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    Vin&Cie,

             l'espace de liberté

 

 

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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 00:09

C’est pour moi un rituel annuel : depuis 2003 l’association des bouffons bios de Montreuil organise un Marché des Vins Bios (http://bouffonsbios.ouvaton.org/) et j’y va à mon pas. Aux temps héroïques, lorsque les « rouges » tenaient la ville, la manifestation trouvait refuge dans des lieux improbables mais où il faisait bon se retrouver même si quelque fois on se les gelait. Aux dernières municipales, à la surprise générale, Montreuil est tombée dans l’escarcelle des Verts sous la houlette de Dominique Voynet. L’indéracinable Brard, bon stal repeint en rénovateur, toujours député, ne s’en est pas remis. Bref cette année rendez-vous était pris au bar de la salle des fêtes de la Mairie de Montreuil.

Le fait est à souligner : voilà un bel engagement d’une élue pour le vin, qu’il fut Bio, ce qui est logique pour une élue écologiste, n’enlève rien à l’exemplarité. Donc avec ma petite auto qui parle, samedi matin cap sur le neuf-trois. À 350 mètres du but selon ma guide je trouve une place de stationnement. Vu que je suis un 75, un parigot tête de veau, je prends le risque de la gratuité. Quelques pas plus avant je passe devant le pavillon des époux Duclos sis au 22 avenue du Président Wilson. Je me souviens du petit pâtissier rondouillard, stalinien pur et dur, l’homme du bonnet blanc Pompidou, blanc bonnet Poher, de l’élection présidentielle de 1969 : meilleur score du PC 4 808 285 voix (21,27%). Sur ma droite des palissades enserrent une énorme balafre urbaine, un vaste chantier de rénovation : le centre-ville de Montreuil va-t-il s’humaniser ?

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Tom-7208.JPGMairie de Montreuil c’est le terminus de la ligne 9 qui, pour ceux qui ne le savent pas se termine, ou presque, à Billancourt. Tout un symbole de la fameuse ceinture rouge de Paris fief des communistes. Comme il se doit le bâtiment de la mairie, qui date de 1935, a la gueule de l’emploi : lourd, imposant, très néostalinien. Sur le flanc gauche, là où se trouve l’entrée de la mairie une statue du sculpteur Gilbert représente l’agriculture sous sa forme jardinière là où se trouve l’entrée de la mairie une statue représente l’agriculture sous sa forme jardinière liée sans doute à la tradition agricole et horticole de Montreuil symbolisée par les fameux « Murs à pêches ». Ceux-ci, hauts de 2,70 mètres, épais de 80 cm et surmonté d’un chaperon de tuiles ou de plâtre étaient orientés nord-sud afin que l’une de ses faces soit en permanence exposé au soleil. Aux flancs de ces murs des pêchers étaient greffés sur des « francs », arbres sauvages et résistants. Sur des terres pauvres chaque pêcher produisait de 200 à 500 pêches par saison. Biodiversité extraordinaire : jusqu’à 400 variétés « répondant aux doux noms de la « Grosse Mignonne », « la Belle Impériale », « la Galande », « le Téton de Vénus »... » Au XIXe les pêches méridionales concurrençant la production locale ont envoyé les « murs à pêches » dans le rayon du Conservatoire des traditions populaires « 8,5 ha sur 38 ont été classés. »

signac-mairieLe Marché se tient donc au 2d étage, le bar de la salle des fêtes donc, et s’étend aussi sur une mezzanine. Le lieu est agréable et vaste (voir photos),  même si, comme il est de tradition dans ce genre de manifestation, l’absence de la moindre chaise mets à rude épreuve le dégustateur qui souhaite faire une pause ou se restaurer. Moi j’ai la nostalgie de l’année où le marché s’était tenu au  Studio Pathé-Albatros, pas très confortable mais ça avait de la gueule. Trêve de souvenirs quand faut bosser faut bosser.
Tom-7186.JPGMon problème, où que j’aille déguster, est toujours de savoir par qui je commence. Aujourd’hui j’adopte une méthode hautement berthomesque : je rends visite, au nom de la défunte Union de la Gauche je file chez Pierre Hervé vigneron au Domaine de Bel Air à Villiers sur Yonne dans la Nièvre (lui sur la photo). Il est vigneron à temps plein depuis 2003, ses vins sont des Vins des Coteaux de Tannay (pour l’édification de mes lecteurs la zone géographique : canton de Tannay et les cantons de Clamecy et de Brinon sur Beuvron ; du côté cépages pour les blancs Chardonnay et Melon de Bourgogne et les rouges et les rosés : Pinot Noir et Gamay pour les principaux et gamay teinturier de Bouze et Gamay de Chaudenay en accessoires (20% maximum).

Tom-7178.JPGMon préféré : Le Chardonnay cuvée Au Balcon 2008 un très beau rapport qualité/prix 15/20 à 7 euros. Commencer ma dégustation ainsi ça donne envie. 


-         Le Cambon 2007 de Marie et Marcel Lapierre Beaujolais www.marcel-lapierre.com  12 euros un excellent Beaujolais dans l’esprit inégalable de Marcel Lapierre je suis fan 14/20

-         Le Razdu 6002 cépage Duras des Causse Marines 81140 Vieux Tel 05 63 33 98 30 / Fax  05 63 33 96 23 email : causse.marines@gmail.com toujours surprenant un vin près de la nature qui ne sent pas la bouse de vache j’aime 15/20 13,5 euros

-         Le Cote de Brouilly 2008 de Christophe Pacalet (j’ai paumé le prix) net et sans fioriture pourquoi douterait-on de l’avenir du Beaujolais avec des vins ainsi faits 14/20

-         Le Blanc de Garance 2009  AOC Cotes du Rhône www.rougegarance.com : un grand blanc du Rhône pour un prix doux 18/20 8,00 euros

-         Le Beaune Rouge 2008 du Domaine Fanny Sabre 18 avenue de la République Beaune 21200 15 euros de la belle ouvrage, raffiné et croquant 15/20

-         Le Moulin à Vent 2009 du Domaine des Côtes de Molière www.cotes-de-moliere.com vif, plus que sympathique, un cru du Beaujolais à prix doux pour une belle matière traitée avec soin et amour, gouleyant pour faire plaisir à Périco Légasse 18/20

-         Le Bergerac Sec 2005 cuvée Allier de Richard Daughty www.chateaurichard.com 7 euros vif, sympathique, à boire suite au grand chelem du XV tricolore pour saluer la prestation de celui de la Rose. 15/20

-         Beaune 1er Cru Les Coucherias 2007 Jean-Claude Rateau www.jc-rateau.com 22,50 euros. Très belle bouteille pour les grandes occasions, beau potentiel, de la finesse à revendre 16/20

-         Le Champagne Trilogie 1995 Brut Champagne Fleury www.champagne-fleury.fr un très beau champagne aubois millésimé a un prix 29,50 euros justifié qui se place au niveau des grands qui affichent eux des prix plus lourds 18/20

-         Le Muscadet Sèvre et Maine sur lie domaine de la Bregeonnette de Stéphane Orieux La Touche à Vallet stephane.orieux@wanadoo.fr 02 46 68 41 un beau Muscadet comme je les aime, fringant, frais, vif avec un prix gentil 5,10 euros 15/20

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 22:00


Dany le Rouge devenu Vert, ce lundi 22 mars 2010, repasse les plats.

