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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 00:09

D’abord il y a des guillemets, ensuite il vaut mieux attendre avant de dégainer car je vais, comme toujours, m’expliquer. Le football sud-américain se porte bien : Brésil, Argentine, Chili, Uruguay... ça prend un petit air de pied-de-nez à deux grands pays du vin : la France et l’Italie sortis sans gloire pour le second, et avec les quolibets mérités pour le premier. Comparaison n’est pas raison mais nous payons le prix de nos non-choix, ici comme ailleurs.

Donc revenons à l’Amérique du Sud, continent qui a toujours semblé à la remorque, avec cette minuscule accroche tranchée par le canal de Panama, du mastodonte rondouillard yankee. Ces pays s’émancipent, ne sont plus ou presque sous la botte d’un quelconque Général Tapioca, pèsent, surtout le Brésil, dans le concert mondial, alors nous les vieux pays fourbus, immobiles, serions bien inspirés de les voir tels qu’ils sont et de ne pas nous contenter de leur coller nos vieilles images.

Comme je ne suis pas ennemi du paradoxe, ce matin, dans mon vieux cahier d’images du géographe Armand Perrin sur « les paysages viticoles du monde » d’avant 1939 je vous propose de découvrir le vignoble du Chili de ce temps-là replacé dans le Grand Continent Sud-Américain.

 

« Le vaste continent Sud-Américain mâche la coca, boit le maté et le café, achète son vin en Europe, soit des vins frais (vins verts) au Portugal, soit des vins de qualité en Espagne, au Portugal, en Italie et en France. Le continent présente peu de vignes sauvages utilisables ; aussi la quasi-totalité du vignoble brésilien, uruguayen, argentin, chilien et péruvien, est-il d’importation européenne (...)

Toutes conditions politiques exceptées, il y a là un fait qui rappelle la croissance du vignoble algérien et sa rivalité avec le midi de la France. Cette ressemblance apparaîtra encore plus nettement si l’on veut bien réfléchir que le Brésil, Etat indépendant, reçoit annuellement un fort contingent d’émigrants portugais, espagnols et italiens qui apportent en terre américaine leur « mentalité viticole » qu’ils n’hésitent pas à tourner contre l’économie de leur pays d’origine (...)

 

« Un document de 1551 signale l’existence d’un commerce de raisins à Santiago et à la Serena ; un autre de 1594 note une importante progression des plantations. Nous avons donc ici un type de vignoble d’origine coloniale. La vigne est venue d’Espagne par l’intermédiaire du Pérou ; de Santiago elle s’est étendue vers Conception et Angol. Nul doute qu’elle fut une « culture attirante » ; mais le fait colonial devait jouer contre elle et malgré un climat très favorable, elle ne fit point tache sur le Chili. Susceptible de concurrencer l’une des productions essentielles de la métropole, la vigne fut englobée dans un réseau de restrictions qui caractérisa l’exploitation coloniale espagnole : les planteurs furent taxés, les licences de plantation et de vente refusées, le vin européen imposé au pays. Vint l’indépendance au début du XIXe siècle : ce fut aussi la libération de la vigne ; les grands propriétaires s’associèrent en 1838 aux fondateurs de la société d’agriculture et cette société améliora le vignoble par une propagande constante.

Tandis que le système colonial avait tiré d’Espagne les cépages à planter au Chili, l’Indépendance alla surtout les chercher en France. Aujourd’hui les français sont nombreux (1/3) autour de Santiago et de Lontué ; les plants bordelais alternent avec ceux de Bourgogne ; mais les anciens plants persistent (2/3) surtout dans les zones les plus aventurées, au nord dans les vallées et oasis de Copiapo, d’Huasca, d’Elqui ; au sud on les trouve jusqu’à Bio-Bio. Leur vitalité est telle que certains sont devenus de vraies vignes sauvages accrochées aux arbres des forêts et fructifiant.

La viticulture est peut-être plus attirante au Chili qu’ailleurs en l’état actuel des choses ; tandis que beaucoup de paysans européens sont rebutés par la nécessité de traitements fréquents et coûteux, leur collègue chilien ignore à peu près totalement les cryptogames destructeurs, oïdium et Mildiou et les chenilles de Pyrale, Cochyllis et Eudémis.

C’est un vignoble progressif, 50 000 hectares, qui commence à fournier un vin acceptable et donne 23% de la récolte sud-américaine : 2.925.000 hectolitres. Comme le vignoble du Pérou, il prend place dans la catégorie « vignoble colonial » ; pour le qualifier encore plus complètement nous l’appellerons « vignoble à noyau colonial irradié par l’indépendance »

 

L’Amérique du Sud est une colonie viticole de l’Europe ; elle n’est pas elle-même ni un foyer local de ceps, ni un centre d’irradiation comme sa voisine du nord. L’homme, le colon, Espagnol ou Portugais, a installé la culture attirante chez lui et soit par l’exemple, soit par l’association forcée du travail indigène, l’a fait adopter par l’Indien ; ici donc, la part de l’homme est essentielle, celle de la plante purement passive sauf au Chili où la vigne s’est créé en climat idéal une vraie nature personnelle. Cette colonisation à sens unique, s’est faite en deux vagues : la vague coloniale, faible, brisée, occupant un espace réduit ; la vague de l’indépendance, puissante, attirée par le charme irrésistible du vin et du raisin. »

 

Pour la 3ième vague c’est une autre histoire en train de s’écrire...  Le Chili un vignoble à la conquête du monde par Raphaël Schirmer http://com.revues.org/index299.html

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 00:09

Rassurez-vous Philippe Val ne m’a pas demandé de remplacer Stéphane Guillon pour chroniquer lors de la matinale de France Inter mais, samedi prochain, 10 juillet, le « dégustateur imposteur » que je suis est invité à l’émission « On va déguster » (10h-11h) sur France Inter www.sites.radiofrance.fr/franceinter. Si vous avez quelques minutes à distraire vous pouvez allumer votre transistor ou votre poste à galènes, j’essaierai d’être un bon ambassadeur du Vin au cours de cette petite heure d’émission qui lui est dédié sur la base d’un numéro spécial d’été du magasine L’Expansion « Le buiseness du vin »  http://www.lexpansion.com/imgs/sommaire/sommaire754.pdf . Après cette page d’autopromotion passons aux choses sérieuses.

 

C’est parti mon kiki le bio quitte ses petits marchés, ses sandales de moine et ses prophètes barbus pour entrer de plain-pied dans les temples aseptisés de la Consommation Populaire. « C’est un nouvel eldorado, avec une croissance officiellement mesurée à + 25 % en 2008, pour un chiffre d’affaires estimé à 1 milliard d’euros en GMS. Et ce n’est qu’un début. En octobre, l’institut Precepta prédisait que le marché bio progresserait encore de 8 à10 % par an jusqu’en 2012. Les GMS feront encore mieux et leur part de marché grimpera de 40 à 45 % d’ici là, selon Precepta. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. »

 

Toutes les grandes enseignes se mettent au vert, chantent la main sur le cœur une agriculture soucieuse de l’environnement, se gargarisent de leur capacité à démocratiser les produits bio grâce à leurs marques maison. D’après eux, chez eux, le bio n’est que 20 à 30 % plus cher en moyenne que les produits traditionnels, pas plus. « Entre 20 et 30 % plus cher, c’est bien ce que me disent les responsables des enseignes à chaque fois que je les rencontre », confirme Elisabeth Mercier, la directrice de l’Agence Bio. Cet organisme officiel relaie lui-même le chiffre de + 30 %, tiré d’une enquête de l’Inra datant de… 1998. Des bons gars que les gars de la GD et Hardiscounté, toujours près à aider la veuve et l’orphelin. Alors, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même « ils le font savoir aux chalands » Leclerc www.lebiomoinscher.com avec spot à la télé et la campagne de pub bio le moins cher du Bio de Leader Price http://www.lineaires.com/Distribution-et-magasins/Les-actus/Comparatif-Leader-Price-remet-le-couvert .

