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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 06:00

 

25 avril 2011

Éric Zemmour le Jean Nocher ou la Geneviève Tabouis du PAF : il a une fonction salutaire, j’ose même écrire sanitaire, un côté Destop bien utile. ICI 

 

Le dit Zemmour, exploitant le fait qu’il n’est pas plus con que la moyenne de ses confrères, cultive son petit fonds de commerce avec la pugnacité et la constance de mes 2 épiciers tunisiens du boulevard Saint Jacques ouvert jusqu’à 2 heures du matin. Il besogne, normal pour une pute !( Au dire de Philippe Caubère, Zemmour fait la pute dans une émission de France 2 On n’est pas couché), ou avec son compère Éric Naulleau, Il se situe dans la tradition de la Droite Nationale de l’entre deux-guerres, le talent en moins. Il défend ces français qui sifflaient Karembeu, trop kanak à leur goût et qui avait le culot d’être l’homme de la blonde Adriana. Il sait tout, il a des opinions sur tout, et pour lui tout est de la faute de l’intégration européenne. Tel Candeloro il dévide ses figures imposées et, parfois, lorsque sa dialectique se heurte à la réalité il se risque à un double axel ou une triple boucle piquée.

 

 

Je ne fais pas partie de ceux qu’il irrite car je trouve qu’il a une fonction salutaire, j’ose même écrire sanitaire : il a un côté Destop bien utile. Bref, en dépit de ses frêles épaules, il porte le poids des non-dits d’une frange de la classe politique, et de sa bouche aux lèvres fines il délivre un message qui plaît à une partie de la France. Je l’écoute de temps en temps en me régalant de ses mimiques et de sa gestuelle car j’adore ce genre de type qui de sa chaire, sans avoir jamais rien fait d’autre de ses dix doigts – c’est démago j’en conviens, mais j’attaque là le polémiste pas le journaliste qu’il fut – se fait le héraut du petit peuple en endossant un discours un peu trop ample pour lui.

 

 

En 10 ans le petit Éric a fait son petit bonhomme de chemin, grâce à la nouvelle télé poubelle C.News du tout-puissant patron de Canal +  Vincent Bolloré, il surfe sur la vague populiste, profite de la vacuité du discours des partis politiques, dit de gouvernement, qui ne gouvernent plus depuis que le Macron les a assassinés, pour lui, il l’a dit et écrit, « Marine Le Pen a toujours été de gauche ». Éric Zemmour, qui aura 63 ans cet été, se réclame d’une tradition gaulliste et bonapartiste, mais s’affiche plus nettement à l’extrême droite, sur une ligne bien plus radicale que Marine Le Pen. Il popularise volontiers la thèse du « grand remplacement » de l’écrivain Renaud Camus, a participé en septembre 2019 à la « convention de la droite » organisée par les amis de Marion Maréchal et a été condamné à trois reprises – en 2011, pour provocation à la discrimination raciale, en 2018 et 2020, pour provocation à la haine envers les musulmans.

 

 

Le 21 avril, il a signé une chronique dans Le Figaro sur Jacques Bainville. L’académicien monarchiste regrettait, au soir de sa vie, « de ne pas avoir participé à la vie politique de manière plus active », de ne pas avoir abandonné le journalisme et de ne pas avoir osé se lancer franchement dans l’action politique.

 

« Pourquoi si bien prévoir et pouvoir si médiocrement ?, écrivait Bainville. J’ai toujours eu le tort de ne pas viser assez haut. Excès de fausse modestie, fausse fierté ! Méfiance exagérée de soi-même, sentiment d’impuissance. »

 

Marine Le Pen, a estimé, le dimanche 6 juin, qu’une candidature à l’élection présidentielle de 2022 du journaliste du Figaro et éditorialiste star de C.News risquerait d’affaiblir « le camp national » à ce scrutin.

 

« Je suis profondément attachée à la démocratie (…), cela ne me pose qu’une interrogation : quel est l’intérêt de cette candidature ? » Selon la présidente du RN, « objectivement, c’est une candidature qui peut aider Emmanuel Macron à arriver en tête à l’élection présidentielle, ce que les sondages ne lui accordent pas pour l’instant ».

 

Elle n’a pas tort la Marine, après la veste des Régionales l’irruption du trublion Zemmour, même s’il est crédité d’un petit 5,5 % d’intentions de vote dans une enquête IFOP publiée par Le Point début juin, n’est pas une bonne nouvelle pour elle.

 

Et puis en sortant de chez moi vendredi dernier sur les panneaux qui bordent la ligne du métro aérien j’ai vu des affiches avec sa tronche de cake. J’étais pressé, je n’ai pas pris une petite photo, les affiches ont été détournées, pas par moi.

 

 

Bref, je me fous comme de ma première chemise de Zemmour, sa candidature à la Présidentielle n’est que le dernier avatar du cirque médiatique, mais elle est aussi le symptôme le plus parlant de la dégradation du fonctionnement de notre démocratie représentative.

 

Macron, Bigard, Zemmour, Raoult, Philippe de Villiers. Cherchez l'intrus...  - AgoraVox le média citoyen

 

Zemmour Président !

 

Dans ma Vendée crottée, au temps de ma jeunesse, le député Boux de Casson, Indépendants&paysans, déclarait sans rire « Si je présentais mon âne, ils voteraient pour lui… » Il fut balayé en 1958 par la vague gaulliste. J’aime beaucoup les ânes je ne ferai donc pas l’honneur à Éric Zemmour de le comparer à ce charmant animal. Zemmour n’est pour moi qu’un petit coq gaulois, dressé sur ses petits ergots foulant le tas fumier, agressif, couard, il chante faux, se rêve roi de la basse-cour, alors que, comme tant d’autres démagogues, il finira au fin fond des poubelles de l’Histoire…

 

Mais le petit Éric ne semble pourtant pas pressé de se lancer. Il faut dire qu’une candidature le priverait de l’audience conséquente de son émission sur C.News.

