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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 06:00

Paola Abraini Stende mentre il Filindeu

Les « fils de Dieu », c’est littéralement le sens du mot sarde Filindeu.

 

L’origine du mot semble pourtant remonter à l’arabe « fidaws », ce qui signifie que les cheveux, précisément à cause de l'extrême minceur de ce type de pâtes. « fideu »à Valence du «fideos» espagnol.

 

Art très ancien, qui remonte à plusieurs siècles, une des plus anciennes traditions d'Europe alliant la simplicité des ingrédients : semoule de blé dur, eau, sel, et complexité technique entre les doigts des femmes sardes.

 

Eliot Stein, ICI  journaliste et écrivain américain, qui s’est rendu à Nuoro pour interviewer Paola di cui Abraini, 64 ans l’une des dernières gardiennes de cet art ancien, seulement cinq personnes aujourd'hui sont en mesure de réaliser à la main les filindeu, écrit :

 

« Loin de ses plages céruléennes, l'intérieur rocheux de la Sardaigne est un labyrinthe de fissures profondes et de massifs impénétrables qui protègent certaines des plus anciennes traditions d’Europe ».

 

L’essentiel de cette recette simple et extraordinaire, est le sens du toucher, c’est lui qui fait la différence, la mémoire des mains qui ont répété les gestes des milliers de fois, la sensibilité des doigts qui captent la texture de la pâte pour savoir si elle a atteint la bonne tension. Cette mémoire tactile permet de comprendre ce qu'il faut ajouter à la pâte, l'eau douce ou salée, et en quelle quantité. La chaleur de la main contribue à donner de l'élasticité à la pâte, de lui transmettre la vie, en faire une chose vivante.

 

Lorsque le mélange a atteint la consistance parfaite, il faut tirer les pâtes avec de grands gestes et, à partir d'une pâte unique, en 8 étapes, obtenir 256 fils très minces, qui sont ensuite superposés en trois couches sur des plateaux en bois forme ronde et aplatis. Autrefois les femmes utilisaient des feuilles séchées d’asphodèle entrelacées pour former un plateau. Le filindeu est laissé au soleil et à l'air pour sécher. Enfin, les brins de pâtes du parchemin sont cassés. Ils sont prêts à être consommé. Le filindeu est si mince que sa cuisson dure moins d'une minute. Traditionnellement le filindeu est jeté dans un bouillon mangent du mouton et assaisonné avec du pecorino frais.

 

Dans la tradition sarde, dans les villes de Nuoro et Lula, le filindeu est toujours offert à ceux qui participent au pèlerinage en l'honneur de saint François de Lula.

 

 

La grande écrivaine Grazia Deledda, prix Nobel de littérature en 1926 décrit la fête dédiée à saint François, et parle du filindeu et de la recette traditionnelle:

 

« Tout le blé accumulé est réduit au pain et à la soupe, une sorte de soupe appelée « filindeu ». c’est une soupe très spéciale pour ces vacances. Elle ressemble à un grand-voile et son nom signifie peut-être « fils de Dieu ». Le filindeu est assaisonné avec du fromage frais. Il est considéré comme presque miraculeux et est donné aux malades ».

 

Mais, me direz-vous, pourquoi ce matin nous faire tout un fromage à propos des filindeu ?

 

La réponse est là :

 

Les pâtes, une passion française ICI 

 

De recettes authentiques en plats sophistiqués, de trattorias en tables huppées, les stars transalpines prennent du galon au Panthéon de la gastronomie hexagonale.

 

Minestra de tubetti et cocos de Paimpol, tomates, n'duja et basilic, chez Passerini, à Paris, le 24 septembre.

Minestra de tubetti et cocos de Paimpol, tomates, n'duja et basilic, chez Passerini, à Paris, le 24 septembre. FREDERIC STUCIN POUR « LE MONDE »

 

« Il existe une variété presque infinie de pâtes. Elles sont différentes suivant les régions, les provinces, parfois d’un village à l’autre », Giovanni Passerini, chef de Passerini, à Paris.

 

La preuve :

 

 

Dans une rue sans âme du 15e arrondissement de Paris, il suffit de pousser la porte du Ristorantino Shardana ICI  pour découvrir toute la richesse des spécialités sardes. Aux commandes de cet établissement au look de paillote avec son faux toit de paille, un magicien de 32 ans, Salvatore Ticca, fait goûter pour une vingtaine d’euros des raretés exquises. Le patron, débordant d’enthousiasme, présente chaque variété comme un trophée, ces filindeu par exemple, des fils de semoule de blé très fins imbriqués puis séchés à plat, composant comme une feuille de matière textile. « Ce sont les pâtes les plus rares au monde, je ne connais que trois vieilles dames qui savent les fabriquer dans un petit village de l’est de la Sardaigne », explique le chef tout sourire qui les fait cuire dans un bouillon avec des morceaux de rascasse.

Ristorantino Shardana

134 rue du Théâtre
Paris 15e
Tél. 06 25 19 53 07
Carte : 45-65 €
Fermeture hebdo. : Lundi, dimanche
Métro(s) proche(s) : Emile Zola
Site: www.restaurant-shardana.fr

À la découverte des pâtes les plus rares du monde ICI 

Un petit détour par Nuoro, en Sardaigne, où seules trois femmes sont encore en mesure de fabriquer ces pâtes pas comme les autres.

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