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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 08:00

 

Depuis la disparition des vespasiennes, des dames-pipi, l’érection des sanisettes ne suffit à étancher nos vessies. Faire pipi à Paris c'est la galère.

 

 

À ce propos dès le 21 mai 2007 j’écrivais une Lettre au maire de mon village (en ce temps-là Bertrand Delanoë)

 

 

Monsieur le Maire de Paris,

 

Mes amis du Gers ont coutume de dire de leur colombard sec et nerveux : « sitôt bu, sitôt   pissé...» Chez nous, dans notre charmant village, nous n'avons pas les mêmes aises qu'à Condom, car ici nul bout de champs, ni chaintre, ou autre lieu de plein air où l'on peut en toute tranquillité, sans nuire à l'environnement, soulager sa vessie en toute sérénité. Même nos compagnes, à la campagne, à l'abri d'un fourré, peuvent elles aussi prendre cette liberté.

 

Dois-je, avant de me soulager, m'envoyer un caoua dans un bar pour pouvoir accéder à la résolution de ce besoin pressant ?

 

Cercle infernal, car le petit noir ainsi ingurgité me poussera quelques kilomètres plus avant dans un autre établissement.

 

 Alors que faire ?

 

La suite ICI 

 

 

 

Cécile Briand, auteure, artiste, maman et bien plus encore, s’est penchée sur la question en nous dotant d’un «Où faire pipi à Paris?» de Cécile Briand. Éditions Le Tripode. 200 pages. 9€.

 

Dans ce guide aussi pratique que poétique, vous trouverez les petits coins de 38 bibliothèques, 38 espaces verts, 24 centre d'animation, 22 sanisettes, 20 mairies, 19 lieux d'exposition, 13 centres hospitaliers, 12 inclassables, 11 lieux culturels polyvalents, 9 centres culturels étrangers, 8 lieux de commerce, 8 centres médicaux, 7 cimetières, etc. En tout, 250 toilettes sélectionnées avec soin pour leur environnement agréable et leur accès gratuit. L'auteure a pris soin d'indiquer précisément leurs emplacements, «parce qu'il est parfois délicat de pénétrer dans un lieu inconnu juste pour aller aux WC, même si c'est en osant qu'on fait de belles découvertes.»

 

ICI 

 

Bref, madame Hidalgo, plutôt que de nous doter d’autre-chose que de ridicules pissoires laides et malodorantes, préféra en 2018 nous gratifier d’un clip sur les fameux réseaux sociaux. C’était voir la question par le petit bout de la cuvette, comme si on pouvait pisser dans un clip. Elle reçut, à juste raison, une volée de bois vert.

 

 

Paris : les «urinoirs de la honte» ont été retirés ICI

 

Après quelques mois seulement, la Ville a décidé de déposer les urinoirs écolos du boulevard de la Chapelle (Xe et XVIIIe). Un flop total… à 40000 euros.

Yves Michaud : "Paris est un monstrueux dépotoir de mobilier urbain en tout genre"

Entretien

Propos recueillis par 

Publié le 

Le philosophe Yves Michaud, auteur récemment de « Ceci n'est pas une tulipe », revient avec nous sur l'aménagement parisien, à travers le flop des urinoirs écolos du boulevard de la Chapelle (Xe et XVIIIe).

Durant l'été 2020, la ville de Paris pose deux urinoirs pour hommes écolos, ainsi qu'une cabine pour femmes et personnes handicapées, sur le boulevard de la Chapelle (Xe et XVIIIe), entre les stations de métro Barbès et Stalingrad. Vendus par la société Ecosec, ils sont censés recycler l'urine et la transformer en engrais. Quelques mois plus tard, la municipalité doit se rendre à l'évidence : ce mobilier, très décrié pour sa laideur, est plus souvent dégradé qu'utilisé. Pour Marianne, le philosophe Yves Michaud, auteur de "Ceci n'est pas une tulipe" (Fayard, 2020) revient sur cet échec qu'il impute à une politique de pure communication pratiquée par l'équipe d'Anne Hidalgo.

 

Marianne : La ville de Paris a déposé des urinoirs écolos sur le boulevard de la Chapelle, pour un coût de 40 000 euros. Qu'en pensez-vous ?

 

Yves Michaud : Je pense d'abord que pour notre maire, la protection de la nature n'a pas de prix. À en juger par la belle apparence de ces pissotières, je pense aussi qu'elle n'a aucun goût. Je pense surtout qu'elle et ses suppôts s'en foutent pourvu qu'ils puissent faire des annonces. Paris est depuis les mandats de Delanoë et Hidalgo un monstrueux dépotoir de mobilier urbain en tout genre. C'est à ce qui sera le plus moche. Apparemment, ça ne gêne personne pourvu que ce soit politiquement et écologiquement correct. On empile, on ajoute, on annonce et on inaugure. Peu importe si personne ne peut faire ses besoins dans ces trucs désignés par des imbéciles ou des escrocs (les deux sont compatibles).


L'opération a été un flop. Pourquoi selon vous ?

