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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 00:15

Le 11 novembre sur Paris il régnait un temps à ne pas mettre un chrétien dehors donc je suis sorti dans le vent, la pluie, la sarabande des feuilles mortes dont ce n’était pas le jour de les ramasser à la pelle, pour faire quelques courses. Notre police nationale, sans aucun doute payée en heures supplémentaires, bravant elle aussi les intempéries, carnet de souches à la main, renflouaient les caisses de l’État en verbalisant sans aucun discernement des autos garées sur les emplacements de livraisons qui, comme chacun sait, ne sont pas utilisés les jours fériés. Mais force est à la loi, faut dire que le VIIe arrondissement est plus pénard que le neuf-trois, pas de risque de se faire caillaisser par les bourgeois du quartier. Comme je suis un mécréant je ne pouvais m’empêcher de penser que mettre des gardiennes de la paix sur le trottoir par un jour pareil c’était péché de la part du PP bien au chaud dans ses charentaises.

Je les laissais à leur triste besogne, mon but se situait sur l’autre rive : j’allais voir les chapkas chez Victoire http://www.victoire-paris.com/esprit-victoire/et j’écoutais l’album « Route Manset » lorsqu’en traversant la Seine sur le Pont de la Concorde les voix cristallines des Petits Chanteurs de Saint Marc s’élevaient. Ben oui les Choristes (les Petits Chanteurs de Saint Marc doublaient les voix dans le film) s’attaquaient au répertoire du solitaire...

 

Mes souvenirs d’enfant de chœur remontaient en mon cœur solitaire, les vêpres du dimanche après-midi, l’encensoir grillant et m’enfumant, l’ostensoir du Saint-Sacrement, les ornements sacerdotaux, le Tantum Ergo :  

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TANTUM ergo SacramentumVeneremur cernui:Et antiquum documentum Novo cedat ritui: Praestet fides supplementum Sensuum defectui. Genitori, Genitoque Laus et Jubilatio, Salus, honor, virtus quoque Sit et benedictio: Procedenti ab utroque Compar sit laudatio. Amen.

 

Le Tantum Ergo est un extrait (les deux dernières strophes) de l'hymne eucharistique (Pange Lingua), composée par Saint Thomas d'Aquin pour la célébration du Saint-Sacrement (Fête-Dieu). De nombreux compositeurs ont mis en musique ce texte liturgique, dont: Bruckner Tantum Ergo en ré majeur pour chœur à quatre voix  Fauré Tantum Ergo, Op. 65 No. 2, Mozart Tantum Ergo en ré majeur KV 197 Déodat de Séverac Tantum Ergo, 1920 Schubert Tantum Ergo en mi bémol majeur, D.962 Giuseppe Verdi Tantum Ergo en fa majeur...

 

Vous me croirez si vous le voulez mais lorsque j’ai recherché sur le Net la discographie des Petits Chanteurs de Saint Marc devinez ce que j’ai trouvé : il avait le Tantum Ergo à leur répertoire (en haut de la chronique). Alors, ni une ni deux, je me suis saisis mon carnet à souches, pardon des touches du clavier pour vous proposer quelques versions du Tantum Ergo, la première étant la plus proche de celle de ma jeunesse. En bonus, en souvenir de la chape du curé doyen de l’église Saint Jacques le Majeur de la Mothe-Achard je vous offre un article sur un créateur de mode ecclésiastique : ça se dit paramentique. http://mgrellul.over-blog.com/categorie-277817.html

 

INSTITUT DE LA MODE 
septembre - octobre  2009  - EMM n° 12
LE MAGAZINE DE L'ESPACE MODE MEDITERRANEE
Avec tous mes remerciements à Mme Maryline Bellieud-Vigouroux 
et à toute son équipe pour cet article
Texte : Pascale Meunier
Photos : J.P Herbecq de Ker Morvan / CAMàYEUX - Marseille

  



 
Je précise que les vidéo ici proposées me sont fournies par mon hébergeur Overblog
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 00:08

Nul besoin de présenter Érik Orsenna il le fait mieux que moi « Je ne suis pas agriculteur mais économiste, juriste, romancier – c’est-à-dire infiniment curieux de cet étrange et difficile métier que l’écrivain italien Cesare Pavese appelait « le métier de vivre » et, maintenant, promeneur professionnel. De mes deux tours du monde pour étudier le coton et l’eau, de mes innombrables visites de mon cher pays de France, j’ai retenu six convictions. » à propos de sa contribution au Groupe de Réflexion sur l’avenir de l’Agriculture regroupant 17 témoins réunis par Bruno Le Maire Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. Les contributions de ses grands témoins sont réunies dans un document Regards sur l’avenir de l’agriculture que vous pouvez vous procurer auprès du Ministère coralie.garnier@agriculture.gouv.fr       

La première est que la question de l’agriculture est stratégique. Et pas seulement pour d’évidentes raisons alimentaires. Le passage de 6 à 9 milliards d’habitants en même temps que la modification des régimes alimentaires (le développement économique s’accompagne toujours d’un accroissement de la consommation de viande) vont nous obliger à doubler notre production de nourriture dans les 30 ans à venir. Ceux qui pensent que ce doublement se fera sans difficultés sont des irresponsables. Je pourrais citer des noms, notamment au sommet de la Commission européenne.

 

Hélas rien n’est plus certain dans l’avenir que le renouvellement des émeutes de la faim. Comment imaginer un instant que cinq à six pays pourront répondre à cette demande en offrant au reste du monde des produits aux prix les plus bas ? Que deviendra la diversité des espèces ? Comment, dans un univers biologique ainsi concentré et appauvri, résister aux épidémies et aux ravageurs ? Comment stabiliser des pays dans lesquels les campagnes deviennent des déserts, et les villes de véritables bombes sanitaires et sociales, des accumulations de populations sans équipements les plus élémentaires, terreaux de tous les désespoirs et donc de toutes les violences ? Et comment gérer la rareté principale – déjà présente et qui va ne faire que s’aggraver – la rareté de terres arables ?

