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Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 00:09

Même si certains en doutent, ou font semblant, j’ai pleine conscience de mes limites, de mes failles, de mes insuffisances pour tout ce qui concerne l’art de la dégustation. Certes je ne nie pas que je sois en capacité de reconnaître ce qui est grand, ce qui est beau, ce qui m’enchante, mais il me manque des pans de culture, des références, une histoire commune que partagent les vrais amateurs. Alors, pour ne pas endosser le costume d’un imposteur je n’aurai jamais l’audace de mettre mes mots au service d’une cause où d’autres que moi excellent. J’avoue mieux apprécier, exprimer les qualités des hommes que celles des vins qu’ils font.  aag.jpgVous ne vous étonnerez donc pas que, suite à une invitation de la maison Hugel&fils de Riquewihr, je ne vous fasse pas le panégyrique complet des merveilles que j’ai dégustées en fort bonne compagnie cette fois-ci ; une jeune apprentie journaliste pertinente, intelligente, courtoise et de surcroît jolie. D’ailleurs ma position d’ignare est parfaitement en phase avec les principes de dégustation tels que définis par Jean Hugel en 1967 « Ces vins, avait-il écrit, doivent être dégustés ainsi : seuls, sans repas, avec des amis connaisseurs, dans une atmosphère de respect, en oubliant le prix des bouteilles. Ainsi rendez-vous hommage à la compétence et à l’honnêteté du vigneron, et aussi à la nature qui nous permet de produire de tels joyaux. » (1). Le même Jean Hugel avait pour devise : « Un vin bien traité est un vin non traité » (1)   aaa-etienne.jpg © Andy Bullock Jean-Philippe, Marc and Etienne Hugel

 

Donc, lorsque je poussais la porte du restaurant de la rue de Verneuil, chère à Gainsbarre,  le jeudi 21, ma philosophie était bien établie. Accueilli par un Étienne Hugel « dont l’adolescence baba-cool avait inquiété son père » (2) primesautier et avenant je cherchais la place favorite des cancres : bien au chaud près du radiateur. Notre hôte fut disert, très disert, appuyant ses propos sur la saga des Hugel par de magnifiques photos familiales que vous pourrez découvrir sur le site de la maison Hugel&fils  www.hugel.fr. « À l’image de leur « Sainte-Catherine » - foudre de 8800 litres affichant 294 millésimes au compteur -, la dynastie Hugel affiche une résistance à toute épreuve. Fondée en 1637 par Hans Ulrich Hugelin, elle a traversé la guerre de Trente ans, survécue aux famines, à la peste, aux épidémies, aux batailles napoléoniennes comme à celle de 1870 et est sortie miraculeusement des guerres de 1914-18 et 1939-45. Tantôt française, tantôt allemande, toujours debout : l’histoire de la famille se confond avec celle de l’Alsace. »(2)  aaq-riquewir.jpg

« Plus résistantes que leurs ceps ! » constatent JP de La Rocque et Corine Tissier cette famille Hugel comme celles regroupées dans l’association Primum Familae Vini : les Drouhin, Antinori, Torrès, Rothschild, Perrin... qui comme l’observe Étienne Hugel partagent « les mêmes valeurs » qui font face « aux mêmes problématiques » et entre lesquelles se sont « tissés des liens de confiance et d’amitié » Chez les Hugel, dans cette Alsace « tantôt allemande, tantôt française » cet enracinement, ce lien indéfectible avec la France et des français, pas toujours bienveillants avec eux, symbolisé par Georges Hugel, tout juste démobilisé par les allemands, en septembre 1944, qui s’engage dans la 1ière Armée française alors que Jeanny se trouvait encore sous l’uniforme allemand.

 aag-VT.jpg aar-GN.jpg

Ce dernier mena le combat visant à encadrer la production des vins alsaciens dits de « Vendanges Tardives » ou de « Sélection de Grains Nobles ». En effet, certaines années, les raisins vendangés ne possédaient pas le taux de sucre naturel pour atteindre le degré alcoolique permettant de faire des SGN. Alors les vignerons chaptalisaient mettant ainsi sur le marché des quantités de vins indignes, médiocres. Ce combat il le mena avec quelques-uns de ses collègues vignerons dans l’hostilité du plus grand nombre. C’était dans les années 80, et dans le rush final j’étais au première loge puisqu'étant Conseiller Technique chargé de la Viticulture au cabinet de Michel Rocard Ministre de l’Agriculture. Dans ce même cabinet, un alsacien fort ambitieux menait un travail de sape pernicieux, mais la pugnacité de Jeanny Hugel triompha puisque le 1ier mars 1984 le Décret relatif aux appellations d'origine contrôlées « Alsace » et « Alsace grand cru » fut publié au Journal Officiel de la République. Je ne résiste pas au plaisir de vous le proposer car, dans le circuit des signatures, le projet est passé entre mes mains avant de remonter chez le Ministre.Johnny_Hugel_2003.JPG

Avant cette lecture encore une particularité de la Maison Hugel&fils « Jeanny Hugel estimait également que le combat pour la qualité devait aussi être étendu aux premiers crus d’Alsace. Près de 60% des vignes détenues par les Hugel sont situées en grands crus. Pourtant, les bouteilles Hugel ne mentionnent jamais cette donnée, a priori, synonyme de qualité. « À partir du moment où les gens peuvent chaptaliser et faire presque n’importe quoi ce n’est pas une garantie de qualité, tranchait Jeanny » (2) http://blog.hugel.com/2009/06/jean_hugel_millesime_1924_vien.html#comments

 

(1)  extraits de La guerre et le vin Don et Petie Kladstrup chez Perrin

(2)  extraits de Guerre&Paix dans le vignoble les secrets de douze grandes dynasties du vin Jean-Pierre de La Rocque et Corinne Tissier chez Solar  aab-plateau.jpg

Le Premier ministre,

 

Sur le rapport du ministre de l'économie, des finances et du budget et du ministre de l'agriculture,

Vu la loi du 1er août 1905, modifiée par la loi n° 78-23 du 10 janvier 1978 et la loi n° 83-660 du 21 juillet 1983, sur les fraudes et falsifications en matière de produits ou de services, et notamment son article 11 ;

Vu la loi du 6 mai 1919 modifiée sur la protection des appellations d'origine ;

Vu les articles 20 et suivants du décret du 30 juillet 1935 relatif au marché du vin et au régime économique de l'alcool ;

Vu la loi du 13 janvier 1938 complétant les dispositions du décret du 30 juillet 1935 sur les appellations contrôlées, modifiée par la loi du 3 avril 1942 ;

Vu le décret du 3 avril 1942 portant application de la loi du 3 avril 1942 sur les appellations contrôlées, complété par le décret du 21 avril 1948 sur les appellations d'origine contrôlées ;

Vu l'ordonnance modifiée du 2 novembre 1945 définissant l'appellation d'origine contrôlée " Alsace " ;

Vu le décret du 20 novembre 1975 modifié définissant l'appellation d'origine contrôlée " Alsace grand cru " ;

Vu les délibérations du comité national de l'institut national des appellations d'origine des vins et Eaux-de-vie en date des 2 juin et 15 septembre 1983.

 

Article 1 Modifié par Décret n°2007-1763 du 14 décembre 2007 - art. 1

Les vins à appellations d'origine contrôlées "Alsace" et "Alsace grand cru" peuvent être déclarés et présentés avec l'une des mentions particulières "vendanges tardives" ou "sélection de grains nobles" s'ils correspondent aux conditions respectives ci-dessous précisées :

a) Etre issus de raisins récoltés manuellement ;

b) Etre issus d'un cépage unique et être déclarés et vendus avec mention du nom de ce cépage ; Toutefois, les vins à appellation d'origine contrôlées " Alsace " et " Alsace grand cru " issus de vendanges récoltées dans l'aire de production du lieu-dit Kaefferkopf et provenant du cépage Pinot gris G ne peuvent pas être déclarés et présentés avec l'une des mentions particulières " vendanges tardives " ou " sélection de grains nobles ".

c) Etre issus de vendanges de l'un des cépages ci-dessous présentant les richesses naturelles minimales respectives spécifiques suivantes en sucre par litre de moût :

Désignation :

Gewurztraminer,

- Mention vendanges tardives : 243 g/l.

- Mention Sélection de grains nobles : 279 g/l.

Pinot gris,

- Mention vendanges tardives : 243 g/l.

- Mention Sélection de grains nobles : 279 g/l.

Riesling,

- Mention vendanges tardives : 220 g/l.

- Mention Sélection de grains nobles : 256 g/l.

