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    Vin&Cie,

             l'espace de liberté

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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 02:09

Au dessert, sur la bombe glacée, je hélais le chef de rang « Vous n’auriez pas un Krug de derrière les fagots par hasard mon bon ? » Comme il n’entravait pas un mot de mon français je vis dans ses yeux, d’abord un peu de panique, puis un éclair à l’énonciation de Krug, sans demander son reste, il se précipitait à grandes enjambées vers ce qui devait tenir lieu de cave à vins. Chloé me morigénait « Mon bon, et puis quoi encore, pourquoi pas mon brave, en plus tout ça pour un caprice d’enfant gâté : le Krug n’est pas sur la carte, tu veux l’humilier ? » Béat, je souriais « Pour une fois tu te trompes belle italienne, je viens de transformer ce brave type en un demi-dieu...

-         Et comment donc tu réalises cette prouesse...

-         En lui donnant l’occasion de prouver son savoir-faire...

-         Tu as trop bu, ce petit jeu est stupide...

-         Que tu dis ! Crois-moi tu vas avoir l’extrême privilège de te régaler, en pleine transition vers le socialisme, avec l’un des champagnes les plus rares...

-         Et si tu me parlais de ton plan génial plutôt que de jouer les grands seigneurs !

-         Mais ma belle mon plan c’est à nouveau de jouer les grands seigneurs comme aux plus beaux jours de notre croisière sur le Mermoz. Pour ferrer les gros poissons, tu le sais bien, rien ne vaut que de frayer en leur compagnie...

 

Chloé fronçait ses sourcils circonflexes, esquissait une moue qui se voulait boudeuse mais qui dessinait déjà une marque d’intérêt. Le retour triomphal du chef de rang, flanqué de deux serveurs, serrant dans ses bras un magnum de Krug brisait définitivement la glace, Chloé partait dans son grand rire cascadant qui rebondissait sur le guindé des messieurs et les permanentes de ces dames. Rappliquait aussi ce qui devait être le big boss, dents blanches, haleine fraîche, poignets mousquetaires et l’échine déjà courbée « Millésime 59, notre unique magnum que j’ai rapporté moi-même lors de mon dernier voyage en France. Je suis allé à Reims voir jouer Raymond Kopa et j’ai rapporté ce magnum en souvenir... » Chloé se récriait « L’ouvrir que pour nous deux serait un crime ! » Je la rembarrais gentiment « Qui te dis que nous allons boire seuls, comme c’est de coutume au casino lorsque l’on gagne : c’est pour le personnel » Je faisais mine de jeter des jetons sur le tapis vert. Le patron applaudissait de ses petites mains un peu boudinées. Pris d’un soudain remord je le questionnais « Vous aviez peut-être prévu de l’ouvrir en d’autres circonstances ? 

-         Non, non j’attendais un jour heureux...

-         Et c’est un jour heureux ?

-         Oui cher monsieur.

-         Puis-je vous demandez pourquoi ?

-         Parce que j’ai l’extrême plaisir d’accueillir sous ce toit un beau couple de français, qui se tiennent bien à table, je veux dire qui mangent et boivent comme des vrais français et qui, si vous me le permettez, ont l’air très amoureux...

 

Chloé en restait pantoise, coite, bluffée par l’enchaînement des évènements : comment un de mes caprices pouvait-il déboucher sur une telle surprise. Le coup-monté se révélant matériellement impossible mon aventurière préférée me gratifiait d’un sourire extatique. Le chef de rang s’afférait, avec des gestes de jeune mère maniant son nouveau-né, pour mettre en glace dans une vasque de verre taillé le magnum. Profitant que le patron faisait dresser une table afin d’accueillir les coupes à champagne Chloé me murmurait « S’il te plaît mon beau légionnaire éclaire ma petite lanterne : comment pouvais-tu être si sûr de toi en commandant ce Krug ? 

-         Parce que dans ma petite tête, où je me fais du cinéma, Cintra ça rime avec Krug...

-         Tu es vraiment barjot.

-         Oui mon ange mais qui ne tente rien n’a rien...

-         Si je comprends bien tu veux que nous nous fassions adopter par la bonne société Santiago...

-         Mieux que cela princesse nous allons comme toujours faire le grand écart entre les frelons du MIR et les rancis à casquettes galonnées...

-         Les militaires ! C’est une caste fermée...

-         Tu vas l’ouvrir ma belle !

-         Je ne suis pas une pute mon beau !

-         Pourquoi des gros mots, tu vas les séduire mon ange...

Le patron, nous voyant chuchoter, poliment se tenait à l’écart, imperturbable. Bien évidemment nous étions le centre d’intérêt de toutes les tables et je sentais que le Tout Santiago allait bruire des échos de cette soirée. Le succès de la phase 1 de mon plan dépassait mes attentes les plus optimistes.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 00:09

Souvent dans mes chroniques j’évoque ma Vendée natale, non par nostalgie de ce pays mais tout simplement parce qu’au fond je suis toujours resté un petit gars de la Mothe, élevé dans l’eau bénite par de saintes femmes : mémé Marie, la tante Valentine et ma chère maman, enfant de chœur indiscipliné, sauvageon dans les prés avec les vaches normandes du pépé Louis ; qui a bien aimé jouer au basket à la Vaillante Mothaise avec le si adroit Jacques Bernard ; qui est parti à 17 ans tout juste à la Fac de Droit de Nantes sans regret car il savait que ça n’était pas dans son petit pays qu'il ferait sa vie. Dire qu’on a ses racines dans son terroir natal ne reflète aucune réalité car, sauf à y vivre toute sa vie, très souvent on le quitte sans pour autant être un déraciné.  


La Mothe-Achard, son gros bourg commerçant, sa foire aux bestiaux, son école d’Agriculture où je ferai l’essentiel de mes études secondaires, le Bourg-Pailler où je suis né,  l’Auzance, sa route Nationale la Roche-Les Sables, le car Citroën de Nantes, les pères Martin et Plissonneau les marchands de grains, Mougard le marchand de bestiaux, le château du Plessis et Antoine de la Bassetière, et quelques métairies où la vaneuse de papa faisait les batteries, c’est ma jeunesse. Une jeunesse heureuse, insouciante, où nous jouions aux marbres en rentrant de l’école avant d’aller goûter de belles tartines embeurrées sur lesquelles mémé Marie râpait des miettes de chocolat Menier. Le matin prendre son bol de cacao à la table où les hommes : mon père, le cousin André Neau et mon frère Alain déjeunaient. Sœur Marthe, Mademoiselle Brye, le frère Pothain et le grand blond dont le frère s’était rendu célèbre en publiant ses récits d’évasion des camps de prisonnier : « Le Dodore fait la malle » (toujours en vente sur Price Minister) qui m’ont appris à lire, à écrire et à compter. La famille Remaud avec Madeleine et Petit Louis le boulanger, mes 3 frères supplémentaires Dominique, Jean-François et le malheureux Jacques (Jacquot, moi c’était Jacky, je détestais) avec bien sûr Geneviève que nous appelions Bounette. Mon copain Gervais, son scooter Vespa sur lequel nous allions au bal à 3 dessus avec Dominique Remaud. Ne parlons pas des filles, ceux qui se sont colletés à mon petit roman dominical à son tout début savent que je suis « un homme qui aime les femmes »... 

 

Tout ça pour vous dire que ce pays qui colle à mes godasses m’a toujours permis, surtout lorsque je me suis retrouvé sous les ors des Palais Nationaux, de savoir d’où je venais et surtout à qui je devais d’être ce que je suis. Ainsi, lorsque nous avons réformé cette foutue PAC au temps de Jacques Delors, en 1990, mon frère Alain à marié Vincent mon filleul en septembre (chez les Berthomeau on se marie toujours après la moisson sans doute en mémoire de notre père Arsène qui aimait tant ses batteuses) j’ai passé toute ma sainte soirée, après le repas déjà long, au lieu de faire danser une jeune femme qui manifestement attendait plus encore de moi, un verre à la main, à discuter avec tous les gars des métairies, les copains d’Alain, de l’arrêt du soutien par les prix. C’était chaud mais, tout socialo que j’étais, j’étais quand même un gars de la Mothe, ils m’écoutaient et, ceux qui me connaissent, savent que je ne lâche pas le morceau facilement. J’aime convaincre. En fin de soirée je ne sais plus si j’étais saoul de paroles ou de vin, ou des deux, mais qu’importe je leur devais bien des explications surtout que celles de Luc Guyau, mon voisin de classe à l’école d’agriculture, ne les satisfaisaient guère. Lui a fait une bien plus belle carrière que moi : président du CNJA puis de la FNSEA, puis de l’APCA pour finir ambassadeur auprès de la FAO, mais je ne l’envie pas car je n’ai jamais eu de goût pour les grandes manœuvres des appareils horizontaux comme disait le frétillant Michel Rocard.  

 

Oui je suis nostalgique de mes jeunes années rêveuses et sauvageonnes, de la C4 de Louis Remaud pleine des miettes de pain de la tournée, des baignades à la Normandelière ou au Marais-Girard, du Gois de Noirmoutier, du beurre blanc de maman, du riz au chocolat de la tante Valentine, du blazer bleu marine de ma couturière de mère, de l’eau de Vichy du pépé Gravouil, des livres de mon père dont j’étais si fier le jour où il fut l’un des mieux élu au premier tour des élections municipales alors que presque toute la liste d’Antoine de la Bassetière était balayée (hé oui, Henri-Pierre, ton père Alfred était de la conspiration avec Marthe Régnaud la sage-femme qui m’a fait naître). Papa m’a appris l’amour du bien public, la grandeur de l’engagement citoyen et le goût de la discussion. Orgueilleux je suis, oui simplement au nom de mon père à qui j’ai toujours dédié ma vie surtout lorsque l’étais au 78 rue de Varenne face aux grands appareils syndicaux si prompts à laisser accroire que nous n’étions que des urbains insoucieux du devenir de notre agriculture.  


