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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 06:00

 

Avant le déluge - Manifestations

18 janvier 2014

 

Qui se souvient de Gabrielle Russier : mourir d'aimer, comprenne qui voudra ICI

actu-societe-Gabrielle-Russier.jpg

 

 

Lorsque le 22 septembre, notre normalien de Président, questionné par Jean-Michel Royer, sur ce qu’il était maintenant de bon ton d’appeler « l’affaire Russier », allait convoquer Paul Eluard pour jeter un étrange voile sur Gabrielle, délivrer, une brève et ambiguë, oraison funèbre : « Comprenne qui voudra… » lance-t-il.

 

 

 

En exergue de son poème, Eluard avait écrit : «  En ce temps-là pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On allait jusqu’à les tondre. »

 

 

 

Pompidou était prévenu, du poème d’Eluard filtre une émotion poignante :

​​​​​​​

Comprenne qui voudra

 

Moi mon remords ce fut

 

La malheureuse qui resta

 

Sur le pavé

 

La victime raisonnable

 

A la robe déchirée

 

Au regard d’enfant perdue

 

Découronnée défigurée

 

Celle qui ressemble aux morts

 

Qui sont des morts pour être aimés                

 

Une fille faite pour un bouquet

 

Et couverte

 

Du noir crachat des ténèbres

 

Une fille galante

 

Comme une aurore de premier mai

 

La plus aimable bête

 

Souillée et qui n’a pas compris

 

Qu’elle est souillée

 

Une bête prise au piège

 

Des amateurs de beauté

 

Et ma mère la femme

 

Voudrait bien dorloter

 

Cette image idéale

 

De son malheur sur terre.

Aujourd’hui c’est « Avant le déluge » (1954)

 

Avant le déluge de André Cayatte (1954) - Unifrance

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour coller quelque peu à l’actualité qui nous parle à tout bout de champs de la guerre nucléaire à venir ou non et vous faire savourer ce qu’était la fameuse « qualité française »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Au début des années 1950, la guerre de Corée implique la France en tant qu'adhérente à l'ONU. Cinq jeunes gens suivent le mouvement de panique générale, dû au risque de guerre nucléaire. Ils projettent d'aller se réfugier sur une île perdue de l'océan Pacifique. Pour se procurer l'argent nécessaire à leur voyage, à l'insu de leurs parents, Daniel Epstein, Jean Arnaud, Philippe Boussard, Richard Dutoit et Liliane Noblet commettent un cambriolage qui tourne mal : Jean tue accidentellement le veilleur de nuit…

 

 

Réalisation

 

 André Cayatte

 

Romancier, avocat, cinéaste, scénariste et/ou dialoguiste André Cayatte est une forte et dérangeante personnalité du cinéma français.

 

Son idée première est celle d'un cinéma interpellant les masses sur des problèmes de société.

 

C’est ainsi qu’il réalise un cycle au cours duquel il analyse les rouages et les enjeux de la justice à ses différentes étapes. En 1950 « Justice est faite », film montrant un jury d'assises prisonnier de ses préjugés, « Nous sommes tous des assassins » 1952, plaidoyer sur l'inefficacité de la peine de mort, « Avant le déluge » 1954, essai sur ce qui pousse la jeunesse à se retourner contre la société, « Le Dossier noir » 1955, qui traite des faiblesses inhérentes à l'instruction. Le résultat est un succès populaire, une citation parmi les quinze cinéastes français qui comptent.

