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Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 00:06

Décodage de mon déconnage matinal :

Blanches = Appellation Blanche Armagnac Contrôlée

Lavinia = Magasin sis au 3 boulevard de la Madeleine 75001 Paris où se déroule une opération Blanche d’Armagnac www. lavinia.fr

TGV = Tequila – Gin – Vodka alcools blancs prisés par les teuffeurs.

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La Blanche d’Armagnac c’est du neuf avec du vieux. Je veux dire par là que c’est presque l’eau-de-vie traditionnelle qui sort de l’alambic. Pour sûr que les gars du côté d’Eauze sont des as de la distillation et ce n’est pas moi, simple fils d’un bouilleur ambulant de la Vendée profonde qui tendait son index sous le mince filet cristallin qui coulait des serpentins, qui vais m’aventurer dans la mise à jour de leur tour de main. Je lis que « des moyens de vinification spécifiques, une sélection des coulages de distillation permettent de révéler des arômes fruités et floraux particuliers. Afin de préserver ses arômes et son aspect cristallin elle est conservée en contenant inerte. Pendant la maturation, le producteur travaille l’eau-de-vie et abaisse son degré alcoolique afin de mettre en valeur son fruité et sa rondeur en bouche. »

Fort bien, mon incompétence ne me permet pas de dire quoi que ce soit sur le sujet. Je vais donc me contenter d’une remarque et d’une question.

Ma remarque : la Blanche d’Armagnac, nouveau produit certes, vient se frotter à des produits bien en place et son mode de consommation se pliera aux codes de ces produits blancs qui sont avant tout des supports de mélanges pour les cocktails. Alors, et je l’ai constaté aussi bien pour le Calvados avec son opération « Nouvelle Vogue » concours de barmans, que le Cognac avec son offensive sur le Cognac Schweppes, la partie est rude car les grands cocktails traditionnels les plus demandés sont assis sûr des alcools blancs traditionnels soutenus par des marques fortes : Absolut, Bombay, Baccardi...

De plus la présentation quasi-unique de la Blanche en bouteille Kendo Spirit (texte du distributeur« Les formes pures, fluides, sensuelles, ergonomiques de la gamme KENDO sont le reflet d'un nouveau courant créatif en quête d'émotionnel et de nouvel Art de vivre. KENDO oriente le regard vers l'Orient, le phénomène Zen, en privilégiant les choses simples, belles, intemporelles. ») donne le sentiment à la fois d’une bouteille syndicale qui n’aide guère à différencier les signatures et d’un produit dont les caractéristiques sont les mêmes pour tous (normal me dira-t-on c’est une AOC, il n’empêche que pour le consommateur le choix est difficile et la fidélisation pour le fabricant quasi-impossible). Reste le prix !

Enfin, même si l’univers des cocktails est assez anglophone, que la volonté des promoteurs est de séduire un public hors de France, se contenter de sucer la roue des grands ne me semblent pas très porteur. Se différencier est certes difficile mais ce n’est pas parce qu’on baptise son site www.theblanche.com que la messe est dite, surtout lorsque ce site est d’un ennui total. Même si ça déplaît aux docteurs es-tristesse, le cocktail est le marqueur de la fête alors il faut que ça pulse !

Ma question : qu’est-ce qui fait le succès des marques ?  Leur qualité certes mais aussi, comme l’aurait dit le « Petit Père des Peuples » ce « bon » Joseph : « la Blanche combien de divisions ? » Pour Absolut c’est pour ses 95 millions de litres des dépenses de marketing largement supérieure à 100 M€/an (pour une grande marque internationale de spiritueux le marketing représente couramment 25 à 30 % de son Chiffre d’Affaires).

Mon achat : Pur Baco N°043 de Colette Ramazeilles Domaine de la Tuilerie Lannemaignan Gers 45% vol 70 cl   39€. Pourquoi ? Pour le Pur Baco, c’est idiot mais c’est comme ça lorsqu’aucun critère de choix n’existe, sauf le prix. De plus, je me suis dit : pour créer une tendance, toucher les américains, les japonais et autres... la Blanche aurait du procéder à une opération chez Colette le temple de la branchitude du 213 rue du Faubourg St Honoré www.colette.fr

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 02:14

Pour moi, simple infiltré, misérable agent dormant dans le petit monde insignifiant des frelons de la Gauche Prolétarienne, accéder au statut international de répondant d’un agent double pour le compte de deux crèmeries de l’Ouest m’apparaissait comme un réel saut qualitatif. Mon seul problème, si tant est que s’en fusse un réel, c’est que j’ignorais le degré d’information de ma maison d’origine sur l’état d’avancement de mon nouveau job. Le téléphone n’étant pas en ce temps quasi-préhistorique dans le domaine des télécommunications civiles ce qu’il est aujourd’hui je pris la décision, après en avoir discuté avec Chloé, d’aller au consulat de France voir l’attaché militaire pour m’en m’ouvrir auprès de lui et lui demander d’entrer en relation directement, via la valise diplomatique, avec Marcellin. Mon intrusion au consulat faillit tourner court dans le mesure où le consul était en congés, que l’attaché militaire était parti à la retraite sans avoir été remplacé et, qu’en tout et pour tout, il ne restait plus dans cette parcelle de France le planton et une secrétaire revêche qui ne daigna même pas me recevoir lorsqu’elle contempla ma dégaine au travers de la baie vitrée de sa cage à poules.  Fataliste je battais en retraite lorsque je me buttai à une belle et haute tige, en jupette blanche, qui serrait sur une fort belle poitrine une raquette de tennis Donnay. Un peu penaud je m’excusai en français ce qui déclencha chez elle l’expression d’un réel enchantement « enfin, un français qui ne soit pas un bidasse ! »

 

C’est ainsi que Jeanne, la copine de la fille du consul de France à Berlin, entra dans ma vie. Qualification inexacte puisque, avec un art consommé de l’esquive, elle me maintint pendant un long moment éloigné de son lit. Ce n’était pas pour me déplaire que de me retrouver dans la position d’un soupirant. Chloé venait de partir pour Milan et Sacha fourbissait ses arguments pour convaincre les services de la RDA de son utilité de l’autre côté du mur. Tel ne fut pas la décision des bureaucrates qui décidèrent de faire voyager Sacha dans les pays frères pour qu’ils puissent sonder les reins et les cœurs de certains intellectuels tentés par un éventuel voyage aller sans retour vers les douceurs du monde capitaliste. Ainsi Sacha goûta les plaisirs fades de la Convention internationale des égyptologues à Bucarest, l’ennui profond du congrès de la Fédération mondiale des syndicats à Varsovie, le néant absolu de la Foire au livre de Budapest et l’ambiance glaciale du Festival de la Paix et du chant de Leningrad.  Consciencieux comme un bon élève il mettait le moindre choriste géorgien ou la plus minable syndicaliste de Corée du Nord en fiche tout en rédigeant pour mon compte des rapports synthétiques sur les modes de propagation de la désinformation anticommuniste dans la presse du Tiers-Monde ou sur l’état d’esprit déplorable des oncologue internationaux réunis à Sofia. Moi je m’emmerdais ferme même si mon entreprise de séduction de la belle Jeanne me mobilisait.

