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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 08:00

 

Réindustrialisons, réindustrialisons, c’est la nouvelle chanson à la mode Covid 19, avec le fiasco de Sanofi-Pasteur dans la course au vaccin notre orgueil national en a pris un sérieux coup, le chœur des pleureuses déplore soudain le peu de cas de la puissance publique à fait à l’effort de recherche. Pour ma pomme ce n’est pas nouveau, il y a 10 ans, un très proche garçon, préparait sa thèse de doctorat ès-sciences dans une unité de l’Inserm sur l’Ébola, moyens dérisoires, perspectives de carrière et salariales peu attrayantes, chercheur brillant, iconoclaste, selon son directeur de thèse, son diplôme en poche, après un passage à l’ESSEC, il a pris la poudre d’escampette en Suisse pour travailler dans un job où il cherche des start-up en biotechnologie innovantes afin de les aider à lever des fonds.

 

En France, je vais choquer, nous entretenons une flopée de chercheurs en sciences sociales, c’est dans notre ADN, mais du côté de la recherche fondamentale c’est plutôt vaches maigres même si le niveau d’excellence de celle-ci reste encore bon. Pour revenir à l’industrialisation, c’est-à-dire le passage de la recherche au développement, les chercheurs français ont bien du mal à trouver des entreprises acceptant le risque.

 

Deux exemples :

 

  • Moderna, l’entreprise US qui a mis en œuvre l’ARN messager pour le vaccin Covid 19, est dirigée par Stéphane Bancel, ex-Mérieux, « Le patron de Moderna prône une réussite américaine, signe de sa fierté et de son ambition. "Beaucoup de risques, beaucoup d’argent". Voilà quelle serait, selon Vanity Fair, la phrase préférée de Stéphane Bancel pour résumer son activité. De fait, l’histoire récente de Moderna semble être celle d’un coup de poker. En mars dernier, le patron de 47 ans est à la Maison Blanche et il fait une promesse à Donald Trump : la petite biotech’ n’aurait besoin que de quelques mois pour créer un vaccin. De quoi conquérir le président et faire pleuvoir les financements. »

 

Stéphane Bancel, s'adressant à la presse en 2007 à Paris

 

  • C’est le Royaume-Uni, et non la France, qui va être la première à bénéficier du vaccin anti-Covid mis au point par la société nantaise Valneva dont le premier actionnaire est le groupe choletais Grimaud. La présidente de la Région des Pays de la Loire déplore que la France ait raté cette occasion unique, met en cause le ministre de l’Industrie et parle d’un « terrible sentiment de gâchis ». ICI 

 

Résultat de recherche d'images pour "la société nantaise Valneva"

 

 

Lorsque nous sortirons de la crise sanitaire le bas de laine des Français les plus aisés, qui a enflé démesurément : 2020, année record pour l'épargne des Français ICI pourrait trouver là une bonne destination.

 

Je fais le grand écart entre la traduction des résultats de la recherche fondamentale en nouveaux produits et l’industrie de la mode qui elle n’a pas ce genre de soucis. À noter, que celle du vin, gros mot, ferait bien, du côté de Bordeaux et de la Bourgogne de se poser les bonnes questions plutôt que de vivre dans l’illusion.

 

Mais revenons aux fringues, qui ne sont pas l’apanage des nanas, 2 attitudes contradictoires se chevauchent : la recherche du moins cher du moins cher type H&M et la course aux marques type Calvin Klein payées au prix du caviar. Dans les 2 cas H&M et Calvin Klein se fond des couilles en or, le premier par le multiplicateur quantités vendues, le second par ses marges pharaoniques.

 

Il existe dans le choletais des entreprises de confection qui ont un savoir-faire reconnu ICI il serait intéressant de voir comment les paroles politiques post-covid seront traduites dans la réalité économique et comment les consommateurs régiront, auront-ils la mémoire courte.

 

 

En Ethiopie, les petites mains de H&M ou Calvin Klein gagnent 23 euros par mois ICI

 

Les Ethiopiens sont les travailleurs les moins payés de l’industrie mondiale du vêtement, loin derrière le Bangladesh.

