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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 06:00

Le Vieux qui se disait Pape, son petit gris des Sables et une Villageoise  très rase moquette… - Le blog de JACQUES BERTHOMEAUPiquette à table - Le rétroblogpub

Au temps où je bossais à la SVF, au siège sis sur le merveilleux port de pêche de Gennevilliers, la Villageoise était embouteillée à l’usine de Châteauneuf-les-Martigues, le sourcing étant très majoritairement du rosé acheté par Franck Passy en Provence. Suite à la catastrophe du méthanol dans les vins italiens nul mélange de jus de différents pays  de la communauté. Mon seul souci était la logistique puisque la consommation de ce nectar populaire grand format : 1 L 5 plastifié se situait en Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Bretagne, j’affrétais  d’énormes semi-remorques 26 palettes.

 

J’avoue humblement que je n’ai jamais trempé mes lèvres dans un verre de ce nectar mais je puis vous assurer que ce n’était pas une horreur et que les consommateurs n’étaient pas des clochards. Il faut cesser de diaboliser le vin de table de cette époque, même si notre concurrent Castel, avec sa marque Castelvin, était réputé pour vendre de la bistrouille. La Villageoise était alors la 3e marque française de vin.

 

Bref, 30 ans sont passés, la SVF s’est fait bouffé par le père Pierre Castel :

30 septembre 2005

SVF

 

« Toujours pour alléger nos coûts, je me tournai vers notre premier concurrent, Pierre Castel, numéro deux des vins de table en France, pour lui proposer de partager avec nous les fonctions de back-office en créant une filiale commune qui serait chargée du stockage, de l'assemblage, de l'embouteillage et des livraisons(...) Mon idée lui plut. Un groupe de travail réunissant les directeurs des deux sociétés fut constitué. En vain ! Chacune de nos équipes s'agrippait à son pré-carré. Après avoir usé deux présidents, nous décidâmes finalement de vendre la SVF (...)

 

La suite ICI 

 

Le groupe Castel, avec cette acquisition, s’est doucement converti en direction d’une politique de marques, à l’instar du Vieux Papes, en créant Baron de Lestac pour ses bordeaux et La Roche Mazet pour ses vins Sud de France.

 

Bref, la vidéo qui suit, sur le mode humoristique, est intéressante, à plus d’un titre, pour mesurer l’impact d’un marketing intelligent pour transformer une marque vieillissante, un peu ringarde, avec un packaging peu écologique, en une marque adaptée à une certaine forme de consommation.

 

La Villageoise, ce VDQN

Soulographie d’un breuvage bon marché.

Le Beaujolais Nouveau est arrivé ! Evénement qu’il faut bien évidemment arroser en organisant une soirée de dégustation au goulot. Ivresse garantie pour les petites bourses et l’occasion pour moi de rendre hommage à une piquette qui depuis des années suscite ma curiosité : La Villageoise.

A première vue

Supermarché, rayon vin : c’est en penchant la tête bien bas que vous apercevrez une rangée de bouteilles en plastique translucide, exhibant un liquide rouge, blanc ou rose et dont l’étiquette champêtre marquera à jamais votre esprit : une femme (cette villageoise) qui porte un panier de raisins, rentre cheveux au vent des champs de vignes, par une belle journée d’été.  L’esquisse a la poésie des vignobles du Languedoc, région dans laquelle ce délicieux suc est d’ailleurs mis en bouteille. Son estampille n’a pas d’égal : la pastille rouge autocollant sur la capsule vous assurera son appellation VDQN (Vin De Qualité Négligeable) de la même façon qu’une pastille verte atteste un AOC (Appellation d’Origine Contrôlée). En se penchant sur l’étiquette, on découvre qu’il s’agit non seulement d’un vin, mais en plus, qu’il vient de France. Quant  à la description on aura droit à : « La Villageoise, un vin léger, fruité et gouleyant, d’une robe rubis, franche et brillante ».

 

On se laisse tenter ? On a le choix entre deux formats : la bouteille d’1,5 L ou le pack de six bouteilles de 25 cl à emporter partout avec soi.

 

Mise en bouche

 

A la première lampée, on retrouve effectivement une saveur de vin. Identifier les cépages serait mission impossible… On note en revanche une sorte d’aigreur au fond de la bouche et surtout, une rébellion certaine du système digestif… sauf que ce tord-boyau ne contient que 11% d’alcool.  On suppose  que sa fabrication est le résultat d’un mélange de divers vins français (comme l’indique la bouteille) mais les informations sur le procédé de vinification restent pour le moins mystérieuses. Le packaging plastique joue aussi en défaveur de ce breuvage, étant donné que la capsule n’est pas hermétique comme peut l’être le bouchon en liège. En outre, il a été prouvé que le plastique était ce qu’il y avait de plus mauvais pour la conservation d’un vin rouge. Il s’oxyderait plus vite.

 

A la source

 

La suite ICI 

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commentaires

Frank Boisset 06/05/2021 07:31

Bonjour Jacques, J'ai moi-même passé 5 à la SVF entre 79 et 84 puis 4 ans chez Cruse à Bordeaux.
J'ai encore le plaisir de te croiser de loin en loin dans les dégustations parisiennes.
Je me permets de rectifier une petite erreur dans ton article. Le directeur adjoint de Chateauneuf-les-Martigues, également directeur des achats vins s'appelait Franck TASSY.
Bien cordialement, frank

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