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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 06:00

 

Le confinement a du bon, ainsi en revisionnant deux grands films Luchino Visconti, Les Damnés 1969 et surtout son rôle dans Mort à Venise en 1971, que je me suis dit vieille branche, Dirk Bogarde vaut bien une chronique dominicale.

 

Photo du film LES DAMNES - Titre original : LA CADUTA DEGLI DEI - PHOTOS DE  CINEMA

 

Le Britannique est né le 28 mars 1921. Acteur fétiche de Joseph Losey ou de Luchino Visconti, porté au pinacle par la critique, il regrettait pourtant de ne pas être mieux connu du public.

 

Dirk Bogarde était un acteur rare, au jeu délicat. Né en 1921, il commence à se faire remarquer au cinéma au début des années 50. Il tournera une soixantaine de films au cours de sa carrière et sera dirigé par les plus grands, Cukor, Vidor, Fassbinder ou Visconti…

 

Jusqu'aux années 60, il tient des rôles de jeunes premiers dans des films d'aventures, historiques ou des drames romantiques, avec de séduisantes partenaires féminines. Il rencontre le succès, notamment Outre-Manche et aux USA. Mais la quarantaine venue, le comédien opère un tournant drastique dans sa carrière lorsqu'il accepte le rôle, périlleux pour l'époque, d'un avocat victime d'un chantage homosexuel dans La Victime de Basil Dearden (1961). Ce rôle complexe va attirer l'attention de Joseph Losey, qui lui confie alors le rôle du valet sadique et ambigu de The Servant en 1963. Il tournera quatre films avec lui entre 1963 et 1967.

 

« Je suis très respecté mais je ne suis pas au box-office »

 

Le comédien britannique incarnera désormais des personnages torturés et ambigus qui vont lui offrir la reconnaissance de la critique, mais lui fermeront celles du box-office. Il le regrettait toujours amèrement dans cette interview du 20 juin 1976, dans Les Rendez-vous du dimanche de Michel Drucker. L'acteur y déplore d'avoir perdu de sa notoriété vers la quarantaine, après avoir cessé de jouer les jeunes premiers et de ne pas être parvenu à conserver la reconnaissance du public.

 

Des personnages complexes

 

Dans les années 70, l'acteur au charme cinématographique vénéneux connait ce qu'on pourrait qualifier de "sombres" heures de gloire, à l'image des rôles que lui confient désormais les réalisateurs. Des rôles saturniens, bien loin des compositions solaires de ses débuts. Des personnages ambigus qu'il préfère qualifier de "complexes" dans cette interview de 1984 pour le JT de Marseille.

 

Dirk Bogarde peut tout de même se targuer d'avoir joué avec les plus grands cinéastes George Cukor, Richard Attenborough, Rainer Werner Fassbinder ou Liliana Cavani. En 1974, elle lui offre le rôle d'un ancien nazi dans le film Portier de nuit qui décrit une liaison sadomasochiste entre une ancienne victime de camp (Charlotte Rampling) et son bourreau SS. (Interview audio dans le journal de France Inter le 25 mars 1974)

 

L'égérie de Visconti

 

De la fin des années 60 à la fin des années 70, l'acteur collabore avec le réalisateur italien Luchino Visconti dans Les Damnés en 1969 mais surtout pour son rôle dans Mort à Venise en 1971. Un rôle pour lequel il obtient la Palme d'or du meilleur acteur au festival de Cannes cette même année.

 

Photo promotionnelle Death in Venice Dirk Bogarde Bjorn Andresen 35,5 x 28  cm: Amazon.fr: Cuisine & Maison

 

« Je n'ai pas tourné depuis treize ans, aidez-moi »

 

Les rôles vont se raréfier et à partir de 1978, l'acteur ne va plus tourner. C'est Bertrand Tavernier qui le sortira de sa traversée du désert en 1990 dans le film Daddy Nostalgie. Ce sera son dernier film.

 

A Cannes, Dirk Bogarde décrivait alors son jeu pour ce rôle, sans sexualité et sans sentiments : « Je déteste le sentimental. C'est très américain. »

 

Le 8 mai 1999, Dirk Bogarde s'éteignait à l’âge de 78 ans, à la suite d'un cancer dont il se savait atteint depuis plusieurs années.