 

Mes collègues américains, contrairement à moi, trouvait le travail de Sacha intéressant et pertinent. Les jours défilaient vides. Jeanne me rendait fou. Chloé ne donnait plus signe de vie. Sacha se consacrait avec un enthousiasme sans limite à la chasse aux femmes des diplomates africains accompagnants leurs maris dans les Congrès exotiques dont raffolaient les pays du socialisme réel. Très bonne pioche selon Bob. Que faire ? Prendre Jeanne d’assaut, je courrais tout droit à la catastrophe. Rentrer à Paris, pour quoi faire ? Partir ? Oui mais partir pour où et pour quoi faire ? Même Karen n’arrivait plus, en dépit de ses assauts répétés, à me tirer de mon ennui abyssal. Berlin me sortait par les yeux. Jeanne faisait deux pas en avant puis trois pas en arrière. Un beau matin plein de soleil j’enfourchai un vélo et je filai tout droit vers le check-point Charlie. À mon grand étonnement personne ne se souciait de ma petite personne. Mon bonjour en français aux Vopos sembla leur suffire. J’en restais pantois mais ça me requinqua. Je pédalais gaiement sur des avenues, aussi larges que des autoroutes, qui me menaient jusqu'à l'avenue Unter den Linden en passant par l'Alexanderplatz le nouveau centre-ville du « siège du gouvernement de la RDA » pour ne pas dire Berlin-Est capitale de l’autre Allemagne puisque celle de l’Ouest se contentait de Bonn. La soif commençait à me dessécher et alors que je cherchais des yeux une taverne pour m’envoyer un bock mes yeux tombèrent sur une fille perchée sur des talons aiguilles d’au moins 15 cm qui traversait au feu rouge : Jeanne. Je faillis percuter un paquet de cyclistes à l’arrêt.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 00:09

Le « Gros » contre « le Vieux », Gégé a tiré le premier sur TF1 « J’suis pas comme Monsieur Coffe à vendre ses Leader Price pour un paquet de pognon : j'en ai rien à foutre. C'est un homme âgé qui continue de faire la télé. Moi je commence à être âgé et j’fais pas de télé ». Son dernier rôle de Serge Pilardosse, ouvrier à la retraite après avoir bossé dans une usine de charcuterie industrielle, lui va comme un gant. Gustave Kervern et Benoît Delépine, les réalisateurs du film Mammuth donnent à Gégé une nouvelle jeunesse. Y biche le Depardiou, y retrouve le populo et la barbaque. Dans mon souvenir, c’est le Gégé faisant irruption à l’Hôtel de Villeroy en 1990, pour voir Henri Nallet afin de récupérer des droits de plantation pour sa nouvelle acquisition à Tigné, sur recommandation de son grand pote : Gérard Bourgoin, le roi de la dinde industrielle, lui aussi parti de rien, garçon boucher qui pilotait son avion et rêvait déjà d’extraire du pétrole à Cuba chez son ami le Leader Maximo. Ce jour-là, crado, grande houppelande, tignasse en bataille, pognes aux ongles douteux, le Mammuth était bien le fils de son père, ferronnier illettré qui vendait l’Huma sans savoir ce qui y’avait dedans. Aux palais nationaux le Gégé, au fond, il préfère les gabions du Marais Vernier des ouvriers de Sandouville, où l’on s’envoie des canons en bouffant des brochettes. Ce n’est pas un raffiné le Gégé et même s’il en fait parfois des tonnes il personnifie bien la France du kil de rouge, du sauciflard et du calendos qui coule. Le pognon il le claque! Ses fréquentations sont parfois border line comme dans l'ex-Serbie mais il est nature le Mammuth.

Sociologie à deux balles va m’objecter Hervé Bizeul lorsque je vais opposer la grosse bouffe du Gégé à celle de l’agressé Jean-Pierre Coffe, l’homme du fameux  « c’est de la merde ! » sur Canal +, grand défenseur des produits de terroir, le pourfendeur de la grande industrie agro-alimentaire avec le gros tambour major Périco Légasse sur France Inter. Le pauvre homme, sur la 2 chez Ruquier, il n’en revenait pas du coup boule de son ancien compère : « Quand Monsieur Depardieu m'attaque parce que j'ai fait de la pub, alors que lui-même a fait de la pub pour une marque de merde, est-ce que, véritablement, moi je n'ai pas le droit d'en faire ? Et à quel titre ? (Il dit que je n'ai plus le droit de faire de la pub parce que) je suis trop vieux, et lui il est peut-être trop gros, non »... Et de lui lancer un vibrant appel : « Si Gérard nous écoute, là, maintenant, je vais lui dire... Est-ce que tu peux me donner une explication. Est-ce que tu peux me dire ce qui justifie la haine que tu as à mon égard ? Est-ce que tu as oublié les moments passés ensemble, les moments dans tes vignes, le film que j'ai fait sur toi, Depardieu vigneron, dont tu te sers encore pour faire la promotion de ton vin. Est-ce que tu peux te souvenir que le jour de la mort de (Jean) Carmet, alors qu'il était mort, froid, glacé, et qu'on allait le quitter pour la dernière fois, on le lui a fait boire. C'est-à-dire que nous avons partagé, ensemble, à trois, le dernier verre de vin, et c'était du vin de Tigné. Est-ce que, s'il avait été si mauvais que ça, on lui aurait fait cette farce-là, de lui faire boire du Tigné alors qu'il partait pour son dernier voyage ? Alors, sois gentil, un jour, tu me réponds et tu me réponds sincèrement plutôt que de me débiner sans avoir le courage, jamais, de me rencontrer et de me donner une explication. Je compte sur toi, sinon, je te considérerai comme une ordure »

