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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 00:09

Soit Gary Vaynerchuk un fils d’émigrés soviétiques, « un gamin du New Jersey, un gars de la côte Est des Etats-Unis avec une grande gueule, qui ne sait pas être discret, qui frise l'odieux », qui ose poser des questions aussi subtiles que « Quel vin prenez-vous avec vos céréales ? », qui dirige l'un des dix premiers réseaux de distribution indépendants de vin aux Etats-Unis, qui énerve les puristes mais qui, au travers de son émission vidéo quotidienne, « tente de mettre le vin à la portée de tout le monde, de le démystifier, de le rendre moins intimidant. Le plus important pour moi n'est pas de faire le pitre mais de faire comprendre que le vin ce n'est pas seulement le Bordeaux et le Cabernet. Ma démarche va bien au-delà de la volonté de m'amuser en parlant du vin. Il y a un effort délibéré de ma part de sensibiliser le palais du public américain. »

Et moi, modeste chroniqueur freenchie du vin. Qu’avons-nous en commun ?

À priori rien, face à sa gouaille new-yorkaise j’ai vraiment l’air, en dépit de mes efforts pour jouer dans la cour de l’humour, d’avoir avalé mon pébroc. Certes y’a chez lui du Michaël Young mais comme il le souligne « je suis dans le business du vin depuis l'âge de 15 ans, je sais aussi que je maîtrise mon sujet. Et que lorsque je parle d'un Chinon ou d'un Bourgueil, je sais de quoi je parle. » Gary est donc tout sauf un bouffon. Certes il en fait des tonnes mais il renouvelle le vocabulaire de la dégustation « des arbres brûlent dans votre nez quand vous reniflez ce vin ! » tout en s’essuyant la bouche d’un revers de manche. Bien sûr, les belles âmes vont me reprocher de céder à la vulgarité, de verser dans une forme de démagogie populacière. Je suis prêt à en convenir mais il y a un mais, un gros mais.

En effet, Gary Vaynerchuk et moi partageons la même ambition, même si nous n’empruntons pas les mêmes sentiers : « L’extension du domaine du Vin » Que déclare-t-il en effet ? « Grâce à l'utilisation des réseaux sociaux - j'ai 850 000 fans sur Twitter ! - et aux émissions de télévision grand public, j'ai accédé à la "culture pop" aux Etats-Unis. J'atteins ainsi des gens qui n'avaient jusque-là jamais été exposés au vin. Et j'en suis fier. Je suis fier aussi du fait qu'il n'y ait pas beaucoup d'autres acteurs aux Etats-Unis qui ont créé autant de nouveaux amateurs de vin. Je dis bien créer car le secteur du vin a tendance à recycler les mêmes individus. On voit toujours les mêmes spécialistes, dans les mêmes forums, qui parlent toujours aux même gens. J'ai réussi à toucher les 20-30 ans et à amener au vin des gens qui ne le connaissait pas. »

Que voulez-vous moi ça me plaît bien plus que les jérémiades de ceux qui psalmodient « nous ne pouvons rien faire à cause de la loi Evin », que les recettes éculées de ceux qui nous servent et resservent les mêmes baratins. Tant que nous n’aurons pas compris, comme le note très justement Gary que nous recyclons toujours les mêmes individus, ce que j’appelle moi en bon fils de paysan la surpâture, nous continuerons de nous réconforter dans nos petites chapelles ou nos grandes cathédrales, de nous plaindre que le monde entier nous en veut, que nous sommes des incompris, de camper sur notre haute conception du vin.

Ecoutons encore notre déconoclaste à propos des vins français aux USA « Quand les gens pensent aux vins français, ils pensent aux grands crus comme Lafite, Latour ou les Châteauneuf-du-Pape. Toutefois, ils représentent une infime minorité des vins produits en France. En revanche, quand je pense à la France, je pense plutôt aux Languedoc, aux Madiran, au Cahors et à Gaillac. Pour moi, un Morgon ou un Moulin-à-Vent sont parmi les meilleurs rapports qualité prix au monde. Pour environ 120 dollars, on peut se procurer un grand cru du Beaujolais, c'est incroyable ! Même parmi les Bordeaux, il y a tellement de petits châteaux dont le prix ne dépasse pas 20 dollars la bouteille. A mon avis, les vins français sont très mal promus aux Etats-Unis car ils sont perçus comme étant chers. Qui sait que l'on peut acheter un Côte du Rhône 2007 pour dix dollars ? C'est prodigieux pour un aussi bon cru. »

Attention, lisez-moi bien, je ne pratique pas le sport national français : la division en laissant à penser que le style Gary Vaynerchuk doit devenir la norme. Bien sûr que non, c’est un plus, une autre voie, un autre style : quand saurons additionner nos forces, admettre la puissance de la différence assumée ? Ma réponse est sans appel : lorsque ceux qui se disent en charge de la promotion du vin français : interprofessions ou grands opérateurs auront l’audace de soutenir en pur mécénat des initiatives innovantes sur le Net. Des trucs qui décoiffent, qui sortent des sentiers battus, autre chose que des messieurs propres sur eux qui ont l’air d’avoir des balais dans le cul ! Suis-je vulgaire ? À mon sens bien moins que le sommelier Enrico Bernardo qui déclare du haut de sa suffisance que 80% des vins français ne valent pas mieux que le caniveau et que beaucoup de vignerons feraient mieux de cultiver des carottes... »

Je suis remonté et candidat déclaré pour produire un truc du genre « la minute de Monsieur Cyclopède » revisitée par les Gary Vaynerchuk français sur le Net. Merci aux décideurs de ne pas trop se bousculer pour me répondre...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /Juil /2010 00:09

Cette importante interrogation, certes formulée sous une forme triviale, disons populaire, m’a été inspirée par le « Ben moi parfois je me dis « c'est en buvant n'importe quoi, que l'on devient n'importe qui » de Jean-Baptiste posté en commentaire sous ma chronique inoubliable du 14 juillet « C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui » que j’avais confiée en images à l’inimitable Rémi Gaillard.

  

En effet, puisque Jean-Baptiste, au plus profond de lui-même, pense que ceux qui boiraient n’importe quoi deviendraient des n’importe qui, laisse à penser que la nature de la boisson, sa qualité, même plus encore – je pousse la logique à l’extrême – son authenticité, transforme les hommes.

 

Attention, j’exclue de mon champ d’investigation à la fois les boissons non alcoolisées afin d’éviter la facilité du « Coca rend con » et les enfileurs de degrés, les grands avaleurs, les adeptes du shoot, qui bien évidemment boivent souvent n’importe quoi. Pour autant, même si ça déplaît aux prohibitionnistes, je n’utiliserai pas à l’appui de mon exclusion le célèbre adage « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » car il y a ivresse et ivresse. Je reviendrai dans une prochaine chronique sur l’Ivresse.

 

Mon buveur à moi, c’est monsieur et madame tout le monde, pas un pilier de bistrot ni une alcoolique mondaine, pour qui boire un verre fait parti des petits plaisirs de la vie. Au risque de les froisser je fourre dans mon grand sac les grands amateurs de vins qui, après tout, eux aussi, même s’ils sont passés maîtres dans les figures imposées de la dégustation, boivent.