Pour autant j’aime Paris, j’aime y flâner, y faire du vélo, y vivre ; j’aime tous les coins et les recoins de la France, pour les arpenter et y rencontrer ceux qui y vivent, qui les font vivre ; j’aime traîner mes guêtres dans le vaste monde pour me frotter à tous ceux qui ne sont pas nous mais avec qui nous partageons cette foutue planète ; j’aime la vie que je vis car je la vis au présent, ardemment. Le passé c’est ma mémoire, et par bonheur j’en ai beaucoup. Pour le futur, lorsqu’on atteint mon âge, il se rétrécit mais comme chaque matin je me dis que ce jour est un nouveau jour et qu’une nouvelle chronique se met en ligne j’en conclue « que du bonheur à venir ! » J’exècre l’expression « c’était mieux avant ». Je souris face à l’angélisme de certains défenseurs de la Nature : oui qu’ils étaient beaux et secrets mes prés bas enserrés par de profondes haies mais les petits gars de chez moi avaient-ils d’autres choix que de partir ou de les retourner ces prés et de les shooter au NPK ? Comme PH Gagey je préfère le mot terre à celui de terroir, car lorsqu’elle venait tout juste d’être labourée c’est la vie que j’y découvrais avec tous les « achets » rouge brun qui se tortillaient au sommet des sillons. Alors, et la Terre qui meurt, ou celle qui ne ment pas, ou encore celle d’une soi-disant agriculture paysanne, me hérisse car je lui trouve des senteurs qu’elle n’a jamais eu, celles d’une idéologie « passéiste ».   

 

Voilà, je me suis laissé aller à vous parler de moi mais comme je suis en vacances j’espère que vous me le pardonnerez.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 08:00

Je suis furax !


Non je ne suis pas un chroniqueur influent !


Si c'était vrai ça se saurait du côté du 78 rue de Varenne... 

 

J’ai trop roulé ma bosse en des lieux dit de pouvoir pour avoir une telle prétention.


Je ne suis qu’une chiure de mouche sur la Toile !


Je ne suis qu’un petit chroniqueur indépendant qui s’amuse à ouvrir des brèches, des fenêtres sûr, rien de plus, rien de moins !


Comme je suis tout sauf modeste ne voyez pas dans cette colère un exercice de fausse modestie destiné à ce que vous protestiez du contraire.


Ceux qui décident, ou qui sont censés décider, se tamponnent largement de mes opinions, de mes humeurs ou de mes propositions. Ils ont mieux à faire que d’être révérant à mon égard ou de m’accorder un quelconque crédit. Comme l’avait claironné un Grand Féodal lors de l’alternance de 2002 « Berthomeau c’est fini... » (J’ai des témoins) et ça s’est vérifié.


Alors pourquoi cette fureur matinale pendant que je coule des jours tranquilles dans une Ile où les Clans sont encore influents ?


Tout bêtement parce quelqu'un, dont je tairai le nom par une forme de compassion, pour justifier une demande, que je me contenterai de qualifier « d’étonnante », m’a fait tenir via une agréable personne, le propos suivant « puisque votre blog est influent j’ai peur qu’un personnage lui aussi très influent (lui très,très influent) prenne ombrage de ma présence sur votre blog et m’associe aux propos vachards tenus par un autre type très connu (je ne donne pas le nom car c'est une réponse à une question du Grand Concours), donc merci de retirer ma belle bouteille du lieu où vous l’aviez posé pour la mettre ailleurs... »


Stupéfait, en état d’attrition avancé, j’ai sitôt renvoyé le flacon dans les ténèbres extérieures !


Comme le dirait le facétieux sicilien Camilleri « faut pas décoconner ! »


« Quand les bornes sont dépassées, y’a plus de limites » dixit Joseph Prudhomme.


Ne me demandez pas d’être plus explicite. Vendre du vin de nos jours n’est pas chose aisée alors je suis en capacité de tout comprendre mais je ne puis entrer dans le jeu du « je te tiens, tu me tiens par la barbichette... » qui a court en notre sympathique « milieu » du vin. Je laisse ça à d’autres soumis aux dures lois du marché : les recettes venant de certaines poches mieux vaut ne pas frapper sur la main qui nourrit. Je n’ironise pas en me drapant dans une virginité ridicule mais tout simplement je profite de l’occasion pour vous proposer un bref traité pratique de l’influence, au ras des pâquerettes...

 

« Avoir le bras long... être le bras droit de... une éminence grise... un faiseur d’opinion... » que sais-je encore, en notre beau pays gaulois rouscailleur et râleur, où l’homme de la rue peste, à juste raison parfois, contre les prébendes, les passe-droits ou les privilèges des gens de pouvoir, il n’en reste pas moins vrai que la culture du piston y connaît encore de beaux jours à tous les étages. Faire intervenir son député auprès du Ministre ou autre autorité publique est un sport national très pratiqué. Publier le florilège des courriers expédiés permettrait de mettre un léger bémol aux protestations outrées du bon peuple qui fréquente le café du commerce. Les réponses aux intéressés sont rédigées par des petites mains des services qui, de temps à autre, se donnent le plaisir d’en envoyer une petite copie au « Palmipède enchaîné » (Cf. celle de refus d’Hervé Gaymard à propos de l’hippodrome de Compiègne).


Certains vont m’objecter que c’est un petit jeu entre gens du même monde. Faux ! Quelques exemples anciens :


1-     L’exemption ou le rapprochement de leur famille des pioupious faisant leur Service Militaire : à la belle époque du SN une cellule de 70 fonctionnaires du Ministère de la Défense était mobilisée sur ce sujet capital qui constituait la 1ière intervention des parlementaires français. C’est fini grâce à Chichi.


2-    Faire sauter les PV : les OP assurant la sécurité des Ministres assuraient discrètement cette fonction très importante car le chauffeur râleur est aussi un électeur. En déclin pour cause d’urgence à faire rentrer du blé dans les caisses et d’informatisation des procédures.


3-    L’attribution de logements sociaux : le temps où Georges Pérol, Ingénieur du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, était Directeur de l’OPHLM de la Ville de Paris, fut pain béni au 78 rue de Varenne...


Reste les médailles : c’est un sujet brûlant, chaud bouillant, qui en dit long sur la vanité des hommes et leur perte du sens commun pour la reconnaissance de « leurs mérites » J’ai dressé les listes de demandes de Légion d’Honneur, de l’Ordre National du Mérite et de l’Ordre du Mérite Agricole pour être édifié en la matière. Pour autant, je ne vais pas me gausser puisque j’ai accepté, mais pas demandé, la Légion d’Honneur attribuée par Jean Glavany dans la foulée de mon Rapport. Pour la petite histoire, je fus convoqué au RG de Creil pour l’enquête de moralité et le jeune inspecteur étant un passionné de vins nous avons passé une heure à discuter le bout de gras sur le sujet.


Tout cela est fort insignifiant, écume du jeu social, sans échange monétaire qui ferait déboucher l’influence sur le « trafic d’influence » qui n’est pas mon sujet du jour car il relève lui des tribunaux. Mon propos touche au théâtre du paraître, au miel des tribunes, des invitations, des déjeuners au château, ce merveilleux plaisir de voir son nom cité, en bien évidemment, dans les journaux, à l’encens de ceux qui vous font comprendre que vous êtes quelqu’un d’important, à l’ivresse d’un passage sur un plateau de télévision... j’en passe et des meilleures. Dans notre petit monde du vin je suis toujours émerveillé en contemplant ce spectacle... 

 

Pour clore ce court traité permettez-moi de vous conter l’histoire d’un homme dont toute la vie fut consacrée au dur métier de l’influence, c'était l’un des plus beau carnet d’adresses de Paris, reçu, écouté, bardé tel un maréchal soviétique de toutes les rosettes possibles, discoureur, collectionneur de présidences, quand vint le temps de la vieillesse, lorsque le flux de la marée des courtisans se fit rare, l’homme devint acariâtre, désabusé, radoteur et donneur de leçons, ne supportant pas d'être tombé dans le puits sans fond de l’indifférence de ses contemporains. Triste fin !


Soyez sympa avec moi, merci de me remettre à ma place si je commence à filer ce type de coton ! Du côté de celui qui me donnait une soi-disant importance, une influe, qu'il se rassure  je ne pratique pas le sport favori de certains dans notre petit monde : quand j’aime le vin c’est que j’aime le vin et ce n’est pas son léger dérapage qui m’empêchera de parler du sien en bien !  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 00:09

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Cette première chronique inaugure une série sur la table du palais de l'Elysée lieu de résidence du Président de la République Française. Au temps de ma «splendeur » bien évidemment je ne fus jamais convié à un déjeuner ou à un dîner officiel à la table du Président car on n'invite ni les soutiers, même de luxe, ni les «nègres». Cependant j'ai déjeuner par deux fois à l'Elysée à l'invitation d'un éminent conseiller de Mitterrand, un vieux Conseiller d'Etat qui «chassait des têtes» pour Tonton - j'ai oublié son nom mais ce n'était pas de Grossouvre qui lui chassait tout court et qui m'emmerdait régulièrement pour les chasses de Chambord - Il rassemblait 10 personnes d'origines très diverses et à la fin du déjeuner le photographe de l'Elysée prenait une photo de groupe qui nous était envoyée. C'est le seul souvenir qui me reste car du côté popotte ça ne m'a pas marqué aussi bien le solide que le liquide. Enfin j'ai souvent dîner avec les permanenciers c'est-à-dire le conseiller du cabinet qui pieutait à l'Elysée pour assurer la permanence téléphonique (en ces temps reculés les portables n'existaient pas). Là aussi ça ne cassait pas trois pattes à un canrd. Dernière précision, j'ai toujours refusé d'aller à la Garden-Party de l'Elysée car ça me gonflait. Notre Président vient de la supprimer pour cause d'économies budgétaires (y'a tant de trucs qui pourraient être supprimés mais je ne suis pas payé pour conseiller le Président de la République).