L’explication Jean-Pierre Coff, je vous la livre toute chaude, elle est là, à vos pieds, dans le fossé qui sépare la France du populo, celle des « salauds de pauvres » de Gabin, des mecs qui ont été le terreau du PC dans la ceinture rouge et qui ont, pour certains, basculés de l’autre bord, des grandes gueules à la Jacques Doriot, des braves mecs et de braves nanas de Moulinex et de la litanie des usines fermées aussi bien au fin fond de nos campagnes que dans les bords des villes, des femmes de peine découpant des dindes 7 à 8 kg à la chaîne dans le froid et la flotte chez Doux, ceux de Billancourt qu’il ne fallait pas désespérer, tous les Chaymotti et ses potes que j'ai cotoyé à la SVF de Gennevilliers avec leur partie de boules, leur ticket de PMU et leur petit jaune, et la France de ceux, petits ou grands bourgeois ou bobos, qui veulent remplir leurs caddies de bons produits du terroir bichonnés par des petits producteurs respectueux de l’environnement, des petits oiseaux et des paysages... Pour sûr qu'il y’a en vous Jean-Pierre Coffe du Sartre juché sur son tonneau à l’Ile Séguin face à la CGT. Même incompréhension de ceux que vous prétendez défendre de vous voir vanter les bons produits à petit prix de Leader Price. Gégé lui il ne s'embarasse pas de ses contradictions, c’est un couillu qui pète et qui rote, même si ça ne l’a pas empêché de séduire Carole Bouquet. Vous Jean-Pierre Coffe, avec vos blouses de jardinier chic, vos lunettes rondes de couleur crue, vous êtes un raffiné, vous n’êtes pas du même monde. Le Gégé, y prend quand ça l’arrange, sans façon, sans précaution, et puis quand il n’a plus besoin de vous y vous jette sans ménagement, sans explication parce, qu'au fond, il ne vous a jamais porté de l'estime. C’est ce qui me semble vous est arrivé Monsieur Coffe, je le crois sincèrement. 

À titre préventif je présente mes excuses aux sociologues patentés de venir ainsi patauger dans leur pré en dépit de mon bagage limité... Faut bien que vieillesse se passe...

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Don de la maison Berthomeau au Fonds de Soutien des Sociologues patentés d'un beau paquet de spaghettis guitare de chez Leader Price. C'est de la fabrication artisanale italienne. Je suggère à Jean-Pierre Coffe de tenter auprès de Gégé le coup de la pasta cher aux grandes gueules du cinéma Gabin et Ventura, peut-être que la Mammuth s'attendrira et lui tombera à nouveau dans les bras. Si ça arrive nous les bons garçons nous nous jetterons des canons en souvenir des mannes du Jean Carmet ?

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /Avr /2010 00:04

Comme le pinard de nos grands-pères, le roman noir, le polar, fut l’objet pendant des décennies du mépris d’une grande part de la caste littéraire germanopratine. Bien sûr, les grands maîtres américains popularisés par Marcel Duhamel qui, en août 1944, quelques mois avant la Libération, découvre les livres de Peter Cheney et de James Hadley Chase dont il confie la traduction à Gallimard et c’est Jacques Prévert qui baptise la collection Série Noire, échappent à cette condescendance. Les auteurs français, hormis Léo Mallet, restent en marge des cercles littéraires. Deux auteurs vont à mon sens, sur des registres diamétralement opposés, faire imploser le ghetto : Frédéric Dard avec son commissaire San-Antonio et sa langue verte et Jean-Patrick Manchette avec ses romans politiquement engagés. Depuis, comme souvent dans notre vieux pays, il est du dernier chic de lire des polars de Fred Vargas (les lecteurs de Télérama sa pâment) ou d’Arnaldur Indriðason l’islandais.

Lors d’un passage au château d’Ecouen, qui héberge le Musée de la Renaissance, j’ai découvert à la librairie un nouveau type de polar : le roman noir historique et gastronomique. « Souper mortel aux étuves » de Michèle Barrière en livre de poche 6,50 euros. L’auteur est membre de Slowfood France et fait partie de l’association Honesta Voluptate, fondée sur les travaux de Jean-Louis Flandrin. Journaliste culinaire, elle est l’auteur pour Arte de la série Histoire de la cuisine. 

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Dans son roman elle fait référence au fameux Viandier de Taillevent, un ouvrage qui aurait été écrit par Guillaume Tirel dit Taillevent, « enfant de cuisine de Jeanne d’Évreux, queux du roi Philippe de Valois et du duc de Normandie, premier queue et sergent d’armes de Charles V et premier écuyer de cuisine du roi Charles VI » Ce recueil de recettes est, avec le Mesnagier de Paris, l’un des ouvrages de référence de la cuisine médiévale française.

Selon une tradition bien établie sur cet Espace de liberté je vous propose, pour vous mettre l’eau à la bouche quelques extraits du livre de Michèle Barrière. L’action place Constance, l’héroïne du roman, accompagnant Valentine, fille de Jean-Galéas Visconti, duc de Milan, l’épouse de Louis, le frère du roi, dans les cuisines du Roi, à l’Hôtel Saint-Pol « qui s’étendait entre la rue Saint-Paul à l’ouest à la rue de la Pute-y-Musse (l’actuelle rue du Petit-Musc dans le 4ième) à l’est »pour rendre visite à Taillevent.

« La cuisine était située au rez-de chaussée d’un bâtiment accolé au logis du roi. Les deux jeunes femmes traversèrent d’abord une vaste salle aux poutres et solives ornées de fleurs de lys en étain doré et aux vitraux représentant des scènes de chasse. Puis elles pénétrèrent dans l’univers grouillant et enfumé des cuisines. Constance regardait autour d’elle, redoutant de tomber sur Guillaume. Elles n’eurent aucun mal à repérer Taillevent qui trônait sur une chaise haute et donnait des ordres d’une voix puissante tout en agitant une longue cuillère en bois. Jamais Constance ne l’aurait cru aussi vieux. La peau de son visage ressemblait à celle d’une volaille rôtie. Les rides étaient si profondes qu’on aurait pu les croire gravées au burin. »

« Le maître-queux haussa les épaules, revint vers les deux femmes en soupirant :

-         Il faut avoir l’œil à tout. Non seulement je dois choisir les viandes et les poissons, mais je dois m’assurer que les fruitiers ont bien lavé les fruits, que les bûchiers ont livré du bois en quantité suffisante, que les sauciers font goûter les sauces avant de les servir au roi... Nous sommes soixante-douze en cuisine, sans compter les vingt de la paneterie, les trente de l’échansonnerie et les quinze de la fruiterie. »

« Constance était effarée par l’agitation qui régnait dans cette cuisine. De jeunes garçons couraient dans tous les sens, portant des volailles, du pain, des fromages... Les cuisiniers aboyaient leurs ordre. Les broyeurs s’acharnaient sur leurs mortiers. Dans un coin de l’immense pièce, un homme de peine avait soulevé un couvercle de bois et jetait des ordures dans un trou. Dans une pièce attenante, Constance voyait les valets de chaudière faire la vaisselle. Dans une autre des échansons s’activaient autour des tonneaux et versaient du vin dans des aiguières. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 00:07

Levons de suite le premier mystère : le grand rosé Rose&Or c’est un Château Minuty !

Pour le second : qui donc est ce Laurent ? Ma réponse est limpide : c’est la pure évocation d’un jeune ambitieux qui descendit, confia-t-il au JDD, chercher des croissants en pantoufles du côté de la place des Grands Hommes où la première boulangerie se situait fort loin. En notre beau pays, c'est l'un des deux déplumés qui occupèren les deux plus hautes fonctions de la République et qui ont connu un destin fort cruel : l’oubli.

Pour le troisième : les tongs en macramé après un suspens insoutenable je lève le dernier mystère et, pour ce faire, je puise sans vergogne dans le « ELLE » bis j’ai nommé le Nouvel Observateur qui, dans un numéro récent, sous la houlette de la verbeuse et fumeuse MP Lannelongue*, ex-ELLE, dans un [Spécial Mode Homme] nous inflige 28 pages de babioles, avec des prix à trois zéros d’euros, entrelardées de publicité juteuse de braves annonceurs par l’odeur alléché. Faut bien vivre quoi, c’est la crise donc à gauche comme à droite on surfe sur la fraîche.

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ÉCHELLE DE RICHTER DE LA POMPE DES VA-NU-PIEDS DE SAINT TROPEZ

Degré 7 : en cuir grainé marron Yves Saint Laurent 695 euros (4)

Degré 6 : en macramé et veau ciré rouge Lanvin 460 euros (1)

Degré 5 : en cuir bleu, blanc et bronze Balenciaga 365 euros (6)

Degré 4 : en toile et cuir noirs avec semelle de gomme Dior Homme 295 euros (2)

Degré 3 : en cuir d’agneau marron Boss Black 220 euros (3)

Degré 2 : Modèle marin en cuir Paul Smith 150 euros (5)

Degré 1 : Modèle Artis en cuir noir Atelier André Bichon 99 euros (don du blog Berthomeau voir ci-dessous)

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L'atelier André Bichon fabrique des sandales, tropéziennes et spartiates en cuir pour femmes, hommes et enfants à Noirmoutier. Ses sandales sont faites entièrement à la main, avec du cuir naturel, ce qu'il leur confère une qualité et une solidité à toute épreuve. Consulter le catalogue : http://www.sandales-cote-mer.com/sandales-mer-femmes.php

Pour la petite histoire je possède le modèle Roma cuir naturel huilé en ce moment en promotion 100 euros des sandales de moines d’un chic qui dépasse l’entendement de cette pauvre Marie-Pierre Lannelongue qui ne voit pas plus loin que le bout de son pauvre nez de dénicheuse de marques qui font de la pub dans le Nouvel Obs. Merci Olivennes t’es vraiment top !

·        La nouvelle idole de la Marie-Pierre Lannelongue : Marc Beaugé rubriqueur de mode à « GQ » lire sa prose en jette, exemple « Nous sommes dans la queue de comète des années rock et, logiquement, le point de mire de la mode s’est déplacé de l’Angleterre de Pete Doherty à l’Amérique de Steve Mac Queen. Avec le départ de Slimane – note de moi Hedi Slimane créateur chez Dior de chez LVMH – le cliché des directeurs artistiques en a pris un coup. Les images publicitaires mettent en scène les artisans, c’est peut-être la revanche de l’ouvrier sur le créateur... »

·        C’est beau, hein ! Beau comme du foutage de gueule en barres quand on sait que le % de chance que vous ayez de croiser un ducon fringué comme l’un des top modèles mâles du NO tend vers le zéro absolu même dans ma bonne ville de Paris, p’tète qu’à Saint Trop y’en a mais je ne les vois pas vu que c’est pas ma tasse de thé Saint Tropez sauf pour le rosé Rose&Or du  Château Minuty 

Rose&Or, la dernière création de Jean-Etienne et François Matton, sonne à mes oreilles comme la bibliothèque Rouge&Or qui enchanta mon enfance (Fondée après la seconde guerre mondiale, cette « bibliothèque » a connu une faveur particulière auprès de la génération du « baby boom ».) avec Sans Famille d’Hector Malot ou Michel Strogoff de Jules Verne et bien d’autres grands romans.

Flacon élégant et raffiné, pas bling bling pour deux sous, ce rosé d’expression à 95% de Grenache, joue dans la cour des rosés haut de gamme. Comme les vignes du Château Minuty s’épanouissent sous le soleil de la presqu’île de Saint-Tropez, je n’ai pas résisté au plaisir d’écrire cette chronique un peu déjanté. Comme le Château Minuty n’a nul besoin de moi pour accroître sa notoriété je vous invite à vous rendre sur son site www.chateauminuty.fr pour parfaire vos connaissances sur ce beau domaine de 75 ha.

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Le Rose&Or c’est 20 euros le flacon. Dans la construction de notoriété de la Provence et de son rosé, la démarche de Jean-Etienne et François Matton me paraît très intéressante et, à mon sens, bien plus pertinente que les couplets qu’ont entonné les défenseurs du rosé authentique. S’ils ne veulent pas subir la concurrence par les prix de nouveaux arrivants sur le marché du rosé, se contenter de surfer sur la vague porteuse du rosé, exporter, créer durablement de la valeur, les vignerons Provençaux ont tout intérêt à ce que leur positionnement prix, tout en correspondant à la réalité de leur produit, se structure par le haut et que leur entrée de gamme soit à la hauteur de leur discours d’authenticité. Sinon, quand viendra le temps de la mâturité du marché des rosés bien des illusions se dissiperont.

Pour revenir à mon Laurent et à sa fiancée attentionnée, je note que, comme les filles d'aujourd'hui adorent les blancs, Minuty dans sa ligne Or lui propose un Blanc&Or qui, si ses concepteurs me le permettent, est dans la lignée des propositions de Cap 2010. Pourquoi me direz-vous ? Parce que c'est un Vin de Pays du Var (50% Sauvignon, 35% Roussane, 15% Viognier 15%)... C'est la signature qui prime par la catégorie juridique et c'est heureux...

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 00:08

Je sens poindre des reproches : c’est bien beau Berthomeau de lancer des appels à la mobilisation pour donner un coup de main aux vignerons du Beaujolais mais faudrait que l’intendance suive ! J’en conviens, mais l’intendance c’est moi et moi seul. Ceux d’entre vous qui ont répondu présent à ma proposition de Task Force s’ils souhaitent me prêter main forte doivent au minimum me faire parvenir des biscuits. Certains ont commencé, d’autres m’ont promis de m’alimenter : j’attends !

 

Bref, ne serais-je qu’un faiseur de coups en mal de notoriété et, pire, rien qu’un arpenteur des beaux terroirs avec mon beau costar ?