42 ans déjà ça ne me rajeuni pas.

Moi je n’étais qu’à Nantes lui à Nanterre mais, comme l’écrivent Hamon et Rothman « c’est un meneur naturel, exact baromètre de la sensibilité médiane, armé d’un bon sens aigu, d’un flair et d’une intuition rares. Il « sent » comme personne une assemblée générale, sait jouer de son talent oratoire, de sa faconde, de son fulgurant esprit de répartie pour orienter le flux sans avoir l’air. »

L’a pas changé ! Moi non plus alors je proclame profitons du flux !

Attention, pas question de nous immiscer dans les débats des Verts mais tout simplement de faire entendre la voix des Verres.

Avant d’aller plus avant un petit point d’histoire pour ceux qui n’étaient pas nés ou ceux qui se promenaient encore en culottes courtes ou en jupes plissées, c’est dans la salle du Conseil de la tour administrative de l’Université de Nanterre occupée, qu’à une heure du matin, en présence de 142 personnes – je ne sais qui a tenu cette comptabilité précise – que se créé le mouvement du 22 mars. Le nom, dit-on, se veut un hommage au mouvement du 26 juillet que Castro avait fondé à Cuba.

Pour la petite histoire, le premier haut fait d’arme de Dany à Nanterre était intervenu lorsque François Missoffe, Ministre de la Jeunesse, inaugurant la piscine de Nanterre, s’était vu reproché par le trublion d’avoir laissé publier un rapport sur la jeunesse qui ne traitait pas de la sexualité. Le Ministre aurait, du moins le prétend-on, conseillé à Cohn-Bendit d’aller refroidir ses ardeurs dans le grand bassin. Bref, tout est un peu parti des filles dont les cités universitaires étaient interdites aux garçons.

Laissons Dany à ses coopératives de Verts et proclamons sans vergogne que « Nous sommes tous, nous les leveurs de Verres, des Bons Vivants ! »

Nous sommes le biotope du Bien-Vivre.

Nous sommes les derniers remparts de la Biodiversité des terroirs !

L’Amicale du Bien Vivre dites des Bons Vivants est la seule organisation pollinisatrice en notre beau et vieux pays puisque nos idées peuvent être butinées et féconder celles et ceux qui s’ennuient dans une société aseptisée, normée, encadrée, anxieuse, peureuse, inhospitalière.

Le bien-vivre en est notre antidote radical.

Dans nos statuts qui ne sont déposés nulle part il est écrit :

 « Le bien-vivre n’est ni un luxe réservé à une élite, ni le privilège d’une société opulente, mais un élément essentiel de notre mode de vie à la française.


Convivialité, accueil, hospitalité, échange, plaisirs simples partagés, trame de liens amicaux, voisinage, ciment de la vie en société, le vin est, et reste, comme l’écrivait l’ethnologue Claude Lévi-Strauss en 1974, une boisson à consommer ensemble. »

Nous sommes, en ce 22 mars 2010,  les seuls refondateurs du Mouvement car nous sommes une AMICALE, c’est-à-dire un point de jonction de femmes et d’hommes, de tous âges, de toutes professions, de tous horizons, de toute notre vieille France ou d’ailleurs, qui affirmons, tranquillement mais fermement notre droit, car nous sommes conscients de nos devoirs, à être responsable de la conduite de notre façon de vivre.

Nous sommes aussi un réseau citoyen ludique, joyeux, convivial en capacité de s’adresser à l’opinion publique par des canaux et des messages qui donneront du monde du vin une image positive « un peu de douceur dans ce monde de brutes… » Nous tirons notre force de conviction de notre convivialité.  

Nous voulons convaincre nos concitoyens par notre tranquille assurance, notre inébranlable volonté d’affirmer que nous sommes les plus soucieux de leur bien-être.
Nous n’avons ni président, ni porte-parole officiel, mais nous sommes pugnaces, vigilants, attentifs, prêts à nous mobiliser pour mêler nos forces aux justes combats.

Rejoignez-nous !

Si vous adhérez à l’Amicale vous resterez libre, elle ne vous embarquera dans aucune galère, nous ne serons porteurs ni de pancartes, ni de banderoles, mais du bien-vivre à la française, avec nos sourires en bandoulière et avec notre inoxydable bonne humeur, affichées en tout lieu et par tout temps.


Paris le 22 mars 2010
 

Le Secrétaire Perpétuel autoproclamé de l’ABV

 

Jacques Berthomeau

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 00:03

original 12795Pour qui, comme moi sur I-télé il y a quelques années, s’est retrouvé en face du dénommé Durand dans une émission a pu constater l’absolue suffisance du bonhomme et son incommensurable j’m’en foutisme. Les Guignols de l’Info lui ont, en leur temps, à juste raison, taillé le seul costard qu’il méritait, celui qui sied à un j’en foutre, un j’en foutre rien. Ce type est un ramier de la pire espèce : l’arrogante.

Que ce bouffon postmoderne, dans son habituelle syntaxe approximative, qualifiât les vins bios de dégueulasses, dans une émission de télévision du Service Public – que je finance comme vous tous par l’impôt – consacrée au réchauffement climatique avec l’ex-Mammouth Jospinien, relève de la vacuité de sa pensée qu’il compense par le recours systématique à des petites phrases qui se veulent provocatrices. Durand est à l’image de la télévision d’aujourd’hui : creux, frimeur et racoleur.  

Quand j’ai vu sur notre blog des 5 routards – pas mal comme appellation Catherine, je m’imagine bien dans la peau de Peter Fonda ou de Denis Hopper en Harley, avec une veste à franges et des santiags, filant sur la route 66 – que Christine Ontivero avait pris la peine de lui écrire, en l’interrogeant « Savez-vous que la plupart des plus grands vignerons français et étrangers produisent leurs vins avec des raisins issus de l'agriculture biologique? » je me suis dit : « c’est vraiment lui faire trop d’honneur que de laisser supposer une seule seconde qu’il puisse savoir... » puis j’ai ajouté, dans ma petite Ford intérieure, « en plus elle perd son temps... »

Et puis, réflexion faite – ici, contrairement à la crèmerie d’Arlette, on réfléchit – à la lecture des noms cités par Christine Ontivero « Cazes à Rivesaltes, Domaine Zind-Humbrecht en Alsace, Alphonse Mellot à Sancerre, Domaine Huet à Vouvray, Domaine des Roches Neuves à Saumur, Chapoutier dans la Vallée du Rhône, Anne Claude Leflaive à Puligny Montrachet, François Chidaine à Montlouis sur Loire, Château Fonroque à St Emilion, Domaine St André de Figuière à La Londe les Maures, Pontet Canet à Pauillac, Domaine Singla dans le Roussillon dont les vins viennent de rentrer à l’Elysée… » j’ai goûté avec délice la honte fondant sur le beau costar du Durand. Ses copains ont du le vanner grave dans les dîners en ville : « Guillaume t’es vraiment trop... tu t’es salement vautré... allons comment as-tu pu zapper Michel Chapoutier... tu sais le braille sur les étiquettes d’Ermitage, ignorer Alphonse Mellot... tu sais c’est lui qui, au moment des présidentielles... non tu ne sais pas... et patati et patata »

Encore heureux que Christine n’ait pas cité Aubert de Vilaine et la Romanée-Conti, ou Nicolas Joly et la Coulée de Serrant, car là, pour notre pauvre Durand c’était l’abomination de la désolation, l’aurait même été la risée du plus petit grouillot de la rédaction. Pour un buveur d’étiquettes de son acabit se faire tacler de la sorte relève d’une forme civile d’excommunication des cités du Livre Rouge – le Who’s who –. Le voilà pris en flagrant délit d’ignorance crasse. Carton rouge ! Exclusion. Ainsi va la vie de ceux qui se prennent pour des stars alors qu’ils ne sont que de simples haut-parleurs ânonnant des fiches préparées par une batterie de petites mains sous-payées. C’est vraiment Vérigoud !