 

Il est aussi à l’origine d’une évolution du cinématographe vers le genre télévisuel, tel qu'il se voit aujourd'hui dans les enquêtes d'actualité. Après divers problèmes  dérangeant les autorités et l’empêchant de tourner un film sur « l’affaire Seznec »

 

Il continue au cinéma jusqu'en 1978, puis à la télévision, à filmer des problèmes de société, voire des sujets d'actualité, comme l'ostracisassion d'un enseignant accusé de pédophilie, cas parmi bien d'autres de délation abusive qu'a eu à défendre Me Cornec « Les Risques du métier » 1967 avec Jacques Brel ou encore l'affaire Gabrielle Russier, une enseignante amoureuse d'un de ses jeunes élèves « Mourir d'aimer » 1971) avec  Annie Girardot. En 1969, ce cas avait interrogé l'inhumanité d'un système judiciaire zélé, pratiquant la peine de mort par suicide, jusqu'au Président de la République qui avait commandé une enquête et terminé une conférence de presse par cette unique citation d’Eluard « Moi mon remord ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdu, celle qui ressemble aux morts, qui sont morts pour être aimés » .

Truffaut qualifiait le cinéma de Cayatte, avec un certain dédain de film à thèse. Mais les films à thèse, enchantaient cette époque - l’enfance de Ciné papy – d’où le succès public de ce cinéaste qui nous amenait à sortir des sentiers battus. À la sortie de la messe du dimanche on se précipitait sur l’affiche de la critique catholique cataloguant les films allant du « Pour tout public » à « A éviter » en passant par « Pour adultes avertis »

 

Jacques Chabassol, Clément Thierry, Roger Coggio et Jacques Fayet dans Avant le déluge, d’André Cayatte (1952).

Qui fait quoi ?

 

Antoine Balpêtré :                  Monsieur Albert Dutoit

 

Nul, mieux que l’article que lui consacre Wikipédia ne dira la belle et bonne carrière de cet acteur plébiscité en son temps. En outre elle illustre parfaitement cette banale remarque : Il tourna avec les plus grands.

 

Après un Premier Prix au Conservatoire en 1919, il est engagé au Théâtre de l’Odéon avant d’entrer à la Comédie-Française en 19342. Il y enchaine les rôles et est l'interprète de Molière, Pirandello, Hugo, Racine, Edmond Rostand, Shakespeare, Paul Claudel et de bien d'autres auteurs.

 

Au cinéma, après cinq films tournés dans les années 1930, il figure sous l’Occupation dans quelques-uns des films les plus marquants de l'époque : « La Main du diable » 1942 de Maurice Tourneur « L'assassin habite au 21 » 1942 et « Le Corbeau » 1943 de Henri-Georges Clouzot films produits par la firme allemande Continental. Cela lui vaut d’être emprisonné pendant quelques mois à la Libération et d’être révoqué de la Comédie Française. Ensuite, il apparait notamment dans « Justice est faite » 1950 et « Nous sommes tous des assassins » 1952 d’André Cayatte, « Le Plaisir » de Max Ophüls 1952, « Le Rouge et le Noir » 1954 de Claude Autant-Lara, « Katia » 1959 de Robert Siodmak. Sur scène, il trouve l’un de ses derniers rôles dans La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams.

 

Paul Bisciglia :           Jean-Jacques Noblet

 

Ce prolifique comédien, spécialisé dans des seconds rôles, a près de 200 films à son actif. On le retrouve souvent dans des personnages souvent gouailleurs, tel le comédien marié à Micha Bayard en quête de rôles dans « Le Cinéma de papa »1971  de Claude Berri. Il était également le jeune marié dans « Les Vieux de la vieille » 1960 de Gilles Grangier, le curé dans « Hibernatus » 1869 d'Édouard Molinaro, un Français moyen dans « On a retrouvé la septième compagnie » 1975 de Robert Lamoureux et le bagagiste dans « L'Aile ou la cuisse » 1976 de Claude Zidi.

 

Homme de théâtre, il a notamment participé à la création ou à la reprise de plusieurs pièces de Jean Anouilh.

 

On l’a déjà rencontré dans « Un témoin dans la ville » 1959

  

Bernard Blier :                  Monsieur Marcel Noblet

 

Ras le bol ! N’en jetez plus la cour est pleine ! Ciné papy a beau avoir une passion voir une grande tendresse pour les acteurs le père de Bertrand Blier me colle aux charentaises comme le sparadrap du Capitaine Haddock. Preuve s’il en était d’une magnifique et longue carrière s’étalant de 1936 à 1980 avec d’innombrables films devenus cultes. Pour en savoir un peu plus, sans courir vers l’abondant article de Wikipédia.