 

D'abord l'objet est quasiment inidentifiable. Ensuite il est moche, repoussant et incroyablement marqué par la promiscuité. Hormis pour quelques visiteurs nostalgiques des vespasiennes glauques, c'est dissuasif. Les concepteurs et commanditaires de ces bidules n'ont pensé qu'à eux : à leur parti, à leur idéologie, à leur pouvoir et à leur communication. Les vespasiennes Decaux apparaissent en comparaison des œuvres d'art. Je parie que ni Madame Anne Hidalgo ni son coach de luxe Christophe Girard ne se sont risqués à essayer un prototype de ces pissotières. En principe, le designer pense d'abord à l'usager et commence par proposer un prototype… En fait, pour ces pissotières comme pour les trous du cul-Tulipes de Jeff Koons, la mairie s'est souciée d'elle-même. Le citoyen ? Qu'il aille pisser dans les bistrots – qui sont hélas tous fermés.

L'urinoir (Fontaine) en porcelaine de Marcel Duchamp est très célèbre. Les urinoirs sont-ils le symbole de l'art contemporain ?

Au moins on pouvait pisser dans l'urinoir de Duchamp, qui n'est pas tellement différent de ceux qu'on trouve partout dans les toilettes des aéroports et autres lieux publics non municipaux. Disons que les Fontaines de madame Hidalgo (Fontaine était le titre de l'urinoir de Duchamp) sont une synthèse admirable du Duchampisme et du José-Bovéisme : l'urinoir pensé comme toilette sèche au fond du jardin en plein lieu de deal et de vente de crack. Il fallait le faire. Ils l'ont fait. J'attends qu'ils remplacent ce readymade (un objet qu'un artiste s'approprie en le privant de sa fonction utilitaire) par un autre aussi inspiré, par exemple des chiottes de collège américain sans porte. Après l'urination en économie circulaire, on pourrait promouvoir la défécation dans la transparence.

À LIRE AUSSI : Ceci est-il une oeuvre ?

 

 

«J’ai fait la queue 40 minutes» : trouver des toilettes, l’autre galère du confinement

 

La crise du Covid-19 et avec elle la fermeture des cafés et restaurants a révélé un problème de santé publique : l’accès aux toilettes dans l’espace public.

Par Aurélie Sipos

Le 2 février 2021 

 

 

On les dit sales, mal entretenues, repoussantes. Depuis plusieurs mois, les sanitaires publics sont pourtant souvent devenus le dernier refuge des vessies pressées. Avec l'épidémie de Covid-19 et la fermeture des cafés et des restaurants, aller aux toilettes en ville peut s'avérer compliqué voire impossible. Si le sujet peut faire sourire, il s'avère parfois dramatique pour des personnes atteintes de certaines pathologies. Il révèle également de criantes inégalités.

 

À Strasbourg, le 20 janvier dernier, en pleines courses des soldes, Solène est surprise par une envie pressante. « Je me suis rendue compte que tout était fermé. Je ne m'étais jamais posée la question, donc j'ai demandé à quelqu'un ou il y avait des toilettes publiques », raconte-t-elle. Devant l'une cinq sanisettes que compte le centre-ville, elle voit alors « une file complètement dingue ». Et doit prendre son mal en patience : « J'ai fait la queue pendant 40 minutes », témoigne Solène.

 

« Je pense qu'il y a des moyens de faire différemment. En plus on a une nouvelle mairie écolo on pourrait peut-être avoir des toilettes sèches en ville », s'interroge-t-elle. En attendant d'éventuels aménagements, la jeune femme se résoudra à prendre ses précautions. « Ce n'est pas évident car ce n'est pas contrôlable, il suffit d'avoir pris un café juste avant de sortir… Mais je vais y penser avant de sortir ».

 

Malades, livreurs, ou encore chauffeurs particulièrement touchés

 

Depuis des années, Sylvie Brasseur, elle, anticipe chaque déplacement. Atteinte de la maladie de Crohn, son sphincter ne fonctionne plus. Elle ne sort donc jamais sans sa carte « Urgence toilettes », fournie par l'association Afa Crohn RCH France. Sauf que le 13 janvier dernier, cette dernière n'a pas suffi. « J'étais dans une grande surface à Vesoul (Haute-Saône), à la caisse, en train de payer mes articles. J'allais partir avec mon caddie et je me suis dit que quelque chose n'allait pas. J'ai sorti ma carte et demandé à la caissière pour aller aux sanitaires mais elle a refusé ».

 

Impossible pour la retraitée de se retenir. « Je suis arrivée en pleurs chez moi, je suis montée et je me suis mise tout habillée dans la baignoire », confie Sylvie. Une fois lavée, il ne lui reste alors plus qu'une terrible sensation d'humiliation. « On se sent déprimé, on se sent sali, en colère contre la maladie », souffle-t-elle.

 

Si le manque de toilettes n'est pas arrivé avec le Covid-19, il s'est aggravé, selon l'association Afa qui a lancé une pétition pour améliorer l'accès aux sanitaires. « C'est une problématique rencontrée par les malades de Crohn, une maladie avec des symptômes digestifs, et qui provoque des envies immédiates et urgentes », souligne Ève Saumier, responsable dans l'association.