 

Et puis, les choses sérieuses vont se pointer :

 

  • Les signatures à collecter…

 

  • Le pognon à collecter…

 

Affaire à suivre…

Valeurs actuelles 4113 zemmour president livre choc une elction ordinaire  geoffroy lejeune | Rakuten

1- La campagne d’affichage en faveur d’Eric Zemmour, nouvelle pierre sur le chemin d’une candidature à la présidentielle ICI

 

Des affiches « Zemmour président » ont fleuri sur les panneaux électoraux après la fin des régionales, à l’initiative de la galaxie de soutiens du polémiste, qui est en pleine structuration.

 

Par Samuel Laurent

Publié le 30 juin

 

L’opération de communication est réussie : lundi matin 28 juin, un peu partout en France, des passants ont pu découvrir des affiches « Zemmour président » collées sur les panneaux précédemment réservés à l’affichage électoral. De quoi interpeller médias et opinion, à moins d’un an d’une présidentielle pour laquelle le polémiste de la chaîne CNews affiche un appétit grandissant et au lendemain d’une élection marquée par le recul du Rassemblement national (RN).

 

Derrière cette initiative, des centaines de jeunes militants d’un collectif informel baptisé « Génération Z », du nom du serveur qui les réunit sur l’application de discussion Discord. « Ce sont 500 militants qui ont collé 10 000 affiches dans 86 départements », explique fièrement Stanislas Rigault, responsable de Génération Z. S’il se définit comme « de droite, mais pas d’extrême droite », ce jeune militant catholique, également fondateur d’un mensuel baptisé L’Etudiant libre, est passé par les bancs de l’Institut de formation politique (IFP), un organisme « libéral-conservateur » inspiré de groupes de réflexion privés républicains américains, qui se donne pour mission de former de jeunes cadres de droite.

 

 

Vieux de seulement trois mois, Génération Z réunit en ligne des fans d’Eric Zemmour, excités à l’idée d’une candidature du polémiste, plusieurs fois condamné pour provocation à la haine, à la présidentielle de 2022. « Il y a des profils très variés, des néomilitants qui ne s’étaient jamais intéressés à la politique mais aussi des jeunes issus des Républicains [LR] ou de l’UNI [syndicat étudiant de droite] qui ne se retrouvent pas dans l’offre actuelle », explique M. Rigault.

 

« Zapéros » devant « Face à l’info »

 

Génération Z déploie son énergie sur les réseaux sociaux, à coups de « mèmes » (images humoristiques virales) à la gloire de son champion, mais organise également des « Zapéros », où les militants se retrouvent pour regarder ensemble « Face à l’info », le rendez-vous quotidien d’Eric Zemmour sur la chaîne CNews.

 

 « C’est assez fabuleux de voir des jeunes qui se structurent eux-mêmes », s’enthousiasme Antoine Diers. Ce directeur de cabinet à la mairie du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) est le porte-parole de l’association Les Amis d’Eric Zemmour, qui a financé l’impression des affiches ensuite confiées aux militants de Génération Z. Une opération financée par le mouvement grâce aux dons. Ils affluent, assure le jeune homme, pour qui « l’opération visait à montrer qu’il y a une galaxie Zemmour qui existe ».

 

De fait, la « galaxie Zemmour » commence à monter en puissance, essentiellement sur les réseaux sociaux, où elle est poussée par quelques militants bien connus des sphères de droite. Parmi eux, un autre ancien de l’IFP, Samuel Lafont, vétéran des campagnes numériques de François Fillon ou du Printemps français, une branche radicale du mouvement antimariage entre personnes de même sexe La Manif pour tous. Ces dernières semaines, les comptes consacrés à l’auteur du Suicide français (Albin Michel, 2014) ont fleuri, d’un mystérieux « Les femmes avec Zemmour » aux comités Zemmour de diverses régions.

 

« La galaxie Zemmour, une auberge espagnole »

 

Une partie de ces comités, qui avaient déjà organisé des campagnes d’affichage en faveur d’Eric Zemmour, ont une autre origine : ils sont nés dans le sillage du maire d’Orange (Vaucluse), l’ex-Front national Jacques Bompard, lui aussi favorable à une candidature du polémiste qu’il appelle de ses vœux depuis des mois. Il est également derrière une liste régionale « Zou », menée par la conseillère de Provence-Alpes-Côte d’Azur Valérie Laupies, dont l’une des trois propositions était explicitement d’appeler Eric Zemmour à se porter candidat. Elle a réuni à peine plus de 19 000 voix, soit 1,6 % des suffrages.

 

 « Pour l’instant, la galaxie Zemmour est une auberge espagnole », reconnaît M. Diers, qui se prend à rêver d’une union des droites entre « militants orphelins » des courants souverainistes, catholiques, républicains… et déçus du RN. Parmi les derniers visuels lancés par Génération Z, on trouve de nombreuses variations autour de ce thème : mieux vaut soutenir Eric Zemmour que Marine Le Pen. Le polémiste a d’ailleurs multiplié les piques envers cette dernière, qui, en retour, le presse de se déclarer candidat.

 

M. Zemmour, crédité d’un petit 5,5 % d’intentions de vote dans une enquête IFOP publiée par Le Point début juin, ne semble pourtant pas pressé de se lancer. Il faut dire qu’une candidature le priverait de l’audience conséquente de son émission sur CNews.

 

« Peut-être qu’il faut passer à l’action »

 

« Il est très occupé par son livre », justifie aussi Antoine Diers. Cet ouvrage, à paraître, ne sera pas publié par Albin Michel, son éditeur historique. Selon Gilles Haéri, directeur général de la maison d’édition, la décision est justifiée par le fait que M. Zemmour lui a annoncé « son intention de s’engager dans la présidentielle et de faire de son prochain livre un élément-clé de sa candidature ».