Muscat,

- Mention vendanges tardives : 220 g/l

- Mention Sélection de grains nobles : 256 g/l.

d) N'avoir fait l'objet d'aucun enrichissement, cette condition impliquant la constatation systématique de la richesse en sucre prévue au c ci-dessus de la matière première par l'Institut national de l'origine et de la qualité ;

e) Présenter le titre alcoométrique volumique total correspondant à la richesse en sucre ci-dessus précisée ;

f) Avoir fait l'objet d'une déclaration préalable lors de la vendange auprès des services locaux de l'Institut national de l'origine et de la qualité ;

g) Etre présentés, dégustés et agréés à l'examen analytique et organoleptique sous leur mention particulière, l'agrément ne pouvant intervenir avant un délai minimal de dix-huit mois à compter de la date de la récolte. Les vins ne peuvent être agréés sans l'obtention préalable d'un certificat d'aptitude délivré dans les conditions précisées par le règlement intérieur prévu à l'article 1er de l'arrêté du 7 décembre 2001 modifié relatif aux examens analytique et organoleptique pour les vins à appellation d'origine contrôlée à l'exception des vins mousseux et pétillants ;

h) Etre présentés obligatoirement avec l'indication du millésime.

Article 2

Le ministre de l'économie, des finances et du budget, le ministre de l'agriculture et le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie, des finances et du budget, chargé de la consommation, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Par le Premier ministre :

PIERRE MAUROY.

Le ministre de l'économie, des finances et du budget,

JACQUES DELORS.

Le ministre de l'agriculture,

MICHEL ROCARD.

Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie, des finances et du budget, chargé de la consommation,

CATHERINE LALUMIERE.

 

Vins dégustés le 21 octobre 

 

GGentil "HUGEL" 2009

Riesling "HUGEL" 2009

Gewurztraminer "HUGEL" 2009

PiPinot Gris "HUGEL" 2007

              Tradition           

Riesling "HUGEL" 2005            

              Jubilee

Pinot Gris "HUGEL" 2005

             Jubilee

Gewurztraminer "HUGEL" 2007

Jubilee

Gewurztraminer "HUGEL" 2005

Vendange Tardive

GGewurztraminer "HUGEL" 2007 "S"

SSélection de Grains Nobles

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 08:10

À mon arrivée sur le coup de 8 heures, en descendant les escaliers menant aux salons du George V je découvrais un beau parterre de connaisseurs, verre à la main, en rang serrés, et je me disais que tous les ingrédients étaient réunis pour que la soirée fut belle. Elle le fut. L’équipe de Marrenon, avec le boss Jean-Louis Piton, intimidé mais efficace,  et son directeur Philippe Tolleret, précis et enthousiaste, avait mis les petits plats dans les grands, avec simplicité mais avec un sens aigu de la scénographie. Chose rare en notre beau pays l’horaire fut respecté gage d’un savoir-vivre et d’une courtoisie que je me dois de saluer. Je reviendrai sur l’évènement dans une prochaine chronique car ce fut grand, pas grandiose ou grandiloquent mais à la bonne hauteur, sans péter plus haut que son cul en dépit des ors et des lustres du lieu, une histoire d’hommes au sens d’une belle aventure humaine qui fut déclinée au travers des vins présentés sans se payer de mots.

 

La touche, celle qui fait la différence, donne à un évènement sa couleur, sa musique, sa symbolique fut l’œuvre d’Olivier Poussier. Ce garçon a plus que du talent, il domine si bien son sujet que ses mots sont simples, justes, compréhensibles, que ses propos allient la précision, qui souvent est froide, à une chaleur humaine dépourvue d’emphase et de boursoufflure. Sa modestie en fut-elle un peu mise à rude épreuve moi j’écris ce matin : « chapeau Olivier vous êtes l’un des meilleurs ambassadeurs du vin que j’ai rencontré car vous êtes un révélateur de sa profonde humanité. »

 

Alors, en toute fin de soirée, au bord du podium, sans tambour ni trompette, Olivier a officié pour le Grand Concours de l’été. La règle du tirage au sort était simple : celle de la montée sur le podium d’abord le 3ième puis le second et enfin le vainqueur. Par trois fois Olivier Poussier a plongé sa main dans mon petit pochon vert pour tirer un pion rouge du loto. Des photos ont été prises. Je les mettrai en ligne en même temps que ma chronique sur la soirée. Nous nous sommes couchés tard alors soyez patients. Reste que vous attendez les résultats.  Bolduc-9288.JPG

Les voilà !

 

Le 1ier est le 46 : Julien VOULAND de Noves dans les Bouches-du-Rhône.

Le 2ième est le 18 : Xavier JUGMANN de Beaune en Côte d’Or.

La 3ième  est le 16 : Myriam RIVET de Garons dans le Gard.

 

Félicitations aux heureux gagnants.

 

À tous les autres : merci de leur participation. Ils recevront un lot dit de consolation.

 

J’adresserai dans les jours qui viennent un courrier personnel à tous les participants pour leur préciser les modalités des envois. Soyez simplement patients car je suis seul pour assurer la logistique de ce concours.

 

J’espère que ce concours vous a tous diverti et à bientôt donc pour d’autres aventures sur mes lignes....

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Concours
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Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 00:09

Vendredi après-midi dans la paisible rue de Tournon s’alignaient, comme diraient les gars des volatiles de Loué, une belle batterie de poulets en cages, pardon en cars, au bas mot une bonne vingtaine nez à cul formant deux murailles blanches de chaque côté de la rue. Faut dire qu’au Palais du Luxembourg, pour une fois, nos sénateurs abandonnant leur train habituel, dixit le président de séance, avaient laissé de côté : « leurs sonotones, leurs chaises roulantes et leurs perfusions... » pour prendre le mors aux dents et s’empailler à propos de nos retraites. Faut rappeler aux jeunes générations que l’Odéon et la rue Gay-Lussac, hauts-lieux de la chienlit soixante-huitarde, ne sont qu’à quelques encablures. Mais bon comme Cohn-Bendit est député européen, que Sauvageot a disparu des écrans radar et que Geismar est à la retraite, y’avait plus que moi sur mon vélo pour témoigner des heures héroïques.

 

Ma présence en se lieu à hauts risques se justifiait par ma tonte capillaire. Quand mes cheveux blancs commencent à frisoter je fonce, non pas chez un merlan, mais vers les doigts de fée de la charmante Cécile qui est grande, belle, intelligente et juste mariée. Nous conversons de son voyage de noces dans l’Ouest des Etats-Unis. Quand je suis ressorti de la tonte une envie de flânerie m’a pris. Glander. Fouiner. Et puis, pas loin de chez Camdeborde, du côté du carrefour de l’Odéon mon œil exercé tomba sur une nouvelle enseigne LMDW FINE SPIRITS. J’hésitais, ça va être un temple dédié au whisky je me dis et vous connaissez mon allergie pour lui. Intrigué je pointais mon nez sur la devanture et là, qu’est-ce je vis, un mur de beaux flacons de rhum. Jamais je n’en avais vu autant de ma vie, de toutes provenances et même que je repérais un chouette flacon en provenance de Marie-Galante.  Ni une ni deux j’entre.  LMDW-20FINE-20SPIRITS-20273x119.jpg

Avant d’aller plus avant il faut que je vous mette au parfum : j’adore le rhum. Ce n’est pas tout neuf, en effet, dans mes jeunes années parisiennes, j’ai été initié à ce nectar par un ancien préfet de la Martinique : Michel Grollemund qui avait une fort jolie fille prénommée Vérène. Enfin pour prouver ma flamme au rhum lorsque j’étais rue de Varenne, avec Henri Nallet, je suivais le dossier des DOM-TOM et je suis allé avec lui aux Antilles lancer le dossier du rhum agricole AOC. Je crois que l’homme du rhum là-bas s’appelait Jean-Pierre Bourdillon  PDG de la Mauny (l’ami André Grammont doit s’en souvenir). Bref, l’amateur de rhum que je croyais être, une fois entré chez LMDW (c’est une annexe de La Maison Du Whisky de la rue d’Anjou), put mesurer le gouffre de son ignorance face à la variété de l’offre de rhum dépassant les frontières des Caraïbes. Un peu piqué au vif je me suis donc enquis auprès de Stanislas Jouenne, un jeune homme fort courtois, des raisons de cette profusion. La réponse fut limpide, chaque mois la boutique fera une mise en avant et, pour l’ouverture, le rhum est à l’honneur.  showrum-045.jpg

Plutôt que de m’attaquer à une approche large j’en revins à mon beau flacon de Marie-Galante. Explication : « Le « Rhum Rhum » blanc provient du jus de canne pur fraichement débarqué par les cabrouets (charettes tirées par des boeufs aux noms éclatants : Tarzan, Noah...) des environs. Fermenté lentement en cuve inox à température contrôlée puis distillé dans des alambics de cuivre de Müller. Maitre Vittorio Gianni Capovilla est en charge de la « repasse » au bain marie. Le Rhum Rhum Bielle subit ensuite une réduction grâce à l'eau du ciel où il atteint ses 56°. C'est un vrai « Rhum Rhum »! Mis en bouteille à la distillerie Bielle de Marie-Galante. » Dégustation : le nez d’abord ample, aérien, délicat avec une palette aromatique très large allant des fruits blancs en passant par des notes de gingembre pour finir sur le goudronné d’un Puros. En bouche c’est du velours, des touches épicées girofle et cannelle, un goût de frangipane tapisse le palais et on se sent envahi de senteurs de lilas. C’est onctueux sans être lourd. J’avale les 56° sans ciller : le cycliste urbain ayant peu de chance de se faire contrôler positif par les volatiles encagés.