 

Donc tout va bien dans le meilleur des mondes sauf que les limiers de Linéaires sont partis sur le sentier de la guerre. Je vous livre leurs conclusions.

 

« Verdict après 656 comparaisons : + 72 %

 

Sur le terrain, pourtant, il est très courant de constater des écarts de prix très supérieurs. Linéaires a donc voulu en avoir le cœur net ! Nos journalistes se sont rendus dans quatre enseignes majeures (Leclerc, Carrefour, Intermarché et Géant Casino) qui sont aussi parmi les plus impliquées dans la vente de bio, notamment via leur offre MDD. Pour limiter tout biais d’interprétation, une sélection drastique a été opérée : n’ont été relevés que des produits conventionnels et bios strictement comparables en termes de marque, de recette et de format/conditionnement (voir méthodologie). 656 comparaisons de prix plus tard, le verdict est tombé : manger bio coûte en moyenne 72 % plus cher ! Le fameux seuil des 30 % n’est donc que foutaise.

 

Dans les rayons, à peine plus d’un produit bio sur cinq n’atteint pas ce cap, alors que près d’un sur trois dépasse les 90 % de différentiel ! 100 % d’écart sur les produits basiques et bataillés. Les + 72 % tirés de l’enquête sont d’autant plus crédibles que cette moyenne reflète des résultats globalement très homogènes, quel que soit le tri pratiqué : l’enseigne la moins chère propose un différentiel conventionnel/bio de + 62 %, idem pour la famille de produits la plus accessible (+ 57 %) ou la catégorie de marques.

 

Bien évidemment, plus un produit est élaboré ou plus il concentre une forte valeur ajoutée et plus le coût matière est dilué. Et donc le delta moindre entre conventionnel et bio. A titre d’exemple, le saumon fumé bio de Labeyrie n’est souvent guère plus de 20 % plus cher que l’équivalent standard. Idem pour une marque de confiture régionale haut de gamme, dont les prix au kilo sont déjà trois fois supérieurs à ceux du cœur du marché conventionnel. A l’inverse, on frise très vite les 100 % d’écart quand le référent est à la fois basique, bataillé en prix et de faible valeur faciale : moutarde, mayonnaise, pâtes, petits beurre, biscottes, etc. »

 

Nos amis de la GD&du Hardiscounté Réunis sont donc d’excellents joueurs de fluteaux pour attirer les gogos. Mais comme je l’écrivais dans une récente chronique, et ça s’applique aussi aux acheteurs de bio «Vendre du vent peut-être un art, en acheter, et souvent fort cher, relève parfois pour des décideurs censés savoir compter, d’une forme de thérapie pour conjurer l’angoisse du gardien de but au moment du pénalty. Le foirail fut, au temps des marchés physiques, un haut lieu de ce genre de sport « qui veut vendre un cheval aveugle en vante les pattes » dit la maxime enseignée par la tradition orale. Dans nos temps postmodernes, où les conseilleurs de tous poils et de toutes obédiences font florès, vendre du vent n’est plus un art mais une industrie. Attention le vent n’est pas du toc car en effet, même si celui-ci sonne le creux, son utilité est avérée : la montre plaquée or n’en reste pas moins une montre. En revanche, l’étude venteuse vous gonfle, vous bourre le mou, car elle est en général boursouflée, pleine d’air du temps, creuse. »http://www.berthomeau.com/article-le-bon-marche-detrousse-le-passant-ou-une-vieille-maxime-vaut-mieux-que-le-bla-bla-creux-de-bordeaux-management-school-sur-le-marche-du-vin-48883768.html.

 

Reste que, comme j’avais vivement regretté qu’il n’y eusse point de vin dans le précédent comparatif des caddies de Leader Price, et que j’en avais fait le reproche à ce cher JP Coffe http://www.berthomeau.com/article-y-a-t-il-une-bouteille-de-vin-dans-le-caddie-de-jp-coffe-et-ses-49-produits-essentiels-du-quotidien-chez-leader-price-48604283.html afin de me faire pardonner, et surtout pour conforter Robert dans ses doutes sur ma probité, je vous joins la présentation de la nouvelle collection vin de Leader Price faite par Aude Rebourcet. Que des vins de pays d’Oc. Je ne les ai pas expérimentés mais, pour une offre de hard-discount, dans cette catégorie de vins le positionnement prix est très positif par rapport à beaucoup d’AOC.

 

La sélection des vins de cépages

 

Mais entre nous qu’est-ce qu’un cépage ?

 

Le mot cépage désigne une variété de plant de vigne. Un même cépage peut donner un vin bien différent selon le sol sur lequel il a poussé, selon l’ensoleillement dont il a bénéficié, selon son rendement à l’hectare et selon ses méthodes de vinification. Ainsi 2 vins de même cépage peuvent être très différents.

 

Sauvignon : bourgeon de cassis, ananas, de la fraîcheur et du fruité

Chardonnay : noisette et agrumes, de la rondeur et de la fraîcheur.

Cinsault : petits fruits rouges et noirs, de la rondeur et de la fraîcheur.

Merlot : fruits noirs chocolat et menthe, un vin structuré et des tanins ronds.

Cabernet sauvignon : cassis, cerise et épices douces, un bel équilibre en bouche avec une belle structure.

 

CINSAULT

Une belle robe rose claire, un joli nez sur les fruits rouges et les fleurs rouges, la bouche est bien équilibrée avec une fraîcheur minérale. Idéal avec les salades, les grillades les pizzas et les pâtes.

12% vol.

1,89 la bouteille de 75cl. Soit au litre : 2,52

CABERNET SAUVIGNON

Une belle robe pourpre foncée. Le nez ouvert sur le cassis et les fruits rouges, la bouche est ample et fruitée. Un vin particulièrement agréable avec les viandes rouges et les fromages.

12,5% vol.

1,89 la bouteille de 75cl. Soit au litre : 2,52

MERLOT

Une belle robe violacée foncée. Le nez est typé sur les fleurs rouges, les fruits rouges et la menthe, la bouche est équilibrée et fruitée. Il révèle toutes ces richesses avec les viandes rouges et les fromages.

13% vol.

1,89 la bouteille de 75cl. Soit au litre : 2,52 14 - 15°

SAUVIGNON

Une belle robe or vert pâle. Un nez expressif sur le fruit de la passion, le cassis et les fleurs blanches, la bouche est vive et bien équilibrée. À déguster avec les volailles rôties, les poissons grillés et les fromages de chèvre.

12% vol.

2,15 la bouteille de 75 cl. Soit au litre : 2,87

CHARDONNAY

Une belle robe or vert clair. Les fruits secs et les fleurs blanches offrent un beau bouquet à ce vin, la bouche est parfumée avec une belle fraîcheur. Vous l’adorerez avec les viandes blanches, les poissons en papillote.

12,5% vol.

2,15 la bouteille de 75 cl. Soit au litre : 2,87

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 00:09

Dans les guides et les gazettes, ces dernières années, les vins sont de plus en plus souvent éclipsés par ceux qui les font, ou parfois par ceux qui disent qu’ils les font. Beaucoup de solistes donc, des têtes d’affiches, des noms qui font vendre, tous les ingrédients d’une forme bien modérée du culte de la personnalité. Moi-même j’y cède alors je ne vais pas égratigner mes confrères dont c’est le métier. Reste une question bien plus épineuse : celle du talent. Tous des virtuoses, rien que des Glenn Gould ou des Arturo Benedetti Michelangeli, pas si sûr mais tel n’est pas mon propos du jour. En effet, je vais descendre dans la fosse, pas aux lions mais celle de l’orchestre, là où le petit monde des interprètes, dans une certaine forme d’anonymat, fait, si je puis m’exprimer ainsi « bouillir la marmite »

 

Afin d’éviter de faire genre « j’étale ma culture comme de la confiture » l’image du peloton cycliste, avec ses porteurs d’eau, ceux qui font nombre, donnent au spectacle sa consistance peut aussi servir à éclairer mes nébuleuses réflexions. Si vous voulez bien me suivre je me lance :

 

1° Même si c’est une évidence je me permets de l’énoncer : pour faire du vin il faut d’abord cultiver du raisin, donc des hommes travaillant un vignoble en un lieu dit.

 

2° De ce premier constat, au début du XXe siècle, est né le système de l’Origine : AOS, AOC devenu via l’UE : AOP-IGP ; à partir de là il n’est pas possible de cultiver du raisin de cuves n’importe où, n’importe comment, même qu’il existe une délimitation parcellaire expertisée par des hommes de l’art.

 

3° Pour défendre cette origine les hommes se sont regroupés en Syndicat de Défense de l’Appellation pour laquelle l’adhésion n’était pas obligatoire mais depuis l’irruption des ODG tout le monde cotise.

 

4° De tout ce qui précède, pour reprendre mon image musicale, tous ceux qui cultivent la vigne dans le périmètre délimité ont entre les mains la même partition : ce que l’on appelle du vilain nom de cahiers des charges. Ça laisse la place à l’improvisation qui parfois peut aller jusqu’au n’importe quoi mais je ne m’aventurerai pas sur ce sentier glissant.

 

5° Bref, quand le raisin est mûr, et si possible sain, il faut le vendanger et à partir de cette cueillette deux voies sontouvertes : soit je fais mon vin, soit je le fais faire par un autre.

 

6° Je laisse de côté les solistes, sauf ceux qui font leur vin pour le vendre en vrac à ceux qui le vendront en bouteille.

 

7° Pour ceux qui s’adressent à un faiseur de vin je laisse de côté ceux qui vendent leurs raisins à quelqu’un qui en fera du vin pour le vendre en vrac ou en bouteilles pour ne m’intéresser qu’aux coopérateurs.

 

8° Nous y voilà : la coopé ! L’abomination de la désolation pour les gazetiers de toute obédience. Pensez-donc tous ces raisins mélangés, traités, sous-entendu maltraités, dans des cuves aussi hautes que celles des raffineries de Dunkerque, torturés, assemblés, bidouillés... j’en passe et des meilleures. Triquards, interdits de séjour, marqués au fer rouge, honteux, les vins de coopés devaient, la plupart du temps, se contenter de l’image du tout venant dans l’indifférence hautaine de la critique.

 

9° Sauf que l’autre jour, dans la très conservatrice RVF, que vois-je, n’en croyant pas mes yeux, accroupi dans ses vignes Jean-Louis Piton le président de Marrenon coopérative dans le Luberon. Oui, mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, un président de coopé cultive des vignes je puis en témoigner. Voilà bien une révolution que cette présence d’un éminent représentant de la coopération dans les pages glacées du saint des Saints du Vin.

M.Piton10° L’homme, cosignataire en 2001d’un brûlot genre « voilà ce qu’il faut faire pour ne pas prendre des claques en 2010», souffre pourtant d’un grave handicap : il est le Président d’une Union de coopératives. Déjà se taper le conseil d’administration d’une coopé ce n’est pas de la tarte mais assembler autour d’une table une poignée de présidents de coopé relève chez lui d’un goût immodéré pour la difficulté.

 

11° Revenons à Marrenon, sis à La Tour d’Aigues, son fondateur Amédée Giniès l’a créé pour hausser le vignoble du Luberon en AOC mais, comme le souligne JL Piton, « en plaçant la barre au-dessous des Côtes du Rhône, alors que ce vignoble recèle un potentiel qui peut l’amener dans la même cour que celle des Cairanne, Rasteau, Vacqueyras... » www.marrenon.com

 

12° Quel beau défi pour ces Côtes du Luberon, ce « chaînon manquant » entre la Provence toute rose et la vallée du Rhône toute rouge. Comme vous vous en doutez ce langage ça me plaît donc je suis allé cuisiner dans leur coin reculé JL Piton et son directeur Philippe Tolleret (ex Bob Skalli). Dieu qu’il faisait chaud !  reportage_021.jpg

13° Alors, en sirotant du Pétula rosé de la maison Marrenon, j’ai entendu des mots qui enchantaient mes oreilles : le vin d’abord, la ressource, la qualité recherchée, le produit comme il faut là où il faut... Tiens, tiens, le pilote dans l’avion Marrenon tient le cap fixé par le plan de vol, ou si vous préférez sous la baguette du chef d’orchestre les interprètes n’en plus qu’à leur tête.

vins-luberon-petula.png 

14° Tout ça vous paraît évident, dans l’ordre des choses mais, y compris chez certains solistes, ça n’allait pas de soi et ça continue de ne pas aller de soi. Faire du vin sur la base d’un engagement « syndical » a toujours provoqué chez moi un grand étonnement.

 

15° Alors, et c’est là mon propos du jour : je pense que face à la nouvelle donne du marché, sur tous les segments, dans toutes les formes de distribution, y compris le traditionnel, sur le marché domestique comme sur les marchés de pays émergeants, la carte « coopération » versus orchestre avec des « exécutants » - c’est le terme consacré - qui suivent la partition sous la baguette du chef  peut se révéler un plus pour des vignerons, une chance pour des territoires de faire entendre leur différence, loin de l’image du gros chaudron.

 

16° En effet, et je n’en fait pas un modèle mais l’une des voies que nous pouvons emprunter, des hommes sur un territoire créateur de valeur n’est-ce pas le préalable à une économie « équitable » où le prix du produit fini permet de rémunérer justement le producteur de raisin pour qu’il puisse vivre, et non survivre, investir dans son vignoble et ses méthodes culturales. « Passer le cap des 7 euros le litre permet de franchir la barre d’un réel retour de valeur dans le vignoble ». A l’heure où ces messieurs de la GD se bagarrent à coup de comparaisons bidouillées sur le Bio moins cher (le comparateur Leclerc www.lebiomoinscher.com et la campagne de pub bio le moins cher de Leader Price) il serait temps que les consommateurs sachent que « pour quelques centimes de plus » des producteurs pourront continuer de vivre dans ces pays que l’on trouve si beau lorsqu’on va en vacances avec les enfants.

 

17° Donc, très chers lecteurs, regardez aussi du côté des orchestres, petits ou grands, même des orphéons, observez l’évolution de leur répertoire, les efforts de leurs membres pour hausser leur niveau, la qualité du chef et, suprême contre-pied, admettre qu’un jour avec eux vous aurez pris votre pied. Du côté de Marrenon, ils avancent, ils avancent, avec leurs petits moyens financiers mais avec la volonté de laisser les ego aux vestiaires pour venir chatouiller les mieux établis.