 

La population de mon étude étant cernée – je cause riche ce matin – il ne me reste plus qu’à circonscrire son rayon d’action. Pour faire bref, pour ne pas vous prendre la tête, je vais laisser de côté la bière et tous les alcools TGV (Tequila-Gin-Vodka) pour m’en tenir au Vin et aux quelques bouteilles qui traînent dans le bar de votre beau-père pour l’apéritif et le digestif.

 

Me voilà maintenant au pied du mur et, pour tout vous dire, bien embarrassé par l’extrême flou des concepts utilisés : c’est quoi le n’importe quoi et c’est qui le n’importe qui. Croyez-vous qu’avec un tel vocabulaire je pourrais postuler pour une chaire au Collège de France ? Comme vous vous tamponnez de mes hautes ambitions, afin d’affiner, comme dirait mon fromager, je vais commencer par tenter de vous dire qui est le qui du n’importe qui ?

 

Le n’importe qui c’est le premier venu, l’inconnu, le tout venant, le beauf, ou pour rester dans le vulgaire le premier con venu. Le père Sartre, toujours sympa, le souligne « C’est dur, hein, de se sentir n’importe qui ? »

 

Pour le n’importe quoi c’est plus simple puisqu’il s’agit d’une tendance lourde des temps présents : dernier exemple la grève de l’entraînement des joueurs professionnels de l’équipe de France annoncée par leur entraîneur lisant un communiqué soi-disant rédigé par eux dans un car.

 

Mes concepts étant à point comme le dit mon fromager de son Pont-l’Evêque et de son Livarot je vais tenter de pousser le bouchon du n’importe quoi vers les rives agitées de nos vins. Pour ce faire je vais soumettre 5 cas pratiques à votre réflexion pour que vous puissiez insérer le produit et ceux qui vont le consommer dans la bonne catégorie :

 

1° Marcel et sa Ginette sortent de leur supérette avec leur pack de « Vieux Papes », de « Listel » et quelques bouteilles de « Kriter » dans leur cabas, y z’ont aussi tout ce qu’il faut pour leur barbecue du dimanche dans le jardin du pavillon. Y sont contents pour une fois que tous les gamins seront là avec leur marmaille.

 

2° Paul-Henri et son épouse Hildegarde achètent leur GCC de Bordeaux en primeurs, ça les excite, c’est vraiment bien mieux que la Bourse avec ses produits toxiques ou pourris, ils s’en donnent à cœur joie même que pour le millésime 2009 c’est de la folie. Vont-ils être obligés de vendre l’un de leur Dufy ou de céder la moitié de leur pur-sang à l’Aga Khan ?

 

3° Chico et Pâquerette, lui est dans la pub, elle dans la mode, sont dans tous leurs états, ils viennent de jeter leur dévolu – acheter est vulgaire pour des alter – sur une superbe petite lignée de vins natures que leur a déniché Paul-Louis un ancien trader reconverti en courtier de vins non-sulfités. Ils bichent, au prochain croque carottes avec leurs potes ceux-ci seront verts...

 

4° Marin et César sortent du salon des VIF de la Porte de Versailles, ils ont fait une belle moisson de petites bouteilles de petits vignerons de petites appellations et ils sont vraiment contents de leur virée. Leur chien Droopy frétille lui aussi. Bonne pioche encore cette année.

 

5° Dumichon qui vit seul sort de chez Lidl avec son BIB de vin de pays d'Oc. C'est un monsieur bien propre, discret, qui lit le Parisien et écoute les Grosses Têtes sur RTL. Son petit verre lui égaie un ordinaire bien ordinaire. Moumousse son gros Persan, lui, il lui offre du Sheba. Et dire que ses enfants ne l'appellent même pas. 

 

Donc, chers lecteurs, que des gens heureux, ou presque !

 

Exemples tendancieux, excommunication immédiate par les zélotes de Bourdieu, je cours et j’assume le risque. Et, pour ceux qui pensent que je n’ai pas répondu à la question de mon titre: « boire bon rend-il moins con ? » ils n’ont pas tout à fait tort mais ils peuvent convenir avec moi que c’était vraiment une question à la con.

 

En effet, derrière tout ça, en parodiant François Mauriac et sa célèbre phrase à propos du « Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es », « il est vrai. Mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis » ce qui est sous-jacent est bien le besoin de représentation sociale que beaucoup cherchent dans le vin et sur laquelle beaucoup de gens du vin surfent et il facile d’arriver jusqu’au « Si tu bois et rebois n’importe quoi c’est que t’es n’importe qui... »

Détrompez-moi, Benoît !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 00:09

Sacré gaillard que ce Rémi Gaillard, sans nul doute un proche parent d'une de nos plus importante célébrité vinicole nationale :  François Gaillard du couple Gilbert&Gaillard. Afin de fêter dans l'hilarité notre nationale fête du 14 juillet je vous propose deux séquences cultes du Rémi : l'une consacré au poil à Poil dans la Nièvre chère au père François - pas Gaillard mais Mitterrand - et l'autre au Tour de France du côté du Pic St Loup. Bonne dégustation, bon feu d'artifice et : « C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui» comme braillent Rémi et ses amis...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 00:09

Dans Terre de Vins un journaliste de Sud-Ouest, Christian Séguin, se pose une question à lui-même « Pourquoi Bordeaux serait-elle objectivement la capitale mondiale du vin ? » avant d’y répondre avec une certaine pertinence « il existe des raisons de penser que le titre est juste. Le titre de capitale mondiale n'a pas été attribué à Bordeaux par la viticulture internationale reconnaissante. Il s'est imposé localement comme une intime conviction. Une suffisance bordelaise de plus, disent les envieux. » 

  http://www.sudouest.fr/2010/07/06/bordeaux-capitale-mondiale-du-vin-en-toute-objectivite-133223-2780.php

 

Si je me permets d’affirmer qu’il se pose une question à lui-même c’est qu’une rapide revue de presse sur la Toile montre que majoritairement ce sont les journalistes qui décernent dans leurs titres les brevets de capitale de... J’y reviendrai.  1951344264.jpg

Mais avant ce petit voyage je ne résiste pas au plaisir de citer mon homonyme, Patrick Berthomeau (présenté comme un sociologue, barbu – ce qui est un pléonasme pour un sociologue post-soixante-huitard – amoureux du vin « ce qui lui fait pardonner bien des choses » qui « promène sa gentillesse et son ironie, chacune corrigeant l’autre, à travers les grands procès et les reportages pour le journal Sud-Ouest », qui dans un N° Spécial du Crapouillot de l’automne 1980, chroniquait avec gourmandise, « Le Winegate de 1973 » épingle la capitale mondiale du Vin. Donc un collègue de Christian Seguin officiant comme médiateur à Sud-Ouest.

 

Je cite Patrick Berthomeau « L’été 1973 était radieux. Le monde politique avait déserté Paris et l’on parlait moins de l’état de santé de Georges Pompidou. Depuis dix-huit mois, le bordeaux ne cessait d’augmenter mais le super valait encore 1,20 F et nul ne se doutait que la guerre du Kippour allait avoir lieu. Un seul feuilleton demeurait régulier : il racontait les aventures de Richard Nixon, pris au piège de Watergate.