 

Pour commencer expédions vite fait bien fait les défuntes républiques (je passe sur la Ie et la IIe) : la IIIe et la IVe qu'aimait tant notre Grand de Gaulle.

 

Ce Palais est fort mal commode. Les cuisines sont enfouies dans les sous-sols. Sous la IIIe République elles étaient si vétustes que pour les grands dîners et les buffets on s’adressait à des traiteurs. Le confort des appartements du Président étaient très spartiates : une seule salle de Bains dont le président Armand Fallières, et son épouse, n’utilisèrent jamais. C’est Sadi Carnot qui fit installer l’électricité et Lebrun le chauffage central. De tout les présidents, Jules Grévy fut considéré comme le plus ladre par ses invités tellement les buffets étaient médiocres. Rochefort dans son l’Intransigeant ironisait « Un jeune homme a été arrêté vers deux heures du matin comme il venait de voler un petit pain chez le boulanger. Interrogé par le sergent de ville, il répondit : « Je sors de l’Elysée. » Il fut immédiatement relâché et une collecte organisée en sa faveur. »

Avec la IVe c’est madame Auriol qui reprend les choses en mains. Elle introduit le tout-au-gaz dans les cuisines et engage un tandem de chefs qui s’était connu au service des Windsor à Marnes-la-Coquette. Le président surprise René Coty qui par sa gentillesse, son urbanité fut le plus populaire des hôtes de l’Elysée : à plusieurs reprises après des réceptions réussies on le vit descendre aux cuisines féliciter les chefs. En dehors des obligations officielles, les repas de famille sont pris dans les petits appartements dans la plus grande simplicité, aussi bien chez les Auriol que chez les Coty. La petite histoire élyséenne mentionne que « le président Auriol, levé dès 6 heurs du matin réchauffait lui-même le café au lait qu’on lui avait préparé la veille. »

Les présidents  changeront mais leur table ne variera guère et l’on ne s’y attardera jamais beaucoup : le record de rapidité étant détenu par le général de Gaulle qui ne dépassait jamais quarante minutes. Comme l’écrit un chroniqueur de l’époque « Dommage, car la chère est fine et la cave excellente, avec ses Château-Lafite, Haut-Brion, Châteauneuf-du-Pape, Meursault, Pommard, Pouilly- Fuissé, Château Margaux des meilleures années. Pour le champagne, de rigueur à l’heure des toasts, on prend bien soin que toutes les grandes marques, d’Heidsieck à Lanson, de la Veuve Clicquot à Dom Pérignon, et de Pol Roger à Perrier-Jouet, figurent tour à tour sur la table présidentielle. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 02:00

Ce matin 2 chroniques pour le prix d’une ! Le commerce c’est le commerce ! Un de ces jours je vous ferai le coup de la 3ième gratuite ! Bon vous me direz que chez moi tout est gratuit. En êtes-vous si sûr ? Qui vous dit que je suis pas un petit chroniqueur subventionné par les grands trusts du vin qui veulent étendre leur emprise sur notre belle jeunesse ?

Quoi qu’il en soit voici donc le TOME 2 de ce qui ressemble à une foire aux vins quoi qu’en dise le taulier qu’est prêt à tout pour se faire remarquer !

 

Luberon&Ventoux&Châteauneuf&Cie

 

Les Hauts Plateaux 2009 – Vin de Pays des Alpes de Haute Provence – 2,50 €

C’est simple et c’est bon ! Rafraîchissant comme un plongeon dans la Durance, cette cuvée venue de la Provence de Giono offre un apéritif désaltérant.

Château La Forêt 2009 – Bordeaux Supérieur – 3,40 €

Le jeune Romain Roux œuvre dans, le Haut Benauge, cœur qualitatif de l’Entre-deux-mers. Il s’attache à y produire des vins « modernes », où le fruit prédomine, avec un élevage flatteur, très accessible, tout en respectant une forme de classicisme ici représenté par un assemblage très équilibré : 40% de Merlot, 30% de Cabernet-Sauvignon, et 30% de Cabernet Franc. Un très bon petit bordeaux en somme, franc et sincère à l’image de son vigneron, rond et épicé dans la lignée de son millésime. Un rapport prix plaisir véritablement exceptionnel, que nous envieraient même les producteurs du nouveau monde !

Domaine du Grand Clos 2009 – Côtes du Rhône – 3,50 €

Dans la lignée des cuvées travaillées par Dauvergne & Ranvier, ce Domaine s’affirme par sa générosité, un caractère chaleureux de fruits mûrs et d’épices. Encore et toujours un des meilleurs rapports qualité-prix de la région, la rondeur du millésime en plus.

La Vieille Ferme 2009 – Côtes du Lubéron – 4,50 €

Dans la famille Perrin, si la Vieille Ferme est le vin le moins cher, ce n’est pas celui dont on est le moins fier ! A très juste titre lorsqu’on goûte cette cuvée, miracle de subtilité dans cette zone de prix pour un blanc sudiste ! Notes expressives de fleurs et de fruits blancs. Vin également fleuri en bouche, évoquant le genêt, mais aussi le melon, avec une touche anisée en finale. Idéal sur un poisson au fenouil, ou des fromages de chèvre.

La Vieille Ferme 2009 – Côtes du Ventoux – 4,50 €

Récemment élu « Meilleur vin de marque français » par la revue Terre de Vins, La Vieille Ferme continue à faire honneur au(x) talent(s) de la famille Perrin. Tout en respectant l’identité qui fait son succès - le bon vin de tous les jours– la cuvée profite du millésime pour renforcer son expression méditerranéenne de superbes notes d’herbes aromatiques. Le tout avec une fraîcheur éclatante qui évoque le sommet du Ventoux… et au-delà.

Domaine du Bosquet des Papes 2007 – Châteauneuf-du-Pape – 19,90 €

Décidemment cet immense millésime dans le sud de la vallée du Rhône n’a pas fini de nous séduire. Cette cuvée justement nommée « Tradition » est un superbe archétype de Châteauneuf, tout en complexité et suavité, au  nez enchanteur d’herbes de Provence, de mûre, de fruits à noyau, de bois de santal, avec une petite touche de truffe et de violette. L’élégance de cette bouche puissante mais jamais lourde, le lissé des tanins encouragent à s’en régaler dès aujourd’hui. Pour autant une garde d’au moins 10 ans est assurée ! Les amateurs avertis chercheront l’influence de la rafle dans l’équilibre renversant de ce millésime solaire.  

 

Des Grands Blancs

 

Maison Pierre André 2008 – Rully – 9,80 € page 32

« La première règle c’est qu’il n’y a pas de règle » se plaît à rappeler la jeune Ludivine Griveau. Impressionnante de maîtrise et de dynamisme, cette œnologue a littéralement réveillé la vieille maison de Corton pour la remettre sur le devant de la scène. Un 2008 particulièrement favorable aux blancs bourguignons, dont Rully est un bel exemple, dans un style simple et sincère, un vin facile à marier !

Le Clos des Rocs Monopole 2007 - Pouilly-Loché – 14,90 €

Olivier Giroux, vigneron perfectionniste en pleine ascension, a réalisé une belle performance sur ce millésime délicat. Au nez de beurre frais et d’agrumes bien mûrs typiques du Chardonnay succèdent des notes minérales et d’herbes aromatiques qui signent le terroir d’un Clos véritablement exceptionnel. La bouche, légèrement épicée, délicatement citronnée, est encore un peu sur la réserve. L’idéal serait de l’attendre un an ou deux, ou de l’amadouer sur un poisson cuisiné !

Domaine Roux « Les Murgers des Dents de Chien » 2008 – Saint Aubin 1er Cru – 19,95 €

Le Domaine Roux, de longue date implanté à St Aubin, exprime au mieux le caractère de ces fameux Murgers, un premier Cru qui jouxte le célèbre Chevalier-Montrachet… Le terroir extrêmement caillouteux transparaît dans un registre aromatique d’une grande netteté, avec des parfums de fleur de vigne, et une expression en bouche certes cristalline mais encore sur la retenue. Vin de grand potentiel, pour les amateurs d’eau de roche !

Château de Chassagne « Clos Saint Jean » 2007 – Chassagne-Montrachet 1er Cru – 34,90 €

D’une belle richesse, sur des notes de miel et de fougères, et d’une noble  complexité, cette cuvée révèle une puissance et une subtilité rares. Un grand vin tout simplement, qui accompagnera les repas de fête, volailles et crustacés, ou se bonifiera quelques années.

 

Des châteaux à Bordeaux

 

Château Cantemerle Cru Classé 2007 – Haut-Médoc – 16,90 €

Un des rares crus classés du Médoc qui ait vu sa qualité progresser de manière spectaculaire alors que ses prix restaient « raisonnables ». Une très bonne affaire donc, d’autant que le vinificateur a eu la bonne idée de ne pas sur-jouer ce millésime de légèreté. Certes les notes de moka et de poivron rouge sont encore bien présentes, mais le cru se nuance déjà de touches florales et de fruits rouges. La bouche affirme aussi une réelle élégance, qui ne fera que se renforcer dans les 2 ans. L’habillage ne manque pas de charme, ce qui ne gâche rien pour ce vin prédestiné aux tables de fête

Château Bastor-Lamontagne 2007 – Sauternes – 18,90 €

Bastor est un classique parmi les bonnes affaires de Sauternes, tant il se rapproche des crus classés par sa netteté et sa profondeur. Sur un millésime d’anthologie pour ce type de vin, le cru se distingue par sa fraîcheur et sa finesse, avec ses arômes prononcés d’agrumes et de fleurs blanches. Orange et citron confits accompagnent la longue persistance en bouche, qui se termine sur une légère pointe mentholée. Bien que déjà délectable dans cette insolente jeunesse, il développera sa complexité sur au moins 20 ans !