Ça se pourrait bien car, comme vous le savez, je suis allé faire mon gandin au Grand Jour de Bourgogne, où j’ai enchaîné la dégustation chez JC Boisset le matin à Nuits et celle du château du Clos Vougeot le soir. Puis, la semaine suivante, je suis allé faire le beau 2 jours dans les châteaux des GCC de Bordeaux sous le prétexte fallacieux de jouer dans la même catégorie que « les longs nez et les gorges profondes » qui hument et se gargarisent au 2009 millésime d’exception dit-on. Pour faire bon poids, même si mon casier vin est déjà aussi épais qu’une histoire de Bigard, voilà t’y pas que mon goût pour la belle table du Laurent ferait dire à de bonnes âmes que j’y tiens table ouverte. Vu mon lourd passé sous les ors de la République tout cela relève de la récidive et je risque fort de finir mes jours chez mes voisins de la rue Messier qui se refond une Santé aux frais de la République.

 

Donc je me suis dit « Berthomeau, ressaisis-toi ! Fais un vrai au retour au terroir. Reviens au terrain ! Retrouve la chaude ambiance catalane de la salle des fêtes de Trouillas, l’accueil distancié à la charentaise de la mairie de Jonzac, l’arrivée au petit matin à la cave coop de Valros dans le bureau de Jeannot... la vraie France donc... celle du bas. T’es pas fait pour te pavaner dans les châteaux mon gars. Coltine-toi les problèmes insolubles. Contente-toi de pester contre les metteurs d’emplâtres sur les jambes de bois ! Si ton ego en a besoin dis-toi qu’on te béatifiera quand t’auras passé l’arme à gauche : dans notre beau pays les tombereaux de fleurs arrivent pour la levée du corps... »  Je m’attendais à des remontrances ou a des silences polis et j’ai eu droit au coup de pied de l’âne.

 

J’adore les ânes, ceux qui me suivent depuis longtemps le savent. Lire « Adieu Modestine » http://www.berthomeau.com/article-3598608.html donc qu’Hervé Bizeul ne prenne pas mal le recours à cette expression à son propos. Tout le monde connaît Hervé Bizeul donc je ne le vous présente pas. Mes écrits sur le caddie de Leader Price lui ont échauffé les sangs. Sa sentence est tombée sans appel « Un article, rayeur*, inutile et partial. » Espace de liberté oblige : Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur alors, comme disent nos ados, qui aiment tant le gel coiffant effet mouillé, pas de soucis. Mais voilà t’y pas que dans son élan bienveillant de releveur de bretelles d’un chroniqueur qui pratique la sociologie à 2 balles et qui gaspille son réel talent à écrire des facilités, notre Hervé se lâche « enfin, tu remarqueras, si tu n'as que deux ou trois produits dans la main, que c'est l'endroit où, systématiquement, on te propose de passer devant... Ce sont peut être des pauvres, tu peux les mépriser à demi mot, mais tu devrais y aller, pour voir. Chiche ? » C’est t’y pas beau ça me voilà, au détour d’une phrase taxé de mépriser à demi mot les pauvres.

 

Là, je me suis dit : mon coco faut que tu consultes en hâte une cellule de soutien psychologique pour encaisser un tel crochet du droit. Et puis, après quelques coups de plume au cul des commentaires de Bizeul, je me suis dit que le jeu n’en valait pas la chandelle. C’était comme si moi j’avais écrit que la « Petite Sibérie » faisait un tabac en Seine-Saint Denis et qu’on m’accusait d’anticommunisme primaire. La meilleure thérapie c’est l’action. Je suis donc revenu à mon auto-mission : le Beaujolais. Je travaille. J’écoute. Je lis ce qui a été proposé : le plan Beaujolais de mon collègue Alain Bolio par exemple...

 

Ce matin, puisque selon mon habitude j’ai longuement digressé, je soumet à votre réflexion deux éléments lourds de la production du beaujolais :

 

 

La part du Vrac : 75% 

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La part des caves coopératives : 30% de la récolte totale qu’elles vendent au ¾ au négoce.

 

 

Ces deux pourcentages montrent que s’en tenir qu’à une approche par le haut, qui bien évidemment est nécessaire pour bâtir ou rebâtir une notoriété pour les crus du Beaujolais, ne se révèle pas suffisante pour traiter au fond le dossier Beaujolais « Grand Corps Malade ».

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 06:05

Vendre du vent peut-être un art, en acheter, et souvent fort cher, relève parfois pour des décideurs censés savoir compter, d’une forme de thérapie pour conjurer l’angoisse du gardien de but au moment du pénalty. Le foirail fut, au temps des marchés physiques, un haut lieu de ce genre de sport « qui veut vendre un cheval aveugle en vante les pattes » dit la maxime enseignée par la tradition orale. Dans nos temps postmodernes, où les conseilleurs de tous poils et de toutes obédiences font florès, vendre du vent n’est plus un art mais une industrie. Attention le vent n’est pas du toc car en effet, même si celui-ci sonne le creux, son utilité est avérée : la montre plaquée or n’en reste pas moins une montre. En revanche, l’étude venteuse vous gonfle, vous bourre le mou, car elle est en général boursouflée, pleine d’air du temps, creuse  

 

 Quintessence de vente de vent, force 7, happé dans Vitisphère :

« Depuis une dizaine d'années, l'équipe de recherche « Marchés des vins et des spiritueux » de BEM poursuit les études sur la situation, les stratégies et les positionnements de plusieurs entreprises vitivinicoles bordelaises. La méthodologie de recherche basée sur l'approche cognitive, la méthode des incidents critiques, l'analyse de contenu et la cartographie causale a permis d'identifier les challenges et les opportunités du secteur ainsi que les compétences clés des entreprises. La qualité des vins, la gouvernance du secteur, la viticulture durable et l'évolution du comportement de consommateurs sont le plus souvent évoquée comme des grandes questions stratégiques du secteur. »

 

Aujourd'hui, les consommateurs de vins dans le monde sont de plus en plus curieux, ils aiment tester de nouveaux vins, et le secteur vitivinicole bordelais entre en collision avec de nouveaux concurrents, même sur les marchés traditionnels (Grande Bretagne, Etats Unis, Belgique) qui ont attaché une grande valeur aux vins français. Les perspectives pour les entreprises vinicoles bordelaises ne peuvent pas être considérées comme acquises. Le secteur doit réévaluer la situation et examiner de nouvelles options stratégiques qui pourraient permettre de regagner un avantage compétitif dans un environnement turbulent.

 

Ces études permettent de révéler les opportunités du secteur liées tout d'abord au processus de globalisation du marché du vin et en particulier au développement rapide du marché asiatique, surtout de Hong-Kong et de la Chine (les résultats du marché des Primeurs du mois dernier confirment cette tendance). La viticulture durable étaye à nouveau la question de la qualité : améliorer et harmoniser la qualité des vins de Bordeaux devient primordial; la mise en place d'un nouveau processus d'une certification indépendante (l'initiative d'Alliance des Crus Bourgeois à titre d'exemple) vise le même objectif.

 

Les principales conclusions de nos études sont les suivantes :

 
- le développement stratégique réussi dans le secteur des vins est basé sur les compétences distinctives qui sont des facteurs aussi bien internes qu'externes;


- les compétences environnementales internes sont basées sur les Coûts et sur des Relations Clients;


- les thèmes reliant les facteurs exogènes externes sont Concurrence, Client, Ventes, Tourisme et Marché. Des opportunités externes et des forces internes contribuent au facteur de Qualité du Vin qui reste la Clé du succès. »

 

Fermez le ban ! De la belle ouvrage de vent ne pensez-vous pas ? Franchement, si j’avais fréquenté les bancs de Bordeaux Management School, j’eus pu prétendre à une destinée bien plus juteuse car le vent ça rapporte plus que d’écrire des rapports à la con. Mais je n’ai ni remords ni regrets et comme je ne souhaite pas perdre mon temps à ferrailler contre du vent alors je vous propose de lire une excellente chronique : « à quoi servent les écoles de commerce ? » http://www.berthomeau.com/article-11923168.html publiée sur mon espace de liberté en septembre 2007. Je peux la qualifier d’excellente car elle n’est pas de moi mais de Matthew Stewart (USA) qui dans son ouvrage «  Le mythe du management » se pose la question « Et si l'enseignement de la gestion était une mystification, sans contenu, pédante, abstraite et boursouflée de prétention ? »  

En contre-point : un extrait du petit livre de Jean-Claude Seys « Les Maximes du Management » paru au PUF (ancien PDG de MAAF Assurances et de MMA) 

C'est revigorant.

 

  

                                                           Assurer la vente

 

 

      Ensuite, il faut vendre. L’histoire est caractérisée par une succession de périodes d’abondance, plutôt courtes, et de rareté, voire de pénurie, beaucoup plus longues. Malheur au vendeur en cas d’abondance excessive. « A qui meschet on lui mésoffre »

 

      Dans les périodes de rareté, au contraire, le vendeur est roi et son principal problème est de récupérer son argent. « Achetez à crédit et vendez au comptant. » La rareté des marchandises induit, d’une certaine manière, rareté d’argent ; en termes de technique monétaire, ce n’est pas nécessairement vrai – ainsi, pendant la Seconde Guerre mondiale, la monnaie distribuée était importante et la marchandise inexistante – mais, sur un marché libre, la rareté implique une hausse des prix jusqu’à ce que le demande se réduit faute d’argent.

 

       Dans ces circonstances, l’initiative appartient au vendeur : «  qui vend le pot dit le mot ». Il lui faut faire valoir sa marchandise, tout en minimisant ses défauts ou en détournant l’attention du vendeur : « qui veut vendre un cheval aveugle en vante les pattes ». Certains excellent à ce jeu au point de maîtriser « le grand art de vendre du vent ». Pour cela, « il faut savoir appâter le chaland » et « l’homme qui ne sait pas sourire, qu’il n’ouvre pas boutique » ou « main vide n’est pas leurre pour faucon ». Ce qui signifie que convaincre ou séduire un client potentiel ne peut de faire sans y mettre le prix.

 

      Les choses ne valent que ce qu’on les fait valoir « À la boucherie, toutes les vaches sont des bœufs ; à la tannerie, tous les bœufs sont des vaches. » Cet art de faire valoir sa marchandise ne doit pas aller jusqu’à tromper le client, car une activité de long terme se construit sur la confiance. « Il faut être marchand ou larron », les deux ne peuvent être réunis. Le client doit trouver son avantage tout comme le vendeur : « mauvais marché où nul ne gagne ».

 

      Le prix est souvent très important, mais, sur la durée, la qualité seule bâtit la confiance : « le bon marché détrousse le passant » ou « bon marché tire argent de bourse ». Les Indiens partagent ce point de vue, mais sont plus précis : « si c’est cher, l’acheteur pleure une fois ; si c’est bon marché, il ne cessera de pleurer » ou « la qualité crée la confiance » et « l’enseigne fait la chalandise et revenir le client ».

 

      Ne pas brader les marchandises se justifie également par une autre considération, issue d’un sophisme, mais qui imprègne encore fortement les consommateurs modernes : « ce qui est de qualité est cher, donc ce qui est cher est de qualité ». Ce que nos anciens traduisaient par l’expression « ce qui coûte peu s’estime encore moins ».

 

     Le vendeur doit éviter de se situer sur un marché trop concurrentiel où la pression sur le prix réduit le bénéfice : « à chemin battu, il ne croît point d’herbe ». C’est une leçon qui imprègne fortement tous les producteurs et commerçants modernes qui cherchent à différencier leur offre, par l’innovation, d’une part, ainsi qu’à réduire l’offre à force de concentration et d’OPA.

 

      Quand la vente est réalisée, il faut être clair sur la transaction. Un contrat bien rédigé qui précise la nature, la qualité et la quantité du bien, son prix et les conditions de mise à disposition ainsi que tout autre détail pertinent supprime bien des cause de différends : « la stipulation avant le labour évite la dispute sur l’aire ». «  De mauvais contrat, longue dispute », car ce qui n’est pas porté dans un acte est réputé inexistant et, en tout état de cause, beaucoup plus difficile à établir : « ce qui n’est pas dans les actes, n’est pas dans le monde ».

 

       Comme rien n’est parfait et que les hommes – les autres – ne sont pas toujours de bonne foi, il faut parfois se résigner à ester en justice. À l’époque moderne le droit se précise et les causes de discorde se multiplient ; ce qui n’était envisagé que comme un mal inévitable devient banal aujourd’hui : mieux vaut que le chef en ait quelques notions pour ne pas se laisser embarquer par les conseils de spécialistes intéressés. « Au jardin de l’avocat, un procès est un arbre fruitier qui s’enracine et ne meurt pas. »

 

       Il faut d’abord s’assurer que le jeu en vaut la chandelle et ne pas plaider à tout propos : « à plaideur contre un mendiant, on gagne des poux ». Nous voilà prévenus. Une procédure est toujours coûteuse en frais de justice et d’avocat ; elle peut aussi entraver l’action pendant des longues périodes et coûter en disponibilité et opportunités perdues, de sorte qu’ « il y a moins de mal souvent à perdre sa vigne qu’à la plaider ».