 

« Le Z », comme le surnomment ses fans, se contente pour l’instant de faire des allusions indirectes à une candidature. « Peut-être qu’il faut passer à l’action », a-t-il ainsi lancé début juin lors d’un entretien à la chaîne YouTube Livre noir, fondée par l’ex-LR et proche de Marion Maréchal, Erik Tegnér.

 

Mais, selon M. Diers, une petite équipe constituée autour de Sarah Knafo, jeune énarque qui joue les conseillères politiques du polémiste, suit de très près les initiatives en cours. Outre Mme Knafo, un noyau dur d’une petite dizaine de personnes est ainsi à la manœuvre, parmi lesquelles François Miramont, un chef d’entreprise venu du centrisme, ou encore Pierre Meurin, ancien directeur des études de l’Institut de sciences sociales économiques et politiques, l’école fondée par Marion Maréchal.

 

Samuel Laurent

Les Femmes Avec Zemmour (@FemmesZemmour) | Twitter

2- JEUNES LOUPS, COLLECTIFS... QUI SONT LES PERSONNALITÉS QUI PRÉPARENT LA CANDIDATURE ZEMMOUR?

Robin Verner

Le 08/07/2021

 

Il ne s'est pas encore officiellement déclaré mais de plus en plus d'incides laissent à penser que le polémiste Éric Zemmour se rêve en président de la République, ou à tout le moins en candidat à l'élection de 2022. Et il ne s'avance pas comme un homme seul.

 

On le sait, Éric Zemmour est une impressionnante machine médiatique. Entre les émissions de Zemmour & Naulleau sur Paris Première, ses heures quotidiennes sur CNews, ses livres - tous des succès de librairie qui ouvrent bien sûr à d'autres invitations audiovisuelles -, l'ancien chroniqueur de Laurent Ruquier enchaîne les passages télévisés comme autant de tribunes. Cette caisse de résonance n'a pu prendre qu'une profondeur supplémentaire ces dernières semaines alors que l'aspiration d'Éric Zemmour à se présenter à la présidentielle 2022 n'en finit plus de gagner en crédit.

 

Les dossiers et unes consacrés à sa possible candidature se succèdent dans la presse. C'était L'Express il y a un mois. Ce sont Valeurs actuelles et Paris Match ce jeudi. De ce binôme, le premier prétend en couverture éventer "les secrets d'un candidat", tandis que la manchette du second assure "Oui, il est candidat", ses pages intérieures proclamant même "il saute le pas".

 

 

Mais considérer Éric Zemmour comme une créature médiatique ou un homme seul, projeté sur l'avant-scène d'une certaine droite en désespoir d'une figure providentielle, au moins depuis que l'étoile du général Pierre de Villiers semble avoir pâli, serait une erreur. Sa proto-campagne présidentielle s'appuie au contraire sur des réseaux originaux, des personnages bien introduits - dont certains très connus des Français - le tout articulé par des petites mains et des chevilles ouvrières. On peut décomposer cette "galaxie Zemmour" en cercles concentriques.

 

Les "jeunes loups"

 

À tout seigneur, tout honneur. Au premier rang de l'équipe rapprochée d'Éric Zemmour, on remarque d'abord la présence de Sarah Knafo. Elle a d'abord passé une tête dans l'enquête dédiée par L'Express à l'essayiste début juin. Il faut dire qu'elle est la première pièce de son dispositif. Cette énarque de 26 ans est conseillère politique, désormais magistrate à la Cour des Comptes, après être sortie dans la "botte" (traduire, dans les meilleurs) de la célèbre école d'administration.

 

Ses tâches auprès d'Éric Zemmour sont aussi multiples et essentielles qu'officieuses. Elle l'accompagne dans ses déplacements, les organise le cas échéant. Comme en septembre 2019 où elle avait co-organisé la Convention de la droite, événement publique lors duquel le journaliste avait pris une nouvelle dimension, plus verticale, assumant cette fois de se placer derrière un pupitre pour développer ses positions, ses analyses, sa vision de l'avenir du pays.

 

Le compagnonnage entre celle qui était, en 2016, la responsable des "Jeunes avec Henri Guaino" et l'ex-chroniqueur de 20h10 Pétantes et On n'est pas couché est donc déjà ancien. Elle lui apporte un ultime coup de main, cardinal: au domicile de la jeune femme se tiennent des réunions lors desquelles elle le met en contact avec de jeunes enthousiastes, désireux de rejoindre le mouvement.

 

Est-ce au cours de l'une d'entre elles que Samuel Lafont a pris place à bord du train? Paris Match et Valeurs Actuelles mentionnent tous deux cet homme âgé de 34 ans. Ce spécialiste des réseaux sociaux, ex-membre de l'UNI - syndicat étudiant de droite -, a d'abord émargé à "La Manif pour Tous".

 

Longtemps militant au sein de la principale famille politique de la droite, il a ensuite participé à la campagne de François Fillon, avant de créer Damoclès, un site mixant articles d'opinion - au contenu parfois nébuleux - et pétitions. Désormais, il "anime la mobilisation en ligne", selon les termes qu'il a employés auprès de Paris Match. C'est-à-dire qu'il gère les comptes Tiktok, Instagram ou encore Twitter de son champion.

 

Pierre Mourin s'affirme comme un autre artisan de cette équipée qui s'annonce. Le jeune homme de 31 ans est en tout cas cité dans le numéro de Valeurs actuelles de cette semaine comme l'un des maillons les plus éminents du "staff" d'Éric Zemmour. Il est l'ancien directeur des études de l'Issep, l'école de sciences politiques lancée par Marion Maréchal. L'un des nombreux éléments démontrant d'ailleurs l'existence de passerelles entre le clan Zemmour et l'entourage de l'ex-députée FN élu dans le Vaucluse.