Château Jean Faure 2007 – Saint-Emilion Grand Cru – 22 €

Le très entreprenant Olivier Decelle a de nouveau trouvé un challenge à sa mesure. Après avoir relancé l’historique Mas Amiel dans le Roussillon, il ressuscite littéralement cette belle endormie sise sur un terroir prestigieux. En effet le Château Jean Faure voisine Cheval Blanc, sur les graves de Saint Emilion, avec en sous-sol la précieuse crasse de fer… Il partage également avec ce mythe un encépagement atypique, où domine le Cabernet Franc. Le travail méticuleux à la vigne se poursuit par une vinification douce en baies entières après plusieurs tris, traitement que même les plus grands crus n’accordent pas toujours à leurs raisins ! Millésime bordelais aimablement qualifié de « difficile », 2007 démontre le succès des efforts entrepris par Olivier, puisque le vin est tout simplement  superbe, avec ses arômes de cèdre et de balsamique sur une structure de velours.  Très belle affaire à ce prix d’autant que s’il se goûte bien aujourd’hui, il sera encore meilleur dans 2 à 6 ans.

Château Boyd Cantenac Cru Classé 2004 – Margaux – 29,90 €

Excellente surprise dans l’univers souvent convenu des crus classés médocains, a fortiori sur un millésime 2004 « classique » et en phase d’évolution intermédiaire. Tout d’abord très épicé, avec une influence encore perceptible du boisé (nuances torréfiées et à peine vanillées), il évolue sur des notes de mûre et de cerise, particulièrement dans une bouche étonnante, littéralement juteuse ! Elancé, savoureux, avec le caractère « féminin » qu’on attend d’un Margaux, ce Cru n’usurpe pas son rang et surtout en donne amplement pour son argent, ce qui devient très rare à ce niveau. Une véritable aubaine, car les 10 prochaines années, voire plus, lui appartiennent 

 

Les Surprises

 

Château Laurou Tradition 2008 – Fronton – 4,90 €

Près de Toulouse, la petite appellation Fronton compte un cépage rare, la Négrette, dont les qualités aromatiques sont ici à l’honneur. Un nez très fruité jaillit ainsi littéralement du verre, aux notes de mûre de ronces, poivre du Sichuan et violette. La bouche tient ce  registre, avec beaucoup d’élan, des tanins fins, une forme de gouleyance sans renier son caractère, souligné par une finale saline. Ce vin, excessivement difficile à recracher pour les professionnels, ravira le palais de tous les amateurs, offrant an passage un beau défi au principe de modération

Mas Karolina 2008 – Vin de Pays des Côtes Catalanes – 7,50 €

Avec ce nouveau millésime, Caroline Bonville a spectaculairement progressé dans  l’expression de ses terroirs de schistes dans le cœur du Roussillon, aux environs de Maury. C’est une véritable explosion : des fruits rouges mûrs (framboise) jusqu’aux fruits noirs frais (cerise) en passant même par une touche de fruits exotiques. La bouche, aux  tanins caressants, est voluptueuse tout en gardant beaucoup de fraîcheur, avec une finale mentholée. Un vin d’une rare gourmandise.

Hecht & Bannier Sélection 2007 – Minervois - 9,50 €

Négociants-éleveurs dans la grande tradition, Grégory & François « font » des vins synthétiques du meilleur de leur appellation. Certes il est déjà délicieux avec son fruité poivré, ses tanins abondants et néanmoins caressants, son bel équilibre « très appétissant et juteux » selon les mots de Jancis Robinson (La critique britannique, qui le gratifie d’un 17/20). Il déploiera toutefois sa subtilité  dans les 1 à 4 ans : avis aux heureux amateurs dotés d’une cave !

Les Caves de La Reine Jeanne Savagnin 2007 – Arbois – 9,90 €

Tout juste mis en bouteille au cœur de l’été 2010, ce 2007 est déjà sidérant de classe et de profondeur. Il allie le caractère unique du Jaune jurassien - pour les complets néophytes, rien à voir avec le petit jaune anisé, on parle ici de Grand Jaune aux notes de noix et de curry ! - avec la minéralité et la pureté typique du style ciselé du génial Stéphane Tissot. Un accord parfait sur le comté, mais les autres fromages, ainsi que les viandes blanches à la crème seront à l’aise avec ce compagnon.

Château Ducluzeau 2005 – Listrac – 11,50 €

Cette appellation méconnue du Médoc bénéficie à plein de l’effet millésime pour s’en trouver transcendée et délivrer ainsi un modèle de concentration dans la région. A fortiori lorsque la matière première est travaillée comme ici par Bruno-Eugène Borie, le propriétaire star de Ducru-Beaucaillou, cru classé d’élite de Saint-Julien. Texture dense et tanins soyeux, gamme aromatique torréfiée, sur le cacao, avec des nuances de rhum vieux : déjà séducteur dans sa puissance, il révèlera mieux sa race avec quelques années de garde.

 

Du côté des vins bouchés de mon enfance

 

Amirault-Grosbois « Les Silices » 2009 – Saint-Nicolas de Bourgueil – 6,50 €

Archétypal. Ceux qui n’aiment pas les rouges de Loire passeront leur chemin ! Même dans un millésime de haute maturité, le vigneron met en exergue la fraîcheur revigorante du Cabernet Franc, avec ses notes d’herbe fraîche, de fleurs, de bourgeon de cassis. La bouche délivre un fruit noir croquant, sur des tanins fins, avec une pointe de belle amertume et une nuance de craie. Très droit, c’est aujourd’hui un « vin de soif » déjà très appréciable pour des pique-niques et plats bistrotiers, qui devrait gagner en ampleur et complexité dans les 2 à 3 ans pour accompagner des viandes grillées.

Château de Fesles 2008 – Anjou – 7,50 €

Propriété historique de l’Anjou, dont les moelleux furent un temps comparés à Yquem, fief à une époque du pâtissier Gaston Lenôtre, Fesles produit régulièrement un blanc sec unanimement apprécié. Dans ce millésime, la nature s’est surpassée : outre son équilibre souverain habituel, la cuvée s’est enrichie en 2008 de notes exotiques rares en vin sec. Un Chenin à savourer rapidement sur ce fruité spectaculaire, sa texture de soie devant ensuite l’enserrer pour quelques années avant d’en libérer la minéralité.

Domaine d’Ambinos 1970 – Coteaux du Layon Beaulieu – 12,95 €

La robe, or à reflets encore verts, quasiment fluo, annonce déjà une expérience gustative déroutante. Le nez, sur les fruits secs et le tilleul, confirme cette première approche. La bouche est indescriptible, dans ce registre aromatique qui n’appartient qu’aux vieux. Il a « mangé ses sucres », et se présente ainsi dans un équilibre demi-sec qui permettra de belles audaces gastronomiques. A moins que l’on préfère profiter de ses attraits en le buvant pour lui-même. 40 ans, moins de 13 € : Etonnant non ?

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 00:06

Comme en France tout le monde, ou presque, rentre en septembre : les gamins, les syndicats, les politiques, les écrivains, les congepés, je me demande ce que nous foutons en juillet-août puisque les ¾ du pays est de sortie. Les 2 rentrées les plus célèbres sont : la sociale qu’on prédit souvent chaude et la littéraire qui elle s’apparente à la Grande Braderie de Lille (même que les auteurs de Guides de vin, qui se prennent pour des auteurs, s’y collent aussi) Comme je n’aime pas faire comme tout le monde moi je sors en septembre, c’est-à-dire que je suis en vacances, ce qui étonne beaucoup de gens qui s’évertuent à me bombarder de sollicitations auxquelles je réponds avec délice : « je suis en vacances en Corse »

Bref, tout ça pour vous dire que dans les rentrées de septembre y’a, comme disent les « espécialistes » les FAV, les foires aux vins ! Bon que voulez-vous moi FAV de mon temps c’était la Fédération des Associations Viticoles qui rassemblait les producteurs de vins de table. La piétaille quoi ! Alors que la Foire aux Vins c’est le machin avec plein de GCC en caisses bois SVP pour décideurs pressés qui veulent faire de bonnes affaires et bourrer jusqu’à la gueule leur 4x4 japonais. Qui a inventé les FAV ? Carrefour ou le père Leclerc ? Le concours est ouvert ! Peut-être que le jeune retraité de Pessac pourrait nous éclairer ? Pour clore le chapitre « je vanne tout le monde » moi quand j’entends foire je pense sitôt à la trilogie : foire aux bestiaux de la Mothe-Achard, foire exposition de la Mothe-Achard et bien sûr « faire la foire » au bal des pompiers de la Mothe-Achard. Pas très chicos tout ça mes cocos !

Toujours pour me distinguer des compulseurs compulsifs de catalogue de Foire aux Vins j’ai proposé à mon Marchand de Vins « conseil » de me faire pour moi tout seul une foire aux vins qui décoiffe les amateurs de brushing et de cheveux teints. En plus, comme je suis un « emmerdeur patenté » je lui ai collé un cahier des charges d’enfer :

1-     d’abord du beau, du bon, du Beaujolais et aussi un peu de Muscadet !

