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1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 06:00

Bonne nouvelle, la misère recule dans le monde selon l'ONUDécouvrez les 10 des pays les plus pauvres d'Afrique en 2018Afrique - Le classement 2015 des 25 pays les plus pauvres du monde dévoilé

Ce texte a le mérite d’exister, c’est pour cela que je le publie, même si, à aucun moment, il ne définit ce qu’est l’agriculture paysanne, aussi bien dans les pays dit développés que dans les autres, en développement ou les plus pauvres.

 

Sans surprise, la très grande majorité des vingt-cinq pays les plus pauvres du monde en 2021 se situe sur le continent africain. Ces économies totalisent un produit intérieur brut (PIB) de 401 milliards de dollars, d'après les dernières estimations du Fonds monétaire international (FMI), soit un peu moins que le produit intérieur brut d'Israël (409 milliards de dollars). Les 25 pays les plus pauvres du monde affichent un PIB par habitant moyen de 633 dollars. A titre de comparaison, le PIB par habitant de la France s'élève à 44 770 dollars en 2021.

 

Les 25 pays les plus pauvres du monde en images ICI 

 

Qu’il y’a-t-il de commun entre un paysan du Burundi et un paysan adhérent à la Confédération Paysanne ? Font-ils le même métier ? Agriculture ou élevage de subsistance ou agriculture ou élevage ou viticulture marchande de petits producteurs ? Les mettre dans le même panier est commode politiquement,  un petit côté romantique et passéiste, mais c’est bien loin de la réalité.

 

Thomas Ribémont, président d'Action contre la faim, l'écologiste Yannick Jadot et le socialiste Olivier Faure.

 

Le 24 juillet 2021

 

Des ONG dont Action contre la faim et Greenpeace France ainsi que des responsables politiques, parmi lesquels l'écologiste Yannick Jadot et le socialiste Olivier Faure, appellent la France à résister aux pressions des multinationales et à sauver l'agriculture paysanne, dans la perspective du prochain sommet international sur les systèmes alimentaires.

 

« Un Sommet international sur les systèmes alimentaires aura lieu en septembre 2021, organisé par l'ONU en étroit partenariat avec le Forum Économique Mondial. D'ici quelques jours, le pré-sommet de cette initiative se tiendra à Rome. En dépit de l'inquiétude et des remarques formulées par une grande partie de la société civile, par de nombreux acteurs du monde académique, mais aussi par certains Etats, ce sommet et ce pré-sommet se caractérisent par un manque criant d'inclusivité et un refus de tout dialogue quant aux modalités d'organisation. Les premières orientations prises nous font craindre le pire.

 

Alors que la FAO et de très nombreuses recherches ont montré le rôle essentiel de l'agroécologie paysanne pour répondre aux défis sociaux, alimentaires et environnementaux contemporains, les organisateurs du sommet promeuvent au contraire principalement une agriculture "de technologies de pointe", centrées sur des solutions prétendument révolutionnaires et faussement vertes.

 

Avec l'approbation de l'ONU, se met ainsi en œuvre la stratégie d'influence des principaux groupes agroalimentaires, de technologies de pointes et financiers mondiaux. De plus en plus présents dans des instances alimentaires internationales qu'ils financent largement ou créent de toute pièce, ces groupes ont donné l'illusion d'un consensus salutaire autour des solutions faisant leur fonds de commerce : nouvelles techniques de modification du vivant/nouveaux OGM, numérisation de l'agriculture, viande in vitro, drones-pulvérisateurs, agriculture de précision, agriculture 'intelligente face au climat' etc.

 

L'insécurité alimentaire dans le monde n'est plus liée à un manque de production mais à des inégalités croissantes

 

Dans chacun des cas, les solutions proposées se font au détriment du droit à l'alimentation et de l'autonomie des petits producteurs et étendent l'emprise de ces multinationales sur les terres, eaux, semences, gènes animaux et végétaux. Illustration de cette mainmise, l'envoyée spéciale des Nations Unies pour le sommet n'est autre que la présidente de l'alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), Mme Kalibata. AGRA est une initiative cofondée par les Fondations Bill et Melinda Gates et Rockefeller dans le but d'orienter l'agriculture africaine vers des solutions technologiques avec une prédominance des intrants chimiques et de la biotechnologie. Elle est ardemment décriée par les ONG et organisations de producteurs locales pour son manque de résultats et sa proximité avec certaines multinationales agroalimentaires cherchant des débouchés sur le continent.

 

Au contraire, l'agroécologie paysanne a fait ses preuves. Les fermes familiales du monde entier, de même que les pêcheurs artisanaux et les communautés indigènes, produisent plus de 70% de la nourriture consommée dans le monde tout en utilisant moins de 20% des ressources productives. Les pratiques de polyculture-élevage ont une efficacité énergétique beaucoup plus élevée que les monocultures et l'élevage industriels. Tandis que les pesticides, les engrais chimiques et les monocultures ravagent les sols et la biodiversité, les techniques agro-écologiques ont montré leur capacité à les restaurer.