Attention, que ceux d’entrevous qui n’apprécient les vins bio que du bout des lèvres ne prennent pas trop vite le parti du Durand des beaux quartiers car le qualificatif de dégueulasse il pourrait bien le leur servir sans autre forme de procès lors d’une émission du même tonneau que celle de ses consœurs d’Envoyé Spécial. Je l’imagine fort bien balancer à un digne représentant de l’INAO « mais votre vin bourré de pesticides il est dégueulasse... » L’important pour Durand c’est d’être dans le sens du vent.

Même si, en remettant le Durand à sa juste place : dans les cintres,  je passe un peu de baume sur vos blessures je sais bien qu’en ce moment nous ne sommes pas vraiment gâtés, et par les gars et les filles de la Télé, et par la Sandrine Blanchard du boulevard Auguste Blanqui, et par tout les couards qui s’abritent derrière la loi Evin. Pour vous consoler je vais faire une confidence : croyez-moi Durand il est proprement imbuvable !


PS. à l’attention de mes compagnons routards, Michel et Hervé, qui pourraient s’estimer rudoyés par mon franc-parler à propos de l’opération Beaujolais « Grand Corps Malade » : je souhaite leur faire comprendre que, avec toute l’amitié et le respect que j’ai pour eux, comme je suis en « mission » - auto-missionné certes – mon intérêt prioritaire est de faire remonter de la « base » du matériau. Ce qui a déjà commencé. Délivrer une ordonnance, comme le font les médecins d’aujourd’hui, vite fait bien fait sur le gaz, c’est souvent ne s’attaquer qu’aux symptômes plutôt qu’aux causes. Dans mes missions semelles de crêpe je prends plutôt le profil médecin de campagne. En effet, c’est plus chiant d’aller à l’AG de la coopérative de Moulin à Vent que de déguster au château des Jacques, mais ainsi va la vie du missionnaire (un jour l’ami Robert Skalli m’avait qualifié de moine civil pour un portrait de Catherine Bernard dans la Tribune). Bref les gars vous me prenez comme je suis, chiant et tourné vers l’objectif que je me suis fixé. Nos pays, et pas seulement le Beaujolais, et pas seulement pour le vin, comme l’aurait dit le Général il y a pour notre vieux Pays une « ardente obligation » de se colleter à leurs problèmes qui, s’ils étaient si simples à régler, ne seraient pas face à nous. Comme l’aurait dit Pierre Dac « si tout le monde faisait du bon y’aurait pas de mauvais... »  

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 02:09

« Fais-moi une confiance aveugle... » Le message de Chloé avait le mérite d’être simple et clair. Je réduisais le bristol en milles morceaux et je tirais la chasse d’eau. Pendant ma courte absence le cercle s’était élargi de deux unités : debout derrière Bob un grand noir, sosie de Sidney Poitier, costume gris perle impeccable, qui mâchouillait du chewing-gum d’un air las et assise aux côtés de Chloé une femme blonde, très fardée, en tailleur noir dont la veste cintrée soulignait une taille de guêpe. Elle affichait en me voyant un sourire carnassier dévoilant une dentition blanc de blanc. Pour me conformer au désir de Chloé je m’abstins de toute remarque même si le côté mise en scène de cette étrange réunion commençait à me taper sur le système. Nonchalamment le grand noir venait vers moi, me prenait par le bras et m’entrainait vers un grand Chesterfield au cuir craquelé qui occupait une sorte d’alcôve recouverte d’une grande verrière donnant sur un jardin potager. La blonde sophistiquée vint nous rejoindre lorsque nous nous fûmes assis. Avec une décontraction surjouée elle se posait sur l’un des accoudoirs du canapé et sa jupe droite, en un retrait qu’elle ne cherchait pas à contrecarrer, dévoilait des cuisses d’un galbe impeccable et surtout le haut de ses bas retenus par un porte-jarretelles. En plongeant mon regard dans son entrecuisses je l’apostrophais grossièrement « Ma poule je carbure au café. Alors magne ton beau cul pour aller m’en chercher... » Ses faux-cils tressautèrent sous l’effet d’une incompréhension manifeste. En prenant le grand noir à témoin j’ajoutais « désolé mais ne comptez pas sur moi pour faire l’effort de parler votre putain de langue... »

Mon français les déroutait. Sur un claquement de doigt du grand noir Bob rappliquait à grandes enjambées. J’exigeais sitôt la présence de Chloé. La blonde, pensant que je n’entendais rien à leur sabir compressé et débité à la hache, s’adressait à Bob d’un air courroucé et lui disait en substance « que me veux cette petite merde de français ?» Bob chagriné tentait de l’apaiser en lui expliquant que je tentais une diversion. Elle fronçait ses sourcils. Bob reprenait l’initiative « il nous comprend mais il fait sa forte tête et exige de ne parler que français. » La blonde suffoquait. J’en profitais pour lui tendre un index d’honneur. Chloé m’empoignait l’épaule « arrête tes conneries ! » Bob surenchérissait « vous jouez à quoi ? » J’explosais « au con bordel de merde ! J’en a plein le cul de votre cinéma. Si ça vous a échappé je viens de passer trois jours formidables dans un trou à rats trois étoiles entre les mains de nazillons à la manque qui m’ont attendri selon votre expression. Je croyais que nous étions raccord Bob, cartes sur table et voilà que vous tentez de me bluffer en me sortant cette pouffiasse qui se prend pour Veronica Lake et ce gandin qui joue les muets du sérail. Puisqu’avec votre arrogance congénitale vous prétendez tout savoir sur tout moi le petit con de français je vais vous dire ce que vous ne savez pas sur moi. Je bouffe à tous les râteliers. Pour du fric et du cul je vendrais ma mère, je prostituerais ma sœur et je trahirais même mon putain de pays... » À mon grand étonnement, dans un français impeccable, sans le moindre accent, le grand noir impassible interrompait ma diatribe d’un « ce jeune homme à parfaitement raison. Nous nous sommes mal conduits à son égard. Entre alliés ce n’est pas correct... » Il me tendait sa grande main « Robert J. Parker ancien attaché financier à Paris. J’étais très ami de Claude Pompidou et du couple Chalandon... » Son large sourire soulignait la grosse perche qu’il venait de me tendre. Je lui secouais la main en me disant que je savais maintenant dans quelle catégorie je devais boxer.