EN ce début de juillet, Bordeaux sommeillait. C’est à peine si la ville se souvenait qu’un an auparavant, lorsque Jacques Chaban-Delmas avait quitté Matignon, un coup de tonnerre l’avait sortie pour deux ou trois jours de sa torpeur. Bordeaux avait perdu son Premier Ministre.

En juillet 73, rien n’annonçait une telle déroute en surface au moins. Car, dans les milieux professionnels, chez les courtiers et les négociants, on savait que Pierre Bert était « tombé » fin juin et que la brigade de la Répression des Fraudes s’agitait comme jamais. Du côté des Chartrons, une nervosité certaine se manifestait ; ça grouillait et grenouillait, rien encore n’émergeait.

Il fallut attendre le mois d’août pour que les premiers échos de ce qu’un journal anglais baptisa « Winegate », apparaissent dans la presse. Ce n’est qu’au mois d’octobre que furent signifiées les premières inculpations et, le secret de l’instruction aidant, l’escalade des rumeurs se calma quelque peu.

Cependant, l’essentiel de la fraude était connu : porté par le climat d’euphorie et de spéculation qui régnait sur le marché de bordeaux rouge depuis la fin71, une manière d’homme providentiel, Pierre Bert, avait mis en circulation des vins qui n’avaient de bordeaux que le nom et qui, dans le meilleur des cas, venaient du Midi. Il avait trouvé preneur chez plusieurs négociants et comptait notamment pour client une des plus anciennes et des plus prestigieuses maisons de Bordeaux, la maison Cruse dont les deux principaux dirigeants, Lionel et Yvan, allaient partager avec lui la vedette su procès d’octobre 1974. »

 

Tout ça à presque 40 ans donc c’est a rangé au rayon des vieilleries, et il n’y a de ma part aucune malice, mais comme un scandale des vins de Bordeaux ne pouvait que se voir attribuer une étiquette prestigieuse en référence à la capitale Washington de la plus grande puissance mondiale, c’était à noter. De plus, Patrick Berthomeau, visionnaire, dans sa conclusion, écrivait « On voit d’ailleurs apparaître ici et là le vin des technocrates que définissent, à partir d’études de marché, des petits jeunes gens buveurs de jus de tomate et de Coca. Ils repèrent des « créneaux de goût » (sic). Les œnologues font le reste. » puis plus loin « Avec un peu de pessimisme ou de lucidité, on imagine ce que sera demain le meilleur des mondes pinardiers ; on fabriquera des vins, comme des bébés-éprouvettes, le mot lui-même ne sera plus qu’un signe pour repérer une marchandise ; les couleurs et les saveurs ne seront qu’un souvenir bientôt effacé par les standards. Il est permis de cauchemarder : il y a déjà pas mal de temps que le pire est toujours le plus probable. » et de finir « «En attendant ces jours sinistres, les vins français aurons à faire face à d’autres dangers qui pourraient bien les aider à faire face à trouver la voie du salut

Depuis toujours, la contemplation de notre nombril vinicole nous a ravis, et du même coup détourné de notre visage. A force de répéter qu’aucun terroir au monde ne vaudra jamais le sol de notre beau pays, nous sommes exposés à toutes les déconvenues. »

 

Comme dirait l’autre, y’a boire et à manger dans la prose de l’autre Berthomeau, très caractéristique d’une forme de journalisme d’opinion à la française, un peu péremptoire, catastrophiste, le temps est parfois bien cruel avec les textes. Les miens subiront sans doute un sort identique, pour l’heure celui qui ma valut le titre envié de rapport Berthomeau tient le choc. Mais moi je ne suis pas journaliste...

 

Pour l’attribution du titre envié de capitale mondiale ci-joint ma glane :

 

Quand Bordeaux était une capitale mondiale de l'art contemporain le 24 mars 2010 ... Le Monde.fr

« Cette exposition fleuve vient rappeler que Bordeaux, dans les années 1970 et 1980, quand une bonne partie de ces œuvres fut achetée, était à la pointe du combat de l'art » actuel, dans une France alors timorée en la matière. La réputation de la ville fut même mondiale... Cette réputation a été construite par Jean-Louis Froment. »

Genève, capitale mondiale du journalisme d’investigation La Tribune de Genève 18 avril 2010

 

CONFÉRENCE | Des journalistes en provenance de plus de 80 pays doivent se retrouver à Genève dès jeudi pour parler de leur métier. Avec, en invités-vedettes, Roberto Saviano, Seymour Hersh et Baltasar Garzon.

 

Paris, capitale mondiale des maths le Journal du CNRS

 

« Avec un effectif de près de 1 000 chercheurs, la Fondation Sciences mathématiques de Paris (FSMP), dans laquelle est impliqué le CNRS, constitue le plus grand vivier de mathématiciens au monde. Tout aussi impressionnant que le nombre de ses chercheurs : son niveau d'excellence, couronné par de nombreuses distinctions internationales.»

 

Au Pakistan, la capitale mondiale des ballons de foot Mardi 16 Mars 2010 Slate

 

« Sialkot, au Pakistan, est le reflet d'un des nombreux visages de la mondialisation: 40 millions de ballons de football, soit environ 70% de la production mondiale, y sont cousus à la main chaque année, un chiffre qui peut grimper à 60 millions les années de Coupe du monde. »

 

Téhéran capitale mondiale du rouge à lèvres le Monde 11 avril 2010 11 avril 2010 blog le Monde : « Dentelles et tchadors »

 

« Durant mes deux années iraniennes, à chaque fois qu’un collègue ou ami français a posé un pied en République islamique, il était tout d’abord frappé par une seule et unique chose (hormis la chaleur de la population): le maquillage ultra prononcé des Iraniennes, malgré le voile qu’elles sont obligées de porter depuis plus de trente et un ans. Ainsi, à chaque fois qu’elles apercevaient une de mes amies françaises à Téhéran, les Iraniennes étaient tout estomaquées. “Mais qu’elles sont pâles! Elles sont encore moins maquillées que certains de nos garçons! Où sont passés les Audrey Tautou et Catherine Deneuve? “. »

 

Cyber-espionnage : la capitale mondiale est chinoise Clubic.com mars 2010

 

« Ville de l'est de la Chine comme capitale du cyber-espionnage. Shaoxing, c'est son nom, se taille donc une solide réputation de paradis des pirates »

 

Arles, capitale mondiale de la photographie Françoise Bare RTBF.be info

 

« Arles se sont donc des promenades dans les vieux cailloux, un Rhône lent et large, la Camargue au bout et des photographes connus, moins connus, des amateurs et des professionnels.

Etrange mélange car les premiers grands noms sont aussi arrivés pour les rencontres photographiques. Les 41ème du nom. Ils prennent le frais sur la place du Forum. Là on croise un Jean-Marie Perrier qui est venu parce ses photos de Mick Jagger sont exposées avec des dizaines d'autres talentueux portraitistes dans un événement qui s'appelle simplement MICK. C'est la première exposition de ce type et le Jagger a accepté pour Arles. Au détour d'une ruelle, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, là-bas Marin Karmitz qui a laissé sa belle collection se montrer dans l'église des frères prêcheurs. Et bien-sûr dans les fameux ateliers de réparation des locomotives, les plus grands ateliers de France, une belle friche réinvestie après la fermeture de nombreuses années, des jeunes qui montent ... »

 

Le titre de Capitale mondiale du livre est accordé à une ville chaque année par l'UNESCO en reconnaissance de la qualité des programmes municipaux pour promouvoir le livre et la lecture. 2010 : Ljubljana (Slovénie Slovénie) et depuis l’origine en 2001, jamais une ville française. C’est sans doute parce que le siège de l’Unesco est à Paris. Et si Bordeaux candidatait ?

