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Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 00:09

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Je ne suis pas amateur de sushis mais à Paris comme dans beaucoup de grandes métropoles ils colonisent de nouvelles populations : au restaurant, dans les cocktails, et même à la maison. Pour autant, pour conquérir des palais peu initiés au poisson cru et des flores bactériennes vierges du  gène leur permettant de mieux digérer les algues rouges utilisées pour envelopper les sushis. (Lire un article de Libération « Les Japonais, les sushis, la bactérie » http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/04/les-japonais-les-sushis-la-bact%C3%A9rie.html#tp ) les sushis japonais se sont-ils adaptés à notre goût ?

 

La réponse est assurément non !

 

D’ailleurs en a-t-il été autrement en notre beau pays pour des plats venus de nos provinces : la choucroute par exemple, ou de cette Algérie qui 50 ans après l’indépendance déchaîne toujours les passions, le couscous ? Sauf à considérer que les pâles copies de l’industrie agro-alimentaire sont des adaptations, ces plats se sont imposés en conservant leur goût d’origine. La fameuse mondialisation du goût, l’uniformisation des habitudes alimentaires de notre planète, est un fantasme qui ne résiste pas à une analyse sérieuse de la réalité. Bien évidemment, loin de moi de méconnaître l’effet rouleau compresseur des produits de grande consommation, ce que certains en un raccourci réducteur résume en l’effet Coca Cola, mais les produits typés, ceux qui ont conservé leur goût originel, font mieux que résister, ils imposent parfois aux fameux marqueteurs un retour aux fondamentaux : pour preuve l’exemple de Nespresso qui, sur la base d’une technologie innovante, a fondé son succès sur la redécouverte des crus du café.

 

Alors à tous ceux qui prêchent pour la nécessaire adaptation du vin français au goût de ces consommateurs venus d’ailleurs, les chinois et les indiens touts particulièrement, je dis halte au feu. Sortons des généralités qui provoquent des débats stériles qui nous paralysent ! Tout d’abord, le vin français n’existe pas, comme tous les pays producteurs, y compris ceux du Nouveau Monde, nous produisons des vins, des grands comme des roturiers, héritiers de notre histoire et de nos traditions.

Que ceux qui se revendiquent de l’AOC, d’un réel lien au terroir, veuillent s’adapter aux fameux goûts venus d'ailleurs touche non pas à l’hérésie, mais à la connerie la plus grave. En effet, ces nouveaux consommateurs comme tous les néo-consommateurs de vin n'ont aucune idée du goût, qui rappellons-le s'acquiert aux abords de l'âge adulte. Dans ce domaine il s'agit plus de culture alimentaire, de mode de consommation et de codes sociaux, bien plus que le goût au sens gustatif(cf. ma chronique récente sur le Japon).

Le problème ne se pose donc pas en termes d’adaptation du vin AOC au goût des consommateurs mais en termes d’adaptation de la ressource raisin aux vins qu’attendent les marchés. C’est radicalement différent ! C’est assumer notre héritage de vignoble généraliste. C’est faire des choix au cep. C’est sortir de la culture du vin-papier. C’est abandonner la revendication que l’AOC est un droit acquis. C’est accepter la dualité non conflictuelle  de deux démarches : celle des vins dit technologiques, plus faciles, et celle des vins de tradition qui, comme les sushis japonais, restent tels qu’en eux-mêmes.

 

En octobre 2006 j’ai commis une chronique : « Le bon beurre de la tante Valentine » http://www.berthomeau.com/article-4302753.html je vous le reproduits ci-dessous sans en changer une virgule.

  

« Lorsque la sonnette de l'écrémeuse commençait à tinter, ma chambre était au-dessus de la laiterie, je savais que la crème allait commencer de s'épandre dans le tarasson. La tante Valentine, préposée au beurre, après en avoir fini avec l'écrémeuse, déposait le tarasson de crème au frais et lorsque celle-ci était raffermie, elle y jetait une poignée de gros sel, puis assise sur une chaise paillée, à la main, elle baratait avec un pilon de bois.

C'était long. De temps en temps, elle évacuait le petit lait du tarasson. Quand la motte avait atteint une bonne fermeté, la tante la tassait dans un moule de bois ovale et dentelé. C'était le beurre de chez moi, avec une belle vache et des petites fleurs dessus. Le seul que j'acceptais de manger.

Dans mon bocage profond j'accompagnais papa lorsqu'il faisait la tournée de ses clients de battages. J'y voyais souvent faire le beurre. Comme on disait chez moi, j'en étais « aziré » (dégoûté). C'était crade et pourtant, ce beurre, emmailloté dans du papier sulfurisé, était vendu tous les vendredis, aux BOF, lors du marché de la Mothe-Achard. Du bon produit traditionnel, artisanal et, comme disait ma grand tante, en parlant de certaines fermières « ces gens là n'ont pas de honte ». Bref, j'ai été élevé exclusivement au beurre salé de vache normande baratté par la tante Valentine.

Passé à l'âge adulte, devenu un rat des villes, j'ai du subir la morne plaquette Président, ma bourse plate ne me permettant pas d'accéder à la motte de beurre vendue chez le crémier du coin. J'en consommais peu. En fin d'année, je contemplais avec horreur le beurre de Noël, tout droit issu des frigos d'intervention de la CEE, le summum du gâchis. Et puis, petit à petit, dans les froides allées de la grande distribution, le rayon beurre s'est diversifié : on retrouvait du beurre cru, on barattait à nouveau, la coopérative d'Isigny Ste Mère offrait du bon beurre à un prix raisonnable. On avait à nouveau le choix. On pouvait même s'offrir un Échiré ou un beurre de Baignes pour faire un extra. Même la plaquette Président s'est mis de nouveaux habits : beurre de Campagne, Gastronomique, du marketing mais après tout chacun fait ce qu'il veut ou ce qu'il peut.

Tout ça pour dire que je ne crois pas à la vision apocalyptique de la CP. L'avenir du vin, disons traditionnel pour faire court, n'est en rien menacé, bien au contraire la clarification que je réclame ne peut que favoriser la prospérité de ceux qui ont choisi cette voie. Je respecte toutes les analyses. Je m'étonne seulement qu'on travestisse la réalité et qu'on réécrive l'histoire. Une part de notre vignoble n'est pas prise en compte dans l'approche de la CP, il est occulté comme s'il dérangeait. On ne va pas transformer nos milliers de coopérateurs ou de producteurs individuels qui vendent en vrac en petits artisans-commerçants. Moi je ne dis rien de plus : notre vignoble issu des vins de table, s'il veut rester dans la compétition mondiale, doit s'adapter, sinon il disparaîtra. Alors, j'aime bien Jean Ferrat (pétitionnaire contre les vins industriels), sa montagne est toujours belle, mais son poulet aux hormones n'existe plus, les gens mangent du poulet de Loué ou d'ailleurs. Ce n'est pas le poulet de mémé Marie, qui grattait dans la cour, c'est un poulet élevé selon un process rationnel moderne. Tout le monde ne peut pas manger du poulet de Bresse ou de la Géline à crête pâle. »

 

Si vous souhaitez mieux vous informer sur la position de la CP vous pouvez aller sur le site www.contrelesnaufrageursduvin.org

 

Sur la carte d'un restaurant de sushis à Toulouse envoyé par un lecteur édifiant aussi !

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 26 septembre 2010 7 26 /09 /Sep /2010 02:00

Au Cintra sans le savoir, ni le vouloir d’ailleurs, Chloé et moi, venions de nous placer au bon endroit, au bon moment. Dans la partie de colin-maillard, jouée entre eux, par les hiérarques de l’armée chilienne, où tout le monde se méfiait de tout le monde, entre les différentes armes, les états-majors, les commandants de région, notre venue créait des passerelles, des connexions entre ce tout petit monde. Rejetons d’une bourgeoisie européenne, gâtée, revenue de tout, nous étions supposés neutres ou du moins manipulables à souhait. Face à cet état de fait, nos amis américains adeptes de la préparation maximale, de la mise en œuvre de moyens lourds et qui détestent par-dessus tout l’improvisation, se retranchèrent dans un silence exaspéré. Jouant le tout pour le tout, pour leur forcer la main, leur montrer ma capacité à agir sans eux, je télégraphiai au père de Marie pour qu’il me débloquât des fonds afin que nous puissions affirmer notre statut social de gosses de privilégiés. Le soir même tout était réglé avec en prime l’annonce par le grand artiste de sa future arrivée à Santiago pour examiner de près l’expérience Allende. Chez les gaullistes historiques tout ce qui prenait l’allure d’un bras d’honneur à l’impérialisme américain avait une saveur particulière. Notre installation dans une charmante villa de Las Condes, l’acquisition auprès d’une vieille aristocrate franquiste déjetée, veuve d’un grand propriétaire du Sud,  d’un coupé 404 Peugeot aussi rouge que flambant neuf, notre réception dans le premier cercle des généraux, provoqua une douloureuse et rapide révision stratégique de la Centrale. Bob Dole flanqué, comme à Berlin-Ouest, d’une flopée de conseillers débarqua, sans s’être annoncé, à l’heure du déjeuner.    

