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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 06:00

 

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Dans ma dernière moisson de livres, au milieu des romans noirs ou blancs le « Sans Alcool » de Claire Touzard me provoquait, il faisait tache, en effet la photo sur le bandeau de son livre de cette journaliste, tout de blanc vêtue, n’a rien à voir avec celle d’une pochtronne abîmée par 22 ans de bitures et autres addictions. Dans l’une des interviewes qui suit elle s’en explique.

 

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Depuis le témoignage d’Olivier Ameisen je suis attentif à celles et ceux qui sont tombés dans l’alcoolisme.

 

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3 novembre 2008

« Le Dernier Verre » du Dr Olivier Ameisen : un témoignage qui dérange… ICI

 

« Je suis hanté depuis toujours par un sentiment angoissant d’inadéquation, d’imposture. Alors que je dégage – selon ce qu’on me dit – une impression de force et d’assurance et même, pour beaucoup, de charisme, je me sens en totale inadéquation avec cette image. Pour moi, cette personne dont le CV épate tout le monde n’a rien à voir avec la personne que je suis réellement. Je vis dans la crainte d’être découvert. Un jour, forcément, quelqu’un comprendra que tout ce que j’entreprends, tous mes succès ne sont qu’une escroquerie, et le château de cartes s’écroulera en quelques secondes. » Là est la racine de sa maladie. Ce livre vous devez le lire. Je ne vais donc pas vous le résumer mais vous confier, dans l’ordre chronologique, des passages que j’ai soulignés lors de ma lecture. »

 

9 janvier 2012

Portrait d’Olivier Ameisen dans Libération « Arrêter l’alcool, ce n’est rien. Découvrir la vie, c’est extraordinaire»

 

« Aujourd’hui, il se dit heureux comme jamais. «Arrêter l’alcool, ce n’est rien. Découvrir la vie, c’est extraordinaire», confie ce fana de marches en montagne. «Sans ma souffrance, je n’aurais jamais connu le bonheur. Je croyais poésie et souffrance indissociables et ne pouvais m’empêcher de pleurer en entendant Rachmaninov ou Barbara, en lisant Eluard ou Tolstoï.» Il ne pleure plus, puisqu’il ne boit plus. »

 

Et puis cette fois-ci c’est une femme qui témoigne, dans notre pays du soi-disant bien boire, les hommes sont en première ligne, affichant avec suffisance leur belle descente – combien ai-je côtoyé de soi-disant amateurs qui n’étaient en fin de compte que des pochtrons ? Beaucoup ! Et de très connus – alors que les femmes doivent cacher leur ivrognerie, « une femme saoule ce n’est pas beau » tranchent les gens bien comme il faut.

 

Baby-boomer, né dans un des départements les plus alcoolisé de France, la Vendée, à la Mothe-Achard, avec ses 60 points de buvaison pour 1300 habitants, j’en ai vu défiler des bourrés dans la cuisine familiale, beaucoup allait se désintoxiquer « aux fous » disait-on, l’hôpital psychiatrique de la Grimaudière. Ma distance avec l’alcoolisation y trouve son origine.

 

Claire Touzard pourrait être ma fille, j’aurai bientôt 73 ans, j’ai fumé un temps des Boyard maïs, puis des roulées, des biddies, un temps des Puros, le tabac était un excellent moyen pour se concentrer sur l’écriture, j’ai cessé un beau jour, et mon séjour en pneumologie à Cochin suite à mon accident de vélo, m’a fait toucher le calvaire des fumeurs. J’ai commencé à boire fort tard, à mon arrivée à Paris en 1976, les vins d’alors ne me plaisaient guère, j’en buvais peu et dans les lieux sociaux je laissais mon verre plein. Et puis, sur le tard j’ai découvert les vins nature au Lapin Blanc lieu improbable sur les hauts de Ménilmontant, j’y ai trouvé le plaisir alors, lorsque j’en bois, je ne déguste pas, j’en bois à satiété. Jeûner, ne pas en boire ne me pose aucun souci, je ne suis pas dépendant, ma seul addiction c’est la caféine.

 

Pour un blog qui affiche Vin&Cie aborder l’ivrognerie est déjà une provocation pour les tenants stupides du vin n’est pas un alcool comme les autres. Mais j’affiche aussi que c’est un Espace de liberté, alors l’autoportrait de Claire Touzard, fort bien écrit, y a sa place, à chacune et chacun de se faire son opinion même si ça déplaît à Saverot le rédac-chef de la RVF.

 

Un clin d’œil provocateur à l’attention de ceux, les frustrés qui se reconnaîtront,  qui me reprochent de ne fréquenter que des filles :

 

Les femmes qui pensent sont dangereuses par Bollmann

 

Les femmes qui pensent sont dangereuses Stefan Bollmann GRÜND (26/09/2013)

 

L'autoportrait de François de La Rochefoucauld

 

