Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 08:00

 

« L’existence même de Fauchon est un scandale ! » lançait Sartre au micro de RTL, en mai 1970.

 

C’était après l’attaque de Fauchon par un commando d’une cinquantaine de gus, armés de barre de fer, dirigé par un responsable de la Gauche Prolétarienne répondant au pseudo suggestif de Tarzan.

 

Antoine de Gaudemar, futur complice de Serge July à Libération faisait le guet. Le 8 mai 1970 le commando va rafler champagne, caviar, truffes, saumon, marrons glacés tenant le personnel en respect sous la menace de leurs barres de fer puis tous s’enfuir par le métro, sauf Frédérique Delange, fille de haut-fonctionnaire, qui se fit rattraper par «un cuistot à toque et tablier blanc qui, armé d’une broche à gigot, les avait pris en chasse».

 

 Le 19 mai, la 24e cour correctionnelle de Paris la condamnait à 13 mois de prison ferme. En ce temps-là la justice était rapide et l’on ne badinait pas avec l’atteinte au « symbole de l’arrogance du fric ». Les « vivres » seront distribués dans les quartiers populaires par les militants de la GP.

 

La presse « bourgeoise de gauche », Le Nouvel Observateur et L’Express (celui de JJSS et de Françoise Giroud) prit fait et cause pour ces nouveaux « Robin des Bois ».

 

À Jacques Foccart, l’homme du SAC, qui s’inquiète auprès de lui «l’opinion publique semble considérer avec indulgence l’histoire Fauchon.» le président Pompidou répond : « Pour Fauchon, c’est vrai, mais qui puis-je ? Même mon fils, ma belle-fille et une cousine avec qui j’en ai parlé trouvent ça sympathique et j’ai dû les rabrouer pour leur faire sentir que cette affaire était ridicule ».

 

50 ans après :

 

Fauché par la crise, Fauchon ferme deux de ses trois magasins place de la Madeleine, à Paris ICI 

 

L’emblème de l’épicerie fine dans la capitale avait été placé en redressement judiciaire en juin. La fermeture de deux de ses magasins va entraîner 77 licenciements.

 

Adieu donc Fauchon, ses clientes permanentées, en 2021 le symbole du grand capital, celui qui exploite les « larges masses » c’est la GD, le Carrefour des pousseurs de caddies masqués dans le fin fond du 13e arrondissement.

 

Des militants obligent un Carrefour à les laisser partir avec des caddies remplis sans payer

 

Des « militants en lutte contre la précarité » s’en sont pris samedi de manière non violente à un magasin Carrefour à Paris pour prendre des produits de première nécessité.

 

Une soixantaine de personnes se revendiquant comme « militants en lutte contre la précarité » se sont emparées de produits de première nécessité au détriment d’un magasin Carrefour du XIIIe arrondissement de Paris samedi 30 janvier 2021, a constaté un journaliste de l’AFP.

 

Selon des sources concordantes, les personnes se présentant comme militantes ont déployé une banderole avant d’entrer dans le magasin juste avant 11 h, et de s’emparer de produits de première nécessité dans les rayons.

 

Le magasin Carrefour laisse les militants partir avec des caddies remplis

 

Après des négociations, le magasin les a laissées repartir avec des caddies remplis de produits alimentaires et hygiéniques, devant des policiers qui ont procédé à des contrôles d’identité.

 

Le directeur du magasin, interrogé par l’AFP, a souligné des « moments de tension » et regretté la mise en danger de ses clients. « Carrefour étudie les suites à donner en matière judiciaire », a indiqué une porte-parole de l’enseigne.

 

Le magasin a ensuite été fermé pendant une heure, pour permettre aux employés de reprendre leurs esprits.

 

« Nous sommes un collectif de personnes en précarité investies dans la solidarité et nous avons décidé de mener cette action politique pour alerter sur la crise sociale », a expliqué Mafalda(prénom modifié à sa demande), l’une des personnes présentes dans l’enseigne.

 

« L’État ne fait rien pour les personnes précaires »

 

« Nous déplorons vivement de tels agissements qui ont suscité une vive émotion parmi nos clients et nous saluons le professionnalisme de nos équipes qui ont su éviter la confrontation et fermer le magasin dans le calme », a réagi la porte-parole du groupe Carrefour.

 

 

 

Louisa (prénom modifié à sa demande), une autre « militante » présente, a défendu « une action absolument non violente » et a affirmé que les produits seront redistribués à des personnes en situation de précarité « notamment à des mères isolées, des cantines et des étudiants »« Ce n’est pas une action ponctuelle, c’est un appel public à dénoncer la crise sociale », a-t-elle argumenté. « L’État ne fait rien pour les personnes précaires, nous, on agit. »

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

P
En ce qui concerne l’épicerie fine à Paris, dans le 8 éme, le fin du fin n’a jamais été Fauchon. Fauchon c’était l’esbroufe, le snobisme comme on disait à l’époque ou réservé aux bobos comme on dit aujourd’hui.
Le fin du fin, la discrétion, l’élégance vraie, loin des « m’a tu vus » de NAP c’était Hédiard, non loin de Fauchon, de l’autre coté de la Madeleine.
En son temps, dans les année 70, il m’est arrivé une plaisante aventure. A la recherche d’un millésimes 1914 pour fêter l’anniversaire d’un précieux ami de mon père, nous recherchions avec la mère de mon ainé, un bouteille d’alcool, plus facile à trouver et surtout moins cher qu’une bouteille de vin. Nous repérons dans la vitrine d’Hédiard, un flacon correspondant à notre recherche : qualité/prix. Il s’agissait d’un cognac mais le couic c’est que le vendeur nous annonce 100,00 F de plus que le prix affiché en vitrine. Tout à fait hors budget. Prenant mon courage à deux mains, je fais valoir mon droit de consommateur qui veut que prix affiché égal pris de vente. Le pauvre vendeur résiste mollement mais se rend à nos arguments. C’est peut être mon aplomb qui l’a empêché de faire valoir que cet argument ne tient pas, selon la jurisprudence, si l’écart de prix est vraiment très important. Important, il l’était mais cela pouvait se discuter. Nous payons, sans demander notre reste et sortons avec une délicieuse jubilation intérieure autant que partagée.
Plaisante aventure non ? Mais pas pour tout le monde…
Répondre

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents