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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 06:00

 

Mon titre est volontairement piégeux, 2020, qui touche à sa fin, en dépit d’une consonance aimable pour les grands amateurs du divin nectar, type Butane&Degaz : 2000 vins, a fait surgir un nouveau monstre qui répand la terreur sur la terre entière : le Covid 19.

 

La liste des Monstres était déjà bien trop longue je ne prendrai pas la peine de la dresser, ce serait peine perdue car mes Monstres à moi, les anciens et les nouveaux ce n’est que du cinéma.

 

En effet, 1963, Dino Risi tournait Les Monstres avec Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi.

 

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/a1054534-509c-451c-bfd2-7185bf39ed82_2.jpg

 

Considéré comme l'acmé du film à sketchs, Les Monstres dresse, en dix-neuf histoires plus ou moins efficaces, un portrait composite de l'Italie des années 1960.

 

Tout le monde en prend pour son grade : l'Etat magouilleur, le bourgeois parvenu, le clergé arrogant, la famille pathogène, l'amant couard, mais aussi le déshérité sans morale (dans « Une vie de chien », Gassman abandonne sa famille dans un bidonville pour aller au match).

 

Dino Risi a la dent dure et l'humour aiguisé, il n'épargne personne et n'a pas peur d'en faire parfois beaucoup !

 

Ugo Tognazzi et Vittorio Gassman sont ses marionnettes, souvent méconnaissables, endossant tous les travestissements (dans « La muse », Gassman est une formidable vieille rombière qui s'entiche d'un auteur mauvais garçon). Plus la situation est scabreuse, plus ils en font des tonnes !

 

A ce jeu de massacre, Gassman est le plus théâtral ; Tognazzi, le plus vil. Quand ils sont ensemble dans le même sketch, c'est explosif : dans « Le monstre », ils sont deux carabinieri encore plus horribles que le père infanticide qu'ils viennent capturer.

 

Dans notre préféré, « Le noble art », où les deux acteurs sont deux ex-boxeurs demeurés, Risi arrive à les rendre à la fois pathétiques, méprisables et touchants. Plus proche de l'esprit de Reiser que de celui des jeunes intellos de la Nouvelle Vague française, plus cru qu'un Monicelli, plus noir qu'un Scola, Dino Risi est certainement le plus féroce des grands monstres de la comédie à l'italienne. — Anne Dessuant

 

« Les Monstres », bêtes et méchants

Un film à sketches qui fait mouche, signé Dino Risi.

  •  

A sa sortie, au Quartier latin, en pleine nouvelle vague française, « les Monstres » fut accueilli avec tiédeur. Au cinéma le Panthéon, nous n’étions pas nombreux à nous émerveiller des clowneries de Vittorio Gassman. Lui-même gardait un souvenir gai du tournage : « Qui aurait cru que cette comédie resterait dans les mémoires ? Nous nous amusions, voilà tout », disait-il en 1990.

Vingt historiettes amorales

Avec « les Monstres », le succès public est au rendez-vous, dès 1963. Ce film à sketches fait mouche : Ugo Tognazzi enseigne à son fils comment escroquer tout le monde ; un abbé se maquille comme une pépée de bordel avant d’entrer en scène ; un mendiant se sert d’un jeune aveugle pour faire la manche ; un réalisateur kidnappe des grands-mères pour les faire tourner dans ses films… 

 

Bref, en 20 historiettes amorales, Risi nous présente une galerie étonnante de types veules, de salauds repentis, de crapules au petit pied. Le rire, grinçant, cache une forme de tendresse : « Avec l’humour, disait Risi, l’homme est déshabillé. » Ce cinéma-là a disparu : il avait un goût de bonheur.

 

Quinze ans plus tard, Scola et Monicelli, derrière la caméra, et Alberto Sordi devant, le rejoignent pour fustiger avec une férocité joyeuse l'église, la petite bourgeoisie et la politique.

 

 

Cette implacable satire dégage une spontanéité réjouissante, grâce aussi aux trois cabots de génie que sont Sordi, Gassman et Tognazzi, qui ont improvisé plusieurs sketches.

 

La scène finale du restaurant montre Tognazzi et Gassman s'envoyant à la figure tout ce qui leur tombe sous la main dans leur cuisine. Ils en sortent enfin pour servir, tant bien que mal, une bande de clients snobs et ravis, « certains d'avoir retrouvé l'authenticité de la cuisine populaire. Il y a là une métaphore du rôle que joue le cinéma italien dans l'imaginaire du cinéma français. Cette bande de clients, c'est nous, ou plutôt ceux qui prêtent toujours au cinéma italien toutes les qualités qu'ils savent absentes du cinéma français (audace, culot, sens du social…). Et ces cuisiniers approximatifs c'est eux, ceux qui font le cinéma italien, qui tentent de le prolonger en dépit d'une crise sévère et d'un déclin net, en gérant cette image, en concoctant un rata filmique qui sera toujours assez bon pour l'exportation. » (Serge Daney, Cahiers du Cinéma)