 

Before the Deluge (1954) - IMDb

Marina Vlady :                  Liliane Noblet

 

Nous l’avons déjà rencontrée dans « Les bonnes causes »1963

 

Quand elle tourne « Avant le déluge » elle a déjà 12 films à son actif en cinq ans de carrière.

 

Elle a à peine seize ans.

 

Avec un tel pedigree elle se sent devenir et s’avance comme telle sur le plateau. Las, l’accueil de Cayatte et, précise-t-elle, de l’ingénieur du son, est effroyable pour elle et les autres jeunes acteurs de la bande pendant toute la scène du procès. Elle poursuit : « Je crois que Cayatte avait manigancé ce plan de travail pour obtenir le maximum de tension chez ses jeunes interprètes. Il y avait réussi et même bien au-delà. »

 

Ils reçurent le Prix de la Critique au Festival de Cannes. Mais elle ne fut pas autorisée à assister à la projection : le film, jugé trop noir, était interdit… aux moins de 16 ans !

 

Jacques Chabassol :               Jean Arnaud

 

Petite carrière pour cet acteur qui ne participa qu’à 8 films.

 

Après avoir travaillé sous la direction d'André Cayatte, de Julien Duvivier ,de Marcel Carné, de Georges Lautner et de Gilles Grangier,  il quitte les plateaux en 1963 et devient restaurateur

 

Roger Coggio :                  Daniel Epstein

 

Membre de la troupe du TNP de Jean Vilar, il réalisa notamment l'adaptation des Fourberies de Scapin de Molière. Acteur et réalisateur, il se passionna pour « Le Journal d’un fou » d’après l’œuvre de Nikolaï Gogol qu’il interpréta dans diverses version et qu’il monta plusieurs fois Il partagea la vie de Pascale Audret, Élisabeth Huppert et Fanny Cottençon, avec qui il eut un fils.

 

Jacques Castelot :                   Serge de Montessan

 

Acteur de théâtre et de cinéma, il est le frère de l'historien André Castelot. (Animateur de l’émission historique « La Caméra explore le temps » à la télévision.

 

Il a joué dans plus de 80 films entre 1937 et 1988, interprétant souvent des rôles d'aristocrate. Au théâtre, il a notamment créé Les Mains sales de Jean-Paul Sartre et Ardèle ou la Marguerite de Jean Anouilh.

 

Paul Frankeur :                Monsieur Boussard

 

À Saint-Germain-des-Prés, il côtoie Jacques Prévert et Maurice Baquet et se lie au groupe Octobre.*

 

Il tournera dans plus de quatre-vingts films en France et en Italie.

 

Il partageait avec Jean Gabin et Lino Ventura la passion de la bonne chère. La solide amitié qui le liait à ces deux grands acteurs se traduisit par une présence commune dans de nombreux films, parmi lesquels plusieurs classiques. Paul Frankeur reste une figure attachante du cinéma, dans des seconds rôles où sa justesse d'interprétation lui valait d'être distingué. Par son timbre de voix, reconnaissable entre mille, il affirmait sa présence à l'écran.

 

On se souviendra de lui dans « Marie Octobre »  1959 voir fiche et/ou dans l’impeccable « Un singe en hiver » 1962 de Verneuil ou encore  « Le Deuxième Souffle » 1966 de Jean-Pierre Melville

 

* Déjà plusieurs fois évoqué dans les fiches ; Il faudra trouver une opportunité pour fournir explications et dire l’importance de ce groupe issu de « l’agit-prop » des années trente.

 

Isa Miranda :                           Madame Françoise Boussard

 

Une vie cabossée par divers accident pour cette belle actrice italienne.