Nous échangeâmes longuement sur la politique étrangère du Président Pompe qui rassurait un peu plus les Yankees que celle du Grand Charles. Je le titillais sur l’impasse vietnamienne. Il me branchait sur les grands châteaux de Bordeaux et me disait toute son admiration pour Albert Camus. Bob nous servait du café avec des précautions de châtelaine. La blonde me contemplait avec des yeux qui en disaient plus long qu’une invitation. Je savourais ma victoire. La tournure des évènements prenait tout le monde à revers, y compris Chloé. Pour la rassurer, lui faire bien comprendre que j’allais bien suivre ses instructions, alors qu’elle me regardait intriguée je fermais les yeux de façon ostensible. Quand je les rouvris elle me souriait. Parker et son adjointe, Eva Harriman, la blonde aux cuisses de velours, des diplomates du Département d’État, croyant la partie gagnée, prirent congés. Nous allions enfin pouvoir passer aux choses sérieuses entre gens du même monde, celui des coups tordus où tout le monde trompe tout le monde et où chacun en arrive souvent à se tromper soi-même. Ici, avant même que Bob ne m’explique les tenants et les aboutissants de l’opération Rouge Gorge je savais par avance que j’allais m’engager sur des sables mouvants. Je me sentais revivre car comme je n’avais depuis fort longtemps aucun état d’âme, ni la moindre réticence morale, seul l’attrait d’une réelle mise en danger me motivait. Passer de l’autre côté du mur valait son pesant d’adrénaline. Le faire en confiant mes intérêts à Chloé me donnait le sentiment d’être un fil-de-fériste aux yeux bandés se moquant des Vopos.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 00:05

Au sens de nos régions administratives – celles pour qui nous votons ce jour, du moins ceux qui n’ont pas oublié qu’un bulletin de vote vaut mieux que le bruit des bottes –  fruit d’un pur compactage départemental faisant fi de l’histoire, la réponse est non. Le nouveau Connétable de Bourgogne qui sortira des urnes, et qui ne sort pas de Sciences Po parce qu’il est véto : sacré François – pas le Débonnaire qu’a un faible pour les GCC mais qui commence à mettre son nez dans le Beaujolais – devra jeter un pont en direction de ce Lyon qui, comme le dit, Bernard Pivot a trahi son vieil amour au profit du Côte du Rhône par pure jalousie du temps où « le beaujolais nouveau flambait à Paris ». Mais n’anticipons pas, je prendrai ma plume en temps voulu pour interpeller les fraîchement élus – les Languedociens ne vous marrez pas je n’ai pas écrit frèchement.

Face aux difficultés présentes des vignerons du Beaujolais ma question peut paraître bien dérisoire, anodine. Pas si sûr mes chers lecteurs car il faudra bien, en dépit des débiteurs de ya ka, mobiliser les énergies et des moyens pour accompagner la grande mutation des vignerons du Beaujolais. En effet, il est facile de conseiller la rigueur aux autres, de trier d’une belle main qui se contente d’écrire le bon grain de l’ivraie, de se faire le comptable des fautes des uns et des autres, de dire que les meilleurs s’en sortiront mais à propos qu’elle était la question posé par mon petit gars du Beaujolais ?

Moi je ne suis pas là pour pondre un « nouveau putain de rapport»  mais seulement pour tenter d’aider. Faudrait quand même que certains sortent le nez de leurs verres et aillent trainer leurs guêtres même chez ceux qui se sont contenté de produire du raisin. Ou bien il ne faut pas pleurer sur les vignes arrachées et se contenter de verser des larmes de crocodiles sur la détresse de certains.  Devant le vin y’a des vignes et dans les vignes il y a des hommes. Se colleter à la pâte humaine c’est d’abord l’accepter telle qu’elle est. J’ai déjà « eu fait » dans les salles des fêtes des Aspres ou des Fenouillèdes, dans les mairies de Charente et de Charente-Maritime et croyez-moi, chers confrères, y’avait là une flopée de braves gens qui méritaient mieux que des leçons. Comprendre n’est pas brosser les gens dans le sens du poil mais aller sur leur terrain pour tenter de les convaincre. Quand aux consommateurs ça n’est pas leur problème j’en conviens aisément mais, soyons honnêtes, le % d’entre eux qui nous lit ou attend nos avis étant aussi mince que la taille d’un top-modèle, prendre leur défense prête un peu à sourire. Le gros de la troupe qui pousse son caddie, qui n’intéresse guère les plumitifs du vin, fait ce qu’il peut avec ce qu’il a et il faudra bien un jour s’intéresser d’un peu plus près à lui.

La qualité des commentaires venus de la « base » m’ont convaincu que, même si le chemin que je prenais était ardu, je n’avais pas eu tort de m’y aventurer. Comme je l’ai écrit j’irai à mon rythme et ce matin je vous propose de lire un beau texte qui répond à la question posée en titre de cette chronique dominicale.  Tom-7171.JPG

« Beaujolais ! Le joli nom pour un joli vin. Le vin ravit le palis, le nom flatte l’oreille. Créons pour lui un dicton :

Beaujolais,

Doux à l’oreille, doux au palais.

Le Beaujolais est-il bourguignon ? Nous avons vu soutenir la nécessité de sortir de cette étroite et ingrate prison qu’est une province limitée avec trop de parcimonie. D’ailleurs, pour le Beaujolais, la coutume a fait justice de l’arbitraire qui a réduit l’ancienne Bourgogne à trois départements. Pour avoir la certitude que le Beaujolais est bourguignon, il n’y a qu’à regarder ceux qui le font, Bourguignon de la tête aux pieds.

La contrée est traversée par les Monts du Beaujolais. Ils s’avancent en cap dans la vallée de la Saône, dominent d’avenants paysages et, par les collines du Charolais, se relient au plateau de la Côte d’Or. La surface générale des vignobles présente un vaste plan incliné descendant de petites montagnes dont les flancs s’abaissent vers la Saône. Ce plan est formé de mamelons et de ravins au fond desquels courent des ruisseaux à lits de torrents, bordés d’arbres, de buissons, de grasses prairies. Les vignes fleurissent sur les parties les mieux exposées au midi et à l’est. Elles occupent les plateaux des étages supérieurs des collines mais à mesure qu’on s’élève vers les crêtes de la chaine dominante les vignes deviennent moins continues, les prairies plus nombreuses.

Le beaujolais proprement dit s’applique à l’arrondissement de Villefranche et produit les vins les plus fins. Le Mâconnais vient ensuite, qui s’applique à l’arrondissement de Mâcon.

Le Gamay est, dans le Beaujolais, le cépage des premiers crus. Dans la Côte d’Or, producteur abondant, il abdique toute prétention : il en va autrement dans cette province. Lui apportant tout ce qu’il a de corps et de chaleur, il a fait avec elle un véritable mariage d’inclinaison. Union fut rarement plus féconde ni ne donna, au pays des vins, plus remarquable postérité. Comptez leurs beaux enfants : Moulin-à-Vent, Chénas, Brouilly, Morgon, Juliénas, Fleurie... 

