Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 octobre 2021 4 21 /10 /octobre /2021 00:06

Assiette de spaghettis pour un.

"Le repas fait maison d'une personne, avec du levain auto-cuit sera le KFC d'une autre, ou encore quelque chose sur du pain grillé d'une autre." Photographie : Romas Foord/The Observer

Bashung toujours, dans la tête…

 

Et il vaut mieux lire la presse anglaise plutôt que la nôtre, on évite de mauvaises rencontres, tel l’odieux Zemmour le nouveau sauveur de la France éternelle…

 

« Je me souviens quand on cherchait quelqu’un pour le “non” dans les débats sur le référendum européen, on avait pensé à lui, mais Aphatie n’était pas d’accord. » « On m’a proposé de faire une télé pour comparer Trump et Zemmour, j’ai refusé. » « Je ne suis pas sûr qu’il se maîtrise autant qu’il le prétend. » « Au Figaro, il ne partageait rien avec personne, à part son bureau avec Ivan Rioufol. » « Il n’est pas désagréable du tout. Il est puant, mais charmant. » « Assis à côté de lui pendant une conférence de presse de Sarkozy, j’avais l’impression qu’il commentait le match. » « Il n’a jamais dirigé la moindre équipe, pas même lui-même. » « Je ne l’aimais déjà pas en journaliste, alors en politique… » « On ne l’a jamais vu en conférence de rédaction. » « Il y a dix ans, il pouvait encore prendre le métro. » « Il n’était pas du tout en lutte contre la parole politique. » « Heureusement que je n’ai jamais déjeuné avec lui. »

Société.

 

Les plaisirs sous-estimés des repas en solitaire ICI 

 

Manger seul n’est pas nécessairement triste, assure cette journaliste britannique dans The Guardian, alors que les recettes pour une personne se multiplient. Les confinements liés à la pandémie de Covid-19 ont provoqué une prise de conscience. Mieux encore, les repas en tête-à-tête avec soi-même peuvent même être libérateurs : c’est le moment où jamais de n’écouter que soi.

 

 Medi

 

« Pour nous, c’est une crise de solitude. Pour les Français, c’est une crise du savoir-vivre; pour les Chinois, une crise familiale. Partout dans le monde, on pense qu’il est mieux de manger à plusieurs, et que manger seul n’est pas normal », analyse Mukta Das, anthropologue à la School of Oriental and African Studies de l’université de Londres. Elle se passionne pour les changements d’habitudes qui entourent le repas : ce qui était autrefois un moment convivial et partagé s’est transformé en une activité souvent solitaire.

 

Au Royaume-Uni, 8 millions de personnes vivent seules et, d’après l’indicateur de bien-être publié en 2019 par [Oxford Economics], près d’un tiers des adultes britanniques mangent seuls « à chaque repas ou presque ». Le confinement a sans doute accentué ce phénomène, puisque les personnes qui vivent seules n’avaient alors pas d’autre choix que de manger en solitaire. Mais l’évolution s’est amorcée il y a longtemps déjà, précise Mukta Das, à la faveur de « la transformation de notre société, jusqu’alors centrée sur la famille, vers une culture plus individualiste ».

 

Confinement et “cookie solo”

 

Elle détaille : « Le déclin du mariage, la baisse du taux de natalité, la hausse des divorces, les contraintes de la vie de bureau, l’allongement de l’espérance de vie… Tous ces facteurs socio-économiques et démographiques ont entraîné la modification [de nos habitudes alimentaires] et suscité une impression de crise dans la plupart des sociétés qui considèrent les repas en famille comme une institution. »

 

Comment le fait de manger seul influence-t-il notre perception du repas, et le plaisir que nous y prenons?

 

La pandémie a souvent exacerbé notre rapport à la nourriture. Ceux qui se sont confinés avec leur famille ou leurs amis ont sûrement partagé avec eux leurs trois repas quotidiens, tandis que ceux qui vivaient seuls mangeaient chaque jour en solitaire. Dans les deux cas, les repas sont souvent devenus les temps forts de la journée.