 

18° Ce qu’ils font c’est déjà du bon et j’y vois l’un des signes de ce qui pourrait être la base d’un renouveau fondé sur des vins qui ont les pieds quelque part sans pour autant se complaire dans des styles compassés...

 

19° Et puis rien que pour embêter Michel et si la quintessence d’un grand Grenache voyait le jour en Luberon du côté de Marrenon ça couperait la chique à plus d’un ne croyez-vous pas ? Moi vous savez après avoir fait Lourmarin-La Tour d’Aigues-Lourmarin sur le siège du passager d’une moto avec un casque intégral sur la tête je suis prêt à affronter toutes les batailles d’Hernani...

 

20° Si vous n’avez pas bien saisi où je voulais en venir prière de consulter le service après vente de Vin&Cie qui se fera un plaisir de vous dépanner... 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 00:04

A-t-on tout dit, tout écrit sur le pain et le vin ? Je ne sais mais si vous voulez bien me suivre, avec des mots simples, ceux qu’un grand esprit de son temps, un maître de la leçon de choses, nous allons faire sur eux un bout de chemin ensemble. Connu surtout comme un entomologiste de talent Jean-Henri Fabre, dont Jean Rostand disait qu’il était « Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s'exprime en poète »[][] s’exprime dans « Les causeries d’Aurore avec ses nièces sur l’économie domestique » sur le Ménage. Bien sûr, des esprits chagrins, me feront remarquer qu’il s’adresse aux filles mais, comme nous sommes en 1892, tel était l’esprit du temps.

Ce qui m’intéresse ici c’est le langage, simple et direct, à l’usage des enfants, loin des insanités distillées par le pédagogisme militant. Revenir à l’essentiel, donner à comprendre, ce doit être ringard mais comment structurer la pensée, donner des bases à l’analyse, si les choses de la vie restent ignorées de nos jeunes pousses. Nous fabriquons trop de singes savants, alors en revenir à la leçon de choses, expliquer pourquoi le pain lève, le vin se fait, me semble un acte de santé publique bien plus important que ceux dont les gardiens de nos corps nous bassinent. Reste le Briochin, ça c’est si je puis m’exprimer ainsi, la cerise sur le gâteau ou les grains de sucre sur la brioche.

Aurore donc : « Si l’on se bornait à pétrir la farine avec de l’eau et à mettre au four la pâte telle quelle, on obtiendrait une galette serrée, compacte, une sorte de colle durcie, qui rebuterait l’estomac par sa digestion laborieuse. Il faut au pain, pour être facilement digéré, ces trous innombrables dont il est criblé à la manière d’une éponge, ces yeux enfin qui fragmentent la mie en parcelles et rendent plus facile le travail d’extrême division accompli dans l’estomac (...)

C’est par une fermentation pareille à celle du moût de raisin que la farine devient le pain, le véritable pain, cet aliment précieux entre tous, dont l’usage ne lasse jamais.

Il y a dans la farine, je viens de vous l’apprendre, d’abord de l’amidon et du gluten. Il y a aussi une petite quantité de sucre, comme le prouve la légère saveur douce d’une pincée de farine mise sur la langue. Or cette faible proportion de sucre est précisément la matière qui fermentera dans la pâte, c’est-à-dire se décomposera en alcool et en gaz carbonique, ainsi que cela se passe dans la fabrication du vin.

Marie : La préparation du pain et la fabrication du vin ont alors un point de ressemblance dans le travail qui s’accomplit ?

Aurore : C’est plus que de la ressemblance : il y a de part et d’autre parité complète dans la manière dont le sucre se décompose en gaz carbonique et en alcool ; il y a parité enfin pour la fermentation. La pâte du pain fermente, comme fermente le moût qui doit devenir le vin.

Reste à savoir comment est provoquée cette fermentation. Rien n’est plus simple : on mélange à la pâte fraîche un peu de vieille pâte mise en réserve lors du pétrissage antérieur et appelée levain. Cette vieille pâte a la propriété de faire fermenter le sucre, de le décomposer en gaz carbonique et en alcool. Levain vient du verbe lever, parce que, à la faveur du levain mélangé avec elle. La pâte se soulève, gonflée par le gaz carbonique produit.

Le levain, je viens de vous le dire, est une pâte fermentée provenant du pétrissage qui précède. Il est tiède au toucher à cause du travail de décomposition qui se continue dans sa substance.

Claire : Ainsi s’échauffe tout seul le moût de raisin qui fermante (...)

Sur le soir, le pain revenait du four, tout doré sur la croûte, et embaumait la maison d’une douce odeur. Claire, Augustine et Marie lui trouvaient une saveur meilleure depuis qu’elles savaient comment se fait le pain. »

J’entends d’ici les railleries mais peu me chaut. JH Fabre consacre 5 pages au vin, il place dans la bouche d’Augustine cette charmante remarque « Ainsi l’alcool, lui si fort, vient du sucre si doux. » et il fait dire à Marie « C’est compris. Le moût ou jus de raisins noirs fermenté avec les peaux donne du vin rouge ; fermenté sans ces peaux, il donne du vin blanc. » Il décrit l’effervescence du mousseux mais ne dit pas un mot du vin rosé (ne riez pas !)     

Je pourrais en rester là mais, pour « faire genre » j’ai titré : du pain, du vin, du briochin, alors il faut que je m’en explique. Ça n’a rien à voir avec le schmilblick mais ça fait parti chez moi, au même titre que la miche de pain de 4 livres payé avec la coche et le vin du pépé Louis qui bouillait, de ma part d’enfance.

Allez, posez la question à votre entourage : c’est quoi au juste Le Briochin ?

Pas une petite brioche comme il me fut répondu à Cucuron lorsque je posai la question.

Les ceuss d’entre vous qui répondent : un habitant de St Brieuc n’ont pas tout faux, ils brûlent, mais j’ai dit : c’est quoi et non pas c’est qui. Donc ce n’est pas une personne mais une chose en l’occurrence un produit, une Marque déposée ® vieille de 91 ans fabriquée par une PME de St Brieuc et qui vient de se faire estampillée Ecocert.

Là ce sont les anti-verts qui vont pousser des hurlements. Moi je crie « halte au feu ! » car mon père et les ouvriers quand ils revenaient de tripatouiller dans l’huile de nos machines agricoles c’est au Briochin : pur Savon Noir qu’ils se lavaient les mains. Pour faire comme les grands moi aussi je me tartinais les mains au Briochin. J’aimais son odeur 100% huile de lin, son côté abrasif doux. Le voilà qui retrouve les têtes de gondole. Qu’il soit mou ou liquide y sait tout faire le Briochin : curer vos tommettes, laver le linge, nettoyer vos meubles en bois...etc. Même qu’il ressort en collector série limitée notre Briochin. Je vais m’y remettre rien que pour faire genre. Bon si ça vous dit les gars et les filles, même si vous n’êtes pas de mon âge, c’est ICI www.lebriochin.com 6,95 € la boîte et comme moi vous aurez une surprise !  

