certaines ONG n’atteint pas l’acuité et la dangerosité constaté dans les fruits et légumes consommés frais, au lieu de construire une échelle de Richter fondée sur le seul « je suis propre que mon voisin » se mette en place un outil d’information fiable des consommateurs.

En effet, lorsque je prends connaissance du communiqué de presse de l’EFSA Autorité européenne de sécurité des aliments (écrit en français alors que le rapport lui est publié exclusivement en anglais) annonçant la publication de son rapport annuel pour 2008 sur les pesticides que lis-je ?

« Le rapport, préparé par l’unité PRAPeR de l’EFSA — l’unité en charge de l’examen par les pairs des évaluations des risques liés aux pesticides — constate que 96 % des échantillons analysés sont conformes aux limites maximales de résidus (LMR) légales et que 4 % les dépassent, par rapport à 5 % en 2006[3].

Au total, en 2007, plus de 74.000 échantillons issus de près de 350 types d’aliments différents ont été analysés du point de vue de leur teneur en résidus de pesticides, ce qui représente un accroissement de 13 % par rapport à 2006. Les États membres ont fait des efforts considérables afin d’étendre la portée des méthodes analytiques, rendant par là même possible la détection de 870[4] pesticides en 2007, une augmentation de 13 % par rapport aux années précédentes[5].

Afin de protéger les consommateurs, les LMR sont établies à des niveaux qui sont sûrs pour eux tout en correspondant à la plus petite quantité de pesticide nécessaire sur les cultures pour obtenir l’effet recherché. L’EFSA précise que la présence de pesticides dans l’alimentation — et même le dépassement d’une LMR — n’entraîne pas nécessairement de problème du point de vue de la sécurité des aliments. Quand une LMR est dépassée, l’exposition doit être calculée de façon à pouvoir évaluer si ce dépassement présente un risque potentiel pour les consommateurs.

Pour évaluer l’exposition chronique (à long terme) du consommateur, l’EFSA a appliqué une approche de précaution, en utilisant des hypothèses prudentes qui surestiment l'exposition. Pour tous les pesticides évalués, excepté un (le diazinon), l’exposition chronique ne doit pas susciter d’inquiétude pour la santé du consommateur. Il est à noter que, depuis le mois de décembre 2007, toutes les autorisations concernant cette substance ont été retirées et les LMR ont été abaissées.

Pour évaluer une exposition aigüe (à court terme), l’EFSA a également envisagé les scénarios les plus pessimistes. Pour ces estimations, elle a donc pris en considération une consommation alimentaire élevée, combinée au plus haut niveau de résidus observé dans le programme de surveillance de l’UE en 2007. En réalité, il est très peu probable que de tels cas critiques d’ingestion se produisent. En supposant que ce scénario se présente, on ne pourrait cependant pas exclure un risque potentiel pour le consommateur pour certains des résultats concernant 52 combinaisons de pesticides/aliments ; dans plusieurs de ces cas, le problème a déjà été traité en retirant les autorisations ou en abaissant les LMR.

L’EFSA a établi un ensemble de recommandations pour les futurs programmes de surveillance sur les résidus de pesticides, notamment la modification des modalités de signalement afin de garantir des résultats plus détaillés qui permettront une évaluation plus précise de l’exposition. Ces améliorations contribueront à mieux informer les gestionnaires des risques et les aideront à règlementer une utilisation sûre des pesticides. »

 

La dépêche de l’AFP à propos de ce communiqué de presse précise elle « L’agence relève également que la présence de pesticides est supérieure dans les denrées importées de pays situés hors UE (7,6%) que dans les échantillons produits au sein de l’UE (2,4%). Les dépassements des limites autorisées ont surtout concerné les échantillons d’épinards (6,2%), d’oranges (3%), de riz, de concombres, de mandarines, de carottes et de poires. Concernant les aliments pour bébé (2062 échantillons), 76 présentaient des résidus de pesticides dont 4 seulement excédant les normes maximales recommandées. »

 

Tout ça n’est que de la communication qui passe largement au-dessus de la tête des pousseurs de caddies qui, peut-être, ne retiendront seulement que 4 pots pour bébé étaient infestés de résidus de pesticides car je ne sais plus qui en aura causé à la télé. La question vaut mieux que ces volutes de pseudos informations qui exacerbent les batailles des chiffonniers qui ne débouchent sur rien de bien concret. Pour alimenter le débat, et si vous avez eu le courage de me lire jusque-là, je verse une info au débat.

 

 

« La Vieille Ferme adhère à la démarche « +NATURE by EXCELL » basée sur un référentiel spécifique pour contrôler la qualité de ses approvisionnements.

La Vieille Ferme est ainsi capable de garantir à ses consommateurs des vins de qualité dont la teneur en résidus de pesticides a été sérieusement réduite en quantité et en nombre de molécules présentes.... Perrin et fils est un des premiers intervenants vinicole de la vallée du Rhône qui propose sous la marque La Vieille Ferme trois vins sous AOC : un rouge Côtes de Ventoux, un blanc Côtes du Lubéron et un rosé Côtes de Ventoux. La Maison Perrin et fils commercialise chaque année plusieurs millions de bouteilles sous cette marque. Ces vins sont à la fois plébiscités par les français et à l’export au Canada, aux USA et au Royaume Uni, des marchés très sensibles aux produits éco-responsables. Sans être issus strictement de l’agriculture biologique les vins de La Vieille Ferme offre aux consommateurs des produits contrôlés de la vigne à la bouteille dans le cadre d’une démarche raisonnée.