2-    ensuite du bio, du biodynamique comme s’il en pleuvait !

3-     des vins de mes amis aussi !

4-    puis tout plein de Luberon&Ventoux&Châteauneuf&Cie car j’suis snob comme disait Vian Boris !

5-    et vlan des grands Blancs !

6-    enfin, ou presque, le passage obligé des châteaux de Bordeaux

7-     des surprises, car j’aime les surprises !

8-    et pour finir mon cinéma un retour du côté de mon enfance, des vins bouchés : Anjou, Coteaux-du-Layon et St Nicolas de Bourgueil

 

Mais mon marchand de vins à moi n’est pas un garçon qui se démonte, comme l’aurait dit le regretté Raymond Devos, bien au contraire c’est un jeune homme qui avance à son pas « ne juge pas un homme tant que tu n’as pas marché 2 lunes dans ses mocassins »* et qui sait ainsi mettre les choses à leur juste place. Alors mettez vos pas dans ses pas et je vous assure que vous ne serez pas déçu du voyage. En route et bonne route !

* proverbe indien

Mon marchand de vins existe je ne l'ai pas inventé. Tout un temps je me suis évertué à le prénommer Yves bien qu'il ne soit pas breton mais plutôt sudiste du côté rosé du Sud de France... D'ailleurs il suffit de lire ce qu'il écrit pour voir que c'est un pro que je ne suis pas!

 

Muscadet&Beaujolais 

 

Domaine Romany 2009 – Beaujolais – 3,50 €

Un Domaine sérieux et régulier du sud Beaujolais, qui retranscrit dès aujourd’hui les qualités de 2009, millésime historique dans la région. Un nez immédiatement séducteur, véritable corbeille de fruits rouges et noirs, lesquels croquent logiquement en bouche. Simple et bon, le vin du pique-nique et des cochonnailles.

Jacques Dupagneux Côte du Py 2009 – Morgon – 6,50 €

Du Beaujolais de garde ! La race du superbe terroir de la Côte du Py transparaît dès le premier nez, porté sur le minéral et un fruit noir très pur. On sent beaucoup de puissance retenue dans ce vin tendu, aux notes de graphite en bouche, qui soutient la force d’un millésime historique dans la région par une ossature en acier trempé. Pointu à tous les sens du terme, ce grand vin en devenir réjouira déjà les amateurs de caillou.

Villa Ponciago Grand Vin 2009 – Saint Amour – 9,90 €

Premier millésime dans le Millésime des 50 dernières années dans cette région et premier coup de maître pour la Maison beaujolaise créée par la famille Henriot, déjà à la tête de Bouchard Père & Fils à Beaune. Si leur projet, des plus ambitieux, s’appuie sur un patrimoine viticole exceptionnel en Fleurie, les achats de raisins effectués par leur œnologue sur les crus voisins sont de niveau comparable, c'est-à-dire au plus haut de leurs appellations respectives.

En témoigne cette quintessence de Saint Amour, produite en petite quantité. Nez de fraises très mûres, d’herbes aromatiques, avec une touche de cuir noble, bouche ronde, généreuse, toute en longueur réglissée. Un vin qui associe la gourmandise du cru, la profondeur des vinifications bourguignonnes, et la maturité du millésime. De quoi faire l’unanimité des dégustateurs !

Château de La Preuille Tête de Cuvée 2007 – Muscadet Sèvre et Maine sur Lie – 6,50 €

A l’image de son propriétaire, le facétieux Christian Dumortier, La Preuille offre un vin tout à la fois plein de noblesse et pétillant d’une humeur joyeusement rafraîchissante. Mais ici, foin du perlant et des arômes « levuriens » du Muscadet « Primeur », si le vigneron sait préserver le peps de ses cuvées, c’est pour mieux souligner la race du terroir de « granit porphyroïde à deux micas de Clisson » (sic). Les amateurs pourront l’encaver sans crainte de nombreuses années pour l’accorder aux poissons nobles ou crustacés, mais on peut profiter dès aujourd’hui de son élan sur des coquillages ou des terrines

 

Bio&Biodynamique

 

Hecht & Bannier « Bio » 2008 – Languedoc – 5,90 €

Agriculture Biologique

Une bombe ! Bouche puissante mais fraîche, un cocktail explosif de pruneau, garrigue, réglisse, menthol, tabac, graphite, eucalyptus… Au passage on remarquera que le duo H&B réussi un 2008 supérieur à son déjà très bon 2007 !

Domaine Les Hauts de Riquets « R de Fête » 2009 – Côtes de Duras – 6,50 €

Conversion Biodynamie

On se rapproche du concept de « vin nature » avec cette cuvée réalisée en Bio, sur le fruit, en levure indigène, avec apport minimal de souffre. A ne pas mettre sur toutes les langues donc, mais une belle réussite pour un domaine tout récent, qui exprime ici un fruité original, dominé par des notes de fraise, sur une structure croquante, avec des tanins tout à la fois fins et présents, « sableux », et une finale saline alléchante. 

Domaine Roche Audran 2009 – Côtes du Rhône – 6,50 €

Biodynamie

Une découverte épatante et un vigneron attachant, Vincent Rochette, qui magnifie son terroir de Buisson (le versant nord des collines réputées de Rasteau et de Cairanne) avec cette cuvée de pure gourmandise. Le Grenache, épaulé par le Carignan et le Mourvèdre, prend ici des accents d’une rare fraîcheur, avec un bouquet de fruits noirs, de garrigue, et des notes d’encre d’une grande pureté. Riche mais plus digeste que puissant, ce vin est un de nos chouchous de l’année !

Domaine Sérol La Croix Saint Paul 2009 – Côte Roannaise – 7,20 €

Conversion Bio

Il n’y a pas de hasard… Découvert lors d’une dégustation amicale où il m’avait littéralement ébloui en rosé, j’ai recroisé ce domaine dans un bistrot bourguignon où il illuminait la carte d’une lueur improbable. Stéphane Sérol, qui a un réel talent, compose une véritable ode au Gamay, cépage qui retrouve ses lettres de noblesse avec cette production qui ne déparerait pas dans une sélection des meilleurs crus du Beaujolais. Cette cuvée dotée d’une belle trame provient d’un des meilleurs lieux-dits de cette petite appellation, ses vignes âgées de 30 à 50 ans délivrent un fruité enjôleur accompagné d’une franche minéralité.

Château Grand Boise Vieilles Vignes 2009 – Côtes de Provence Sainte Victoire – 7,50 €

Conversion Bio.

Imaginez… Un domaine viticole dont les parcelles se perdent dans les collines, au milieu d’une nature provençale préservée, seulement troublée par les grognements des sangliers et les rares aboiements de l’impressionnant patou veillant sur les moutons. Des vignes perchées entre 300 et 600 mètres d’altitude, l’altitude idéale pour développer de délicats arômes et une vivifiante fraîcheur dans le vin… et pour admirer la somptueuse Sainte-Victoire étalée de tout son long face à la bastide. Un domaine à l’histoire plusieurs fois centenaire mais à la pointe de la technique sous la direction affectueuse du bouillonnant Olivier Dauga, « rock star » des œnologues. Tout cela se sent dans un rosé parfaitement équilibré, dont les reflets bleus évoquent le ciel si pur qui l’a vu naître.

Pierre & Chantal Frick Sylvaner « Bihl » 2007 – Alsace – 8,50 €

Biodynamie

Ce vigneron pionnier, parmi les premiers convertis à la biodynamie, est en perpétuelle expérimentation. Des dizaines de cuvées s’adaptant au caractère spécifique de chaque millésime… Ce sage laisse s’exprimer le terroir, comme dans ce Sylvaner hors normes, pour tout dire déroutant, intensément minéral, presque miellé dans ses flaveurs de fruits secs, pourtant « dry », éthéré et poudré, à la manière… d’un bon saké !

 Les Cornuds 2008 – Vinsobres – 8,90 €

Agriculture Biologique

Les Perrin ont massivement investi sur ce secteur : une colline à plus de 300 mètres d’altitude. Ils y ont créé Les Cornuds, impressionnant vignoble d’un seul tenant, ce qui en fait le deuxième domaine le plus étendu de la famille après leur berceau de Beaucastel. La raison en est simple à écouter Matthieu Perrin : « Ce terroir très frais, entre montagne et oliviers, permet de retrouver dans le vin comme l’association des Syrah de Crozes-Hermitage et des Grenaches de Gigondas ». Une réussite tout récemment classée par l’exigeant magazine anglais Decanter dans les « 50 meilleurs rapports qualité prix de France ». Evidemment.

Le nez quasi bourguignon par sa finesse et ses nuances, évolue sur les 5 épices, avec un côté fumé et une pointe de gentiane. En bouche, fruits frais, poivre, pointe lardée et finale saline procurent comme un frisson, qui appelle un porc au caramel version vietnamienne.

Domaine Fiumicicoli 2009 – Corse Sartène – 9,90 €

Conversion Bio

Un rosé de caractère, bien sûr… Mais non dénué de finesse ! En effet cette cuvée est entièrement vouée à l’expression du Sciaccarello, cépage typique du sud de l’île, dont le nom signifie « craquant sous la dent ». Les terroirs granitiques dans la fraîcheur des vallées de l’arrière-pays donnent une minéralité brillante à ce vin à la fois ample et étiré en bouche aux notes de petits fruits rouges et de pomelo. Ce bel exemple de la catégorie « rosés de gastronomie » ravira également les esthètes de l’apéritif.

Domaine La Fourmente « Garrigues » 2007 – Côtes du Rhône Villages Visan – 10,90 €

Biodynamie

Merci François Dauvergne ! Nous lui devons la découverte de ce Domaine coup de cœur, en pointe sur la culture bio, ses vignes de plus de 50 ans exhalent ici des parfums de cerise noire et de pruneau typiques, saupoudrés d’épices, mais surtout un captivant bouquet de garrigue, où pointe la lavande. Pour se remémorer le champ des cigales en accompagnant les daubes, gibiers et autres canards rôtis !