 

Rentrés au petit matin d’une fête à laquelle la crème de la jeunesse dorée de Santiago nous avait conviés, Chloé et moi petit déjeunions sur la terrasse.  L’irruption de deux limousines aussi longues et imposantes que des corbillards napolitains ne passa pas inaperçue dans notre quartier de rupins ce qui renforça plu encore notre aura auprès d’eux. Entendons-nous bien, la classe dirigeante chilienne n’appréciait pas outre mesure les américains mais leur exécration du régime d’Allende balayait leurs réticences : l’urgence commandait qu’on se débarrassa au plus vite de ces communistes alliés de Castro, de leur cortège de populace brailleuse et revendicative embrigadée par des « enragés » disciples du Che Guevara. Sur le gazon, en file indienne, tous en costume-cravate sauf bien sûr notre vieille connaissance de Berlin-Ouest, Eva Harriman, la blonde aux cuisses de velours avec ses faux airs de Veronica Lake qui, avait troqué son tailleur anthracite pour un ensemble pantalon Yves Saint Laurent en flanelle grise. La présence au sein de cette fine équipe de gros bras de Robert J. Parker, le grand black versus Sidney Pottier mieux qu’une déclaration d’intention démontrait que la Centrale de Langley nous prenait au sérieux. Dolorès les introduisit sur la terrasse où Chloé les accueillait en français d’un « Messieurs vous auriez pu vous faire annoncer. Vous savez, surtout lorsqu’on est demandeur, c’est plus qu’une simple règle de politesse c’est une obligation... » Parker, sans broncher, dégainait un large sourire qui dévoilait une denture étincelante tout en s’inclinant face à elle pour lui faire un baisemain de haute-école « Veuillez nous excuser de cette intrusion matinale. L’urgence en est la seule justification... » Miss Harriman, elle, fusillait Chloé du regard mais je crus déceler dans ses yeux un léger trouble lorsqu’ils se posèrent sur moi. « Profiter de la brèche au plus vite ! »

 

L’exposé de ma stratégie « d’un pied dans chaque camp » séduisait d’emblée Harriman mais laissait ma future proie sceptique. Loin de m’émouvoir ce partage des rôles, si prévisible, me permettait de concentrer mon tir sur la blonde platinée. Je lui donnais d’emblée du « chère Eva » en soulignant qu’en effet le point faible de mon dispositif se nichait dans ma capacité de convaincre les dirigeants du MIR de ma bonne foi. Pour autant je disposais de deux atouts déterminants : l’aura de la Révolution de mai et le fric ! Même Parker sursauta à mon évocation du nerf de la guerre. Plus directe Eva me lançait « les financer, vous n’y pensez pas ! » Chloé, vacharde, lui rétorquait « il fait plus qui penser, il l’exige ! D’ailleurs, chère madame, ce ne sera pas le seul prix que vous aurez à payer... Ce prédateur a des exigences que vous seule pourrez satisfaire... » Parker, à nouveau, ne put réprimer sa stupéfaction mais cette fois-ci je crus déceler dans son regard une forme de jouissance. La peau d’Eva, déjà lactée, devenait diaphane avant de se teinter d’une touche fine de rose sur la pointe de ses pommettes. Pour faire diversion je me lançais dans une explication de gravure sur le financement du MIR « pour eux le fric n’a aucune odeur et, quand bien même il en aurait, l’important à leurs yeux c’est qu’ils en ont un furieux besoin. De toute façon c’est la seule manière de nouer des liens réguliers et durables. Il nous faut leur faire y prendre goût, ensuite j’arriverai bien à dégoter dans le lot un Judas qui lui en croquera pour son compte... » Marché conclut. Chloé leur proposait un café à l’italienne. Parker acceptait, Eva, un peu pincée, déclinait mais je ne sais quoi dans la tension de sa poitrine moulée dans sa veste cintrée, une fine palpitation, me donnait à penser que la flèche de Chloé opérait son œuvre.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 26 septembre 2010 7 26 /09 /Sep /2010 00:09

La Toile, ses surfeurs, ses bloggeurs, mes lecteurs : ce dernier possessif ne fait pas de vous, loin s’en faut, ma propriété – je ne suis guère possessif, je préfère jouir des choses plutôt que de me les approprier – mais marque les liens qui se tissent, qui se nouent, entre vous et moi. Vous m’écrivez, vous m’interpeler, vous me remettez à ma place, vous m’encouragez, bref vous êtes celles et ceux qui ouvrez mes messages matinaux avec une régularité qui me stupéfie. De tous ces liens qui se créent ceux qui me touchent le plus sont ceux qui me relient avec des gars ou des filles de mon pays. Tel est le cas avec Henri-Pierre Troussicot, le fils du grand Alfred de la perception, et le frère de Gervais et de Jack mes copains, qui m’a retrouvé un jour au hasard de ses pérégrinations sur le Net. Lui et moi nous ne sommes guère connus à la Mothe-Achard car c’était un grand mais avec lui je retrouve « mes jeunes années rêveuses et sauvageonnes » http://www.berthomeau.com/article-non-je-n-ai-pas-la-nostalgie-de-mon-pays-natal-de-ma-jeunesse-sauvageonne-oui-55951976.html et ce doux parfum d’enfance.


Henri-Pierre écrit des nouvelles. En voici une qu’il m’a envoyée récemment. « Les batteries », les battages de la moisson avec la tournée des métairies – c’était le temps du métayage – c’est mon enfance dans la trace de papa et de sa batteuse Merlin. « T’es le fils d’Arsène ! » me disaient les gars des sacs. J’opinais. J’étais fier. Henri-Pierre écrit sur le temps de la locomobile http://www.berthomeau.com/article-5229329.html , moi je n’ai connu que le Société Française Vierzon http://www.berthomeau.com/article-1714340.html , mais l’ambiance qu’il fait revivre dans sa nouvelle est bien celle que j’ai connue. Temps englouti retrouvé sans nostalgie au fil des lignes. Merci Henri-Pierre. Bonne lecture...

La nuit venue, un ultime coup de sifflet avait annoncé le dernier sac de la dernière métairie depuis déjà un moment. A vrai dire on ne termine pas si tard, mais pour ne pas avoir à démarrer pour peu de temps on a poussé un peu plus loin ce soir.

     Il était presque onze heures du soir, lorsque du bas de la Doucerie il a fallu atteler quatre paires de bœufs pour tirer la « vapeur » et autant pour la Mécanique qui est presque aussi lourde et pour hisser tout cela jusqu’au haut de la Marière et mettre en chantier pour le lendemain matin. 

                                                  oooOooo  

     Le soleil n'est pas encore levé ; des reflets violacés teintent l'horizon. Un voile de brume éphémère s'élève encore des prés bas où dort l'Auzance en accrochant aux peupliers et aux fougères la fraîcheur de l'aiguail. L'étang est immobile, rien ne bruit aux alentours, la brise est même trop fragile pour troubler les roseaux et c'est tout juste si, venant de là-bas, en bout de la grande prairie, le couplet des oiseaux qui s'émoustillent dans les taillis du bois de Lézardière nous rappelle que la nature s'éveille...

     Les hommes finissent le casse-croûte sans trop traîner ni  chanter haut. La journée s'annonce longue comme celle d'hier où trois borderies ont été battues... C'est à cinq heures solaire comme d'habitude que le premier coup de « subiet » a retenti. Arsène Boucard chauffe toujours plus tôt que les autres...

       Il a une longue ronde à faire durant les cinq semaines que vont durer les batteries et tant que le beau temps est là il faut en faire le plus possible.

     Le gerbier de la première borderie, la Marière n'était pas bien haut et la vanneuse a eu tôt fait de digérer le blé mûr.

     Le prochain chantier sera d’une autre envergure ! 

     L'aire de « Pied-Sec » a été préparée à grands coups de balais de « peune » et de « fragonnette ».

     Deux énormes gerbiers derrière les tourettes d'avoine qui seront battues en premier, ont été édifiés à se regarder, laissant entre eux un passage étroit où dans quelques instants la vanneuse Merlin-Vierzon va tout juste se glisser.

     Le grand Hubert a rincé la « baillote » et l'a installée tout près de là ; ce sera à peine suffisant pour abreuver la locomobile et y aurait rien de drôle que quelques-uns se retrouvent de corvée d'eau en plus du travail habituel.

     Pour le temps que va durer les batteries, Gustin Chagneau va perdre son autorité  sur sa métairie. C'est une bonne trentaine de gaillards qui suivent le matériel et vont se mettre à l'ouvrage aux différents postes.

     Que je vous dise les noms de quelques-uns qui seront là et que nous allons retrouver : les Poissonnet de la Proutière, Rapiteau de la Rocherie, Barreau de Pointindoux, Félicien Ficeleau de la Morinière, Elie Buton du Renou, Gustave Louineau de la Vregnaudière, Léon Martineau du Déffent, les Potier, Perrocheau, Guesdon, Chabot etc...

     C'est toujours dans une tonitruante ambiance que le cortège de la Mécanique fait son entrée dans la ferme.

     Le père Barreau et son gars piquent les parthenais qui « haricotent » dur devant la vanneuse. Quelques mètres en arrière les grands bœufs jaunes ont autant de peine à tirer « la Noire » encore chaude de ses premières heures tandis que suit la guimbarde où s'entassent tuyaux, cales, grilles, baquets et autres ustensiles qui dringuaillent tant et plus à la cadence des deux paires de bœufs que Jouzé asticote sans arrêt en braillant des chapelets de Farino-Biandin!... Jaunet-Lapin !... ponctués de cent mille bondioux... et j'en passe.