Une bouteille de Fleurie est d’un commerce infiniment agréable. Et l’on a vu, tant il a l’éloquence entraînante, aux repas où il fut servi, les bonnets s’envoler sur les ailes de l’insidieux Moulin à Vent.
 

On entre dans le Beaujolais tout de suite au sortir de Mâcon par Solutré. On laisse, à gauche, le vieux château de Saint-Léger qui domine la route des Allemands – où le souvenir ne s’est pas perdu de ces mercenaires requis par les divers partis, au temps des guerres civiles, et pour lesquels <mâcon, afin de payer leur solde, dut engager sa vaisselle d’argent.

Solutré découpe à l’horizon, où il s’avance en promontoire, son rocher caractéristique. L’histoire lui doit moins peut-être que la préhistoire. Des civilisations successives y ont passé. Elles y ont laissé leur trace, non leur secret.

A quel âge du monde appartenaient les plus lointaines, et lequel de ces peuples y planta la vigne ?

Si Solutré a son cru, Pouilly, du même lieu, a le sien ; mais il a perdu son ancien château dans la querelle des ducs qui a fatigué si horriblement le pays. Pouilly, dont on répète le nom évocateur avec un si grand plaisir, ne serait plus qu’un souvenir a peu près effacé, sans la finesse de ses vins, d’une si franche couleur d’or, d’un fruit si agréable, qui ont été placés dans les premières classes des vins blancs.

C’est à Thorins-Romanèche qu’est le centre des vins fins du Beaujolais. Le vignoble commence au pied de l’antique village dont le nom, Romanèche, est un écho romain. Il s’étend sur les plus larges flancs des coteaux aux rampes adoucies. Au milieu, sur un plateau circulaire, se dresse un moulin. L’étudiant de Gustave Nadaud disait dans la « Lettre à l’étudiante » : « Cela tourne à mourir de rire, on n’a jamais bien su comment.

Celui-ci ne tourne plus. Un jour d’orage, il a même laissé emporter ses ailes inutiles.. Tout rond, drôlement coiffé, avec un cœur dont le tic tac est mort, il est resté planté sur son affleurement de roches granitiques. Il n’y est plus qu’une enseigne : c’est, pour le touriste, le moulin à vent du « Moulin à Vent ».

 

 

Texte de Georges Montorgueil et dessins d’Armand Vallée in Monseigneur le Vin livre Troisième. 1926Tom-7176.JPG

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 00:00

« Je le dis une fois pour toutes : j’aime la France avec la même passion, exigeante et compliquée, que Jules Michelet. Sans distinguer entre ses vertus et ses défauts, entre ce que je préfère et ce que j’accepte moins facilement.

Se purger de ses passions

« Mais cette passion n’interviendra guère dans les pages de cet ouvrage. Je la tiendrai soigneusement à l’écart. Il se peut qu’elle ruse avec moi, qu’elle me surprenne, aussi bien la surveillerai-je de près. Et je signalerai chemin faisant mes faiblesses éventuelles. Car je tiens à parler de la France comme s’il s’agissait d’un autre pays, d’une autre patrie, d’une autre nation. « Regarder la France, disait Charles Péguy, comme si on n’en était pas. » D’ailleurs, en évoluant, le métier d’historien nous condamne de plus en plus à la sécheresse, à l’exclusion du cœur. »

La longue durée impose ses services

« Il est évident qu’une nation en train de se faire, ou de se défaire, n’est pas un personnage simple, « une personne » comme disait poétiquement Michelet. Elle est une multitude de réalités, d’êtres vivants sue saisit mal le fil d’une histoire chronologique à la petite journée, à la petite semaine, à la petite année. Se cantonner dans le temps bref, c’est le défaut mignon de l’histoire-récit, de ce « feuilleton de l’histoire de France », comme dit Jacques Bloch-Morhange, que nous avons appris par cœur, enfants, et non sans émoi, dans les pages inoubliables du Malet-Isaac. Mais pour qui n’est plus un enfant, c’est une autre forme d’histoire, inscrite dans de plus longues durées qui permet de dégager les invraisemblables accumulations, les amalgames et les surprenantes répétitions du temps vécu, les responsabilités énormes d’une histoire multiséculaire, masse fantastique qui porte en elle-même un héritage toujours vivant, le plus souvent inconscient, et que l’histoire profonde découvre, à la façon dont la psychanalyse, hier, a révélé les flux de l’inconscient. »

L’hexagone, l’Europe, le Monde

« De même  l’espace français actuel, l’ « hexagone », n’est pas la seule mesure à laquelle il faille se référer : au-dessous d’elle il y a les infra-mesures : régions, provinces, « pays » qui ont longtemps gardé, gardent encore une autonomie certaine ; au-dessus d’elle, il y a l’Europe, et au-dessus de l’Europe, le monde. Marc Bloch affirmait : « Il n’y a pas d’histoire de France, il y a une histoire de l’Europe » ; mais reprenant un autre de ses propos : « La seule véritable histoire est l’histoire universelle », on pourrait ajouter : « Il n’y a pas d’histoire de l’Europe, il y a une histoire du monde ! ». « Je ne conçois l’hexagone, écrivait Paul Morand, qu’inscrit dans la sphère. »

En fait, l’Europe, le monde sont parties prenantes dans notre passé : ils nous bousculent, à l’occasion ils nous broient. Mais, à leur endroit, sommes-nous, nous-mêmes innocents ? Les mots d’Edgar Quinet, « une grande gloire pour les peuples modernes est d’avoir conçu l’histoire universelle », ont eu le temps, depuis qu’il les écrivit en 1827, de se charger de bien des ambiguïtés. Mais qu’il soit entendu que, pour aucune nation, le dialogue obligatoire et de plus en plus pesant avec le monde n’entraine une expropriation, un effacement de sa propre histoire. Il y a mélange, non pas fusion. « Le changement le plus radical survenu en France, écrit T.Zeldin, [est-ce] la perte pour les Français du contrôle de leur destin ? » Assurément non. Cette ambiguïté d’une histoire de France confondue, pour une partie de sa surface et de son volume, avec les destins du monde et de l’Europe, m’a, à l’avance, beaucoup gêné dans mes projets. Inutilement pourtant. Car je me suis aperçu, chemin faisant, qu’une histoire de France est, en soi, un admirable sondage, une mise au clair, au-delà de ses aventures propres, de la marche de l’Europe et du monde. »

 

Fernand Braudel dans son Introduction à « L’identité de la France » 3 volumes chez Arthaud 1986

 

 

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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /Mars /2010 00:09

Au tout début de février j’ai reçu dans ma boîte aux lettres ce message d’un de mes lecteurs : « Je suis fils de viticulteurs, petit viticulteur du Beaujolais, métayer, donc loin des grandes dynasties Bourguignonnes. Malgré tout, je suis un amoureux de ce terroir, mais pour être franc je ne vois pas comment le sortir de cette crise qu'il connait. Mon père n'a de cesse de me dire chaque jour que le Beaujolais est perdu et qu'il vaut mieux vendre du Bourgogne ou du Champagne, et je trouve cela très triste. » Et de conclure :


« Je viens vers vous aujourd'hui pour avoir votre avis d'amoureux du vin et surtout de professionnel du vin sur l'avenir de ce Beaujolais, quel est votre point de vue sur sa situation ? »


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J’avoue que j’étais à la fois assez ému de cette confiance et embêté car, contrairement à ce que pensent certains, je n’ai pas d’avis sur tout et, dans le cas spécifique du Beaujolais, j’estimais et j’estime encore, que mon éloignement du terrain, ce besoin que j’ai avant de me forger une opinion d’arpenter la région, d’écouter les uns et les autres, de voir, de sentir, de me plonger dans la complexité, de définir le champ des possibles, de tester des solutions, ne me permettait pas d’être en mesure de répondre de manière pertinente à mon correspondant.