Je suis d’une taille médiocre, libre et bien proportionnée. J’ai le teint brun mais assez uni, le front élevé et d’une raisonnable grandeur, les yeux noirs, petits et enfoncés, et les sourcils noirs et épais, mais bien tournés. Je serais fort empêché à dire de quelle sorte j’ai le nez fait, car il n’est ni camus ni aquilin, ni gros, ni pointu, au moins à ce que je crois. Tout ce que je sais, c’est qu’il est plutôt grand que petit, et qu’il descend un peu trop bas. J’ai la bouche grande, et les lèvres assez rouges d’ordinaire, et ni bien ni mal taillées. J’ai les dents blanches, et passablement bien rangées. On m’a dit autrefois que j’avais un peu trop de menton : je viens de me tâter et de me regarder dans le miroir pour savoir ce qui en est, et je ne sais pas trop bien qu’en juger. Pour le tour du visage, je l’ai ou carré ou en ovale ; lequel des deux, il me serait fort difficile de le dire. J’ai les cheveux noirs, naturellement frisés, et avec cela assez épais et assez longs pour pouvoir prétendre en belle tête. J’ai quelque chose de chagrin et de fier dans la mine ; cela fait croire à la plupart des gens que je suis méprisant, quoique je ne le sois point du tout. J’ai l’action fort aisée, et même un peu trop, et jusques à faire beaucoup de gestes en parlant. Voilà naïvement comme je pense que je suis fait au-dehors, et l’on trouvera, je crois, que ce que je pense de moi là-dessus n’est pas fort éloigné de ce qui en est. J’en userai avec la même fidélité dans ce qui me reste à faire de mon portrait ; car je me suis assez étudié pour me bien connaître, et je ne manque ni d’assurance pour dire librement ce que je puis avoir de bonnes qualités, ni de sincérité pour avouer franchement ce que j’ai de défauts.

Extrait du Recueil des portraits et éloges écrit en 1659.

 

 Autoportrait donc, en relation avec autobiographie, confrontation de son image telle qu’on la voit avec celle du regard des autres.

 

 

EXTRAITS

 

NDLR :

 

Chère Claire,

 

Je n’ai jamais rien cherché dans le vin, je bois, de temps en temps, que des vins nu aujourd’hui, jamais seul, mais avec mon amie  Claire caviste, mon absence d’addictions ne doit rien à un interdit social, moral, religieux, et j’aime danser, faire la fête, le bien-manger, mais tout bêtement à mon souci de ne jamais me retrouver privé de ma liberté, d’être contraint, enserré, tout comme le surendettement qui vous entraîne dans une fuite en avant. L’alcoolisme est une maladie et, comme Olivier Ameisen, je pense qu’il faut en traiter les causes, dont l’une d’elle est le craving. Le flacon, ou la dose, la clope, ne sont en rien responsables de l’addiction, même si je conteste le discours imbécile : le vin n’est pas de l’alcool et pire le vin est bon pour la santé. Je roule vers 73 balais, donc j’eus 20 ans en 68, nous y avons tenus des discours en béton, nous étions un peu cons, aujourd’hui on nous taxe d’être la cause de toutes les dérives que votre génération a connue, et pourtant la cause des femmes pesait aussi très lourd dans nos revendications. J’ai eu la chance de croiser, puis de travailler avec Michel Rocard, j’ai donc eu une belle vie, de beaux petits enfants, et je vous souhaite, sur le chemin difficile du sevrage, à vous aussi, une belle vie à la tête d’une petite entreprise que j’ai connue en son temps : élever et aimer son enfant.

 

Mais l’anxiété sociale, la timidité font partie des raisons qui me poussent à boire… page 109

 

Moi qui avait si peur du jugement des autres, j’avais livré mon autre visage : l’alcoolique vulnérable, et non la guerrière bravache (…) Je me suis déshabillée, j’ai enlevé les couches ; les belles pompes, la veste chic, le brushing, jusqu’à ce que l’on voit l’os, les sédiments. J’ai été à poil… page 111

 

C’est plutôt la qualité de l’ivresse que je jugeais : certains vins nature la rendaient douce et sereine, n’arrachais pas le crane le lendemain. Certains bordeaux étaient comme de petits cercueils érotiques, leur chaleur m’assourdissait, avant de me faire vriller tout à fait par leur lourdeur… page 113

 

ll y a un déchirement vif, entre cet imaginaire idyllique et exaltant que transporte l’alcool et cette arme assassine, chaotique et sanguine qu’il représente aujourd’hui pour moi. J’ai du mal à rompre avec le vin, comme j’ai du mal à me séparer d’un amour toxique. Comme avec les pervers, les sales types : on s’accroche toujours à l’illusion du plus beau, du plus grandiose, là où  est en vérité sombre lorsqu’on a le bon filtre… page 115

 

la vérité est que boire mène toujours et irrémédiablement à un seul état : l’ivresse. Cela procure, certes un plaisir considérable, parfois quasi sexuel, mais reste une sensation relativement immédiate qui n’apporte pas d’élévation de l’esprit.

 

Il n’est en rien un art. Ni une philosophie. Il ne permet pas d’accéder à d’autres portes de compréhension du monde.

 

 

Il bourre la gueule. Point barre… page 116

 

J’ai toujours eu un caractère sensible et anxieux : l’alcool, comme la coke, et même le shit ou la weed, ont des effets toxiques et immédiats sur mon âme que je métamorphose sous leurs effets. Paradoxalement, ma sensibilité et mon anxiété sont les raisons profondes de mes addictions. Il s’agit là d’une association de malfaiteurs : jamais l’alcool ou la drogue ne seront pour moi des effets bénéfiques. Je dois me faire une raison… page 119

 

Existe-t-il des personnes qui boivent juste pour le plaisir serein, pour l’orgasme gustatif ? Cela me paraît impensable, puisqu’on ne peut dissocier la saveur ou l’usage du vin, de l’ivresse, et que dans la quête de l’ivresse, il y a une recherche d’évasion qui prouve le désamour du moment présent. J’ai la conviction que si l’on s’essaie à ces produits, c’est qu’inconsciemment on cherche tous à soigner un mal-être inconscient… page 121

 

Nous gueulions sur le système, mais nous n’en imaginions aucun autre. Nous ne créions aucune idéologie moderne. Notre époque a été particulièrement nihiliste et dépolitisée, et les artistes, intellectuels du moment, occupaient le terrain, noctambule à nos côtés… page 162

 

À la campagne, comme à la ville, l’alcool permet de tabasser la solitude, l’ennui, les contrariétés financières : il permet de tenir physiquement dans un ciel crevassé, avec des jobs parfois trop violents et sous-payés.