     Les roues en fer de tout ce matériel écrasant les cailloux du chemin projettent aux alentours un vacarme tellement assourdissant que la volée de gamins courant autour n'entend pas les avertissements des gars qui montent en vélo, la fourche posée sur le guidon et un pion tenu dans le cadre du porte-bagages.

     D'autres ont coupé à pied à travers champs en sifflant Fauvette la chienne de la Marière affolée par l'événement. 

                       oooOooo 

     La batteuse qui date de 1936 aime à préciser  Arsène a trouvé  facilement sa place, reste à aligner « la Noire ». Avec renfort de crics, de cales et barres à mine, arrosé de plus de jurons que pourrait en contenir l'enfer, à chaque fois c'est une sacrée suée que prennent le chauffeur et ses deux ou trois compagnons pour bloquer la locomobile... " - A drète encore ! Encore un poué ! Cale darère Victor! Là, de même !...

     Cet énorme coléoptère aveugle va être raccordé à la vanneuse par la grande courroie.

     Plaisir des yeux de gosses que de suivre la languette de raccordement de cette grande courroie qui transmettra à toute vitesse le mouvement au batteur en calligraphiant interminablement un grand huit aux balancements réguliers.

     Ces yeux de gosses s'ouvrent aussi bien grands maintenant qu’Arsène tourne la manivelle pour dresser le tuyau de la locomobile et pour déployer le monte-paille ; cette mise à la verticale fait frémir, souffle coupé, gorge sèche...

     La remorque se vide de tout son fatras de grilles, de courroies, tuyaux, etc... tout cela venant s'accrocher, s'emboîter, se visser ou suspendre à des places bien précises.

     Chauffe la machine ! ...Arsène tire un bon coup sur son ceinturon qui n'a pas dû le quitter depuis qu'il a fait son temps à Épinal et tous poils dehors s'active comme un beau diable.

     Tel le chauffeur de l'Expresse les Sablés-Paris qui charge à grandes pelletées le foyer de sa locomotive, embrasant étrangement la nuit à l'arrêt de la Mothe, Arsène, maître du feu, gave sa machine et part pour une nouvelle aventure qui le conduira aujourd'hui encore aux portes de l'illusion …

     Noir comme grelet, il devra être là, à casser la briquette, alimenter le fourneau, surveiller le manomètre, jouer de la burette ... Il faut que ça ronfle !...

     Trois coups de sifflets, tout le monde en place !…

     Le chauffeur a « lancé » le volant... La vanneuse vient d'avaler la première bouchée de son monstrueux festin...

     Par équipe de quatre, où je reconnais Joseph Robin du Moulinet, Riri Poissonnet, Elie Buton, les hommes lancent les gerbes sur la machine.

     Fernand Breluzeau de la Boutière est sur la vanneuse à passer les gerbes sur la table, on ne tient pas à ce qu'il soit à l'engrenage en raison de son penchant pour la bouteille... L'endroit est dangereux. Y a pas si longtemps encore qu'un gars de Beaulieu s'est fait emporter une main dans le batteur et en remontant dans le temps on en retrouverait bien trop, des hommes victimes de cette machine...

     Véritable opération à ciel ouvert sur la table d'engrenage, le coup de serpette de Gustave Louineau libère les épis qui se trouvent tout de suite démêlés comme il faut. Riquet de la Martinière a la place la plus exposée ; c'est lui qui, à grandes poignées, par gestes précis et réguliers, engrène dans la vorace mécanique. Riquet a le coup pour ça et il est rare qu'avec lui, la machine s'engoue. Faut dire que quand cela arrive tout le monde perd son temps, sans compter que presque à chaque coup, les retours de poulies font sauter la grande courroie, ce qui ne manque jamais de faire vociférer toute l'équipe, Arsène en tête, qui tient au bon fonctionnement de ses machines et à sa réputation d'entrepreneur...

     La sueur coule sous les chapeaux de paille, l'atmosphère autour du pailler s'alourdit dans la poussière, la chaleur et le bruit. En « braumant » à intervalles irréguliers, la batteuse vomit d'énormes brassées de paille que là-haut, sous la visière du monte-paille les hommes saisissent à grandes fourchées.

     Abel Rapiteau qui a noué son mouchoir autour du cou passe à Marcel Renolleau de la Guilmandière le litre de noah qu'Odette vient de leur jeter dans un geste précis. Bue au goulot, la bouteille fait le tour du pailler.

     Monter ce pailler est un travail qui doit être bien fait.  Manuel Charrieau à l’ oeil et, d'en bas, il guide l'affaitage avec autorité. Si le pailler a belle allure l'honneur lui en reviendra. Il ne s'agirait pas que le tas chavire à la première bourrasque, et sait-on qui s’y abritera à un prochain rendez-vous, derrière le pailler ?

     Les bouteilles vont et viennent aussi sur le gerbier et la vanneuse ; Jeanine a même amené du café pour ceux qui ont besoin de nerfs !...

     Marcelin Boiliveau et ce pauvre fils de vesse de « Gnouf-Gnouf » méritent bien de boire un coup, car, à raballer la menue paille au raccord de la vanneuse et du monte-paille, dans ce nuage de poussière et de débris, ils n'ont pas la meilleure place. Autrefois, c'était encore plus pénible, lorsqu'il fallait dégager le ballet plus loin, à pleines bernes ou au moyen de « balles » de châtaigner, immenses paniers sans anse que les « penassous » de chez nous fabriquent encore.

     Aujourd'hui le « ballet » est soufflé depuis la vanneuse jusqu'à quinze ou vingt mètres plus loin. Les gosses buffant dans des subiets de sureau vont se faire cingler les mollets à la sortie du tuyau et se mettre nues pattes pour aller s'enfoncer jusqu'aux fesses dans l'énorme tas qui se forme ainsi.

     Au début de la batterie, Simone et Victoria sont allées remplir leurs pleines « dornes » de balle d'avoine; on peut en avoir besoin pour rembourrer les « balines » des nouveaux nés avant la saison prochaine. 

                       oooOooo  

       L'animation qui règne du coté des bâtiments est tout autre. Depuis la veille on a descendu du grenier les tréteaux, les bancs et les planches que l'on va aligner dans le grange pour nourrir les hommes, refaire leurs forces. La mère Pérou a autorité et savoir et à « Pied Sec » comme à la Guilmandiere ou la Rocherie tous les ans on la demande pour préparer ces ripailles. Couper les ragoûts ou cuire la volaille et les sauces.

     Depuis déjà deux jours on a sorti la vaisselle des coffres, celle qui sert aux batteries, aux vendanges et de temps en temps à la noce... on à tué la volaille, préparé les bouillons de soupe et coupé les viandes de ragoût qu'il faudra mijoter longuement. Pendant que les hommes sont en plein travail, on met la dernière main aux préparatifs. On va couper les tranches de lard froid, surveiller la mogette ou les petits pois... Les femmes de la maison mettent un point d'honneur à « bien soigner » le personnel!

     C'est qu'à Pied-Sec il va y avoir le repas de midi avec ceux de la Marière et souper ce soir vu l'importance de l'ouvrage.

       Dans la fraîcheur des laiteries et des chambres on aligne « tarassons » et platées de caillebottes ou de millet .

     Cette agitation n'empêche pas les éclats de rires de jeunesse qui se joignent aux criards empressements des femmes qui popotent. La bonne humeur aide à supporter la tension du moment.

     Un bruit de galopade derrière la grange ; on s'amuse dans ce coin là. Pendant qu'il avait le dos tourné, Néné Guesdon n'a pas trouvé plus drôle que de glisser une bonne poignée de grain dans la culotte à Léon Martineau du Déffant. Pas pour longtemps cette rigolade... 

     « te vas voir si j't'attrappe »

     On aura bien la revanche, mais les sacs attendent.

     Au cul de la vanneuse trois ou quatre hommes s'affairent aux sacs de grains. Hilaire Chabot et son inséparable conscrit Octave Millet tiennent toujours ce poste. Un sac est plein - allez Hop on ferme le «pot » en attendant d'en mettre un vide à la place. Tenant d'une main la goule du sac, de l'autre le bout du « rollon », on le porte jusqu'à la bascule.  

     Le grand âge de Léon Giraudeau ne lui permet plus de travailler de force et l'estime que lui vouent les paysans du coin fait que c'est à lui que revient le devoir de tarer. Le sac marqué du sigle du Syndicat est pesé. Trop plein, pas assez, - on ajuste le poids et chaque homme qui passe par là, dans le parfum du blé mûr plonge la main dans la récolte et l'égrené en donnant l'avis de circonstance...et les sacs prêts à être mis à l'abri sont alignés à quelques pas de là.

     Monsieur ROY, le régisseur de tout l'aménage de la famille LOUVET de SAINT GEORGES veille à ce que la partie de la récolte qui revient au Maître soit bien chargée dans la charrette du Logis, c'est encore le temps du métayage.