Jean-Marc Brocard « Organic » 2008 – Chablis – 11,90 € Biodynamie

Julien Brocard ne cesse de progresser sur cette cuvée, d’une intense pureté, qui a surpassé en dégustation la plupart des vins de cette région, atteignant le niveau des trop rares excellents premiers crus de Chablis. Un très grand vin de plaisir, avec de la personnalité, au nez de pierre à fusil et de fruits blancs bien mûrs, à la bouche d’une juteuse fraîcheur, avec une note fumée, une énergie et une prégnance captivantes

Le Coudoulet de Beaucastel 2004 – Côtes du Rhône – 13,50 Biodynamie

Loin de produire un 2nd vin de Beaucastel ou un Châteauneuf bis, les Perrin (encore eux !) ont choisi, en toute simplicité, de produire le plus grand Côtes du Rhône possible sur ce beau terroir de galets roulés bêtement déclassé de l’AOC mythique. Mission largement accomplie, puisque c’est ainsi que Coudoulet est aujourd’hui reconnu. Le millésime 2004 ne fait que renforcer cette impression et surpasse nettement le déjà très bon 2003. Il exprime bien la filiation bourguignonne de Beaucastel. Finesse, fraîcheur, complexité, ce 2004, avec ses arômes de garrigue où pointe l’origan, est aujourd’hui à point  et se boira très bien sur 2 ans. C’est tout simplement un vin difficile à recracher, et ne cessant de dévoiler de nouvelles facettes à l’aération 

Alphonse Mellot La Moussière 2009 – Sancerre – 14,90 €

Conversion Biodynamie

Plus qu’une affaire ou qu’un coup de cœur, une opportunité rare, une forme de privilège : en effet en 2009 la météo n’a pas été tendre avec les vignes de la famille Mellot, avec moins d’un quart d’une récolte normale de blancs. Les raisins restant ont été d’autant plus bichonnés, et leur concentration s’est révélée phénoménale. Une cuvée justement réputée parmi les meilleurs rapports qualité-prix au monde dans la catégorie très disputée du cépage Sauvignon.    

 

Mes Amis

 

Château de Lorgeril « Terroir d’Altitude » 2007 – Cabardès – 6,90 €

Waouh ! « Robe sombre, dense, presque noire. Un premier nez surprenant de gourmandise, évoquant le cola, la réglisse, les épices, la canne à sucre, la citronnelle et l’eucalyptus. Ce registre alliant fraîcheur et sucrosité s’accompagne de notes plus vineuses de jus de viande et de noisette, évoluant vers le cacao. L’attaque en bouche se fait sur un cocktail de fruits rouges frais qui rappelle la grenadine, avec une pointe de pruneau, elle est portée par des tanins très charnus, qui lui donnent une structure plus virile et la portent sur une belle longueur. » Ce terroir acquis par Miren et Nicolas de Lorgeril, à quelques kilomètres de leur fief de Pennautier, se révèle comme le plus captivant de cette appellation originale, partagée entre sud-ouest et Languedoc, cépages atlantiques et méditerranéens. Une brillante réussite à accorder aux plats mijotés.

3- Château de Ciffre « Terroir d’Altitude » 2008 – Faugères – 8,50 €

Tout dans ce vin évoque en effet la sensualité irrésistible des paysages de Faugères, où se situe ce magnifique domaine d’un seul tenant perdu dans l’arrière-pays de Béziers, la rondeur des collines, le vallonnement des vignes, les reflets dorés de la terre de schiste et les parfums enivrants de la garrigue. Un cru généreux et frais à la fois, d’une belle longueur, très représentatif de la nouvelle vague languedocienne.

Henry Marionnet « Première Vendange » 2009 – Touraine Gamay – 8,60 €

Le maître étalon des « vins natures » reste indépassable, a fortiori dans ce millésime de grande intensité pour les rouges de Loire. La gouleyance typique de la cuvée y a encore gagné en volume, et justement on en boirait encore plus

Dauvergne & Ranvier Vin Rare 2007 – Gigondas – 12,90 €

Un sommet absolu dans la gamme impeccable de François Dauvergne et Jean-François Ranvier, jamais avares de leur temps… ni de leur talent ! Un vin qui ne cesse de séduire la critique et qui converti même les plus réfractaires au caractère robuste de l’AOC Gigondas. Peut-être la cuvée la plus réussie du duo R&D, à qui l’on doit déjà tant de belles émotions, c’est dire ! Au nez crémeux de fruits noirs et d’épices douces succède une bouche pleine, aux tanins savoureux, charpentée, complexe, avec une finale d’une infinie longueur. Autant de buvabilité pour une telle puissance, difficile d’y résister… Pourtant quelques années de garde ne lui feraient pas de mal !

Domaine Claude Chevalier 2008 – Ladoix – 15,50 €

Claude Chevalier le meilleur ambassadeur de cette petite appellation au pied de la montagne de Corton, qui fait la jonction entre la Côte de Beaune et la Côte de Nuits. Un nez très intense et séducteur de fruits noirs frais, une bouche sur l’élégance et la pureté, toute en finesse. Sa trame serrée encourage à la garder 2 à 4 ans, mais une fois en carafe elle surprendra vos invités !

Domaine Louis Jadot Le Clos de Malte Monopole 2007 – Santenay – 16,50 €

Dans le registre des perles, cette cuvée s’impose  comme un des secrets les mieux gardés de la Bourgogne : à mi coteau, le Clos de Malte a été mystérieusement oublié dans le classement des 1ers crus. C’est pourtant un lieu magique, habité par un esprit, transmettant au promeneur comme aux vins une « énergie vibratoire » si bien décrite par Jacques Lardière, l’œnologue inspiré de la maison Jadot. Encore plus rare en blanc, le Clos y exprime toute sa minéralité, sous les arômes de noisette, de fleur d’acacia et de grillé qui rappellent Puligny. Il digèrera son bel élevage dans les 3 ans, mais s’exprimerait déjà sur des viandes blanches et des fromages.

Domaine Louis Jadot « Les Lavières » 2003 – Savigny-les-Beaune 1er cru – 19,95 €

Non loin de Pernand, un très joli Premier Cru bien maîtrisé par la maison Jadot. Le nez est tout simplement grand, avec ses notes de fruits à l’eau de vie et de pruneaux. La texture est d’une suprême distinction, et la bouche se pare ainsi de subtiles nuances automnales, sur une longueur caressante. Ayant atteint son apogée, ce cru sera délicieux sur les volailles de fête, et autres viandes blanches agrémentées de champignons.

 

à suivre...TOME 2 de suite après... 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 00:09

C’est un inédit de Rabelais écrit en tchèque du début du XVIe siècle : « Traité du bon usage de vin » lequel est grand ð perpétuel pour ébaudir âme ð corps ð contre diverses maladies de membres extérieurs ð intérieurs composé au profit d’enlumineurs de museaux par maître Alcofribas, l’architiclin du Grand Pantagruel . Ce traité est tiré des livres du médecin et éminent savant Rabelais à Lyon pour que tout être de raison, lisant ou entendant, se réjouisse grandement. Afin que si bel esprit, loin  de tomber dans l’oubli, profite aux hommes et soit l’honneur des Tchèques, cet ouvrage est publié par Martin Carchesius, clerc du chancelier de Prague, en l’An de grâce MDCXXII.   Caillou-8372.JPG

« Sachez cependant qu’il ne faut pas mêler le vin avec des éléments autres que ceux sus-nommés et qu’il y a lieu de craindre le pire à agir autrement. Le premier de ces éléments terribles est l’eau, laquelle, comme il sera démontré, menace souvent la vie. Mais il est des paltoquets qui versent de l’eau sur le marc en disant : vin de marc. Tudieu ! Par cet acte horrifique ils provoquent la grattelle*, la pépie*, les scrofules et la courante. D’autres versent de l’eau dans des tonnelets et cruchons sans mo dire ; que ces oiseaux funestes servent de repas aux corbeaux ! Songez à Godefroy de Bouillon qui ordonna à la veille d’une bataille qu’on envoie aux mahométans une coupe de vin ondoyé : ayant perdu toute vigueur, ces derniers furent massacrés sans résistance aucune.

Le deuxième de ces éléments est la gent féminine en mal de bonnet de nuit qui ne recule devant rien pour conduire les buveurs émérites devant l’autel. Force anecdotes épouvantables circulent sur des harpies de cette espèce qui mirent le grappin sur un homme et la grappe lui interdirent ; c’est pourquoi les très zélés prévôts de la confrérie des buveurs disent les plus avisés : le vin comble la femme quand l’homme en boit, et c’est tant vrai qu’il n’a besoin pour ce faire ni de bonnet de nuit, ni de cornes. »

       * la galle

       * induration de la muqueuse de la langue

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 00:09

Avec septembre reviennent les mois en R et autrefois les huîtres, pour les connaisseurs ne se consommaient que ces mois-là après qu'elles eussent fait leur laitance. Ce matin, loin de ma terre natale, je profite de ce basculement pour venir au secours de mon grand voisin nantais le Muscadet qui va aussi mal que le FC. Nantes, grandeur et décadence d’une belle et grande appellation et d’un grand et beau club. Rien n’est jamais perdu tout est à reconstruire alors toujours prêt à servir. En attendant un beau texte de Maurice Des Ombiaux sur Les Vins blancs publié en 1928.

