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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 08:00

 

« Les amis en attendant que la navette autonome MyShuttle entre enfin en service nous allons aller à pied prendre un verre sur les bords du lac. Je ne sais si notre cher Ambrose t’a dit que nulle part en Suisse on ne peut trouver un coucher de soleil plus impressionnant que sur le lac de Zoug, même les habitants de Zoug ne s’en lassent pas : lorsque le soleil se couche sur le lac, l’horizon devient rouge sang et tous les regards se tournent vers le jeu des couleurs sur l’eau. »

 

- Tu t’es reconverti en Tripadvisor mon Louis…

 

 

- Suis romantique mon grand, comment se porte cet emmerdeur de Beria ?

 

 

- Comme un tyran !

 

 

- Tu aurais dû emmener ta choupette avec sa trottinette, ici dans la vieille ville c’est le paradis des enfants…

 

 

- Elle a école mais comme elle adore le lac du Bourget je suis sûre qu’elle aimera cet écrin…

 

 

- À propos de prendre un verre Louis, notre belle amie est une naturiste radicale…

 

 

- C’est la poêle qui se moque du chaudron, Ambrose ingurgite des vins totalement barrés…

 

 

- Comme j’ai le bras long à Zoug, là où nous allons prendre l’apéro, je leur ai fait acheter un Villette, Blanc sans filtre, Mermetus – Chollet. C’est un chasselas primeur, non filtré, mis en bouteille au début de l'année qui suit la vendange. J’aime bien l’étiquette inspiré du paquet de Gauloises, sans filtre bien sûr. C’est le blanc de soif idéal issu d’une fermentation spontanéee et humour suisse : « tout excès de modération peut nuire gravement à votre santé... ». Nous le licherons sur quelques filets de perches et un jeune Etivaz au goût de noisette.

 

 

- Le grand jeu comme toujours Louis…

 

 

- Amuse-bouche mon Ambrose, nous avons du pain sur la planche…

 

 

- Du pain noir…

 

 

- Toujours optimiste.

 

 

- Méfie té, méfie té, comme disent les paysans cauchois…

 

 

- Nous entrerons dans le vif du sujet au dessert, nous dînons en terrasse sur les bords du lac.

 

 

- Clotilde rentre à quelle heure ?

 

 

- Pour le dessert même si elle n’y touche pas.

 

 

- Comment vont ses affaires ?

 

 

- Ça flambe, la Covid n’a pas stoppé la progression des milliardaires, bien au contraire, et l’art contemporain est une valeur sûre, plus que le bitcoin à mon avis.

 

 

Depuis février 2021, les impôts du canton de Zoug peuvent être payés directement avec des cryptomonnaies comme le Bitcoin et l’Ether. Cette façon de payer ses impôts a été rendue possible grâce à une collaboration avec Bitcoin Suisse, un pionnier de la Crypto Valley suisse. Grâce à cette initiative, Zoug devient ainsi le premier canton suisse dans lequel les impôts peuvent être payés avec des cryptos.Le canton de Zoug compte un grand nombre d'entreprises dans le domaine des cryptos. « En tant que berceau de la Crypto Valley, il est important pour nous de promouvoir et de simplifier davantage l'utilisation des cryptomonnaies dans la vie de tous les jours » a déclaré le directeur financier Heinz Tännler, ajoutant : « En permettant le paiement des impôts avec Bitcoin ou Ether, nous faisons un grand pas dans cette direction » « Nous ne prenons aucun risque avec ce nouveau mode de paiement, puisque nous recevrons l’argent en francs suisses, même si le paiement est effectué en Bitcoin ou en Ether. Ainsi, la volatilité des taux de change cryptés n'a aucune influence sur le paiement final en francs suisses ».

 

 

Le petit chasselas primeur, non filtré, filait, la conversation roulait.

 

 

- Dis-moi Louis, comment Clotilde est-elle devenue une galeriste de premier rang.

 

 

- Les années 1990 très chère, elles coiffent une période cruciale au cours de laquelle les processus de libéralisation, déréglementation et globalisation de l’économie et de la finance devinrent prépondérants dans le monde entier, un régime de croissance économique basée sur la finance de marché, au lieu de la production de biens et services, en tant que source de profits pour les entreprises.

 

 

- C’est l’époque où François Pinault a constitué le cœur de sa collection…

 

 

- Exact, rien ne se vendait, même au plus haut niveau, ainsi des grands noms ont changé de mains à des prix qui feraient rêver les acheteurs d’aujourd’hui. Les périodes difficiles peuvent être plus intéressantes que les périodes d’euphorie.

 

 

- Raconte…

 

 

La vente d’art, c’est comme la banque, un métier de discrétion. La Suisse n’est pas seulement un coffre-fort financier, elle est aussi le coffre-fort de l’art, même si depuis le mai 2009 elle a perdu son statut d’extraterritorialité.

 

 

- Le port franc de Genève…

 

 

- Oui, dans le quartier de la Praille, 140 000 m2 s’alignent dans d’énormes entrepôts gris, protégés par des grillages, protégés par des patrouilles de maîtres-chiens et d’agents armés. Aucune indication précise ne permet de se repérer dans le port franc, à l’exception des chiffres tracés sur les bâtiments.

 

 

- L’extraterritorialité ?