493566146 

Bien évidemment tout en dégustant je posais à mon mentor des questions sur l’univers mondial du rhum. J’apprennais ainsi que l’un des plus grands connaisseurs au monde était Luca Gargano (Velier S.p.A 16145 Genova Italy. Villa Paradisetto, Via G. Byron 14 www.velier.it) Le rhum est très métissé par ses origines (françaises, hispaniques, portugaises et britanniques) et jouit d’une grande diversité dans les terroirs et méthodes de production. Dans un excellent article « Rhum agricole ou traditionnel l’héritage historique » Luca Gargano souligne que « si les pays des Caraïbes ont un dénominateur commun, c’est incontestablement le rhum. Il serait d’ailleurs plus juste de parler des rhums, rhums agricoles et rhums traditionnels : en effet chacun cultive fièrement sa personnalité ainsi que ses différences. Des divergences héritées de l’histoire et de la colonisation qui créent aujourd’hui encore, une véritable polémique d’amateurs. »

 

* je signale au non-initié que le rhum agricole s’obtient de la distillation du jus frais de canne à sucre alors que le rhum traditionnel est distillé à partir de la mélasse sous-produit du sucre.

 

Je vous propose donc quelques extraits de cet article publié dans Whisky Magazine automne 2010.

 

« ... est-ce que l’agricole est meilleur que le traditionnel ? Ou bien est-ce le contraire ? Le manichéisme fait fureur ... Le maître ronero de République Dominicaine, Don Fernando Brugal, alors que je lui mentionnais le mot « agricole », a fait la grimace en disant : « Muy bien, pero maňana... que mal de cabreza ! » Quand à Jean Bailly interviewé pour un programme TV, il me dit : « traditionnel ? Mais non, le mot correct est industriel... » Si l’objectif « philosophique » de la distillation est de révéler la quintessence du végétal distillé, le rhum agricole est le vainqueur absolu. Il s’agit de l’expression directe et authentique du pur jus frais par opposition à la mélasse, un sous-produit de la même canne. Néanmoins, si les produits adversaires sont analysés selon une perspective gustative, l’affaire se complique. Il faut avant tout séparer les rhums blancs et les rhums vieux. Les éléments de distinction d’un rhum blanc sont déterminés par la qualité de la matière première mais également le process de fermentation et de distillation. Aux Antilles françaises, les cannes à sucre utilisées pour produire le rhum agricole sont sélectionnées tout spécialement pour le rhum, tandis que le rhum traditionnel est produit avec des variétés de canne spécifiques pour la production du sucre. »

 

« Pendant les dernières décennies, les procédés de fermentation ont tous été standardisés, à part quelques rares cas à l’avant-garde, en éliminant donc les fermentations spontanées et en réduisant les temps. Actuellement, les fermentations des rhums traditionnels et agricoles durent environ de 24 à 36 heures alors que la longueur du procédé est le vrai secret aromatique de tous les distillats ; Le résultat de cette dispute entre agricoles et traditionnels est donc une égalisation. La distillation étant un facteur décisif, il faut retourner au facteur C (colonial)... »

 

« La naissance de la catégorie « super premium » pour le rhum blanc, après celles pour les vodkas et le gin, est caractérisée par une évolution en trois points. Tout d’abord, la recherche de variétés de canne à sucre plus intéressantes sur le plan aromatique, par exemple les vieilles variétés de canne à bouche (cristalline et rubanée). Ensuite, des fermentations plus longues à température contrôlée et, enfin, des distillations plus précises en alambics de cuivre à double distillation. »

 

« La seule législation officielle stricte existante est celle des rhums agricoles français. Quand au reste, il faut avoir confiance sur la moralité des producteurs. Heureusement, ils sont nombreux à privilégier la qualité. El Dorado, Flor de Caňa, Appleton sont des exemples de producteurs de rhum traditionnel qui signalent l’âge réel du distillat sur l’étiquette. »

 

« Personnellement je pense que les Neisson des années 90 sont la meilleure expression d’un vieux rhuma agricole, tandis que El Dorado 15 ans flirte avec l’excellence parmi les rhums traditionnels. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 00:09

« Les routiers sont sympa ! » c'était Max Meynier sur RTL. Les Routiers c'étaient aussi des restos sur le bord des nationales où la tortore était consistante, chaleureuse, la patronne accorte, le patron grincheux et bien sûr le carburant ne manquait pas... Avant de lire le court texte de Maurice des Ombiaux je vous propose d'écouter un morceau d'anthologie de Jean Yanne « Les routiers» ( si vous souhaitez l'image pour voir le look de Yanne et de son acolyte http://www.youtube.com/watch?v=jLMzHKrgBZs )

 

Dans notre vocabulaire il est des mots qui s’enfouissent sous l’épaisseur du temps, disparaissent avec ceux qu’ils désignaient comme le roulier qui conduisait un chariot tiré par des chevaux transportant des marchandises. Alors maintenant des Ombiaux écrirait : « Buvez comme un homme délicat et non comme un routier » et tomberait sous les coups de la loi car « un verre ça va, trois verres bonjour les dégâts ! »

    

 

Comment il faut boire.

 

«Vous avez donc devant vous un verre de bonne dimension où le nez peut entrer quand les lèvres aspirent le liquide embaumé.

Ce verre ne doit être rempli qu’au tiers, à peine. Gardez-vous de chez qu’on appelait autrefois le « rouge-bord » et qui ne se pratique plus que chez le bistro et les grossiers buveurs.

Tournez lentement le verre de manière que le vin, en caressant les parois, développe davantage son bouquet, puis respirez-le ; quand vous jugerez que son arome a pris tout son essor, posez le cristal poli sur votre lèvre inférieure, et humez très canoniquement.

Ne laissez pas couler le nectar dans votre gosier comme l’eau d’un robinet dans une bouteille. Il faut s’en bien imprégner toute le bouche et ne l’avaler qu’à petites gorgées. C’est seulement ainsi que le vin révèle les subtiles nuances de son âme divine ; autrement il ne dévoile pas ses secrets adorables et passe, hautain et silencieux, devant l’incompréhension stupide des philistins. Encore faut-il s’y reprendre à plusieurs fois pour les pénétrer tous et sonder à fond les mystères de la treille.

Buvez comme un homme délicat et non comme un roulier. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 24 octobre 2010 7 24 /10 /Oct /2010 02:00

Pour Jasmine nous marier dans l’intimité, tout juste flanqués de nos deux témoins face au maire, ce n’aurait pas été un vrai mariage, alors elle battit le rappel pour rameuter tous ses amis de Paris. De mon côté, comme j’avais coupé les ponts depuis un sacré bail avec ma vie d’avant, je me contentais d’annoncer la nouvelle à mes nouveaux amis corses, certes pas très nombreux, mais c’était du solide. Mes travaux d’écriture furent un peu perturbés par les préparatifs, même qu’un moment je songeai à laisser tout en plan pour me consacrer entièrement à ma nouvelle vie. Un matin, alors que je n’avais pas écrit une ligne depuis trois jours, je soumis, avec certaines précautions oratoires, en présentant ça comme une éventualité, l’idée à ma future femme. Sa réponse claqua comme un revers à deux mains le long de la ligne « Si tu oses faire cela je te quitte...

- Vraiment tu me quitterais simplement parce que je mettrais un terme à ce machin qui ne fera jamais un livre...

- Oui sans l’ombre d’une hésitation !

- Explique-toi j’ai du mal à comprendre.