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /Juil /2010 00:02

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Ce matin 12 juillet je me suis levé de bonne heure. Certains parlent du privilège de l’âge, celui que je viens d’atteindre ce jour colle à l’air du temps puisqu’il va être gravé dans le marbre de la loi me dit-on : la retraite à 62 ans ça sonne moins bien que le chiffre rond de Tonton. Et pourtant moi je n’y suis pas encore mais c’est normal puisque n’ayant point travaillé de mes mains je peux ajouter encore quelques années à mon compteur. Reste que pour moi l’âge n’est rien, sauf sans doute dans le regard des autres, et je dois vous avouer que je dois en permanence réfréner mes ardeurs. Rassurez-vous je ne fais pas le jeune homme, ce serait grotesque, mais je partage la conviction d’Albert Camus que « ceux qui aiment toutes les femmes sont ceux qui sont en route vers l’abstraction. Ils dépensent ce monde quoi qu’il y paraisse. Car ils se détournent du particulier, du cas singulier »

 

Comme beaucoup d'entre vous le savent maintenant je suis né dans un pays de Blancs qui se sont battus contre les Bleus, de ma vie je n’ai été ni Rouge, ni Vert, ni Jaune, mais d’un Rose peu prisé, trop pâle sans doute. Dans ma vêture je déteste le minimalisme Gris sur Gris et je n’ai que peu de goût pour le Noir. À Roussillon j’ai appris à manier les ocres, peindre à la chaux, ocre jaune, ocre rouge sur les murs qui changent avec les saisons. Reste l’Orange que maman mettait dans mes souliers de Noël. J’ai horreur du Beige et du Marron, le beigeasse et le marronnasse, mais j’adore les bas chamois, souris, tourterelle, ivoire, cendres, anthracite, bronze, sable, tabac, ambre, champagne, chair... et pour les dessous seul le blanc immaculé plaît à mes mains. Pour le Violet, le souvenir des chaussettes de Mgr Cazaux qui m’a confirmé en l’église St Jacques le Majeur de la Mothe-Achard l’a cantonné en un pull cachemire que je bichonne et cette année à mes espadrilles; quand à la Pourpre cardinalice elle m’a toujours rebutée : j’exècre le gouvernement de l’Eglise catholique et romaine avec sa pompe, son hypocrisie, ses égarements. Pour le vin, le Blanc est plutôt Jaune, et pour le Rouge le Bordeaux en est une teinte, reste le Rosé qui n’est pas une couleur et vire souvent au saumoné. Du côté fric le billet vert continue de dominer le monde alors que dans la rue la langue verte se durcit et prend des allures de cocktails Molotov. Du côté des bières elles sont blondes, brunes, rousses ou ambrées alors que les cigarettes furent brunes et ne sont plus que blondes. Deux couleurs en berne : le bleu des Bleus et le havane des Puros de Blanc. Le Maillot Jaune est un peu beaucoup bodybuildé. Quand aux chemises politiques elles furent bleues pour la Phalange de Franco, brunes pour les nazis, noires pour les faisceaux de Mussolini et vertes pour les démagogues ruraux de Dorgères, alors que Pierre Poujade se contentait d’enlever la sienne. J’aime les photos sépia. Reste la lanterne rouge du peloton. Pour terminer, si je vous gonfle avec mes digressions matinales, vous pouvez sortir soit un carton jaune ou même directement le rouge tout court !

Cette année est pour moi une année bleue, j'y reviendrai pendant congepés en chroniquant sur le pastel qui ressemble à une sorte de grosse salade verte. Lavées, séchées et broyées, les feuilles sont ensuite façonnées en boules (les fameuses cocagnes). Après fermentation, elles donnent l'agranat, pâte granuleuse noirâtre, qui sert à obtenir la précieuse teinture d'un bleu très soutenu. Le pays de Cocagne...

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 02:09

À cette époque la descente d’avion se faisait à l’aide d’une passerelle et lorsque nous descendîmes, officiellement pour l’escale, un Studbaker beige stationnait tout en bas. Le comité d’accueil, deux officiers américains en uniforme et un gros type moustachu en imperméable qui mâchouillait le tuyau d’une pipe qui nous fît signe, à Jeanne et à moi, de les suivre. Pas de doute c’était le français de service qui me tendait sa paluche velue « Bouzeron de l’ambassade... » Les deux américains montèrent à l’avant et Bouzeron et moi encadrâmes Jeanne à l’arrière. Nous roulâmes jusqu’au salon d’honneur qui se situait en retrait de l’aérogare. Bouzeron empestait le tabac froid et il se curait le nez avec beaucoup de soin. Jeanne lui jetait des regards furibards qui ne le troublaient guère. J’évitais d’engager la conversation avec lui car il me paraissait n’être là que nous réceptionner. Dans le hall du salon d’honneur, Bob Dole, avec l’un de ses éternels pantalons de velours finement côtelé et ses derbys gold astiquées comme les cuivres d’un yacht, me tendait sa main fine aux ongles manucurés. Bouzeron restait en retrait avec les deux officiers. Dole s’emparait de mon bras et m’entrainait dans un petit salon. Il m’offrait une Lucky Stricke sans filtre que je refusais. « Vous ne fumez plus cher ami... »  Je me laissais choir sur un grand canapé Chesterfield. « Et si vous me donniez une petite explication sur toute cette histoire ? » Dole lâchait quelques volutes de fumées bleues. « Nous vous avons sauvé la mise cher ami et ça n’a pas été simple mais tout est maintenant rentré dans l’ordre puisque l’exfiltration s’est déroulé sans anicroche... » Je le sentais venir avec ses gros sabots de ricain « Que vous dois-je en échange mon cher Bob ? » Sa moue, qui se voulait ironique ne m’empêchait pas de poursuivre « entre nous je ne vous dois rien car c’est Jeanne qui vous intéressait... » Dole s’approchait du meuble-bar « vous dites des conneries, dans cette affaire c’est vous qui vous êtes mis dans la panade. Que faisiez-vous à l’Est ? » Je ricanais «Je me baladais...» Son rictus m’indiquait qu’il ne goûtait guère mon je-m’en-foutisme. « Allez crachez le morceau... »


