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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 06:00

 

Titre étrange, je m’explique.

 

Je n’ai vu qu’un seul film de Laura Antonelli L’Innocent.

 

L'INNOCENTE - Festival du Film Italien de Villerupt

 

Elle m’avait ému.

 

Et puis j’ai acheté et lu Laura Antonelli n’existe plus… de Philippe Brunel.

 

ActuaLitté

 

Pages 161-62

 

« Ce soir-là, en regagnant  mon hôtel, je repensais à son personnage de Giuliana, ce modèle revisité d’Oriane de Guermantes que Visconti lui avait confié sur le tard, en 1976, dans L’Innocent, film crépusculaire pour son grand et seul vrai bonheur d’actrice…

 

Car il avait eu cette embellie.

 

Le maître du néoréalisme lui avait offert ce rôle majeur à rebours de ses prédilections notoires pour les langueurs aristocratiques d’Ingrid Thulin ou pour la grâce spleenétique de Silvana Mangano, cette diva lointaine au sourire ennuyé dont le fantôme hante toujours les travées putrides d’une Venise infectée par le choléra. Visconti avait avoué sa fascination pour Laura, pour » son visage d’ange sur un corps de pécheresse » et es rondeurs provinciales fidèles au canons dannunziens. « Elle est altière, sensuelle et pleine de lumière, et n’en parlons pas quand elle est nue de dos, une véritable œuvre d’art ! » Il retrouvait en elle cette froideur prussienne qui l’avait tant ému chez Alida Valli et l’avait choisie pour son talent de comédienne si souvent galvaudé par la morgue des moralistes. Sous sa direction, Laura traverse ce film dans un déploiement de perles, broches et diadèmes, corsetée dans des tailleurs à passementeries dorées, des chemisiers brodés à col montant, dans des robes en crêpes de Chine rouge titien, le visage dissimulé sous des rushes de tulle ou coiffée d’un chapeau à voile d’oignon moucheté, comme en portait au XIXe la comtesse Carla di Modrone, la propre mère de Visconti, pour se préserver de la vulgarités des hommes. Ces artifices venaient estomper les traits de son visage dans une mortification de sa féminité comme si le maître avait pressenti en elle les ombres d’un malheur en cours. Une fois encore, le script faisait écho à ses propres tourments. Elle qui regrettait de ne pas avoir eu d’enfants en portait un de son amant que son mari – incarné par Giancarlo Giannini – tuera par jalousie. »

 

Belle plume !

 

À lire absolument…

 

Blog de Emily-de-Wi - Page 9 - ~LaDolceVita~ - Skyrock.com

Laura Antonelli ou les ombres du passé ICI 

 

Dans un livre bouleversant, Philippe Brunel raconte la descente aux enfers d’une actrice magnifique et solaire, héroïne de Visconti et compagne de Belmondo.  

 

 

Par Jean-Noël Mirande

 

La renommée puis l'oubli de certaines actrices donnent raison à Madame de Staël, pour qui « la gloire est le deuil éclatant du bonheur ». À quoi Pasolini ajoutait que c'était « l'autre face de la persécution ». Combien sont-elles à avoir chuté ? Ce n'est pas tant l'abandon dont elles ont été la proie qui frappe les esprits que la déchéance à laquelle elles ont été acculées malgré elles.

 

Défigurée, traquée et la religion pour seul recours

 

L'enfer de la poussière d'ange les déposséda d'elles-mêmes et de leur image. Laura Antonelli, à qui Philippe Brunel consacre un livre, fut « le songe érotique des Italiens » pour la presse et « la plus belle femme du monde » pour Visconti. On fit payer à ce sex-symbol d'une Italie catholique et puritaine d'avoir aiguisé le désir des hommes et provoqué la jalousie des femmes. Jetée en prison au début des années 1990 pour détention de 36 grammes de cocaïne trouvés chez elle dans des conditions louches, elle ne s'en relèvera jamais. Défigurée par la chirurgie esthétique, traquée par des paparazzi sans vergogne – il y avait de la malveillance à révéler son visage méconnaissable à la face du monde, après un procès perdu contre ceux qui la poussèrent à réaliser ces opérations afin de relancer sa carrière. On la retrouvera morte le 22 juin 2015, sur le sol de son modeste deux-pièces de la grande banlieue de Rome, un évangile à la main, car la religion était son seul recours.

 

Laura Antonelli, morta l'icona sexy di Malizia. Da vent'anni viveva in  povertà (FOTO) - Il Fatto Quotidiano

 

 

Mes 101 Tours de France : Philippe Brunel, actualité vélo pros

Dans ce récit, l’auteur met en scène un journaliste chargé par un producteur de retrouver Laura Antonelli, la sulfureuse héroïne du cinéma italien des années 60 et 70. Après avoir connu gloire et fortune de façon fulgurante, Laura Antonelli vit seule, recluse dans un deux-pièces de la banlieue de Rome. Dans une quête fiévreuse et pudique, le narrateur remonte le cours d’un destin brisé par la drogue, le sexe et les fêlures cachées de cette icône tourmentée.

 

Par quelle malédiction l’actrice dont Luchino Visconti disait qu’elle avait « un visage d’ange sur un corps de pécheresse » est-elle tombée si bas… et si vite ? Lui-même journaliste sportif au quotidien L’Équipe, Philippe Brunel fait revivre, sans en esquisser les zones d’ombres, les combats de cette vaincue magnifique.

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