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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 06:00
Détail de «La Bataille de Marignan», par Fragonard.

 

C’était au temps où en Histoire nous apprenions les dates de grandes batailles que nous récitions sur le mode recto tono, c’est ainsi que 1515 Marignan – j’ignorais que ce lieu se situait dans le duché de Milan actuelle Lombardie, tout comme j’ignorais que l’Italie n’existait pas en tant qu’État à l’époque – fut gravé dans ma mémoire.

 

Je ne suis pas le seul, Antoine Bourguilleau pose la question :

 

Marignan 1515, c'est quoi, déjà?

 

 

12 septembre 2015

 

Rares sont les Français à ne pas connaître cette date, mais tout aussi rares sont ceux qui peuvent décrire le déroulement de cette bataille. Pourquoi est-elle restée gravée dans l'inconscient collectif ? ICI

 

Le 25 janvier 1515, François Ier accède au trône après la mort de son cousin Louis XII, Valois-Orléans. François Ier a en effet épousé Claude de France, la fille aînée de Louis XII, qui a eu des héritiers mâles, mais dont aucun n’a vécu plus de quelques jours. À son sacre, François Ier est un jeune homme de 20 ans, véritable colosse de près de deux mètres de haut, plein de vigueur –mais l’esprit un peu brouillon.

 

Dès son avènement, une de ses obsessions, comme ses deux prédécesseurs, Louis XII et Charles VIII, c’est l’Italie. La péninsule, qui ne sera pas avant longtemps un pays, fascine par son dynamisme et sa richesse. Les Français y ont déjà conduit des opérations militaires. Mais chacune des campagnes s’est peu ou prou soldée par un échec.

 

Par son arrière-grand-mère, François a des droits dynastiques sur le duché de Milan. Il aimerait les faire valoir et pourquoi-pas, étendre ainsi les terres du royaume de France au-delà des Alpes. Au printemps 1515, il assure ses arrières en établissant des traités de paix avec ses voisins. Il a pour seule opposition celle du duc de Milan, Maximilien Sforza qui, très étonnamment, n’a absolument pas l’intention de céder son duché! Il peut, pour se défendre, compter sur ses alliés des cantons suisses et sur celui, théorique, du Pape.

 

 

Les Suisses, les durs à cuire du XVIe siècle

La discorde règne chez les adversaires de la France

La bataille

Ses conséquences

Une histoire militaire déconsidérée depuis 1945

 

François Ier, vers 1527, par Jean Clouet.

 

L’intérêt scolaire que l’on porte à François Ier remonte aux années 1880

 

Pascal Brioist, historien

 

C’est déjà parce que l’histoire militaire n’a plus très bonne presse en France. «Le désamour pour l’histoire militaire vient de l’Ecole des Annales, dans les années 1930, explique Benjamin Deruelle, maître de conférence en histoire moderne à l’Université de Lille 3. Par rejet notamment des méthodistes, on ne veut plus entendre parler d’"histoire casquée".» Un tournant à lieu dans les années 1960 et 1970. Benjamin Deruelle poursuit:

 

«Après la Seconde Guerre mondiale, la guerre a moins bonne presse dans les circuits scolaires. Il y a un changement aussi avec les années 1970 et les guerres de décolonisation. Le concept de "guerre propre" apparaît. Et au niveau universitaire, on s’intéresse davantage à l’histoire des foules, des masses ou des marginaux, et plus tellement à celle des élites. Dans le secondaire, on préfère que les élèves apprennent la Renaissance de Botticelli et de Vinci plutôt que celle des guerres d’Italie.»

 

Mais si les Français ne connaissent plus que le nom et la date de Marignan, tel n’a pas toujours été le cas. Pascal Brioist, professeur des universités et membre du Centre d’études supérieures de la Renaissance, évoque l’utilisation républicaine de la bataille pour en arriver à des conclusions voisines de celles de Benjamin Deruelle:

 

«L’intérêt scolaire que l’on porte à François Ier remonte aux années 1880. La France vient de subir une cuisante défaire militaire face à la Prusse en 1870, il faut donc redorer l’honneur national. On met alors en avant les figures de Bayard et François Ier. Ce mythe est très représentatif de l’école de Lavisse. Il y a une rupture ensuite avec les années 1960 où l’on sort de l’histoire nationaliste: dans l’Union européenne, plus question de célébrer une France va-t-en guerre. Aujourd’hui, en seconde, on n’étudie plus l’histoire de Lavisse, on ne fait plus d’histoire des batailles.»

 

La mythologie de Marignan

 

Est-ce à dire que l’on a tort ?

 

Pas forcément, estime Pascal Brioist, car ce qui était autrefois véhiculé était de l’ordre de la construction mythologique. Par exemple avec Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche, qui adoube François Ier sur le champ de bataille:

 

«Au XVIIe siècle, c’est en plutôt la figure de Bayard que l’on glorifie. Sous la Révolution aussi: on ne va pas glorifier un roi à cette période. En revanche, pendant la Restauration, François Ier a une bonne image. Louis-Philippe va d’ailleurs commander un tableau de la bataille à Fragonard pour la galerie des Batailles à Versailles.

 

Le mythe de François Ier repose en grande partie sur sa force physique. Il mesure deux mètres, il se rêve en Alexandre le Grand, il est âgé de seulement 21 ans, c’est l’archétype du jeune roi guerrier. C’est aussi un roi qui a une image raffinée, il initie la France à la Renaissance, aux arts et crée une Cour de France.»

 

Benjamin Deruelle surenchérit:

 

«Le mythe de François Ier naît aussi de la littérature. Son rôle est de donner une image du roi aux sujets, et en l’occurrence, une image de roi guerrier. Le Moyen Age et la Renaissance n’ont pas du tout la même chevalerie, on va donc adapter la chevalerie à l’époque. Les rois en ont conscience, ils ont conscience du pouvoir de l’écrit et du verbe. Par la littérature, le roi doit être montré comme le meilleur chevalier du moment.»

 

Un pur produit de propagande?

 

La suite ICI

 

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commentaires

pax 26/09/2020 19:43

1515 Marignan - 11350 Cucugnan - 66000 Perpignan

pax 25/09/2020 06:46

Une belle victoire pour un jeune roi, seulement neuf mois après son accession au trône !
Cependant, Dix ans plus tard ce sera la bataille de Pavie. Lors de cette bataille François I fut fait prisonnier et tomba aux mains de son grand rival Charles Quint. Si l’on veut savoir pourquoi et comment cela c’est passé, il faut lire ce morceau de bravoure de Jean Giono « Le désastre de Pavie » On y lira également les conséquences de ce désastre et se faire une idée sur ce qu’était « la guerre » en ce temps là. Querelles entre Grands , idées de « la victoire », peuples quasiment épargnés car les armées étaient constituées de professionnels et autres mercenaires tel les Suisses, grand pourvoyeur de soldats en Europe moyennant espèces sonnantes et trébuchantes ( D’ou l’expression : pas d’argent, pas de Suisse !)

Petite astuce : 1515 Marignan – 1415 – Azincourt – 1815 Waterloo * Faire correspondre à une date ultra connue à la date d’un événement correspondant aux siècles précédents ou suivant. Excellent petit exercice de mémoire.

* Où l’on apprend que Grouchy ce n’était pas plus cher mais que cela a quand même coûté la victoire à Napoléon (wouarf, wouarf, wouarf !)

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