 

En 1934, elle tourne dans le film de Max Ophüls « La Dame de tout le monde », un succès qui fait d'elle une vedette. Cela lui permet de tourner ensuite avec quelques grands réalisateurs européens et d'espérer une carrière à Hollywood. Elle signe en effet un contrat avec la Paramount en 1938, pour jouer dans « Zaza » 1939 de George Cukor, mais doit y renoncer après un accident de voiture. Elle tourne ensuite deux films qui n'ont pas de succès, et rentre en Italie.

 

La suite de sa carrière en Europe est cependant brillante : elle y tourne à nouveau avec certains des plus grands réalisateurs du continent. Son rôle dans « Au-delà des grilles » de René Clément lui vaut le prix d'interprétation féminine au festival de Cannes de 1949.

 

Line Noro :                         Madame Arnaud

 

Actrice de rôles de composition, spécialisée aussi dans les « rôles de pleureuses », elle a joué au cinéma dans une cinquantaine de films entre 1928 et 1956, parmi lesquels : « Pépé le Moko » 1937 de Julien Duvivier Goupi « Mains Rouges » 1943 de Jacques Becker « La Symphonie pastorale » 1946 de Jean Delannoy ou encore « Meurtres ? » 1950 de Richard Pottier.

 

Marcel Pérès :                   l'inspecteur Mallingré

 

Il joue dans huit des films de Jean-Pierre Mocky. Au théâtre, Jean Anouilh fait souvent appel à lui, on le voit notamment dans Le Rendez-vous de Senlis, L'Invitation au château, Ardèle ou la Marguerite4, Eurydice et Antigone.

 

Il enchaîne quelques chefs-d'œuvre, comme « Goupi Mains Rouges » 1943  de Jacques Becker, « Les Enfants du paradis » de Marcel Carné en 1945, ou « Justice est faite » d'André Cayatte en 1950.

 

Albert Rémy :                    le garçon de café

 

Il débute au cirque, puis au théâtre en tant que décorateur et metteur en scène4 avant de devenir comédien. Parmi ses films les plus notables, on peut citer « Les quatre cents coups » 1959 de François Truffaut ou « Le Train » 1964 de John Frankenheimer où il joue aux côtés de Burt Lancaster, Michel Simon, Jacques Marin, Suzanne Flon et Jeanne Moreau.

 

André Valmy :            l'autre inspecteur de police

 

André Valmy fréquente le groupe Octobre : Yves Montand, Simone Signoret, et Gérard Philipe, avec qui il tourne dans la baie de Somme dans « Une si jolie petite plage » 1949. André Valmy, joue beaucoup au théâtre, pour les plus grands metteurs en scène (Raymond Rouleau, Jean-Louis Barrault, Jean Vilar). Il se considère plutôt comme un acteur instinctif. André enchaîne les rôles de flics et de gangsters pour la télévision et le cinéma Mauricet dans « Le Gorille vous salue bien » 1958 de Bernard Borderie avec Lino Ventura, Lucas dans « Maigret tend un piège » 1958 de Delannoy avec Jean Gabin).

 

Maria Zanoli :            Madame Dutoit

 

Elle fait ses vrais débuts au cinéma avec Renato Castellani dans « Zazà » 1944 et a joué dans une soixantaine de films jusqu'en 1961, travaillant, entre autres, avec des réalisateurs tels que Mario Mattoli, Julien Duvivier, Federico Fellini et Luchino Visconti.

 

Gérard Blain :            le lycéen bagarreur

 

Une carrière de 82 films pour cet acteur à la personnalité affirmée. Il est considéré par certains comme un «anarchiste de droite» pour son anticonformisme éthique.

 

À ne pas confondre avec Roger Blin (que nous avons vu dans « Entrée des artistes » 1938)

 

Pour mettre une tête sur le nom de Gérard Blain, souvenez-vous, il faisait partie du trio de « Hatari !» 1962 de Hawks avec Hardy Kruger et l’incontournable John Wayne sans oublier la belle et pleine d’humour Elsa Martinelli. Mais celle-là impossible de l’oublier.