 

Deuxième conviction, fille de la précédente : les agriculteurs sont des producteurs, non des aménageurs d’espaces ou des jardiniers (pour lesquels j’ai le plus profond respect : j’ai présidé cinq belles années l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles). Et ces producteurs doivent être des entrepreneurs. C’est cet objectif que nous avons voulu défendre à la fondation FARM : sans formation des agriculteurs du Sud, pas de rentabilité de leurs exploitations (d’où l’exode rural) et pas d’offre suffisante pour nourrir les villes.

 

Troisième conviction, qui n’est qu’une remarque de bon sens. Aux gens des villes, si souvent méprisants envers les agriculteurs, surtout dans les milieux économiques, j’aimerai demander ; sauriez-vous, vous les donneurs de leçons, sauriez-vous gérer votre entreprise si vos coûts pouvaient varier d’un tiers d’une année sur l’autre et si les prix auxquels vous vendez votre production pouvaient soudain s’envoler de 200% pour retomber de 150% le trimestre d’après ? De même qu’il faudrait imposer aux architectes de vivre dans les maisons par eux conçues, de même il faudrait placer les irresponsables, précédemment cités, à la barre de ces bateaux ivres que sont devenues les exploitations agricoles du fait de la volatilité des prix. Une seule journée dans cette galère les guérirait peut-être de leur mysticisme du marché, de leur obstination néfaste à vouloir détruire un à un les outils de régulation.

 

Autre question concernant les prix et autre mépris scandaleux envers les agriculteurs français, tout le monde sait qu’il faut renforcer les filières, sans doute concentrer les forces, bref améliorer au plus vite notre productivité. Encore faut-il que les règles du jeu soit semblables pour tous. Loin de moi l’idée de dénigrer la réussite allemande et ses succès splendides. Ce pays ne vient-il pas de dépasser la France pour les exportations agricoles, secteur où, telle la reine de Blanche Neige, nous nous croyions sans rivaux ? Mais quand je parle avec mes voisins bretons producteurs de porcs ou de pommes de terre, j’en apprends de belles, le coût d’une heure de travail est chez nous de 12 à 1 » euros contre 6 à 7 en Allemagne, où il est facile d’employer çà très bas salaires des ouvriers de Pologne ou de Roumanie.

Alors je m’interroge : la nullité de nos agriculteurs est-elle en cause ou plutôt une scandaleuse distorsion ?

 

Quatrième conviction, née d’une petite confidence : un producteur de Dordogne m’a avoué qu’il envoyait les noix de ses arbres se faire ouvrir... EN Moldavie ? car la main d’œuvre y était moins chère. Ensuite, contents d’avoir vu du pays, les cerneaux s’en retournaient vers les amateurs de notre si beau sud-ouest. Personne ne me fera croire que ce genre de circuit est efficient, économiquement parlant. Et je ne parle pas d’écologie... Nous avons besoin de toutes les agricultures pour nourrir tant de monde, et notamment de cultures « hors sol ». Mais une voix de plus en plus insistante me dit qu’une certaine re-localisation ne ferait pas de mal. Je ne suis pas seulement romancier mais infiniment gourmand (grand-mère lyonnaise oblige) : j’aime connaître l’identité et l’origine de ce que je mange. Une marchandise « muette », c’est-à-dire indifférenciée, j’ai du mal à l’avaler.

 

Cinquième conviction : si les agriculteurs doivent plus produire, ils doivent aussi mieux protéger. Car la Nature n’en peut plus. Vulgairement parlant, elle est « au bout du rouleau » et commence à présenter la facture de ses malaises. Certains, de plus en plus rares, continuent de croire que l’environnement n’est que source de tracas administratifs. Les autres, la plupart des autres, ont déjà grandement modifié leurs pratiques. Je persiste à considérer que les deux principales échéances européennes à venir – la réforme de la PAC et la mise en œuvre de la directive sur « le bon état des eaux »– sont les deux versants de la même montagne : 2013 et 2015, même combat !

Remarque corollaire quand je vois certains combats entre deux groupes de producteurs-protecteurs (par exemple entre « écologistes » et « raisonnés »), je pense qu’il y a mieux à faire que s’insulter : travailler ensemble. Je préside depuis deux ans le Jury des Trophées de l’Agriculture durable organisés par le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. Les expériences que nous avons primées sont passionnantes et mériteraient d’être mieux connues pour être imitées. Elles prouvent que, de ce point de vue aussi, le monde agricole, même en tordant le nez, change. Mais pensez une seconde, ô gens des villes, au nombre d’adaptations qu’on lui a imposées depuis 30 ans et saluez !

 

Dernière conviction. Évoquer les lendemains de l’agriculture revient à croire au Progrès. Et qui dit Progrès dit Science, pour être plus précis, relative conscience en la Science.

Je ne suis pas naïf. Je connais les intérêts en jeu. Je ne confonds pas science et technologie. Mais quand je vois des groupes s’arranger pour faire interdire la recherche, quand je vois d’autres groupes décider de leur propre chef que telle ou telle expérimentation est dangereuse et qu’il faut détruire des plantations qui sont en fait des laboratoires, quand je vois qu’ils commettent des dégradations sous le regard bienveillant des juges, je me dis que nous marchons sur la tête.

 

Cela dit, bon appétit ! Et vive, oui vive l’agriculture !

 

Pour ceux qui s'intéressent à la liberté d'informer vous pouvez lire la chronique d'Hervé Lalau à propos d'une minuscule affaire concernant mon Espace de Liberté

http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2010/11/19/que-peut-on-publier-sur-un-blog.html

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 08:35

Le domaine Coirier à Pissotte www.domainecoirier.com qui possède déjà une particularité peu commune : être à soi seul un fief de l’appellation qui monte Les Fiefs Vendéens vient d’en ajouter une autre : Fabrice Luchini « dandy nonchalant tout de noir vêtu, le sourire jovial et la main tendue » y est apparu dans leur jardin où « il profitait du soleil pour faire un tour sur le domaine, attendant le service chez mon oncle Philippe, crêperie « Le Pommier ». Imaginez le saisissement : « Monsieur Luchini ?? » S’ensuit une « discussion amicale et intéressée avec Fabrice Luchini en croisant mon père, sourire interrogateur et perplexe de ma grand-mère quand il lui demande si elle a toujours été là (non, pas assise là maintenant sur son banc en pierre, sous le tilleul !..). » Avec notre Fabrice national on ne s’ennuie jamais.  

