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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 06:00

Épinglé sur Cinerama

Bilan du confinement :

 

1949 : Riz amer

1971 : Mort à Venise

1972 : Ludwig ou le crépuscule des dieux 1ière partie

1973 : Ludwig ou le Crépuscule des dieux, 2ième partie

1987 : Les Yeux noirs

 

Dénominateur commun Silvana Mangano

 

Silvana Mangano | Actrice, Video musique, Girardot

 

Au risque  de surprendre les cinéphiles, dans Mort à Venise, Visconti qui excelle dans l'art de montrer les palais décrépits, les ruelles lépreuses, l'ocre des murs au moment de la mort, les palais dorés sous la lagune, c’est la beauté princière et irréelle de Silvana Mangano, ses voilettes, sa démarche altière, qui m’a fasciné, pourtant elle qui incarne la baronne Moes, mère de Tadzio, jeune adolescent androgyne, qui trouble, Gustav von Aschenbach, Dirk Bogarde, vieux compositeur en villégiature, très librement inspiré de Gustav Mahler, ne prononce que quelques mots insignifiants dans ce film.

 

Dans "Mort à Venise", la beauté et la vie se dérobent - L'Express

 

La dernière fois que je suis allé à Venise je me suis rendu au Lido où j’ai constaté que le Grand Hôtel des Bains n’était plus qu’un chantier entouré de viles palissades de bois, il n’était ni réduit en cendres, ni enseveli dans les sables de la lagune, mais tout bêtement vendu à un promoteur de Padoue, Est-Capital pour être découpé en appartements de luxe. C’est pire que tout que ce joyau Art nouveau en soit réduit à cette dégradation ignominieuse.

 

Mostra, les vestiges de la gloire

HÔTEL DES BAINS À VENISE

 

Silvana Mangano a littéralement « explosé » à l'écran dans Riz amer (1949), un film de Giuseppe de Santis, illustrant avec une conviction toute militante un conflit social dans les rizières du nord de l'Italie. Pour le réalisateur et pour les scénaristes, tous proches du Parti communiste, le film s'inscrivait dans le droit fil d'un cinéma de contestation, tout bardé d'idéologie, tel que les pères fondateurs du néo-réalisme l'avaient imaginé et théorisé sous l'éteignoir mussolinien.

 

Riz amer - film 1949 - AlloCiné

 

Mais il faut reconnaître qu'ils ont simultanément joué, avec une belle conviction, la carte de l'érotisme, imposée sans doute par un producteur soucieux de rentabilité. La Mangano, dans son improbable short d'improbable prolétaire, la cuisse musclée, le corsage tendu, le regard fier, a séduit l'Italie, puis l'Europe. Elle a conquis également le jeune producteur du film, Dino de Laurentis, qui l'a épousée l'année même de la sortie du film, en 1949.

 

Photo du film Riz amer - Photo 5 sur 8 - AlloCiné

Riz amer (Giuseppe De Santis, 1948) - La Cinémathèque française

 

À la fin des années 1940, le néo-réalisme se dissout doucement dans la comédie italienne et dans l'érotisme : les entreprises de production romaines, reconstituées après la débâcle du fascisme, recrutent des actrices pour leur physique, révélé dans les innombrables concours de beauté qui émoustillent la péninsule. Apparaissent ainsi, entre 1947 et 1949, Gina Lollobrigida, Sophia Loren, puis Silvana Mangano, parmi des centaines d'autres qui ne se sont jamais hissées au-dessus des rôles de figurantes ou des productions de seconde zone.

 

Silvana Mangano, fille d'un cheminot sicilien et d'une mère anglaise, fut élevée par son frère aîné Roy et ses deux sœurs cadettes, Patrizia et Natascia dans la pauvreté et la privation. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la misère s'accentua. Elle découvre la danse à l'Opéra et, pendant sept ans, sa mère fera l'effort de lui payer des cours de danse chez Jia Ruskaya, à Milan.

Silvana devient mannequin à l'atelier Mascetti puis est élue  Miss Rome  à l'âge 17 ans. La même année, le metteur en scène Mario Costa la remarque et lui fait tourner un petit rôle dans L'Élixir D'Amour (1946) avec une jeune Gina Lollobrigida dans un registre musical. Elle tourne deux autres films comme figurante jusqu'à ce que De Santis la remarque.