 

Il est décrit comme le responsable des campagnes d'affichage associées à Éric Zemmour.

 

Les "associatifs"

 

Ces campagnes ne sont pas seulement théoriques. Elles ont même connu une première application spectaculaire le 29 juin quand des petites mains ont collé des affiches "Zemmour président" à Paris, comme dans de nombreuses autres villes de France. Ce happening était l'œuvre du collectif "Génération Z", initialement élaboré il y a trois mois environ sur les réseaux sociaux. Celui-ci est chaperonné par Stanislas Rigault, 22 ans, ancien étudiant en droit, et chargé de mission à l'Institut de formation politique, comme le note Valeurs actuelles.

 

Ce dernier a estimé à "500" le nombre des fidèles de sa "Génération Z" auprès du Monde, en dressant une rapide typologie, évoquant des "néo-militants" mais aussi des "jeunes issus de LR et de l'UNI". Là encore, la photo de famille appelle à l'élargir. Car les affiches remises à "Génération Z" et collées par ses soins ont été imprimées aux frais d'un autre collectif: "Les Amis d'Éric Zemmour", reconnue depuis le 1er juillet en tant qu'association de financement de parti politique par la Commission des comptes de campagne.

 

Antoine Diers, 32 ans, en est le porte-parole. Cet expert en communication et ancien candidat de la droite aux municipales à Dunkerque en 2014 est aujourd'hui directeur de cabinet du maire du Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine. C'est ce nordiste qui a poussé Éric Zemmour à faire le déplacement jusqu'à la maison de la famille De Gaulle à Lille, le 18 juin dernier, d'après Valeurs actuelles. Onze jours plus tard, sur notre plateau, il expliquait le sens de son engagement:

 

"Éric Zemmour, aujourd’hui, est soutenu par des électeurs de la droite normale, la droite qui dit : ‘Nous, on est de droite, on a toujours voulu la sécurité, juguler l’immigration, une justice qui soit ferme et forte’. Éric Zemmour répond à ça."

 

Si ces personnalités, sans y être centrales, s'inscrivent donc dans le paysage d'une droite plus ou moins traditionnelle, on trouve auprès d'Éric Zemmour des visages sortis d'un autre sérail. Ainsi, le 19 mai dernier, Benjamin Cauchy, 41 ans, ex-gilet jaune ayant ensuite rejoint le Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, posait entre lui et l'ex-RN Jean Messiha lors de la manifestation parisienne des policiers. Sa compagne a, de surcroît, pris la tête d'un groupe appelé "Les femmes avec Éric Zemmour", signale encore Valeurs actuelles.

 

· Les "cadors"

 

Parmi les proches d'Éric Zemmour, on remarque des trajectoires plus expérimentées, à l'exemple de Charles Gave, entrepreneur et économiste. Il est le président du think-tank "Institut des libertés". Ce libéral, proche par ailleurs de la droite dure, dîne régulièrement avec Éric Zemmour selon l'hebdomadaire conservateur.

 

Le profil de Pierre-Édouard Stérin est également cité par Paris Match pour ses affinités avec l'auteur pressenti pour la course suprême de 2022. Cet homme de 47 ans est le président du site La Fourchette et est à l'origine de la Smartbox. Il n'a pas de mission précise auprès du polémiste mais lui accorde une attention soutenue, selon l'hebdomadaire.

 

Le polémiste côtoie des personnalités davantage habituées au combat politique. C'est le cas au premier chef de Paul-Marie Coûteaux, 64 ans, ce personnage toujours marginal mais jamais hors du jeu qui aura fait du souverainisme sa seule ligne conductrice. Ancien conseiller au cabinet de Jean-Pierre Chevènement dans les années 1980, il a été élu député européen sur la liste de Charles Pasqua en 1999, le demeurant dix ans. Il s'est ensuite rapproché de Philippe de Villiers, avant de faire de même avec le FN (il a d'ailleurs présenté Florian Philippot à Marine Le Pen).

 

Paul-Marie Coûteaux et Éric Zemmour discutent en continu, selon Paris Match qui souligne que le premier a martelé au second qu'il se devait de porter une cravate dorénavant à la télévision, et surtout, qu'il relit le manuscrit du prochain livre du probable futur candidat. Ce même livre qu'Albin Michel a renoncé à publier.

 

Il a établi, pour le magazine, la cible électorale visée par Éric Zemmour, pointant: "Les deux Français sur trois qui croient en la France qui tiennent à l’autorité de l’Etat, qui pensent que la famille c’est un père, une mère, des enfants, et qui, pour cela, jugent nécessaire l’union des droites".

 

Cette union des droites, par-delà un schisme, selon lui, artificiel imposé de l'extérieur par François Mitterrand au RPR dans les années 1980 pour inhiber la droite vis-à-vis du lepénisme et le handicaper dans les urnes, est en tout cas l'une des idées les plus fréquemment répétées par Éric Zemmour durant ses interventions. Et celui-ci d'affirmer que la droite serait mieux inspirée d'abandonner ce complexe pour imiter justement François Mitterrand dans sa capacité à conclure une alliance avec un puissant et encombrant allié (alors le Parti communiste) pour mieux l'étouffer.

 

L'héritage puisé par le journaliste historique du Figaro à la source mitterrandienne ne s'arrête pas là: il attire même certains des anciens favoris du seul détenteur d'un double septennat présidentiel. En effet, Loïk Le Floch-Prigent, ex-PDG de la société Elf et de la SNCF, condamné pour abus de biens sociaux pour ses agissements à la présidence de la première, l'assiste également à sa manière. Le dirigeant issu de la sociale-démocratie rédige des notes à son intention, déjeune avec lui, les deux hommes profitant de la collation pour parfaire les connaissances économiques d'un Éric Zemmour qui revendique depuis longtemps le colbertisme comme doctrine économique.