  

Tout ému notre jeune Coirier raconte « Je crois qu’il a réellement apprécié les vins de Pissotte, les trois couleurs, pris au repas avec modération car il jouait 2 heures plus tard au château de Terre-Neuve, à Fontenay le comte. Le regret est de ne pas avoir pu accepter son invitation à venir plus longtemps à sa table, malgré son enthousiasme, son côté chaleureux et sa volonté à vouloir faire plaisir. Il avait promis de repasser me voir à la cave et il l’a fait.

La suite sympa est que l’attaché presse de Fabrice Luchini, ayant liché les bouteilles que celui-ci avait ramenées, a dû appeler pour passer commande. Alors merci Fabrice pour ce numéro »

 

Démonstration est donc faite que Fabrice Luchini aime le vin, et qui plus est le vin vendéen. C’est donc un grand amateur et sa venue à la vente des Hospices de Beaune doit donc être saluée chapeau bas.

 

Merci Fabrice.

 

Mais je ne puis m’en tenir à mon seul plaisir vendéen je me dois se suivre Fabrice Lucchini sur d’autre chemins. Comme lui j’aime Philippe Murray (lire ma chronique sur le sourire de Ségolène) http://www.berthomeau.com/article-5980933.html qui, je l’espère me pardonnera, là où il se trouve, de la légère compression de son beau texte due au nombre de caractères qui me sont impartis pour mes titres par mon hébergeur. Son texte, tel que dit par Fabrice Lucchini, est celui-ci« Comme toutes les radasses, toutes les pétasses, toutes les grognasses, toutes les bécasses, elle aimait Marguerite Duras »

 

J’imagine donc notre Fabrice national lisant entre deux coups de marteaux, juste avant la mise aux enchères du tonneau de charité, ce texte de Philippe Murray.

Moteur !

Fermez les yeux !

Ouvrez-les !

Vous y êtes, Fabrice vous prend sous son charme de grand diseur... qui est aussi un grand « vagabond idéologique » Je le cite rien que pour le plaisir :

 

« Je peux me lever réactionnaire, avoir un élan de générosité vers 13 heures, aller jusqu’à Besancenot sur le coup de 15 heures, revenir à un réformisme à la Strauss-Kahn pour le thé, sans cracher sur Hollande et, le soir, finir par penser que la droite a la vision la moins irréelle du réel. Je suis un vagabond idéologique. » L’Express 15 mai 2010 

 

  
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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 00:09

Dans la famille Brun, y’a bien sûr le petit, dit thé Brun, puis y’a le monsieur Brun de Pagnol, vérificateur des douanes à la retraite, et il y a maintenant Jean-Paul Brun du Domaine des Terres Dorées en Beaujolais qui s’est dit qu’avec un si beau terroir le mieux pour ses vins c’était de l’exprimer. Pour faire court, le JPB ne fait pas dans le carbonique (vinification semi carbonique) mais plutôt dans le canonique (vinification bourguignonne) « j’ai une table de tri, on égrappe et on fait une cuvaison d’à peu près trois semaines un mois. » Donc plutôt chemin de traverse qu’autoroute à 4 voies ce qui donne des boutons aux normalisateurs type CAC croskill qui vénèrent l’air de famille en nos appellations.

 

Attention les poteaux, et je n’ose écrire les potiches de peur des représailles, ce matin en prenant la roue de JPB je n’enfourche pas pour autant la tendance dénégatrice des anciens zélateurs du Bojolo Nuovo qui l’ont abjuré 3 fois avant que le coq ne chante, ni ne me met dans les vents portant de la nouvelle tendance récupératrice des bojolos nuovo bobos. Moi je suis du genre fidèle : lire ma chronique du 3 :12/2008 « Lettre ouverte aux AA (agréeurs anonymes) pour le renouveau du Beaujolais » http://www.berthomeau.com/article-24976848.html Mais tout cela est de l’histoire ancienne, du moins je l’espère, et comme JPB est un passionné, un innovateur né qui cultive la tradition, je vais ce matin entonner un nouveau couplet de ma chanson.

 

Tout d’abord, il faut que j’éclaire votre lanterne sur la cuvée « BQ » que je vous recommandais d’entrée pour fêter l’arrivée du Beaujolais Nouveau. Désolé pour les petits cochons qui sommeillent en chacun de nous les hommes le B n’est pas ce à quoi vous pensiez, même si dans Beaujolais il y a beau. En la circonstance « BQ » c’est Bruno Quenioux http://www.berthomeau.com/article-desapprendre-a-deguster-recevoir-plutot-que-de-prendre-par-bruno-quenioux-53185915.html En effet, Jean-Paul et Bruno se connaissent depuis plus de 15 ans. Ils ont un langage commun qui permet au second dans l’exercice d’assemblage de se calquer dans la personnalité du second. Cette fidélité liée à la sincérité de la démarche donne à Bruno Quenioux l’avantage d’avoir la primeur – j’adore la primeur du Primeur –, c’est-à-dire de pouvoir choisir le premier entre toutes les cuves. Comme le souligne Bruno avec Jean-Paul il ne faut pas être pressé car la cuvaison prend plus de temps que la carbonique. Tout goûter, mettre la barre très haut, faire la cuvée qui lui plaît, revenir parfois 3 fois, le temps toujours le temps.  photo_ban_2010_btle_fond_pierre_1.jpg

Pour 2010 ce sera 85% d’une cuve provenant d’un coteau un peu chaud + 15% en provenance de l’argilo-calcaire pour le socle puisant dans la profondeur du minéral. Dans toutes les cuvées ce socle est toujours présent, c’est l’assise, le marqueur de la conjugaison du travail de Jean-Paul et de la patte de Bruno. Tirer la quintessence du terroir des Terres Dorées, lumière et finesse, retrouver, se rapprocher de sa belle origine qui fut, avant l’irruption du développement à tout va, l’équivalent de celui de Corton ou de l’Hermitage. Cette réappropriation n’est pas synonyme d’une revendication de prestige ou de grandeur mais l’affirmation d’une simplicité ouverte sur l’authenticité. Comme le souligne Bruno Quenioux « On a perdu la simplicité dans le vin. Le Beaujolais Nouveau est l’occasion de la retrouver. Et de prouver qu’à la condition de faire le tri il en existe d’excellents. »

