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18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 06:00

Dionysos et le Ressuscité - Philippe Sollers/Pileface

Dans mes archives j’ai retrouvé ce texte tiré de l'essai sur le goût du vin à l'heure de sa production industrielle écrit par Michel Le Gris présenté par son éditeur comme «philosophe de formation, critique musical à ses heures, exerce à Strasbourg le métier de caviste à l'enseigne du Vinophile. » 10 rue d’Obernai (station de tram Musée d’art moderne)

 

Amazon.fr - Dionysos crucifié : Essai sur le goüt du vin à l'heure ...

 

Loin d'être appréhendés comme l'aboutissement d'une histoire plurimillénaire, les produits de l'activité humaine sont souvent tenus pour l'émanation spontanée d'une nature immuable. Le monde de la vigne et des vins ne fait pas exception à cette perception naïve des choses. En dépit de ce qui le rattache encore à la nature, il a été soumis, comme bien d'autres, à des mutations que nos contemporains ne perçoivent que difficilement, alors même qu'elles ont grandement modifié, avec le goût des vins qu'ils continuent de boire, leur faculté personnelle à les apprécier (...)

 

 

"On ne niera pas que le goût des vins relève  des catégories conjointes du beau et du bon, puisqu'il participe à la formation d'un plaisir stylisé, capable de dépasser la simple appétence sensorielle. Mais, pendant que l'on nous abreuve de propos sublimes sur le vin comme oeuvre d'art, les tendances œnologiques qui prévalent de fait reconduisent inlassablement les formes les plus primaires du goût, plus aptes, il est vrai, à la conquête des marchés qu'au raffinement de la sensibilité. Loin de faire un obstacle à sa banalisation, la célébration du vin comme "produit culturel" en est devenu le prétexte et le paravent, si bien que c'est à une double perversion que nous sommes présentement confrontés : les procédés modernes de stabilisation dénaturent les qualités alimentaires de la boisson, tandis que l'objet esthétique est affadi par sa soumission à de lucratives stratégies de simplification. Ici comme ailleurs, c'est dans la modestie et la discrétion que continue à se chercher une authentique singularité gustative, alors que s'exposent avec ostentation, sur les tréteaux de la "création artistique", des produits complices du plus plat conformisme esthétique.

 

La suite ICI

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commentaires

pax 19/08/2020 15:51

Va falloir que je m'y recolle car à ma courte honte je dois dire que cet ouvrage m'est toujours tomber des mains à chaque tentative de lecture.

Par ailleurs, l'animosité du Taulier ne s'étant pas émousser avec l'âge on risque de voir , 12 ans après,
la RVF traité ce pourtant bon Taulier, de Dandy gaga ,oh Non !

En tout le moins courageux ou inconscient cet homme : mettre son n° de téléphone en ligne faut le faire !

Zut, faut que j'y aille, ça sonne qui c'est encore cet emmerdeur ?

Olivier De Moor 18/08/2020 07:37

Une des questions du vin pourrait être: où en sommes nous ?

En lisant ce livre de peinture dont tu as parlé, un chapitre traite du "maniérisme", courant pictural qui suit l'apogée de la renaissance, qui suit le sac de Rome, et qui rejette tout en même temps qu'il s'en nourrit.Et Montaigne d'en résumer:"Ils artialisent la nature, nous devrions naturaliser l'art".

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