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 00:09

En Une du Parisien Dimanche même pas le Tour de France mais un gros titre « Alcool chez les Jeunes »  L’alerte « Selon de récentes études, 25% des jeunes de moins de 17 ans ont des ivresses répétées. Un constat qui alarme les spécialistes en addictologie qui pointent du doigt la publicité pour les alcools qui fleurissent sur Internet. »

 

« Boire de l’alcool est-il en train de devenir le geste symbole de la cool attitude chez les jeunes ? Alors que les vacances commencent et que les apéros géants vont se multiplier sur les plages et les campings, plusieurs spécialistes de santé publique tirent la sonnette d’alarme devant le phénomène. Le docteur Olivier Phan, psychiatre au centre Emergence à Paris, spécialisé dans les addictions, note que « boire un coup pour faire la fête est tout à fait normal, mais pas les beuveries systématiques. Or, on voit de plus en plus souvent dans nos consultations des jeunes qui évoquent un rite quasiment incontournable pour être dans le coup ». En écho, le nombre d’ivresses des jeunes est en forte progression et concerne un quart d’entre eux.

Selon les associations anti-alcool c’est la faute à Internet ! « L’autorisation de la publicité pour l’alcool sur le Web depuis un an, dans le cadre de la loi Hôpital, patients, santé, territoires, a changé la donne. Les alcooliers sont maintenant très créatifs pour cibler les jeunes » indique le professeur Gérard Dubois, à la tête de la nouvelle association Alliance prévention alcool.

Ce médecin dénonce de façon plus large une « offensive en cours pour démanteler la loi Evin, qui protège la santé publique. » Il prend comme exemple la future « chaîne de télévision consacrée uniquement au vin », qui, selon lui, ouvre une brèche dans laquelle vont s’engouffrer d’autres chaîne de télé »

Et Philippe Batel, chef du service d’addictologie à l’hôpital Beaujon de Clichy de renchérir « Un des principaux facteurs d’explication est qu’il existe un mouvement organisé qui vise à valoriser le statut de l’alcool auprès de la cible jeunes. Et ça marche. Pour les jeunes, l’alcool, c’est devenu la cool attitude » et de dénoncer la publicité sur le Net, les bureaux des Grandes Ecoles subventionnées par les marques d’alcool qui fournissent de grandes quantités d’alcool pour leurs soirées étudiantes et aussi, cerise sur le gâteau, les 800 groupes de discussions sur Facebook qui font la promotion de l’alcool. « Ils détournent ironiquement les messages sanitaires en disant par exemple : « A consommer avec modération, mais qui c’est ce modération ? »

Affligeant ! A trop vouloir prouver ces messieurs se ridiculisent. Réduire la cause essentielle de ces beuveries à la publicité ou aux groupes de discussions sur Facebook est à la hauteur de leur compréhension profonde de ce qui se passe réellement autour d’eux. S’il y a des groupes alcooliers qui abusent, détournent la loi, mais qu’ils les trainent devant les tribunaux et ils seront condamnés. Ici, j’ai dénoncé il y a fort longtemps le phénomène du binge-drinking et je ne vais me laisser fourrer dans le grand sac d’opprobre de ces messieurs. De plus, je leur signale que la loi n’a fait que combler un vide juridique de la loi Evin vis-à-vis de l’Internet en France et qu’avant sa promulgation les grands annonceurs ne se privaient pas sur la Toile. Alors attribuer les beuveries à la publicité sur le Net n’est guère pertinent. L’obsession de l’interdiction tient chez eux de thérapie face à leur échec patent dans la lutte contre l’alcoolisme. Ils se trompent. Persistent et signent avec leur croyance dans leurs gri-gri des messages sanitaires. C’est dramatique.

Pourrions-nous un instant, un seul instant, en remisant aux vestiaires les effets de manche, les fonds de commerce, mettre sur la table tous les éléments du dossier « alcoolisation des jeunes », en étudier l’étendue, les ressorts profonds, les causes, afin d’élaborer une stratégie réaliste et efficace pour combattre ce fléau ? A force de vouloir tout interdire, d’enserrer les individus dans des corps de règles qu’ils n’ont de cesse de transgresser : vitesse au volant par exemple, de ne jouer que la carte d’un moralisme sans éducation, de ne croire qu’en la communication, de nous enfumer dans les seuls visions des seuls spécialistes, le résultat est là, bien là, les formes d’alcoolisme évoluent avec l’état de nos sociétés sans que nos autorités sanitaires soient en état de lutter efficacement contre elles. Nous n’avons que les alcoologues que nous méritons, accrochés à leur « spécialité », réparateurs de dégâts d’une société sur laquelle ils n’ont que peu de prise et qui s’accrochent à leurs courtes visions des choses : supprimons la vision du flacon et nous aurons moins d’alcooliques (le Dr Craplet médecin délégué de l'ANPAA signe un édito dans le bulletin Addictions : Vive les apéros géants... sans alcool. Et oui tout serait simple si les choses de la vie était simple... Vraiment une telle approche témoigne de bons sentiments mais ça ne peut tenir lieu de politique de santé publique).  Si c’était vrai ça se saurait. Alors un peu d’humilité, un peu moins de bruit médiatique, un peu plus d’ouverture d'esprit, un peu plus de dialogue avec nous les affreux défenseurs d’un monde de responsabilité où la consommation, le plaisir du vin, font parti de notre bien vivre ensemble. Je m'arrête car j'ai déjà beaucoup écrit sur le sujet simplement à titre d'information je vous joins les chiffres d'une étude européenne sur la consommation d'alcool par les jeunes.  

 

EUROPEAN SCHOOL SURVEY PROJECT ON ALCOHOL AND OTHER DRUGS (ESPAD)

(26.3.2009, LISBON) La consommation de drogues illicites parmi les jeunes de 15-16 ans semble stabilisée ou en faible diminution, selon le rapport de la dernière étude ESPAD. Cette étude, menée dans 35 pays européens, révèle également une diminution de la consommation de tabac (au cours du mois dernier) parmi les jeunes collégiens-lycéens. Cependant, les consommations massives d’alcool sont alarmantes et doivent attirer toute notre attention.

Rapport (version anglaise)


This is the fourth data-collection wave conducted by the ESPAD project, with multi-national surveys carried out in 1995, 1999, 2003 and 2007. Over 100,000 school students took part in the latest survey. Of the countries participating, 25 were EU Member States. The 2007 ESPAD report : substance use among students in 35 countries, available in English, will be complemented by a multilingual summary produced with the support of the EU drugs agency (EMCDDA). The EMCDDA includes ESPAD data in its annual reporting on the drug situation and the two bodies work closely together under a cooperation framework signed in 2007. One of the aims of this accord is to broaden access to the information and expertise gathered by the project.


La consommation d’alcool chez les jeunes en Europe est préoccupante : 3 pays sortent du lot, le Royaume-Uni, l’Ile de Man et le Danemark.

1. Il y a des pays où la quantité d’alcool consommée par occasion est faible ET une fréquence de consommation élevée :

- l’Autriche,
- l’Allemagne,
- la Grèce.

2. Il y a des pays où la quantité d’alcool consommée par occasion est élevée ET une fréquence de consommation moindre :

- le Royaume-Uni,
- les pays nordiques (Finlande, Islande, Norvège et Suède).

3. Et il y a des pays où la quantité d’alcool consommée par occasion est élevée ET une fréquence de consommation élevée :

- le Danemark,
- l’Ile de Man.

En général, les garçons boivent plus et plus souvent que les filles, sauf en Islande.

Les garçons boivent surtout de la bière et les filles des alcools forts.