     Ce sont des gaillards jeunes et vigoureux qu'il faut pour monter la récolte au grenier de la ferme. Adrien Perrocheau de la Noue, le grand Michel de Moque-Souris, un gars capable à lui tout seul de monter un brabant sur un tombereau, vont gravir l'escalier de pierre avec 80 kg sur le dos autant de fois qu'il y aura de sacs à porter...

     Les sacs sont entreposés en attendant que boulanger et minotier en prennent livraison pour garantir la fourniture en pain de toute la maisonnée pour l'année à venir. Chacun apportera sa « coche », mais c'est une autre histoire.  

                                                                         oooOooo

                     

     Observateur paresseux, dans les prés qui bordent l'Auzance, une tige d'ivraie sauvage entre les dents, vos rêves perdus dans l'azur s'accompagnent du refrain des cricris et de la clameur confuse des batteries.

     A Pied-Sec on a battu jusqu'au soir...

     Harassés, les hommes ont soupé et fait honneur aux plats et aux boissons que Gustin offre fièrement. Malgré la fatigue, Octave a chanté des chansons à ripouner pendant que Fernand Breluzeau et Jouzé tenaient le pari à qui mangerait la plus grosse assiettée de fraissure...  

                   oooOooo 

     La Mécanique est partie, fleurie d'un énorme bouquet de passe roses et de pieds-d'alouette, la « noire » devient « la mariée ». La Mécanique est partie... un tas de mâchefer fume encore à l'endroit où a été tisonnée le fourneau...

     Demain la volaille aura de quoi picorer pendant que, par économie, les femmes venteront les ramassures de l'aire sur laquelle redescendent du firmament les odeurs de paille, de terre et de fumée.

     L'écho d'un clairon se répercute d'une métairie à une autre C'est René de la Chapodière qui s'exerce pour le défilé du préveil de Sainte-Flaive le prochain dimanche...

     Sous la nuit étoilée, un sommeil de plomb va  refaire le corps et la volonté des gars qui dans quelques heures vont repartir à l'ouvrage lorsque ça va encore « subier » pas loin d'ici... 

                          Henry-Pierre TROUSSICOT

 

 

 

 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 25 septembre 2010 6 25 /09 /Sep /2010 00:09

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Le buzz que j’évoquais hier sur «  Les Gouttes de Dieu » ce succès venu d'ailleurs, «principalement du Japon, mais également de Corée et des États-Unis» du Château le Puy 2003 de JP Amoreau me font vous proposer des extraits du Chapitre VI « De la manière de boire&de manger des japonais » tiré du Traité sur les contradictions&différences de mœurs écrit par le R.P. Luís Fróis au Japon, l’an 1585 avec une préface de Claude Lévi-Strauss publié aux éditions Chandeigne www.editions-chandeigne.com

Le grand anthropologue écrivait notamment « L’Occident  a découvert le Japon à deux reprises : au milieu du XVIe siècle quand les jésuites, venus dans le sillage des marchands portugais y pénétrèrent (mais ils furent expulsés au siècle suivant) ; et trois cents ans plus tard, avec l’action navale menée par les Etats-Unis pour contraindre l’Empire du Soleil-Levant à s’ouvrir au commerce international.

De la première découverte, le père Luís Fróis fut l’un des principaux acteurs. Un rôle comparable revint, dans la seconde, à l’Anglais Basil Hall Chamberlain dont Fróis apparaît aujourd’hui comme le précurseur. Né en 1850, Chamberlain visita le Japon, s’y fixa et devint professeur à l’Université de Tôkyô. Dans un de ses livres, Things Japanes, paru en 1890, composé en forme de dictionnaire, sous la lettre T un article intitulé Topsy-Turydom, « le monde du tout à l’envers », développe l’idée que « les Japonais font beaucoup de choses de façon exactement contraire à ce que les européens jugent naturels et convenable. »

Ainsi, les couturières japonaises enfilaient leurs aiguilles en poussant le chas sur le fil au lieu de pousser le fil dans le chas. Elles piquaient aussi le tissu sur l’aiguille au lieu, comme nous le faisons, de piquer l’aiguille dans le tissu [...]  

Car ces usages – les missionnaires jésuites l’avaient déjà remarqué – n’opposent pas seulement le Japon à l’Europe : la ligne de démarcation passe entre le Japon insulaire et l’Asie continentale [...]  

Claude Lévi-Strauss fait aussi remarquer que « La plupart de ces exemples étaient déjà brièvement cités par Chamberlain. S’il avait pu connaître le Traité de Fróis, découvert onze ans après sa mort, il y aurait trouvé un répertoire fascinant d’observations parfois identiques aux siennes, mais plus nombreuses et qui tendent toutes à la même conclusion [...] »

Dans le titre du Traité de Fróis, les mots contradiçōes et diferenças pourraient laisser accroire à une inintelligibilité réciproque entre nos deux civilisations alors que l’ambition de l’auteur est de faire voir des rapports transparents de symétrie. Lévi-Strauss le souligne « La symétrie qu’on reconnaît entre deux cultures les unit en les opposants. Elles apparaissent tout à la fois semblables et différentes, comme l’image symétrique de nous-mêmes réfléchie par le miroir, qui nous reste irréductible bien que nous nous retrouvions dans chaque détail. »

 

 

« De la manière de boire&de manger des japonais » Extraits du Chapitre VI (en rouge le boire)

 

1-    Nous mangeons toute chose avec nos doigts ; les Japonais, hommes et femmes, dès l’enfance, utilisent deux baguettes.

2-    Notre nourriture ordinaire consiste en pain de froment ; celle des Japonais, en riz cuit sans sel.

3-    Nos tables sont mises avant que n’arrivent les mets ; les leurs viennent de la cuisine en même temps que la nourriture.

4-    Nos tables sont hautes avec une nappe et des serviettes ; celles des Japonais sont des tablettes laquées rectangulaires, basses, sans  nappes ni serviette.

5-    Pour manger, nous nous asseyons sur des chaises avec nos jambes allongées ; eux ont les jambes croisées sur des tatamis ou sur le sol.

6-    Leurs plats viennent tous ensemble ou sur trois tables ; chez nous, les mets viennent peu à peu.

11- En Europe, les hommes mangent ordinairement avec leurs femmes ; au Japon, c’est une chose très rare, parce que les tables sont séparées.

12 - Les gens en Europe se délectent de poisson grillé ou bouilli ; les japonais apprécient bien davantage de le manger cru.

21 - Nous nous lavons les mains avant et après les repas ; les Japonais, qui ne prennent pas la nourriture avec les doigts, n’ont aucun besoin de se les laver..

24 - Les européens se délectent de poules, de perdrix, de pâtés et de viandes blanches ; les Japonais, de chacals, de grues, de singes, de chats et de goémon cru.

26 -  En Europe, nous rafraîchissons le vin ; au Japon, pour le boire, on le réchauffe presque en toute saison.

27 – Notre vin est fait de raisin ; le leur, de riz.

28 – Quand nous buvons d’une seule main ; les Japonais le font toujours avec les deux.

29 – Quand nous buvons, nous sommes assis sur une chaise ; eux sont à genoux.

30 – Nous buvons dans des verres d’argent, de cristal ou de porcelaine ; les Japonais, dans des sacanzukis [coupes] de bois, ou des caravages [petit pot]de terre cuite.

31 – Chez nous, chacun ne boit pas davantage que ce qui lui plaît, sans émulation particulière ; au Japon, ils s’importunent tant qu’ils font vomir les uns et saoulent les autres.

33 – L’eau que nous buvons hors de repas soit être froide et claire ; celle des Japonais doit être chaude avec de la pudre de thé battue avec une brosse de bambou.

35 – Nous buvons dès le commencement du repas ; au Japon, ce n’est qu’à la fin qu’on apporte du Vin.

38 – Chez nous c’est s’avilir et se discréditer que de s’enivrer ; les Japonais s’en réjouissent et si on leur demande : « que fait le tono [seigneur] ? », ils répondent : « il est saoul » !

41 – Nous répugnons à manger du chien, mais pas de la vache ; eux répugnent à manger de la vache, mais le font fort joliment des chiens, en guis de médecines.

42 – Chez nous les tripes pourries de poisson sont tenues pour abominables ; les Japonais s’en servent comme sacana (mets d’accompagnement avec le saké) et les mangent très volontiers.

43- Chez nous, il est sale de mâcher à grand bruit et de laper le vin ; les Japonais tiennent ces manières pour raffinées.

44 – Nous louons le vin de nos hôtes en faisant à ces derniers bonne et joyeuse figure ; les Japonais le font en montrant une mine si défaite qu’on croirait qu’ils vont pleurer.

45 – Nous conversons à table, mais ne chantons ni ne dansons ; les Japonais ne parlent guère jusqu’à la fin des repas, mais dès qu’ils sont échauffés, ils dansent et chantent.

46 – Chez nous, l’invité rend grâce à son hôte ; au Japon, c’est le contraire.

51 – Chez nous, manger ou offrir de la viande pourrie ou du poisson avarié serait un affront ; au Japon, on en mange et même puants on en offre sans gêne aucune.

52 – En Europe, il serait vil de vendre du vin à un honnête citoyen dans sa propre maison comme dans une taverne ; au Japon, les citoyens les plus honorables le jaugent de leurs propres mains et le vendent eux-mêmes.