 

Excell, expert en analyses de traces, est un partenaire incontournable du milieu agroalimentaire et plus spécifiquement vitivinicole.

Pour répondre à la demande des professionnels et après deux années d'étude et de recherche sur les pesticides des vins, Excell a élaboré un nouveau concept "+NATURE by Excell".

La démarche "+NATURE by Excell" permet au consommateur d'identifier en un coup d'œil les produits agricoles ayant significativement réduit l'usage des pesticides quel que soit leur mode de production.

La marque "+NATURE by Excell" est décernée suite au contrôle des teneurs en résidus des produits finis livrés au consommateur et non plus seulement sur la foi de l'examen de documents fournis par les producteurs, comme c'est souvent le cas lors des procédures basiques d'éco certification.

Les produits répondant aux exigences du référentiel pourront signaler leur appartenance à cette nouvelle démarche éco responsable en utilisant la marque distinctive "+NATURE by Excell" sur leur étiquette. »

 

J’en ai fini, si ça vous dit : commentez !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 11:00

Chers lecteurs je propose à votre lecture cette tribune publiée dans le Monde du 27 juillet par le Directeur général du grossiste Metro Cash&Carry France. Il me semble intéressant à méditer tout particulièrement par les gens du vin. Il ne vous est pas interdit de faire des commentaires avant ou après votre sieste.

 

 Ce n’est pas l’interdiction de fumer qui met en péril les cafetiers, mais la standardisation

Pascal Gayrard Directeur général du grossiste Metro Cash&Carry France

 

Les cafés boivent la tasse, trinquent, prennent l’eau… »

Depuis quelque temps, les journaux,  alertés par un tout récent rapport du Senat constatant la disparition de plus de 150000 d’entre eux en quelques décennies, rivalisent d’imagination pour prononcer l’éloge funèbre

De nos chers bistrots « à la française »

Aveyronnais, né dans ce milieu puisque mes parents tenaient un café, et aujourd’hui directeur général en rance de Metro Cash &Carry France, grossiste au service des professionnels (dont les cafés, bars), je suis certes touché par ces témoignages de sympathie à l’égard d’une profession durement éprouvée et en réel danger si elle ne réagit pas rapidement.

Mais, de grâce, ne nous trompons pas de diagnostic, au risque de préconiser les mauvais remèdes! Non, la disparition progressive dont la presse se fait l’écho n’est pas due d’abord a l’interdiction de fumer dans ces établissements, ni même à la crise économique! Non, le remplacement du troquet du coin si convivial par une agence bancaire n’est pas une fatalité ! Il est temps, je crois, de rétablir un certain nombre de vérités.

A commencer par celle-ci : la fréquentation et le chiffre d’affaires des cafés ont commencé à baisser inexorablement bien avant l’entrée en vigueur de la loi antitabac et la crise économique, même si l’une et l’autre ont évidemment eu leur incidence.

En fait, pour cette profession, si ancrée dans le paysage culturel français et pourtant aujourd’hui menacée de disparition, il s’agit bien d’une crise d’identité doublée d’une crise de son savoir-faire. Certes, les Français restent majoritairement très attachés aux cafés traditionnels. En effet, selon une étude que nous venons de mener avec BVA, 82% d’entre eux les plébiscitent par rapport aux établissements franchisés. Mais le fameux bistrot du coin se meurt de s’être laisse dessaisir de son indéniable compétence au profit d’autres professionnels mieux organisés – enseignes, chaines…

Facteur aggravant: peu de fournisseurs des cafetiers ont anticipé l’aide qu’ils pouvaient leur apporter dans cette conjoncture difficile, et certains ont préféré se tourner vers les chaines, privant ainsi les cafés-bars de l’organisation et de la logistique nécessaires pour rebondir. Dans cette période d’adversité, certains cafés ≪à la

française≫ ont aussi perdu leur âme. Décor ≪BCBG≫, ambiance pub, lumière tamisée ou psychédélique et profonds canapés club ne remplaceront jamais pour les consommateurs de tous âges, la qualité d’un ≪plat du jour≫ bon marché, le goût d’un bon café noir, la saveur d’un sandwich de pain frais ou d’une vraie pression servie ≪sans faux col≫.

Ce métier s’est fait voler la qualité d’un expresso par des fabricants de machines ou celle d’un ≪ jambon beurre ≫ par les rayons produits frais des grandes surfaces. Quant au traditionnel≪plat du jour≫, blanquette de veau ou petit salé aux lentilles, le voilà qui disparait au profit des formules proposées par les fast-foods!

Nul doute que même les jeunes consommateurs apprécieraient de retrouver, dans un authentique ≪bistrot ≫, la valeur sûre d’une cuisine familiale à un bon rapport qualité-prix, pour peu qu’on leur offre également l’accès a Internet ! La preuve que ce retour en grâce du café traditionnel est possible est d’ores et déjà faite.

Et, en misant sur ces valeurs sures, en sélectionnant mieux leurs fournisseurs, les cafetiers ont réussi à doubler ou tripler leur chiffre d’affaires. C’est au prix de cette exigence et de ce ≪savoir-faire≫ retrouvés que le café traditionnel dont le rôle positif en France n’est plus a démontrer, tant sur le plan de la mixité sociale qu’en termes d’aménagement du territoire, pourra redorer son blason et même retrouver une nouvelle jouvence.

Arrêtons de tirer sur l’ambulance en ne faisant que des constats, et arrêtons d’assimiler un peu trop facilement ≪bistrot du coin≫ et alcool, au même moment où il est si facile d’acheter ce même alcool dans les stations-service.