 

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commentaires

P
« J’ai la guitare qui me démange » chantait le gentil Yves Duteil.
La mouche du coche se serait plutôt le clavier.

Elle ne résiste pas à présenter, une autre « déconstruction » de la prose zémmourienne qui fait se pâmer ceux qui croient ce qu’il raconte par ce qu’il leur dit est ce qu’ils veulent entendre. Et si je comprends ce que dit Monsieur Zemmour c’est que je suis intelligent, na !

Allez, ne boudons pas notre plaisir. ( désolé, la mouche du coche contrairement à ce que l’on trouve sur les sites de qualité est dans l’incapacité de vous indiquez le temps de lecture.)

Dans Destin français. Quand l'histoire se venge, son dernier ouvrage, sorti cet automne, Éric Zemmour parle abondamment de l'histoire de France. Si l'auteur prend soin de ne jamais se poser en historien, on ne l'entend pas moins affirmer dans un entretien au Point qu'il fait une «synthèse historique» et que «l'histoire n'appartient pas aux historiens». Nous ne chercherons pas ici à disséquer la vision politique qui sous-tend son travail: d'autres le feront, et mieux que nous.
Nous nous contenterons de faire notre travail de médiévistes, donc de parler du chapitre qu'il consacre à la première croisade; et notre travail d'historiennes et d'historiens, qui est de nous concentrer sur les faits, la seule chose qui distingue un travail sérieux d'une compilation de fake news.
En parlant d'Urbain II, Éric Zemmour note:
«On n'apprend plus aux écoliers qu'il fut le premier à appeler à la croisade»
>> CONTESTABLE
Éric Zemmour reprend ici (p.64) une idée reçue souvent avancée dans le débat public et dont l'un des plus illustres défenseurs est Dimitri Casali.
On ne parle pas de la première croisade à l'école primaire, en effet: mais on parle de Louis IX (saint Louis) en CM1, et le programme officiel précise qu'il faut l'aborder comme «un représentant de la chrétienté de son temps», notamment pour ce qui est de ses deux croisades. On imagine donc que les enseignantes et enseignants définissent, au moins rapidement, ce qu'est la croisade.
En 5e, le programme d'histoire s'ouvre par un thème consacré à «Chrétientés et islam, VIe-XIIIe siècle: des mondes en contact». Les croisades occupent une place fondamentale dans cette partie du programme.
Et enfin, en 2de, le premier chapitre du programme d'histoire porte sur la vie religieuse dans l'Occident médiéval. La quasi-totalité des manuels (notamment le Nathan collection Le Quintrec et le Belin collection Colon, qui représentent à eux deux plus de 40% du marché) consacrent une double-page à la première croisade, dans laquelle Urbain II est largement cité.

La première croisade dans les manuels scolaires de 2de (respectivement Nathan Le Quintrec, Nathan Cote et Hachette).
Bref, au cours de leur parcours scolaire, les «écoliers» ont eu au moins trois occasions d'apprendre qui était Urbain II: on est très loin d'une damnatio memoriae.
«Selon le mot du grand historien René Grousset, spécialiste reconnu des croisades…»
>> CONTESTABLE
René Grousset est, sans aucun doute, un spécialiste reconnu des croisades, et plus encore un grand historien. Éric Zemmour «omet» simplement (p.68) de rappeler qu'il écrivait… dans les années 1930. Or, depuis, on dispose de très nombreuses nouvelles sources que Grousset n'avait pas: de nouvelles chroniques, notamment arabes, des recherches archéologiques, etc. Surtout, depuis, il y a eu de nombreux autres historiens qui se sont penchés sur les croisades: Joshua Prawer, Jean Flori, Jonathan Riley-Smith, Claude Cahen, pour ne mentionner que quelques défunts… Leurs travaux ont considérablement amendé et corrigé les vues de René Grousset.
En effet, celui-ci était très influencé par l'utopie coloniale de son époque. Son Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem sort en 1934, quelques années seulement après la grande Exposition coloniale de 1931. Il cherche en réalité à faire des croisades le reflet idéalisé de la colonisation française du Liban et du Maghreb. Il insistait donc avant tout sur la bonne administration des Latins, sur les exemples de contacts apaisés entre Latins et musulmans, quitte à laisser de côté certaines sources. Bref, il s'agit d'une vision historique extrêmement orientée politiquement.
En outre René Grousset développe, au fil de son œuvre, une vision extrêmement pessimiste de l'histoire: il parle déjà d'invasion venue de l'Asie, menaçant la civilisation européenne –sauf qu'à l'époque il pense davantage au Japon et à la Chine, pas réellement au monde musulman…
«La vague islamique déferle… Les Turcs seldjoukides […] se sont jetés aussitôt sur l'empire byzantin»
>> FAUX
Le Proche-Orient en 1095
C'est le leitmotiv du chapitre (p.67): les Seldjoukides menacent l'Europe, qui n'est sauvée que par la première croisade. Là encore, il s'agit d'une affirmation au minimum réductrice. Certes, les Seldjoukides, une dynastie turque, relancent dans les années 1055-1075 une vague de conquêtes territoriales dont la manifestation la plus spectaculaire est la victoire de Manzikert, en 1071. Mais, en 1095, au moment où Urbain II appelle à la croisade, la dynastie seldjoukide, à la mort du grand sultan Malik Shah, s'est déjà elle-même morcelée en plusieurs branches rivales, ce qui met un terme à ces entreprises conquérantes.
À l'échelle de l'ensemble du monde musulman, il faut rappeler que l'islam est alors extrêmement divisé, en plusieurs califats rivaux qui s'opposent souvent plus violemment les uns aux autres qu'ils ne s'opposent aux pouvoirs chrétiens. Ajoutons en outre que le jihad n'est pas du tout à l'ordre du jour à l'époque: au contraire, ce sont les croisades qui réactiveront, en Orient, un discours du jihad. Il est donc extrêmement fallacieux de parler de vague islamique, comme si l'islam formait un océan uni prêt à déferler sur l'Europe. Au moment où la première croisade atteint son objectif, les musulmans sont au contraire politiquement divisés et très surpris par l’irruption d’armées venant de l’autre bout du monde.
«La culture grecque, c'est l'Europe»
>> FAUX
Deux contre-vérités dans une simple phrase (p.67). D'abord, cette «Europe» autour de laquelle Éric Zemmour construit tout son propos n'existe pas à l'époque: en particulier, le monde byzantin, de culture grecque, et le monde latin sont déjà largement distincts, voire opposés. À cet égard, il est très significatif de voir qu'Éric Zemmour gomme totalement la quatrième croisade (1204). Au cours de celle-ci, les croisés occidentaux finissent par prendre et par piller la ville de Constantinople elle-même.
À ce moment il existe de vraies tensions au sein de la chrétienté et les Grecs sont perçus très négativement par les Latins, devenant l’incarnation de la perfidie, de la couardise et de l’avarice. Les Grecs, quant à eux, considèrent les Latins comme des envahisseurs dangereux, voire comme des barbares: la chronique d'Anne Comnène, fille de l'empereur Alexis Comnène, souligne bien que Grecs et Latins ne partagent pas la même culture.
De fait, l'Europe n'émerge véritablement comme concept que dans la pensée des humanistes au XVe siècle, qui, inquiets de la montée de l'Empire ottoman, vont opposer l'Europe chrétienne à l'Asie musulmane.

Deuxième erreur: l'assimilation entre culture grecque et Europe. En effet cette culture grecque –il faudrait d'ailleurs plutôt parler de culture gréco-romaine– a également été reçue par le monde musulman. C'est d'ailleurs, dans la quasi-totalité des cas, via des textes arabes que l'Occident latin va redécouvrir le corpus grec (les textes médicaux, scientifiques ou philosophiques, notamment Aristote).
L'affirmation d'Éric Zemmour ne sort pas de nulle part. Il semble en effet reprendre la vision avancée en 2008 par Sylvain Gouguenheim, qui provoqua à l'époque une très vive réaction du monde universitaire européen. En plus de sa vision politiquement orientée, l'auteur fut accusé d'avoir manipulé, voire inventé des sources pour soutenir ses idées.
«L’Église s'est pourtant attachée à contenir les pulsions belliqueuses des seigneurs […] multipliant les “paix de Dieu” […] et autres “trêves de Dieu”»
>> FAUX
Affirmation maladroite pour le moins (p.65): la Paix de Dieu n'a été lancée que lors du Concile de Charroux, en 989. Au moment de la première croisade, ça fait donc 106 ans qu'elle existe, et pas «depuis des siècles». En outre, à la suite notamment de Dominique Barthélemy, la tendance actuelle de la recherche historique est de relativiser l'impact de la Paix de Dieu, pour souligner que la violence féodale était déjà extrêmement régulée et normalisée et que, dans une certaine mesure, diverses institutions ecclésiastiques ont pu au contraire exacerber les violences locales.
«La croisade est une victoire française» & «Godefroy de Bouillon était (pratiquement) français»
>> FAUX
Éric Zemmour confond volontairement (p.68 et 71) le terme de Francs, qui désigne les croisés, et celui de Français. Il suffit d'en revenir aux sources, qui affirment clairement le caractère plurinational des troupes de la première croisade: le chroniqueur Foucher de Chartres, qui a participé à la croisade, parle ainsi d'«une multitude infinie parlant des langues différentes, et venue de pays divers».
Il mentionne notamment des Français, mais aussi des Italiens, des Anglais, des Bretons, des Lorrains, des Normands, des Teutons, des Gascons, des Espagnols, des Bourguignons, des Provençaux… Or tous ces peuples ne sont pas français et ne se définissent pas comme français: si certains finiront par le devenir (comme les Provençaux ou les Bretons), ce n'est que bien des siècles plus tard et il est donc extrêmement fallacieux de coller sur le XIe siècle des identités qui n'existent pas à l'époque. Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie, n'est «français» ni par la langue qu'il parle, ni par ses fidélités politiques (puisqu'il est vassal de l'empereur du Saint-Empire romain germanique).

Ce qui est fascinant, c'est que cette confiscation de la croisade par les Français et pour les Français commence dès l'époque médiévale. Un pèlerin allemand (Jean de Würzburg) note en effet vers 1170 que les Français ont, à Jérusalem, changé l'épitaphe de la tombe d'un croisé de la première heure, un Allemand bien connu, pour en faire un Français: avec colère, il rappelle que cette croisade a été faite par bien des peuples et que Godefroy de Bouillon et Baudouin, les deux premiers souverains de Jérusalem, étaient des «Franconiens» et pas des «Francs».
Au XIXe siècle, une violente querelle opposa de même érudits français et belges, les deux cherchant à s'approprier la figure prestigieuse de Godefroy de Bouillon, dans un contexte de construction des identités nationales.

Éric Zemmour apparaît donc comme l'héritier de cette longue volonté de confisquer la gloire de la croisade, quitte à réécrire une épitaphe ou à fausser l'histoire.