 

Jean Yanne :               un lycéen

 

Né en 1933 notre plus qu’éclectique * Yanne national a 21 ans lors du tournage et 3 films derrière lui.

* Il fut : homme de radio, journaliste, acteur de cabaret, homme de cinéma ( acteur – metteur en scène – producteur – scénariste), Écrivain de scénarios et dialogues de BD, romancier

   

Christian Brocard :

 

Second rôle du cinéma français, il a joué dans plus de cinquante films dont « Si Versailles m'était conté »  1954 de Sacha Guitry,« Les Diaboliques » 1955 de G.H. Clouzot,« Ascenseur pour l'échafaud »  1958 de Louis Malle« Les Quatre Cents Coups » 1959 « La Grande Vadrouille » 1966 de Gérard Oury

 

Jacques Duby:            un manifestant

 

En voilà un qui n’a été qu’acteur dans sa longue carrière, mais quel acteur !

 

Le grand public le découvre notamment grâce au rôle de Camille Raquin qu'il interprète dans le film « Thérèse Raquin » 1953 de Marcel Carné.

Mais c'est à la scène qu'il doit sa notoriété en se faisant remarquer par sa verve dans des pièces de dramaturges de premier plan. Il crée « Voulez-vous jouer avec moâ ? »de Marcel Achard, « L'Œuf » de Félicien Marceau, « Les Oiseaux de lune » de Marcel Aymé, « La Logeuse » de Jacques Audiberti que du beau monde !

 

Le 1er octobre 1968, il apparaît dans la première publicité de marque à la télévision française.

 

Au cinéma, s'il ne tient que des seconds rôles, il a l'opportunité d'être dirigé par des réalisateurs de renom comme André Cayatte ou Julien Duvivier.

 

Cependant, au début des années 1970, sa carrière cinématographique s'appauvrit au profit de la scène où il continue d'obtenir de beaux succès (dopés par la collection télévisée Au théâtre ce soir), fidèle au répertoire de grands auteurs : Félicien Marceau, Jean Anouilh, Eugène Ionesco... En 1971, il joue encore le rôle de Valentin - 16 ans après sa création - dans l'adaptation télévisuelle de Les oiseaux de lune avec Claude Jade et Pierre Arditi, encore réalisé par André Barsacq.

 

En raison de son flegme, il était surnommé « l'Alec Guinness français », notamment lors de la création de la pièce de théâtre L'Œuf de Félicien Marceau en 1956 où le critique Robert Tréno du Canard enchaîné écrit : « Si le cinéma français se mettait un jour à avoir autant d’humour qu’en a parfois le théâtre, nous aurions notre Buster Keaton, nous aurions notre Alec Guinness. C’est indubitable ! »

 

Paul Faivre:                 Eugène

 

Paul Faivre interpréta des rôles de grand-père (Les Grandes Vacances, Le Grand Restaurant, Archimède le clochard, Les Vieux de la vieille, Une aussi longue absence…). Entre 1931 et 1967, il a joué dans 180 films (vingt-huit d'entre eux ont été réalisés par André Berthomieu).

 

Jacques Marin:          l'ouvrier à bicyclette

 

Ancien élève du Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, sa carrière cinématographique démarre vraiment en 1951 grâce à son rôle dans Jeux interdits. Il ne tourne pas moins de 18 films avec son ami Jean Gabin.

 

Physiquement proche du stéréotype français, avec sa rondeur bougonne et sa moustache en brosse, il a joué dans de nombreuses productions américaines. Il maîtrise en effet parfaitement l'anglais, grâce à son épouse Patricia Hutchinson. Cela lui permettra d'approcher de nombreuses stars, telles que Marlon Brando, Audrey Hepburn, Cary Grant, Errol Flynn, Orson Welles, Burt Lancaster, Julie Andrews, Dustin Hoffman, Michael Caine, Anthony Quinn... Il doublera également de nombreux films américains en français, et notamment des dessins animés de Walt Disney.

