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Mardi 23 mai 2006 2 23 /05 /Mai /2006 08:00

Avertissement de l'auteur : ceci est une pure fiction

A ce petit jeu là, le petit Pochon, même s'il se cachait la réalité derrière son petit doigt, filait tout droit vers la triste position de vieux garçon. Qui, quelle jeune fille de bonne famille, quelle donzelle délurée, quelle biche aux lèvres camélias, pourrait avoir envie de passer sa vie aux côtés d'un petit attaché de deuxième classe de la DGDDI ? Au total pas grand monde et notre petit Pochon lorsqu'il lorgnait dans le fin fond de sa sous-direction ne voyait aux alentours que des laiderons. Bien sûr, comme ce garçon n'avait aucune prévention il s'échinait à faire plaisir à ses consoeurs sans aucune distinction, ce qui faisait dire de lui que c'était vraiment un charmant garçon. Toujours dans la même veine, notre Pochon, pour faire plaisir à son auguste père, cultivait des relations, des copains de promotion du gros Pochon, des messieurs qu'avaient pignon sur rue et qu'auraient pu, si le petit Pochon l'avait voulu, lui faire monter des échelons à grand coup de piston.

Le petit Pochon, contrairement à son papa, ne mangeait pas de ce pain là. Et pourtant, un beau matin du mois de mai, un des rares jours travaillés de ce mois, lorsque le chef du cabinet du Ministre des Commodités*, par secrétaire interposée, le faisait mander en son bureau du premier étage de l'Hôtel de Quincampoix, juste avant l'heure du dîner, il acceptait sans hésiter en se disant que ça lui changerait les idées. Après réflexion, notre Pochon, qui se prénommait Léon, concevait des regrets, se disait que c'était encore une invention de son géniteur et il passa des heures, à tourner et retourner dans sa petite tête, les bonnes raisons qu'ils pourraient inventer pour faire faux bond. Chamboulé il en oubliait de déjeuner. Tout l'après-midi il mordillait le bout d'une malheureuse pointe Bic en observant le chassé croisé de deux grosses mouches, aussi bruyantes qu'énervantes, dans leur absurde volonté de s'échapper de son bureau par la seule fenêtre fermée ; des idiotes du même acabit que lui...

* Commodités : traduction de l'anglais Commodities 

à suivre

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 22 mai 2006 1 22 /05 /Mai /2006 08:00
 

Avertissement  de l'auteur : ceci est une pure fiction...

Le petit Pochon végétait au fin fond d'un triste bureau du Cadastre Viticole Informatisé, rue du Bac dans le 7ième arrondissement de Paris. Face à la neige de son écran gris souris il rêvait d'une autre vie, de nouveaux horizons, ceux qui s'offriraient à ses yeux émerveillés le jour où ces ares et ces centiares accrochés à flanc de coteaux, au lieu de les stocker sur le disque dur de son ordinateur, il les foulerait de ses bottes comme vigneron. Son père, le gros Pochon, qui avait passé toute sa vie à faire le président de tout et de rien, de zinzins, lui répétait à satiété qu'il n'était qu'un petit con qui ne ferait jamais rien de bon. Condamnée au silence, sa mère, cachée derrière un éternel sourire, semblait lui dire du fond de ses grands yeux clairs, ne t'inquiète pas mon fils : bon sang ne saurait mentir...

Entre la saisie des parcelles de notre beau vignoble de France et de Navarre, le petit Pochon surfait sur le Net à la recherche d'une âme soeur avec qui il ferait son bonheur. Avec candeur il s'inventait des vies, trichait un chouia sur sa taille, se dotait de professions improbables, s'octroyait en conséquence de revenus confortables et, comme il était plutôt mignon notre Pochon, la moisson se révélait bonne sans que pour autant il ne se décidât à sauter le pas. Dans le monde virtuel les mots lui venaient à la pelle, légers, hors le train-train du quotidien, mais lorsque la réalité le rattrapait, notre petit Pochon esquivait. Jamais il ne se rendait aux rendez-vous que lui donnaient ses belles virtuelles. Chevalier de la barre haute il attendait le grand jour où le hasard ouvrirait en grand une large fenêtre sur l'Amour, l'Amour bien sûr avec un grand A.