Dole souriait à nouveau. « Je vous ai fait une petite surprise pour emporter votre adhésion cher ami... » En quelques pas il se portait au fond du salon et ouvrait une porte. « Suivez-moi ! » Je m’exécutai. Il empruntait un couloir qui débouchait sur une salle à manger. La table était dressée et tout au bout Chloé se tartinait un toast. Je jurais « Merde ! Qu’est-ce que c’est encore que cette manigance ?» Chloé me répondait « Nous partons ensemble pour le Chili mon beau car le camarade Allende cause du souci à nos amis américains... » Je sentais un grand abattement me gagner car je ne pouvais m’empêcher de penser que toute l’histoire que nous venions de vivre Jeanne et moi n’était qu’un coup monté par les américains. D’un ton rogue j’interpelais Dole « Où est Jeanne ? » Il haussait les épaules « Elle retourne à Berlin... » J’allais exploser mais Chloé se levait pour m’empêcher de sauter au colbac de Dole. « Calme-toi mon grand nous n’avons pas le choix nous sommes cernés par des ordures bien propres qui passent leur temps à foutre le bordel là où la situation leur échappe. Monsieur Dole nous tient alors va pour un petit voyage pour Santiago mais nous lui garderons un chien de notre chienne a cet empaffé. » Je retrouvais Chloé dans toute sa splendeur. Dole faisait comme s’il n’avait rien entendu de sa diatribe. Je m’asseyais. Chloé me servait un verre de vin. « Du Cos d’Estournel mazette notre Bob nous gâte... » Un maître d’hôtel surgissait de je ne sais où pour prendre ma commande. J’avais envie de me taper de la viande rouge, une belle entrecôte. Bob Dole était aux anges.


Chloé m’annonça que nous ne prenions pas une ligne régulière mais un charter qui ferait escale aux Açores avant de gagner Lima. Ça ne me plaisait qu’à moitié car les zincs des compagnies de charters n’étaient pas de toute première jeunesse. C’était un Boeing qui présentait encore assez bien mais nous restâmes pendant plus d’une heure à attendre l’autorisation de décollage. Le service était réduit au strict minimum : deux hôtesses peu souriantes qui nous distribuèrent des plateaux-repas immondes. La population de l’appareil était essentiellement constituée de traîne-lattes chevelus, de vieilles pouffes peinturlurées et de quelques familles avec des chiarres braillards. À côté de Chloé, une mémère incroyable, peroxydée, perchée sur des semelles compensées, la salopette ouverte sur une poitrine fellinienne passait son temps à aller et venir dans le couloir pour draguer. Elle jeta son dévolu sur un jeune éphèbe maigre comme un coucou qui ne se fit pas prier pour la peloter avec frénésie. Elle gloussait comme une pintade et trémoussait son gros popotin. Lorsque l’avion commença d’entamer sa descente vers Santa Maria des Açores le gamin entreprenait de la téter et la vieille se mit à lâcher des petits cris de plaisir. Une fois posé le coucou allait se garer face à un hangar qui servait de hall d’embarquement et nous restions ainsi plus d’une heure en stationnement. Plus de ventilation, une chaleur moite, poisseuse, la tension montait, des gens fumaient. La vieille lubrique tout seins dehors s’agitait. N’y tenant plus je propulsait dans la cabine de pilotage pour demander que nous puissions descendre. Le commandant parlementait avec le contrôle. « Ok vous allez pouvoir descendre » Un espèce de petit tracteur amenait la passerelle. Le troupeau s’expulsait de la carlingue et fonçait vers la salle d’attente. Chloé et moi restions sur le tarmac à regarder le ciel étoilé. Je la prenais par la taille et soupirais « je suis fatigué de tout ce rien j’ai envie que ça s’arrête... »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 00:08

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Vin couleur de jour,

Vin couleur de nuit,

Vin aux pieds de pourpre ou sang de topaze,

Vin, fils étoilé de la terre,

Vin lisse comme une épée d’or,

Doux comme un velours froissé,

Vin enroulé en spirale et suspendu,

Amoureux, marin,

Tu n’as jamais tout à fait contenu dans un verre,

Dans un chant, dans un homme, 

Corail, tu es partout,

Et dans l’intime aussi.

 

 

Tu te nourris parfois de mortels souvenirs,

Nous allons, sur ta vague, de tombe en tombe,

Tailleur de pierre, de sépulcre glacé,

Et pleurons des larmes provisoires,

Mais ton bel habit de printemps est différent,

Le cœur grimpe aux branches,

Le vent agite le jour,

Rien ne reste dans ton âme immobile. 

 

Le vin excite le printemps,

Fait croître la joie comme une plante,

Les murs s’écroulent, et les rochers,

Les abîmes se comblent, le chant naît.

Oh toi, jarre de vin,

Dans le désert avec ma délicieuse aimée,

Disait le vieux poète.

Que la cruche de vin

Au baiser d’amour ajoute le sien.

Mon amour, ta hanche tout à coup

Est la courbe pleine du verre,

Ta gorge la grappe,

La lueur de l’alcool ta chevelure,

 

Les raisins le bout de tes seins,

Ton nombril le sceau pur imprimé

Sur ton ventre d’argile,

Et ton amour la cascade d’inextinguibles vins,

La clarté qui illumine mes sens,

La splendeur terrestre de la vie.

 

 

Tu n’es pas seulement l’amour,

Baiser brûlant ou cœur brûlé

Tu es, vin de vie,

L’amitié, la transparence,

Le chœur bigarré, l’abondance de fleurs. 

 

 

J’aime sur une table, quand on parle,

La lueur d’une bouteille de vin intelligent.

Buvez-le, et souvenez-vous qu’en chaque goutte d’or

Ou coupe de topaze, ou cuillère de pourpre,

L’automne a travaillé pour remplir de vin ces flacons

Et apprend, homme obscur,

Dans le cérémonial de ton commerce, à te souvenir de la terre

Et de ce qui lui est du, et à célébrer le cantique du fruit.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 00:09

D’abord il y a des guillemets, ensuite il vaut mieux attendre avant de dégainer car je vais, comme toujours, m’expliquer. Le football sud-américain se porte bien : Brésil, Argentine, Chili, Uruguay... ça prend un petit air de pied-de-nez à deux grands pays du vin : la France et l’Italie sortis sans gloire pour le second, et avec les quolibets mérités pour le premier. Comparaison n’est pas raison mais nous payons le prix de nos non-choix, ici comme ailleurs.

Donc revenons à l’Amérique du Sud, continent qui a toujours semblé à la remorque, avec cette minuscule accroche tranchée par le canal de Panama, du mastodonte rondouillard yankee. Ces pays s’émancipent, ne sont plus ou presque sous la botte d’un quelconque Général Tapioca, pèsent, surtout le Brésil, dans le concert mondial, alors nous les vieux pays fourbus, immobiles, serions bien inspirés de les voir tels qu’ils sont et de ne pas nous contenter de leur coller nos vieilles images.

Comme je ne suis pas ennemi du paradoxe, ce matin, dans mon vieux cahier d’images du géographe Armand Perrin sur « les paysages viticoles du monde » d’avant 1939 je vous propose de découvrir le vignoble du Chili de ce temps-là replacé dans le Grand Continent Sud-Américain.

 

« Le vaste continent Sud-Américain mâche la coca, boit le maté et le café, achète son vin en Europe, soit des vins frais (vins verts) au Portugal, soit des vins de qualité en Espagne, au Portugal, en Italie et en France. Le continent présente peu de vignes sauvages utilisables ; aussi la quasi-totalité du vignoble brésilien, uruguayen, argentin, chilien et péruvien, est-il d’importation européenne (...)