 

« L'offre sanitaire est encore largement masculine »

 

Mais pas uniquement. « Pour nombre de professions, ces cafés qui ont fermé c'était aussi leurs toilettes comme pour les taxis, autocaristes, livreurs… », abonde Julien Damon, sociologue.

 

 

Les personnes âgées, qui peuvent difficilement se contenir sont aussi lésées. Tout comme les sans-abri, obligés de se soulager dans la rue lorsque les sanisettes sont fermées. Si certains hommes peuvent uriner dehors en dernier recours, pour les femmes la situation est beaucoup plus compliquée. « L'offre sanitaire est encore largement masculine. L'accès aux toilettes, au moins quelques jours dans le mois pour les dames est pourtant essentiel », rappelle Julien Damon. Tout comme pour les femmes enceintes.

 

À Reims (Marne), faute de trouver des sanisettes, c'est une bibliothèque qui a sauvé la journée de Clémence*. « J'avais des achats à faire avant le couvre-feu dans la grande ville la plus proche, à 40 minutes de route. J'ai un problème médical qui fait que je dois boire beaucoup et me déshydrate facilement et des règles abondantes, donc impossible de tenir la journée sans sanitaire », témoigne la jeune femme. « Si je n'avais pas eu la possibilité d'aller à la bibliothèque je serais rentrée chez moi sans avoir pu faire ce que j'avais prévu ».

 

Pour éviter d'en arriver là, il faut développer le réseau de toilettes en France, martèle Julien Damon. « C'est un sujet primaire, fondamental. Mais en France on le voit comme du pipi caca. Mais la réalité est là, il manque dans les espaces publics des offres sanitaires basiques », affirme le spécialiste.

 

Mobilisation internationale

 

Le problème n'est pas propre à la France. En Belgique, un conseiller communal d'Ixelles, un quartier chic de Bruxelles, en a fait sa marotte. « J'étais conscient depuis longtemps de l'absence de toilettes publiques. Par rapport à Paris il y en a très peu, et il y a surtout beaucoup d'urinoirs », pointe Geoffroy Kensier.

 

« Pendant le confinement il y a eu une réelle prise de conscience : comment on fait lorsqu'on est une femme, lorsqu'on a des enfants ? », s'interroge-t-il. Dans sa commune d'Ixelles, 87 000 habitants, il n'existe tout simplement pas de toilettes publiques. « Il faut attirer les autorités publiques sur cette question et mettre en place une stratégie pour établir des toilettes », lance-t-il.

 

De l'autre côté de l'Atlantique, à Montréal au Québec, Julie Houle a lancé une pétition à ce sujet. « J'ai entendu à la radio des camionneurs, des chauffeurs de taxi, des gens qui livrent, qui se plaignaient de ne pas avoir de toilettes. Je n'avais pas d'autre choix que d'en parler, affirme la jeune femme de 28 ans. On doit avoir accès aux toilettes avec dignité, on ne devrait pas avoir à supplier un employé pour qu'il nous ouvre. Cela devrait faire partie du vivre ensemble : plus de toilettes, c'est moins de stress ». Et moins de stress, en ce moment, c'est un besoin sans doute aussi universel que celui d'aller aux toilettes.

 

*Le prénom a été modifié

 

 

Charles Marville- Les vespasiennes à Paris fin XIXéme ICI

 

Insolite : Les urinoirs publics du Paris vintageFaites un saut en 1860 et découvrez les urinoirs publics de l'époqueCharles Marville- Les vespasiennes à Paris fin XIXéme | PARIS à NU

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commentaires

pax 06/03/2021 18:24

Nous voilà soulagé de voir que le Taulier se préoccupe de nos petits besoins.
Ce problème, à Paris, n’est pas nouveau.
Nous avons, dans le capharnaüm de ma bibliothèque je possède le « Guide Porcelaine Des Lieux De Paris » ROUTH Jonathan – La Jeune Parque éditeur 1966. ROUTH est un, si j’ai bonne mémoire, américain qui après un constat de l’état déplorable des sanitaires publics s’est amusé à commenter, avec beaucoup d’humour.
Séduit par la démarche, dans les années 70 j’ai fait les photos des nombreuses pissotières de Strasbourg. Ces édifices ont aujourd’hui entièrement disparu. Mais cette « mémoire » de la ville se trouve archivée dans des cartons. Il n’y avait, à l’époque que des tirages argentiques d’où difficulté de les retrouver, surtout après plus de 8 déménagements. Je n’ai pas les qualités d’archivistes du Taulier, qui sait, fort à propos, exhumer les documents utiles à l’illustration de la chronique concernée.

So long’

pierre 03/03/2021 11:06

je pense qu'en plus du vaccin PFIZER la distribution gratuite de couches aux Parisiens de plus de 70 balais dans les centres de vaccinations, devrait assurer la réélection de Mme HIDALGO, et quel confort!!

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