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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 08:00
Pour faire plaisir à ce bon PAX les photos du père et la tribune de la fille « Ce mortel ennui qui me vient… »

Ce mortel ennui qui me vient quand je suis avec toi

Ce mortel ennui qui me tient et me suit pas à pas

Le jour où j'aurais assez d'estomac et de toi

Pour te laisser choir ce jour-là oh oui ce jour là

Je crois, oui je crois, que je pourrais voir…

 

C’est du Gainsbourg.

 

Notre cher Pax ne porte guère le petit gars fils d’un vinaigrier de Jarnac dans son cœur :

 

J'ai beaucoup de mal à m'intéresser aux histoires de coeur du bonhomme dont j'ai du mal à croire qu'en écrivant ses lettres il ne se regardait pas écrire, pour la postérité.

 

Bref, comme disait l'autre, je n'ai pas de glande pour ce genre de type.

 

Moi non plus mais, ayant servi comme matelot sur le porte-avions dont il était le pacha, Rocard n'étant qu'un quartier-maître je me dois d’assumer ces années.

 

Mais comme j’aime titiller PAX, surtout le dimanche, je lui offre quelques friandises :

 

 

Mazarine Pingeot au sujet des nouveaux combats féministes : « Ce mortel ennui qui me vient… »

TRIBUNE

Mazarine Pingeot

Autrice

La romancière dénonce le nouveau féminisme qui, selon elle, se complaît dans la morale au lieu d’agir de façon politique.

Publié le 28 juillet 2020

Ce mortel ennui qui me vient, devant la victoire d’extrémistes de la médiocrité au nom de « l’éthique », discréditant les combats féministes : ceux qui luttent pour l’égalité des droits, l’égalité des chances, avec à l’horizon une véritable révolution anthropologique. Combats politiques et non moraux !

 

Aujourd’hui, les femmes sont assez puissantes pour mener ce combat politique, pourquoi s’en tiendraient-elles à occuper la seule place du ressentiment et de la vengeance, de la délation et de la vindicte ? Est-ce cela, la place naturelle de la femme ?

 

Ce mortel ennui qui me vient, devant une certaine jeunesse sans désir mais pleine de colère, ces jeunes femmes mieux loties que leurs mères et leurs grands-mères, qui ont mené la lutte pour elles, déblayé le terrain pour leur laisser en héritage de continuer le combat : les unes se sentent insultées quand un homme, de sa violence ancestrale, ose un compliment – et c’est comme une gifle en plein visage, certaines appellent ça un viol, au mépris de celles qui en ont vraiment été victimes ; les autres se déguisent en putes pour imiter les danseuses des clips de rap qui vantent l’argent facile et l’amour monnayable.

 

Elles ne se connaissent pas, elles cohabitent. Il y a les pauvres, celles qui pensent que cacher un bifton dans leur string est le comble de la classe ; il y a les riches, les pourvues socialement et culturellement, qui identifient tout acte évoquant leur corps sacré comme un viol – réveil la nuit, manifestation du désir, expression du vivant.

 

Ce mortel ennui, devant les générations à venir, qui en seront réduites à des relations tarifées ou contractuelles. Devant les enivrés de haine, qui ne considèrent pas l’intelligence comme un atout et ont décidé plus que de s’en passer, de la piétiner systématiquement.

 

Qu’est-ce qu’une morale adossée à la haine ?

 

Devant le règne de la bêtise, du mimétisme, de la libération des pulsions de haine, et, pire que tout, de l’exaltation narcissique de croire appartenir à la morale, s’en revendiquer, en être le bras armé. Mais qu’est-ce qu’une morale adossée à la haine ?

 

Ce mortel ennui devant ce qui était l’arme des révolutionnaires – l’indignation – devenue la monnaie courante de tous les frustrés de la terre, des médiocres, de ceux qui veulent exister mais n’ont d’autres moyens que de vomir des insultes, de confondre les plans, l’opinion, la justice, la rumeur, les faits, d’invoquer un nouvel ordre moral au lieu de faire de la politique.