- Je ne suis pas très douée pour les explications mon amour mais, pour faire simple, ce manuscrit c’est ta maîtresse et je préfère avoir ta maîtresse entre ces 4 murs plutôt que tu ailles en chercher une autre ailleurs...

- Qu’est-ce que tu me chantes, c’est quoi cette histoire de maîtresse ?

- Je me comprends...

- Pas moi !

- Ne fais pas l’âne qui veut avoir du foin mon amour, tu sais très bien où je veux en venir...

- Je t’assure que non...

- Si tu es toujours dans mes jupes tu vas t’ennuyer... N’oublies pas que je ne suis qu’une petite coiffeuse...

- Tu dis vraiment n’importe quoi...

- Non, c’est la stricte vérité.

- Puisque tu le dis je ne vais pas te contredire mais qu’est-ce ça change que j’écrive ou pas ?

- Tout !

- Admettons que ça change tout mais c’est reculer pour mieux sauter je ne vais pas écrire jusqu’à mon  dernier souffle...

- Si !

- Toi tu as une petite idée derrière la tête... Avoue !

- Oui mon grand, je veux que tu écrives un roman.

- J’en suis bien incapable...

- Que tu dis !

- T’en sais des choses pour une petite coiffeuse de rien du tout...

- Te fous pas de moi !

- Je me contentais de te citer mon amour...

- C’est cela ironise, tu ne vas pas t’en tirer par une pirouette...

- Je ne me tire de rien du tout Jasmine. Permets-moi de te rappeler que c’est toi qui veux me quitter parce que j’ai émis vaguement l’hypothèse que j’allais peut-être arrêter de me la jouer « j’écris mes mémoires »...

- Donc tu continues !

- C’est un ultimatum ?

- Non mais tu vas me faire pleurer !

- Bravo ma belle, tu sors l’arme nucléaire, je ne peux que battre en retraite. Faire preuve de la plus insigne faiblesse. Rendre les armes...

- Beau parleur !

- Petite pute !

- Comme oses-tu parler ainsi à la mère de tes enfants !

- Nous n’en avons qu’un...

- Oui mais je vais être ta femme...

- Mais non puisque tu vas me quitter...

- Arrêtes de me faire tourner en bourrique espèce d’enfant gâté...

- Tu dis juste Jasmine. Là je te reçois 5 sur cinq. En clair ce que tu veux c’est que pour une fois dans ma vie j’aille au bout de ce que j’ai entrepris...

- Oui, c’est ce que je voulais te dire mais je n’avais pas les bons mots...

- Pour une petite coiffeuse je trouve que tu ne te débrouilles pas mal, non...

- Nous l’appellerons Marie mon amour et c’est pour elle que tu vas continuer de raconter ta vie...

- Arrête ma grande c’est moi qui vais pleurer...

 

Dès le lendemain, au petit matin, je me suis mis remis au turbin sans trop forcer l’allure. Jasmine attendit que le test de grossesse confirmât sa fécondation avant que nous ne fixions la date de nos épousailles. Quand j’écris nous je devrais écrire Jasmine car moi, selon une jurisprudence bien établie, je me laissais porter par les évènements. Elle balançait entre le tout de suite et le se marier avec le ventre rond. Elle me demandait un matin au petit déjeuner « qu’en penses-tu ? » Mon air totalement ahuri ne la fit pas battre en retraite « Tu me veux comment ? » À sa grande surprise, et à la mienne aussi, du tac au tac je lui répondais « Ronde comme un ballon mais toute en blanc ! » Je portais en moi le souvenir de sa précédente grossesse où elle s’était épanouie telle une pivoine, doucement, comme si son corps frêle prenait enfin de l’aisance, de la liberté. Jamais autant que pendant ce temps-là je n’avais eu autant envie de lui faire l’amour ; d’ailleurs nous avions fait l’amour comme jamais, doucement, avec gourmandise, dans une harmonie charnelle hors limite. Je la prenais souvent debout pendue à mon cou, mes mains enveloppant ses fesses, ainsi je sentais son ventre palpiter et j’avais le sentiment, non pas de l’investir, mais d’ajouter son poids au mien pour ne fissions plus qu’un.  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 24 octobre 2010 7 24 /10 /Oct /2010 00:09

Lorsque nous négociions à Bruxelles avec Michel Rocard le Ministre anglais de l’Agriculture arborait des chemises à rayures rouge avec cravate club sous des vestes à carreaux, ça allait fort bien avec sa bonne mine, tendance vermillon, et pour moi face à la chemise blanche, cravate de VRP et costard gris indécis du père Michel il n’y avait pas photo : le bon goût était du côté « rosbif » tendance Thatcher (la mère de la vache folle). Et pourtant, l’opinion commune, majoritaire, trouvait notre anglais au mieux excentrique, au pire adepte en bon anglais de la faute de goût vestimentaire.Alors assaisonner ses huîtres avec une vinaigrette à l’échalote relève-t-il de la même problématique ? Bien sûr, comme le fait notre Charlier la question peut-être disqualifiée d’un « c’est pas bon » un peut court. En effet, moi quand on me présente un Caol Ila noté 14,5/20 par LeRouge&leBlanc je dis aussi ce n’est pas bon car je trouve que le whisky a goût de punaise. Qu’on ne vienne pas me chanter, dans les deux cas, que je ne suis pas un amateur d’huîtres ou de whisky pour me disqualifier. En effet, dans ces domaines gustatifs, le « tous les goûts sont dans la nature » avancé toujours par notre Charlier est de mise (cf. http://www.berthomeau.com/article-le-japon-le-monde-du-tout-a-l-envers-ou-de-la-maniere-de-boire-de-manger-des-japonais-57669341.html )

 

Mais comme toujours dans ce genre de débat les codes sociaux pointent le bout de leur nez « allons mon cher ça ne se fait pas... » en référence au Guide des bonnes manières et du protocole  (cf. http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2008/02/27/le-flambeau-du-prefet-gandouin / où l'histoire de l'arroseur arrosé) Lorsque mon père mangeait des sardines crues ma pauvre mère en était toute chamboulée non pas pour défendre le bien manger mais parce que pour elle le poisson, comme la viande d'ailleurs, se mangeait cuit. Qui, franchement, dans un pince-fesses oserait proposer de manger de la fraise de veau dans des petites assiettes ou des vérines eu égard à l'odeur putride de ce mets goûteux ? Donc j'en conclus que pour beaucoup ça fait plouc, beauf que de s'assaisonner l'huître à la vinaigrette. Moi je les gobe crue mais comme je l'ai écrit, en fin de parcours, pour émoustiller mes papilles j'adore torturer l'huître, lui piquer les fesses pour qu'elle se trémousse dans ma bouche (merci de ne pas me dénoncer à la Ligue de Protection des Mollusques Bivalves) 

 

Pour finir, je laisse de côté la référence à la naturalité pour justifier le gobage cru, avec ou sans l’eau de l’huître – Charlier est un raffiné comme tous les révolutionnaires – comme si nos coutumes alimentaires proscrivaient le sel, le poivre, les épices et les condiments. Enfin, je n’épiloguerai ni sûr la « souffrance » de l’huître lorsque l’écailler lui sectionne sauvagement son muscle adducteur – la moule ébouillantée par son propre jus est aussi une victime de notre barbarie –, ni sur le côté visuel qui, si l’on est honnête, la rapproche fortement du glaviot.

 

Bref, comme je n’ai pas le courage d’aller au-delà et comme je sais que tout bon français se pique de philosophie (cf. le succès populaire de Michel Onfray) je propose que vous exerciez vos talents en dissertant sur un sujet de baccalauréat Peut-on nous reprocher une faute de goût ? découvert sur le site PHILOSOPHIE http://www.devoir-de-philosophie.com/dissertation-gout-fautif-mauvais-7970.html Pour ceux qui n’aiment pas les clics je vous joins ci-dessous la page de présentation professorale. Enfin je signale qu’un  Corrigé de 7050 mots (soit 10 pages) directement accessible pour la somme de 1,80€.

 

Définitions :

1)     peut : est-il possible, est-il légitime.

2)     faute : manquement intentionnel au devoir, à la morale ou à la loi. Contrairement au terme péché, la faute n’a pas de connotation religieuse.

3)     goût : - sens par lequel on perçoit les saveurs.