 

Quand le confinement s’est prolongé, des recettes pour cuisiniers solitaires ont commencé à voir le jour, la plus célèbre d’entre elles étant sans doute le cookie solo de Nigella Lawson. « J’adorais choisir une recette, prendre le temps de soigner la présentation, m’a confié un ami qui s’est confiné seul. Je viens d’une famille nombreuse, et chez nous les repas ont toujours été l’occasion de passer du temps ensemble. J’ai donc été surpris de découvrir à quel point j’aimais me retrouver en tête à tête avec mes plats. »

 

Faire son pain ou manger KFC

 

D’après Mukta Das, le confinement a transformé notre perception des repas en solitaire. « [Nous nous sommes] rendu compte que la solitude peut parfois être salutaire et revigorante. »

 

Aujourd’hui encore, manger seul est parfois considéré comme un déshonneur, explique l’autrice et historienne de la gastronomie Bee Wilson.

 

Quand on représente des personnes heureuses autour d’un repas, on montre souvent de grandes réunions familiales. J’ai peur que cela accentue le sentiment de solitude que peuvent ressentir les personnes qui mangent seules.”

 

Pour illustrer ses propos, Bee Wilson raconte ses repas en solitaire dans les premiers mois qui ont suivi son divorce, lorsque ses enfants étaient chez son ex-mari. « Au début, quand je cuisinais juste pour moi, je trouvais ça terriblement sinistre et triste. Ce n’est pas du tout la même chose de manger seul de temps en temps ou régulièrement, de choisir ou de subir la solitude. »

 

Les repas solitaires peuvent cacher des situations bien différentes : parents, veufs ou encore colocataires qui ne font que se croiser et dont le lait, le pain et le fromage sont étiquetés à leur nom. Tandis que certains se prépareront un repas maison, avec du pain au levain fait à la main, d’autres préféreront aller chez KFC ou manger une tartine garnie de ce qui leur tombe sous la main.

 

La solitude du grand âge

 

Ma grand-mère a perdu son mari juste avant le premier confinement. Après soixante et onze ans à cuisiner pour son mari et à manger avec lui, elle s’est subitement retrouvée à faire ces choses seule. La tartine garnie est devenue son plat de prédilection. Quel intérêt, disait-elle, à se donner plus de mal? Nous avons certainement tous éprouvé cette sensation au moins une fois au cours des dix-huit derniers mois, mais c’est une situation particulièrement difficile à vivre pour les personnes âgées.

 

D’après Age UK [une organisation caritative qui vient en aide aux personnes âgées], chez les plus de 65 ans environ une personne sur dix souffre de malnutrition ou risque d’en souffrir, car elles se sentent seules ou ne sont plus capables de faire leurs courses. “Comme vous pouvez vous en douter, ce chiffre a augmenté [pendant la pandémie]”, déplore Lesley Carter, chef de projet chez Age UK, spécialisée dans la malnutrition.

 

Les difficultés financières ne sont pas le seul facteur explicatif, précise Lesley Carter. Le “manque d’enthousiasme et d’idées” entre aussi en ligne de compte.

 

Beaucoup de seniors ont un ordinateur ou une tablette, mais ils ne savent pas vraiment s’en servir pour se renseigner sur des ingrédients inconnus, trouver de nouvelles recettes ou faire leurs courses en ligne.”

 

Ma grand-mère n’a pas pu découvrir l’innovation des recettes en kit proposées par les restaurants, la facilité offerte par Deliveroo, ni même le réconfort d’un cake à la banane. Alors que les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour “partager” des photos de plats et trouver l’inspiration, sa génération a grandi dans un univers où la nourriture n’était pas du “contenu” mais un moyen de communication, où les repas en famille faits maison étaient la règle.

 

Écouter ses propres envies

 

Si ma grand-mère continue d’observer le rituel du thé de l’après-midi qu’elle a toujours pratiqué avec mon grand-père, désormais elle ne prépare plus de gâteaux, à moins d’avoir de la visite. Le reste du temps, c’est [le supermarché britannique] Sainsbury’s qui cuisine pour elle — un aveu que je trouvais déprimant jusqu’à ce que je lise les réflexions de Nigella Lawson sur les repas en solitaire.