 

En Bretagne, comme dans beaucoup de régions en France, boire est incontournable. L’alcool est le psy inexistant, le Lacan des âmes torturées du village. Les aînés ne lésinent pas sur la bouteille. On vous y met le doigt dedans dès l’enfance… page 166

 

Tant que l’abstinence s’effile, plus que je ne l’aurais imaginé aux prémisses, je comprends que la dépendance naît d’un faisceau d’éléments, d’époques, comme des bouts de puzzle qui s’accordent au fur et à mesure du temps… page 194

 

 

 

Claire Touzard : « Arrêter de boire, c’est ça la vraie rébellion ! »

 

À 37 ans, après deux décennies de consommation excessive, Claire Touzard a décidé d’en finir avec l’alcool. Cette journaliste, qui a des attaches à Brest et Plouescat (29), savoure aujourd’hui une année de sobriété qu’elle décrit dans un livre confession, « Sans alcool », en forme de journal d’un sevrage.


« Beaucoup de femmes, comme moi, s’emparent de l’alcool pour son supposé rôle émancipateur. C’est évidemment un leurre », confie la journaliste Claire Touzard, auteur du livre témoignage « Sans alcool » (Photo Alexandre Tabaste)

 

Publié le 21 janvier 2021

 

  • Votre livre s’achève à la fin de l’été 2020. Où en êtes-vous de votre sevrage aujourd’hui ?

 

Je n’ai pas bu une goutte d’alcool depuis et puis je suis devenue maman à Noël ! J’ai le sentiment - même si je touche du bois - que le plus dur est vraiment derrière moi. Je ne pense plus du tout à boire de l’alcool. Un thérapeute m’a dit un jour qu’il était parfois possible de revenir à une consommation raisonnable, mais je n’en ferai rien : vu tout ce que j’ai gagné en arrêtant, c’est non.

 

  • Quel a été le déclic ?

 

J’ai eu envie que ma vie change. Je me rendais bien compte que j’allais trop loin. À l’époque, j’étais célibataire, je sortais, mais il m’arrivait aussi de boire seule, chez moi. Les jours « sans » étaient devenus très rares. Et puis, j’ai rencontré quelqu’un. Et la première fois où je me suis retrouvée ivre devant lui a agi comme un déclic : je devais arrêter.

 

  • Pourtant, votre physique ne disait rien de ces excès. Vous « présentiez bien », à l’opposé du cliché de la « pochtronne » négligée…

 

Oui, je remercie la génétique, mais il est vrai que j’ai un physique athlétique, une peau qui ne trahit pas mes excès. Au point d’ailleurs qu’après une interview en vidéo, des gens m’ont dit que ce que je racontais de ma consommation ne pouvait pas être vrai, que j’étais trop « fraîche » pour sortir de 22 ans d’alcool. Je pense juste que je me suis arrêtée à temps. Si j’ai pu cacher mon alcoolisme, c’est parce que je vivais seule, que mon boulot me faisait souvent voyager à l’étranger. Cela ne m’empêchait pas d’avoir honte de passer chez le caviste acheter une bouteille, en prétextant un dîner entre amis…

 

Beaucoup de gens pensent que l’alcool les inspire. Moi, je n’ai pas l’impression que ça rend intelligent. Tout ce que j’ai écrit bourrée, c’était très mauvais !

 

  • Vous dites que l’alcool vous aidait à échapper à une féminité un peu encombrante. Qu’est-ce à dire ?

 

J’ai toujours eu du mal avec la féminité. Pour moi, l’alcool servait d’arme pour casser les codes conventionnels de la féminité : j’avais l’impression que je m’émancipais en buvant trop, en buvant comme un mec. L’alcool, pensais-je, me rendait moins lisse, plus puissante. Beaucoup de femmes, comme moi, s’emparent de l’alcool pour son supposé rôle émancipateur. C’est évidemment un leurre.

 

  • Vous pensiez être plus forte sous alcool, alors que l’ivresse rend vulnérable, particulièrement quand on est une jeune femme…

 

Oui, je revois le film de tout ce que j’ai fait sous alcool pendant toutes ces années… Et tous ces lendemains où l’on réalise ce qu’il s’est passé la veille, ce regard de dégoût que l’on pose alors sur soi. Beaucoup de gens pensent que l’alcool les inspire. Moi, je n’ai pas l’impression que ça rend intelligent. Tout ce que j’ai écrit bourrée, c’était très mauvais !

 

  • Quels bénéfices retirez-vous après un an de sobriété ?