 

En 1963, il joue le rôle du père dans la première réalisation de Claude Berri, « Le Poulet », qui sera récompensée par une distinction au festival de Venise et un Oscar à Hollywood.

Il a joué aussi dans de nombreuses pièces de théâtre, diffusées à la télévision dans Au théâtre ce soir, et dans des séries télévisées comme Les Cinq Dernières Minutes.

 

Les cinéphiles le reconnaîtront dans le rôle de l'épicier collaborateur dans « Mais où est donc passée la septième compagnie ? »1973 (Merci Wikipédia)

 

Lucien Raimbourg :              un paysan

 

Raimbourg est un nom qui dit quelque chose aux cinéphiles puisque c’était l’état civil de Bourvil dans la vie quotidienne. Lucien est également cousin d'André Raimbourg auprès de qui il ne joua que dans un seul film, « Sérénade au Texas » 1958, cependant sans scène ensemble.

 

Comme pour beaucoup de comédiens de cette époque, c'est surtout le théâtre qui est sa véritable passion. Il se produit au TNP, il participe à la création de En attendant Godot de Samuel Beckett, et joue des rôles du répertoire classique (Corneille, Molière, etc.)

Et si pour une fois on parlait musique

 

Aujourd’hui c’est Georges van Parys compositeur français de musique de film, d'opérette et de musique légère. Il a marqué son époque par des chansons populaires à l'image de sa personnalité : un musicien de Paris. Sa carrière s'étend des années 1930 aux années 1970 lors des quelles il signa près de 300 musiques de film.

 

Plusieurs de ses compositions deviennent des standards de la chanson française telles « Comme de bien entendu » chantée par Arletty et Michel Simon, « C'est un mauvais garçon » « chantée par Henri Garat, « La Complainte de la butte » chantée par Cora Vaucaire, « La Complainte des infidèles » chantée par Mouloudji, etc. La liste de ses interprètes est vertigineuse. Parmi eux, Danielle Darrieux, Albert Préjean, Damia, Fréhel, Maurice Chevalier, Georges Brassens, Ginette Garcin, et plus récemment Patrick Bruel, Rufus Wainwright, Hélène Ségara, etc.

 

Sans oublier les scénaristes

 

André Cayatte et Charles Spaak.

 

Avec Jacques Prévert, Charles Spaak est un des plus importants scénaristes du cinéma français des années 1930 et 1940. Nous les avons déjà rencontrés dans plusieurs fiches.

 

Charles Spaak est le frère de Paul-Henri Spaak, qui sera premier ministre de Belgique est grand européen. Il est aussi le père de la ravissante Catherine Spaak actrice qui fit l’essentiel de son abondante carrière en Italie dont elle finit par acquérir la nationalité.

 

Ni le dialogue :

 

Charles Spaak  - voir ci-dessus

 

L’air du temps                  La censure

 

Wikipédia nous dit : À sa sortie, le film rencontre des problèmes avec la censure qui lui reproche de mettre en scène des adolescents criminels et de montrer un antisémitisme caricatural dans la société française qui donnerait une mauvaise image de la France à l'étranger. C'est pour ces raisons qu'une interdiction initiale aux moins de 16 ans lui est attribuée.