 

« Les huîtres appellent le vin blanc. S’il y a des grands vins blancs traditionnels pour leur faire cortège, il y a aussi les Vouvray, le Montlouis, le Rochecorbon, dont s’enorgueillit la Touraine à juste titre, et d’autres encore, moins connus, comme le Muscadet qui croît du côté de Nantes et de Saint-Nazaire et dont M. Aristide Briand fait ses délices.

Il est très sec et laisse à l’arrière-goût un léger appel de Muscat. Il n’a pas son pareil pour servir d’accompagnement à une douzaine de Portugaises bien fraîches. On le soutire dans des fillettes. Son fin goût de muscat, se mariant avec celui de la pierre à fusil, charme ceux qui en boivent pour la première fois par l’inattendu de l’aventure et par une si merveilleuse expression de terroir. L’Anjou donne aussi des vins blancs de grande réputation. Mais la palme revient de Pouilly-sur-Loire, de Château-Laroche et de Chavignol, du cépage appelé Sauvignon. Le Sauvignon produit aussi le Château d’Yquem mais tandis que l’Yquem est doux, liquoreux et doré, le Blanc-fumé est sec, extra-sec, comme le silex, avec un léger goût de fumée extrêmement délicat. C’est le vin le plus blanc qui soit, tellement blanc que, dans le verre, il a presque l’aspect d’eau ou vert d’eau, dit-on de lui.

Ce goût de fumée et de silex, soulignant le goût sauvage et le parfum d’océan des Claires ou des Marennes vertes, quel régal pour le gourmand !

Les loges de Pouilly, de Girames, la loge aux moines, le clos de la Comtesse ondoie merveilleusement une sole au gratin ou tout autre poisson.

Il ne faut pas confondre les Pouilly donnés par le Sauvignon et ceux des autres cépages. Il y a entre eux à peu près la même différence qu’il y a en Bourgogne entre les vins fins qui proviennent du pineau et les vins communs issus du gamay.

Ces produits du Sauvignon se mettent au rang des plus grands vins blancs, et tel amateur sceptique auparavant, a reconnu, après les avoir tâtés comme chez M.Lubin, qu’ils se présentent comme des grands seigneurs de la treille française, la première entre toutes !

Il y a des amateurs qui feront un déjeuner au vin blanc ; il y en a même qui s’en tiendront, pour un repas plus substantiel, au seul vin de champagne, variant les goûts selon les mets, depuis le demi-sec jusqu’au brut. »

 

 

Maurice Des Ombiaux

 

Ecrivain
Beauraing 16.03.1868 - Paris (France) 21.09.1943

« Ses humanités achevées (1884), Maurice Des Ombiaux est poussé par son père à entreprendre des études notariales. Mais, déjà attiré par le renouveau littéraire des années 1880, il se lance dans la littérature. D'abord auteur de quelques pièces en vers et en prose dont il tire plusieurs recueils, ainsi que d'un drame symboliste, Les Amants de Taillemark (1892), il part ensuite à la recherche de son style, affiche des opinions extrémistes et quitte La Jeune Belgique pour Le Coq rouge, mouvement qui se veut le défenseur de la liberté en art (1895).

 

Après avoir pourfendu Edmond Picard, champion de l'âme belge, il opte pour la prose ainsi que pour une veine réaliste et populaire qui correspond mieux à sa nature. Il dévoile ses talents de conteur gaillard et sentimental. En fait, Des Ombiaux plonge aux sources de son enfance lorsque lui étaient racontées les vieilles légendes locales. Ses meilleurs écrits atteignent aux sommets du roman naturaliste (Mihien d'Avène et surtout Le Maugré), considérés par Lemonnier et Maeterlinck comme des chefs-d'oeuvre. Entre 1898 et 1914, il publie plus d'un ouvrage par an tout en consacrant des études à des artistes wallons. Critique d'art, il signe ainsi un Essai sur l'Art wallon, collabore à la revue Jeune Wallonie. Fondateur, avec Jules Destrée, son ami d'enfance, d'une Fédération des Artistes wallons, il est aussi à la base de la Société des Amis de l'Art wallon.

 

Coorganisateur de la première exposition d'Art wallon (Charleroi, 1911), il ne cessera de montrer que la Wallonie, trop souvent négligée au profit de la Flandre, est en réalité un des berceaux de l'art en Occident. Il révèle ou vulgarise quelques-unes des illustrations de notre patrimoine artistique : l'école de Tournai, qui influença l'art flamand, l'école de l'abbaye de Lobbes, Roger de le Pasture, Victor Rousseau... Il exige que l'apport artistique de la Wallonie soit reconnu et sa filiation française proclamée. Occupé par le seul passé wallon, Des Ombiaux ne se livrera jamais à une peinture de la Wallonie industrielle, même s'il ne resta pas insensible aux villes (Namur, Liège...).

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 00:16

Lorsqu’un homme du cru, Bernard Ginestet, ici d’un grand cru puisque les Ginestet furent les propriétaires du Château Margaux (de 1950 à 1977), après avoir trempé sa plume dans la fameuse « Bouillie Bordelaise » en 1975 se glisse dans la peau du romancier pour brosser le portrait de l’archétype du courtier bordelais du milieu des années 60, c’est l’assurance pour le lecteur de savourer un texte dans lequel la fiction n’est qu’une manière élégante de mettre en scène la réalité. Son héros, « Edouard Minton est l’un des plus illustres représentants de cette caste privilégiée de la bourgeoisie bordelaise, enracinée depuis des siècles dans le quartier qui porte son nom : les Chartrons. » Bernard Ginestet qui fut maire de Margaux de 1973 à 1995, pur médocain, grand dégustateur est décédé le 29 septembre 2001.

 

Le premier chapitre suit la route du Médoc. Edouard Minton notre courtier, dans sa Peugeot a rendez-vous à Mouton (un Chartronnais ne dit jamais château devant le nom d’un cru et pratique l’abréviation : Las Cases ou Lafite comme le NAP dit Roland pour Roland Garros) avec le baron Philippe de Rothschild. « En fait, les courtiers bordelais se voyaient davantage convoqués qu’invités. Ils n’avaient à choisir ni le jour ni l’heure, fussent-ils déjà pris ou grippés »

 

Sa remontée vers Mouton nous vaut, lorsqu’il passe devant l’entrée du Château Prieuré-Lichine, un « Ah, celui-là ! Quel type ! En voilà un autre qui ne manque pas de culot ! Il a débarqué dans le paysage comme un crieur de journaux dans une librairie ancienne. Et ces monstrueux panneaux publicitaires qu’il a plantés un peu partout au bord des vignes... Les grands crus n’ont pas besoin de réclame populaire. Il se croît dans la vallée du Rhône ! « Dégustation-vente à toute heure ». Tout de même, il faut de l’aplomb pour appeler un cru « prieuré-lichine »Drôle d’œcuménisme. »

 

Pour situer le personnage, c’est un intégriste de l’église réformée qui, « en son for intérieur, n’aimait ni les catholiques ni les juifs ; quoiqu’il supportât leur compagnie avec civilité pour les nécessités du commerce. » Des manières un peu raides, une éducation parfaite, une façon de parler « imitable à cause d’un très léger bégaiement qui pouvait passer pour une recherche du mot juste et à cause de sa prononciation particulière des « t », mouillés à l’anglaise », toujours vêtu avec sobriété, « souvent en costume trois-pièces anthracite et richelieus noirs du meilleur cirage ». Madame « était née, Sluter, issue d’une lignée de marchands flamands dont l’installation à Bordeaux remontait au XVIe siècle » et « En trente-cinq ans de mariage, ils s’étaient tutoyés rarement, à l’occasion de disputes. Le changement de personne tenait lieu de changement de ton. Aucune invective, jamais, ne s’échangeait entre eux. » Bref, un couple uni, « malgré les incartades du courtier » et « quelques aventures passagères de son épouse. » Leurs vacances dans leur villa du Pyla « s’assortissaient d’une tolérance qui convenait surtout au mari » quoique madame se dévouait parfois « pour déniaiser un garçon de bonne naissance ». Le charme discret de la bourgeoisie des Chartrons donc !

 

Mais après ce détour dans les alcôves Bernard Ginestet, en un brillant paragraphe, brosse avec subtilité, l’art et la manière d’exercer le métier de courtier de GCC. « Le métier de courtier est à la fois lent et rapide. Il faut être à l’écoute du marché et le pressentir autant que possible en attendant l’heure de l’action. Il faut savoir téléphoner pour ne rien dire et se montrer omniprésent mais pas insistant. Il faut pouvoir foncer chez un acheteur en puissance, échantillons en main, muni d’un accréditif verbal mais indestructible de la part du vendeur. Les arguments ne reposent pas tous sur la qualité du vin. Savoir que Bertrand de Plassac a réalisé un joli contrat au Canada, et qu’il est – si tant que faire ce peut – heureux en amour et en famille, est un atout dans la manche que les maîtres du jeu utilisent à merveille. Connaître les besoins d’argent d’un propriétaire ambitieux, au moment, où il convient le mieux de les satisfaire, constitue un avantage décisif. Faire traîner l’établissement d’un bordereau, pour des raisons futiles mais réelles, est susceptible de provoquer une émulation bénéfique, à l’achat comme à la vente. C’est une question de dosage du temps. Car l’attente excessive peut se retourner contre vous. De même, la trop grande hâte est préjudiciable à l’image sérieuse de l’intermédiaire. Le courtier est une ombre agissante, qui possède l’art de ne rien faire en donnant l’impression d’être indispensable, ou qui va plus vite que ses partenaires, grâce à un supérieur instinct de chien de chasse, pointer et retriever. »

 

En bonus, pour les courageux qui m’ont suivi jusque là, encore une savoureuse histoire du terroir des grands châteaux médocains. « La Peugeot montait sans effort la petite côte arrivant sur le plateau de Beychevelle. De part er d’autre de la route, les châteaux Beychevelle et Branaire se regardaient en chiens de faïence. On ne sait plus trop comment le lopin de terre qui se trouve devant la grille principale d’entrée de Branaire appartenait à Beychevelle. Pour aller à Branaire, il fallait contourner la vigne et pénétrer par les communs. Les relations entre les deux vis-à-vis s’étant dégradées, Beychevelle mettait son linge à sécher devant la grille de fer forgé de Branaire. Edouard Minton pensa à la légende du duc d’Epernon, selon laquelle les navires passant devant le château devaient baisser leurs voilures en signe de salut. Maintenant, c’était « le duc » qui suspendait ses draps de lit au bord de la route ! »

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 07:45

Comme dit l’autre à vous de jouer ! Je regroupe ici les 20 Questions+1 pour les retardataires et pour ceux qui ne l’auraient pas lu je rappelle quelques points du règlement :

 

1- L’ensemble des réponses devra m’être transmis sur berthomeau@gmail.com en 1 seule fois à partir du mercredi 1ier septembre.

