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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 06:00

 

Je n’avais nul souvenir de Jessica Lange née le 20 avril 1949 à Cloquet, dans le Minnesota, même si j’avais beaucoup aimé en 1989 : Music Box de Costa-Gavras.

 

Depuis que j’ai décidé d’écumer la bibliothèque de DVD je me tape, plutôt en fin de journée, en moyenne 2 ou 3 toiles par jour afin de rompre mon rythme de lecture, je découvre des films.

 

Tel fut le cas, samedi soir 13 février, du film de Bob Rafelson Le Facteur sonne toujours deux fois The Postman Always Rings

 

 

J’avais bien aimé Le facteur sonne toujours deux fois réalisé par Tay Garnett en 1946 avec Lana Turner, John Garfield, Cecil Kellaway

 

 

Tay Garnett ne fut pas le premier à porter à l’écran ce drame de la passion adultère. Avant lui, Pierre Chenal adapta le roman de James M. Cain, publié en 1934 qui remporta un grand succès, avec un Michel Simon tendre et pathétique, dans Le Dernier Tournant (1939). Et Luchino Visconti établit des liens entre cette histoire déchirante et le fascisme italien, dans Les Amants diaboliques (1943).

 

 

Alors que la première adaptation représentait plutôt une femme maléfique causant le malheur d’un homme faible, dans le style des “films noirs” très en vogue dans les années 40, la seconde version de 1981 par Bob Rafelson a plutôt recréé l’époque sociale où le roman a été écrit : l’Amérique de la Dépression et des coureurs de route cherchant un travail, un port d’attache même provisoire.

 

Avec ce film, le réalisateur Bob Rafelson en profite pour provoquer une Amérique prude : on y voit Jessica Lange, sous l’emprise d’un séducteur Jack Nicholson, l’un de ses grands rôles. Les parties de jambes en l’air entre Lange et Nicholson constituent un sommet de l’érotisme au cinéma.

 

 

« On pardonnera facilement à Franck (Jack Nicholson) ses égarements car le pauvre est certainement tombé, dans cette station essence paumée au fin fond de la Californie, sur une des actrices les plus torrides que le cinéma nous ait donnée. Jessica Lange irradie littéralement chacune des scènes où elle apparait et si Jack se consume à sa vue, il n'est pas le seul. Elle tient parfaitement sa place dans la grande famille des femmes fatales que le film noir américain a inventée. Mais là où Barbara Stanwyck dans Assurance sur la mort campe une garce vénéneuse, Jessica Lange offre une candeur, un rayonnement juvénile qui fait qu'il est difficile de lui reprocher jusqu'au meurtre le plus sordide. »

 

 

Deux énormes acteurs, Nicholson égal à lui-même et Lange une révélation.

Icône

Comment Jessica Lange a acquis son panache légendaire

ICI

 

Deux oscars, trois Emmy Awards, cinq Golden Globes, un Tony Award et un SAG : la liste de récompenses de l'actrice est longue comme le bras. Aujourd'hui, après 41 ans de carrière, elle est reconnue pour son « chien » autant que pour ses talents d'actrice.

Publié le JEUDI, 20 AVRIL 2017
par Alexane Pelissou

Le dimanche après-midi le gris étant au rendez-vous, je pioche dans ma bibliothèque de DVD où je trouve Music Box de Costa-Gavras 1989  et en consultant la pochette je découvre que le rôle d’Ann Talbot, l’avocate, la fille du monstre, est Jessica Lange.

 

 

J’enfourne immédiatement, sous le regard toujours intrigué du chat, le disque dans le lecteur. J’ai déjà vu le film, je connais donc l’épilogue, mais je le suis avec la même passion que lorsque je l’avais vu sur grand écran.

 

 

Télérama critique par Pierre Murat

 

Et si ça vous arrivait à vous ?

 

Et si vous découvriez que votre père, votre vieux père si gentil, a — peut-être — été un criminel nazi ?

 

L’un des plus beaux films de Costa-Gavras (Ours d’or au festival de Berlin 1990), parce que la thèse (la mémoire, la faute) se fond dans une intrigue romanesque subtile. Et aussi parce que l’héroïne qui mène l’enquête sur l’innocence ou la culpabilité du père est interprétée par Jessica Lange. Dont chaque mouvement, chaque regard, chaque intonation reflètent le doute, l’angoisse et la honte du doute et, donc, l’écroulement des certitudes. Costa-Gavras mélange le romanesque et le politique avec une maestria qui lui a, parfois, manqué.