4. En terme d’ivresses au cours de l’année et des 30 derniers jours, tout comme pour les épisodes de binge drinking (5 verres ou plus par occasion), sont surtout concernés les jeunes :

- du Danemark,
- de l’Ile de Man,
- du Royaume-Uni,
- d’Autriche.

Ce comportement est plus fréquent parmi les garçons, sauf en Norvège et au Royaume-Uni.

5. Entre 2003 et 2007, les épisodes de binge drinking (5 verres ou plus par occasion de boire) ont augmenté de manière très importante dans les pays suivants :

- Portugal (+ 31 points en %),
- Pologne (+16 points en %),
- France (+15 points en %),
- Croatie (+14 points en %),
- Bulgarie (+12 points en %).


En ce qui concerne les jeunes français, 9% déclarent 6 épisodes ou plus de binge drinking où cours des 30 derniers jours :

- ils sont au-dessus de la moyenne européenne (7%)
- ils sont au 5ème rang, comme en Bulgarie,
- ils sont derrière l’Ile de Man (16%), Malte (15%), l’Estonie (14%) et le Royaume-Uni (13%).

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Les garçons français sont au 4ème rang (13%) :

- bien au-dessus de la moyenne européenne (9%),

- comme le Royaume-Uni (13%),

- et derrière Malte (18%), l’Estonie (17%) et l’Ile de Man (16%).

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Les jeunes françaises sont au 6ème rang (6%) :

- dans la moyenne européenne (5%),

- comme les Tchèques et les Slovaques (6%),

- derrière l’Ile de Man (18%), Malte (13%), le Royaume-Uni (12%), l’Estonie (11%), la Norvège et les Iles Faroe (8%).

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 00:09

« Conservez ! » était le « Ne quittez pas ! » des standardistes vendéennes et ce matin je le reprends à mon compte pour vous exhorter à lire cette chronique qui en dit bien plus que beaucoup de discours sur le handicap des vins languedociens d’aujourd’hui, leur défaut de notoriété se lamente-t-on. Ils reviennent de loin.

 

En 1953, notre Replongeard, venant de Paris « arrive à Carcassonne à six heures trente-deux. Il a troqué sa Terrot « 100 » pour une « 125 » et il va entamer son périple dans le plus grand vignoble du monde afin d’y rencontrer, non des vignerons, mais des gens de plumes.

 

Dumay évoquant le sculpteur Bourguignon Pompon, installé dans un hôtel, qui n’en finissait pas de fignoler la copie d’une statue, raconte le secret de ce zèle excessif « la patronne n’excellait pas qu’à la cuisine. Belle chère et chair consentante, que fallait-il de plus à un Bourguignon ? » embraye dur « L’anecdote peint 2 provinces : la Bourgogne où, même en présence de la mort, on ne pense qu’à la vie et le Languedoc, triste terre ensoleillée. Son plus grand poète, Valéry, a chanté un cimetière. Brûlée de soleil, au cœur d’une rose des vents qui n’a pas d’équivalent en France, ravagée par les passions et les guerres civiles, cette terre refuse la joie. »

 

Pour faire bon poids, le Replongeard note aussi que « Le Languedoc et le Roussillon ont été longtemps des provinces creuses. En huit siècles de vie française, on n’y voit pas presque pas d’écrivain. On a cherché des explications : le français n’est pas la vraie langue du Midi, les persécutions contre les Albigeois ont détruit l’élite, le climat engage à la paresse... »

 

Et le vin dans tout ça ! Même si un vieux Languedocien lui fait cette remarque « Notre pays est sec, mais il est heureusement irrigué par trois fleuves : le Vin, la politique et l’Opéra. » sur les 208 pages de Ma route de Languedoc, jamais Dumay ou presque n’évoque le fait qu’il ait bu un verre de vin. C’est étrange mais si  représentatif de cet océan de vignes dont le vin, coupé avec celui de l’Algérie, n’est que dédié à la consommation populaire.

Bien sûr, au détour d’un chapitre, notre Replongeard évoque le vin, mais si peu.

 

Seul Limoux sauve l’honneur « Nous devons à Limoux deux produits connus : la blanquette, vin blanc délicat, un peu sucré et les romans de Magali » et c’est grâce à Joseph Delteil, natif de Pieusse, que notre Bourguignon nous avouera boire. « Delteil s’arrête, sourit, redevient humain, très humain.

 

-         Vous boirez bien un verre de blanquette ? C’est le vin de mon pays, mais celui-ci est fabriqué ici. (l’entretien se passe à Montpellier).

 

Nous allons chercher à la cave une bouteille au verre épais.

 

-         Elle ne vaut pas celle de Limoux, bien que ce soit les mêmes plants. Je crois que c’est à cause du climat.

 

Delteil ne boit qu’une goutte de ce vin doux. Je m’aperçois alors qu’il ressemble à Gandhi. »

 

C’est tout, même si tout à la fin, en évoquant le village gardois d’Aramon

« nom qui sonne médiocrement aux oreilles des buveurs », Dumay à trois belles pages sur l’Ordre de la Boisson. J’y reviendrai dans une prochaine chronique car il ne faut que je vous habitue à trop de riches nourritures matérielles. Joignant le geste à la parole je vous convie à lire la première visite de Dumay au poète Joë  Bousquet.

 

« Nous étions à la fin août 1940. J’étais venu d’Agde à vélo, à travers les vignes qui croulaient sous les raisins. La France flottait comme une banquise détachée du pôle et cherchait à jeter quelques ancres. L’une d’elles tomba au milieu de la chambre de Bousquet, sur le lit qu’il n’a pas quitté depuis qu’en 1916 une balle allemande lui immobilisa la colonne vertébrale. Aragon, Benda, Paulhan, Mistler, René Nelli, d’autres écrivains et quelques dames étaient là. Au moment où j’entrai, Joë Bousquet parlait de sa chance et de la prédiction d’une cartomancienne alors qu’il était élève-officier à Saint-Maixent : il devait à un grave accident de pouvoir réaliser sa vocation. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 02:13

Notre zinc, en provenance de Zurich, se payait un retard non chiffré. Au-delà de deux heures d’attente tout mon beau plan risquait de s’effilocher : nos gardes-chiourmes allaient s’apercevoir de notre absence. Ce petit con d’Ernesto, excité comme un pou, pelotait le cul de Jeanne sans se soucier de la pudibonderie de nos amis communistes. Le cocktail devenait explosif. Je décidais de faire diversion : « Jeanne, il est où ton placard à balais ? » Eberluée elle se libérait des pognes révolutionnaires pour me désigner du doigt une porte de service. « Embarque ton bouc et suivez-moi ! » Jeanne obtempérait en empoignant le bras d’un Ernesto dont la lubricité se devinait sous la ceinture de son jean moulant. Notre équipage, pourtant voyant, n’éveillait aucun intérêt du troupeau qui attendait fébrilement l’arrivée de notre aéronef comme on dit dans le langage de l’IATA. Le réduit sentait le renfermé avec une pointe de crésyl. Ernesto semblait avoir compris le but de la manœuvre car il débouclait prestement son ceinturon. Je l’interrompais avec une certaine violence tout en l’interpelant en anglais « Tu travailles pour la CIA petit con ! » Ernesto ne feignait même pas la surprise, il opinait. Jeanne qui se préparait au pire tombait des nues « Mais comment tu sais ça toi ? » Connement je prenais un air supérieur « Une petite visite domiciliaire chez ton « amant des Andes » m’a permis de découvrir, dans la doublure de sa valise, un beau passeport vert à ses nom et prénoms... » Jeanne balbutiait « Mais alors tout ton beau plan n’a existé que grâce aux ricains... » J’acquiesçais en ajoutant « Je me suis contenté de mettre mes pieds là où il fallait... »