à suivre  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 19 mai 2006 5 19 /05 /Mai /2006 08:00

A l'heure où certains liront ces lignes - mes fidèles que je salue et remercie, un peu timides certes mais qu'il vente ou qu'il pleuve, même le dimanche, pendant les ponts de mai, ils sont de l'autre côté de l'écran et ça me fait chaud au coeur - j'aurai pris la poudre d'escampette pour une bonne semaine en Andalousie : Grenade, Cordoue et... autres lieux. Au menu, aération et alimentation de mes neurones, mon seul capital, voir du monde, voir le monde, se balader, baguenauder, prendre le temps...

Dilemme : devais-je vous priver de mes petites chroniques ou vous lâcher un peu les baskets ?

Pendant toute cette semaine ça ma turlupiné et ce matin - cette chronique a été écrite hier - sur mon grand vélo j'ai décidé de profiter, et de tenter de vous faire profiter, de ce temps d'éloignement pour prendre le parti de rire et d'essayer, avec légèreté, bonne humeur, de vous y faire adhérer. En conséquence, les trop sérieux, les grincheux, ceux qui disent tout le temps qu'ils n'ont pas le temps sont prévenus : pendant une semaine sur Vin&Cie ce sera le parti d'en rire et qu'il vaut mieux qu'ils s'abstiennent de lire mes bêtises ou, qu'ils y goûtent avant de se faire une opinion...

De quoi s'agira-t-il ? Tout bêtement d'une petite fiction concoctée au fil des jours, peuplée de personnages sortis de mon imagination dont les aventures je l'espère vous feront sourire, peut-être rire, mais de grâce n'y voyez aucune malice, comme le dit la formule " toute ressemblance avec des personnes ou des faits ayant existé serait... " Bonne lecture chers amis et au plaisir de vous retrouver à mon retour...

Lundi vous aurez donc droit aux premiers paragraphes de :

La Résistible Ascension du Petit Pochon

un récit tiré du petit tonneau de Jacques Berthomeau

à mon retour je jugerai de l'effet de mes petits écrits et je pourrai ainsi soit précipiter le petit Pochon dans la ptite poubelle des histoires inachevées, soit j'en ferai mon feuilleton du vendredi... Affaire à suivre chers lecteurs. 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /Mai /2006 11:18

La lecture du titre vous a peut-être fait penser : après nous avoir pris la tête avec ses histoires d'OCM ou d'OMC, de découplage et autres joujous pour technocrates notre Berthomeau il nous fait le coup du gars qui ménage la chèvre et le chou, qui se dit qu'après tout vaut mieux couper les poires en deux plutôt qu'il n'y ai pas de poire du tout...

Bé non cépaça, tout bêtement ce matin je viens vous parler d'un gars que je connais pas, un dénommé Alain Pottier qui vient d'élaborer un "rouge à l'eau", un cousin germain du rouge limé car il ajoute du gaz carbonique pour faire la bulle et qu'il commercialise sous la marque toto VINO.C'est une boisson conçue par les chercheurs de l'INRA, pasteurisée, gazéfiée, 4,5°, une bouteille un peu limo avec bouchon à vis, pour visionner allez sur www.totovino.com et pour déguster vous appelez le 04 68 43 35 84 :

que les acheteurs de la Grande Distribution sortent de leur sieste d'après déjeuner pour aller goûter cette nouveauté et voir si elle ne pourrait pas se faire une petite place dans leurs rayons !

En effet, comme le blanc limé, ce rouge à l'eau, pour qu'il touche sa cible, qui n'est bien évidemment pas les disciples de Perrico Légasse, ni même les papys habitués à leur pti verre, mais les primo-consommateurs, il lui faut de l'artillerie lourde qui permette à l'élaborateur de jouer sur les volumes et donc de proposer le produit à un prix plus abordable car 3,50 euros ce n'est pas à la portée des bourses plates des jeunes gens et jeunes filles...