Au contraire, j’aimerais bien voir de nombreux fournisseurs se mobiliser comme nous le faisons pour laisser aux cafés leur indépendance en leur apportant un support personnalisé, adapté au village ou au quartier dans lequel il est installé. Sinon il faudra simplement accepter dans le futur les mêmes couleurs, les mêmes goûts bien standardisés et, pourquoi pas, les mêmes horaires d’ouverture.

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 00:09

En mes jeunes années de sauvageon qui allait à l’école j’ai toujours eu un faible pour la géographie car elle me permettait de voyager, d’explorer les espaces inconnus, de rêver, d’abreuver mon imaginaire. Que voulez-vous Irkoutsk, Zanzibar, Macao, Tamanrasset, Kenitra, Buenos-Aires, même si Jules verne et Saint-Exupéry y étaient pour quelque chose, ça étirait les limites du canton de la Mothe-Achard et ça fleurait un exotisme bien plus torride que le remblai de la plage des Sables d’Olonne.


Alors lorsque la collection « Autrement » dont je suis un vieux lecteur – c’est grâce à elle que j’ai découvert par exemple Kathrine Kressmann Taylor avec sa nouvelle « Inconnu à cette adresse » publiée en 1939 dès sa parution en France en 1999, un succès énorme 600 000 exemplaires, un choc – publie l’Atlas mondial des vins la fin d’un ordre consacré sous la signature de Raphaël Schirmer et d’Hélène Velasco-Graciet, deux géographes de l’Université Montaigne Bordeaux III, avec une belle cartographie d’Aurélie Boissière, ma truffe de fouineur flaire la bonne pioche. Avec Raphaël Schirmer, au temps où il était parisien, j’ai animé un café-géo sur la mondialisation du vin au Festival International de Géographie de St Dié (l’ami Bernard nous avons gracieusement offert quelques bouteilles de son vin du Chili). Bref, je vous assure que cet Atlas est de la belle ouvrage. C’est bien documenté, c’est ludique, c’est attrayant, tout le contraire de la littérature rasoir des universitaires. C’est une somme légère. Une telle publication ne peut que contribuer à faire découvrir l’univers du vin à un large public. Elle participe à mon obsession d’extension du domaine du vin. Articulée autour de V chapitres : l’histoire de la vigne et du vin, une nouvelle configuration mondiale, les acteurs du vin, démocratiser la consommation du vin et les nouvelles dynamiques elle est à mettre entre toutes les mains.


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Oui nos jeunes géographes ont vraiment du talent alors saluez-le en achetant leur Atlas mondial des vins  aux éditions Autrement 17€. Pour vous donner un avant-goût, comme c’est la tradition sur mon espace de liberté je vous offre l’un des articles qui me plaît : « L’invention des terroirs »

 

« La question essentielle de la qualité d’un vin a trait au terroir. Il existerait des vins de terroir, dotée d’une qualité donnée par la nature, et des vins technologiques, a-géographiques, dont la qualité serait construite pour satisfaire les consommateurs.


Les qualités naturelles de la vigne


On connaît la capacité de la vigne à coloniser des milieux naturels très divers : elle s’implante dans toutes les familles de relief, à l’exception des zones trop marécageuses ou trop acides et des climats trop extrêmes. La vigne prospère en effet entre 30° et 50° de latitude Nord et 30° et 40° de latitude Sud, soit dans le domaine méditerranéen et le sud de le zone tempérée jusqu’aux régions subdésertiques à condition qu’elles soient irriguées. Elle supporte aussi l’altitude. Preuve en est son implantation dans le Valais suisse (1100m) ou la Bolivie (2500m). Mais l’histoire des vignobles européens témoigne que la qualité des vins ne dépend pas exclusivement du sol et du climat. Lorsqu’on regarde le développement des vignobles de l’Ancien Monde, le terroir apparaît plus comme une affaire d’hommes que de nature. Le Clos de Vougeot, situé dans une zone climatiquement moins propice, atteste de cette construction humaine.


L’origine commerciale des grands vignobles


Pour expliquer la localisation des grands vignobles, il faut donc considérer les dimensions sociale, politique et économique. Les quatre grands vignobles européens (italien, français, espagnol, portugais) ont en commun leur origine urbaine. Leur émergence et leur développement sont liés à la capacité des notables d’une ville à défendre leurs produits, à nouer des liens commerciaux et politiques avec le monde extérieur pour s’assurer une rente. Dès le XIVe siècle, les vins de la vallée du Douro sont acheminés vers Bruges, Rouen ou Honfleur ou Londres. La situation géographique joue aussi bien sûr puisque l’accès aux voies fluviales ou maritimes constitue un atout pour Bordeaux et Porto, contrairement à Florence ou Logroño.


Une construction historique et politique


La vigne et son terroir sont aussi soumis aux aléas de l’histoire. Le vignoble bordelais aurait-il connu le même développement si Aliénor d’Aquitaine n’avait pas épousé Henri II et si la prise de Rouen en 1152 n’avait pas privé les Anglais des vins de l’Ile-de-France ? Le Porto aurait-il connu le même succès en Angleterre si Colbert n’avait pas taxé les importations anglaises à partir de 1667 entraînant le boycott des clairets bordelais ? À nouvelles clientèles, nouvelles demandes et les vins proposés se modifient. Ainsi, pour satisfaire le « goût anglais », les méthodes de vinification se perfectionnent et le mutage apparaît dans la vallée du Douro.