 

 

- C’était bien plus que le simple « dépôt franc sous douane » qui t’exonère de droits de douane et de TVA, ainsi un tableau exporté illégalement pouvait y dormir pendant des années et ressortir « blanchi ». La nouvelle loi exige des inventaires précis mis à disposition des douanes, le but éviter le trafic d’art et d’antiquités.

 

 

- Dans lequel vous avez trempés les mecs…

 

 

- Un chouïa, lorsque nous ne pouvions faire autrement, mais nous évitions autant que faire ce peu, d’autant plus que pour nous les tableaux étaient notre monnaie d’échanges.

 

 

- Des petit aigrefins en quelque sorte…

 

 

- Si tu veux, nous n’étions que des exploiteurs de trous juridiques, ceux qui permettent d’agir en la contournant sans être accusés de la violer. La période s’y prêtait, le blé dégoulinait, les futurs oligarques voraces pillaient la Russie. Avec Clotilde nous avons tout de suite compris qu’en alliant nos savoir-faire nous pouvions profiter de l’aubaine. Comme en Europe, tout grand marchand possède sa chambre forte dans un port franc, Genève, le plus international, celui de Zurich, le plus proche de l’Allemagne, ou encore celui de Chiasso, dans le Tessin, à la frontière de l’Italie. La Suisse lieu idéal pour notre portefeuille de clients constitué lorsque nous bossions pour le compte de LD&Interagra avec les Soviets de Gorbatchev…

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commentaires

pax 30/05/2021 17:35

Mouche du coche toujours, langdeput parfois.
Corrigeons, corrigeons tempérons tempérons. En matière d'art la Suisse c'est aussi la superbe Fondation de l'Hermitage à Lausanne avec ses expositions de grande qualité qui jette toujours un regard original sur un patrimoine classique dont on aurait pu croire l'approche épuisée.Lausanne qui abrite aussi le musée de l'Art Brut ( Collection de Dubuffet que la France n'a pas su accepter) La Suisse c'est aussi la Fondation Gianadda à Martigny ou encore la Fondation Beyler à Bâle.
Milles excuses amis de la raclette et du fendant.

pax 30/05/2021 15:30

Suisse « terre de contraste » comme soulignait souvent les conférences « Connaissance du Monde » ou je trainais les enfants dans mes jeunes années de père.
C’est exactement cela. Guillaume Tell d’un coté avec sa jeune sœur Heidy et les conquérants de l’inutile du Cervin et de l’Eiger, ou encore le professeur Auguste Picard * et sa descendance tout aussi scientifique Jacques et son petit fils Bertrand qui s’est illustré par un tour du monde sans escale en ballon et son avion électrique. Tout cela est bel et bon.
Mais de l’autre ! On s’est acheté une bonne conscience en feignant de supprimer le secret bancaire ** Ce qui n’empêche nullement les affaires de continuer.
Tout cela pour dire que lorsque l’ont parle d’art en Suisse on parle de tout sauf d’art. On parle d’abord et surtout de fric et de combine ***.
L’art pour une certaine couche de la population est d’abord une marchandise ou une matière première, cotée en bourse comme n’importe qu’elle autre valeur cotée. Le petit plus que l’art apporte à ces vulgaires spéculateurs c’est une espèce de supplément d’âme.
Il est plus flatteur d’être connu pour celui qui a acheté l’œuvre la plus chère du moment. Ce clinquant leur plait plus que d’être dans le haut du classement Forbes des fortunes mondiales aux cotés d’un vulgaire Bezos, Arnaud ou Musk.
Car la valeur des œuvres d’art, à ce niveau se manipule. Le Taulier évoque François Pinault, celui la même qui vient d’inaugurer l’ancienne Bourse du Commerce rénovée qui abrite une partie de sa foisonnante collection. Celle ci est encombrée de création de Damien Hirst valant toutes plus chère les unes que les autres.
La tête de ce petit génie s’est mise à enfler à telle point qu’il a pu croire pouvoir se passer de ses marchands habituels qui tiennent galeries sur rue. En confiant la vente directe de ses œuvres à Sotheby's, à Londres, il a violé ainsi une règle importante du marché de l'art. Arriva ce qui devait arriver les galeries ont commencer à vendre d’autres artistes qu’elles mettaient en valeur et la cote de Hirst s’est effondrée. La valeur de la collection Pinault aussi. Pour limiter la casse Pinault organisa une grande rétrospective de « Dix ans de production secrète » de ce fabuleux « Artiste » à la Douane de Mer et au Palazzo Grassi qu’il possède à Venise. Et la cote remonta…
Il est connu que les artistes arrivés achètent et collectionnent les œuvres de leurs confrères. Pas fous, Hirst et Koons n’achètent pas les œuvres de leurs confrères contemporains mais des œuvres de valeur sure du XIX ou XX siècle.
Restons en là mais les biographies de ces « Maîtres »sont riches en coups fourrés, manipulations et procès en tout genre.

* Il servi de modèle à Hergé pour le professeur Tournesol
** Il faut voir l’empressement mis pour donner suite aux exigences américaines qui avec le cynisme dont ils sont capables avait mis dans le plateau de la balance le droit de bosser aux States sinon…
*** Voir les mésaventures d’Yves Bouvier déjà évoquées dans un récent commentaire. Il est l’inventeur des ports francs pour œuvres d’art.

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