55 – En Europe nos mangeons le sanglier cuit ; les Japonais le mangent en tranches fines et crues.

60 – Chez nous, roter à table devant les invités est très mal élevé ; au Japon, c’est très courant et personne ne s’en offusque.

 

Note : « En 1585, Luís Fróis (1532-1597) jésuite portugais a écrit un texte singulier dont le manuscrit, un petit volume composé de 40 feuilles de papier japonais au format 16x22 cm, n’a été retrouvé qu’en 1946 par Josef Franz Schtütte aux archives de Madrid. Ce dernier l’a transcrite et publié en 1955, avec une traduction allemande, dans une revue universitaire japonaise.

La collection Magellane, en 1993, en a fait paraître la traduction français, de Xavier de Castro, accompagnée d’un appareil critique très fourni sur la présence européenne au Japon au XVIe. Le présent ouvrage reprend l’intégralité de cette traduction sans l’appareil critique. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 10:44

JP Amoreau propulsé par l’actualité avec son château le Puy www.chateau-le-puy.com/ est un ami de l’association Sève et un fidèle lecteur : http://www.liberation.fr/culture/01012292014-un-manga-japonais-fait-d-une-cuvee-sans-histoire-un-vin-culte « Un manga japonais fait d'une cuvée sans histoire un vin culte » Affirmer que sa cuvée est sans histoire prête à sourire – si tant est que les emmerdements puissent faire sourire – c’est ignorer que le château le Puy a connu, et connaît encore, bien des déboires avec le système officiel de la dégustation qui lui a retoqué, et lui retoque encore, des cuvées pour les habituelles divagations sur la typicité, « l’air de famille ». Je lui ai consacré une chronique mais j’avoue qu’à la seconde, avec mes titres à la noix, je ne la retrouve pas. Si vous pouvez m’aider dans ma quête je suis preneur.

Bref, encore une mornifle sur la joue de ceux pour qui dégustation (agrément) rime avec exclusion de tout ce qui n’est pas à la hauteur du plus petit commun dénominateur. Accepter la différence, la prendre en compte dans l’exercice périlleux des dégustations d’agrément, en finir avec le rabot niveleur de « l’air de famille » me paraît, au vu de ce qui vient de se produire, le minimum d’intelligence que l'on puisse attendre. Ce sont les consommateurs qui sont les seuls juges, et dans le cas de JP Amoreau si ses vins sont différents ce n’est pas pour plaire, pour s’adapter à leur goût, mais tout simplement parce qu’ils sont en harmonie avec sa conception du métier de vigneron.

« Etre vigneron, c’est être observateur, curieux, méditatif, travailleur, hardi, méticuleux, amoureux de la nature et des êtres vivants, respectueux de ses semblables.

Etre vigneron, c’est être artiste avec méthode, audacieux avec réflexion, enthousiaste avec méditation, fougueux avec patience, obstiné avec fantaisie, économe avec générosité.

Etre vigneron, c’est savoir donner à l’amateur le meilleur de soi-même par le vin.

Etre amateur de vin, c’est savoir percevoir toute la passion du vigneron en dégustant son vin, avec ses proches et amis. »

 

Voilà pour ce qui est du manga « Les Gouttes de Dieu » la maison Berthomeau suivant une tradition bien ancrée avait déjà souligné le phénomène voilà déjà deux années :

- chronique du 18/08/2008 « L’énigme : Vosne-Romanée 2001-Échezeaux 2002 du domaine Gros frère et sœur dans Les Gouttes de Dieu » http://www.berthomeau.com/article-21995629.html  

- chronique du 25/08/2008 « Lalou Bize-Leroy et le Haut-Médoc de Giscours dans Les Gouttes de Dieu » http://www.berthomeau.com/article-22051339.

- chronique du 17/10/2008 « Thibault Despagne et Château Mont-Péret sont dans le tome 3 les Gouttes de Dieu » http://www.berthomeau.com/article-23752112.html 

- chronique du 22/01/2009 « 3 verres pour réveiller le passé, les japonais sont fous des grands Bourgognes et de JY Bizot»  http://www.berthomeau.com/article-27014862.html

 

Pour être informé les premiers venez voyager sur mes lignes... et pourquoi pas vous abonner. Bonne journée à tous...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 00:09

En effectuant un peu de ménage dans mon capharnaüm de brouillons, d'ébauches, d'esquisses de chroniques, j’ai retrouvé ce texte qui émane, je crois, du Quotidien du Peuple. Il exprime, avec une syntaxe et une orthographe, que j’ai conservées en l’état, la vision qu’a le chinois moyen des rapports des français avec leur boisson nationale : le vin. Bonne lecture ! PACE E SALUTE PER VOI...

 

« Après s'être installée dans sa nouvelle villa, pour créer une ambiance chaleureuse, conviviale et agréable, la première chose que la famille française pense à faire c'est de remplir la cave de bouteilles de vin. Est-ce nécessaire de faire comme cela, se disent les Chinois qui imaginent qu'on a qu'à aller acheter à chaque fois qu'on a envie d'en boire et que ce n'est pas la peine d'emménager spécialement un endroit dans la maison pour placer du vin. Ce qu'ils ne comprennent pas c'est la vive passion des Français pour ce boisson alcoolisée, un sentiment qui date depuis toujours et qui est difficile à saisir si l'on ne l'éprouve pas soi-même. La France est mondialement connue pour la production de vin et elle est à la tête du monde pour cette production. Le Champagne, le Bordeaux et le Bourgogne sont des marques françaises de vin de réputation mondiale. Les Français consomment chacun en moyenne chaque année quatre vingt litres de vin. En France, il est normal pour les familles aisées de posséder une villa avec une cave dans laquelle sont conservés précieusement de meilleurs vins datant de diverses époques. On peut raisonner comme cela : la conservation du bon vin en France ressemble à l'entretien d'une maîtresse en Chine, car pour tous les deux c'est cacher quelque chose de précieuse chez soi ou bien c'est qu'on s'attribue la propriété d'une chose qu'on convoite, qu'on est fortement épris et qu'on dissimule pour mieux l'admirer et l'apprécier en cachette.



Pour les familles françaises moins aisées, elles disposent également de « coffres spéciaux » pour contenir des bouteilles de vin de moindre qualité et à prix plus bas, mais qui sont bien rangées et bien alignées dans le coffre et qui font vraiment plaisir à voir. Quant aux familles pauvres qui n'ont aucun moyen de conserver du vin chez-elles, que font-elles alors ? Après une journée de dure labeur, le chef de la famille s'en va dans un bistrot pour boire un petit verre de vin sinon toute la journée lui semble alors ennuyeux, fastidieux et même insupportable. Les Français se montrent exigeants, raffinés et difficiles en ce qui concerne la dégustation du vin. Pour eux, un repas copieux doit être bien arrosé. Il faut au début boire un apéritif, suivi de divers plats dont poulet, canard ou bien poisson le tout arrosé de vin blanc dont la couleur est la même. Dans le cas où l'on mange de la viande de veau, de l'agneau ou du porc, il faut alors boire du vin rouge. Le soir, il faut également terminer le dîner le fromage et du vin. Bref, pour les Français qui aiment déguster du vin, ils ne craignent ni ennui et ni tracas, car cela leur permet en outre de se débarrasser des soucis, des tourments et des peines de la vie.



En fin de compte, pourquoi les Français aiment-ils tellement s'abreuver de vin ? Cela tire source de la société et de l'histoire. A l'époque de Napoléon, pour alléger les fardeaux des soldats démobilisés, le gouvernement leur donnait l'autorisation de produire chaque année dix kilos de vin privé sans avoir à payer d'impôt. En plus, de cela, il leur était permis d'en produire vingt litres de plus pour leur famille. Cette façon de faire a été transmise de génération en génération et est devenue une habitude populaire et depuis ce temps-là la vinification et la dégustation du vin ont été toujours en vogue en France. Aujourd'hui dans le pays, un grand nombre d'usines vinicoles de grande renommé tirent leur origine d'anciens ateliers privés de familles pauvres qui fabriquaient le vin pour subvenir à leurs besoins. En dehors du territoire métropolitain, dans les anciens départements d'outre-mer français, dont l'Algérie, on cultivait également de grandes surfaces de vignes et la vinification qui y était développée et prospère fait que l'industrie vinicole était devenue une industrie pilier dans la plupart des territoires françaises.



Lors des deux guerres mondiales, pour économiser ses ressources, la France interdisait la vinification et la vente de vin, ce qui faisait que ce dernier était devenu aussi précieux que l'or. A la fin de ces deux guerres, pour stimuler et développer l'économie, le gouvernement français a aboli l'interdiction du vin et a fait une publicité tapageuse autour de la valeur économique et de la valeur nutritive et c'était ainsi que l'industrie vinicole a repris son essor dans toute la France et toutes sortes de vin rouge et de vin blanc, dont champagne, bourgogne et bordeaux, se sont répandues une fois de plus dans toutes les couches de la société française. Le vin est vraiment une bonne boisson alcoolisée pensent les Français qui sont certains qu'il est un fortifiant sanguin et une substance stimulante et vivifiante. Toutefois, la passion excessive pour cette boisson alcoolisée nuit en fin de compte à la santé de l'être humain et peut en outre causer des accidents de route. Chaque année en France, des dizaines de milliers d'habitants ou bien souffrent de l'intoxication vinique ou bien sont victimes d'accidents causés par des conducteurs de voitures en état d'ébriété. Nombreux sont les gens, habitués au vin, n'en peuvent se passer et il semble que leur vie dépend de cette boisson alcoolisée et leur état de santé devient de plus en plus mauvais, ce qui est une réalité que les Français doivent tenir compte et dont ils ne doivent pas sous-estimer le mal qu'il pourrait causer.