 

J’ai meilleure mine, j’ai perdu un peu de poids, mais surtout je suis en forme. Avant, j’étais en gueule de bois ou a minima fatiguée par la consommation de la veille, un jour sur deux. Et ça me rendait irascible. Beaucoup de mes angoisses ont disparu, aussi. Quand on boit, on pense que l’alcool est un bon moyen de déstresser, de décompresser. En fait, ça ne fait que mettre de l’acide sur nos plaies.

Les gens qui ne boivent pas d’alcool sont toujours les culs-bénis, les chiants. Dans l’imaginaire collectif, les bons vivants, les sympas, les drôles, les cools sont ceux qui boivent… C’est ce que je croyais aussi

 

  • Vous racontez que certains de vos proches ont été étonnés de votre annonce. La sobriété est parfois mal vue…

 

Oui, car quand on annonce qu’on arrête de boire, on tend un miroir à l’autre. On l’oblige à regarder en face sa propre consommation. Et puis, en France, les gens qui ne boivent pas d’alcool sont toujours les culs-bénis, les chiants. Dans l’imaginaire collectif, les bons vivants, les sympas, les drôles, les cools sont ceux qui boivent… C’est ce que je croyais aussi.

 

  • En fait, la sobriété, dites-vous, est bien plus subversive qu’on ne le pense.

 

Oui, arrêter de boire, c’est ça la vraie rébellion ! L’abrutissement, ce n’est pas subversif. Arrêter l’alcool, c’est vivre sous une forme plus pure. Je me redécouvre depuis un an. J’ai repris le pouvoir sur moi-même. Je suis connectée à mes émotions. L’alcool prenait trop de place, générait tant de honte, d’oublis, de fatigue et de nervosité… Vraiment, la liberté, c’est de ne plus boire.

 

  • Comment avez-vous géré les contrariétés de la vie sans alcool ?

 

Même quand j’ai eu des coups durs, je n’ai pas pensé à boire de vin. Vous savez, quand on boit, on pense qu’on a besoin de l’alcool comme d’un médicament. Mais en fait, aujourd’hui je me rends compte qu’affronter le réel, ce n’est pas plus dur que de le fuir comme je le faisais avant. En réalité, l’alcool, quand on ne va pas fort, ajoute au drame. C’est le plus mauvais des pansements. Aujourd’hui, ma vie est plus tournée vers la nature : son contact est devenu un besoin à travers la contemplation, la marche. Je sais qu’on peut aller se balader avec des amis plutôt que de prendre l’apéro, et c’est sympa. En plus, sans alcool, on a l’esprit plus aiguisé : les blagues sont meilleures ! La parole, l’écriture aident beaucoup aussi.

 

  • Née à Paris, vous avez ensuite grandi à Brest puis à Plouescat (29). Quelles sont vos attaches avec la Bretagne aujourd’hui ?

 

J’y passe encore beaucoup de temps. Une partie de mon livre a d’ailleurs été écrite depuis Plouescat, où vit ma famille. Je ne reste jamais très longtemps sans aller me balader baie du Kernic, dont j’aime par-dessus tout la lumière en hiver.

 

  • Les Bretons sont réputés pour « lever le coude ». Pensez-vous que cette réputation soit fondée ?

 

Ce qui est sûr, c’est qu’ils en rient eux-mêmes ! Bien sûr que les Bretons sont un peuple qui aime réunir sa tribu, qui apprécie la convivialité : l’alcool va avec. Mais est-ce bien différent ailleurs ? Le Pastis des Marseillais sert aussi à ça !

 

 

PORTRAIT. Claire Touzard, ancienne alcoolique : « L’alcool m’aidait à avoir l’air cool et rebelle »

 

Originaire de Morlaix, Claire Touzard s’est fait une place dans les milieux branchés parisiens. Elle révèle dans un livre ce que tout le monde, autour d’elle, avait déjà deviné : son alcoolisme.

Claire Touzard, journaliste, a cessé de boire le 31 décembre 2019 : « Ça faisait longtemps que je savais qu’il y avait un problème »

 

| DANIEL FOURAY,  Ouest-France Texte : Thierry RICHARD.Photo : Daniel FOURAY. Publié le 26/01/2021 

 

Une longue chevelure noire et épaisse, des yeux clairs, une peau diaphane, une silhouette athlétique… À bientôt 40 ans, Claire Touzard ne passe pas inaperçue. « Je présente bien », écrit-elle. On peine à croire qu’elle a pu être cette « pochtronne » qu’elle évoque dans son livre, sans rien cacher de ses frasques. « Vous ne pourriez le deviner, j’avance masquée », écrit-elle encore.

 

Claire Touzard a tombé le masque. Elle révèle aujourd’hui ce que tout le monde, dans son entourage, savait déjà. Elle est alcoolique. Ou plutôt « était ». Elle a arrêté l’alcool le 31 décembre 2019, après une énième soirée de beuverie, quand elle a vu dans le regard de son nouvel amoureux l’image de ce qu’elle était devenue, « la beurrée, la barrique ».

 

« Je buvais seule, de plus en plus »

 

Un an plus tard, elle raconte cette nuit d’ivresse dans le salon de son appartement parisien où elle vient d’emménager avec Alexandre. « Quand j’ai vu ses yeux sur moi, ce soir-là, je me suis dit : « Es-tu prête à perdre cette personne ? » J’avais foutu en l’air tellement d’amitiés à cause de l’alcool. Il était hors de question de le perdre lui. Il y a eu un déclic. Mais ça faisait longtemps que je savais qu’il y avait un problème. Je buvais seule, de plus en plus. »

 

Il faut se méfier des apparences. À l’époque, Claire Touzard est une journaliste en vue, rédactrice en chef d’un magazine branché, Grazia Hommes. Après une formation en journalisme à Rennes, elle a enchaîné les jobs à France Inter, Canal +, Paris Première, Libération, GQ… Un milieu cool et intello où l’on a le sens de la fête. Où l’on assène des vérités qu’on croit géniales en sirotant des grands crus.