Alors j’ai rongé mon frein mais, comme rien ne me chagrine plus que l’impuissance j’ai lu tout ce que j’ai trouvé sur le sujet en me disant : « quand ce sera mûr tu tenteras d’écrire quelque chose. » Le temps passait et j’avoue que, dès que je m’asseyais face à mon clavier pour écrire ce qui me trottait dans la tête, je repoussais au lendemain la ponte de la première phrase qui chez moi déclenche tout.


Et puis, aujourd’hui – hier pour vous – en fin de matinée, après bien des tergiversations, j’ai décidé de me lancer, comme ça, sans trop savoir où j’allais aboutir, en me disant que peut-être ces premiers pas sur la Toile mettraient en branle je ne sais quel processus de réflexion pour que la prise de conscience des maux du Beaujolais débouchât sur une réelle réflexion stratégique. Bien évidemment je sais pertinemment que personne ne m’attend sur ce sujet et j’ai bien conscience que ma seule bonne volonté, mon besoin de servir ne vont pas me propulser au cœur d’un processus qui déboucherait sur des choix clairs et assumés éclairant l’avenir bien sombre du Beaujolais.


En clair, je m’auto-missionne. C’est une grande première. J’irai à mon pas en espérant trouver sur le chemin des femmes et des hommes de bonne volonté pour prendre avec mon aide en charge leur destin.

 

« Dix ans. Le Beaujolais vit sa dixième année de crise d’affilée. Durant cette décennie 1500 viticulteurs ont mis la clé sous la porte » écrit le magazine Lyon Capitale dans son numéro de février sous le titre choc « Un vin à l’agonie » avant d’ajouter « sans doute pas en danger de mort, mais plus probablement en voie de paupérisation. Clochardisation, diront certaines langues vipérines ». Pour moi l'abus de mots excessifs, tonitruants nuit alors je les laisse aux journalistes et me tourne vers un grand amoureux du vin et du Beaujolais tout particulièrement : Bernard Pivot.


À la question : « Le beaujolais est donc réellement en danger ? » : le créateur du Comité de Défense du Beaujolais, répond : « Ce n’est pas nouveau. Le Beaujolais va mal, il est souffrant. En plus d’une grave crise économique, le beaujolais est victime, depuis pas mal d’années, d’un ostracisme moutonnier, d’une sorte de défiance, souvent irrationnelle. Il existe un snobisme à dire que le beaujolais ce n’est pas bon. C’est complètement aberrant. C’est un vignoble extraordinaire. Les vignes sont arrachées, abandonnées... »


Que le beau vignoble du Beaujolais soit un « Grand Corps Malade » j’en suis bien d’accord mais, sans prendre la distance un peu froide qu’affiche encore trop souvent le corps médical face à la souffrance morale de ses patients, il me semble qu’il faut se garder d’en rester à une telle approche purement compassionnelle. Avoir de l’empathie, j’en ai et je ne fais pas parti de ceux qui couvrent le Beaujolais d’opprobre,  ne doit pas conduire ni à une forme de globalisation des problèmes qui se posent, ni à s’enfermer dans une victimisation du produit. La recherche de « coupables » peut rassurer mais elle n’apporte guère de lumière au diagnostic. Vraiment c’est faire trop d’honneur à certains « prescripteurs » crachant sur le Beaujolais que de leur attribuer le désamour des consommateurs. Qui les entend ? Qui les suit ? Pas grand monde ! Le mal est bien plus profond. D’ailleurs, sans le vouloir, Bernard Pivot en répondant à la question « Pour vous, le Beaujolais, c’est... » apporte de l’eau à mon moulin.

Que dit-il en effet : « Le Beaujolais est avant tout un vin de lutte des classes. C’est le vin des canuts et le vin des rad-soc’s. Le vin de Gnafron et le vin d’Édouard Herriot. Le vin des bleus de chauffe et le vin des costumes-lavallières. Le vin de la Vache-qui-rit et le vin du gigot qui pleure. Le vin des mâchons entre vieux potes et le vin des déjeuners en famille. Le vin de la gauche-saucisson et le vin de la droite pot-au-feu. Le beaujolpif des meetings et le saint-amour des mariages. »

Avec tout le respect que je dois à Bernard Pivot je dois avouer qu’il prononce là un très bel éloge funèbre d’un monde englouti. Il y a dans son propos de l’Amélie Poulain et la France qu’il décrit n’est plus. Mais, par delà ces regrets, le Beaujolais qui «pendant des décennies, voire des siècles, a été considéré, comme l’écrit Eric Asimov le critique vin du New York Times, comme un vin simple, léger, amusant (...) pas sérieux n’est-il la nouvelle victime d’une vision élitiste du vin à la française. Comme je l’ai déjà souligné, les écrits de Roland Barthes dans Mythologies sont datés. « Le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages. C’est une boisson totem... » Le vin populaire n’est plus et ça ne date pas d’hier. Pour s’en persuader il suffit de visionner la fameuse émission de Michel Polac « Les vignes du seigneur » de mai 1982 pour déceler, dès cette époque, la ligne de fracture qui était en train de se creuser entre le vin du populo et celui des amateurs éclairés. Le père Bréchard, figure emblématique du Beaujolais y défend becs et ongles, contre un Jean Huillet héraut des va-nu-pieds du Midi qui l’accuse de jouer sur le même terrain que lui, son modèle beaujolais. C’était il y a presque 30 ans. Réécrire l’Histoire, l’enjoliver ou la tirer vers le bord qui est le sien, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, ça rassure mais ça masque aussi des réalités bien moins agréables à analyser et à traiter.

Reste donc à entrer dans le vif du sujet : « le Beaujolais est-il perdu ? » comme l’affirme le père de mon correspondant ou comme le journaliste de Lyon Capitale interrogeant Bernard Pivot : « est-il mort ? » Celui-ci répond : « Non, je ne crois pas. Mais le Beaujolais a mal, il est souffrant, il demande une assistance. Si on ne lui porte pas remède, il ira de plus en plus mal... » C’est donc avec mon petit balluchon que je me porte volontaire pour « aider » avec ma méthode semelles de crêpe, pas pour « assister », le Beaujolais n’a pas besoin de béquilles, d’infirmiers  ou de docteurs miracles – ce qui ne signifie pas pour autant que les conséquences sociales des difficultés ne doivent pas être traitées avec les moyens adéquats – mais d’un accoucheur de décisions. Le salut – c’est mon côté vendéen qui ressort – du Beaujolais viendra de l’intérieur, de ses propres forces. C’est donc à dessein que j’ai titré ma chronique « Grand Corps Malade » en référence à ce grand garçon sympa qui a su, avec ses propres forces, surmonter son handicap lié à son accident pour « réussir ».