Certains Français, lucides et perspicaces, considèrent que le bon vin est comme la femme et l'argent qui peuvent leur apporter la joie, le plaisir, la satisfaction, la consolation et le bonheur, mais également le chagrin, l'ennui, le désespoir, la tristesse et le malheur. »

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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 05:50

Laurent Bourdon « L'homme qui en savait trop » sur Alfred Hitchcock comme de bien entendu avait publié en 2007 « Le dictionnaire Hitchcock » préfacé par un certain Claude Chabrol. Il allait donc de soi que les deux hommes se retrouvassent autour d’une table pour à la fois coucher sur le papier les anecdotes recueillies derrière la caméra et ponctuer les 57 films du cinéaste de morceaux de bravoure de l’œuvre culinaire de l’épicurien Chabrol : « Du pâté de la mère Chaunier dans le Beau Serge à la pintade au chou de Bellamy en passant par le ragoût de mouton de Que la bête meure, le fricandeau à l'oseille des Fantômes du chapelier et la lamproie à la bordelaise de la Fleur du mal » C’est donc un « Chabrol se met à table » 57 films et 25 recettes publié chez Larousse fort goûteux que nous propose Laurent Bourdon www.larousse.fr  170772_50415e006956955609120b8c3a3c3e94.jpg 

 

Pour vous mettre en bouche voici deux morceaux choisis :

 

1 - Un extrait du petit entretien entre l’auteur et Claude Chabrol

Laurent Bourdon : Quelle est la véritable signification de la nourriture dans vos films ?

Claude Chabrol : C’est tout simple : Si les personnages ne mangent pas... ils meurent ! Donc je les fais manger. Et puis, c’est un moment particulier, car c’est à table que l’on ment le plus mal. Difficile de mentir la bouche pleine, donc, évidemment, les masques tombent, le vernis craque, le naturel reprend le dessus, appelez ça comme vous voudrez, mais ces moments passés autour d’une table permettent un certain relâchement tout à fait propice à la dramaturgie. On ne va pas entrer dans les détails puisque ce livre étudie tout cela, mais c’est vrai que j’aime ces scènes qui mettent véritablement à nu les personnages. Il faut retirer son masque pour manger !

Laurent Bourdon : Ce que mangent vos personnages n’est pas anodin non plus.

Claude Chabrol : Evidemment. Ce qu’ils mangent les révèle tout autant. Dans Poulet au Vinaigre par exemple, Pauline Laffont et Lucas Belvaux dînent au restaurant et commandent des plats un peu tape-à-l’œil, un peu vulgaires, qui ne vont pas ensemble, médaillons de foie gras, feuilletés de ris de veau, profiteroles, le tout arrosé de champagne ! – un Piper 1976 c'est moi qui le précise C’est médiocre et ça ressemble aux personnages qu’ils jouent. En revanche, dans Que la bête meure, Michel Duchaussoy commande un merveilleux canard rôti qui va être découpé sous ses yeux avec le même soin et le même raffinement que lui-même a mis pour élaborer et conduire sa vengeance envers le meurtrier de son fils. Il n’y a pas de hasard dans ce que mangent les personnages dans mes films.

2 – Un petit morceau de Poulet au Vinaigre (1985)

Pour la petite histoire j’ai assisté à la projection du film en avant-première lors du festival du film policier de Cognac. L’inspecteur Lavardin, Jean Poiret, ne commence jamais sa journée sans ses deux œufs aux plats accompagné d’un grand crème. Au bar il affirme même « avoir passé le cap des trente mille le mois précédent ! »

« L’affiche et la bande annonce de ce film mettent en scène Claude Chabrol la pipe au bec qui, l’air très mystérieux, ouvre la grosse cloche d’argent d’un chariot à gigot. Alternant avec des images du film qui illustrent son propos, le cinéaste explique : «Pour faire un bon poulet au vinaigre, prenez un poulet authentique ; un poulet pas trop nerveux ; un poulet plutôt tendre. Une pincée de folie. Saupoudrez d’agressivité. Ajoutez deux cuillérées de mystère. Déglacez avec un brin d’érotisme. Laissez mijoter dans le suspense, sans oublier le vinaigre. C’est une recette secrète. Et servez chaud ! Bon appétit et régalez-vous. »

 

Comme les cordons bleus le savent pour faire une sauce il faut du liant alors que pour faire un blog il faut du lien. Comment résisterais-je au plaisir de vous donner ma propre recette de Poulet au Vinaigre « Poulet au vinaigre de cidre augeron » http://www.berthomeau.com/article-21223208.html  en signalant à mes chers lecteurs qu’ils y trouveront :

- Une référence au Pied de Fouet le merveilleux petit bistro de la rue de Babylone qui serait allé comme un gant à notre regretté Chabrol ;

- Un conseil pour redécouvrir un poulet oublié : le Coucou de Rennes ;

- L’adresse d’un producteur de vinaigre de cidre du Pays d’Auge ;

- Enfin un conseil de vin qui va avec : le Picpoul de Pinet.

- Un grand Bonus : la chronique de François Morel sur France Inter à écouter ou réécouter absolument.« les bons vivants font de mauvais morts... »
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 00:09

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Jean Clavel, c’est Philippe Doutreme-Puich, un compagnon de mes deux années de coopération constantinoise, membre du cabinet du Président du Conseil Général de l’Hérault de l’époque : Gérard Saumade qui entretenait avec le Grand Jojo des relations orageuses,  qui me l’a présenté au temps où j’arpentais le Languedoc pour le compte de Michel Rocard Ministre de l’Agriculture de l’époque. Il était directeur du Syndicat des Coteaux du Languedoc (voir bio http://jean.clavel.pagesperso-orange.fr/portrait.htm ) C’est un sage, l’un des grands artisans du renouveau des appellations du Languedoc, l’un de ceux qui savent mieux que quiconque que derrière les ceps il y a des femmes et des hommes qu’il faut, en toutes circonstances, respecter car leur labeur en vaut bien d’autres qui si se veulent plus nobles et qui attirent la lumière autour de laquelle beaucoup de lucioles et de gros bourdons se pressent.

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Jean  a 2 fils vignerons l'un en Languedoc (Mas de Périé Assas,  www.vins-clavel.fr ,  l'autre dans le Ventoux en cultures familiales diversifiées, vignes en cave coop, cerisiers et autres fruits, oliviers pour huile, lavande...Comme Jean me l’écrit et je me permets de le porter à votre lecture: « Ils fonctionnent très différemment l'un et l'autre. Pierre et sa femme Estelle sont sur une exploitation viticole de 35/40 ha de vigne bio en AOP sur 3 terroirs Pic Saint Loup, Saint-Christol et Méjanelle en vente directe, principalement export, bon niveau de compétence, jeune œnologue plein temps, stagiaires venant de l'agro, très bon équipement cave vinif, élevage, conditionnement, régulations des températures, après 2 années plus difficiles mais bénéficiaires, nette reprise de l'export. Ils ont 2 fils.

Loïs est sur l'exploitation venant des beaux parents et aide sa compagne qui est chef d'exploitation, en zone de montagne, les parents retraités agricoles sont encore très actifs. La logique d'entreprise est,  pas de salariés, culture très soigneuse, on récolte ce qu'on peut au maximum, s'il reste des fruits sur les arbres on les laisse, le fonctionnement de la coopérative d'Apt ne les satisfait pas, mais ils restent dans ce contexte, l'autoconsommation des produits bio de l'exploitation est la règle, il y a des gites loués en été, ils vivent confortablement mais modestement, et ont aussi 2 fils. »

 

Jean conclue « Je vis donc au travers de toutes ces expériences, directement au contact de la réalité quotidienne languedocienne et un peu provençale... »

Caillou-9152.JPG       Transformations viticoles en Languedoc:

 

« Lorsqu'on voyage dans notre région, on constate, maintenant, la réduction importante des surfaces des vignobles, et le mitage des paysages. Vu de l'autoroute A9, vers Béziers, des parcelles de vignes de grande surface à droite et à gauche sont arrachées et les tas de souches mortes sont encore présents sur ces terrains. Mais ce n'est pas seulement dans les grandes exploitations biterroises que l'on peut constater cette situation. J'ai été grandement surpris, il y a quelques semaines, au cours d'un contrôle effectué dans le cadre de l'ODG Languedoc (Organisme de gestion qui a remplacé le syndicat des Coteaux du Languedoc, dont je dirai quelques mots en annexe), dans la commune de Neffiès. Cette commune est située au nord de la zone viticole de la future appellation « sous régionale AOP » «  Pézenas ».