 

COOK EAT REPEAT

 

Dans son dernier livre Cook, Eat, Repeat [“Cuisinez, dégustez, recommencez”, inédit en français], elle écrit : “Même si l’on aimerait qu’il en soit autrement, la cuisine reste avant tout le fardeau des femmes. Il ne faut pas minimiser le plaisir qu’il y a à cuisiner pour les autres, mais — et c’est peut-être contre-intuitif — l’ego est moins sollicité lorsqu’on cuisine pour soi. C’est vraiment libérateur, on cuisine alors pour se faire plaisir, à soi et à personne d’autre. Pas besoin d’anticiper les goûts de ses invités ni de s’excuser pour ses propres préférences.”

 

Dans ce passage, Nigella Lawson évoque la cuisine, mais sa réflexion s’applique aussi au fait de manger seul. Il est bien beau d’idéaliser les repas en famille, explique Mukta Das, mais “dans la plupart des foyers du monde entier, ce sont surtout les femmes qui se chargent de la cuisine”. Elle ajoute :

 

Alors quand elles sont seules, elles trouvent une certaine liberté dans le fait de ne pas avoir à nourrir les autres. Elles peuvent choisir d’aller au restaurant, de cuisiner ou d’acheter des plats tout prêts.”

 

Cette analyse se vérifie auprès de ma grand-mère – dont le gâteau préféré est véritablement le chausson aux pommes de chez Sainsbury’s –, et de Signe Johansen, l’autrice de Solo: The Joy of Cooking for One [“Le Plaisir de cuisiner pour soi”, inédit en français]. Cette dernière raconte avoir été contactée par un nombre remarquable de lectrices lui expliquant “à quel point il est agréable de ne penser qu’à leurs envies, sans s’occuper des autres”.

 

Retour en grâce des “tables pour une personne”

 

Bien sûr, il y a encore mieux : ne pas se soucier du tout de la cuisine, et aller dîner dehors sans autre compagnie que sa petite personne. Au Lyle’s [un restaurant londonien], les femmes viennent plus souvent dîner seules que les hommes. “C’est ce que je dirais, dans l’ensemble”, témoigne le chef, James Lowe — un constat qui aurait encore étonné il y a une dizaine d’années. “Aller dans un beau restaurant avec un bon livre, c’est vraiment très agréable”, s’enthousiasme Elli Jafari, qui dirige l’hôtel The Standard, à Londres, et va elle-même souvent seule au restaurant.

 

Tout est meilleur quand on est seul et qu’on est dans un bon état d’esprit.”

 

Les dîners en solitaire connaissent une hausse indiscutable : plus 160 % en quatre ans au Royaume-Uni, d’après [le site de réservation en ligne] Open Table. Ces données datent de 2019, mais les responsables du site constatent que “partout dans le monde, les restaurants accueillent de plus en plus de clients solitaires.”

 

Si ces derniers suscitaient autrefois la pitié et l’agacement des chefs de salle, qui voyaient les “tables pour une personne” comme un manque à gagner, ils sont désormais reçus avec autant de plaisir que les réservations de groupe. “Je pense que les comportements ont changé, analyse James Lowe. Nous avons plus d’interactions avec les clients seuls, donc ils passent un meilleur moment, et nous, nous sommes contents.” Les clients qui viennent seuls sont là pour la cuisine, constate le restaurateur. “Ils montrent qu’ils n’ont pas besoin des autres pour s’amuser, qu’ils ont choisi notre établissement et qu’ils sont là parce que ça leur fait plaisir. C’est un vrai compliment.”

 

“Plaisir volé et clandestin”

 

Au Lyle’s, qui fait partie des 50 meilleurs restaurants du monde depuis 2017, la hausse des clients solitaires est étroitement liée à l’essor du “tourisme culinaire”, qui consiste à dresser une liste de restaurants réputés puis à les tester un par un. C’est une activité de niche, réservée aux plus riches, mais cette pratique révèle un autre avantage des dîners en solitaire : la possibilité de se laisser tenter par des restaurants et des plats que nos compagnons de tablée pourraient ne pas aimer ou trouver trop chers. C’est précisément pour cela qu’Elli Jafari commande des huîtres uniquement lorsqu’elle va seule au restaurant. “Quand mes amis sont dégoûtés par les huîtres, ça enlève tout le plaisir.”