                   - faculté de porter un jugement approprié sur la beauté d’une œuvre d’art, d’une production de l’esprit. Faculté de reconnaître et d’apprécier le beau. Kant définira les caractéristiques du jugement de goût : « Est beau l’objet d’une satisfaction désintéressée », « Est beau ce qui plaît universellement sans concept », « La beauté est une forme de la finalité d’un objet en tant qu’elle y est perçue sans la représentation d’une fin », « Est beau ce qui est reconnu sans concept comme l’objet d’une satisfaction nécessaire ».

 

Problématique :

 

Le « goût » a évidemment deux sens principaux. C'est :

1) le « sens grâce auquel l'homme et les animaux perçoivent les saveurs propres aux aliments » (Petit Robert), et

2) l'« aptitude à sentir, à discerner les beautés et les défauts d'une œuvre d'art, d'une production de l'esprit » (id.). Le sujet n'indique pas en quel sens il faut entendre goût, puisqu'on peut parler de « faute de goût » aussi bien à propos de gastronomie qu'à propos d'art. On pourra donc légitimement traiter le sujet en optant soit pour l'un ou l'autre sens, soit, comme nous le ferons ici, en considérant les deux sens.

 

Extrait :

 

• Le problème posé par le sujet est celui de savoir si le goût et le bon goût sont l'œuvre de notre liberté et relèvent, dès lors, d'un jugement éthique ou s'ils sont étrangers à cette sphère.

 

 • L'enjeu de la question et du problème sont évidents : le goût et la faculté de juger le Beau sont, dans nos sociétés et nos esthétiques, volontiers sacralisés. Si le goût ne résulte que d'un conditionnement social et si nul ne peut nous reprocher une faute de goût alors une désacralisation générale s'impose en ce qui concerne la position traditionnelle du problème esthétique. Désacraliserons-nous le fameux bon goût ? C'est ce que certains sociologues tentent de faire dans leurs essais ou études.

 

 • Quel plan et quelle structure sont possibles, en ce qui concerne cet intitulé ? On pourrait envisager une structure progressive, avec approfondissement de la notion de goût analysée dans son essence et son contenu purifiés, et relevant progressivement de notre liberté - nous en serions alors tenus pour responsables -. Nous mentionnerons ce plan possible, essentiellement pour bien vous montrer l'extrême liberté dont vous disposez dans la dissertation philosophique - aucun plan n'est obligatoire ! Dans un tel plan, seraient examinés successivement les notions de bon ou mauvais goût, de norme de goût, enfin de jugement de goût, notions vis-à-vis desquelles serait considérée la notion de faute. Ainsi, apparaîtraient progressivement les rôles de notre liberté et de notre responsabilité. Nous pourrions ainsi répondre à la question : une faute de goût peut, dans une certaine mesure, nous être reprochée. »

 

Au boulot mes cocos, à vos mulots, avec ou sans remontant, je ramasse les copies en fin de journée et attention échalote ne prend qu’un t : ayez pitié de l’ami Michel qui, à juste raison, aime aussi l’Irouléguy avec un seul r. Trop de mots Berthomeau... tu t’emmêles les pinceaux dans les r et les t tu devrais prendre des RTT...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 23 octobre 2010 6 23 /10 /Oct /2010 00:09

Avant d’être un papy tout court, je suis un papivore, j’aime le papier imprimé et plus particulièrement les cahiers d’écoliers, les vrais, les de brouillons surtout car ils gardent un parfum de simplicité, ce je ne sais quoi de liberté qui permet d’y jeter des idées, des bouts de phrases, des petits rien, des adresses, le numéro de téléphone du plombier, la date de naissance de sa fiancée... J’en ai des tas, des jaunes, des bleus, des rouges, des verts, toujours des avec des grands carreaux plein d’interlignes, qui attendent sagement, bien empilés, de trouver leur utilité. Ce qui me plaît dans ces cahiers c’est leur côté beauté brute, non apprêté mais sans pour autant être ni ascétique, ni janséniste. Ils sont natures, avec des aspérités, des grains, des défauts, des je ne sais quoi qui donnent envie de les toucher, de les caresser, de les sentir, de les déflorer. Tout le contraire du papier glacé, lisse, clinique, drap de soie qui m’apparaît toujours n’être que le réceptacle de « trop belle pour moi » lointaines, irréelles, si peu charnelles...  Caillou-9281.JPG

LeRouge&leBlanc, la revue trimestrielle qui taille sa route sur des chemins de traverse plutôt que sur les autoroutes, avec sa ligne graphique épurée, sa mise en page limpide, sa note rouge en seul contre-point du noir et blanc de ses textes et de ses photos, entre pour moi dans la même catégorie que mes fameux cahiers. Elle donne envie mais pas une envie de la consommer vite fait bien fait sur le gaz, goulument, de la feuilleter d’un œil distrait avant de l’oublier sur la table basse face au canapé qui fait face à la télé, non c’est une envie de la déguster en prenant le temps, son temps, de la mettre sur sa table de chevet puis de la ranger soigneusement avec ses sœurs sur le rayonnage prévu à cet effet. Dit d’une manière plus triviale : elle n’est pas de celle qu’on abandonne dans une salle d’attente de dentiste ; on la stocke pour l’hiver comme les pots de confiture.  Caillou-9282.JPG

Je sais, je sais, vous m’attendez au détour d’un des nombreux virages du chemin de traverse que j’emprunte pour me dire la bouche en cœur : « tout ça c’est bien beau Berthomeau, tu nous joues du violon avec tes histoires de cahier de brouillon, tu nous enfumes avec tes mots sur la beauté formelle de la revue LeRouge&leBlanc mais nous ce qui nous intéresse c’est le fond. Objection retenue chers lecteurs mais avant de vous répondre permettez-moi d’objecter moi aussi : en quoi mon point de vue sur le fond a-t-il de l’importance ? Après tout ce ne serait que le mien et il ne pèse pas plus lourd que le vôtre. Pour découvrir une revue pour la connaître, se faire une opinion, le meilleur moyen reste de l’acquérir, de l’acheter, d’investir ici 12€. Ce n’est un secret pour personne les gars de la revue LeRouge&leBlanc ne mettent pas leur drapeau dans leur poche, ils affichent la couleur sans ostentation mais avec une tranquille détermination. Allez les voir sur leur site www.lerougeetlevin.com . Pour ceux qui veulent savoir où ils mettent les pieds je vous donne à lire comment la revue se présente.

 

« LeRouge&leBlanc est une revue animée par une équipe, un groupe à la fois divers et lié par un projet commun, par son goût du vin et des gens qui le font. Un goût que nous aimons par-dessus tout partager.

Créé en 1983 par une poignée d’amateurs de vin pleins de passion mais aussi de questions et d’exigences, LeRouge&leBlanc est né d’une envie collective d’approfondir des informations souvent incomplètes ou insatisfaisantes - voire truquées -, et de parler du vin librement.

Librement, c’est-à-dire sans qu’aucune pression ne vienne empêcher de dire ce qu’on pense et de penser ce qu’on dit. Cela paraissait aux fondateurs et nous parait encore aujourd’hui assez rare pour nécessiter un travail en profondeur et, dans le prolongement, l'édition d’une revue à petit budget mais à projet fort, avec le seul soutien de ses abonnés.

Le projet était et reste de refuser la standardisation des goûts, avec la conviction qu’à terme « la force du vignoble français, et de tout vignoble, réside dans l’expression la plus accomplie de chaque terroir ».

Un tel projet conduit à développer un point de vue critique sur tout ce qui affaiblit, masque ou détruit le terroir dans le vin : non-culture et traitements chimiques de la vigne, clones productifs, gros rendements, vendanges à la machine, levurage, enzymage, chaptalisation, filtration et sulfitage abusifs, etc. Et, à l’inverse, à s’intéresser à tout ce qui relève d’une démarche qualitative, notamment la culture biologique et la biodynamie, sans exclusive ni « militantisme ».

 

Pour en revenir à mes fameux cahiers de brouillon grands carreaux il est un espace dont je ne vous ai pas parlé c’est la Marge, cette étroite colonne, tout à gauche, délimitée par un liseré rouge. À quoi sert-elle dans un cahier brouillon ? À priori à rien car, contrairement aux feuillets officiels où elle est le lieu des annotations, des remarques du correcteur, la marge d’un cahier de brouillon est un espace sans destination. Je ne sais pas si vous suivez les méandres de mon chemin de traverse mais l’échalier n’est pas loin : la Marge pour moi c’est l’Espace de Liberté. Alors j’estime que ce qui s’y écrit n’a pas à être noté. Qu’importe si le contenu de la revue adopte des angles qui ne sont pas les miens, prend des partis que je ne partage pas dans leur totalité, m’agace parfois, m’indiffère jamais. LeRouge&leBlanc participe à l’extension du domaine du vin et ça mérite pour moi plus que du respect, de la considération. Il n’y a pas de petits chantiers, agir à la marge fait souvent plus avancer les choses que le tam-tam officiel. Reste à ne pas confondre la Marge et la marginalité, et là les gars de la revue LeRouge&leBlanc évitent les écueils d’une bien-pensance élitiste délayée dans la bonne conscience des bobos.

Alors comme le disent nos voisins suisses dans la Tribune de Genève : «  Dans la grande et pas toujours respirable famille de la presse œnophile, exigez LeRouge&leBlanc. Voilà un magazine palpitant, sans pub ni reproche, qui depuis un quart de siècle arpente le vignoble français, mais pas seulement. 4 numéros par an, une expertise libre et pertinente, une indépendance passionnée… » Bonne route à vous les gars – ça manque un peu de filles à mon goût  –, et comme c’est un petit vendéen, expert en chemin de traverse, qui vous le dit, soyez persuadés qu’il vaut mieux souvent prendre son temps, faire quelques détours, se tromper aussi, que de foncer tête baissée dans les belles lignes droites qui ne mènent à rien, sauf à l’ennui de l’uniformité des opinions.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 00:09

L’un des joyaux de notre vieux pays démocratique est sans conteste le scrutin d’arrondissement uninominal à deux tours car il permet parfois au 2ième tour, grâce à des triangulaires, d’accoucher de résultats extravagants et ainsi de faire élire un outsider qui n’en demandait pas tant. Les triangulaires que je préfère sont bien évidemment celles où deux membres du même camp : par exemple l’investi par le parti parachuté de Paris et celui qui attendait son heure depuis longtemps, s’étripent et font élire le 3ième larron qui se contente de tirer les marrons du feu. Je ne remuerai pas le couteau dans la plaie de certains en énumérant tous ces bienheureux élus par la grâce d’ambitions contrariées de leurs adversaires politiques.

 

Nous sommes donc le pays des constitutionnalistes – j’ai été formé en cette matière par Jacques Georgel et j’ai côtoyé l’un des constitutionnalistes des plus brillants Guy Carcassonne –, il est vrai que nous avons aligné 5 Républiques et que nous adorons modifier nos chères Constitutions. Bref, nous sommes les Paganini des modes de scrutins et nos Ministres de l’Intérieur n’aiment rien tant que les découpages électoraux que certains qualifient de charcutages ce qui me semble bien déplaisant pour les charcutiers qui sont d’habiles artisans qui savent bien que dans le cochon tout est bon.

 

Hormis ce brave scrutin d’arrondissement qui met sur un pied d’égalité la voix d’un député de la Lozère et celle d’un député de l’Essonne en dépit du fort déficit de voix du premier, je dois signaler à nos jeunes générations que sous la IVe République la «loi des apparentements» fut en vigueur pour les législatives de 1951 et celles de 1956. Dans le cadre du scrutin proportionnel, elle permettait aux partis qui se déclaraient apparentés de concourir séparément lors du scrutin, tout en additionnant leurs résultats pour l'attribution des sièges. Les partis apparentés pouvaient ainsi obtenir ensemble, au niveau de la circonscription électorale concernée, une majorité des voix et donc la totalité des sièges à pourvoir. Au passage, ils éliminaient leurs rivaux politiques communs. Ainsi les membres de la Troisième Force socialistes SFIO, MRP, RGR qui l'instituèrent, et aussi le CNIP, purent limiter la puissance électorale du PCF et du RPF. En 1956, elle joua également au détriment de l'UDCA de Pierre Poujade.

 

Ce long préambule, qui n’est pas celui de la Constitution, pour introduire un affrontement des plus pacifiques entre 3 représentants de l’Appellation Picpoul de Pinet. Que voulez-vous j’ai un faible pour elle car je trouve cette dénomination à primesautière, légère, en effet ça part comme la comptine enfantine Pic et pic et colégram, ça rebondi sur poule de pour atterrir sur Pinet charmant petit village situé au nord de l’étang de Thau. Pour les férus de précisions diverses et variées ils n’ont qu’à se reporter sur http://www.picpoul-de-pinet.com/appellation.asp

 

Mais pourquoi diable provoquer une triangulaire à propos de ce petit vin blanc – le qualificatif petit étant sous ma plume une mention valorisante – me direz-vous ? Tout simplement, comme vous avez pu le constater, parce que ça m’a donné l’occasion d’étaler toute l’étendue de ma science politique et, plus prosaïquement, parce que je suis un grand amateur d’huîtres et que les huîtres aiment le Picpoul de Pinet  Caillou-9254.JPG

Ma triangulaire regroupera :

1 Vert : un Picpoul vin issu de l’agriculture biologique du Domaine Azan

1 Rose : un Picpoul provenant de la cave de l’Ormarine

1 Indépendant : un Picpoul provenant du domaine Félines Jourdan.

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Bien évidemment les étiquettes – pas celles des flacons qui sont assez traditionnelles à l’exception de celle du vin AB – n’engagent que moi et n’ont aucun rapport avec une quelconque coloration politique des vignerons en question.

 

Le millésime c’est 2009. Le Vert et le Rose affichent 12°5 et une contre-étiquette assez succincte situant l’appellation et indiquant que c’est bon avec les crustacés et le poisson, l’Indépendant lui n’a que son étiquette et titre 13°5. Tous contiennent des sulfites. Les flacons du Vert et de l’Indépendant arborent sur le goulot la Croix du Languedoc alors que le Rose est frappé des armes de Pinet. Le Vert et le Rose se rattachent à l’Appellation Coteau du Languedoc Contrôlée et l’Indépendant à l’Appellation Languedoc Contrôlée.

 

Le Vert a été acquis chez Biocoop 55 rue de la Glacière dans le 13ième pour 5,89€

Le Rose a été acquis chez Monoprix Bièvre toujours dans le 13ième pour 3,95€

L’Indépendant a été acquis à la Grande Epicerie du BM dans le 7ième pour 7,90€

 

Le scrutin étant à 2 tours :

- au 1ier dégustation à l’aveugle (n’y voyez aucune ironie par rapport au choix des électeurs dans certaines votations) le matin dans ma cuisine ;

- au 2ième à l’heure du déjeuner face à un plateau d’huîtres les 3 candidats seront testés en situation réelle (là encore aucune malice de ma part).

 

Étant à moi tout seul le peuple souverain je procéderai au dépouillement des suffrages et proclamerai les résultats. En cas de contestation de la validité du scrutin vous aurez la possibilité de déposer un recours auprès du Conseil d’Etat.  Caillou-9279.JPG

Mercredi je fais l’acquisition rue Daguerre d’une douzaine de Fines de Claires N°2, de pain de seigle, je rentre at home j’ouvre mes huîtres, fait ma vinaigrette à l’échalote, je dresse la table, je fais ouvrir les flacons et emplir 3 verres pour le 1ier Tour qui se déroule sur la paillasse de la cuisine, l’évier se révélant un beau crachoir. Je déguste. C’est serré mais je penche pour le n° 3, le 1 et le 2 sont vraiment au coude à coude.

 

Ensuite 2ième tour, une huître nature et une gorgée du Picpoul dit Indépendant, puis même opération pour le Rose, puis pour le Vert. L’Indépendant est le plus Picpoul mais le Vert se tient bien et le Rose n’est pas ridicule.

 

Je confronte les résultats du 1ier Tour où le N°1 était le Vert, le N°2 le Rose et le N°3 l’Indépendant et ceux du second. C’est vraiment serré même si l’Indépendant garde une courte tête d’avance.

 

Je procède alors à un test redoutable le couple infernal huître+vinaigrette puis gorgée de Picpoul pour voir si ça change la donne. Pas vraiment même si le Vert y gagne quelques voix.

 

Les Résultats :

 

Le Picpoul provenant du Domaine Félines Jourdan par C. M.H et S. Jourdan à 34 Mèze est élu avec 35 % des suffrages exprimés.

Le Picpoul provenant du Domaine Azan Floriane&Olivier Azan 34850 Pinet obtient 33% des suffrages exprimés.

Le Picpoul L’Etang de Sol provenant de la Cave de l’Ormarine 34850 Pinet obtient 31% des suffrages exprimés.

