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8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 06:00

Consultation d'un druide

Titre accrocheur s’il en est puisé à la source de Vitisphère sous la signature d’Alexandre Abellan.

 

Bordeaux sera toujours Bordeaux, « sûr de lui et dominateur » aurait dit la grand Charles, ce grand lac de vin vit aujourd’hui le désamour des consommateurs, à la manière du gros rouge qui tache du Midi dans les années 70-80, nom de code : Bordeaux-bashing.  

 

Un peu simpliste comme analyse attribuant à une main invisible malveillante les malheurs du tonneau de Bordeaux se trainant dans le ruisseau à 750 €.

 

Le consommateur a toujours raison me disait-on à l’époque où les français se sont rués dans les allées de la GD laissant sur le flanc les petits commerçants de quartier. Ils n’ont eu que leurs yeux pour pleurer sauf qu’à l’heure actuelle le balancier s’est inversé, le commerce de proximité a, de nouveau, le vent en poupe, les grands de la GD font le trottoir dans les villes et les achats en ligne déplument les hypermarchés carbonés.

 

Bref, dans l’entre soi bordelais, sous la houlette des « têtes d’œufs » du CIVB, loin des folies des GCC, Bernard Farges et Allan Sichel, viennent de présenter à leurs troupes hésitant entre colère et résignation, le nième  plan d’actions pour répondre aux difficultés commerciales actuelles du vignoble et préparer sa revalorisation pour l'avenir.

 

Françoise Giroud, qui avait la dent dure, déclara en 1974, à propos du maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas, « On ne tire pas sur une ambulance » ICI, je me contenterai donc, charitable que je suis, de qualifier ce papier d’à côté de la plaque.

 

Un morceau remarquable de cette indigence :

 

« Mettant sur la table son plan d’action, le CIVB se veut un outil de soutien à la promotion sur le terrain, comme l’indique Julie Rambaud-Texier, sa directrice marketing. Visant une humanisation des opérateurs bordelais, l’interprofession prend comme « fil rouge » la tournée des vins de Bordeaux (avec chaque année une édition collective et nationale début mars et des versions réduites par groupes d’appellations bordelaises). Souhaitant se renforcer sur le marché girondin (« on ne peut gagner la bataille de l’image des vins de Bordeaux si l’on ne gagne pas le match à domicile » souligne Julie Rambaud-Texier), le CIVB continue de prospecter l’export avec un format événementiel de "Bordeaux days" (des journées de séminaires sur 6 marchés prioritaires, pour viser 200 professionnels par journée dans 13 villes), d’innover dans ses supports de communication (avec un film en réalité virtuelle) et de recruter de nouveaux ambassadeurs (comme avec l’influenceuse du Rouge Aux Lèvres). »

 

L’humanisation des opérateurs bordelais, et l’influenceuse Rouges Aux Lèvres, mais de qui se moque-t-on ?

 

Des vignerons pour sûr, comment peut-on mettre sur la table, pour séduire les consommateurs, « rendre la filière attractive » (sic), se raccrocher aux marchés, des propositions purement cosmétiques. Les nouveaux consommateurs qui ont fui les vins de Bordeaux ne l’ont pas fait parce que les opérateurs bordelais n’avaient pas d’âme, mais parce que le produit présenté ne leur plaît pas, et ce n’est pas avec une « influenceuse » payée par le CIVB, faisant de la réclame sur Instagram, face de bouc ou autre réseau social, qu’on va les convaincre de tremper à nouveau leurs lèvres dans un ballon de rouge bordelais.

 

Fort bien me direz-vous, mais alors : que faire ? Que proposer ?

 

Mes réponses sont simples : j’ai déjà donné, suis pas qualifié, retiré des voitures je me contente de boire des jus qui me plaisent, quand la forme prend le pas sur le fond elle touche le fond, avec l’espoir secret de remonter à la surface.

 

Un seul conseil aux têtes d’œufs du CIVB : allez-donc traîner vos escarpins ou vos Richelieu dans les bars à vin, y’en a sûrement plein à Bordeaux, ça vous fera le plus grand bien, ça aérera vos neurones confinés dans des recettes formatées, ça vous permettra de sortir des sentiers battus et de donner une nouvelle jeunesse aux petits vins de Bordeaux.

« Notre enjeu, c’est susciter la demande en étant attractif auprès du consommateur » indique Allan Sichel. - crédit photo : CIVB

La boîte à outils des vins de Bordeaux pour se raccrocher aux marchés sans arracher ICI

Jeudi 04 novembre 2021 par Alexandre Abellan

 

https://www.consoglobe.com/wp-content/uploads/2015/10/druide_shutterstock_1058625014.jpg

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commentaires

J
Véridique constatation : les "petits" bordeaux ont disparu de mes achats : vendus jeunes beaucoup trop âpres à mon goût. Et je n'ai pas les moyens pour des "grands" bordeaux.
La diversité de l'offre pallie ce désamour.
Bonne journée
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