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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 06:00

Me Morain 

La Force était exceptionnellement forte en Anakin Skywalker et son histoire est en fait celle de la lutte de tout Jedi entre le côté clair et le côté obscur de la Force.

 

Le vénérable Maitre Yoda « Il continua de conseiller et de transmettre son savoir à Obi-Wan jusqu’à sa mort de ce dernier en l’an 0 et reçu quelques survivants de la grande purge dans le plus grand secret afin de terminer leur formation. Il s'éteignit en l'an + 4 sur Dagobah de mort naturelle après 900 ans d'existence et la légende veut qu'il ne fasse plus qu'un avec la Force … »

 

 

Mes références sont celles de mon petit-fils Martin, avec qui, en juillet 2006, je visitai l’EXPO STAR WARS à la Cité Des Sciences de la Villette, il avait 5 ans et maintenant il est en Prépa, ça ne me rajeunit pas.

 

Me Jean-Yves Moyart, dit Me Mô, je ne l’ai jamais croisé dans les prétoires*, je le voyais voguer sur Twitter – cet océan sans limites trop souvent cloaque fangeux charriant tellement de boue, d’abjection, d’ignominie – tel une goélette, toutes voiles dehors, tirant des bords sous le vent, celui du Nord, son Nord, « y’en a même qui l’ont vu voler… », « Il était  libre M », arborant le pavillon noir, qui n’était pas de complaisance, le noir de sa robe, je le sentais plus pirate que corsaire, un boucanier, un chasseur d’injustice, un hors-norme cinglant loin des vents dominants.

 

 

Ma mémé Marie, elle aussi tout de noir vêtue, me disait « Mon p’tit gars, ce sont toujours le meilleurs qui partent les premiers… »

 

Mémé Marie et sa sœur la tante Valentine 

 

Me Mô, n’était pas homme à aimer se voir couvrir de fleurs, face aux éloges, en levant sa fameuse coupette, emplie de vin de pays de la Marne, extirpant les Fonds de tiroir de Pierre Desproges, aurait rétorqué « Si c'est les meilleurs qui partent les premiers, que penser alors des éjaculateurs précoces ? »

 

 

*à propos de prétoire, ma première expérience en ce domaine fut d’accompagner en audience de comparution immédiate notre jeune coursier de l’Office des  Vins  de Table, auteur de menus larcins, c’était en 1980. J’assistai impuissant à une justice expéditive, défilé de pauvres hères, de paumés, j’en fus marqué à vie. Malheureusement récidiviste, il avait la première fois bénéficié d’un sursis, nous lui évitâmes d’aller en Taule grâce à une intervention de mon énarque de patron auprès d’un  de ses collègues à l’Hôtel Matignon, Directeur des Affaires Criminelles et des Grâces  à la Chancellerie. J’avoue sans aucune honte être fier de ce recours peu orthodoxe.

 

Me Mô fut, en son domaine, hétérodoxe.

 

Me Mô, avant Twitter, fut blogueur, un cher confrère ICI 

 

Me Mô, c’était aussi un « humble géant de près de deux mètres, avec d’immenses oreilles pour écouter le pire et un regard d’enfant pour l’affronter. »

 

Un côté Christophe Salengro,  1er, président de Groland pour l'éternité !

 

 

La face inversée de Philippe Gildas le « petit Breton aux grandes oreilles »

 

 

« C’était il y a deux ans, le cancer était déjà là, Jean-Yves Moyart avait peur mais Maître Mô voulait faire sourire encore. « Si un jour je meurs, ce qui m’étonnerait sincèrement, ne dites pas mes supposées qualités ou ne rappelez pas ce que j’ai fait ou dit ; dites que je vous manque, que vous aimeriez m’aimer encore ou rire avec moi, ou bien ne dites rien du tout. Enfin, sans vous commander », écrivait-il le 5 mars 2019 sur son compte Twitter. Jean-Yves Moyart, avocat au barreau de Lille depuis 1992, est mort samedi 20 février. Il avait 53 ans. »

 

le 16 décembre 2020 

 

Étant incompétent pour aller au-delà, bravant le copyright, je confie ma plume à Pascale Robert-Diard et en lecture libre au célèbre Me Eolas et au buveur de quilles «nu» Me Morain.

 

Mais avant, comme je suis fou de Verdi pour ce bon vivant qu’était, disent ses amis, Me Mô je vous mets en ligne la scène 1 du premier acte d’Ernani avec le célèbre chœur Evviva ! Beviam ! Beviam

 

En traduction libre ça donne :

 

Hourra ! Buvons ! Buvons !/Trouvons du plaisir au moins dans le vin !/Que reste-t-il d'autre au bandit, /évité par tous/S'il n'a pas un verre ?/Jouons, car l'or est un trésor inutile/ qui vient et qui part/Jouons, si la vie/n'est pas rendue plus agréable/par une beauté souriante/Dans les bois et sur les collines/nous avons nos seuls amis/le mousquet et le poignard/Lorsque descend la nuit/dans la triste grotte/qui nous sert d'oreiller/Soyons gais et buvons. Buvons !/Trouvons du plaisir au moins dans le vin.