«La croisade aura duré moins de deux siècles»
>> FAUX
Il est faux de parler de «la croisade», comme s'il s'agissait d'un mouvement unique (p.68). Durant toute la période médiévale, le pape lance des croisades en direction de la Terre Sainte bien sûr, mais aussi de l'Espagne, de l'espace balte (croisades des chevaliers teutoniques), contre les Albigeois (les cathares) dans le Languedoc ou encore contre un ennemi politique en Occident… Il n'y a donc pas qu'une seule croisade.
En outre, Éric Zemmour confond (là aussi, volontairement) les États latins d'Orient et les croisades. Les premiers disparaissent en 1291, avec la prise d'Acre par les Mamelouks: notons cependant que le royaume de Chypre dure jusqu'en 1489. Par contre, les croisades, au sens strict de pèlerinage armé sanctionné par la papauté romaine, durent bien plus longtemps: des bulles de croisade sont promulguées en 1478, 1479, 1481, 1482, 1485, 1494, 1503 et 1505, pour soutenir la Reconquista espagnole; puis très souvent au XVIe siècle contre l'Empire ottoman. L'esprit de croisade est très fort aux XVe-XVIe siècles et il joue un rôle clé dans le processus des grandes découvertes: c'est en pensant à la reprise de Jérusalem que Christophe Colomb part vers l'ouest. Et ce n'est qu'en 1847 que la papauté reconnaît officiellement que l'argent levé pour la croisade sera désormais utilisé pour l'entretien des églises, et non pour faire la guerre aux infidèles.

«Le pape Urbain II avait reçu la visite d'un Picard qu'on nommait Coucou Piètre, ou Pierre l'Hermite»
>> CONTESTABLE
Le surnom «Coucou Piètre» sort littéralement de nulle part: on le trouve pour la première fois, à notre connaissance, chez Jules Michelet, que d'ailleurs Éric Zemmour cite juste après (p.65). Avec tout le respect dû à ce grand écrivain du XIXe siècle, il faut préciser que ce n'est pas une source de l'époque des événements (ce qu'on appelle une source primaire), mais un romancier qui écrit des siècles plus tard. Les historiennes et historiens contemporains n'ont pas repris ce surnom que l'on ne trouvera jamais dans un bon livre d'histoire sur les croisades.
Pierre l'Ermite, lui, a bien existé et il a joué un rôle fondamental durant toute la première croisade, même si sa visite à Urbain II n'est absolument pas attestée. Dans un bel article sur le sujet, Jean Flori note très clairement que la grande majorité des sources dont on dispose ne font de Pierre l'Ermite que le chef d'un des premiers contingents de la croisade. Il a probablement été un prédicateur très populaire, prétendant avoir reçu une vision divine; mais il apparaît historiquement très peu probable qu'il soit à l'origine de la première croisade.
«On ne peut juger du bien-fondé des croisades qu'à la lueur de la chute de Constantinople devant les troupes turques en 1453»
>> CONTESTABLE
Un ou une historienne n'a pas à «juger du bien-fondé» de quoi que ce soit: son rôle n'est pas de distribuer bons et mauvais points ni de siéger dans une sorte de tribunal de l'histoire…
Plus grave encore, la méthode que propose Éric Zemmour (p.69) s'appelle une approche téléologique: cela consiste à voir un événement en fonction de ce qui s'est passé après lui. C'est l'un des gros biais qui guettent toujours l'historien ou l'historienne, puisqu'évidemment, quand on raconte l'histoire, on en connaît la fin: on a donc toujours tendance, parfois inconsciemment, à considérer que les événements devaient forcément déboucher sur cette fin-là. Or un événement a des causes, puis des conséquences, dans cet ordre, et on ne peut pas lire un événement à partir de ses conséquences (ou, en tout cas, pas seulement).
Écrire que la première croisade ne se comprend que par rapport à la chute de Constantinople en 1453 peut sembler fondé: en réalité, c'est tout aussi absurde que si on écrivait: «La politique fiscale du cardinal de Richelieu est entièrement justifiée par le krach boursier de 2008».

«L'affaiblissement de l'esprit de croisade ne fut pas une marque de progrès moral mais une preuve de décadence»
>> CONTESTABLE

Aux dernières nouvelles, la «décadence» n'est pas un outil d'analyse historique, mais un pur fantasme pseudo-historique, qui cache en réalité un jugement d'ordre moral. Il est donc faux de présenter cette affirmation (p.70) comme une vérité générale: il faudrait écrire: «À mes yeux, l'affaiblissement de l'esprit de croisade est une décadence».

«Pour justifier leurs attaques meurtrières sur le sol français en 2015, les propagandistes du Califat islamique sonnèrent l'heure de la revanche contre les “croisés”»
>> CONTESTABLE
Contrairement à ce qu'écrit Éric Zemmour, on trouve bel et bien un discours de la croisade appliqué au monde contemporain en Occident: le 16 septembre 2001, George W. Bush parlait ainsi de la «croisade» contre le terrorisme. Le mot provoqua alors un tollé de protestations, notamment venu du monde musulman, et le président américain tenta de s'en excuser et de rattraper sa bourde. On aurait également pu citer le «bon mot» du général Gouraud, devant la tombe de Saladin à Damas en 1920: «Nous voilà de retour, monsieur le sultan !» (probablement apocryphe, mais révélateur). En plus proche de nous encore, comment oublier qu'Anders Breivik, juste avant de tuer 77 personnes se présentait comme un Templier et un croisé?
Bref, il n'y a donc pas d'oubli occidental: le vocabulaire de la croisade n'a jamais véritablement déserté les imaginaires contemporains, en Orient comme en Occident. Depuis la période médiévale, il a sans cesse été reconvoqué, réutilisé, remobilisé, et gageons qu'il le sera encore pendant très longtemps.
Ce fact-checking a été conçu et écrit par Florian Besson et Simon Hasdenteufel, spécialistes des États latins en Orient.
L'ensemble d'Actuel Moyen Âge est solidaire de cet article.
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A
La relecture des articles de Zemmour est salutaire et nécessaire mais qui s'y intéresse? On peut rajouter aux " cadors "et "jeunes loups" les youtubeurks comme Raptor ,Valek et autres qui cartonnent sur twitter à coup de millions d'abonnés. Filppant.
Toxiques comme leurs ancêtres , les Eric Brunet, les Truchot, les Praud.
Heureusement que le Taulier et Mr Pax sont là pour nous sortir du caniveau
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P
Vincent Bolloré. Certains naissent avec une cuillère dorée dans la bouche. Le petit breton lui c’était carrément dans un bol doré qu’il prenait sa bouillie.
Bolloré, un « Coffre » selon Céline * Avec l’Arnault il feraient une belle paire pour un manteau de cheminée. L’un vend du faux luxe l’autre de la vraie merde.