 

Alcoolisme ? Sûrement pas. Éthylisme mondain, au pire. Rien à voir avec « ce type sans dents et sans emploi, qui carbure au pastis dès 10 h du matin au PMU ». Vraiment ? Un peu de lucidité : « Nous buvons pour les mêmes raisons et les dégâts physiques sont similaires. Le vin n’est ni plus gai ni moins dangereux parce qu’il est mieux sapé, plus cher, dans des meilleurs verres. »

 

Claire Touzard a grandi en Bretagne, près de Morlaix, dans le Finistère. C’est là-bas qu’elle a « appris » à boire sans modération, à 16 ans. « À l’adolescence, les amitiés se nouent très vite autour de l’alcool. Au lycée, on sortait beaucoup, on buvait énormément, jusqu’à se rouler par terre. C’était une sorte de concours de l’excès. Pour sortir de l’ennui peut-être. »

 

« En France, tout le monde boit »

 

Elle a compris, depuis, que l’alcool n’était pour elle qu’une sorte d’élixir d’immunité dans lequel elle croyait pouvoir dissoudre son mal-être. « Quand on est ado, l’alcool fait partie des armes qu’on a à sa disposition pour avoir l’air un peu plus fort, plus audacieux. Je suis très timide, l’alcool m’a beaucoup aidée socialement, il m’aidait à avoir l’air cool et rebelle. »

 

La fêtarde invétérée qu’elle est alors se trouve des excuses pour continuer à se mettre minable. « Je confondais l’alcool avec l’émancipation. » Elle se raconte des histoires en pensant que boire est un « geste politique, un pied de nez au statut de femme trop lisse que l’on m’obligeait à tenir ». Balivernes, évidemment. L’alcool, constate-t-elle, ne fait que renforcer la fragilité physique des femmes et la domination des hommes.

 

Mais pourquoi se priver d’un petit remontant quand la société tout entière nous y encourage ? « En France, tout le monde boit, c’est une norme sociale. » Pire : on pardonnerait beaucoup aux gens bourrés. « L’ivresse n’est pas un défaut, c’est une excuse nationale au manque de civilité. »

 

La faute aux lobbies du vin. Mais aussi à notre héritage culturel. « La France, c’est Gainsbourg, La Grande bouffe. Nous sommes une patrie épicurienne tournée vers les plaisirs de la table. Refuser un verre, c’est vu comme un rejet de cette culture. »

 

On peut passer une bonne soirée sans alcool

 

Claire Touzard l’a compris quand elle est sortie des brumes de l’alcool. Pour y voir clair, il lui a fallu la compagnie de cet homme, Alexandre, lui-même ancien alcoolique. Il lui a montré qu’on peut avoir la sobriété heureuse, que l’on peut être cool, moderne et drôle sans la boisson. Quand elle a arrêté de boire, Claire Touzard craignait de « devenir chiante », d’être exclue de la fête. Tout le contraire. « Je n’ai jamais été aussi drôle que depuis que je ne bois plus. »

 

Dans son appartement, il n’y a plus une seule goutte d’alcool. Quand les copains déboulent à l’heure de l’apéro, on trinque au kombucha, un thé fermenté. « Je n’achète pas d’alcool, mais je ne leur interdis pas de boire s’ils veulent venir avec une bouteille. En général, ils s’en passent. Ils voient qu’on peut passer une bonne soirée sans alcool. »

Claire Touzard a fait une pause dans sa vie. Elle a été licenciée sans ménagement du dernier magazine où elle travaillait, preuve que le sens de la fête ne mène pas bien loin. Aujourd’hui, elle élève son bébé. Et s’offre de grandes balades en forêt ou en bord de mer avec ses copines. « Avant, quand on se retrouvait, c’était pour prendre l’apéro. »

 

 

 

« A 20 ans, j’ai pris l’alcool comme une arme de puissance », raconte Claire Touzard

« 20 MINUTES »

AVEC Claire Touzard, journaliste et écrivaine de 38 ans, a arrêté de boire le 1er janvier 2020. Un an après, elle publie « Sans alcool » (Ed. Flammarion), un livre en forme de journal de sa sobriété

Armelle Le Goff

Publié le 22/01/21

Chaque semaine, 20 Minutes propose à une personnalité de commenter un phénomène de société dans son rendez-vous « 20 Minutes avec… ».

Ce vendredi, Claire Touzard, journaliste et écrivaine de 38 ans, autrice de « Sans alcool » (Ed. Flammarion) revient sur sa décision d’arrêter de boire et son rapport à la sobriété.

 

Remplir un vide. S’extraire du monde. Pour ces raisons et pendant longtemps Claire Touzard s’est alcoolisée avec l’objectif de chercher une liberté qu’elle considère aujourd’hui comme une illusion qui l’a abîmée. C’est avec la décision de sa sobriété que démarre son journal intitulé Sans alcool (Ed. Flammarion), qui explore son rapport à l’alcool comme une norme sociale avec laquelle elle a grandi puis comme une norme de transgression en tant que femme indépendante. Un cheminement passionnant qui lui permet d’aborder des questions qui le sont rarement et de parvenir à cette conclusion : être sobre peut aussi être subversif.