 

Commentaires de JB le Alain Duhamel de la dégustation politique : 3 candidats de qualité dont les vins expriment bien ce qu’un amateur d’huîtres attend du Picpoul de Pinet : couleur franche jaune paille, beau nez plein de fraîcheur, vivacité en bouche, petite pointe d’acidité laissant une bouche nette et légère. Si l’Indépendant l’a en définitive emporté c’est qu’il allie un peu plus de soyeux à sa vivacité que ses concurrents. Reste qu’un élément qui n’a pu être pris en compte dans le choix de l’électeur unique, étant donné les particularités du mode de scrutin, c’est le prix. En effet nous allons de 2 € en 2€ du simple au double entre le gagnant et le 3ième alors que les écarts sont extrêmement faibles. Cette structure de prix, assez explicable en fonction, tant de la structure qui produit le vin : coop, Domaine dont un AB que de la distribution : Monoprix, Biocoop et GE du BM, reste difficilement compréhensible du consommateur moyen qui, il est vrai, n’est pas forcément en mesure de faire des comparaisons car il ne fréquente pas forcément les 3 types de magasins. Quoi qu’il en soit, ce qui serait intéressant c’est que mes confrères et concurrents papier se collent un peu plus à ce genre d’approche croisant les circuits de distribution et l’origine des vins (au sens des entreprises qui les font) pour vraiment aider ceux des consommateurs qui se trouvent confronter à ce type de constat.  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 08:09

 

Nous avons raté, à un numéro près, la grille-type du LOTO® de la FDJ qui en a 49. J’étais un peu vénère, en effet, je me disais que pour m’épargner un dur labeur il me suffisait de squatter un jour de tirage du LOTO® à la télé.

 

Vous imaginez le tableau : mes « tout bon » face à leur écran plat, tout tremblant, contemplant la machine à boules en éruption, suspens insoutenable, le comble de l’excitation... Les 3 premières boules tirées auraient désigné dans l’ordre croissant : le 3ième, le 2ième et le 1ier. Bref, le pied pour un ramier de mon espèce mais y’avait un mais...

 

Un mais que j’ai vérifié lundi soir dernier où tout à fait par hasard j’ai branché la télé pour voir les infos et c’était pile poil le tirage du LOTO®. Comme je ne suis pas sadique je ne vous dirai pas quels ont été les 3 premiers numéros qui ont été expulsés par la drôle de machine. L’important dans l’affaire c’est que je me suis dit que je ne pouvais pas me défausser sur la FDJ mais que je devais assumer le sort.

 

Donc je me suis dit à LOTO® Loto et demi faut que je me replie sur le bon vieux Loto des familles. Alors, afin de rester neutre, je suis allé en Suisse en dégoter un et voici ce j’y ai trouvé  dans la Tribune de Genève :

 

Le loto de la Fanfare

 

« Quine, double quine, loto, ça vous dit quelque chose? Vous connaissez alors le loto, jeu de société fondé sur le hasard. Selon Wikipédia, de très nombreuses associations organisent très régulièrement des lotos traditionnels afin d'obtenir des recettes pour la réalisation de leurs projets.

 

Ainsi, la Fanfare municipale du Petit-Saconnex organise ce dimanche de 14h à 20h approximativement son loto annuel à la Salle des Asters, en  face de la Migros de la Servette. Venez nombreux tenter de gagner le gros lot (des bons d'achats valant plusieurs centaines de francs), ou bien de merveilleuses corbeilles de fruits, délicieux fromages, bouteilles de vins...)  

 

Il vous arrive de ne rien gagner ? Vous auriez tout de même la satisfaction d'avoir contribué à une bonne œuvre, car tant jouer qu'écouter la Fanfare municipale du Petit-Saconnex (une fanfare de la Ville de Genève et qui bénéficie du soutien de ses autorités) réchauffe le cœur.  

 

Je me réjouis de vous rencontrer dimanche 17 octobre à la salle des Asters, avec les musiciens de la Fanfare comme vendeurs, porteurs de lots, etc., en compagnie de nos crieurs et préparateurs des lots professionnels ! »

 

 Pierre Scherb http://www.pierrescherb.ch/  (juste un clic pour voir)

 

Ni une ni deux je suis donc allé acheter une boîte de Jeu du Loto.

 Caillou-9271.JPGCaillou-9273.JPG

Me restait plus qu’à trouver le lieu pour faire tirer dans un pochon, par une main innocente, les fameux 3 numéros.

 

Alors comme les jeunes demoiselles du meilleur monde d’autrefois j’ai consulté mon carnet de bal et mon choix s’est vite porté sur le George V – les snobs disent George Vé – où mes amis de Marrenon m’ont convié à venir découvrir leur « collection » présentée par Olivier Poussier le lundi 25 octobre à 19h30.

 

Bien sûr je n’allais pas y faire le coucou, comme certains de mes collègues bloggeurs qui viennent déposer des commentaires dans ma petite maison pour dire à mes chers lecteurs d’aller consulter le leur – je plaisante bien sûr – donc j’ai demandé à mes amis de Marrenon s’il voulait bien faire une petite place à mon petit pochon.

img173-Poussier.gifLe OUI fut franc et massif, donc lundi soir un terme sera mis au suspens insoutenable de la composition du fameux podium du Grand Concours de l’été.

 

Qui tirera les 3 numéros ?

 

Le mystère reste entier même si j’ai ma petite idée.

 

Si je suis en état en rentrant du George V je pondrai une chronique échevelée et vous saurez tout de la soirée et du fameux tirage au sort, photos à l’appui bien sûr...

 

Merci à Jean-Louis et à toute sa sympathique équipe pour leur hospitalité et à bientôt sur mes lignes...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 00:03


Jacques Higelin - Champagne -
envoyé par muadib13. - Regardez la dernière sélection musicale.

 Je ne vais pas vous susurrer à la manière de Gréco « il n’y a plus d’après à Saint Germain-des-Prés... » mais plutôt scander à la Higelin « champagne ! » avant de vous conter ma soirée à Saint Germain-des-Prés à la galerie Catherine Houard 15 rue Saint Benoît pour la présentation du N°6 de la revue « Faux Q » consacré à la Nuit.

 

L’invitation émanait de La Librairie la hune plantée au confluent de la rue St Benoît et du Bd Saint Germain, et flanquée des cafés de Flore et des Deux Magots. « Cinq jours avant le débarquement des Alliés en juin 1944, Bernard Gheerbrant, ancien étudiant en philosophie, avec ses amis Pierre Roustang, Jacqueline Lemurier et Nora Mitrani, ouvre une librairie... La Hune s’installe, en 1949, 170, boulevard Saint-Germain, entre le Flore et les Deux Magots. Bernard Gheerbrant charge Pierre Faucheux de l’aménagement de sa nouvelle librairie. Son inauguration a lieu le 12 mai  avec la présentation des gravures d’André Masson illustrant Les Conquérants d’André Malraux... » écrit Jean-Pierre Caracalla.

 

Comme il pleuviotait, alors pour m’y rendre j’abandonnais mon vélo pour prendre le métro coiffé de mon chapeau. Ayant eu, lors du déjeuner, à subir les aigreurs d’estomac d’une chroniqueuse gastronomique acariâtre, le genre je sais tout, j’ai tout vu, ferme ton clapet petit bloggeur car moi je règne sur les ménagères de plus de 50 ans – qui d’ailleurs depuis le temps doivent avoir atteint la barre des 60 – j’espérais ce soir croiser de la fraîcheur, de la gaieté, m’aérer les neurones en bonne compagnie. Dans le métro, pour me mettre en jambes, je lisais « Le bonheur selon Confucius » Petit Manuel de Sagesse Universelle de Yu Dan. Au débouché de la bouche de métro le ruban du boulevard Saint Germain prenait des allures de la jetée de Port Joinville après une belle ondée.

 

La Galerie Catherine Houard, qui nous accueillait, avait accroché à ses cimaises depuis le 8 octobre de magnifiques maquettes de costumes de théâtre signées de grands noms. « Rêves de théâtre » Superbe ! C’est à voir jusqu’au 13 novembre. Comme le ciel se voulait plus clément, au dehors des damoiselles : des petites japonaises et de grandes américaines papotaient une flute de champagne à la main. L’ambiance était plutôt bon enfant. Mais comme je n’étais venu là pour faire le joli cœur mais pour nourrir l’une de mes « merveilleuses chroniques » j’allais au contact de la créatrice de « Faux Q » Antigone Schilling journaliste, collectionneuse impénitente de création mode contemporaine, styliste, éditrice qui avait déclaré « Le magazine serait peut être un peu belge, quelque part. Ça, ce sont mes origines, qui parlent, avec la dimension surréaliste, et puis aussi très contre le politiquement correct. » Le contenant est beau, luxueux même, mais comme ses initiateurs, regroupés dans une association de loi 1901, ne gagnent pas d’argent avec, ils n’en perdent pas non plus, libre à chacun de se l’approprier ou de le rejeter comme une paillette de plus dans notre futilité.