Alors que l'insécurité alimentaire dans le monde n'est plus liée à un manque de production mais à des inégalités croissantes, les choix politiques au niveau international sont décisifs pour orienter l'agriculture et les systèmes alimentaires. Malgré leur manque d'efficacité et leurs multiples impacts, les "innovations technologiques" des multinationales agricoles et agroalimentaires bénéficient de centaines de milliards d'aides publiques tandis que l'agroécologie est sous-financée. Avec ce sommet, un nouveau pas va être franchi dans l'accaparement de la gouvernance mondiale de l'alimentation par une poignée de multinationales déjà en situation de monopole.

 

Nous demandons à la France de retirer son soutien politique à ce sommet des Nations unies

 

Nous affirmons que pour nourrir sainement les populations de tous les pays, la priorité devrait être une plus juste répartition des ressources agricoles et piscicoles (les terres, l'eau, les semences…) et la promotion d'une souveraineté alimentaire. Cette dernière doit être entendue comme la capacité pour chaque pays, groupes de pays, peuples ou communautés de décider démocratiquement comment, et par qui, leur alimentation est produite et transformée. Les politiques agricoles et alimentaires ne doivent pas être dictées par la toute puissante règle du libre-échange qui entraîne une course au moins-disant social, économique et environnemental.

 

Nous demandons des systèmes alimentaires et agricoles durables, résilients et justes. La France, à travers l'ensemble de ses politiques publiques et ses engagements internationaux, doit soutenir l'agroécologie paysanne. Nombreuses sont les solutions que les citoyens et citoyennes appellent de leurs vœux. Mais pour les mettre en œuvre il faut impérativement que les Etats prennent leurs responsabilités et cessent d'abdiquer face aux sirènes de l'agro-industrie.

 

Nous, signataires de cette lettre, demandons donc à la France de retirer son soutien politique à ce sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires et de construire, au sein de la FAO et du Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale (CSA), avec les nombreux Etats qui y sont favorables, les conditions pour une véritable agroécologie paysanne."

 

Les signataires (organisations et personnalités politiques ou scientifiques) :

 

  1. Action Contre la Faim
  2. CCFD Terre Solidaire
  3. Confédération Paysanne
  4. Greenpeace France
  5. Oxfam France
  6. ActionAid France
  7. Agter
  8. Alofa Tuvalu
  9. Artisans du Monde
  10. Attac
  11. Bio Consom’acteurs
  12. CARI (Centre d'Actions et de Réalisations Internationales)
  13. CMR (Chrétiens dans le Monde Rural)
  14. FADEAR (Fédération Associative pour le Développement de l'Emploi Agricole et Rural)
  15. Filière Paysanne
  16. FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique)
  17. Gret
  18. Générations Futures
  19. Ingénieur·es sans frontières groupe Agricultures et souveraineté alimentaire (ISF Agrista)
  20. Les Amis de la Terre
  21. MIRAMAP (Mouvement Inter-régional des AMAP)
  22. RAC (Réseau Action Climat)
  23. Réseau Environnement Santé
  24. RESOLIS
  25. SOL - Alternatives Agroécologiques et Solidaires
  26. Terre & Humanisme
  27. Union syndicale Solidaires
  28. WWOOF France
  29. François Alfonsi, Député européen
  30. Eric Andrieu, Député européen
  31. Benoît Biteau, Député européen
  32. Manuel Bompard, Député européen
  33. Damien Carême, Député européen
  34. David Cormand, Député européen
  35. Gwendoline Delbos-Corfield, Députée européenne
  36. Karima Delli, Députée européenne
  37. Claude Gruffat, Député européen
  38. Yannick Jadot, Député européen
  39. Michèle Rivasi, Députée européenne
  40. Caroline Roose, Députée européenne
  41. Mounir Satouri, Député européen
  42. Marie Toussaint, Députée européenne
  43. Salima Yenbou, Députée européenne
  44. Clémentine Autain, Députée de Seine-Saint-Denis
  45. Joël Aviragnet, Député de Haute-Garonne
  46. Marie-Noëlle Battistel, Députée de l’Isère
  47. Gisèle Biémouret, Députée du Gers
  48. Jean-Louis Bricout, Député de l’Aisne
  49. Alain David, Député de la Gironde
  50. Jennifer De Temmerman, Députée du Nord
  51. Laurence Dumont, Députée du Calvados
  52. Lamia El Aaraje, Députée de Paris
  53. Olivier Faure, Député de Seine-et-Marne
  54. Guillaume Garot, Député de la Mayenne
  55. Chantal Jourdan, Députée de l’Orne
  56. Marietta Karamanli, Députée de la Sarthe
  57. Jérôme Lambert, Député de la Charente
  58. Sandrine le Feur, Députée du Finistère
  59. Gérard Leseul, Député de Seine-Maritime
  60. Josette Manin, Députée de Martinique
  61. Paul Molac, Député du Morbihan
  62. Philippe Naillet, Député de la Réunion
  63. Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne
  64. Christine Pirès-Beaune, Députée du Puy-de-Dôme
  65. Dominique Potier, Député de Meurthe-et-Moselle
  66. Loïc Prud'homme, Député de la Gironde
  67. Claudia Rouaux, Députée d’Ille-et-Vilaine
  68. Isabelle Santiago, Députée du Val-de-Marne
  69. Hervé Saulignac, Député de l’Ardèche
  70. Bénédicte Taurine, Députée de l'Ariège
  71. Sylvie Tolmont, Députée de la Sarthe
  72. Cécile Untermaier, Députée de Saône-et-Loire
  73. Hélène Vainqueur-Christophe, Députée de la Guadeloupe
  74. Michèle Victory, Députée de l’Ardèche
  75. Guy Benarroche, Sénateur des Bouches-du-Rhône
  76. Thomas Dossus, Sénateur du Rhône
  77. Jacques Fernique, Sénateur du Bas-Rhin
  78. Hervé Gillé, Sénateur de la Gironde
  79. Guillaume Gontard, Sénateur de l’Isère
  80. Joël Labbé, Sénateur du Morbihan
  81. Pierre Laurent, Sénateur de Paris
  82. Monique de Marco, Sénatrice de la Gironde
  83. Raymonde Poncet Monge, Sénatrice du Rhône
  84. Daniel Salmon, Sénateur d'Ille-et-Vilaine
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commentaires

Olivier De Moor 01/08/2021 11:23

Bonjour Jacques,
Je ne me suis jamais posé la question de la surface agricole par habitant sur terre. Et voyant nos grandes étendues céréalières, j'imaginais un chiffre tout autre. Selon la FAO, cette surface est passée de 0,38 ha en 1970 à 0.23 ha en 2000. La projection est de 0,15 ha en 2050. Effet de l'augmentation de la population mondiale bien entendu. Cette moyenne dit rien et dit tout en même temps. Il faudrait un éclaté par pays et comparer quels sont les systèmes les plus performants. Mais tout de même, ce que dit ce chiffre c'est que l'humanité se nourrit à l'échelle du jardin. D'où l'importance des moyens qu'on y consacre, la paysannerie, et sa qualité agroécologique.

ppphilippe 01/08/2021 19:43

https://parcel-app.org/

pphilippe 01/08/2021 10:27

Merci Jacques pour avoir éclairé ce point aveugle de nos préoccupations estivales.
Pourtant nous devrions prendre conscience que les problèmes ainsi soulevés ne nous sont si éloignés de nos vies qu'il n'y parait.
Le partage entre une agriculture durable et résiliente et l'agriculture conventionnelle est encore chez nous très inégal. Il faudra pourtant y penser un jour.
Notre richesse tiens plus à la fertilité de nos sols et nos climats généreux qu'à notre génie agricole. Mais sous l'effet du changement climatique, nos pratiques de court terme pourraient gravement changer la donne.
Enfin faut-il souligner que notre intérêt bien pensé est le même que celui de tous ces paysans pauvres qui traversent la méditerranée, faute de pouvoir survivre sur la terre qui les a vu naître.

pierre 01/08/2021 09:05

la température est supérieure de 6° à la moyenne au Groenland la glace fond, les experts du GIEC vont finir par passer pour d'indécrottables optimistes!. Plutôt que le sauvetage de l'agriculture paysanne, ne faut-il pas passer directement au sauvetage de l'agriculture: imaginons une baisse des récoltes de 30%, de la pêche de 40%..........

pphilippe 02/08/2021 09:52

Bonjour
Sûrement qu'il va en falloir de la pédagogie pour à la fois répondre à cette statistique "au doigt mouillé" de 100% de patates attaquées par les vers (sûrement les ...ravageurs ? Taupins ?) et faire le lien avec le fait que la lutte contre les vers des Pdt est presque toujours passée par l'épandage d'insecticides qui participent, par essence même au fait que les glaces du Groenland fondent. Ben nous ne sommes pas sorti des ronces !

pierre 01/08/2021 21:25

bien sûr mais 100% des pommes de terre consommée en France ce midi étaient colonisées par des attaques de vers (interdiction des produits phytosanitaire les protégeant) et dans les galeries creusées des moisissures prospèrent, les patates sont elles moins dangereuses qu'avant?. Sur terre , de plus violent que l'homme il n'y a que la nature er de loin

ppphilippe 01/08/2021 19:39

"ne faut-il pas passer directement au sauvetage de l'agriculture..."

Mais le sauvetage de l'agriculture passe par l'agriculture paysanne. Plutôt que de poser la question de la baisse des récoltes de 30%, il aurait mieux valu se poser la question de savoir si ces productions dopées aux externalités (engrais, phyto) étaient durables ? Elles ne le sont pas.
Dans ces conditions il reste à réinventer d'autres modèles. Après tout les jachères sont légions dans ce pays. Nous manquons juste de bras, ils viendront, par force ou par la faim, ils viendront un jour.
Nous avons vu pendant le premier confinement des formes nouvelles de circuits courts apparaître sur le devant de la scène. D'autres modèles sont en gestation, leur manque juste le cadre pour qu'ils bourgeonnent.
"https://solagro.org/nos-domaines-d-intervention/agroecologie/transition-des-systemes-et-des-pratiques-agricoles"

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