Le « terroir », une marque


Progressivement, le terroir se dessine, prend un nom défendu par des règles et des normes. L’appellation garantit l’origine du produit proposé et permet de lutter contre les fraudes et les contrefaçons. Les privilèges de Bordeaux au XIIIe protègent les vins de la ville de ceux des bassins viticoles de la Garonne et de ses affluents. En 1716, les régions viticoles du Chianti, Pomino, Carmignano et Val d’Arno dont délimitées. En 1756, le marquis de Pombal, Premier Ministre portugais, délimite la région viticole du Haut-Douro et impose des conditions rigoureuses de production.


Les terroirs sont inventés en convoquant des savoir-faire historiques et finissent par se figer autour de zones délimitées, codées économiquement, socialement et symboliquement. Ainsi les AOC* du Cognac fon fi des limites géologiques car c’est la proximité du marché qui joue : plus on est proche de la ville, plus la qualité du vin est grande (grâce aux investissements), ce qui donne une zonation concentrique. La prégnance de la longue histoire qui les a fait naître a donné l’illusion aux hommes que les vins qu’ils produisaient étaient une sorte d’offrande de la nature et qu’ils étaient donc des vins de l’offre. La diffusion des vins liquoreux européens souligne le caractère mouvant de leur localisation ne dépendant pas seulement de la nature des sols. »

 

Note du rédacteur à mes amis géographes :

* les vins produits dans la région délimitée de Cognac ne sont pas des AOC mais des vins à brûler qui produisent l’AOC Cognac qui est unique et ce sont les crus : Borderie, Grande Champagne, Petite Champagne, Fins Bois, Bons Bois et Bois Ordinaires qui obéissent à une logique économique avec une zonation concentrique autour de la ville de Cognac.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /Juil /2010 00:09

 

Prétentieux en plus de ça le dégustateur imposteur !

Pas si sûr, l’abus d’un recours systématique à la culture du vin pour le défendre nuit à sa bonne santé.

Bien sûr qu’il y a une culture du vin : « la culture du vin » naît au néolithique, dans les régions montagneuses du Proche Orient situées entre le Taurus, le Caucase et les monts Zagros. Double acception qui lui vaut cet entre guillemets, « plante à haute capacité d’adaptation, la vigne qui accompagnait les voyageurs a conquis le monde entier ». Elle a structuré les espace, façonné les paysages et « modelé les sociétés». Raphaël Schirmer et Hélène Vélasco-Graciet, deux géographes amoureux du vin l’écrivent mieux que moi, le vin « possède une valeur symbolique » car il est la « pièce maîtresse » des temps sociaux : le quotidien et l’exceptionnel. « Tour à tour aliment ordinaire, objet de distinction, corps sacré et rituel, un imaginaire social complexe s’exprime à travers lui ». Mais pour autant le vin est aussi un objet économique et commercial, une marchandise, il fait naître des « rentes territoriales et financières », les marchands, de tout temps, ont contribué à la diffusion, à la renommée, à la compétition mondiale du vin.

L’extraction du vin de son contexte économique et social, son rattachement à une forme anesthésiante d’exception culturelle, son classement dans un conservatoire des chefs d’œuvre en péril, sa contemplation dans un mausolée, l’extrait de la vie, de la vraie vie, celle que l’on vit. L’intellectualisation du vin, sa confiscation par une élite, ou qui se proclame telle, lui fait perdre ses racines populaires. L’assimiler à une culture peau de chagrin qu’il faut défendre becs et ongles, comme le livre, le cinéma ou toutes les formes d’art c’est le cantonner dans une prison, lui faire perdre sa vitalité et, somme toute, laisser le champ libre aux vrais marchands du temple. Nier qu’il y ait un marché du livre, du cinéma, de l’art contemporain dans lequel se croisent des purs produits commerciaux, formatés, marketés, brossant les potentiels acheteurs dans le sens du poil, et des œuvres plus indépendantes, moins massiques, moins putassières, est une forme de thérapie à l’usage de ceux qui ont peur de tout. Ce foutu marché est un tout que ça plaise ou non. Si l’on veut en dénoncer les dérives, les excès, rien ne vaut d’y patauger, de le connaître, d’en analyser les ressorts.

Comme l’écrit Jean-Claude Michéa dans « Les intellectuels, le peuple et le ballon rond » merveilleux petit livre écrit en hommage au bijou de l’uruguayen Eduardo Galeano « Le football, ombre et lumière » note que nous vivons à une époque « où le mépris des sentiments et des passions populaires est devenu un métier et passe pour une vertu. » En effet, les gens cultivés, ou ceux qui s’estiment tels cultivent l’exclusion, la bonne conscience satisfaite des classes moyennes qui « se font les grandes expos, achètent le dernier livre d’Eric Chevillard ou de Jean-Philippe Toussaint, le vin nature d’X ou Y », qui se complaisent dans le retrait face à toute la piétaille de ceux qui ne  sont pas de cette culture qui se rattachent à une forme de celle-ci ne trouvant pas ses racines  dans le monde virtuel des signes. En écrivant cela je ne minore en rien la valeur des œuvres visitées, des livres proposés ou des vins achetés, mais je mets en lumière une césure artificielle entre deux mondes qui n’en font qu’un.

Je m’explique, toujours en référence aux propos de Michéa, « de la même manière, celui qui ne parvient pas à ressentir avec son corps et son intelligence, la voluptueuse inutilité du sport (lequel, notait encore Lasch, satisfait « l’exubérance que nous gardons de notre enfance » et entretient le plaisir « d’affronter des difficultés sans conséquences » ne parviendra pas non plus à saisir l’étendue réelle de sa mutilation présente, ni l’ampleur des nuisances qui menacent son avenir. ». En clair, et ramené au vin, j’affirme que si l’on veut vraiment comprendre et dénoncer dans la totalité de ses effets les dérives liées à une hyper-marchandisation du vin, il faut être un connaisseur, un aficionado diraient les gens du Sud.

En revenant un instant au football, souvenir du Stade Marcel Saupin sur les bords de la Loire, les derbys Nantes-Bordeaux, les confrontations flamboyantes Nantes-St Etienne, debout dans les populaires (3 francs) au coude à coude avec de connaisseurs, de ceux qui étaient en capacité de « lire le match », d’en discuter à la mi-temps et après le match sur la base de critiques fondées sur l’amour du jeu. Tout sauf supporter même si notre cœur battait de concert pour les Canaris, applaudir les stéphanois, vibrer pour la fluidité du jeu à la nantaise, pester contre la rugosité girondine, fondaient une partie de notre sociabilité. Pendant des décennies les vertus du football « esprit de création, intelligence tactique, maîtrise technique, plaisir de jouer » ont fait de lui le sport du peuple. On venait d’abord regarder un match avant de supporter une équipe. Nul besoin pour cela de « commentaires » d’experts récitants, tel Christian Jeanpierre sur TF1  à chaque passe le club européen de rattachement des joueurs des équipes de la Coupe du Monde, de consultants statisticiens sans grand charisme et de l'attirail dérisoire des communicants.

Vous allez m’objecter que j’extrapole, que je tire avantage de comparaisons osées entre un sport populaire et le vin populaire. Je suis prêt à en convenir mais comme ici je plaide pour un retour à la célébration du plaisir et de la volupté je suis un peu contraint de forcer le trait. Il n’empêche que la connaissance, cet acquis lentement accumulé, mélange de découvertes, d’écoute, de curiosité intellectuelle, d’ignorance assumée, de lecture aussi, reste pour moi le ressort profond d’une culture vivante du vin loin du technicisme d’œnologues, d’experts, de juges aux élégances. Bien sûr l’acquis peut aussi passer par l’apprentissage dans un cours, par l’enseignement de la dégustation mais à la seule condition que ce ne soit pas un simple placage, un vernis, mais une réelle appropriation. Cette intériorisation permet à tout un chacun d’assumer sa timidité et sa peur d’affronter le puritanisme et le conservatisme de ceux qui disent faire profession d’un savoir qu’ils confisquent.

Pour moi la culture du vin est une culture ouverte bigarrée, celle de la rue comme celle des Grands Crus, où la passion, la simplicité restent au cœur du geste. Boire, apprécier, ce n’est pas se prendre la tête, faire genre, prendre des poses, camper dans des chapelles barricadées, mais c'est aussi porter sur le voisin un regard intéressé même s’il en reste à son petit Bordeaux ou à un vulgaire Vieux Papes. Cette compréhension de l’intérieur, dans la vie avec tout ce qu’elle comporte de compromis, de difficultés, de petitesses ou de gestes gratuits, permet vraiment de porter un regard critique et pertinent sur les dérives d’une société d’argent roi et de chacun pour soi. Comme le disait Joseph Delteil qui recevait dans son ermitage aussi bien l’écrivain Henry Miller que le premier gugusse venu « J’ai des amis du haut en bas comme le ramoneur, de toutes gueules et de toutes couleurs... »

Oui je plaide pour que la culture du vin « garde un cœur d’enfant » qu’elle veille sur cette part d’enfance où l’on joue pour jouer, où l’inutile prévaut sur ce qui va me servir. Oui taper et courir derrière un ballon c’est con pour un intellectuel mais c’est beau aussi bien dans les favelas de Rio que sur les pelouses de l’Esplanade des Invalides. Cette culture universelle populaire, seule antidote à la globalisation, c’est la respiration de notre vie sociale, trinquer, se parler autour d’un verre, échanger entre amis pendant un repas où le vin est l’invité obligé, c’est l’avenir de ce produit millénaire qui gagne chaque jour le cœur de milliers d’individus de part le monde. À trop vouloir pour certains d’eux en faire des objets d’un luxe inaccessible, pour d’autres à les réduire à une morne reproductibilité, pour d’autres enfin à le cantonner dans un univers d’initiés, on oublie ce qui a fait la force du vin, sa capacité à traverser les âges, c’est de faire partie de l’imaginaire des peuples. Cultivons nos différences, acceptons la diversité, redonnons au vin sa fonction totémique.

Confus, touffu, j’énerve certains je le sais mais que voulez-vous pour moi une seule chose compte dans cette affaire « l’extension du domaine du vin » alors ça vaut le coup d’agiter les eaux calmes du long fleuve tranquille des idées reçues, de mettre un peu d’animation dans le convenu de l’imagerie papier glacé qui nous endort. Pour ce faire je préfère le vin car ainsi l’amour me réveille encore...  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /Juil /2010 00:09

Chers lecteurs, désolé pour le dernier paragraphe de la semaine dernière, il était un peu à la ramasse (j'étais un peu fatigué). Corrigé, il a meilleure allure. Bonne lecture...

 

Le lendemain matin quittant au plus vite notre trou à rats et à punaises nous allions, comme nous l’avait indiqué notre petit colombien taciturne, faire du change à l’hôtel Bolivar. Derrière son comptoir bouffé par les termites le portier, face luisante, yeux chiasseux, ongles douteux, jouait les indifférents en mâchouillant sa ration de racines. La vue de nos dollars l’animait : 53 sols pour un billet vert ce qui était mieux que sur le marché gris qui n’affichait que 43 sols. Aux volées des cloches nous nous rappelions que c’était dimanche. Ciel bas, buildings ladres, ville laide nous nous frayions un passage entre des femmes lourdes, mâchoires saillantes et des rustauds noirauds et trapus qui nous contemplaient avec beaucoup d’intérêt et de gentillesse. Je ne sais pourquoi mais je me sentais profondément mal à l’aise, intrus, mal dans ma peau. Ce premier contact avec le continent sud-américain, où la France n’avait guère été présente, me renvoyait aux images de mon livre d’Histoire pleines de massacres, d’exterminations, d’hommes assoiffés d’or, d’évangélisateurs militants, les Jésuites, de je ne sais plus quelle pièce jouée au collège sur leur expulsion. Je me sentais comme une face de craie dans un tableau de basanés. Nous allions à la gare routière acheter nos places de bus pour Arequipa. Le préposé, même modèle le portier du Bolivar, nous tendait des billets pour un départ le lendemain soir. Ici on voyage la nuit. La perspective de coucher, une nuit supplémentaire, dans notre sac à puces ne nous enchantait guère mais nous n’avions pas le choix. Nous passerions la nuit dehors.

 

Nous tentions d’abord le cinéma mais les navets de Lima ne nous incitaient pas à nous faire une toile alors nous traînaillions sur la place Saint Martin où des cadets paradaient, cadence raide, petits insectes entraînés par les grands frères yankees. À la terrasse d’un café, un type grattait une guitare, nous nous asseyions et commandions des bières. Très vite, comme englués dans les fils gluants d’un cocon, les conversations passionnées de groupes d’employés, des quadragénaires, nous environnaient. Ils citaient les socialistes utopiques, invoquaient à tout bout de champ Cuba, jugeaient avec des bordées de mots assassins leurs gouvernants. Nous ne le savions pas encore mais nous allions très vite nous y faire, ici, bien plus encore qu’en Europe le verbe tenait le haut du pavé. Accueillants, sympathiques mais soûlants nos voisins, des jeunes cette fois-ci nous entraînaient dans une gargote où nous ingurgitions une bouffe incertaine et épicée qui nous arrachait la gueule. Chloé résistait bien mieux que moi à la moiteur et à la laideur ambiante, fraîche, indemne de toute trace de transpiration, elle éclusait cul sec, entre ses bocks de bière, des petits verres de téquila. Les petits bourdons bourdonnaient autour d’elle, trique affutée sous leur pantalon crade. Moi je somnolais à demi, attendant l’irruption du cœur de la nuit. Celle-ci nous cueillait dans une boîte pleine de putes aux cuisses luisantes et aux seins débordant de guêpières chamarrées. Au petit matin je me réveillais couché sur des draps blancs, nu comme un ver, dans une chambre qui embaumait le vétiver. Chloé, en short militaire et tee-shirt entrait avec un plateau garni d’une cafetière et de toasts. « Où sommes-nous ? » Elle me souriait. « Dans la chambre de Rosetta ! ». Elle posait ses belles fesses et le plateau près de moi. « Et qui est Rosetta ? » Chloé me caressait la nuque « Tu le prends toujours sans sucre mon beau légionnaire ? » L’odeur du café m’émoustillait. «  Du calme mon beau, même si tu occupes le lit d’une mère maquerelle il va te falloir calmer tes ardeurs matinales... »

 

Chloé avait monnayé la chambre pour que nous passions une nuit paisible. L’after petit-déjeuner le fut moins car la belle tenait une fringale bien supérieure à la mienne. Bien commencée la journée s’étirait en longueur et nous avions hâte de lever l’ancre. Le bus se pointait avec deux heures de retard. Une poubelle ! Un tape-cul immonde où nous fûmes remisés dans les places les plus dégueulasses : au-dessus du moteur et tout contre la porte des tinettes. Nuit calcinée jusqu’au petit matin où notre char brinquebalant côtoyait le flanc d’un précipice au fond duquel, sous un voile gris cotonneux, une soupe grasse et figée s’épandait. Et dire que c’était le Pacifique. Sous une lumière blanche et rase la côte déchiquetée laissait la place à une longue traînée de sable et de rocailles. Le paysage prenait des allures déglinguées. Nous nous arrêtions dans un village où un chapelet de bicoques jalonnait l’unique rue pour bouffer un plat unique : une soupe de poulet graisseuse. Pour nous dégourdir les jambes Chloé et moi, flanqués de notre petit colombien, filions vers la plage. C’était un immonde cimetière : des cadavres de mouettes jonchaient à perte de vue la grève. Nous repartions et, à l’entrée d’Arequipa, une jeep de police flanquée de 3 policiers entravait la route. Le bus stoppait. Un des flics tripotait nos passeports puis nous faisait signe de le suivre au poste, une cabane en planches, où leur chef transcrivait je ne sais quoi sur un gros cahier. Arequipa,  à 2000 mètres d’altitude, nous semblait une oasis de fraîcheur. Nous marchions dans la ville. Une nuée de collégiennes en uniforme s’ébrouait dans un nid de verdure agrémenté bassin d’où surgissait un jet d’eau. Carte postale avec en arrière-fond la neige des sierras et plaqué sur le ciel limpide les feuilles éventails des palmiers, je me sentais apaisé.       

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /Juil /2010 00:08

Et oui, au XIXème siècle les prénoms Jacques, Gilles et Guillaume désignaient le « simple d'esprit » ou le benêt du village. Bien avant, les nobles nommaient leurs paysans, leurs vilains des « Jacques » ce qui fit désigner sous le nom de Jacquerie le soulèvement des paysans français contre leurs seigneurs en 1358. Le mépris de la haute société puis du bourgeois des villes pour les bouseux, les péquenots, les ploucs firent que les jeunes des années 60 n’eurent de cesse de se débarrasser beau mot paysan pour revendiquer l’appellation d’agriculteur : va pour les jeunes agriculteurs. Et puis, le productivisme perdant des couleurs pour laisser la place au vert tendre voilà que notre « Jacques Bonhomme » redevient le chouchou, surtout s’il est petit, des bobos des villes qui rêvent d’être des bobos des champs. Reste, cerise sur le gâteau l’expression « faire le Jacques » datée de 1880 qui signifie toujours, même si elle est peu usitée, « faire l’idiot, faire le con » et qui, je suis prêt à en convenir avec mes détracteurs, me va comme un gant sur cet espace de liberté.

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Comme nous sommes dimanche, pour la St Jacques, je vous offre l’un des meilleurs albums du rock 'n' roll des années 70. Cosmo's Factory le quartette le plus roots du rock américain. Du rock brut millimétré, cocktail génial de tubes et de standards du patrimoine rock. Le tout enveloppé dans une pochette absolument « à chier » décor improbable d’un entrepôt de Berkeley, moquette rouge vermillon, fuseau moule-burnes assorti à la moquette du batteur Doug « Cosmo » Clifford juché sur son vélo de course, Marcel caca d’oie et grôles « Vieux Campeur » aux pieds, l’archétype du baba américain, ça vaut son pesant d’art nouille.

 

« Creedence, en 1969 et 70, est une impressionnante usine à tubes, à albums et à tournées. Sans doute le plus grand groupe de rock de ces deux années-là, succédant souvent aux Beatles dans les référendums des lecteurs, faisant la nique aux Stones et à Led Zep. Mais qui s'en souvient aujourd'hui ? Car leur musique regardait déjà en arrière, vers la source, c'est-à-dire la marmite des musiques venues du deep South : blues, country, rhythm and blues et rockabilly. A l'époque, c'était la matrice du rock qu'on appelle aujourd'hui « classique ». John Fogerty, homme à tout faire de Creedence, composait comme un Dieu (« Lookin' Out My Back Door », « Proud Mary »), jouait de la guitare avec une énergie et un son incroyable (l'intro de « Up Around The Bend »), chantait d'une voix qui n'avait rien à envier à Little Richard (« Travelin' Band »). Des mélodies simples, directes, avec un son qui évoquait le bayou de Louisiane et les studios Sun de Memphis mais made in San Francisco Bay. »

 

Rien que pour vous une vidéo et l'intégrale de l'album Cosmo's Factory :

1- Ramble tamble

2- Before you accuse me

3- Travelin'Band

4- Ooby Dooby

5 - Lookin'out my back door

6- Run through the jungle

7- Up around the bend

8- My baby left me

9- Who'll stop the rain

10- Heard it through the grapevine

11 - Long as I can see the light

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 00:09

La 13ième étape du Tour 1950 partait de Perpignan pour gagner Nîmes. Cagnard d’enfer sur un parcours tourmenté égrenant les vignobles du Midi Viticole. Deux larrons de l’équipe d’AFN (l’Algérie est alors française et le Tour se court par équipes nationales et régionales) Marcel Molinès et Abdelkader Zaaf attaquent et prennent une large avance : jusqu’à 16 minutes et leur échappée semblait les mener à joindre l’arrivée où la victoire se disputerait au sprint. Zaaf lâchait Molinès mais, « assoiffé, se saisissait d’un bidon tendu par un spectateur. Malheureusement pour lui celui-ci contenait du vin. Coup d’assommoir pour le coureur qui, après s’être désaltéré, légèrement titubant, reprenait son vélo et repartait en sens inverse. » C’est donc Marcel Molinès qui ralliait Nîmes en vainqueur avec 4 minutes 30 d’avance sur le peloton comprenant Stan Ockers et le futur vainqueur le suisse Ferdi Kubler.

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Légende que tout cela, la chaleur, la fatigue et surtout l’ingestion d’amphétamines Zaaf a été victime d'un malaise et il s'est écroulé au bord de la route. Des vignerons qui se trouvaient là l'ont adossé contre un platane (voir photo ci-dessous) et comme ils n'avaient pas d'eau sous la main l'ont aspergé avec du vin. De plus Zaaf en bon musulman pratiquant ne buvait pas de vin ça ne l'empêchait pas de poser avec un verre de St Raphael à la main). Ayant retrouvé ses esprits, ou presque, enfourchait son vélo mais repartait en sens inverse. L’organisation étant ce qu’elle était à cette époque, on ne sait trop comment il se retrouvait nez à nez avec la voiture-balai. Sans doute le peloton était passé devant son platane pendant son malaise. Il empestait la vinasse d’où cette histoire qui fit le bonheur des salles de rédaction. Bonne pioche, devenu populaire il fut invité  à de nombreux critériums d’après-Tour. Et comme en 1951 il s’octroyait la lanterne rouge du Tour Abdelkader Zaaf entrait dans la légende de celui-ci.