 

Le Monde avec AFP

Publié le 08 mai 2019

 

Les salariés des usines de vêtements d’Ethiopie, qui travaillent pour des marques comme Guess, H&M ou Calvin Klein, sont les moins bien payés au monde, avec seulement 26 dollars (23 euros) par mois, selon un rapport rendu public mardi 7 mai.

 

L’Ethiopie, qui ambitionne de devenir le principal centre manufacturier du continent, a séduit les investisseurs en mettant en avant la disposition des salariés à travailler pour moins du tiers du salaire des travailleurs du Bangladesh, affirme le rapport du Centre Stern pour les affaires et les droits de l’homme de l’université de New York. Selon cette étude intitulée « Fabriqué en Ethiopie : les défis de la nouvelle frontière de l’industrie du vêtement », les salariés du Bangladesh, notoirement mal payés, gagnent 95 dollars par mois, ceux du Kenya 207 dollars et ceux de Chine 326 dollars.

 

« Plutôt que la force de travail docile et bon marché promue en Ethiopie, les fournisseurs basés à l’étranger ont rencontré des employés qui sont malheureux de leur rémunération et de leurs conditions de vie et qui veulent de plus en plus protester en cessant le travail ou même en démissionnant, déclare le directeur adjoint du centre, Paul Barrett. Dans leur empressement à créer une marque “made in Ethiopia”, le gouvernement, les marques mondiales et les fabricants étrangers n’ont pas prévu que le salaire de base était tout simplement trop faible pour que les travailleurs puissent en vivre. »

 

Grèves à répétition et fort turn-over

 

Selon le rapport, les salariés de la confection, parmi lesquels de nombreuses femmes, ont du mal à s’en sortir, sont très peu formés et des conflits culturels les opposent aux dirigeants des usines, originaires d’Asie. L’étude s’est penchée sur le parc industriel d’Hawassa (sud), l’un des cinq centres industriels inaugurés par le gouvernement depuis 2014, qui emploie 25 000 personnes et fabrique des vêtements pour des marques du monde entier. A terme, environ 60 000 personnes devraient y travailler. Des entreprises chinoises, indiennes et sri-lankaise ont ouvert des usines dans ce parc.

 

Le gouvernement espère que les exportations de vêtements, qui représentent actuellement 145 millions de dollars par an, vont grimper à environ 30 milliards. Un objectif qui « paraît irréaliste », selon le rapport, ne serait-ce que parce que les bas salaires ont entraîné une productivité médiocre, des grèves à répétition et un fort turn-over. Des usines ont remplacé l’intégralité de leurs salariés tous les douze mois en moyenne, indique le rapport.

 

L’Ethiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, avec quelque 105 millions d’habitants qui vivent encore largement de l’agriculture et sont confrontés à des sécheresses et à la pauvreté. Le Centre Stern appelle le gouvernement éthiopien à instaurer un salaire minimum et à élaborer un plan économique à long terme pour renforcer l’industrie du vêtement.

 

 

Éthiopie : le chemin de croix des travailleurs du textile ICI
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P
Après une chronique de la joie de vivre (qui n’oublie pas de proposer des flacons pour accompagner les plats présentés) voici venir les sujets qui fâchent.
Les prédateurs cités * comme exemple, car ils sont nombreux par ailleurs, sont à vomir.
N’oublions pas les 1 127 morts de l'effondrement du Rana Plaza un immeuble à Savar, faubourg ouest de Dacca, la capitale du Bangladesh. ** Y étaient exploités au bénéfice des prédateurs évoqués dans les pires conditions imaginables des milliers d’esclaves modernes contribuant aux exorbitants et indécents bénéfices de ces accros au libéralisme le plus échevelé possible.
Relisons « No Logo - la tyrannie des marques » livre de la journaliste canadienne Naomi Klein, paru en janvier 2000

* Prédateurs qui ne perdent pas le nord comme Nike qui fait fabriquer les chaussures droites à un autre endroit que les gauches pour éviter le « coulage ». Le même Nike invité à consacrer 1% de son budget pub pour améliorer les salaires ce qui aurait permis aux parents de faire vivre leur famille et d’envoyer les enfants à l’école.

** Invités à participer à une indemnisation des victimes et des dégâts Gapp, a dit « No ! » avec la brutalité caractéristique de cette engeance.
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