« Baise-moi ! C’est nerveux » Agitée par un rire cataclysmique Jeanne relevait sa jupe. Ernesto, résigné, passait ses petits doigts boudinés sur sa chevelure luisante. Je laissais Jeanne se délester de son minuscule slip avant de lui avouer « Désolé mais je ne suis pas en état » C’était faux, je triquais comme un cerf un soir de brame mais l’heure n’était pas à une partie de jambes en l’air même à but thérapeutique. Alors, face à un Ernesto chaud bouillant, Jeanne entreprit de se masturber sans aucune espèce de retenue. Même si ça peu vous paraître incroyable, invraisemblable, ce fut ainsi. Réfugiés avec deux espions en peau de lapin dans un placard à balais de quelques mètres carrés, derrière le rideau de fer, Jeanne s’octroyait un orgasme d’enfer mais silencieux face à un petit chilien qui s’épandait, marquant son jean d’une superbe auréole. En remontant son bout de dentelles au long de ses beaux compas de sportives elle me confiait sans rire « Tu as bien fait de me mentir, grâce à toi, pour la première fois, je viens de comprendre ce que jouir veut dire... » Derrière notre porte le timbre aigu d’une voix annonçait, dans un anglais guttural, que notre vol SAS 2050 était annoncé pour la demi-heure qui suivait. Je tendais mon mouchoir de Cholet à Ernesto « essuies-toi ducon et va faire un tour aux toilettes avant d’embarquer sinon tu vas nous offrir tes fragrances de bouc mal lavé. Mon humour le chagrinait mais il m’obéissait.

Notre retour au milieu des passagers, tous ou presque debout pour assister à l’atterrissage de Mac Donnell Douglas, s’apparenta à un non-évènement. Jeanne s’accrochait à mon bras avec une violence inouïe. Elle murmurait d’une voix blanche « Tu me largues où ? » Pour la rassurer je me faisais tendre, attentionné « Nulle part, ma grande, nous sommes en voyage organisé alors confions-nous à la main de Dieu... » Ernesto nous rejoignait la queue basse. Ses collègues chiliens, grands amateurs de Pilsen, avachis sur les banquettes, somnolaient la bouche ouverte. Sur le tarmac les passagers en provenance de Zurich, une petite vingtaine, en file indienne, comme crachés par le gros tube d’acier, progressaient en direction du hall d’accueil. Un camion-citerne allait se placer près du flanc droit de notre Mac Donnell. Dans une petite demi-heure nous devrions être en bout de piste, prêt à décoller. Sauf évènement de dernière minute l’opération « extraction de Jeanne du guêpier » se solderait par un succès. Dans cette affaire j’avais pleine conscience que, même si j’avais eu de bonnes anticipations, l’essentiel des initiatives, des décisions venaient d’ailleurs. Dans le monstrueux panier de crabes des Services opérant dans le Berlin coupé en deux, Jeanne et moi n’avions été que des marionnettes entre les mains plus ou moins expertes, plus ou moins bien intentionnés, d’une foultitude de gens bossant pour des maisons à succursales multiples. Dans cette noria, cette vis sans fin, l’important restait l’instinct de survie. Ne jamais se laisser à croire que la situation se trouvait sous son propre contrôle. Toujours se mettre dans la peau des manipulateurs. Je commençais à devenir un bon expert en coups tordus.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 00:09

Il est né, le 17 décembre 1931, à Colombières-sur-Orb dans l’Hérault, dans une famille de viticulteurs, tout ce que touche Jean-Claude Carrière : littérature, cinéma, théâtre, se transforme en « trésor ». Nous nous sommes croisés en 2000 lors de la parution de son livre « Le vin bourru » et nous avons échangé, devant je ne sais quel public, nos réflexions sur le vin. Je n’en menais pas large moi le « technocrate » pondeur de rapport face à l’auteur connu qui emporte l’empathie par la chaleur de ses mots, leur enracinement, leur capacité à faire rêver, à relier ce foutu monde mondialisé aux délices d’un monde de l’enfance englouti. Mais la vie que l’on vit nous la vivons au présent, au jour le jour, et mes mots à moi, désagréables, bien terre à terre, je tentais de les glisser dans les plis de cette foutue réalité qui dérangeait tout le monde.

 

Aujourd’hui Jean-Claude Carrière (je viens de l'acheter mais il date de 2007), dans un livre au titre évocateur « Les mots et la chose » répond à une jeune comédienne qui, pour gagner sa vie, fait du doublage de films pornographiques et qui se plaint de la pauvreté du vocabulaire qu’on lui impose. J’ai choisi ses réponses à la question : comment dire prendre son plaisir ?

 

« En apparence, c’est bien simple : on dit jouir et cela dit tout. Jouir est un mot merveilleux, qui remplit la bouche et le cœur. «  Notre condition dans ce monde est de jouir et non pas de connaître », dit un personnage de Marivaux, contre qui d’ailleurs, certains jours, je m’inscris en faux. »

On dit aussi venir, qui est un anglicisme, et aussi rupiner, reluire et prendre son pied, son panard, son pied bleu, son grand pied d’acier.

De toutes les manières, on se donne de la joie, du bonheur ou de l’allégresse.

L’homme fait jouir une femme, il la fait reluire, il la fait briller, scintiller, il lui met les doigts de pied en éventail, les pieds en bouquets de violettes. Elle fait les yeux blancs. Elle se pâme, elle entre en pâmoison et pour ainsi dire en extase. Une expression digne des grands poètes mystiques : elle arrive au noir.

J’aime aussi beaucoup la fausse souffrance, la peine qui n’en est point une, le cri sans mal.

Quand une femme atteint ce qu’on appelle en anglais un climax, et dans le français ordinaire un orgasme, alors elle perd la tête, elle bat l’air, elle fait la carpe, elle en oublie de respirer, elle hurle à la vie.

On dit qu’elle est montée au septième ciel, qu’elle est allée dire bonjour aux anges. Elle chante, fait l’anguille, elle est comme un poisson hors de la mer, elle a sa clameur, elle étincelle. »

 

Si ça vous dit « Les mots et la chose » le grand livre des petits mots inconvenants de Jean-Claude Carrière c’est chez Plon 15 €.

Pour les très coquins lire ou relire la chronique  link   

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 3 juillet 2010 6 03 /07 /Juil /2010 00:02

Jeudi j’ai joui ! L’extase ! Je me sentais dans la peau d’un Pierre Lazareff mâtiné d’Alain Ayache, le meilleur de France Soir et le pire du Meilleur, car je venais de réussir mon coup : vous réveiller ! Depuis quelques jours je vous trouvais mous. Etait-ce le temps lourd ? Bien sûr que non, tel Ducros il fallait que le Berthomeau il se décarcasse ! Qu’il jetât de l’huile sur les braises ! Qu’il agitât les chiffons rouges sous le nez des bestiaux ! Quand il se contente de chanter les louanges d’un Raymond Dumay, franc buveur, mais avare de mots si prisés par nos plumes vineuses, on le salue poliment avant de passer aux choses sérieuses.