 

Le 17 juillet 1949, elle épouse Dino De Laurentiis jusqu'à son décès le 16 décembre 1989. Ils eurent 4 enfants : Véronique, Raffaëlla, Federico et Francesca.

 

En 1949, il l'engage pour être la partenaire de Raf Vallone  dans Riz Amer. Elle n'obtient pas la tête d'affiche mais le troisième des quatre principaux rôles. Grâce à la publicité, Silvana devient une célébrité avant même la sortie du film. Les contrats affluents, elle signe avec la Lux-Films.

 

En 1950, les tournages s'enchainent : Anna  (1951) avec Raf Vallone, Mambo (1954) avec Shelley Winters, Ulisse (1955) avec Kirk Douglas et Anthony Quinn, This Angry Age (1958) et 5 Branded Women  (1960) avec Vera Miles et Van Heflin pour les plus connus.

 

Très soucieuse de l'éducation de ses enfants mais aussi de sa carrière, elle tourne une moyenne d'un film par an : chacune de ses apparitions sont des succès au box-office en Europe. Silvana, malgré sa beauté et son talent, ne suivra pas sa concurrente Gina Lollobrigida qui atteint la consécration aux États-Unis.

 

Son fils Frederico est décédé en le 15 juillet 1981 dans un crash d'avion en Alaska. Souffrant de la perte de ce fils, le couple commence à battre de l'aile et l'actrice tombe dans une profonde dépression, ils se sépareront en 1983 mais resteront mariés.

 

En 1987, elle tourne dans son dernier film " Oci Ciornie " dans un tout petit rôle.

 

Sa fille Rafaela est devenue productrice.

Silvana Mangano est décédée le 16 décembre 1989 d'un cancer des poumons à Madrid, en Espagne.

 

Gruppo di famiglia in un interno- di Luchino Visconti, 1974 Silvana Mangano  Foto di Mario Tursi – Archivio Enrico Appetito – A Shaded View on Fashion

Mort de Silvana Mangano La magicienne

Le Monde

Publié le 17 décembre 1989

 

 

Elle était belle comme une fille de la Terre, mystérieuse comme si elle se souvenait d'un autre monde. Elle a fasciné les plus grands cinéastes tout comme le public. Le temps, chez elle, n'avait rien altéré. Pourtant elle est morte à Madrid dans la nuit du 15 au 16 décembre. Elle souffrait d'un cancer et avait subi une opération le 4 décembre. Depuis, elle survivait dans un état de coma. Elle était âgée de cinquante-neuf ans.

 

En 1949, néoréalisme oblige, le monde a les yeux fixés sur le cinéma italien. Au Festival de Cannes, un film fait sensation : Riz amer, d'un réalisateur marxiste, Giuseppe De Santis, préoccupé de problèmes sociaux, et dont on connait déjà le style épique. La sensation ne vient d'ailleurs pas de là mais d'une jeune actrice (elle n'a pas encore vingt ans), Silvana Mangano, dans un rôle d'ouvrière saisonnière de repiquage du riz, dans la plaine du Pô, une mondine moulée dans un pull-over noir collant, portant un short qui laisse voir des cuisses généreuses, et des bas noirs déchirés roulés au-dessus des genoux. Voilà Silvana Mangano consacrée " bombe sexuelle " ou " Rita Hayworth du néoréalisme ", ce qui n'entrait absolument pas dans les intentions de Giuseppe De Santis, mais le malentendu devait durer quelque temps, et il y eut, même, des imitations italiennes de Riz amer. De toute façon, il revient à De Santis d'avoir révélé, sous ses aspects sensuels et son physique encore marqué d'adolescence, l'étonnante comédienne qui allait être la grande dame du cinéma italien.

 

Silvana Mangano naît à Rome, le 21 avril 1930, d'un père sicilien et d'une mère anglaise. La famille est pauvre et les privations de la guerre n'arrangent rien. Silvana a suivi des cours de danse pendant sept ans. En 1946, elle devient mannequin, modèle, est élue Miss Rome, ce qui lui vaut un bout de rôle dans l'Elexir d'amour, de Mario Costa... auprès de Gina Lollobrigida. Ni le Crime de Giovanni Episcopo, d'Alberto Lattuada (1947) ni Carrefour des passions, d'Ettore Giannini (1948) n'attirent l'attention sur elle. Mais, après Riz amer, la voilà vedette. Elle signe un contrat avec la Lux Films, tourne, en 1949, le Loup de la Sila, de Duilio Coletti et épouse Dino De Laurentiis, producteur en pleine ascension. Ils auront quatre enfants et il guidera sa carrière.