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Le N°6 de « Faux Q » est consacré à la NUIT : la NOTTE, il égrène des titres évocateurs : insomnuit, nuisette, bonnet de nuit, bite de nuit, 1001 nuits, retiens la nuit... mais je dois avouer que si les photos sont belles les textes sont très inégaux... il n’est pas facile de jouer les provocateurs sur simple demande... mais il ne faut pas forcément trop en demander aux modeux... la forme l’emporte souvent sur le fond le geste est privilégié. Mais qu’importe, ce « Faux Q » est des nôtres avec NUIT D’IVRESSE.

Caillou-9274.JPGAvant de laisser la parole à Bertrand Trepo-Leriguier, le concepteur du champagne éponyme, tout d’abord vous dire que j’ai bu quelques flutes de sa Cuvée Intimiste collection Rendez-vous Galant, tout en papotant avec Ivan Levaï, l’homme des revues de presse et Claude Cabannes le bretteur communiste que l’on peut retrouver sur RTL et I Télé. C’était fort agréable, et le breuvage et la conversation, ça me faisait oublier la harpie du midi. Pour en finir avec le décor, j’ai manqué de réflexe : il y avait un type qui portait des grolles super-pointues rouge vif vernies et j’aurais du faire une petite photo. Ce qui va suivre, l’entretien mené par Ingrid Astier, va sans aucun doute en exciter plus d’un mais, comme vous vous en doutez, si je le propose à votre lecture c’est bien dans l’intention de vous faire réagir. Bonne lecture et si les mots vous dérangent, je dirais même vous démangent, n’hésitez pas sortez vos karchers...  Caillou-9280.JPG

« Quel vin de joie peut rivaliser avec le champagne ? Ce grand seigneur a tout pour lui. Robes or ou saumonées, ouverture en fanfare et allégresse des bulles. Bertrand Trepo-Leriguier, qui, à trente ans dirige la maison du même non en Champagne, a bâti ses cuvées autour de microclimats. Mais des microclimats émotionnels : cuvée Solennelle « Célébrons l’instant », cuvée Intimiste « Rendez-vous galant », cuvée Amicale « petite soirée entre amis » ou cuvée Festive... « La Nuit sera blanche ».

Le champagne et la nuit ? L’envers et l’endroit d’un même plaisir.  Bertrand Trepo-Leriguier, c’est le jour et la nuit : élégance du Chevalier Noir et gaieté d’astre du Petit Prince. Dessine-moi une nuit... Et lui de répondre, percé à jour « La nouvelle-Orléans : un parfum de Caraïbes, de magie vaudou, de jazz et de cognac ». Départ en vrilles en quelques questions.

 

« Il y a un secret du vin ; mais c’est un secret qu’il ne garde pas. On peut lui faire dire : il suffit de l’aimer, de le boire, de le placer à l’intérieur de soi-même. Alors il parle. En toute confiance il parle »

Francis Ponge

 

« Faux Q » : Bertrand Trepo-Leriguier, pour votre cuvée Festive « La Nuit sera blanche » en quoi le cépage pinot noir contribue-t-il à draper la nuit de blanc ?

 

BTL : Une des magies du champagne est d’avoir mis au point au XVIIIe siècle un mode de pressurage des raisins susceptible d’obtenir du jus de raisin blanc à partir de raisins noirs (pinot noir ou pinot meunier) C’est cet esprit de pierre philosophale que je voulais pour notre cuvée « La Nuit sera blanche ». Je souhaitais qu’elle transmute l’instant nocturne en une lumineuse obscurité.

 

« Faux Q » : La nuit des caves apporte-t-elle, selon vous, quelque chose au champagne ?

 

BTL : Le champagne est lumière. Tout au long de son élaboration, le chef de cave prend soin de réunir les conditions nécessaires au développement de son caractère solaire. L’une d’entre elles est la longue maturation à l’ombre des caves, période durant laquelle les levures vont développer à la fois les palettes aromatiques et chromatiques du champagne. Mais les levures sont des artisanes timides qui ne cherchent pas la gloire des projecteurs. Elles préfèrent exercer leur talent dans la nuit fraîche de nos caves.

 

« Faux Q » : Avez-vous vendangé la nuit ?

 

BTL : Par trois fois déjà. Ramasser des raisins endormis est d’ailleurs une expérience unique ! Pratiquées dans de nombreux vignobles, les vendanges nocturnes sont un moyen efficace et durable de lutter contre les effets du réchauffement climatique : en plus d’avoir gagné plusieurs semaines d’avance en une décennie, les vendanges s’effectuent désormais sous une météo bien plus clémente que par le passé. Résultat les raisins arrivent désormais chauds au pressoir et partent plus facilement en fermentation. Avec des vendanges de nuit, nous bénéficions d’une baisse naturelle de plus de 10°C, ce qui nous assure de conserver toute la finesse et l’élégance de nos raisins.

 

« Faux Q » :Dégorgez-vous vos bouteilles dans la confidence de l’ombre ?

 

BTL : Le dégorgement est considéré comme l’étape la plus technique dans la naissance d’une bouteille de champagne : il s’agit de « jouer avec la bulle ». Les bouteilles remuées sont disposées la tête en bas, les lies réunies dans le col de la bouteille. Le geste ancestral du dégorgeur consiste donc à retourner la bouteille avec suffisamment de célérité pour que les lies ne se dispersent pas de nouveau dans la bouteille, et suffisamment de précision pour ouvrir le flacon à l’exact moment où la bulle d’air présente dans la bouteille remonte jusqu’au bouchon. C’est à ce prix que la bouteille ne se vide pas de son contenu sous l’effet de la pression. Alors, vous comprendrez qu’une telle dextérité nécessite quelques lumens...

 

« Faux Q » : En quoi le terroir crayeux du vignoble de Champagne vous inspire-t-il pour crayonner le tableau noir d’une nuit festive ?

 

BTL : Le terroir de Champagne est d’une richesse insoupçonnée. Derrière la notoriété de cette appellation unique se cache plus de 300 villages, 33000 hectares et 240 000 parcelles de vignes. Autant de jardins au sol, à l’orientation et au climat différents. Venir piocher des raisins dans une telle mosaïque est un plaisir incroyable. Sans oublier que l’assemblage d’années de vendanges différentes vient encore multiplier le champ des possibles. Pour une nuit festive, il ne reste plus qu’à trouver des raisins aux arômes francs er spontanés, qui appellent la légèreté, et de les travailler avec une touche de bonne humeur.

 

« Faux Q » : Une bulle peut-elle sublimer un vin tranquille ?

 

BTL : Il n’y a pas de vérité absolue, mais dans le vin de champagne, c’est indéniable que nos vins tranquilles ne raviraient pas les cœurs et n’enchanteraient pas l’esprit en l’absence de bulles ! Nous les élevons et les éduquons pour cela. Toutefois il existe des vins appelés coteaux champenois qui sont orphelins de bulles – mais nous travaillons ces vins différemment dès la conduite de la vigne.

 

« Faux Q » : Votre site est constellé de référence au Petit Prince. Les bulles de champagne seraient-elles de belles étoiles ?

 

BTL : On peut dire que les bulles de champagne ont pris dans ma vie une dimension romanesque. Pour ma part, je souhaite continuer à partager avec le personnage de Saint-Exupéry la candeur et l’émerveillement. Peut-être un jour je finirai par apprivoiser une bulle.

 

« Faux Q » : « La nuit remue », murmurait le poète Henri Michaux comme pour noter la fébrilité de cette seconde vie. Êtes-vous d’un tempérament plus nocturne que diurne ?

 

BTL : Je suis certain d’une chose : je ne suis pas un intime de Morphée ! À mes yeux, ni le jour ni la nuit ne trouvent grâce pour dormir. J’aime l’activité, l’énergie, le mouvement. De même je préfère les vins qui pétillent dans une flute à ceux qui vous attendent lascivement dans un verre.

 

« Faux Q » : Si vous deviez changer de nocturne, serait-ce pour un bourgogne Hautes-Côtes-de-Nuits ?

 

BTL : Ce sont effectivement des breuvages fabuleux, et les coteaux de Nuits-Saint6georges proposent des nuances infinies de pinot noir. Je comprends que les viticulteurs bourguignons puissent y peindre des vins toute une vie. Pour ma part, si je devais changer de nocturne, ce serait pour ce vignoble prometteur des contreforts de l’Atlas, où l’œnologie de décline en mille et une nuits.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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