 

2- La date limite d’envoi des réponses est fixée au 30 septembre minuit.

 

3- Les participants devront impérativement indiquer une adresse postale précise et un numéro de téléphone afin de faciliter la logistique de livraison des lots (celle-ci se fera directement par les généreux donateurs).

 

4- Les bonnes réponses seront publiées le 30 septembre à 11 heures.

 

5 - La liste de ceux qui ont auront eu tout bon sera publiée le même jour à la même heure.

 

6 - Très important : sans préjuger du nombre de ceux qui ont auront eu tout bon, afin que les lots soient attractifs, le concours fera l’objet d’un unique podium : 12

En conséquence, si le nombre de ceux qui ont auront eu tout bon est égal ou supérieur à 3, la maison Berthomeau organisera, en un lieu qui vous sera précisé en temps utile, un tirage au sort afin d’attribuer dans l’ordre : la 3ième marche, la 2ième et enfin la 1ière.

 

7 - Tous ceux qui ont auront eu tout bon mais qui n’auront pas eu la chance de monter sur le podium recevront une belle bouteille.

 

8 - Le concours est ouvert à tout le monde mais les participants devront être majeurs. Un seul bulletin de réponse par participant mais rien n’interdit de faire participer les membres de la famille...

 

En espérant que vous avez pris du plaisir à ce jeu concours de l’été – vos commentaires sont les bienvenus pour que le taulier puisse déjà réfléchir à ce qu’il pourrait vous proposer l’été prochain – je forme des vœux pour que vous soyez nombreux et que le sort vous soit favorable !

 

1-                  Ne vous prenez pas le cigare répondez à la 1ière Question du Grand Concours de l’été http://www.berthomeau.com/article-ne-vous-prenez-pas-le-cigare-repondez-a-la-1iere-question-du-grand-concours-de-l-ete-54348609.html

2-                  « Beth s'envoyait en l'air avec un oenologue plein aux as » l’énigme de la 2ième Question du Grand concours de l’été. http://www.berthomeau.com/article-ne-vous-prenez-pas-le-cigare-repondez-a-la-1iere-question-du-grand-concours-de-l-ete-54350638.html

3-                  C’était le genre de chose que l’on attendait de lui, un gros vin poussif et pompeux, la 3ième Question du Grand concours de l’été vanne sec ! http://www.berthomeau.com/article-c-etait-le-genre-de-chose-que-l-on-attendait-de-lui-un-gros-vin-poussif-et-pompeux-la-3ieme-question-du-grand-concours-de-l-ete-vanne-sec-54351648.html

4-                  « Une seule qualité, la première », telle est ma devise depuis le premier jour. Honneur aux femmes pour la 4ième Question du Grand concours de l’été http://www.berthomeau.com/article-une-seule-qualite-la-premiere-telle-est-ma-devise-depuis-le-premier-jour-honneur-aux-femmes-pour-la-4ieme-question-du-grand-concours-de-l-ete-54352448.html

5-                   Qui c’est qui a acheté la pièce de charité Pommard 1er Cru « Dames de la charité » ? La 5ième question du Grand concours de l'été est bourguignonne     http://www.berthomeau.com/article-qui-c-est-qui-a-achete-la-piece-de-charite-pommard-1er-cru-dames-de-la-charite-la-5ieme-question-est-bourguignonne-54354130.html

6 - «Rien ne lui a semblé trop beau pour ses bœufs et pour son vin...» puisqu'il leur a bâti un château à Bordeaux… la 6ième question fait dans l’exotisme

http://www.berthomeau.com/article-rien-ne-lui-a-semble-trop-beau-pour-ses-boeufs-et-pour-son-vin-puisqu-il-leur-a-bati-un-chateau-a-bordeaux-la-6ieme-question-fait-dans-l-exotisme-54357397.html

7 - « Ce fut le coup de foudre réciproque, aidé peut-être par la qualité du Bourgogne » la 7ième question fait dans le road-movie

http://www.berthomeau.com/article-ce-fut-le-coup-de-foudre-reciproque-aide-peut-etre-par-la-qualite-du-bourgogne-la-7ieme-question-fait-dans-le-road-movie-54358254.html

8 - Oser l’extase au pays de naissance de Pierre Abélard : des vignerons polissons donnent matière à ma 8ième Question

http://www.berthomeau.com/article-oser-l-extase-au-pays-de-naissance-de-pierre-abelard-des-vignerons-polissons-donnent-matiere-a-ma-8ieme-question-54359491.html

9 - Lorsque mon espace de liberté se voulait libertin il parlait du vin Papal, c’est la 9ième Question qui vaut excommunication

http://www.berthomeau.com/article-lorsque-mon-espace-de-liberte-se-voulait-libertin-il-parlait-du-vin-papal-c-est-la-9ieme-question-qui-vaut-excommunication-54360159.html

10 - « La soif wallonne n’a jamais été dédaignable » nos amis belges ont toujours aimé les vins français pour preuve la 10ième Question

http://www.berthomeau.com/article-la-soif-wallonne-n-a-jamais-ete-dedaignable-nos-amis-belges-ont-toujours-aime-les-vins-francais-pour-preuve-la-10ieme-question-54360948.html

11 « Le vin a-t-il encore une âme ? Tout est dans la 11ième Question du grand concours de l’été »

http://www.berthomeau.com/article-le-vin-a-t-il-encore-une-ame-tout-est-dans-la-11ieme-question-du-grand-concours-de-l-ete-54362869.html

12 -  « La Vigne arrachée » la 12ième question puise ses racines dans mon petit terroir maraîchin

http://www.berthomeau.com/article-la-vigne-arrachee-la-12ieme-question-puise-ses-racines-dans-mon-petit-terroir-maraichin-55294778.html

13 -  Le 1ier Congrès de l'Origine, qui le présida ? À vous de répondre à la 13ième Question du Grand Concours de l’été

http://www.berthomeau.com/article-le-1ier-congres-de-l-origine-qui-le-presida-a-vous-de-repondre-a-la-12ieme-question-du-grand-concours-de-l-ete-54368090.html

13 bis - Un bien étrange amateur de grands crus classés... la 13ième Question bis n’est pas pour les « âmes sensibles »

http://www.berthomeau.com/article-un-bien-etrange-amateur-de-grands-crus-classes-la-13ieme-question-n-est-pas-pur-les-ames-sensibles-54368166.html

14- Un spécialiste de médecine sportive comme on en fait plus, la 14ième question plonge dans les archives de l’INA

http://www.berthomeau.com/article-un-specialiste-de-medecine-sportive-comme-on-en-fait-plus-la-14ieme-question-plonge-dans-les-archives-de-l-ina-54368239.html

15 - Le courrier commercial d'une propriétaire très vieille France... une 15ième question à contre-courant du bling bling

http://www.berthomeau.com/article-le-courrier-commercial-d-une-proprietaire-tres-vieille-france-une-15ieme-question-a-contre-courant-du-bling-bling-54368358.html

16 - Au « Canard Enchaîné » : on ne boit pas, on se désaltère... la 16ième Question donne la plume à une vieille gloire du Canard aujourd’hui disparue

http://www.berthomeau.com/article-au-canard-enchaine-on-ne-boit-pas-on-se-desaltere-la-16ieme-question-donne-la-plume-a-une-vieille-gloire-du-canard-aujourd-hui-disparue-54368442.html

17- « Les notes de Robert Parker, sont parmi les plus grosses conneries de la planète » dit-il, la 17ième question vous permettra de lever le voile sur son identité.

http://www.berthomeau.com/article-les-notes-de-robert-parker-sont-parmi-les-plus-grosses-conneries-de-la-planete-dit-il-la-17ieme-question-vous-permettra-de-lever-le-voile-sur-son-identite-54368507.html

18 - «Condrieu il y a plus malheureux comme nom de ville » la 18ième Question fait une incursion dans la critique gastronomique.

http://www.berthomeau.com/article-condrieu-il-y-a-plus-malheureux-comme-nom-de-ville-la-18ieme-question-fait-une-incursion-dans-la-critique-gastronomique-54368600.html

19 - « Qui sait boire sait régner *» la 19ième Question s’attaque au vin présidentiel

http://www.berthomeau.com/article-qui-sait-boire-sait-regner-la-19ieme-question-s-attaque-au-vin-presidentiel-54368676.html

20 - Escapade à la Romanée Conti d’un académicien avec la 20ième Question le Grand Concours de l’été finit en beauté

http://www.berthomeau.com/article-escapade-a-la-romanee-conti-d-un-academicien-avec-la-20ieme-question-le-grand-concours-de-l-ete-fini-en-beaute-54368752.html

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Concours
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