Toutes conditions politiques exceptées, il y a là un fait qui rappelle la croissance du vignoble algérien et sa rivalité avec le midi de la France. Cette ressemblance apparaîtra encore plus nettement si l’on veut bien réfléchir que le Brésil, Etat indépendant, reçoit annuellement un fort contingent d’émigrants portugais, espagnols et italiens qui apportent en terre américaine leur « mentalité viticole » qu’ils n’hésitent pas à tourner contre l’économie de leur pays d’origine (...)

 

« Un document de 1551 signale l’existence d’un commerce de raisins à Santiago et à la Serena ; un autre de 1594 note une importante progression des plantations. Nous avons donc ici un type de vignoble d’origine coloniale. La vigne est venue d’Espagne par l’intermédiaire du Pérou ; de Santiago elle s’est étendue vers Conception et Angol. Nul doute qu’elle fut une « culture attirante » ; mais le fait colonial devait jouer contre elle et malgré un climat très favorable, elle ne fit point tache sur le Chili. Susceptible de concurrencer l’une des productions essentielles de la métropole, la vigne fut englobée dans un réseau de restrictions qui caractérisa l’exploitation coloniale espagnole : les planteurs furent taxés, les licences de plantation et de vente refusées, le vin européen imposé au pays. Vint l’indépendance au début du XIXe siècle : ce fut aussi la libération de la vigne ; les grands propriétaires s’associèrent en 1838 aux fondateurs de la société d’agriculture et cette société améliora le vignoble par une propagande constante.

Tandis que le système colonial avait tiré d’Espagne les cépages à planter au Chili, l’Indépendance alla surtout les chercher en France. Aujourd’hui les français sont nombreux (1/3) autour de Santiago et de Lontué ; les plants bordelais alternent avec ceux de Bourgogne ; mais les anciens plants persistent (2/3) surtout dans les zones les plus aventurées, au nord dans les vallées et oasis de Copiapo, d’Huasca, d’Elqui ; au sud on les trouve jusqu’à Bio-Bio. Leur vitalité est telle que certains sont devenus de vraies vignes sauvages accrochées aux arbres des forêts et fructifiant.

La viticulture est peut-être plus attirante au Chili qu’ailleurs en l’état actuel des choses ; tandis que beaucoup de paysans européens sont rebutés par la nécessité de traitements fréquents et coûteux, leur collègue chilien ignore à peu près totalement les cryptogames destructeurs, oïdium et Mildiou et les chenilles de Pyrale, Cochyllis et Eudémis.

C’est un vignoble progressif, 50 000 hectares, qui commence à fournier un vin acceptable et donne 23% de la récolte sud-américaine : 2.925.000 hectolitres. Comme le vignoble du Pérou, il prend place dans la catégorie « vignoble colonial » ; pour le qualifier encore plus complètement nous l’appellerons « vignoble à noyau colonial irradié par l’indépendance »

 

L’Amérique du Sud est une colonie viticole de l’Europe ; elle n’est pas elle-même ni un foyer local de ceps, ni un centre d’irradiation comme sa voisine du nord. L’homme, le colon, Espagnol ou Portugais, a installé la culture attirante chez lui et soit par l’exemple, soit par l’association forcée du travail indigène, l’a fait adopter par l’Indien ; ici donc, la part de l’homme est essentielle, celle de la plante purement passive sauf au Chili où la vigne s’est créé en climat idéal une vraie nature personnelle. Cette colonisation à sens unique, s’est faite en deux vagues : la vague coloniale, faible, brisée, occupant un espace réduit ; la vague de l’indépendance, puissante, attirée par le charme irrésistible du vin et du raisin. »

 

Pour la 3ième vague c’est une autre histoire en train de s’écrire...  Le Chili un vignoble à la conquête du monde par Raphaël Schirmer http://com.revues.org/index299.html

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 00:09

Rassurez-vous Philippe Val ne m’a pas demandé de remplacer Stéphane Guillon pour chroniquer lors de la matinale de France Inter mais, samedi prochain, 10 juillet, le « dégustateur imposteur » que je suis est invité à l’émission « On va déguster » (10h-11h) sur France Inter www.sites.radiofrance.fr/franceinter. Si vous avez quelques minutes à distraire vous pouvez allumer votre transistor ou votre poste à galènes, j’essaierai d’être un bon ambassadeur du Vin au cours de cette petite heure d’émission qui lui est dédié sur la base d’un numéro spécial d’été du magasine L’Expansion « Le buiseness du vin »  http://www.lexpansion.com/imgs/sommaire/sommaire754.pdf . Après cette page d’autopromotion passons aux choses sérieuses.

 

C’est parti mon kiki le bio quitte ses petits marchés, ses sandales de moine et ses prophètes barbus pour entrer de plain-pied dans les temples aseptisés de la Consommation Populaire. « C’est un nouvel eldorado, avec une croissance officiellement mesurée à + 25 % en 2008, pour un chiffre d’affaires estimé à 1 milliard d’euros en GMS. Et ce n’est qu’un début. En octobre, l’institut Precepta prédisait que le marché bio progresserait encore de 8 à10 % par an jusqu’en 2012. Les GMS feront encore mieux et leur part de marché grimpera de 40 à 45 % d’ici là, selon Precepta. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. »

 

Toutes les grandes enseignes se mettent au vert, chantent la main sur le cœur une agriculture soucieuse de l’environnement, se gargarisent de leur capacité à démocratiser les produits bio grâce à leurs marques maison. D’après eux, chez eux, le bio n’est que 20 à 30 % plus cher en moyenne que les produits traditionnels, pas plus. « Entre 20 et 30 % plus cher, c’est bien ce que me disent les responsables des enseignes à chaque fois que je les rencontre », confirme Elisabeth Mercier, la directrice de l’Agence Bio. Cet organisme officiel relaie lui-même le chiffre de + 30 %, tiré d’une enquête de l’Inra datant de… 1998. Des bons gars que les gars de la GD et Hardiscounté, toujours près à aider la veuve et l’orphelin. Alors, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même « ils le font savoir aux chalands » Leclerc www.lebiomoinscher.com avec spot à la télé et la campagne de pub bio le moins cher du Bio de Leader Price http://www.lineaires.com/Distribution-et-magasins/Les-actus/Comparatif-Leader-Price-remet-le-couvert .

 

Donc tout va bien dans le meilleur des mondes sauf que les limiers de Linéaires sont partis sur le sentier de la guerre. Je vous livre leurs conclusions.

 

« Verdict après 656 comparaisons : + 72 %

 

Sur le terrain, pourtant, il est très courant de constater des écarts de prix très supérieurs. Linéaires a donc voulu en avoir le cœur net ! Nos journalistes se sont rendus dans quatre enseignes majeures (Leclerc, Carrefour, Intermarché et Géant Casino) qui sont aussi parmi les plus impliquées dans la vente de bio, notamment via leur offre MDD. Pour limiter tout biais d’interprétation, une sélection drastique a été opérée : n’ont été relevés que des produits conventionnels et bios strictement comparables en termes de marque, de recette et de format/conditionnement (voir méthodologie). 656 comparaisons de prix plus tard, le verdict est tombé : manger bio coûte en moyenne 72 % plus cher ! Le fameux seuil des 30 % n’est donc que foutaise.