 

 

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Mercredi 17 mai 2006 3 17 /05 /Mai /2006 09:24

Elle arrive, elle arrive, elle arrive... la proposition de réforme de l'Organisation Commune de Marché du Vin de madame la Commissaire Européenne en charge du dossier agricole Mariann Fischer Boll, ça fuite de partout, le petit monde des apparatchiks de nos organisations professionnelles s'agite, eux ils savent, par avance ils se délectent car ils vont pouvoir agiter le Landerneau de leurs mandants, horreur malheur les eurocrates apatrides ont encore frappé, que la France du vin se dresse comme un seul vigneron pour tailler en pièces ce texte, pour défendre becs et ongles notre vision de la viticulture... Je caricature à peine et il n'entre pas dans mes intentions d'aborder le fond de la question mais de faire remarquer que notre goût très prononcé pour trouver des boucs émissaires, renforcé par notre non protéiforme au référendum, va encore nous engager sur un terrain qui n'est pas celui d'une négociation. En effet, nous ne sommes pas seuls, dans l'Union élargie, le noyau des pays producteurs est minoritaire, les pays consommateurs ont leur mot à dire dans ce débat et il nous faut en tenir compte.

Négocier, en partant du texte proposé par la Commission - faute sans doute d'avoir su anticiper en balayant devant notre porte, c'est-à-dire en adoptant une stratégie tenant compte de la nouvelle donne mondiale qui aurait pu peser sur l'approche de la Commission et nous aider à constituer un front des pays producteurs - ne consiste pas à ériger un front du non mais à tirer parti de cette négociation pour aider notre secteur à s'adapter à la grande mutation auquel il est confronté. En clair, une mutation doit être accompagnée par des moyens financiers et structurels, c'est un donnant-donnant. S'opposer frontalement c'est s'exposer à une sortie de négociation où l'on subit la réforme sans en tirer les dividendes. Seule une attitude responsable, tenant compte de la réalité de notre vignoble, des hommes et des femmes qui y vivent et de l'immense potentiel de croissance que nous donne la réelle mondialisation du marché du vin, nous permettra de nous redonner des marges de manoeuvre.

C'est dans les temps difficiles que le courage de choisir les voies du renouveau redonne aux hommes le goût de bâtir et de vivre ensemble. Moi je crois que par les temps qui courrent nous en avons bien besoin. 

 

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Mardi 16 mai 2006 2 16 /05 /Mai /2006 09:28

Moi qui carbure aux sucres lents, des pâtes, depuis l'abandon du biberon et qui lis en tout lieu, même aux cabinets (Lire aux cabinets est un savoureux petit livre d'Arthur Miller) j'ai croqué dans le Monde du dimanche la chronique matières premières consacrée au marché du sucre et joliment intitulée "Confiseries à explosion". Le marché à terme du sucre, en mes vertes années, c'était le monde interlope des spéculateurs si bien décrit par Georges Cochon dans son livre le Sucre, où les ombres de Maurice Varsano de Sucres et Denrées avec sa tronche de Kojak, de ce pauvre Vincent Ansquer, Ministre du Commerce, vendéen de la Vendée militaire, avec sa petite moustache et sa naïveté inoxydable, et dans le film tiré du livre la tête d'ahuri de Jean Carmet spéculateur blousé par un Depardieu en grande forme.

Tout cela n'était que broutille, de nos jours par la grâce des brésiliens, premiers producteurs mondiaux de canne à sucre, dont plus de la moitié prend le chemin des carburateurs, la tonne de sucre raffiné livrable dans trois mois, le vendredi 12 mai, sur le marché de Londres a atteint 491,80 dollars soit + 45% depuis janvier et son niveau le plus haut depuis que le sucre y est coté. Le prix du pétrole grimpant l'éthanol suit et les champs de canne de ce pays comme de l'Asie ont la tentation de la pompe. Comme le souligne le DG de Sucden (ex Sucres et Denrées) si le sucre est une alternative au pétrole ce sera le début d'un marché mondial de l'éthanol. Dans une vie antérieure j'ai vécu cela avec le marché du soja où le cours des tourteaux était directeur de celui de l'huile.

Fort bien me direz-vous mais en quoi notre noble raisin est-il passible de la punition de partir en fumée même par un pot catalytique ? Parce que je lis dans une allocution d'un président d'une Fédération de Caves Coop alors que " la France souscrit péniblement 1,5 million d'hl alors que l'Espagne et l'Italie y vont pour plus de 12 millions..." -  ces pays bien sûr méprisent le vin, et nous nous élaborons des AOC pour les distiller avec des aides publiques. Alors ce matin j'ai fait un rêve : si nous avions expérimenté la zône de liberté proposée par Cap 2010 nous aurions peut-être pu réfléchir dans le cadre de la réforme de l'OCM vin à un mécanisme de découplage des aides appliqué à cette zône, qui aurait pu jouer le rôle de zône tampon, de zône de régulation sous la houlette de réels gestionnaires des bassins de production, préservant ainsi la zône du dessus. Mais ce n'était qu'un rêve car rien que dans le Grand Sud je ne sais à quelle porte il eut fallu frapper : elles sont si nombreuses et les occupants préfèrent les discours aux actes courageux...

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Lundi 15 mai 2006 1 15 /05 /Mai /2006 08:00

Avant de commettre cette chronique j'ai longuement hésité en me disant de quoi tu te mêles et surtout tu vas encore allonger la liste des gens qui t'adorent. Et puis, je me suis dit, comme tes écrits n'engagent que toi et comme tu es un citoyen lambda tu donnes ton opinion et c'est bonnard. De quoi s'agit-il ? Abonné au Nouvel Obs ce magazine offre à ses abonnés franciliens un supplément Paris Ile de France et dans le numéro 2166, le dernier, le département de l'Hérault via le Comité départemental du Tourisme y communique sur 6 pages et en dernière de couverture la fédération héraultaise des vins de pays fait de la pub pour les dit vins de pays. Fort bien, c'est classique, dans la rubrique OXYGENE la rédaction sous la plume de Léon Mazelle invite les visages pâles parigots et assimilés de la petite et de la grande ceinture à allez passer un week-end en Thongue !

Je commence par le pire : la communication institutionnelle. En prime : En Languedoc, la vigne a trouvé son Hérault voilà 3000 ans que l'Hérault cultive l'art de la vigne à tous les étages. Suit un texte dense, besogneux, à 80% historique, c'est lourd de chez lourd, ça ne donne pas envie. Moi qui est passé des vacances dans la vallée de la Buèges et autres hauts lieux de ce beau département je suis consterné d'une telle médiocrité de plume. Quand on prend le parti de l'histoire et de la culture on confie la plume à JC Carrière par exemple et on chalute dans le flamboyant et non dans le gnangnan.

Je continue dans le pire avec la pub de la Fédération Héraultaise des vins de pays concocté par l'Agence AOC de Béziers qui fait dans le ringard de chez ringard bilingue avec english of cuisine :

" Nous avons choisi un verre de vin pour vous parler du pays... We have chosen a glass of wine, to tell you about our region

Désolé moi ça m'afflige et je le dis...

Par bonheur il avait le meilleur : mes chouchous des côtes de Thongue " De simples vins de pays qui ne regrettent pas un instant de n'avoir pas décroché l'AOC, jugée trop rigide. Ici, on joue avec les cépages les plus étranges, on expérimente à qui mieux mieux, on fait du vin de table, du vin de pays de l'Hérault, du vin de pats d'OC et du vin de pays des Côtes de Thongue. Rouges, rosés, blancs, moelleux, ils sont tous à des prix défiant toute concurrence. Puissants ou gouleyants, ce sont tous des vins de soif, un peu canailles, des vins de copains en terrasse et de jardin en famille. En un mot, des vins de plaisir..." Le dénommé Léon Mazelle qui signe ses lignes risque fort de se voir provoqué en duel par Perrico Légasse pour offense grave au Vin avec un grand V.

Alors pour me faire plaisir allez donc rendre une petite visite au domaine de l'Arjolle à Pouzolles chez Louis-Marie Tesserenc 04 67 24 81 18 vous y serez bien reçu, la cave est belle et vous vous donnerez du plaisir. I love ceux qui aiment l'Hérault et qui savent en parler avec leur coeur et bien sur leur nectar...

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Vendredi 12 mai 2006 5 12 /05 /Mai /2006 09:01

En cette belle matinée ensoleillée qui donne envie de musarder, je me laisse aller à vous confier quelques ptites nouvelles un chouia  people kom on dit dnojour...

- Un nouveau membre associé au Club " Sans Interdit" : Michel-Edouard Leclerc, ceux d'entre-vous qui souhaiteraient entrer dans ce cénacle très fermé peuvent me solliciter jberthomeau@hotmail.com pour en connaître les conditions;

- Dans la RVI de ce mois, page 57, Thierry Jacquillat avoue être un grand amateur de Calvados qu'il considère comme la meilleure eau-de-vie du monde. Du côté de l'IDAC, si on ne m'a pas déjà passé par P&P, on pourrait envisager de créer un club de happy few amateur du Calvados;

- L'ITV Midi-Pyrénées en voyage d'études en Argentine : commentaires dithyrambiques dans la JV du 11 mai. Pour ma part, lors du cocktail qui a suivi la visite privée à l'exposition Bonnard au MAM de la Ville de Paris j'ai dégusté un Cheval des Andes fruit d'une JV entre Cheval Blanc et Terrazas de los Andes, Malbec et Cabernet-Sauvignon en terrasses à 1000 mètres d'altitude, assemblés par Pierre Lurton www.chevaldesandes.com . Chez Lavinia c'est une bouteille à 60 à 70 euros. A quand une JV entre des grands de Bordeaux avec des terroirs oubliés de notre Grand Sud ?

- René Renou président du comité vins et eaux-de-vie de l'INAO recevra des mains de Jean-Pierre Raffarin la cravate de Commandeur du Mérite Agricole à l'Espace Cartier 261 Bd Raspail, le mercredi 17 mai; la rédaction de Vin&Cie n'étant pas conviée à la cérémonie ne pourra vous donner la teneur des discours qui seront prononcés à cette occasion... 

Pour être bien informé de tout et de rien, faire parti du cercle des initiés,  abonnez-vous au blog Vin&Cie l'espace de liberté www.berthomeau.com et faites partager ce plaisir à vos amis, relations pour qu'ils viennent y surfer. Bon wek et lâchez-vous un peu chers lecteurs, participez au débat, faites avancer le rayonnement de nos beaux vins de France car petit blog deviendra grand...

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Jeudi 11 mai 2006 4 11 /05 /Mai /2006 08:35

Rassurez-vous ce n'est pas parce que je viens de croiser notre Ministre, Dominique Bussereau, sur le Bd Raspail alors qu'il s'embarquait pour sa journée de labeur, que ma plume prise de démangeaisons me pousserait à lui écrire. La lettre dont il s'agit a été adressé par les amis du "parti d'en boire" au Ministre de la Culture avec copie au Président de la République et qu'ils sont forts marris du peu d'intérêt qu'a succité leur initiative d'une journée culturelle sur le vin. Qu'ils me permettent de leur dire que ce n'est pas la bonne méthode.

En effet, pour qu'un tel projet aboutisse il faut qu'il soit d'abord défini et porté par tous les gens du vin, puis ensuite pour une grande part financé par eux : acte volontaire et non cagnotte prélevée sur les CVO, enfin vendu aux pouvoirs publics. Ayant inititié, mis en oeuvre la Journée Nationale du Cheval, qui n'était pas à l'origine une kermesse parroissiale : 10 millions de F de budget, je connais assez bien les rouages de ce type d'évènements. Les Ministres, qui reçoivent à jet continu des milliers de lettres, si on veut emporter leur adhésion, il faut leur apporter du clé en mains, du cousu main et surtout qu'ils sentent derrière le projet une réelle adhésion ce qui ne semble pas être le cas pour le vin.

Ceci étant écrit, je vais proposer à mes amis de " Sans Interdit " un projet cousin germain qui, s'ils en sont d'accord, nous porterons et si possible ferons aboutir. Pour l'heure je leur en garde la primeur mais pour la suite nous serons jamais trop avec les amis du "parti d'en boire"  pour pousser et en faire une réussite au service du vin. A suivre sur le blog. Mais, pour ne pas rester sur cette note un peu tristounette je vais vous conter une anecdote de réponse à des lettres adressées à mesdames les épouses de...

C'était en 1983 je crois, une crise de la cerise de bouche, je suis en charge du dossier au cabinet de Michel Rocard. Un matin un coursier nous porte trois panières emplies de magnifiques cerises en provenance des producteurs de l'Ardèche. Sur chaque panière une lettre épinglée : madame Danièle Mitterrand, madame Delors, madame Michèle Rocard. Nous transmettons aux intéressées et très vite on me confie le pensum d'écrire la réponse de chacune de ces dames aux producteurs de l'Ardèche. La missive de ces derniers est fort bien tournée, émouvante et sympathique. Je me prends au jeu et je commets trois réponses différentes en fonction de l'idée que je me fais de la personnalité de ces dames.  Fin de l'épisode à part que le chef de cabinet de Rocard, Yves Colmou, reçoit un coup de fil de Danièle Mitterrand pour remercier et ajouter " pourtant François a fait beaucoup pour la cerise..." au détail près qu'en l'occurence la cerise dont elle parlait était le bigarreau d'Apt cher au défunt et regretté Henri Michel et à notre ami JL Piton. 