 

Ce mortel ennui devant ces combattants des réseaux, qui prennent le risque suprême de descendre dans la rue masqués – le Covid-19 aura au moins fourbi les armes de la lâcheté – pour hurler des approximations et des contresens, avec le but avoué de détruire psychiquement et socialement des cibles qui sont toutes masculines, blanches et d’un certain âge, n’importe qui fera l’affaire. L’homme blanc occidental a exploité tant de monde, de cultures, et même la nature. L’homme blanc n’est pas un concept, puisqu’il est incarné par tous les hommes blancs, indistinctement. Le concept n’a plus lieu d’être, le symbolique est déchiré, anéanti, il n’y a plus de commun, pour ne pas dire d’universel, ce gros mot honni par les partisans identitaires.

 

Ce mortel ennui devant ces gens fiers d’eux, sûrs de leur bon droit, et qui crient. Crient pour tout, contre tout, enfonçant des portes ouvertes.

 

Devant les contempteurs de la domination masculine, blanche et occidentale, qui ont comme seul projet de renverser la domination, non pour un monde plus égal et construit sur un autre paradigme, mais bien pour substituer une domination à une autre.

 

Et l’art, dans tout ça ?

 

Ce mortel ennui devant l’orgasmique onanisme d’une colère pseudo-féministe, quand des femmes sont encore excisées, quand des femmes sont encore lapidées, quand des femmes sont exploitées, quand des femmes gagnent moins bien leur vie que les hommes, se battent sur tous les fronts… Il faut respecter les différences culturelles, diront les nouveaux révolutionnaires, et reconstruire des murs. On se régale d’avance à la perspective de la convergence des luttes qui, à ce compte, ne peut aboutir qu’à de nouvelles frontières. Ennui mortel devant l’inconséquence des nouveaux maccarthystes.

 

Et que deviendra l’art, dans tout ça ? Des livrets de vertu qu’on distribuera au seuil des nouvelles églises ? Des éditoriaux pleins de bons sentiments mâtinés de haine rance de vieilles filles ? Des imprécations béni-oui-oui de néoromantiques exaltés par les combats sur Facebook ? Des œuvres théâtrales où l’on dira le catéchisme, le mal contre le bien, dont on voit vite les incarnations ? Des tableaux respectant la parité, homme, femme, Noir, Blanc, vieux, jeunes, handicapés, dans des champs de blé bio et des plants de tomates en permaculture ?

 

Mortel ennui. Et où mettra-t-on donc les déviants ? Car ils risquent de devenir très nombreux. Si la police des mœurs s’exerce comme l’appellent de leurs vœux les nouveaux parangons de vertu. Reste l’autocensure, l’intériorisation de l’interdit. Un nouveau vocabulaire est à disposition, et, pour les écrivains, on pourra toujours fournir un dictionnaire officiel des mots acceptables. La morale a aussi son mot à dire sur la culture. Dieu merci, morale et culture sont des substantifs féminins…

 

Avant même de mourir du réchauffement climatique, nous risquons de mourir d’ennui. Car nous avons prévenu nos enfants qu’ils auraient à se battre pour sauvegarder la planète. Mais leur avons-nous glissé qu’ils auraient aussi à affronter le mortel ennui qui s’abat sous le drapeau brandi d’une morale de la haine ? L’idée même de combat politique risque d’y succomber.

 

Mazarine Pingeot est agrégée de philosophie et autrice. Elle a notamment écrit « La Dictature de la transparence » (Robert Laffont, 2016) et « Se taire » (Julliard, 2019).

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commentaires

pax 02/08/2020 09:56

Morceaux choisis pour morceaux choisis, quelques commentaire en vrac.

« Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre.
L'un d'eux s'ennuyant au logis. » La Fontaine

Reconnaissons que le début de ce journal est touchant. Bien qu’âgé le bougre pouvait être encore jeune de caractère d’autant qu’une telle naissance est un vrai élixir de jouvence. Je le sais pour avoir deux garçons que 16 ans séparent. Si l’ainé avait été précoce – tu veux rire avec un père comme moi – j’aurais pu être le grand père du cadet.
Pour la suite ….
Pourtant j’aime la spontanéité naturelle et sincère, sans afféterie que l’on trouve par exemple aux dos des cartes postales que je chine, autant pour le sujet du recto que la prose du verso. J’ai aussi quelques journaux intimes ou cahiers de notes, la encore chinés. Un est composé d’un gros cahier dans lequel le commerçant du village épinglait les petites listes de courses que lui apportaient les gens de maisons pour rester décent alors que les termes d’antan étaient bonne à tout faire, fille de cuisine, femme de ménage.