 

Dans les rayons, à peine plus d’un produit bio sur cinq n’atteint pas ce cap, alors que près d’un sur trois dépasse les 90 % de différentiel ! 100 % d’écart sur les produits basiques et bataillés. Les + 72 % tirés de l’enquête sont d’autant plus crédibles que cette moyenne reflète des résultats globalement très homogènes, quel que soit le tri pratiqué : l’enseigne la moins chère propose un différentiel conventionnel/bio de + 62 %, idem pour la famille de produits la plus accessible (+ 57 %) ou la catégorie de marques.

 

Bien évidemment, plus un produit est élaboré ou plus il concentre une forte valeur ajoutée et plus le coût matière est dilué. Et donc le delta moindre entre conventionnel et bio. A titre d’exemple, le saumon fumé bio de Labeyrie n’est souvent guère plus de 20 % plus cher que l’équivalent standard. Idem pour une marque de confiture régionale haut de gamme, dont les prix au kilo sont déjà trois fois supérieurs à ceux du cœur du marché conventionnel. A l’inverse, on frise très vite les 100 % d’écart quand le référent est à la fois basique, bataillé en prix et de faible valeur faciale : moutarde, mayonnaise, pâtes, petits beurre, biscottes, etc. »

 

Nos amis de la GD&du Hardiscounté Réunis sont donc d’excellents joueurs de fluteaux pour attirer les gogos. Mais comme je l’écrivais dans une récente chronique, et ça s’applique aussi aux acheteurs de bio «Vendre du vent peut-être un art, en acheter, et souvent fort cher, relève parfois pour des décideurs censés savoir compter, d’une forme de thérapie pour conjurer l’angoisse du gardien de but au moment du pénalty. Le foirail fut, au temps des marchés physiques, un haut lieu de ce genre de sport « qui veut vendre un cheval aveugle en vante les pattes » dit la maxime enseignée par la tradition orale. Dans nos temps postmodernes, où les conseilleurs de tous poils et de toutes obédiences font florès, vendre du vent n’est plus un art mais une industrie. Attention le vent n’est pas du toc car en effet, même si celui-ci sonne le creux, son utilité est avérée : la montre plaquée or n’en reste pas moins une montre. En revanche, l’étude venteuse vous gonfle, vous bourre le mou, car elle est en général boursouflée, pleine d’air du temps, creuse. »http://www.berthomeau.com/article-le-bon-marche-detrousse-le-passant-ou-une-vieille-maxime-vaut-mieux-que-le-bla-bla-creux-de-bordeaux-management-school-sur-le-marche-du-vin-48883768.html.

 

Reste que, comme j’avais vivement regretté qu’il n’y eusse point de vin dans le précédent comparatif des caddies de Leader Price, et que j’en avais fait le reproche à ce cher JP Coffe http://www.berthomeau.com/article-y-a-t-il-une-bouteille-de-vin-dans-le-caddie-de-jp-coffe-et-ses-49-produits-essentiels-du-quotidien-chez-leader-price-48604283.html afin de me faire pardonner, et surtout pour conforter Robert dans ses doutes sur ma probité, je vous joins la présentation de la nouvelle collection vin de Leader Price faite par Aude Rebourcet. Que des vins de pays d’Oc. Je ne les ai pas expérimentés mais, pour une offre de hard-discount, dans cette catégorie de vins le positionnement prix est très positif par rapport à beaucoup d’AOC.

 

La sélection des vins de cépages

 

Mais entre nous qu’est-ce qu’un cépage ?

 

Le mot cépage désigne une variété de plant de vigne. Un même cépage peut donner un vin bien différent selon le sol sur lequel il a poussé, selon l’ensoleillement dont il a bénéficié, selon son rendement à l’hectare et selon ses méthodes de vinification. Ainsi 2 vins de même cépage peuvent être très différents.

 

Sauvignon : bourgeon de cassis, ananas, de la fraîcheur et du fruité

Chardonnay : noisette et agrumes, de la rondeur et de la fraîcheur.

Cinsault : petits fruits rouges et noirs, de la rondeur et de la fraîcheur.

Merlot : fruits noirs chocolat et menthe, un vin structuré et des tanins ronds.

Cabernet sauvignon : cassis, cerise et épices douces, un bel équilibre en bouche avec une belle structure.

 

CINSAULT

Une belle robe rose claire, un joli nez sur les fruits rouges et les fleurs rouges, la bouche est bien équilibrée avec une fraîcheur minérale. Idéal avec les salades, les grillades les pizzas et les pâtes.

12% vol.

1,89 la bouteille de 75cl. Soit au litre : 2,52

CABERNET SAUVIGNON

Une belle robe pourpre foncée. Le nez ouvert sur le cassis et les fruits rouges, la bouche est ample et fruitée. Un vin particulièrement agréable avec les viandes rouges et les fromages.

12,5% vol.

1,89 la bouteille de 75cl. Soit au litre : 2,52

MERLOT

Une belle robe violacée foncée. Le nez est typé sur les fleurs rouges, les fruits rouges et la menthe, la bouche est équilibrée et fruitée. Il révèle toutes ces richesses avec les viandes rouges et les fromages.

13% vol.

1,89 la bouteille de 75cl. Soit au litre : 2,52 14 - 15°

SAUVIGNON

Une belle robe or vert pâle. Un nez expressif sur le fruit de la passion, le cassis et les fleurs blanches, la bouche est vive et bien équilibrée. À déguster avec les volailles rôties, les poissons grillés et les fromages de chèvre.

12% vol.

2,15 la bouteille de 75 cl. Soit au litre : 2,87

CHARDONNAY

Une belle robe or vert clair. Les fruits secs et les fleurs blanches offrent un beau bouquet à ce vin, la bouche est parfumée avec une belle fraîcheur. Vous l’adorerez avec les viandes blanches, les poissons en papillote.

12,5% vol.

2,15 la bouteille de 75 cl. Soit au litre : 2,87

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 00:09

Dans les guides et les gazettes, ces dernières années, les vins sont de plus en plus souvent éclipsés par ceux qui les font, ou parfois par ceux qui disent qu’ils les font. Beaucoup de solistes donc, des têtes d’affiches, des noms qui font vendre, tous les ingrédients d’une forme bien modérée du culte de la personnalité. Moi-même j’y cède alors je ne vais pas égratigner mes confrères dont c’est le métier. Reste une question bien plus épineuse : celle du talent. Tous des virtuoses, rien que des Glenn Gould ou des Arturo Benedetti Michelangeli, pas si sûr mais tel n’est pas mon propos du jour. En effet, je vais descendre dans la fosse, pas aux lions mais celle de l’orchestre, là où le petit monde des interprètes, dans une certaine forme d’anonymat, fait, si je puis m’exprimer ainsi « bouillir la marmite »

 

Afin d’éviter de faire genre « j’étale ma culture comme de la confiture » l’image du peloton cycliste, avec ses porteurs d’eau, ceux qui font nombre, donnent au spectacle sa consistance peut aussi servir à éclairer mes nébuleuses réflexions. Si vous voulez bien me suivre je me lance :

 

1° Même si c’est une évidence je me permets de l’énoncer : pour faire du vin il faut d’abord cultiver du raisin, donc des hommes travaillant un vignoble en un lieu dit.