 

Moi je passais des jours tranquilles à Buoux après m’être échiné sur des travaux peu gratifiants et je n’avais guère l’âme guerrière. Et puis je me suis dit toi qui n’a rien appris, rien compris, qui n’est dans le milieu qu’un intrus, qu’un corps étranger, qu’un gugusse qui la ramène sur tout et rien, tu peux tout de permettre, même de donner la parole à Bruno Quenioux. Ce garçon je ne l’ai jamais vu, ni entendu, mais quand un sage tel Yves Legrand me parle avec passion de sa démarche moi je prends. Peu m’importe s’il enfourche un cheval qui n’est pas le mien, ce qui me plaît, n’en déplaise à certains, c’est qu’il en ait un. David a ouvert le feu, a tiré plusieurs salves. Les puceaux furent même appelés à la rescousse. Puis le rustre a ri, grand bien lui fasse, moi qui n’ai peu de goût pour les buffets rustiques avec napperons et bouquets de fleurs séchés j’ai frôlé l’épectase. Pour compléter le tableau un dialogue en anglais entre Jacqueline et Michel m’a comblé : que va bien pouvoir dire Hervé Bizeul ? Même Marcel Proust fut convoqué pour mon plus extrême plaisir. Enfin, suprême plaisir sur le forum de la LPV ce GC – traduire Gros Cracheur – d’Audouze m’attribue la paternité du texte de Bruno Quenioux pour mieux déverser sa logorrhée bilieuse sur ma petite personne (faut le comprendre sa vue baisse et il a eu du mal avaler ma récente chronique) sans doute viendra-t-il la prochaine fois avec son chauffeur pour m’administrer sa potion. Vraiment je me gondolais comme à Venise face à un tel activisme.

 

Et pendant ce temps-là moi je ne bougeais pas même le petit doigt j’étais à Châteauneuf heureux comme un Pape. Que voulez-vous j’avais fait mon boulot, honnêtement alors me demander d’entrer dans la mêlée c’était trop me demander car je ne me sentais pas concerné. Ponce Pilate ? Non, hors jeu, ni arbitre, ni acteur, rien que le metteur en page d’un espace de liberté. Libre à vous de commenter, de tailler Quenioux en pièces, de le trouver pontifiant, irritant, gonflant, mais sur le fond de la question j’ai tout de même l’impression d’avoir mis les pieds sur les sables émouvants de vos prés carrés. Comme je suis bon bougre je n’aurai pas l’audace d’organiser un concours de commentaires de dégustation car ça pourrait me faire tomber dans l’affliction.

 

 Dialogue imaginaire dans le secret du confessionnal des catholiques romains :

 

-         Mon père j’ai péché...

-         Seul ou avec d’autres ?

-         Seul.

-         En pensée ou en action mon fils ?

-         J’ai joui par ma seule pensée mon père...

-         Vous repentez-vous mon fils ?

-         Non mon père...

-         Alors comment voulez-vous obtenir l’absolution mon fils ?

-         Je ne la sollicite pas car si j’ai péché je n’ai pas fauté mon plaisir était pur...

-         Aucun plaisir ne peut se prévaloir de la pureté mon fils...

-         Détrompez-vous mon père celui-ci n’était que jouissance intellectuelle...

-         La pire mon fils car elle souille l’âme...

-         Oui mon père celle des pharisiens !

-         Vous blasphémez mon fils !

-         Non mon père je chronique...

-         Alors allez au diable mon fils !

-         Oui mon père sauf s’il organise des dégustations avec Audouze...

-         Vous êtes incorrigible mon fils...

-         Oui mon père c’est qui fait mon charme...

-         ...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /Juil /2010 00:09

« Beaune, le 12 mai 1837. À la sortie de Dijon, je regarde de tous mes yeux cette fameuse Côte-d’Or si célèbre en Europe. Il faut se rappeler le vers :

              Les personnes d’esprit sont-elles jamais laides ?

Sans les vins admirables, je trouverais que rien au monde n’est plus laid que cette fameuse Côte d’Or...

La Côte d’Or n’est donc qu’une petite montagne bien sèche et bien laide ; mais on distingue les vignes, avec leurs petits piquets et, à chaque instant, on trouve un nom immortel : Chambertin, le Clos Vougeot, Romanée, Saint-Georges, Nuits. À l’aide de tant de gloire, on finit par s’accoutumer à la Côte d’Or.

Le général Bisson, étant colonel, allait à l’armée du Rhin avec son régiment. Passant devant le Clos Vougeot, il fait faire halte, commande à gauche en bataille, et faire rendre les honneurs militaires. »

En citant Stendhal Dumay souligne qu’il le mérite comme l’une des rares personnes qui n’aient craint d’être désagréable pour les Bourguignons. » En effet, beaucoup d’auteurs l’ont célébrée « qui voyaient peut-être avec les yeux de l’amour, je veux dire l’amour du vin. L’ivresse leur a fait déclarer le flacon admirable. » Lui, le Replongeard, il parle de la vigne avec les mots de l’amour « Assise dans sa robe aux grands plis, la tête ombragée par quelque bouquet de châtaigniers, la vigne de Bourgogne ressemble à ces femmes de quarante ans que l’on dit mûres et qui le sont en effet, gourmandes, sensuelles, savoureuses, infatigables au lit aussi bien qu’au travail et auxquelles, diton, les vrais amoureux ont toujours rendu les armes... »

Dumay trouve toujours les mots, la référence, justes « À Gevrey-Chambertin, la maison de Roupnel ouvre ses fenêtres sur la place du village. Ici, toute la beauté se réfugie dans les caves. N’est-ce pas Alceste qui prononce cette phrase si déchirante et si simple ? « On ne voit pas les cœurs. »

Pour tous ces pays aux noms triomphants que je traverse, je dirai avec la même mélancolie : on ne voit pas les vins. »

« Beaune, beau nom à la sonorité assourdie qu’on ne peut prononcer sans entendre les futailles rouler dans les caves. Bon vin au corps de femme de trente ans, souple et ardent. On ne le recommande pas aux malades, ni aux jeunes filles, mais aux vivants. »

« Le vin, comme la musique, parle un langage international. Il est même curieux de constater qu’ici, comme dans l’art, c’est l’ultra-particulier qui devient universel. L’emplacement des crus est délimité au mètre près » Quelle superbe réplique aux pourfendeurs de la complexité, encore faut-il que celle-ci fut bien réelle.

Pour, non pas clore, mais simplement vous laisser le loisir de découvrir le vagabondage de Dumay dans sa Bourgogne, encore deux traits de lumière : « J’arrive chez Jacques Copeau un peu avant la tombée de la nuit. Il est assis à une petite table sous les arbres, devant sa maison qui ouvre sur un cirque de vignes et de collines, calanque de Collioure à laquelle manque la mer. »

« Mme Copeau me tend un grand verre d’eau fraîche, boisson qui m’est aussi chère que le vin. »

Prochainement sur mes lignes : « Ma route en Languedoc » du même Dumay et, en refermant son livre de 1948, je ne puis m’empêcher de penser que remettre mes pas dans ceux de Dumay, me glisser dans les plis de la France, prendre les mêmes chemins de traverse qui s’entortillent comme les vipères, m’asseoir en bout de table, savourer un grand verre d’eau fraîche puis entamer la conversation, casser la croute, s’en jeter un derrière la cravate. Mais existe-t-il encore des Giono, sur qui Dumay à ce mot magnifique « Il ne pèse pas sur lui-même. » ou des René Char « le surréaliste du terroir » ? Et puis, quel éditeur s’y risquerait dans un monde où triomphe le papier glacé des magasines fabriqués pour la cohorte des gens qui font genre...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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