 

On sait moins que, en fait, de très nombreux criminels de guerre (ils sont estimés à dix mille) se réfugièrent tout simplement aux Etats-Unis. Beaucoup d’entre eux (surtout ceux qui étaient originaires des pays baltes, d’Ukraine et de Biélorussie) collaborèrent, dès le début de la guerre froide, avec les services de renseignement américains : ils purent, en récompense, facilement s’installer aux Etats-Unis et y couler une forte paisible existence, dans l’oubli.

 

Parfois cependant, par les hasards de la justice, un dossier remonte à la surface de l’obscur océan des archives. Et celui qui pensait ne plus avoir à rendre des comptes se retrouve brutalement confronté au cauchemar de son propre passé. Un passé gravé dans la mémoire, ineffaçable, inoubliable comme la petite mélodie, douce et lancinante, d’une ancienne boîte à musique.

 

Tel est le thème de Music Box, le nouveau film de Costa-Gavras. Un thriller poignant, réalisé aux Etats-Unis et qui raconte, avec une formidable virtuosité narrative, l’histoire d’un émigré hongrois bien tranquille (remarquablement interprété par Armin Mueller-Stahl), accusé, quarante ans après, d’avoir été un tortionnaire fasciste, membre des Croix fléchées, collaborateur des nazis et assassin de juifs (plus de cinq cent mille juifs hongrois furent exterminés pendant la guerre). Il nie et demande à sa fille, brillante avocate (Jessica Lange), de le défendre, de prouver qu’on le confond avec un autre, qu’il est victime d’une machination.

 

 

Cas de conscience Dans " Music box ", de Costa-Gavras, Jessica Lange, avocate découvre les fautes pour lesquelles il ne peut y avoir prescription

Le Monde publié le 28 février 1990

 

Après le passage de ce film au Festival de Berlin et l'ours d'or qu'il y a reçu, après les commentaires qu'il a déjà suscités, on ne peut ignorer le sujet qu'il traite ou, plutôt, la situation qui sert de base au scénario : en 1989, à Chicago, Michael Laszlo, homme d'une bonne soixantaine d'années, hongrois émigré depuis quarante-cinq ans (Armin Mueller Stahl) est informé par le bureau des enquêtes spéciales que le gouvernement hongrois demande son extradition ; il est poursuivi comme tortionnaire au service des nazis, pour crimes de guerre. Michael Laszlo doit comparaitre devant la justice américaine ; il risque de perdre sa citoyenneté et d'être renvoyé en Hongrie. Sa fille, Ann Talbot (Jessica Lange), brillante avocate, décide d'assurer sa défense. Elle n'a aucun doute sur son innocence. Née aux Etats-Unis, elle ignore bien des choses sur le pays natal de son père.

 

 

En 1920, après avoir maté une révolution, l'amiral Horthy avait été nommé régent de Hongrie par l'Assemblée nationale. Onze ans plus tard, il gouvernait en dictateur. Après s'être rapprochée de l'Italie fasciste, puis de l'Allemagne nazie (surtout après l'Anschluss, qui lui valut des avantages territoriaux), la Hongrie entra en guerre aux côtés des nazis, en 1941. En mars 1944, Hitler fit occuper le pays qui, voyant la guerre perdue, cherchait un rapprochement avec les alliés. Horthy fut destitué et remplacé par Ferenc Szalasi, fondateur du sinistre parti pro-nazi des Croix-Fléchées, qui fit déporter et massacrer les juifs hongrois, et intensifia la guerre. Szalasi s'enfuit après la défaite allemande et la libération de la Hongrie par les Soviétiques. Il fut retrouvé, condamné à mort et exécuté en 1946.

 

 

Vérité historique

 

Ainsi, en 1944-1945, la Hongrie n'était-elle pas une nation innocente. Parmi les nombreuses " personnes déplacées " fuyant les troupes soviétiques et demandant l'assistance des alliés - ce fut vrai, d'ailleurs, pour toute l'Europe de l'Est, - se glissèrent des fascistes et des criminels de guerre. Les autorités américaines qui, à mesure que se précisait la " guerre froide ", avaient besoin de collaborateurs anticommunistes, ne furent pas très regardantes pour accorder les visas d'immigration.

 

Cette vérité historique, il faut la rappeler pour parler de Music-Box. Elle sous-tend le scénario de Joe Eszterhas, se révèle dans certains détails au cours du procès et déplace le suspense.

 

On ne se demande pas : Michael Laszlo est-il innocent ou coupable ?

 

Mais : comment Ann Talbot, citoyenne américaine, placée du côté de la loi, mère d'un petit garçon qui doit être préservé du mal, va-t-elle réagir lorsque la vérité – qui ne sort pas d'un puits au terme d'une troublante enquête – deviendra, pour elle, irréfutable ?

 

Armin Mueller-Stahl interprète avec une tranquille assurance le bon Américain qu'est devenu Laszlo, ouvrier, veuf et père de famille exemplaire (deux enfants qui ont chacun sa place dans la hiérarchie sociale, le fils ayant moins bien réussi) soudain poursuivi par un agent implacable, Jack Burke (Frederic Forrest excellent) lequel ne peut tout de même pas être soupçonné de participer, en 1989, à une machination communiste. Face à sa fille, aux juges, aux jurés, aux spectateurs du procès – et du film – Armin Mueller-Stahl est un bloc, un rocher. Cheveux blancs, yeux d'un bleu métallique qui n'expriment rien, phrases tranchantes du genre " Je n'ai pas fait cela ", " Ce n'était pas moi ", il donne froid dans le dos à cause de sa dualité devinée derrière le bon Américain qu'il est devenu.

 

La mise en scène cinématographique du procès est très forte : les dépositions des témoins passionnent jusque dans l'horreur et font basculer, non pas l'accusé, mais l'avocate, ébranlée à la fois dans son amour filial et dans l'idée qu'elle a, par nature, pourrait-on dire, de la démocratie américaine. Ce qui a été enfoui dans les " accidents de l'histoire" et les bonnes consciences remonte à la surface avec un remugle de charnier, d'horreurs pour lesquelles il ne peut y avoir prescription.

 

Un grand peintre psychologique

 

On voit toujours, avec raison, en Costa-Gavras, un cinéaste politique qui, depuis Z, s'est attaqué à tous les maux engendrés par les systèmes totalitaires, les diplomaties militaires et les phénomènes pervers de société. Mais Costa-Gavras est, aussi, un grand peintre psychologique dont le style classique, direct, sec parfois et toujours efficace, part des faits pour traduire les conflits intérieurs, les bouleversements et les choix de personnages amenés à remettre en question une certaine idée de l'ordre et de la morale.

 

Comme Jack Lemmon dans Missing, Jill Clayburgh dans Hannak, et Debra Winger dans la Main droite du diable, Jessica Lange est un personnage placé en face d'un débat, d'un problème individuel, soudain extrait, comme une noix de sa coque, de l'espace-temps historique. En avocate américaine "clean", peu à peu forcée d'imaginer et d'admettre des images de supplices, de meurtres et d'extermination – c'est comme un procès de Nuremberg dans sa tête – Jessica Lange casse son image d'actrice irréprochable, exprime la douleur et la détermination d'une femme qui ne se remettra jamais d'un traumatisme reçu, un jour, sur les bords du Danube et le pont des supplices de 1944. Ce voyage en Hongrie donne moins la solution d'une énigme que le déclic, tragique, d'un cas de conscience. Mais Costa-Gavras n'est-il pas le plus hollywoodien des cinéastes français ?

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commentaires

pax 24/02/2021 10:21

Jessica Lange démarra sa carrière au cinéma avec King Kong ( 1976 ) C'est ainsi qu'elle se fit remarquer dans ce qui aurait pu s'appeler La Belle et la Bête .

pax 21/02/2021 10:02

Voila les pendules remises à l'heure.La mouche du coche complexai au regard du nombre de livre présentés et lus, bien sur, par le Taulier.En effet la mouche ,par ces temps bénis pour les soit-disant inactifs, est une vraie "patate de divan" Scotchée devant sa télé grand écran elle ingurgite, grâce aux diverses chaines consacrées au cinéma, des km de pellicules sa tablette à portée de mains pour vérifier ou compléter certains éléments.La patate de divan, promène aussi Nane pour prendre un peu d'exercice et reprendre des forces et pour ne pas devenir complètement accro s'interdit de télé le samedi et le dimanche, jour de repos, jusqu'au film du soir.
Je voit que je ne suis pas seul. Le moral va mieux.
Qu'est ce qu'il y a au menu, ce soir et cette nuit ?

So long'

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