 

  • Le mois de janvier est marqué par la possibilité de faire le « Dry january ». Ce genre d’événements, pour vous, c’est de la communication ou pensez-vous que cela peut aider à faire le point sur sa consommation d’alcool ?

 

J’ai toujours été en faveur du dry january parce que cela permet de questionner notre consommation d’alcool. Mais personnellement, je ne l’ai jamais fait. Avant d’arrêter définitivement, je n’ai jamais réussi à arrêter. Je n’en étais pas capable, je buvais tous les jours ou quasi et depuis longtemps. Je suis issue d’une famille où l’alcool est très présent, très festif. Mais petit à petit et pour un faisceau de raisons je me suis auto-intoxiquée. J’avais une consommation qui était bien au-delà des seuils de l’OMS [deux verres par jour dont deux jours sans]. Pour autant, arrêter n’a pas été compliqué physiquement, mais psychiquement. L’addiction était surtout dans ma tête.

 

  • Vous expliquez qu’en buvant, vous aviez le sentiment de devenir une super héroïne, un peu comme une héroïne de série ?

Quand on est femme et que l’on boit, on est moins présentable, moins lisse et moins docile que ce que l’on attend de nous. Je pense que beaucoup de femmes, en tout cas, je l’ai observé autour de moi, s’alcoolisent pour cette raison-là. Pour casser l’image attendue qu’on a de la femme. A 20 ans, j’ai pris l’alcool comme une arme de puissance. Sans doute que dans mon esprit, de façon inconsciente, l’alcool était associé au masculin. Plus tard, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule. Les personnages de série cool boivent, boivent trop et leur force et leur indépendance sont associées à l’alcool. Mais cette image de l’émancipation associée à l’alcool est évidemment fausse. L’alcool est une arme très ambiguë. L’alcool désinhibe, certes, donne un sentiment de puissance, mais, en réalité, les lendemains sont durs. En buvant, on cherche à mettre un filtre entre nous et la réalité, on cherche à transcender le quotidien. Mais la réalité nous rattrape toujours et, entre-temps, on s’est bien abîmé.

 

  • Vous écrivez que votre alcoolisme avait à voir avec un refus de votre genre, c’est-à-dire ?

Jeune, j’étais androgyne et sportive. Et j’avais du mal avec le fait d’être une femme. J’ai été anorexique et l’alcool a suivi pour me maltraiter un peu plus. J’ai découvert en rencontrant Fatma Bouvet de la Maisonneuve, qui est psychiatre et addictologue à l’hôpital Sainte-Anne, que c’est un parcours fréquent. En tant que femme, on est soumise à beaucoup d’injonctions et l’alcool permet soit d’exprimer notre colère, soit de nous éteindre. Cela permet de s’énerver entre nous pour des sujets dont on ne parle pas publiquement. Comme un pansement.

 

  • Comment avez-vous mis le doigt sur votre problème d’alcool ?

Je crois que j’ai toujours eu conscience de la place trop importante qu’occupait l’alcool dans ma vie. Mais le déclic a été de voir le regard de mon conjoint sur moi quand j’étais bourrée, lors d’une fête en Bretagne le 31 décembre 2019. Je comprends alors que je suis sur le point de le décevoir et peut-être de le perdre. Or, en 20 ans, l’alcool s’était trop souvent imposé dans mon rapport à l’autre, à l’amour, à la féminité. Et lui était tellement important, je me suis dit cette fois-ci ce n’est pas possible. Le lendemain, j’ai décidé d’arrêter l’alcool.

 

 

  • Qu’est-ce qui change avec la sobriété ?

Arrêter l’alcool c’est repenser son rapport à l’autre. En étant alcoolisé on montre une partie de soi qui n’est pas soi, en ce qui me concerne en tout cas. Avec l’alcool, j’étais dans une sorte de fuite par rapport à mon genre et à ce que je suis vraiment. Donc, en arrêtant l’alcool, il faut remettre les choses en place avec les autres. Avec les images du passé, les violences et les ruptures que cela a pu engendrer, qui reviennent aussi. Mais une fois que l’on a passé ce cap, c’est très fluide. Et les relations avec les autres n’en sont que meilleures. Cela permet d’avouer qu’on est bien avec quelqu’un comme on est vraiment.

 

  • Néanmoins, vous racontez qu’annoncer à votre entourage que vous arrêtiez l’alcool n’a pas toujours été bien reçu…

Quand on arrête l’alcool, on tend un miroir à l’autre sur sa propre consommation. Et souvent cela fait mal. On est dérangeant parce qu’on devient spectateur de l’ivresse des autres. Cela nécessite beaucoup de dialogues avec ses proches. Car individuellement notre consommation d’alcool est finalement quelque chose que l’on questionne peu.

 

  • L’alcool, dites-vous, est une sorte de norme, associé au fait de bien vivre.

Le cool c’est l’alcool. On ne nous laisse pas le choix. Et, en ce sens, c’est une norme. On est soumis à une obligation inconsciente de boire pour appartenir au groupe, pour faire partie de la fête. Mais ce n’est pas si festif de boire et pas si drôle non plus. Il y a vraiment une croyance populaire à remettre en question et un héritage culturel, qui va des écrivains à Gainsbourg.