 

       À la limite, « il est avantageux de s’accommoder quand on a raison et de plaider quand on a tort », mais il faut savoir que « les causes qui manquent de raison ont besoin de fortes paroles » et être convaincu de les pouvoir prononcer : « un mauvais accommodement vaut mieux qu’un bon procès ». Ce qu’on concède coûte moins qu’un procès et épargne soucis, incertitude et temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 00:09

Les fenêtres du hasard m’offrent souvent des plaisirs que j’apprécie et savoure avec délice. Ainsi samedi dernier sous un soleil enfin ardent je maraudais à vélo et, passant devant Lavinia, boulevard de la Madeleine, je décidai d’aller jeter un œil sur les présentoirs de ce temple du vin. Donc, selon un rituel bien établi, je procédai à mon inspection lorsque soudain dans le rayon Languedoc-Roussillon je tombai en arrêt, tel un Épagneul Breton, sur un étrange flacon frappé d’un coq gaulois dressé sur ses ergots répondant au nom de Carignator 3. Mes neurones toutes élytres dehors me connectait sur Michel Smith l’avocat le plus ardent et le plus talentueux du Carignan.

Ce rouleur de mécaniques (pas Michel le Carignator 3), simple Vin de Table de France, affichant sans complexe son cépage éponyme avec s’il vous plaît son millésime 2007 se payait le luxe d’offrir ses services pour 15 euros 12. Je moulinais déjà ma chronique lorsque mon regard fureteur tombait sur une discrète fille répondant au doux nom de CĂRIGÑĂŤORĂ qui elle proposait ses charmes pour la modique somme (chez Lavinia bien sûr) de 9,50 euros. La belle se disait née en 2008 toujours fille du Carignan mais sans autre indication de ses origines. Le mec gros biscotos et crête de coq se tapait les 13° alors que la donzelle elle se contentait de 12,5°. Le père de ces deux nistons se nomme JM. Rimbert et il est dans le village emblématique de Berlou www.domainerimbert.com

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Le vigneron de Berlou, au cul de sa CĂRIGÑĂŤORĂ, il se fend d’un petit couplet rageur à propos du Carignan qui devrait plaire à notre Michel, vigneron double actif du côté de Tresserre dans les Aspres qu’est, dit-on, le pays des sorcières avec sa  « Festa de les Bruixes ». Je le cite donc avec la rimaille du berlounais qu’est bien obligé de faire du sans IG pour affirmer sa flamme au Carignan :

Attention ! languedocien méchant

                   C’est du Carignan

C’est peut-être un cépage géant

         ou un cépage gênant

            à géométrie variable

         à mettre sur nos tables...

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Me voilà donc, après mon expédition chez Lavinia, en possession de ce couple d’enfer sans trop savoir qu’en faire. Leur faire leur fête ? Je n’aime pas brusquer les choses, comme disait Mitterrand « il faut laisser le temps au temps ! » Mais l’important n’est pas que je dégustasse ces 2 Carignasses car celui qui voue sa vie à ce cépage le fait avec talent sur www.les5duvin.com, un jeune blog qui cherche sa voie sur l’impitoyable toile. Vraiment si vous voulez tout savoir sur le Carignan cliquez sur le lien ci-dessus et reportez-vous au feuilleton Carignan Story qui comporte déjà 9 épisodes. Même que dans le n°4 notre Michel des Aspres il nous fait le portrait de Jean-Marie Imbert le papa de Carignator 3 et de la CĂRIGÑĂŤORĂ « Parmi les aventuriers vignerons ayant posé leur sac dans ces coins reculés du Languedoc il est une figure héroïque. Grand, pour ne pas dire immense, massif, la voix caverneuse et l’accent rocailleux teinté de provençal, le jeu de mots subtil et jovial à portée de langage, aussi allumé qu’illuminé, le bonhomme a débarqué de son Ventoux natal en 1996. Sa devise le résume bien : «Croqueur de plaisir plus que buveur de temps».

Bon, pour vous laissez le temps de potasser votre histoire du Carignan sur le Michel Smith, vigneron intermittent des Aspres, www.les5duvin.com catégorie : Carignan story, je vais en rester là pour ce matin. Attention chers lecteurs je ramasse les copies demain à l’aube. Bonne lecture ! Carignan un jour, Carignan toujours !

Et pour Jean-Marie IMBERT collectionneur de bicyclette un peu de Montand à l'Olympia :  

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 00:08

Ce matin je vous livre à l’état brut ce que nos chers journalistes, en mal de formules creuses, baptisent des faits de société.

Tout d’abord les fameux apéros géants des jeunes bretons qui font écrire à Ouest France : « Les invitations sur Facebook font des émules. Après Rennes, voici Brest, Lorient, etc. Ce qui provoque, aussi, des inquiétudes. » Voir aussi http://veilleur.blog.lemonde.fr/2010/04/05/les-aperos-geants-inquietent-les-pouvoirs-publics/  

 

 Plus de 5 000 internautes réunis à Rennes, le 25 mars, pour un apéro géant place du Champ-de-Mars : la fête s'est terminée vers 3 h du matin, les secours ont évacué 19 personnes en état de coma éthylique. Mais l'idée a fait florès.

Dans la foulée, une autre invitation a été lancée sur Facebook, pour ce vendredi soir, à Brest. Plus de 7 000 personnes ont répondu à l'invitation d'une lycéenne brestoise de 19 ans. Malgré les mises en garde de la préfecture du Finistère. L'arrêté préfectoral interdisant la consommation d'alcool, le jeudi soir, à Brest, a d'ailleurs été prolongé jusqu'au 1er juillet 2011. Mais, en l'occurrence, il ne s'applique pas à ce vendredi soir.

Dans le Morbihan, les mises en garde sont similaires. Ce qui a fait reculer les organisateurs de Vannes, qui ont tout simplement décidé d'annuler leur rendez-vous. À Lorient, une grosse pression a également été mise sur l'organisateur, lui rappelant qu'il pourrait être tenu pour responsable d'éventuels débordements. Plus de 5 000 personnes se sont déjà inscrites à cet un apéro géant, prévu le 17 avril.

À noter qu'à Saint-Pol-de-Léon, un autre apéro géant est également prévu, ce samedi. Ainsi qu'à Morlaix, le 22 mai. À moins que tout ne se dégonfle. À Lannion et Auray, le 3 avril dernier, l'événement annoncé n'a finalement pas eu lieu : l'apéro a fait un flop.

Enfin, plus insolite, tout aussi festif (et moins alcoolisé), un... riz au lait géant est, lui, prévu à Henvic (Finistère), les 12 et 13 avril.