 

Soucieuse de ne pas altérer sa vie de famille par son statut de star, Silvana Mangano sera sans doute moins populaire que ses " rivales " de l'époque, Gina Lollobrigida et Sophia Loren, mais elle échappera très vite à sa réputation de bombe sexuelle (entretenue dans Mara, fille sauvage, de Mario Camerini, 1950, Anna, d'Alberto Lattuada, 1953, Mambo, de Robert Rossen, 1954). Et se révélera la comédienne dramatique, la femme au profil de vase crétois, mystérieuse, hiératique même dans les rôles de prolétaire et de paysanne, qui tourne avec les plus célèbres réalisateurs italiens. Le changement, déjà perceptible dans Anna et dans un sketch de l'Or de Naples (Vittorio de Sica, 1954), est éclatant avec Hommes et loups, de Giuseppe De Santis (1956), Barrage contre le Pacifique, de René Clément (1957), d'après le roman de Marguerite Duras, la Tempête, d'Alberto Lattuada (1958, d'après Pouchkine), la Grande Guerre, de Mario Monicelli (1959), Une vie difficile, de Dino Risi (1961), le Jugement dernier, de Vittorio De Sica (1962). En 1963, la Mangano tient, d'une manière remarquable, le rôle difficile d'Edda Ciano, fille de Mussolini, dans le Procès de Vérone, de Carlo Lizzani.

 

Intemporelle beauté

 

Avec la vogue de la comédie italienne, elle connait une légère éclipse ; puis relève le défi en interprétant les cinq rôles féminins des Sorcières, film à sketches réalisé par Franco Rossi, Mauro Bolognini, Pier Paolo Pasolini, Luchino Visconti et Vittorio de Sica (1966). Voici venues, pour elle, les années de majesté où elle restera intemporelle dans sa maturité, sa beauté royale, qui n'a souffert d'aucune standardisation. Pasolini en fait Jocaste dans son OEdipe roi (1967), puis la grande bourgeoise de Théorème (1968), " visitée " comme les autres membres de la famille, par l'ange Terence Stamp. Deux ans plus tard, c'est Mort à Venise, où Luchino Visconti recrée, à travers elle, l'image de sa mère. En 1971, elle est la Madone du Décaméron de Pasolini. En 1972, elle compose, avec la même classe, le même talent et les nuances psychologiques les plus subtiles, Cosima von Bülow, compagne de Richard Wagner, dans Ludwig, de Visconti, et une mère de famille vivant dans un bidonville romain, dans l'Argent de la vieille, l'un des plus grands films de Luigi Comencini. Elle retrouve Luchino Visconti en 1974, pour le rôle d'une bourgeoise ambiguë et quelque peu perverse dans Violence et passion.

 

Il émanait de Silvana Mangano une telle fascination qu'elle n'est jamais apparue antipathique, même dans ds rôles comme celui-là. On aurait volontiers, devant elle, plié le genou. Après Violence et passion, on ne l'a revue qu'en prêtresse au crâne rasé de Dune (David Lynch, 1984) et en épouse malheureuse de Marcello Mastroianni dans les Yeux noirs, de Nikita Mikhalkov (1986), film inspiré de Tchekhov. On espérait bien qu'elle n'en resterait pas là.

 

On n'a pas fini de regretter cette magicienne.

 

Le Monde

 

 

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commentaires

P
La Mangano succède, si l’on peut dire, à La Magnani *de quelques vingt ans son ainée.
Les deux enflammèrent le cœur des Italiens et travaillèrent avec les plus grands metteurs en scène et/ou acteurs. Il y aussi Sophia Loren est une autre grande actrice italienne internationale de la « carrure » des deux autres, comme seule l’Italie semble pouvoir en produire. Cependant elle n’a jamais été surnommée « La Loren » consécration suprême conférée par un public inconditionnel et international si on en croit le message de Youri Gagarine lors du premier vol spatial habité le 12 avril 19612.
« Je salue la fraternité des hommes, le monde des arts, et Anna Magnani. »
Mangano, Magnani ,Magnani, Mangano . Il y a de quoi s‘emmêler les pinceaux non ?
Une fois de plus la mouche du coche a du se tromper de commentaire

* Anna Magnani (1908-1073)
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