 

  • La sobriété, c’est un autre rapport au monde ?

On est dans une telle période de questionnements sur le monde d’après, collectivement, individuellement… La sobriété est une valeur qui tant sur le plan de la consommation que sur le plan économique me paraît intéressante. C’est s’autoriser à être éveillé par rapport à nous-même et au monde qui nous entoure. Mais il nous manque des exemples de gens qui parlent de sobriété de façon positive. Honnêtement, j’avais des visions assez négatives des gens qui arrêtent de boire. Aujourd’hui, je trouve la sobriété assez subversive. Mais c’est parce que j’ai trouvé des exemples inspirants chez les Alcooliques anonymes, mais surtout auprès de mon conjoint, qui a lui-même a arrêté de boire. Cela donne l’élan nécessaire.

 

  • A la fin de votre livre, qui est un journal de votre sobriété, vous évoquez la possibilité de reprendre l’alcool avec parcimonie, est-ce toujours le cas ?

Non, plus maintenant, je n’ai plus envie de partir en arrière. L’alcool ne me manque pas

 

Le décryptage de Claire : Couche-t-on avec un métier ?

 

29 février 2016

Par Claire Touzard

 

Claire Touzard est journaliste à Grazia. Toutes les semaines, elle décrypte une question de société.

 

"Non mais, moi, une relation avec un photographe, no way." J'entendais cela dans une galerie. Un garçon accoudé, en bomber bleu, observait une de mes amies. Mais depuis l'énonciation de sa profession, elle préférait lui tourner le dos. Ce qui, en même temps, la positionnait face au champagne - rien n'est jamais perdu. "Le photographe, mauvais plan : il est obnubilé par son métier, il va chercher en toi cette image qui n'existera jamais." Je me demandais dans quelle mesure nous n'étions pas conditionnés par le CV. "Dis-moi quel est ton job, je te dirais comment tu baises", lâche mon amie. Peut-être que la crise a accentué cette vision-là. A force de mettre notre travail au coeur de notre vie, de se battre pour un CDD, il est devenu la grande définition par excellence. On est pieds et poings liés à lui, via les portables, les mails, les Instagram et les Facebook. On y est connecté à chaque instant : il est nous. Le job devient un élément de caractère. On ne dit plus "il est sensible" ou "il est colérique" mais "il est DJ". Quitte à en devenir un label qui se scotche sur l'ensemble de votre vie.

 

Ainsi je me souviens d'un ex-petit ami, extrêmement passif agressif, qui avait lâché cette belle phrase : "Ça ne m'étonne pas que vous, les journalistes, vous n'ayez pas de mecs, vous ouvrez tout le temps votre gueule." Journaliste : il s'agissait visiblement d'un label approuvé. Exploratrice, spirituelle, mais chieuse et mauvaise à marier. "Grand reporter de l'amour foireux, c'est un peu moi, tu me diras", me lance mon amie, qui exerce ce même travail intellectuel précaire. Sans doute aussi que nous passons tant de temps dans nos emplois que nous ne voyons plus les barrières entre ce qui est nous et ce qui est un nous formaté pour cette profession-là. Les réseaux sociaux mêlent les deux, grands shakers flous de nos différentes vies. Nous devenons des professionnelles de l'intime, et à l'inverse, le travail embrasse de plus en plus d'affect car il est fragile, il faut s'y arrimer plus que tout. On a lâché le mec en bomber bleu pour aller écouter Young Girls, des Sparks, chez une amie, en se demandant ce qui nous définissait au juste, loin de ce que l'on fait 90 % du temps. Un morceau aimé communément, une phrase qui nous ressemble, un refrain des Sparks. Qui sait.

Infos

Rédactrice en chef presse et TV. Reporter et réalisatrice.

 

Rédactrice en chef du magazine Grazia Hommes. Reporter, chroniqueuse, pour le magazine Grazia.

 

Anciennement rédactrice en chef de l’émission La Mode La Mode La Mode (Paris Première) et réalisatrice pour diverses émissions sur Canal +, Paris Première ou France 2.

 

Expérience

 

  • Flammarion Écrivain janv. 2020

Durée d’emploi 1 an 2 mois

 

  • Freelance: GQ, Les Echos, Air France, Rika Magazine

Dates d’emploi  avr. 2019

Durée d’emploi 1 an 11 mois

 

  • Mondadori France

Durée totale 6 ans

 

  • Poste Rédactrice en chef Grazia Hommes

Dates d’emploi sept. 2016 – avr. 2019

Durée d’emploi 2 ans 8 mois

 

  • Poste Reporter et chroniqueuse société pour Grazia. Rédactrice en chef de l'appli "Grazia Daily" Cannes.

Dates d’emploi 2013 – avr. 2019

Durée d’emploi 6 ans

 

  • Paris Première

Rédactrice en chef de La Mode La Mode La Mode sur Paris Première

Dates d’emploi sept. 2012 – sept. 2013

Durée d’emploi 1 an 1 mois

 

  • Emission Avant-Première / France 2

Reporter et réalisatrice pour l'émission culture "Avant-Premières" sur France 2.

Dates d’emploi 2011 – 2012

Durée d’emploi 1 an

 

  • Libération Médias

Reporter pour Libération, Libération Next, Double Magazine, Technikart, GQ.

Dates d’emploi 2007 – 2012

Durée d’emploi 5 ans

 

  • Paris Première

Réalisatrice de sujets mode pour La Mode La Mode La Mode sur Paris Première.