 

Pour atténuer ces griefs le carton explicatif suivant est ajouté au début du film :

 

    « Tous les personnages mêlés à l'histoire qui va vous être racontée sont imaginaires. À travers une intrigue aussi exceptionnelle, les auteurs n'ont voulu, ni tracer un portrait de la jeunesse française, ni montrer que les préjugés raciaux sont répandus en France. Heureusement, un tel drame ne s'est jamais déroulé mais, dans les circonstances évoquées par le film, il aurait pu se produire... et c'est dans cette mesure qu'il est soumis à votre réflexion. »

 

 

Pax

 

Prochainement « Voici le temps des assassins »

André Cayatte, les risques du métier - rts.ch - Carrefour-Soir Information

Redécouvrir André Cayatte, le cinéaste-plaidoyer ICI

 

La rétrospective André Cayatte, très suivie, fut l’un des temps forts du 11e Festival Lumière, en octobre dernier à Lyon. Une belle manière de rendre justice à cet ancien avocat qui se tourna vers le cinéma et fut considéré, à tort, comme un réalisateur démonstratif de « films dossiers » sur les institutions de la France des Trente Glorieuses. Car le cinéma de Cayatte était, et reste, un passionnant cinéma du regard, comme le prouvent deux de ses plus beaux films, Nous sommes tous des assassins (1952) et Avant le déluge (1954), désormais disponibles en Blu-ray.

 

Qui regarde, donc qui juge ? Voilà la grande affaire d’André Cayatte. Après, donc, une courte carrière au barreau dans les années 1930, où il plaidait toujours contre la peine de mort, il comprit que la caméra, peut-être, serait plus efficace qu’une robe noire pour traquer les failles du système judiciaire, creuser l’humanité des prévenus, mais, aussi, rappeler les péchés, non confessés, d’une certaine France d’après guerre. Ainsi, après la fin du mélodrame judiciaire Nous sommes tous des assassins (1952) avec un bouleversant Mouloudji, la voix d’un prêtre humaniste qui s’adresse à chaque condamné à mort résonnera longtemps dans nos consciences. À chacun, en effet, il rend sa dignité avec cette phrase bouleversante : « Tu es unique. »

 

Dans Justice est faite, deux ans auparavant (disponible en DVD chez Gaumont à la demande), c’est l’euthanasie (déjà) qui est au banc des accusés en la personne d’une « étrangère » et, grâce à un casting épatant de jurés (dont le délicieux Raymond Bussières en garçon de café qui s’interroge), Cayatte livre une peinture, certes didactique mais d’une grande justesse, des motivations de ceux qui finissent par livrer un verdict hypocrite. On pense sans cesse à 12 Hommes en colère, de Sidney Lumet, mais, hélas, sans le courage citoyen de Henry Fonda…

 

 

 

Choc encore plus grand devant Avant le déluge (avec Marina Vlady en fille de Bernard Blier, magnifique) réalisé en 1954. Quatre adolescents issus de la bourgeoisie se retrouvent en cour d’assises – un flash-back revient sur les événements qui les ont amenés à tuer. La menace d’une troisième guerre mondiale plane, et c’est aussi la vie de leurs parents respectifs qui poussent ces jeunes à rêver d’ailleurs, et à fuir cette triste France qui pourrit entre idéalisme aveugle, spéculation, relents de guerre d’Indochine, de déportation ou d’antisémitisme. Quand la fin du monde et la guerre nucléaire paraissent proches, que les pères et les mères sont trop occupés à défendre leurs finances, leurs idéologies rances ou leurs coucheries extra-conjugales, comment tourne la jeunesse ? Mal, monsieur le procureur, forcément mal… Les héros d’Avant le déluge sont coupables mais pas responsables, même si ce film étonnamment noir les filme plongeant dans la barbarie. Avec ses dialogues puissants coécrits par Cayatte et Charles Spaak, Avant le déluge est une démonstration implacable.

 

François Truffaut, qui détestait son œuvre, avait écrit à son égard cette perfidie cinglante : « C’est une chance que Cayatte ne s’attaque pas à la littérature, il serait capable à l’écran d’acquitter Julien Sorel ; Emma Bovary en serait quitte pour la préventive… » Le futur réalisateur des Quatre Cents Coups ne croyait pas si bien dire. Car si, avec André Cayatte, la salle de cinéma se transforme en prétoire, c’est celle d’une cour d’appel… à plus d’humanité.

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