Tout reste donc à faire : à bientôt donc sur mes lignes pour ce bout de chemin en Beaujolais et si vous voulez contribuer vous y êtes les bienvenus...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 00:04

« Rien ne surprend davantage un amateur de vin d’aujourd’hui*, que le réputation des vins d’Ile-de-France au temps jadis » Vins d’Argenteuil, du Laonnois, de Marly, de Meulan, de Montmorency, de Pierrefitte, de Deuil, de Saint-Yon, étaient connus : on savait distinguer ces crus les uns des autres.

Au commencement du XVIIIe siècle, Paumier, médecin normand, qui a écrit sur le cidre et le vin, ne parle qu’avec enthousiasme des vins français, car c’est ainsi que l’on désignait les vins de l’Ile de France. Il va jusqu’à leur donner la préférence sur ceux de Bourgogne : « Tout ce que peut prétendre celui-ci, dit-il, quand il a perdu toute âpreté, et qu’il est en sa bonté, c’est de ne point céder aux vins français ».

Le vin de Suresnes était l’un des plus connus de ces vins français.

« C’est le premier vin, dit, l’Encyclopediana, qu’on ait vanté en France. » 

Jean Gonthier, médecin de François 1ier, dans ses Exercitationes hygiasticae, nous apprend que le vin de Suresnes et celui de Ris faisaient les délices de la table royale : regi sunt in deliciis.

Ce Vin de Suresnes provenait de la récolte faite dans le clos de la Seigneurie (Clos des Seigneurs, où fut plus tard la propriété du couturier Worth) et était offert chaque année au roi par les religieux de Saint-Germain-des-Prés, propriétaires de la terre et seigneurie de Suresnes depuis l’an 918.

Ces mêmes vins, dit Pierre Gauthier de Roanne (il y ajoute ceux de Ris), font les délices du monarque. Il s’agit ici de Louis XIV, qui avait alors trente ans.

Il semble que ce fut l’hiver de 1709 qui porta un coup terrible à la renommée du vin de Suresnes. Les vieux ceps firent place à des nouveaux qui ne donnèrent plus qu’un reginglard.

En vain, en 1724 et 1725, de graves docteurs  de la Faculté de Médecine de Paris soutinrent des thèses publiques pour prouver que le vin de Suresnes l’emportait, en qualité, sur les vins de Bourgogne et de Champagne. Leurs efforts furent inutiles. Comme dit Sancho Pança, qui veut prouver trop, ne prouve rien.

Devant ce retournement de l’opinion, on s’est demandé si l’on n’avait pas confondu, pour leurs vins, Suresnes près de Paris avec Suren ou Surey du Vendômois, dont le vin est de qualité.

Mais non, nous sommes en présence, pour le vin de Suresnes, d’une de ces évolutions dans la qualité des vins qui sont plus fréquentes qu’on ne l’avoue dans les pays viticoles. L’Encyclopediana dit fort bien que « les habitants de Suresnes, qui jouissaient depuis Henri IV de la liberté indéfinie, on t abusé de cette vogue. Ils ont changé peu à peu les plants et la culture pour tirer à la quantité, et ne font plus que de la piquette »

Seuls, les vignerons des grands crus classés savent encore faire du vin, et l’abaissement du cru de Suresnes n’est qu’un exemple entre cent.

Quelques cultivateurs, avant la guerre, récoltaient encore sur le coteau de Suresnes un vin qui avait un léger bouquet rappelant les vins tourangeaux, nous dit Edgard Fournier dans son livre, Suresnes, paru en 1890.

Nous n’en sommes plus là. Les constructions de tous genres ont envahis les pentes du Mont Valérien : en vain chercherait-on aujourd’hui des vignes... Dans les guinguettes, des demoiselles fardées demandent des cocktails ou du thé »

 

Extrait du livre Le Grand Paris de Louis Thomas datant de 1941 qui écrivait dans sa préface : « Pour ce qui est du grand Paris, la tâche est d’autant plus urgente, que les erreurs ont été plus lourdes. Pour l’instant, le pourtour de Paris est un monument de désordre, de stupidité et d’horreur. » Ce cher homme mettait « une confiance entière dans noter chef, le Maréchal Pétain » pour remettre d’équerre le grand binz du Grand Paris. Bref, notre homme était Pétainiste, comme bon nombre de Français – nous sommes en 1941 – nul n’est parfait mais son analyse devrait plaire à notre Périco national chargé de redonner au vin de Suresnes tout son lustre d’antan. Vaste programme aurait dit le Général !


 

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Antoine, vigneron sur le toit de Paris

 

Antoine Chopin, 25 ans, Parisien à la formation et l’expérience en viticulture déjà solides, a été recruté par la ville de Suresnes pour prendre soin des vignes municipales.

Il a 25 ans et c’est probablement le seul vigneron de France à se rendre dans sa vigne avec un Pass Navigo et à la bichonner avec vue sur la Tour Eiffel. Antoine Chopin a été recruté par la ville de Suresnes pour prendre soin des 4 800 pieds de la vigne municipale, plantés sur les pentes du Mont Valérien. Ce Parisien de naissance qui s’est destiné à l’âge de 20 ans à la viticulture, s’attendait logiquement à poser ses bagages professionnels en province. Jusqu’à ce qu’il tombe sur l’annonce passée par Suresnes.

Ancien élève du lycée Henri IV, Antoine doit sa passion pour le vin à ses parents, amateurs éclairés, et son grand père «chimiste de profession mais qui exploitait quatre hectares de vigne à Villié-Morgon (Beaujolais) ». De là sans doute son tropisme pour la Bourgogne voisine. « Ce qui m’a très vite intéressé c’est la rencontre entre l’agronomie et la culture, entre la viticulture et le patrimoine ». Un profil doublement fait pour Suresnes, dont le vignoble aujourd’hui replanté à 80% de Chardonnay, cépage bourguignon par excellence, remonte au 3 ème siècle de notre ère et orne le blason de la ville.

Après avoir intégré l’Institut national agronomique en, 2005 ; il part à Montpellier faire une spécialisation d’ingénieur en viticulture-œnologie. De 2007 à 2009 il enchaine ensuite les expériences de terrain dans des domaines prestigieux : un an de stages au Château Gazin (Pomerol) et au domaine Leflaive (Puligny-Montrachet), puis des contrats de vinifications au domaine Carrick (Nouvelle-Zélande) et au domaine Faiveley (Mercurey).