 

Jean-Yves Moyart, alias Maître Mô, est mort ICI

 

Inscrit au barreau de Lille, l’avocat, qui faisait, sur son blog et dans des textes puissants, le récit de la justice ordinaire, s’est éteint samedi 20 février à l’âge de 53 ans.

 

Par Pascale Robert-Diard

 

C’était il y a deux ans, le cancer était déjà là, Jean-Yves Moyart avait peur mais Maître Mô voulait faire sourire encore. « Si un jour je meurs, ce qui m’étonnerait sincèrement, ne dites pas mes supposées qualités ou ne rappelez pas ce que j’ai fait ou dit ; dites que je vous manque, que vous aimeriez m’aimer encore ou rire avec moi, ou bien ne dites rien du tout. Enfin, sans vous commander », écrivait-il le 5 mars 2019 sur son compte Twitter. Jean-Yves Moyart, avocat au barreau de Lille depuis 1992, est mort samedi 20 février. Il avait 53 ans.

 

« Il y a les élégants, les talentueux, les généreux, les fêtards, les courageux, les fêlés laissant passer la lumière, mais je n’ai connu aucun autre avocat qui soit tout cela à la fois », a écrit l’un de ses confrères et plus proches amis, Eric Morain, en annonçant sa disparition sur le réseau social. Twitter pleure son Maître Mô, qu’il a tant aimé. Son compte affichait 70 000 abonnés. Ce n’est pas un chiffre, c’est une communauté. Il lui a tant donné.

 

Pour comprendre le chagrin, il faut remonter un peu plus de dix ans plus tôt. L’époque est aux blogs. Parmi eux, celui d’un jeune avocat du barreau de Paris connu sous le pseudonyme de Maître Eolas, constitue la référence absolue de tous les passionnés de droit. Dans un de ses billets, Eolas intime l’ordre à ses lecteurs d’aller toutes affaires cessantes découvrir le texte qu’un de ses confrères de Lille vient de publier sur son propre blog né au printemps 2008 et qui propose une « petite chronique judiciaire, ordinaire et subjective, alimentée quand elle le peut. » On clique. On est des milliers à cliquer. Le texte s’appelle Misérable.

 

 « Elle est assise avec les autres sur son banc, prostrée, le regard vide et la bouche ouverte, son vêtement de pluie jaune vif et trop grand pour elle boutonné jusqu’au cou, tache de couleur dans l’océan de bleu des gendarmes des escortes, qui attire immédiatement le regard ; elle est beaucoup trop frêle, beaucoup trop jeune, beaucoup trop absente, beaucoup trop menottée ; on se dit d’emblée qu’elle ne devrait pas être ici. »

 

Une infinie tendresse

 

« Elle », c’est Odile, croisée par Me Jean-Yves Moyart lors d’une audience de comparution immédiate où elle était renvoyée pour une tentative de vol de chaussettes. On lit jusqu’au bout, on ne sait pas encore que ce n’est qu’un début.

 

Après Odile viendront Ahmed, Jade, Omar, Noël et tant d’autres. Toutes les histoires sont vraies, Maître Mô les puise dans son quotidien d’avocat. Il change un prénom, modifie quelques détails, maquille le lieu, mais garde l’essentiel : du brut de vie, du noir très noir, et une infinie tendresse pour les raconter.

 

A chaque fois, on en prend plein la figure. Au Guet-apens, l’un de ses plus beaux textes, l’un des plus âpres aussi sur le métier d’avocat et les claques que l’on y prend, donnera son titre au recueil que Jean-Yves Moyart publie à la Table ronde en 2011. « Tous les pénalistes d’une génération ont grandi en lisant les blogs de Maître Mô et de Maître Eolas », note l’un de ses abonnés. Le compteur de son blog explose, celui de son fil Twitter aussi.

 

Ceux qui le suivaient avaient compris. Derrière le pseudonyme devenu célèbre, le débatteur intrépide, le blagueur impénitent, le grand amateur de « coupettes », il y avait un humble géant de près de deux mètres, avec d’immenses oreilles pour écouter le pire et un regard d’enfant pour l’affronter. Un pénaliste ardent qui aimait plus que tout la cour d’assises, ce centre géographique du malheur, parce que disait-il, « c’est là qu’on y trouve le plus de vérité. » Un colosse fragile qui se consumait pour ceux qu’il défendait, portait la peine des autres et ne riait que de lui. Un avocat bienveillant et ce n’est pas un oxymore.

 

Pascale Robert-Diard

J’avais un confrère et un ami ICI 

Par Eolas le lundi 22 février 2021

 

Jean-Yves Moyart, alias Maitre Mô, nous a quitté le 20 février 2021. Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages se sont multipliés, et à raison.

 

Ce n’est pas faire dans l’emphase de dire que c’est un avocat d’exception qui est parti, que la perte pour le barreau est immense, et que le trou béant qu’il laisse dans le cœur de ceux qui l’ont connu et aimé (ce sont forcément les mêmes), incommensurable. C'est la pure vérité.

 

Jean-Yves avait la défense dans le sang, dans les tripes, dans chaque fibre de son être.

 

 

Le Cabinet Moyart ICI 

(Hommage) Un Avocat ICI 

 
 
Par Éric Morain,
avocat au barreau de Paris,
associé, Carbonnier Lamaze Rasle & Associés

 

 

Un avocat qui meurt, c’est une voix qui disparaît et il était une des plus belles voix des avocats.

 

Jean-Yves Moyart, avocat au barreau de Lille, est mort le 20 février 2021. Il avait 53 ans. On le connaissait sous le pseudonyme de Maître Mô.

 

Une pluie d’hommages s’est abattue sur Twitter qui était son terrain de jeu et de mots.

 

Il n’était pas « vu à la télé ». Il était de ces avocats qui avaient investi un autre média, plus libre, plus frais, plus instantanée. Et paradoxalement plus incarné.

 

La suite ICI

Et un dernier pour la route plus oriental 

La Traviata: “Libiamo, ne’ lieti calici” pour la coupette

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commentaires

pierre 23/02/2021 18:36

Pierre Méhaignerie quand on lui demandait ce qu'il retenait de son passage au Ministère de la justice répondait: "il ne faut jamais rentrer dans un tribunal: JAMAIS! sous aucun prétexte!"

pax 23/02/2021 08:52

Il y a en page cinq du Canard Enchainé, en bas à gauche une chronique récurrente.
Je ne la lit jamais. Elle résume une audience des comparutions immédiates .Cela me révulse. Cet abattage est répugnant. Qui peut croire à l’exemplarité de la peine dans ces conditions. Tous ceux qui participent à ce simulacre déshonore la justice comme Bernanos osait écrire que « Hitler a déshonoré l’antisémitisme à jamais. » Cet abattage permet d’évoquer les prostitués qui doivent du chiffre à leur mac.
Liberté, Egalité, Fraternité ! Mon cul !
Ils ont un miroir dans la salle de bains ces Ronds de Cuir de la Place Vendôme ?
Casamayor a définitivement remis les pendules à l’heure.
« La justice est une erreur millénaire qui veut que l’on ai attribué à une administration le nom d’une vertu »
C’est vous dire que je vais me précipiter chez mon libraire pour acheter l’ouvrage proposé par le Taulier. J’espère comprendre que l’humour seul permet de ne pas succomber à cette horreur de notre vie quotidienne.
Pour ma part, pour ceux que ce triste sujet intéresse je ne peux que recommander de compléter leur lecture par « La robe noire » de Françoise Cotta, chez Fayard.

Le moribond -Jacques Brel

1- Adieu l'Emile je t'aimais bien
Adieu l'Emile je t'aimais bien tu sais
On a chanté les mêmes vins
On a chanté les mêmes filles
On a chanté les mêmes chagrins
Adieu l'Emile je vais mourir
C'est dur de mourir au printemps tu sais
Mais je pars aux fleurs la paix dans l 'âme
Car w vu qu't'es bon comme du pain blanc
Je sais vu qu'tu tu prendras soin de ma femme

Refrain:
J' veux qu'on rit, j' veux qu'on danse
J' veux qu'on s'amus'' comme' des fous
J' veux qu'on rit, j' veux qu'on danse
Quand c'est qu'on m'mettra dans l'trou

2 - Adieu curé je t'aimais bien
Adieu curé je t'aimais bien tu sais
On était pas du même bord,
On était pas du mêm'' chemin
Mais on cherchait le même port
Adieu curé je vais mourir
C'est dur de mourir au printemps tu sais
Mais j' pars aux fleurs la paix dans l'âme
Car vu qu' t'étais son confident
Je sais qu' tu prendras soin d' ma femme.

Refrain

3 - Adieu l'Antoiné j' taimais pas bien
Adieu l'Antoine j' t'aimais pas bien tu sais
J'en crève de crever aujourd'hui
Alors que toi t'es bien vivant
Et mêm' plùs solid' que l'ennui
Adieu l'Antoine je vais mourir
C'est dur de mourir au printemps tu sais
Mais j' pars aux fleurs la paix dans l'âme
Car vu que t'étais son amant
Je sais qu' tu prendras soin d' ma femme.

Refrain

4 - Adieu ma femme je t'aimais bien
Adieu ma femme je t'aimais bien tu sais
Mais je prends 1' train pour le Bon Dieu
Je prends le train qu'est avant 1' tien
Mais on prend tous le train qu'on peut
Adieu ma femme je vais mourir
C'est dur de mourir au printemps tu sais
Mais j' pars aux fleurs les yeux fermés ma femme
Car vu qu' j' les ai fermés souvent
Je sais qu' tu prendras soin d' mon âme.

Refrain

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