 

Allez, trêve de mots il faut faire sauter les bouchons du Beaujolais Nouveau de Jean-Paul Brun. La nuit tombe Jean-Paul malgré un chausseur de bus de la RATP n°27 qui se prenait pour Sébastien Loeb est lui aussi arrivé. C’est l’heure de trinquer. BU et APPROUVÉ : L’ANCIEN de Jean-Paul BRUN est un jeune gaillard plein de vivacité qui, à n’en pas douter, va enchanter bien des palais. Bolduc 9334Bolduc-9335.JPGBolduc 9333

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Aurélia Fillon

 

 

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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 00:04

Affirmer que le Pr David Khayat, qui va coprésider avec Fabrice Lucchini la 150ième Vente des vins des Hospices de Beaune, laisse le microcosme parisien indifférent est un euphémisme, l’homme scinde ce petit monde, nombriliste et pépiant, en deux camps irréductibles comme en témoigne cet article de l’Express du 6 mai 2010 signé par Delphine Paras et Estelle Saget http://www.lexpress.fr/actualite/societe/david-khayat-le-cancerologue-des-vip_889701.html . Ne frayant pas dans les eaux de ce marigot mon propos de ce matin ne sera pas puisé dans ce tonneau : les règlements de compte à OK hôpital ne sont pas ma tasse de thé et, pour ne rien vous cacher, j’ai un goût assez prononcé pour les gens, un peu border line, qui dérangent. N’étant qu’un petit chroniqueur je m’en tiendrai au constat que ce Professeur, face au discours hygiéniste extrémiste dominant, a le courage de faire entendre sa petite musique qui casse un peu l’ambiance.http://www.berthomeau.com/pages/N70_David_Khayat_ancien_directeur_de_lINCA_declare_au_Nouvel_Obs_Le_vin_nest_pas_cancerigene_--2647831.html Si vous souhaitez avoir l’avis d’un scientifique rigoureux, Denis Corpet, de l’équipe « Aliments et Cancer » (Inra/Envt) reportez-vous à ses réponses aux questions de Sylvie Berthier de la Mission Agrobiosciences à propos de David Khayat & David Servan Schreiber : Peut-on avoir confiance dans leurs livres « anti-cancer » ? http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2834

 

Ce matin je m’en tiens à l’association AVEC (l’Association pour la Vie-Espoir contre le Cancer) de David Khayat. Les fonds collectés « participeront aux coûts de la rénovation et donc de l'humanisation de certaines zones d'accueil et de traitement du service d'oncologie médicale que je dirige à l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière. Frappés par une maladie angoissante, soumis à des thérapeutiques pénibles, les malades atteints de cancer ont besoin d'être reçus et traités dans des conditions qui permettent le respect de leur dignité, de leur intimité, de leur personnalité. Tout mettre en œuvre pour que ces conditions d'humanisation soient remplies, c'est là l'une des grandes missions de l'association AVEC »  a91e1f4e-12dd-11de-ac1d-ecad4f3c0205.jpg

Extrait de « Grands et petits secrets du monde de l’Art » de Danièle Granet et Catherine Lamour chez Fayard

 

Paris, le 17 mars 2009. Nous assistons à une vente particulière, une vente de charité organisée par Christie’s au profit de l’association du professeur David Khayat. Pour cette vente, le maître de cérémonie, François Pinault, a sollicité les artistes dont il est proche : Jeff Koons, Damien Hirst, Subodh Gupta, Martial Raysse... Vingt-huit d’entre eux ont offert une toile. Dans la salle du sous-sol de la maison de ventes se retrouvent les membres du comité d’honneur : l’ancien associé de la banque Lazard Bruno Roger, l’industriel Patrick Ricard, le conseiller des Princes de l’industrie Alain Minc, Judith Pisar, épouse de l’avocat international Samuel Pisar... Tous des collectionneurs. Les amis aussi sont venus, comme le courtier Philippe Ségalot, les galeristes Jérôme et Emmanuelle de Noirmont, ou encore Anne de Villepoix. Les artistes liés à leurs galeries ont offert des œuvres. Comme d’habitude, les collaborateurs de Christie’s, le téléphone collé à l’oreille, sont en place pour les enchères. Les experts espèrent tirer de la vente 3 millions d’€.

Elle va en rapporter 4,62 millions. Un succès dont se félicite ce petit monde, qui se salue, s’embrasse, se congratule. Autour d’eux tourbillonnent les collaborateurs. Tout le monde connaît tout le monde. Sauf celle qui va enchérir pour la plus grosse somme – 700 000 € pour une sculpture en acier de Richard Serra. Une collectionneuse de langue espagnole, qui sera guidée tout au long des enchères par une amie qui connaît les procédures – pardon, les cotes. C’est comme à la Bourse, il faut savoir jusqu’où ne pas s’inscrire dans la « liste C » des « acheteurs gogos ».

 

Le mercredi 14 décembre 2010 Vente Caritative de grands vins au profit d’A.V.E.C chez Christie’s 9 avenue Matignon 75018 Paris

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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 07:00

 

Vu dans le métro station Glacière à 14 H30 le mardi 16 novembre 2010

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À 14h 45 suis allé sur  www.vinsduroussillon.com : je n’ai trouvé aucune info sur les« Les rouges qui bougent »...

sans doute bougent-ils trop pour que je les trouve...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 00:08

 

Dimanche prochain nous serons loin du folklore des ventes des vins à la bougie, la 150ième édition de la vente des vins des Hospices de Beaune sera placée de plain-pied dans l’instantanéité de l’enchère mondialisée via la maison Christie’s. Mon titre ironique, puisé dans l’histoire lorsque Christie’s et Sotheby’s, « petites maisons anglaises traditionnelles en activité depuis deux siècles ont ouvert des bureaux à New York au milieu des années 60 » n’a plus rien à voir avec la réalité. « La rivalité entre Sotheby’s et Christie’s a été l’un des facteurs de l’explosion des prix dans le domaine de l’art. À elles deux, ces maisons séculaires contrôlent environ 80% du marché mondial des ventes aux enchères d’objets d’art. »

 

Frappées par la récession mondiale du début des années 80 Sotheby’s est rachetée par A. Alfred Taubman un géant des centres commerciaux américains, et Christie’s par François Pinault en 1989. Le marché de l’art connaît tous les 10 ans des crises (crise japonaise en 80, l’effondrement immobilier en 90, éclatement de la bulle Internet et en 2008, les subprimes puis la crise mondiale. Cependant, « sur la durée, le chiffre d’affaires n’a cependant pas cessé d’augmenter : Christie’s, qui faisait 2,3 milliards de $ (1,4 milliard d’€) en 2000 et se trouvait en tête des opérateurs mondiaux, se place toujours en tête des opérateurs mondiaux, se place toujours au même rang, quasi à égalité avec Sotheby’s. Une différence, toutefois : leurs chiffres d’affaires respectifs tournaient en 2008, autour de 6 milliards d’€ (en 2009 ce chiffre a été divisé par 2). Ces grands opérateurs ont en effet diversifié leurs activités dans les ventes d’immobilier, de vins, de chevaux, de voitures de luxe, les assurances, les garde-meubles sécurisés, les services aux clients. »

 

Les ventes de ces 2 grandes maisons ne représentent pas la majorité des transactions du secteur mais les prix y servent de référence pour la fixation des prix des œuvres er la cote des artistes. « Si, dans l’une de leurs grandes ventes du printemps ou de l’automne, à Londres ou à new-York, un peintre ou un créateur bat le record de prix qu’il avait atteint auparavant et entre dans la catégorie des « cents premiers prix atteint dans l’année aux enchères », sa carrière est faite. Ainsi que celle de son marchand ou de la galerie qui le représente. » Ces ventes sont très médiatisées mais ne représente « que la partie visible de l’iceberg. La plus grosse part de l’activité du commerce de l’art passe par les marchands, les courtiers, les galeristes, les antiquaires et les autres opérateurs de ce que l’on appelle le « marché gris ». Par construction, aucun montant chiffré des transactions ne peut être avancé car la discrétion, le secret sont la règle, le liquide et les paradis fiscaux aussi. « On avance un chiffre total de 50 milliards d’€ pour l’ensemble du marché de l’art. » Les relations entre tout ce petit monde sont complexes, ils se tiennent tous par la barbichette « Les marchands comme les courtiers font partie des meilleurs clients des maisons de ventes. Ils achètent et vendent des œuvres aux enchères comme n’importe quel collectionneur. Mais il leur arrive aussi fréquemment, lorsque le marché faiblit, de soutenir en ventes publiques la cote d’un artiste auquel ils sont liés. »

 

Marché de l’art ou marché tout court ? Dire qu’ils obéissent aux mêmes règles est déjà mal vu mais comme le dit José Frèches, qui n’a rien d’un gauchiste échevelé http://www.josefreches.com , « un artiste reconnu n’est rien moins qu’une marque » et « artistes et entrepreneurs sont des aventuriers qui n’ont pas peur de prendre des risques. » Alors, si ce matin, j’ai vous ai lancé sur cette piste qui a pu vous paraître à 100 lieues de vos préoccupations professionnelles c’est que je crois sincèrement que celles et ceux qui dans le monde du vin affrontent la mondialisation devraient lire l’excellent livre de Danièle Granet et Catherine Lamour « Grands et petits secrets du monde de l’Art » chez Fayard, dont sont tiré les citations de cette chronique. Passionnant et instructif, facile à lire dans un avion, un TGV ou le soir après diner ce qui me semble mieux que de regarder la télé.

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Fine Wines

 

Geneva - Tuesday, 16 November 2010

Sale no: 1377 - Top Ten

[All sold prices include buyer’s premium]

 

Sold:

SFr. 6,028,398

$ 6,040,454

€ 4,442,929

Lots Sold: 967

Lots Offered: 1,000

Sold by Lot: 97%

Sold by SFr: 99%

Exchange Rates: SFr.1=$1.002 ; SFr.1=€0.737

 

Lot

Description

 

Estimate (SFr.)

 

Purchase Price

Buyer

281

Château Cheval-Blanc -- Vintage 1947
1 imperial

SFr.150,000-250,000

SFr. 298,500

$ 299,097

€ 219,994

Anonymous

282

Château Cheval-Blanc -- Vintage 1947

1 jeroboam

SFr. 90,000-150,000

SFr. 230,000

$ 230,460

€ 169,510

Anonymous

330

A vertical of Château Mouton-Rothschild from vintages 1945 to 2007

Above 64 bottles

SFr. 60,000-80,000

SFr. 132,250

$ 132,514

€ 97,468

Asian Private

283

Château Cheval-Blanc -- Vintage 1947

1 marie-jeanne

SFr. 40,000-60,000

SFr. 109,250

$ 109,468

€ 80,517

Anonymous

285

Hermitage, La Chapelle -- Vintage 1961

2 magnums

SFr. 65,000-85,000

SFr. 109,250

$ 109,468

€ 80,517

European Trade

290

Château Lafite Rothschild -- Vintage 1982

12 bottles

SFr. 40,000-60,000

SFr. 86,250

$ 86,422

€ 63,566

Asian Private

291

Château Lafite Rothschild -- Vintage 1982

12 bottles

SFr. 40,000-60,000

SFr. 86,250

$ 86,422

€ 63,566

Asian Private

292

Château Lafite Rothschild -- Vintage 1982

12 bottles

SFr. 40,000-60,000

SFr. 86,250

$ 86,422

€ 63,566

Asian Private

912

Romanée-Conti -- Vintage 2005

6 bottles

SFr. 55,000-75,000

SFr. 86,250

$ 86,422

€ 63,566

Asian Private

284

Château Cheval-Blanc -- Vintage 1947

1 magnum

SFr. 20,000-40,000

SFr. 59,800

$ 59,919

€ 44,072

Anonymous

 

 

 

 

 

 

David Elswood, International Head of Christie’s Wine Department: We are extremely pleased to have established the world record price for any bottle of wine at auction, selling the unique imperial of Château Cheval Blanc 1947, endorsed and reconditioned at the Château in 2010, for $ 304,375. We are also proud to announce that our first ever Evening Sale dedicated to the wines of Domaine de la Romanée-Conti achieved a combined total of over $ 2 million, setting many new impressive reference prices for vintages from 1937 to 2007. Buyers from 20 different countries registered for this memorable sale which totaled more than $ 6 million, selling over 99% by value”.