Depuis le mois dernier il a pu se familiariser avec la vigne qui fait la fierté de la commune et prendre en charge son entretien. « Pour l’instant je n’ai fait que la taille, mais à partir d’avril tout va s’accélérer. Quand elle poussera il faudra procéder à l’ébourgeonnage, appliquer des traitements éventuels et beaucoup surveiller jusqu’aux vendanges ». Auparavant il aura procédé, après filtration, à la mise en bouteilles du 2009, à ce jour encore en cuves. « Je l’ai goûté et ce millésime m’a très agréablement surpris… »

Objet d’améliorations constantes, la vigne de Suresnes avait produit, selon le critique gastronomique Perico Légasse, responsable de la vinification à la Confrérie du vin de Suresnes, un millésime 2008 au « fruité tirant sur les agrumes, le chèvrefeuille, l’amande fraiche », et aux « délicats arômes de mirabelle bien mûre ». A l’instar du célèbre chroniqueur, de grands œnologues (comme Jacques Puisais) ou des viticulteurs renommés (Michel Mallard ou Henri Marionnet) ont prodigué leurs conseils pour améliorer la qualité du vin de Suresnes qui est aujourd’hui le seul d’Ile de France autorisé à la vente. « Avec l’aide de l’Institut français du vin nous avons entamé des démarches afin d’obtenir le nouveau label d’Identité géographique protégée », souligne Jean-Louis Testud, adjoint au maire de Suresnes, en charge des vignes depuis 1983.

 

 

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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 09:26

 


Comme je suis un grand provocateur et un petit plaisantin, désolé Jean-Michel mais ça ne mange pas de pain, imaginez la tête des Sots d'eau&consorts au visionnage de ce clip sur EDONYS TV : l'horreur absolue ! Rassurez-vous braves protecteurs de nos corps et de nos âmes faibles une telle horreur vous sera épargnée vous devrez vous contenter de doctes dégustateurs en pantalons sur vos écrans. Une séquence hyper-hard, vins bodybuildés peut vous être envoyée par courrier électronique sur demande par Vin&Cie...  

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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 00:06

Tom-7113.JPGL’oreille collée à mon transistor j’écoutais Radio Pékin. Je devais tourner autour des 12 ans et je trouvais cette voix, souvent féminine, très recto-tono, venue d’ailleurs, exotique. Le discours béton sur le Président Mao Tse Dung je m’en tamponnais la coquillette. Mon objectif : avoir un correspondant chinois alors je pris ma plus belle plume et je pondis une lettre à Radio Pékin. Pour réponse je reçus en de grosses enveloppes siglée République Populaire de Chine : « Pékin Informations », le Petit Livre Rouge, toutes les pensées imprimées du Grand Timonier. Rien de très intéressant sauf qu’un beau matin les pandores débarquèrent au Bourg Pailler pour voir avec mon père la tête du révolutionnaire qu’il abritait sous son toit. Ils n’ont vu que mes culottes courtes et mon sarrau. Papa leur a payé un verre et j’ai pu continuer mes « activités subversives ». En cadeau je vous offre un poème de Mao : Les Immortels, en souvenir de ces années de sauvageon rouge du bocage.

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Depuis lors beaucoup d’eau se sont écoulées entre les rives du Fleuve Jaune et, depuis le fameux «
Peu importe que le chat soit noir ou gris ; S'il attrape les souris, c'est un bon chat» et son mot d'ordre aux Chinois : «Enrichissez-vous» de Deng Xiaoping, le célèbre avertissement d’Alain Peyrefitte en 1973 «quand la Chine s’éveillera... le monde tremblera» a pris tout son sens.
Pour preuve, le Quotidien du Peuple en ligne du 11.02.2010  s’interroge sur  un sujet qui nous interpelle Chine : qui consomme le vin rouge importé ? Et ce n’est rien moins qu’une «sommité» bordelaise,  Robert Beynat directeur de Vinexpo, qui alimente la réponse. Donc, toujours pour votre édification, je retranscris in extenso cet hymne au Grand Vin Rouge Français.
J’en profite aussi pour rendre un vibrant hommage à une espèce disparue, qui aurait beaucoup apprécié ce glissement du Petit Livre Rouge vers les Grands Rouges Classés : je veux parler ici des célèbres « Mao Spontex » de mai 68, après tout les éponges sont faites pour absorber du liquide.

 

« La Chine, ainsi que les Etats-Unis, l'Inde et le Brésil figurent parmi le petit nombre de pays dont la consommation du vin continue à s'accroître. », a déclaré récemment Robert Beynat, inspecteur général exécutif de Vinexpo (Salon international du vin et des spiritueux)

En réalité, à partir de 2008, la Chine était déjà à la tête du monde quant à sa consommation du vin et durant cette seule année, sa population a consommé 899,68 millions de bouteilles de vin rouge, alors qu'elle a battu tous les records en multipliant par quatre la quantité de vins importés et vendus au cours des quatre années allant de 2004 à 2008.

« En Chine, les principaux consommateurs de vins importés sont des habitants urbains et surtout des femmes et des jeunes de familles aisées de la classe moyenne. », a indiqué Robert Beynat qui a ajouté que vu de la répartition régionale, la consommation de vin est principalement concentrée dans de grandes métropoles chinoises, dont Guangzhou, Shanghai et Beijing.

D'autre part, a-t-il dit, les fêtes produisent aussi leurs effets : la Fête du Printemps, la Fête nationale du Premier Octobre et la Fête de la mi-automne (ou bien Fête de la Lune qui a lieu le 15 du huitième mois lunaire selon le calendrier chinois) constituent des moments où la consommation de vin atteint son pic, car un grand nombre de Chinois pensent que le vin rouge importé est le meilleur cadeau à offrir à leurs parents ou à leurs amis.

Il a poursuivi en disant que vu sous l'angle mathématique, l'énorme croissance de la consommation en Chine est due à ce que sa consommation par tête d'habitant est relativement bas et faible. « Les Chinois consomment en moyenne chacun chaque année 0,5 litre de vin contre 3 litres pour les japonais, 11 litres pour les Américains et 50 litres pour les Français. », a-t-il précisé.

D'après le dernier rapport d'enquête établi par Vinexpo Asie-Pacifique, de 2009 à 2013, 57% de la croissance mondiale de consommation du vin sera due à la Chine et aux Etats-Unis, soit à peu près 53,241 millions de boîtes de neuf litres chacune.

En parlant de l'enthousiasme des Chinois pour la consommation du vin, Robert Beynat a indiqué qu'elle est due à une « économie dynamique », à une « pratique à la mode », à une « idée saine » et au « développement d'un grand pays producteur de vin ».

Mais ce qui mérite d'être noté, c'est que les données établies montrent qu'en tant que le dixième des principaux pays du monde producteurs de vin, la Chine occupe une quote-part de 88,2% du marché pour le vin de production locale contre seulement 11,8% pour le vin importé. Toutefois, le volume de vente de ce dernier représente plus de 40% de la vente globale sur le marché intérieur.

Cependant, d'après Robert Beynat, le plus grand défi c'est le moyen de faire connaître aux consommateurs chinois la culture du vin rouge. « La plupart d'entre eux demeurent perplexes, indécis et hésitants devant les divers et différents choix à faire. », c'est pourquoi, a-t-il fait remarquer, la Chine constitue un « colossal marché qui attend d'être cultivé et formé », d'un côté en renforçant et en intensifiant les connaissances spéciales sur le vin rouge des distributeurs-vendeurs, des hôtels-restaurants ainsi que des autres commerçants qui pratiquent le métier, et de l'autre côté, il est nécessaire d'apprendre aux consommateurs les moyens essentiels pour connaître et différencier la qualité du vin rouge et pour choisir la variété de vin qu'on désire. « Seuls, les consommateurs raisonnables, sensés et judicieux permettront au marché du vin de se développer de façon saine et stable. », a-t-il conclu. »

 
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