 

Erchen Chang a parfaitement réussi à saisir l’essence de ce plaisir volé et clandestin dans l’illustration qui a donné naissance à Bao, la célèbre chaîne [londonienne] de restaurants taïwanais qu’elle dirige avec Wai Ting et Shing Tat Chung. Le logo représente un homme seul, de profil, qui mange discrètement un bao [petit pain asiatique, farci et cuit à la vapeur], un sourire presque imperceptible sur le visage. Ce dessin est à l’origine de toute la marque : “Pour nous, le repas en solitaire est très respectable”, affirme Erchen Chang — à tel point que les trois fondateurs ont conçu un menu spécial pour les clients solitaires, et un magazine consacré aux repas et aux activités idéales à tester seul.

 

À première vue, l’homme [du logo] paraît triste, mais en y regardant de plus près on se rend compte qu’il n’est ni triste ni embarrassé. Il cache son bao parce qu’il l’apprécie. Il profite de l’instant pour méditer et se faire plaisir.”

 

Ces derniers temps, la plupart des recettes que je cuisine chez moi sont tirées du chapitre “À déguster seul” de Crave [“Fringales”, inédit en français]. Cet ouvrage d’Ed Smith, publié il y a quelques mois, est organisé “par saveurs pour s’adapter à votre humeur et à votre appétit”. En consacrant un chapitre de son livre aux repas en solitaire, Ed Smith a voulu “combattre le préjugé selon lequel ‘il n’y a pas d’intérêt à cuisiner juste pour soi’, car quitte à cuisiner pour soi, autant rendre cela festif si on en a les moyens. Vos invités n’apprécieront peut-être pas à sa juste valeur la burrata qui vous a coûté une fortune chez le traiteur du coin, mais vous si.”

 

L’occasion de faire des “mélanges bizarres”

C’est pour cette raison que Nigella Lawson ne commande jamais de caviar au restaurant et qu’elle n’en sert jamais aux autres, mais s’en achète parfois, comme elle l’explique sur le blog cuisine du New York Times. Sa vision des choses, et celle de Signe Johansen, vient contredire une idée préconçue que j’ai longtemps eue : un repas s’apprécie toujours mieux à plusieurs. Lorsqu’on est seul, “on peut faire des choix avec plus d’assurance”, explique Signe Johansen. “Je peux utiliser toute une boîte d’anchois, ou quatre gousses d’ail.” On peut s’adonner à des mélanges bizarres, comme la banane et le bacon, ou les Weetabix [sortes de biscuits secs au blé] beurrés, deux des 50 associations étranges mises au jour par une étude menée l’an dernier auprès de 2000 adultes pour Ocado [entreprise de commerce alimentaire en ligne]. Comme le dit Signe Johansen : “Quand on est seul, on peut faire ce qu’on veut.”

 

Portée par cette phrase, je me tourne à nouveau vers Crave. La recette des nouilles soba à la sauce sésame est alléchante. Je double la quantité de nouilles, car je pourrais en manger sans fin, je mets un peu plus d’ail, et j’ajoute quelques petits pois, parce que ça va avec à peu près tout. Je mange mon plat en regardant Le Journal de Bridget Jones, un film qui, lorsque j’étais plus jeune, a aggravé ma peur de vivre seule. Les repas solitaires de Bridget Jones se composent de vodka, de vieux fromages et de müesli. Prendre le temps de cuisiner quelque chose pour satisfaire mes envies et mes extravagances ressemble à une renaissance : finie la “crise de solitude”, je suis simplement seule, et sereine.

 

Clare Finney

Partager cet article
Repost0

commentaires

P
L'excellente version de Bashung ne doit pas faire oublier que c'est à Gérard Manset que l'on doit "Il voyage en solitaire".
Répondre
P
chez les grands cuisiniers, je préfère manger seul, chez les moyens je m'en fiche
Répondre
P
On va pas en faire toute une tartine mais recevoir la chronique à 00,06 h peut être quelque peu indigeste pour qui aime manger à heures fixes dans son univers solitaire.
Mais pour ce que j'en dis...
Répondre

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents