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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 06:00

110 Propositions pour la France

J’avais, bien sûr, voté Mitterrand aux deux tours, sans grand enthousiasme, ses 101 propositions pour la France ICI, grand fourre-tout, rassemblait une seule ligne programmatique qui cachait des conceptions divergentes entre les différents courants, Chevènement, Poperen, Deferre, et cette foutue deuxième gauche venue rejoindre le char du PS d’Epinay tardivement avec le chouchou des sondages, Rocard.

 

À l’occasion d’un colloque célébrant les trente ans du 10 mai 1981, le mitterrandiste historique Pierre Joxe entreprit par ces quelques phrases de minimiser la contribution des programmes électoraux à la victoire de François Mitterrand. L’ancien ministre expliqua par ailleurs que les discussions programmatiques menées avec le Parti communiste au cours des années 1970 n’avaient été au fond que de simples « opérations de vérification d’orientations politiques ».

 

« François Mitterrand ne croyait pas aux programmes. Il n’en voulait pas. Il a dû s’en accommoder. C’est contraint et forcé par Chevènement, il faut le dire, qu’il est entré dans la mécanique infernale des programmes. […] L’histoire a montré qu’on ne gagne pas avec un programme. Un programme est une illustration, est un catalogue, est un prospectus, mais la volonté politique, l’ambition politique, la certitude de la volonté de gouverner ensemble ne tenaient que partiellement à un programme dont tout le monde savait à l’avance ce qu’il y aurait dedans et ce qu’il n’y aurait pas. »

 

Le 10 mai 1981 fut le triomphe de l’ambiguïté, dont on ne sort qu’à son détriment (cardinal de Retz pour la mouche), cher au florentin de Jarnac, le tournant de la rigueur de mars 1983, sonna à la fois la fin de la récréation et le glas des illusions.

 

« L’idée appelée socialisme est morte », écrit le Wall Street Journal après le tournant de la rigueur annoncé par François Mitterrand en mars 1983. Pierre Mauroy, lui, est bien vivant, malgré une bataille longue de plus d’un an qu’il a dû mener, avec le soutien indéfectible de Jacques Delors, contre le président de la République qui, sourd à ses appels à la prudence, lançait à l’un de ses ministres : « Quand même, la France n’est pas à 100 milliards de francs près ! » Si, Riboud (le frère d’Antoine le fondateur de Gervais-Danone, Fabius, Bérégovoy et quelques autres « visiteurs du soir » avaient imposé leurs vues, la France serait sortie du système monétaire européen, l’ancêtre de l’euro.

 

J’ai vécu cette période aux côtés d’un Mitterrandien pur sucre, Louis Mermaz, guère féru d’économie, proche de Delors, se méfiant aussi bien de Fabius que Chevènement, ça tanguait fort sur le char de l’Etat. Delors menaçait chaque matin de démissionner, Rocard dans son placard du Plan est inaudible.

 

Jacques Delors sort de son isolement après la première dévaluation du franc, le 4 octobre 1981. Lors d'une réunion gouvernementale, il formule le vœu de réduire le train de vie de l'Etat et d'améliorer la compétitivité des entreprises. Mais il n'est pas entendu. Il n'obtient que des miettes : une réduction des dépenses de l'ordre de 15 milliards de francs (soit 2,29 milliards d'euros) et des conseils sans lendemain visant à modérer la hausse des salaires...

 

Un mois plus tard, lors d'un passage à la télévision, Jacques Delors réclame une pause dans les réformes. L'expression est forte, elle fait explicitement référence à un discours prononcé par Léon Blum, président du conseil du Front populaire, le 17 février 1937. Ce sera peine perdue.

 

La parenthèse enchantée durera à peine deux ans, après quoi les Français devront ingurgiter la potion amère de l'austérité. Le 23 mars 1983, il y a trente ans, la France inaugure la politique de la rigueur, toujours bien présente dans l'actualité, même si son nom n'est pas cité. ICI

 

C’était le début de la fin de l’Union des gauches inconciliables que le jeune Macron désintégrera en 2017. Il aura fallu plus de 30 ans et les couplets pour le grand rassemblement des gauches en 2022 se briseront sur le pic nommé Mélenchon qui se la joue Tonton : la troisième fois l’on gagne.

 

Donc, le 10 mai 1981, j’étais sur le flanc, coincé par mes vertèbres, je ne pus me rendre à la Bastille à la grande fête de Popaul, Paul Quilès le député de mon 13e arrondissement. Et pourtant, la victoire de Mitterrand allait changer le cours de ma vie par l’entremise de mon ami Jean-Michel Belorgey qui sera élu à Vichy dans la vague rose. Il m’appellera à mon bureau de l’Office du Vin « Veux-tu occuper de le hautes fonctions ? » Ahuri je répondis « Dis comme ça, pourquoi pas… ». Ce ne fut pas Matignon auprès de Mauroy mais ce fut l’hôtel de Lassay dans l’équipe du président de l’AN.

 

Ma vie prenait un tournant imprévu, en petit soldat rocardien je prêchais la bonne parole pendant près de 3 ans, puis je rejoignis mon « idole » au 78 pour négocier la réforme de l’OCM vin, puis 76 je me mis à embouteiller du rouge et à le vendre, enfin en 1988 avec Tonton 2 et mon « idole » à Matignon retour au 78 avec des galons.

 

J’ai donc servi pendant 10 ans sous les ordres du Pacha de l’Elysée, je ne crache pas dans la soupe mais je ne peux me départir de mon absence d’admiration pour Tonton.

 

 

« On entre dans un nouveau monde »

 

De Château-Chinon à la Bastille, ceux qui ont vécu la victoire de François Mitterrand racontent.

 

Dimanche 10 mai 1981. Second tour de l'élection présidentielle. Le face-à-face s'annonce prometteur. D'un côté, le président sortant, Valéry Giscard d'Estaing, qui a recueilli 28,32% au premier tour. De l'autre, le leader socialiste, François Mitterrand, déjà candidat en 1965 et 1974 et qui a obtenu 25,85% des suffrages quinze jours plus tôt. Les voix de Georges Marchais, le patron du Parti communiste français, lui semblent acquises, mais que feront les électeurs de Jacques Chirac, arrivé troisième avec 18% des voix ? L'attitude dans l'entre-deux-tours du chef de file du RPR, qui a ouvertement refusé d'appeler ses troupes à voter Giscard, porte à croire qu'en ce jour de mai, la France peut basculer à gauche.

 

Quarante ans plus tard, France-info a recueilli les témoignages de ceux qui ont vécu au plus près cette élection. Dans ce récit choral, les leaders du PS, de l'UDF, du RPR, les proches de François Mitterrand, les journalistes stars du petit écran mais aussi des Français de tous bords racontent cette journée entrée dans l'Histoire.

 

Propos recueillis par Margaux Duguet ICI 

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pax 10/05/2021 08:34

« La France passe de l’ombre à la lumière ! » Le Jack devait être aveuglé par cette lumière qui très vite allait devenir glauque. Il aurait du se souvenir, lui le futur ministre la culture, du film de Clouzot « Le Corbeau » (1943)
Dans une séquence * devenue culte on assiste au dialogue entre le docteur Rémy Germain
( Pierre Fresnay) et le docteur Michel Vorzet ( Pierre larquey)
Vorzet contredit Germain en lui disant qu’il est vain de croire que le bien c’est la lumière et l’ombre c’est le mal. Mais ou est l’ombre, ou est la lumière ? Il joint le geste à la parole et d’une pichenette fait vaciller la lampe au dessus du bureau devant lequel ils s’entretiennent. La scène,tour à tour, selon le mouvement de balancier passe de l’ombre à la lumière. Clouzot file la métaphore qui fait dire à Vorzet à l’attention de Germain « Essayer donc de l’arrêter » Germain tend la main et se brule . CQFD dit à peu près Vorzet.
Déjà une parole en l’air cher Jack. La parole d’un éternel frimeur…

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