Mais aujourd’hui c’est d’un certain Zemmour qu’il s’agit.
Contrairement au Taulier, c’est plutôt à un rat qu’il me fait penser. Vous savez, celui qu’on voit sur l’épaule de ceux, déclassés, qu’on veut faire paraître méchant. Ce dont je suis sur c’est que ce rat quittera le navire dés que l’embarcation que ses « amis » préparent pour lui et qui devrait l’amener au pouvoir.
Hegel et Marx énonçaient que : « « la première fois l’Histoire se répète comme tragédie, la seconde fois comme farce. ». Ici ce sera l’inverse. Il y a eu la candidature de Coluche à la présidence de la république . Il a atteint des intentions de vote largement supérieures à celle du rat, même à ses débuts, et nous a bien fait rire.
Avec Zemmour, nous allons voir ce qui nous attend. Quoi qu’il puisse se passer, le pitoyable ne sera pas loin.
Il me semble qu’il faille démonter la marionnette. D’abord elle a des tics d’élocution insupportable dés qu’on l’écoute un peu trop longtemps. Il ponctue ses affirmations de « Vous savez bien » des « Nous en avons déjà parlé ensemble » destiné à mettre son auditoire dans sa poche. Non Monsieur Zemmour, je ne sais pas bien car ce que vous dites est erroné, vous truquez faits et chiffres et ca, je le sais.
Il en va de même avec sa prétendue érudition. On trouve sur Slate des relectures de texte de Zemmour par Askolovitch ou d’autres qui battent en brèche le mythe d’un Zemmour érudit.

Un exemple **:
Dans son dernier livre «Le Suicide français» (Albin Michel), qui remporte un succès considérable, Eric Zemmour reconstruit à sa manière l’histoire de France distribuant les bons et les mauvais points idéologiques. Il prend ainsi la défense du régime de Vichy et dans une certaine mesure de sa collaboration avec l’Allemagne nazie qui occupe la France après l'avoir vaincu militairement. Comme l’explique pourtant Pascal Riché de Rue89: «s’il avait vécu à cette époque, Zemmour, issu d’une famille juive algérienne, aurait été déporté ou aurait vécu dans la terreur».
Dans un chapitre titré «Robert Paxton, notre bon maître», Eric Zemmour s’en prend à la thèse de l’historien américain, qui fait référence sur le régime de Vichy, et est l'auteur du livre «La France de Vichy» (éd. Seuil). L’historien a été le premier à ouvrir les yeux aux Français sur un épisode de leur histoire jusque-là refoulé et sur la complicité et la responsabilité du régime de Pétain dans la persécution et la déportation des juifs en France.
Mais selon Eric Zemmour, la thèse de Paxton, est avant tout idéologique. Tout ne serait pas condamnable dans la politique de Vichy qui aurait notamment permis de sauver 75% des juifs en France grâce à «la stratégie adoptée par Pétain et Laval face aux demandes allemandes: sacrifier les juifs étrangers pour sauver les juifs français». La fameuse thèse du bouclier et du double-jeu qui sert depuis 70 ans à l’extrême-droite française à justifier les exactions de Vichy au nom de la protection d'une majorité de la population de l'occupant.
Le problème c’est que Pascal Riché de Rue89 a interrogé Robert Paxton qui réduit les arguments d’Eric Zemmour à néant. «Cet argument est parfaitement vide explique l’historien. Il suffit de lire les lois promulguées par Vichy entre 1940 et 1942, qui imposent des exclusions sur tous les juifs, y compris les juifs de nationalité française. Le statut des juifs qui les exclut des services publics; l’instauration de quotas à l’université; la loi du 22 juillet 1941 sur l’aryanisation des biens juifs... tous ces textes ne font aucune distinction entre juifs français et juifs étrangers…».
Et le fait que les trois quart des juifs français ont survécu à l'holocauste n’est pas glorieux souligne l’historien. «Il (Zemmour) fait croire que c’est un bon chiffre. C’est un mauvais chiffre! En Italie, 16% (des juifs) ont été déportés. Les fonctionnaires italiens et les policiers italiens n’ont pas aidé à la déportation. Si l’Italie a été occupée plus tardivement que la France, l’occupation de l’Italie a duré longtemps après la libération de la France - l’Italie a été occupée deux mois de moins que la France… Voilà le chiffre qu’on pourrait imaginer dans un pays où les Allemands doivent tout faire eux-mêmes, sans l’apport des policiers qu’ils ont eu en France...».

Mais pour ce que j’en dis…





* « – des hommes riches sont coffres…
– alors ?
– Ils pensent « coffre »… ils veulent être de plus en plus gros, en plus blindés, plus en plus invulnérables… le reste ils s'en tapent ! Plus gros que les plus gros, plus pleins que les plus pleins, plus dur que les carapaces les plus chromées de tous les tanks réunis de toutes les armées possibles !… Voilà l'idéal ! Voilà tout ce qui les intéresse ! »

Entretiens avec le Professeur Y

** Le reste à la demande
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