Tous les fonctionnaires vous le dirons : la réponse au courrier parlementaire ou non, ce n'est pas de la tarte. Mais ainsi va le monde chers abonnés, les français aiment écrirent aux Ministres et moi qui prenais le temps en visant les réponses le soir à la veillée je puis vous dire qu'ils sont aussi friands de faveurs ou autres pistons... 

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Mercredi 10 mai 2006 3 10 /05 /Mai /2006 10:00

" C'était vraiment un intérieur bourgeois - de la bourgeoisie la plus conventionnelle et la plus modeste - et semblalble (une fois de plus il ne pouvait s'empêcher de le remarquer) à tous ceux de la maison et du quartier. Et ce qui lui plaisait particulièrement c'était peut-être de se trouver devant quelque chose de tout à fait banal, commun, et par cela même parfaitement rassurant. Car la vulgarité de cet intérieur éveillait en lui un sentiment presque abject de satisfaction. Dans la belle maison où il avait grandi régnait le bon goût et il se rendait compte que ce qui l'environnait maintenant était d'une laideur sans remède. Mais précisément il avait besoin de cette laideur anonyme comme d'un trait de plus le rapprochant de ses semblables. La modicité de leurs moyens les obligeraient, Julie et lui, au moins pendant les premières années de leur union, à habiter cette maison; et il en bénissait presque la médiocrité. ainsi bientôt ceci serait son salon; la chambre à coucher modern style dans laquelle, trente ans auparavant, avaient dormi sa future belle-mère et son défunt mari serait leur chambre à coucher; et la salle à manger où toute leur vie Julie et ses parents avaient pris leurs repas serait sa salle à manger. Le père de Julie avait été un fonctionnaire important dans un ministère et cet appartement, installé dans le goût de son jeune temps, était une sorte de temple pathétiquement élevé en l'honneur des divinités jumelles de la respectabilité et du conformisme. Bientôt, pensa Marcel, avec un plaisir presque impatient et en même temps mélancolique, j'aurais droit moi aussi, à cette respectabilité et à ce conformisme."

in Le Conformiste Alberto Moravia Flammarion 1951

Pour moi, Marcel, le Conformiste, c'est l'image de Jean-Louis Trintignant sanglé dans un costume de premier communiant tenant à la main son bouquet de roses juste avant de rendre visite à Julie sa fiancée " une fille vraiment normale, tout à fait dans la moyenne, assortie au style même de ce salon ". Dans le film de Bernardo Bertoluci sorti en 1970, j'étais à la Fac à Nantes et je passais beaucoup de temps dans les salles obscures, c'est l'énigmatique Dominique Sanda qui m'avait fascinée. Quand je dînerai à côté d'elle lors du Festival du film d'Avoriaz j'eus le sentiment de l'avoir toujours connue. Bref, où veut-il en venir ce matin notre chroniqueur déjanté ? A deux petites choses : à Trintignant et aux AOC...

Trintignant d'abord, que le cinéma italien des années 60-70, avec d'autres acteurs français, révélait. Depuis 1996, il coexploite, avec un couple de vignerons des Côtes-du-Rhône, le domaine Rouge Garance, situé à Saint-Hilaire-d'Ozilhan, dans le Gard. Selon Olivier Poussier et Philippe Faure Brac son vin est noté 4,5 sur 5. C'est vendu de 6 à 11,50 euros la bouteille. Le téléphone 04 66 37 06 92. Dans le Gard ya beaucoup de présidents qui parlent du vin mais ya aussi un grand acteur qui en vend.

Les AOC ensuite, dans leur expansionnisme débridé de la dernière décennie on retrouve la même quête éperdue à cette respectabilité et à ce conformisme chers à Marcel le héros de Moravia. A l'opposé, la volonté de René Renou d'extraire la crème du magma : les AOC d'excellence, relève de l'éternel combat entre le bon goût et la vulgarité. Bien, si vous trouvez que je pousse le bouchon trop loin : à vos claviers chers lecteurs car autrement à quoi ça sert que Berthomeau y se décarcasse chaque matin !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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