              J'avais, de Neffiès l'image et le souvenir d'une commune viticole dynamique, dont la cave coopérative était le moteur principal, ayant initiée il y a une vingtaine d'années une zone de reconquête viticole de garrigue, dans les hauts de la commune, entre Neffiès et Cabrières, d'une centaine d'hectares,  plantée en cépages recommandés dans le cadre de l'AOC Coteaux du Languedoc. La municipalité de la commune avait aidé cette initiative située sur des biens communaux, et avait conclu des baux emphytéotiques à prix modéré,  pour éviter aux vignerons d'avoir à supporter le poids du foncier.

              Première surprise, nous avions rendez vous à la cave coopérative du village, dont on m'annonça qu'elle avait cessé  de fonctionner, alors qu'elle avait modernisé ses installations. Deuxième surprise, le magnifique vignoble de coteaux de la défriche est tout mité.

2009: arrachage volontaire  subventionné de 6 ha,

2010: 13 ha nouveaux arrachés, et m'a t-on dit ce n'est pas fini. Ces plantations avaient eu l'aide du département de l'Hérault, de la région LR, de l'État français, et de l’UE. 20 ans après on subventionne les arrachages !!!Quelle tristesse !!

              On annonce la fin de nombreuses caves coopératives, dont certaines subsistent en attirant des coopérateurs voisins qui cherchent une solution à la défaillance de leur propre cave. Mais le plus souvent ce sont des apports de vendanges sans adhésion aux statuts, ce qui confirme leur caractère provisoire et précaire. Les conflits entre adhérents concernant la gestion des caves se multiplient, ce n'est pas le première fois que l'on voit un président de cave, lassé de ne pouvoir faire évoluer positivement l'ensemble des adhérents, abandonner la présidence et créer sa propre cave indépendante, c'est arrivé récemment dans les Grès de Montpellier, près de Lunel. Les situation aberrantes se multiplient, une coopérative en difficulté de gestion, s'offre à une absorption par une autre cave coopérative, la solution serait la réunion de 2 caves voisines, mais le plus souvent des conflits de voisinage avaient marqué l'histoire ancienne des deux villages et la cave en difficulté choisit un partenaire parfois très éloigné, ce qui multiplie les frais de transport de la vendange et surtout la participation des adhérents de la cave absorbée à la gestion de la cave absorbante, ce qui entraîne alors la réduction du vignoble de la commune dont la cave a disparu. L'absence d'une politique collective de la coopération viticole, d'une concertation entre caves et d'une intervention de l'État qui a financé, anciennement, le développement de la coopération viticole et se désintéresse maintenant de son avenir, compromet la mise en oeuvre de solutions intelligentes.

              Certains responsables politiques régionaux disent, officieusement, que 10 caves coopératives par département seraient suffisantes pour satisfaire les besoins!! Il y en avait 560 en 1970 en Languedoc Roussillon dont 155 dans l'Hérault. Il en resterait actuellement 80 dans ce département, mais combien en survie ??  

              En parcourant le territoire de Neffiès, en direction de Caux, une cave particulière en construction démontre que tout n'est pas perdu, et que des couples jeunes, venant d'autres régions, ayant confiance dans un avenir vinicole local et dans le terroir, investissent dans le vignoble, et dans l'immobilier, car n'ayant pu obtenir un permis de construire de l'habitation à côté de la cave et du caveau de vente, ils ont acheté une maison dans le centre du village. Est ce que ça démontre que le milieu humain vinicole languedocien traditionnel n'a plus, en général, l'énergie pour surmonter les difficultés du moment ?

              Mais il y a d'autres signes de changement, j'étais hier dans les Corbières en visite dans mon village natal, qui proche de Narbonne,  et situé sur un axe de communication, voit son territoire agricole se réduire rapidement, et des zones  d'activité artisanales ou industrielles se multiplier. Après quelques visites, nous avions convenu de nous retrouver à l'Abbaye de Fontfroide, très proche, qui me rappelle tant de souvenirs de jeunesse, de parcours en vélo, de visite du domaine alors très accessible et  au travers des immenses bois ou nous allions à la rencontre de bâtiments abandonnés qui avaient servi à des activités disparues, comme la collecte des résines des pins dans des gobelets en terre cuite, qui nous emportions comme des trophées.

              L'Abbaye revit grâce à l'initiative de ses propriétaires et d'une jeune branche familiale qui a repris la gestion directe, a renouvelé le vignoble millénaire dans l'AOP Corbières, la cave, a organisé l'accueil de milliers de visiteurs,  anime les lieux prestigieux par des activités culturelles, et aménagé dans une magnifique et ancienne bergerie un restaurant maintenant réputé, qui à partir de menus faisant appel aux produits locaux et aux vins du domaine reçoit une clientèle particulière et des groupes louant des espaces pour des activités collectives , des réunions, des congrès. La qualité est présente partout, y compris dans la gestion du vignoble, et les prix non excessifs.

              Ces solutions nouvelles permettant le maintien dans le système privé de monuments historiques prestigieux dont l'entretien est très coûteux, et de vignobles réputés, se développent rapidement. Valmagne, autre magnifique abbaye cistercienne des  Grès de Montpellier, après un intense effort de reconstruction rénovation à long terme pour assurer son avenir, la recréation d'un jardin des simples et de production légumière bio, a ouvert depuis peu, son restaurant et y sert les vins bios du domaine.

              Flaugergues, à Montpellier,  lieu historique  privilégié et protégé malgré la croissance de l'urbanisme tentaculaire qui l'entoure et l'enserre, résiste et prend l'initiative d'accueillir un public nombreux venu découvrir les vins du domaine ou participer à des initiatives de réception, dans les espaces couverts ou de jardins aux plantes et arbres remarquables et depuis peu le restaurant, situé à côté du caveau de vente, moyen d'un chiffre d'affaire salvateur.

              Le succès de ces initiatives prestigieuses et d'autres plus modestes en cours de développement, démontrent qu'il y a des ressources vigneronnes capables d'engager le Languedoc dans des voies d'avenir.

 

Annexe: La réforme de l'organisation viticole française, imposée par le gouvernement sans trop de concertation,  par  une ordonnance en date du 6/12/2006 (issue l'article 73 de la loi d’orientation agricole du 5/01/2006) a profondément modifié l'organisation des vins en France. L'OCM, (organisation commune de Marché européenne) mise en oeuvre par un règlement du 29 avril 2008, bouleverse les pratiques françaises, introduisant un libéralisme de fonctionnement opposé aux normes de production nationales. (Exemple: la décision de supprimer le cadastre viticole et les droits de plantation, base de l'organisation viticole française.)  Les syndicats viticole 1884 à adhésion libre,  base de l'organisation viticole française, ont été remplacés par des administrations à adhésion obligatoire (ODG) aux fonctions limitées. Des administrations de contrôle indépendantes effectuent les fonctions dévolues aux syndicats. L'INAO qui avait une certaine indépendance par rapport au ministère de l'agriculture et avait joué un rôle historique, direct et indirect, important,  dans la notoriété des vins français dans le monde, a été remplacé par un organisme administratif sous tutelle, chargé de gérer les signes de qualité de tous les produits agricoles et agro-alimentaires. Cette évolution technocratique de la viticulture française est devenue d'une complexité telle, que sa cohérence en souffre. Les administrations intervenantes, douanes qui ont succédé à l'administration des contributions indirectes anciennement chargée de la viticulture, n'ont pas la même interprétation que Agrimer qui a repris l'activité de ONIVINS, souvent en contradiction avec la DDEA, résultat de la fusion de la DDAF (direction départementale de l'agriculture et de la forêt) avec la DDE(Direction départementale de l'Équipement) On peut s'interroger sur la pertinence de tous ces bouleversements administratifs, est ce que ça aide au développement du marché international des vins français ??

 

Jean Clavel 20/09/2010

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 00:09

J’eus pu, dès mardi dernier passé, surfer sur la vague Michel Rolland puisque la veille, sous un franc soleil, chevauchant mon fier destrier, j’enjambais la Seine sur le pont Royal – normal je suis le fou des Rois – pour me rendre au Saint-James&Albany goûter des breuvages étrangers à l’invitation de Suzanne Méthé. Je liais les rênes de ma monture face à la vitrine de Colette là où la moindre jupette écossaise, haute comme un abat-jour de lampe de chevet, vaut 2350 euros.

 

En effet, sitôt entré, je tombais nez-à-nez avec le ban de Michel Rolland Collection où était exposé un échantillon de ses vins bien à lui qu’il produit dans trois pays : l’Afrique du Sud (Remhoogte 2005 et Bonne Nouvelle 2003), l’Espagne (Campo Alegre 2007) et l’Argentine (Mariflor 2007, Val de Flores 2004, Yacochuya 2005). Donc, après m’être présenté : nom, âge et condition : mis à l’index pour outrage aux bonnes mœurs de l’amicale des ouvriers de la 25ième heure défenseurs de l’adaptation des vins français au marché, j’y fis ma 1ière station sous la conduite fort plaisante et compétente de David Lesage, gendre de Michel Rolland.  

 

Si je ne fis cette mise en ligne dans la foulée, même si j’en avais eu fort envie, c’est que dans ma situation chahutée je risquais fort de me voir taxer d’opportuniste. J’eus pu tout de même, en rappelant qu’il y eut des socialistes opportunistes, les socio-démocrates, s’opposant aux socialistes révolutionnaires, mais là je ne suis pas certain que mes références à Rosa Luxembourg vous eusses convaincu de ma bonne foi. J’eus pu enfin, me référer à Jacques Dutronc mais là c’eut été une autre chanson.

 

Bref, avant même de vous entretenir de mes notes de dégustation – ne vous réjouissez pas trop vite vous n’aurez droit qu’à mon coup de cœur – il m’a fallu tempérer mon ardeur naturelle, que je me répétasse à l’envi la maxime de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord « patience et longueur de temps, font plus que force ni que rage... » pour ne pas publier illico le texte suivant signé de Michel Rolland bien plus en phase avec sa philosophie que celui – de seconde main – qui avait provoqué mes petits lazzis et les motions de soutien de l’amicale des qui sont toujours du bon côté du manche.

 

« La notion de « cru » a toujours existé par contre la notion de « terroir » est plus récente, cependant elle est prédominante. En effet, quand nous nous demandions pourquoi certains vins étaient souvent meilleurs que d'autres, on faisait justement intervenir la notion de terroir. Il y a toujours eu, bien sûr, l'influence des hommes avec leur culture, leur philosophie, la tradition, mais au travers du temps, certains crus dominaient régulièrement.

On peut dire qu'en intégrant cette notion de « terroir » qui est une combinaison de la nature du sol et du climat ambiant, on a pu développer un concept d’œnologie qui s'adaptait aux qualités et insuffisances du terroir.

Evidemment, la hiérarchie est toujours respectée au niveau de la qualité des vins si le meilleur terroir est le mieux « travaillé ». Cependant, d'autres, plus modestes ou inconnus à priori peuvent produire des vins d'un grand intérêt.

C'est ainsi que sont nés tous les travaux d'amélioration du vignoble : taille adaptée, effeuillages, vendanges vertes (pour un meilleur contrôle des rendements), à la recherche de la maturité. Les sols et la vigne ont été mieux compris, avec moins d'amendements, une lutte raisonnée contre les maladies, un palissage mieux conduit, la plantation de porte-greffes mieux adaptés, etc... Toute cette réflexion dans un seul but : améliorer la qualité du raisin produit quel que soit l'endroit où est cultivée la vigne. Car, c'est de la qualité du raisin que viendra la qualité du vin et c'est le respect de ce fruit tout au long de sa transformation, le respect du vin dans son élaboration et son élevage qui préserveront cette qualité.

L'objectif n'est pas de produire des premiers crus partout dans le monde, ni des vins identiques, mais seulement permettre au vin d'avoir la meilleur expression de son terroir.

Ainsi, avec tout l'acquit familial, l'enseignement scientifique, la curiosité, l'intuition, nous avons dû comprendre ou essayer de comprendre tous les facteurs influents, de la terre aux hommes de toutes les terres, tâche assez complexe mais intéressante d'où peuvent naître l'enthousiasme, la passion et l'envie de les faire partager dans un verre de vin, pour le Plaisir. »

 

J’en reviens à mon coup de cœur pour ce Pinot Noir des Andes : le Mariflor de la Valle de Uco à Mendoza. Tout le monde le sait, mais le géographe qui sommeille en moi trouve que ça va mieux en le disant, la province de Mendoza, située à l’Ouest dans le ventre de l’Argentine, limitrophe du Chili, est typiquement une province andine et elle rassemble la plus grande part du vignoble argentin.

 

Pour mémoire, le projet « Clos de los Siete » où, à l’initiative de Michel Rolland, un groupe de ses amis, tous propriétaires à Bordeaux, ont acquis avec lui Le Campo de Clos de los Siete, propriété qui s'étend sur 850 hectares, au coeur de l'immense plaine de Vista Flores, dans la Vallée de Uco, aux pieds de la fabuleuse et imposante Cordillère des Andes. Le domaine est « une entité de gestion collective, divisée en vignobles à caractère individuel ; chacun contribuant à l'élaboration du vin-phare « Clos de los Siete », et chacun produisant également, de façon indépendante, son propre vin, sous son propre nom, dans sa propre bodega, à la manière d'un château bordelais. »

 

Mariflor est une des parcelles de 4 ha plantées de Pinot Noir en 2002 - site tout proche du petit vignoble de vieux Malbec de « Val de Flores » -  située sur la bordure la plus haute du campo, la plus proche des Andes, à 1000 mètres d'altitude, couvrant 100 hectares dont 60 sont déjà plantés de Malbec, Cabernet Sauvignon, Syrah, Merlot et Sauvignon Blanc et dont la production des cépages rouges contribue au « Clos de los Siete ».

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C’est donc, avec le particularisme de son encépagement, ses dimensions, sa position d’altitude, si je puis m’exprimer ainsi « un confetti de l’empire ». Ce Mariflor, contraction de Marie, prénom de l’une des filles de Michel et Dany Rolland, et flor ou flores : fleur, qui sonnait déjà joliment à mes oreilles puisque Marie-Flore fut mon premier amour – j’avais 15 ans et elle 18, ce qui mis en émoi le clan des femmes lorsque mon père, ami du père de Marie-Flore, rapporta l’information à la maison. Pour le pays Henri-Pierre elle était de Sainte-Flaive des Loups – m’a de suite ravi, enchanté. C’est un vrai petit bijou, tout en finesse, de belle tenue,  et avec cette Mariflor j’avais le sentiment d’être installé au bord d’un podium de défilé de mode et de découvrir enfin un top model qui aurait des formes naturelles, fluides, défilant avec une aisance désarmante, sans chichi ni morgue, avec la fraîcheur et le naturel d’une jeune fille, j’ose l’écrire, en fleur.

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Nous sommes plus au temps des fables mais plutôt dans une époque où l’instantanéité, le buzz, peut parfois provoquer des éruptions, des irritations, des incompréhensions, alors rien ne vaut le retour à la leçon de choses de notre enfance, toute bête, toute simple. Même si je ne suis pas le modèle-type du dégustateur patenté, mes émois face à ce Pinot Noir des Andes, cette Mariflor aux accents juvéniles, valent mieux que des mots alignés dans une polémique d’arrière-cour. J’assume tout mais de grâce faites-moi la grâce de ne pas taxer mon enthousiasme de contrition. J’en suis bien incapable. Je suis venu, j’ai dégusté, j’ai aimé Mariflor, j’ai écrit cette chronique et la page est tournée...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 05:00

Ce sage précepte que me serinait ma mémé Marie lorsque ma vivacité à river le clou de mes petits camarades ou des grands dépassait ce que dans ma bonne Vendée, assez portée pour la génuflexion et la révérence, on se devait de garder pour soi, permet de dire ou d’écrire le fond de sa pensée sans utiliser les mots qui font plaisir, bien tranchants, bien saignants, mais qui blessent inutilement. Réfléchir avant de parler, ici en l’occurrence d’écrire, ne vaut pas censure de ses propos. Ce temps de réflexion distille la fureur du premier mouvement, évite le plaisir carnassier de river le clou à celui qui vient de vous porter un coup, un peu bas, que vous n’attendiez pas. Comme le soulignait l’ami Jérôme, rompre des lances, même vivement, se fait dans le respect de son interlocuteur.

 

Même si ça insupporte certains, mon expérience de ce qu’on appelle d’une expression un peu galvaudée les relations humaines, tant dans l’entreprise en gérant par exemple un plan social avec pour interlocuteur majeur la CGT, que dans mes fonctions dites officielles avec le dialogue omniprésent rue de Varenne avec les blocs syndicaux professionnels rugueux, mais aussi dans mes fonctions de médiateur sur des dossiers difficiles, m’a rendu peu sensible aux coups. J’ai le cuir très tanné mais un seul procédé me fait voir rouge : la disqualification de son interlocuteur. C’est un grand classique : dit-donc toi t’es qui pour te permettre de ramener ta fraise ? Tu sors d’où ? Tes propos sont ceux d’un envieux, d’un aigri, d’un représentant de la France ranci ! J’ai été le témoin de cette morgue lorsque François Guillaume, au Congrès de la FNSEA de Narbonne, plaçait Michel Rocard plus bas que terre parce que son extraction urbaine le disqualifiait en tant que Ministre de l’Agriculture. Toute proportion gardée bien sûr c’est le procédé utilisé, d’une façon qui se voulait pateline, à mon endroit pour soi-disant défendre Michel Rolland.

 

Tout ça pour mettre un point final à une escarmouche bien dérisoire mais qui révèle tout de même une forme d’esprit de clan, celle qu’on reproche tant à la classe politique. Cependant, rassurez-vous, si tant est que vous eussiez besoin de l’être, lorsque j’ai écrit : « à l'avenir je prendrai le temps avant de riposter, ça m'évitera de déraper mais bonne parole n'est point parole molle... et bien sûr je serai plus circonspect de là où je mets les pieds. » je ne changerai rien à ma ligne de conduite. Ma seule requête c’est que chacun assume ses écrits dans le respect de son interlocuteur, moi y compris. C’est tout mais c’est beaucoup même si mon Espace de Liberté est qualifié de cour de récréation. Après tout la cour récréation c’est plutôt sympa, on y joue, on y cause, on s’y crêpe le chignon, et c’est un lieu qui en vaut bien d’autres dont le sérieux cache souvent la vacuité.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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