Ensuite dans le même temps je lis sur le Post du 13 avril que « Les femmes diplômées boivent plus que les autres ? et que c’est la conclusion (surprenante selon la rédactrice du papier Hélène Decommer) d'une étude de la London School of Economics, l'une des plus prestigieuses institutions au monde pour les sciences économiques et sociales.  « La London School of Economics a étudié les comportements de milliers d'hommes et de femmes de 39 ans, tous nés au Royaume-Uni pendant la même semaine, en 1970. Chez les hommes, le lien entre diplôme et consommation d'alcool existe aussi, mais il est moins flagrant, selon les résultats de l'étude. Alors, pourquoi les femmes diplômées sont-elles plus vulnérables à l'addiction à l'alcool? Et avant tout, cette tendance se retrouve-t-elle aussi en France ? »

Selon le processus classique dans les médias modernes la rédactrice du Post se tourne vers un spécialiste Patrick Fouilland, président de la Fédération française d'addictologie, alcoologue et directeur du centre d'alcoologie du Havre qui lui donne des éléments de réponse qui se résument à une sentence « C'est le modèle de nos sociétés qui conduit à cela » « Le recours à l'alcool, c'est aussi une conséquence de la course à la performance »

Belle découverte monsieur l’alcoologue, il faut dire que vous et vos semblables qui regardiez jusqu’ici toujours le doigt (le flacon) lorsque le sage vous montrait la lune (l’alcoolisme) n’êtes jamais en reste d’à peu près, de formules creuses et surtout de petites phrases insidieuses comme celle-ci, en réponse à pourquoi l’alcool ? « Parce que c'est à la fois un produit festif et un psychotrope. L'alcool a un effet défatiguant, déstressant, désinhibant, etc. C'est un produit qu'il est facile de se procurer et c'est le psychotrope le plus socialement admis » Dieu que le générique alcool, qualifié de psychotrope, est commode pour mettre dans le même sac des réalités très différentes.

Donc, pour revenir à nos apéros sauvages qui, bien sûr, vont rejoindre le grand fourre-tout des faits de société, la bonne question à vous poser messieurs les prohibitionnistes masqués, hygiénistes tristes, aligneurs d’interdits en tous genres est celle-ci: « et si ces apéros monstres, qui inquiètent tant les pouvoirs publics, n’étaient que de gigantesques bras d’honneur à votre endroit ? S’ils n’étaient que l’expression d’une volonté de soulever votre chape de plomb ? » Que ce type de rassemblements spontanés, incontrôlés, monstres : 7000 personnes à Brest, plus de 13000 prévues le 13 mai à Nantes, donne lieu à des débordements, à des excès de boissons alcoolisées, ce n’est pas étonnant mais les réduire à de pures beuveries, à des rassemblements de jeunes pochtrons c’est encore regarder le doigt (l'excès) et non la lune (les raisons du phénomène).

La référence au modèle de société pour expliquer un constat du type de celui fait par l'étude anglaise sur les femmes diplomées, le recours facile aux faits de société pour expliquer aussi bien le caillassage des bus de banlieues chaudes et les débordements des apéros monstres, et les questions bateaux du genre « quel regard portez-vous sur la société actuelle ? » pour sous-entendre que par le passé tout allait bien dans le meilleur des mondes, participent au discours vaseux, sociologisant, psychologisant, qui en met plein la vue aux profanes mais qui permet aux impuissants d’entretenir la confusion sur les causes et les effets. Je m'étonne que la DGS n'est pas imaginé de mettre sur pied des cellules de soutien psychologique pour les organisateurs Fascebookés des apéros monstres !

Et toute cette confusion, ce recours à des soi-disant spécialistes, ça nous donne dans le dernier numéro d’Addictions une Tribune libre « L’alcool tue » signée Dr Michel Marty psychiatre, psychanalyste, président de l’ANPAA 64 qui n’est qu’une diatribe, qu’un discours enflé, enflammé, la démonstration d’une forme de rage impuissante. Que nos jeunes se tuent sur nos routes en état d’ivresse est révoltant, inadmissible, mais écrire que « le dieu alcool a choisi ses victimes » relève de cette incapacité, qu’ont tous les « ...logues » patentés, à comprendre que leur « guerre » contre l’alcoolisme il la mène mal, que leur stratégie est mauvaise, que leur armée est commandée par de piètres généraux, qu’ils ne sont pas sur les vrais théâtres d’opération, qu’ils ne s’attaquent pas aux causes, qu’ils cherchent des coupables, des complices là où il n’y a souvent que des hommes et des femmes qui ne sont pour rien dans le fait que l’alcoolisme perdure, attaque toutes les couches de la société, se renouvelle avec les changements du temps.  

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 09:15

Le 18 avril 1988, Pierre Desproges à l'âge de 49 ans déclarait avant de s’envoler pour un voyage aller sans retour : « Je m'emmerde ici, ça me gêne d'être debout comme un con, devant vous qui êtes assis comme des cons. »

Pour marquer cette funeste date d’une pierre blanche et se repentir d’avoir contribué à cet enlèvement définitif les avions du monde entier ont décidé de rester clouer au sol jusqu’à nouvel ordre.

Pour la petite histoire ce sont les Islandais*, cher au cœur de Desproges, et non pas les Anglais, qui cette fois ont tiré les premiers en laissant un volcan au nom imprononçable Eyjafjöll épandre sa fumée noire en signe de deuil.

Et comme savait si bien le trousser Desproges ça nous donne une histoire de cornecul qui dérègle notre petit quotidien mondialisé et donne un mot d’excuses aux grands du Monde pour zapper des funérailles officielles. Encore un coup des avions, sacré Desproges t’en fais de belles dans les nuages !

Bref, qui oserait dire aujourd’hui « La vulgarité, ce n'est pas dire des gros mots. C'est Patrick Sabatier qui fait semblant d'être apitoyé par le destin d'une matrone variqueuse dont il n'a rien à foutre, et qui lui offre une Fiat alors qu'elle ne sait pas conduire » ? Personne ! Pas même Guillon...

Alors comme il faut une chute à tout je partage avec lui cet aphorisme : « le bide représente l'espoir fou de rencontrer, enfin, l'incompréhension totale, la solitude absolue ».

 

Les islandais

« L'Islande est un grand pays de 103 000 kilomètres carrés uniquement composé de glaciers et de volcans. Autant dire que quand on ne se les gèle pas, on se les brûle, ce qui explique en partie l'extrême lenteur du développement du tourisme islandais. En dehors des militaires américains de la base de Reykjavik, qui font briller leurs bombes thermonucléaires avec un chiffon de soie en espérant sans trop y croire le déclenchement de la Troisième, seuls quelques mordus de la pêche à la morue se risquent à passer leurs vacances en Islande.


En résumé, on peut dire que les islandais gagnent à être connus. Alors que Julio Iglesias, non. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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