Press Contact:

Cristiano De Lorenzo    +44 7500 815 344 / +44 207 389 2283    cdelorenzo@christies.com

Next Wine Sale in Geneva:

17 May 2011

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 16 novembre 2010 2 16 /11 /Nov /2010 09:26

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, la maxime s’applique aussi bien pour ma pomme que pour JP Coffe qui « un pantalon vert assorti à ses grosses lunettes rondes, une veste violette » a trouvé chez Dominique Piron, vigneron à Villié-Morgon, « le Beaujolais Nouveau de ses rêves ». Réhabilitation, réconciliation, photos, JPC assume ses propos anciens, il a changé d’avis. Fort bien, Don’t acte, mais il faut tout de même préciser que son déplacement médiatisé il le fait en tant que sélectionneur de la cuvée de Beaujolais Nouveau des enseignes Leader Price et Franprix : 27 000 bouteilles vendues au prix de 4,25€ (on me précise qu'il ne s'agit que de Leader Price)

 

Jean-Pierre Coffe est satisfait « J’ai retrouvé ce beaujolais d’il y a 30 ans, ce vin de convivialité, d’échange, de plaisir. On peut les boire comme on veut, quand on veut, c’est une qualité que beaucoup de vins n’ont pas, ce n’est pas si facile. Aujourd’hui, je veux du fruit frais, et surtout pas de la banane et du cassis. Je suis vraiment très content de la cuvée ».

 

Pour Dominique Piron « cette reconnaissance et cette réhabilitation sont importantes » note la journaliste du Progrès de Lyon. « Nous avons souffert de cette image unique à toutes les sauces, explique-t-il. Bien sûr il y a beaucoup de coupables, mais la nouvelle génération est très intéressante, elle a un regard neuf. Nous sommes réunis aujourd’hui autour du beaujolais nouveau, mais je crois qu’il est entrain de redevenir doucement à sa vraie place, un évènement festif. Il n’est plus une locomotive, les crus ont pris le pas, ce qui est une très bonne chose. »

 

L’ordre règne donc à nouveau et, en tant que promoteur de l’opération « Grand Corps Malade », j’en prends acte avec plaisir même si je me dois de noter que le temps des tambours et des trompettes médiatiques est plus bref, plus intense, plus consensuel sans que pour autant le temps tout court, celui de la vie de tous les jours, disparaisse sous les flonflons de la fête.

 

Avant d'en finir, une petite question de journaliste : combien de références Beaujolais Nouveau dans le groupe Casino, dont font partie Franprix et Leader Price, en 2000 et combien aujourd'hui ? Et combien de bouteilles commercialisées il y a 10 ans et aujourd'hui ? Bien sûr, c'est très terre à terre mais je croyais que le métier de journaliste c'était de rapporter des faits plutôt que d'être des hauts parleurs de... qui que ce soit. Même les meilleures causes ont besoin de bons avocats...

 

Reste ce petit billet d’humeur de Jean-Didier Derhy du Progrès qui est très représentatif d’un état d’esprit bien français.

 

 

                         RETIRÉ

 

Suite à mon premier mail, je vous serais reconnaissant de bien vouloir retirer  de votre site la reproduction d’un article du Progrès (billet d’humeur)  qui a été effectué sans autorisation.
Conformément à la législation sur les droits d’auteur et sur la propriété intellectuelle.
Au plaisir de vous lire  dans vos chroniques
cordialement
 
 
Jean-Didier Derhy

Bon, moi je croyais qu’un chantre c’était plutôt quelqu’un qui chantait les mérites de... je ne savais pas que Coffe fut quelqu’un qui chantât la malbouffe... Pour le reste des propos à chacun de vous de comprendre l’humeur de JD Derhy...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 16 novembre 2010 2 16 /11 /Nov /2010 00:09

J’ai longuement hésité pour un titre à la Libé du type « En passant par la Lorraine avec mes sabots bio... », « JP Géné aime les recettes... les recettes d’El Bulli... » et si j’ai penché pour « La traçabilité de JP Géné : l’esprit du Libé des origines... contrôlé bien sûr... » en compressant un peu comme César c’est pour une double raison : sa dédicace (voir photo) et l’empreinte – Si je puis dire – de Libé sur son parcours professionnel « Fin 1974, je suis entré à Libération. J’y suis resté jusqu’en 1995 avec une parenthèse de 1981 à 1985. J’y ai vécu les plus belles années de ma vie de journaliste. Plusieurs se sont essayés à raconter la naissance et le succès de ce journal, privilégiant rapport de force, querelles idéologiques ou rivalités personnelles mais négligeant l’essentiel : Libé c’était le bordel le plus total où tout était possible. »  photo-jpg-2.jpg

« Mes chemins de table »  chez hoëbeke, le livre de JP Géné, présente tout de même par rapport à la prose « libératrice » de beaucoup de journalistes de l’ex-journal de Serge July, dit Amédée le brochet dans le livre de son camarade Olivier Rolin « Tigre en Papier » je cite « Mandibule osseuse, profil hydrodynamique, gare à vous gardons... [...] Journaliste célèbre * aujourd’hui, cultive l’apparence d’un capomafia, cheveux gominés, grosses chevalières... », la supériorité d’une belle écriture, d’un style précis, enjoué, parfois moqueur. Son livre n’est pas une suite de papiers pour solde de tout compte mais de vrais chroniques bien bâties, fouillées, documentées et intelligentes. Moi qui suis fortement allergique aux chroniques, dites gastronomiques, j’ai lu le livre de JP Géné bouchée par bouchée avec facilité le soir, dans mon lit sans piquer du nez.  photo-jpg-3.jpg