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Pour les amateurs de statistiques : 48 français se sont octroyés la lanterne rouge, devant les belges 13 fois mais ceux-ci détiennent le record pour un seul coureur Wim Vansevenant lanterne rouge en 2006, 2007 et 2008, les bataves 9 fois, les italiens 8 fois, les suisses 5 fois, les espagnols 3 fois, les allemands, les anglais et les danois 2 fois, les ressortissants du Portugal et de la Biélorussie 1 seule fois. Rarement les lanternes rouges  sont passées à la postérité mais certains, tel le breton Joseph Groussard frère de Georges porteur du maillot jaune 9 jours consécutifs en 1964, étaient de bons porteurs d’eau aimés par le public. Le Tour de France était une vraie fête populaire où les coureurs, même s’ils usaient de remontants, pouvaient être qualifiés de « forçats de la route »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 23 juillet 2010 5 23 /07 /Juil /2010 00:06

Il y a en France deux grandes catégories de producteurs.

Tout d’abord les producteurs de nos grands crus : Champagne, Bourgogne, Bordelais, Vallée de la Loire, Châteauneuf-du-Pape, etc. ..., qui sont toujours restés en dehors des lois votées. Ils n’ont été que les spectateurs de la comédie viticole et nos producteurs de grands vins n’auraient pas toléré un seul instant que les procédés qui ont été appliqués aux vins de consommation courante fussent valables pour eux. De même, les Eaux-de-vie de Cognac et d’Armagnac, les marcs de Bourgogne, etc. ... dont la réputation est universelle, sont restés en dehors les règlementations sur les alcools.

En second lieu, les producteurs de vin  de consommation courante, c’est-à-dire la grande majorité de la production française et algérienne au point de vue volume. Ce sont ces vins seuls qui ont été soumis à une réglementation complexe et draconienne, toujours inspirée d’un esprit démagogique et d’un esprit de malthusianisme.

Le premier principe appliqué par la loi de 1930 fut le blocage. On décida que chaque année une certaine partie de la récolte serait bloquée chez les propriétaires récoltant plus de 400 hectolitres. Nous avions pourtant sous les yeux de multiples exemples du résultat désastreux du blocage lorsqu’il s’agit de relever les cours : l’Amérique avec ses blés, son café et son coton en avait fait l’expérience. Tant que le commerce sait qu’il existe une certaine quantité de vin bloquée pouvant être libérée, il n’achète qu’au jour le jour. Les cours restent dans le marasme.

Rapidement, on en vint à un second procédé : la distillation obligatoire. Chaque année, les propriétaires récoltant plus de 400 hectolitres étaient obligés de livrer à l’alambic une partie de leur récolte. On assista alors à cette chose surprenante : les propriétaires récoltant moins de 400 hectolitres pouvaient vendre tous leurs vins, si mauvais fussent-ils, et même d’affreuses « queues de cave », alors que les autres envoyaient à la chaudière jusqu’à 50% de leur récolte : ainsi des centaines de milliers d’hectolitres de vin d’excellente qualité furent distillés tandis que le consommateur absorbait des breuvages douteux.

J’ai souvent frémi à la pensée qu’un pays de bon sens comme la France ait pu admettre une mesure d’une telle stupidité.

Les sacrifices énormes imposés à certains producteurs posaient un grave problème : que faire des alcools provenant de la distillation des vins ? Car il fallait payer ces alcools un certain prix pour ne pas entraîner la ruine immédiate des viticulteurs frappés par les lois viticoles [...]

Pour le budget, cette opération était tellement désastreuse qu’on se demande comment elle a pu être réalisée. Je m’abstiens de citer des chiffres trop précis de l’ordre de plusieurs centaines de millions. Disons cependant que, lorsque l’Etat achetait les alcools de vin à 567 francs il les revendait à la carburation 126 francs environ. Et il y avait les frais de transport et de dénaturation ! On voit quel déficit s’inscrivait ainsi dans le budget de la Caisse des Alcools et quels prodiges il fallait pour le combler, si l’on pense que l’Etat achetait l’alcool par milliers d’hectolitres. [...]

 

Ces mesures ne suffisant pas à assainir le marché viticole, le Parlement eut recours à trois procédés plus draconiens encore que les précédents, afin de paralyser encore plus la production viticole française.

 

Le premier fut l’interdiction de planter des vignes. Cette atteinte à la liberté qu’ont, en temps de paix, les paysans français de cultiver leurs terres comme bon leur semble constituait une innovation incroyable. Mais elle fut néanmoins votée, avec quelques palliatifs, car les protestations montaient de ton. Cette interdiction s’accompagna d’une seconde mesure baptisée du nom de « taxe au rendement ». Le but en était de rendre infertile les vignobles.

Certes, les duc de Lorraine avaient jadis interdit à leurs sujets de fumer leurs vignes, mais c’était avec l’intention égoïste d’avoir sur leurs tables des vins de qualité supérieure. On comprend très bien, lorsqu’il s’agit de grands crus, à la renommée mondiale, qu’on interdise, à la rigueur, l’emploi de fumier ou des engrais azotés, préjudiciables à l’obtention de produits supérieurs. Il n’en est pas de même pour les vins de consommation courante, pour le vulgaire « pinard » que boit le peuple de France, et l’emploi des engrais s’était généralisé dans le vignoble dès la fin de la guerre 1914-1918. [...]

Malgré ces mesures, une série d’années particulièrement favorables permirent à la production franco-algérienne de se maintenir. Le Parlement n’hésita pas alors à employer un troisième procédé encore plus brutal que tous ceux déjà imaginés : on décida d’arracher une partie du vignoble français. »

 

Docteur Roger Rouvière « La question du Vin » LA REVUE des DEUX MONDES 1941

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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