 

À l'exception de quelques-uns, dont Hunted (Rapt) de Charles Crichton (1951) et Victim (Victime) de Basil Dearden (1961), les films auxquels Dirk Bogarde a participé entre 1947 et 1962 sont, au pire, mauvais, au mieux, médiocres. Contraint à interpréter des jeunes premiers romantiques, des délinquants fugitifs ou des officiers de Sa Gracieuse Majesté dans des productions routinières, il a pourtant atteint un degré de popularité exceptionnel dans l'histoire du cinéma britannique. Certes, sa beauté, son charme, son magnétisme même y ont contribué. Pareil engouement ne se serait cependant pas exprimé sur une telle durée s'il n'y avait eu quelque chose de plus consistant. Intelligent, cultivé, raffiné et professant une haute opinion de son métier, le comédien s'employait en effet à donner quelque épaisseur aux personnages conventionnels qu'il était chargé d'interpréter, en les dotant parfois d'une touche énigmatique ou sardonique. Dans les années 1960, il s'imposa enfin comme un des plus grands acteurs de cinéma britanniques.

 

Peu de comédiens sont parvenus à un si haut degré d'intensité dramatique avec une telle économie de moyens : discret, quasi effacé, Dirk Bogarde se montre constamment « à l'écoute » de ses partenaires et ne joue qu'en inter-réaction avec eux. D'une subtilité rare, il sait doter ses personnages d'une complexité et d'une ambiguïté inouïes, en s'attachant à en révéler, par un simple geste ou une expression fugitive, les fissures ou les zones d'ombre.

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commentaires

Anonymus 02/05/2021 13:13

Non content d'être un acteur remarquable, Bogarde était également l'auteur d'une autobiographie passionnante (en au moins sept volumes, avec des titres remarquables), et de quelques romans, avec un bon succès. Certains traduits en Français, mais faciles à lire en Anglais. Il a été très marqué par la guerre, en particulier par les camps.
Il a vécu pas mal de temps en Provence, avec son compagnon, et est rentré au RU à la mort de celui-ci.

pax 02/05/2021 08:25

Qu’il est sympa c’taulier quand par un dimanche matin ensoleillé, cinéphile averti, il nous fait part de ses goûts. On peut les partager ou pas mais cela nous permet de rêver et nous rappelle qu’ « A cette époque, c'était toujours fête *», comme dit l’incipit du roman de Cesare Pavese « Le Bel Eté » Les amateurs de cinoche ou les cinéphages comme la mouche du coche ne peuvent que se réjouir de partager cette passion d’un chroniqueur qui revient souvent sur le sujet. Je me souviens ainsi de sa fascination pour Jean Bouise dans une chronique du 2 juin 2019 au détour de laquelle il avouait être handicapé de la zapette. Il comparait sa carrière à une sorte de portrait mouvant du cinéma français. J’irais jusqu’à dire émouvant au regard de ce que le cinéma est devenu, oscillant entre film à se prendre la tête ou blockbuster (sans Keaton) qui, en salle vous cassent les oreilles avec leur dolby stéréo ou leur surround et autre DTS : X. D’autres fois, c’est sa passion pour Dominique Sanda qu’il nous déclare. La dernière en date le 7 juin 2020 précédée de tant d’autres.
Donc, bravo et merci d’évoquer Dirk Bogarde qui est aussi au palmarès de mes acteurs favoris. Quelque soit la taille d’une chronique et le soin apporté par son auteur à son contenu, elle ne saurait être exhaustive. Je ne tiendrai donc pas rigueur au Taulier de ne pas avoir cité « Accident » de Losey avec Stanley Baker, Jacqueline Sassard, plus british que ce film, tu meurs. Omission aussi de la superproduction internationale de Henri Verneuil en 1973 « Le serpent » **ou il tient le rôle titre.

So long’


* Equivalent poétique du « C’était mieux avant »
** Film évoqué dans le commentaire de la chronique du 28 avril 2021. Alors vous avez trouvé le rôle du mont Ararat dans la chute du Serpent espion nommé ainsi car son porte cigarettes en argent est orné d’un petit serpent en or.
C’est tout simple mais seul un agent de la Cia y a pensé démasquant ainsi Dirk Bogarde.
Il y a deux mont Ararat, le grand et le petit.
Reportez vous à l’étiquette de la bouteille d ‘« Armanian Brandy » illustrant la chronique.
Le petit Ararat est à gauche : vous êtes du coté « occidental » Si on vous voit en photo avec, en arrière plan le petit Ararat à droite : vous êtes de l’autre coté. CQFD

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