De ce livre, la partie racinaire m’a enchanté, ému parfois, touché souvent par sa franche vérité : «  Je suis un enfant de la Mirabelle et du planché huilé avec la quiche lorraine et Jules Ferry comme tuteur. La Meurtre et la Moselle, le derby Nancy-Metz et, par temps clair, la ligne bleue des Vosges comme unique horizon » c’est ainsi que JP Géné plante son soc dans le premier sillon. Baby-boomer comme moi, mais enfant de la communale lui, de l’école laïque comme on disait dans ma Vendée confite de bondieuseries, c’est un « rural » un gars du bourg pas un fils de crotté mais comme bibi mais nous partageons les mêmes valeurs, les mêmes goûts de sauvageons, le sens du geste en cuisine et l’art de savoir acheter les bons produits étant entendu que JP Géné opère en Champion’s League et moi en DH départementale. Il a conduit « en roulant des mécaniques » le Massey Ferguson de l’Albert pendant que je tournais autour des Société Française de mon père Arsène sur lesquels j’avais tout juste le droit de monter. Donc, c’est l’évidence, le courant passe entre le petit lorrain à qui son grand-père disait « tu sens la vache » lorsqu’il rentrait tout crotté de chez l’Albert et la Germaine et moi le petit vendéen qui allait les garder, les vaches normandes du pépé Louis.

 

En guise de mise en bouche un petit extrait de ces Chemins de table – qui sont à l’origine des décorations de table : fleurs, pétales de fleurs dressées par la maîtresse de maison pour une grande occasion... maintenant vendues en kit, quelle horreur ! – que j’ai choisi parce qu’on y picole. Est-ce l’esprit du temps ou le peu de goût des rédac-chef pour tout ce qui touche au vin, notre ami Géné, qui ne crache pas sur le jus fermenté du raisin, n’est pas un adepte de l’accord mets-vins.

 

« Ils approchaient (l’Albert et la Germaine) la soixantaine, cultivaient encore une quinzaine d’hectares et élevaient une dizaine de vaches, deux chevaux, le cochon et la basse-cour. C’était pour moi la ferme idéale où je pouvais aller « feugner » (traîner en patois lorrain) à loisir et les accompagner dans les travaux des champs. Avec eux j’allais chercher les vaches, retourner le foin, dresser les gerbes de blé en chapeau, ramasser les œufs ou les patates et regarder, stupéfait, la fermière pisser debout dans les prés. Pour le « quatre heures » il y avait toujours du mauvais saucisson, de la Vache qui rit et un verre de piquette mouillé d’eau. Je me régalais.

Le Totor (Victor), lui, ne mettait jamais d’eau dans son vin. Il le buvait dans des verres Duralex que la lumière du jour peinait à transpercer tant ils avaient servi. Avec son frère Édouard, tous deux vieux garçons, il partageait un logis où seul un esprit averti pouvait distinguer l’espace réservé aux bêtes de celui dévolu à l’homme. Chez eux ça sentait le bouc, la vieille pipe et la vaisselle de la semaine. C’est pour ça qu’on les aimait. Le Totor était le plus propre, car il devait se laver les mains deux fois par jour pour la traite et il avait un pif extraordinaire, rouge comme une betterave en perpétuel bourgeonnement. L’Édouard, regard malicieux sous son béret moulé à l’occiput, avait le visage buriné par la terre dont il avait pris la couleur. Parfois, le dimanche, il troquait le béret contre un casque, enfourchant sa moto de marque Terrot pour une destination inconnue dont il revenait à la nuit tombée. Au bruit de la pétarade, tout le village murmurait derrière les volets déjà clos : « V’là l’Édouard qui rentre ! Où qu’c’est qu’il a ben pu encore aller ? » Lorsqu’on voyait le Totor s’esbigner par la ruelle de la Catherine à l’heure de la messe dominicale, chacun savait où il allait. Dans les bois, relever ses collets. Et toujours de retour avant que les fidèles ne sortent de l’église pour ne pas être surpris avec la musette pleine. La vie au village, c’était les Deschiens grandeur nature. »  photo-jpg-1.jpg

Et puis le petit lorrain est « entré dans Paris par les Halles » et c’est ainsi qu’il est « devenu un usager averti et régulier des restaurants parisiens, que peu à peu j’y ai retrouvé mes cantines en rapport avec mes goûts et mes moyens et que, bon an mal an, j’ai appris à savoir où manger correctement en me promenant dans notre beau pays. Une fois la frontière passée, c’est autre chose. J’allais le découvrir. » Les Chemins de Table sont donc à la fois une aventure gustative et littéraire où JP Géné nous fait partager ses découvertes, ses émotions, son art de transformer une recette en une sorte de fenêtre sûr. Face à la profusion des beaux livres papier glacé avec photos bien léchées incorporées notre homme oppose la résistance du puriste, de l’anthropologue, du défenseur du bien mangé. Bref, vous saurez tout sur presque tout, en vous baladant sur ses lignes : pas de spaghetti à Bologne, ma madeleine à moi (de Commercy bien sûr), le crabe poilu à Shangai, la paella de Pepita... etc.

 

Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes si entre JP Géné et moi ne se dressait un désaccord profond. Rien à voir avec sa fréquentation assidue et professionnelle des étoilés qui sont comme chacun sait les cantines de gens qui sont parmi les plus soucieux du devenir de l’humanité. C’est le soixante-huitard qui bouge encore et qui pense que certains combats ne supportent pas certaines proximités (la pétition de la Conf’Pé en était un bel exemple). Mais bon, ce désaccord n’a que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette au regard de celui qui nous oppose à propos du riz au lait. Comment Géné ose-t-il écrire que le riz au lait est « un dessert de dégonflé qui n’ose pas courir le risque de la troisième cuisson, celle qui en fera ce gâteau moelleux et parfumé, hélas maltraité par trop de plâtriers-pâtissiers. » ? C’est une attaque frontale contre le brave riz au lait de la tante Valentine, un délit aggravé de parisianisme culinaire, la preuve flagrante des ravages de l’élitisme gustatif... Je hais tant le gâteau de riz avec son caramel qui bave sur les bords du plat que je serais capable de l’utiliser pour « entarter »  le Ministre de la Culture inaugurant la Semaine du Goût qui, comme chacun sait, est la créature du lobby sucrier. Pouah, le sucre, le sirupeux, ça vous empâte la bouche, ça masque, ça farde, le gâteau de riz n’est qu’une poule de luxe chichiteuse, une escort-girl bodybuildé pour footballeur friqué moi je préfère la fraîcheur, l’ingénuité, la simplicité d’un vrai riz au lait cru de vache Jersiaise (lire la chronique 27:02/2008 Recherche pouvoir d'achat désespérément http://www.berthomeau.com/article-16352644.html ) qui fleure bon la vanille Bourbon et qui vous donne envie d’aller vous rouler dans l’herbe avec une Perrette portant des dessous en coton blanc, bio bien-sûr...