 

NOUVEAUX MONSTRES (LES) (1977) version expurgée des sketchs « Avec le bonjour de tous les amis » et « Le suspect »

Actor:

Alberto Sordi, Emilia Fabi, Eros Pagni, Fiona Florence, Luigi Diberti, Nerina Montagnani, Ornella Muti, Vittorio Gassman, Yorgo Voyagis

Director:

Dino Risi, Ettore Scola, Mario Monicelli

1977

Titre original:

I nuovi mostri

Scénario

Age & Scarpelli, Bernardino Zapponi, Ruggero Maccari

Musique

Armando Trovajoli ICI

 

SYNOPSIS de « Le pinson du Val Padouan »

 

Dans une gigantesque boîte de nuit romaine, un homme hurle à la cantonade, depuis une passerelle, les mérites d’une chanteuse en représentation. Mérites vocaux mais très vite il passe sur ses mérites sexuels. A la fin de la chanson il se précipite pour la rejoindre avec un verre de sa boisson préférée. Il est en fait son mari et son impresario. Lorsque son petit pinson du Val padouan lui annonce qu’elle ressent un léger mal de gorge le voici aux quatre cent coups…

 

CRITIQUE

 

Bonne mise en bouche pour débuter ce film à sketch. Sans toutefois atteindre des sommets cette comédie d’Ettore Scola cisèle le portrait d’un profiteur du talent de sa femme, prêt à tout pour que celle-ci puisse rapporter de l’argent même malade. L’ignominie machiste incarnée superbement par Ugo Tognazzi qui fait un grand numéro.

 

SYNOPSIS de « Tantum ergo »

 

Un cardinal et son secrétaire qui se rendait en limousine à une inauguration tombe en panne en banlieue. Comble de malchance c’est dimanche. Le chauffeur doit se débrouiller mais le cardinal ne peut arriver en dépanneuse ce serait peu digne. Par chance une petite église de quartier est à quelques mètres  Ils s’y rendent. Mais les lieux sont profanés par des inscriptions anticléricales et en faveur du logement. Le cardinal débarque en pleine réunion du collectif mené par un abbé…

 

CRITIQUE

 

Sketch éminemment anticlérical. Où les cardinaux en limousines daignent s’adresser aux mal logés, mais pas pour les aider. Pour les inciter à la résignation et à la mansuétude. Il les noie dans un salmigondis religieux hypocrite et pervers pour ramener dieu dans le bâtiment désaffecté. Vittorio Gassman dans ce film de Dino Risi fait appel à son physique ample et avec sa soutane cardinalice rouge envoûte les pauvres hères, les abêtissants de paroles idiotes. Dino Risi avec le duo Age & Scarpelli flinguent  le Vatican.

 

SYNOPSIS de « Auto-stop » 

 

Un voyageur de commerce prend en stop une jeune femme. Mais devant les avances du conducteur, la passagère se fait passer pour une meurtrière dangereuse et évadée…

 

CRITIQUE

 

Le sujet du voyageur de commerce qui drague éhontément une auto-stoppeuse a un goût de déjà-vu. Malgré une fin violente et étonnante, le sketch manque un peu de mordant ou d’originalité. Eros Pagni est quand même très bon en italien moyen et libidineux.

 

SYNOPSIS     d’« Enlèvement d’une personne chère»

 

Un homme au téléphone supplie devant les médias les ravisseurs de sa femme de les appeler…

 

CRITIQUE

 

Le sketch le plus court et un des moins réussis car le scénario fait un peu dans la facilité. Malgré tout le talent de Vittorio Gassman le sketch ne fonctionne pas.

 

SYNOPSIS de « Premiers soins»

 

Un prince italien roulant dans une Rolls Royce blanche et un peu décadente, se rend à une réunion à propos du schisme de Mgr Lefebvre et ses traditionalistes. Perdu dans une banlieue au nom des rues exotiques, il trouve un homme qui pourrait le renseigner. Hélas celui-ci est à l’agonie renversé et abandonné par un automobiliste. Le prince le prend en voiture pour l’amener à l’hôpital…

 

CRITIQUE

 

Sketch de Mario Monicelli absolument insensé et hilarant.


Mais en plus sous des aspects de grande comédie, Age & Scarpelli délivrent un message politique fort et amer sur les grandes institutions incapables de répondre aux besoins des italiens. Que l’hôpital soit public, religieux ou militaire, le Prince et son moribond se font refouler à l’entrée de chaque établissement de santé. Alberto Sordi livre un personnage incroyable, vicelard qui semble confi par l’alcool et les partouzes, représentant d’une élite oisive et richissime en pleine déliquescence mentale. Un must de la comédie à l’italienne!