Dates d’emploi janv. 2008 – janv. 2010

Durée d’emploi 2 ans 1 mois

 

  • Radio France

Chroniqueuse pour Le Mouv'.

Dates d’emploi 2010

Durée d’emploi moins d’un an

 

  • Emission Culturelle Ça Balance à Paris / Paris Première

Journaliste et réalisatrice pour "Ça balance à Paris" sur Paris Première.

Dates d’emploi 2008 – 2010

Durée d’emploi 2 ans

 

  • France Télévisions

Chroniqueuse télé en plateau et réalisatrice de sujets musique pour France 4.

Dates d’emploi 2007 – 2010

Durée d’emploi 3 ans

 

  • Louise contre-attaque... Les Francofolies 2011

Réalisatrice pour Culture Pub.

Dates d’emploi 2008 – 2009

Durée d’emploi 1 an

 

  • CANAL+

Réalisatrice société pour "Tentations 07" sur Canal +.

Dates d’emploi 2007

Durée d’emploi moins d’un an

 

  • Radio France

Assistante à la rédaction sur l'émission culture quotidienne Charivari sur France Inter.

Dates d’emploi 2005 – 2006

Durée d’emploi 1 an

 

  • CANAL+

Documentaliste image pour Le Grand Journal, sur Canal +.

Dates d’emploi 2004 – 2006

Durée d’emploi 2 ans

 

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P
Tout le monde ne commence pas ses écrits avec une phrase qui deviendra culte comme : « Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon. » Anna Karenine de Léon Tolstoï « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. » À la recherche du temps perdu de Marcel Proust
« J’ai beaucoup bu » répétait le philosophe Gilles Deleuze dont les problèmes d’alcoolisme étaient bien connus et surtout de lui même.* J’en ai fait de même . Apparemment le temps en est aux confidences. La mouche du coche obéissant à la « Voix de son maître »va en faire autant. (La voix de son maître ? Mais si la marque de gramophone dont le Taulier garde dans ses grigris une petite boite métallique conservant jadis les aiguilles de l’appareil.) Je n’ai pourtant jamais été « rond comme une queue de pelle » Rouler sous la table, non plus. Je me souvient par contre d’un confrère réputé pour son penchant pour la dive bouteille, en fin d’une soirée dansante, à quatre pattes et longeant les murs pour trouver la sortie. J’ai bien, deux ou trois fois, cédé le volant à mon épouse préférée car je voyais deux lignes blanches que la voiture chevauchait allègrement. J’ai aussi affronté deux ou trois contrôles de police alors que je sortais de déjeuner très arrosés. Les fameux repas d’affaires d’autre fois qui commençaient par force apéros et se terminaient par les pousses cafés. Un contrôle, négatif sur le fait, m’a quand même conduit en gendarmerie. Je devait être au maximum de la limite autorisée. Il m’a fallut souffler dans un appareil autrement plus précis que le ballon. Toujours en dessous du seuil. Encore une fois, même chose. Je suis sorti trois quart d’heure plus tard avec le conseil de rentrer directement chez moi. Un prochain contrôle pourrait m’être fatal. Il faut dire qu’en ces temps là, j’avais une corpulence qui ,par comparaison, aurait fait s’inquiéter les amis de Falstaff sur son état de santé. Bref, j’étais un gros buveur comme ,un jour , un médecin s'est autorisé à l’écrire sur l’ordonnance qu’il me rédigeait pour un laboratoire d’analyse. Je buvais certes mais comme on dit, on ne m’a jamais vu boire seul. Mais je me faisais un point d’honneur de rester sobre plusieurs fois par an, de trois semaines à deux mois pour me prouver que je n’étais pas accro
On connaît les ravages de cette passion néfaste. S’en est souvent à pleurer. Comme dans la fable : Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés, Duras, Bukowski, Gainsbourg, F.Scott Fitzerald, Faulkner ** etc.
Pour ma part je disais qu’une bonne bouteille valait mieux que tous les prozac. Et c’est cette contradiction qui rend vaine ou pour le moins malhabile la lutte des anti alcool. On les diraient à la soldes des labos pharmaceutiques. Ils oublient que si la France reste dans le « top ten » des pays consommateurs d’alcool (8 iéme) les Français restent de très gros consommateurs d’anti dépresseur.
Santé ! Ah non, c’est pas l’heure. C’est vrai alors allons faire chauffer l’eau pour le thé.

* Voir sur interlope « Le non-lieu du temps dans l'alcool - A propos de la lettre B de l'Abécédaire de Gilles Deleuze » de Sébastien Pasteur qui commence ainsi, en exergue :
« Il m'arriva un jour en passant devant un café, de rencontrer un ami artiste qui m'invita à boire un verre, comme je lui répondais que je n'avais pas le temps, il me fit cette réponse qui me marqua profondément : « Tu n'es pas au courant, il n'y a plus de temps, je l'ai aboli ! »
Ce n'est qu'en écrivant ce travail sur Deleuze que je comprends d'où venait la force de cette phrase et pour quelles raisons cet ami avait depuis longtemps cessé de peindre. » En complément de la passionnante chronique du Taulier, pour les jours de pluie, les nuits d’insomnie ou les longues soirées d’hiver.
** William Faulkner était un buveur occasionnel, mais il avait beaucoup d'occasions nous dit une notice sur la toile.
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