 

Bien évidemment JP Géné et moi ne viderons pas cette querelle de riz au lait en un duel à l’épée sur le pré mais plus sûrement à coup de fourchettes au Baratin qu’en a une au Michelin. « Une ardoise alléchante, des prix sages, un choix de beaux vins. » Jean-Pierre choisira le solide et moi le liquide, ce ne sera pas un chemin de croix mais un chemin de table fort agréable...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 00:09

Mon degré de rouerie, tel celui d’un grenache frappé par les excentricités du réchauffement climatique, n’a aucune limite. Ce matin je vous embarque dans un titre qui fleure bon la Boîte de Nuit, lieu mythique, où aux temps anciens la drague façon Guy Bedos/Sophie Daumier avait droit de cité : « accroche-toi Jeannot ! La nuit est à nous... », le slow langoureux, interminable sur « night in white satin » des Moody Blues, le whisky baby, les lumières tamisées, les spots aux lumières psychédéliques, le panty des filles et nos pat’d’eph...

 

Désolé chers lecteurs mais ceci s’apparente à un passement de jambes à la Zidane. Je ne sais si je l’ai réussi, mais je l’ai tenté. En effet, mon propos matinal est encore plus terre à terre, disons alimentaire. Je ne doute pas un seul instant que vous allez, cette fois-ci, me délivrer sans hésiter le diplôme du Meilleur Barjot de France mention TB. Je me lance : nous vivons nous les urbains, plus encore que les ruraux, dans un univers de plus en plus intégré où, au plus petit incident, panne d’électricité généralisée de longue durée par exemple, tout le système qui nous entoure, nous borde, risque de s’effondrer en cascade. Alors, tout en pédalant je me suis dit, « Berthomeau, même si on pense que tu as un petit vélo dans la tête, prépare-toi une ration de survie... »  

 

 

D’où l’idée de la boîte, vous me suivez ? Un scénario à la René Barjavel dans Ravage « qui présente le naufrage d'une société mécanisée, dans laquelle, un jour, l'électricité vient à disparaitre. Les habitants, anéantis par la soudaineté de la catastrophe, sombrent dans le chaos, privés d'eau courante, de lumière et de moyens de déplacement... Un étudiant en chimie agricole, François Deschamps, décide avec quelques autres personnes, de quitter Paris, mégapole de vingt-cinq millions d'habitants, en proie à l'anarchie et aux flammes pour retrouver son village d'enfance en Provence. Il espère pouvoir y reprendre une vie normale mais paysanne... Mais le chemin est long et difficile, pour ceux qui n'ont jamais connu autre chose que le confort qu'offrent la technologie et la science. »

 

Ainsi, moi, après l’apocalypse technologique qui nous guette, avec mon petit vélo, ma trousse de survie accrochée à mon guidon pour me procurer ma ration minimale de calories, je pédalerai guilleret jusqu’à ma vieille Vendée pour y trouver refuge entre ce qui reste de bosquets et de prairies naturelles épargnés par les « bouchers du remembrement » qui se sont reconvertis maintenant dans l’écologie.

 

Bref, la constitution d’une trousse de survie doit répondre à quelques règles simples : faible encombrement, utilisation de la nourriture sans cuisson, dates de péremption de longue durée, emballage résistant aux intempéries...  Bolduc-9323.JPG

Sur cette base j’ai donc sélectionné pour ma trousse de survie :

- une boîte de sardines à l’huile

- 2 boîtes de thon blanc au naturel

- une boîte de corned-beef

- une boîte de haricots verts extra-fins

- quelques figues sèches (emballées sous film alu) et quelques noix

- quelques petits fromages de chèvre secs (emballé sous film alu)

- une canette de vin ou une ½ bouteille à vis (la 1ière plus légère mais ne se referme pas, la seconde peut se briser)

- un couteau suisse+ une petite boîte alu pour stocker les restes+1gourde Bolduc-9320.JPGL’actualité, plaide en faveur de mon scénario catastrophe. L’odyssée du paquebot Carnival Splendor qui a connu une sérieuse avarie au large de la côte pacifique du Mexique est en phase avec mes propos matinaux. En effet après qu’un incendie se fut déclenché dans la salle des machines et que le feu fut maîtrisé sans que personne n'ait été blessé l'équipage n'a pas réussi à rétablir l'électricité et le navire était à la dérive lorsque Carnival a émis un communiqué relatant l'incident. Selon le communiqué, les 3,299 passagers avaient la possibilité d'accéder à leur cabine et on leur distribuait de l'eau et des repas froids. Mais l'air climatisé, les toilettes, les repas chauds et les téléphones étaient inopérables. Les gardes côtes américains ont déployé un avion et des navires d'intervention qui sont en route vers le navire en détresse. Par ailleurs ce matin le porte-avions USS Ronald Reagan a été dérouté pour se positionner à proximité du Splendor pour permettre l'acheminement de matériel par hélicoptère.

swissarmius-main-01.jpg  gourde10.jpg

Donc, comme vous pouvez le constater, je ne suis pas totalement délirant mais comme dirait l’autre : à toute chose malheur est bon. Je m’explique dans mon scénario Ravage 2 l’accès à l’eau potable serait très problématique donc la fameuse citation de Pasteur redeviendrait d’une actualité brûlante : « Le vin est la plus saine des boissons. » Vous imaginez aisément le boom sur le nectar. Comme je ne suis pas là pour écrire un livre, je me sens pourtant très houellebecquien ce matin, je m’en tiens à ma descente vélocipédique vers ma terre natale qui croiserait, vous vous en doutez, sur sa route quelques vignerons qui se feraient un plaisir d’emplir ma gourde de vin, de me refiler un quignon de pain avec un bout de lard... Je pourrais même chanter : « à bicyclette »...   

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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