 

2° De ce premier constat, au début du XXe siècle, est né le système de l’Origine : AOS, AOC devenu via l’UE : AOP-IGP ; à partir de là il n’est pas possible de cultiver du raisin de cuves n’importe où, n’importe comment, même qu’il existe une délimitation parcellaire expertisée par des hommes de l’art.

 

3° Pour défendre cette origine les hommes se sont regroupés en Syndicat de Défense de l’Appellation pour laquelle l’adhésion n’était pas obligatoire mais depuis l’irruption des ODG tout le monde cotise.

 

4° De tout ce qui précède, pour reprendre mon image musicale, tous ceux qui cultivent la vigne dans le périmètre délimité ont entre les mains la même partition : ce que l’on appelle du vilain nom de cahiers des charges. Ça laisse la place à l’improvisation qui parfois peut aller jusqu’au n’importe quoi mais je ne m’aventurerai pas sur ce sentier glissant.

 

5° Bref, quand le raisin est mûr, et si possible sain, il faut le vendanger et à partir de cette cueillette deux voies sontouvertes : soit je fais mon vin, soit je le fais faire par un autre.

 

6° Je laisse de côté les solistes, sauf ceux qui font leur vin pour le vendre en vrac à ceux qui le vendront en bouteille.

 

7° Pour ceux qui s’adressent à un faiseur de vin je laisse de côté ceux qui vendent leurs raisins à quelqu’un qui en fera du vin pour le vendre en vrac ou en bouteilles pour ne m’intéresser qu’aux coopérateurs.

 

8° Nous y voilà : la coopé ! L’abomination de la désolation pour les gazetiers de toute obédience. Pensez-donc tous ces raisins mélangés, traités, sous-entendu maltraités, dans des cuves aussi hautes que celles des raffineries de Dunkerque, torturés, assemblés, bidouillés... j’en passe et des meilleures. Triquards, interdits de séjour, marqués au fer rouge, honteux, les vins de coopés devaient, la plupart du temps, se contenter de l’image du tout venant dans l’indifférence hautaine de la critique.

 

9° Sauf que l’autre jour, dans la très conservatrice RVF, que vois-je, n’en croyant pas mes yeux, accroupi dans ses vignes Jean-Louis Piton le président de Marrenon coopérative dans le Luberon. Oui, mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, un président de coopé cultive des vignes je puis en témoigner. Voilà bien une révolution que cette présence d’un éminent représentant de la coopération dans les pages glacées du saint des Saints du Vin.

M.Piton10° L’homme, cosignataire en 2001d’un brûlot genre « voilà ce qu’il faut faire pour ne pas prendre des claques en 2010», souffre pourtant d’un grave handicap : il est le Président d’une Union de coopératives. Déjà se taper le conseil d’administration d’une coopé ce n’est pas de la tarte mais assembler autour d’une table une poignée de présidents de coopé relève chez lui d’un goût immodéré pour la difficulté.

 

11° Revenons à Marrenon, sis à La Tour d’Aigues, son fondateur Amédée Giniès l’a créé pour hausser le vignoble du Luberon en AOC mais, comme le souligne JL Piton, « en plaçant la barre au-dessous des Côtes du Rhône, alors que ce vignoble recèle un potentiel qui peut l’amener dans la même cour que celle des Cairanne, Rasteau, Vacqueyras... » www.marrenon.com

 

12° Quel beau défi pour ces Côtes du Luberon, ce « chaînon manquant » entre la Provence toute rose et la vallée du Rhône toute rouge. Comme vous vous en doutez ce langage ça me plaît donc je suis allé cuisiner dans leur coin reculé JL Piton et son directeur Philippe Tolleret (ex Bob Skalli). Dieu qu’il faisait chaud !  reportage_021.jpg

13° Alors, en sirotant du Pétula rosé de la maison Marrenon, j’ai entendu des mots qui enchantaient mes oreilles : le vin d’abord, la ressource, la qualité recherchée, le produit comme il faut là où il faut... Tiens, tiens, le pilote dans l’avion Marrenon tient le cap fixé par le plan de vol, ou si vous préférez sous la baguette du chef d’orchestre les interprètes n’en plus qu’à leur tête.

vins-luberon-petula.png 

14° Tout ça vous paraît évident, dans l’ordre des choses mais, y compris chez certains solistes, ça n’allait pas de soi et ça continue de ne pas aller de soi. Faire du vin sur la base d’un engagement « syndical » a toujours provoqué chez moi un grand étonnement.

 

15° Alors, et c’est là mon propos du jour : je pense que face à la nouvelle donne du marché, sur tous les segments, dans toutes les formes de distribution, y compris le traditionnel, sur le marché domestique comme sur les marchés de pays émergeants, la carte « coopération » versus orchestre avec des « exécutants » - c’est le terme consacré - qui suivent la partition sous la baguette du chef  peut se révéler un plus pour des vignerons, une chance pour des territoires de faire entendre leur différence, loin de l’image du gros chaudron.

 

16° En effet, et je n’en fait pas un modèle mais l’une des voies que nous pouvons emprunter, des hommes sur un territoire créateur de valeur n’est-ce pas le préalable à une économie « équitable » où le prix du produit fini permet de rémunérer justement le producteur de raisin pour qu’il puisse vivre, et non survivre, investir dans son vignoble et ses méthodes culturales. « Passer le cap des 7 euros le litre permet de franchir la barre d’un réel retour de valeur dans le vignoble ». A l’heure où ces messieurs de la GD se bagarrent à coup de comparaisons bidouillées sur le Bio moins cher (le comparateur Leclerc www.lebiomoinscher.com et la campagne de pub bio le moins cher de Leader Price) il serait temps que les consommateurs sachent que « pour quelques centimes de plus » des producteurs pourront continuer de vivre dans ces pays que l’on trouve si beau lorsqu’on va en vacances avec les enfants.

 

17° Donc, très chers lecteurs, regardez aussi du côté des orchestres, petits ou grands, même des orphéons, observez l’évolution de leur répertoire, les efforts de leurs membres pour hausser leur niveau, la qualité du chef et, suprême contre-pied, admettre qu’un jour avec eux vous aurez pris votre pied. Du côté de Marrenon, ils avancent, ils avancent, avec leurs petits moyens financiers mais avec la volonté de laisser les ego aux vestiaires pour venir chatouiller les mieux établis.

 

18° Ce qu’ils font c’est déjà du bon et j’y vois l’un des signes de ce qui pourrait être la base d’un renouveau fondé sur des vins qui ont les pieds quelque part sans pour autant se complaire dans des styles compassés...

 

19° Et puis rien que pour embêter Michel et si la quintessence d’un grand Grenache voyait le jour en Luberon du côté de Marrenon ça couperait la chique à plus d’un ne croyez-vous pas ? Moi vous savez après avoir fait Lourmarin-La Tour d’Aigues-Lourmarin sur le siège du passager d’une moto avec un casque intégral sur la tête je suis prêt à affronter toutes les batailles d’Hernani...

 

20° Si vous n’avez pas bien saisi où je voulais en venir prière de consulter le service après vente de Vin&Cie qui se fera un plaisir de vous dépanner... 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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