On ne peut que souscrire aux propos de la fille du l’ex-président. Ce que je retiens c’est qu’avec le comportement dénoncé, les filles sont arrivées à l’égalité tant revendiquée. Elles sont à présent, aussi connes que les mecs.
Et dire que j’ai rêvé qu’elles se battraient pour l’abolition des armées.
Non, début de la connerie « Et moi, pourquoi je peux pas faire mon service militaire… »

Le mot « Autrice » utiliser par la Tribune pour qualifier celle qu’il va appeler romancière quelques lignes plus bas. Certes on nous apprend à éviter la répétition mais le choix des mots est vaste .Sans chercher bien loin il pouvait utiliser écrivaine, quitte à assumer les relents machiste que peut comporter ce mot, selon la lecture que l’on en fait. En tout cas ce n’aurait pas été moins ridicule que son « autrice » qu’en lecture rapide je prends pour autiste ainsi qu’à la radio, autant pour la mauvaise et rapide diction des journalistes que pour l’affaiblissement de mon acuité auditive privilège de l’âge oblige.

Se battre pour ce type de connerie, faut le faire ! Quand on connaît les résultats de l’ Education Nationale qui chaque année nous sort des palanquées d’illettrés et d’analphabètes relevées d’année en année par Pisa et que nos dirigeants planquent, comme la poussière, sous le tapis.
Comme si cela n’avait rien d’urgent ! Après moi le déluge ! Mais pov-pomme t’a pas encore compris que les gosses d’aujourd’hui sont les parents et les citoyens de demain !
Déjà en 1968 fleurissait le terme, repris récemment par Clémentine Autain, « Salauds de Jeunes » pour illustrer le peu de cas que l’on fait en France particulièrement pour les générations à venir. Eh, au lieu de chercher à nous culpabiliser pour la terre que nous laisserons à nos enfants, tu ferais mieux de te mobiliser pour les enfants d’aujourd’hui. Te fais pas de bile les générations futures feront comme toutes les générations : elles se démerderont.
Tu lis partout qu’un des problèmes qui affectent notre société c’est que les parents se rendent compte déjà que leurs enfants vivront moins bien qu’eux ! Alors, change ton logiciel de pensées et d’action, si tu peux. T’occupe pas de l’avenir, Il y a assez à faire ici et maintenant.

Pour finir, la encore on ne peut que souscrire aux propos de Mazarin(e) sur tout ce qu’il y a faire pour la condition féminine. Les faits divers actuels regorgent de féminicides et autres violences. Cela fait des mois qu’on en parle. Il y a urgence. Ce devrait être une grande cause nationale ! Les Espagnols c’est autre chose que flamenco et castagnettes, paëlla et corrida ! Avec un arsenal juridique (et des moyens) l’Espagne a diminué de manière remarquable le nombre de crimes de genre comme ont dit. Tout est là, y qu’à copier. Certes ce n’est pas parfait mais il y a des résultats. Qu’attend on ?
Je me fais l’impression d’être devant un gouvernement qui, quand on frappe à la porte et que l’huissier à fait porter nos « doléances » On entend une voix à travers la porte un « On y travaille, on s’en occupe, compter sur nous ! » qui devrait nous suffire.
L’égalité des salaires ! Personne ne me fera croire que cela ne peut pas se régler dans un trimestre. Si cela perdure c’est que cela arrange quelqu’un et les hommes politiques les premiers qui savent s’asseoir sur les textes qu’ils ont eux mêmes votés. Ils avaient décidé d’une parité homme/femme pour les listes électorales sauf à payer une forte amande propre mettre à mal la trésorerie de leur parti. Les bougres ont, au début, payé l’amande plutôt que de souscrire à l’esprit de la loi votée.

Bon, assez de portes ouvertes enfoncées ce matin ! Tout ça c’est la faute au Taulier.
On ne réveil pas une mouche du coche qui dort !
Mais ces portes ouvertes laissent entrer la Tramontane ce qui est bien agréable par les canicules du moment.
Ah ces p’tits vernis, il n’y en a que pour eux semble t’il !

Et l’art dans tout ça ? Une autre fois s’il vous plait, il y aussi la plage, l’apéro et la sieste..

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