 

SYNOPSIS du « Grand fils à sa petite maman » 

 

Une vieille femme et son fils Giovanino débile léger clochardisés, arpentent les rues et les parcs de la capitale italienne où ils ramassent les immondices qui traînent tout en s’amusant…

CRITIQUE

 

Un des sketchs les moins pertinents malgré Ugo Tognazzi qui y met tout son métier, le sketch de façon un peu maladroite tente de mettre en avant les déshérités italiens. Mais la sauce ne prend pas. Dino Risi tape à côté.

 

SYNOPSIS de « Citoyen exemplaire » 

 

Un homme rentre le soir chez lui. Au pied de son immeuble il voit trois hommes tabasser un quatrième. Ce dernier tombe poignardé. Notre citoyen rentre chez lui, ferme sa porte à triple tour, embrasse sa femme, passe à table et regarde la télé…

 

CRITIQUE

 

L’horreur au quotidien très bien cerné en 3 minutes par Ettore Scola. Avec un Vittorio Gassman interprétant un lâche de première catégorie. Du grand art!

 

SYNOPSIS de « Pornodiva »

 

Un couple s’entretient avec un producteur de films pornographiques. Il est question du contrat et d’une scène du film. Il s’agit d’une actrice qui se promène nue sur la plage lorsque un homme nu et un chimpanzé surgissent…

 

CRITIQUE

 

Le plus cynique de tous les sketchs. Quand pédophilie et zoophilie sont réunies…Eros Pagni joue à la perfection un père de famille ignoble. La fin du sketch est inattendue et renversante.

 

SYNOPSIS de « Comme une reine » 

 

Un quadragénaire promène sa mère en voiture, il lui consacre sa journée. Cela fait plus de deux ans qu’ils n’avaient rien fait ensemble. Il commence par l’emmener manger une glace. Puis il l’emmène dans un parc. Au bout du parc un vaste bâtiment. Il s’agit d’une maison de retraite tenue par des nonnes un peu matonnes…

 

CRITIQUE

 

Alberto Sordi adore cet exercice de style qui consiste à interpréter un romain de petite bourgeoisie, un peu lâche, et toujours le fils à sa maman et carrément odieux.

 

SYNOPSIS d’« Auberge » 

 

Dans une salle de restaurant, entrent 8 personnes des italiens qui invitent des étrangers à partager la fine gastronomie italienne. En cuisine c’est une toute autre histoire. une scène de ménage entre le serveur et le cuisinier met la cuisine sens-dessus dessous. Les bruits parvenant aux convives étant interprétés de façon fort erronée…

 

CRITIQUE

 

C’est le sketch tarte à la crème stricto sensu. En effet bataille de poule, massacre d’oeufs, lancer de farine, cigare dans la sauce, chaussure dans le minestrone. Tout y passe. Ugo Tognazzi et Vittorio Gassman s’insultent et s’amusent. Le spectateur rit comme pour un Laurel et Hardy. La critique sociale est moins présente. Ettore Scola rend hommage aux comiques classiques des années du muet.

 

SYNOPSIS de « Sans parole » 

 

Une hôtesse de l’air entre deux vols fait la rencontre d’un jeune et bel étranger d’origine eurasiatique ou arabe. Il ne parle aucune langue connue de l’hôtesse mais malgré le manque de paroles le couple vit un amour intense…

 

CRITIQUE

 

Se méfier des belles idylles. Elles finissent toujours en drame. Et celui-ci est terrible. En ces temps d’instabilité au moyen orient, début de la guerre au Liban, accords de paix laborieux entre Israël et Egypte, revendications de L’OLP par attentats pour accéder à une terre etc… Dino Risi utilise ce terreau pour ce sketch illustré par des airs romantiques. Le sang du spectateur se glace! Ornella Muti bella bella bellissima!

 

SYNOPSIS de « L’éloge funèbre »

 

Une douzaine de personnes d’une revue se rendent à l’enterrement d’un comique. Son second prend la parole alors que le cercueil entre en terre…

 

CRITIQUE

 

La vie est un spectacle et les enterrements devraient l’être. Voici un éloge funèbre qui finit en revue de cabaret sous l’oeil amusé des gens venus fleurir les tombes et des ouvriers qui travaillent au cimetière. On chante et danse autour du trou, on met la main aux fesses des femmes et on salue à la fin. « Les nouveaux monstres » finit en fanfare. Certes le message politique et social est faible mais Ettore Scola nous offre ce sketch comme un artiste fait un rappel. Rigolard.

 

NOTE pour l’ensemble : 15/20

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commentaires

pax 05/01/2021 10:37

Ornella Muti , en parenté avec Angela Mutti comme les Allemands appellent la Chancelière Merckel ?
On nous cache tout, on nous dit rien

pax , comme souvent, dans la série " Par le petit bout de la lorgnette "

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